Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 16:44

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

Home Histoire Les Congrès 1989

3éme Congrès National 1989

Thèses du IIIème Congrès National

L’UNION VALDOTAINEPOUR LA VALLEE D’AOSTELE VALLEE D’AOSTEVERS L’EUROPE DES PEUPLES

Rôle, idéologie

Modèle de société

Choix politiques généraux

Lignes générales de l’activité législative et administrative valdôtaine
- Action législative au Parlement italien
- Action législative au Conseil régional
- Action administrative

Diffusion des idées de l’Union Valdôtaine
-Rapports organes centraux-organisation périphérique
-Le rôle des sections
-Les rapports avec l’extérieur
-L’Union Valdôtaine et le jeunes
-L’Union Valdôtaine et les femmes

Relations aves les autres communautés

Le cadre des réformes institutionnelles
-Les racines
-L’autodétermination
-L’essor des Régions
-Redécouvrir l’autonomie

ROLE, IDEOLOGIE

L’Union Valdôtaine a été fondée dans le but de se faire l’interprète des besoins et des instances de la société valdôtaine et d’assurer l’épanouissement linguistique et ethnique du peuple valdôtain afin d’en servir les intérêts matériels et spirituels au-delà de toute division idéologique.
Cette phrase, qui définit la nature aussi bien que les objectifs de notre Mouvement, mérite qu’on s’y arrête pour chercher à en saisir le sens profond.
Remarquons tout d’abord que parler 1’ « instances de la société valdôtaine » c’est reconnaître sa spécificité. Sur celle-ci il n’y a pas lieu de faire ici un traité ; nous nous bornons à rappeler qu’elle résulte de son appartenance à l’aire alpine d’expression française, et qu’elle est fortement connotée du fait de la position minoritaire que le Val d’Aoste occupe depuis qu’il est placé dans le contexte institutionnel de l’Etat italien.
Cette spécificité n’est pas une simple notion théorique ; elle est l’affaire profondément vécue du peuple ou communauté valdôtaine, c’est-à-dire de l’ensemble de personne qui, depuis toujours ou l’ayant choisi, vivent dans ce pays.
Ce qui fonde notre non recours préalable à une idéologie est bien la référence de fond à ce peuple, le nôtre, dont il s’agit de servir les intérêts.
Conçue non mythiquement, en tant que lieu de valeurs absolues, mais concrètement en tant que sujet historique développant une culture qui exprime une identité, la communauté valdôtaine est le fondement du projet unionistes ; elle est le destinataire de notre message.
L’Union Valdôtaine est, de par sa constitution, ancrée à ce contexte particulier; elle en est cernée et elle en tire son sens, dont en principe la nature est autre qu’idéologique. Ce qui permet, par un schématisme rapide mais non imprécis, d’affirmer que, si un parti travaille pour faire partager une idéologie à un nombre de plus en plus grand des membres d’une communauté, la vocation de l’Union Valdôtaine est, au sein de la communauté valdôtaine, de réaliser les virtualités de celle-ci toute entière ; le peuple valdôtain n’est pas pour nous le terrain pour la diffusion d’une idéologie, mais le sujet d’une politique.
C’est ce qui est la raison de l’Union Valdôtaine, et qui explique sa naissance en 1945, son effort de rassembler au-delà de toute subdivision idéologique, tous les valdôtains.
Il s’est d’ailleurs avéré – l’histoire s’est chargée de nous le faire comprendre depuis 1945 – que ce dessein – la défense de l’identité valdôtaine et de ses intérêts d’abord, car la situation minoritaire l’impose ; d’épanouissement culturel ensuite, car la culture ne saurait être que dynamique – a dû, sous peine de se voir réduit à propos générique et vague sombrant dans les contingences, se doter de contours précis, aptes à en garantir l’efficacité et la possibilité de réalisation dans le concret.
D’où en fonction du dessein énoncé plus haut – et pouvant configurer un projet politique, ce dont il sera question tout à l’heure – le choix de l’Union Valdôtaine, depuis 1948, de s’engager sur le plan de l’activité législative et administrative, et partant aussi sa situation de contigüité aux autres partis.
Ce qui fait la différence, et notre originalité profonde, tient au fait que pour nous cette position est, si on peut dire, instrumentales ; s’il y a de la part de notre Mouvement prise en charge tactique des fonctions d’un parti, c’est et seulement en vue de la réalisation du projet stratégique que sa nature même implique.
S’il peut paraître porteur de complexités, c’est au fond bien à cet apparent paradoxe que nous devons la richesse même de l’Union Valdôtaine.
Pour que ce projet qui, ainsi qu’on l’a défini plus haut, est de nature autre que purement idéologique, puisse s’actualiser dans le concret, il faut qu’il y ait une réelle et étroite symbiose entre celui-ci et l’activité politique dont la fonction est de réaliser.
Cette activité, que l’Union Valdôtaine a choisi de mener par le recours à des moyens démocratiques, doit avoir un point de repère clair.
Le seul qui, pour d’évidentes raisons de logique interne est compatible avec la nature de notre Mouvement, est celui que fixe l’art 1 de nos statuts, en rappelant les principes du fédéralisme intégral.
Leur ensemble, ainsi que cela a été depuis longtemps élucidé, et rappelé à maintes reprises par la suite, définitif un véritable modèle de société, où se trouvent dépassés à la fois le collectivisme étatique et l’individualisme libéral.
Ce modèle, loin d’être froidement abstrait, se définit et constitue par quelques valeurs de base : solidarité, coopération, participation.
Ancrées en profondeur dans l’histoire de notre peuple, de nombreux témoignages le prouvent, et c’est pour nous en quelque sorte une raison supplémentaire d’y demeurer fidèles – elles sont à la foi les objectifs et les méthodes de notre action.
Leur ensemble définit une véritable culture de gouvernement, et d’autogouvernement.
Et c’est du reste, tout en tenant compte des changements de perspective que différentes périodes historiques imposent, celle qui caractérise les moments les plus hauts de notre histoire, et qui nous a empêché de sombrer dans les moments difficiles.
Encore, du fédéralisme il faut rappeler qu’il trouve son fondement dans une analyse des différents degrés de pouvoir, depuis ceux à l’échelle plus réduite jusqu’à ceux qui par leur étendue et leur poids les dépassent à des niveaux de plus en plus hauts.
La révolution que le fédéralisme offre, la voie qu’il ouvre est celle où trouve essor l’activité de chacun des différents pouvoirs, dans une articulation qui assure la fonctionnalité d’ensembles de plus en plus complexes.
La vocation du fédéralisme à l’analyse de ces ensembles et de leurs relations réciproques en fait un instrument de remarquable actualité. Nous nous trouvons en effet de nos jours face à un pouvoir ayant acquis des caractères qui ne correspondent plus entièrement à ceux que nous lui prêtions dans un passé encore récent.
Nous avons été habitués à considérer le pouvoir comme une sorte d’entité monolithique face à laquelle nous opposer.
De n’importe quelle institution politico-administrative il s’agisse (Commune, Province, Région, Etat) cette vision rend le pouvoir immédiatement reconnaissable ; mais elle a l’inconvénient d’en constituer une image dogmatique et, pour ainsi dire, abstraite.
Or nous savons, et la réalité du monde contemporain nous le confirme chaque jour, que la succession traditionnelle de pouvoirs de degré différent – dont la contigüité et la superposition présentent d’ailleurs déjà une forte complexité – est à son tour traversée par d’autres systèmes, de secteur mais aux retombées très larges, qui sont par exemple : les échanges économiques, les mass médias, la disponibilité de connaissances hautement technologiques, etc. .
C’est avec la complexité mouvante de cette pluralité de pouvoirs que nous avons à nous confronter. Et dans ce travail le fédéralisme, qui pour les raisons énoncées plus haut se révèle d’une étonnante actualité, peut nous servir.
Nous avons à nous servir des instruments d’analyse qu’il offre, pour nous construire une démarche, en quelque sorte composite et moins rectiligne qu’on aurait pu l’imaginer il y a quelques décennies, qui nous consente de trouver ces espaces dont l’utilisation progressive nous permettra de véritablement nous autogouverner, et de réaliser ainsi l’objectif de la souveraineté, ainsi que le fixe l’art. 2 de nos statuts.

CHOIX POLITIQUES GENERAUX
Si les considérations qui précèdent impliquent une réinterprétation de la notion de souveraineté – non conçue abstraitement comme exercice absolu et autarcique d’auto décision, mais plutôt comme somme virtuelle de tous les espaces où des décisions se prennent – il ne reste pas moins vrai que celle-ci demeure et résume notre objectif.
Or la souveraineté risquerait d’être une image éloignée, purement consolatrice et sans attaches avec notre réalité politique si, par une confrontation avec celle-ci, nous cherchions par à définir les voies de sa réalisation.
Cela demande un considérable effort d’approfondissement et de réflexion – il est parfois plus facile d’avoir des idées que de savoir comment les réaliser – et le demander à nous tous. C’est en effet au Congrès national, organe où par l’institut de la délégation tous les inscrits ainsi que ceux qui participent activement au projet de l’Union Valdôtaine peuvent faire entendre leur voix, que revient la tâche de formuler les choix généraux qui constituent la trace de l’action politique et administrative que nous avons à mener.
Dans les différents Congrès qu’elle a tenus après 1976, date de sa réunification, l’Union Valdôtaine a accompli un travail s’élaboration qui, s’appuyant sur l’analyse de la situation dans les divers secteurs de la vie de notre communauté, a essayé de définit pour chacun de ceux-ci des orientations politiques à suivre pour leur amélioration substantielle.
Ainsi par exemple, le Congrès national de 1984, a fixé dans les diverses branches de l’économie ainsi que dans le domaine culturel et dans les autres des lignes d’action ; elle, dont l’ensemble nous paraît encore valable, on mit à notre portée des résultats dont nous pouvons être fiers, et donc nous aurons à dresser le bilan en ces jours.
Ce qu’il nous importe de remarquer ici a trait à la nature particulière des thèmes que nous avons choisi de proposer à la réflexion de ce Congrès. Il nous a paru essentiel, en un moment où, à la suite des succès remportées dans les consultations politiques de 1987 et des élections régionales de l’an dernier, de nous interroger en profondeur sur le rôle que notre Mouvement peut jouer dans la réalité valdôtaine, ainsi que sur le travail que nous avons à faire pour qu’il soit à même de réaliser les virtualités dont il est porteur.
Cela fait le sens de ces réflexions, axées sur la nécessité de mieux définir nos instruments et de mieux les organiser pour une action politique toujours plus efficace.
Il était question plus haut de choix politiques généraux, que le Congrès national doit fixer et qui constituent le sillon d’une successive activité législative et administrative.
La façon de les définir demande une attention particulière : organisées par secteurs, ces choix doivent trouver leur fondement en une analyse correcte et documentée de ceux-ci ; ce pourquoi, ne serait-ce que dans une phase préalable, le concours compétent de spécialistes serait utile.
Encore, considérant le contexte d’ensemble dans lequel les différents problèmes sont insérés – et qui fait qu’entre eux il y ait une série complexe d’interactions – ainsi que le fait que les choix doivent être tous fonctionnels à la réalisation du modèle de société dont nous nous inspirons, il est capital que leur définition tienne compte des synergismes, qui seuls peuvent en garantir et en orienter les effets.
Une fois définis, ces choix généraux doivent inspirer soit l’activité interne et de divulgation conduite par le Mouvement, soit l’activité politique et administrative de tous ses membres élus. Entre un Congrès de l’Union Valdôtaine et l’autre tous les organes du Mouvement doivent, en exerçant leurs fonctions respectives, coopérer à leur réalisation, ainsi qu’à une constante et méthodique confrontation entre les choix définis et le degré de leur actualisation.
Au cas où des éléments nouveaux, des difficultés imprévues ou des écarts évidents le rendent nécessaire, les organes du Mouvement pourront concerter des rectifications de parcours, dont la fonction sera, dans l’optique exprimée par le choix généraux que le Congrès a définis, de garantir une plus efficacité ou pertinence à l’action politique.

LIGNES GENERALES DE L’ACTIVITE LEGISLATIVE
ET ADMINISTRATIVE VALDOTAINE

Au niveau de l’élaboration des idées, les lignes générales de l’activité législative et administrative doivent suivre les Statuts du Mouvement pour l’épanouissement ethnique et linguistique du peuple valdôtain.
Dans les considérations générales on doit tenir compte m compte même du fait que nous opérons dans un milieu qui n’est pas homogène ethniquement et forcément nous porte des conditionnements.
Dans le simple but de classifier et rendre organique les lignes générales, étant donné que l’activité politique ne peut pas être séparée en des tronçons précis on peut diviser l’application politique en deux parties.
1)– activité législative,
2)– activité administrative.

1)– Action législative au Parlement italien

-Marquer dans toutes les interventions notre différence ethnique et linguistique, intensifier le travail de défense des différentes minorités nationales et linguistiques présente sur le territoire de l’état.
-Promouvoir l’application intégrale du Statut spécial pour réussir son dépassement.
-Marquer l’intégration politique supranationale (Europe) dans le but de dépasser le système politique étatique actuel.
-Reprendre la question « Garantie internationale » pour « légaliser » notre spécificité de Peuple.

2)Action législative au Conseil régional.
-Chercher à renforcer notre Autonomie régionale.
-Etudier une série de lois organiques pour améliorer la place de la langue française dans notre réalité.

3)– Action administrative.
La dimension territoriale de notre pays s’avère idéale pour un rapport positif entre les citoyens et les institutions.
Dans ce sens il faudrait poursuivre les lignes suivantes :
-Décentralisation de certaines compétences aux communes en leur donnant la possibilité administrative er économique de mieux s’organiser pour devenir des centres de propulsion sociales et économique.
-Poursuivre de l’action réorganisatrice des différents secteurs économiques.
-Amélioration du niveau de la vie, surtout dans les petites réalités des communes et villages de moyenne et haute montagne.

DIFFUSION DES IDEES DE L’UNION VALDOTAINE

Le problème de la diffusion des idées et des programmes de l’Union Valdôtaine comporte une analyse de l’organisation du Mouvement et son fonctionnement, à son intérieur et dans ses rapports externes. Une attention particulière doit être consacrée à la diffusion des idées du Mouvement parmi les jeunes et les femmes.

a)– Rapports organes centraux – organisation périphérique.
Prenant acte de l’existe4nce d’organes centraux – Congrès national, le Comité Central, le Comité Exécutif – et d’organes périphériques – les Sections – on peut analyser l’efficacité de leur action.
L’expérience montre que, si les mécanismes statutaires assurent une représentation réelle des inscrits aux différents niveaux, pour ce qui est de l’organisation il est nécessaire d’entreprendre une œuvre de révision des modes de fonctionnement actuels des organes du Mouvement.
Pour mieux assurer la cohésion entre la base du Mouvement et ses organes dirigeants, il faut. Tout d’abord, assurer une bonne circulation interne des idées, des informations, des propositions et des initiatives, du centre vers la périphérie et vice-versa. Il est également nécessaire d’améliorer les rapports actuels des sections entre elles et d’en créer des nouveaux.
Au point de vue des rapports centre-périphérique, le Comité Central joue un rôle essentiel, en tant qu’organe de liaison entre les sections et le cœur du Mouvement, représenté par le Comité Central devienne de plus en plus active, à la fois pour manifester les exigences réelles de la base unioniste, ses suggestions et ses propositions qui s’expriment par le biais des sections, et pour assurer à celles-ci une information correcte et suivie sur les activités et les décisions des organes centraux du Mouvement.
Cette « responsabilisation » des membres du Comité Central doit se doubler de la prise en charge, par les sections elles-mêmes, d’un travail capillaire de diffusion des idées et du programme de l’Union Valdôtaine. Connaissant parfaitement le milieu dans lequel ils œuvrent, les responsables des sections sont à même de développer une action plus efficace, qui implique cependant un effort personnel et collectif de formation et d’information, finalisée à la meilleure préparation de nos adhérents.

b)– Le rôle des sections.
Les sections représentent le meilleur instrument à notre disposition pour réaliser une pénétration capillaire au sein de la société valdôtaine. Il faut, par conséquent, qu’elles intensifient, malgré les difficultés que les membres des comités de direction ne connaissent que trop bien, leur action, développant notamment des rapports réciproque plus étroits, dans le but de mieux coordonner les activités et en vue d’une présence unioniste plus efficace au niveau local.
A ce propos, il semble particulièrement nécessaire d’entamer ou d’intensifier les actions suivantes :

  1. Tout d’abord, il serait profitable d’organiser des rencontres entre les comités de direction de sections différentes, présentes tant dans les Communes où l’Union Valdôtaine fait partie de la majorité – en ce cas on pourrait se confronter sur les problèmes, les opinions et les différents modes d’administrer, avec des avantages réciproques – que dans celles où elle est encore à l’opposition – le débat pourrait alors concerner les stratégies d’opposition, visant à redresser la situation du Mouvement dans ces Communes. De même, il serait enrichissant d’obtenir des échanges d’opinions avec les sections qui ont obtenu une importante augmentation des inscrits et du consensus électoral. Des confrontations périodiques sur les activités des sections peuvent fournir d’intéressantes solutions aux problèmes des sections elles-mêmes, et permettre l’analyse du succès de l’Union Valdôtaine, qui correspond peut-être à une tendance généralisée, mais qui doit également être attribué à un travail intense et efficace des sections. On peut tirer d’utiles enseignements d’après les échanges avec des sections qui ont des catégories d’adhérents complètement différentes par rapport à d’autres ; qui ont, par exemple, œuvré efficacement parmi les jeunes ou parmi les femmes, ce que d’autres n’ont pas été à même de faire. Il faut, de toute façon, qu’il y ait la volonté, de la part de la section, de chercher la confrontation avec les autres, sans qu’elle soit stimulée par les organes centraux.
  2. En deuxième lieu, il faudrait que les sections organisent, éventuellement en collaboration entre elles, en plus de traditionnelle fête sociale, des rencontres diverses, des manifestations culturelles, sportives, récréatives, informatives, adressées aussi spécifiquement à telle ou telle composante de la société : enfants, jeunes, personnes du troisième âge, femmes, etc.… - par exemple, pour informer les ayant-droit des initiatives visant à favoriser l’insertion des jeunes dans le monde du travail, des mesures en faveur des agriculteurs, des artisans ou d’autres catégories de travailleurs, des handicapés, des personnes âgées, etc.… ; en ce cas, les sections, rempliraient un véritable rôle d’information d’utilité publique.
  3. Troisièmement, l’échange entre sections devrait être plus intense en ce qui concerne les initiatives prises par l’une ou l’autre d’entre elles, dans les différents domaines. Dans ce but, un rôle important devrait être rempli par les organes des presse du Mouvement, au niveau central (« Le Peuple Valdôtain », notamment) ou périphérique (bulletins d’information tels que « La Ville d’Aoste », « Chez-nous », « La Voce di Pollein », etc..) : ce qui implique un réseau de responsables des rapports avec la presse, qui devrait être établi dans les différentes sections.
  4. Enfin, on devrait attacher une plus grande importance à la recherche de nouveau adhérents et sympathisants et à la participation active à la vie politique de la Commune ; ce discours concerne en particulier les jeunes, qui doivent pouvoir profiter de l’expérience des adhérents plus âgés.
  5. Notons, pour conclure, que la collaboration entre sections pourrait résulter particulièrement utile ou cas l’on devrait exprimer, vis-à-vis des organes centraux du Mouvement ou des Administration publiques, des exigences communes, intéressent, par exemple, une zone géographiquement homogène.


c)– Les rapports avec l’extérieur.
Le rôle central que l’Union Valdôtaine joue dans le cadre politique valdôtain comporte des responsabilités non seulement dans la gestion administrative, mais aussi dans les rapports que notre Mouvement entretient avec l’opinion publique.
On remarque une attention croissante de celle-ci à l’égard des positions et de l’activité de l’Union Valdôtaine, dont le Mouvement doit tirer partir pour étendre sa présence et son influence au sein de la société valdôtaine : d’où la nécessité de prendre soin de la circulation externes des idées et des activités de l’Union Valdôtaine et de disposer d’une structure informative adéquate, à même non seulement de gérer et de coordonner les organes de presse du Mouvement, mais aussi de répondre, d’une part, aux exigences d’information des médias non unionistes et, d’autres par, d’offrir aux responsables du Mouvement les supports documentaires nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches. Dans cette perspective, il est opportun de pouvoir à une réforme de l’actuelle gestion de ce domaine, notamment par la mise en route d’un réseau efficace de collaboration et par la création d’un service de presse mieux articulées que l’actuel.
Un autre chapitre important des rapports avec les non-unionistes concerne l’activité des membres du Mouvement dans les nombreuses associations (culturelles, sportives, récréatives ou autres) agissant en Vallée d’ Aoste et, plus généralement, la conduite publique des unionistes. Il faut que cette présence et cette conduite se traduisent en autant d’occasions pour transmettre et faire connaître les principes de l’Union Valdôtaine et les moyens concrets de leur application. L’engagement de tous les unionistes, en premier lieu des élus de l’Union Valdôtaine, est essentiel dans ce domaine et implique, au même titre que le travail dans les sections, un important effort personnel de formation et d’information.

d)– L’Union Valdôtaine et les jeunes
Il est utile d’améliorer les rapports actuels entre la Jeunesse Valdôtaine et l’Union Valdôtaine dans un double but : d’un côté les jeunes pourraient avoir d’intéressantes suggestions à différents niveaux, profitant de l’expérience des unionistes plus âgés ; d’autre par, le Mouvement, opérant en étroite liaison avec les jeunes, pourrait tirer des indications précises pour l’action politique, administrative, sociale, dans les domaines qui intéressent plus particulièrement la jeunesse.
Il serait opportun que le Mouvement lui-même choisisse, parmi les jeunes, ceux qui ont envie de travailler et de se former, à tous les niveaux, et qu’il pourvoie lui-même à leur formation politique : si un jeune est vraiment intéressé à la politique ce serait intéressant de lui faire suivre de près l’activité d’un administrateur local ou régional, ou de le faire suivre de près l’activité d’un administrateur local ou régional, ou de le faire périodiquement rencontrer avec des élus, pour connaître directement les problèmes qu’on rencontre dans l’administration d’une Commune ou de la Région et les moyens pour les résoudre ; ce qui pourrait se révéler également intéressant pour les administrateurs, au niveau des échanges d’information. Par ce biais, on obtiendrait notamment une plus forte « conscience politique » chez les jeunes, acquise par l’expérience plutôt que la théorie.
En ouvre, il faut que les sections s’engagent à favoriser l’accès des jeunes à la vie du Mouvement, en leur confiant des responsabilités dans l’organisation des activités de la section. De même, les jeunes doivent être mis en mesure de participer directement à la redaction des organes de presse du Mouvement.

e)– L’Union Valdôtaine et les femmes.
Les trente dernières années ont vu les femmes s’affirmer à tous les niveaux mais, lorsqu’il s’agit du domaine institutionnel et de la politique, leur progression semble encore freinée, comme si un privilège et un pouvoir quasi exclusivement masculin devaient s’y perpétuer.
Voilà donc qu’au seuil des années 2000, les femmes engagées en politique restent une minorité infime et souvent exclue.
Certains se plaisent à faire remarquer que cette absence est due au manque de volonté des femmes de s’engager, celles qui ont voulu le faire ayant trouvé leur espace : on pense notamment à Mademoiselle Viglino et à Madame Perruchon Chanoux. On peut facilement répliquer par une question : est-ce que tous les hommes politiques sont des Chanoux ou des Caveri ? La réponse est évidente et ne peut que rendre inéluctable une définitive prise de conscience des difficultés historiques, culturelles et sociales qui empêchent les femmes de s’exprimer dans ce secteur, pourtant fondamental dans la gestion et l’évolution de la société.
L’Union Valdôtaine a vu la naissance, il y a quelques années, d’une organisation féminine collatérale, l’Entraide des femmes valdôtaines. L’activité de ce groupe de femmes a été remarquable ; son existence est souvent très importante et sûrement indispensable mais elle ne semble pas avoir une ampleur suffisante pour augmenter réellement la présence féminine dans les rangs de nos militants.
L’Entraide doit poursuivre son chemin et conserver son rôle social et, en quelque sorte, agrégatif, mais il est aujourd’hui nécessaire que l’Union Valdôtaine prenne en charge directement la « question féminine ». Ce sont ses idéaux fédéralistes et son rôle moteur dans la société valdôtaine qui l’imposent.
Après l’analyse de la composition du Conseil régional actuel où, parmi les trente-cinq conseillers il n’y a aucune femme, il s’avère urgent, pour l’Union Valdôtaine, de garantir la participation des femmes à la vie politique active, d’abord au sein des organes du Mouvement, afin de leur permettre une formation qui, à l’heure actuelle, leur est pratiquement très difficile.
C’est pourquoi l’Union Valdôtaine a décidé d’inviter les sections à nommer aussi des femmes parmi leurs délégués à ce troisième Congrès national, et le résultat nous prouve qu’un tout petit pas en avant a été fait. Quinze places ont été ensuite réservées aux femmes au sein du Comité Central et nous sommes certains qu’elles sauront y apporter leur « différence » d’une façon positive et constructive.
Le but est encore éloigné mais les pas se font un à la fois et l’un après l’autre : les portes ouvertes, il appartient aux femmes qui le souhaitent d’apprendre à accomplir le parcours qui leur convient le mieux.

RELATIONS AVEC LES AUTRES COMMUNAUTES


L’Union Valdôtaine, à l’occasion de son deuxième Congrès National de 1984, a revendiqué et réclamé clairement le droit du peuple valdôtain à l’autodétermination. Ce droit découle de celui qui a été sanctionné par les deux Pactes des droits de l’homme – ratifié par l’état italien – qui reconnaissent dans leur article 1er à « tout peuple le droit de disposer librement de lui-même ».
Afin que cette revendication puisse exprimer toute sa force contractuelle, l’Union Valdôtaine doit rechercher des alliés à l’intérieur de l’état même et à son extérieur.
Au sein de celui-ci, elle devrait renforcer et améliorer les liens de collaboration, entretenus depuis plusieurs déjà, avec les mouvements nationalitaires œuvrant dans leur communauté ethnique (Frioul, Sardaigne, Slovénie, Tyrol du Sud, etc.). Ces liens peuvent être considérés comme des relations naturelles, en considération des buts et des activités similaires menées par ces organisations « nationalitaires ». Celles-ci luttent, en effet, pour la sauvegarde de l’épanouissement du caractère ethnique et linguistique de leur communauté respective, réclamant leur reconnaissance et les droits qui en découlent.
Leur action se base donc sur des principes analogues à ceux de l’Union Valdôtaine : c’est pourquoi, ils devraient se concrétiser dans un projet commun. Ce projet consiste à revendique et à œuvrer de façon à conquérir une autonomie toujours plus large, avant, bien sûr, le recours concret à l’autodétermination. Les relations entre ces mouvements paraissent donc plus naturelles, plus claires et plus simples à entamer et à poursuivre grâce à la ressemblance des objectifs et des actions menées par chacun d’eux.
L’Union Valdôtaine ne doit cependant pas se borner à ces relations, mais elle doit toujours réserver une attention particulière aux poussées décentralisatrices et autonomistes venant s’autres forces politiques ou émanant directement des structures d’état.
Aussi elle ne doit pas négliger ni sous-estimer l’activité que d’autres groupes politiques, nés au cours des dernières années, ont déployée et déploient encore actuellement pour représenter le besoin croissant d’autonomie et de décentralisation des pouvoirs administratifs et politiques de l’état en faveur des pouvoirs locaux que la population de tout le territoire de l’état italien partage de plus en plus. Tout en n’étant pas caractérisés par une appartenance ethnique spécifique, ces mouvements luttent eux aussi pour conquérir une autonomie politico-administrative. Par leur organisation sur le territoire et par leur action, ces mouvements contribuent de même à répandre ces idéaux qui sont, en grande partie, les nôtres.
C’est pourquoi l’Union Valdôtaine doit être attentive à toutes ces nouvelles réalités. Elle doit dans l’immédiat œuvrer afin de cerner les contenus communs éventuels et travailler sur ceux-ci de façon à gagner en efficacité sans confondre, pour autant, la direction et l’action de notre Mouvement.
Ces relations dûment coordonnées pourront, par actions concertées, faire avancer l’idée autonomiste. Elles pourront aussi s’opposer aux tentatives réitérées de l’état de réduire toute forme de décentralisation et d’autonomie. A ce titre, il suffit de rappeler le rapport du Ministre Aniasi qui prévoyait d’éliminer les Régions à Statut spécial qui n’étaient pas fondées sur des raisons ethniques et linguistiques.
En même temps, cette ligne commune pourra diffuser davantage le sentiment autonomiste dans l’opinion publique italienne et soutenir toute action et affirmation allant dans ce sens. Rappelons, à cet égard, la prise de position de Monsieur Cossiga, lors de sa nomination à la Présidence de la République italienne, par laquelle il préconisait la réalisation d’une fédération italienne comme solution possible des problèmes actuels de l’état italien.
Par contre, l’ensemble des relations avec les communautés ethniques en dehors de l’état italien ont une double utilité: d’une part, de solidarité, et de l’autre, de confrontation constructive et instructive.
Les liens de solidarité découlent de la conscience d’une communion d’intérêts qui entraîne pour les uns l’obligation morale de ne pas nuire aux autres et de leur porter assistance. En même temps la connaissance des réalités des autres communautés peut stimuler et soutenir l’action de celles que des échecs auraient affaiblies.
Toute confrontation avec d’autres réalités sur la façon dont celles-ci abordent les rapports dialectiques et contentieux ouverts avec les états dominants, sur les diverses expériences et sur les structures de contre-pouvoir organisées sur le territoire ainsi que sur les situations institutionnelles, constitue un moment instructif et consultatif important. Cela non seulement en raison de la nécessité de franchir les frontières nationales et celles de l’état dominant pour s’ouvrir à d’autres espaces en vue de l’union européenne, mais aussi pour un besoin de croissance individuelle et de groupe.
L’Union Valdôtaine doit, pour ce faire, chercher des partenaires en fonction des structures concernées. C’est pourquoi, au niveau européen, notre Mouvement adhère, depuis 1982, à l’Alliance Libre Européenne. Cette union de peuples « autodétermistes" d’Europe, est présente au sein du Parlement européen avec quatre députés qui se font les interprètes des exigences et des revendications de tous les peuples opprimés.
Au seuil de 1993, date à laquelle l’Acte unique entrera en vigueur et une nouvelle étape vers la construction européenne, dans le domaine plus spécifiquement économique, s’ouvrira, la Vallée d’Aoste ne pourra pas rester un spectateur passif, à l’écart ; elle devra au contraire s’engager à fond afin qu’elle ne soit pas dépassée et avalée par cette transformation.
L’Union Valdôtaine, quant à elle, doit se faire l’interprète de cette volonté du peuple valdôtain, et doit veiller, en même temps, à ce que cette transformation ne se réalise pas au détriment des prérogatives et des aspirations des peuples nationalitaires qui souhaitent la réalisation d’une véritable Europe des peuples. Celle-ci est une raison de plus qui justifie la nécessité de nouer des liens étroits avec des groupes politiques partageant nos mêmes principes.

Des rapports privilégiés doivent cependant exister entre la Vallée d’Aoste et les autres communautés francophones en raison de leur parenté linguistique. L’Union Valdôtaine doit entretenir des liens pouvant se concrétiser par des échanges culturels et obtenir des soutiens pour la sauvegarde et l’épanouissement du français chez nous, évitant ainsi les dangers d’une transformation de notre Vallée en un îlot linguistique.
C’est principalement dans ce but que l’Union Valdôtaine adhère à la Conférence des Communautés ethniques de langue française, dont elle est l’un des membres fondateurs.
La nécessité de maintenir dans toute relation la clarté des démarches politiques se révèle plus que jamais indispensable. Cela veut dire que le comportement de notre Mouvement doit toujours rester cohérent et respectueux du principe par lequel il reconnaît les autres communautés ethniques en lutte et se solidarise avec elles, quels que soient la situation ou l’état interlocuteur.

LE CADRE DES REFORMES INSTITUTIONNELLES

Les structures politique sont, par leur même nature, muables et doivent s’adapter constamment aux changements de la société, à l’évolution des rapports de force entre les différentes classes sociales, aux besoins spirituels de la population.
Il n’existe pas d’institution politique qui soit abstraitement parfaite ; il y aura cependant toujours une institution qui, mieux que les autres, saura interpréter les aspirations et les besoins d’un peuple à un moment donné de son histoire.
C’est à la recherche de ce modèle d’institution, de ce système politique qui mieux que tout autre saura venir à l’encontre des exigences de la Vallée d’Aoste à la veille de l’an 2000 que ce document veut essayer de trouver une réponse.
Sans la moindre prétention d’avoir la solution toute prête, nous croyons qu’il est de notre devoir d’unionistes de fournir à notre peuple les éléments pour définir un projet à long terme qui assure l’avenir de notre peuple, en lui offrant des perspectives valables de bien être matériel et de progrès spirituel.
Si notre bois pourra aider à rallumer ce feu, nous aurons fait, malgré que nos énergie ne soient que très modestes, un travail utile pour notre pays.

Les racines.
L’histoire institutionnelle de la Vallée d’Aoste est, malheureusement largement méconnue.
Certains aspects de notre passé, à vrai dire, ont eu une large diffusion grâce à l’historiographie locales et à leur emploi comme argument politique dans les innombrables querelles au sujet de notre autonomie. Il suffit de penser à la renaissance des Salasses à la conquête latine, aux franchises du Moyen Age et au Conseil des Commis, pour n’en citer que quelques uns.
Les institutions politiques qui ont régi le Pays d’Aoste au cours des siècles sont, sans leur ensemble, largement ignorées. Il faut rappeler leur existence, en connaître la nature et les pouvoirs, afin de bien comprendre l’épaisseur de l’autonomie dont a joui la Vallée d’Aoste au cours des siècles. Cela permettra de mieux placer l’analyse du système politique actuel dans le sillon historique où il se situe. En renouant les fils qui nous unissent à notre passé nous retrouvons le sens profond de notre autonomie et la ligne à suivre pour en défendre les valeurs et la forme.
L’aspect le plus marqué de notre histoire institutionnelle est la nature de « Pays d’Etat » qu’a manifesté le Duché d’Aoste à partir du Moyen Age jusqu’au moment où les tendances absolutistes de la dynastie de Savoie ont suffoqué les différentes formes d’autonomie présentes dans le Royaume.
Ce caractère de Pays d’Etat est résumé et illustré dans le brillant tableau que brosse J.B. De Tillier dans son « Histoire de la Vallée d’Aoste ».
L’existence d’une structure politique assez proche de celle d’un Etat souverain ne peut être sérieusement contestée, bien que la naissance du véritable Etat moderne ne soit survenue, suivant l’opinion des historiens et des juristes, qu’à l’époque de la Renaissance.
Il est également important de rappeler que la plupart des rapports institutionnels entre les différents niveaux du pouvoir au Moyen Age suivaient un modèle contractuel.
Les franchises accordées par les souverains à certaines villes ou régions n’étaient pas, en général, des privilèges dépourvus de tout fondement. Il s’agissait du fruit d’un compromis entre la puissance souveraine et les communautés locales par le biais duquel le souverain s’engageait à respecter les libertés locales ou acceptait d’autres forme de limitation de son pouvoir et obtenait, en contrepartie, la fidélité et la coopération des populations concernées.
Le contractualisme du Moyen Age et l’idée de franchise s’affaiblissent considérablement à cause de la montée de l’absolution royale (XVIe siècle).
C’est l’affirmation de l’Etat-nation qui provoque la crise du modèle d’autogouvernement proprement médiéval. La proclamation des droits de l’homme, et notamment du principe d’égalité, la volonté de supprimer tous les corps intermédiaires entre l’Etat et le citoyen, la méfiance envers toute forme de privilège et de particularisme : voilà autant d’éléments qui firent sombrer, au cours du XVIIe et XVIIIe siècle, le régime d’autonomie du Pays d’Aoste.
Ce même régime, auquel pourtant les valdôtains continuaient à regarder comme à la forme du gouvernement traditionnelle et « naturelle » de la Région valdôtaine, ne trouva guère de possibilité de rétablissement suite à l’unification politique de l’Italie. L’influence très marquée de l’idéologie jacobine dans la formation des nouvelles structures politiques du Royaume d’Italie n’accordait guère d’espace pour le maintien ou le rétablissement des formes anciennes d’autonomie dont avait joui la Vallée d’Aoste.
La faible décentralisation réalisée jusqu’à l’avènement du régime fasciste fit rejaillir le problème linguistique, inconnu jusqu’à ce moment. Le malaise des valdôtains de l’époque est témoigné par nombre de pamphlets, articles et ouvrages différents de l’époque.
La montée au pouvoir de Mussolini fit éclater les contradictions internes de ce système. L’oppression culturelle et linguistique, la politique de dénationalisation du caractère ethnique valdôtain, le refus de toute forme de décentralisation réelle créèrent les conditions pour une réélaboration idéologique profonde de la nation d’autonomie, des valeurs qu’elle contient et des formes qu’elle doit assumer dans le contexte valdôtain.
La semence idéale jetée par l’Abbé Trèves, par Emile Chanoux et par les autres membres de la Jeune Valle d’Aoste trouvera un terrain fertile. Le sens de leurs paroles, qui trouvent leur forme accomplie dans « L’Esprit de Victoire » et « Fédéralisme et Autonomie », nous fait comprendre la profondeur du changement idéologique survenu : l’autonomie valdôtaine devait s’éloigner de son fondement archaïque qui se fondait sur des rapports économiques et sociaux remontant au Moyen Age ; elle devait exalter le capacités d’autogouvernement et de coopération des populations alpines, dans une perspective de choix responsable en fonction des intérêts des peuples de la montagne. Une vision moderne, prophétique même, si l’on songe au climat dans lequel elle fut formulée.

L’autodérmination
L’effondrement du régime fasciste et la fin de la deuxième guerre mondiale provoquèrent une prise de conscience immédiate de la part des valdôtains de l’urgente de prendre en main propre destin.
La revendication d’un plébiscite, ou référendum institutionnel, pour décider entre le maintien de la Vallée dans l’Etat italien, le rattachement à la France ou un autre régime politique représente le moment le plus aigu de la volonté d’appliquer à la Vallée d’Aoste le droit de libre disposition des peuples.
Le refus des puissances alliées et des autorités italiennes de donner suite à la requête n’en diminue nullement l’importance. Par ce geste, accompli par une très large partie de la population, les valdôtains firent preuve d’une conscience très nette de leur particularisme et de la capacité d’auto-détermination. L’absence de conditions favorables à la réalisation de la démarche référendaire – tout à fait commune à la population du Tyrol du Sud – ne terni nullement la lueur de l’affirmation du droit naturel d’auto-disposition.
L’octroi d’un régime d’autonomie – limitée – par le biais du D.L.Lgt n°454/1945, confirmé par la loi constitutionnelle n° 4 du 26 février 1948 (Statut spécial), fut la réponse de l’Etat italien aux revendications irrédentistes.
Deux éléments substantiels firent cependant défaut :
1)La garantie internationale réclamée par les valdôtains pour assurer le respect de l’autonomie et de la langue de la minorité ;
2)La préférence des valdôtains dans le processus de délibération de la charte fondamentale de leur autonomie régionale qui fut accordée unilatéralement par les autorités italiennes. Le projet rédigé par le Conseil régional valdôtain, préconisant un système de répartition fédéral des pouvoirs entre l’Etat et la région, fut en effet ignoré par l’Assemblée Constituante.
Il Découle de ces considérations que l’autonomie valdôtaine n’a pas un relief international (contrairement au Tyrol du Sud, qui a pu tirer de considérables bénéfices de l’Accord de De Gasperi –Gruber) et que le Statut spécial ne peut guère être considéré comme une véritable « constitution ».

L’essor des Régions.
La Constitution italienne de 1948 préconise la formation immédiate d’un système politique régional « à deux vitesses ».
Quatre régions à Statut spécial sont créées dès le début (la cinquième, le Frioul Vénétie Julienne, surviendra en 1963).
Les quinze Régions ordinaires ne seront en réalité instituées qu’en 1970. Pendant ces années les Régions spéciales souffrent un isolement et une marginalisation croissants. Le transfert des pouvoirs administratifs exigera un processus très lent qui n’a pas encore complètement abouti.
La définition complète du système régional ne fera pas sombrer la méfiance des autorités centrales envers les autonomies spéciales. Toute tentative de se différencier, de créer un corpus législatif s’éloignant des orientations exprimées par le Parlement, de mettre en valeur l’originalité culturelle des minorités demeura suspecte aux yeux des gouvernants.
La jurisprudence de la Cour Constitutionnelle étayera très souvent les tendances centralistes au détriment des Régions. La Vallée d’Aoste elle-même trouvera fréquemment le chemin barré par les arrêtés de la Cour dans ses tentatives de renforcer l’autonomie par l’application intégrale du Statut (ex. normes portant l’application au Statut, loi d’urbanisme, Enel, Parc du Grand-Paradis).
Des retards, à longueur de décennies, ont marqués la définition du cadre administratif régional. Des coupures considérables ont soustrait à notre Vallée la gestion autonome de certains domaines stratégiques pour le prétendu respect d’un « intérêt national supérieur ».
Une répartition financière insuffisante et instable amoindri pendant plusieurs décennies notre marge de manœuvre.
Ce n’est qu’au début des années 80 que la répartition actuellement en vigueur a rétabli des conditions équitables pour permettre une action administrative efficace et capillaire.
La tendance est toujours présente dans l’action des organes législatifs et exécutifs de l’Etat, de limiter l’essor des Régions, l’épanouissement d’orientation politiques et administrative non cohérentes avec les directives centrales.
La saignée de pouvoirs au bénéfice de la Communauté Européenne doit être compensée, dans l’esprit neo-centralisateur qui s’affirme au niveau de l’Etat, par la réduction des autonomies régionales.
Dans cette perspective les Régions devraient devenir de simples articulations des pouvoirs de l’Etat. Leur autonomie devrait se borner à l’application mécanique des principes fixés par le Parlement. La gestion administrative ne serait qu’une pure exécution de décisions adoptées au centre. L’autonomie se réduirait à une forme camouflée de simple décentralisation.

Redécouvrir l’autonomie.
Dans ce contexte, les objectifs de notre Mouvement doivent être clairs et l’action que nous allons déployer devra être cohérente avec la stratégie établie par le Congrès national.
Nous sommes persuadés que toute modification des équilibres constitutionnels implique une redéfinition du cadre d’ensemble des pouvoirs constitués. Une dépendance réciproque s’est instauré entre les différents niveaux de pouvoir : communal, régional, étatique, communautaire. Aucun de ces niveaux ne peut agir indépendamment des autres et les conséquences de ses décisions se répercutent, dans une mesure différente, à tous les niveaux de la pyramide.
Quel est-il donc le rôle de la Région, de notre Région, dans le cadre de ces institutions ?
Pour l’Union Valdôtaine le niveau régional s’affirme comme prioritaire dans la réalisation des aspirations de la communauté valdôtaine pour plusieurs raisons :

  • Les institutions régionales représentent l’expression institutionnelle la plus directe de notre peuple ;
  • La dimension territoriale régionale s’avère idéale dans le rapport citoyen-institutions et dans l’identification de la collectivité avec les élus ;
  • Le niveau régional est le plus adapté pour permettre une participation efficace des valdôtains à l’adoption des décisions nécessaires pour l’épanouissement matériel et culturel de notre peuple ;
  • Le renforcement de l’autonomie régionale est condition nécessaire pour le maintien de l’originalité culturelle et linguistique valdôtaine.
  • Le rétablissement complet de la priorité autonomiste passe nécessairement par le renforcement des structures régionales actuelles.

Au cours des derniers mois quelques évènements positifs se sont produits dans cette direction. Nous nous bornons à rappeler le transfert à la Région valdôtaine de la puissance législative en matière d’élection du Conseil régional et la publication des décrets attribuant à la Région les pouvoirs administratifs en matière d’industrie, artisanat et mines.
Le Conseil régional, pour sa part, a affirmé unanimement la nécessité de pouvoir à une redéfinition générale du cadre constitutionnel où l’autonomie valdôtaine s’inscrit par la création d’une Commission spéciale pour les réformes institutionnelles. Cette Commission est chargée de présenter un projet de réforme du Statut spécial, projet qui sera établi au cours de cette législature.
La démarche « réformiste » ne signifie pas que le « status quo » soit dans cons ensemble tout à fait satisfaisant et qu’il s’agit simplement d’apporter des modifications tout compte fait marginales.
Le choix d’une procédure de réformes plutôt que d’un processus révolutionnaire découla de la considération qu’il faut maintenir tous les acquis positifs des quarante premières années d’autonomie régionale. Les changements qui s’imposent sont cependant de nature à modifier de façon très importante le cadre des rapports de force entre les différents niveaux de pouvoir. De là la nécessité d’un processus complexe et articulé de réformes dont les points idéologiquement qualifiants sont :

  1. Le respect des droits de l’homme et de tous les peuples ;
  2. L’affirmation du droit de libre disposition du peuple valdôtain, communauté historiquement, culturellement, géographiquement et politiquement définie ;
  3. L’adhésion de la communauté valdôtaine aux valeurs démocratiques ;
  4. La volonté de coopération avec les peuples d’Europe dans la construction de l’unité politique de notre continent, pour un progrès universel vers la paix et la prospérité.

Dans ce contexte idéal la Région valdôtaine doit assumer un rôle important pour la construction du système politique de l’Europe unie.
Nous nous devons de revendiquer, dans ce cadre, pour la Vallée d’Aoste tous les pouvoirs indispensables pour assurer à notre peuple :

  • La promotion de son originalité culturelle ;
  • Le progrès économique, dans la perspective d’une intégration étroite avec l’économie des régions frontalières ;
  • Le bien-être social et l’assistance aux citoyens ;
  • La défense de son territoire et l’équilibre de l’environnement naturel (écosystème).

Nous sommes persuadés que dans plusieurs de ces domaines les décisions fondamentales ne peuvent être adoptées qu’en accord avec un ensemble plus vaste que celui de notre Région. La démarche qui devra être institutionnalisée à ce propos est donc celle de la CONCERTATIO PERMANENTE au niveau supérieur, plus précisément au niveau qui selon les domaines sera le plus indiqué pour la solution des problèmes (interrégional, étatique, communautaire).
La répartition des attributions aux différents niveaux doit donc être inspirée par un principe de subsidiarité ou d’exacte adéquation.
La limite ne pourra plus, dès lors, être rigidement établie ou préalable. Une garantie doit cependant être instituée permettant à notre région de suspendre ou de poser un veto à toute décision législative ou administrative de la part des instances supérieures portant atteinte à ses intérêts fondamentaux.
L’exercice des pouvoirs politique régionaux doit s’étendre au-delà des limites du territoire régional dans les domaines où la Région peut intervenir. Les accords interrégionaux de coopération culturelle, économique ou scientifique doivent être du ressort de la Région, en accord avec le cadre d’ensemble des relations internationales établies.
L’originalité de notre projet empêche qu’il soit facilement assimilé aux propositions de réformes institutionnelles telles qu’elles ont été formulées jusqu’à présent par les différents partis italiens.
On voit bien, cependant, que plusieurs dynamiques que tel ou tel autre parti a prônées, se rapprochant sensiblement de notre projet constitutionnel ; cela vaut principalement pour ce qui est de la décentralisation des pouvoirs de l’Etat et pour le renforcement de la solidarité communautaire européenne.
L’originalité de notre revendication demeure évidente: nous souhaitons la création d’une Vallée d’Aoste Région d’Europe qui tire sa légitimation d’un choix libre et conscient du peuple valdôtain, solidement enracinée sur notre territoire pour la défense et le plein essor des besoins du peuple valdôtain, concrètement active dans la construction de l’unité européenne.
Notre projet implique une transformation progressive des structures de l’Etat évoluant vers une forme fédérative entre les Région.
Ce n’est que dans cette optique que l’Etat italien pourra devenir un élément Moteur de l’intégration européenne, en abandonnant toutes les formes d’égoïsme et de conservation qui freinent actuellement le processus amorcée.
« L’avenir, comme l’écrivait le philosophe suisse Denis de Rougemont, est notre affaire »
L’avenir de la Vallée d’Aoste, dirions-nous, est l’affaire aux valdôtains.
La capacité créative de l’Union Valdôtaine, son énergie intellectuelle et politique est au service de la communauté valdôtaine dans la réalisation de ce grand projet.

 

Introduction du Secrétaire Général Guy GRIMOD

Nous sommes entrés en plain pied dans notre 2ème Congrès National.
Il appartient à nous tous, en ce moment, de construire une ligne politique à même de rendre l’Union Valdôtaine la force politique qui sache représenter et « concrétiser » les intérêts matériels et spirituels du Peuple valdôtain, à la veiller des années 2000 au seuil de l’intégration européenne.
Nous avons su, par effort conjoint de nos énergies et de nos volontés, dépasser des moments d’incertitudes, liés à des faits contingents et à une crise générale qui a frappé en particulier le secteur industriel de la sidérurgie.

L’activité déployée par l’Union Valdôtaine et par ses élus a permis de faire face aux différents problèmes : chômage, réorganisation industrielle recyclage et formation professionnelle etc. d’une façon organique et grâce à la stabilité politique garantie par notre Mouvement.
Le 34% des électeurs valdôtains, au cours des dernières élections régionales, nous a fait confiance pare que nous représentons une force qui vit et lutte avec les gens et à côté de leurs besoins, au delà de la recherche exaspérée du pouvoir, au-delà de la recherche d’une nouvelle identité, d’une nouvelle culture. Ce qui est nouveau, presque une découverte, pour le P.C.I. est à la base de nos idéaux et de nos programmes.

Oui, le fédéralisme intégral auquel l’Union Valdôtaine se rattache va beaucoup plus loin que le fédéralisme politique classique. Il est une tentative d’organiser la société, conçue de telle sorte que les questions soient toujours réglées à l’échelon où les solutions sont les plus efficaces.

I – DU PARTICULIER A L’UNIVERSEL.

A.L’UNITE DANS SA DIVERSITE.

La dialectique fédéraliste est souvent résumée par l’expression « l’unité dans la diversité ». En examinant de plus près le sens des mots, il apparait clairement que le fédéralisme repose part sur une affirmation de la diversité et d’autres parts sur une tendance à l’universalité.
L’Union Valdôtaine qui se rattache aux principes de fédéralisme intégral, lutte pour affirmer le droit du Peuple Valdôtain de disposer librement de sa destinée, pour lui donner les instruments nécessaires lui permettant de s’épanouir sur le plan linguistique, culturel et économique. L’Union Valdôtaine à le devoir d’inciter les consciences des valdôtains afin qu’ils se rendent compte pleinement de leur diversité et de leur particularisme : diversité due à leur langue maternelle, à leur histoire, à leur culture.

La NATION VALDOTAINE cherche depuis toujours son « AUTONOMIE ». C’est un concept « daté », enraciné dans notre histoire mais, toujours actuel, toujours nouveau.
L’Autonomie, pour être soit effective, exige deux conditions : les compétences d’une part doivent être aussi large que possible et les procédures conçues pour en faciliter l’usage ; d’autre part, elles doivent s’exercer librement, c.a.d. en absence de toute tutelle. Cette « Autonomie » que nous voulons n’est évidemment pas celle accordée par un Etat unitaire par le biais d’un Statut dit « spécial ».
Toutefois l’Autonomie ne signifie ni suffisance, ni autarchie, mais elle solliciter et réclame la coopération et la solidarité.

Il ne s’agit nullement de cultiver la nostalgie du clocher. Le principe d’autonomie signifie nécessaire destruction du centralisme oppressif par une véritable décentralisation du pouvoir décisionnel vers la base. L’Autonomie ne saurait signifier « souveraineté> » ou liberté absolue. L’application du principe d’autonomie engendre fatalement des conflits que, seule une coopération entre centres de décisions indépendants et une restructuration de a société tendant à l’unité, toutes deux fondées sur des contrats librement consentis, peuvent canaliser vers une civilisation d’hommes libres et responsables.


L’AUTONOMIE EST DIALOGUE ET RECHERCHE PERPETUELLE D’UN EQUILIBRE

L’égoïsme des Etats, le culte de l’Etat engendrent des monstres (guerre, violence) et la « conflictualité » permanente, la massification et l’uniformisation des langues et des cultures, ignorant les diversités, les minorités et la personne humaine au nom de l’unité « nationale », d’un pouvoir central fort, etc.
Le respect des diversités, la tolérance la compréhension mutuelle mènent à la neutralité, au refus de recourir à la violence pour résoudre les différends.

Permettez-moi à de citer une partie de l’appel de Jean-Paul II souhaite l’avènement « d’une société plus juste et plus pacifique, dans le respect des légitimes aspirations de toutes les composante de la communauté ». La prise de conscience de la situation des minorités - ajoute-t-il notamment – qui se manifeste de façon croissante aujourd’hui à tous les niveaux, constitue à notre époque un signe de ferme espérance pour les nouvelles générations et pour les aspirations de ces minorités. En effet, le respect envers celles-ci doit être considéré en quelque sorte, comme la pierre de touche d’une convivialité harmonieuse et comme l’indice de la maturité civile atteinte par un pays et par ses institutions. La paix universelle se construit à partir de la convivialité harmonieuse de toutes les communautés, de tous les groupes et non par la volonté des ETATS.

B.ENVIRONNEMENT

Nous avons le devoir de rechercher un juste équilibre entre l’homme et la nature de favoriser une croissance contrôlée au service de l’homme. L’écologie n’est pas uniquement thèmes à la mode. L’écologie est une politique de la vie et des équilibres dynamique du vivant. L’écologie nous rappelle que le progrès technique et la science elle-même ne peuvent rien contre les lois fondamentales de la Nature, et qu’à vouloir les lois fondamentales de la Nature, et qu’à vouloir les ignorer, c’est la survie de l’humanité que l’on menace.
La sauvegarde et la protection de l’environnement constituent un problème réel et capital qui concerne tout aussi bien notre réalité nationale (avalanches, éboulements, pluies acides, pollution industrielle) que celle internationale (Cernobil, Centrales atomiques environnantes, la pollution de l’air) et mondiale (la couche d’ozone).

Il s’agit d’un problème qui se fait toujours plus pressant et menaçant et auquel il faut donner une réponse adéquate et responsable.
Dans ce but il nous paraît dangereuse l’attitude de certains écologistes « à la mode » qui, ne connaissant la nature que par le biais des livres et des laboratoires, prétendent imposer des solutions qui heurtent les bon sens de tous ceux qui vivent au contact direct de la terre. Sans créer de l’alarmisme instrumental, sans faire de la défense du milieu naturel l’instrument de manœuvres qui n’ont rien à voir avec les problèmes de l’environnement, nous devrons œuvrer pour assurer aux Valdôtains un meilleur cadre de vie. Mais pour ce faire on ne peut point idéaliser la nature. Prétendre qu’à l’état sauvage elle représente l’Eden, que seule sa sauvegarde naturelle » fait sa beauté et sa perfection, c’est en avoir une vision totalement fausse et déroutante.

Les peuples de la montagne ont appris, depuis belle lurette, que la montagne abandonnée à elle-même se détériore rapidement, et qu’elle manifeste sans cesse sa nature de marâtre vis-à-vis de l’homme. L’érosion des terrains, la menace d’éboulements, d’avalanches, d’inondations et de sécheresse sont là pour nous le rappeler sans cesse.
Et si l’homme ne peut arrêter le vieillissement de la montagne, il peut toutefois en ralentir considérablement la dégradation et assurer à sa progéniture une bonne qualité de vie.
Voila notre projet : récupérer l’équilibre instable de notre écosystème à l’homme et à la nature leur rôle naturel, sans que le premier domine la deuxième, et vice versa.

Nous voulons, et nous devons, recréer un écosystème respectueux des exigences réciproques, où l’homme puise trouver les solutions les meilleures pour surmonter les conditionnements géographiques qui le menacent, sans toutefois jamais oublier que le milieu naturel n’est pas seulement le bien de son travail, mais aussi son objet, ayant son unité et son indépendance.
Jadis on disait : « Quand un fils d’agriculteur quitte la terre pour travailler à la ville l’économie y gagne » ; c’était la belle époque du productivisme dont on ne cesse désormais de mesurer les limites. L’agriculteur valdôtain, comme tout agriculteur de montagne, n’est pas seulement un producteur fécond, mais aussi un prestataire de services liés à l’occupation de l’espace, un véritable jardinier de la nature.

Le monde rural fourmille de besoin non satisfaits qu’il faudra se résoudre à honorer sous peine de déclencher de nouveaux exodes. Nous félicitons nos administrateurs, qui pour célébrer l’année de l’environnement, ont voulu souligner le rôle fondamental de l’agriculteur dans ce secteur. Tous doivent reconnaître que cette agriculture de service mérite une rémunération adéquate.
Dans cette optique nous estimons indispensable de concilier la défense du patrimoine naturel du parc du Grand-Paradis avec les intérêts des populations qui vivent sur son territoire. Les gens qui vivent à l’intérieur du Parc sont en effet les héritiers de ceux qui, seuls, ont su sauvegarder ce milieu naturel. Ils ont donc, d’un côté, le devoir de continuer les rapports homme-nature établi par leurs ancêtres et, de l’autre, le droit de vivre en maitres chez eux, en satisfaisant leurs nécessités.


C.LA FOI DANS L’HOMME

L’Union Valdôtaine fonde ses idéaux et ses programmes sur la foi dans l’homme tout d’abord de garantir à tout être humain, durant son existence, la possibilité de satisfaire les besoins qui, dans notre société, apparaissent « vitaux ». …. Alimentation, habillement, logement, santé, éducation.
L’homme ne peut s’épanouir que si ses besoins fondamentaux reçoivent une satisfaction. Le but de l’activité économique et des techniques doit être de libérer l’homme en lui permettant de satisfaire le plus grand nombre des besoins d’un niveau supérieur, culturels, spirituels.


II – DU CONGRES DE LA REFLEXION AU CONGRES DE LA PRISE EN CHARGE DE LA CROISSANCE ET DE LA CENTRALITE POLITIQUE DE L’UNION VALDOTAINE.

Le 2ème Congrès National avait caractérisé par une forte réflexion visant à définir les instruments nécessaires pour la reconquête de notre pays. Nous avions à cette occasion définie notre ligne politique en traçant les bases du projet valdôtain pour une autonomie intégrale, pour l’affirmation du droit d’autodétermination de notre pays.
Nous avions alors élaboré un document touchant à tous les aspects de la vie économique, sociale et culturelle de la nation valdôtaine. Ce document approfondi au cours des années, lors des conférences nationales, constitue toujours la base de notre action.
De 1985 à aujourd’hui, grâce à l’activité et aux efforts conjoints des responsables du mouvement, des élus aux différents niveaux et de tous les unionistes engagés dans la vie de l’Union Valdôtaine, nous avons atteint des résultats satisfaisants dans différents domaines.

VIE DE L’UNION VALDOTAINE 1985 – 1989

Dès les premiers mois de 1985 nous nous sommes tous mobilisés pour préparer la campagne électorale de sélections municipales. Après les élections européennes de 1984, où en Vallée d’Aoste la coalition Union Valdôtaine-Autonomistes Démocrates Progressistes essuya un échec (on perdit 12.000 voix par rapport aux élections régionales de 1983) nous nous présentons à l’électorat avec nos hommes et nos programmes, dans la certitude que notre franc parler, notre sérieux, notre volonté de servir les intérêts des citoyens ne pourrons être ignorés par les électeurs.
Le Comité central analyse les résultats et affirme : « Le Mouvement a obtenu, grâce à la présence de candidats sur tout le territoire, des résultats globalement positif ».

-Et le « peuple Valdôtain » d’écrire : « Nous sommes sortis du tunnel…. L’Union Valdôtaine accablée par des accusations infamantes, désorientées sur le plan de l’organisation, l’Union Valdôtaine a su se recueillir sur elle-même, consolider son unité et réagir. L’efficacité du gouvernement Rollandin commence à produire ses fruits… »

-Le 24.06.1985 la Vallée d’Aoste perd l’un des défenseurs les plus tenaces de son particularisme ethnique et linguistique… Mlle Maria Ida Viglino nous quitte soudainement……
-Pour la mise au point d’un programme très intense l’UV fête son 40ème anniversaire.
-La Vallée d’Aoste traverse une crise très grave dans le secteur industriel en subissant une baisse de 42% des effectifs employés dans l’industrie.
-La population de Valsavarenche en signe de protestation contre le Parc National du Grand-Paradis, qui avait opéré la délimitation du territoire du Parc selon le décret « Marcora », refusait de se rendre aux urnes pour le renouvellement du Conseil Municipal.
Le 7 novembre le Conseil Régional approuve la loi portant disposition des Lycées Techniques. Cette loi préparée par l’Union Valdôtaine et ensuite remaniée, visait à donner aux jeunes la possibilité d’acquérir une préparation qui tienne compte des filières qui correspondent aux nécessités du Monde du travail.
Cette loi est renvoyée par la Commission de Coordination. Le Comité Exécutif, après avoir analysé l’avis du Président de la Commission dénonce le nouvel attentat contre l’autonomie valdôtaine ».
-En attendant les normes d’application du Statut concernant l’instruction technico-professionnelle, qui ne devrait pas tacher, nous estimons que les lycées Techniques tels que nous les concevons sont une réponse adéquate à l’intégration de notre peuple dans l’Europe de 1993.
-8.12/1985 – Première Conférence nationale : « 40 ans d’activité de l’U.V. : compte rendu et perspectives » Bonne participation.


1986
22/01/1986 – Présence massive d’unionistes à la manifestation, organisée par CGIL-CISL-SAVT et UIL de la Vallée d’Aoste, qui s’est tenue à Aoste à l’occasion de la grève générale en soutien des travailleurs de l’ILSSA-VIOLA de Pont-Saint-Martin et de l’emploi en général dans notre région.

22/01/1986 – Après avoir examiné d’une façon approfondie la situation de l’ILSSA-VIOLA, le Comité Exécutif de l’UV décide de surseoir à toute discussion au sujet d’éventuelles actions visant à reconsidérer les positions des Parlementaires valdôtains à l’égard du Gouvernement italien et il se réserve d’intervenir dès que le débat parlementaire sur le décret n° 706 sera terminé.

01/03/1986 – Rencontre entre le Président du Gouvernement régional Auguste Rollandin et les membres du C.C., les Présidents, les Vice-présidents et les Secrétaires des sections de la Basse Vallée ainsi que les Administrateurs unionistes pour analyser la situation de l’occupation en Vallée d’Aoste et en particulier dans la Basse Vallée.

30/08/1986 – Séance ordinaire du Comité Central qui a discuté de la constitution du nouveau Comité de gestion de l’Unité Sanitaire Locale, définissant la position de l’U.V.

06/09/1986 – A’ l’occasion de la visite du Saint-Père, l’Union Valdôtaine a exposé une banderole au siège d’Aoste-Ville, Place Chanoux, lui souhaitant la bienvenue.

30/09/1986 et 01/01/1986 – Visite en Vallée d’Aoste des députés européens de l’Alliance Libre Européenne membre du groupe Arc en ciel au sein du parlement Européen. Cette rencontre avait pour but de faire connaître la réalité valdôtaine et ses problématiques, telles que celles concernant les rapports entre les populations du Parc du Grand Paradis et l l’ « Ente Parco », de la Zone Franche et d’autres encore.
-Châtillon 30 Novembre 1986. Organisation de la 2ème conférence Nationale.
« L’ECONOMIE VALDOTAINE » Réalité et Perspectives.
Connaître la réalité, établir les objectifs, définir les moyens de les réaliser ».
A’ l’égard de cette conférence le Secrétaire Léonard Tamone écrivait : « La présence presque totale des délégués au Congrès national et le travail méthodique préalable accompli par toutes les structures de l’Union Valdôtaine et notamment par ses diverses sections, vrais piliers du Mouvement et expression réelle de notre base, manifestent de l’attention que les unionistes portent pour les thématiques économiques et socioculturelle concernant la Vallée d’Aoste ».


1987

20/01/1987 – Communiqué de presse du Comité Exécutif au sujet du « Manifeste de Villeneuve : La Vallée d’Aoste ». Dans ce texte l’Union Valdôtaine, après avoir approuvé le document en question, félicite les rédacteurs de l’appel pour leur sensibilité et fidélité aux principes de l’autonomie valdôtaine. Elle rappelle que les principes contenus dans ce texte font partie du patrimoine idéologique de notre mouvement depuis toujours et se réjouit que des forces nouvelles s’engagent dans la bataille pour les droits d’autonomie et d’autodétermination. Elle se déclare disponible à une rencontre avec les signataires de l’appel, dans le but d’unir les forces dans un combat unitaire.

4/03/1987 – Communiqué de presse par lequel l’Union Valdôtaine informe que sur son initiative, les députés européens de l’Alliance Libre Européenne et autres ont présenté aux instances du Parlement européen une proposition de résolution portant sur la nécessité d’une règlementation des compétences Commune-Région-Etat à Valsavarenche qui tienne compte des exigences vitales, aujourd’hui négligées, de cette population qui ne participe plus aux élections en signe de protestation.

28/04/1987 – Communiqué de presse au sujet des élections politiques anticipées de l’Etat italien par lequel le Comité Exécutif, exprimant une dure condamnation des méthodes que les partis italiens ont mis en œuvre pour ouvrir la crise politique, déclare cependant qu’il faut en prendre acte et décider en conséquence. Le Comité exécutif, après avoir exprimé un jugement positif sur l’activité des parlementaires sortants (Dujany-Fosson), pose une candidature d’émanation unioniste comme condition préalable de tous pourparlers en vue de la formation de coalitions dans la présentation des listes pour les élections du 15 et 16 juin 1987.

20/04/1987 – Une rencontre-débat de l’Assesseur régional à l’Agriculture M. Joseph-César Perrin avec les membres du Comité Central et les Présidents des sections de la Moyenne et Haute Vallée a eu lieu à Aoste.Rencontre des Présidents des Communautés de Montagne au cours de laquelle a été rédigée une ébauche de projet de loi concernant ces organismes.

08/05/1987 – Un Comité Exécutif extraordinaire s’est penché sur la candidature unioniste et les alliances pour les élections politiques du mois du juin.
Le Comité central, après un attentif et intéressant débat, a exprimé la candidature de M. Lucien Caveri à la Chambre des Députés et a décidé d’accepter la proposition avancée par les ADP de M. César Dujany au Sénat de la République. Le Comité Central souhaite que cette alliance puisse élargir à d’autres forces politiques sur l’exemple du Parti Républicain Italien.

13-14 et 15.06/1987 – Rendez-vous Valdôtain d’Aoste, lundi après-midi, exposition des résultats électoraux : suite à l’écrasante victoire (Chambre des Député 41.657 voix et Sénat de la République 35.826 voix), une fois imposante s’est réunie au Rendez-vous pour fêter ensemble l’exploit jusqu’aux premières heures du lendemain. Le cartello est battu.

22/09/1987 – Communiqué de presse du Comité Exécutif de l’U.V. au sujet de la journée de solidarité avec les communautés du parc du Grand-Paradis. Après avoir réaffirmé les droits de ces communautés et avoir appuyé l’initiative du Comité de Villeneuve, organisateur de cette manifestation, le Comité Exécutif fait remarquer que la décision des Valsavareins de refuser d’exercer leur droit est un signe de protestation retentissant, une véritable plaie dans tout Etat se voulant démocratique. Il souhaite que les autorités compétentes parviennent à résoudre ce conflit, respectant ainsi le statut Spécial de la V.D.A. et en même temps sollicitent le gouvernement régional et les deux parlementaires à œuvrer dans ce sens. Le C.E. invite les valdôtain, et en particulier les adhérents de l’UV à participer massivement. Le comportement incorrect de certains personnages de la D.C. l’année dernière à annulé cette bataille.

15/11/1987 – La IIIème conférence Nationale de l’UV, qui a eu lieu à Pont-Saint-Martin, dans la selle du boulodrome, a été centrée sur le thème de l’ « Autonomie, source de qualité de la vie ». Une analyse positive de l’autonomie a été ébauchée dans les rapports embrassant les domaines de la politique, de l’économie, de la santé, de la culture, du tourisme et de l’environnement. La participation des délégués a été satisfaisante.

19.12/1987 – L’Union Valdôtaine a décidé une journée à la mémoire de Séverin Caveri. Une messe d’anniversaire célébrée de la Collégiale de Saint-Ours, et une Conférence sur « La pensée autonomiste de Séverin Caveri » ont rempli la matinée. Les aspects littéraires et politiques de l’illustre valdôtain ont été exposés respectivement par Mme Thérèse Charles et M. Joseph-César Perrin. Des témoignages et des messages ont également été envoyés par des personnalités qui ont connu M. Caveri. Une table ronde sur « Caveri et son temps a été animée par les témoignages de valdôtains qui avaient collaboré ou qui étaient liés d’amitié avec lui. La manifestation a obtenu une très large faveur du public.
De nombreuse réunion de sections ont eu lieu au cours de cette année, ce qui prouve, une fois de plus, le dynamisme de la base unioniste.
Le Comité Exécutif, dans ses 51 séances, a suivi d’une façon constante et attentive le déroulement de la vie politique, administrative et politique de notre Vallée et a su donner des réponses précises aux questions d’intérêt régional.
Les différentes commissions de l’UV ont, elles aussi, bien travaillé, produisant des documents et donnant des réponses aux problèmes de leur compétence.

1988
29/01/1988 – La préparation des élections régionales, qui concentrera l’attention de tous les unionistes le long des six premiers mois de l’année 1988, continue par l’ouverture des travaux de la Commission chargée de coordonner toute l’activité de propagande de l’Union Valdôtaine. Cette Commission poursuivra son œuvre jusqu’à la veille des élections.

07/2/1988 – La Jeunesse Valdôtaine a organisé au restaurant « Le Comari » de Saint-Christophe une rencontre-débat-spectacle ayant pour slogan « Engageons-nous pour l’avenir de la Vallée d’Aoste » et à laquelle ont pris part plusieurs administrateurs régionaux de l’Union Valdôtaine ainsi qu’un grand nombre de jeunes de toute la Région.

20/2/1988 – La conférence organisée à Courmayeur, ayant pour thème « L’autonomie a-t-elle un avenir ? Les destinée de l’autonomie en Vallée d’Aoste et en Europe », est la dernière étape de la série de manifestations organisées par l’Union Valdôtaine pour fêter la 42ème anniversaire de l’autonomie de notre Vallée.

28/02/1988 – A l’ occasion des élections pour le renouvellement des organes d’autogouvernement dans les écoles de la Vallée d’Aoste, l’Union Valdôtaine et la Jeunesse Valdôtaine ont présenté des listes d’étudiants et de parents d’élèves dans les deux districts scolaires de notre Région.
Ces listes dont la devise est « Pour une école valdôtaine » réclament entre autres : - la valorisation de la fonction des organes collégiaux : - une meilleure qualité de l’enseignement par une modification des structures et des programmes scolaires et une formation plus adéquate des enseignants ; -un bilinguisme réel avec l’emploi du français comme langue d’enseignement en zone francophone et la reconnaissance de l’allemand en zone allemand ; - la pleine application du droit à l’étude et la reconnaissance des diplômes. Les résultats ont été satisfaisants tant au niveau de district qu’à celui du conseil scolaire régional.

8/08/1988 – La séance du Comité permanent des Communautés ethniques de langue française, à laquelle ont pris part des délégations du Rassemblement Jurassien, de l’Action Fouronnaise, du Mouvement Bruxelles-Française, de l’Association Alpes-Léman-Québec et de l’Union Valdôtaine, a eu lieu à Aymavilles.
9/04/1988 – La séance du Comité Permanent du deuxième jour a été dédiée à l’examen de l’application des articles 39 et 40 du Statut Spécial dans les écoles élémentaires du VDA » d’après un brillant exposé de l’Assesseur à l’IP René Faval ; deux résolutions ont été votées : la première invitant l’UV à insister dans le chemin entrepris afin d’étendre l’emploi de la langue française dans les écoles de tous les degrés : la deuxième souligne les avantages économique que produira la construction de l’autoroute entre Quart-L’Eglise et le tunnel du Mont Blanc pour une grande partie de l’Europe occidentale et la garantie pour notre région d’une ouverture vers les pays francophones et le nord de l’Europe, conformément à sa vocation. Ce dernier texte demande d’envisager le percement Aoste-Martigny afin de réaliser un nœud ferroviaire d’importance européenne.

15/03/1988 – Le Comité Exécutif exprime, par un communiqué de presse, ses préoccupations et sa réprobation à l’égard de la nouvelle crise produite au sein du Gouvernement italien, à la suite de l’approbation de la loi financière. Il rappelle ensuite que la collaboration avec le nouveau Gouvernement sera toutefois liée à de précises garanties politiques dans l’action de l’exécutif romain vis-à-vis de la Vallée d’Aoste.

27/5/1988 – Ouverture officielle de la campagne électorale avec 79 réunions qui ont eu lieu simultanément dans 74 communes de notre Vallée. Environ 200 orateurs unionistes ont parlé, au nombreux public qui a suivi ces réunion électorales, de l’idéologie de notre Mouvement, de se projets pour l’avenir, de l’autonomie à accroître, de l’Europe des nationalités, de la gestion du pouvoir et de la pratique d’une administration correcte.

27/06/1988 – Le résultat de ces élections ont été plus que remarquables pour l’Union Valdôtaine, elle a obtenu 26.960 voix (34%) et l’élection de 12 de ses candidats. Le résultat épatant à Aoste (5.140 voix) place l’U.V. pour la première fois à la tête de tous les autres partis.

08/07/1988 – Le Comité Exécutif de l’Union Valdôtaine, réuni en séance extraordinaire, a décidé à majorité – après avoir constaté le caractère irrévocable de la décision de M. Tamone – de prendre acte de la démission de son Secrétaire général. Ce Comité, après avoir souligné la contradiction existant entre l’éclatante victoire électorale de notre Mouvement et la démission de son premier dirigeant, exprime à Tamone les remerciements de tous les unionistes pour l’activité politique et l’engagement personnel déployés si brillamment dans l’intérêt de l’Union Valdôtaine et de la Vallée d’Aoste tout entière.
Le Comité Exécutif a également pourvu, aux termes des dispositions statutaires, à appeler M. Dino Viérin, Secrétaire-adjoint, à remplir les fonctions de secrétaire jusqu’à la convocation du prochain Congrès national.

3/09/1988 – Le Comité Central de l’Union Valdôtaine en considération de l’incompatibilité survenue à la suite de la nomination de Dino Viérin à la charge d’assesseur à l’Instruction Publique, a pourvu à élire un nouveau secrétaire-adjoint en la personne de Guy Grimod.

2/11/1988 – Par un Communiqué de presse le Comité Exécutif de l’Union Valdôtaine a revendiqué pour le Peuple valdôtain une représentation au sein du Parlement européen ainsi que cela a été pour les élections au parlement italien. Il propose à cet effet, comme système électoral optimal permettant d’atteindre ce but, la constitution d’un collège uninominal pour notre Région.
Au cours de la même séance le Comité exécutif, après avoir entendu le rapport du Député Caveri portant sur les travaux de la Commission du Budget de la Chambre appelée a examiner le projet de loi concernant les financements des Régions autonomes, réitéré la nécessité d’obtenir de la part du Gouvernement italien des assurances quant à l’octroi des milliards retranchés des financements destinés à la Vallée d’Aoste.
Le 21 décembre grâce, à l’action conjointe de nos parlementaires, la Vallée d’Aoste obtient la compétence législative exclusive en matière électorale. Au début de cette année le Journal officiel publie le décret sur les normes d’application du Statut concernant l’industrie. C’est un petit pas de l’avant vers l’autonomie. Nous remercions nos parlementaires pour le travail accompli.
La présence unioniste affirme sur tout le territoire de la région par l’augmentation du nombre des adhérents (4.108 adhérents en 1988) et par la constitution de 4 nouvelles sections : La Thuile – Cogne- Chamois et Ollomont.


III - PERSPECTIVES FUTURES

Les résultats des élections régionales de 1988 ont placé l’Union Valdôtaine au centra de la vie politique valdôtaine.
L’Union Valdôtaine devient l’instrument d’une nouvelle unité de peuple valdôtain. Elle vit l’un des moments les plus exaltants de son histoire. Au niveau des alliances politiques nous estimons devoir continuer notre collaboration avec la force régionaliste de ADP et avec les partis qui ont adhéré au programme de législature préparé en grande partie par l’UV, à condition que ce programme soit respecté et que chacun ait la capacité, par rapport à sa force et à son influence politique, d’assumer sa tâche et ses responsabilités, en particulier pour résoudre les questions qui demeurent en suspens avec l’Etat italien.
A ce propos je veux citer l’urgence de la solution de la querelle concernant la propriété de l’Hôpital d’Aoste.
Il est bon de rappeler que le Ministre de la Santé de l’Etat italien n’est point un unioniste. Chaque parti de la coalition a le devoir de renforcer l’alliance et non de l’affaiblir par des attaques gratuites à l’UV, et à ses hommes.
L’Union Valdôtaine est prête à la confrontation et au dialogue avec toutes les forces politiques, main on ne peut dialoguer avec ceux qui ne parlent par et adoptent la tactique du silence.
La confrontation d’ailleurs s’établit dès qu’il y a des projets et des propositions crédibles qui se côtoient, L’Union Valdôtaine réaffirme le principe de la non uniformité des alliances dans toutes les institutions du territoire valdôtain mais la création et la négociation d’accords politiques de programmes communs dans l’intérêt collectif des citoyens.


ELECTIONS EUROPEENNES

L’Union Valdôtaine souhaite la constitution d’un Sénat des Régions d’Europe comme pièce maîtresse de la loi qui règle l’élection du Parlement européen pour assurer une représentation de la Vallée d’Aoste au sein de cet organe.
Malgré que les partis stato-italiens n’aient prévu aucune modification de la loi électorale, l’Union Valdôtaine ne cessera pas pour autant de lutter avec les autres forces nationalitaires de l’Etat italien afin de présenter une liste commune.
Notre lutte première visait à garantir à la Vallée d’Aoste le collège unique uninominal, ce qui avait été également voté au Conseil régional par presque toutes les formations politiques présentes.
Un engagement conséquent de ces forces politiques à Rome, au Parlement italien, prônant la modification de la loi électorale pour les élections européennes dans cette direction aurait mieux valu que les inventions présentées au dernier moment.
Je me rattache à la proposition que le PCI à lancée à l’Union Valdôtaine à l’occasion de son dernier Congrès régional.
Le PCI de la Vallée d’Aoste à offert à notre Mouvement la possibilité d’un apparentement avec sa liste aux prochaines élections européennes.
Tout en remerciant les dirigeants du PCI pour leur proposition, louable du point de vue de la force d’imagination qui l’a engendrée, l’Union Valdôtaine, cependant, après une analyse attentive, l’a écartée.Celle- ci est à notre avis difficile à proposer du point de vue technique.
Politiquement, l’alliance avec un parti stato-italien, en l’occurrence le PCI, pour les élections européennes est difficilement proposable car notre Mouvement a depuis les premières élections à suffrage universel choisi le chemin le plus conforme à ses principes : celui de s’allier avec les autres communautés ethniques présentes dans l’Etat italien.
Techniquement, la loi électorale prévoit pour les communautés linguistiques du Tirol du Sud, de la Slovène et de la Vallée d’Aoste la possibilité d’un apparentement avec des formations ayant présenté leur liste sur tout le territoire de l’état italien. L’éventuelle liste apparentée doit forcément avoir un minimum de trois candidats dont on doit obtenir au moins 50.000 voix de préférence pour pouvoir prendre la place du dernier élu de liste « apparentamento ». Or pour l’Union Valdôtaine il est quasiment impossible d’obtenir et de convoiter un nombre de préférences suffisantes sur un candidat unique. Il faut tenir également compte que le parti apparentant présente lui aussi sa liste avec son symbole en Vallée d’Aoste, ce qui contribuerait à fragmenter davantage les consensus et rendre cette proposition irréalisable. Les voix obtenues par notre liste, même n’ayant pas d’élus, iront enrichir le butin de la le qui a permis l’apparentement, dans ce cas le PCI.
C’est pourquoi l’UV, pour rester cohérente avec ses principes qui l’ont vue collaborer depuis 1979 avec d’autres forces fédéralistes, autonomistes et régionalistes, a décidé de formuler à celle-ci une nouvelle proposition commune.
L’expérience de 1984, bien que les accords n’aient pas été respectés entièrement par le Partito Sardo d’Azione en raison de ses difficultés internes, a porté ses fruits : l’Union Valdôtaine est maintenant connue partout en Europe et reconnue comme l’interlocuteur privilégié pour toute question concernant notre ethnie.
L’Union Valdôtaine, s’est faite une nouvelle fois promotrice, disais-je, d’une alliance ouverte à tous les autres mouvements et partis fédéralistes et autonomises présents dans l’Etat italien, afin que la vois de nos communautés respectives puisse jaillir librement sans aucune contrainte venant de partis stato-italiens.
L’Union Valdôtaine invite donc toutes les forces politiques qui agissent en Vallée d’Aoste à voter la liste qui sera formée pour revendiquer plus d’autonomie et un fédéralisme réel. Les partis pourront ainsi démontrer volonté réelle de lutter pour un peuple et une région et non pour les intérêts d’un « parti ».
Nous invitons tous à cette occasion à voter pour les forces qui représentent les intérêts réels des peuples minorisés et aliénés par l’Etat italien.
La désaliénation d’une minorité passe par la constitution de forces politiques qui lui sont propres. Nous sommes cette force politique.
Les structures des partis étatiques, centralisés par rapport au pays et oligarchiques par rapport à leur organisation interne, effacent toute véritable autonomie. Les hommes qui en font partie, apparemment indépendants, sont une réalité, par le biais du parti, étroitement liés aux décisions des organes centraux, qui s’identifient de plus en plus avec l’Etat et le « partagent » entre eux (lottizzazione).
Aujourd’hui plus que jamais, face aux problèmes des élections européennes, face à nos justes revendications ignorées, nous devons recréer une solidarité de peuple pour affirmer nos droits. Je veux citer à ce propos un passage très actuel du discours de l’avocat Séverin Caveri à prononcé à l’Assemblée générale de l’Union le 20 décembre 1945. Je vous le texte :
« Les valdôtains n’ont jamais eu un si grand nombre d’amis comme aujourd’hui. Un de ces amis disait dernièrement, dans une réunion d’un des cinq partis, qu’il ne comprenait pas pourquoi on avait fondé une Union Valdôtaine et qu’il ne comprenait pas ce qu’était cette Union Valdôtaine.
« Que peuvent-ils avoir en commun, disait-il, des socialistes et des libéraux, des communistes et des démochrétiens ? » - Caveri poursuivait – « Evidemment il est difficile pour des non valdôtains de comprendre de prime abord quelle est la situation locale.
On a de la peine à nous comprendre parce qu’on pense que la question valdotaine est née comme un champignon après le 28 octobre 1922 au après le 8 septembre 1943.
On oublie que les valdôtains forment une minorité et que cette minorité a été forgée par la configuration géographique et par l’histoire mêmes du Pays.
Vous savez, d’autre part, que l’historien Jean Baptiste de Tillier disait que la Vallée d’Aoste n’était di « ultra montes » ni « citra montes », mai « intra montes ».
Or cette conception intramontaine, cette conception de l’Intramontanisme n’est pas née au XVIIIème siècle dans la pensée de J.B. de Tillier, comme une minerve armée dans la tête de Jupiter, puisque nous la trouvons dans les documents historiques précédents, par exemple dans un mémoire que l’Evêque d’Aoste Bailly adressait, au XVIIème siècle, à la Cour Romaine, en refusant le payement des dîmes.
Cette conception intramontaine, qui a toujours sommeillé dans l’âme du peuple valdôtain, est la conséquence directe de la configuration géographique du pays.
Or dans le cirque des montagnes qui sont nos amours, dans cette « catinella » comme on a bien voulu le définir, un petit peuple a formé son individualité pendant 14 siècles de son histoire.
Evidemment, la question valdôtaine n’a pas commencé en 1943 ou en 1944.
Evidemment, avant d’être socialistes ou libéraux, communistes ou démo chrétiens, nous sommes valdôtains.
Nous pouvons être orientés, individuellement, vers des idéologies politiques différentes et c’est bien ce soit ainsi puisque les partis sont nécessaires dans un régime qui ne veut pas être totalitaire, puisque les modernes n’ont pas encore su imiter l’ancienne démocratie d’Athènes, qui était bien une démocratie, même si elle n’était pas fondée sur les partis. Mais au-delà et au-dessus des différences de paroisse ou de chapelle il y a un fond commun, il y a des intérêts communs, il y a notre histoire, il y a notre individualité, il y a la flamme que les ancêtres ont gardée, que les générations ont transmise, la flamme qu’un petit curé de montagne, dont plusieurs se moquaient, même parmi ses confrères, a allumée de nouveau dans un petit cénacle de jeunes, la flamme qui a couvé dans les réunions clandestines de « La Jeune Vallée d’Aoste », de la vraie jeune Vallée d’Aoste, la flamme qu’Emile Chanoux, ce martyr non encore vengé de l’idée valdôtaine, à transformée la vie et par sa mort en un incendie qui ne s’éteindra jamais.
Voilà pourquoi l’Union Valdôtaine a été formée.
Notre action se développera à la lumière du soleil. Le but est un seul : travailler tous ensemble pour la Petite Patrie. »
Grace à cet esprit d’Union les valdôtains réussirent à arracher à l’Etat un Statut spécial. Recréons cet esprit pour revendiquer notre présence au Parlement Européen.
Oublions – et je m’adresse aux délégués – d’être des démocrates-chrétiens, des socialistes, des républicain, des libéraux etc. lorsqu’il s’agit de sauver les intérêts et la dignité d’un peuple.


SOYONS TOUT SIMPLEMENT DES VALDOTAINS UNIS DANS UN MEME COMBAT.

Chanoux, Bréan. Proposer en ce moment une République fédérative dans une Europe des Peuples signifie, malgré toutes les difficultés implicites, avoir saisi totalement l’idéologie plus authentiquement valdôtaine et signifie en même temps vouloir accomplir un dessein politique qui reste aujourd’hui plus que jamais très actuel, très valable, très moderne.
Le modèle fédéraliste, duquel nous nous inspirons, par le principe d’AUTONOMIE et de DISTRIBUTION des compétences aux différents niveaux, par les principes de participation et de coopération pourrait assurer un développement plus équilibré, une répartition égale des instruments et des sources de richesse, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui dans un Etat unitaire centralisateur par sa nature même.
Se battre pour la réalisation de ces principes n’est ni anachronique, ni fermeture, ni esprit de conservation. C’est le PROGRES dans la tradition.
Se battre pour atteindre ces buts c’est concevoir l’histoire, la société d’une façon dynamique, la réalisation d’un ordre universel nouveau, seul garant de la PAIX et de la coopération entre les peuples. C’est dépasser la vision d’un Etat corporatiste refermé sur lui-même.
Pour répondre au dictat de la constitution qui prévoit une République une et indivisible, nivelée par une culture commune, une gestion politique et administrative centralisée, pour répondre à ce dictat, disais-je, les partis stato-nationaux tentent de nous assimiler.
L’UV préconise une Vallée d’Aoste libre, libre de s’organiser de s’autogérer, de s’autogouverner.
Deux positions respectables mais nettement antinomiques. A l’électorat valdôtain le choix entre ces deux options.
Toutes théorique à part, nos sommes contraints à nous mouvoir dans un cadre établi par un Statut spécial conçu non pas à la mesure de notre Peuple mais au service de l’Ethnie dominante.
Cette limitation coupes les ailes de l’AUTONOMIE et contraint non programmes et nos idéaux dans une grille figée.
Dans la logique des choses d’ailleurs n’importe quel Statut imposé par un pouvoir extérieur ne pourrait satisfaire nos aspirations. Malgré cela toute tentative doit être mise en œuvre pour essayer de tirer le maximum de profit des possibilités « d’autogouvernement » qui nous sont offertes par le Statut . . .
A l’intérieur de n’importe quelle majorité, ou alliance tactique l’Union Valdôtaine ne doit pas perdre de vue ses aspirations maximales pour pouvoir donner au Peuple Valdôtain un cadre de vie convenable, en attendant des temps plus propices.
Le Congrès est appelé à fixer des objectifs prioritaires à court terme, à moyen terme, à long terme.
Ces objectifs sont énoncés dans non thèses et je ne resterai pas ici à les énumérer.
Pour atteindre ces buts il faut être engagé à tous les niveaux et avoir des hommes préparés professionnellement et techniquement.
Un des objectifs à court terme est donc la mise en œuvre d’un système d’éducation qui puisse relier l’enseignement au monde du travail, à notre réalité. Nous devons compter uniquement sur nos forces pour faire face aux différents secteurs de notre vie sociale, économique et culturelle, et cela la formation devient un point prioritaire.
Nous sommes tous appelés, hommes et femmes, à divers niveaux, à donner le mieux de nous-mêmes à la cause valdôtaine.
Si nous voulons que le peuple valdôtain puisse s’affranchir nous devons repenser l’enseignement et la formation.
Voilà donc que la création des Lycées techniques, tels que nous les concevons, est plus que souhaitables elle est indispensable.
Dans une société en évolution, l’éducation doit être intégrale et allier la théorie et la pratique, le travail et l’éducation.
Tandis que l’Ecole de l’Etat avec ses programmes uniformes a pour but de modeler les intelligences d’après un type unique, nous devons envisager une éducation à mesure d’homme, une éducation qui prépare les hommes à la vie et au travail. L’enseignement doit être géré par la société valdôtaine.
Les programmes doivent être établis en tenant compte des professions nouvelles, telles que la biotechnologie, la télématique, l’électronique, etc.
Si nous voulons dépasser la crise nous devons relier l’enseignement aux métiers futurs. Pour pouvoir nous autogérer nous avons besoins d’hommes libres, actifs, productifs, bien préparé dans tous les secteurs.
Pour entrer à plein titre dans l’Europe des peuples que nous souhaitons, nous devons adopter nos revendications à la lumière de l’évolution historique et de la réalité, afin de ne pas risquer de rester prisonnier du passé et privés de perspectives d’avenir.
Pour terminer je souhaite aux nouveaux organes du Mouvement, Comité Central, Comité Exécutif, Bureau de Direction, Président, Secrétaire, de pouvoir déterminer les stratégies les meilleures pour l’accomplissement de lignes politiques que nous traçons aujourd’hui avec tant d’enthousiasme.

M. BETEMPS Alexis, Président de l'UV

Conclusions

Mesdames, messieurs, chers invités, amis les délégués,

Je vous félicite avant tout, à la fin de ce Congrès, le IIIème Congrès National de l’Union Valdôtaine, pour la qualité des interventions du point de vue politique, du point de vue culturel, du point de vue linguistique même : j’ai l’impression qu’à chaque Congrès on se dépasse. Ce qui nous fait bien espérer pour l’avenir.

Je vous remercie aussi pour la sincérité que vous avez mise dans vos interventions, parce que je pense que la sincérité est à la base de tout bon rapport et est à la base de l’harmonie que nous voulons bâtir ensemble.

Je vous remercie aussi pour le sens d’équilibre qui a permis de tout dire, finalement, sans provoquer la moindre déchirure. Et bien, à la fin de ce Congrès je peux dire avec joie et orgueil que l’Union Valdôtaine est toujours là. Nous ne l’avions jamais mis en doute, mais cette Union Valdôtaine, forte d’ancien et de moderne, toujours égale et toujours renouvelée, a su, une fois de plus, souligner sa présence, son importance, sa cohésion, sa force.

Nous avons pu réaffirmer avec force les principes basilaires, les principes généraux de l’Union Valdôtaine, contenus dans les deux premiers articles de nos Statuts. Presque tous les intervenants ont parlé de langue, de problèmes linguistiques, du problème de la culture valdôtaine que nous devons à tous prix essayer de protéger et de relancer. Ils ont même posé ce problème comme le problème central de toute notre activité de Mouvement et de notre activité administrative. Nous avons relancé cette idée avec vigueur. On promue toujours le fédéralisme intégral qui repose sur ces trois mots qui souvent sont ressortis au cours de ces quatre journées : solidarité, coopération, participation ; trois mots qui ont des racines profondes dans notre histoire, parc que la solidarité a toujours existé dans nos villages de montagne pour ce qui est de la coopération nous avons maintes exemples dans nos villages ainsi que pour la participation, indispensable pour toute forme de coopération.

Nous avons parlé aussi longuement, ce matin encore d’Europe des peuples qui est aussi notre objectif auquel on ne peut pas renoncer, je dirais le seul projet pour notre salut. Et bien, nous avons réaffirmé aussi au niveau politique l’autonomie absolue de l’Union Valdôtaine dans le choix de ses alliances, qui s’effectuent toujours en tenant compte des moments particuliers et en fonction de l’appui, de la coopération que nous pouvons avoir de nos partenaires. Nous avons réfléchi tout au long de ces travaux sur des aspects qui tout en n’étant pas nouveaux se sont imposés dernièrement avec des dimensions nouvelles. On a parlé longuement de ce phénomène qu’on a appelé des nouveaux adhérents. Et bien, il est entendu, il a été répété et je le répète encore, il est dans la logique même de tout Mouvement politique de grandir et puisque on grandit il est évident qu’on puise d’un côté ou de l’autre.

Moi je ne viens pas vous dire que les « nouvelles acquisitions » sont bonnes ou mauvaises, je ne sais pas lire dans les cœurs, mais j’espère que tous ceux qui se sont approchés de l’Union Valdôtaine l’ont fait parce qu’ils sont animés, poussés par un sentiment ou un choix politique. De toute façon, pour qu’il n’y ait pas d’équivoques, je dis qu’il n’y a absolument rien à redire à propos de tous ceux qui ont toujours professé les idéaux de l’Union Valdôtaine et qui ont eu une vie cohérente, même s’ils ont milité dans d’autres partis. Il n’y a rien à dire parce qu’ils ont toujours été valdôtains, tout en ayant peut-être fait des choix, sur le plan social, différents. Il est évident que n’avons rien à dire à propos des jeunes parce qu’ils qu’ils sont jeunes, et ils s’approchent pour la première fois à la politique.

Ils ne pouvaient pas le faire avant parce que ils n’avaient pas encore atteint l’âge de la raison. Ils sont des nouveaux adhérents pour définition. Je ne dis rien non plus quand il s’agit d’humbles émigrés, d’ouvriers qui s’approchent à nous sans peut-être connaître notre langue. Souvent ils viennent à nous en faisant un raisonnement très simple : « C’est ici que j’ai trouvé mon pain, c’est ici que j’ai trouvé mon travail, c’est à ces gens ici qui me l’ont fourni que je donne ma confiance ». Eh bien, moi je pense que ces nouveaux adhérents sont les bienvenus chez-nous.

Mais ceux qui me tracasse sont ceux qui n’ont jamais eu de parti, ceux qui n’ont jamais eu d’idéal et qui ont toujours pensé d’abord à leur intérêts personnels et sur ceux là je vous demande, à vous tous, de bien veiller pour qu’ils n’entrent pas dans notre maison unioniste.

Je voudrais encore dire une autre chose à ce propos, je parle toujours des nouveaux adhérents. Je pense à ceux qui appartiennent au groupe linguistique italophone, qui ont des difficultés pour participer à nos réunions. Souvent ce problème est ressorti. Eh bien, je dis à eux aussi vous êtes les bienvenues aussi. Mais je leur demande de produire progressivement un effort pour apprendre notre langue, pour mieux connaître notre culture et de devenir eux aussi des valdôtains comme nous à plein titre. Parce que, être valdôtain n’est pas une question de race, c’est un problème de choix, un problème de culture.

Ce qu’il faudrait peut-être de la part du Mouvement, c’est qu’il ait une stratégie pour aider toutes ces bonnes volontés qui s’approchent de nous, une stratégie pour le Mouvement et je dirais même une pour l’administration régionale. Il faudrait y penser, parce que ce désir d’apprendre et de s’intégrer est un fait social qui à la limite, dépasse aussi le Mouvement, et qui doit forcement intéresser l’administration publique de qui on attend des réponses. Je sais que beaucoup a été déjà fait, mais ce serait important de trouver tous ensemble une stratégie efficace pour raccourcir les temps et faire de façon qu’un beau jour la Vallée d’Aoste redécouvre cette unité culturelle et linguistique selon nos espoirs.

Je voudrais dire encore deux mots à propos des jeunes : on en a parlé beaucoup. Les jeunes sont notre avenir, notre espoir, sont la continuité. Je demande aux jeunes de penser à leur préparation politique qui est très importante : nous en avons besoin. Mais je leur demande de penser aussi à leur préparation professionnelle, parce que la Vallée d’Aoste a besoin aussi de techniciens, a besoin de cadres valdôtains qui puissent résoudre les problèmes dans une optique valdôtaine. Je demande aux jeunes la fidélité aux principes que nous avons réaffirmés dans ce IIIème Congrès. Je demande aux jeunes l’enthousiasme qui est propre de la jeunesse : que l’enthousiasme guide toujours leur action. Ils pourront peut-être se tromper, mais ne s’est jamais trompé en agissant dans l’enthousiasme et dans la sincérité ? Je demande aussi aux jeunes de stimuler les grands, vous savez, au bout de quelques années, souvent on se trouve, en faisant de la politique, un peu mêlés dans ce qu’on a défini, ici, la politique politicienne sans s’en apercevoir et alors si on avait un Mouvement de la Jeunesse fait de béliers, comme on dit au Jura, qui de temps en temps, frappe à la porte d’une façon un peu vigoureuse, peut-être que les « grands », se rendraient compte qu’ils sont en train de perdre quelque chose, une partie de leur élan, le petit coup favoriseraient un moment de réflexion avant de reprendre la lutte. Je voudrais rappeler aux jeunes quelque chose qui peut-être n’ont pas pu connaître, c'est-à-dire les temps qui étaient plus durs et leur dire qu’être unioniste n’a pas été toujours si facile.

Quand j’avais leur âge, notre lutte était traitée comme une lutte d’arrière garde ; il y avait d’autres idéologies dominantes. Nous avons souvent étés humiliés, nous étions l’objet de moqueries, de « railleries » et quand on prenait la parole en français dans les assemblées publiques, on nous sifflait ou nous huait. Parfois on a fléchi, on n’a pas eu le courage, mais souvent on a parlé et petit à petit cela est passé et je sais que maintenant, de plus en plus, on peut se permettre, même dans des assemblées apparemment hostiles, d’employer notre langue.

Et je pense que, quand même, pour les jeunes être unionistes aujourd’hui ce n’est pas facile non plus. Parce que être unioniste est un engagement profond et c’est un engagement, je dirais, surtout du point de vue linguistique et culturel. Je ne veux pas y revenir, mais hier il y a eu un petit remue-ménage ici dans la salle (ce qui donne un peu de vivacité au débat). La question étant : « Est-ce qu’il faut voter pour l’emploi d’une langue ou non ? » Moi je ne sais pas s’il y a eu des votations sur ce thème et je ne veux rien savoir, mais je pense que le choix de la langue est déjà précisé par les deux premiers articles de nos statuts et je ne conçois pas qu’on puisse le mettre en votation.

Je sais que c’est difficile d’être toujours cohérent quant on est jeune dans des milieux, qui ne sont pas tout à fait favorables, cela n’empêche qu’il est très important qu’il y ait un grand effort personnel. Il m’arrive parfois d’entrer au siège central et de rencontrer des jeunes. Ca me fait toujours plaisir de rencontrer les jeunes, mais j’entends souvent qu’ils parlent italien entre eux quand j’entre il y a la réaction de changer de langue, ce qui engendre ce climat un peut ambigu qui est toujours désagréable.

Cela s’est déjà passé autrefois, donc il ne faut pas non plus exagérer l’importance de cette attitude.

Mais quand même je pense que si je peux accepter que dans nos sections il y ait des personnes, des italophones qui se sont inscrits à quarante ans, qui vont aux réunions et s’expriment en italien, cela est difficile à accepter pour des jeunes qui ont fait treize, quatorze ans de français à l’école ici en Vallée d’Aoste.

Nous avons parlé longuement aussi de ce qui est le rapport entre le Mouvement et l’administration. Je crois que ce Congrès à réaffirmé l’indépendance des deux niveaux : chacun a ses caractéristique, chacun a ses fonctions. Le Mouvement doit tracer des lignes, doit élaborer des projets, doit vérifier les réalisations mais c’est aux élus d’essayer, avec les médiations inévitables, parce que nous ne sommes pas seuls, parce qu’on ne peut pas toujours faire ce qu’on souhaiterait à cause des limitations des lois de l’Etat etc., c’est aux élus de faire passer tout ce qui vient du Mouvement.

Nous avons aussi réaffirmé l’interdépendance des deux niveaux c'est-à-dire qu’il doit y avoir un échange réciproque entre Mouvement et administration au niveau de l’information, au niveau de la collaboration, au niveau de la confrontation, toujours bien entendu dans le respect réciproque des rôles. Nous avons réaffirmé aussi, cela a été dit de plusieurs côtés, la primauté du Mouvement ce qui me fait plaisir parce que j’ai toujours pensé que c’est le Mouvement qui doit être la sève, l’origine de toute action politique.

Mais je dois dire au Mouvement que pour être vraiment la sève il doit avoir une attitude constructive et il doit travailler beaucoup et ne pas prétendre de faire ce qu’il n’est pas à lui de faire. Il ne pourra jamais tant suivre, s’occuper des différentes délibérations du Gouvernement, ou du menée le travail de tous les jours des administrateurs mais il devra proposer, faire des propositions claires et précises pour que nos administrateurs puissent les suivre et les réaliser. Et les administrateurs, je pense, qu’ils doivent s’appuyer sur le Mouvement, sur nous tous, sur le Congrès, sur nos différents organes parce que c’est là qu’on trouve les unionistes, c’est là qu’on trouve le sens profond de la politique valdôtaine.

Je pense que ce sont les unionistes qui doivent être les premiers conseillers de nos élus, parce que ce sont les meilleurs et cela ne peut pas être différent.

Nos élus, et cela dépend de nous, ne doivent jamais se sentir seuls si non ils risquent même parfois d’être victimes des fumistes, des mercenaires, des experts en faillite, non nécessairement vieux renards qu’on peut rencontrer parfois dans certains couloirs du grand Palais.

On a entendu souvent prononcer dans ces trois jours, deux mots : pragmatisme et idéal. Eh bien, je ne voudrais pas qu’on exagère de côté-là parce que je ne voudrais pas qu’il y ait des nouvelles philosophies qui se forment. Mais je pense qu’entre pragmatisme et idéal il n’y a pas d’opposition parce que l’idéal pour l’Union Valdôtaine doit être imbu de pragmatisme, parce que nous ne pouvons pas prétendre d’avoir immédiatement tout ce qu’on veut avoir toujours cet élan idéal qui nous guide mai accompagné de prudence et justement de pragmatisme. Donc il ne peut pas y avoir d’opposition entre ces deux concepts et non plus il peut y avoir, à mon avis, une opposition de niveaux. On ne peut pas penser à un Mouvement idéaliste et à une administration pragmatiste : les deux concepts doivent être conjugués soit dans le Mouvement, soit dans l’Administration.

Je voudrais dire encore deux mots aux femmes qui sont entrées en force dans la vie du Mouvement lors de ce Congrès. Eh bien, j’espère que leur présence soit une présence active et constructive. Plusieurs d’entre elles vont occuper ou ont déjà occupé, des places de responsabilité et le Mouvement s’attend beaucoup de leur sensibilité, de leur expérience particulière, de leur façon d’envisager les problèmes et je suis sûr qu’elles apporteront une sève nouvelle à notre Mouvement.

Le Congrès, au grand dépit de nos adversaires, a sanctionné une grande unité de notre Mouvement et uni nous pourrons jamais être arrêtés et notre marche vers le chemin de la liberté va continuer. Et rappelons-nous toujours que notre lutte est une lutte de peuple. Donc une lutte qui a besoin de tous, de toutes les compétences et tous ces efforts doivent être conjugués.

Et nous devons oublier les personnalismes qui peuvent surgir de temps en temps, nous devons vraiment donner l’exemple et essayer d’effacer les malentendus pour pouvoir continuer. Je vais conclure, avec ce que j’avais déjà dit en lisant mon rapport de départ avec cette phrase de Louis de Rougemont « L’avenir est notre affaire » et bien, l’avenir de la Vallée d’Aoste est l’affaire de l’Union Valdôtaine.

Vive donc l’Union Valdôtaine et vive la Vallée d’Aoste.

M. ALLIOD Clément

Au nom des délégués Walser d’Issime et de Gressoney, je vous adresse à tous, Mesdames et Messieurs, mes cordiales salutations.
Dernièrement le parlement italien a approuvé la loi constitutionnelle qui reconnaît à notre Région la compétence législative en matière d’élections régionales.
C’est pourquoi, nous, communauté Walser, demandons que soit assurée la représentation au Conseil Régional de notre groupe ethnique.
Tout le monde connaît les particularités de nos parlers, le titsch et les toischu, au maintien desquels a contribué soit l’Administration Régionale que l’effort unanime de nos populations qui justement cette année ont eu la satisfaction de voir rassembler en un dictionnaire ce patrimoine linguistique qui constitue l’unique base fondamentale et incontestable de notre identité ethnique.
Si, dans l’avenir, on saura trouver le mode d’appuyer et de soutenir ce parlers aussi par l’introduction officielle dans nos écoles de la langue allemande nous aurons une garantie supplémentaire et un enrichissement pour la communauté valdôtaine toute entière.

En outre je voudrais exprimer notre approbation pour ce que font le Centre Culturel Walser, l’Association Augusta, les diverses écoles et les paroisses locales, qui accueillent volontiers les liturgies exprimées dans les parlers Walser. Nous souhaitons aussi que les programmes de télévision allemande puissent être reçus par nos familles.
Qu’il me soit permis maintenant d’énoncer brièvement quelques réflexions. Il est hors de doute que notre autonomie nous a voulu des avantages économiques à tous les niveaux.
Mais, à ce point là, quelques observations s’imposent. D’abord sur le plan culturel. Nous devons être attentifs à ce que le mirage d’un gain facile ou d’une position économique à portée de main, ne détournent pas les meilleures intelligences d’une sérieuse préparation scolaire et culturelle aux plus hauts échelons.C’est ainsi seulement que nous garantirons notre autonomie dans un contexte qui est sur le point de devenir européen.

Au niveau social les disponibilités économiques nous ont permis d’introduire dans la Vallée de valables structures touristique et d’assistance sanitaire. Mais il serait préoccupant de ne pas chercher à qualifier ces structures par un travail permanent de perfectionnement visant à favoriser le professionnalisme de ceux qui travaillent dans ces domaines importants et délicats.
On ne mesure pas le vrai développement avec un paramètre seulement économique centré sur l’abondance du bien être et des services sociaux. Mais on l’atteint en essayant de réaliser une société plus humaine qui ait comme but principal celui de servir l’homme.

Enfin encore une dernière considération. Nos jeunes ne sont pas toujours motivés. Nous devons donc chercher de les impliquer davantage dans les initiatives sociales et culturelles qui contribuent à maintenir ferme le tissu social dans lequel ils sont nés et ont grandi. Pour faire avancer ces propositions, je voudrais voir notre mouvement toujours plus engagé, attentif et prêt à soutenir à n’importe quel niveau toutes institutions qui œuvrent dans cette direction.
Il est évident que pour travailler au nom des idéaux nous devons tenter de maintenir toujours notre crédibilité évitant que nos efforts et nos énergies n’aient d’autre but que la course pure et simple aux postes de pouvoir et de prestige.
Je crois que l’on pourra réaliser quelque chose dans ce sens surtout si entre nous, nous tâcherons de bannir tout personnalisme de maintenir notre identité et de nous maintenir unis au service de notre peuple.

Mme ARTAZ Lilia

Nous profitons de ce congrès National, qui réunit un grand nombre d’unionistes, pour rappeler à tous, quitte à nous répéter :
qu’un Etat est un ensemble de peuples que les conquêtes et les hasards de la politique, ont réuni sous un seul drapeau, soumis aux mêmes lois, et qui dépendent légalement, économiquement, judiciairement du gouvernement central ce qui entraîne la dépersonnalisation des citoyens. Les dirigeants d’un Etat, tout comme les empereurs romains, les républiques grecques, les prêtres des religions antiques, entretiennent le culte de l’Etat : la partie mère, souveraine, déesse infaillible à qui est dû le sacrifice de chaque citoyen. Et nous sommes en 1989 !

Une nation est, par définition, le lieu où l’on est né et, part suite, où sont morts nos ancêtres. C’est une ethnie un peu conséquente qui possède et continue à posséder sa culture, sa langue, ses coutumes, le caractère particulier de ses habitants. Elle a vécu des siècles d’indépendance, a un passé historique personnel, un territoire géographique et sociologique ; exemple : l’Etat, dit aussi Nation étatiste ou centralisatrice amalgame de gré ou de force toutes ses petites nations.

Le fédéralisme, à l’inverse de l’Etat, respecte les nations et les ethnies, tout comme les droits de l’homme reconnaissent la liberté individuelle, il défend leurs identités et leurs particularismes.
On distingue divers fédéralisme :
Le fédéralisme choisi par Chanoux, Trèves et Bréan, a pour fondateurs ou inspirateurs, des philosophes et des humanistes tels que Denis de Rougemont suisse, Péguy, Proudhon français, Alexandre Marc, français père du Fédéralisme intégral parce qu’il va le plus loin dans sa politique humaniste et révolutionnaire, parce qu’il ambitionne de rénover tout le système de nos démocraties un tantinet décadentes.

Notre congrès permet, à chacun, d’exprimer son opinion, ses désirs, ses suggestion, ses critiques, afin d’orienter le travail de ses élus.
C’est la base, le peuple qui doit prendre en main sa destinée.
Le fédéralisme responsabilise chaque citoyen.
Le fédéralisme intégral envisage une vie sociale fondée sur une véritable fraternité sociale et sur une administration réduite, efficace, à visage humain.
Il est à distinguer du Fédéralisme des Etats-Unis d’Amérique basé sur le libéralisme et le capitalisme dont le Président a un pouvoir considérable.
Il est à distinguer du Fédéralisme de l’Union Soviétique qui groupe des Républiques dites autonomes mais qui n’ont pas le droit à l’autodétermination.
Il est à distinguer du Fédéralisme de l’Allemagne fédérale qui fonctionne plus comme Démocratie que comme autonomie.

L’autonomie, l’autodétermination, l’autogestion sont les clés de notre Fédéralisme.
C’est du rêve allez-vous penser ? Non, vous répond Joseph Bréan : « Rêveurs solitaire porteurs de lumière, les temps qui viendront vous donnerons raison. »
Depuis quelques décennies le vocable fédéralisme est un sujet à la mode qui fait couler beaucoup d’encre et qui a fait parler de soi, nombre de gens aux idéologies différentes dont les points de vue sont parfois en nette opposition.
Au risque de blaser ceux qui nous suivent nous proposons encore quelques réflexion sur ce terme qui, hélas, ne trouve de bonnes définitions ni dans les dictionnaires, ni dans les encyclopédies.
Si le vocable de fédéralisme ne s’est imposé que récemment le contenu de ce terme s’est dégagé progressivement au fil de l’histoire. Les peuples qui se sont dressés contre l’oppression pour conquérir leurs libertés, les combats livrés au cours des temps pour l’émancipation et la libération de l’homme sont pétris d’éléments fédéralistes, la société du Moyen-âge, tant décriée, représente une tentative de réaliser un ordre fédéraliste ; la Révolution française, malgré son mauvais essor, fut fédérale dans son essence.

Au cours du XIX siècles le Fédéralisme prend en quelque sorte conscience de lui-même et il devient doctrine.
Des sociologues, des philosophes, des politologues par leurs œuvres multiples, apportent beaucoup à la recherche et à la prospective fédéraliste.
Parallèlement à l’effort doctrinal préparé par ces précurseurs, l’exemple de l’expérience helvétique et le succès remporté par la première grande entreprise fédérale c’est-à-dire les Etats-Unis d’Amérique, ont contribué à féconder la réflexion fédéraliste. Il s’agit désormais de mener le grand combat pour la libération de l’homme et pour l’édification révolutionnaire d’un ordre nouveau, non seulement politique, mais socio-économique et culturel : pris dans son sens le plus large, le fédéralisme désigne une prise de position qui renouvelle toutes les positions et qui permet d’élaborer un ensemble méthodique de solutions neuves et constructives. Si pendant deux mille ans la philosophie dans son ensemble a mis l’accent sur l’objet, cet accent s’est nettement déplacé, depuis deux siècles, vers le sujet. Il s’agit d’une nouvelle conception de l’être humain, de ses rapports avec le monde, avec ses semblables, avec lui-même et avec le mystère : bref de l’homme intégral.

En présence des dangers qui menacent notre civilisation, face au déséquilibre qui pèse sur l’humanité, une révision générale des valeurs est devenue nécessaire : il y faut une attitude neuve, un style de vie et de pensée nouveaux, il y faut une véritable révolution capable de conférer à tant d’efforts dispersés un caractère d’unité vivante, qui est l’unité dans la diversité du Fédéralisme que l’on qualifie d’intégral.

Pour avoir la moindre chance d’infléchir le cours de l’histoire, c’est aux rigueurs d’une doctrine révolutionnaire qu’il convient de faire appel, car seule une telle doctrine est capable de susciter la mobilisation et la transfiguration des forces profondes qui contribuent à la grandeur de l’homme. Le fédéralisme est précisément une telle doctrine capable d’embrasser en quelque manière toutes les activités, tous les problèmes, toutes les préoccupations de l’homme, doctrine qui s’affirme paradoxalement comme pensée et comme action, à la fois. Cette unité vivante, si elle justifie la prétention du fédéralisme à è proposer une doctrine totale, se révèle essentiellement différente de l’unité rigide d’un système : autrement dit, elle est totale, non totalitaire !Il n’est pas étonnant, en conséquence, que le fédéralisme apparaisse comme proche de tel ou tel courant de la pensée contemporaine.

De l’humanisme intégral, par exemple, qui dans une société où tout tend à simplifier, à mutiler l’homme, redécouvre les dimensions irréductibles de l’être humain. Du personnalisme qui, en surmontant le préjugé individualiste, rappelle la valeur unique de la personne et surtout sa réalisation, son accomplissement. De l’existentialisme, ce qui importe au fédéralisme c’est de respecter la différence entre ce qui est donné et ce qui reste toujours à parfaire, entre la nature de l’homme et le destin, entre l’individu et la personne.

Ce qui en découle c’est que surtout nous ne devons pas confondre : personnel dans le sens égoïste, égocentrique ; ni personnalité dans le sans notoriété autorité avec le Personnalisme du Fédéralisme Intégral qui veut l’épanouissement complet des capacités intellectuelles, manuelles, artistiques, organisatrices, humanistes de chacun d’entre nous.

M. BORGA Ferdinando

J’apporte les salutations de la section de l’Union Valdôtaine de Donnas.
La vie est dure pour la survivance à la montagne, c’est une souffrance obligée qui aide à comprendre les autres et à partager les peines communes.
C’est un esprit de sacrifice accepté comme naturel et saisi en tant que composante indispensable de la vie afin quelle devienne pleine et réelle.
Malgré ce profond désir de se sentir avec les autres, jaillit une tendance spontanée et on cherche à résoudre ses problèmes tout seuls. En sachant que souvent celle-ci est sera le règle en présence de montagne amie et ennemie.
Et voilà donc que, sans aucune clameur l’homme de la montagne conquiert du respect et par conséquent il paraît tout à fait naturel qu’il cherche à le garder, pourquoi pas, un mouvement soutenant les caractéristiques communes et surtout la dignité. Ces quelques considérations suffisent à justifier l’existence de notre mouvement, et à le rendre véridique. A ce point ne peut personne rien objecter à propos de la noblesse et de la volonté d’exister de l’Union Valdôtaine. D’ailleurs il paraît indéniable que depuis quelque temps notre mouvement s’est beaucoup développé, les succès électoraux se sont joints aux succès. Des personnes sensibles ont répondu conséquemment aux requêtes de consentement, ayant compris les motifs précis.
De toute façon notre mouvement en croissant a changé, grâce à l’abondance de voix, au renforcement des forces de pouvoir, à la possibilité de décision.
D’une analyse quelque peu approfondie il parait évident que, en ce moment, est paradoxalement en jeu la véritable raison d’être de notre mouvement. C'est-à-dire, avant tout la défense de la dignité du citoyen valdôtain. Je ne crois pas que les solides positions de pouvoir de l’U.V. soient, en elles mêmes, suffisantes à justifier comme physiologique, le macroscopique phénomène de clientèle auquel nous avons pu, et pouvons assister, sans penser qu’il est par contre le fruit de volontés et attitudes bien précises, de qui est à même de prendre des décisions à ce propos à l’intérieur de notre mouvement, non pas dans le but d’assurer un consentement correct pour sont travail, mais uniquement pour renforcer les positions personnelles de pouvoir.

Et nous voilà au clou de la question. Pouvoir et disponibilité économique d’une administration doivent être employés à l’aide de justes critères.
Quelques erreurs sont suffisantes pour que des mécanismes contraires ne paraissent plus contrôlables. Le pouvoir et l’argent si employés pour produire de la clientèle deviennent cause d’asservissement des consciences et de restriction des libertés. Et notre mouvement ne peut pas accepter cela. La dignité du montagnard, la dernière raison de respect qui l’inspire, la capacité de faire face avec ses forces, est vraiment la capacité de faire face avec ses forces aux problèmes de l’existence. Et les tentatives de ceux qui le flattent et lui offrent une aide en échange d’assujettissement ce sont clairement des tentatives de détruire de l’intérieur notre mouvement. La chute de tension idéale que nous saisissons au sein de l’U.V. est la conséquence de la faiblesse de l’esprit des gens qui souvent ne sont plus habitués à penser librement, mais suivent avec attention exclusivement le suggestions du patron de service.
Toujours plus souvent ont entend discréditer notre mouvement comme un regroupement de pouvoir, se comportant uniquement pour le pouvoir tandis que la course au succès personnel et à l’acquisition de privilèges économiques, de nombreux soi-disant unionistes est devenue une règle.
Il faut absolument redonner de la crédibilité au Mouvement. Comprendre avant tout qu’être unioniste signifie surtout sacrifice et totale disponibilité à donner, en espérant recevoir de l’U.V. et de la société où nous vivons, de l’estime et de la considération. Merci

M. BOVARD Eugène

Je parle en mon nom personnel, étant donné qu’on pas préparé un texte en tant que conférence des administrateurs et je tâcherai d’être très bref parce que je pense qu’après moi il y aura encore beaucoup d’orateurs. Il y a quelque chose que je dois dire sur les principes, sur le français, sur la connaissance de la civilisation valdôtaine.

Des petits faits personnels que je connais m’ont amené à réfléchir si les jeunes valdôtains connaissent vraiment dans leur majorité au moins la civilisation valdôtaine, ce qui a été notre passé. Dans des récentes réunions et échanges d’idées avec certains jeunes valdôtains amis de famille, j’ai dû constater qu’ils ne connaissent presque rien de notre passé. Et alors une réflexion, quelle est la cause ?

Je crois que d’un côté la cause est imputable à nous, qui ne mettons pas assez de temps pour leur expliquer et ça c’est le niveau personnel ; mais la cause est à rechercher aussi dans l’école qui n’enseigne pas assez non seulement le français mais la civilisation valdôtaine. Avec ça je ne veux pas faire une critique à la politique de l’instruction publique, loin de là, parce que depuis que l’instruction publique est dans les mains de l’Union Valdôtaine on a fait de grands efforts, il faut le reconnaître, pour enseigner le français dans les écoles mais pas assez la civilisation.

Il faut reconnaître qu’un grand effort a été fait. En effet ceux qui ont des enfants qui fréquentent la maternelle peuvent constater, personnellement, que depuis la réforme les enfants connaissent les deux langues, malgré les difficultés qui existent dans les écoles où il n’y a pas que des valdôtains, où il y a aussi des immigrés. Les enfants connaissent le français, il faut poursuivre, il faut avoir le courage de poursuivre dans cette direction, mais on seulement pour enseigner le français parce que le français est encore considéré comme une langue étrangère dans les écoles.

Il faut expliquer pourquoi en Vallée d’Aoste on parle français. Il m’est arrivé de participer à une réunion de parents où le directeur de l’école, à la demande d’un immigré qui lui demandait pourquoi on parle français en Vallée d’Aoste, a répondu : « in Valle d’Aosta si usa così ». On ne peut pas se contenter de cette réponse. Il faut expliquer, il faut avoir des professeurs préparés en langue française, et pour cela il faut la reconnaissance des diplômes des universités de langue française.

J’ai entendu parler de 1992, il y a des gens qui ont peur ; je crois que du point de vue économique, peut-être il y aura des problèmes, mais sous l’aspect culturel, pour la connaissance de la langue, pour les rencontres avec les peuples francophones, je crois que c’est un grand espoir. Que finalement nos jeunes puissent se former dans des universités francophones, ce qui n’a pas pu se faire pour ma génération, pour les générations du passé. Je demande donc que là-dessus on commence à étudier, si vraiment il y aura la possibilité que d’ici très peu de temps, ces diplômes soient reconnus.

Pour que le français et la civilisation valdôtaine surtout soient connus, il faut trois efforts : l’école, le niveau personnel et aussi les mass- médias. Trop souvent les journaux, la presse laissent de côté notre langue. Il faudra que les journalistes valdôtains fassent davantage pour que cette langue soit employée et faite connaître. Un deuxième aspect que je veux traiter ici est un aspect qui me concerne, parce que depuis huit ans je suis président d’une communauté de montagne, et c’est un problème que je n’ai pas vu mentionner dans le rapport du Président.

On n’a parlé que des communes, M. Dupont qui m’a précédé hier a déjà traité ce sujet en disant qu’en ce moment, les communes valdôtaines ont de l’argent, mais ont aussi des difficultés pour l’administration, administrer surtout les petites communes, parce que les petites communes ont des difficultés de personnel, on des difficultés pour organiser certains services. Voilà pourquoi les communautés de montagne doivent se bouger dans la direction de fournir des services pour que les petites communes, surtout, puissent rester sur pied.

On a d’un côté des menaces d’éliminer les petites communes, ce qui constitue l’histoire, la démocratie de la Vallée d’Aoste. Les communautés de montagne doivent se mettre au service de ces petites communes pour qu’elles puissent survivre, même si dans quelques propositions de réforme administrative de l’Etat italien il y a la prévision de supprimer les petites communes. Et dans ce sens je peux dire que notre expérience dans notre communauté nous permet d’affirmer qu’on est sur le bon chemin pour le faire.

On a institué un bureau du personnel qui gère tout le personnel des douze communes de la communauté de montagne, et cela se fait grâce à une nouvelle loi sur les communautés de montagne. Une nouvelle loi qui démontre la cohérence administrative et politique de nos administrateurs régionaux, qui au début de la législature passée s’étaient engagés à résoudre le problème des communautés de montagne. Et malgré que l’Union Valdôtaine en principe n’était pas tellement d’accord sur la question des communautés de montagne, il faut reconnaître la cohérence de l’action politique de l’administration régionale et en particulier du Président de la Junte, qui a eu le courage de faire une loi sur les communautés de montagne, malgré que les autres forces politiques qui à paroles étaient toutes d’accord pour faire cette loi, en fait ne la voulaient pas.

Et même si cette loi n’est pas parfaite, finalement elle permettra aux communautés de montagne de continuer leur action, parce que cette loi nous donne des financements sûrs et nous demande de faire de la programmation. Alors là, si les communautés de montagne marcheront pas, ce sera de notre faute, des élus locaux, des administrateurs, ce ne sera plus la faute de la région. On a finalement la possibilité de faire quelque chose, et quelque chose pour qui, pour une meilleure qualité de la vie et pour que les petites communes ne meurent pas. Voilà les deux choses importantes que je voulais dire. J’ai entendu aussi hier quelqu’un qui a parlé du territoire et qu’on est en train de le gâcher, de le détruire. Je ne le crois pas. Jamais comme en ce moment, même si on fait de grands travaux, on a démontré tant de sensibilité pour le territoire, pour la gestion du territoire.

En effet je pense qu’on est la première région qui a demandé une lecture d’impacts pour la construction de l’autoroute. Et pour les grandes et les petites œuvres on fait des études particulières. Jamais comme en ce moment on a montré autant de sensibilité, tellement qu’on dépense trois fois plus d’argent pour faire certaines chose. Je parle des routes, on veut les faire selon un certain système, donc ce n’est pas vrai qu’on ne veut pas la défense du territoire. C’est que pour faire ça il faut toujours qu’il y ait non seulement une volonté politique mais des capacités techniques pour le réaliser et aussi un contrôle, par exemple, des entreprises, un contrôle sérieux, chose qui n’est pas toujours faite. L’autre problème est le Parc National du Grand Paradis.

Déjà des orateurs qui m’ont précédé en ont parlé. C’est une question importante du point de vue des principes parce que c’est sur 10% du territoire que le Statut valdôtain n’est pas valable. Une grande bataille doit être menée, une grande conscience doit être prise pour que là-dessus aussi le Statut de la région Vallée d’Aoste soit valable. On ne peut pas céder en ce moment et il y aura toujours le risque tant qu’il y aura la loi qui régit le Parc, qu’un décret du Président de la République puisse dire demain il y aura le Parc jusqu’à Pont-Saint-Martin et à ce moment nous pourrons prendre notre Statut et le jeter dans le feu.


Merci

M. CAVERI Lucien, Député

Chers unionistes,

Deux années désormais se sont écoulées depuis le mois de juin1987. Mais il est vrai que je rappelle encore avec émotion notre grande victoire. Si je suis aujourd’hui Député du Val d’Aoste, je le dois à votre effort et à votre enthousiasme. Nous contrastions – alors – un dessein politique qui avait l’intention d’isoler et humilier l’Union Valdôtaine.

Ces deux années ont été très importantes pour moi, J’ai essayé d’être votre représentant à la Chambre des Députés : le représentant de notre communauté toute entière.

Ce n’est pas l’occasion pour présenter les détails du bilan de l’activité parlementaire. Vous devez quand même savoir que j’ai toujours essayé d’exprimer nos idées, de prétendre le respect de l’autonomie du VDA. Dans cette position de valdôtain à Rome, mes convictions autonomistes ont mûri encore plus et j’oserai dire qu’elles se sont même renforcées.

Voyez, nous ne faisons pas de la propagande lorsque nous dénonçons une baisse de l’attention vis-à-vis des autonomies locales. Un néo-centralisme dérangé qui demande davantage de pouvoir contre la démocratie et contre la participation des citoyens (par exemple la question du parc national et la compétence primaire des Communes). Ayant eu la possibilité d’approfondir les relations avec les autres forces politiques, avec les autres réalités régionales, avec les projets de réforme de l’Etat, je peux aujourd’hui regarder, de Rome, en tant que protagoniste mais aussi le détachement de celui qui est un peu loin de chez luis, aux problèmes que nous sommes en train de débattre en ces jours.

Dans son roman « René de Lostan », mon oncle Séverin fait prononcer ces mots à l’un de ses personnages :

« Les générations se poursuivent comme les ondes d’un océan. Lorsqu’une onde s’anéantit sua la plage, dans la blancheur de son écume, l’onde qui la suit est encore haute et compacte et semble éternelle. Chaque génération se croit supérieure à celle qui marche vers la vieillesse et la décrépitude ».

Je voudrais reconnaître dans ces phrases l’amertume de cette alternance qui est propre à la politique. Mais je voudrais aussi ajouter qu’à longue échéance l’onde individuelle n’est pas aussi importante que la continuité de cet ensemble d’ondes qui se succèdent l’une après l’autre dans le temps.

On nous accuse d’écrire une histoire idéologique, de nous considérer avec naïveté les successeurs des Salasses, de lire l’histoire du passé pour trouver un soutien à notre autonomie spéciale actuelle. Il ne s’agit pas de cela.

L’Union Valdôtaine peut répondre de son histoire, de ses racines, mais elle ne peut pas faire à moins de constater l’histoire. On pourrait représenter l’histoire comme l’eau d’un fleuve qui coule, nous nous trouvons aujourd’hui sur un point de son trajet.

Il ne s’agit donc pas d’histoire idéologique. On constate tout simplement que cet esprit différent et singulier qui nous rend une communauté si particulière a toujours été constant dans l’évolution des époques et des conditions.

Oui, l’Union Valdôtaine joue le rôle de protagoniste dans ce morceau de l’histoire de la VDA, qui va de l’autonomie spéciale à l’intégration européenne.

Et lorsque je dis U.V. protagoniste, personne, même pas le pire de nos ennemis, peut nier la réalité, c’est-à-dire le rôle fondamental que notre mouvement a joué pendant ces années. Le VDA n’aurait pas pu faire à moins de l’U.V.

A l’intérieur de l’Etat italien, depuis désormais 40 ans, il n’y a pas eu de transformations profondes dans le panorama politique et, en général, les déplacements des pourcentages des vois se situent entre un ou deux pour cent (et alors déjà on crie au miracle) : le VDA représente l’exception. Dans les dix dernières années on a enregistré un taux de croissance de 10 pour cent.

Selon nos adversaires, on peut expliquer l’escalade de l’Union en termes de pouvoir, de clientèle, de circonstance fortuite.

Je crois par contre que nous sommes en face d’un phénomène bien connu par ceux qui analysent les questions électorales. Nous sommes en face d’une identification, d’un rapport privilégié qui absorbe une grande partie de la communauté valdôtaine et qui l’a fait « sentir » unioniste. Il ne s’agit plus seulement de la préférence pour un parti. Il y a de plus en plus une participation psychologique et des idées, qui ont permis la création d’un rapport étroit entre le fait d’être valdôtain et le fait d’être unioniste. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Les raison sont à voir dans le fait qu’ayant déjà un solide électorat à la base, de nombreuses personnes se jointes à nous ces dernières années, car elles ont compris que, dans ce cadre politique, nous sommes les seuls à offrir certaines garanties, à travailler pour cette Vallée : un petit morceau de terre qui ne demandent que de pouvoir vivre.

Ce n’est que de la rhétorique, soutiennent nos adversaires. Mais comment s’explique-t-il le fait que de plus en plus les choses que nous disons (telles que autonomie, fédéralisme, Europe des régions et des peuples) sont affirmées par tout le monde ?

Il est bien simple de critiquer, mais aussi de recopier, es espérant que l’emploie forcé de nos raisons finisse par consommer et rendre inutilisables ces raisons- mêmes.

Nous avons un devoir : celui de transporter nos projets politiques dans l’action quotidienne. C’est pour cela que je ne partage pas les discours de ceux qui, se croyant des devins, se frappent la poitrine en disant : « Attention ! Qu’est-ce que nous devenons ? », Se plaignant presque du succès électoral.

Non, de ma part j’en suis heureux : celui qui croit à un mouvement d’élite ne comprend pas quel le devoir d’un mouvement c’est aussi le consensus, évidemment si celui-ci à travailler pour le bien-être du VDA.

Sûrement l’afflux de forces nouvelles, de jeunes et de femmes, tout comme l’onde dont on parlait avant, va apporter d’autres impulsions.

Personne n’a plus la certitude d’être le dépositaire de la vérité.

Personne ne possède de vérités, aussi parce que ces vérités nous les devons chercher ensemble en toute humilité en faisant des grands efforts.

C’est une recherche inquiète et dialectique, qui doit regrouper le respect du patrimoine traditionnel et les élans propulseurs aux changements. Nous marchons en délicat équilibre sur la ligne de faîte d’une montagne, mais une fois que nous avons atteint son sommet, nous devons conquérir une extrémité encore plus haute.

L’ascension est certainement pénible et on y parviendra seulement si nous aurons la capacité de la parachever tout ensemble, tel que nous l’avons fait jusqu’à présent.

Aujourd’hui nous sommes le mouvement de majorité relative en VDA et nous regroupons les meilleures énergies de notre région. Il est à nous de nous organiser de plus en plus, de rechercher dans notre idéologie et dans le gouvernement de la Vallée les raisons de notre développement. Avec le soutien d’une VDA qui prête attention au maintien de son identité, dirigée par un projet économique et politique qui regarde à l’Europe.

Il y en a qui utilisent les thèmes de l’Europe pour cacher les difficultés du Présent. Nous, par contre nous parlons de l’Europe car nous avons conscience des difficultés du présent et nous percevons les nécessités d’un changement.

Quelqu’un a voulu trouver dans la pensée d’Emile Chanoux une idée de romantisme porteur de tous les risques du nationalisme. Non, le fédéralisme à la base de notre pensée est négateur de toute stupidité nationaliste : des risques de l’ethnocentrisme, du racisme, de la xénophobie, de l’isolation culturelle, de l’économie autarcique.

Mais, cela dit, on doit affirmer les raisons qui nous font prévoir l’existence d’une patrie valdôtaine insérée dans l’Europe.

Laissez-moi conclure avec une annotation. Je considère qu’il est dangereux de séparer le Mouvement de ses administrateurs. Nous avons une et une seule U.V., et c’est là notre force.

Chers Unionistes, j’en suis intimement convaincu. C’est tous ensemble que nous gagnerons le pari de l’Europe.

M. CESAL Guy

Il nous faut, si nous voulons mieux comprendre la situation actuelle, partir de loin, de quand, l’U.V. divisée était force minoritaire dans le panorama politique valdôtain. Il nous suffit de rappeler, quand avec quatre conseillers régionaux, elle était reléguée à l’opposition au sein du Conseil de la Vallée. Nous étions alors, un restreint nombre de gens, qui croyait dans les idéaux professés mais qu’il avait, évidemment des difficultés à transmettre son message politique.

Etre unioniste alors coûtait plus cher qu’aujourd’hui, je pourrais dire que cela ne rapportait rien. Beaucoup d’entre vous se rappelle les humiliations et les prévarications qu’il nous fallait subir à cause de notre engagement politique. Etre unioniste à cette époque signifiait aux yeux de la plus part des gens être des réactionnaires, des racistes, voulait dire conduire une bataille d’arrière garde sans s’ouvrir aux grandes idéologies qui dominaient l’opinion publique à ce moment et qui paraissaient bouleverser d’un moment à l’autre en sens positif le monde entier. Nos théories sur l’autonomie, sur le fédéralisme, sur l’Europe des peuples et sur la défense de notre langue, paraissaient des élucubrations mentales de ceux qui n’avaient rien compris du progrès et du modernisme.

Il était difficile d’être unioniste, mais sans éclat avec cohérence et humilité, la foie dans nos idéaux nous a permis, d’abord de retrouver notre unité et ensuite d’obtenir le succès électoral, indispensable pour conduire notre bataille politique d’une façon de plus en plus incisive.

L’U.V. est donc devenue le mouvement majoritaire en Vallée d’Aoste, grâce au bon travail que nous avons su accomplir à tous les niveaux, à la bonté et l’efficacité de notre action politique, à la clairvoyance et à l’honnêteté de nos administrateurs et nos dirigeants, sans oublier, ce ne serait pas correcte, les imposantes ressources financières que notre statut d’autonomie nous permet de toucher. Le cadre que je viens brièvement d’exposer est donc extrêmement positif et on ne pourrait que se féliciter pour avoir atteint des buts qui paraissaient impossibles il y a quelques années.

Tout de même l’U.V. aussi, comme tout organisme qui se développe trop rapidement souffre des maux dû à une croissance imprévue. La gestion du pouvoir a apporté envers l’Union Valdôtaine un grand nombre d’adhérents nouveaux, qui se d’un coté ont rendu plus vif le débat politique intérieur, de l’autre ont suscité des perplexités de la part de qui ayant toujours partagé l’idéal unioniste, doit souvent recevoir en silence des leçons d’autonomisme de la part de qui jusqu’à hier n’hésitait pas à professer à tout vent sont anti unionisme le plus violent.

Celui-ci n’est pas le cas de notre section, mais c’est un argument qui souvent, trop souvent, j’entends répéter et qu’il ne faut pas sous- estimer même dans un moment particulièrement positif comme l’actuel. Nous devons nous demander alors s’il est plus facile d’être unioniste aujourd’hui. L’apparence semble dire que oui.

Mais si être unioniste veut dire esprit de service, engagement personnel, foie profonde dans l’idéal et non arrivisme, gratification personnelle, moyen pour satisfaire ses propres ambitions, alors je dirais même qui l’être aujourd’hui est encore plus difficile qu’autrefois. Le fait d’appartenir au mouvement, qui détient la majorité au sein du Conseil de la Vallée et qui a comme but principal l’épanouissement du peuple valdôtain doit nous engager à accomplir le mieux possible notre partie de devoir. Les charges et les responsabilités qui nous sont confiées au nom de l’Union Valdôtaine sont extrêmement lourdes, car ce ne sont pas des engagements que, nous prenons envers une catégorie ou un secteur particulier de la société, mais envers le peuple valdôtain tout entier.

Et c’est au peuple valdôtain qui tôt ou tard nous devrons rendre compte.

C’est un devoir alors de chacun d’être vigilant, afin que les options fondamentales de notre action politique soient respectées et d’évaluer avec objectivité si les demandes d’adhésions à notre mouvement soient dictées par un véritable sentiment unioniste et non simplement par la volonté de s’attacher au char du plus fort. Loin de nous l’idée d’être les uniques dépositaires de la vérité et d’empêcher à n’importe qui de s’approcher à notre mouvement, mais un peu d’attention devrait être nécessaire, surtout envers certains personnages, qui bien souvent ont déjà presque complété leurs excursus dans le cadre politique constitutionnel et qui seront unioniste jusqu’au moment (qui nous espérons de ne plus vivre) ou le vent changera de direction.

Il nous faut encore essayer d’éviter l’identification de l’U.V. avec l’administration même si cela pourrait nous faire plaisir, car la caractérisation de l’action politique en sens unioniste est sans doute le but principal de tout administrateur.

Le mouvement est l’organisme qui doit interpréter les exigences et les nécessités de la société qu’il prétend représenter, c’est la source de toute proposition politique, et l’administration le bras qui la rend opérative. Il faut que le mouvement redevienne le centre propulseur de la politique valdôtaine et non une dépendance marginale de l’administration. Nous avons souvent la tendance à trop personnaliser l’action politique en l’identifiant dans le bien comme dans le mal avec ceux qui la réalisent. Nous devons tenir compte qui elle est le fruit d’un travail commun et le mouvement en a tout mérite et responsabilité car, comme tout travail d’équipe, les résultats arrivent seulement si tous respectent leur rôle dans le contexte global.

Je me suis permis de présenter, au nom aussi des délégués de la section de Morgex, ces petites considérations à l’occasion de notre troisième congrès. Elles n’ont aucune intention de soulever des débats ou des prises de positions provenant d’une partie périphérique du mouvement(le terme périphérique n’a pas seulement une valence géographique) tout de même sont le fruit d’une réflexion que nous avons bien cru de faire à haute voix de cette tribune.

Mme DIEMOZ Piera

Le géant aux pieds d’argile

Chers Amis,

Nous voilà à nouveau réunis, après 5 ans, pour faire le point sur la situation de notre Mouvement : ce Mouvement qui, depuis, a grandi d’une façon, démesurée.

Bien sûr, ça n’a pas été tout à fait inattendu : déjà il y a cinq ans on avait eu la sensation que la popularité et le prestige de l’U.V. étaient en train d’augmenter : depuis ils n’ont cessé de s’accroître mais, franchement, le succès étonnant des dernières élections régionales était inattendu et nous a remplis d’enthousiasme.

Toutefois, après la griserie de la victoire, nous nous sommes senties inquiètes, n’arrivant pas à saisir tout à fait la nature et la portée de ce succès.

Et c’est de ces réflexions que nous voulons aujourd’hui vous faire part.

Nous nous sommes interrogées sur la nature de cet consensus qui semble s’adresser vers notre Mouvement, mais nous n’avons pas trouvé de réponses : peut-être en nous interrogeant tous ensemble pendant ce Congrès, nous parviendrons à y voir plus clair.

Le but de tout Parti est de réaliser, dans la société où il agit, ses idéaux : pour ce faire, il lui faut le pouvoir, qui est fondé sur le consensus des électeurs : pas de consensus, pas de pouvoir, pas de sommet sans une base solide. Toutefois, les rapports entre ces deux pôles de la politique, le Pouvoir et le Consensus, sont très délicats : le premier est soutenu par le second, mais, pour pouvoir continuer à exister il doit le conserver, le gérer de la façon la meilleure.

Or, du temps que ce « contrat » se faisait entre un pouvoir relativement réduit et une base solide mais pas trop nombreuse, connue, aux contours bien définis, le rapport était clair, équilibré. Maintenant, du coup, la base s’est étendue, elle a des contours flous et difficiles à définir : son poids ne sera-t-il pas écrasant et ne risquera-t-elle pas de trop conditionner le pouvoir, qui par ailleurs, s’il veut se maintenir tel qu’il est ne peut plus se passer de son appui ? Est-ce-que l’équilibre est toujours aussi solide, les rapports aussi nets ? Ne risquons-nous pas de devenir un géant aux pieds d’argile, dont on voit très clairement le visage, mais pas les pieds, et qui risque de s’effondrer à la moindre pression ou secousse ?

Pour ne pas courir ces risques, le Mouvement devrait bien analyser d’où lui vient ce consensus : de notre part, nous ne croyons pas aux miracles en politique : si vraiment l’U.V. pouvait compter sur l’adhésion idéologique de 26.000 valdôtains, on pourrait faire une nouvelle révolution des socques !! Plus de problèmes de majorité relative !

Mais, en excluant une conversion de masse, d’autres raisons peuvent avoir produit cette popularité toute neuve de l’U.V., dont la plus évidente est le fait que nous sommes au pouvoir : le succès produit des adhésions, augmente le consensus : l’idéologie plus forte est souvent gagnante aussi. Parmi ceux qui suivent le courant, il y a ceux qui, honnêtement pensent que si une idée est gagnante, elle doit forcément être bonne, mais il y a aussi ceux qui suivent le courant par conformisme, ou parce qu’ils pensent pouvoir en tirer quelque profit. Il serait donc important, pour ce qui concerne notre nouvelle base, d’essayer de transformer la quantité en qualité, pour qu’un appui donné pour des raisons superficielles devienne une profonde idéologique. Ce n’est qu’ainsi que les pieds du géant deviendront solides et que la tête, le pouvoir, pourra maintenir sa place. Ce problème, n’est pas seulement une affaire interne au Mouvement, mais aussi un problème d’image vis-à-vis des autres : la crédibilité d’un Mouvement est fondée aussi sur l’image de soi qu’il donne à l’extérieur, aussi bien par le sommet que par la base, qui doit se montrer comme un ensemble uni et cohérent.

La physionomie de la base n’est pas un aspect à sous-évaluer en ce moment : il nous semble que les unionistes de toujours ressentent un certain malaise : qui sont, comme sont-ils nos nouveaux compagnons de route ? Et encore : nous étions la base d’un Mouvement minoritaire : la contestation, la cohérence à tout prix, la lutte, la préparation idéologique étaient notre langage et nos armes. Nous sommes maintenant la base d’un grand Mouvement de pouvoir : quelle attitude devons-nous tenir ? Qu’est-ce qu’on attend de nous ? Quels doivent être nos propos maintenant ?

Voilà les quelques problèmes sur lesquels nous nous sommes interrogées et que nous vous soumettons.Nous sommes certaines qu’à la fin de ce congrès nous aurons les idées plus claires, que notre Mouvement sera plus fort, un géant aux pieds de marbre, solide et bien ancré dans sa terre.

Merci.

Entraide des Femmes Valdôtaines

A la fin de sa vie le peintre Gauguin, réalisa une œuvre géante ayant pour thème : D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?
Que fait Gauguin dans ce congrès ? Comme personnage et comme artiste : rien.
Mais l’intitulé de sa peinture est une interrogation valable pour tous et qui s’adresse particulièrement à la vie de l’Union Valdôtaine laquelle a pour raison d’être l’existence politique, matérielle et intellectuelle de notre Vallée.

D’OU VENONS-NOUS ?

Passons sur les salasses, l’annexion romaine, le Haut Moyen Age et les Challant. Nous sommes en 1580 et, déjà, Emanuel-Philibert reconnaît « le Duché d’Aoste comme une province séparée qui ne dépend d’aucune autre ni en deca ni en delà des monts, qui a ses lois et ses impositions à part ».En 1661, l’évêque Bailly affirmait que « la Vallée d’Aoste, enserrée dans les Alpes est donc séparée des Etats de la Savoie ». Il y a plus de trois siècles, nous étions gouvernés par l’Assemblée générale des Etats, par le Conseil des Commis et, sur le plan juridique, par le Coutumier. Après l’unification de l’Italie, chaque prince, au moment de son couronnement prêtait serment de garantir les privilèges, et d’observer les franchises de la Vallée d’Aoste. Nous étions gallicans c'est-à-dire ayant une certaine indépendance vis-à-vis du Saint Siège : nos coqs placés au-dessus des clochers en témoignent encore. En ces temps lointains, nos ancêtres, voyez-vous, ne se laissaient pas marcher sur les pieds.

En 1691, notre pays subit l’invasion française puis l’occupation. Sous les pillages et les vexations, il essaya de sauvegarder sa dignité. Plus tard, lors des trois Insurrections des Socques, ils n’avaient pas froid aux yeux nos aïeux qui n’admettaient pas que l’étranger leur imposât sa philosophie ni ses lois sur leur territoire.

Les écoles rurales, il y a près de trois cent, enseignaient la lecture, l’écriture et le calcul aux enfants des hameaux : exception dans cette Europe d’illettrés ! Saint-Benin nous donna des penseurs, des journalistes, des hommes célèbres.

Dès l’Unification italienne commencèrent les attaques contre le français. Injustes et stupides ces tracasseries contre notre langue mère, car la cour, les ministres, Garibaldi, Cavour, la noblesse et la bourgeoisie italienne étaient parfaitement bilingues quand ils n’utilisaient pas uniquement le français. Rien n’a réellement changé parce que nous sommes frontaliers, parce que nous avons une culture à part, parce que pour le Gouvernement de Rome, il importe de nous mettre au pas et de nous intimider.

Mais nous voici en 1909 et apparaît La Ligue Valdôtaine qui avait pour mission d’instruire le peuple italien sur l’existence de la minorité linguistique de la Vallée d’Aoste. De fil en aiguille, la Ligue revendiqua l’autonomie, la décentralisation administrative et le droit d’être représenté au Parlement par deux députés. Constatons qu’en 1923, la Ligue venait de poser les bases de l’Union actuelle. Malheureusement, Mussolini était presque au pouvoir.

Puis advint l’ignoble deuxième guerre mondiale et l’avènement du fascisme. Comme chaque fois qu’éclate la guerre civile, la Vallée eut ses partisans de l’ordre à tout prix , italiens émigrés du Sud, en grande partie envoûtés par le nationalisme mussolinien, elle vit ses malheureux paysans menacés, torturés, dénoncés et, ce fut, dans cette sombre tragédie que l’abbé Joseph Trèves et le Jeune Emile Chanoux fondèrent « La Jeune Vallée d’Aoste » qui succéda à la Ligue. EN faveur du français, on recueillit 8000 signatures de chefs de famille. L’Heure était venue et les membres de La Jeune Vallée d’Aoste tenaient leurs réunions dans la nature, ou dans les châteaux en ruine. Bientôt, ils se transformèrent en résistants, chefs de groupe de maquisards pour la plupart. Déjà, Trèves, Bréan et Chanoux s’engageaient dans le Fédéralisme. Désormais, les grands objectifs que nous défendons en ce moment, étaient tracés.

Les aînés, ici présent, ont vécu l’occupation, la résistance, la déclaration de Chivasso, le martyre du leader Chanoux, les autres martyrs mois célèbres, le plébiscite manqué pour l’annexion à la France, enfin la libération et l’approbation du Statut Spécial. En ce temps-là, le malheur et le joug du tyran galvanisaient les Valdôtains. Mais, le danger écarté, l’ardeur les Valdôtains se refroidit et ce fut la douce « endormia ».

Enfin, à Châtillon, en 1945, le parti progressiste fusionna avec l’Union. Les bannières déployées de bon nombre de communes proclamèrent l’Union Valdôtaine. Et la lutte recommença avec des heures chaudes pour la défense du français, pour l’obtention d’une autonomie réelle, pour déjouer les manœuvres habiles de la coalition des partis nationaux italiens.

QUI SOMMES-NOUS ?


Un puissant Mouvement avec ses 4000 inscrits, ses très nombreuses communes de soutien, ses quatre assesseurs, l’alliance des ADP et la Démocratie Chrétienne.
Nous sommes représentés ou présents parmi les pays francophones, l’Europe des Peuples frères, le Triangle de l’Amitié.

Dans les écoles maternelles et primaires le français est enseigné, en parité, avec l’Italien.
Les centres de consultations sanitaires, les maisons d’accueil pour nos anciens, les comités de montagnes commencent à bien fonctionner. Les coopératives s’organisent.
Des Zone de pique-nique apparaissent dans tous nos bois.
A Aoste comme dans nos communes commence la restauration des maisons et des bâtiments vétustes.

Le feu vert à la construction de la bretelle de l’autoroute vient d’être donné.
Nous avons peur de chômeurs par rapport à la péninsule.
Cela signifie-t-il que « tout est pour le mieux dans le meilleur des monde ? » Oh ! Que non !
Dans nos villes et nos villages, nous entendons le patois assez fréquemment, mais le français vous écorche-t-il les oreilles ? N’avez-vous jamais repéré quelques seringues dans un recoin de ruelle ou sur une pelouse de jardin public ?

Vous lisez les journaux comme tout le monde et les faits divers ne mêlent-t-ils jamais quelques noms valdôtains au tristes palmarès des vols et de la violence ?

Ne ferme-t-on pas les yeux sur un urbanisme sauvage, en régression d’ailleurs ?

Nos coopératives sont-elles toutes bien administrées et rentables ?

Prend-on vraiment le temps d’écouter les suggestions de la base ?

Dans toutes les nominations de responsables dans le Mouvement, la base est-elle consultée ?

Sommes-nous encore capable de manifester, en masse, contre une injustice ou le non observance de notre Statut ?

Quand un individu ou une nation semble avoir atteint l’apogée c’est-à-dire le sommet, au moindre faux pas, elle risque de trébucher. On devient moins attentif, moins combattif et… qui n’avance pas recule.

OU ALLONS-NOUS ?

Vers l’Europe. Avec le risque que l’Europe des Peuples soit combattue par les Etats nationalistes et n’existe jamais en cette fin de siècle.
Si nous n’y prenons garde, la Vallée d’Aoste, elle, risque de n’être qu’un passage prolongeant le Tunnel du Mont Blanc.
Il serait sage de nous poser continuellement la question : « Qu’est ce qui différencie l’Union Valdôtaine des autres partis nationaux italiens ? »
Pour entrer en concurrences avec eux et les combattre pied à pied, nous glissons dangereusement vers leur imitation : clientélisme sous-jacent, tentation de favoritisme, faire face à l’immédiat sans en calculer les répercutions à longues échéances.

Nous savons bien que vous travaillez avec sincérité et acharnement, Monsieur le Président, Messieurs les Parlementaires, Messieurs les Assesseurs, Messieurs les Conseillers et que la politique est difficile, périlleusement difficile même. Cependant nous souhaitons que vous défendiez encore davantage la rigueur de nos idéaux, que vous vous conformiez au Fédéralisme Intégral, faute de quoi, ò longs termes, l’Union Valdôtaine s’affaiblira, se reniera et disparaîtra peut-être.

En priorité, nous, la base avec le Gouvernement Régional, devons obtenir au plus vite la parité du français dans les écoles moyennes et supérieures.
Notre presse Unionistes et francophone doit se pourvoir de journalistes bien initiés, se moderniser, multiplier sa diffusion à la veille de la sortie des trois pages que « La Stampa » va consacrée à la Vallée.
Par tous les moyens de pression possible imposer à la RAI l’émission régionale en français, tout au moins, pour les trois-quarts du programme.

La Vallée d’Aoste, la plus petite des Régions d’Italie, n’a pour ressources naturelles que son minéral mis en péril par l’apparition sur le marché d’autres produits de substitution, sa force électrique dont elle frustrée, son agriculture peu rentable, son élevage et ses dérivés, mais surtout la beauté indiscutable des Alpes. Avec un développement touristique intelligent et respectueux des sites, nous ne pouvons guère compter que sur la matière grise des Valdôtains pour faire face. Or, la fonction publique, chez-nous, comme partout en Europe d’ailleurs, attire et récupère la jeunesse qui, conseillée par les adultes, envisage la sécurité de l’emploi, une vie tranquille et une retraite acceptable. Attention à ce que ce fonctionnariat, devenu très puissant, ne nous impose pas sa loi, comme en France et en Russie. Mais plus grave, les écoles de comptables, de géomètres et d’instituteurs fournissent, après des études relativement courtes, des candidats aux postes administratifs bientôt en surnombre, et ce sont des techniciens de haut-niveau, des innovateurs, des chercheurs, des organisateurs, des politiques de grandes compétence, des lettrés, des artistes reconnus dont la Vallée réclame les services avant 1993, à fin d’assurer l’expansion de notre autonomie.

L’étude intensive du français, de l’italien plus la connaissance d’une langue commerciale offrirait de nombreux débouchés à nos adolescents de l’an 2000.
Nos sculpteurs et nos musiciens, grâce aux divers assessorats de l’Instruction Publique, s’affirment, des troupes théâtrales en patois progressent, mais aucune formation valdôtaine francophone n’est à même de se produire, exception faite pour le Groupe Approche, et récemment l’espérance apportée par les élèves de l’Atelier de Théâtre par les enfants, mais, mis à part, quelques romans historiques, la production littéraire : est inexistante. Peut-être par manque de formation et d’encouragement.

Des hommes, des femmes d’exception, notre Vallée n’en a jamais manqué, seulement ils se fixent ailleurs, en France, en Suisse, dans les grandes métropoles italiennes, jusqu’en Australie et en Amérique et nous avons perdu, nous perdons encore nos forces vitales. Il serait bien, il serait juste de les encourager, de les retenir afin qu’ils étaient notre autonomie et assurent notre liberté.

C’est le savoir, le savoir faire et le rayonnement culturel bien plus que les actions boursières qui rentabilisent l’équilibre d’un petit pays, d’un petit Peuple dont Chanoux souhaita qu’il fût un flambeau.
Nous avons adoptés la devise : « Voir clair vouloir vire » tâchons tous d’y être fidèles.

M. FOSSON Pierre, ancien Sénateur

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis de l’U.V.,

Dans ces derniers jours je me suis souvent demandé s’il était opportun que je prenne la parole dans ce troisième Congrès de l’U.V.. Je me suis décidé, parce que je ne voudrais pas me reprocher un jour de ne pas avoir répété en cette occasion ce que je pense sur la situation du Mouvement.

Tout d’abord, je désire revenir pour un seul instant au moment des dernières élections politiques pour éclaircir, encore une fois, tout malentendu à ce sujet.
Contrairement aux informations erronées ou mal interprétées qui ont circulé alors, je tiens à réaffirmer qu’il n’y a eu aucun souhait et aucun rangement de ma part pour le succès du « cartello ».
J’ai déjà précisé les faits dans un article paru dans la rubrique « La Boîte aux lettres » de notre journal du 28 avril 1988 où je rappelais aussi la lettre que le 9 juin 1987 j’adressai au Président de l’U.V. en lui expliquant les raisons de mon désaccord sur certaines méthodes adoptées dans la conduite de notre Mouvement.
Vers la fin de cette longue lettre entre autres je disais : « J’estime que, indépendamment du résultat des prochaines élections, il faut que quelque chose change dans le Mouvement ».

C’est justement sur cette nécessité que je voudrais attirer votre attention. Je tâcherai de le faire en même temps que j’examine rapidement certains thèmes soumis à la discussion. Les 2 premiers articles de nos Statuts indiquent clairement le rôle de l’U.V. et le « modèle de société, qu’elle souhaite réaliser ». Les principes du fédéralisme intégral tracent la route à suivre. On a bien fait de rappeler que « la voie que le fédéralisme ouvre est celle où trouve essor l’activité de chacun des différents pouvoirs, dans une articulation qui assure le fonctionnement d’ensemble ».

Ainsi que de souligner quelques valeurs de base comme la solidarité, la coopération et surtout la participation. Il faudra que ces affirmations ne restent pas seulement de bons propos.
Pour ce qui concerne le chapitre consacré aux choix politiques généraux, je chercherai à donner une réponse à la proposition de s’interroger en profondeur sur le rôle que notre Mouvement peut jouer dans la réalité valdôtaine à la suite des succès électoraux remportés en 1987 et en 1988. On recherche toujours les succès électoral et il serait absurde de ne pas s’en réjouir quand on l’a obtenu.
Mais quand le résultat s’éloigne énormément de celui que l’on pouvait prévoir, une analyse approfondie s’impose.
Une première constatation est évidente : quand, dans le passé, nous gérions l’Administration Régionale avec des moyens financiers bien plus modestes, l’U.V. avait moins d’amis.

Aujourd’hui que ces moyens financiers sont bien plus importants, grâce aussi à l’action parlementaire de celui qui vous parle en ce moment, les amis de l’U.V. se sont multipliés.
Je connais, et comme moi les anciens Unionistes les connaissent aussi, plusieurs personnes qui militant dans d’autres partis ont toujours combattu, même avec acharnement, les principes et l’action de l’U.V. dans le passé.
Aujourd’hui nous les retrouvons parmi les adhérents ou les sympathisants de l’U.V.. Nous les avons accueillis et nous les accueillons avec plaisir. Mieux tard que jamais on dit, à condition toutefois que leur conversion soit sincère et pas déterminée simplement par des intérêts contingents.

Une certaine prudence et une certaine réflexion s’imposent tout de même, avant d’accepter quiconque dans nos rangs, pourvu d’augmenter le nombre de nos adhérents et de nos voix, ou bien à offrir des postes de responsabilité à quelqu’un avec le but de l’encourager à changer de camp.
Dans un article que j’avais préparé avant les dernières élections régionales, je m’étais permis de dire à propos de la méthode à suivre pour le choix des candidats :
« Il serait regrettable de voir exclure de la liste des candidats, des gens capables, fidèles aux principes de l’Union Valdôtaine, travaillant depuis longtemps dans le Mouvement pour faire place à des adeptes de la dernière heure dont la soudaineté de l’enthousiasme pour notre Mouvement peut s’accompagner parfois à une bonne dose d’opportunisme, ou bien pour faire place à des gens choisi dans le but de servir d’inadmissibles pouvoirs personnels. » (fin de citation)

Toute cette partie a été censurée et coupée dans l’article paru dans notre journal.
J’ai trouvé la chose très grave soit parce que en signant l’article je m’assumais toute responsabilité soit parce que c’était la première fois qu’on m’empêchait d’exprimer librement mon opinion. Prudence et gradualité, je disais avant, parce que il ne faudrait paso oublier qu’une association quelconque, qui paraît inattaquable de l’extérieure, peut être conquise de l’intérieur.
L’histoire du cheval de Trie est là pour nous le rappeler. Nous avons déjà connu ce danger dans les premières années de vie de l’U.V.. Nous avons réagi convenablement alors. L’U.V. a vu réduite sa force numérique, mais en même temps elle a pu éviter d’être noyautée, elle a pu rendre plus efficace son action et assurer la continuation de son existence.

Je suis persuadé que, pour continuer à jouer son rôle, notre Mouvement plus que sur le nombre doit pouvoir compter sur la qualité de ses adhérents.
La croissance numérique est toujours souhaitable, mais elle ne doit pas entraîner à des compromis contraires aux principes du Mouvement.
Toujours dans ce chapitre il y a une affirmation que je partage, mais qu’on a trop souvent ignorée.
Je me réfère à la fonction des différents organes du Mouvement et à la coopération entre ceux-ci et l’activité politique et administratives de tous les membres élus du Mouvement.
Moi-même j’ai eu plusieurs fois l’occasion de me plaindre du manque de collaboration. Je l’ai fait soit verbalement soit par écrit, mais on a toujours fait la sourde oreille.

On a de plus en plus pris l’habitude de prendre les décisions politiques les plus importantes en dehors des organes du Mouvement, en demandant à ceux-ci simplement de les ratifier quand on ne les a pas imposées.
J’ai toujours soutenu que les organes du Mouvement ne doivent pas tendre à se substituer aux Administrateurs ni entrer dans tous les détails de l’administration.
Mais la collaboration entre ceux-ci et les membres élus du Mouvement est absolument nécessaire.
C’est seulement à travers la discussion, après avoir entendu les avis de tous, que l’on peut tirer les conclusions que tout le monde est tenu ensuite à respecter.
En disant cela, je ne dis rien de nouveau, mais je rappelle simplement comme on devrait se comporter en démocratie.

Toute discussion devient inutile si, à la fin, on s’entend répondre qu’il n’est plus possible d’apporter de modifications aux décisions déjà prises ailleurs.
Je vous fais grâce des exemples que je pourrais vous citer à ce propos.
Quant au chapitre des relations avec les autres Communautés je veux simplement rappeler qu’à travers notre action parlementaire nous avons toujours représenté et défendu aussi les intérêts de ces mouvements nationalitaires qui n’avaient pas de représentants dans le Parlement Italien.

En même temps nous avons pu connaître directement les aspects négatifs de certains groupes politiques se qualifiant d’autonomistes. J’estime donc qu’il serait bien d’être prudent dans nos rapports avec eux.
En lisant le chapitre concernant les lignes générales de l’activité législative et administrative valdôtaine, on a presque la sensation que, après 44 ans d’autonomie, on doit repartir de zéro.

Chers Amis de l’U.V., permettez-moi d’affirmer à haute voix que nous n’en sommes pas à ce point. Certes, les jeunes ne peuvent même pas se rendre compte de ce que la Vallée d’Aoste était en 1945.

Dans ces 44 ans elle s’est complètement transformée, en mieux pour ce qui concerne l’amélioration du niveau de la vie et des conditions économiques en général, en pire, malheureusement, pour ce qui concerne la tension idéale et la fidélité à ces principes qui sont à la base de notre particularisme et qui constituent la raison de notre autonomie. Ensemble aux amis qui, malheureusement, nous ont quittés, nous avons œuvré dans le Conseil Régional, dans le Parlement Italien et dans l’Assemblée du Conseil de l’Europe en restant toujours fidèles aux principes de l’U.V. et au service du Peuple Valdôtain. Et comme dans ces derniers temps, souvent, on préfère l’oublier, permettez-moi que je vous rappelle quelques importants résultats pour la Vallée d’Aoste que j’ai pu obtenir dans mon action parlementaire :

« Le norme di attuazione » du Statut et la répartition financière, surtout pour ce qui concerne les fameux 9/10 des recettes.
Je ne veux pas aborder aujourd’hui le thème des réformes institutionnelles. Lors de notre IIème Congrès j’ai déjà dit quelque chose à ce propos, j’espère d’ailleurs avoir la possibilité d’exprimer mon avis sur cette matière au moment opportun. Dans mes interventions à la commission parlementaire « bicamerale » pour les réformes institutionnelles, dont j’ai fait partie, j’ai exposé les instances de l’U.V. prônant entre la transformation du Sénat dans la Chambre des Régions et la réalisation d’un Etat Fédéral, prémisse indispensable pour aboutir à une Europe fédérale. Avant d’arriver à la conclusion de mes considérations je voudrais répéter encore une fois que, pour maintenir l’unité et l’efficacité du Mouvement, nous devons éviter qu’un groupe ou une faction cherche à monopoliser l’U.V.. La pluralité des idées font la richesse de notre mouvement, elles doivent pouvoir exister et s’exprimer librement.

Il n’y a personne qui détient toute la vérité et qui doit toujours avoir raison. Au Président Rollandin je voudrais dire très franchement et en ami que nous sommes tous prêt à lui reconnaître ses qualités et ses capacités, mais nous voudrions que de sa part il ne considère pas comme des idiots ou comme des ennemis farouches tous ceux qui ne pensent pas exactement comme lui ou qui se permettent d’exprimer un avis différents du sien. Je demande au Président Rollandin qu’il veuille méditer sur ces observations que je viens de faire.

Sachez Monsieur le Président que de la part des amis qui ont le courage de Vous dire ouvertement ce qu’ils pensent, Vous n’aurez jamais rien à craindre, et ils seront les premiers à Vous soutenir en cas de nécessité.Ce sont les rapporteurs intéressés et les adulateurs qui sont dangereux.

Je vous ai dit, chers amis, ce que je pensais avec la franchise habituelle. Je l’ai fait sans aucune animosité et sans haine envers personne.
Souvent en réfléchissant à la situation actuelle du mouvement je ne peux m’empêcher de penser à l’anecdote du père et du fils. Permettez moi de vous le raconter :
Anecdote
« Le jeune enfant est suspendu aux lèvres de son père pour toutes réponses qu’il reçoit à ses questions.
Adolescent, le même jeune commence parfois à mettre en doute les convictions de son père.
Adulte, il pense toujours plus souvent que les idées du père sont dépassées.

Plus tard, l’homme d’âge mûr se rend compte que l’expérience et les conseils de son vieux père pourraient encore être utiles.
Si seulement il était encore là ! »

Chers amis les unionistes qui depuis 1945 sont toujours restés fidèles à l’U.V. surtout dans les moments les plus difficiles sont bien les pères de notre Mouvement. Leur expérience et leurs conseils peuvent encore être utiles.
Les peux qui sont restés, au nom aussi de tous les amis disparus, demandent de ne pas être traités comme des personnes encombrantes et inutiles dans la maison qu’avec tant de sacrifice et d’amour ils ont bâtie. Ils l’ont bâtie simple mais solide, adaptée au paysage sévère et magnifique de nos montagnes. Aux jeunes, qu’avec plaisir nous voyons si nombreux en cette salle, la tâche de l’enrichir en respectant tout de même son architecture.
Aux jeunes enfin la tâche de l’entretenir dans le temps en sauvegardant les fondements idéaux et moraux de l’Union Valdôtaine.
Vive l’Union Valdôtaine
Vive la Vallée d’Aoste

M. GRIMOD Guy, Secrétaire Général

Mesdames et Messieurs, chers unionistes,

Je veux tout d’abord vous remercier pour la confiance que vous avez bien voulu m’accorder.

Au mois de septembre dernier le Comité Central, en me nommant vice-secrétaire, me chargea de remplir aussi les fonctions de secrétaire général. Après la démission de Léonard Tamone, nous étions dans l’impasse.

J’avais alors affirmé que si le Mouvement estimait opportun de m’attribuer cette charge j’aurais accepté pour me mettre au service de L’Union Valdôtaine pour contribuer avec mes forces et ma disponibilité (disponibilité liée à mon mandat) à la préparation du 3éme Congrès National.

J’ai eu la possibilité au cours des réunions des sections de vous connaître, de vous apprécier, de connaître et d’apprécier la vitalité du peuple unioniste.
Permettez-moi à cette occasion de remercier ceux et celles qui ont collaboré à la bonne réussite de ce Congrès : les commissions de travail, les membres du Comité Exécutif sortant, les employé(e)s de l’UV, la Jeunesse Valdôtaine, l’Entraide des femmes valdôtaines, toute les 76 sections.Aujourd’hui comme hier je me mets au service de L’Union Valdôtaine.

Les responsabilités sont énormes, la tâche difficile, mais je vais pouvoir compter sur la collaboration de trois vice-secrétaires et sur l’expérience et la préparation de notre Président, et sur l’aide de vous tous.Le travail d’équipe est la méthode de travail la plus efficace. Je vais adopter cette méthode.
Ce Congrès a tracé la route maîtresse. Nous marcherons compacts et unis sur cette route : bien délimitée, bien claire, sans équivoques de sorte.

Nous marcherons à l’écoute des besoins, des exigences, des revendications du Peuple valdôtain, vers l’Europe des peuples.
Vous avez, au cours de ce Congrès, très animés et très intéressant, par un débat ouvert, un franc parler, des interventions très approfondies, clarifié la ligne politique de l’Union Valdôtaine.
L’Union Valdôtaine doit, au cour des années à venir, remobiliser, retourner aux sources, tracer de nouvelles perspectives.
L’Union Valdôtaine doit remobiliser toutes les énergies, l’enthousiasme et la capacité des sections et des organes de direction du Mouvement d’œuvrer pour l’élaboration de projets, de propositions, d’idées visant à renforcer la présence de l’esprit unioniste sur le territoire de la Vallée d’Aoste.

Nous devons revitaliser le sentiment d’appartenir à une nation, pour entrer dans l’Europe avec notre identité spécifique. Les sections doivent veiller à ce que la croissance numérique de notre Mouvement corresponde à la croissance de la qualité. Elles doivent avoir les moyens nécessaires pour former et informer tous les adhérents et les « sympathisants ».

Tous ceux qui acceptent et partagent nos idéaux, nos principes, peuvent et doivent s’engager dans l’U.V.. L’Union Valdôtaine doit devenir la maison de toutes celles, et de tous ceux qui ont pris conscience d’appartenir au peuple valdôtain au-delà d’un cadre étatique au-delà de leur origine.
L’Union Valdôtaine a besoin de l’engagement personnel de tous les unionistes.
L’Union Valdôtaine doit retourner aux sources de l’autonomie et de notre raison d’être.
Nos devons renforcer les fondements de notre maison, favoriser et prôner la diffusion de notre langue maternelle dans tous les milieux, adopter une action permettant à tous les valdôtains de l’apprécier, de l’aimer, de se rendre compte qu’elle constitue un enrichissement culturel formidable.

Si le français disparaît, notre peuple meurt. La langue française n’est point un patrimoine de L’Union Valdôtaine mais de la communauté toute entière.
L’efficacité administrative qui nous permet de démontrer dans le concret la capacité du Mouvement d’analyser et de résoudre les problèmes de notre société moderne toujours plus complexe et « en crise », doit se joindre toujours à une forte tension idéale axée sur la sauvegarde tenace de nos valeurs, de nos particularités linguistiques, culturelles, socio-économiques.
L’Union Valdôtaine est au service du peuple valdôtain.

L’Union Valdôtaine, par ce Congrès, a tracé de nouvelles perspectives. Elle s’engage à mettre en valeur toutes les ressources valdôtaines : les ressources humaines, matérielles, financières.
Voilà pourquoi L’Union Valdôtaine sollicite et revendique :
une modification des énergies de la population valdôtaine (jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, etc.) à travers plus de culture, plus de formation, plus de préparation ;
-l’encouragement de l’épargne valdôtaine affectée à des objectifs valdôtains ;
-la maîtrise de secteurs-clés (énergie, ressources du sous-sol, territoire, y compris le parc du Grand Paradis) ;
-un soutien actif aux petites entreprises et aux artisans pour les rendre compétitifs ;
-une politique de mise en valeur de l’agriculture valdôtaine et de ses produits ;
-une promotion de l’éducation permanente ;
-la recherche d’une meilleures qualité de la vie ;
-une croissance équilibrée.

Ils doivent veiller à ce que l’action et le comportement de tout unioniste soient toujours cohérents avec la ligne politique du Mouvement, avec les décisions adoptées par les organes de direction.
Pour réaliser nos objectifs nous devons chercher la collaboration des forces politiques qui partagent nos programmes. Les alliances politiques ne sont jamais figées et préétablies. Elles se constituent à partir d’un accord visant à la réalisation de projets précis à même de garantir le développement culturel, économique et social du peuple valdôtain.

Les alliances se renforcent à mesure que les programmes se réalisent et l’esprit de coopération prédomine sur l’intérêt de « parti ».
Nous sollicitons aussi la confrontation des forces sociales et économiques qui œuvrent en Vallée d’Aoste (les OO.SS ., les associations d’industriels et d’artisans, etc.) .
Nous devons de plus en plus avoir confiance dans nos capacités d’autogouvernement et d’autogestion, pour faire face sans drame à l’intégration européenne.
Les différents organes du Mouvement, avec l’aide et la collaboration de tous (dirigeants, adhérents, non-adhérents) doivent appuyer, sans freiner, l’action des administrateurs en leur fournissant des suggestions, des propositions, des projets concrets.

Je ne serai pas le secrétaire du mur contre mur, de groupes opposés, je m’efforcerai d’être toujours le secrétaire du dialogue, du débat, de la confrontation.
Je serai toujours prêt à recevoir les unionistes, les rencontrer, dialoguer avec eux pour écouter leurs requêtes, leurs plaintes, leurs suggestions, leurs conseils.
Si d’un côté j’ai le devoir de garantir le pluralisme, la démocratie, d’autre part les organes du Mouvement, le bureau de direction, le Comité exécutif, devront pouvoir donner des réponses rapides et efficaces.
L’Union Valdôtaine existe parce que le peuple valdôtain existe, avec sa langue, sa culture, son particularisme.
Le peuple valdôtain est encore vivant parce que l’Union Valdôtaine est vive, forte, unie.
Vive l’Union Valdôtaine
Vive la Vallée d’Aoste libre, libre de s’affirmer au sein de l’Europe unie des peuples !

M. GROSJACQUES Pierre

A’ la suite de considération d’ordre général, fortement nécessaires au moment où un parti en même temps dresse son bilan et formule son budget (pour emprunter un langage administratif là où le mot administration a l’air d’être un terme hautement agrée), c’est-à-dire lors de ses assises plénières, et dans le but de concrétiser des propos également nécessaires, mais également très généraux et, de plus, formulés de façon à consentir des marges de mouvement si larges que la direction de la marche pourrait tranquillement tourner en rond, sans pour autant causer quelque traumatisme que ce soit, et à la satisfaction d’à peu près tout le monde, il est indispensable, enfin, de descendre, même un peu rudement, s’il faut, dans le concret du jour le jour, où l’expression « en attendant » ne signifie plus, justement, la pure et simple attente d’un Godot qui n’arrivera jamais, mais représente un programme minimum, mais précis, d’action.

Nous croyons, en effet et tout d’abord, que la situation actuelle nécessite une analyse où la précision, justement, consente de prendre conscience qu’au delà des habituelles et inévitables plaintes – tout justifiées qu’elles soient – sur le centralisme italien, sur la non application du statut spécial et au delà du rappel que l’Union Valdôtaine n’atteint pas encore 51% des suffrages, les contradictions, les plus lourdes, sont à notre intérieur et notre faute.
En effet, s’il y a une affirmation qu’on peut faire, avec, malheureusement, que trop d’assurance, c’est bien la suivante : au fur et à mesure que le temps passe – temps « d’autonomie », il ne faut pas l’oublier, gérée en première personne, désormais depuis un bon moment, par l’Union Valdôtaine – la confusion augmente, les voix de notre mouvement curieusement aussi, mais la clarté diminue, de même que la décision et l’engagement des valdôtains envers leur effective émancipation.

Enfin, le parallélisme entre les progrès de l’italianisation galopante et la crue numérique de notre mouvement, est si évident – cfr: Lengereau « La langue française dans la Vallée……demain ! » Le Peuple Valdôtain du 16 février 1988, n. 7 – qu’il n’apparaît nullement hors de propos de se demander s’il n’y a pas là un rapport de cause à effet.
Bien que de seulement se poser une question pareille puisse paraître blasphématoire, l’évidence des faits est si crevante qu’il n’est plus possible, ni profitable, de simplement fermer les yeux et de faire comme si . . ., en se bornant au propos rituels, aux vœux, et aux expressions d’intentions mille fois répétées et mille fois démenties par les faits.

« L’italianisation progressive, irrémédiable ou irréversible, au point de vue linguistique, a fait des pas de géant depuis vingt-cinq ans. Elle affecte en profondeur, quelquefois en dépit des apparences et malgré des courants particuliers contraires, l’ensemble de la population et de la vie valdôtaine. »
Nous pouvons nous fâcher de ce coup de poing au creux de l’estomac que cet « observateur des choses valdôtaines » combien qualifié, combien averti et, de plus, grand ami de notre peuple, nous mène sans façon.
Nous pouvons même essayer de rendre le coup, du moment que le sien nous à vivement touchés : quelqu’un de nous l’a fait dans le passé, Séverin Caveri en premier lieu, à l’occasion de remarques analogues. Nous pouvons tout cela, bien sûr.

Mais nous ne pouvons plus nous cacher que l’affirmation de Marc Lengereau est absolument vraie, et que, si cette affirmation est vraie, l’ « l’administration » de l’Union Valdôtaine, honnête, efficace, européenne a eu un revers politique non seulement différent, mais opposé par rapport aux buts que l’Union Valdôtaine se propose d’atteindre d’après ses statuts.
C’est pourquoi, de voir les choses – de l’affirmation des principes à l’organisation des structures – comme si notre mouvement, de plus en plus majoritaire dans les nombres, l’était également en matière de représentation d’idées, devient, à peu dire, très dangereux.
D’autre part, si nous sommes dans l’Union Valdôtaine, c’est bien parce que nous croyons que la situation actuelle de dégradation ethnique et d’italianisation progressive – beaucoup plus profonde aujourd’hui qu’à l’issue de la période fasciste – est réversible. Mais nous ne voyons pas, comment « émancipation et épanouissement ethnique et linguistique » pourraient, pour les valdôtains, s’identifier avec une bonne réussite électorale et administrative, amenant cependant à l’élimination tout court des caractères qui les marquent et qu’ils veulent défendre.

Ainsi, pour s’en tenir à la précision, à la simplicité et au caractère concret des indications, ainsi que nous nous sommes proposé, il faut de la part des Unionistes :

a)Du coté de réflexion
prendre conscience de l’absurde apparent de la correspondance, tout au moins synchronique : crue de l’Union Valdôtaine, progrès dans l’italianisation ;
avoir le courage et la détermination nécessaires pour tirer de ladite prise de conscience des résolutions conséquentes.

b)Dans le domaine de l’action
Fournir le témoignage concret de ses propres idées d’abord, en parlant, chaque fois qu’on est susceptible d’être entendu en public, uniquement en notre langue : ensuite,
en refusant l’inscription à toutes les associations dont la marque dominante est le militarisme et l’italianité (par exemple, anciens combattants, alpins etc.)
en refusant la participation aux célébrations italiennes quelles qu’elles soient ;en instituant des célébrations valdôtaines qui remplacent les italiennes (par exemple le 18 mai, anniversaire de la mort de Chanoux et des grandes manifestations populaires valdôtaines, à la place du 25 avril italien).

Ce sont là des indications si simples et si conséquentes, surtout dans le domaine de l’action, qu’il y a même de quoi se demander pourquoi il est nécessaire de les formuler.
Et pourtant cette nécessité paraît bien n’être trop réelle.

Par exemple, il est, au demeurant du moins, légitime de se dire que certaines prises de position, qui ne seraient que la pure et simple conséquence logique des principes que tout le monde accepte et déclare défendre, risqueraient d’être refusées par la base, qui pourtant soutient, au moins de sa voix lors des élections, et souvent aussi de sa propagande, ceux qui se disent les porteurs de ces mêmes principes. Une contradiction réelle qui, ainsi que chacun peut le voir, à elle seule devrait mettre profondément en crise notre mouvement, du moment qu’elle témoigne, dans la meilleure des hypothèses, d’une séparation, voire d’une opposition, dans une matière qui est loin d’être secondaire, entre la base du Mouvement et sa direction, séparation qui se complique d’avantage par les rapports parfois difficiles entre la direction du Mouvement elle-même et les représentants de ce même mouvement dans le gouvernement – c’est le mot courant même s’il ne s’approche qu’assez peu de sa valeur lexicale – de notre Pays.

En fait, de voir l’Italie comme la « grande Patrie » pour laquelle on est fier d’avoir combattu et dont on célèbre les fastes, d’une part, est contraire au fédéralisme tout court, qui refuse l’impérialisme et la conquête armée – et justement toute les guerres italiennes ont été des guerres d’attaque – et encore plus, naturellement, au fédéralisme intégral, dont nous nous réclamons, qui est pacifiste et libertaire par sa nature – ce qui fournit, si besoin en est la meilleure des raisons pour que nous ayons indiqué en toutes lettres dans nos statuts le refus de la violence et le recours aux méthodes démocratiques en tant que moyen de lutte pour réaliser nos principes ;
d’autre part le propos de nous affranchir de l’état italien, en réalisant par là la souveraineté de notre peuple, également énoncé en toutes lettres parmi les buts capitaux de notre Mouvement, démontre sans possibilité de doute que, pour nous, l’état italien, loin d’être une patrie, est une structure étrangère ; la structure qui nous empêche, justement, pour l’instant au moins, d’accéder à la souveraineté que nous demandons pour notre peuple ; la structure contre laquelle, démocratiquement mais réellement, nous devons nécessairement, dirais-je même inévitablement, engager et conduire notre lutte, si nous voulons arriver à l’Europe en tant que Valdôtains libres et indépendants. Il sera clair à ce moment que les défiles à la suite du tricolore italien, coiffé d’un chapeau de l’armée italienne, - juste pour fournir un exemple parmi tant d’autres – représentent pour les unionistes l’absurde le plus total.

En réalité, tout ce qui ne coûte rien en matière d’argent, mais qui engage l’action et la manifestation personnelle ouvertes, décidées et constantes, résulte être ce qu’il y a de plus difficile à fournir.
Cependant, si les unionistes, tous, du simple militant au Président de la Vallée, - lorsqu’il est nos des nôtres - n’arrêtent pas, par tous les moyens qu’ils estimeront bons, mais obligatoirement par ceux qui font l’objet des présents indications, de s’approcher toujours plus de modèles italiens, leur intégration sera bientôt parfaite.

A ce point, les projets les plus saisissants sur le rôle des valdôtains dans l’Europe, deviendraient des pures énonciations de principes et, à la limite, de beaux exercices de dissertations et de style, mais rien de plus.
Il resterait uniquement une région, probablement toujours appelée Vallée d’Aoste et des populations passablement hétérogène qui l’habitent. Rien de plus.
Ce qui suffirait cependant toujours à assurer des postes de Conseiller de la Vallée d’Aoste, d’Assesseur et de Président, si le but est purement celui-là.

Ainsi, de penser que ce type de contradiction – principes rouge et noir, comportement tricolore – ne compte rien, ou presque, du fait qu’elles ne touchent pas immédiatement aux revenus d’un chacun parmi nous, est complètement faux. De plus, ce fait est d’autant plus dangereux que, sous son apparence inoffensive, nous pousse puissamment à avaler, sans nous en rendre compte, notre situation de colonie où nos affaires et nos soins sont confiés à un état que nous n’avons jamais choisi et qui nous assure sa tutelle par sa propre constitution, si bien que dans l’espace de deux générations nous avons perdu jusqu’à notre langue. Et si la perte de notre langue paraît peu importante, aux gens rusés et pratiques que nous voulons être, il faudrait nous rappeler qu’avec notre langue nous avons perdu nos eaux, nos stations de tourisme, notre territoire lui-même. Nous sommes devenus, chez nous, les valets, discrètement payés, - c’est vrai – de patrons étrangers. Les riches, parmi nous, sont les croupiers du Casino ici à côté. Mais les patrons ? Qui sont les patrons ? La réponse est tellement évidente, tant dans le domaine économique que dans le domaine politique qu’il paraît parfaitement oisif de la formuler explicitement.

Les patrons sont les italiens, avec leurs grandes sociétés financières et avec leur appareil gouvernemental.
Si cela nous arrange, rien de mieux que de continuer comme ça, mais dans ce cas il faudra, pour une question de pudeur tout au moins, changer les points 1 et 2 des Statuts de l’Union Valdôtaine ; ou les abroger carrément.
Si cela ne nous arrange pas, si nous voulons avoir dans nos mains un véritable instrument de libération, tel que notre Mouvement doit l’être, il faut renouvellent profondément notre Union Valdôtaine.

M.me JACQUEMOD Wanda

Fédéralisme intégral…. Sont deux mots qui ont toujours attiré mon attention et stimulé ma curiosité de sorte que dans les derniers mois j’ai cherché à me documenter sur leur signification.
Soutenue par deux merveilleux jeunes universitaires, le premier mon fils, âgé de vingt ans, étudiant en droit, la deuxième de La Salle étudiante en Langue étrangères et surtout par l’Entraide des femmes valdôtaines.
Trois mois de discussions animées, de confrontation, de réflexions, de recherches ont ainsi engendré mon intervention.
Dans l’antiquité paraissent les premières manifestations du fédéralisme politique et encore la chrétienté féodale reposait sur une inspiration d’authentique fédéralisme.

D’autres expériences fédéralistes se sont développées dans le contexte de la société industrielle contemporaine.
On peut distinguer deux périodes qui correspondent :
-La première = à la phase d’établissement de la société industrielle : fédéralisme des origines qui commence dès la fin du XVIIIème siècle et arrive jusqu’aux premières décennies du XXème siècle.
-La deuxième = à celle de son épanouissement, et de sa diffusion planétaire : c’est le fédéralisme contemporain. Cette évolution engendre le fédéralisme intégral.

Le modèle fédéraliste intégral partage, à l’intérieur d’un peuple ou d’une nation le pouvoir politique en : législatif, exécutif et judiciaire et encore en pouvoir culturel, économique et social, développant aussi dans la technique d’application les quatre principes : autonomie (qui consiste dans la reconnaissance du droit à l’existence organisée de tout groupe humain. C’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes étendu à toutes les formes d’organisations sociales)
-Participation
- Coopération
-Garanties.

Le modèle fédéraliste intégral, à l’extérieur à l’égard de l’Europe, organise, une démocratie fédérée des peuples, chargée de réguler les fonctions globales de souveraineté nationalité à caractère universel.
La doctrine du fédéralisme engendre le respect intégral de l’unité et la diffusion du pouvoir dans le cadre de la diversité, en acceptant l’homme comme il est, en reconnaissant à l’humanité de s’autogouverner « deviens ce que tu es ».
Le fédéralisme empêche les accumulations de puissance ; il maintient la force dans un état de dilution.
C’est la multiplicité des pouvoirs, la pluralité des pouvoirs coordonnées, le contrôle effectif à tous les niveaux et aussi l’existence d’un civisme à chaque niveau ou les décisions sont prises.
C’est la révolution nécessaire en face de la réalité étatique traditionnelle. Le fédéralisme victorieux, chez nous, prouverait que cette unité dans la diversité que le monde cherche n’est pas un vain rêve.
Dans la construction de l’Europe des peuples, la Vallée d’Aoste sera représentée avec son expression la plus authentique car l’Union Valdôtaine, a travaillé, travaille et travaillera pour cette noble cause.

Mme JORDAN Marisa

Formation et Information
Les suggestions concernant le rôle de l’Union Valdôtaine dans les cinq prochaines années seraient nombreuses, mais nous nous bornerons à quelques propositions.
D’après nous l’action de l’Union Valdôtaine doit s’orienter vers :
1)Une meilleure formation et une information plus approfondie des unionistes ;
2)L’amélioration de l’organisation du Mouvement ;
3)Une étude approfondie de la situation socio-économique liée à l’ouverture des frontières.

La formation de la base unioniste passe par l’organisation permanente, de la part du siège central de l’U.V., de cours sur l’histoire valdôtaine et la pensée fédéraliste – qui doit s’affirmer davantage en vue d’une Europe qui respecte les droits des citoyens et des peuples – et de cours et de séminaires concernant les problèmes socio-économiques.
La formation passe par l’information : à ce sujet, la presse unioniste exige une attention particulière car le monde de l’information est en plein essor et le choix d’une presse en langue française doit s’appuyer nécessairement sur la qualité, la variété et la rapidité de l’information, afin de susciter l’intérêt des gens et de rendre un service à la communauté valdôtaine. Le bénévolat des collaborateurs ne suffit plus : un système rationnel de collaboration améliorerait sans aucun doute notre presse. Des décisions s’avèrent nécessaires également en ce qui concerne les autres mass-médias, en tenant compte de la demande et en considérant les possibilités à l’échelon européen. L’audiovisuel doit donner à la langue française la place qui lui revient de droit, notre patois se réservant des émissions toutes particulières : nous devons réfléchir sur l’exemple donné par la télévision catalane qui traduit en catalan plusieurs programmes, films, etc., d’autant plus que nos patois, par leur tradition orales, leur richesse et leur variété se prêteraient à ce type d’expérimentation. Le patois s’italianise de plus en plus : sa présence à la télé, à côté du français, exigerait un effort général de maintien de ses caractéristiques qui lui serait bénéfique et qui nous aiderait à le maintenir vivant.

L’organisation du Mouvement relève aussi de l’information. Les administrateurs communaux unionistes et les représentants des sections doivent pouvoir s’adresser au siège central et à celui de la basse Vallée pour des conseils pratiques et un appui technique moyennant des cours de formation, des rencontres et l’aide précieuse de fonctionnaires ayant une préparation spécifique. Au delà des moments d'organisation, le siège doit devenir un lieu de rencontre et un débat pour les unionistes, une sorte de maison valdôtaine.En ce qui concerne la Jeunesse Valdôtaine et l’Entraide des femmes, il serait bénéfique pour le Mouvement de leur fournier des structures et des moyens de travail. Dans ce monde qui souvent désoriente même les adultes, la Jeunesse a besoin d’être aidée, a besoin de croire en quelque chose. Du point de vue linguistique, elle a besoin de familiariser avec la langue française : à ce propos, l’école ne suffit pas, nous le savons tous, il est nécessaire de créer des structures de loisirs, des centres récréatifs où les enfants et les jeunes puissent se retrouver en partageant des intérêts, des valeurs et en reconquérant la langue courante de nos ancêtres.

Avec l’ouverture des frontières, le bilinguisme, pour les Valdôtains, devient une nécessité dont l’évidence apparaîtra bientôt aussi aux ainti-autonomistes et anti-francophones habitant dans notre Région. Nous demandons que le Mouvement se penche sur ces questions très actuelles et en ce qui concerne l’Entraide des femmes, nous avançons une requête très précise : que nous ayons droit à une fonctionnaire, même à mi-temps, afin de pouvoir créer un véritable réseau de liaison féminine dans toute la Vallée, d’épauler les femmes en difficultés et réaliser diverses initiatives auxquelles, à présent, nous sommes obligées de renoncer, faute de moyens et de temps.

L’ouverture des frontières provoquera des transformations socio économiques sans aucun doute très importantes.
Le maintien des places de travail, l’utilisation de la force active du troisième âge – n’oublions pas que le pourcentage des personnes âgées sur la population s’élèvera d’un manière vertigineuse au cours des prochaines années – la sauvegarde de l’environnement dans tous ses aspects, ne sont que quelques-uns des problèmes sur lesquels le Mouvement devra se pencher attentivement et donner des indications très précises.
L’année 1992 approche : c’est à nous à ne pas nous laisser surprendre par les événements qui nous attendent mais à travailler sérieusement pour l’avenir de la Vallée d’Aoste.
L’Union Valdôtaine avec ses 25.000 voix, première force au Conseil régional, a le rôle, historique et très difficile, d’aider la nation valdôtaine à trouver une place convenable au sein de la nouvelle Europe qui est en train de naître.

Jeunesse Valdôtaine

Chers Amis de l’Union Valdôtaine,

C’est au nom de la Jeunesse Valdôtaine que j’ai l’honneur et le plaisir de prendre la parole ce matin, à ce troisième Congrès National.
Nous avons la certitude que l’Union Valdôtaine plaît aux Jeunes. On le constate non seulement sur la base de leur participation aux activités du mouvement mais aussi dans l’engagement dont ils se chargent dans la vie administrative à tous les niveaux. Nombreux de nos hommes politiques sont en effet très jeunes, surtout si l’on fait une comparaison avec les partis italiens, où l’âge moyen est beaucoup plus élevé que chez nous. Ce fait est, à notre avis, très important, car il témoigne de la vitalité de notre mouvement, attaché aux traditions, mais aussi ouvert aux instances du progrès qui peuvent arriver surtout de la part des nouvelles générations.

L’espace laissé à la Jeunesse Valdôtaine peut être considéré assez limité par rapport aux potentialités que les jeunes peuvent exprimer. Cela est dû d’un côté au manque d’organisation que la Jeunesse Valdôtaine à rencontrée aux cours des années et de l’autre à un manque de considération de la part du mouvement même. La J.V. veut obtenir une plus grande confiance de la part de l’U.V. et exiger que son rôle ne soit pas seulement celui d’être écoutée et employée lors des moments les plus importants (élections, congrès, etc.), mais aussi celui d’avoir une attitude constructive et active dans la vie de tous les jours. Cela pourra être utile à l’U.V. même, car la J.V. peut prendre des positions ou des actions que l’U.V. n’a parfois pas la possibilité ou le courage d’entreprendre en jouant ainsi un rôle propulseur et de stimulation. Si maintenant la J.V. est présente au sein des organes de l’U.V. avec 9 délégués au Congrès National, trois représentants au Comité Central et un au Comité exécutif, pour augmenter les liens entre l’activité de la J.V. et l’U.V. on doit souligner l’importance de la présence de la J.V. au sein des sections.

On demande donc qu’on nomme un représentant de la J.V. dans les Comités de Direction de chaque section, qu’il soit membre de la J.V., qu’il participe à son activité et soit donc un porte parole du monde et des exigences juvéniles de chaque commune. Pour concrétiser son action, la J.V. à aussi des exigences précises. Elle aurait le nécessité d’avoir une autonomie financière plus remarquable, pour réussir à mieux concrétiser ses lignes d’action et pour une meilleure gestion de ses activités en pleine liberté, la disponibilité d’un siège à utiliser comme centre pour ses activités, tels que assemblées, renseignements aux jeunes intéressés à l’activité et aux idéaux de l’U.V. et de la J.V., renseignements concernant les différents problèmes du monde juvénile (école, travail, loisir etc.).

Pour réaliser tout cela, on a l’exigence d’avoir un fonctionnaire qui agit dans son intérêt en liaison avec le mouvement. La J.V. veut représenter la continuité et doit constituer l’héritage de l’U.V. Voilà pourquoi la J.V. d’aujourd’hui, qui sera l’U.V. du futur, veut trouver dans le mouvement duquel elle suit les idées (se rattachant aux principes du fédéralisme intégral), un instrument pour se préparer et se former idéalement, politiquement et administrativement. Le but de cette formation est d’un côté d’augmenter la culture générale de chacun de nous sur des arguments spécifiques et, d’autre part, d’avoir une base solide pour les changements que 1992 portera. Le problème d’une unification européenne atteint de nos jours une très grande importance. Avec l’élimination des frontières nous aurons la possibilité d’intensifier et de faciliter les contacts avec d’autres peuples.

Nous croyons que les jeunes en première personne sont et, surtout, doivent être intéressés aux innovations que cette réforme portera.
Il y aura peut être de nouveaux lieux de travail, de nouveaux métiers, la possibilité d’aller travailler dans des endroits qu’aujourd’hui nous appelons étrangers et de contacter des réalités économiques différentes. Voilà que le problème de la préparation pour vaincre la concurrence se posera. La Jeunesse Valdôtaine demande donc que l’on favorise la formation professionnelle pour avoir des personnes qui puissent donner une réelle contribution au développement de la Vallée d’Aoste. Le pluralisme linguistique sera un moyen de communication avec d’autres réalités particulièrement utile, par exemple la possibilité d’étudier à l’étranger et vice-versa. Dans ce but des écoles, des structures qui pourront assurer une meilleure préparation professionnelle devront être créées ou modifiées. Dans cette perspective, on doit reprendre les contacts avec les jeunes d’autres communautés ethniques et linguistiques pour avoir des confrontations réciproques et des débats visant à résoudre les problèmes communs. L’échéance de 1992 devrait aussi stimuler les jeunes à suivre de très près la conduite politique de nos administrateurs pour le maintien, la sauvegarde et la promotion des particularités de la VDA, aussi dans un moment où il n’y aura plus de frontières. Il doit donc y avoir de la part du mouvement et de nos instances administratives, la volonté de faire quelque chose pour les jeunes au niveau de la préparation. Pour augmenter le poids de l’U.V. dans l’avenir, il faut que la plupart des jeunes s’approchent des idéaux unionistes. Dans ce contexte, donc nous sommes convaincus d’accomplir une tâche très importante de formation et d’information.

Nous comptons faire face à cette situation par un engagement sérieux et assidu, pour soutenir lesquels nous demandons la collaboration des organes centraux de l’Union Valdôtaine, de ses sections et surtout la confiance de tous les Unionistes.
Merci.

M. MOSTACCHI Benito, conseiller régional

Mesdames et Messieurs les délégués,
permettez-moi d’aborder, dans cette courte allocution, un thème qui me touche de près : il s’agit des relations entre les Conseillers régionaux et l’Administration, entre le Mouvement auquel nous appartenons et les électeurs qui nous avons voté pour les représenter au sein du Conseil régional.
Envers qui sommes-nous responsables ? Envers les électeurs qui nous ont votés ? Envers le parti ou mouvement auquel nous adhérons ? Envers les administrateurs auxquels nous avons confié la tâche de gouverner la Région ? Notre position est loin d’être facile.

Trop souvent nous nous trouvons coincés par un exécutif régional qui décide sans nous avoir consultés, comme cela arrive dans presque tous les systèmes politiques. Les décisions qui sont prises au sommet ne sont pas toujours le fruit d’un dialogue franc et ouvert entre les conseillers et la Junte. Nous devons d’autre part répondre des choix de l’administration régionale à nos électeurs, à ceux qui ont donné leur confiance.J’ai parfois eu la sensation que l’on essaye de diminuer encore plus les pouvoirs du Conseil régional et les évènements de ces dernières semaines sont la preuve de cela. Ce n’est pas agréable pour un Conseiller de l’opposition, mais il est encore moins pour un Conseiller de la majorité. Que faut-il donc faire pour instaurer une méthode différente ? Devons- nous réduire notre fonction à celle de spectateurs ou bien nous garantir un rôle plus dynamique, par l’établissement de procédures plus ouvertes, plus collégiales, plus démocratique ?

Nous ne devons pas nous borner à lever la main au moment des votations. Si c’était celui-là notre rôle, j’aurais même évité de me porter candidat et j’aurais laissé à d’autres cette fonction purement passive.
Un mot au sujet des relations entre la population et le gouvernement régional. Beaucoup de problèmes sont nés, d’après-moi, depuis que les gens ont commencé à confondre l’Union Valdôtaine et ses principes avec l’administration régionale.
Nous ne sommes pas unionistes et fédéralistes rien que pour le fait que nous sommes au pouvoir, que nous avons u certain nombre de Conseillers, d’assesseurs ou de Président….

Gare à nous si nous identifions notre Mouvement avec le pouvoir. Nous ne sommes pas, et nous ne voulons pas être « le parti de ceux qui sont aux pouvoir ». C’est celui-là, à mon sens, le problème principal de l’Union Valdôtaine en ce moment. Nous avons trop de gens qui s’affirme unioniste, non pas par conviction mais pour pur intérêt. C’est le miel qui attire les mouches…
Ce genre d’adhésion est inquiétant : ces personnes n’ont pas besoin de discuter, de dialoguer, d’avoir une véritable démocratie dans le Mouvement : pour elles l’essentielle c’est avoir des amis hauts placés pour leurs demander des plaisirs, des aides, des subventions. Ces personnes ont même l’intérêt qu’il y ait peu de discussion dans l’Union Valdôtaine et que se soit un nombre réduit de personnes à décider.

Cela est dangereux.
Nous ne pouvons pas demander des voix et en soutien rien que pour des raisons administratives. Les principes sont la raison d’être de l’Union Valdôtain : les administrations, les majorités passent, les principes restent !
Nous avons donc le devoir de renforcer l’U.V.. La plupart de nos hommes est engagé dans nos institutions. Nous devons leur demander un engagement supplémentaire au service du Mouvement. Leur présence dans le Mouvement doit permettre de renforcer et de rendre encore plus efficace le rôle du Mouvement. Nous avons besoin d’un Secrétaire qui puisse donner une image brillante, prestigieuse et dynamique du Mouvement dans le cadre de la réalité valdôtaine. Ce n’est pas concevable ni cohérent, en effet, qu’un parti autonomiste comme le notre, ne soit pas lui-même autonome par rapport à l’administration. Le Mouvement ne doit pas chanter les louanges de l’administration, mais plutôt la traîner en étant toujours à l’avant-garde.
Pour un Mouvement comme le notre la démocratie interne, la collégialité dans les décisions, n’est pas un luxe, mais une véritable nécessité.
C’est la preuve que nous sommes à même de gouverner sagement notre pays, la Vallée d’Aoste.
Je vous remercie.

M. NAUDIN Osvaldo

Mesdames et Messieurs les Délégués,
Parmi les arguments qu’on débat en ces jours de Congrès, tous très intéressant, la Section de l’Union Valdôtaine d’ Introd cherchera seulement de faire quelque réflexion sur la croissance de notre Mouvement. En effet, dès la réunification des Mouvements régionalistes nous avons assisté à une croissance constante de l’Union Valdôtaine : croissance des voix et des élus, et, par conséquent, croissance de l’importance du rôle joué par notre mouvement dans le panorama politique de la Vallée d’Aoste.

Et bien, même si c’est pour aboutir à un tel résultat que nous les unionistes on a toujours travaillé, il nous arrive de temps à autre d’avoir des perplexités sur l’avenir de notre Mouvement. Après les deux grandes victoires de 1987 et de 1988 surtout, l’Union Valdôtaine a vu s’approcher d’elle des gens de toute extraction sociale et de différente origine ethnique. La question que nous nous sommes posée en tant que section d’Introd est la suivante : est-ce-que ces nouveaux adhérents connaissent les principes qui inspirent l’Union Valdôtaine, ses Statuts, son histoire et son action déployée dès sa fondation ? Nous croyons qu’il serait mieux de mettre une plus grande attention dans l’acceptation des nouveaux inscrits et cela pour éviter d’augmenter d’une façon anormale le nombre des gens qui trouvant dans un mouvement politique sans se connaître les idéaux, ou pire encore sans les partager.

D’autre part si cette grande adhésion est spontanée et non seulement un vent qui passe, l’Union Valdôtaine a une grande responsabilité et ses représentants aux différents échelons doivent travailler beaucoup, afin de démontrer qu’ils méritent la confiance leur accordée. L’Union Valdôtaine a toujours fait de son action politique l’instrument pour réaliser ses idéaux : un gros mouvement sans idéaux n’aurait aucune raison d’exister. Attention donc que ses principes inspirateurs ne restent pas seulement de belles paroles écrites.
Aux nouveaux adhérents nous demandons d’être fiers de l’identité valdôtaine, identité que nous ne devrons pas perdre, même dans l’Europe dans laquelle nous nous préparons à entrer. Mais nous leur demandons aussi de travailler et de le faire avec un esprit d’équipe, au-dessus des intérêts personnels, avec un seul but : l’avenir de la Vallée d’Aoste.
Emile Chanoux disait : « Voir clair, vouloir vivre » : et bien nous croyons qu’il serait bien de voir clair dans nous et parmi nous si nous voulons continuer à exister.

M. NIGRA Humbert

A une époque de transformation de la société et à la veille de l’intégration européenne, pour l’ Union Valdôtaine s’impose l’examen d’une série de priorités permettant de gouverner le changement sans perdre sa propre identité de mouvement ethnique et fédéraliste, fondé sur une vaste démocratie intérieure. Les toutes récentes victoires électorales (élections politiques et régionales) ont démontré la nécessité, pour le mouvement, d’avoir une organisation intérieure souple, non pas bureaucratisée et qui soit à même de canaliser les nouvelles énergies à la disposition de notre projet politique.
Notre structure intérieure est en mesure d’assurer le débat politique et la diversité de voix ; ce qui nous fait décidément repousser l’accusation de la part des autres d’opprimer et de limiter la confrontation politique en Vallée.

En outre, la responsabilité des élus dans les structures du mouvement est soumise à des contrôles intérieurs continus qui ne doivent pas subir d’interférences externes ou d’impulsions de la part des autres forces politiques qui veulent garder leurs propres rentes de position à la recherche de division affectées dans l’Union Valdôtaine même.
Reconfirmant notre rôle central dans la politique valdôtaine, on entend toutefois souligner la validité d’une proposition politique fondée sur la plus vaste autonomie des pouvoirs locaux. Cette proposition politique doit être transférée soit dans le débat actuellement en cours sur les réformes institutionnelles de l’Etat italien, soit dans la phase préparatoire de l’Union Européenne visant à édifier l’Europe des peuples et des régions.

D’après ces préambules :

1)Il est nécessaire que la structure du Mouvement, en confirmant le choix d’une organisation minutieuse sur le territoire sache répondre aux exigences de rapidités dans les décisions et la nécessité d’avoir des moments de réflexion idéologique et de programmation, sur la base des principes de la démocratie du pluralisme et de la décentralisation.

2) Il faut que le principe de coopération soit à la base, soit des rapports parmi les élus dans les institutions et le mouvement politique, soit des différents organismes intérieurs de gestion de l’Union Valdôtaine pour éviter des incompréhensions et de traumatismes.

3)Il est essentiel que le principe de l’information, indispensable pour une responsable participation aux processus de détermination du mouvement soit géré à travers :
a)une réforme globale du système de l’information de l’Union Valdôtaine par la transformation du « Peuple » en un organe politique fournissant soit les opinions soit les nouvelles.
b)La constitution d’instruments qui permettent un rapport informatif meilleur de la base aux organes du mouvement, aux administrateurs et vice-versa.

4)Encore, il faut qu’il y avait une vivante attention, en évitant les corporatismes, à l’égard des différentes instances économiques et culturelles provenant de la société, en utilisant des organisations spécifiques déjà présentes (telles que SAVT, JEUNESSE VALDOTAINE, ENTRAIDE DES FEMMES, COMICE AGRICOLE) ou en constituant d’autres organismes pour améliorer davantage le processus de participation et de programmation.

5)Il faut consolider le rôle de la formation politique de l’Union Valdôtaine pour renforcer dans la conscience des valdôtains la culture de l’Autonomie. Une particulière attention doit être arrêtée sur les jeunes parce que la participation active et l’engagement dans leur propre communauté, représentent les antidotes contre les tentations de passivités et d’autodestruction.

6)On doit, enfin, présenter la « question valdôtaine » dans tous les sièges internationaux pour que, dans cette phase de transition, la capacité d’autonomie ne soit pas vidée, mais au contraire augmentée, et pour que son rôle stratégique dans le système d’échange économique ne soit pas diminué.

M. PERRIN Joseph-César, assesseur régional

Mesdames, Messieurs, Chers congressistes,
A vrai dire j’étais combattu si prendre ou non la parole, vu le déroulement du débat parce que je crois que c’était juste de donner le plus d’espace possible aux congressistes et laisser un peu de côté les administrateurs, mais je crois qu’il était quand même nécessaire d’intervenir et de porter à votre attention quelques petites réflexions, aussi parce que je vis en ce moment mon quatrième Congrès National, et je vous dirai pourquoi le quatrième.
Deux mots donc simplement sur une trace.

Vous excuserez mon bafouillèrement puisque je n’ai rien préparé. Je crois que le Mouvement a bien fait de choisir ce thème, ou bien deux thèmes. « L’Union Valdôtaine pour la Vallée d’Aoste, la Vallée d’Aoste vers l’Europe des Peuples. » Et justement sur ces deux thèmes nous devons, et nous l’avons déjà fait amplement, nous confronter.
L’Union Valdôtaine, une analyse du Mouvement doit être faite ; Vallée d’Aoste, une analyse de la réalité valdôtaine doit être faite.
Europe des peuples, mais quelle Europe des peuples ?

Je crois que, quand à l’Union Valdôtaine, il y a très peut de chose à dire : nous sommes le Mouvement guide du Val d’Aoste, et ainsi nous devons continuer à l’être. Nous le sommes parce que nos racines profondes, s’enfoncent dans le terroir valdôtain, dans l’histoire de notre Vallée, dans notre culture, dans notre façon d’être. Nous sommes le Mouvement guide parce que nous avons les idées, nous sommes les seuls, nous pouvons le dire, à avoir des idées purement, franchement autonomistes ; purement, franchement fédéraliste. Parce que cela fait partie de notre vie, de notre façon d’être, de notre naissance, de notre vie et de notre futur. Et donc, en tant que Mouvement guide, nous devons prendre en main la conduite de la réalité valdôtaine.

Nous devons prendre en charge cette réalité, nous tous les unionistes, à n’importe quel niveau nous soyons, simples inscrits, sympathisants, administrateurs ou autres, nous devons participer la gestion de cette réalité, nous devons le faire, et pénétrer aussi toutes les instances de la Vallée d’Aoste, toutes les réalités de la Vallée d’Aoste : des simples associations, aux associations sportives, à tous les Mouvements, quels qu’ils soient, aux consortiums d’amélioration foncière, aux coopératives agricoles ou autres.

Vraiment pour pouvoir perméabiliser ces différentes réalités à notre esprit et à nos idées, porter, contribuer à l’action à l’intérieur de ces organismes qui soit une action valdôtaine qui aille vers la bonne, vers la juste direction, celle que nous souhaitons.
Mais pour faire cela nous tous et le Mouvement, devons faire œuvre d’éducation qui porte à la croissance idéologique de tout les peuple valdôtain, de tous ceux qui habitent la Vallée d’Aoste, à une croissance culturelle et économique.

Pour cette croissance idéologique nous devons essayer de divulguer notre pensée, faire de façon qu’elle devienne le substrat de toute la pensée culturelle, idéologique de la Vallée d’Aoste.
A travers tous les moyens que nous avons, ceux institutionnels et ceux que le Mouvement doit se donner.
Je me souviens des cours pour les administrateurs qu’on faisait dans le passé, je me souviens des cycles de conférence sur la pensée autonomiste et fédéraliste que nous faisions dans le passé. Reprenons-les de façon que ce que nous avons obtenu dans le passé puisse être poursuivi dans le futur aussi.

Sur le problème culturel évidemment notre première attention doit être, et tous les congressistes ont mis l’accent sur cela, la défense et sur le développement de la langue française.Nous devons peut-être jouer là un rôle légèrement différent de ce que nous avons fait dans le passé. Si parfois certains valdôtains, certaines forces politiques se sont lancé contre le français, c’est probablement parce qu’ils ont estimé que cette langue n’était pas la langue des valdôtains, qu’elle était la langue de l’Union Valdôtaine.
Nous devons agir de façon telle que le français devienne la langue de tous, de tous ceux qui habitent en Vallée d’Aoste. Et nous devons faire comprendre qu’il s’agit d’un rôle historique de notre langue puisque à travers elle nous nous rattachons à notre pensée, à nos racines.

D’un rôle autonomiste parce que sans la langue notre autonomie s’affaiblit : sans elle nous n’aurions, peut-être pas eu notre autonomie la langue française joue aussi un rôle culturel puisque posséder, même pour qui est de souche italienne, une langue telle que le français sa culture. D’un rôle économique aussi, puisque posséder une langue c’est aussi une richesse économique.
Essayons donc de faire comprendre cela, de faire prendre conscience à tous les valdôtains, à toutes les forces politiques qui agissent en Vallée d’Aoste de cette nécessité.
Une prise de conscience qui doit être individuelle pour chacun de nous, pour chaque valdôtain mais aussi une prise de conscience collective, de façon à gagner la Vallée entière.
Pour ce qui est de l’économie, nous devons faire de façon que les valdôtains prennent en charge les responsabilités dans les différents secteurs : agriculture, artisanat, tourisme, industrie, etc.

Nous devons donner aux valdôtains cette volonté de ne pas de telle ou de telle collectivité locale et de devenir les maitres de leurs destinées en ayant esprit de professionnalité qui est nécessaire, puisque en Vallée d’Aoste il y a beaucoup, beaucoup de possibilité dans ce secteurs. Et justement si nous voulons nous préparer à l’application de l’acte unique nous devons être maitres de notre destin.
Pourquoi laisser à d’autres le développement du tourisme quand nous pouvons le faire nous-mêmes ?
Pourquoi laisser à d’autres le commerce quand nous pouvons être commerçants ?
Pourquoi laisser à d’autre certaines activités artisanales quand nous pouvons devenir artisans ?
Pour cela je crois qu’il faut poursuivre l’action profonde qui a commencé de professionnaliser nos jeunes à travers l’école, à travers des cours supplémentaire avec tout ce qui est nécessaire.

Et nous devons justement, dans les grands secteurs, essayer d’arriver à ne pas combattre les autres régions à travers la quantité, puisque nous sommes faibles numériquement, mais à travers la qualité, et nous pouvons le faire. Et il y a des exemples, l’essor des coopératives agricoles par exemple, le fait que maintenant il y ait des produits valables. Ces produits gagnent petit à petit les marchés non seulement valdôtains mais italiens et étrangers.
C’est un simple exemple sur lequel nous devons bâtir tout notre avenir.

Qualité signifie aussi qualité de la vie, et justement dans le futur une attention particulière devra être donnée à l’environnement. Avec le bon sens qu’ont toujours eu les valdôtains, puisqu’on ne peut pas arrêter le progrès, il faut tout simplement que ce progrès s’accompagne à une qualité de la vie. Qu’on essaye de ne pas abîmer les ressources qui ne sont pas renouvelables, qu’on essayer de ne pas détruire notre territoire ; voilà pourquoi une action de prévention, de récupération doit être faite, de sauvegarde de tout cela, et n’oublions pas que l’attention à l’environnement ce sera demain aussi un nouvel exploit possible.

Tout cela pour entrer dans une Europe qui n’est pas l’Europe actuelle, l’Europe des Etats, l’Europe de l’économie qui nous pose en ce moment ses entraves, ses contraintes, qui nous met dans une chemise de force de laquelle nous devons essayer de sortir.
Notre Europe est bien différente, c’est l’Europe des valdôtains, des alsaciens, des frioulans, des slovènes, des petits peuples qui, comprenant leurs origines, n’essayerons pas d’écraser les voisins.
Face à cela nous devons aussi nous demander quel est notre rôle, quel est le rôle du Congrès. Eh Bien, à travers les sections, à travers les administrateurs communaux ou les communautés de montagne, à travers l’administration régionale et individuellement, nous devons justement essayer de prendre en charge notre destinée et nous devons nous interroger.
D’ailleurs cette interrogation a été posée maintes fois dans ce Congrès ; l’Union Valdôtaine sort de deux grands succès électoraux : les élections politiques et les élections régionales.
Quelqu’un s’interroge et dit qu’il y a du malaise et on dirait presque qu’on n’est mécontent de ces deux grands succès, puisqu’on dit que de nouveaux inscrits arrivent à l’Union Valdôtaine, des immigrés s’approcher de l’Union Valdôtaine.

Eh bien, demandons-nous pourquoi cela se fait.
C’est parce que l’UV a des racines profondes et a su divulguer ses idées, a su faire connaitre ce qu’elle st capable de faire, et donc il y a eu une action du Mouvement qui a été pénétrante, qui a su captiver, qui a su faire méditer ceux qui jusqu’à hier étaient encore contre nous, et les a su attirer vers le Mouvement. Il y a eu l’action des élus à tous les niveaux, qui en agissant comme il faut au point de vue administratif ont dit, ont fait comprendre à ceux qui étaient contre nous aussi au point de vue administratif, que nous avons raison et ils se sont approchés.

Evidemment, peut être, il y a aussi de l’opportunisme dans cela, nous ne nions pas, mais face à ces malaire il y a deux façons de s’y opposer : une façon passive qui est celle de pleurnicher : eh bien, ce n’est pas la position que doit avoir l’Union Valdôtaine. Ce serait inutile de récriminer, de pleurniche. Ce serait une position négative, il y a une autre position qui est une position active et productive : c’est celle de dire « bon, nous avons de nouveaux compagnons de chemin, ils sont peut-être maintenant à mi-chemin encore. Essayons de les porter carrément vers nous, essayons de faire de façon que, si maintenant ils ont voté par opportunisme, demain ils votent Union Valdôtaine par conscience. »

Nous devons donner la conscience aux valdôtains, et quand je dis valdôtains, je dis tous ceux qui habitent la Vallée d’Aoste, même ceux qui, non par leur faute dû abandonner leur terre, qui ont choisi la Vallée d’Aoste comme terre d’élection et qui maintenant sont ici et ils essayent de comprendre notre réalité.
Aidons-les, comme nous devons aider, hélas : un tas de valdôtains à prendre conscience de ce fait, à prendre conscience de la réalité.
Voilà un rôle, le rôle du futur de l’Union Valdôtaine, de façon à avoir dans les années futures la majorité absolue, non pour le simple goût du pouvoir, mais afin de pouvoir travailler pour être toujours nous-mêmes.
Il y a un rôle que ce Congrès doit jouer et c’est celui de la confrontation des idées.
Bien vienne la confrontation.

Je crois que l’UV à vécu de confrontation. Mais gare, gare à nous si cette confrontation devient une confrontation sur les hommes. Nous avons essuyé dans le passé des défaites parce que nous avons mis hommes contre hommes. Nous avons mis de côté les idées pour regarder aux intérêts, et je crois que nous sommes suffisamment mûrs pour comprendre cela. On dit qu’il y a du malaise. Est-ce un malaise ? Je crois que la réponse est négative. Nous avons toutes nos instances, Le Comité Exécutif, le Comité Central, les sections, depuis cette législature, contrairement à ce qui se passait dans les années précédentes, le groupe se réuni deux fois chaque mois. Il y a donc toute la possibilité de discuter à l’intérieur du Mouvement, dans les différents organismes, sur les positions politiques, et si sur cela, sur la politique, sur l’administration il y a une confrontation, elle doit être faite, elle doit venir, elle est salutaire ; mais ce malaise est-il aussi un malaise personnel, j’espère que non. Parce que ce malaise n’a évidemment pas raison d’être. Examinons celle qui est l’action administrative : examinons l’action conduite par le Mouvement ; demandons l’autonomie du mouvement par rapport aux élus, aux douze élus. Parce que c’est juste que le Mouvement puisse guider les élus, tous, aux différents niveaux, selon les différentes responsabilités que chaque élu a.

C’est le Mouvement qui doit guider, c’est le Mouvement qui doit donner le « la » aux élus. Et nous sommes là, et nous espérons que de ce Congrès, de ce débat puisse sortir un Mouvement renforcé.
Puisse sortir un Comité Exécutif qui doit guider comme déjà le Comité Central est sorti, renforcé non seulement numériquement mais dans la qualité.
Eh bien, que ceux qui devront nous guider dans le futur puissent justement dans l’action du Mouvement nous donner les indications nécessaires et le chemin. Et c’est pour cela justement que le fait de demander la possibilité à ceux qui dans les plus hauts degrés de l’Union Valdôtaine, du Président au Secrétaire général, de continuer leur action signifie pour nous continuer l’action entreprise.
Cela est dans le signe de la continuité et donc dans le signe de la sûreté politique et administrative.

Je disais et je veux terminer, c’est pour moi mon 4ème Congrès National. Parce que nous avons parlé du 2ème et nous sommes en train de débattre le 3ème, mais personnes peut-être n’a rappelé celui de 1976, ici à Saint-Vincent, le Congrès qui alors s’appelait pas national mais qui a été le vrais Congrès National. Celui de la réunification de l’Union Valdôtaine. Le Congrès qui a su mettre fin aux déchirures entre valdôtains, un Congrès qui a su faire retrouver l’unité des valdôtains, le Congrès qui a refondé l’Union Valdôtaine.
Cette Union Valdôtaine qui maintenant est le guide de la Vallée d’Aoste.
Eh bien, n’oublions par l’esprit d’alors, unité dans la diversité, oui certes, mais à l’intérieur de l’Union Valdôtaine diversité ne peut signifier que diversité de caractère, que diversité dans l’action, mais unité dans la pensée.
Vive l’Union Valdôtaine.

Mme QUENDOZ Dina

La peur des nouveaux. J’ai entendu dire ce matin.

Qui sont les nouveaux ? Ceux qui adhèrent au Mouvement depuis 1, 2, 3 4 ans ou quoi ?

Bien, je n’adhère pas à l’Union Valdôtaine depuis de très longues années mais je ne me sens pas du tout touchée quand on parle de « nouveau ». Car, à mon avis, il s’agit tout simplement d’unionistes et de non unionistes. Là est la question. Et je me sens tout à fait unionistes, tout à fait « vieille », si vous préférés, tout en étant plutôt « nouvelle ».

Un n’unioniste n’a pas d’âge. On le reconnaît par ses idées et son action, par la langue qu’il emploie, par son attitude fédéraliste, donc avant tout démocratique et pluraliste, dans sa vie quotidienne, dans ses rapports avec les autres, dans le respect qu’il porte aux diversités.

Peu importe si on est né en Vallée d’Aoste ou ailleurs. Ce qui compte c’est que, ayant choisi de vivre dans notre Patrie, l’on choisisse également de partager notre histoire, notre culture, notre vie et notre futur.

Le souhait que j’exprime est celui d’avoir au plus tôt sous les yeux la preuve que ces « nouveaux » ne sont pas avec nous parce qu’être unioniste c’est une mode ou parce qu’être unioniste garantit le travail. Mais parce qu’être unioniste est nécessaire à la survie du peuple valdôtaine, parce que les buts de l’Union Valdôtaine (l’art. 1 de nos Statuts dit : « … assurer l’épanouissement du caractère ethnique et linguistique du peuple valdôtain … ») sont des buts partagés et source de combats quotidiens.

Tant que je verrai la Jeunesse Valdôtaine voter pour décider si employer ou pas le français et faire ses communiqués de presse en italien, tant que dans les réunions de certaines sections de l’Union Valdôtaine on parlera italien, tant que l’on devra former une nouvelle section en employant cette langue, eh bien, tant que ces exemples seront à l’ordre du jour, pardonnez-moi, je ne pourrai pas croire que ces nouveaux sont des unionistes !

L’Union Valdôtaine n’est pas un Mouvement bilingue !

Le problème de la langue et des idées me fait penser évidemment à la presse unioniste.

Valentino Lexert, directeur du « Peuple Valdôtain », a souhaité tout à l’heure de ne pas voir naître la « Pravda ». Je formule le même vœu. De plus. La division entre Mouvement et administration est fondamentale pour la survie de la formation unioniste et la pluralité d’idées.

L’administration gère une « page de la Région » qui paraît toutes les semaines. Le Mouvement doit gérer la presse unioniste pour former les unionistes. Cette formation est indispensable et elle ne peut pas venir d’une administration qui doit jouer toujours le rôle de Médiateur, mais d’un Mouvement qui doit porter de l’avant ses raisons d’être.

Et pour faire cela, il faut que la terminologie aussi soit bien précise et choisie. Dans le dernier numéro du « Peuple » on lit : « … Le troisième Congrès national de l’Union Valdôtaine est appelé aussi à réaffirmer la validité de la dimension régionale et à envisager l’insertion de notre communauté dans des ensembles plus vastes, dans l’optique d’une Europe fondée sur les principes fédéralistes ».

Ne devons-nous pas parler de NATION et de PEUPLE dans notre organe officiel ? Quelqu’un m’a dit l’Union Valdôtaine ne peut plus faire cela, elle est un Mouvement trop puissant. Mais alors, quelle est la différence entre nous et les autres ? Et tous les autres.

Un autre sujet à aborder : la diffusion de nos idées à l’extérieur. Bien sûr, elle doit être importante mais elle doit être toujours et uniquement en français. Même si, après, la RAI traduit certains de nos communiqués, car, dit-on, les valdôtains ne comprendraient pas….

Ce problème de compréhension du français me fit pense à l’information en général dans notre Région. Totalement en italien. Nous devons être un exemple en tant que Mouvement, mais nos élus doivent aussi veiller à ce que, au moins, les communiqués du bureau de presse de la Région puissent paraître simultanément dans les deux langues officielles de notre Vallée. Peut-être cela permettrait à certains organes d’information d’être un peu plus francophones. Malheureusement, ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Et, pour revenir à la rédaction de la presse unioniste, celle-ci se limite très souvent aux fonctions de bureau de traduction. Ce qui est, peut-être, intéressant mais qui empêche un travail plus profond d’élaboration.

Quant à l’information tout court que certains aimeraient insérer dans notre journal, si d’un côté je souhaite de ne jamais voir la naissance d’une copie de « La Vallée Notizie » car l’organe d’un Mouvement est quelque chose de différent, de l’autre je renouvelle la vieille invitation aux sections de participer plus activement et d’envoyer des nouvelles à notre rédaction.

Quant à ceux qui manifestent des perplexités sur les contenus actuels de notre presse, l’invitation va dans le sens de pouvoir les compter au plus tôt parmi nos collaborateurs et nos collaboratrices. Les idées nouvelles, quand elles sont concrètes et unionistes, ne pourront jamais être rejetées.

Merci

M. ROLLANDIN Auguste, Président du Gouvernement régional

Chers unionistes, délégués, sympathisants,
Même si vous êtes très fatigués, permettez-moi quelques suggestions sur quatre points en particulier : l’Administration, l’Europe, le Mouvement, les rapports avec les autres partis et mouvements.
Il faut d’abord souligner les deux niveaux bases de l’administration : Communes et Région, avec un niveau qui est en train de se reconstituer, celui des communautés de montagne.

Communes.
A propos de communes la ligne du Mouvement est tracée ; décentralisation, compétences aux administrateurs communaux, possibilité d’épanouissement des réalités locales.
Eh bien, à ce propos, je veux, ici, en profiter pour remercier de façon particulière nos administrateurs communaux, qui ont fait un travail remarquable pendant des années. Je crois que le succès que nous avons eu aux dernières élections régionales est vraiment dû à l’activité des administrateurs communaux. Merci !Et en ce qui concerne les communes j’ai beaucoup apprécié l’intervention de Fidèle Borre à propos d’Aoste.
Oui, Aoste c’est difficile à classer. Si on va voir ce qui ce passe, on ne peut que dire qu’à présent Aoste c’est la chronique d’une mort annoncée. Et là je peux comprendre quel est le travail de nos administrateurs. D’un côté on est là pour dire Aoste capitale, mais capitale de quoi ?
De l’indécision, des faits annoncés mais jamais accompli, des problèmes toujours renvoyés.
Je crois que là vraiment le Mouvement doit prendre une décision. Je crois que toutes les sections l’ont d’ailleurs remarqué, c’est insupportable de permettre qu’il y ait cette attitude face à une disponibilité à des accords que l’administration régionale à recherchée et a sollicité. Alors il faut vraiment dire que Aoste une réflexion s’impose, autrement on risque d’arriver aux prochaines élections sans savoir quoi répondre aux électeurs.

Administration régionale.
Une première réflexion sur la structure même de l’administration. Je crois que de plus en plus nous sommes en train de voir que c’est indispensable que l’activité des bureaux régionaux soit à même de donner des réponses précises à ce qui se passe. Aux nouvelles exigences que notre population réclame de plus en plus.
Et alors là, quelles ont étés les propositions de notre Mouvement ? Préparer les gens, si possible les motiver, donner le part-time. Je crois qu’avec la mi-temps on pourrait finalement résoudre un problème. Informatiser, mais surtout donner la possibilité d’avoir des gens conscient d’être au service de la population, d’être là pour donner des réponses, et je crois que c’est une observation qu’il faudra reprendre d’ici quelque temps. Dans les différentes activités, eh bien je crois que, telle à été la ligne du Mouvement : que, au niveau des administrateurs, on a essayé d’aller de l’avant. On a fait une analyse, on a eu la possibilité d’examiner les différentes couches de notre société, les différents problèmes économiques, sociaux et culturels. Et l’indication a été très simple : développement équilibré, oui équilibré, et je crois que là c’est vraiment le mot, le plus difficile à appliquer n’importe où mais surtout au niveau de l’essor des changements de notre réalité. Et je ne veux pas citer tous les problèmes car je crois que dans d’autres occasions les assesseurs ont donné des réponses dans les différents domaines.

Je voudrais en citer quelques uns : l’industrie d’abord. Eh bien, il y avait un temps où l’on disait que l’Union Valdôtaine se moquait de l’industrie. On ne se préoccupait que des problèmes de l’agriculture ; de l’industrie ce n’était pas la peine de s’en occuper, ils y en avaient d’autres qui faisaient cela de métier. Je crois au contraire que les problèmes de l’industrie sont des problèmes très sérieux. Nous avons eu l’exigence de réindustrialiser notre région avec des difficultés. Même avec des échecs, mais si nous allons voir ce qui s’est passé en VDA par rapport à ce qui se passe ailleurs, je crois que l’on peut remarquer la différence. Et la différence consiste dans le système, la façon de donner des réponses aux problèmes. On a refusé de résoudre les problèmes par la méthode des affiches, on a examiné le problème de la Delta Cogne.

La je crois que tout le monde a compris que s’il n’y avait pas un engagement, on n’aurait pas pu résister jusqu’à présent aux attaques contre la Delta Cogne. Là nous n’avons pas encore gagné cette bataille, il faut faire attention. Personne n’a dit un mot jusqu’à présent à ce sujet, n’a rien fait pour soutenir nos compétences en matière d’industrie, compétences que nous avons attendues pendant 40 ans. Je crois que là c’est vraiment l’engagement de notre Mouvement de démontrer que face aux problèmes on est sérieux, on a donné des réponses et on a résisté aux attaques des autres partis. Je crois qu’à propos de la qualité de la vie, d’autres qui m’ont précédé ont déjà rappelé l’importance de la formation pour donner une réponse aux problèmes des jeunes et des moins jeunes. Mais sur ces problèmes en particulier je voudrais faire une petite réflexion.

Le respect du milieu.
Eh bien, là je crois qu’il ne passe pas un jour sans qu’il y ait la possibilité de lire dans les différents journaux une attention spécifique aux problèmes de l’environnement, aux problèmes du milieu, et je ne parle pas entant qu’Attila en ce moment, je vous parle tout doucement. (Et j’ai oublié le casque). Je crois que là il faut examiner ce problème de façon sérieuse, et je voudrais porter quelques exemples sur les effets des l’écologisme poussé aux extrêmes. Eh bien, je crois qu’un peut partout l’idée de la Vallée d’Aoste, le « label » qu’on est en train de vendre ailleurs c’est une Vallée d’Aoste verte avec de belles maisons en pierre et en bois, nos chalets.
C’est notre richesse. Nous ne parlons pas de certaines vallées, là où l’on a fait des efforts considérables pour maintenir cette attitude. On a fait des recherches pour savoir quelle est notre architecture rurale, on s’engage pour maintenir le paysage. Allons voir. Je crois qu’étant donné que c’est nécessaire parfois de réaménager cette vieille maison, de bâtir de nouvelles maisons selon ce que nous connaissons très bien et qu’il faut sauvegarder : allons voir. Pour faire ces travaux de réaménagement je crois que d l’idée il faut passer à la pratique. Allons voir du point de vue matériel.

Commençons sans doute par un petit peu de sable, pas de sablière ni dans les torrents ni ailleurs. Murs en pierre sans doute, et les carrières ? Les chalets très bien. Typiques. Et les arbres ? De l’Afrique, de l’Amazonie. Et après, je crois qu’on a fait une loi, on à même poussé la chose, on a dit qu’il faut intervenir pour remettre les toits en lauzes, c’est tout a fait normal, mais les lauzes où ? De Bergamo de Luserna ? Ici pas de carrières, ailleurs, même à l’intérieur des Parcs il y a des carrières, en Tarentaise par exemple. Ici défendu. Très bien, allons de l’avant. Mais pour maintenir cette petite maisonnette, un peu d’énergie oui, mais quelle énergie ? Nucléaire, défendu. Charbon, ce n’est pas le cas. Hydro-électrique, où ? Pas de barrages, pas d’utilisation, et alors sans doute l’amour à la chandelle c’est romantique mais….

Mais je crois que le développement c’est autre chose. Je crois que si on veut exagérer sur certains thèmes, on arrive à ces paradoxes, que l’on défend ce qu’on ne peut pas défendre, que l’on veut ce qui n’est pas possible, et alors il faut trouver un équilibre. L’énergie, notre patrimoine qui nous a été enlevé et qu’à présent nous voudrions petit à petit reprendre en exploitant nous-mêmes nos ressources ou en collaboration avec l’Enel. Ugo Voyat l’a très bien dut, chaque année nous donnons comme énergie aux autres régions 225 milliards sans tenir compte des taxes qui montent à 30 milliards qui devraient être payés en Vallée d’Aoste. Et alors dans le domaine de l’énergie qui est notre richesse, ainsi que le patrimoine du milieu, il faut trouver une nouvelle façon de répondre. Nous avons des exemples magnifiques, dans le domaine de l’énergie, des gens courageux qui ont indiqué le système, ou la possibilité d’exploiter l’énergie hydro-électrique. Mais il faut que cette énergie puisse demeurer propriété des valdôtains, des communautés valdôtaines, même avec des sociétés mixtes si l’on veut. On n’est pas là pour dire qu’il ne faut pas donner la possibilité aux autres, aux entreprises valdôtains de donner un coup de main, non bien loin, on est là pour céder.
Mais je crois qu’il faut résoudre ce problème, autrement on ne risquerait vraiment que de faire de la poésie. La même chose pour les zones protégées. L’Union Valdôtaine avait déjà eu l’occasion de dire qu’elle ne veut pas pousser l’idée des zones protégées, des parcs, au-delà d’un certain système, car dans son ensemble le Val d’Aoste est une zone qui a la possibilité de se protéger, qui à la possibilité d’avoir des lois spéciales qui puissent protéger ce que nous estimons indispensable. Mais à propos du Parc, Dupont l’a sans doute très bien dit, attention ! Là c’est une bataille qui dépasse le problème d’une zone spécifique enclose dans le Parc. Là c’est une question de principe, là on ne peut pas céder. Nous avons largement eu la démonstration de quelle est l’attitude des autres vis-à-vis d’un droit que nous avons. Partout la presse a repris le thème du Parc, comme une attitude, des valdôtains, contraire au Parc. Quand au contraire le Parc a été défendu jusqu’à présent par le valdôtains.
Alors ces contradictions, ces anachronismes et pire encore, ceux qui veulent défendre le parc mieux que l’Union Valdôtaine, qu’ont-ils proposé ? Ils ont proposé de donner un subside aux valsavareins. Ça c’est la dignité : ça c’est le système de résoudre les problèmes ? Eh bien nous, nous avons dit non, nous avons dit : nous croyons que la Commune, les Communes qui sont intéressées au Parc ont les mêmes droits des autres communes. Et nous sommes là pour les défendre jusqu’à la fin.
Sur la défense de notre spécialité on a déjà beaucoup parlé et je ne voudrais retenir qu’in mot. Vous savez, au moment où l’on avait décidé de couper les recettes de l’administration régionale, il fallait démontrer que la spécialité des différentes régions à autonomie spéciale n’avait plus aucun sens et alors une commission spéciale a été crée qui a travaillé longtemps pour arriver à la conclusion que s’il y avait eu une possibilité de se rencontrer ou d’avoir un petit rendez-vous avec le Mouvement de l’Union Valdôtaine ses membre n’auraient pas eu besoin de faire tous ces efforts. Ils ont conclu que, au-delà du problème de la langue il n’y avait plus raison d’être pour notre autonomie spéciale. Mais alors faut-il qu’il y ait des gens d’ailleurs qui viennent nous dire ce que nous tous reconnaissons, que nous savons depuis grand temps et que nous et forçons de faire comprendre aux autres ? Eh bien, l’U.V. est là pour le rappeler. Et je crois que c’est là l’effort que nous faisons ensemble pour faire comprendre notre maison.

Il y a une autre question que je crois importante : l’information. Quelqu’un l’a bien dit que même l’Administration régionale, présente encore des défauts au niveau de l’information ; pas tellement d’information en français, c’est vrai, et c’est bien de recevoir des critiques. Je crois en effet que la il y a encore du travail à faire. Mais je voudrais aussi faire une petite remarque. Il existe une loi qui devrait donner à la Valle d’Aoste une rédaction francophone de la RAI. Je crois que là la Vallée d’Aoste a le droit d’avoir des représentants qui connaissent notre réalité, qui puissent la comprendre et surtout qui n’aient pas l’air de se moquer même de nos petits enfants. Attention, si chaque fois que n’importe qui de nous au moment où il prend la parole a peur d’être l’objet des critiques de quelqu’un qui ne veut jamais employer notre langue, alors c’est fini ; il faut réagir à cette attitude. Il faut aussi faire attention car là, vous savez, il y a des gens très compétents, des gens qui heureusement ont eu la possibilité de venir en Vallée d’Aoste grâce à quelqu’un de très bien placé. Et alors les « mea culpa » doivent être un peu plus collectifs. Que chacun de nous porte sa croix.
A’ propos de l’Europe. J’ai écouté l’attitude de notre Mouvement face à l’Europe. Je crois que c’est sérieux et qu’il s’agit d’un défi. Le thème de notre Congrès c’est l’Europe : l’Europe signifie concurrence, l’Europe signifie droit des peuples, l’Europe signifie finalement participation. Et bien allons voir ces trois thèmes. Concurrence. Et alors là je crois que l’UV a déjà donné toute l’importance qui est due au thème de la concurrence, pour les entreprises, pour n’importe quelle activité en Vallée d’Aoste. D’ici quelque temps il y aura de la concurrence et je crois que c’est un bien, car finalement il faudra se préparer à cette concurrence, autrement on risquerait de vivre toujours comme si ailleurs rien ne se passait, conne si parler de formation c’était inutile. Au contraire notre vrai engagement c’est d’être préparés ; si ce n’est pas pour 93 ce sera pour 94, cela n’a aucune importance, le problème c’est d’être préparés du point de vue culturel afin qu’il n’y ait pas une attitude de soumission par rapport à ceux qui arrivent d’ailleurs. Là c’st le thème le plus important pour nous valdôtains, nous avons des richesses énormes, nous avons des jeunes qui savent travailler, qui ont la possibilité de rendre notre région concurrentielle. Eh bien, aidons-les à travailler dans ce but, voilà le sens de l’engagement de notre Mouvement. Et là je crois que concurrence signifie aussi être préparés, être préparés aux différents moments et être préparés signifie avoir des infrastructures qui fonctionnent et alors voilà le choix que l’on a fait. Le choix de l’autoroute et l’utopie du tunnel et du chemin de fer de la liaison Aoste-Martigny. Sans doute au moment où on en avait parlé c’était une utopie ; aujourd’hui un peu moins ; je crois que c’est un grand défi, je crois qu’il faut avoir le courage de porter ce thème hors de la Vallée d’Aoste, de faire comprendre que cette liaison est très bien importante, non seulement pour le Val d’Aoste, mais pour l’Europe. Et en même temps si nous avons la possibilité d’avoir des entreprises qui viennent en Vallée d’Aoste et qui ont l’exigence d’avoir des services qui soient concurrentiels, voilà le grand défi, et il faut préparer dans ce sens.

Mais je crois que la vraie surprise au moment où l’on parle de l’Europe c’est de voir que nos idées, à présent, tout le monde veut les reprendre. C’est là pour nous la vraie surprise de l’Europe. Au moment où l’on parlait, il y a quelque temps, de fédéralisme, on disait « ce sont des mots d’un Mouvement qui est là, de gens qui bavardent entre eux ». Aujourd’hui tout le monde dit d’être fédéraliste. Mais allons voir quel fédéralisme, alors, allons voir comment retrouver sur des thèmes tels que le fédéralisme, un accord avec ceux qui dans ce thème et sur ce thème ont la possibilité de travailler. Et je crois que le dernier mot, participation, est aussi important pour donner une dignité au peuple ; c’est indispensable qu’il y ait la possibilité de participer, qu’il y ait la possibilité d’avoir des échanges à n’importe quel niveau ; eh bien, le Val d’Aoste est là pour donner dans ces thèmes, sur ces thèmes la possibilité de se retrouver.

Rapports avec le Mouvement.
Je crois qu’on pas de problème à dire que le centre de l’élaboration des différents thèmes doit rester uniquement le Mouvement. Mais le problème est un peu plus subtil. Qui participe au Mouvement ? Les sections sans doute, tous les élus, tous les administrateurs, et alors je crois que la chose est beaucoup plus simple de ce que quelqu’un voudrait faire paraître. Le Mouvement dans ces derniers temps a grandi et je crois que finalement on ne doit pas avoir peur que le Mouvement soit indépendant. Ce qui ne signifie pas être contre quelqu’un, ce qui ne signifie pas travailler pour freiner quelque chose. Attention aux mots. Moi, j’ai entendu freiner. Après qu’il y a des ans qu’on est en train de dire « il faut être dynamique, il faut essayer de retrouver un peu partout la possibilité de parler avec les gens, de se faire comprendre », à présent on dit attention, il faut freiner. Mais freiner quoi ? Ce serait beaucoup mieux un petit examen de conscience de la part de chacun de nous et peut-être que chacun de nous retrouverai le serein pour travailler avec une autre attitude car je crois que les conseils sont sans doute précieux.

Et je veux remercier tous ceux qui ont eu des conseils à donner envers une personne, envers surtout, mon rôle. J’ai écouté avec attention l’intervention de personnes qui on vécu toute une vie dans le Mouvement, qui ont vécu des moments heureux, gais et aussi des moments tristes. E je crois que n’importe quelle critique doit être prise au sérieux, je suis le premier à en être conscient, mais il faut aussi faire attention, car j’ai très bien retenu de faire attention aux flatteurs, bien vrai, et je crois que celui qui en a parlé, étant donné sa longue militance, a la possibilité d’en parler par expérience. Je veux rappeler surtout un passage concernant les élections politiques. Que de flatteurs. Combien de personnes sont allées donner leur appui à n’importe qui. L’important c’est de faire contre l’UV, alors sans doute attention aux flatteurs, mais attention en tout temps aux flatteurs, pas seulement dans certaines occasions. Et je crois que là c’est l’attitude qu’il faut avoir vis-à-vis de n’importe qui veut être adhérent, être adhérents signifie aussi avoir la possibilité de défendre les idées et de défendre ce qui est parfois l’interprétation des idées. Je crois que ce serait un paradoxe, de craindre que les élus augmentent, ce serait vraiment le maximum à un moment où l’on est en train de se féliciter au fait que les jeunes vont s’approcher de notre Mouvement, du fait qu’ils participent : et il y a là quelqu’un dit « stop, vous n’avez pas encore passé les différents examens ».
Attention à vouloir montrer toujours de la méfiance, s’approcher des gens en croyant qu’ils ne sont pas là que pour en profiter. Je crois que c’est une attitude mentale affreuse ; allons voir, il y a la possibilité de les mettre à l’épreuve, il y a la possibilité d’engager les gens, allons voir. Au moment où l y aura l’engagement sur les thèmes que l’Union défend, s’il y aura des attitudes contraires, à ce moment-là, oui, prenons la parole, défendons nos idéaux. Mais qu’à ce moment. Car je crois que c’est difficile de dire préalablement qu’on est contraire au fait que le Mouvement puisse progresser. Ce serait absurde. C’est contre les Statuts. Il faut, disent les Statuts, l’épanouissement ; mais pour s’épanouir que faut-il faire ? Il faut augmenter le nombre des gens qui peuvent adhérer ; autrement, autrement dites-moi si s’épanouir signifie augmenter la bibliothèque ou bien augmenter les adhérents. Moi je crois qu’il faut développer les principes, je suis le premier à soutenir que dans plusieurs occasions il faudra se rappeler des principes partout. Mais attention, il ne faut pas décevoir ceux qui s’approchent de notre Mouvement, même après certaines militances. Si l’on va reprendre l’histoire de notre Mouvement tout de suite après la guerre, combien d’innocents trouve-t-on ? Je crois qu’on ne peut accepter des attitudes un peu étonnantes de la part de certaines personnes qui ont mal vécu ; vraiment je peux comprendre du point de vue humain, mais je crois qu’au moment où l’on partage un idéal il faut surtout se rattacher au Mouvement plutôt qu’aux sentiments, plutôt qu’au fait qu’il y a des problèmes un petit peu personnels. Je crois qu’il faut vraiment avoir le bon sens de comprendre qu’il y a des moments difficiles, mais au moment où un Mouvement comme le notre peut progresser, où il peut avoir, par la clarté des idéaux, par la sûreté des principes, la possibilité de s’épanouir, et bien faut-il-freiner ?

Dernière petite considération
Rapports avec les partis et mouvements.
Chose un petit peu engageante et même agaçante. Je dois vous dire que si l’on va examiner les rapports avec les forces de la majorité, je dois dire que l’on a trouvé un accord sur un programme et que l’on est en train de travailler pour faire progresser ces idées. Et à propos des différentes forces qui font partie de la majorité, et le fait que l’on ne peut que souligner encore la cohérence et l’honnêteté du Parti Républicain, et le fait que l’on ait trouvé un système différent, au moins au niveau régional, car il y a encore quelques problèmes à niveau communal avec l’autre forces, les ADP. Mais je voudrais surtout souligner les rapports avec les deux partis avec lesquels souvent il y a des petits problèmes.
Parti socialiste. Quelqu’un s’est posé la question : mais pourquoi avez-vous choisi d’élargir la majorité aux socialistes aussi ? Eh bien, comme vous savez au moment où l’on a indiqué un programme, on avait dit : si on a la possibilité d’avoir la possibilité d’avoir l’appui de forces qui ont soutenu notre Mouvement, qui ont des contacts, qui ont des bon liens, qui ont des liaisons assez étroites avec le palais, sans doute l’on résoudra certains problèmes de façon plus simple. Et alors, je prends quelques problèmes, Répartition financière. Le silence. Et là c’est un point qui devra être soumis à l’attention de notre Mouvement. Non pas pour l’attitude de dire qu’il faut quand même couper à n’importe qui, aux régions à Statut Spécial, mais plutôt pour l’attitude qu’ils ont eu par rapport à notre spécialité. Je crois qu’au niveau régional tout le monde s’est exprimé, s’est déclaré pour défendre la loi de la répartition financière. Mais malheureusement au niveau romain rien ne s’est passé. Et alors je crois que cette attitude il faudra l’examiner.
Environnement. Ministres très compétents, et même parfois très compétents pour maintenir les compétences là où les compétences ne devraient pas rester. Et vous voyez, on avait de l’espoir : la D.C. n’a rien fait pour le Parc, à présent on a un Ministre socialiste, on aboutira à des résultats ? On attend.
Les lois sur l’environnement. Compétence régionale : zéro. Au contraire, pour ce qui est du système de dépasser les compétences statutaires on a trouvé une formule magique. Il suffit de rapporter sur la loi nationale. «di interesse a carattere di grande riforma nazionale ». Un point c’est tout, les lois constitutionnelles n’ont plus d’importance. Vous voyez à quel absurde l’on est arrivé, et là je le dis pour faire une réflexion au moment où tout le monde s’engage pour défendre nos Statuts. Car il faut faire attention : ils ne sont plus là pour attaquer le Statut vous avez vu, personne n’a plus dit un mot contre notre Statut spécial. La façon est beaucoup plus simple : il suffit de le détourner. Il suffit de faire en sorte que les lois ordinaires soient exactement contraires aux principes du Statut, et le jeu est fait. Alors attention, je crois qu’il faudra aborder le plus tôt possible ce problème, et réaffirmer avec force que l’on est contraire à cette méthode.
Démocratie Chrétienne.
Là l’embarras augmente. Je crois que Ugo Voyat l’a déjà très bien dit, j’ai vraiment eu un peu peur au moment où le représentant de la DC a pris la parole et Ugo s’est posé la question « Mais parlait-il au nom de la DC ? » Non, non, il parlait à son nom personnel, bien vrai. Au contraire, moi j’avais l’impression d’être face à un commissaire de la « Mangiagalli » qui était venu pour voir si par hasard cette « clique » de l’Union Valdôtaine désobéissait aux lois nationales. Mais je ne veux pas insister sur trop de thèmes, deux thèmes seulement.

Santé
L’Union Valdôtaine s’est engagée dans ce milieu et je crois que l’on a eu, depuis que nous sommes là, des changements, parfois même remarquable ; on a essayé d’avoir une attention particulière pour les problèmes des rapports avec les personnes âgées, on a fait des projets qui avaient été approuvés par toutes les forces, et à un moment donné, avec la nouvelle junte, ça change. Et je crois que là Robert Vicquéry a très bien fait de reprendre ce thème. Je crois qu’il faudra soulever cette question et surtout revoir la fonction de l’assesseur qui est là pour suivre et pour mettre sur pied les initiatives prises de commun accord. Car vous savez, on avait déjà eu dans le temps des exemples d’assesseurs qui se croyaient des commis, qui portaient les livrets de la retraire, qui portaient les livrets aux différentes personnes. Et je ne voudrais pas qu’il y ait une attitude un peu drôle et que l’on puisse confondre un assessorat avec le « Patronato ». C’est autre chose !

L’autre petit problème, problème que j’ai déjà entamé, le problème de l’industrie. Eh bien, en Vallée d’Aoste on n’a pas eu le plaisir de savoir qu’il existe un ministre aux « Partecipazioni statali », et d’un côté nous sommes très fiers de ce hasard, car on a essayé de donner l’appui nécessaire aux industries qu’il fallait appuyer. Mais jusqu’à présent je crois que malgré qu’il y ait un ministre qui devrait suivre de façon particulière les problèmes de l’industrie avec participation de l’Etat, jamais le Val d’Aoste n’a eu la possibilité d’avoir un mot d’appui. Et alors, je crois que l’on doit examiner les problèmes avec les forces de la majorité et avec les autres forces aussi et voir quelle est leur attitude. Il y a des forces telles la Nouvelle Gauche qui a parfois des raisonnements valables, mais trop souvent elle est un petit Khomeyniste. Et là on n’a pas tellement les propos d’accepter les thèses qu’ils sont en train de porter de l’avant à propos du fait que l’Administration régionale et donc notre région, est trop riche ; on n’est pas de l’idée d’arrêter l’autoroute et surtout, je le dis très clairement, on n’a pas l’idée de fermer le Casino. Par conséquent sur les autres thèmes on peut discuter, mais on ne pourra pas trouver des accords s’il y a des différences substantielles sur des points, j’en ai cité quelques uns, qui sont je crois à l’attention de tout le monde. Et avec certaines autres forces je crois que, au-delà de certains passages, il n’y a pas tellement la possibilité de se confronter. Avec le Parti Communiste, au moment où l’on veut discuter des problèmes, hier comme aujourd’hui, on a la possibilité de voir du sérieux dans son attitude. Mais malheureusement la difficulté se pose lorsqu’ils nous disent qu’il n’y a pas de dialogue. Et bien vous avez vu leur réaction au manque de dialogue : ils restent muets au conseil régional !

Alors un peu de cohérence. Moi je demanderais aux forces qui ont dés idées, aux forces qui ont des idées, aux forces qui ont la possibilité de collaborer avec l’Union Valdôtaine, de dépasser certaines petites querelles, de ne pas arriver chaque jour aux attaques personnelles.
Cela ne peut absolument pas produire des avancements dans les idées, de n’importe qui et alors, je demanderais comme autre fois d’avoir du sérieux afin qu’il y ait la possibilité de retrouver des ententes dans différents domaines. Je crois que là il faut être très attentif ; notre société est en train de changer ; il faut examiner ensemble ce problème et essayer de retrouver le maximum d’accord.

Pensez aux réflexions.
Je crois que l’attitude d’un mouvement qui a grandi doit être sérieuse, elle ne doit pas être interprétée comme un verger de quelqu’un ou de quelqu’un d’autre. Je crois que pour en rester à la nature, c’est un verger où, si l’on a envie de travailler, il y en a pour tout le monde. Et alors attention : il ne suffit que de se mettre à l’aise, de reprendre un certain esprit que peut-être pour différentes raisons on a un peu perdu, et retrouver l’esprit avec lequel on a travaillé au moment des élections politiques, avec lequel on a décidé de faire comprendre nos idées, nos idéaux au moment des élections régionales. Et alors c’est sur cette direction que j’inviterais vraiment le Congrès à réfléchir. Il ne s’agit pas de primer les uns plutôt que les autres, il ne s’agit pas d’avoir quand même du mécontentement, il s’agit d’être sérieux, de réfléchir et d’avoir la possibilité de retrouver le chemin ensemble. Un chemin qui, je crois, ne peut que porter à une Europe qui soit vraiment l’Europe des peuples, l’Europe du respect des peuples. Attention, les peuples existent déjà mais le malheur c’est qu’ils ne sont pas respectés.

Alors si dans ce sens le Congrès peur s’engager, je demanderai vraiment, encore une fois à tous les unionistes, dans toutes les sections, dans toutes les communes, communautés de montagne, dans les différentes assises, de retrouver cet esprit, cet esprit d’amour pour notre patrie, cet esprit d’amours pour notre région, cet esprit d’amour pour notre peuple qui signifie aimer l’Union Valdôtaine.
Vive l’Union Valdôtaine.

Section de Aymavilles

Pour introduire notre intervention nous commençons par une analyse de la vie de notre section à travers ces quelques suggestions que nous allons brièvement exposer.

On est à la recherche d’une méthode de travail à l’intérieur de notre section, une méthode qui implique une participation active et cohérence des adhérents et qui sollicite des contacts plus étroits et clairs avec l’Administration Communale d’un côté et avec le Mouvement de l’autre. Des propositions de travail sérieuses et claires pourraient sans doute attirer un plus grand nombre de jeunes, jeunes qui souvent sont peu sensibles, si non méfiants, envers certaines problématiques. Il s’agit de trouver la juste formule pour contacter la jeunesse et faire passer des contenus politiques et culturels.

On souhaiterait une liaison plus étroite entre la section et le Comité central et l° aussi, bien souvent le représentant délégué au Comité même n’arrive pas à entre dans l’optique de comprendre ce qui se passe, ce qu’on y décide, avec quelle méthode on procède, de quoi tient-on compte par rapport aux décisions prises aux projets présentés, aux propositions ressorties.
Ce serait extrêmement positif d’avoir à l’avance le matériel sur lequel travailler, ce qui permettrait d’apporter la voix de la section sur les différents arguments ; les interventions pourraient ainsi représenter la pensée de plusieurs gens au lieu que l’idée d’une seule personne.

On met en évidence la nécessité pressante de formation à niveau politique au moins des membres des sections qui s’engagent en tant que délégués au sein des organes centraux et des administrations locales.On a une exigence de transparence sur ce que l’on décide, ou que l’on subit, au centre. Par exemple : à la veille des élections européennes les représentants du Comité exécutif sont venus dans chaque section à expliquer justement comment, pour qui et pour quelle raison il fallait voter, à présenter un programme et, après les choses n’ayant pas marché comme il était prévu, personne n’a pris l’engagement sérieux de revenir chez la base pour exposer le pourquoi de certaines décisions, vu que le représentant valdôtains n’a jamais eu la chance, disons, de respirer l’air de Strasbourg.

Pendant la discussion qui a fait naître ce document, plusieurs arguments ont été abordés parmi lequel l’importance que nous confions à la langue française et nous aimons encore confirmer que la formation de la culture francophone et autonomiste passe essentiellement à travers l’école.

On parle et reparle des droits des enfants d’avoir tous les mêmes chances vis-à-vis au moins de la scolarité, vue que la vie même à déjà pris de différentes décisions pour chacun, mais il arrive parfois le contraire. Si nous pouvons d’un côté soutenir le concept de liberté pour un parent de choisir une école publique, voire régionale, ou une école privée, nous constatons que dans certains cas le choix n’est pas possible parce-que le public manque.
C’est le cas de nos communes où une seule école maternelle privée est présente.

Pourtant, au nom de cette liberté, l’UV a soutenu le financement aux écoles privées ! On pourrait objecter que ce choix a été forcement subi sous le drapeau de « Do ut des », mais les Lycées techniques sont loin d’être là et alors nous devons avouer d’avoir fort perdu à l’occasion de ce pacte.
Un purisme dans les décisions est aussi souhaitable ; un purisme qui soit symbole de cohérence.
Prenons par exemple certains choix à l’intérieur de l’organisation des différentes fêtes qui animent l’été valdôtaine sous le titre de « Rendez-vous ». On nous propose des débats, des expositions, des jeux traditionnels et non et, à côté de ça, des soirées dansantes pas typiquement valdôtaines… il ne suffit que de commencer, c’est une question de reformer les gens, de former les jeunes pour qu’on puisse récupérer tout un patrimoine culturel riche mais trop souvent oublié ou, pire encore, abâtardi.
Il a eu certainement des essais dans ce sens, mais c’est très difficile de faire participer les gens quand tout l’entourage étouffe ton initiative en proposant en même temps buvettes et carrousels. Dans ce domaine nous croyons que le rôle de la Jeunesse Valdôtaine devrait être plus marquant parce-que autrement on tombe sans problèmes dans la massification et l’aplatissement général.
Les jeunes, que demandent les jeunes ? Quel est leur besoin plus pressant ?
Nous croyons que leur plus grand désir soit celui de VOIR CLAIR. Si la situation politique italienne n’aide sûrement pas à éclaircir leurs idées, vu la prolifération de toute sorte de partis et par conséquent d’idéologies, nous souhaiterions qu’au moins dans notre région puissent avoir meilleure chance. Mais est-ce que tous les modèles que nous leur proposons sont valables ? Si nous voulons nous différencier il faut être différents en tout et ne pas tomber sur les mêmes choix que nous reprochons et tant que mauvais aux politiciens de Rome.
Les observations que nous avons rédigées ne vont pas dans le sens d’une critique stérile et sans issue mais pour construire un Mouvement qui soit solide et dans lequel chacun de nous puisse retrouver la liberté et la sûreté que nous tous cherchons, un Mouvement dans lequel nous voulons travailler dans le respect des idéaux qui l’ont fait naître.

Section de Arvier

Après le grand succès obtenu aux dernières élections, pour l’U.V . se pose plus que jamais le problème de la gestion du pouvoir. Plus que jamais le mouvement doit travailler pour que le grand nombre d’électeurs qui ont choisi de voter U.V. ne soient pas déçus. Dans ce but, comme le veut l’idéal fédéraliste, toutes les composantes doivent se sentir concernées, surtout à la veille de ce 1992, date maintes fois répétée qui représente, en effet, le début d’in grand changement.

Nous, comme section d’Arvier, en nous posant le problème de comment la région pourrait combler le déficit qui se produira dans ses caisses, après en avoir longuement discuté, nous avons conçu une proposition que nous nous sommes résolus à soumettre à l’attention du Congrès. En nous rattachant à l’article 14 du Statut Spécial qui énonce que la Vallée d’Aoste est placée au-delà de la ligne de douane, ne pourrait-on pas supposer que la Vallée d’Aoste puisse se situer au-delà de la ligne du fisc, en devenant une sorte de île fiscale.

Ce qui se passe, par exemple à Jersey, une île de la Grande Bretagne, dont la langue maternelle est le français, qui a choisi de rester britannique lorsque la couronne anglaise a perdu la Normandie et à qui ce gouvernement britannique a concédé de nombreux privilèges, notamment fiscaux. Il s’agirait essentiellement de délimiter un territoire où les impôts sur le revenu soient maintenus a un pourcentage convenable fixé, de façon à encourager des banques et des sociétés nationales et internationales à y domicilier leurs capitaux et, par conséquent, à payer des impôts dont les 9/10 reviendraient à la Région.
Nous nous rendons bien compte de nos limites en matière financière et nous nous bornons à lancer cette idée, que si retenu valable, pourrait constituer l’objet d’une étude de la part d’économistes compétents qui sachent en évaluer les différents aspects afin de la transformer en une source de progrès et de bénéfices pour la Vallée d’Aoste.

Section de Quart

Chers congressistes,
Je veux tout d’abord vous présenter le salut de la section de l’Union Valdôtaine de Quart, qui souhaite à vous tous un bon travail.
Parmi les nombreux arguments que l’on aurait voulu aborder ici, la Section de l’Union Valdôtaine de Quart a retenu utile de vous présenter un document concernant les rapports entre notre région et les instances communautaires d’Europe.

Depuis le 26 février 1948, date de la promulgation de la loi Constitutionnelle n°4, concernant le Statut Spécial de la Vallée d’Aoste, nous avons dû mener une pression constante envers l’état italien pour obtenir son application.
Le Statut détermine les rapports entre deux niveaux de pouvoir, celui régional d’une part et l’Etat italien d’autre part. Aujourd’hui, l’application intégrale du Statut n’étant pas encore achevée, nous voyons apparaître un nouveau pouvoir représenté par la Communauté Economique Européenne, face auquel les garanties les plus élémentaires de notre autonomie ne sont pas assurées. La construction de l’Europe à travers les différentes étapes qui doivent aboutir au pouvoir supranational d’un gouvernement européen est en train de faire sans concours des minorités européennes et fatalement, si n’interviendront pas des facteurs nouveaux, elle sera à image et ressemblance des Etats centralisateurs qui la constituent.

Déjà aujourd’hui certains pouvoirs sont conférés à la Commission de Bruxelles et certains problèmes négociés avec le pouvoir central italien voient leur solution mise en question par la Commission Européenne.
Derniers exemples et non des moindres, le problème de la sidérurgie dans notre région et les impositions du Marché Agricole concernant les fromages, le foin etc.
Mais comment faire valoir notre spécificité aux instances communautaires, si nous ne disposons pas d’un représentant au Parlement Européen de Strasbourg.
Une Union Européenne qui ne prévoit pas dans son sein la représentativité de tous les peuples d’Europe ne pourra aboutir qu’à un nouveau despotisme centralisateur.
Ce modèle d’Europe qu’on est en train de nous préparer, nous, les Valdôtains, on doit le refuser.

Chers amis Unionistes, dans les prochaines années notre Mouvement devra affronter ce problème avec beaucoup de ténacité. Défendre notre autonomie par des étapes successives, dont une des premières est l’obtention de la représentativité au Parlement Européen à travers la création d’une circonscription électorale à scrutin uninominal pour la Vallée d’Aoste. Un des buts, qu’on devrait pouvoir se fixer au moment venu, est l’obtention d’une convention à caractère autonomiste, ou si l’on préfère, d’un nouveau Statut Spécial pour la Vallée d’Aoste, concédé par le pouvoir communautaire, qui garantisse au moins les droits acquis. Il n’y a pas le fondement juridique actuellement. Ce statut devrait être considéré transitoire jusqu’au jour ou l’Europe politique sera une réalité fédérale, ou tous les peuples seront représentés à part entière.

Ce projet ambitieux ne pourra évidemment pas être soutenu par les seuls valdôtains, mais il faudra chercher l’adhésion la plus large possible.
Il est donc nécessaire d’intensifier les rapports avec les autres Communautés Ethniques d’Europe et combattre ensemble les égoïsmes centralisateurs de ceux qui, par idéologie erronée ou intérêts particulier, prétendent imposer à tous leur point de vue.
Cette action commune devrait propager nos idées dans les quatre coins d’Europe et favoriser une poussée populaire qui, par sa dimension, ferait modifier l’actuelle stratégie politique vers un fédéralisme intégral des peuples, ou le droit de parole est assuré à tous et leur spécificité reconnue.

Chers amis, après les années sombre du fascisme, les Valdôtains ont retrouvés le goût de s’autogouverner. L’autonomie dont nous disposons aujourd’hui, même si insuffisante, est un bien à sauvegarder jalousement envers et contre toutes formes de pouvoir extérieur.
Luttons pour ne pas courir le risque de se voir absorber et disparaître en tant que ethnie, petit peuple de montagne qui par son particularisme culturel et historique, sa façon démocratique de s’autogouverner, peut et pourra représenter un modèle pour les autres minorités d’Europe.

Section de Torgnon

L’Europe et la Vallée d’Aoste
Après avoir établi le principe qu’un peuple, surtout si de petite dimension territoriale et humaine, pour conserver la possibilité de vivre et s’épanouir en tant que communauté, doit accepter le principe du Fédéralisme intégral et de la fédération Européenne des nationalités, nous devons voir quelle possibilité réelle reste au Val d’Aoste de pouvoir entrer dans la plus vaste communauté Européenne.
L’Europe des Etats que nous venons de voir paraître n’est certainement pas celle qu’on préconisait, parce que nous voyons seulement une « accozzaglia » de différents intérêts économiques et étatiques qui cherchent de se rassembler sans perdre aucun privilège préexistant

Il est certain que l’abolition des frontières de douane de 1992est dictée de la pression concurrentielle japonaise et américaine en pensant que créer un troisième colosse économique puisse limiter les difficultés.
D’autre part l’idée d’être citoyens de l’Europe nous voit d’accord et indiscutablement nous pouvons nous reconnaître soit historiquement, que socialement dans cette vision nouvelle supra - étatique qui nous englobe tous. Donc le problème que tous ensemble nous devons nous poser peut être ainsi formulé :
« Est pensable que l’Europe des Etats et des Grands trusts économiques, puisse nous garantir de exister en tant que communauté originale, ou au contraire nous sommes destinés à une ultérieure aliénation ethnique et culturelle sans sortie ? »

Ou encore :
« Les peuples d’Europe et nous parmi eux ont encore une possibilité de vivre et s’épanouir, ou au contraire sont complètement supères ? »
Cherchons donc de imaginer notre peuple dans cette Europe, qui est en train de se développer malgré et dessus nos têtes, dans les aspects que plus nous intéressent : linguistiques, économiques et politico-administratifs. D’un point de vue linguistique, étant donné que la langue française est une des langues officielles plus répandues, nous devrions avoir l’assurance de son développement progressif et certainement ne pourra plus être « ghetizzata » comme à présent et considérée étrangère.
De toute façon nous porte à une réflexion sur l’état réel de la connaissance et de l'emploi de notre langue. La connaissance et l’emploi du français après 40 années de existence de la Région Autonome de la Vallée d’Aoste n’est pas des plus optimale. Elle est vivante dans nos réunions et survit, souvent supportée, dans les autres structures publiques même si tous les employés ont reconnue une prime de bilinguisme qui en atteste leur connaissance pleine. Nous sommes certainement l’unique pays ou nous avons reconnu que notre langue pour avoir son espace a besoin d’être payée. Je suis forcé de l’admettre moi aussi, qui touche chaque mois son petit gagnage sur un principe qui a porté nos pères à se battre contre tous pour son existence et son épanouissement. Devient notre premier devoir de renverser cette tendance et tentative de banaliser nos principes et nos buts, autrement nous risquons de passer à l’histoire comme le peuple qui s’est fait payer son échec plus grand.

Mais retournons à notre analyse précédente.
D’un point de vue économique nous sommes en train de améliorer nos structures dans tous les domaines principaux pour être concurrentiels dans ces secteurs qui mieux sont adaptés à notre territoire : l’agriculture et le tourisme.
Pour faire cela nous devons compter seulement sur nos forces. Nous devons nous battre arriver à un consentement complet de nos ressources à l’étranger, et pour cela notre vallée doit devenir un exemple de développement économique, de sauvegarde de la nature et d’élasticité bureaucratique ; on doit en bref être un modèle de progrès et de modernité.

C’est déjà un fait que la Vallée d’Aoste est vue, dans le conteste de l’état italien, comme une île heureuse, non seulement du point de vue économique, mais aussi du point de vue administratif. Certainement cela nous permettra dans les années à venir de jeter les bases pour une intégration graduelle dans l’Europe. Sûrement nous devons nous engager davantage pour augmenter le prestige à l’étranger de notre apparat d’accueil touristique pour obtenir les grands congrès internationaux.
Nous devons aller vers une nouvelle génération d’entrepreneurs formés dans des écoles spécifiques, pour pouvoir confier non seulement sur les beautés naturelles de notre pays mais aussi sur l’hospitalité et les conforts les plus modernes dans nos stations touristiques. Mais tout cela aura une raison d’être si nous saurons préserver les qualités naturelles et culturelles de notre pays en cherchant d’insérer les structures touristiques à venir sans toucher le délicat écosystème alpin.

Dans une Europe toujours plus prisonnière u smog et de l’aliénation dérivant de la vie dans les grandes agglomérations urbaines nous avons la chance de rester dans une région exceptionnelle que nous avons le devoir de défendre des délétères conséquences d’une course sauvage au profit économique.
Nous avons aussi un autre atout important, voire vital dans une future unification économique : nous sommes un des carrefours les plus importants des passages NORD-SUD ; si jusqu’à maintenant nous étions la partie plus écartée de l’Etat italien, nous deviendrons un des centres de la nouvelles Europe occidentale. Mais si en général notre situation économique se présente plus que bonne, nous devons penser à défendre même ces activités qui font partie de notre tradition humaine qui ne pourra pas, sans défense, vivre dignement.

Aurons nous la possibilité de défendre nos produits de montagne contre la concurrence de ceux de la plaine qui certainement sont moins chers, même si de qualité différente ?
Nous devons dons, enfin, nous pencher sur l’aspect politico-administratif et voir de quelle façon nous pouvons nous sauvegarder, même en entrant d’une façon intégrale dans le contexte Européen, tout en restant Valdôtains.
Si c’était l’Europe que nous préconisions le problème n’existerait pas, mais dans ce cas…
Nous devons faire appel aux peuples minoritaires de l’Europe, en chercher les sommets culturels et administratifs pour que nos voix rassemblées puissent créer le problème de la sauvegarde et changer le système.

Nous préconisons une rencontre, ou mieux des rencontres avec les « REGIONS » d’Europe pour analyser les problèmes communs de notre appartenance à cette structure Européenne et faire sentir notre poids.
C’est l’unique façon démocratique pour rendre la structure Européenne à mesure des agrégations des populations qui l’habitent.
Nous voulons analyser les possibilités qui peuvent arriver d’un débat sérieux avec les réalités qui peuvent avoir nos problèmes et nos espoirs. Toutes les populations alpines, par exemple, ont le même problème de sauvegarder leur agriculture de montagne, leur bétail, leur vignoble, contre la concurrence de la plaine. Le passé nous enseigne que trop souvent les changements ont porté les réalités plus faibles à succomber. Nous devons savoir si cette fois nous pouvons gérer le changement d’une façon à laisser vivre dignement toutes les communautés, pour petites qu’elles soient. On doit sur ce problème concerner le Parlement Européen, afin que du débat sorte l’exigence, non pas des apparats étatiques, mais bien au contraire, des identités plus encrées historiquement, culturellement et socialement sur notre vieux Continent.
Alors oui que, naturellement, des agrégations et solidarités nouvelles pourrons naître et finalement nous serons tous des Européens.

Nous pouvons à cause de notre position géographique, nous devons merci à notre idée Fédéraliste et Européenne devenir le pilier d’angle de l’Europe, sans crainte de poser nos problèmes aux grandes structures Communautaires, parce que sont les problèmes de tous les peuples qui vivent en Europe occidentale.
Si nous réussirons à faire reconnaître notre identité, toutes les originalités existantes auront la garantie d’être encore bien vivantes et sauvegardées.
Finalement, si nous en auront la force et la détermination, nous serons sur le bon chemin pour créer, en dépit de tout, l’Europe des gens et non seulement celle des intérêts.

Sections de Sarre et Chesallet

La Vallée d’Aoste et l’Europe

Les sections de Sarre et de Chesallet adhèrent totalement à l’idée de la Vallée d’Aoste, région de l’Europe des peuples, seule garante de son autonomie, de son indépendance culturelle et économique.
Mais le combat à mener auprès des populations. S’il est essentiel que l’Union Valdôtaine s’allie aux différents partis ou mouvement porteurs de cette idée, il est aussi indispensable que la Vallée d’Aoste travaille pour sa reconnaissance auprès de tous les partenaires européens, comme force vive de la construction européenne.

La Vallée d’Aoste ne pourra jouer ce rôle actif pour l’Europe et d’autant plus pour l’Europe des peuples – idéale et à l’opposé des objectifs évidents des états – que si elle-même aura pénalisé sa propre construction, aura parfait, non pas son « image » - expression très à la mode – mais cet ensemble de facteurs, économiques, sociologiques, culturels et leurs mécanismes, qui en feront une région saine, solide, capable d’affronter les autres puissances capable de se faire entendre d’elles.
L’économie est un sujet difficile à aborder, domaine de spécialistes. Cependant au regard de ces années 80 qui ont vu dans le monde entier et à une moindre échelle en Vallée d’Aoste, qui ont vu tout à la fois augmenter le chômage, sévir la pauvreté – quand ce n’est la misère dans les grandes villes – et s’instituer cette mentalité nocive et amorale de la course à l’argent vite gagné – cela va des simples jeux télévisés, au jeu boursier, dans le monde du travail c’est la multiplication des sociétés de sous traitante, agences de publicité et autres vendeurs de rêves et de vent – mentalité qui a favorisé la croissance des fortunes personnelles.

Au regard donc de cette situation générale, nous souhaitons que la Vallée d’Aoste se distingue, qu’elle travaille, dans l’urgence, à une structure économique, créatrice de biens et d’emplois, et qu’elle devienne un creuset d’hommes d’entreprise et non d’affairistes sans scrupules. C’est à la construction économique de l’Europe que nos hommes d’état ont jusqu’ici travaillé, et sans doute justement, puisque l’économie gouverne le monde et est la survie des sociétés. Mais ceci ne peut être qu’une étape. Il n’existera d’Europe que « culturelle ». Une Europe qui permettra à toutes ses cultures de s’exprimer, une Europe qui respectera, conservera toutes ses langues et en favorisant l’apprentissage, permettra à chacun de ses citoyens de vivre pleinement par ses propres racines tout en s’abreuvant, s’enrichissant à toutes ses cultures sœurs. On dit que les plus beaux enfants naissent de couples mixtes. La culture européenne gagnera à se présenter au continent américain fort de ses différences car ce n’est pas par le nivellement qu’on forge une personnalité.

L’Europe sera donc culturelle. C’est pourquoi l’Union Valdôtaine devra œuvrer dans ce sens de la reconnaissance de toutes les cultures, dans le droit d’expression dans sa propre langue. Nous retenons essentiel que l’Union Valdôtaine demeure le mouvement défenseur du particularisme valdôtain, qu’elle continue à lutter pour le maintien de la langue française et la conservation de notre patois. Nous le savons, le franco-provençal est un langage européen à part entière et c’est surtout un des éléments de notre civilisation alpine.

Alors l’Union Valdôtaine et la Vallée d’Aoste doivent effectivement lutter avec toutes les organisations nationalitaires pour que tous les particularismes culturels soient reconnus, oui, elles doivent privilégier les rapports avec les autres communautés francophones. Les actions au sein des communautés ethniques de langue française, dans toutes les instances de la francophonie sont essentielles, comme il est essentiel que la Région opère au sein d’institutions comme la C.O.T.R.A.O.. Mais cela ne peut suffire. Il nous faut œuvrer plus efficacement, plus concrètement dans la bataille pour la langue française. Les échanges avec les communautés francophones doivent être plus systématiques. Au niveau scolaire, au niveau professionnel, au niveau des loisirs. Tant d’initiatives pourraient être prises pour dépasser le niveau « officiel ». Les échanges doivent se faire entre populations, sinon ils demeurent inefficaces et inutiles. Nous pensons que ce problème mériterait qu’une institution soit créée qui organiserait tous ces échanges et leur donnerait une continuité. L’Europe sera donc culturelle.

Nous l’espérons. La Vallée d’Aoste doit afficher sa francophonie, en donner des preuves tangibles, elle doit prouver aussi qu’elle est une région de culture. Et pas seulement par son histoire. Mais par son présent. Il nous faut démonter que notre particularisme est bien vivant. Et comment le faire sinon par la création culturelle ? Notre artisanat typique existe, il est sur la bonne voie. Mais nous manquons d’écrivains, de compositeurs, d’artistes, enfin de tous ces hommes qui participent de la culture d’un pays. Ou peut-être les méconnaissons-nous seulement ? Une véritable politique culturelle ne peut pas se contenter de diffuser spectacles, organiser expositions, conférences, etc. Elle doit aussi se donner les moyens de favoriser la création. La Vallée d’Aoste a sûrement un potentiel de créateurs capables d’illustrer à niveau artistique notre réalité alpine, franco-provençale, francophone et pourquoi pas bilingue. Il faut les aider à s’exprimer. Les aider à créer, produits, œuvres exportables dans les autres pays francophone et en Europe.

La Vallée d’Aoste doit donc se construire, économiquement, administrativement, culturellement. Pour cela elle a besoin d’hommes, de femmes, capables d’entreprendre, de créer, de diriger. On ne répètera jamais assez combien la formation est importante. Dans l’école qui doit discerner les qualités, les compétences de chacun de ses élèves et les conduire vers la réussite. Hors de l’école, dans des centres d’éducation permanente, de formation professionnelle qui doivent permettre à chacun de se recycler ou de se spécialiser.

Pour participer à l’Europe, pour y défendre son idéal fédéraliste, l’Union Valdôtaine devra faire des propositions concrètes de structures, d’institutions, de tous moyens permettant à la Vallée d’Aoste de se construire comme Région d’Europe dynamique, vivant pleinement son particularisme, forte de sa culture et de ses hommes.

M. TREVES Vincent

"Les minorités seront la pierre de la nouvelle EUROPE de demain” telle a été la considération lapidaire qu’Emile Chanoux, notre grand chef spirituel et martyr, m’a manifesté lors de nos différentes rencontres en tête à tête, dans on bureau au 19 de la rue Festaz.
Emile Chanoux, avec la plus grande conviction, m’a précisé que les minorités n’étaient pas des territoires de querelles et de divisions entre les états limitrophes, bien au contraire, puisque elles expriment leur civilisation issue du terroir, cimentée par celle des peuples voisins dont elles ont reçu l’influence à travers les âges, elles sont a même aujourd’hui, et demain plus que jamais, de jouer le rôle important de point de rencontre avec les peuples limitrophes.
Tout cela se passait en 1942.

Nous voilà, après 47 ans, à la veille de la réalisation de ce grand rêve préconisé par la perspective illuminée d’Emile Chanoux. Inclinés dans la plus profonde réflexion, devant le souvenir d’un tel postulat, une question se pose : sommes-nous prêts à un tel événement, dont l’aube s’annonce pour 1992 ? Je ne veux pas récriminer sur les causes, les raisons et les responsabilités qui ont abouti à la situation où nous sommes aujourd’hui.
Loin de moi aussi l’idée de refuser le bien-être économique engendré en son temps et développé à un niveau inespéré par le régime d’autonomie dont nous jouissons. Tout le monde est là pour l’apprécier et le reconnaître à sa juste valeur.
Je crains que si on n’y apporte pas les remèdes nécessaires, cette dégradation sera sans retour.

Nous nous présenterons au rendez-vous européen de 1992, sans personnalité, dépourvus de toute crédibilité sur notre existence en tant que peuple, en tant que minorité ethnique et linguistique ; nous nous présenterons au rendez-vous de l’histoire comme une communauté composite qui a perdu son identité ayant cessé d’exister en tant que peuple.

Nous risquons d’inverser les rôles, ce n’est pas l’autonomie qui fait de nous le peuple valdôtain, c’est parce que nous sommes le peuple valdôtain que nous avons l’autonomie. Et pas grande chose a été faite pour que cette idée soit reçue, par les jeunes surtouts.

Nous venons de très loin d’après notre histoire, (même si aujourd’hui, de propos, on cherche de la fausser) cela nous témoigne que nous pouvons aller très loin si nos le voulons.
Nos ancêtres ont enfoncé les racines de leur civilisation sur les coteaux de ces montagnes jusqu’au de ces vallées ; cette civilisation agreste, alpestre et chrétienne est un précieux héritage, qui nous a classifié et fait reconnaître en tant que peuple.

Ce peuple Valdôtain auquel nous sommes fiers d’appartenir, nous le devons à ceux qui nous ont précédés, nous n’en sommes que les dépositaires, avec le devoir sacré de le transmettre aux générations qui viendront après nous.
Nos ancêtres ont su bâtir ces valeurs civiles, morales et culturelles dans les plus âpres difficultés, sur les maigres revenus de notre agriculture alpestre, à nous de savoir, dans le bien-être, les maintenir et les développer.

A ce propos, j’entends adresser mon appel aux jeunes, afin que s’engendre dans le profond de leur sensibilité cette prise de conscience sur ces valeurs qui nous ont valu l’autonomie de laquelle a découlé le bien-être économique, la garantie du travail ainsi que les perspectives d’un avenir toujours plus rassurant pour eux. Qu’ils sachent défendre, avec l’ardeur qui a caractérisé leur âge, le bien acquis, qui a tant couté en sang versé, en douleurs, en sacrifices.

Qu’ils fassent bon usage des possibilités qui leur sont offertes de s’instruire ; sans s’épargner, pour atteindre les buts les plus élevés du travail et de la culture.
Le pays a besoin de cadres, des dirigeants dans tous les domaines. Qui jamais aurait imaginé de si alléchants perspectifs, il y a quelques dizaines d’années ?

Cela dit, il ne faut pas oublier autant la plus complète formation dans l’idéal qui nous est cher, ainsi que dans l’usage de notre langue maternelle, ce français réduit aujourd’hui, dans certains milieux, à lamentable jargon presque incompréhensible.
Nous sommes une petite minorité de cent mille habitants, nous constituons depuis toujours ce petit Peuple Valdôtain auquel nous sommes fiers d’appartenir, défendons-le, œuvrons tous ensemble, unis au delà de tout esprit de querelles.

« Aujourd’hui il y a de la gloire pour tous » a dit un jour Victor Emanuel II sur le pont de Marengo.
Faisons de façon que le Peuple Valdôtain ne soit pas effacé des pages de son histoire, enlisé dans le vase de la rancune, étouffé par le bien-être.
Ne détruisons pas le patrimoine qui nous a été légué par nos ancêtres.

Soyons fiers de notre passé et œuvrons pour que nos enfants et nos petits-enfants le soient aussi.
L Union Valdôtaine se situe au centre de ce problème ; la victoire éclatante qu’elle a remportée aux dernières élections, la classe à la première place sur l’échiquier politique de notre région.

A elle, à elle seule revient la lourde responsabilité de maintenir, de répandre et de développer au sein du peuple valdôtain les grandes valeurs qui constituent sa raison d’être, sa raison d’exister, pour qu’elle puisse se présenter au rendez-vous de l’Europe dans toute son identité et être considérée comme il le fut dans les moments saillants de son histoire.

M. VALLET Franco, conseiller régional

Chers amis délégués,
Tout le monde concorde sur le fait que nous sommes en train de vivre un moment très important ; il est indubitable que l’Union Valdôtaine a conquis un rôle très important, voire déterminant dans le cadre politique de notre Région et nous devons être bien conscients de ce fait.

S’il est vrai que nos responsabilités, en tant que force de gouvernement, augmentent, il est d’autant plus vrai que nous devons être à même de comprendre, de maîtriser, d’orienter les changements qui sont en train de se produire dans la réalité valdôtain, sans jamais perdre de vue les contenus des articles 1 et 2 de nos Statuts.

Si d’un côté se rend nécessaire chercher le consensus au moyen d’une administration correcte et efficace, le plus proche possible des besoins des citoyens, il est tout de même indispensable de faire répandre nos idées, ancrées sur des principes qui se démontrent de plus en plus actuels et modernes.

Il se rend nécessaire qu’un nombre toujours plus grand de valdôtains partage nos idéaux, convaincus du fait qu’à travers leur application constante et cohérente, jour après jour, la Vallée d’Aoste pourra atteindre les buts que nous prônons depuis toujours : devenir une région ou vivent des hommes libres, avec la possibilité de s’autogouverner, des hommes qui travaillent pour améliorer leur condition avec l’esprit lancé vers le futur mais bien ancré dans leur histoire, une Région sûrement pas renfermée sur elle-même, mais insérée dans un contexte européen qui dépasse toutes frontières.

Il va de soi, que pour ce faire, pour répandre nos idées, le débat doit s’élargir le plus possible, la participation doit augmenter, donc le Mouvement doit se donner une structure, une organisation qui soit à même de répondre aux exigences et l’engagement de tous les adhérents se rend indispensable.

Demander aux unioniste, dans leur action de tous les jours, le même enthousiasme qu’ils manifestent dans les campagnes électorales il me paraît difficile, mais un engagement plus concret serait sans doute utile, afin que la discussion et la confrontation deviennent productives, soit au point de vue des idées, soit au point de vue, passez moi l’expression, de l’apostolat.

A ce propos, j’estime importantes les suggestions contenues dans le rapport que Président Bétemps a lu sur le rôle des sections : il serait intéressant et surtout profitable pour le Mouvement que ces projets ne restent pas des pures énonciations de principes.

Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse pour prôner la création d’un siège de l‘Union dans la Haute Vallée ; ce siège pourrait être le point de rencontre de tous les unionistes et point d’organisation très important pour les sections des communes de la Haute Vallée.

Toujours à propos d’organisation, je trouve importante la modification apportée aux statuts là ou l’on prévoit la nomination de trois vice-secrétaires, à condition que ces charges ne restent pas des titres honorifiques ; les personnes qui seront appelées à ces responsabilités devront travailler à plein temps, en s’occupant comme a été dit des secteurs spécifiques tels que par exemple les Administrations locales, les sections et les rapports avec mouvements et peuples frères.

L’enjeu devient de plus en plus important.
Face au désintérêt toujours plus grand que les gens démontrent envers la politique, face à cette aptitude désormais toujours plus évidente et répandue de rechercher dans le « Palais » la solution à tous problèmes, ressort l’exigence d’avoir un Mouvement fort, à même d’entraîner la communauté valdôtaine dans cet esprit de liberté et d’autonomie qui, seul, peut nous garantir la réalisation d’un projet politique, fidèle à nos principes, dépassant le quotidien.
Cela dit, je veux faire quelques considérations à propos d’une aptitude que trop souvent nous, les unionistes, nous manifestons : l’aptitude a « personnaliser » le débat politique.
C’est une aptitude très dangereuse et nuisible.

Prenons garde à nous donner de fausses étiquettes ; nous devons repousser toute tentative de cataloguer les unionistes en tant qu’amis de quelqu’un plutôt que de quelqu’un d’autre.
Il peut y avoir des conceptions différentes à propos de n’importe quel problème, la direction à suivre doit être trouvée après un débat, après une confrontation franche et correcte, qui doit se faire à l’intérieur des organes du mouvement, par la voie la plus démocratique possible, sans qu’il y ait la possibilité de la part de personne d’imposer n’importe quel choix.

N’oublions surtout pas qu’il y a trop d’intérêt de la part des autres forces politiques à nous partager, et nous ne devons pas tomber dans ce piège.
L’unité du mouvement est un bien auquel on ne peut pas renoncer ; pensons y tous, je répète, tous, car, si on prend certains chemins, si on dépasse les limites de la raison, ces chemins pourraient être sans retour.N’oublions surtout jamais que notre force est l’unité.
Tirons une bonne leçon du passé.
Ne répétons pas l’erreur qui on coûté si chères à l’Union Valdôtaine dans les années passées.
Merci.

M. VICQUERY Robert

Chers amis congressistes,
Nous voilà au 3ème Congrès National de l’Union Valdôtaine, le rendez-vous le plus important non seulement pour nous les unionistes mais, je suis convaincu, aussi pour tous les valdôtains.
L’attention que la presse nous réserve, même si quelqu’un continuer à traduire en italien nos conférences et nos communiqués de presse et, en plus, à faire de l’ironie à propos de l’adjectif « national » lié à notre congrès, démontre encore une fois que l’Union Valdôtaine a le devoir de donner des réponses sérieuses aux instance de la population et surtout que nous de devons absolument pas perdre cette occasion pour nous confronter et nous éclaircir un petit peu les idées.

Et donc, essayons de le faire.
L’Union Valdôtaine est née dans le but de rassembler tous les Valdôtains au-delà de toute division idéologique. Les fondateurs, bien sûr poussés aussi par la situation politique et sociale de l’après-guerre sentaient fortement la nécessité de concentrer les ressources humaines positives et animée par la bonne volonté de construire une société meilleure au-delà du fait des choix politiques et au-delà aussi de l’appartenance ethnique. Ce n’est pas par hasard qu’ils se rattachaient à l’esprit de la Jeune Vallée d’Aoste car ils étaient conscients du fit que, en recherchant les « purs », ils auraient risqué l’isolement le plus total. Emile Chanoux, qui était un chrétien-social mais avant tout un partisan de l’autonomie et même de l’indépendance valdôtaine, était tracassé non pas de admettre dans la Jeune Vallée d’Aoste M. Binel, communiste, mais d’éviter les querelles entre personnes.
L’Union Valdôtaine des années ’90 doit s’efforcer de rechercher l’élan idéal et la tension morale qu’avaient ces jeunes-là et que, inévitablement, nous n’avons plus.
Les raisons en sont nombreuse et touchent quelques uns des thèmes sociologiques les plus généraux de la société moderne : le bien-être excessif et l’argent sont les premiers ennemis des idéologies et des vraies valeurs.
Le malaise qui touche les partis et les mouvements politiques est une conséquence directe du malaise général de la société, de la famille et de tout regroupement de personnes.

Les partis, les mouvements politiques sont-ils encore à même ou non de représenter les instances des citoyens ? Ma réponse est qui, mais malheureusement le degré de représentativité risque, jour après jour, de s’aplatir à cause de ce manque de tension idéale. Il revient à nous d’essayer, d’un côté, de renverser cet état de choses et de rechercher nos racines les plus profondes et les plus sincères, et de l’autre côté de définir des modèles de comportement à même d’être à la page et en ligne avec les temps sans risquer de perdre notre patrimoine historique et culturel. Les vieux unionistes ont été choqués de la façon avec laquelle on a mené les deux dernières campagnes électorales, mais les autres partis ont été déplacés et surpris eux-mêmes. Il faut éviter que l’image devienne plus importante que le message politique. Il s’agit donc, de définir un modèle nouveau à même d’intéresser les dernières générations, conscients du fait que les temps ont changé et que nos fils vivent de plus en plus dans un milieu ethniquement hétérogène. Il y a vingt ans personne n’aurait conçu la présence dans les alpages de travailleurs d’origine africaine et aujourd’hui ils sont là. Le discours nord-sur que certains ligues ou mouvements sont en train de faire est déjà largement dépassé et archaïque. Je connais un valdôtain qui a une fille fiancé avec un africain, une deuxième avec un américain et un troisième fils avec une française. Nous sommes à la veille de l’Europe unie, les échanges des travailleurs augmenteront de plus et nous serons obligés à nous confronter non seulement avec les Pays traditionnellement frères, mais aussi avec d’autres, tels que l’Angleterre et l’Allemagne, de langues et de cultures différentes.

La confrontation quotidienne des idées permettra un enrichissement culturel réciproque et primera les têtes et les peuples les plus disponibles aux nouveautés.Les misères de la vie : certains individus partagent encore les valdôtains en haute et basse Vallée.
CHANOUX écrivait dans « Fédéralisme et Autonomie »: « Nell’equilibrio della reciproca tolleranza, la personalità dell’uomo, vero soggetto di diritto, sarà rispettata e salvaguardata. Ma questo diritto a vedere rispettata la propria personalità non è solamente dell’uomo individuo, ma anche dell’uomo organizzato nei diversi corpi sociali. Questa è l’essenza del federalismo ». Dans cet esprit de tolérance réciproque nous devons travailler à l’intérieur et à l’extérieur du Mouvement. En tant que membre de la Commission électorale pour les élections régionales, je dois vous avouer que j’ai été étonné par ceux qui faisaient un certain discours à un certain comice et exactement le contraire à un autre.

L’ambition personnelle doit se poser des limites dans la tolérance et la solidarité réciproque et dans la ligne politique du Mouvement.
Mais quelle est la ligne politique que ce congrès doit définir?
L’Union Valdôtaine joue, sans doute un rôle central dans la politique valdôtaine, un rôle qui a acquis surtout dans les dernières années et notamment après la réunification.
Quelle sont les raisons de ce succès électoral ? Essayons de faire une petite analyse. Est-ce-que, par hasard, c’est merci au fait que l’idée du fédéralisme qu’on a depuis toujours prêché, a évolué et commence à être comprise et acceptée de la part de la population ? Peut-être, mais il serait nécessaire sûrement d’œuvrer et de travailler pour former davantage la base unioniste.

L’idéologie fédéraliste était un « pilier » fondamental de la maison unioniste, bien avant qu’elle ne soit adoptée par des fédéralistes de la dernière heure ; mais, cela dit, sincèrement, il faut avouer qu’il y a d’autres raisons su succès électoral. Avant tout noter cohérence politique vis-à-vis de nos théories principales et vis-à-vis aussi des immigrés qu’on a essayé toujours d’intégrer dans la réalité valdôtaine, en les considérant, à juste titre, dignes de respect, à la condition que nos idées soient respectées et suivies. Deuxièmement, la cohérence administrative des gouvernements régionaux à guide unioniste, qui ont toujours suivi une politique de décentralisation massive du pouvoir au niveau local, donnant ainsi la possibilité aux syndics de donner des réponses concrètes aux nécessités de leurs administrés. Le citoyen a ainsi eu l’occasion concrète de vérifier dans la pratique l’engagement de l’Union Valdôtaine et cela – excusez-moi si je suis un peu trop pragmatique – est énormément important. Aux gens il intéresse surtout que le politicien administre bien et que ses problèmes soient résolus, indépendamment des alchimies « pratiques » et politiques des alliances.

Cette façon de travailler et de conduire le Mouvement de la part des leaders qui ont eu d’ailleurs une tâche difficile, amené aux résultats électoraux que nous connaissons pour la simple raison que l’image extérieure de l’Union Valdôtaine, depuis la réunification, à été une image gagnante de force solide, unie, concrète et loyale. Voilà le secret de Polichinelle ! Rien d’extraordinaire, donc, car cette image est la conséquence d’une gestion tranquille et correcte du Mouvement, qui appuie ses leaders et les surveille de l’extérieur, sans mélanger les deux choses. Rappelons-nous tous de l’énorme travail qui a fait en ce sens le Président PERRIN.

Les leit-motif des adversaires, si vous faite attention, est en effet toujours le même : l’Union Valdôtaine est trop forte, il faut la détruire et l’anéantir. La façon pour rejoindre ce but son nombreuse et il suffirait de relire l’histoire romaine pour prendre des exemples.
C’est à nous de repousser les pressions externes et internes, et la façon la meilleure c’est le débat.
A l’intérieur des sections, nous sommes de bon organisateur de fêtes sociales toujours très agréables, mais en général le débat manque, sauf parler après dans les couloirs ou dans les cafés. Le malheur, c’est que cela se passe aussi dans les organes les plus hauts du mouvement, sans qu’il y ait des explications valables. Mais pour combattre les adversaires et pour grandir encore, nous devons aussi définir une ligne politique, qui nous donne la possibilité de respecter les partis alliés et en même temps de se faire respecter.

J’ai en effet, l’impression que la Démocratie Chrétienne soit en train de nous provoquer un peu trop et qu’elle profite de notre cohérence et de notre fidélité. L’exemple de l’Unité Sanitaire Locale est éclatant.
Le soussigné a offert toute sa collaboration à l’Assesseur à la Santé et les réponses sont les attaques dans les journaux, une tentative de marginalisation graduelle, sinon d’hostilité absurde et inutile, quand les responsabilités sont totalement – je ne dis pas de l’assesseur – mais de la Démocratie Chrétienne, qui a déjà oublié les accords pris à l’occasion de la formation de la majorité régionale vis-à-vis du problème de l’Hôpital Mauricien. Nous nous sommes limités à poser le problème à l’intérieur des organes du Mouvement, car on considère que s’il y a un accord, celui-ci doit être respecté loyalement : et nous continuerons à travailler ainsi. D’ailleurs, les Démocrates Chrétiens donnent l’impression d’être sûrs que l’alliance préférentielle avec eux soit pour nous obligatoire et qu’ils peuvent donc continuer à nous provoquer. D’après mois, le moment est venu pour redéfinir cette ligne préférentielle, car l’appui à Rome sur les grands problèmes est absolument nul. (Grand-Paradis – Loi électorale).

Le moment est venu d’expliquer aux gens que, si le but de l’Union Valdôtaine est de finaliser les programmes électoraux, les alliances peuvent et doivent, le cas échéant, changer. Nous devons avoir une certaine élasticité mentale, oublier un petit peu le rôle du Parti et reconquérir l’âme pragmatiste du Mouvement, moins rigide et délimitée à l’intérieur de formule.
Je souhaite que le débat du Congrès puisse nous donner des indications précises pour un futur de progrès social et politique de l’Union Valdôtaine et du Val d’Aoste.

M. VIERIN Dino, assesseur régional

L’Union Valdôtaine part de son histoire, ses raisons d’être ainsi qu’en vertu du mandat qui lui a été confié par les électeurs Valdôtains se doit
-De sauvegarder l’identité du Peuple Valdôtain et les fondements de son autonomie ;
-De maîtriser les défis des années à venir en assurant un développement économique équilibré au Val d’Aoste et un emploie qualifié à ses jeunes.

Une tâche évidemment difficile qui nous investit de responsabilités mais qui, en même temps nous permets de gérer directement nos destinés et nous conduit vers une véritable évolution culturelle.
Pour ce faire, sur la base des principes fixés par les pères fondateurs de l’autonomie Valdôtaine, il est impérieux de disposer d’un Mouvement qui définisse les stratégies politiques nécessaires et qui, par le consensus obtenu et par le biais de ses élus concrétise lesdits principes.

Les grandes options politiques nous les avons tracées lors de nos précédents Congrès. Non seulement elles restent toujours fiables mais elles sont de plus en plus partagées par les autres partis qui les découvrent (voir Autonomie, Fédéralisme, Francophonie) et elles ne constituent pas un facteur de division à l’intérieur de notre Mouvement. A cet effet je veux souligner l’importance des trois piliers sur lesquels se fondent ces options politiques : l’éducation, la culture et la formation.

La langue française et la civilisation Valdôtaine pourront se maintenir et se développer, grâce à une école réellement bilingue, dont les programmes sont adaptés aux exigences de notre communauté et les finalités éducatives sont axées sur la responsabilité, sur l’autonomie culturelle et personnelle afin de créer les conditions nécessaires à la gestion de notre Pays d’Aoste. Renouveler et transformer le système éducatif, lui donner progressivement les moyens dont il a besoin, doivent donc nous servir à mettre l’élève et l’étudiant valdôtains au centre de l’acte éducatif.
Par ailleurs, une éducation bilingue s’avère aussi particulièrement utile à l’avènement de la libre circulation des personnes et des biens dans les Pays de la C.E.E.

Dans cette perspective, il importe avant tout de parvenir à dépasser certains clivages existants et à faire de la langue française un élément de promotion et non de division.
Nous pourrons donc maîtriser les changements technologiques et faire face au défi Européen, par une qualification accrue de l’enseignement et de la formation des jeunes afin qu’en développant leur esprit d’initiative, ils puissent devenir les dirigeants, les cadres de demain.

La réalisation de ces objectifs, l’application des articles 39 et 40 de nos Statuts, le plein exercice de nos compétences statutaires en matière d’instruction technico-professionnelle doivent par voie de conséquence constituer la base sur laquelle fonder nos alliances politiques qui ne doivent pas être quelque chose de figé, mais plutôt assurer la concrétisation des programmes et des accords de Gouvernement.
De même, nous nous devons de faciliter la poursuite des études à nos étudiants, de leur offrir le plus vaste choix possible par le biais d’accords entres les différentes Universités de l’Arc Alpin, dans une optique d’ouverture, de confrontation et de reconnaissance des diplômes.

L’Europe ne saurait en effet se limiter aux seuls aspects économiques et commerciaux, aussi importants soient-ils, mais elle doit également prendre en compte la dimension éducative, sociale et culturelle.
Dans cette Europe, l’Europe des peuples que nous voulons, les Régions doivent donc se doter de moyens indispensables à la pleine réalisation de leurs fonctions, en s’engageant sur le chemin de l’intégration et de la coopération transfrontalière.
Qu’il s’agisse de leur développement, de leur aménagement ou de leur identité culturelle, c’est de plus en plus souvent au-delà des frontières, qu’elles sont en effet susceptibles de trouver les conditions d’une plus grande efficacité et d’une meilleure réussite. Cette nécessité revêt une importance particulière pour le Val d’Aoste, Région plurilingue et pluriculturelle, dont les affinités sont davantage tournées vers le Pays voisins, auxquels les unissent les liens de l’histoire et de la langue.

L’unité de l’Europe pourra dons s’établir uniquement dans le respect de la diversité de nos langues, de nos cultures et de nos Régions ; diversité qui fait toute la richesse de l’Europe et à laquelle nous attachons un grand prix. En effet ce n’est qu’en s’enracinant dans son identité culturelle que l’homme peut s’ouvrir à l’universel.
Les stratégies politiques ainsi définies nous nous devons de les réaliser par l’action du Mouvement et l’activité de ses élus.
A cet égard un large débat s’est engagé sur le rôle de ces deux entités et le rapport qui les lie.
Or, s’il est tout à fait nécessaire de se pencher, dans une optique de démocratie et de participation, sur des problèmes tels que :
-les structures du Mouvement et son fonctionnement ;
-les Procédés de formation des décisions ;
-l’information et les rapports avec les sections ;
-la distinction entre le Mouvement et l’Administration régionale et municipales, nous ne saurions en revanche partager certaines analyses qui partent de la devise fédéraliste « Unité dans la diversité », mais mettent l’accent presque exclusivement sur la nécessité de la diversité.
-Nous ne pouvons accepter une logique qui veut faire de l’autonomie du Mouvement un élément d’opposition vis-à-vis des ses élus. La différenciation des rôles et des fonctions doit au contraire se situer dans un esprit de collaboration, de concertation, voire même de confrontation, mais sur des projets, sur des propositions concrètes. A ma connaissance, le Comité Exécutif, le Comité Central, le Groupe de l’Union Valdôtaine au sein de l’assemblée Législative, nos Sections se réunissent régulièrement et personne n’a jamais été bâillonné.

Quelles sont alors les règles de la démocratie ?
Le Mouvement et les élus, tous les élus, doivent constituer une même entité, les uns étant expression de l’autre.
Notre Mouvement ne s’est pas figé, depuis 1945, date de sa création, mais il a su s’adapter aux changements.
Ainsi, à la place de prendre le deuil pour le succès électoral de juin dernier, c’est maintenant à notre tour d’assumer et de parvenir à un renouvellement dans le respect de nos idées fondamentales.
Là aussi la tâche n’est pas simple, mais comme le disait François de la Rochefoucauld « … il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise. »

Par ailleurs comment pourrons-nous réaliser nos principes statutaires (parvenir à la souveraineté politique du Val d’Aoste), sans nous poser l’objectif politique d’atteindre le 51% des suffrages, de représenter les aspirations de toute la communauté Valdôtaine.
A mon avis, tous ensembles, on peut gagner ce pari. Il est temps de prendre conscience que le succès remporté récemment par l’Union Valdôtaine ne nous permet plus de raisonner en termes de mouvement tout-court.
Un changement d’attitude s’impose : nos idées, nos actions vont désormais au-delà des frontières du mouvement, elles embrassent la communauté Valdôtaine toute entière.

Dépassons dons les craints, ouvrons-nous, agissons politiquement, en nous projetant culturellement dans une autre dimension, la dimension de la responsabilité de la conduite de l’avenir et des destinées de notre Pays. Maîtrisons nous même ces destinées dans le respect le plus complet de nos principes. Pour ce faire il est indispensable de concentrer toutes nos énergies, d’unir nos efforts, de dépasser ces petites querelles de clocher, voir les personnalismes qui freinent parfois notre action.
Unissons nos forces, n’est-ce pas là le sens de l’appellation même de notre Mouvement : l’UNION VALDOTAINE.

De cette analyse découle le constant de l’inquiétude, du malaise qui a justement sévit notre Congrès.Chers Amis de l’Union Valdôtaine, je vous comprends.
Vous vous êtes réunis maintes fois au sein de vos Sections pour discuter des thèmes de ce Congrès, le Comité Central et le Comité Exécutif se sont penchés sur la même question, des Commissions ont accompli un travail considérable de préparation.
Tout à été fait dans l’unité.

Et soudainement, en dépit d’un Congrès remarquable, où les débats ont démontré et la qualité des interventions et la vitalité de nos Sections, nous avons frôlé la déchirure.
Tout cela ne peut avoir de véritables raisons d’être.
Heureusement, le sens de responsabilité a, à la fin pris le dessus.
La couleur c’était par ailleurs déjà annoncée jeudi à l’occasion du débat sur nos Statuts, Et, au-delà de toute interprétation, il s’agit là d’un signe irréfutable de sagesse, de fidélité à la loi de nos pères pour le bien commun, de maturité politique.

C’est l’Union Valdôtaine qui en est ressortie renforcée, qui a gagné.
Ne prêtons pas le flanc au jeu subtil et dangereux de nos adversaires politiques, qui veulent, de l’extérieur, déterminer et influencer notre conduite, qui veulent nous diviser pour mieux régner. Le Peuple Valdôtain ne saurait nous le pardonner. On se doit de travailler pour nos jeunes, il est de notre devoir de préparer leur avenir sur des bases solides de leur apprendre à aimer et à défendre les idéaux qui nous sont communs et à prendre la relève un jour. Saisissons cette chance ; pour ne pas lui passer à côté il est capital de rassembler nos forces, toutes nos énergies pour nous insérer de façon vraiment active dans l’Europe de demain.

M. VUILLERMOZ Andrea

Nous croyons que l’Union Valdôtaine a toujours eu comme une de ses finalités prioritaires celle de la formation culturelle, politique, des jeunes surtout. C’est à l’Union Valdôtaine même la tache très importante de former ces nouveaux adhérents, de leur apprendre, s’ils ne la connaissent pas, l’histoire de notre pays, la culture Valdôtaine et les idéaux unionistes.
Ce n’est pas par la critique stérile qu’on peut résoudre les problèmes, mais grâce à l’œuvre que chacun de nous doit mener avec son engagement personnel de formation et d’information. Cette peur, ne viendrait elle pas de la part de ceux qui ont perdu, en quelque sorte, leur conscience d’être Valdôtains et qui ne se sentent plus capables de transmettre un message aux nouvelles générations et au soi-disant « nouveau » ?Cette peur, ne viendrait elle pas de la part de ceux qui n’ont plus aucune proposition à présenter et ils critiquent et arrêtent l’œuvre de ceux qui travaillent pour le bien du Mouvement et de la Vallée d’Aoste toute entière ?

Nous vous invitons donc à réfléchir.
En tant que jeunes, certaines suggestions qui sont ressorties dans le débat, nous ont fait réfléchir : pourquoi ya-t-il cette peur envers la croissance de l’Union Valdôtaine ?
La réponse que beaucoup de personnes ont donné c’est qu’on a peur d’un abâtardissement de la culture valdôtaine. On a peur que les « nouveaux » qui entrent dans l’Union Valdôtaine puissent prendre la relève et remplir des places que plusieurs désirent occuper. Cette peur ne cache-t-elle pas un autre problème ? Ne s’agi-t-il pas d’une forme de méfiance que nous croyons désormais dépassée dans notre mouvement ? Si nous avons déclaré (on le lit aussi dans les thèses qu’on nous a soumises) notre ouverture envers tous ceux qui partagent nos idéaux, qui soient Valdôtains de souche ou d’adoption, on ne comprend pas pourquoi maintenant il y ait cette tentative de la part de quelqu'un de fermer les portes Unionistes à ceux qu’on appelle « les nouveaux » ?

M. VOULAZ Jean, Section de Challand-Saint-Anselme

Je suis avant tout heureux de porter ici le salut de la Section de Challand-Saint-Anselme, et vu que l’heure est déjà avancée et tout le monde est peut-être un peu fatigué, je ne profiterai pas de votre patience d’autant plus que j’ai perdu mon discours.
Un illustre personnage qui a visité la Vallée d’Aoste il y a peu de temps a dit que c’est bien quelquefois de perdre les discours, et alors je traiterai deux ou trois thèmes d’une manière un peu confidentielle. Je voudrais dire avant tout que ma participation au Congrès m’a fait comprendre une chose importante, grâce à la discussion que dans le Congrès se fait justement à propos des grands thèmes qui font vivre l’Union Valdôtaine. Je dois dire aussi que s’il y a eu des pointes peut-être un peu polémiques, cela est utile pour nous faire comprendre qu’un Mouvement n’est pas quelque chose qui s’achemine comme une troupe de petits soldats qui vont suivre une unique direction, cela veut dire que le Mouvement est bien vivant et qu’à l’intérieur des sections et parmi les délégués du Congrès le débat et la discussion existent réellement.

Cependant il faut réfléchir aussi. Si nous avons eu une victoire nous ne devons pas uniquement nous en glorifier mais il ne faut pas non plus surestimer des problèmes qui sont parfois un peu gonflés.
Il faut dire que l’Union Valdôtaine a gagné, cela est indéniable. Ella a gagné non pas en tant que personne individuelle mais en tant que Mouvement. Tour le monde a participé à la grande victoire de l’Union Valdôtaine. Cela doit nous faire réfléchir, à mon avis, sur un thème fondamental. Voyez-vous les autres partis, nous avons entendu ce matin quelques uns de leurs représentants reprocher l’Union Valdôtaine de ne pas être tout à fait cohérente vis-à-vis de la langue. Nous savons que le danger est grand, le grand nombre d’inscrits qui parfois courent à nos sections et nous demandent de participer à notre vie, le font pour des motivations qui ne sont pas seulement idéales. Eh bien, c’est à nous, en tant qu’unionistes convaincus et même fois, dirais-je, préparés, à leur faire voir quelle est la voie à suivre pour bien vivre à l’intérieur du Mouvement. Certainement, la vie du Mouvement est problématique puisque l’Union Valdôtaine a le devoir de représenter l’électorat, les valdôtains. Nous-mêmes nous savons quelles sont les différences, les aspirations des uns et des autres et nous savons en même temps qu’elles sont les responsabilités de nos administrateurs.

Nous savons que leurs engagements sont parfois très lourds. La vie de nos jours va très vite, les changements sont tellement rapides que nous n’avons pas toujours le temps de les analyser. On reproche même parfois à la Vallée d’Aoste d’être un peu trop folklorique, de se figer sur une série d’images et de ne pas trop regarder au concret. Eh bien, je dirais aussi que nous connaissons quelques uns des représentants des partis qui avaient la majorité relative il n’y a pas longtemps en Vallée d’Aoste. De nos jours ils prônent, ils nous accusent même de ne pas suivre les principes de nos inspirateurs, telle que la langue française : mais ces partis, quand ils avaient la majorité et ils pouvaient faire quelque chose, qu’ont-ils fait ? Par exemple à l’égard de la langue française. On accuse les valdôtains de ne pas assez la connaître, mais si ces partis qui nous accusent actuellement étaient plus sensibles aux problèmes linguistique et aux véritables problèmes de la Vallée, eh bien, je crois qu’aujourd’hui nous aurions des valdôtains mieux formés, mieux formés dans le sens culturel, mieux formés dans le sens européen aussi.

Certes, je partage tout-à-fait l’idée de ceux qui disent que des valdôtains dépourvus de leur langue et de leur culture n’ont plus raison d’exister. Eh bien, ceux qui sont au Parlement, ceux qui suivent un peu la vie politique italienne se rappelleront les paroles de M. Aldo ANIASI, socialiste, qui clairement dit que les autonomies locales, les autonomies spéciales sont à éliminer lorsqu’elles ne représentent plus une ethnie, une particularité linguistique. En un mot, si les revendications des autonomies locales ne sont que de purs avantages économiques, elles n’ont plus raison d’être. Vous n’avez qu’à consulter quelques voisin qui nous entourent pour voir quelle est leur rancune envers les valdôtains pour les « avantages » sont ils ne profitent pas, et dont les valdôtains profitent.

Les arguments que nous avons pour rebattre à ces personnes sont nombreux. Les bons d’essence, vous voyez, c’est toujours la même chose quand on affronte le problème, avec quelqu’un qui ne vit pas en Vallée d’Aoste ; c’est le premier reproches qu’on nous fait. Eh bien, moi je réponds à ces personnes : nous n’avons pas, nous les valdôtains, un bus qui passe toutes les dix minutes sous nos maisons pour pouvoir nous rendre d’un côté à l’autre de la ville. Un système de communication intégré à l’intérieur de la Vallée, nous le savons, c’est quelque chose de très compliqué, de très coûteux. Les bons d’essence c’est une petite contrepartie du fait que nous n’avons pas un tram qui passe chaque quinze minute sous notre maison. En plus, du point de vue général, les impôts que nous payons nous sont rendus en partie. Que se passera-t-il après 1992 ? On a déjà assez parlé de ce fait, je ne veux pas continuer là-dessus parce que je pense que la chose ne sera pas immédiate et si facile, si simple.

Mais nous devons vraiment faire là un effort pour nous rendre compte qu’une petite communauté de cent mille habitants vit de ses forces, bien sûr, et elle doit être responsable aussi de son économie. A propos de l’économie, voici quel est d’après moi le plus grand danger que nous courons, c’est le fait que le bien-être économique dont nous jouissons risque peut-être surtout chez les jeunes, de les faire asseoir, de ne pas les stimuler suffisamment. C’est-à-dire que pour la Vallée d’Aoste de demain nous n’avons pas besoin seulement de valdôtains qui soient bien logés, bien nourris, qui aient une bonne place et puis qu’ils délèguent à quelqu’un d’autre la partie de l’administration de la pensée. Nous devons être à même de nous gérer, c'est-à-dire nous devons nous poser des problèmes et même si la discussion est parfois vivace cela est loin d’être nuisible, cela est vif, positif.

Parmi ces problèmes il y a per exemple toute une partie du revenu que l’administration régionale destine à la culture. On entend parfois parler de cinéma et de Théâtre en français, mais ces spectacles qui vont les voir ? Eh théâtre bien, les spectateurs qui participent à ces spectacles culturels sont toujours plus nombreux, ce qui démontre que les jeunes ne sont pas contraires à notre culture, à la langue française. Il faut simplement leur donner l’occasion, il faut simplement les faires participer et en même temps être convaincus nous-mêmes. Si quelqu’un de nous parle français ou bien tente de bien le parler, il ne doit pas seulement se limiter a une belle allocution, a une belle présentation lors des congrès nationaux ou lors de quelque fête ou l’orateur fait belle figure s’il sait aussi bien parler français. Il doit aussi employer le français quand il y a des procès verbaux à rédiger, des fiches à remplir.

Je pense aux consortiums d’amélioration foncière, je pense à tous les unionistes qui sont engagés dans les administrations locales ; c’est là, en silence, dans brailler, que notre langue prend le dessus, que notre force se présente, se fait voir. Alors je dirais que si nous pouvons faire quelques choses pour notre pays, pour la Vallée d’Aoste, c’est de travailler.

L’Abbé Vuillermoz, l’a très bien dit, en tant que chrétien je crois que le premier devoir ce n’est pas d’imposer aux autres, de dire aux autres ce qu’il faut faire : tu n’es pas un bon unioniste, tu ne parles pas français, tu ne fais pas ceci, tu ne fais pas cela. C’est nous-mêmes qui devons nous engager. Certainement, parfois les résultats ne sont pas positifs, peut-être nous ferons des fautes, mais tous ensembles nous devons progresser pour que la Vallée d’Aoste soit meilleure. Cela dépend de nous, nous ne pouvons pas attendre d’autres occasions. Ce n’est pas vrai que l’Union Valdôtaine n’est pas assez forte, elle doit être plus forte. La force se fait par les voix, malheureusement, aussi.

Le programme de l’Union Valdôtaine ne se termine pas dans cinq ans, dans deux ans, c’est un programme à longue échéance. Pensons à la langue française. Eh bien, c’est vrai, il y a des gens qui ne la connaissent pas et des gens qui ne participent pas beaucoup à ce genre de discussion, ils pensent que la langue de la Vallée d’Aoste, des valdôtains, est quelque chose de marginal. Eh bien, je dirais qu’avec le travail qu’on est en train de faire à l’école et qu’on fera en gardant la majorité, on arrivera à les convertir. Attention, je viens d’une commune où l’Union Valdôtaine est à l’opposition, et je vous assure que ce n’est pas un plaisir, et alors il faut garder la majorité bien sûr, mais il faut travailler sérieusement dans le domaine de la culture. Ce n’est pas seulement, ce n’est pas uniquement la contribution, l’arriver tout de suite qui compte.

J’ai entendu tout à l’heure que les adhérents arrivent comme les mouches au miel ; eh bien, moi, je dis qu’il y a d’autres partis politiques qui voudraient avoir du miel, et beaucoup de miel pour avoir beaucoup de mouches qui viennent en profiter.
Les critiques qu’on nous fait quelquefois peuvent être justes, c’est-à-dire je peux partager l’idée des adversaires, mais attention, les adversaires qui viennent nous faire de beaux discours au congrès nous les mesurons chaque jour sur le terrain de l’administration, nous les mesurons chaque jour dans leurs actions concrètes et quotidienne. Donc les beaux discours c’est quelque chose qui fait une belle figure et en représentant son propre parti dans les congrès des autres, mais c’est dans l’action de chaque jour qu’on voit ce que les beaux discours produisent.

Monsieur Vicquéry nous a rappelé quelque chose de très important tout à l’heure. D’autres personnes qui travaillent en contact avec l’administration savent qu’est-ce que cela veut dire, avoir des collaborateurs ou avoir des alliés qui sont alliés sur le papier mais quand il s’agit de donner un coup de main, quand il s’agit d’employer leur force dans les domaines où nous n’arrivons pas avec la même force d’ici, nous voyons qu’els sont les résultats. Parfois c’est rien. Et alors je dirais pour conclure que le mouvement de l’Union Valdôtaine n’est pas quelque chose d’isolé par rapport au monde. Regardons autour de nous, le système politique qui a fonctionné pendant des années est en crise non seulement en Italie mais dans toutes les régions d’Europe. Et alors peut être qu’on imaginera demain un système de s’administrer différent, un système de se faire représenter d’une façon différente.

Le fédéralisme, voilà la voie, le fédéralisme intégral.
Eh bien, c’est une grande parole, mais je pense que la confrontation avec les autres ce n’est pas se classer entre les partis. Et disons surtout qu’en Vallée d’Aoste cela (se classer parmi les partis) n’a pas de sens, car l’Union Valdôtaine a eu beaucoup de voix aussi parce qu’elle a su parler, elle a su toucher les problèmes, elle a su parler aux gens des problèmes qui les intéressaient. La partie administrative, je répète, cela demande de l’engagement et un engagement très fort même. D’un autre côté, certainement il faut une forte capacité prépositive, ce n’est pas seulement l’action administrative de chaque jour qui fera vivre notre mouvement, mais c’est aussi les propositions. Et je dis aussi aux unionistes, à moi-même avant tout: il ne faut pas se demander qu’est-ce-que le mouvement peut nous donner mais ce que nous pouvons donner au mouvement.
Merci

M. VOYAT Ugo, Assesseur régional

Mesdames et Messieurs,
Je pense que le plus tôt possible, l’Union Valdôtaine devra parler de l’application de l’acte unique qui prévoit la libre circulation des produits, des marchandises et des gens dans l’Europe. Surtout maintenant que nous avons pu apprendre quelles sont les lignes indicatives d’application de cet acte et surtout que nous savons qu’on veut créer dans toute l’Europe deux niveaux d’application des impôts sur la valeur adjointe, IVA en Italie la TVA en France, l’autre niveau qui devrait aller pour les autres genres de produits du 14 au 20%. Evidemment cela crée des difficultés dans les Etats faisant parti de la C.E.E. parce que la grande différence de modalité dans l’application ne trouve pas tous les Etats d’accord.

D’autres difficultés encore qui sont survenus sur l’application de cet acte ont déjà évidemment fait dire aux membres de la Commission européenne que les termes d’application devront être déplacés à l’année 95 ou l’année 96. Mais même si ces termes seront déplacés je suis convaincu que nous comme Union Valdôtaine nous devrons donner des indications pour celles qui pourront être les répercussions sur la Vallée d’Aoste. En effet si on va en avant avec cette application, l’abolition, complète de l’IVA d’importation porte une perte financière pour l’administration régionale de plus de 300 milliards. Et c’est évident que nous ne devons pas attendre que ce problème nous tombe sur la tête, mais nous devons être nous-mêmes à proposer à l’Etat italien des recettes substitutives de ce qui est aujourd’hui l’IVA d’importation. Nous devrons évidemment nous efforcer pour trouver des solutions. La première doit être celle, dont a déjà eu l’occasion de parle le Président Auguste Rollandin au Conseil régional la question des eaux.

On produit en Vallée d’Aoste quelque chose comme 300 milliards de KW h, l’ENEL les vend quelque chose comme 120 lires le KW h. A nous il ne reste que les miettes ou disons seulement la possibilité de payer les impôts sur l’énergie produite en Vallée d’Aoste. Une autre solution pourrait être celle de négocier avec l’Etat italien pour que l’autoport reste à sa place pour dédouaner les marchandises qui viennent des produits extra-CEE. Il est évident que ce ne sont pas que quelque unes des propositions qui peuvent être faites dans les futur pour une nouvelle répartition financière entre Région et Etat, mais tous ensemble nous devons quand mêmes trouver aussi d’autres solutions. Pour ce qui concerne le moment de l’application de cet acte unique, l’administration régionale est déjà en train de travailler.
Sur la base du programme de cette majorité, je disais, nous avons commencé à travailler en faisant de grands financements pour ce qui concerne la formation professionnelle et pour ce qui est de préparer aussi technologiquement les industries, l’agriculture, le tourisme et tous les autres secteurs. Il faut donc être prêts à entrer dans cette Europe ; et ici j’aimerais lancer un défi à nous-mêmes sur la façon de faire entrer la Vallée d’Aoste dans l’Europe : si maintenant nous sommes indiqués en Italie comme un exemple de sérieux et d’honnêteté dans l’administration de la chose publique, nous devrons être à même de le faire demain dans l’Europe. Et je crois que ça ce sera plus facile dans le futur que dans le passé, vue que maintenant toutes les forces politiques sont là a notre disposition.

Hier nous avons entendu de cette tribute que toutes les forces politiques sont d’accord avec nous, toutes les forces politiques seraient d’accord de nous accompagner dans les différents gouvernements. Et sincèrement, hier, en écoutant les différentes interventions des partis de la majorité et de l’opposition, j’ai constaté que tous étaient d’accord avec nous, sauf évidemment la Démocratie Chrétienne.
Et ici je voudrais ouvrir une petite parenthèse sur la question de la Démocratie Chrétienne.
Personnellement je demanderais à la commission politique de vérifier avec la DC si ce qui a été di hier par M. Tamietto sur l’Union Valdôtaine c’est ce que pense Tamietto ou si c’est ce que pense la DC de l’Union Valdôtaine.
Parce que si c’est ce que pense Tamietto, cela ne m’intéresse pas, mais si c’est ce que pense la DC je dois dire que alors la DC est disposée à faire des alliances de majorité avec n’importe qui, même avec des gens qu’elle n’estime pas, pourvu de rester au pouvoir. Et alors nous devons faire des réflexions, vu que nous ne somme pas l’Union Valdôtaine qu’a décrite hier Tamietto, nous de pouvons pas continuer à collaborer avec des gens qui pensent ce choses de nous.

Je pensais aussi que c’est extrêmement facile et joli être de l’Union Valdôtaine aujourd’hui, en même temps je pensais à toutes ces années que nous avons travaillé dans l’Union Valdôtaine, à ce que j’ai vécu personnellement, et beaucoup d’entre vous aussi, et à ce qui m’a été raconté.
Je me rappelle, il y a vingt ans, plus au moins, quand les unionistes ne pouvaient même pas parler. Comme ils ouvraient la bouche, tous d’accord de leur donner contre, de droite, de gauche ou du centre.Parle en français, ils disaient que c’était snob, parler en patois signifiait être un « bacan ».
Je me souviens par exemple des difficultés qu’avaient les unionistes pour entrer à la « Cogne », parce que si un était un activiste de l’UV alors à la Cogne, qui était l’unique usine en Vallée, il n’entrait pas facilement. Et ceux qui travaillent à la Cogne n’avaient pas de grandes possibilités de carrière. Et ceux qui étaient inscrits ou, pire encore, dirigeants de l’UV étaient déplacé d’Aoste, comme par exemple M. Fosson. Les adhérents à certaines forces politiques évidemment avaient la possibilité de faire carrière, même s’ils n’avaient fait que la première, la deuxième, la troisième élémentaires, je n’ai jamais vérifié, mais de simples ouvriers ils devenaient chef de service. Voilà la démocratie de ces temps là. La démocratie appliquée vis-à-vis de l’Union Valdôtaine et des unionistes.

Etre unioniste, un peu de temps avant, signifiait risquer licencié. En 1995, je ne l’ai pas vérifié personnellement évidemment, mais on m’a dit qu’après un changement d’administration 17 unionistes n’ont plus vu renouveler leur contact de travail, un autre exemple de démocratie.
Je pense qu’ici beaucoup d’entre vous se rappellent les ans où il était difficile de composer la liste de l’Union Valdôtaine, parce que les gens avaient peur de rétorsions s’ils se présentaient en liste avec l’UV.
Aujourd’hui, heureusement, nous n’avons plus ce problème, mais moi je me rappelle quand des fois on demandait la disponibilité de locaux publics pour faire des demandait la disponibilité de locaux publics pour faire des comices, évidemment pour l’UV ces locaux n’étaient pas disponibles. Alors il fallait aller faire les réunions chez quelqu’un, et si on ne trouvait pas de maisons assez grandes on ne faisait pas de réunion. AU temps des comices, si évidemment on n’avait pas de locaux publics, alors on allait faire le comice sur la place de l ‘Eglise au moment de la sortie de messe, mais dès que le candidat de l’UV commençait à parler les cloches sonnaient.

Cela n’est pas une histoire inventé, ce n’est pas une histoire de Peppone et Don Camillo, c’est la vérité.Et maintenant je voudrais parler aussi d’un évènement très grave qui n’a pas été pris du « Gulag » mais s’est vérifié en Vallée d’Aoste.
Beaucoup de ceux qui sont ici ont entendu une personne qui a parlé de cette tribune de l’Union Valdôtaine et de la Vallée d’Aoste, et peut-être ne le connaissaient-ils pas personnellement mas il en on certainement entendu parler.
Autrefois, il faut s’en souvenir, faire les comices de l’UV signifiait risquer la prison, et quand quelqu’un au cours d’un comice disait qu’il était disposé à défendre jusqu’au fond l’autonomie et la Vallée d’Aoste il risquait la prison, quelqu’un a fait 36 mois de prison avec 3 mois de ségrégation : M. Vincent TREVES.

J’ai demandé à M. Vincent Trèves s’il me fait le plaisir d’écrire ses mémoires, et si en tout cas il ne peut pas ou ne veut pas le faire, au moins de me faire lire ce qu’il a déjà écrit.
Parce que moi je dis que nous ne devons pas créer des martyrs, nous ne devons pas faire des victimes, nous devons seulement dire comme sont les choses.
Et ici je répète seulement ce que j’ai dit l’an 1984, moi je suis convaincu que si Mario ANDRIONE n’était pas de l’Union Valdôtaine il n’aurait pas passé ce qu’il a passé. Conviction personnelle que vous pouvez même ne pas partager.

Et alors, tout cela dit, nous de devons pas oublier les sacrifices, les efforts que nous avons faits pour arriver au point d’aujourd’hui. Parce que quelqu’un ne se rappelle peut-être pas qu’il y a 16 ans l’UV avait 4 conseillers, aujourd’hui elle est arrivée à douze en passant par une réunification.
C’est difficile d’augmenter mais c’est sans doute plus facile de baisser. Et si nous voulons de douze descendre à quatre, soyez sûrs que tous ceux qui étaient ici d’accord avec nous, seraient sans doute d’accord de nous mettre en minorité avec 4 conseillers.

Nous devons évidemment continuer à travailler comme nous avons toujours fait pour avoir une Union Valdôtaine composée d’unionistes toujours plus enraciné dans nos principes valdôtains, des unionistes qui aiment le Val d’Aoste.
Et alors je dis que pour faire cela nous devons évidemment travailler avec humilité, avec modestie et, comme l’on déjà dit d’autres, aussi avec tolérance. Et moi je vous dis, mais je le dis surtout pour moi-même, parce que je me répète souvent, et c’est cela : nous devons chercher à collaborer un peu plus entre nous, à supporter un peu plus entre nous. Alors des fois je me dis : cher Ugo, comme tu arrives à supporter, à collaborer avec des gens qui n’ont pas l’esprit unioniste et souvent n’on pas même l’esprit valdôtain, tu dois t’efforcer évidemment de parler et collaborer un peu plus avec ceux qui ont l’esprit valdôtain et l’esprit unioniste.
Nous devons nous rappeler et nous devons surtout appliquer ce qu’à dit Mademoiselle Viglino l’année 19676, ici à Saint-Vincent, au moment de la réunification, quand elle a dit : « Oublions les petites choses qui nous divisent et regardons les grandes choses qui nous unissent ». C’est ça que nous devons faire tous les jours, tous, moi le premier. Et alors je souhaite, évidemment, que dans cet esprit nous collaborions dans les années à venir et nous ayons la possibilité d’ici à cinq ans de nous retrouver avec au moins quinze conseillers unionistes.
Vive l’Union Valdôtaine, Vive la Vallée d’Aoste.

DOCUMENT FINAL

L’Union Valdôtaine dans une ligne de continuité avec les Congrès Nationaux de 1979 et 1984, approfondit les raisons de son rôle au sein de la société valdôtaine, dans une perspective qui s’élargit à l’Europe et qui s’élargit à l’Europe et qui se fonde sur une vision tenant compte du respect et de la collaboration réciproque de tous les peuples.

Pour la réalisation de son projet, elle considère qu’il faut tout d’abord promouvoir une œuvre plus intense de formation et d’information à deux niveaux :

  1. A son intérieur, par approfondissement de la conscience et une amélioration de la culture politique de tous ses adhérents ;
  2. Sur le plan des rapports avec l’extérieur, par l’élaboration d’une stratégie d’intégration de tous ceux qui se rapprochent du Mouvement et par l’acquisition d’un modèle de comportement qui exprime nos principes. Cela pour ne pas risquer de payer en termes d’ambiguïté la croissance du Mouvement, qui nous est nécessaire.


Dans ce travail l’Union Valdôtaine procède à une modernisation des formes d’expressions des contenus de son programme, afin de rendre plus efficace son action, compte tenu de la dynamique sociale, économique et culturelle qui constitue le contexte actuel.

Dans le but de réaliser concrètement ses principes, l’Union Valdôtaine a dû s’engager directement sur le plan politique. D’où la nécessité d’établir des accords avec d’autres forces, le choix desquelles se fait, à tous les niveaux administratifs, sur la base des programmes, dont l’application doit être soumise à une vérification constante.

Cette présence politique amène à prendre en compte la question des rapports entre le Mouvement et ses élus. Il faut sur ce plan, en partant d’une distinction des rôles, qui demeure fondamentale, renforcer une autonomie réciproque, qui ne doit pas cependant déboucher sur une incommunicabilité. A cette fin il faut en particulier que le Mouvement fournisse aux cadres administratifs une formation approfondie et ponctuelle, alors que les élus ont le devoir d’informer les adhérents sur leur choix, après les avoir concertés, dans leurs grandes lignes, avec les organes compétents du Mouvement. Cette répartition des rôles, qui n’a pas un caractère hiérarchique, attribue aux élus la responsabilité de leur secteur d’activité et au Mouvement une fonction propositive et de support idéologique et technique en faveur de ses élus.

En cette perspective se réaliseront une unité réelle des finalités dans la diversité des fonctions et des opinions et une relativisation des énergies de chacun par rapport au Mouvement, cela pour éviter les personnalismes et pour ne pas perdre de vue les grandes choses qui nous unissent au profit des petites choses qui nous divisent. Unis, nous devons développer notre action dans les cinq années à venir, qui seront importantes surtout pour les réformes avec lesquelles nous aurons à nous confronter après 1992. N’oublions pas que cette date n’est qu’une étape, qu’il faudra procéder à une vérification législative de ses effets, et que nous devrons continuer notre travail de construction d’une Europe respectueuse des droits de tous les peuples.

L’Europe s’impose à notre attention en raison des répercussions très concrètes que l’application des accords interétatiques aura sur notre vie quotidienne. Aujourd’hui, déjà, des mesures administratives au niveau communautaire concernent directement notre agriculture, notre industrie, en un mot notre économie. Nous devrons nous donner les instruments pour faire face de façon toujours plus efficace aux changements croissants qui modifieront le cadre de notre action et qui mettront en cause non seulement la fonctionnalité de nos structures, mais aussi l’expression de notre identité. Nous aurons désormais, en effet, à nous confronter avec deux interlocuteurs : l’Etat italien et l’Europe des Etats.

C’est pourquoi il est nécessaire d’opérer un choix qui, de façon claire, exprime notre volonté de rester nous même dans un cadre en évolution.
L’Union Valdôtaine choisit le pluralisme :

  • Sur le plan économique, par le développement équilibré des différents secteurs entre eux et avec l’environnement, dans la perspective d’une meilleure qualité de vie pour la personne humaine, qui demeure le fondement de notre projet ;
  • Sur le plan social, par une intégration réelle des coches défavorisées de la population et le dépassement de la monoculture de la réussite à tout prix ;
  • Sur le plan culturel, par le dépassement du monolinguisme italien et par une action qui rende à nos langues ethniques l’espace qui leur revient de doit et qui représente la condition essentielle et la base constitutionnelle de notre identité.
  • Sur le plan politique, par l’emploi du fédéralisme en tant qu’instrument d’analyse d’un pouvoir multiforme, qui s’exprime dans tous les domaines, pour fonctionnaliser les institutions à la personne humaine, non vice-versa. Ce qui implique, sur le plan des rapports entre les institutions et en vue de leur réforme éventuelle, le respect des autonomies locales et l’encouragement de la coopération entre elles.


Sur ces bases, l’Union Valdôtaine propose la Vallée d’Aoste comme l’un des piliers d’angle pour l’élaboration du projet de construction de l’Europe des Peuples.

 Saint-Vincent le 19 mars 1989

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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