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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 24 fév 2017 - 17:56

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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2012 - Congrès thématique

La motion finale

Le Congrès de l’Union Valdôtaine,

réuni à Pont-Saint-Martin, le 15 décembre 2012, pour aborder la thématique du rôle, de l’état de santé et des perspectives de l’autonomie valdôtaine

Tenant compte des actes et des initiatives du Gouvernement italien concernant la finance et le fonctionnement des collectivités locales, les modifications annoncées de la Constitution et les différentes manœuvres financières et, en particulier, d’une politique centraliste de plus en plus évidente, en détriment de l’autonomie financière et organisatrice des institutions territoriales ;

Estime que ces actes manifestent un plus vaste projet de compression de toutes les autonomies territoriales et particulièrement des Régions à Statut Spécial au niveau des tâches et des prérogatives que la Constitution leur confie ;

Considérant que cette attaque frappe notre Région au niveau de l’administration régionale, mais également des collectivités locales, en ignorant et en anéantissant le rôle représentatif des communautés qui sont les interprètes et les garnisons de l’esprit du territoire ;

Prend acte que les mesures et l’attitude du Gouvernement italien visent à introduire des formes opprimantes de contrôle sur les Autonomies, également par des modifications constitutionnelles qui permettent au Gouvernement et à l’Etat des interventions discrétionnaires de centralisation des fonctions et des compétences ;

Compte tenu que les Autonomies spéciales sont ainsi fortement menacées par un processus de véritable effacement ;

Considère que des réductions budgétaires disproportionnées ont été disposées à la charge des Régions spéciales, entraînant des conséquences pénibles sur les services aux citoyens et sur l’économie de la Vallée d’Aoste tout entière ;

Préoccupé par les conséquences du pacte de stabilité, qui réduit davantage la capacité de dépense de la Région et des collectivités locales ;

Rappelle que cette façon d’agir mine le fondement de la Constitution italienne qui garantit le respect des différentes identités et des communautés locales et territoriales ;

Met en évidence que le projet du Fédéralisme fiscal, au sein duquel la Vallée d’Aoste, avec responsabilité, a cru et a su faire sa tâche en respectant les accords, n’a plus été abordé par le Gouvernement italien ;

Souligne encore qu’on ne peut pas envisager la possibilité d’épanouissement et d’essor de notre Région sans l’adoption de politiques ayant un caractère fortement régional, que seule une Région bénéficiant d’une Autonomie spéciale peut soutenir ;

DONNE MANDAT A SES ELUS

au niveau du Parlement Italien, à l’échelon régional et communal :

· de continuer à défendre le Statut d’Autonomie de la Vallée d’Aoste, en poursuivant et en promouvant des actions unanimes, avec les autres régions à statut spécial du nord de l’Italie, afin que aussi la voix autonomiste puisse avoir son écho à niveau institutionnel italien et européen ;

· de promouvoir les intérêts de la Vallée d’Aoste, de ses collectivités locales ainsi que de tous les Valdôtains ;

S’ADRESSE À TOUS LES CITOYENS

qui croient aux valeurs fondantes de notre spécificité et qui travaillent au maintien de notre identité, de notre culture, de nos langues et de notre mémoire historique pour qu’ils réagissent aux tentatives de les effacer ;

A la Jeunesse Valdôtaine afin que dans les nouvelles générations puissent s’épanouir le débat autonomiste et une forte conscience d’appartenir à une réalité spéciale à défendre et a sauvegarder ;

APPELLE TOUTES LES FORCES POLITIQUES PRÉSENTES EN VALLÉE D’AOSTE

à se confronter avec les thèmes de la défense de l’autonomie et de l’identité régionale, qui sont le patrimoine commun de toute la population valdôtaine, dans le but de combattre toute forme de centralisation politique et administrative.

Guido Yeuillaz

Guido Yeuillaz

Nous continuons à avoir confiance dans nos élus

Mesdames et Messieurs, Chers amis unionistes, c’est avec un grand plaisir, même au nom de l’Administration communale que j’ai l’honneur de représenter, que je vous souhaite la bienvenue ici à Pont-Saint-Martin à l’occasion du Congrès annuel de l’Union Valdôtaine. 

Le Statut de notre Mouvement envisage que chaque année se déroule un Congrès thématique pour discuter d’un sujet particulier. Le sujet que nous avons décidé d’aborder aujourd’hui est sans doute d’intérêt général et d’actualité, mais certainement, en considérant la période actuelle, les prochaines élections législatives nationales et régionales approchant, aujourd’hui les arguments de discussion seront sûrement nombreux. 

En ma qualité de syndic, je désire mettre en relief que les défis que les administrateurs territoriaux affrontent sont nombreux et ils imposent l’adoption de processus qui nous permettent de bien gérer les changements, en permettant ainsi de maintenir, à des frais accessibles, l’offre des services pour les citoyens. 

Ainsi, l’évolution de la loi nous conduira bientôt à une collaboration entre Communes : une évolution qui, si elle est mal gérée, pourrait nuire à l’autonomie communale et à notre identité. 

Depuis longtemps, déjà au Moyen-Age, la Commune en Italie est la collectivité locale par excellence. Elle est prévue par l’article 114 de la Constitution. En Italie, il y a 8.092 Communes. 

La Commune est sans doute la collectivité territoriale qui est en relation la plus directe avec le citoyen. Ce sont des considérations qui renforcent en moi la pensée que ce n’est pas l’intention du législateur italien de mettre en discussion l’identité communale : action, d’ailleurs, difficile à réaliser politiquement, mais au niveau régional il y a la nécessité de mettre en acte des interventions même grâce aux prérogatives de notre Statut. 

En effet, sur la base de l’article 2 du Statut spécial de notre Vallée, la Région exerce le pouvoir législatif en matière de collectivités locales. Le modèle valdôtain des autonomies a terminé son parcours en 1998, avec la loi régionale n° 54 "Système des autonomies en Vallée d’Aoste” : une loi régionale qui a octroyé une autonomie financière à nos Communes, qui permet des avantages dont les syndics des Communes limitrophes du Piémont sont bien conscients. Maintenant, la loi 54 n’est pas conforme aux nouvelles dispositions nationales en matière de collectivités territoriales, parce qu’elle ne prévoit aucun devoir de développer en forme associée des fonctions fondamentales des Communes. 

La Région devra légiférer en la matière de toute urgence. Cela aura certainement lieu, comme d’habitude, après avoir discuté des différentes propositions avec les représentants du Celva. Je refuse de penser qu’il existe des administrateurs pour ou contre les Communes : il n’y a pas de fous ou de méchants. 

En cette période, durant laquelle non seulement les Communes, mais également les Régions, et surtout celles autonomes, feront l’objet de discussion, il faut trouver tous ensemble les solutions les plus valables pour la défense du système Vallée d’Aoste. 

Persuadé que l’Union Valdôtaine possède une classe dirigeante de haut niveau culturel et administratif, je ne peux pas m’empêcher de manifester l’embarras que les derniers événements politiques ont provoqué chez la plupart des unionistes avec lesquels j’ai pu en discuter. 

Nous continuons à avoir confiance dans nos élus, qui nous représentent au niveau le plus haut, certains que l’action de chacun d’eux s’inspire au respect des idéaux unionistes pour l’intérêt de la Vallée d’Aoste. Bon travail.
Vive la Vallée d’Aoste !
Vive l’Union Valdôtaine !

Marco Sucquet

Chers amis unionistes, 

c’est au nom de la Section de Pont-Saint-Martin que je vous souhaite la bienvenue à tous ainsi qu’un profitable travail à propos du sujet dont il est question aujourd’hui : "Quelles Autonomies dans quel Etat ?”. 

L’argument est essentiel et délicat en même temps, étant donné les risques toujours plus évidents encourus à cause de la crise et de l’attitude de l’Etat italien à notre égard. Je pense que l’Union Valdôtaine doit mener des réflexions profondes et assumer des comportements unanimes, à l’égard surtout de la mémoire de ceux qui ont combattu, en risquant leur vie, pour obtenir l’Autonomie. 

Nous devons essayer de défendre notre Autonomie jusqu’à la fin en honorant un homme qui a fait partie de l’histoire de notre Région et qui, malheureusement, n’est plus avec nous, mais qui croyait vraiment dans l’Autonomie de notre Région, à savoir l’ancien président du Conseil Albert Cerise. 

Ainsi notre Mouvement a, à l’égard de l’Autonomie, surtout un rôle et une responsabilité, une cohérence à garder, ceux-ci étant tous des éléments qui vont nous permettre aujourd’hui, lors de réflexions internes, d’envisager des solutions, ayant comme but la sauvegarde de nos principes et la lutte contre les différentes attaques. 

Chacun de nous, dans sa fonction, doit miser sur son sens des responsabilités afin que la communauté valdôtaine puisse encore une fois avoir confiance dans notre capacité et volonté d’agir à l’intérieur de l’Union Valdôtaine. 

Notre Mouvement politique autonomiste a toujours été proche des gens et devra poursuivre dans cette direction, en soutenant les valeurs et les idéaux historiques, qui sont les piliers de notre tradition et de l’actualité. Un bon travail à tous et mes vœux les meilleurs pour les fêtes de Noël et la nouvelle année 2013 à vous et à vos familles.

 Merci de votre attention, vive la Vallée d’Aoste et, avec tout mon cœur, vive l’Union Valdôtaine !
Poudzo !

Ego Perron

Le président de l'Union Valdôtaine Ego Perron

Chers congressistes, 

Merci de cette nombreuse présence et merci à la Commune de Pont-Saint-Martin qui nous accueille : c’est pour nous un lieu historique dans lequel nous avons toujours commencé des batailles importantes qui nous ont vus presque toujours victorieux. Merci à la Section de Pont-Saint- Martin pour ses mots, merci à vous toutes et à vous tous, merci à la presse qui pourra assister à tous nos travaux. 

Ce Congrès se situe dans un moment difficile : c’est le dernier Congrès de cette législature et de ma présidence, c’est le dernier Congrès avant deux échéances importantes : les élections politiques et les élections régionales ; c’est un Congrès qui se situe aussi dans un tournant important de notre histoire, un moment difficile du point de vue économique. 

Le mot crise nous a accompagnés pendant toute le législature : un mot qu’on imaginait provisoire, un mot qui a conditionné tous nos choix pendant ces cinq années ; et je veux reconnaître ici l’action de nos élus, qui à travers toutes les manœuvres financières ont donné des réponses concrètes en faveur de la communauté valdôtaine, et les en remercier. 

C’est un moment difficile parce que l’Italie est en difficulté : l’idée qu’il y a une dette publique de 2.000 milliards nous rend pessimistes. Lors du Congrès précédent, quand on a choisi de discuter de travail, on avait vu loin, on avait déjà souligné que le Mouvement devait se pencher sur la nécessité d’entreprendre des mesures concrètes en faveur de l’emploi. 

Notre Congrès aujourd’hui se situe donc dans un moment politique critique : il y a un sentiment d’antipolitique qui monte, qui risque indifféremment de toucher tout le monde ; nous vivons dans une société dont les changements sont rapides et parfois très difficiles à comprendre et les interlocuteurs politiques ou institutionnels sont toujours plus éloignés de nous, ils sont de moins en moins capables d’interpréter une petite communauté comme la nôtre (je pense à l’Europe et à l’Italie) dans un monde qui a une vision globale, où seulement les grands nombres sont pris en considération et les petits sont effacés. 

C’est de là que je voudrais partir pour parler de nos relations avec l’Etat. Nous avons affronté toute cette législature, pendant le Gouvernement précédent comme pendant l’actuel, avec le sens des responsabilités. Nous ne nous sommes pas soustraits aux difficultés que l’Italie traverse, on a dès le début dit clairement que nous ferions notre contrepartie pour remédier aux difficultés de ce Pays, en assurant une administration correcte ; nous avons tenu compte d’un panorama changeant et essayé de s’y adapter : je rappelle que le slogan des dernières élections régionales disait "Gouverner les changements”, on s’était donc engagé à ne pas les subir, mais à les affronter en essayent de s’y adapter et de donner des réponses concrètes. 

Je veux réaffirmer que notre attitude a été positive et je dirais même propositive, trop souvent sans recevoir aucune considération de la part de nos interlocuteurs. On a cru important, à la veille des prochaines élections, d’en discuter entre nous, dans un Congrès, afin que ce moment important de confrontation avec notre base puisse aboutir au partage d’une vision. 

Un moment qui veut également dénoncer, passez-moi le mot, vis-à-vis de l’opinion publique valdôtaine ce qui se passe, afin que les responsabilités soient claires, puisqu’aujourd’hui il y a la tendance à affirmer que la faute est toujours aux gouvernants : sans doute, nous ressentons sur nous la responsabilité de ce qui se passe, mais je crois qu’il est nécessaire de faire des distinguos, face à un Etat qui affirme clairement une orientation centraliste. Il y a un mot qui revient, qui ne fait pas partie de notre langage et de notre mentalité : c’est « l’intérêt supérieur de l’Etat », qui rappelle l’époque durant laquelle on a nationalisé l’eau au nom de "l’interesse nazionale”. Cela est très dangereux et nous oblige à réfléchir sur notre action. 

Le contexte actuel nous pousse à repenser notre politique autonomiste de façon différente, de façon nouvelle par rapport à ce qu’on a toujours fait et à ce qu’on a toujours eu, en étant conscient que certains acquis dont nous avons pu bénéficier peuvent être lourdement mis en discussion. 

Ce moment demande une présence autonomiste plus forte, plus incisive, à mon sens également plus projetée vers l’avenir, parce qu’aujourd’hui notre Autonomie est attaquée de tous côtés. Il y a une crise de consensus interne, car les gens pensent que tout ce qu’on a est dû et qu’il n’y a aucune possibilité de le mettre en discussion ; que tous les services que les Communes et l’Administration régionale ont assurés jusqu’à maintenant doivent nécessairement être maintenus. Il faut être clairs, il faut essayer de faire comprendre que nous risquons fortement que ce ne soit plus ainsi. 

Alors, il est nécessaire que les gens apprennent à donner à nouveau de la valeur à l’Autonomie. Il y a également des raisons de crise externes, car l’Autonomie est conditionnée par tout ce qui se passe à l’extérieur. On a l’obligation de contribuer à une solidarité nationale qui concerne l’Etat, mais, disons-le clairement, que les manœuvres financières, que chacun de nous vit sur sa peau en tant que citoyen, risquent de porter l’Italie à une véritable récession et, d’un point de vue politique, risquent fortement de mettre en discussion nos compétences et tout ce qu’on a eu jusqu’à maintenant, grâce aussi aux moments de discussion et de confrontation pas faciles avec le Gouvernement précédent : je pense à la discussion qu’il y a eu sur le fédéralisme fiscal, quand on a réécrit une page importante des règles de relations avec l’Etat. 

Après est arrivé le Gouvernement actuel, qu’on a salué positivement de prime abord, car on le présentait comme l’arrivée de tout le bien par rapport au mal qu’il y avait auparavant : nous l’avons accueilli avec le sens des responsabilités, en le votant, mais on a dû bientôt constater qu’il y avait un dialogue à sens unique. 

On devait discuter en tant que petite communauté avec un interlocuteur sourd, qui ne raisonne pas en terme politique, qui ne tient pas compte qu’en Italie il y a des différences, qui ne tient pas compte qu’on ne peut pas raisonner uniquement selon la logique des grands nombres: parce que c’est une horreur quand l’Etat dit que les grands nombres seulement peuvent exister et que les petits n’ont plus le droit d’exister puisqu’ils sont petits. Il faut réagir. 

Il faut réagir en tant que communauté valdôtaine, parce qu’on ne peut pas assister en spectateurs à un vol des compétences, de nos prérogatives et de tout ce que nous avons acquis pendant des décennies de combat. 

Les manœuvres que ce Gouvernement a faites ont de lourdes conséquences sur les finances de notre Région, mais également sur notre organisation. Partons du concept des autonomies locales : sur ce thème l’Union Valdôtaine a été pionnière. Les réformes qu’on a eu la capacité d’imaginer sont allées dans la direction d’une vraie valorisation et d’une reconnaissance du rôle et de la fonction de nos collectivités locales. Après la loi constitutionnelle 2 de 1993, par laquelle nous avons eu la compétence sur les autonomies locales, la Région a essayé de réglementer de façon organique, complète et précise tout le système des collectivités locales. 

On a essayé de leur garantir des ressources sûres, d’aller dans la direction d’une réelle autonomie financière. Après il y a eu les transferts aux collectivités locales et les lois de secteur, qui ont permis également aux collectivités locales de faire des choix stratégiques. Il y a eu les contraintes imposées par le pacte de stabilité, que les collectivités locales ont absorbées avec une attitude positive, en concourant à atteindre les objectifs de finance publique nationale. 

On a introduit l’élection directe du syndic et de son adjoint ; on a réglementé le statut des administrateurs, en prévoyant un lien avec celui des administrateurs régionaux. On est arrivés à la loi 54, qui a réglementé la matière du système des autonomies, qui a indiqué la Commune comme le niveau de gouvernement fondamental auquel attribuer des compétences, sauf celles d’orientation et de coordination, qui restent à la Région. Il y a eu donc de la part de l’Union Valdôtaine une précise et forte attention au sujet des collectivités locales. 

Aujourd’hui nous enregistrons de grandes difficultés, à cause du Gouvernement central, qui n’a tenu en aucune considération les spécificités caractérisant les autonomies spéciales. Sur ce thème aussi, il faut défendre l’autonomie de la Vallée d’Aoste : là il n’y a pas une différence de visions : la Région et les collectivités locales ensemble envisagent clairement la nécessité d’aller dans la direction de sauvegarder nos compétences et de défendre les acquis qu’on a en cette matière. 

Dans un contexte difficile, nos entités locales ne peuvent que manifester leur contrariété vis-à-vis d’une dictature de la part de l’Etat par des lois irrespectueuses des normes constitutionnelles qui ont donné lieu en Vallée d’Aoste au système des autonomies locales. Il y a donc un panorama qui change, il y a la conscience et la nécessité de devoir concourir à ce processus, les collectivités locales ayant la pleine conscience de devoir développer l’exercice des fonctions des Communes ensemble, afin de réduire les frais, d’améliorer la qualité des services et de simplifier les liens avec les citoyens. 

L’idée de l’Union Valdôtaine est de parvenir à une réforme tenant sans doute compte de la situation actuelle, mais en introduisant des éléments de changement, parce que la situation actuelle le demande. Je suis heureux qu’à l’intérieur de l’Union Valdôtaine il y a eu la possibilité de trouver un large consensus sur les décisions : je le dis car une certaine presse avait présenté le débat au sein du Celva comme une sorte de "resa dei conti” entre unionistes. 

Tout le monde réaffirme la validité de ce qui a été fait, mais en même temps il faut prendre acte que le système qu’on a connu jusqu’à présent ne pourra plus être garanti, qu’il y a aujourd’hui la nécessité forte de réviser notre organisation, de réécrire de façon différente une partie de notre Autonomie : et j’espère que ce Congrès pourra être l’occasion de réaffirmer notre volonté de procéder vers des changements du modèle actuel, car il est important d’en parler ici avec notre base. 

Il y a plus : la réforme possible de l’Article V de la Constitution doit nous faire peur, car il y a eu une tentative de ce Gouvernement de nous enlever une partie importante de notre Autonomie. On en avait parlé au Conseil fédéral et avec les présidents des Sections, je dois vous avouer qu’il y a eu une réaction très mitigée et cela m’a préoccupé. Je ne voudrais pas que, même entre nous, il y ait l’idée que l’Autonomie est en danger uniquement quand on est touché personnellement : ça nous a fait mal d’entendre que, quand on a supprimé les bons d’essence, les gens disaient : "que nous reste-t-il de l’Autonomie ? Il n’y a plus rien”. 

C’est une banalisation mortifiante de tout le travail qu’on a fait pendant ces 50 ans d’activité au Parlement et à la Région. Je pense qu’il faut réagir. Ce moment difficile nous oblige à repenser notre politique autonomiste, il nous demande une présence politique plus forte, plus incisive et davantage projetée vers le futur. Ce Gouvernement démissionnaire a une attitude fortement contraire vis-à-vis des autonomies spéciales : il y a une volonté précise de rediscuter l’organisation constitutionnelle de l’Etat avec l’expropriation possible de toutes les compétences que nous avons acquises jusqu’à maintenant. 

L’Union Valdôtaine est préoccupée : il ne faut pas confondre l’aspect des coûts de la politique, sur lequel on est en train de travailler, avec une tentative évidente d’anéantir ce que nous possédons. La question est une autre : il y a le risque qu’on nous ôte la possibilité de légiférer, avec des conséquences graves pour la Vallée d’Aoste et pour son économie. Il y a le réel danger que nous n’ayons plus la possibilité d’instaurer nos règles et de nous gouverner selon notre Statut. 

Une initiative politique est nécessaire, une initiative qui puisse instaurer un débat entre nous, mais aussi à l’extérieur. Il faut avant tout que nous trouvions la force de réaffirmer nos spécificités à partir de l’emploi du français, sur lequel on est un peu timides, même dans les Institutions. Il faudrait que même dans les Institutions et chez les élus, on envisage un usage du français plus fort, parce que c’est notre identité culturelle qui nous distingue face à l’Etat. S’il n’y a pas la présence de cet élément culturel, il n’y a aucune possibilité de faire comprendre à l’Etat italien que nous sommes différents des autres. 

On dit quoi ? Qu’on est une Région frontalière ? Une Région de montagne ? Il y en a d’autres aussi ! Nous devons réagir sur cela, nous devons valoriser cet élément pour réaffirmer notre différence également de façon moderne, comme instrument pour nous ouvrir vers d’autres communautés. J’ai assisté au comice de Grillo, car j’étais curieux : j’ai été lourdement mortifié d’écouter des gens qui sont venus ici, dans une Région qui leur a offert beaucoup, qui leur a donné la possibilité d’avoir du travail, se moquer de tout ce qui nous appartient et qui nous est cher : se moquer du fait qu’on parle le patois, qu’ici on produit la fontine, que nous habitons à la montagne. 

Mais alors trouvons, en tant qu’unionistes, la force de réagir ; trouvons, en tant que Valdôtains, des moments d’unité pour défendre nos acquis, nos spécificités, pour défendre le fait que nous sommes Valdôtains et que nous sommes capables de nous donner des règles sans recevoir des leçons de morale et des offenses de la part de ceux qui viennent chez nous, nous expliquer ce que nous devons faire ! Ce Congrès se situe dans un moment délicat de notre histoire, crucial par ce qu’il y a les élections législatives et les élections régionales. 

Ce congrès terminé, je convoquerai immédiatement la commission politique, afin que nous commencions des pourparlers avec les autres forces politiques : la défense de l’autonomie est un slogan qui peut être perçu comme banal, mais elle doit être le point de départ pour discuter avec les autres forces politiques. 

On demandera à ce propos, à nos deux candidats qui seront choisis pour le passage des élections législatives, un engagement fort et prioritaire, chargé d’une énergie renouvelée. Une initiative politique est nécessaire pour défendre les fondements de notre autonomie contre les agressions externes de la part du Gouvernement et d’une certaine information qui tend très souvent à banaliser, et également contre une ligne de pensée qui voudrait abolir les Régions pour proposer à nouveau, à droite comme à gauche, le monstre juridique que constitue les macro-régions. 

Il faut également réagir contre la volonté montante de discréditer les Régions, notamment les Régions à Statut spécial, qui nous décrit toujours et exclusivement comme des privilégiées. Dans cette bataille, nous ne devons ni rester seul, ni être mal accompagnés. Nous devons relancer - et nous l’avons déjà fait, mais il faut continuer - les relations avec les autres minorités italiennes du point de vue institutionnel et politique. Le Président de la République, pendant sa visite à Aoste, a rendu publiquement acte de la valeur de notre minorité, mais après la politique romaine a repris son cours. 

Mobiliser les gens : c’est un terrain difficile, on en a discuté l’autre jour dans une section, mais cela fait longtemps que l’UV ne manifeste plus dans les rues. A mon sens, si on nous vole l’autonomie faisons une manifestation, donnons du relief au fait que les Valdôtains sont prêts avant tout à défendre leur autonomie. Essayons de combattre l’image négative de notre autonomie auprès des médias et dans les journaux. 

Essayons également de bâtir un nouveau sentiment, dans notre communauté, sur les risques forts que nous courons. Essayons de stimuler à travers nos sections, à travers nos élus, à travers notre base, une participation directe des gens. 

Essayons de travailler pour créer une sorte de « sympathie nationale » contre l’agression envers une petite Région qui risque de voir écraser ses droits sous le poids de l’Etat. Je pense que l’on pourrait écrire un manifeste, un manifeste avec des buts communs et - pourquoi pas - convoquer une assemblée du peuple valdôtain. Essayons de voir qui est avec nous. Essayons de voir comment la Vallée d’Aoste réagit face à cela. Une manifestation pacifique, évidemment : mais ne soyons pas des spectateurs passifs face à la tentative de l’Etat de nous écraser. 

Appelons les gens à une mobilisation, afin qu’il soit clair, vis-à-vis de l’Italie et même de l’Europe, que les Valdôtains ne veulent pas se soustraire aux sacrifices que cette période demande, mais que cela doit se faire en respectant notre Statut et notre Autonomie. Notre effort en tant qu’UV est de rassembler et de ce Congrès de l’Union Valdôtaine doit naître un appel : un appel à toutes les forces politiques, de droite comme de gauche, aux personnes responsables, aux gens qui ont à cœur notre autonomie. 

Une proposition ouverte, à discuter avec le monde politique et social, les milieux économiques, la société civile, l’opinion publique. Nous ne prétendons pas avoir l’exclusivité, au contraire essayons d’appeler avec nous tous ceux qui veulent contribuer aux idées, au débat, aux propositions et aux programmes, avec peut-être des instruments nouveaux, des idées nouvelles, des gens nouveaux : voyons qui, parmi nous, est prêt et qui a envie de se mettre en avant. 

Je crois que ce sera un moment important de confrontation, un point de départ pour préparer les élections législatives et les régionales. Dans ce sens je veux dire clairement à ce Congrès, pour répondre à certaines questions, qu’il y a eu des passages, dans cette législature, qui ont créé des difficultés dans certains milieux unionistes : je dois remercier le monde unioniste de la confiance que vous avez donnée à vos dirigeants, et dont nous tenons compte. 

Il n’y a rien d’écrit pour l’avenir, je le dis clairement : les futures alliances seront discutées au sein du Mouvement, de nos organes, en commission politique, au Conseil fédéral, au sein de nos sections. Je le dis afin qu’il n’y ait aucun équivoque : les alliances futures de l’UV sont toutes à écrire, en partant bien sûr des relations privilégiées qu’on a avec les forces autonomistes. Après, je crois qu’il y a la possibilité de discuter, je veux à ce propos être très clair, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté. 

J’imagine la politique comme la capacité, parfois, de rêver. Rêver, cela ne veut pas dire regarder la lune. Les rêves sont faits par des personnes concrètes qui travaillent et qui ont dans le cœur des idéaux, et nous avons le devoir d’imaginer des projets ambitieux, des perspectives, des défis pour notre communauté. Nous devons travailler pour redonner une âme à notre Autonomie, sortir de cette logique banale et irrespectueuse qui l’identifie aux bons d’essence : l’Autonomie peut être à nouveau le grand rêve collectif de notre peuple. 

C’est un défi lancé par l’Union Valdôtaine, c’est un point de départ pour commencer une nouvelle saison, pour bâtir un grand projet politique autonomiste, avec une nouvelle conscience de ce que l’on risque de perdre : après ce sera trop tard et j’espère que les gens n’auront pas à regretter d’avoir perdu la bataille. 

Ce Congrès se déroule dans un moment particulier de notre histoire, on vient de perdre le referendum sur lequel il y a eu un partage des responsabilités. Je l’ai dit et je le réaffirme : j’assume mes responsabilités sur ce qui s’est passé, on a été faible pendant la campagne électorale, il y a plusieurs raisons qui ont entraîné ce résultat, notamment une campagne électorale fondée sur la peur et les mensonges ; peut-être que nous nous sommes trompés dans la communication, je voudrais comprendre cependant quel autre message aurions- nous dû véhiculer pour gagner. 

On se présente à ce Congrès avec la démission de mon adjoint : de mon côté je regrette cette décision car, en ce qui me concerne, il y a toujours eu la possibilité au sein du Comité fédéral de discuter. Parfois dans une famille comme au sein d’une équipe, il arrive de discuter. 

On n’est pas seulement un groupe d’amis qui font la fête, c’est un groupe qui a des fonctions, des compétences, qui se rallie pour gérer une situation : ça peut arriver, je pense qu’en se parlant, si l’on veut, on peut résoudre et comprendre s’il y a un travail commun à améliorer. Nous sommes ici à ce Congrès avec la démission irrévocable de Laurent Viérin : en tant que Mouvement nous en avons pris acte avec regret. Je te l’ai dit, Laurent, et nous t’avons remercié du travail que tu as accompli en exerçant tes fonctions ; et je veux dire clairement que les discussions qui se sont déroulées au sein du Mouvement ont répondu à des requêtes de confrontation et personne, je le dis sereinement, n’a voulu te mettre sur le banc des accusés. 

Il y a eu des moments de confrontations où chacun a été invité à expliquer ses raisons pour se comprendre. Je veux également préciser, car c’est un sujet important, que jamais n’a été évoqué, de notre part, un prétendu contrôle ni sur l’école ni sur la liberté d’enseignement, car depuis toujours l’Union Valdôtaine gère ce délicat secteur et croit fortement dans la valeur des institutions scolaires et dans les qualités professionnelles des enseignants. 

En même temps, nous avons réaffirmé la volonté du Comité de porter de l’avant un dialogue serein et constructif au sein du Mouvement, visant à permettre aux différentes sensibilités présentes d’apporter, si nécessaire, leur contribution pour la croissance pour le Mouvement. Hier nous en avons discuté avec le vice-président, le trésorier et le Sénateur Fosson. 

Ce dernier m’avait adressé une lettre qui soulignait une série de questions existantes dans le Mouvement et demandait des éclaircissements, avec des appels à un dialogue plus ouvert, avec la volonté d’avoir des réunions supplémentaires de confrontation : cet échange d’idées a été profitable pour tout le monde. 

Je termine en souhaitant que ce Congrès puisse représenter un moment d’unité, d’un message fort pour une Vallée d’Aoste qui nous regarde et qui attend de la part de l’Union Valdôtaine un message d’unité pouvant amener à un renforcement politique du Mouvement, mais aussi à un message clair. Il y a eu trop de voix, trop de bruit à l’extérieur, trop de messages de division qui font du mal à notre Mouvement, qui ne font qu’augmenter le succès de nos adversaires, avec des déclarations aux médias qui alimentent les problèmes et les divisions. 

Je réaffirme ici toute ma disponibilité au dialogue et pour des occasions de confrontation pour retrouver, s’il y en a la nécessité, une meilleure façon de travailler ensemble : mais pour cela il faut être deux et vouloir reconnaître le Mouvement en tant qu’interlocuteur, cela n’arrive pas toujours. Il y a toutes les conditions pour faire encore ressortir la véritable âme du Mouvement : un Mouvement qui se reconnaît dans ses idéaux, qui peut croître au sein des diversités qu’il y a dans la société. 

On doit tenir compte de la société qui change, sans renoncer aux valeurs fondamentales, en revendiquant avec orgueil tous les principes qui nous distinguent. Ces années à la présidence m’ont permis de connaître la grande richesse qu’il y a au sein de l’UV et surtout la nécessité de comprendre les jeunes générations. Je pense que si nous avons la force d’investir sur les jeunes, nous pourrons former une nouvelle classe dirigeante. Nous avons besoin d’une présence plus forte sur le territoire en essayant de comprendre mieux les exigences de ce territoire, d’une action plus forte de relance et de confrontation avec les autres forces politiques. 

Je pense qu’en cette période difficile pour la politique, il est important que la collaboration entre tous les organes, les élus, les sections, notre base a réussi à rassembler ici 500 personnes. Tous ensemble, nous pouvons travailler, avec un peu d’optimisme, pour imaginer un avenir pour notre communauté et aller sereinement vers les prochaines élections. Notre défi en tant que mouvement politique est cependant de regarder au-delà, car notre responsabilité vis-à-vis de notre peuple est de penser et d’élaborer le futur de la Vallée d’Aoste au sein d’une Europe et d’une Italie qui changent radicalement. 

Voilà le sens de l’intitulé de ce Congrès. L’autonomie du futur sera capable de raviver notre identité culturelle, de dialoguer avec les autres et d’exporter un modèle gagnant en Italie et en Europe. Aujourd’hui, grâce à ce Congrès, l’Union Valdôtaine se présente avec un engagement politique fort et nouveau, avec un esprit d’ouverture, je souligne d’ouverture, envers les autres forces politiques. 

Je termine en disant que nous confions aux jeunes tous nos espoirs et je remercie donc la Jeunesse Valdôtaine d’être venue si nombreuse, car cela nous honore de voir autant de jeunes qui représentent notre avenir. Il n’y a pas ici des positions de pouvoir à défendre, ni personnelles : il y a notre Mouvement, nos institutions, la Région et les Communes qui doivent être des institutions libres ; notre Autonomie, notre terre, nos droits à avoir un bon gouvernement dans un cadre de solidarité qui puisse développer et donner du bonheur à la Vallée d’Aoste, surtout dans un cadre d’union entre nous, qui est notre véritable force et notre vraie richesse. 

Vive la Vallée d’Aoste, vive l’Union Valdôtaine !

Antonio Fosson

Le sénateur Antonio Fosson

L’Union Valdôtaine est un Mouvement de valeurs, le seul qui puisse défendre notre Autonomie

Monsieur le Syndic, monsieur de Président de l’Union Valdôtaine, messieurs les membres du Gouvernement de la Vallée d’Aoste, messieurs les Congressistes et chers amis unionistes, Nous sommes presque arrivés au terme de la XVIème législature du Parlement italien, une législature difficile, synonyme de luttes, qui a risqué, à plusieurs reprises, d’être interrompue, qui a engendré un cheminement administratif plein d’incertitudes et qui a vécu différentes phases. 

Tout d’abord celle du Gouvernement Berlusconi, un pouvoir exécutif qui pouvait compter sur une large majorité et qui n’avait pas besoin de nous, surtout pendant les premières années. Un Gouvernement qui a certainement une grande part de culpabilité car en ayant la majorité au Parlement, il pouvait accomplir les réformes dont le Pays avait besoin. 

Mais un Gouvernement qui avec la présence de la Lega a commencé un parcours fédéraliste : la loi 42 approuvée fin avril en 2009 avec notre vote favorable sur le fédéralisme fiscal a permis au Pays de s’éloigner davantage du centralisme romain. 

Certes, il ne s’agissait pas du centralisme que nous désirions et ce n’était pas non plus l’autonomie des Régions que nous souhaitions. Comment une autonomie financière peut-elle exister sans la reconnaissance d’une spécificité, d’une histoire et d’une culture ? Sans une autonomie institutionnelle reconnue ? Mais grâce à cette loi, bien qu’en des termes non partagés, l’aiguille de la balance s’était penchée vers une plus ample autonomie des Régions. 

La crise du Gouvernement Berlusconi, pendant la période de division avec Fini, a provoqué un intérêt majeur du Gouvernement à notre égard. Ils avaient besoin de notre appui, surtout le matin quand les sénateurs romains et ceux du sud ont d’autres habitudes et nous "nous sommes devenus bons”. Et en cette période, ils ont été plus attentifs à notre égard, ce qui nous a permis d’obtenir quelques résultats (Deval). 

Puis tout a basculé et depuis novembre 2011 nous avons le Gouvernement Monti, le Gouvernement des techniciens. Le mot fédéralisme est à nouveau devenu le péché de ceux qui ne veulent pas aider le centre, l’Italie en difficulté, en ne voulant pas participer à l’assainissement des comptes publics. 

Les Régions à Statut spécial, pour Monti et compagnie, sont des centres de privilèges, de gaspillage de l’argent public et de mauvaise administration. Elles sont devenues le refuge de l’équipe "Fiorito” et elles doivent être redressées par un Gouvernement de personnes sages et intègres. 

Et cela pas uniquement avec des attaques financières : les différentes Spending Review ont entraîné des restrictions injustes et inégales pour les Régions à Statut spécial qui regroupées entre elles doivent donner plus que toutes les autres régions mises ensemble ! Mais l’attaque est aussi et surtout culturelle ! 

Nous ne méritions aucune considération spéciale, au contraire. Nous sommes décrits comme étant des demeurés dans les émissions comme Ballarò qui sur 100 interviews en choisissent trois en particulier où les interviewés ne savent pas dire un mot sur l’Autonomie et la particularité de notre Région ! 

Ed a questo proposito bisogna dire che il presidente Tarantola ci ha poi ricevuti dando un grande spazio allo nostra protesta, accogliendoci nonostante i numerosi impegni e testimoniandoci una vicinanza ed un dispiacere per quanto era successo e ci ha promesso una trasmissione su un’altra rete, durante la quale avremo la possibilità di descrivere che cosa siamo e che cos’è la nostra Autonomia. 

Vorrei ora soffermarmi su alcuni punti del Governo Monti, anche perché dobbiamo prepararci a degli altri attacchi e a delle altre vicende : a più riprese, il Governo Monti non ha neppure rispettato gli accordi e i patti che prevedevano un’intesa con le Regioni a Statuto speciale. 

Con la priorità di far quadrare i conti, Monti non ha neanche ascoltato le motivazioni di certe spese e di certe differenze. Ma quando poi la Corte Costituzionale ci ha dato ragione su alcuni punti, allora questo Governo di tecnici ha capito che doveva intervenire laddove la nostra particolarità era riconosciuta, cioè sul cambiamento del titolo V della Costituzione. E non è stato un attacco formale, è stato un attacco vero : alla fine del mese di ottobre, la legge che prevedeva un cambiamento del titolo V è stata portata in Senato, senza che vi fosse stato un accordo in Commissione. 

Questa modifica non è stata possibile grazie ai voti nostri, della Lega e del Pd. Ma questo Governo di tecnici, che avrebbe dovuto cambiare soltanto un assetto economico, salvare il Paese, ha cercato di intervenire là dove l’argomento è squisitamente politico, ovvero le competenze delle varie Regioni ed in particolare delle Regioni autonome. Cominciamo tutti ad avere qualche dubbio che questo Governo di tecnici abbia salvato il nostro bilancio : intanto il debito pubblico è ancora aumentato, nonostante tutte le tasse. 

Ma poi, perché arrivare al pareggio di bilancio nel 2013 ? Perché fare tutto quello che l’Europa ci chiede ? Perché, per apparire i più bravi, arriviamo ad un pareggio di bilancio che uccide molte persone ? Quanti sono rimasti senza lavoro per arrivare ad ottenere questo pareggio di bilancio ? 

Monti ci è venuto a dire che la situazione va molto meglio, quando invece la disoccupazione giovanile è del 20%. Monti ha detto che non avrebbero fatto condoni sulle case abusive : sì però quelli che hanno le case regolari l’Imu lo pagano e la Valle d’Aosta è in testa a queste classifiche. Mi dicevano "voi valdostani avete tante proprietà” : sì magari abbiamo anche qualche proprietà, ma siamo anche molto più onesti di tanta altra gente che invece ha il 90% di case abusive che non vengono ancora colpite ! 

Le ultime manovre finanziarie prevedono ancora un taglio lineare alla Sanità e Monti sostiene che dovremmo pensare a Sanità alternative e distruggere questo sistema sanitario nazionale che è un bene di tutti. 

L’iniquità è rappresentata dal fatto che si taglia in modo lineare, si taglia allo stesso modo a chi ha 9 miliardi di deficit, come la Regione Lazio, e a chi, come la Valle d’Aosta, ha portato avanti dei procedimenti di risanamento e di appalti corretti. Ci hanno fatto lavorare due anni sui costi standard : il federalismo fiscale voleva arrivare proprio ad adeguare diverse realtà a livelli più virtuosi. Tutto il percorso sui costi, sulle linee guida, sull’equità dei tagli è stato vano : si vuole tagliare del 5% in modo lineare su tutto, dai servizi alle dotazioni sanitarie. 

Voi capite che per chi non ha mai tagliato niente, per chi ha 9 miliardi di euro di deficit, tagliare il 5% è uno scherzo, ma per chi invece è sempre stato rigoroso, per chi è sempre stato attento tagliare il 5% vuol dire non offrire e non dare dei servizi. Questo per dire che questo Governo di tecnici ci colpisce e ci attacca nel cuore della nostra esistenza e della nostra Autonomia. 

Quando poi i ministri danno delle lezioni come il ministro Fornero ! Ecco, questi sono i professori : è difficile, anzi impossibile spiegare a loro che la tracciabilità del denaro non si può realizzare in una casa da gioco come il Casinò perché tutte le altre case da gioco europee non devono sottostare alle regole della tracciabilità del denaro. Questo vuol dire penalizzare delle realtà che andavano avanti e che davano occupazione. 

Da qui nasce in tutti il sentimento diffuso che porta a dire di averne basta dei politici, a chiedersi che cosa i politici stanno facendo per la gente. Cosa rimane in questo fine legislatura oltre ad una tristezza per tutto il lavoro fatto che molte volte non si è concretizzato ? Quali colpe abbiamo noi per il fatto che non ci sia stata la riforma della legge elettorale ? 

Non è mai arrivata in aula una proposta di legge elettorale da votare e questa è una grande vergogna per tutti tranne che per la Valle d’Aosta perché noi, con la nostra Autonomia che non consiste nei buoni di benzina, abbiamo la possibilità di eleggere una persona, mentre nel resto d’Italia si andrà a votare di nuovo col "porcellum”, secondo il quale tu voti il partito senza poter dare la preferenza alla persona che pensi potrebbe rappresentarti meglio. 

No, decide il partito : il partito è in crisi, Napolitano ha detto di cambiare la legge, ma nessuno ha cambiato. Non è stata fatta nemmeno la riforma costituzionale che era nel programma di tutti i partiti : togliere una di queste due Camere, prevedere un Senato delle Regioni ed una Camera bassa che legiferasse, ma soprattutto ridurre il numero dei parlamentari. 

In Commissione c’era un accordo, ma quando la legge è arrivata in Aula nell’autunno di quest’anno, uno del Pdl è alzato ha detto : "Noi siamo per il semipresidenzialismo”, ed un vecchio senatore gli ha chiesto, se intendesse cambiare 10 articoli della Costituzione con un emendamento. Però, di fatto, è saltata la riforma della legge costituzionale e questo Governo, che se la prende con noi più piccoli, non è stato capace di tagliare neanche un parlamentare. 

Certo che non è facile fare i parlamentari, come non è facile fare gli amministratori in questo periodo di antipolitica. E’ chiaro, poi, che il parlamentare soffre di solitudine e spesso ha difficoltà di rapportarsi per questioni di orari, anche perché devo dire che di quello che fanno i parlamentari a Roma non interessa quasi a nessuno : io ringrazio il "Peuple” e la direzione del "Peuple”, che mi ha permesso di scrivere ogni settimana nella rubrica Nouvelles du Sénat che cosa stava succedendo e ringrazio anche quelli che in questi anni hanno letto questi miei articoli e che mi hanno fatto delle osservazioni. 

E noi che cosa dobbiamo fare ? La verità è che il mondo sta cambiando, anche qui in Valle d’Aosta è diverso il modo di rapportarsi con chi ci sta vicino e le difficoltà economiche hanno sicuramente esacerbato questa situazione : non è facile per chi governa in un periodo di crisi mantenere il favore della gente, perché gli vengono date le responsabilità e la colpa di cose che vengono fatte altrove, anche per delle scelte tecniche. 

Cambia il mondo e cambia il tipo di comunicazione, lo dico per primo a me : bisogna cambiare il modo di affrontare la gente, essere propositivi, lavorare maggiormente in squadra perché noi non siamo un partito di potere, ma siamo un partito di valori. Siamo un partito che dentro ha un cuore, che ha una visione culturale della nostra esistenza, una specificità che conosciamo bene. 

E questi valori dobbiamo comunicarli e viverli essendo più propositivi : il primo valore à la difesa di questa nostra specificità, della nostra realtà e delle nostre tradizioni. Autonomia vuol dire attenzione alla persona che vive in Valle d’Aosta : non abbiamo grandi numeri, ma siamo delle persone che hanno dei diritti come li hanno gli altri. 

Abbiamo il diritto di essere curati come gli altri, di avere una sanità che, anche se costa di più delle altre Regioni, sia efficiente. Abbiamo il diritto di avere delle scuole in montagna, anche se gli allievi sono pochi. 

La difesa dell’Autonomia deve diventare per tutti una grande opportunità per noi e per i nostri figli : l’Autonomia non è la difesa dei buoni di benzina, non è nemmeno un flusso di denaro più cospicuo che forse per un certo periodo abbiamo avuto : noi siamo portatori di un’identità e di un’attenzione alla persona che altri non hanno. 

L’Autonomia non sarà difesa dal Movimento 5 stelle, non sarà difesa da Valle Virtuosa, non sarà difesa da quei partiti che in certi momenti elettorali si ricordano di essere vicini e di avere una sensibilità per l’Autonomia. 

O l’Autonomia la difende l’Union Valdôtaine o non la difende nessuno. Dobbiamo decidere se ci teniamo a quest’Autonomia, se questo è quello che dobbiamo difendere per i nostri figli. Difendere l’Autonomia, e questa è una critica che faccio anche a me, non vuol dire soltanto lottare contro lo Stato, ma vuol dire indicare dei percorsi amministrativi virtuosi ed efficienti. 

Noi dobbiamo dimostrare a tutti gli altri che i nostri costi della politica sono inferiori, che siamo capaci di fare delle cose con poche risorse, che siamo capaci a lavorare di più e meglio. Quando il presidente Napolitano venne in Valle d’Aosta fece un passaggio travolgente, dicendo : "Sono qui in questa Valle dove voi avete inventato dei percorsi amministrativi particolarmente significativi e utili alla vostra realtà”. 

Se dobbiamo parlare di cambiamento, questo cambiamento dev’essere teso ad uno sforzo sempre maggiore per rendere più virtuose ed attente le nostre scelte, incominciando sicuramente dalla macchina regionale per arrivare ai Comuni, che sono la realtà di partecipazione popolare più grande che abbiamo. I piccoli Comuni, dove di solito l’amministratore fa il volontario, sono la nostra ricchezza. 

Dobbiamo ricominciare un percorso diverso e più efficiente, che premi il merito, che sostenga le iniziative private ed i giovani. Adesso è più difficile essere giovani e se la nostra attenzione di amministratori non fosse rivolta a loro, creeremmo degli scompensi ed uno scontento sociale che sarebbe poi difficile gestire. 

È una grande sfida, amici, per noi che siamo qui, ma anche per voi che ci seguite con tanta attenzione. Fare un cambiamento non è facile, però dobbiamo farlo : cambiare significa mettersi maggiormente in gioco, confrontarci di più, aprire dei dialoghi che possono essere sempre migliorati. L’opinione di tutti diventa oggi ancora più importante : i valdostani hanno sempre dimostrato che dopo un periodo difficile riprendono la strada giusta con maggior vigore. 

Un po’ come questa mattina quando ci siamo alzati ed abbiamo visto questa meravigliosa neve : nessuno aveva voglia di uscire di casa. Poi quando siamo venuti qui al Congresso, abbiamo incontrato voi e ci siamo resi conto di aver fatto bene a muoverci ed a metterci in cammino. 

Pour faire tout cela, nous devons être à nouveau l’Union, l’Union des Valdôtains qui défendent leur Autonomie comme première et grande ressource. Merci.

Emily Rini

Le président du Conseil de la Vallée Emily Rini

Serrer les coudes et travailler dans l’unité

C’est pour moi un grand plaisir de prendre la parole aujourd’hui à ce congrès thématique qui nous réunit cette année autour d’un argument qui est parfaitement centré sur l’actualité. 

Encore une fois l’U.V., avec enthousiasme, a voulu relever le défi de débattre un thème très important et très actuel mais sûrement pas simple à traiter. Je le fais aussi avec un peu d’émotion, car le parterre des unionistes représente pour moi une grande famille qui m’a donné confiance et que je suis fière de représenter au sein du Conseil de la Vallée. 

Je disais : un thème, celui des autonomies, qui fait la une depuis quelque temps. Au cours de cette année, depuis l’arrivée du Gouvernement soi-disant technique, l’autonomie est un terme qui a disparu du vocabulaire italien. 

L’entrée en scène du Président Monti a mis en marche un tour de vis, en imposant un plan d’austérité, dont on n’a pas nié la nécessité face à une dette publique qui a atteint des records sans précédents. Dans tous les secteurs on a exigé des sacrifices qui ont pesé lourdement, en premier lieu, sur les citoyens, sur les familles, sur les entreprises. 

Des sacrifices auxquels la Vallée d’Aoste a participé de façon responsable car, pour nous qui sommes fédéralistes dans l’âme, la responsabilité solidaire est le premier principe à suivre. Dans ce contexte d’austérité, les scandales qui ont marqué l’automne des Régions italiennes, notamment l’exemple du Lazio, ont alimenté la résurrection du mouvement anti-régionaliste qui sévissait déjà dans les couloirs romains et qui a prêté le flanc à l’action d’un Etat centralisateur déjà amplement voué à l’anéantissement des autonomies, et notamment de celles spéciales. 

Nous sommes passés d’un principe de fédéralisme fort et enraciné à son antipode, c’est-à-dire au principe de néo-centralisme, le pire de toujours. Le Gouvernement a donc utilisé le prétexte des scandales et des gaspillages des Régions pour imposer des réformes dans le système constitutionnel italien minant notre capacité décisionnelle et notre compétence législative. Des réformes bien partagées par le Parlement italien. 

Mais nous rappelons au Parlement italien que les promesses de l’année dernière concernant la réduction du nombre des parlementaires et des indemnités sont restées des paroles dans le vent ! 

D’une façon maline et immédiate ils ont déplacé l’attention sur les régions, les provinces et les communes. Personne n’a plus pensé à ce qui se passe au Parlement. Nous devons rappeler, à maintes reprises, que les régions ne sont pas toutes les mêmes. La Vallée d’Aoste et le Sud Tyrol sont depuis toujours considérés comme des laboratoires d’autogouvernement et en ce moment de crise elles devraient être considérées davantage des exemples aussi pour les régions à statut ordinaire. 

Nous avons su conquérir et mériter nos espaces d’autonomie. Nous avons su gérer de façon responsable et innovante nos ressources, notre territoire, nos institutions. Nous avons su construire un modèle de fédéralisme réel à l’intérieur de notre région, en créant un système valable. Un système dans lequel nous croyons encore aujourd’hui alors que les ressources diminuent et les problèmes augmentent. Mais nous y croyons fermement car nos villages et nos communes sont la force de notre région, sont le bastion pour préserver notre territoire et notre environnement. 

L’U.V. a toujours bâti son action politique sur l’enracinement au territoire et la valorisation des réalités communales. En tant que région à statut spécial nous ne sommes pas prêts à perdre nos compétences, nous ne sommes pas prêts à renoncer à nos droits ! 

Face à ce cadre traversé de zones claires et d’ombres, il y a la nécessité évidente de trouver de nouvelles collaborations, non seulement entre les Régions à Statut spécial mais aussi avec les Régions à Statut ordinaire. 

Dans ce sens, l’action que j’ai conduite depuis mon élection à la Présidence du Conseil a été celle de donner une nouvelle impulsion à notre participation à la Conférence des Parlements régionaux. Renforcer la collaboration institutionnelle avec les autres Régions ordinaires est incontournable pour dépasser ce gap : aujourd’hui, les Régions à Statut ordinaire ont reconnu officiellement l’importance du maintien des Régions à Statut spécial, qui ont une garantie constitutionnelle. Si nous, en tant que Régions spéciales, disparaissons, c’est tout le système régional qui risque d’être effacé, n’ayant pas de garanties aussi solides. 

Il est aussi nécessaire de faire front commun avec les Régions les plus petites. Pour réitérer le principe que, même dans un contexte économique difficile comme celui que nous sommes en train de vivre, la logique des nombres n’est pas toujours valable : il y a des communautés humaines qui ont des attentes et des perspectives ; si on continue à raisonner en suivant la logique des chiffres nous en sortirons toujours battus. Mais aussi pour rappeler que les systèmes de représentation territoriale est l’expression d’une démocratie de proximité attentive aux citoyens et calée dans leurs nécessités. 

Et enfin pour redire que les assemblées électives sont le symbole même de la démocratie participée qui va au-delà de la loi de nombres. Il est fondamental de renouveler ce sentiment de fraternité qui nous unit depuis toujours aux Régions à Statut spécial, terre de minorités linguistiques et culturelles. 

Face aux attaques que les autonomies différenciées ont subi au cours des derniers mois, j’ai insisté avec mes collègues des Spéciales sur l’importance de se réunir et de se retrouver afin de réaffirmer auprès du Parlement l’actualité des raisons des différentes spécialités ainsi que pour défendre les institutions autonomistes et faire valoir nos prérogatives constitutionnelles. 

Et j’estime que, en tant qu’Union Valdôtaine, nous avons le devoir, avec courage et beaucoup d’enthousiasme, de relancer la valeur et l’actualité de l’autonomie, tout en réveillant les consciences des Valdôtains, avant tout et surtout des plus jeunes. Nous avons travaillé en exerçant notre compétence législative autonome afin de reconduire plus de sobriété dans l’exercice de la démocratie. 

Contrairement à ceux qui estiment avoir inventé l’eau chaude en termes de coûts de la politique, nous sommes passés tout de suite des paroles aux actes. Par la proposition de loi, sur laquelle j’ai travaillé depuis le début de ma Présidence au Conseil de la Vallée, nous allons faire des économies de budget de 2 millions et cent mille euros par année, par la réduction des dépenses pour le fonctionnement des groupes politiques, des indemnités et de la pension viagère des Conseillers régionaux. Si quelqu’un y avait pensé peut-être avant nous, il n’a jamais donné le bon exemple. 

C’est nous, notre Mouvement, l’Union Valdôtaine encore une fois, qui avons concrétisé une telle réforme. Une réforme qui constitue un acte concret et nullement symbolique et cela a été reconnu par toutes les forces politiques. 

Une réforme que, en ce moment où la crise économique est persistante, les élus avaient la responsabilité d’accomplir. Nous devons toujours garder à l’esprit que nous devons représenter un exemple positif pour les citoyennes et les citoyens qui nous ont élus. Permettez-moi de conclure avec une pensée émue, et non pas de circonstance, pour mon prédécesseur, Albert Cerise, avec qui j’ai eu l’honneur et la chance de travailler pendant quatre ans de Législature. 

Albert était un homme au caractère pas toujours facile, parfois rude, mais doté d’une profonde humanité. Il m’a laissé plusieurs enseignements, et je veux en rappeler deux avec vous : le premier a été l’engagement convaincu dans notre travail quotidien en exerçant nos fonctions politiques dans le respect des rôles et dans l’attentif approfondissement de tous les thèmes avec une étude ponctuelle de toutes les matières traitées. Le deuxième important enseignement a été sans doute la loyauté au sein d’une équipe, à l’intérieur de laquelle on discute, on se dispute, mais à la fin on unit les forces sur les choix finaux. 

Aujourd’hui plus que jamais, face à ce contexte difficile du point de vue politique, institutionnel et économique, son enseignement nous suggère de se serrer les coudes et travailler dans l’unité pour le bien-être et l’épanouissement de notre communauté valdôtaine.
Vive l’Union Valdôtaine !

Augusto Rollandin

Le président de la Région Augusto Rollandin

Compétences et Communes : deux piliers de l’Autonomie

Chers congressistes, chers unionistes, 

bonjour à toutes et à tous. Le thème de ce congrès est sans doute des plus difficiles et engageants. J’essaierai de faire quelques réflexions sur les aspects qui caractérisent les relations entre l’État, les Régions et les collectivités locales. 

Pour ce qui est de l’État, le point de repère est la Constitution, qui prévoyait dès le début l’institution des Régions, même si on a dû attendre jusqu’en 1970, et même 1977, pour que les Régions ordinaires fonctionnent. Parmi les modifications importantes de la Constitution, on peut rappeler la loi constitutionnelle n. 3 de 2001, qui a changé les rapports entre les pouvoirs et les institutions. 

L’article 114, dans sa nouvelle formulation, établit que « la Repubblica è costituita dai Comuni, dalle Province, dalle Città metropolitane, dalle Regioni e dallo Stato », ce qui signifie donner la même dignité à tous les niveaux institutionnels qui constituent la République : entre les Régions et l’État, surtout, il devrait y avoir une loyale collaboration, souhaitée par tous les Présidents de la République. 

L’article 117 concerne la répartition des compétences entre l’Etat et les Régions : l’aspect le plus important, qui influence toute la partie restante, est que « la potestà legislativa spetta alle Regioni in riferimento ad ogni materia non espressamente riservata alla legislazione dello Stato », ce que très souvent on oublie et on veut faire oublier. 

Pour ces changements constitutionnels, qui ont été l’objet d’un référendum, de notre part il y avait une opposition, non pas sur ses contenus, mais sur la procédure de réforme de notre Statut spécial, qui ne prévoit pas l’accord préalable avec la Région. Vous savez que, pour changer le Statut, on applique l’article 138 de la Constitution et la Région a deux mois pour donner son avis sur le nouveau texte ; mais la décision finale revient unilatéralement à l’Etat, ce qui rend faible notre possibilité de résister au changement. 

C’est là un aspect très délicat qui s’insère dans l’actualité politique de ces derniers temps, car après cette réforme constitutionnelle il y a eu la loi sur le fédéralisme fiscal, qui visait à donner aux Régions ordinaires un pouvoir administratif plus important, en leur assignant des recettes. 

Ce qui est important, c’est qu’après cette décision d’aller vers, une responsabilisation – combien de fois on a entendu ce mot, responsabilité – de l’institution qui est plus proche des gens, qui sont les vrais usagers des lois et de la Constitution, on a brusquement changé au moment où il y a eu la crise et qu’on a pris acte – ou, mieux encore, l’Europe a obligé l’Italie de prendre acte – de l’importance de la dette publique. 

En conséquence, on a interprété comme la solution des maux de l’Italie la réduction de l’autonomie des Régions, en particulier des Régions à Statut spécial, par une néo-centralisation de l’État, en imaginant que c’est au niveau des Régions que les institutions ne marchent pas. 

Ce changement radical est l’exact contraire de ce qu’étaient les attentes des Régions ordinaires et, surtout, du maintien de nos Statuts, pour les Régions à Statut spécial. Durant ces deux dernières années, il y a eu une attaque continue vis-à-vis, et en particulier, des Régions à Statut spécial : une attaque qui a été décidée de façon transversale par tous les partis : il y a des initiatives législatives pour anéantir, effacer les Régions à Statut spécial, de tous les partis, sans exception. 

Alors vous comprenez que l’attitude de ce dernier Gouvernement a été d’essayer de faire croire que l’expérience positive des Régions à statut spécial est un faux problème et que c’est une question non de droits, mais de privilèges. Combien de fois on a lu dans les journaux les attaques aux Régions à Statut spécial, décrites comme des privilégiées, celles qui ont de l’argent, qui le gaspillent, qui l’ont gaspillé, qui l’utilisent mal, en cachant, au contraire, le résultat d’une gestion correcte, surtout – il faut le dire – de la part des Régions et des Provinces autonomes du Nord. 

Car quelle est la faiblesse des Régions à Statut spécial ? Qu’il y a des différences entre ce qui s’est passé dans les Régions du Nord et ce qui s’est passé en Sicile et en Sardaigne. Le mal, c’est que ces derniers temps, chaque fois qu’il y avait une manœuvre du Gouvernement Monti, l’attitude n’était pas de partager la diminution des financements de manière correcte entre les Région ; mais on disait : « per le Regioni a Statuto speciale con la cifra di… » et c’étaient les Régions à Statut spécial qui devaient partager entre elles le montant des « tagli » : 600 millions pour les Régions à Statut spécial et 600 millions pour les ordinaires. 

La répartition entre les Régions à Statut spécial était toujours très difficile car, pour les Régions du Nord, il y avait des données, des budgets, des bilans : on avait des données sur lesquelles travailler, des points de repère. Pour la Sicile, il n’y avait pas de budget. 

Pour la Sardaigne, on était en train de voir comment changer les lois et les règlementations. Evidemment, on avait des difficultés pour trouver un accord : alors, quelle était la solution de l’État ? Si les Régions à Statut spécial ne trouvent pas un accord, c’est l’État directement qui va partager et faire la répartition entre les Régions à Statut spécial : ce qui a risqué de pénaliser très fortement le Val d’Aoste. 

Encore dernièrement, on a dû intervenir et trouver à la dernière minute, sur certaines mesures, un accord pour ne pas pénaliser davantage le Val d’Aoste : la dernière fois, d’à peu près vingt millions d’euros. Le Gouvernement Monti, comme tout le monde le sait, a administré en essayant de réduire les dépenses. 

La première règle c’était de réduire les dépenses et d’augmenter les taxes au niveau communal ou régional. Comme d’autres professeurs l’ont dit, il n’y avait pas besoin de professeurs pour faire ça. Je crois que des personnes normales suffisaient. Je crois que tout le monde, même la plus petite Commune de nos montagnes, sait qu’il est plus facile de réduire. On va restreindre les dépenses et augmenter les impôts. Après on fait l’addition et évidemment on a réussi à réduire. 

Les vraies réformes, visant au développement de l’économie, à lui donner un élan, on ne les a pas faites. L’unique changement a concerné les retraites et les « esodati » sont encore là à attendre une solution. Pour le reste, je crois que les réformes doivent encore arriver. On les a annoncées et les seules lois qui ont été approuvées n’ont pas les règlements d’application pour les rendre efficaces. 

Alors je crois que le thème qui nous concerne, l’État et les Régions et collectivités locales, révèle déjà le point faible : qu’on n’a pas d’interlocuteur. Pendant cette dernière année, chaque fois qu’on a demandé de rencontrer les responsables du Gouvernement on n’a pas obtenu de réponse. Chaque fois que l’on soumettait à la Conférence État-Régions un projet de loi, on avait trente jours pour nous exprimer. 

Si on ne s’exprimait pas, elle allait de l’avant quand même car il y avait toujours, à la Chambre comme au Sénat, le vote de confiance. Je voudrais rappeler que le vote de confiance est l’exact contraire du débat et de la discussion : la discussion n’existait pas, c’était déjà tout fait, tout confectionné. Il est évident que ces derniers temps, le centralisme total a représenté un changement radical de l’attitude vis-à-vis des Régions et des Communes. 

Bien sûr, pour la Région, les points de repère sont son Statut, qui donne la possibilité de réglementer par des lois plusieurs secteurs, comme on l’a fait pendant des années, et la loi financière, la loi 690, qui est vraiment importante pour l’organisation de la Région, mais aussi des Communes ; car elle donne la possibilité d’avoir des financements pour les Communes par la loi 48, qui prévoit 95% de l’IRPEF, c’était en quelque sorte réglementer l’activité principale de l’action des Communes, qui pouvaient présenter leur budget en sachant qu’il y avait sur les montants de l’IRPEF un point important au-delà de ce qu’étaient les revenus directement prévus. 

J’ai voulu le rappeler, car ces derniers temps, les interventions de l’État par rapport aux recettes de l’Administration régionale comportent une réduction des recettes de 12% en 2011, de 32% en 2012, de 38% en 2013 et de 40% en 2014. Cela est prévu dans des lois déjà approuvées et qu’il faudra évidemment appliquer. Je crois que ces chiffres bruts en disent plus que ce que l’on pourrait débattre pendant des journées. Pendant cette législature on avait obtenu - et c’était la seule Région - une modification de la loi 690, qui prévoyait sur certains impôts une quote-part de neuf, voire de dix dixièmes, et qui nous donnait la possibilité d’avoir les recettes nécessaires pour continuer notre activité. 

Qu’est-ce qui s’est passé après ? Sur toutes les recettes, on n’applique plus directement cette loi, car il y a une intervention directe de l’Etat, qui en garde une partie comme « riserva d’erario ». Pas seulement : la dernière et la plus lourde ingérence de l’Etat est représentée par le pacte de stabilité, qui concerne autant la Région que les collectivités locales. 

C’est un drôle de système pour réduire à l’impuissance la disponibilité financière de la Région et des Communes. Comme vous le savez, on a du mal dans cette période à faire des paiements qui autrefois était faits en six jours, car on doit respecter le pacte de stabilité et on ne peut plus utiliser l’argent qu’on a. 

On a l’argent, mais on ne peut pas l’utiliser. On doit faire passer ce message aux opérateurs, aux artisans, à toutes les personnes qui doivent avoir une réponse, leur expliquer qu’on est dans l’impossibilité de dépasser ces limites. On a réussi, ces derniers temps à modifier un peu le passage et donc je crois qu’on trouvera quand-même un accord pour dépasser cette situation, mais le pacte de stabilité pèse lourd sur les Communes aussi, et c’est un danger de plus pour l’autonomie de la Région comme des Communes. 

J’ai voulu reprendre en deux mots, pour ne pas trop vous fatiguer, ce qu’est la volonté d’anéantir l’autonomie, le système de faire manquer les recettes. Evidemment, si on n’a pas d’argent l’autonomie risque vraiment d’être un piège. 

L’autonomie, après la loi financière 690, avait donné finalement une disponibilité forte d’argent pour l’Administration régionale et je crois que, si on a eu un développement fort de toutes les Communes et de l’Administration régionale, si on a pu intervenir dans les différents secteurs, dans les infrastructures, dans le tourisme, dans le secteur des remontées mécaniques, si on a refait les routes, c’est grâce à cette possibilité d’aider les Communes. Maintenant on fait un pas en arrière. Maintenant, les grandes œuvres, je crois, qu’on ne peut plus les imaginer. 

On est là pour terminer les œuvres qu’on avait et qu’on a en cours : l’hôpital plutôt que l’université. Mais ce sont des projets d’hier. Maintenant il est presque impossible de faire de grands projets, car il n’y a plus la possibilité d’avoir les recettes nécessaires. Et en venant à l’autre pilier de notre autonomie, les Communes, comme vous le savez, l’Administration régionale, d’une façon très correcte, s’était organisée avec les Communes et les Communautés de montagne, qui avaient déjà été utilisées comme point de repère pour une série de services à gérer en commun. 

La Commune a été dès le début le point caractérisant notre Région. Pour sauvegarder les Communes on a fait dans le temps l’impossible, et je crois qu’on a bien fait. Dans le temps les petites écoles communales allaient dans le sens de primer le fait que les gens restent dans nos petites communes : et le système pour soutenir les Communes n’était pas de dire « les Communes existent », c’était de faire de façon qu’elles puissent vivre, en facilitant la présence des personnes qui y vivent. 

Nous savons très bien qu’il y a eu, surtout dans les petites Communes, dans les Communes des vallées une certaine migration vers la commune d’Aoste et les communes environnantes, qui ont vu leur population augmenter. 

Les petites Communes ont malheureusement perdu un certain nombre de résidents : le travail était ailleurs et alors on se déplaçait. Les jeunes qui ont étudié gardent difficilement le rapport direct, même si on a fait l’impossible pour les faire rester. ils reviennent bien sûr, mais bien souvent sont obligés de se déplacer avec leur famille. Je vous ai rappelé qu’on a donné des ressources importantes pour maintenir la population dans les Communes. 

Les micro-communautés pour les personnes âgées ont donné une solution pour les personnes âgées, mais ont aussi donné la possibilité à une série de personnes de travailler sur place : aujourd’hui on a, à peu près, six cent personnes, surtout des femmes, qui travaillent dans les micro-communautés. 

Ça a été un double avantage, pour les personnes âgées et pour le travail qualifié des personnes qui y travaillent. On a fait la même chose pour les installations sportives, les remontées mécaniques, les routes, les infrastructures et les services sanitaires, adéquats aussi pour les petites communes : c’est un système pour qualifier, pour donner une réponse à la présence ; autrement les gens ne restent pas là. 

Alors il serait inutile de dire : « on veut maintenir les Communes », si on enlève les services de transport. Avec toutes les difficultés on maintient le service de transport, même si tout a changé dans ce système. Mais toutes ces interventions vont dans la direction de privilégier en quelque sorte la présence des petites Communes : et je veux rappeler que c’est un investissement important, qui a été maintenu jusqu’à aujourd’hui de la part de l’Administration régionale en accord avec les Communes. 

Maintenant, où en est-on avec le débat sur les collectivités locales et sur les modifications possibles ? C’est un travail qui a déjà commencé. J’avoue aujourd’hui qu’au-delà de la spending review, qu’on a dû utiliser ces derniers temps comme point de repère, déjà auparavant il y avait l’exigence de rassembler les Communes pour exercer certains services. Ce n’était pas seulement le service des micro-communautés, c’était le service des ordures, des aqueducs, plutôt que des égouts. 

Là, il y a eu toute une série d’associations gérées, jusqu’à présent, pour la plupart, par les Communautés de montagne : maintenant il est important de régler d’une façon correcte, au niveau régional, cette possibilité de traduire la collaboration en « union de Communes », ce qui signifie seulement qu’on aura la possibilité d’avoir trois niveaux : la Région, la Commune et cette nouvelle institution, une libre association de Communes dont le but sera de mieux travailler et surtout de réduire les frais. 

Sur le restant le débat est ouvert. On a travaillé avec le CPEL, avec l’association des Communes dès le début pour trouver des solutions aux problèmes, et j’estime qu’il y a là la possibilité, à part quelques malentendus, de dire clairement qu’on peut arriver à une solution applicable et respectueuse des principes d’une loi nationale, avec la possibilité de réglementer, grâce à l’autonomie, par une loi régionale, notre possibilité d’intervenir. Je voudrais aussi rappeler que, pour soutenir les Communes pour lesquelles il y a eu une diminution des recettes, on a présenté dans la dernière loi financière une possibilité en plus qu’on est en train d’exploiter, visant à aider les petites Communes pour leur permettre d’utiliser les fonds disponibles pour 2013 et réduire l’impact du pacte de stabilité. 

C’est un travail de réglementation fait en accord avec les Communes et je crois que son résultat est important. Ce rapport, auquel je tiens, démontre que c’est un faux problème de dire qui est pour et qui est contre les Communes. 

Le vrai problème est comment peut-on travailler pour les Communes, pour faire de façon que les Communes aient une bonne raison pour continuer à avoir le rôle important qu’elles ont toujours eu dans notre collectivité locale. Je crois que l’aspect du travail des Communes a été indispensable aussi pour la sauvegarde de notre territoire, le maintien de l’activité d’intervention. 

N’oublions pas que la Commune est aussi le point de repère pour la protection civile, le point de repère pour toute une série d’actions, que nous avons aidées : l’action des bénévoles, des sapeurs-pompiers volontaires, le travail des volontaires dans le domaine de la santé. Dans toutes les Communes il y a la présence de ces bénévoles. 

Evidemment tout cela a un sens si on imagine de maintenir l’intervention immédiate, pour ce qui est de cette activité capitale, importante et qu’on a primée même avec un système de services, par exemple à la personne, toujours dans le sens, souhaité par l’Union Valdôtaine, d’assurer l’attention à la personnes, comme on l’a toujours fait. 

Et même là on a essayé de prendre en charge les difficultés des déplacements, avec par exemple, l’intervention nocturne de l’hélicoptère : ce qui était un problème dans certains endroits, maintenant devient une réalité. De notre part, de la part de l’Union Valdôtaine, il y a l’intérêt et, je crois, le droit-devoir d’intervenir de plus en plus vis-à-vis des collectivités locales, pour les aider, pour faire de façon qu’elles travaillent de plus en plus ensemble et pour soutenir ce capital qui est le vrai capital de notre Région. 

Dans ce sens, il y a un travail important à accomplir, en soulignant que sans doute notre autonomie est aujourd’hui en train de vivre un moment très, très difficile. J’ai dit des attaques, des projets de loi : et quelle est l’analyse la plus importante à faire pour soutenir la différence, pour dire qu’il y a encore une bonne raison pour avoir l’autonomie ? 

Tout ce qu’on a dit jusqu’à présent fait partie du travail que nous sommes en train de faire avec les autres Régions à Statut spécial du Nord qui vont dans la direction d’être reconnues toujours davantage au niveau européen, et là je crois que le travail qui a été fait par Caveri pendant toutes ces années va dans cette direction : la dernière possibilité pour les Régions de l’arc alpin est de se réunir dans une Macro-Région alpine, à ne pas confondre avec la Macro-Région qui a été évoquée dans d’autres contextes, qui mette en relief les problèmes et les solutions qui sont propres à l’arc alpin. Mais il importe de dire que, pour les Régions à Statut spécial comme la nôtre, le vrai, unique point de repère est la langue. 

Si on n’a pas le français, tout est perdu ! Entre nous, il est plus facile de parler le patois et on le fait tranquillement ; mais s’il n’y avait pas l’Union, le français serait déjà hors de la fenêtre ! N’oublions pas qu’à l’école, il y a eu un référendum contre le français ! Tous ceux qui maintenant vont dire de soutenir les Régions et la particularité… 

Qu’en serait-il de la spécialité s’il n’y avait pas au moins ce point de repère ? Car la montagne, elle n’est pas seulement à nous : la montagne existe aussi au Piémont ; alors, quelle serait la différence ? 

A ce sujet, je crois que je partage les mots de ceux qui ont essayé de parler de ce problème. C’est vraiment un problème très important et difficile pour ce qui est des jeunes – et je remercie la Jeunesse pour le travail qu’elle fait dans ce sens, je remercie tous ceux qui font, avec effort, leur possible pour faire de façon que même dans les séances publiques, dans les milieux où on se rencontre, on essaie de parler français, bien sûr avec tous les défauts qu’on a quand on parle français. 

Il y a des mots parfois mal employés, mais je crois qu’il vaut mieux s’exprimer avec un français qui n’est pas parfait, plutôt que de ne pas le faire : je veux le dire ici, dans cette salle très sensible à ce sujet, mais n’oublions pas qu’il n’y aura plus la possibilité de défendre notre spécificité si nous perdons cet aspect, qui est le plus important.
Merci et bonne fête à tous !
Vive l’Union Valdôtaine !

David Follien

Imaginer de nouveaux instruments et mécanismes à l’intérieur de l’Union

Monsieur le Président, Messieurs de la Présidence du Congrès, Chers amis délégués, 

c’est avec plaisir et une certaine émotion que je prends la parole aujourd’hui, afin de contribuer à la discussion du Congrès et pour donner des explications par rapport à ma décision de démissionner de la charge de vice-président du Mouvement. J’ai accepté, il y a quatre ans, cette tâche avec humilité, convaincu que même s’il n’y avait pas de relations amicales et de connaissance personnelle avec Ego, on aurait pu, quand même, bien travailler. 

Par ailleurs, le programme de la présidence, avec ses points forts centrés sur l’attention vis-à-vis des jeunes, des aspects de la communication et de l’importance d’une action forte du mouvement sur le territoire, m’enthousiasmait. 

Maintenant, après avoir profondément réfléchi et avec sérénité, j’ai décidé de démissionner, non pas pour des raisons personnelles mais essentiellement politiques avec une lettre adressée à tous les membres du Comité qui ont, je l’espère, pu la lire. Je ne partage plus la gestion du Mouvement faite par le président Ego Perron, qui a – de mon point de vue – essayé d’amoindrir le rôle du Comité fédéral qui a perdu sa centralité, sa fonction de guide, d’organe politique qui ne doit pas se limiter à l’administration ordinaire, mais s’exprimer avec clarté sur les sujets importants. 

Hélas, il n’en fut pas ainsi pendant la dernière année : il y avait souvent une position du groupe des élus, mais très rarement une position officielle du Comité sur des thèmes comme les coûts de la politique, la réforme des collectivités locales, la réforme - en général - de la politique. J’ai décidé également de démissionner suite à des relations, toujours plus difficiles avec Ego, caractérisées par le manque de communication. 

Le climat entre nous deux était influencé par le manque de confiance, donc plus du tout constructif. Les conditions n’existaient plus pour travailler ensemble de façon correcte et vu que les relations humaines et personnelles ont, pour moi, une certaine importance, et en considération du fait que j’étais le vice choisi par le président, j’ai démissionné. 

En ce qui concerne les raisons de ce choix, j’assume mes responsabilités et je fais mon autocritique. C’est même pour cette raison que j’ai décidé de faire un pas en arrière et donc de le faire en communiquant le moins possible avec la presse, pour éviter des polémiques et une possible instrumentalisation de ma décision. 

Je veux quand même, en tant qu’adhérent engagé, faire des propositions pour le futur. Je crois que l’Union Valdôtaine doit changer, avoir la force de se renouveler, de parler un nouveau langage qui s’adresse aux vieux adhérents et qui se tourne avec attention vers les nouvelles générations et sur les sujets les plus ressentis. 

Je pense aux coûts de la politique, par exemple. Quelque chose d’important a été fait, j’en tiens compte. Je m’en félicite avec Madame la présidente Rini, mais nous devons continuer et investir davantage dans une société valdôtaine qui fasse du mérite et de la transparence au sein de l’administration son point fort. 

Nous devons regarder loin, pour avoir le respect des autres régions. Notre autonomie est un droit pas un privilège ! ! ! Politiquement, nous devons imaginer de nouveaux instruments et mécanismes à l’intérieur de l’Union, qui nous permettent de développer le débat interne, de faire à nouveau croître l’enthousiasme et l’esprit de Mouvement, d’être actifs, de choisir toujours plus notre classe dirigeante du futur, nous surtout les jeunes nous voulons décider. 

Je pense à l’introduction, par exemple, des « primaires », qui pourraient être faites pour choisir des fonctions importantes comme le Syndic d’Aoste, ou le Président de la Région, ou le candidat au Parlement italien. Les gens ont envie de participer aux décisions, dans une logique de « leadership partagée ». 

Dans un futur proche, je serai là à travailler, comme d’habitude, pour les enjeux de 2013, dans ma Section, au milieu des gens, en essayant de transmettre de l’enthousiasme et un engagement, puisque c’est notre rôle et que la politique doit donner des réponses dans ce sens. 

Pour terminer, je veux remercier le Congrès de m’avoir donné la parole cet après-midi, les organes du mouvement et les élus pour la collaboration de ces années, le Secrétariat de l’Union et la rédaction du "Peuple” pour le travail accompli, ma Section pour l’appui et tous nos inscrits et présidents de section pour leur travail. 

En regardant tout cela, je vois encore un futur pour un unioniste convaincu comme je le suis.

Guy Grimod

Guy Grimod

J’ai écouté avec un grand intérêt les interventions de ce matin en prenant acte du travail accompli et de l’engagement déployé par nos élus au service de notre petite Patrie : résultats concrets, respect des engagements pris avec les électeurs, actions visant à sauvegarder notre Autonomie faisant recours aux autorités compétentes etc. 

Cela est très positif mais dans ce moment historique d’incertitude où tout change et tout évolue très rapidement, où tout risque d’être remis en discussion avec le prétexte de la crise financière, de la sauvegarde de l’intérêt supérieur de l’État et des disposition de l’UE, où nos droits et notre Autonomie sont mis en cause, méconnus et mal tolérés, l’action même méritoire de nos élus, de nos dirigeants n’est plus suffisante. 

Sans vouloir faire ici la liste des raisons historiques, culturelles, linguistique et même géographique (car vous tous les connaissez) nous savons tous que ce que nous avons obtenu, cette « endreumia », c’est le fruit d’une lutte tenace du Peuple Valdôtain, c’est le fruit de l’esprit de liberté fortement enraciné dans l’âme de notre Peuple, Peuple qui à toujours résisté et revendiqué avec force ses droits, ses libertés, son autonomie aux cours des siècles face :
– aux ducs et rois de Savoie ;
– au fascisme, à travers la formation de mouvements comme la Jeune Vallée d’Aoste des Trèves et des Chanoux ou à la courageuse Déclaration de Chivasso, dont nous célébrons ces jours-ci l’anniversaire ;
– à la nouvelle République italienne à travers notre Statut Spécial d’autonomie. 

L’Autonomie qui a garanti à toute la communauté valdôtaine, progrès et bien être, c’est la conquête du Peuple, suite à la résistance au fascisme et à la lutte de libération. L’autonomie n’est pas une aimable concession de la part d’un État- nation, centraliste de par sa nature, mais c’est le fruit d’une lutte. Aujourd’hui, la lutte doit continuer en tenant compte de temps nouveaux, d’une réalité différente, d’un Peuple qui a changé, qui a évolué par rapport au passé : immigration, italianisation progressive, modifications sociales et culturelles. L’Autonomie est toujours une revendication et une conquête populaire. 

L’Union Valdôtaine qui a vu le jour et a été fondée pour promouvoir et défendre la cause valdôtaine et donc les intérêts prioritaires de la Vallée d’Aoste ; notre mouvement doit prendre en charge aujourd’hui comme hier le rôle de secouer, former, guider ce Peuple, parfois trop absent, trop indifférent, trop habitué à déléguer, vers une nouvelle rescousse. 

Nous avons le devoir à travers nos sections, notre organisation, nos élus sur le territoire de soulever le débat et solliciter la réaction du Peuple face aux attaques honteuses et antidémocratiques du gouvernement Monti, de ses techniciens, ainsi que des partis italiens bien alignés contre nos droits acquis. 

Les Partis s’occupent, en effet, suivant leurs idéologies, de promouvoir leur politique : libériste, communiste ou réformiste. L’Union Valdôtaine, par contre, a le devoir avant tout de défendre et de promouvoir les droits d’un Peuple, le droit à son existence, à sa sauvegarde, à son développement. Pour ces raisons l’Union Valdôtaine, à l’intérieur de laquelle il y a différentes sensibilités est et doit rester « ni de droite ni de gauche » selon les catégories politiques traditionnelles. 

Elle a le but de rassembler tous les Valdôtains engagés en faveur de l’autonomie. Nos alliés privilégiés doivent appartenir à des mouvements régionalistes, fédéralistes ou aux forces politiques qui par tradition, histoire, engagement de ses hommes partagent notre lutte et nos principes fédéralistes Oui le fédéralisme. Non pas le fédéralisme à l’italienne mais le Fédéralisme Global qui est notre model idéal pour mieux sauvegarder notre droit à l’autogouvernement, à l’autodétermination. 

Quelles autonomies dans quel Etat ? A cette question nous avons répondu jadis en présentant une proposition de loi constitutionnelle pour une République Fédérale, seule capable de garantir la liberté, le progrès et l’autonomie à toutes les régions et à plus forte raison aux minorités ethniques et linguistiques. 

Nous devons reprendre ces propositions, avec une mise à jour, en insérant le Vallée d’Aoste dans le contexte de l’Europe Unie des Peuples Européens qui doit favoriser, en dépassant la souveraineté des Etats-nation, la constitution de la macro région ou République du Mont-Blanc : Savoie, Vallée d’Aoste, Valais. Projet utopique ? peut-être mais le seul susceptible d’assurer notre survie identitaire. 

La République du Mont-Blanc dans le contexte de l’Union Européenne des Peuples, a tous les atouts pour réussir, en développant les richesses de son territoire : -tourisme -agriculture -énergies alternatives à la crise du pétrole et des hydrocarbures, énergies non polluantes de chez nous : hydroélectriques, solaires, éoliennes. 

Nous devons créer des opportunités de croissance et de richesse pour assurer un avenir à nos jeunes, créer des opportunités d’emploi pour tous afin de pouvoir continuer à garantir à notre communauté le bienêtre et l’assistance de qualité aux personnes moins favorisées. Nous devons résister et lutter pour une société où il y a plus de liberté, plus d’équité, plus de solidarité, suivant notre tradition montagnarde et les principes fondamentaux du fédéralisme global desquels nous inspirent notre action. 

1. Principe d’autonomie Autonomie de la personne, de groupe de personnes, des communes etc. malgré les contraintes et les abus constitutionnels des dernières lois de l’Etat italien, il faut revendiquer notre autonomie et poursuivre dans le sillon tracé par la loi 54/98 portant dispositions sur le système des autonomies en Vallée d’Aoste. Cette loi est la pierre de touche de l’architecture fédéraliste de nos collectivités locales. 

2. Principe de participation L’Union Valdôtaine a contribué d’une façon déterminante à l’approbation de la loi n° 19 de 2003 portant réglementation de l’exercice du droit d’initiatives populaire en application d’une disposition statutaire. C’est un instrument fondamental pour l’exercice de la démocratie directe. J’aime à ce propos citer le 2ème alinéa de l’art.1 de la Constitution du Valais : la souveraineté réside dans le peuple. Elle est exercée, directement par les électeurs et indirectement par les autorités constituées ». 

3. Le principe de subsidiarité Aux collectivités « inférieures » reviennent de plein droit toutes les compétences qu’elles sont capables d’exercer chacune pour son compte. Les collectivités « supérieures » ne détiennent que des compétences limitées, strictement nécessaire à l’accomplissement des tâches de leur dimension. Une telle répartition des compétences présente un double mérite : a. elle morcèle le pouvoir, l’empêche de se concentrer. La Liberté s’en trouve mieux garantie. b. en outre, cette répartition remédie à cette tendance à la centralisation qu’on constate dans tous les états. 

4. Principe de coopération se révèle enfin un stimulant précieux des initiatives locales et un garant de leur efficacité économiques et sociales. La Vallée d’Aoste grâce à l’action des élus de l’Union Valdôtaine est un exemple à suivre. 

Ce n’est pas un Monti et les pouvoirs financiers qui l’appuient, qui peuvent compromettre ce succès. Nous sommes sur la bonne route, nous devons continuer à œuvrer unis pour une Vallée d’Aoste vraiment libre et pouvoir enfin être maîtres chez nous. Quand la maison brûle, il faut serrer les rangs et mettre de côté l’égoïsme, les ambitions personnelles, les intérêts particuliers, les leaderships etc. pour se concentrer uniquement sur le bien suprême de la communauté. Nous devons agir ensemble, chanter en chœur selon la tradition alpine pour faire entendre notre voix forte et claire aux institutions. 

La Vallée d’Aoste demande une réaction chorale et l’Union Valdôtaine, tous ses élus, tous ses dirigeants, tous ses adhérents, nous tous nous devons assumer la responsabilité de défendre la cause valdôtaine dans l’intérêt de toutes les personnes qui travaillent et vivent dans notre Petite Patrie.

Joël Farcoz

Joël Farcoz

Que serait la Vallée d’Aoste sans l’Union Valdôtaine ?

Valdôtains, bonjour à vous toutes et à vous tous de la part de la Jeunesse Valdôtaine. En reprenant le thème d’aujourd’hui « quelles autonomies dans quel Etat » nous vous demandons : quelles Autonomies ? Mais surtout, quel Etat ? L’Etat italien ? Pouvons-nous encore considérer l’Italie comme un Etat ? 

Oui, peut-être, mais selon une définition particulière de Crozza « L’Italia è un paese per comici ! »… Comment lui donner tort ! Il est évident aux yeux du monde entier que ce modèle centralisateur de l’Italie ne représente plus un vrai Pays. 

C’est tellement évident que même les Italiens, ou mieux, les pouvoirs forts italiens, ont retenu bon de rendre l’Italie dans les mains du néo-centraliste Monti, en sachant très bien la politique qu’il aurait menée. 

Maintenant, la situation reste encore tellement critique que le fantôme du Monti-bis est à la porte : encore une fois ils préfèrent sauver l’Italie plutôt que sauver les Italiens ! A la même porte une autre figure est en train de taper : celle de Grillo, avec son mouvement porteur de liberté (« qui let pas d’accord avoué mé, foua di bale… dèi quan l’est montou eun Veulla l’at apprei co liu lo patoué »). 

Et qu’est ce qu’il se passe dans l’Union Européenne ? A notre avis, jusqu’au moment où l’Union Européenne aura cette tendance, elle ne sera jamais un point de repère commun. La véritable Europe des peuples reste encore un rêve que les petits peuples comme le nôtre surtout ont le droit et le devoir de concrétiser. Du côté des autonomies, la situation n’est sûrement pas des meilleures. 

Pouvons-nous nous considérer respectés par le même Etat qui nous a octroyé cette Autonomie ? La réponse est évidente, mais si d’un côté les attaques administratives sont très dangereuses, de l’autre, les messages qui sont véhiculés dans les médias le sont encore plus, qui, petit à petit, sont en train de se répandre dans l’opinion publique. L’attaque des Autonomies est maintenant vue par les politiciens italiens comme un instrument facile pour gagner du consensus et pour faire de la propagande : elle est en effet présentée comme un privilège. 

Ceci est une pratique très dangereuse qui, en s’appuyant sur des arguments populistes, sème sa haine contre les autonomies, contre nous. Et dans cette situation, le nombre et la force sont en leur faveur ! 

Mais de notre côté l’esprit de résistance, l’intelligence et la volonté de réagir perdurent : atouts que la Société Valdôtaine ne peut pas se permettre d’oublier, surtout de nos jours. Mais les Valdôtains, où étaient-ils pendant toute cette période ? Nous avons reporté notre réaction pour ne pas tomber dans des actions instinctives qui n’auraient mené nulle part. Nous avons attendu pour analyser le problème et l’évaluer de la façon la plus sérieuse possible. 

Nous avons même eu la volonté de ne pas réagir, pour ne pas avoir les mêmes attitudes démagogiques et populistes qui sont en train d’aveugler l’Italie. Mais cette fois-ci notre attente ne devra plus représenter le préambule de l’analyse et du calme, cette fois, notre attente devra mener à une réaction qui doit absolument ressortir. 

Ce système médiatique – politique – populiste qui est en train de nous anéantir a besoin d’un frein ! La menace de modifier le titre V de la Constitution nous envoie un message clair : ceci représente la trace sur laquelle le nouveau gouvernement italien bâtira son chemin. Si nous voulons donc, survivre, il sera nécessaire d’avoir une nouvelle attitude de notre part : intelligente, directe, forte qui puisse de nouveau réveiller les esprits valdôtains ! Mais il est inutile de revendiquer nos droits, si après nous ne réussissons pas à avoir un parlementaire européen pour notre Vallée d’Aoste. 

Il serait utopique aussi de penser être quand même forts, si nous n’avons pas une vision commune pour l’avenir de notre Vallée. Et ce qui est encore pire, c’est que face aux nombreuses attaques de la part de l’Etat contre notre Autonomie, les seuls touchés semblent être les administrateurs de notre Région, et non pas la Communauté tout entière. 

Une révolution culturelle doit absolument indiquer le chemin aux nouvelles générations, car le torrent de la globalisation est arrivé à une telle vitesse que seules les maisons bien structurées pourront résister à son impact. 

C’est pour cela que tant du côté culturel, que du côté économique on doit obligatoirement passer par le noyau fondamental : l’éducation. Durant ces années, beaucoup a déjà été fait, mais dans ce monde global on doit insister sur la vision glocale. 

La nouvelle génération valdôtaine ne pourra plus être formée sur les actuels programmes ministériels : on doit les prendre et les déchirer. Le nouveau monde globalisé ne les permet plus ! Demander une réforme totale de l’école ne représente plus une option, mais un impératif si vraiment nous avons à cœur le futur des jeunes Valdôtains. Un peuple, un peuple responsable, doit aussi avoir la capacité de comprendre ses droits et ses devoirs, autrement nous serions simplement un peuple de bavards. 

Pour conclure, nous voudrions donc vous répondre à la question posée par l’intitulé de ce Congrès. Eh bien, les seules Autonomies qui peuvent vraiment exister sont les autonomies communales dans notre pays Valdôtain. 

Seul cet adent a l’harmonie nécessaire pour fonctionner d’une façon parfaite comme les mécanismes d’une montre. Toutes modifications à ces institutions pourront être faites, si nous les retenons nécessaires, mais elles doivent être coordonnées exclusivement par nous-mêmes ! Par conséquent ou on comprend que l’Italie et l’Europe devront représenter cet ensemble de montres coordonnées entre elles à la perfection, ou l’atelier de l’horloger devra obligatoirement fermer. Enfin, permettez-nous un appel à l’Union Valdôtaine. 

Dans cette période de difficulté, nous devons absolument rester unis. Laissons de côté l’individualisme, les antipathies et la rancœur : luttons ensemble pour le bien du Peuple Valdôtain ! 

Chers Unionistes, l’heure de chasser les oppositions et les envies de nos Vallées et de nos communes a sonné. 

Le moment est arrivé de remplir notre territoire de passion, d’esprit et d’idéaux, comme les eaux qui descendent de nos vallées pour toutes s’unir dans la Doire. Seule l’unité nous permettra d’être à même de dépasser cette période ; seule l’Union Valdôtaine pourra être le flambeau qui conduira la Vallée d’Aoste à trouver son identité, elle seule ! 

Que serait la Vallée d’Aoste sans l’Union Valdôtaine ? Les personnes passent, leurs actions et les idéaux restent. Pour notre Vallée d’Aoste !

Robert Willien

Robert Willien

Nous devons avoir conscience de ce que nous sommes

Bonjour à tous ! J’aimerais aborder le thème du congrès par une réflexion sur la société actuelle. Les différentes composantes qui forment la société « plurielle » d’aujourd’hui sont appelées à apprendre toujours plus à cohabiter dans le même espace public avec leurs valeurs, leurs cultures et leurs traditions. 

Dans une telle société, comment ces communautés peuvent-elles s’entendre et comment l’Etat peut-il gérer cette complexité dans le but de réaliser le bien commun ? Aura-t-il encore un sens de parler de « civilisation valdôtaine » et quel sera son rôle dans la société multiculturelle de demain ? 

Pour chercher de répondre à ces interrogations, il est peut-être utile de considérer les réflexions faites dans le contexte du pluralisme religieux par le cardinal Angelo Scola, actuel archevêque de Milan. En partant de l’idée que le bien commun est la réalisation concrète du vivre ensemble, le cardinal constate que c’est l’espace public le lieu privilégié où les différentes identités peuvent se confronter et se comprendre. 

Le dialogue dans le respect mutuel permet en effet de rendre compte des différences et de se reconnaître en tant qu’identité. Et cette reconnaissance mutuelle est la condition essentielle à la vie en commun dans nos sociétés plurielles. Quel est alors le rôle de l’Etat ? 

Comme l’a encore récemment rappelé le cardinal Scola, la nécessaire neutralité de l’Etat face aux différentes communautés ne peut en aucun cas signifier indifférence vis-à-vis de la tradition et des éléments qui ont forgé l’identité d’un peuple. 

Nous pouvons dire que c’est précisément de ces raisons-là que naît la nécessité pour l’administration publique d’encourager la connaissance de notre héritage culturel, de nos valeurs et de nos traditions. Car pour dialoguer avec les autres et rendre témoignage de notre spécificité, nous devons avoir conscience de ce que nous sommes. Il faut donc tout mettre en œuvre pour que la transmission de cet héritage puisse encore se faire de nos jours et façonner notre société. 

A qui incombe la responsabilité de transmettre cet héritage ? En premier lieu à la famille, qui a pour mission de faire connaître et aimer notre culture, et en deuxième lieu à l’école, qui doit former les adultes de demain. 

En particulier, les enseignants ont la lourde responsabilité de former l’esprit critique des jeunes, de les ouvrir à la complexité du monde, de favoriser l’épanouissement de leurs aptitudes intellectuelles et de leur savoir-faire. 

L’éducation doit pouvoir concilier deux aspects à première vue inconciliables : transmettre un savoir qui est le même pour tous, et développer en même temps la personnalité de chacun. Si autrefois on ne se souciait pas tellement de la personnalité de l’élève pour privilégier le savoir, de nos jours l’attention se porte davantage sur les moyens d’épanouir l’individu, au détriment de la transmission des savoirs et des valeurs. C’est cette dimension-là qu’il faut récupérer aujourd’hui. 

Si l’attention à l’éducation des enfants s’est traduite chez nous dans le maintien des écoles de hameaux et dans l’introduction du patois dans les programmes scolaires, il serait important d’encourager l’enseignement de la civilisation valdôtaine à tous les niveaux. 

Cela comporte, bien entendu, de la part de l’Administration la responsabilité de former les enseignants, en mettant à leur disposition les moyens nécessaires, même par le recours aux nouvelles technologies, mais cela comporte également, de la part des enseignants, l’effort à dépolitiser le débat sur l’école. 

Malheureusement les récentes prises de position de certains enseignants dans la campagne référendaire, au nom d’une présumée liberté d’expression ou d’enseignement, sont la preuve que le chemin à parcourir est encore long. Certaines lettres parues dans la presse dans les semaines précédant le référendum étaient en effet davantage le fruit d’un parti pris idéologique que d’un réel travail de discernement. 

Le chanoine Joseph Bréan a très bien synthétisé le but de l’enseignement. Dans un article paru dans le « Pays d’Aoste » en 1951 il écrivait : « Il faudrait habituer de nouveau les hommes à penser, sans cela (…) on continuera à voir des personnes, parfois même passablement instruites, qui se livrent bêtement aux menées de quelques audacieux charlatans (...) qui agissent sous la poussée de basses passions et de la mauvaise foi, ou de quelques ignorants capables de déblatérer de gros mots et de répandre des doctrines fausses et néfastes parmi les masses pétries de matérialisme, avides de mensonges et d’utopies ».

Ennio Pastoret

Ennio Pastoret

Nous sommes les seuls maîtres de notre avenir et de la sauvegarde de notre Autonomie!

Encore une fois, selon les règles de notre démocratie, nous sommes réunis pour nous interroger sur le futur de cette Vallée d’Aoste que nous aimons et qui n’existerait pas, tel que nous la connaissons, sans l’Union Valdôtaine. 

L’Union Valdôtaine, un Mouvement qui vient de loin : ses racines remontent à l’intra-montanisme de Mgr Bailly, ses idéaux se sont abreuvés à la source de l’Abbé Trèves et d’Emile Chanoux, son courage a été forgé durant le Fascisme et la Résistance. 

Chers Amis unionistes, nous pensions être sortis à tout jamais des périodes dures et obscures, mais ce n’est pas ainsi. Nous sommes en train de vivre une crise profonde et de longue haleine qui a changé nos habitudes de vie et qui touche aussi nos idées et nos convictions les plus profondes. Il n’est pas rare de constater que l’incertitude s’est installée dans la pensée de beaucoup de personnes et nous voyons que le manque de points de repère, dans le monde où nous vivons, a porté et porte à un éloignement progressif de la politique. 

C’est une affaire sérieuse dont on doit tenir compte dans une période où sont notés dans notre agenda des rendez-vous de grande importance, à savoir : les prochaines élections politiques et les élections régionales du printemps 2013 qui donneront vie au nouveau Gouvernement valdôtain. 

Un autre défi important concerne la négociation continuelle, qui s’annonce toujours plus dure, avec le prochain Gouvernement italien sur de nombreux sujets concernant le respect des dispositions statutaires. En particulier, durant cette dernière année de pour ainsi dire Gouvernement technique, des choix et des décisions assez lourdes et unilatérales ont déjà été prises au sujet des autonomies et des Régions à Statut spécial. 

Durant ces dernières années, nous avons été plongés dans une lutte pour la survie. Et ce n’est donc pas un hasard si la devise de notre Congrès annuel concerne les Autonomies. Parler aujourd’hui de l’Etat italien n’est pas facile. Les relations entre l’Etat et les Autonomies régionales n’ont jamais été faciles et aujourd’hui elles sont encore plus compliquées. Il y a deux plateformes sur lesquelles il faut opérer pour assurer une continuité à l’Autonomie : le premier concerne la Vallée d’Aoste, l’autre les relations avec l’Italie. 

En Vallée d’Aoste, il est indéniable que le symbole qui a toujours lutté pour garantir notre Autonomie a été et reste l’Union Valdôtaine. 

C’est ainsi que l’histoire récente du Pays d’Aoste s’est conjuguée davantage avec celle de l’Union Valdôtaine. Les Valdôtains se sont reconnus dans l’Union Valdôtaine et ils lui ont reconnue non pas et non seulement le caractère de la militance politique, mais aussi et surtout la capacité d’interpréter des valeurs et le sens d’appartenance à notre Région. De sa part, l’Union Valdôtaine a su et a dû, de par l’engagement de ses femmes et de ses hommes, assurer l’administration de notre communauté à tous les niveaux, à la fois à l’intérieur des collectivités locales, et sur le plan régional, en contribuant à l’essor de notre Communauté, au plus haut niveau pendant ces 40 dernières années d’histoire de la Vallée d’Aoste. 

Mais c’est bien avant que notre Peuple a dû lutter contre toute tentative d’amoindrir cette action qui a demandé des efforts et des sacrifices lourds et souvent méconnus. C’est pourquoi on peut bel et bien affirmer qu’il n’y aurait pas l’Union Valdôtaine sans le Val d’Aoste, mais aussi qu’il n’y aurait plus de Vallée d’Aoste sans l’Union Valdôtaine. Mais aujourd’hui en cette période historique particulière tous les dangers sont à notre porte nous devons nous interroger en nous demandant si et comment notre action politique devra être menée pour faire face à une menace renouvelée contre notre Pays d’Aoste. 

« E anche questa storia delle regioni a statuto speciale – lo possiamo dire ? – ha fatto il suo tempo. Erano giustificate sessant’anni fa, quando l’Italia si ricompattava dopo la guerra e temeva di perdere pezzi ai confini, Ma dopo due generazioni siamo (o non siamo ?) italiani tutti allo stesso modo. E la crisi ha reso ancora più odiosa questa perpetuazione dei privilegi, dal momento che le tasse le paghiamo (o non le paghiamo) tutti allo stesso modo”. Voilà comment s’est exprimé Massimo Gramellini dans "La Stampa” du 20 novembre dernier. 

Ce dernier n’a pas été un avis isolé mais l’expression d’un sentiment largement partagé en Italie et aussi dans une partie de notre Région. Ces derniers temps, ces idées ont été aussi le patrimoine de l’Etat et de son Gouvernement technique. De quoi être fortement préoccupés. Et c’est d’ailleurs la réponse qu’ils essayent de donner à leur incapacité de re-soulever un Etat qui a été plongé dans la misère par des politiques aveugles et folles. 

Nous voyons bien que l’état pitoyable de l’Italie a été provoqué non pas par les Autonomies régionales comme le Frioul, Trente et Bozen et la Vallée d’Aoste, mais par une classe politique dont la corruption, la dissolution morale, l’indifférence aux besoins des gens, le manque de vision stratégique ont provoqué des dégâts pires encore que ceux qui ont été provoqués par la crise qui nous a touché ces dernières années. 

D’ailleurs, les élus qui sont cités pour les faits qui se sont produits au Piémont, en Lombardie, en Sicile et dans d’autres régions italiennes sont le fruit paradoxal non pas de la politique mais du manque de politique, de l’absence, dans la vie de ces régions, des partis et d’une méthode de recrutement des militants ayant une carrure morale et administrative consciente et responsable. 

Ce que l’Union Valdôtaine, au contraire, a su assurer sur la base d’une tradition et d’un respect de la participation que notre histoire témoigne. Pendant cette période, nous avons vu que dans les partis italiens il y a la bagarre pour la formation des listes et le choix des élus. Plusieurs ont évoqué les « primaires » et certains les ont aussi organisées en soulignant leur nécessité. 

Nous ça fait depuis des décennies que nous parcourons le chemin de la sélection des candidats avec le choix de la base et nous ne sommes pas à la recherche de similitude avec un Parlement italien élu par la ratification de listes proposées par des petits comités d’affaires des différents partis que les citoyens ont été appelés à ratifier et non pas à choisir sur la base d’une loi électorale absurde. 

Eh bien, ce sont ces mêmes personnes qui remettent en cause nos principes statutaires et notre Autonomie en essayant de mettre, sur le dos des autres, la responsabilité d’une gestion déficitaire de l’Etat. Eh bien, c’est le moment de dire non, de lancer un message fort et clair à répandre dans les mois et les années à venir. Trop souvent et pendant trop longtemps, nous avons considéré notre Autonomie comme un fait acquis en nous faisant charmer par l’idée d’un Etat plus sage et plus ouvert aux principes du fédéralisme et des autonomies. 

Nous avons baissé notre garde. Mais aujourd’hui, acceptons encore une fois que nous sommes les seuls maîtres de notre avenir et de la sauvegarde de notre Autonomie ! Elle peut et doit vivre si elle évoluera en gardant ce trait distinctif, en reconnaissant et en mettant en valeur notre particularisme que nous avons trop souvent abandonné au détriment de l’homologation. 

Nos pères fondateurs n’ont jamais pensé que notre particularisme était dû au fait que nous sommes « una regione di confine », mais en raison de ses spécificités culturelles, linguistiques, sociales et civiles. La petite Autonomie, qui nous a été octroyée avec les limites que l’Union Valdôtaine a dénoncées dans le temps, a le seul sens de nous permettre de demeurer à l’intérieur de l’Etat en sauvegardant nos différences. Sans quoi le pacte de cohabitation avec l’Etat italien serait nul ! N’oublions pas que pour l’Italie, nos différences, nos traits distinctifs, notre culture ont presque toujours été considérés comme un banal folklore. 

« Se le Regioni a statuto Speciale sono lo strumento per garantire il rispetto di una storia, di una tradizione e anche di alcune peculiarità che non sono solo politiche ma sono culturali, civili, sociali, economiche, linguistiche, allora hanno un senso ». Monsieur Matteo Renzi s’est exprimé ainsi lors de sa visite en Vallée d’Aoste au mois d’octobre. Il me semble là qu’aient été résumés les éléments et les principes que nous avons toujours affirmés être à la base de notre volonté identitaire. 

Mais aujourd’hui, nous devons être conscients que les affirmations, à elles seules, ne suffisent pas. Il est nécessaire d’aller au-delà de simples déclarations. Et alors chers amis Unionistes redressons-nous, soyons conscients que sans affirmer ces principes et cette volonté par l’action et l’engagement, rien ne sera possible. Il n’y aura aucun élu au Conseil de la Vallée ni au Parlement italien qui pourra assurer la force et la sauvegarde de notre Autonomie sans que dans notre Pays d’Aoste, chez ces gens, demeure la conviction d’appartenir à une Région et à un Peuple qui témoignent, jour après jour, de cette diversité que nous demandons à l’Etat italien de nous reconnaître. 

Notre avenir ne peut être envisagé que par une prise de conscience accrue d’être et de demeurer une communauté qui pense et qui élabore, qui soit le fruit d’un rassemblement et non pas basée sur le principe d’exclusion afin de créer une conscience élargie et commune de notre avenir. 

Nous sommes un Mouvement politique différent de tous les autres partis. Nous avons obtenu le consensus des gens quand nos idées, nos principes et notre vision de la société furent reconnues. Et encore une fois, on attend de nous que nous soyons capables de prendre parti et de parler encore aux Valdôtains. Et notre force et notre chance ne peuvent demeurer qu’à travers la présence et le développement continu de nos idées et de notre sens d’appartenance à un territoire. 

Nous sommes appelés à faire des choix durs et compliqués et cela dans un climat difficile où différents éléments sont sur la table. Mais pour envisager aussi notre futur, il ne faudra pas ignorer notre présent. Le présent a été marqué par l’échec du referendum. Les Valdôtains se sont exprimés de manière nette et sans appel. Les résultats sont là et nous respectons la décision de nos concitoyens avec le sens des responsabilités d’un Mouvement qui se veut proche de son peuple. 

Cependant, nous avons aussi le devoir, pour nous-mêmes et pour les gens que nous représentons, de nous interroger pour conduire un examen plus approfondi et de chercher toutes les raisons de ce résultat afin que dans les rendez-vous électoraux imminents, certaines conséquences ne se reproduisent plus. D’autres facteurs ont certainement joué, liés aux difficultés du moment qui ont contribué à faire tourner l’opinion des électeurs du côté de la sanction plutôt que du consensus. 

Il faut en tenir compte et en faire un bon usage. D’ailleurs, les compétitions électorales sont l’instrument pour mesurer l’opinion publique et on ne peut pas s’y soustraire. D’autres compétitions nous attendent. Les électrices et les électeurs seront appelés au vote d’ici peu. Les élections politiques nous permettront, d’ici peu, d’envoyer à Rome un député et un sénateur qui devront se battre sur un terrain difficile et glissant qui remet en cause notre Autonomie et le Statut spécial. 

Nous sommes en train de vivre, à l’intérieur du Mouvement, un débat important et vif, mais après cela, j’espère que nous pourrons lancer une campagne électorale forte, motivante, basée sur les contenus de l’Autonomie, du respect du Statut et de la défense d’une Vallée d’Aoste consciente de ses prérogatives et de son identité et cela selon les principes qui ont toujours été à la base de la vie de l’Union Valdôtaine. Les législatives seront le tremplin pour les élections régionales. 

On ne pourra pas imaginer un succès aux régionales sans avoir engagé toutes nos forces aux législatives. Et c’est pourquoi, dès maintenant, le mot d’ordre de l’engagement à bout de souffle doit être lancé. Chers amis unionistes, nous ne sommes pas en train de vivre une époque comme une autre. Les élections législatives, selon les stratégies de nos adversaires, sont déjà perçues comme un autre référendum pour ou contre l’Union Valdôtaine. Pour nous, ce sera un referendum avec la Vallée d’Aoste et pour la Vallée d’Aoste. 

A partir d’aujourd’hui, rencontrons, parlons, expliquons et engageons tout ce qui peut l’être pour cette échéance si importante et pour l’autre qui suivra. Chers amis, certains pensaient peut-être que je parlerais davantage de notre actualité politique interne. Ce n’est pas mon rôle. Cependant, je ne veux pas et je ne peux pas passer sous silence certains faits. Avec Laurent Viérin, j’ai partagé et vécu une longue période politique et 7 ans au sein du Gouvernement Valdôtain avec des périodes plus calmes et d’autres plus compliquées. Cela veut bien dire quelque chose et donc de ne pas oublier les personnes. 

C’est pourquoi, je veux personnellement vous dire mon déplaisir concernant sa démission. C’est un choix que je respecte et sur lequel je ne veux pas porter de jugements. Je pense et j’espère que l’on pourra encore trouver un moyen de se parler. Je constate d’ailleurs que nous sommes ici ensemble à ce Congrès et je pense et je souhaite que lui et ceux qui partagent ses idées demeurent encore et toujours unionistes ! 

Mais aujourd’hui, j’ai voulu parler de nous, de l’Union Valdôtaine parce que ici, aujourd’hui, nous, tous ensemble avec des idées communes, avec des opinions partagées, avec des amitiés, des sympathies ou des adversités, nous sommes l’Union Valdôtaine ! Nous représentons les femmes et les hommes qui ont servi ce Pays d’Aoste dans les files de l’Union Valdôtaine, qui ont donné lieu à des réformes, à la croissance, à la stabilité, au bien-être et à l’émancipation de ce Pays d’Aoste. Je pense que l’Union Valdôtaine, son unité, le sens d’appartenance de ses gens à cette Région auront la capacité de rassembler dans la diversité et les divergences et de se réunir autour de l’intérêt de la Vallée d’Aoste. C’est ce que je pense et que d’autres souhaitent. 

Il y a quelques jours, j’ai rencontré un ami qui a aussi été une personnalité politique d’une certaine importance dans notre Région, d’une période qui n’est pas la nôtre et il m’a dit : "Pour ma part et pour plusieurs amis, nous espérons que l’Union Valdôtaine ne se déchire pas et surtout pas maintenant. Aujourd’hui face au vide désolant de la politique et aux menaces qui pèsent sur nous, vous êtes le seul repère valable qui peut défendre cette Région”. 

Il était visiblement sincère et j’ai été touché par ces mots avec lesquels je conclus cette intervention, qui nous appellent à réfléchir et qui sont les mêmes mots que beaucoup de nos concitoyens nous adressent ces jours-ci.

Manuela Zublena

Manuela Zublena

L’heure est venue de se serrer les coudes tous ensemble et de renforcer notre action contre les attaques

Chers Unionistes, Mesdames et Messieurs. 

Le sujet du congrès est sans doute stratégique pour définir un projet d’avenir de notre région dans un moment historique parmi les plus délicats d’un point de vue politique, économique, culturel. Un sujet qui devrait être abordé dans un climat serein, du moins au sein de notre Mouvement, mais que nous devons débattre après plusieurs événements de nature politique qui se sont produits. 

Des événements que nous ne devons pas négliger, mais qui ne doivent non plus nous distraire d’un thème de niveau différent et plus général : celui de l’avenir de notre spécificité d’autonomie. Les faits évoqués par le Président Perron, l’annonce de la démission du président du CELVA, les résultats du référendum, la démission du vice-président du Mouvement Follien et la démission de la charge d’assesseur de Laurent Viérin, nous nous sommes tous demandé si ces faits étaient tous liés ou s’ils sont à interpréter comme des faits séparés, chacun avec sa propre histoire. 

Personnellement, je les relie, avec quelques distinguos en ce qui concerne le référendum. Je voudrais revenir un instant sur le résultat du référendum, bien que ce ne soit pas le jour pour entreprendre une analyse détaillée ; je veux tout d’abord remercier tous ceux qui ont eu confiance dans le travail que nous avons fait et qui ont donc soutenu ce choix ; je veux aussi réaffirmer ici la validité du choix qui a été fait par le Gouvernement régional. 

Sur les conséquences du résultat, une première remarque est à faire sur la communication ; nous avons sous-estimé la campagne de communication massive et agressive mise en place par le comité référendaire. 

Toutefois, je considère qu’on a conduit une bataille correcte et honnête en évitant les excès de ceux qui n’ont pas hésité à marteler par tous les moyens un message faux mais percutant. Une campagne très serrée et conduite sur la base de slogans qui ont touché directement le niveau des émotions et de la sensibilité des gens, en installant le doute que le choix du pyrogazéificateur était nocif pour la santé et l’environnement. 

Par ailleurs, le choix de l’abstention, largement accepté à l’occasion des autres référendums, et en dernier sur celui de l’hôpital, parait aujourd’hui avoir été interprété comme une dictature de la part des élus. Mais il faut le dire très clairement que le référendum a également été un argument utilisé comme fer de lance pour des objectifs et des messages politiques de tout autre nature, parmi lesquels une critique contre l’Union Valdôtaine, de son action et de ses méthodes, ainsi que de l’action du Gouvernement régional. 

C’est à partir de cette toute dernière motivation que je veux reprendre le fil de mon discours. Malheureusement, ayant vécu directement les années 2003- 2006, comme présidente de notre Mouvement, je retrouve dans les faits actuels la réplique de ce sentiment de malaise qui avait caractérisé ces années-là. Un manque et une difficulté de dialogue interne avait été alors évoqués, comme aujourd’hui, ainsi qu’un manque d’attention vis-à-vis de toutes les sensibilités qui composent le Mouvement. 

Un malaise que nous n’avions pas su ou pu à l’époque dépasser, et qui s’était traduit par l’abandon du Mouvement de la part de nombreux unionistes. Mais ce climat de mécontentement dénoncé aujourd’hui se situe dans un contexte énormément différent, qui nous pose face à des difficultés de nature économique et politique tant au niveau local que national qui, selon moi, nous imposent un sens de responsabilités majeur. 

On nous demande de savoir aujourd’hui dépasser des querelles, qui pourraient paraître de nature plus personnelle, ainsi que des aspirations individuelles, aussi par le biais d’une attitude de la part de tous plus ouverte à l’écoute et à la confrontation, dans le souci prioritaire de réaliser l’intérêt général de notre communauté. 

C’est une période durant laquelle nous constatons que le gouvernement italien a entrepris des mesures tant financières que politico-administratives qui affaiblissent profondément notre autonomie spéciale, nous obligeant à reconsidérer nos politiques aux différents niveaux de gouvernement. 

On nous retire dans les faits la possibilité de décider selon les prérogatives de notre statut d’autonomie, en créant les conditions préalables à l’effacement des autonomies spéciales qui subissent aujourd’hui une attaque frontale. A cela s’ajoute un moment difficile pour la politique que l’Italie est en train de vivre. Les scandales à répétition qui ont défrayé la chronique ces derniers temps encouragent un sentiment de résignation et de protestation généralisées. 

Un sentiment dont semblent profiter des nouveaux partis sans passé qui font de l’antipolitique leur seule idéologie. 

Ce congrès doit être donc l’occasion pour nous concentrer sur l’essentiel, pour cerner les priorités d’action, et pour retrouver le sens de notre engagement et de notre credo politique autour d’une raison forte : l’affirmation de l’autonomie, en partant par une réaffirmation de nos spécificités tout d’abord culturelles. Si un élément de préoccupation est une culture qui présente des signes d’essoufflement avec la perte marquée du sentiment identitaire, il y a également des signaux positifs surtout de la part des jeunes. 

Aujourd’hui ils sont si nombreux à ce congrès, où ils viennent nous présenter leurs idées, en nous donnant à tous un grand message d’optimisme et d’encouragement. Il s’agit donc tout d’abord – et c’est à nous, les unionistes - de retrouver l’orgueil de nos spécificités identitaires, de les valoriser afin de renforcer la base des valeurs qui nous font réclamer avec force le droit à l’autonomie. 

L’heure est venue de se serrer les coudes tous ensemble et de renforcer notre action pour contrecarrer les attaques étatiques qui mettent en doute notre raison d’être en manifestant de plus en plus clairement une attitude centraliste et dirigiste. Le rôle de l’Union Valdôtaine est fondamental pour susciter cette réaction car il possède une base d’idéaux et de valeurs solides – nous sommes un Mouvement de valeurs – qui peuvent être le point de force pour guider une action politique et administrative qui puisse contraster cette dérive. 

Et qui sache réaffirmer, comme l’Union l’a fait jusqu’à présent, une identité forte qui nous permette de démontrer que les petits nombres qui nous caractérisent sont un atout et non pas un élément de faiblesse que certains veulent utiliser comme prétexte pour annuler nos prérogatives statutaires.

Les images du Congrès

le coin du président24 Février 2017 - 09:09

Pluralisme et participation Pluralisme et participation Samedi 18 février, à Pont-Saint-Martin l’Union Valdôtaine a célébré son Congrès. Les observateurs moins attentifs on peut être considéré ce moment comme la répétition d’une espèce de rite, avec les habituelles interventions de routine. Le rendez-vous de samedi, au de la de la grande participation, a aussi été caractérisé par des rapports et des propositions variées et nombreuses de la part de Congressistes et de groupes de Sections. Les différentes interventions ont témoigné la richesse et l’ampleur d’un débat interne à l’Union Valdôtaine que le Comité Fédéral a lancé et soutenu en préparation de ce Congrès. Ca fait désormais quelques années que l’Union Valdôtaine est en train de conduire un nombre important d’activités, de rencontres et de produire des documents pour introduire des moments de réflexions dans les Sections et sur le territoire. Pour ce faire nous avons lancé un grand nombre de rencontres, à tout niveau, avec les différents organes du Mouvement, dans le signe du pluralisme en essayant de prendre en charge toutes les opinions et toutes les options. L’Union Valdôtaine a une architecture démocratique qui s’exprime et travaille avec : un Congrès (annuel), un Conseil Fédéral, un Comité Fédéral, une Conférence des Présidents des Sections, une Conférence des Administrateurs, 70 Sections avec des Présidents et des Comités de Direction. Tous ces organes sont régulièrement élus sur la base de règles statutaires en vigueur, fixées par acte notarié et déposée à la « Commisssione di garanzia degli statuti e per la trasparenza dei partiti politici». Dans nos Statuts dont inscrites les règles et les principes de la transparence, du pluralisme, de l’éthique des comportements. Les réunions de nos organes sont ouvertes et, en effet, sont rares les moments de vie de l’Union Valdôtaine qui échappent à l’attention des medias et de l’opinion publique. L’Union Valdôtaine est consciente du fait que la politique vit une période difficile. Voilà pourquoi le Mouvement a voulu mettre en marche un procès dialectique qui a ouvert une saison de partage, d’écoute en demandant une assomption de responsabilité des Unionistes dans la conduite de ce parcours. Des dizaines et des dizaines de rencontres avec les Sections et avec le territoire ont lancé un processus de discussion, d’information et, enfin, de volonté de collaboration pour le futur. Les résultats concrets de tout ça on les a aperçus au Congrès de Pont-Saint-Martin. Le document final contient des points qui ont été, en large mesure, des synthèses des débats et des rencontres qui ont précédé l’Assemblée du 18 février. Aussi le rapport que j’ai présenté en ma qualité de Président est le résultat de l’ensemble des réflexions qui sont ressorties dans nos réunions sur le territoire où nous avons conduit une large activité d’écoute. Nous avons vu, tout au long de cette période qu’il y plein de monde, sur le territoire qui souhaiterait entendre parler de ses problèmes et d’entendre des messages positifs visant à construire et à donner des perspectives pour le futur. Voilà pourquoi, dans toutes ces soirées, comme d’ailleurs dans notre Congrès, nous avons essayé de ne pas gaspiller notre temps à dire mal des autres. Nous avons essayé de jeter un regard sur les grands changements mondiaux qui nous touchent de près. Nous avons parlé de nous, de nos activités, de nos espoirs, de nos criticités, des problèmes que les gens ressentent, de notre territoire, puisque nous sommes conscients qu’après le temps des bavardages viendra aussi le moment de se présenter aux femmes et aux hommes de la Vallée d’Aoste pour leur demander de nous renouveler leur confiance. Ce n’est qu’avec des messages et des contenus partagés, concrets et positifs que nous pourrons le faire.

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