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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 22 nov 2017 - 16:04

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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2012 - Congrès thématique

La motion finale

Le Congrès de l’Union Valdôtaine,

réuni à Pont-Saint-Martin, le 15 décembre 2012, pour aborder la thématique du rôle, de l’état de santé et des perspectives de l’autonomie valdôtaine

Tenant compte des actes et des initiatives du Gouvernement italien concernant la finance et le fonctionnement des collectivités locales, les modifications annoncées de la Constitution et les différentes manœuvres financières et, en particulier, d’une politique centraliste de plus en plus évidente, en détriment de l’autonomie financière et organisatrice des institutions territoriales ;

Estime que ces actes manifestent un plus vaste projet de compression de toutes les autonomies territoriales et particulièrement des Régions à Statut Spécial au niveau des tâches et des prérogatives que la Constitution leur confie ;

Considérant que cette attaque frappe notre Région au niveau de l’administration régionale, mais également des collectivités locales, en ignorant et en anéantissant le rôle représentatif des communautés qui sont les interprètes et les garnisons de l’esprit du territoire ;

Prend acte que les mesures et l’attitude du Gouvernement italien visent à introduire des formes opprimantes de contrôle sur les Autonomies, également par des modifications constitutionnelles qui permettent au Gouvernement et à l’Etat des interventions discrétionnaires de centralisation des fonctions et des compétences ;

Compte tenu que les Autonomies spéciales sont ainsi fortement menacées par un processus de véritable effacement ;

Considère que des réductions budgétaires disproportionnées ont été disposées à la charge des Régions spéciales, entraînant des conséquences pénibles sur les services aux citoyens et sur l’économie de la Vallée d’Aoste tout entière ;

Préoccupé par les conséquences du pacte de stabilité, qui réduit davantage la capacité de dépense de la Région et des collectivités locales ;

Rappelle que cette façon d’agir mine le fondement de la Constitution italienne qui garantit le respect des différentes identités et des communautés locales et territoriales ;

Met en évidence que le projet du Fédéralisme fiscal, au sein duquel la Vallée d’Aoste, avec responsabilité, a cru et a su faire sa tâche en respectant les accords, n’a plus été abordé par le Gouvernement italien ;

Souligne encore qu’on ne peut pas envisager la possibilité d’épanouissement et d’essor de notre Région sans l’adoption de politiques ayant un caractère fortement régional, que seule une Région bénéficiant d’une Autonomie spéciale peut soutenir ;

DONNE MANDAT A SES ELUS

au niveau du Parlement Italien, à l’échelon régional et communal :

· de continuer à défendre le Statut d’Autonomie de la Vallée d’Aoste, en poursuivant et en promouvant des actions unanimes, avec les autres régions à statut spécial du nord de l’Italie, afin que aussi la voix autonomiste puisse avoir son écho à niveau institutionnel italien et européen ;

· de promouvoir les intérêts de la Vallée d’Aoste, de ses collectivités locales ainsi que de tous les Valdôtains ;

S’ADRESSE À TOUS LES CITOYENS

qui croient aux valeurs fondantes de notre spécificité et qui travaillent au maintien de notre identité, de notre culture, de nos langues et de notre mémoire historique pour qu’ils réagissent aux tentatives de les effacer ;

A la Jeunesse Valdôtaine afin que dans les nouvelles générations puissent s’épanouir le débat autonomiste et une forte conscience d’appartenir à une réalité spéciale à défendre et a sauvegarder ;

APPELLE TOUTES LES FORCES POLITIQUES PRÉSENTES EN VALLÉE D’AOSTE

à se confronter avec les thèmes de la défense de l’autonomie et de l’identité régionale, qui sont le patrimoine commun de toute la population valdôtaine, dans le but de combattre toute forme de centralisation politique et administrative.

Ego Perron

Le président de l'Union Valdôtaine Ego Perron

Chers congressistes, 

Merci de cette nombreuse présence et merci à la Commune de Pont-Saint-Martin qui nous accueille : c’est pour nous un lieu historique dans lequel nous avons toujours commencé des batailles importantes qui nous ont vus presque toujours victorieux. Merci à la Section de Pont-Saint- Martin pour ses mots, merci à vous toutes et à vous tous, merci à la presse qui pourra assister à tous nos travaux. 

Ce Congrès se situe dans un moment difficile : c’est le dernier Congrès de cette législature et de ma présidence, c’est le dernier Congrès avant deux échéances importantes : les élections politiques et les élections régionales ; c’est un Congrès qui se situe aussi dans un tournant important de notre histoire, un moment difficile du point de vue économique. 

Le mot crise nous a accompagnés pendant toute le législature : un mot qu’on imaginait provisoire, un mot qui a conditionné tous nos choix pendant ces cinq années ; et je veux reconnaître ici l’action de nos élus, qui à travers toutes les manœuvres financières ont donné des réponses concrètes en faveur de la communauté valdôtaine, et les en remercier. 

C’est un moment difficile parce que l’Italie est en difficulté : l’idée qu’il y a une dette publique de 2.000 milliards nous rend pessimistes. Lors du Congrès précédent, quand on a choisi de discuter de travail, on avait vu loin, on avait déjà souligné que le Mouvement devait se pencher sur la nécessité d’entreprendre des mesures concrètes en faveur de l’emploi. 

Notre Congrès aujourd’hui se situe donc dans un moment politique critique : il y a un sentiment d’antipolitique qui monte, qui risque indifféremment de toucher tout le monde ; nous vivons dans une société dont les changements sont rapides et parfois très difficiles à comprendre et les interlocuteurs politiques ou institutionnels sont toujours plus éloignés de nous, ils sont de moins en moins capables d’interpréter une petite communauté comme la nôtre (je pense à l’Europe et à l’Italie) dans un monde qui a une vision globale, où seulement les grands nombres sont pris en considération et les petits sont effacés. 

C’est de là que je voudrais partir pour parler de nos relations avec l’Etat. Nous avons affronté toute cette législature, pendant le Gouvernement précédent comme pendant l’actuel, avec le sens des responsabilités. Nous ne nous sommes pas soustraits aux difficultés que l’Italie traverse, on a dès le début dit clairement que nous ferions notre contrepartie pour remédier aux difficultés de ce Pays, en assurant une administration correcte ; nous avons tenu compte d’un panorama changeant et essayé de s’y adapter : je rappelle que le slogan des dernières élections régionales disait "Gouverner les changements”, on s’était donc engagé à ne pas les subir, mais à les affronter en essayent de s’y adapter et de donner des réponses concrètes. 

Je veux réaffirmer que notre attitude a été positive et je dirais même propositive, trop souvent sans recevoir aucune considération de la part de nos interlocuteurs. On a cru important, à la veille des prochaines élections, d’en discuter entre nous, dans un Congrès, afin que ce moment important de confrontation avec notre base puisse aboutir au partage d’une vision. 

Un moment qui veut également dénoncer, passez-moi le mot, vis-à-vis de l’opinion publique valdôtaine ce qui se passe, afin que les responsabilités soient claires, puisqu’aujourd’hui il y a la tendance à affirmer que la faute est toujours aux gouvernants : sans doute, nous ressentons sur nous la responsabilité de ce qui se passe, mais je crois qu’il est nécessaire de faire des distinguos, face à un Etat qui affirme clairement une orientation centraliste. Il y a un mot qui revient, qui ne fait pas partie de notre langage et de notre mentalité : c’est « l’intérêt supérieur de l’Etat », qui rappelle l’époque durant laquelle on a nationalisé l’eau au nom de "l’interesse nazionale”. Cela est très dangereux et nous oblige à réfléchir sur notre action. 

Le contexte actuel nous pousse à repenser notre politique autonomiste de façon différente, de façon nouvelle par rapport à ce qu’on a toujours fait et à ce qu’on a toujours eu, en étant conscient que certains acquis dont nous avons pu bénéficier peuvent être lourdement mis en discussion. 

Ce moment demande une présence autonomiste plus forte, plus incisive, à mon sens également plus projetée vers l’avenir, parce qu’aujourd’hui notre Autonomie est attaquée de tous côtés. Il y a une crise de consensus interne, car les gens pensent que tout ce qu’on a est dû et qu’il n’y a aucune possibilité de le mettre en discussion ; que tous les services que les Communes et l’Administration régionale ont assurés jusqu’à maintenant doivent nécessairement être maintenus. Il faut être clairs, il faut essayer de faire comprendre que nous risquons fortement que ce ne soit plus ainsi. 

Alors, il est nécessaire que les gens apprennent à donner à nouveau de la valeur à l’Autonomie. Il y a également des raisons de crise externes, car l’Autonomie est conditionnée par tout ce qui se passe à l’extérieur. On a l’obligation de contribuer à une solidarité nationale qui concerne l’Etat, mais, disons-le clairement, que les manœuvres financières, que chacun de nous vit sur sa peau en tant que citoyen, risquent de porter l’Italie à une véritable récession et, d’un point de vue politique, risquent fortement de mettre en discussion nos compétences et tout ce qu’on a eu jusqu’à maintenant, grâce aussi aux moments de discussion et de confrontation pas faciles avec le Gouvernement précédent : je pense à la discussion qu’il y a eu sur le fédéralisme fiscal, quand on a réécrit une page importante des règles de relations avec l’Etat. 

Après est arrivé le Gouvernement actuel, qu’on a salué positivement de prime abord, car on le présentait comme l’arrivée de tout le bien par rapport au mal qu’il y avait auparavant : nous l’avons accueilli avec le sens des responsabilités, en le votant, mais on a dû bientôt constater qu’il y avait un dialogue à sens unique. 

On devait discuter en tant que petite communauté avec un interlocuteur sourd, qui ne raisonne pas en terme politique, qui ne tient pas compte qu’en Italie il y a des différences, qui ne tient pas compte qu’on ne peut pas raisonner uniquement selon la logique des grands nombres: parce que c’est une horreur quand l’Etat dit que les grands nombres seulement peuvent exister et que les petits n’ont plus le droit d’exister puisqu’ils sont petits. Il faut réagir. 

Il faut réagir en tant que communauté valdôtaine, parce qu’on ne peut pas assister en spectateurs à un vol des compétences, de nos prérogatives et de tout ce que nous avons acquis pendant des décennies de combat. 

Les manœuvres que ce Gouvernement a faites ont de lourdes conséquences sur les finances de notre Région, mais également sur notre organisation. Partons du concept des autonomies locales : sur ce thème l’Union Valdôtaine a été pionnière. Les réformes qu’on a eu la capacité d’imaginer sont allées dans la direction d’une vraie valorisation et d’une reconnaissance du rôle et de la fonction de nos collectivités locales. Après la loi constitutionnelle 2 de 1993, par laquelle nous avons eu la compétence sur les autonomies locales, la Région a essayé de réglementer de façon organique, complète et précise tout le système des collectivités locales. 

On a essayé de leur garantir des ressources sûres, d’aller dans la direction d’une réelle autonomie financière. Après il y a eu les transferts aux collectivités locales et les lois de secteur, qui ont permis également aux collectivités locales de faire des choix stratégiques. Il y a eu les contraintes imposées par le pacte de stabilité, que les collectivités locales ont absorbées avec une attitude positive, en concourant à atteindre les objectifs de finance publique nationale. 

On a introduit l’élection directe du syndic et de son adjoint ; on a réglementé le statut des administrateurs, en prévoyant un lien avec celui des administrateurs régionaux. On est arrivés à la loi 54, qui a réglementé la matière du système des autonomies, qui a indiqué la Commune comme le niveau de gouvernement fondamental auquel attribuer des compétences, sauf celles d’orientation et de coordination, qui restent à la Région. Il y a eu donc de la part de l’Union Valdôtaine une précise et forte attention au sujet des collectivités locales. 

Aujourd’hui nous enregistrons de grandes difficultés, à cause du Gouvernement central, qui n’a tenu en aucune considération les spécificités caractérisant les autonomies spéciales. Sur ce thème aussi, il faut défendre l’autonomie de la Vallée d’Aoste : là il n’y a pas une différence de visions : la Région et les collectivités locales ensemble envisagent clairement la nécessité d’aller dans la direction de sauvegarder nos compétences et de défendre les acquis qu’on a en cette matière. 

Dans un contexte difficile, nos entités locales ne peuvent que manifester leur contrariété vis-à-vis d’une dictature de la part de l’Etat par des lois irrespectueuses des normes constitutionnelles qui ont donné lieu en Vallée d’Aoste au système des autonomies locales. Il y a donc un panorama qui change, il y a la conscience et la nécessité de devoir concourir à ce processus, les collectivités locales ayant la pleine conscience de devoir développer l’exercice des fonctions des Communes ensemble, afin de réduire les frais, d’améliorer la qualité des services et de simplifier les liens avec les citoyens. 

L’idée de l’Union Valdôtaine est de parvenir à une réforme tenant sans doute compte de la situation actuelle, mais en introduisant des éléments de changement, parce que la situation actuelle le demande. Je suis heureux qu’à l’intérieur de l’Union Valdôtaine il y a eu la possibilité de trouver un large consensus sur les décisions : je le dis car une certaine presse avait présenté le débat au sein du Celva comme une sorte de "resa dei conti” entre unionistes. 

Tout le monde réaffirme la validité de ce qui a été fait, mais en même temps il faut prendre acte que le système qu’on a connu jusqu’à présent ne pourra plus être garanti, qu’il y a aujourd’hui la nécessité forte de réviser notre organisation, de réécrire de façon différente une partie de notre Autonomie : et j’espère que ce Congrès pourra être l’occasion de réaffirmer notre volonté de procéder vers des changements du modèle actuel, car il est important d’en parler ici avec notre base. 

Il y a plus : la réforme possible de l’Article V de la Constitution doit nous faire peur, car il y a eu une tentative de ce Gouvernement de nous enlever une partie importante de notre Autonomie. On en avait parlé au Conseil fédéral et avec les présidents des Sections, je dois vous avouer qu’il y a eu une réaction très mitigée et cela m’a préoccupé. Je ne voudrais pas que, même entre nous, il y ait l’idée que l’Autonomie est en danger uniquement quand on est touché personnellement : ça nous a fait mal d’entendre que, quand on a supprimé les bons d’essence, les gens disaient : "que nous reste-t-il de l’Autonomie ? Il n’y a plus rien”. 

C’est une banalisation mortifiante de tout le travail qu’on a fait pendant ces 50 ans d’activité au Parlement et à la Région. Je pense qu’il faut réagir. Ce moment difficile nous oblige à repenser notre politique autonomiste, il nous demande une présence politique plus forte, plus incisive et davantage projetée vers le futur. Ce Gouvernement démissionnaire a une attitude fortement contraire vis-à-vis des autonomies spéciales : il y a une volonté précise de rediscuter l’organisation constitutionnelle de l’Etat avec l’expropriation possible de toutes les compétences que nous avons acquises jusqu’à maintenant. 

L’Union Valdôtaine est préoccupée : il ne faut pas confondre l’aspect des coûts de la politique, sur lequel on est en train de travailler, avec une tentative évidente d’anéantir ce que nous possédons. La question est une autre : il y a le risque qu’on nous ôte la possibilité de légiférer, avec des conséquences graves pour la Vallée d’Aoste et pour son économie. Il y a le réel danger que nous n’ayons plus la possibilité d’instaurer nos règles et de nous gouverner selon notre Statut. 

Une initiative politique est nécessaire, une initiative qui puisse instaurer un débat entre nous, mais aussi à l’extérieur. Il faut avant tout que nous trouvions la force de réaffirmer nos spécificités à partir de l’emploi du français, sur lequel on est un peu timides, même dans les Institutions. Il faudrait que même dans les Institutions et chez les élus, on envisage un usage du français plus fort, parce que c’est notre identité culturelle qui nous distingue face à l’Etat. S’il n’y a pas la présence de cet élément culturel, il n’y a aucune possibilité de faire comprendre à l’Etat italien que nous sommes différents des autres. 

On dit quoi ? Qu’on est une Région frontalière ? Une Région de montagne ? Il y en a d’autres aussi ! Nous devons réagir sur cela, nous devons valoriser cet élément pour réaffirmer notre différence également de façon moderne, comme instrument pour nous ouvrir vers d’autres communautés. J’ai assisté au comice de Grillo, car j’étais curieux : j’ai été lourdement mortifié d’écouter des gens qui sont venus ici, dans une Région qui leur a offert beaucoup, qui leur a donné la possibilité d’avoir du travail, se moquer de tout ce qui nous appartient et qui nous est cher : se moquer du fait qu’on parle le patois, qu’ici on produit la fontine, que nous habitons à la montagne. 

Mais alors trouvons, en tant qu’unionistes, la force de réagir ; trouvons, en tant que Valdôtains, des moments d’unité pour défendre nos acquis, nos spécificités, pour défendre le fait que nous sommes Valdôtains et que nous sommes capables de nous donner des règles sans recevoir des leçons de morale et des offenses de la part de ceux qui viennent chez nous, nous expliquer ce que nous devons faire ! Ce Congrès se situe dans un moment délicat de notre histoire, crucial par ce qu’il y a les élections législatives et les élections régionales. 

Ce congrès terminé, je convoquerai immédiatement la commission politique, afin que nous commencions des pourparlers avec les autres forces politiques : la défense de l’autonomie est un slogan qui peut être perçu comme banal, mais elle doit être le point de départ pour discuter avec les autres forces politiques. 

On demandera à ce propos, à nos deux candidats qui seront choisis pour le passage des élections législatives, un engagement fort et prioritaire, chargé d’une énergie renouvelée. Une initiative politique est nécessaire pour défendre les fondements de notre autonomie contre les agressions externes de la part du Gouvernement et d’une certaine information qui tend très souvent à banaliser, et également contre une ligne de pensée qui voudrait abolir les Régions pour proposer à nouveau, à droite comme à gauche, le monstre juridique que constitue les macro-régions. 

Il faut également réagir contre la volonté montante de discréditer les Régions, notamment les Régions à Statut spécial, qui nous décrit toujours et exclusivement comme des privilégiées. Dans cette bataille, nous ne devons ni rester seul, ni être mal accompagnés. Nous devons relancer - et nous l’avons déjà fait, mais il faut continuer - les relations avec les autres minorités italiennes du point de vue institutionnel et politique. Le Président de la République, pendant sa visite à Aoste, a rendu publiquement acte de la valeur de notre minorité, mais après la politique romaine a repris son cours. 

Mobiliser les gens : c’est un terrain difficile, on en a discuté l’autre jour dans une section, mais cela fait longtemps que l’UV ne manifeste plus dans les rues. A mon sens, si on nous vole l’autonomie faisons une manifestation, donnons du relief au fait que les Valdôtains sont prêts avant tout à défendre leur autonomie. Essayons de combattre l’image négative de notre autonomie auprès des médias et dans les journaux. 

Essayons également de bâtir un nouveau sentiment, dans notre communauté, sur les risques forts que nous courons. Essayons de stimuler à travers nos sections, à travers nos élus, à travers notre base, une participation directe des gens. 

Essayons de travailler pour créer une sorte de « sympathie nationale » contre l’agression envers une petite Région qui risque de voir écraser ses droits sous le poids de l’Etat. Je pense que l’on pourrait écrire un manifeste, un manifeste avec des buts communs et - pourquoi pas - convoquer une assemblée du peuple valdôtain. Essayons de voir qui est avec nous. Essayons de voir comment la Vallée d’Aoste réagit face à cela. Une manifestation pacifique, évidemment : mais ne soyons pas des spectateurs passifs face à la tentative de l’Etat de nous écraser. 

Appelons les gens à une mobilisation, afin qu’il soit clair, vis-à-vis de l’Italie et même de l’Europe, que les Valdôtains ne veulent pas se soustraire aux sacrifices que cette période demande, mais que cela doit se faire en respectant notre Statut et notre Autonomie. Notre effort en tant qu’UV est de rassembler et de ce Congrès de l’Union Valdôtaine doit naître un appel : un appel à toutes les forces politiques, de droite comme de gauche, aux personnes responsables, aux gens qui ont à cœur notre autonomie. 

Une proposition ouverte, à discuter avec le monde politique et social, les milieux économiques, la société civile, l’opinion publique. Nous ne prétendons pas avoir l’exclusivité, au contraire essayons d’appeler avec nous tous ceux qui veulent contribuer aux idées, au débat, aux propositions et aux programmes, avec peut-être des instruments nouveaux, des idées nouvelles, des gens nouveaux : voyons qui, parmi nous, est prêt et qui a envie de se mettre en avant. 

Je crois que ce sera un moment important de confrontation, un point de départ pour préparer les élections législatives et les régionales. Dans ce sens je veux dire clairement à ce Congrès, pour répondre à certaines questions, qu’il y a eu des passages, dans cette législature, qui ont créé des difficultés dans certains milieux unionistes : je dois remercier le monde unioniste de la confiance que vous avez donnée à vos dirigeants, et dont nous tenons compte. 

Il n’y a rien d’écrit pour l’avenir, je le dis clairement : les futures alliances seront discutées au sein du Mouvement, de nos organes, en commission politique, au Conseil fédéral, au sein de nos sections. Je le dis afin qu’il n’y ait aucun équivoque : les alliances futures de l’UV sont toutes à écrire, en partant bien sûr des relations privilégiées qu’on a avec les forces autonomistes. Après, je crois qu’il y a la possibilité de discuter, je veux à ce propos être très clair, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté. 

J’imagine la politique comme la capacité, parfois, de rêver. Rêver, cela ne veut pas dire regarder la lune. Les rêves sont faits par des personnes concrètes qui travaillent et qui ont dans le cœur des idéaux, et nous avons le devoir d’imaginer des projets ambitieux, des perspectives, des défis pour notre communauté. Nous devons travailler pour redonner une âme à notre Autonomie, sortir de cette logique banale et irrespectueuse qui l’identifie aux bons d’essence : l’Autonomie peut être à nouveau le grand rêve collectif de notre peuple. 

C’est un défi lancé par l’Union Valdôtaine, c’est un point de départ pour commencer une nouvelle saison, pour bâtir un grand projet politique autonomiste, avec une nouvelle conscience de ce que l’on risque de perdre : après ce sera trop tard et j’espère que les gens n’auront pas à regretter d’avoir perdu la bataille. 

Ce Congrès se déroule dans un moment particulier de notre histoire, on vient de perdre le referendum sur lequel il y a eu un partage des responsabilités. Je l’ai dit et je le réaffirme : j’assume mes responsabilités sur ce qui s’est passé, on a été faible pendant la campagne électorale, il y a plusieurs raisons qui ont entraîné ce résultat, notamment une campagne électorale fondée sur la peur et les mensonges ; peut-être que nous nous sommes trompés dans la communication, je voudrais comprendre cependant quel autre message aurions- nous dû véhiculer pour gagner. 

On se présente à ce Congrès avec la démission de mon adjoint : de mon côté je regrette cette décision car, en ce qui me concerne, il y a toujours eu la possibilité au sein du Comité fédéral de discuter. Parfois dans une famille comme au sein d’une équipe, il arrive de discuter. 

On n’est pas seulement un groupe d’amis qui font la fête, c’est un groupe qui a des fonctions, des compétences, qui se rallie pour gérer une situation : ça peut arriver, je pense qu’en se parlant, si l’on veut, on peut résoudre et comprendre s’il y a un travail commun à améliorer. Nous sommes ici à ce Congrès avec la démission irrévocable de Laurent Viérin : en tant que Mouvement nous en avons pris acte avec regret. Je te l’ai dit, Laurent, et nous t’avons remercié du travail que tu as accompli en exerçant tes fonctions ; et je veux dire clairement que les discussions qui se sont déroulées au sein du Mouvement ont répondu à des requêtes de confrontation et personne, je le dis sereinement, n’a voulu te mettre sur le banc des accusés. 

Il y a eu des moments de confrontations où chacun a été invité à expliquer ses raisons pour se comprendre. Je veux également préciser, car c’est un sujet important, que jamais n’a été évoqué, de notre part, un prétendu contrôle ni sur l’école ni sur la liberté d’enseignement, car depuis toujours l’Union Valdôtaine gère ce délicat secteur et croit fortement dans la valeur des institutions scolaires et dans les qualités professionnelles des enseignants. 

En même temps, nous avons réaffirmé la volonté du Comité de porter de l’avant un dialogue serein et constructif au sein du Mouvement, visant à permettre aux différentes sensibilités présentes d’apporter, si nécessaire, leur contribution pour la croissance pour le Mouvement. Hier nous en avons discuté avec le vice-président, le trésorier et le Sénateur Fosson. 

Ce dernier m’avait adressé une lettre qui soulignait une série de questions existantes dans le Mouvement et demandait des éclaircissements, avec des appels à un dialogue plus ouvert, avec la volonté d’avoir des réunions supplémentaires de confrontation : cet échange d’idées a été profitable pour tout le monde. 

Je termine en souhaitant que ce Congrès puisse représenter un moment d’unité, d’un message fort pour une Vallée d’Aoste qui nous regarde et qui attend de la part de l’Union Valdôtaine un message d’unité pouvant amener à un renforcement politique du Mouvement, mais aussi à un message clair. Il y a eu trop de voix, trop de bruit à l’extérieur, trop de messages de division qui font du mal à notre Mouvement, qui ne font qu’augmenter le succès de nos adversaires, avec des déclarations aux médias qui alimentent les problèmes et les divisions. 

Je réaffirme ici toute ma disponibilité au dialogue et pour des occasions de confrontation pour retrouver, s’il y en a la nécessité, une meilleure façon de travailler ensemble : mais pour cela il faut être deux et vouloir reconnaître le Mouvement en tant qu’interlocuteur, cela n’arrive pas toujours. Il y a toutes les conditions pour faire encore ressortir la véritable âme du Mouvement : un Mouvement qui se reconnaît dans ses idéaux, qui peut croître au sein des diversités qu’il y a dans la société. 

On doit tenir compte de la société qui change, sans renoncer aux valeurs fondamentales, en revendiquant avec orgueil tous les principes qui nous distinguent. Ces années à la présidence m’ont permis de connaître la grande richesse qu’il y a au sein de l’UV et surtout la nécessité de comprendre les jeunes générations. Je pense que si nous avons la force d’investir sur les jeunes, nous pourrons former une nouvelle classe dirigeante. Nous avons besoin d’une présence plus forte sur le territoire en essayant de comprendre mieux les exigences de ce territoire, d’une action plus forte de relance et de confrontation avec les autres forces politiques. 

Je pense qu’en cette période difficile pour la politique, il est important que la collaboration entre tous les organes, les élus, les sections, notre base a réussi à rassembler ici 500 personnes. Tous ensemble, nous pouvons travailler, avec un peu d’optimisme, pour imaginer un avenir pour notre communauté et aller sereinement vers les prochaines élections. Notre défi en tant que mouvement politique est cependant de regarder au-delà, car notre responsabilité vis-à-vis de notre peuple est de penser et d’élaborer le futur de la Vallée d’Aoste au sein d’une Europe et d’une Italie qui changent radicalement. 

Voilà le sens de l’intitulé de ce Congrès. L’autonomie du futur sera capable de raviver notre identité culturelle, de dialoguer avec les autres et d’exporter un modèle gagnant en Italie et en Europe. Aujourd’hui, grâce à ce Congrès, l’Union Valdôtaine se présente avec un engagement politique fort et nouveau, avec un esprit d’ouverture, je souligne d’ouverture, envers les autres forces politiques. 

Je termine en disant que nous confions aux jeunes tous nos espoirs et je remercie donc la Jeunesse Valdôtaine d’être venue si nombreuse, car cela nous honore de voir autant de jeunes qui représentent notre avenir. Il n’y a pas ici des positions de pouvoir à défendre, ni personnelles : il y a notre Mouvement, nos institutions, la Région et les Communes qui doivent être des institutions libres ; notre Autonomie, notre terre, nos droits à avoir un bon gouvernement dans un cadre de solidarité qui puisse développer et donner du bonheur à la Vallée d’Aoste, surtout dans un cadre d’union entre nous, qui est notre véritable force et notre vraie richesse. 

Vive la Vallée d’Aoste, vive l’Union Valdôtaine !

Augusto Rollandin

Le président de la Région Augusto Rollandin

Compétences et Communes : deux piliers de l’Autonomie

Chers congressistes, chers unionistes, 

bonjour à toutes et à tous. Le thème de ce congrès est sans doute des plus difficiles et engageants. J’essaierai de faire quelques réflexions sur les aspects qui caractérisent les relations entre l’État, les Régions et les collectivités locales. 

Pour ce qui est de l’État, le point de repère est la Constitution, qui prévoyait dès le début l’institution des Régions, même si on a dû attendre jusqu’en 1970, et même 1977, pour que les Régions ordinaires fonctionnent. Parmi les modifications importantes de la Constitution, on peut rappeler la loi constitutionnelle n. 3 de 2001, qui a changé les rapports entre les pouvoirs et les institutions. 

L’article 114, dans sa nouvelle formulation, établit que « la Repubblica è costituita dai Comuni, dalle Province, dalle Città metropolitane, dalle Regioni e dallo Stato », ce qui signifie donner la même dignité à tous les niveaux institutionnels qui constituent la République : entre les Régions et l’État, surtout, il devrait y avoir une loyale collaboration, souhaitée par tous les Présidents de la République. 

L’article 117 concerne la répartition des compétences entre l’Etat et les Régions : l’aspect le plus important, qui influence toute la partie restante, est que « la potestà legislativa spetta alle Regioni in riferimento ad ogni materia non espressamente riservata alla legislazione dello Stato », ce que très souvent on oublie et on veut faire oublier. 

Pour ces changements constitutionnels, qui ont été l’objet d’un référendum, de notre part il y avait une opposition, non pas sur ses contenus, mais sur la procédure de réforme de notre Statut spécial, qui ne prévoit pas l’accord préalable avec la Région. Vous savez que, pour changer le Statut, on applique l’article 138 de la Constitution et la Région a deux mois pour donner son avis sur le nouveau texte ; mais la décision finale revient unilatéralement à l’Etat, ce qui rend faible notre possibilité de résister au changement. 

C’est là un aspect très délicat qui s’insère dans l’actualité politique de ces derniers temps, car après cette réforme constitutionnelle il y a eu la loi sur le fédéralisme fiscal, qui visait à donner aux Régions ordinaires un pouvoir administratif plus important, en leur assignant des recettes. 

Ce qui est important, c’est qu’après cette décision d’aller vers, une responsabilisation – combien de fois on a entendu ce mot, responsabilité – de l’institution qui est plus proche des gens, qui sont les vrais usagers des lois et de la Constitution, on a brusquement changé au moment où il y a eu la crise et qu’on a pris acte – ou, mieux encore, l’Europe a obligé l’Italie de prendre acte – de l’importance de la dette publique. 

En conséquence, on a interprété comme la solution des maux de l’Italie la réduction de l’autonomie des Régions, en particulier des Régions à Statut spécial, par une néo-centralisation de l’État, en imaginant que c’est au niveau des Régions que les institutions ne marchent pas. 

Ce changement radical est l’exact contraire de ce qu’étaient les attentes des Régions ordinaires et, surtout, du maintien de nos Statuts, pour les Régions à Statut spécial. Durant ces deux dernières années, il y a eu une attaque continue vis-à-vis, et en particulier, des Régions à Statut spécial : une attaque qui a été décidée de façon transversale par tous les partis : il y a des initiatives législatives pour anéantir, effacer les Régions à Statut spécial, de tous les partis, sans exception. 

Alors vous comprenez que l’attitude de ce dernier Gouvernement a été d’essayer de faire croire que l’expérience positive des Régions à statut spécial est un faux problème et que c’est une question non de droits, mais de privilèges. Combien de fois on a lu dans les journaux les attaques aux Régions à Statut spécial, décrites comme des privilégiées, celles qui ont de l’argent, qui le gaspillent, qui l’ont gaspillé, qui l’utilisent mal, en cachant, au contraire, le résultat d’une gestion correcte, surtout – il faut le dire – de la part des Régions et des Provinces autonomes du Nord. 

Car quelle est la faiblesse des Régions à Statut spécial ? Qu’il y a des différences entre ce qui s’est passé dans les Régions du Nord et ce qui s’est passé en Sicile et en Sardaigne. Le mal, c’est que ces derniers temps, chaque fois qu’il y avait une manœuvre du Gouvernement Monti, l’attitude n’était pas de partager la diminution des financements de manière correcte entre les Région ; mais on disait : « per le Regioni a Statuto speciale con la cifra di… » et c’étaient les Régions à Statut spécial qui devaient partager entre elles le montant des « tagli » : 600 millions pour les Régions à Statut spécial et 600 millions pour les ordinaires. 

La répartition entre les Régions à Statut spécial était toujours très difficile car, pour les Régions du Nord, il y avait des données, des budgets, des bilans : on avait des données sur lesquelles travailler, des points de repère. Pour la Sicile, il n’y avait pas de budget. 

Pour la Sardaigne, on était en train de voir comment changer les lois et les règlementations. Evidemment, on avait des difficultés pour trouver un accord : alors, quelle était la solution de l’État ? Si les Régions à Statut spécial ne trouvent pas un accord, c’est l’État directement qui va partager et faire la répartition entre les Régions à Statut spécial : ce qui a risqué de pénaliser très fortement le Val d’Aoste. 

Encore dernièrement, on a dû intervenir et trouver à la dernière minute, sur certaines mesures, un accord pour ne pas pénaliser davantage le Val d’Aoste : la dernière fois, d’à peu près vingt millions d’euros. Le Gouvernement Monti, comme tout le monde le sait, a administré en essayant de réduire les dépenses. 

La première règle c’était de réduire les dépenses et d’augmenter les taxes au niveau communal ou régional. Comme d’autres professeurs l’ont dit, il n’y avait pas besoin de professeurs pour faire ça. Je crois que des personnes normales suffisaient. Je crois que tout le monde, même la plus petite Commune de nos montagnes, sait qu’il est plus facile de réduire. On va restreindre les dépenses et augmenter les impôts. Après on fait l’addition et évidemment on a réussi à réduire. 

Les vraies réformes, visant au développement de l’économie, à lui donner un élan, on ne les a pas faites. L’unique changement a concerné les retraites et les « esodati » sont encore là à attendre une solution. Pour le reste, je crois que les réformes doivent encore arriver. On les a annoncées et les seules lois qui ont été approuvées n’ont pas les règlements d’application pour les rendre efficaces. 

Alors je crois que le thème qui nous concerne, l’État et les Régions et collectivités locales, révèle déjà le point faible : qu’on n’a pas d’interlocuteur. Pendant cette dernière année, chaque fois qu’on a demandé de rencontrer les responsables du Gouvernement on n’a pas obtenu de réponse. Chaque fois que l’on soumettait à la Conférence État-Régions un projet de loi, on avait trente jours pour nous exprimer. 

Si on ne s’exprimait pas, elle allait de l’avant quand même car il y avait toujours, à la Chambre comme au Sénat, le vote de confiance. Je voudrais rappeler que le vote de confiance est l’exact contraire du débat et de la discussion : la discussion n’existait pas, c’était déjà tout fait, tout confectionné. Il est évident que ces derniers temps, le centralisme total a représenté un changement radical de l’attitude vis-à-vis des Régions et des Communes. 

Bien sûr, pour la Région, les points de repère sont son Statut, qui donne la possibilité de réglementer par des lois plusieurs secteurs, comme on l’a fait pendant des années, et la loi financière, la loi 690, qui est vraiment importante pour l’organisation de la Région, mais aussi des Communes ; car elle donne la possibilité d’avoir des financements pour les Communes par la loi 48, qui prévoit 95% de l’IRPEF, c’était en quelque sorte réglementer l’activité principale de l’action des Communes, qui pouvaient présenter leur budget en sachant qu’il y avait sur les montants de l’IRPEF un point important au-delà de ce qu’étaient les revenus directement prévus. 

J’ai voulu le rappeler, car ces derniers temps, les interventions de l’État par rapport aux recettes de l’Administration régionale comportent une réduction des recettes de 12% en 2011, de 32% en 2012, de 38% en 2013 et de 40% en 2014. Cela est prévu dans des lois déjà approuvées et qu’il faudra évidemment appliquer. Je crois que ces chiffres bruts en disent plus que ce que l’on pourrait débattre pendant des journées. Pendant cette législature on avait obtenu - et c’était la seule Région - une modification de la loi 690, qui prévoyait sur certains impôts une quote-part de neuf, voire de dix dixièmes, et qui nous donnait la possibilité d’avoir les recettes nécessaires pour continuer notre activité. 

Qu’est-ce qui s’est passé après ? Sur toutes les recettes, on n’applique plus directement cette loi, car il y a une intervention directe de l’Etat, qui en garde une partie comme « riserva d’erario ». Pas seulement : la dernière et la plus lourde ingérence de l’Etat est représentée par le pacte de stabilité, qui concerne autant la Région que les collectivités locales. 

C’est un drôle de système pour réduire à l’impuissance la disponibilité financière de la Région et des Communes. Comme vous le savez, on a du mal dans cette période à faire des paiements qui autrefois était faits en six jours, car on doit respecter le pacte de stabilité et on ne peut plus utiliser l’argent qu’on a. 

On a l’argent, mais on ne peut pas l’utiliser. On doit faire passer ce message aux opérateurs, aux artisans, à toutes les personnes qui doivent avoir une réponse, leur expliquer qu’on est dans l’impossibilité de dépasser ces limites. On a réussi, ces derniers temps à modifier un peu le passage et donc je crois qu’on trouvera quand-même un accord pour dépasser cette situation, mais le pacte de stabilité pèse lourd sur les Communes aussi, et c’est un danger de plus pour l’autonomie de la Région comme des Communes. 

J’ai voulu reprendre en deux mots, pour ne pas trop vous fatiguer, ce qu’est la volonté d’anéantir l’autonomie, le système de faire manquer les recettes. Evidemment, si on n’a pas d’argent l’autonomie risque vraiment d’être un piège. 

L’autonomie, après la loi financière 690, avait donné finalement une disponibilité forte d’argent pour l’Administration régionale et je crois que, si on a eu un développement fort de toutes les Communes et de l’Administration régionale, si on a pu intervenir dans les différents secteurs, dans les infrastructures, dans le tourisme, dans le secteur des remontées mécaniques, si on a refait les routes, c’est grâce à cette possibilité d’aider les Communes. Maintenant on fait un pas en arrière. Maintenant, les grandes œuvres, je crois, qu’on ne peut plus les imaginer. 

On est là pour terminer les œuvres qu’on avait et qu’on a en cours : l’hôpital plutôt que l’université. Mais ce sont des projets d’hier. Maintenant il est presque impossible de faire de grands projets, car il n’y a plus la possibilité d’avoir les recettes nécessaires. Et en venant à l’autre pilier de notre autonomie, les Communes, comme vous le savez, l’Administration régionale, d’une façon très correcte, s’était organisée avec les Communes et les Communautés de montagne, qui avaient déjà été utilisées comme point de repère pour une série de services à gérer en commun. 

La Commune a été dès le début le point caractérisant notre Région. Pour sauvegarder les Communes on a fait dans le temps l’impossible, et je crois qu’on a bien fait. Dans le temps les petites écoles communales allaient dans le sens de primer le fait que les gens restent dans nos petites communes : et le système pour soutenir les Communes n’était pas de dire « les Communes existent », c’était de faire de façon qu’elles puissent vivre, en facilitant la présence des personnes qui y vivent. 

Nous savons très bien qu’il y a eu, surtout dans les petites Communes, dans les Communes des vallées une certaine migration vers la commune d’Aoste et les communes environnantes, qui ont vu leur population augmenter. 

Les petites Communes ont malheureusement perdu un certain nombre de résidents : le travail était ailleurs et alors on se déplaçait. Les jeunes qui ont étudié gardent difficilement le rapport direct, même si on a fait l’impossible pour les faire rester. ils reviennent bien sûr, mais bien souvent sont obligés de se déplacer avec leur famille. Je vous ai rappelé qu’on a donné des ressources importantes pour maintenir la population dans les Communes. 

Les micro-communautés pour les personnes âgées ont donné une solution pour les personnes âgées, mais ont aussi donné la possibilité à une série de personnes de travailler sur place : aujourd’hui on a, à peu près, six cent personnes, surtout des femmes, qui travaillent dans les micro-communautés. 

Ça a été un double avantage, pour les personnes âgées et pour le travail qualifié des personnes qui y travaillent. On a fait la même chose pour les installations sportives, les remontées mécaniques, les routes, les infrastructures et les services sanitaires, adéquats aussi pour les petites communes : c’est un système pour qualifier, pour donner une réponse à la présence ; autrement les gens ne restent pas là. 

Alors il serait inutile de dire : « on veut maintenir les Communes », si on enlève les services de transport. Avec toutes les difficultés on maintient le service de transport, même si tout a changé dans ce système. Mais toutes ces interventions vont dans la direction de privilégier en quelque sorte la présence des petites Communes : et je veux rappeler que c’est un investissement important, qui a été maintenu jusqu’à aujourd’hui de la part de l’Administration régionale en accord avec les Communes. 

Maintenant, où en est-on avec le débat sur les collectivités locales et sur les modifications possibles ? C’est un travail qui a déjà commencé. J’avoue aujourd’hui qu’au-delà de la spending review, qu’on a dû utiliser ces derniers temps comme point de repère, déjà auparavant il y avait l’exigence de rassembler les Communes pour exercer certains services. Ce n’était pas seulement le service des micro-communautés, c’était le service des ordures, des aqueducs, plutôt que des égouts. 

Là, il y a eu toute une série d’associations gérées, jusqu’à présent, pour la plupart, par les Communautés de montagne : maintenant il est important de régler d’une façon correcte, au niveau régional, cette possibilité de traduire la collaboration en « union de Communes », ce qui signifie seulement qu’on aura la possibilité d’avoir trois niveaux : la Région, la Commune et cette nouvelle institution, une libre association de Communes dont le but sera de mieux travailler et surtout de réduire les frais. 

Sur le restant le débat est ouvert. On a travaillé avec le CPEL, avec l’association des Communes dès le début pour trouver des solutions aux problèmes, et j’estime qu’il y a là la possibilité, à part quelques malentendus, de dire clairement qu’on peut arriver à une solution applicable et respectueuse des principes d’une loi nationale, avec la possibilité de réglementer, grâce à l’autonomie, par une loi régionale, notre possibilité d’intervenir. Je voudrais aussi rappeler que, pour soutenir les Communes pour lesquelles il y a eu une diminution des recettes, on a présenté dans la dernière loi financière une possibilité en plus qu’on est en train d’exploiter, visant à aider les petites Communes pour leur permettre d’utiliser les fonds disponibles pour 2013 et réduire l’impact du pacte de stabilité. 

C’est un travail de réglementation fait en accord avec les Communes et je crois que son résultat est important. Ce rapport, auquel je tiens, démontre que c’est un faux problème de dire qui est pour et qui est contre les Communes. 

Le vrai problème est comment peut-on travailler pour les Communes, pour faire de façon que les Communes aient une bonne raison pour continuer à avoir le rôle important qu’elles ont toujours eu dans notre collectivité locale. Je crois que l’aspect du travail des Communes a été indispensable aussi pour la sauvegarde de notre territoire, le maintien de l’activité d’intervention. 

N’oublions pas que la Commune est aussi le point de repère pour la protection civile, le point de repère pour toute une série d’actions, que nous avons aidées : l’action des bénévoles, des sapeurs-pompiers volontaires, le travail des volontaires dans le domaine de la santé. Dans toutes les Communes il y a la présence de ces bénévoles. 

Evidemment tout cela a un sens si on imagine de maintenir l’intervention immédiate, pour ce qui est de cette activité capitale, importante et qu’on a primée même avec un système de services, par exemple à la personne, toujours dans le sens, souhaité par l’Union Valdôtaine, d’assurer l’attention à la personnes, comme on l’a toujours fait. 

Et même là on a essayé de prendre en charge les difficultés des déplacements, avec par exemple, l’intervention nocturne de l’hélicoptère : ce qui était un problème dans certains endroits, maintenant devient une réalité. De notre part, de la part de l’Union Valdôtaine, il y a l’intérêt et, je crois, le droit-devoir d’intervenir de plus en plus vis-à-vis des collectivités locales, pour les aider, pour faire de façon qu’elles travaillent de plus en plus ensemble et pour soutenir ce capital qui est le vrai capital de notre Région. 

Dans ce sens, il y a un travail important à accomplir, en soulignant que sans doute notre autonomie est aujourd’hui en train de vivre un moment très, très difficile. J’ai dit des attaques, des projets de loi : et quelle est l’analyse la plus importante à faire pour soutenir la différence, pour dire qu’il y a encore une bonne raison pour avoir l’autonomie ? 

Tout ce qu’on a dit jusqu’à présent fait partie du travail que nous sommes en train de faire avec les autres Régions à Statut spécial du Nord qui vont dans la direction d’être reconnues toujours davantage au niveau européen, et là je crois que le travail qui a été fait par Caveri pendant toutes ces années va dans cette direction : la dernière possibilité pour les Régions de l’arc alpin est de se réunir dans une Macro-Région alpine, à ne pas confondre avec la Macro-Région qui a été évoquée dans d’autres contextes, qui mette en relief les problèmes et les solutions qui sont propres à l’arc alpin. Mais il importe de dire que, pour les Régions à Statut spécial comme la nôtre, le vrai, unique point de repère est la langue. 

Si on n’a pas le français, tout est perdu ! Entre nous, il est plus facile de parler le patois et on le fait tranquillement ; mais s’il n’y avait pas l’Union, le français serait déjà hors de la fenêtre ! N’oublions pas qu’à l’école, il y a eu un référendum contre le français ! Tous ceux qui maintenant vont dire de soutenir les Régions et la particularité… 

Qu’en serait-il de la spécialité s’il n’y avait pas au moins ce point de repère ? Car la montagne, elle n’est pas seulement à nous : la montagne existe aussi au Piémont ; alors, quelle serait la différence ? 

A ce sujet, je crois que je partage les mots de ceux qui ont essayé de parler de ce problème. C’est vraiment un problème très important et difficile pour ce qui est des jeunes – et je remercie la Jeunesse pour le travail qu’elle fait dans ce sens, je remercie tous ceux qui font, avec effort, leur possible pour faire de façon que même dans les séances publiques, dans les milieux où on se rencontre, on essaie de parler français, bien sûr avec tous les défauts qu’on a quand on parle français. 

Il y a des mots parfois mal employés, mais je crois qu’il vaut mieux s’exprimer avec un français qui n’est pas parfait, plutôt que de ne pas le faire : je veux le dire ici, dans cette salle très sensible à ce sujet, mais n’oublions pas qu’il n’y aura plus la possibilité de défendre notre spécificité si nous perdons cet aspect, qui est le plus important.
Merci et bonne fête à tous !
Vive l’Union Valdôtaine !

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