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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 16:44

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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Congrès Extraordinaire - 1996

L'affiche

M. BETEMPS Alexis, Président de l'UV

Ce Congrès extraordinaire est une occasion importante que l'Union Valdôtaine a voulu s'offrir pour faire le point sur la situation politique, sur l'état du Mouvement et sur les perspectives futures.
Annoncé depuis longtemps, puis renvoyé, ce Congrès conclut et chaperonne les manifestations promues par le Mouvement à l'occasion du cinquantième de sa fondation.
Il est aussi un rendez-vous annoncé et promis lors du Congrès précédent quand, Charles et moi, nous avons accepté la charge que le Congrès avait bien voulu nous confier, mais conscients des difficultés du moment, de la situation politique agitée, de la crise interne du Mouvement, du débat qui avait laissé de nombreux unionistes sur leur faim, nous avions précisé que nous aurions géré avant tout la transition. Chose qui à mon avis a été faite sans trop de dommages, s'il est vrai que la situation interne du Mouvement me paraît nettement meilleure, loin d'être parfaite bien entendu, que la présence du Mouvement est plus incisive, et que cela soit dit en passant, que quelques beaux succès électoraux ont quand même marqué ce moment de transition.
Cela a pu se faire grâce à cet esprit unioniste toujours vivant, qui malgré ses chicanes, ses réactions humorales, ses attitudes parfois défaitistes, ses tendances anarchistes, quand la maison brûle, sait retrouver le bon sens, l'esprit d'équipe, la volonté de combattre et cet enthousiasme qui déjà dans le passé nous a permis de sortir des situations difficiles.
Mais cela a pu se faire aussi, à tout seigneur tout honneur, parce que Charles Perrin s'est révélé être un secrétaire dévoué, équilibré, humble, correct, préparé et têtu ce qu’il faut.
Mais si la situation interne, à mon avis est meilleure, celle externe, à l'intérieur de laquelle notre Mouvement doit agir, ne l'est pas pour autant.
La «gnoula bassa» règne souveraine.
En Vallée d'Aoste, heureusement pour nous, le Conseil de la Vallée fait son travail, sans trop d'éclat mais avec méthode et efficacité. Il n'arrive pas à boucher tous les trous, et surtout pas tout de suite, mais il s'efforce, et avec succès, à répondre aux différentes instances, et ce qui importe à lancer des projets nouveaux. Les cris des syndics, tout à fait justifiés, sont moins aigus, la réforme de l'administration publique est en cours, de nouvelles compétences ont été acquises, des dossiers difficiles qui traînaient depuis longtemps ont été soigneusement étudiés et des solutions, peut être pas définitives, adoptées: je pense au Casino, à la Cogne, à l'Hôpital, à l'autoroute, et à tant d'autres dont nous parlera le président du Gouvernement valdôtain.
Ce qui me préoccupe plutôt en Vallée d'Aoste, c'est le changement de climat, et je ne fais pas allusion aux chutes de neige particulièrement abondantes cette année.
Depuis très longtemps, depuis la période fasciste, nous n'avions plus vécu une situation comparable, où de milieux différents se lèvent des voix contre le français, contre la culture valdôtaine, qui mettent en discussion l'existence même de notre peuple. Que cela vienne de la droite fasciste, ragaillardie par l'avancée italienne, que Berlusconi en soit remercié, ne nous étonne pas; que cela vienne de quelques gratte-papiers faillis à la recherche de fortune, sans trop de scrupules et encore moins de convictions personnelles, cela ne nous tracasse pas trop; que cela nous vienne d'intellectuels se réclamant d'une gauche plus ou moins orthodoxe ne nous surprend pas, ce n'est que l'ancien vice qui revient à la surface.
Mais quand cela vient de catégories sociales plus étendues, je me demande si nous n'avons pas manqué nous aussi, au niveau de la sensibilisation, de la formation des consciences. Je me demande si nous aussi, nous ne nous sommes pas laissés prendre par une sorte de torpeur, de manque de conviction; si nous ne nous sommes pas laissés séduire par la tentation de complaire pour plaire; si nous n'avons pas pensé malgré notre tradition catholique profonde, que c'était le chemin le plus facile, celui qui menait au Paradis, si notre tendance naturelle à la médiation n'a pas diminué nos capacités de défense.
A ce point peu importe: si nous voulons regagner le terrain perdu, nous devons avoir le courage de réaffirmer avec force et fierté notre identité, dans toutes les occasions.
Sans cela, ceux qui disent que notre peuple n'existe plus risqueraient d'avoir raison; ce qui signifie branler un peu moins le cul dans les salons de province, et se salir un peu plus dans la boue de la tranchée.
Nous ne devons jamais oublier que sur ces thèmes nous voyageons seuls, que nous pouvons avoir des alliés fidèles sur d'autres projets, mais que sur ce point, si nous n'arrivons pas à faire un grand effort de sensibilisation, nous ferons toujours cavalier seul.
Le patrimoine culturel et linguistique de notre Peuple ne doit pas être conçu comme exclusif au bénéfice de ceux qui vantent un arbre généalogique allant jusqu'aux Salasses. Vous savez, les arbres généalogiques suivent toujours la ligne masculine et... malgré la vertu bien connue des femmes valdôtaines.
Le brassage de population, l'immigration italienne, la dénatalité, la société globale qui s'annonce, nous condamnent à mort si nous ne savons pas proposer avec force notre modèle de développement culturel.
Et notre modèle est proposable parce que ceux qui s'établissent parmi nous, Borluzzi à part, je suis sûr qu'ils cherchent une nouvelle identité, qu'ils sentent la nécessité de développer des racines dans cette belle terre qui les a accueillis. C'est à nous de leur faciliter la tâche. Mais il faut avant tout que nous existions.
Certes que pour réaliser ce projet il ne suffit pas de le vouloir: il faut aussi pouvoir jouir des libertés nécessaires, gérer des pouvoirs qui ne nous appartiennent pas encore, investir des énergies et, disons-le, des sommes d'argent, puisque c'est l'argent qui fait la guerre.
Nos raisons d'être ne peuvent plus être seulement des raisons historiques. A chaque jour qui passe, l'histoire avance. Nos raisons d'être devront de plus en plus être cherchées en ce que nous sommes aujourd'hui et en ce que nous voulons être demain.
Les conditions pour exercer nos libertés, nous devons les construire nous mêmes; nous devons concevoir nos institutions nouvelles et nous battre pour les réaliser.
La «gnoula bassa» qui enveloppe l'Italie en ce moment, et depuis longtemps, n'est pas là pour nous faciliter les choses.
La météorologie nous apprend qu'après la pluie, tôt ou tard, le soleil reviendra. Et nous devons être prêts pour ce moment là, si nous ne voulons pas qu'on ouvre sur nous un beau trou de l'ozone qui nous brûlerait tous.
Nous avons assisté ces derniers temps à des représentations granguignolesques qui semblent faites exprès pour éloigner les gens de la politique, vraiment quand la participation active serait plus importante.
Le système majoritaire, qui dans une époque qui n'est pas tellement reculée avait été défini «legge truffa», non seulement n'a pas porté la stabilité souhaitée dans le cadre politique italien, il a même déclenché des processus qui nous tracassent mais que nous ne pouvons pas ignorer:
1) la relance de l'extrême-droite, d'origine fasciste, toujours agressive, malgré le sourire captivant de Fini, légitimée cette fois par la droite modérée de Berlusconi et des «cespugli», les «gratta-cu» comme les appelle mon père;
2) la confusion, l'amenuisement des idéologies, des idées fortes qui gouvernent la politique et qui sont à la base des choix opérationnels et leur donnent la cohérence nécessaire pour leur efficacité.
Dans cette situation où les incompatibilités n'existent plus et la confusion est souveraine, il peut arriver n'importe quoi; peut-être rien de trop sérieux, vu les caractéristiques culturelles des politiciens italiens, mais n'oublions pas que sous certains aspects, le fascisme mussolinien n'était pas trop sérieux non plus... et malgré cela!
Nous avons donc tout intérêt à nous préparer. Les signaux d'alerte ne manquent pas: des projets superficiels, lancés comme une pierre dans l'étang calme, projets qui nous englobent dans des macro-régions, des propos calomnieux (et pleins d'envie) qui nous présentent comme des escrocs privilégiés, des démarches parlementaires annoncées pour limiter nos prérogatives constitutionnelles.
Ce n'est pas par hasard que nous avons voulu mettre au centre de l'intérêt des congressistes l'objectif principal que l'U.V. se pose dans son action politique, objectif bien en évidence dans nos statuts: la souveraineté nationale du peuple valdôtain.Je sais que quand la nouvelle a percé, avant encore d'être officialisée (rien de plus transparent que l'Union Valdôtaine), elle a été à l'origine de réactions préoccupées et intriguées venant de milieux non-unionistes, milieux aux horizons limités et à l'imagination tarie.
"Comment? Ils veulent créer à la veille du troisième millénaire un nouveau Liechtenstein au pied du Mont-Blanc?"
A part le fait que, vu la situation italienne, l'idée ne serait pas des plus drôles mais, l'Union Valdôtaine a des vues qui vont bien au delà de ce type de projet qui serait égoïste et anachronique.
Je crois que si la politique ne peut pas être utopique, elle ne doit cependant jamais être dépourvue d'un brin d'utopie, qu'on l'appelle idéal, projet à long terme ou direction à suivre, peu importe.
La souveraineté politique est un concept politico-juridique connu et admis, reconnu par l'ONU et qui ne scandalise plus depuis longtemps les peuples civilisés.
La souveraineté politique est le droit d'une communauté à décider librement de son avenir, sans conditionnements supérieurs de pouvoirs externes.
La souveraineté politique est la condition essentielle pour la réalisation du fédéralisme.
Le fédéralisme est un pacte volontaire entre sociétés parfaitement libres qui choisissent une organisation étatique commune et décident des compétences à attribuer au fédéral pour le bien-être général.
Ainsi le fédéralisme ne peut pas être la concession plus au moins bénévole d'un Etat centralisé aux abois, ni l'architecture patiemment dressée par des politologues plus au moins illuminés, réalisée au laboratoire.
Le fédéralisme est un libre choix des communautés de base, un moment d'autodétermination.
Nous voulons atteindre la souveraineté politique pour commencer à construire l'Europe des Peuples selon les principes du fédéralisme global.
En vue de cela nous devons préparer le terrain.
Nous devons d'abord garder notre identité, qui non seulement est l'une des principales conditions juridiques à la base de nos revendications, mais qui est aussi l'élément qui nous donne la conviction, la force, la détermination pour mener notre combat.
Nous sommes les dépositaires d'un patrimoine culturel unique, qui tout autour de nous s'est perdu; nous sommes un peuple qui a su accepter le progrès sans renoncer à la saveur de la terre, nous parlons un patois qui n'est rien d'autre qu'une forme rare et précieuse de vieux français. Nous ne pouvons pas nous permettre, face à l'histoire, face à nos descendants, de gaspiller cet héritage. La sauvegarde dépend de nous en tant qu'individus, en tant que dirigeants de l'U.V., en tant qu'administrateurs élus dans les listes de l'U.V.
Les choses se font dans cette direction là; mais à mon avis nous pourrons faire beaucoup plus et mieux. Et si nous allons voir les énergies et les sommes consacrées à la promotion de la culture locale, je crois que nous devons rougir.
Alors, nous devons nous rendre compte que nous pouvons faire un Congrès par mois sur ce thème, nous émouvoir et nous exalter tous ensemble, chanter Montagne Valdôtaine à la fin, mais si après il n'y a pas d'interventions conséquentes et des investissements importants, tout restera comme avant, dans la meilleure des hypothèses, et nous continuerons à nous plaindre de notre identité qui se perd.
Relancer une culture n'est pas seulement une question d'argent, mais comme pour toute chose, avec plus d'argent on peut avoir des résultats meilleurs.
Sincèrement, je pense que les fondements de notre particularisme méritent des efforts supplémentaires.
Et dans ces domaines, il y a les idées, les hommes et les structures.
Un travail sérieux et approfondi pour l'identité prépare aussi un humus fertile pour notre Mouvement, prépare un consensus diffus indispensable pour les grands projets, négliger cette action politique est à mon avis suicidaire aussi pour le Mouvement.
Tous les instruments à notre disposition doivent être convenablement utilisés: associations, bureaux, bibliothèques, écoles.
Je ne vais pas m'arrêter sur le problème de l'école et en particulier de celui de l'application des articles 39 et 40 des statuts, j'ai déjà écrit beaucoup sur ce sujet et une motion sera soumise à votre attention. Il est quand même entendu que je suis pour une application intégrale des articles en question, avec des vérifications périodiques sur le fonctionnement de la reforme, et que je suis largement insatisfait de ce qui se fait maintenant, dans l'Ecole Moyenne en particulier.
Je vais cependant saisir l'occasion pour rappeler le premier assesseur à l'Instruction Publique unioniste: Corrado Gex.
Il y a 30 ans désormais, disparaissait tragiquement l'un des hommes politiques les plus brillants que la Vallée d'Aoste n'ait jamais eu.
Dans l'espace de quelques années il a su préparer les bases pour l'école valdôtaine.Francophone passionné il a veillé à ce que nos écoles entretiennent des relations avec les écoles francophones et renouvelé leur didactique.Il a décentralisé sur tout le territoire les écoles moyennes pour permettre aussi aux jeunes de nos campagnes d'accéder aux études, il a ouvert les I.P.R. écoles où nous avons une compétence de premier degré qu'il serait opportun d'exercer convenablement. C'est à lui aussi que nous devons la création du Collège Fédéraliste.Qu'une petite place de ce congrès soit consacrée à son souvenir.
Puis nous devons chercher des solidarités parce que la souveraineté politique a besoin d'une reconnaissance externe.
Les réseaux existants: peuples frères en Italie et en Europe, organisations francophones, centres fédéralistes, organismes et bureaux européens; des liens ont déjà été établis depuis longtemps. Malheureusement nos contacts sont sporadiques, sans continuité et la plupart des fois faiblement incisifs. Et cela surtout faute de temps et faute de personnes disposées à assurer cette liaison importante. Nous devons nous doter d'une véritable politique étrangère; les amis pour nous aider existent, mais nous devons les chercher et les soigner pour éviter qu'ils nous choisissent et éviter l'intrusion du type des escaladeurs des balcons de Rue Edouard Aubert.
Mais notre information en Vallée d'Aoste doit être aussi perfectionnée: nous avons un réseau de sections qui est envié, qui malgré les difficultés marche bien, mais qui n'est pas suffisant.
Nous avons nos organes, les occasions pour nous rencontrer.
Et puis la presse.
Les périodiques nombreux en Vallée d'Aoste n'ont pas notre sensibilité, n'utilisent presque pas notre langue et sont généralement plus attentifs aux commérages qu'aux informations. «Sbatti il mostro in prima pagina».
Et je ne parle pas des télévisions, j'en ai déjà parlé dans tous les congrès. Je ne voudrais pas que cela paraisse comme une manie personnelle. Mais nous ne devons pas trop compter sur les autres: ils nous suivent si nous savons trouver le chemin.
Reste quand même le problème du "Peuple Valdôtain" qui a tant de mérites: celui d'être en français, celui de paraître régulièrement... Mais malheureusement il n'arrive pas à s'imposer à la masse des lecteurs potentiels: parce qu'il n'est pas assez captivant, et cela est de notre faute.
Mais pas parce que nous ne savons pas faire un journal! Malheureusement il manque d'une direction politique et éditoriale qu'un rédacteur en chef tout seul ne peut pas assurer. Il publie en général le matériel qui arrive, en le triant bien sûr, mais sans programmation, sans une recherche visée des informations. Je dis ça avec beaucoup de tranquillité parce que j'ai été longtemps directeur du journal. Mais j'y ai été faute de mieux.
Je ne pouvais pas assurer, faute de temps, ce travail précieux et déterminant qui revient aux bons directeurs de journaux: programmation, recherche et contacts avec les collaborateurs, travail avec les graphistes, etc. Comme ne peut pas assurer cet engagement le Secrétaire Général. Mais il faut aussi dire que nous n'avons pas une grande collaboration de la part de ceux qui peuvent: on dirait que souvent nos élus préfèrent d'autres tribunes pour s'exprimer. C'est leur droit, mais un peu plus de sensibilité à l'égard de notre journal ne manquerait pas de le rendre plus intéressant.
Tout cela, vous me direz, n'est pas bien important, mais par contre je pense que si nous ne savons pas d'abord régler ces petites choses, nous n'avons pas de grandes chances de sauvegarder notre identité.
Mais venons aux grandes choses.
Depuis des années on parle de révision de la Constitution italienne, ce qui signifie révision aussi de notre Statut d'autonomie.
Jusqu'à maintenant le problème, au niveau italien, a été renvoyé pour les raisons qui sont sous nos yeux.
Mais tôt ou tard le problème va se poser concrètement.
Et nous devons être prêts.
Le vent qui souffle, je l'ai dit, ne nous laisse pas espérer de bonnes choses. Et puis, par tradition, il n'y a jamais eu beaucoup de compréhension à l'égard des autonomies locales de la part des politiciens italiens.
Le 21 avril, «natale di Roma», fête fasciste, nous irons voter.
La date a été choisie en alternative au 28 avril, trop près du 25, Saint-Marc, patron du froid et fête de la République, et du 1er mai fête des travailleurs! Quel pays!
Bien sûr nous avons déjà présenté un projet de loi pour la transformation de l'Etat italien en fédération, mais j'ai grand peur que la prochaine législature ne sera pas prête pour un projet fédéraliste.
En vue de cela nous devons nous préparer à défendre d'abord les libertés acquises et à préparer soigneusement un dossier détaillé de toutes nos revendications pour que nos porte-parole au Parlement puissent se battre pour sauvegarder nos intérêts culturels et économiques.
Et ce dossier devra être le patrimoine du plus grand nombre de Valdôtains possible, devra être diffusé pour que tout le monde en prenne conscience, devra être débattu, enrichi, diffusé.
Le premier Statut, que nous considérons bien au-dessous de nos attentes, a été octroyé après de grandes manifestations populaires réclamant le plébiscite. (Le 26 mars prochain nous célébrerons le cinquantième de la plus grande), après que des conditions politiques favorables au niveau international s'étaient créées.
Dans les moments importants de l'histoire, il n'y a pas de place pour l'improvisation.
Et nous devons aussi penser à ce que nous pourrons faire dans le cas où nos justes revendications ne seraient pas prises en considération, ou ne seraient satisfaites que partiellement.
Dans ce cas, d'autres stratégies, probablement bien différentes de celles adoptées pendant les premiers cinquante ans de l'U.V., devront être envisagées.
Et à cela aussi, le Mouvement doit se préparer.
Plusieurs sections ont manifesté la volonté d'intervenir sur les statuts.
Comme nous avons déjà dit lors de réunions préparatoires au Congrès, il serait mieux que ce Congrès Extraordinaire se penche plutôt sur les grands thèmes fondamentaux et qu'il renvoie à une autre occasion les modifications statutaires.
Cela pour une raison en particulier: les changements statutaires demandent une confrontation plus approfondie préalable et une réflexion majeure que celle que nous avons pu faire, surtout dans un moment historique tourmenté comme celui que nous sommes en train de vivre.
Cela n'empêche que nous vous proposerons une motion qui engage le Mouvement à s'activer à la révision des statuts de l'U.V. Dans la motion les principales options venant des sections ont été rappelées.
J'ai eu l'occasion au cours de mes douze années de présidence de me pencher à plusieurs reprises sur les problèmes du Mouvement.
Notre Mouvement, instrument privilégié pour réaliser nos projets politiques doit être un instrument efficace, garantiste, démocratique et adapté aux temps dans lesquels il agit.
Je ne veux pas revenir sur des aspects que j'ai déjà traités dans le passé: le problème du rapport entre élus et direction du Mouvement existent toujours.
Le rapport de force entre ces deux corps de l'U.V. est tel, que le Mouvement a des difficultés à incider efficacement sur la pratique politique. Dans la presse italienne on a longuement débattu sur le rôle prévaricateur des partis par rapport à la pratique politique. Ici en Vallée d'Aoste ce n'est vraiment pas le cas: ce serait plutôt l'inverse.
Des analyses ont été faites sur ce phénomène et ce n'est pas parce qu'il s'agit là d'un vieux problème, il suffit de lire les articles d'Emile Proment des années 50 pour se rendre compte, qu'il faut travailler pour chercher le juste équilibre profitable à la cause.
Certes le fonctionnement du Mouvement prévoit des mécanismes qui sont lourds et je vous assure que souvent j'aurais bien aimé m'en passer.
Mais cette lourdeur dont les causes doivent être analysées pour que des améliorations soient introduites, est aussi une garantie, un contrôle continu auquel il n'est peut-être pas toujours agréable de se soumettre, mais qui nous permet d'avancer tous ensemble, après les médiations nécessaires.
Il est certain que cela ne nous permet pas toujours d'être brillants ou d'être à l'heure sur tous les problèmes, d'improviser ou de frayer des chemins nouveaux.
Mais là aussi nous devons nous questionner dans l'intérêt du Mouvement: de quoi avons-nous besoin pour une bonne conduction de l'U.V.
D'un leader charismatique qui fait la pluie et le beau temps ou d'une gestion plus systématique, quotidienne, liée aux rythmes des organes?
Comme vous le savez, dès qu'on a parlé du Congrès Extraordinaire j'ai annoncé ma démission ainsi que le secrétaire général.
Je l'ai fait d'abord pour un sentiment de respect à l'égard du Congrès qui m'a élu dans un moment difficile.
Il me semblait juste et normal, au bout de deux, ans de me présenter démissionnaire à votre jugement.
En plus de cette raison qui pourrait paraître à quelqu'un un peu trop formelle, il y en a une autre: je suis dans ma douzième année de présidence. J'ai parcouru un long chemin à la tête de l'U.V.
J'ai vu changer le Mouvement, j'ai vu changer la politique, j'ai vu changer la société valdôtaine de mon observatoire privilégié. Cela a été pour moi une expérience politique et humaine extraordinaire, qui m'a marqué, qui m'a enrichi, qui m'a mûri.
J'ai éprouvé des joies immenses, surtout quand j'ai eu l'occasion de me confronter avec les inscrits les plus humbles, j'ai connu des succès électoraux, venus malgré moi je dirais même; j'ai connu les moments de désœuvrements du Ribaltone, quand nous n'arrivions pas à réaliser ce qui était en train de se passer parce que nous nous étions pris pour des immortels; j'ai vécu les attaques de la magistrature portés à nos hommes; j'ai expérimenté la solidité du Mouvement dans les moments difficiles; j'ai senti la solidarité des amis et la reconnaissance des unionistes à chaque fois que j'en ai eu besoin.
Je suis donc un homme comblé par mon expérience, à laquelle je n'enlèverai pas le moindre détail.
Mais je me rends compte aussi que le temps passe et qu'il faut que le Mouvement se renouvelle. Cela est dans l'intérêt même du Mouvement. D'autant plus qu'au fur et à mesure que le temps passe la politique exige de ses protagonistes toujours plus de temps. Et moi, comme vous le savez, j'ai un travail qui m'absorbe beaucoup, en temps et en énergies, et je me suis rendu compte, surtout ces dernières années, que j'ai des difficultés à donner tout ce qui serait nécessaire.
Franchement, je ne suis pas content de moi, de mes dernières années en particulier.
Le mien, bien entendu, n'est pas un désengagement global, à 51 ans je ne me sens ni vieux ni périmé pour l'U.V. Il y a tellement de choses à faire pour notre Mouvement, et dans la mesure des nécessités et de mes disponibilités je serai toujours à la disposition du Mouvement.
A la lumière de mon expérience, avant de conclure, laissez-moi faire une dernière considération.
J'ai vu que plusieurs sections ont envisagé le retour à une seule personnalité à la tête du Mouvement.
Je crois qu'avant de procéder dans cette direction il faudra bien réfléchir.
Je pense que les deux consuls, je ne dirai pas avec deux rôles différents mais avec quelques spécialisations, représentent une garantie, surtout dans les moments difficiles du Mouvement.
Et avec ce dernier message, que je n'ai pas voulu développer davantage pour le confier à l'intelligence des congressistes, je vous remercier pour l'attention que vous avez bien voulu me prêter.

M. LOUVIN Robert, Assesseur régional

Mes chers amis, le hasard des fois fait assez bien les choses et l'intervention de Léonard Tamone, que j'ai écoutée personnellement avec beaucoup d'émotion non seulement pour la place qu'il reprend dans notre famille unioniste, mais également pour son contenu, m'aide beaucoup à affronter un argument que je ne pourrais pas contourner dans cette occasion et en ce moment.
Il y a trois ans au moment de la formation du nouveau gouvernement, l'un des hommes politiques les moins aimés dans l'U.V., mais parmi les plus intelligents qui soient passés sur la scène, M. Bruno Milanesio, écrivait cette phrase: le jeune Robert Louvin a été placé par l'Union Valdôtaine «li a fare la guardia al bidone della benzina». L'on m'aurait attribué cette charge, cette tâche d'être en quelque sorte isolé dans le désert pour garder des reliques, pour conserver quelque chose qui peut-être un jour aurait bien dû servir. Les événements récents ont démontré ce que l'Union Valdôtaine n'a jamais oublié, c'est que cette essence est très importante et que nous en avons extrêmement besoin aujourd'hui.
Les interventions qui se sont succédé d'ailleurs paraîtront aux observateurs, et nous avons de nombreux invités, un peu monotones. Nous devons leur donner l'impression d'être un peu répétitifs, un peu rébarbatifs en ne parlant que de cela. C'est que quelque chose de dur s'est passé, un choc à été averti par la Vallée d'Aoste toute entière et bien au delà des limites de notre mouvement. Un choc qui nous a réveillés, qui nous a fait ouvrir les yeux par rapport à notre situation actuelle, à nos besoins, à nos fautes, à nos désirs, à nos aspirations.
Cette blessure, nous fait mal maintenant, parce que quand on parle de notre langue et quand on entend surtout parler de notre langue d'une certaine façon, il y a une réaction viscérale qui se d’éclanche en nous et que nous avons du mal à maîtriser. Essayons de rationaliser un peu nos sentiments pour organiser la réponse, pour préparer la réplique.
Premièrement: il faut partir de l'école. Il le faut. C'est la base, c'est le fondement de notre réappropriation culturelle, cela est évident, mais, attention, ne faisons pas le messianisme de l'école. L'école ne peut tout faire, nous ne pouvons lui attribuer une tâche qui va au-delà de ses propres possibilités.
Qu'importe si l'on enseigne même au cinquante pour cent en français si on laisse faire le lavage de cerveau à "Canale 5" cinq heures par jours à nos enfants, en leur permettant de rester hypnotisés devant des dessins animés japonais, mal traduits de l'anglais.
Il faut transmettre en famille, dans les activités sportives, dans la vie sociale, des valeurs et une culture; et la langue n'est pas seulement un ensemble de mots, elle est aussi un ensemble de valeurs, une clé pour interpréter la vie et le sens profond de la civilisation d'un pays.
Eh bien! Si elle ne peut pas tout faire, elle peut quand même beaucoup cette école, et elle fait déjà beaucoup et je veux le dire en la défendant, ici, tranquillement, pour le travail énorme qui a été accompli dans l'après-guerre pour la renaissance de notre école. N'oublions pas que l'on n'a pas de baguette magique et que l'on ne peut pas "refranciser "du jour au lendemain l'école dans un contexte général qui n'est pas totalement francophone, que l'on ne peut refranciser en quelques jours ce qui a été gravement endommagé pendant des décennies. Beaucoup a été fait et je rends hommage à ceux et à celles qui l'on fait, du haut de l'Administration mais surtout dans les classes, surtout dans l'enseignement au niveau le plus bas, qui est celui, nous le reconnaissons, qui pour les efforts déployés, pour la ténacité de nos enseignants, donne aujourd'hui les résultats les meilleurs.
Il a été rappelé qu'aujourd'hui le français est plus connu qu'il ne l'était il y a vingt ans. C'est grâce à des efforts que nous devons redoubler mais qu'il faut quand même apprécier. Il y a ailleurs dans l'école et hélas, nous le constatons, surtout dans les branches' supérieures de l'enseignement, des faiblesses. Il y a, je le constate, parfois aussi de l'hypocrisie autour de ce problème. On dit que nous essayons, nous de l'Union Valdôtaine, de "politiser" le débat sur l'école. Curieux! Quand c'est nous qui demandons une plus forte présence du français, c'est une "politisation", lorsque ce sont les autres à s'opposer à ce rééquilibrage juste et naturel entre les cultures italienne et française, cela n'est guère "politique" ...
Tâchons d'ouvrir les yeux et de ne pas nous faire embobiner: il faut réagir avec beaucoup de fermeté, mais en maintenant sur deux fronts la pression haute; je dis deux fronts parce que nous avons, là encore, à tort le sentiment de pouvoir régler le problème scolaire uniquement de l'extérieur, d'en haut, par directive, par loi, mais ce n'est pas ainsi qu'on règle tous les problèmes; c'est un des moyens, un des parcours. Il y en a un autre qui est tout intérieur à l'école. Si le Conseil régional, ses élus, ses administrateurs peuvent maintenir cette pression haute, il faut qu'il y en ait une autre de l'autre côté, dans les différentes composantes de l'école.
Où sont nos enseignants qui réclament plus de français? Il y en a, mais ils ne sont pas assez nombreux et pas assez bruyants, tandis que d'autres se font très bien entendre quand il s'agit de parler contre. Où sont nos forces syndicales? Où sont nos représentants des parents? Où sont les organisations de jeunesse dans l'école? Il faut agir de l'intérieur, la pression doit être élevée des deux côtés, si nous voulons avoir gain de cause sur ce terrain.
Le parcours bien entendu est long, mais nous sommes partis il y a longtemps. Alexis Bétemps, je te remercie, d'avoir rappelé Corrado Gex, merci de l'avoir fait parce que tu as évoqué un moment crucial de notre passé, non seulement un personnage, mais un morceau de notre histoire particulièrement important. Un moment de redressement, la période de la reconquête, le début de la reconquête; on s'est pas éloigné de ce sillon: les pistes sur lesquelles il s'était lancé nous les avons suivies à l'exception d'une seule. Et là, je crois que ce n'est pas de notre faute.
Corrado Gex dont nous célébrons cette année le trentième anniversaire de la mort, avait la joie d'inaugurer beaucoup d'écoles, beaucoup d'écoles surtout dans nos pays de montagne, de mener cette grande politique de décentralisation de l'école valdôtaine, pour qu'elle ne soit pas quelque chose qui appartient uniquement à la ville et qu'elle soit répandue sur le territoire, partagée par tout le monde. Corrado Gex avait cette grande joie, cette grande chance de pouvoir en inaugurer beaucoup, parce qu’à l’époque il y avait beaucoup d'enfants.
Défendre des écoles dont le nombre d'élèves se compte sur les doigts d'une seule main, n'est pour nous pas toujours facile. C'est pourquoi cette politique de la famille, de renforcement à la natalité qui a été évoquée est importante, essentielle même; nous avons besoin d'avoir des hommes sur lesquels investir, des enfants sur lequel bâtir notre futur et si le solde dans le brassage de la population continue d'être négatif comme il a été jusqu'aujourd'hui, le travail et l'engagement que l'on demande à l'école sera énormément augmenté dans le temps.
Mais il y en a plus: dans ces années, dans les années cinquante et dans les années soixante, on bâtissait l'éducation sur un fond linguistique encore valdôtain, profondément valdôtain; aujourd'hui, ce n'est pas toujours le cas, même pour ce qui est des rejetons des familles valdôtaines. Il faut donc comprendre, accompagner, soutenir, aiguillonner un peu aussi le travail de nos enseignants, mais surtout, être toujours lucidement conscients du contexte dans lequel nous agissons et de ce que nous pouvons attendre de cette école.
Cette école est appréciée de partout en Europe, de partout on vient regarder ce modèle, ce laboratoire scolaire. Le sillon qui a été tracé par M. Ida Viglino, par mes prédécesseurs et que nous essayons de continuer est un bon sillon et nous devons maintenir le cap ferme. C'est par là, par la formation, par la préparation des valdôtains et des valdôtaines que nous commençons ce parcours de la souveraineté. C'est une question de règles, c'est une question de droit, c'est une question de grands systèmes, mais cette souveraineté nous la faisons d'abord dans nos têtes ou ne la faisons pas.
Nous devons créer en nous la conviction d'avoir les moyens pour nous gérer de par nous mêmes. C'est un défi capital pour lequel nous devons déplacer aussi certaines frontières. Dans les années soixante, dans les années soixante-dix, l'extension de l'éducation au niveau secondaire surtout l'enseignement technique, sur lequel Emile Chanoux insistait beaucoup, a été l'avancement de cette Vallée d'Aoste qui grandissait, qui évoluait et qui sortait d'une condition purement rurale pour s'affirmer dans sa plénitude. Aujourd'hui il faut aller au-delà. La nouvelle frontière se situe au niveau universitaire, c'est là que nous devons être aussi présents, nous ne pouvons permettre que toute notre élite, toute notre future classe dirigeante se forme en dehors du Pays, sur les modèles culturels qui viennent de l'extérieur. Notre engagement doit aller dans la direction aussi de percer des barrières qui ont jadis pesé lourd.
Quelqu'un se souviendra de notre jeunesse, des années soixante- dix, d'une certaine revendication que nous faisions pour la reconnaissance des titres d'études des pays francophones, qui avait fait un peu d'éclat quand Sandro Pertini était venu ici à Aoste, il y a quinze ans. Nous n'avions pratiquement pas d'étudiants au-delà du Mont Blanc, il y en a soixante-dix aujourd'hui. Ce n'est pas peu, ca nous nous replaçons ainsi, petit nous nous replaçons ainsi, petit à petit, au milieu de l'Europe et ce grand projet dont on parle, d’une région européenne, d’une vision européenne, on le construit par des esprits nouveaux qui se forment et qui ne sont pas « Torino dipendenti », même au point de vue intellectuel.
La formation est importante, bien sûr, mais il faut aussi un peu de courage, un peu de confiance en nous-mêmes, parce que j’ai l’impression que nous sommes souvent dans une certaine torpeur et que nous vivons avec un profond complexe s’infériorité. Si le choix s’en vient, si ce choix devient inévitable parce qu’on reprend notre liberté de choisir le camp, nous ne pouvons pas nous résigner à rester dans la situation plus ou moins confortable d’aujourd’hui, nous devons avoir le courage de nous retrousser les manches et de faire un grand travail. En préparant les outils et les outils nous viennent du cadre institutionnel.
Je ne veux pas répéter à ce sujet ce qui a été très bien dit tout à l’heure, mais je reprends certains passages parce qu’ils sont importants et ils devront nous accompagner dans les semaines, dans les mois, dans les années à venir.
Le contrat n’est pas respecté. Le contrat constitutionnel qui a été souscrit il y a cinquante ans n’a pas été respecté et quelqu’un est en train d’en récrire un nouveau.
Nous ne pouvons pas accepter qu’il soit écrit par eux et non pas des deux parts en même temps. Je souligne, au passage, que la liberté d’expression, surtout au point de vue du futur institutionnel de la Vallée d’Aoste, n’est pas assurée. L’attention un peu exagérée qui est dédiée à des amis qui envisagent clairement une issue indépendantiste est une attention franchement exagérée ; on doit avoir le droit de s’exprimer clairement sur l’avenir politique du Pays d’Aoste sans être contrôlés et poursuivis. Dans ce pays nous avons, je crois, le devoir d’exprimer librement nos idées sans qu’un code pénal vienne censurer l’expression de ces convictions.
Deuxièmement : nous relançons la constitution fédérale et elle a un sens si elle se base sur un contrat entre nous et les autres, entre nous et les autres régions, pour construire ensemble un nouveau système. Je crains, par contre, que l’on nous ait déjà préparé l’assiette, celle d’une Assemblée constitutionnel qui se créerait au Parlement italien, qui serait une sorte de roulette russe ; j’ai grand peur de cela parce que nous savons bien qu’une Assemblée constituante n’a pas de limites si on lui donne un pouvoir constituant. On doit l’empêcher. Nous ne pouvons pas nous asseoir à une table, nous ne pouvons pas envoyer une délégation sans qu’elle soit assurée que le résultat de tout ce qui sera dit et fait aura l’aval du peuple valdôtain.
Comme ce peuple a revendiqué et c’est grâce à cela que nous avons eu l’autonomie, que nous avons, l’autodétermination en 1945, il doit avoir le droit de se prononcer sur ce qui sera préparé pour son avenir institutionnel. Mais attention, cela n’est pas si évident, parce que tant qu’il s’agit de faire de beaux discours tout le monde y est, mais quand le jeu se fait dur, alors il faut être prêts et l’union est la seule force que nous pouvons donner à ceux qu’iront négocier pour nous les nouvelles assises constitutionnelles du pays.
Chez nous les gens sont assez sensibles et nous sommes la partie la plus sensible de ce pays, ce mouvement l’a toujours été et le restera encore, mais il faut que cette sensibilité soit partagée par l’ensemble de la population. Ce n’est pas l’affaire uniquement à 15 conseillers régionaux, ce n’est pas l’affaire seulement à notre mouvement : famille par famille, personne par personne, nous devons nous considérer tous engagés dans cette direction. C'est un travail énorme, c'est un travail qui demande une grande préparation et là nous venons à un autre problème de fond: est ce qu'on peut être au four et au moulin en même temps? Est-ce qu'on peut être à l'administration et en même temps préparer le futur? La Constitution fédérale, le projet de Constitution fédérale a été écrit en 1991, au moment où nous étions à l'opposition, sous l'effet d'un choc et dans un moment où nous n’étions pas directement engagés dans l'administration au niveau régional.
Cela nous a donné assez de recul et une forte conviction pour préparer un projet de ce genre. Aujourd'hui nous ne pouvons pas abandonner la direction et la gestion du pouvoir régional. Notre présence est essentielle, mais il faut quand même qu'il y ait des énergies, il faut que l'on prépare le terrain pour la Vallée d'Aoste du demain, il faut que des hommes et des femmes consacrent leur temps, leurs études, leurs recherches, leurs réflexions à cet objectif. Il n'y a pas à ce moment une seule étude sur la possibilité du Val d'Aoste de vivre en tant que pays à lui seul; personne ne s'est jamais penché là-dessus comme si c'était un tabou.
Il faut qu'on prépare notre mouvement pour ce travail immense, parce que 115 mille personnes, c'est un petit bout de la population européenne sur une planète très vaste, mais ce petit peuple doit être à même de le faire, parce que nous avons en nous les énergies intellectuelles et morales pour le faire. Je dis "morales" parce qu'il faut du courage pour affronter ces enjeux, il faut du courage pour risquer sur notre peau pour aller dans cette direction.
J'ouvre une petite parenthèse sur ce qui sera un passage dans ce parcours, cette élection du nouveau Parlement italien, qui peut-être ne résoudra pas encore les problèmes de l'Italie mais qui est importante aussi pour le signal que nous donnons à l'extérieur, par rapport à un système politique qui a beaucoup évolué au cours des dernières années, et surtout depuis que le Parlement italien a changé sa loi électorale.
Ne nous renfermons pas dans des cages, ne nous mettons pas sous l'ombre de quelque arbre que ce soit, ne nous laissons pas attirer par quelque pôle que ce soit. Envoyons à Rome de représentants de la Vallée d'Aoste, rien que de la Vallée d'Aoste, parce qu'ils auront une tâche importante à accomplir et ils pourront le faire seulement s'ils auront les mains libres. Je le crois de tout mon cœur, je suis persuadé que l'idée, l'idée même que notre mouvement se mette à la traine de quelque grand regroupement que ce soit, ne soit qu'une idée perdante à long terme, je dirais même mortelle, pour nous. Je pense surtout à un futur qui ne s'annonce pas rose, d'autant plus que des velléités autoritaires et présidentialistes prennent de l'ampleur.
L'élection directe, remarquez, je ne la condamne pas: c'est un bon système dans certaines conditions, quand elle a de bons contrepoids et surtout quand elle est faite, quand elle est jouée à la taille d'une région comme la nôtre, qui par ses dimensions peut contrôler et connaître personnellement tous les acteurs de sa politique. Mais à la dimension d'un pays de 50 millions d'habitants, le jeu devient beaucoup plus difficile, beaucoup plus dangereux, surtout quand on a certains instruments comme les télévisions dans les mains: c'est pourquoi je ne considère pas que cette issue puisse être valable pour l'Italie.
Je n'oublie pas, tout en la considérant un peu poussée, la prophétie de Proudhon, qui disait, "vous verrez, un jour les italiens mettront à leur tête un singe et ils diront: le singe a raison", cela est déjà arrivé dans les années '20, je ne voudrais pas le voir se reproduire de nos jours. Eh bien! Engageons nous, chers amis, à partir du Secrétaire, à partir du Président, pour que, cette transition achevée dans l'Union Valdôtaine, reprenne de l'enthousiasme et l'on construise ensemble cette nouvelle Vallée d'Aoste vers l'an deux mille.
Nous avons de l'espace, nous avons des possibilités, des honneurs et du travail pour tout le monde dans ce mouvement, chacun à sa façon peut y contribuer mais soyons certains que la seule unique chose qui compte c'est le résultat final pour la Vallée d'Aoste libre et pour notre Union Valdôtaine.

M. PERRIN Charles, Secrétaire général

Au mois de décembre de 1993 nous nous sommes retrouvés dans cette salle pour célébrer notre 4ème Congrès national. L'Union Valdôtaine avait eu un bon succès électoral aux élections régionales du mois de mai, succès que quelqu’un avait même souhaité plus éclatant, mais qui lui avait permis de guider la formation d'une large majorité, dans laquelle sa présence était importante.
Les premiers signaux de malaise et d'incertitude s'étaient déjà fait sentir: la pulvérisation du cadre politique, le succès tout à fait imprévu de la nouveauté Lega Nord.
L'après élections régionales avait été envenimé par des polémiques sur le comportement de certains candidats, certains résultats n'avaient pas satisfait des candidats, des sections et des zones entières; certains comportements n'avaient pas été corrects, certaines expectatives n'avaient pas étés satisfaites.

Quelque temps avant le Congrès les arrestations grossières d'Auguste Rollandin et de Jean Barocco avaient plongé le mouvement dans le désarroi; la tempête ne semblait que commencer. La sensation que l'effet «tangentopoli», qui avait fait basculer le cadre politique en Italie, pourrait se reproduire chez nous était bien réelle.
L'amertume, le choc que ces faits avaient produit parmi les unionistes étaient alarmants.
Dans ce contexte et dans ce climat, le président et moi-même avons reçu un mandat très délicat et engageant, celui surtout de maintenir le calme, de rétablir les contacts avec la base à travers les sections, de redonner confiance au mouvement par la reprise d'une attention particulière aux idéaux. Un mandat que nous avions accepté, peut-être avec un peu de naïveté, mais aussi avec du courage et surtout de la bonne volonté. Un mandat que nous avions interprété être de transition, limité dans le temps avec un but fondamental, celui de rétablir une certaine tranquillité à l'intérieur du mouvement, revenir aux idéaux comme moteur de notre action politique, privilégier un moment d'introspection, se regarder de l'intérieur plutôt qu'envisager des actions politiques voyantes et plus marquantes vers l'extérieur.
C'était une passage indispensable et nécessaire, mais temporaire, qui doit se conclure, afin de reprendre avec plus d'élan et d'énergie une «offensive» politique. Nous avions annoncé depuis longtemps, et nous en avions discuté avec nos organes, de la nécessité d'arriver à un Congrès extraordinaire pour faire le point sur l'action menée et pour relancer une forte action politique du Mouvement.

Nous avons travaillé, pendant ces deux années et quelques mois avec prudence et bon sens, nous avons évité des déchirures, nous avons dialogué avec nos adhérents, nous avons tâché surtout d'être clairs, compréhensibles, cohérents et conséquents.
Nous ne prétendons pas avoir résolu tous les problèmes, mais, comme le montagnard surpris par la tempête, nous avons avant tout maintenu le calme, nous avons étudié un parcours pour nous mettre à l'abri sans nous affoler, nous avons ménagé nos forces et nos ressources en attendant que la tempête passe. Nous avons parcouru ce trajet avec des pas cadencés, bien calculés, un petit parcours linéaire, sans trop de détours, nous avons eu la chance de ne pas tomber.
Il me semble pouvoir annoncer que la tempête est passée, ou au moins que nous avons la chance d'un moment d'accalmie, nous sommes soulagés, nous voyons plus clair, nous percevons le but à atteindre, mais nous nous rendons compte que le trajet est encore très long, périlleux, et que le mauvais temps pourrait revenir.

Ce Congrès veut représenter cette étape, ce petit moment de halte, où nous nous réjouissons du danger passé; le long du parcours nous avons maintenu nos énergies (les adhésions au mouvement ont été bonnes, les résultats électoraux positifs).
Ce moment veut servir aussi au Président et à moi-même, à qui avait été confiée la responsabilité de la cordée, de vérifier avant tout nos énergies, de vérifier la confiance de la cordée, la compétence suffisante pour reprendre le parcours, l'opportunité ou la nécessité d'opérer un changement; la fatigue, le sentiment de frustration, les difficultés du parcours sont des éléments à évaluer. Nous sommes donc démissionnaires, nous souhaitons le changement tout en ne fuyant pas devant les responsabilités.

A ce point une brève analyse du parcours de ces années s'impose. Il est nécessaire de faire un bref excursus sur les principaux événements qui ont marqué cette période. La nouvelle organisation du mouvement découlant des modifications apportées aux statuts lors du dernier congrès a de quelque façon modifié le rythme de son action: le bureau de direction s'est démontré un organisme efficace, agile, il est à perfectionner surtout par une plus grande responsabilisation de ses membres et par la répartition des fonctions. Après l'innovation du bureau de direction, le comité exécutif a peut-être perdu de sa vitalité, son action au niveau propositif a été affaiblie. Le comité central est désormais comparable à une grande assemblée, la présence de ses membre n'a pas été exceptionnelle; le niveau différent d'information et de connaissance des faits ainsi que le manque souvent de rapport avec les sections risquent de transformer cette grande assemblée en un auditoire passif. Beaucoup plus participée et vivante a été la conférence des présidents de sections, peut-être plus sensibles et sollicités par la base unioniste. La conférence des administrateurs, autre organisme fondamental d'harmonisation de l'action administrative aux différents niveaux, risque de ne pas être représentative d'une volonté collective par manque de présences et de participation.

Quelques brèves considérations s'imposent sur le rôle du président du Mouvement et du secrétaire général: le président est le garant de la ligne politique exprimée par le Congrès et le garant de l'application des statuts du Mouvement, il lui revient un rôle fondamental de promotion et de contrôle qui en font le responsable suprême de l'action politique du mouvement.
La fonction de secrétaire, représentant officiel du mouvement, est beaucoup plus exécutive et plus dynamique, il lui revient notamment de présider le comité exécutif et la commission politique. L'élection du président et du secrétaire faite par le Congrès donne à ces derniers une responsabilité politique énorme, mais aussi une position de prestige et de force qui devrait aboutir à donner élan à l'action du mouvement vis-à-vis des différents organes administratifs (gouvernement régional, groupe conciliaire, responsables des collectivités locales) etc. La fameuse et débattue question de la primauté du mouvement comme guide politique.
Importants peuvent être les apports des organes collatéraux: la Jeunesse, qui dans son autonomie de mouvement doit être un élément important de sollicitation, de propulsion et un organe important pour la formation et l’introduction des jeunes dans le monde politique.
L’Entraide ou les femmes de l’Union Valdôtaine doivent se faire les interprètes du rôle de la femme dans la politique, dans les associations, dans la société valdôtaine tout court.

Nous avons défini notre organisation lourde, mais énormément garantiste, certaines révisions s'imposent, tout en garantissant la participation, condition essentielle pour un mouvement qui se réclame fédéraliste, participation qui s'exprime avant par des sections organisées et participées. Il faut absolument trouver la façon d'élargir le champ d'action afin qu'elles ne soient pas l'expression d'un petit comité ou d'un groupe restreint qui impose ses choix et ses décisions.
Participation qui ne doit pas signifier présence, mais participation propositive, aux différents niveaux afin de renverser une tendance dangereuse et nuisible d’attendre que tout vienne d’en haut. Il faut que les idées de base, bien que simples et non élaborées soient transmises et puissent remonter, être analysées par les différents moments de l'organisation du mouvement pour arriver aux organes délibératifs et décisionnels qui, se servant de moyens techniques, d'appuis juridiques et légaux, transforment ces idées en actes politiques, administratifs, en propositions de loi.
Le Mouvement dispose à tous les niveaux de suffisamment d'hommes et d'énergie pour aboutir à cette révolution fédéraliste, il est nécessaire d'une bonne dose d'organisation, de coordination, de disponibilité, d'engagement.

Un bref excursus sur les principaux événements qui ont marqué l'action de l'Union valdôtaine dans ces années.
Le premier impact des organes dirigeants avec la réalité politique du moment a été représenté par les tristes épisodes de l'action de la magistrature envers des hommes remarquables de notre mouvement, l'arrestation d'Auguste Rollandin et de Jean Barocco auparavant, l'arrestation de Ugo Voyat après, ont plongé le Mouvement dans une situation qui semblait s'annoncer tragique, les voix, les commentaires, la presse, les médias ont contribué à nous plonger dans un état d'amertume, de déception, des moments presque de désespoir. J'ai parlé dans mon introduction de tourmente: ce phénomène que nous montagnards nous connaissons nous donne bien l'idée de notre état d'âme de ce moment particulier, je crois vraiment qu'à ce moment-là tous les observateurs externes ont perçu et prévu le début de la décadence de l'Union Valdôtaine.
Le contexte politique général, la chute des grands partis traditionnels (Démocrates Chrétiens, Parti Socialiste, etc.) donnaient de forts atouts pour une lecture catastrophique des événements. Nous avons tâché de réagir avec prudence et modération, nous avons été attentifs à ne pas condamner sans appel, nous avons dû prendre acte de certaines accusations et de certaines sentences, nous avons eu l'impression qu'au delà d'éventuelles responsabilités de nos hommes il y avait un acharnement pour arriver à démontrer que l'Union Valdôtaine dans ses hommes n'avait pas été épargnée par le système de corruption et de mauvais gouvernement qui avaient fait effondrer d'autres partis politiques beaucoup plus puissants que notre petit mouvement.
On voulait démontrer que ce que la démocratie chrétienne ou le parti socialiste avaient été pour l'Italie était représenté en Vallée d'Aoste par l'Union Valdôtaine. Nous percevons aujourd'hui un moment d'accalmie, les accusations qui semblaient énormes se sont quand même estompées, nous attendons malheureusement encore des verdicts. Le monde unioniste a réagi d'une façon calme et l'on a évité la déchirure entre ceux qui étaient portés à culpabiliser et ceux qui innocentaient. Il faut aussi donner acte de la dignité avec laquelle ceux qui ont été touchés ont abordé cette situation si délicate et embarrassante, nous les remercions, et si le mouvement n'a pas subi des répercussions négatives cela est dû au sens de responsabilité que tous ont eu en ces moments très délicats et difficiles.
Dans le moment peut-être le plus sombre nous avons été appelés à une compétition électorale importante: les élections politiques anticipées où la liste «Vallée d'Aoste», bien que soutenue que par nous mêmes et le mouvement «Pour la Vallée d'Aoste» a obtenu un résultat exceptionnel qui a reconfirmé le sénateur Dujany et le député Caveri; à noter que notre candidat à la Chambre, le député Caveri, a obtenu 54% des suffrages. Ce résultat à été le témoignage du bon travail de nos parlementaires et de la volonté des valdôtains d’être représentés à Rome par des personnages qualifiés ayant la garantie d’une formation autonomiste irréprochable.

Beaucoup moins brillants ont été les résultats pour les élections européennes, élections sans issue pour nous, qui ont toutefois permis la collaboration entre les mouvements autonomistes en Vallée d'Aoste, mais une collaboration partielle avec les mouvements des minorités en Italie.

Sur le plan des rapports politiques en Vallée d'Aoste il est à signaler la tentative de renforcer les liens avec les mouvements autonomistes. La vérification entre les forces composant la majorité régionale qui s'est réalisées sur deux plans: confrontation sur les objectifs politiques à atteindre et sur le comportement ente les partenaires politiques.
Réalisation du programme et de ses priorités.
Une majorité que nous avons toujours définie vaste et hétérogène a trouvé son homologation avec la présence dans le gouvernement, en substitution de l'Assesseur technique Ferrero, de l'arch. Lavoyer représentant de la Fédération Autonomiste.
Le Congrès de 1993 avait donné des indications assez précises sur les collaborations politiques de l'Union valdôtaine, c'est-à-dire la priorité de collaboration avec les forces autonomistes et les forces progressistes. Nous avons été cohérents avec ces indications, conscients avant tout de notre rôle de garants de la stabilité politico-administrative, que nous estimons importante et fondamentale dans un moment de grande incertitude politique au niveau italien. La collaboration entre les partenaires de la majorité est basée sur la réalisation d'un programme de législature; nous avons été cohérents avec cet engagement et je crois que les effets de la stabilité politique, de l'engagement des hommes de notre mouvement dans les places de responsabilité, notamment les présidences du Gouvernements et du Conseil et les Assessorats de l'Instruction Publique, de l'Agriculture, du Tourisme et de la Santé, sont en train de donner des résultats satisfaisants, résultats qui pourront d'ailleurs encore mieux être évalués et appréciés dans les années futures.
L’Union Valdôtaine a représenté dans cette période un point de repère pour tous les partenaires politiques: critiquée, courtisée, flattée. A nous la responsabilité de ne pas inverser ou mortifier l’action des autres forces politiques et d’interpréter ce rôle de guide avec responsabilité et cohérence. Cette position nous a valu l’augmentation de notre groupe du conseil de 13 à 15 avec l’adhésion à l’Union Valdôtaine des conseiller Emilio Rini et Marco Bavastro, adhésions qui nous ont honoré et qui doivent être analysées dans la particulière situation politique du moment où un cadre politique en déconfiture a provoqué des crises d’appartenance, tant à des groupes politiques qu’à des personnalités particulières.
L’Union Valdôtaine est représentée par un groupe du conseil nombreux, qui a peut-être besoin de plus de confiance, qui a besoin de se sentir l’interprète des instances du mouvement et en même temps le support propositif du gouvernement.
Le rapport entre les forces de majorité est certainement un rapport dialectique, pour certains aspects même conflictuels, une certaine animation peut être même positive pourvu qu'on ne dépasse pas la limite des accords et du bon sens.
Les bons comptes font les bons amis.
D'ailleurs le cadre politique actuel se ressent encore du provisoire. Des tentatives d'agrégation ont été faites ou sont en cours, les nouvelles règles électorales, qu'on ira discuter, pourraient favoriser ou limiter ces agrégations.
La situation politique en Vallée d'Aoste se différencie de la situation italienne, la présence d'une forte aire autonomiste oblige aussi les forces présentes à se positionner de façon différente, - contraposition des pôles, bipolarisme. Les propositions avancées ne tiennent aucun compte des réalités valdôtaines.
L'Union Valdôtaine à réaffirmé son origine antifasciste, son héritage de la «Jeune Vallée d'Aoste» et de la résistance Valdôtaine, elle ne pourra jamais partager une collaboration quelconque avec des forces politiques qui ont eu leur origine dans les idéaux fascistes. Tout en réaffirmant la validité de la collaboration actuelle au niveau de la majorité régionale, en particulier avec les forces autonomistes, nous sommes disponibles à la confrontation et à la collaboration avec d'autres forces politiques qui partagent avec nous le souci de l'affermissement de l'autonomie, la promotion de l'identité valdôtaine, le fédéralisme et les différents degrés de son application.

Une parenthèse s'impose pour quelques considération sur les élections communales, pour lesquelles le mouvement a été présent avec discrétion et souplesse, cohérent et conséquent avec les affirmations de principe basées sur le fédéralisme et donc sur les compétences et responsabilités aux différents niveaux.
Les résultats ont été satisfaisants: à la commune d'Aoste où l'on a expérimenté une formule complètement nouvelle, la victoire nette au premier tour de l'agrégation Autonomiste-Progressiste face à l'affirmation éclatante de la liste Union Valdôtaine.
Le phénomène "Forza Italia" s’est estompé vis-à-vis de la réalité locale et l’extrême-droite ainsi que la Lega Nord n’ont même pas abouti à un conseiller. La présence de nombreux syndics, vice-syndics et conseillers adhérents ou sympathisants de l'Union Valdôtaine dans les communes de la Vallée, de nombreux présidents et conseillers de communauté de montagne.
Une présence sur le territoire qui prime notre profond enracinement, qui doit nous donner l'élan pour entamer une vraie réforme en sens fédéraliste à l'intérieur de notre Région où chacun, laissant de côté ses positions personnelles, oubliant ses privilèges ou son prestige, contribue à réaliser cette réforme: nous avons la compétence, nous avons les moyens, nous ne pouvons décharger sur aucun autre la responsabilité d'entraver ce processus.
Il ne faut pas oublier la reconnaissance de la minorité Walser, art. 40 bis du Statut.
Encore quelques brèves considérations sur un événement, une date qui nous a particulièrement touchés pendant ce parcours: le 50e anniversaire de l'Union Valdôtaine, un moment important. Ce congrès veut aussi signifier la conclusion d’une réflexion profonde que le 50e a favorisée. Nous avons rappelé les personnages importants, mais surtout les idéaux qui ont été à l'origine de l'Union Valdôtaine, nous avons parcouru ensemble ces cinquante ans d'activités politiques au service de la Vallée d'Aoste, la conférence nationale a été un moment fort de participation, de souvenirs, de traditions et d'amitié.
Nous sommes arrivés finalement à la préparation de ce Congrès, et faisant suite au débat en cours nous avons décidé de concentrer notre attention sur les raisons d'être de l'Union Valdôtaine, de ses objectifs et des parcours à entreprendre pour réaliser ces objectifs. Nous nous trouvons à œuvrer dans un contexte profondément changé, les raisons fondamentales de notre existence sont souvent mises en doute: l'identité du peuple valdôtain, sa langue, sa culture, sa façon d'être et de se distinguer; le sens d'appartenir à une réalité distincte, à un peuple particulier est beaucoup moins évidente. Certains débats, certaines prises de position, certaines menaces doivent nous faire réfléchir, notre réaction doit être ferme, mais constructive, c'est le moment de fixer des points, de réaffirmer avec force notre position, et le titre que nous avons voulu donner à ce congrès est là pour le signifier: la souveraineté politique du Val d'Aoste. Il est écrit dans nos statuts: «l'Union Valdôtaine s'engage à réaliser la souveraineté politique du Val d'Aoste par les voies démocratiques afin de seconder l'aspiration du peuple à l'autogouvernement dans le cadre d'une Europe unie des peuples».
Nous voulons l'affirmer dans un moment où quelqu'un voudrait effacer notre histoire, notre identité particulière, principes reconnus même par l'Etat italien lors de l'octroi du Statut d'Autonomie.
Autour du principe de l'autonomie la nouvelle société valdôtaine s'est reconnue et un sentiment diffus d'appartenir à une Région spéciale, avec des atouts humains, culturels, linguistiques et économiques. L'Union Valdôtaine a toujours apprécié et favorisé cet effort et a été porteuse d'un message d'ouverture pour une culture plus vaste, la richesse du bilinguisme, un regard ouvert sur l'Europe, en partant de la réalité de notre peuple reconnu comme minorité ethnique et linguistique à l'intérieur de l'Etat Italien.

Vis-à-vis des contestations du droit d'autogouvernement, après un demi-siècle de la reconnaissance formelle de la Région Valdôtaine comme expression politique et institutionnelle du peuple valdôtain, force nous est de réaffirmer notre droit à l'autodétermination. Pour ce faire nous revendiquons clairement que toute modification à notre Statut d'autonomie doit avoir le consentement de la population valdôtaine ou des organes élus, que dans la perspective d'une réforme constitutionnelle on ne touche pas à notre unité géographique et politique par l'agrégation à d'autres régions, que seule une réforme de l'Etat en sens fédéraliste pourrait signifier un libre pacte entre la Vallée d'Aoste et l'ensemble de l'Italie.
Que si des solutions prévaricatrices étaient envisagées nous nous ferons promoteurs de requêtes de libre disposition comme reconnu par le droit international.
Que nous nous ferons promoteurs d'initiatives telles à solliciter une réforme fédérale de l'Etat. Nous refusons aussi la logique d'une autonomie fondée sur des privilèges, nous revendiquons la gestion des ressources de notre territoire et un pouvoir législatif qui nous garantisse des contraintes et des limitations dues à des engagements conséquents à des choix politiques discutables, selon le principe de la subsidiarité.

La préparation à ce Congrès nous a permis de nous confronter sur ces sujets importants et fondamentaux avec nos adhérents, de nous interroger sur le rôle et la fonction de l'Union dans le contexte particulier, nous avons préparé une série de documents sous formes de résolutions et de motions, qui sont les résultats d'une synthèse entre les suggestions des organes du mouvement et des thèses et des propositions élaborées par les sections. Les résolutions ont l'avantage d'exprimer bien synthétiquement et de façon percutante la position de l'Union vis-à-vis des différents aspects analysés, les motions ont le but d'engager le mouvement et ses élus sur des problèmes particuliers.
Une attention particulière a été réservée à l'analyse de l'actualité des articles 1 et 2 de nos statuts qui résument très bien les objectifs de l'Union Valdôtaine.
Partant donc de la réaffirmation de notre volonté d'atteindre pour le peuple valdôtain une véritable souveraineté politique, nous nous sommes penchés sur l'état de santé de notre autonomie et de ses rapports vis-à-vis de l'Etat italien, nous avons pris acte des petits progrès de l'Europe des Régions.
Nous avons reconsidéré le sens profond de notre identité qui s'exprime dans ces différentes expressions: la langue française et le patois, le particularisme linguistique qui, dans sa reconnaissance paritaire avec la langue italienne, a donné lieu au phénomène du bilinguisme, juridiquement reconnu, sur l'application duquel la discussion est ouverte, surtout au niveau d'application des articles 39 et 40 de notre Statut à l'école, où l'on prévoit outre l’introduction de la parité linguistique, l'adaptation des programmes à la réalité valdôtaine. Nous avons analysé l'auto développement pour une exploitation équilibrée de nos ressources, dans le respect du territoire, développement portant à l'amélioration de la qualité de la vie.
Le gouvernement de la Vallée d’Aoste doit guider et favoriser les initiatives pour un développement économique équilibré et pour la création et distribution des services sur le territoire en accord avec les collectivités locales et les organes préposés.
L'Union Valdôtaine prévoit dans ses objectifs le plein épanouissement de l'identité valdôtaine mais aussi de se faire l'interprète des besoins et des instances de la société valdôtaine.

Le Mouvement, héritier politique de la Jeune Vallée d'Aoste et des valeurs de la Résistance, s’inspirant aux principes du fédéralisme global, s'apprête à gérer cette phase politique délicate et incertaine, conscient de son rôle fondamental, conscient aussi de la nécessité de confrontation et de collaboration avec les forces politiques qui se réfèrent aux principes et aux valeurs de l'autonomie et du fédéralisme, conscient de falloir dialoguer avec les nouvelles instances à tous les échelons valdôtains, italiens et européens: les fédéralistes, les représentants des minorités, avec tous ceux qui travaillent au changement pour le respect des différences, en particulier aux ressources valdôtaines, qui font des discours et des projets d'avant-garde.
L'actualité et l'ouverture du message politique de l'Union Valdôtaine sont éclatantes, son enracinement et sa conviction ne pourront que primer son action politique.
Nous les Valdôtains, conscients de notre identité, nous nous sentons avant tout citoyens de ce pays d'Aoste, de ces Régions alpines qui ont partagé avec nous l'histoire, la culture, la langue, la civilisation, ouverts et disponibles à collaborer pour un pacte fédéral avec d'autres régions italiennes et européennes, pour toute éventualité nous réclamons toutefois le droit à la libre disposition de nous mêmes conformément aux principes du droit international.
Je ne veux pas terminer par des phrases à effet ou populiste, je termine en vous souhaitant bonne réflexion, bonne discussion et bon travail.

M. STEVENIN François, Président du Conseil régional

Permettez-moi, en tant que président du Conseil régional, de vous adresser quelques mots et de faire quelques réflexions sur des thèmes d’ordre général que j’estime importants pour notre Pays. Néanmoins, en tant que militant de l’Union Valdôtain depuis plus de trente ans et en tant qu’élu de l’Union Valdôtaine depuis presque treize ans, je tiens à faire quelques réflexions en qualité d’unioniste.
Je voudrais, en premier lieu, vous faire part de mon désarroi – que j’imagine, tout le monde partage – face à la situation politique et institutionnelle qui caractérise l’Italie au moment actuel. Je crois que jamais dans l’histoire de l’Etat italien, la sensation d’être face, à un désordre établi n’a été aussi forte. Une lueur d’espoir avait pourtant jailli, qui parlait de réformes constitutionnelles et de fédéralisme. En ma qualité de président de la conférence des présidents des conseils régionaux italiens, je bénéficie d’un observatoire privilégié, qui me permet de me rendre compte de ce qui se passe dans les différentes régions et même, à un niveau plus général, au Parlement italien. J’ai eu le plaisir de travailler avec Monsieur Tretter et avec d’autres personnalités, avec de grands autonomistes qui m’ont appuyé et qui font un travail remarquable pour réformer l’Italie dans une optique fédéraliste et régionaliste. J’ai vu combien M. Dujany et M. Caveri ont bien travaillé dans l’intérêt non seulement de la Vallée d’Aoste, mais aussi de toutes les autres régions italiennes. En effet, d’après tous les contacts que j’ai eus, les représentants de notre région son estimés par tous les groupes politiques présents au sein du Parlement italien.
Toujours grâce à mon observatoire privilégié, j’ai compris que ce « Polo » que l’on croit si uni – c’est-à-dire d’un côté « Forza Italia » et « AN » et de l’autre les partis qui le composent – en réalité ne l’est pas du tout. Bientôt, les élections vont cacher les difficultés que les partis doivent surmonter, surtout à cause de « AN » qui – tous les présidents des forces politiques liées avec le « Polo » me l’ont dit – a une grande gueule, plus grande encore – paraît-il- que les anciens socialistes et les anciens démocrates-chrétiens réunis : elle veut s’emparer du pouvoir un peu partout dans les différentes régions. Mais mon observatoire m’a permis également de nouer des contacts prometteurs avec des personnalités de la vie politique italienne qui s’étaient, en grande partie, déclarées d’accord avec la nécessité de sortir le plus rapidement possible de cette situation beaucoup trop compliquée en raison des structures d’un Etat rigide et incapable de faire face à la rapidité des changements de la vie contemporaine. Des projets avaient vu le jour, des débats avaient été lancés, des conceptions fédéralistes trop longtemps ignorées avaient retrouvé leur légitimité. Hélas, comme chacun a pu le constater, la « politique politicienne » a repris rapidement le dessus et a privilégié à nouveau le court terme par rapport aux exigences de la réforme. Nous avons donc eu droit à la énième répétition de discours d’autant plus criés qu’ils ne cachent, la plupart des fois, que le désarroi et le vide d’idées. Nous avons assisté et nous assisterons une fois de plus à ce jeu dangereux qui consiste à vouloir battre l’adversaire, coûte que coûte, avant même de savoir ce que l’on veut faire. Ce marasme n’est pas propre, mais sans doute l’Italie et l’Europe toutes entières souffrent d’une crise de civilisation qui n’aura pas de solution. Tel est mon sentiment, si le problème de l’unification et des structures économiques, politiques et sociales connaîtra une solution forte et viable à la fois, pour les grands et pour les petits peuples.
Il est inutile, cependant, de souligner que les petits peuples, tout fiers qu’ils sont, courent les plus graves dangers quand les structures dans lesquelles ils sont enfermés – c’est-à-dire les Etats – traversent des périodes de crise. Par un étrange phénomène, il semble presque que le peuple dominé veuille, en un certain sens, suivre le peuple dominant dans sa ruine, ayant peut-être honte de pavoiser pour ses succès face à l’ennemi qui, bien qu’agonisant, peut devenir encore plus dangereux.
Le peuple valdôtain n’échappe pas à cette règle. La déchéance de l’Etat italien, progressive et toujours plus rapide, n’a pas manqué de susciter des tendances inquiétantes que je n’hésiterais pas à définir suicidaires chez les Valdôtains. Il suffit d’examiner quelques chiffres. Depuis 20 ans, nous avons en Vallée d’Aoste plus de morts que de nouveau-nés et si la population est toujours la même (115-116.000 habitants) ce n’est qu’en raison de l’immigration. Notre région connaît un vieillissement très rapide. En 1981, dans quelques 20 communes, les personnes âgées étaient plus nombreuses que les jeunes. En 1991, les communes dans cette situation étaient déjà au nombre de 52. J’ignore les données actuelles. Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que les personnes qui ont dépassé 60 ans sont plus nombreuses que les moins de 20 ans. Il y a là de quoi réfléchir. Il s’agit sans aucun doute d’un problème mondial, mais qui intéresse de manière particulière l’Europe occidentale et qui s’avère encore plus grave dans notre Région. Nous devons avoir le courage de l’aborder, ce problème. Il est possible de porter de l’avant des politiques susceptibles d’assurer l’épanouissement de la famille, cette famille qui est la véritable cellule de base de toute communauté. Je me rends très bien compte des risques que l’on court à parler de ce problème ; quelqu’un peut toujours dire « nous avons déjà connu cela à l’époque de Mussolini quand des actions étaient menées en matière de nombre d’enfants. » Mais il existe aussi la possibilité de s’occuper de ce problème à des niveaux différents de la sécurité sociale et avec les moyens les plus divers. Il suffit de nous confronter avec d’autres régions limitrophes, ou avec la France ou d’autres pays frontaliers, pour promouvoir des initiatives allant dans la direction souhaitée. J’arriverais jusqu’à dire que cela irait de soi si chacun jouait son rôle et, une fois les buts définis, on ne perdait pas trop de temps, dans les querelles stériles et fastidieuses que nous retrouvons souvent dans notre pays d’Aoste.
Or, il semble qu’un certain nombre de personnages soient venus dernièrement au Val d’Aoste pour semer le doute et provoquer la discorde, pour remettre au goût du jour des attitudes lâches et provinciales que l’on espérait ensevelies à jamais. Peut-être est-ce dans l’air du temps, puisque partout dans le monde des historiens se manifestent qui aimeraient réécrire l’histoire du nazisme ou du fascisme pour nous montrer qu’au fond, la dictature, l’assassinat, le massacre ont la même légitimité que le respect, la démocratie et le progrès. Cette tendance a un nom : révisionnisme. Il s’agit de la tentative de nier des vérités historiques. Et cette tentative est mise en œuvre au Val d’Aoste aussi, vu que d’aucuns veulent remettre en discussion les fondements mêmes de notre autonomie et l’existence même du peuple valdôtain. Pas de doute, les Valdôtains d’origine et d’adoption sauront réagir fermement à ces attaques idiotes, car notre particularisme, nos caractéristiques linguistiques et culturelles témoignent de notre histoire et de notre identité. Une identité valdôtaine qui n’est bien sûr pas repliée sur elle-même mais ouverte et solidaire avec les autres cultures. Il est indispensable, toutefois, que les Valdôtains, et surtout les jeunes, connaissent leurs institutions, l’histoire sur laquelle elles se fondent, leurs droits et leurs devoirs, en vue d’une plus grande participation de la communauté tout entière à la vie politique, administrative et sociale.
Laissez-moi conclure mon intervention en vous répétant que le défi que nous lance cette conjoncture ainsi qu’un avenir que nous n’arrivons pas à cerner, nous devons le relever et l’assumer. Je souhaite donc vivement qu’un autre congrès se penche au plus tôt sur la question sociale de l’organisation du mouvement. Car celui-ci, par des stratifications successives, est devenu aujourd’hui un moyen qui ne semble plus être à même de remplir entièrement sa tâche. J’espère vivement que le président et le secrétaire général de notre mouvement, M. Bétemps et M. Perrin, resterons à leur place et nous conduiront jusqu’au prochain congrès. Notre action devra être agile mais pénétrante, souple mais motivée, tolérante envers tout le monde mais vigoureuse quant aux principes. Telle devra être l’Union Valdôtaine dans les années à venir. Souveraineté politique pour assumer l’épanouissement du peuple valdôtain, le cap est fixé, les buts définis. A nous maintenant, à nous de trouver les moyens et les énergies pour les réaliser. Je ne doute pas un seul instant que nous y parviendrons.

M. VICQUERY Robert, assesseur régional

Chers amis, j’avoue que je suis ému. Je suis ému pour deux raisons principales, car j’ai vu aujourd’hui un Congrès de l’Union Valdôtaine entre amis, un Congrès uni, une élection du secrétaire et du président de l’Union Valdôtaine comme depuis longtemps dans les Congrès de l’Union Valdôtaine on ne voyait pas, et cela, évidemment, c’est notre force : c’est dans ce sens que nous devons continuer.
Je suis ému aussi, chers amis, pour le fait qu’aujourd’hui je prends la parole après que, lors du Congrès de 1993, j’avais renoncé parce que j’étais dans un état de choc total après l’arrestation de deux amis. Je n’avais pas la force de parler, je ne savais pas quoi dire, j’étais convaincu qu’ils étaient innocents, mais je ne pouvais pas le démontrer.
J’ai beaucoup apprécié, ce matin, l’intervention du président, pour sa clarté, pour son honnêteté et aussi celle du secrétaire, car il a touché les thèmes que nous n’avons jamais eu le courage de toucher.
J’ai apprécié plusieurs passages de l’intervention de M. Ugo Voyat, car je comprends très bien qu’un homme comme lui, qui a dédié toute sa vie à l’Union Valdôtaine et qui a eu une expérience si négative, devait dire ces choses-là. Je suis « pro tempore », et je le souligne, responsable du domaine de la Santé, un domaine où presque chaque mois on ouvre une enquête judiciaire. C’est très intéressant. Le but final c’est d’arriver toujours à l’assesseur.
C’est une situation que je dois supporter, maintenant que je suis là, mais évidemment il est très difficile de travailler. J’ai lu une sentence de condamnation qui est digne d’un moment de la justice inquisitoire. Une sentence de condamnation sans une preuve. J’ai eu plusieurs expériences avec la justice, déjà quand j’étais le président du Comité de gestion de l’Unité sanitaire locale. Dernièrement on m’a accusé d’être un représentant de la politique valdôtaine et en tant que représentant de la politique valdôtaine d’avoir eu le courage de faire des lois pour la défense des valdôtains qui ne sont pas dignes, selon quelqu’un, d’être défendus.
Dans quel milieu nous travaillons ? Dans celui-là !
La Junte Viérin a eu la force de sortir d’un moment très difficile, et je vous assure qu’elle a dû résoudre des dossiers très lourds. En mettant ensemble l’action politique du Mouvement, du président et du secrétaire, en première ligne, et l’action administrative de la Junte, nous avons bien travaillé, je pense.

Aujourd’hui, je ne sais pas quoi dire, pour la simple raison que ceux qui m’ont précédé ont déjà touché tous les thèmes et il ne faut pas se répéter. Je veux dire deux mots sur le document des amis indépendantistes, un document que, je veux le dire tout de suite, je signerai. Mais, tant pour provoquer encore plus la discussion, je considère que ces amis ont fait un très bon diagnostic de la situation du Val d’Aoste, mais nous avons tous ensemble un peu de problèmes dans le pronostic, et encore plus dans les remèdes. Je suis d’accord avec eux quand ils nous disent : « Votre Mouvement est lourdement responsable de la situation sociopolitique actuelle du Val d’Aoste, justement parce qu’il détient une large tranche de pouvoir ».

C’est vrai ! Nous sommes responsables aujourd’hui, comme l’ont été dans le temps les amis qui nous ont précédés, mais je vous assure que les unionistes ont toujours essayé, avec des limites évidemment, de défendre l’autonomie du Val d’Aoste, beaucoup plus que les autres administrateurs, qui font partie ou qui ont fait partie des différentes majorités. Ils disent aussi « …. Parce que vous savez mieux que nous qu’en continuant dans ce sens, c’est-à-dire en considérant cette autonomie comme une solution, alors que ce n’est qu’une mystification, la disparition du peuple valdôtain est chose sûre et certaine. »

Vous êtes, nous sommes, peut-être, un peu trop pessimistes. Evidemment, après ce qu’on a entendu aujourd’hui, et si l’on considère la situation italienne, malheureusement il faut être pessimiste vis-à-vis de la survie du peuple valdôtain. Je vous ai dit que, en tant qu’assesseur de la santé, je dois me confronter chaque jour avec ce genre de problèmes, avec le vieillissement de la population (nous sommes en train de publier un document très intéressant, où l’on démontre ce que François Stévenin a dit). Je veux aussi assurer Mme Laure Duc, mais cela est une parenthèse administrative, une référence stratégique et politique, que le document qui va être publié sur le plan socio-sanitaire du futur, saisit totalement ce qu’elle a proposé, c’est-à-dire de dépasser la phase des crèches, d’aider économiquement aussi les familles, d’insérer la figure professionnelle de la « tata » dans nos petits villages : ce sont des propositions que nous avons insérées là-dedans.

Mais, évidemment, le problème de fond ce sont les remèdes.
Toujours le document des amis indépendantistes dit maintes fois qu’il faut se remettre à faire de la politique. Nous avons déjà discuté de cela à l’intérieur du Comité exécutif et j’ai eu avec Robert Louvin une discussion très intéressante. Il nous dit toujours que nous devons faire de la politique. Nous, en tant qu’administrateurs, nous ne sommes pas à même de faire de la politique. Il y a, peut-être, une dichotomie entre administrateurs et « politiciens », nous n’avons même pas le temps de faire de la politique, même si chaque action administrative a des rapports avec elle. Je veux en citer une, par exemple : le problème des extracommunautaires. Evidemment s’il y avait quelqu’un d’autre à ma place ou à la place de l’assesseur de la Commune d’Aoste, Favre, la politique à l’égard des extracommunautaires aurait été bien différente. Quelqu’un avait même proposé de réaliser pour eux des mosquées !!!!
Nous avons essayé de les respecter, sans mettre en difficulté les valdôtains qui ont les mêmes droits, voir la politique sur la maison, etc.

Donc il faut faire de la politique mais on peut, à mon avis, suivre une double filière, la filière administrative-politique (cela signifie administration de la « polis », administration de la ville) et l’autre idéologique. C’est ce que nous essayons de faire, bien ou mal, en tant qu’administrateurs régionaux, syndics, présidents des Communautés de montagne ; nous sommes tous ici, nous représentons 90% des administrateurs du Val d’Aoste et nous essayons de faire de notre mieux pour nos paysans et pour nous concitoyens. Du point de vue idéologique (l’autre filière), nous connaissons tous quel est le but. Nous avons présenté une proposition de loi très claire, une Constitution fédérale ; la Vallée d’Aoste doit devenir un Etat-Nation : ce sont des choses que nous partageons tous.
Mais, quelles sont les conditions pour faire de la politique ? A mon avis, la première c’est d’avoir des adversaires politiques, et à présent on se tourne d’un côté et de l’autre sans en trouver. A gauche il y a Chiarello, un très bon conseiller vu du point de vue de « Rifondazione comunista » ; de l’autre côté nous avons trois conseillers de l’ancienne DC, un qui fait partie de la droite de l’ancienne DC et l’autre de la gauche. Le troisième on n’a pas bien compris. Ils ont inventé une soi-disant autonomie valdôtaine pour dire quelque chose. Nous avons la Lega, qui n’a même pas eu le courage de venir ici aujourd’hui : je n’accepte pas les excuses d’une « Lega » que, rappelons-nous, à l’époque de la formation du Gouvernement régional, nous avons rencontrée la première.
Charles Perrin, le Président de la Junte et Alexis Bétemps ont rencontré la « Lega » vu qu’elle parlait et elle continuait de parler fédéralisme et donc on était convaincu que c’étaient eux les partenaires privilégiés. La réponse a été « Non » et la réponse est aujourd’hui encore « Non ». Evidemment c’est un choix politique très clair, mais cela pour dire que l’Union Valdôtaine n’a jamais refusé personne et elle s’est toujours mise dans une situation d’ouverture totale.
Donc, il y un manque d’adversaires à l’opposition. Pendant les conseils régionaux, auxquels quelqu’un de vous participe, si c’était moi à l’opposition, j’en aurais des choses à dire ! Je ne peux pas les dire, je fais partie de la majorité. Mais il y a aussi une autre condition pour faire de la politique à mon avis : Robert Louvin et quelqu’un d’autre l’ont très bien touchée ; c’est-à-dire qu’il faut un milieu, un substrat social, une véritable société. Nous sommes les seuls à dire les choses que nous disons ici, dans cette salle, et nous sommes quelque 600 personnes ! Il est extraordinaire qu’un Mouvement politique, dans une situation générale de désarroi telle que celle d’aujourd’hui, une formation politique ait encore un succès de ce genre.
Mais nous sommes peu nombreux, et les indépendantistes le disent très bien, nous sommes trop peu nombreux. Donc, s’il n’y a pas un milieu social qui nous suit, évidemment nous ne pouvons obtenir rien du tout. Et là, il faut le dire sincèrement, nous sommes très mal placés. Ma fille va à l’école Cerlogne et là, sur 30 élèves, 3 sont valdôtains, et seulement ma fille parle le patois. Nous avons fait une recherche en tant qu’Assessorat à la Santé, une recherche scientifique en accord avec l’Université de Milan, sur la jeunesse, qui a produit un document scientifique.

Eh bien, la chose qui m’a étonné le plus c’est que quand on demandait aux jeunes quel était leur sentiment d’appartenance à une réalité différente, à une réalité valdôtaine qui n’est pas justement la réalité de la Val de Susa, la réponse était zéro. Très peu de jeunes se rendent compte d’appartenir à une réalité telle que la nôtre, qui a derrière elle une histoire, une culture, etc. Je n’ai jamais publié ce document, je le dis publiquement aujourd’hui. C’est quand-même une réflexion à faire, car, a dit justement Robert Louvin, nous ne pouvons pas simplement penser que l’école puisse résoudre les problèmes d’une société. Si la société va de l’autre côté, évidemment les dirigeants des mouvements politiques, les dirigeants des Gouvernement ne peuvent pas s’efforcer trop. Mais quels sont donc, les instruments, les moyens pour obtenir nos buts. Bon, quelqu’un avait proposé à l’époque le mouvement unique. Non ! On n’est pas dans l’époque fasciste. Personne ne prétend que l’Union Valdôtaine soit le seul mouvement, le seul parti à l’intérieur du Val d’Aoste.
Bien au contraire : vive la démocratie ! Nous envisageons au contraire de transformer l’Union Valdôtaine en une union des Valdôtains. Mais pour y arriver, nous ne pouvons plus accepter que certaines forces politiques répètent aujourd’hui ce qu’elles disaient il y a trois ans. On se rappelle que quand on a présenté la proposition de loi Caveri sur la Constitution fédérale, les forces politiques qui sont maintenant avec nous au Gouvernement ont dit que l’Union Valdôtaine avait perdu la tête et que notre ami Alexis Bétemps a été le mystificateur de ces prises de position.
On nous a dit qu’on ne pouvait pas accepter une proposition de loi où l’on disait que le Val d’Aoste devait devenir un Etat-nation. Eh bien, pour arriver à l’union des Valdôtains, il faut arriver aussi à ce que ces forces politiques, surtout de l’aire autonomiste, prennent conscience qu’elles se sont trompées et qu’elles sont obligées de nous suivre. L’Union Valdôtaine (ou l’union des Valdôtains) pourrait déjà accepter dans sa liste (et cela c’est une proposition que je fais pour les prochaines élections régionales), des candidats de l’aire autonomiste des autres mouvements frères. Ce mouvement devrait être un mouvement d’élite ou un mouvement populaire ?
On a fait là aussi, à l’intérieur du Comité Exécutif, des discussions très intéressantes. Je suis convaincu qu’il devrait être un mouvement populaire, avec aussi évidemment une élite de dirigeants pour définir la ligne politique. Mais il doit s’agir d’un mouvement populaire pour les raisons que je viens de présenter. Le mouvement populaire est celui qui se base sur une société, qui prend force de la société.

Car si les jeunes, je continue, ne comprennent pas qu’ils font partie d’une société différente, on peut faire tout ce qu’on veut, mais on n’aboutit à aucun résultat. Les moyens, les instruments, je disais, mais lesquels ? Evidemment, la voie démocratique moyennant l’autodétermination. D’ailleurs, les statuts de l’Union Valdôtaine le disent très clairement. Je suis convaincu que si par hasard (j’ai des doutes), le prochain Parlement arrivera à discuter des réformes constitutionnelles, évidemment il faudra se battre, mais dans le vrai sens du mot, car on risque, comme il a déjà été très bien dit, d’être homologué dans les autres régions à statut ordinaire. Et il faut bien faire le contraire.
Je veux faire des réflexions à haute voix. Mais sommes-nous sûrs d’être gagnants au moment où l’on ira à l’autodétermination ? Dans une société qui est en grande partie italophone, vis-à-vis d’une société valdôtaine francophone, sommes-nous sûrs ? Je ne sais pas. Il faut travailler, comme je disais, pour faire de façon à ce que la société nous suive. Et quelle est la stratégie pour obtenir cela ? Il faut pour l’instant faire des alliances avec quelqu’un. J’aimerais que le Congrès nous dise, demain, à nous les administrateurs, quelles sont les alliances, ou mieux encore quelle est la ligne politique à suivre. Fidèle Borre l’a déjà bien dit, Tognettaz a repris le discours, j’espère que quelqu’un d’autre le reprenne encore. Car ce n’est pas à nous, en tant qu’administrateurs, de dire aujourd’hui quelle est notre proposition.
Nous sommes ici à votre disposition. Si vous dites que nous avons mal travaillé on vous répond : « Eh bien, on change », on n’est pas là pour accepter n’importe quelle réponse. Il faut prendre des décisions, et changer. Moi j’ai fait, comme vous le savez, des batailles, contre quelqu’un de la majorité. J’ai eu la chance d’avoir l’appui total des amis de l’Union Valdôtaine à l’intérieur de la Junte et du Conseil régional aussi. Mais l’appui de l’Union Valdôtaine n’est pas suffisant. Et donc les accords et les alliances, les lignes politiques doivent être dessinés par le Congrès, qui est souverain dans ce sens. J’espère qu’on pourra faire ça. Quel est le chemin à suivre pour l’instant ? A mon avis un seul : travailler avec honnêteté et avec du sérieux.
Assez de commérages, assez de malaises, assez de pessimisme.
Du courage, allons, Union Valdôtaine !

M. VIERIN Dino, Président du Gouvernement valdôtain

Chers amis unionistes,
je veux d'abord faire quelques considérations d'ordre général sur notre congrès pour souligner sa réussite quant à participation, qualité des interventions, sujets ou thèmes abordés qui touchent directement à l'avenir du Val d'Aoste. Pour souligner également le frisson ou les frissons que j'ai personnellement éprouvés et qui sont liés au goût de la politique, à l'enthousiasme que nous avons retrouvé au cours de cette journée, mais également à la constatation de la convergence de fond des unionistes sur les grandes options politiques et aussi - et surtout - à la constatation que nous avons dépassé une phase d'apathie et de torpeur pour reprendre un élan nouveau.

Je pense que nous devons en remercier le bureau de direction et tous ceux qui ont contribué à l'organisation de ce congrès. A nous tous maintenant d'œuvrer. Pour ne pas décevoir les attentes que nous avons créées lors de ces journées. Ensuite, je voudrais également remercier Alexis et Charles pour avoir accepté de servir encore le mouvement. Ils l'ont fait pendant ces deux années avec modération, avec patience, avec souplesse mais aussi avec doigté. Le bilan de leur activité, de leur action est un bilan positif, ce qui permet aujourd'hui, à nous tous, de relancer le mouvement. Mais à eux tout seuls ils ne suffisent pas. Il est donc important de les aider, il est donc important que nous tous nous prenions également l'engagement de les soutenir dans leur action et dans leur activité.

En tout cas, je pense que nous avons fait le bon choix, un choix heureux, un choix - aussi - de sagesse politique qui témoigne d'une volonté de gouverner, de maîtriser les changements. En effet, dans cette période - qui est encore une période de confusion - la stabilité est une donnée essentielle, une donnée importante et c'est à l'UV qu'il revient, en premier lieu, d'assurer cette stabilité.
Vu que pour l'UV les examens ne finissent jamais, ne soyons pas présomptueux, ne jouons pas les apprentis sorciers, prenons garde de ne pas fournir trop d'objectifs en même temps: le mouvement, le gouvernement, les élections politiques, les réformes, la fin de la législature. Est ce que nous sommes capables, est-ce que nous sommes à même de maîtriser tous ces problèmes en même temps? Je pense qu'à chaque jour suffit sa peine ou, dit d'une autre façon, «qu'uen baga péco è l'est dzà suffisant». Surtout que les temps sont difficiles et demandent le maximum d'engagement, de cohésion, mais aussi de prudence, car c'est notre avenir, c'est notre existence même en tant que communauté qui sont mis en question. Et, à ce propos, tout en appréciant la fonction critique exercée par les amis indépendantistes, je voudrais leur dire qu'ils ne devraient pas parler de «votre» mouvement en se référant à l'UV. Il serait plus opportun que tous ensemble nous discutions au sein de «notre » mouvement. Nous savons très bien, en effet, qui profite de nos divisions et de nos déchirures. Les expériences du passé nous suffisent. L'heure nous appelle, nous conduit nécessairement à l'unité.

L'UV peut être, doit être notre maison commune et, pour ce faire, gardons précieusement le trait qui non seulement nous caractérise, mais qui constitue notre seul rempart par rapport aux modes passagères mais dominantes et qui justifie à lui tout seul notre présence même, à savoir la diversité, notre culture, nos langues, nos libertés bien sûr, mais aussi notre diversité d'unionistes avec nos comportements, nos qualités morales et notre honnêteté, notre façon de vivre et de servir les intérêts de la communauté valdôtaine. Faisons-le avec conviction, détermination et cohérence. Car nous sommes les seuls à vouloir et à pouvoir le faire. Je l'affirme, croyez-moi, avec une certaine pointe d'amertume, mais c'est la vérité. Nous voudrions que d'autres aussi se posent les mêmes objectifs. Malheureusement, il n'en est pas ainsi. C'est la raison pour laquelle - et là ce n'est pas de la présomption, croyez-moi - nous formons un tout avec notre peuple, avec notre pays. Pas d'UV sans peuple, sans communauté valdôtaine, mais aussi pas - ou si vous le voulez - plus de peuple, plus de communauté valdôtaine sans UV. C'est donc pour nous, unionistes, une mission dont nous devons être pleinement conscients. Une responsabilité accrue au même titre que les responsabilités de gouvernement que nous assumons déjà aux différents niveaux politico administratifs. A cet égard, l'UV doit exercer pleinement sa fonction de direction et de formation politique sur la base des valeurs, des principes établis par nos statuts, tout en reconfirmant sa nature de mouvement populaire et non élitaire. La Jeunesse Valdôtaine et l'Entraide des femmes doivent aussi, pour leur part, relancer leur action.

Il est vrai, des changements s'imposent dans les rapports de l'UV avec ses élus ou quant à son organisation afin de la rendre plus souple et plus efficace. Nous devons nous ouvrir davantage, nous devons ouvrir davantage nos débats, nos réunions vers la société, vers l'extérieur pour mieux faire comprendre notre message politique. Nous devons nous poser sérieusement le problème, de l'information et des médias et à l'intérieur de notre mouvement et vis-à-vis de notre communauté. Nous sommes tous convaincus de la nécessité de ces modifications. Prenons donc l'engagement de le faire, mais en permettant à tous de participer à leur définition et donnons-nous un délai précis pour les accomplir. Et, en même temps, évitons de trop pleurnicher sur notre sort.
Agissons, tout simplement! Car, souvent, c'est nous les premiers responsables, faute d'engagement, de disponibilité, de cohérence ou de prise de conscience - j'espère qu'il ne s'agit pas d'un manque de volonté -, de notre pouvoir contractuel dans la société ou, si vous le voulez, de nos possibilités d'influencer même certains résultats économiques, même certains comportements.
C'est à nous qu'il revient d'en prendre conscience. Mais pour ce faire, mettons-nous donc tous au travail unis et solidaires. Surtout que - comme je disais - nous vivons actuellement une période difficile: la crise institutionnelle de l'Italie, les projets prétendument fédéralistes de la «Lega Nord», de la Fondation «Agnelli» ou même de la Commission justice et paix du diocèse de Milan, les attaques que certains partis politiques lancent contre notre identité, notre culture francophone, l'Europe des Etats qui est en train de se faire au détriment de nos compétences, recèlent de graves risques et atteintes à l'autonomie du Val d'Aoste. Et pour faire face à ces dangers, nous devons réclamer avec force notre pleine appartenance au monde francophone et revendiquer le droit de décider nous-mêmes de notre futur.

Dans ce sens, le titre de ce congrès «La souveraineté politique du Val d'Aoste - Les raisons et les parcours» doit nous fournir les éléments, les moyens pour revendiquer ce droit. Nous devons maintenir et valoriser davantage l'emploi de nos langues: le français, le walser, nos patois, en sensibilisant tous les Valdôtains, qu'ils soient valdôtains d'origine ou d'adoption, car c'est sur la reconnaissance de notre particularité linguistique que se fonde notre autonomie politique. Par ailleurs, nous soutenons la réforme de l'Etat italien dans une optique fédérale, comme nous luttons pour une Europe également fédérale, une Europe des Régions, démocratique, plus proche des citoyens avec un Parlement européen doté de pouvoirs décisionnels où siègent les représentants de tous les peuples et régions d'Europe.

L'avenir du Val d'Aoste se joue donc sur notre capacité de sauvegarder et de valoriser les atouts dont le peuple valdôtain dispose. Notre avenir se joue aussi sur la capacité de négocier avec l'Etat un nouveau pacte qui assure au Val d'Aoste les moyens nécessaires pour faire face au défi du changement, pour remplir pleinement ce rôle d'acteur politique qui nous appartient sur les échiquiers italien et européen. A cet effet, le Gouvernement valdôtain est, pour sa part, engagé sur plusieurs fronts complémentaires par une action administrative et une action politique déterminées qui visent à moderniser le Val d'Aoste, à renforcer progressivement le nouveau rôle de l'Administration régionale en matière d'orientation, de planification et de contrôle, en diminuant ainsi de plus en plus ses fonctions de gestion, à réaliser une société valdôtaine ouverte aux changements et prête à faire face au défi des transformations en cours, mais également respectueuse de sa civilisation et de ses particularités. Dans ce contexte, nous nous sommes attachés sur le plan économique à mettre au point un système susceptible de valoriser l'exploitation des ressources locales, notamment énergie et zone franche, en vue d'un développement durable et équilibré qui assure la sécurité des emplois et une bonne qualité de la vie de l'ensemble de la communauté valdôtaine.
Comme nous nous battons pour ce qui est de la sauvegarde de notre identité culturelle et linguistique, sur la base du principe de la territorialité des langues pour une application concrète, réelle du bilinguisme, pour la valorisation de nos patois, pour la formation de nos jeunes, notamment au niveau universitaire. Sans oublier la réforme - qui est en train de procéder - de l'Administration régionale, l'engagement pour la réforme des collectivités locales, une loi-cadre qui comprendra forcément nombre d'aspects innovateurs, ainsi que la définition de la fonction et des compétences des communautés de montagne et la prise en charge des problèmes de nos communes de montagne. Et encore, une loi que nous sommes en train de préparer sur la famille, la représentation des intérêts de la montagne européenne vis-à-vis de l'Union européenne, la valorisation de notre présence et de nos rapports avec le monde francophone ou, enfin; les projets portant création de rapports entre institutions ou régions transfrontalières pour dépasser la marginalisation des zones de frontière, aujourd’hui cœur de l’Europe par rapport à la centralisation des Etats.

C'est l'action d'un gouvernement de coalition et donc, forcément, d'un gouvernement où il y a une dialectique, d'un gouvernement fondé sur un accord programmatique, un programme de législature que, systématiquement, nous nous efforçons de réaliser, un gouvernement qui est l'expression de la volonté politique des mouvements et partis qui constituent la majorité actuelle. Un gouvernement, une majorité au sein desquels - je veux vous rassurer - l'UV tient solidement la barre et garantit l'indispensable stabilité politique, ce qui devrait nous éviter de mitiger à tout prix les comportements de nos alliés ou de nous laisser emporter par une dérive intégraliste, ce qui va nous permettre de nous démontrer fermes sur la défense de nos principes, mais ouverts et disponibles au dialogue et à la confrontation.

C'est une majorité au sein de laquelle les unionistes travaillent, s'engagent, font tout leur possible, font de leur mieux - Gouvernement et conseillers - pour l'essor de notre Pays d'Aoste. Par ailleurs, la composition de l'Assemblée, les options ainsi que les choix des autres forces politique nous offrent guère d'opportunités ou d'alternatives politiquement fiables. Nous pouvons en tout cas affirmer, avec un brin de satisfaction, que nous avons réussi jusqu'ici, grâce à votre soutien et à notre engagement, à évoluer, à composer au rythme des changements politiques, économiques ou sociaux aussi bien dans l'approche des problèmes que dans la manière où nous les avons affrontés et résolus. L'idée de base étant que les ressources financières ne suffisent pas à elles seules à assurer la qualité de la vie d'une communauté. Il en découle une manière nouvelle de concevoir l'autonomie, une Vallée d'Aoste plus autonome du point de vue politique, institutionnel et financier et, donc, une Vallée d'Aoste plus libre dans ses choix et dans son action, une Vallée plus solide sous le profil économique que nous voulons bien administrer et qui se veut un exemple de communauté alpine insérée au cœur de l'Europe. Une Vallée d'Aoste plus libre, plus autonome, plus européenne. Une Vallée d'Aoste, une communauté qui, sous peu, sera encore une fois appelée à exprimer ses propres représentants au sein du Parlement italien.
Le cadre politique qui se présente à nos yeux, à la veille de ces élections, est encore plein d'incertitudes et laisse présager une nouvelle période d'instabilité gouvernementale au moment même où, par contre, on devrait s'apprêter à redresser la Constitution dans une optique fédérale et, donc, avoir suffisamment de cohésion et de stabilité. Nous devons en ' tenir compte lors de la formulation de notre proposition politique et nous efforcer, en demandant que ce soit la Vallée d'Aoste, que ce soit sa diversité à être représentée à Rome, de regrouper autour de notre projet tous les Valdôtains. Donc un projet, une proposition politique originale, comme toujours aux couleurs de notre Pays d'Aoste, qui vise l'unité des Valdôtains pour défendre leurs droits et leur identité, qui vise l'adhésion de tous les partis, de tous ceux qui croient au fédéralisme et à l'autonomie.

Cette même autonomie, dont nous célébrerons cet après-midi, à 18h30, au Palais régional, le 50° anniversaire et dont le chemin dans le cadre d'un Etat centralisateur et méfiant s'est révélé long et difficile, parsemé d'obstacles et dont on n'est pas encore arrivé au bout. L'Etat n'a pas souvent respecté les pactes qu'il avait pourtant souscrits, ni les Valdôtains - reconnaissons-le -, dont les esprits se sont souvent tournés vers la solution de questions ponctuelles et l'administration du quotidien, ont su, pour leur part, pleinement profiter de leur compétence constitutionnelle ou revendiquer de façon efficace la nécessité de parfaire leur autonomie politique. Néanmoins, malgré tous les obstacles, malgré toutes les limites, c'est grâce à cette autonomie que nous avons pu faire face aux défis qui ont jalonné ce dernier demi-siècle et nous avons assuré le maintien et la valorisation de notre identité de peuple et le développement de notre société. L'autonomie, pour nous, n'est pas en tout cas simplement une forme d'organisation politique, c'est surtout un principe, une valeur fondamentale de notre civilisation qui s'est traduite par un système d'autogouvernement millénaire, par le biais de la Charte des Franchises du Conseil des Commis, des expériences de nos villages et de nos vallées. Une valeur pure qui a su résister au fil des siècles aux différentes attaques centralisatrices et au totalitarisme fasciste. Ce que nous célébrerons cet après midi ce ne sera donc pas uniquement l'autonomie qui a été codifiée par le Statut spécial de 1948, ce sera aussi et surtout notre amour pour la liberté, la volonté des Valdôtains d'être maîtres chez eux, leur respect des diversités, leur conscience d'une identité de peuple bien enracinée.

Vive la Vallée d'Aoste, vive l’Union Valdôtaine!

M. CAVERI Lucien, Député

Pour imaginer la Vallée d'Aoste dans le Troisième millénaire, nous devons être réalistes à cause des événements historiques du passé et il faut tenir compte du point de départ: le système politique et institutionnel où nous nous trouvons est celui italien. Le trait d'union avec notre Vallée est représenté par un régime d'autonomie spéciale qui a dû subir le centralisme de l'Etat mais aussi une certaine politique européenne envahissante vis-à-vis des pouvoirs régionaux, politique voulue, jusqu'à maintenant, le plus souvent par les Etats. Entre autres les faiblesses et les limites de l'actuel Statut d'autonomie sont bien connues depuis le début et nous sommes aussi conscients de la situation de crise où se trouve actuellement l'Italie. Nous sommes arrivés à un moment de probable évolution; il est donc nécessaire de mettre au point notre stratégie et nos actions futures.
Le choix de travailler dans les institutions depuis la deuxième guerre mondiale a encouragé des générations d'unionistes à œuvrer pour une complète application du Statut, à s'efforcer de renforcer les institutions valdôtaines, et à maintenir vivantes nos racines linguistiques et culturelles. Parmi les autres difficultés je souligne le manque de la "garantie internationale", qui a été très précieuse pour les Sudtyroliens et qui a été demandée par l'Union Valdôtaine à grande voix il y a cinquante ans.
En notre qualité de parlementaires valdôtains pendant ces années, outre être présents à toutes les discussions cruciales et à faire entendre la voix de la Vallée d'Aoste dans tous les domaines de notre compétence, nous avons obtenu, tout compte fait, d'importantes améliorations du Statut: les compétences pour l'élection du Conseil de la Vallée, sur l'organisation des autonomies locales, la sauvegarde des Walser et surtout la constitution de la Commission paritaire Vallée d'Aoste-Etat qui permettra -si nous en sommes capables- d'imaginer un ensemble articulé de dispositions d'exécution (norme di attuazione) pour obtenir une autonomie valdôtaine plus ample, y compris l'exploitation de ressources comme l'énergie hydroélectrique ou la prévision de la zone franche, renforçant ainsi l'indispensable point de vue de l'autonomie financière.
On doit encore ajouter l'ample délégation prévue dans la dernière Loi de bilan de l'Etat, qui pourra augmenter les pouvoirs et les compétences de notre Vallée. Certes, le sommet d'un des aspects de notre engagement a été (la participation au travail de la Commission bicamérale pour les réformes institutionnelles) la présentation de la loi constitutionnelle pour une Italie fédérale, loi élaboré par notre Mouvement, qui à l'article 1 aborde justement le thème de la souveraineté, où on peut lire «I popoli delle regioni Piemonte, Valle d'Aosta, Lombardia, Sud-Tirolo, Trentino, Veneto (...) nell'esercizio della loro sovranità e del loro diritto di auto-determinazione, si costituiscono in Repubbliche e liberamente si uniscono con vincolo federativo nella Repubblica federale italiana». Ceci signifie démembrer l'Etat centraliste afin de reconstituer d'une façon différente l'Etat fédéral.
Ainsi la souveraineté, entièrement disponible dans les mains des contractants du pacte fédéral, est la condition indispensable pour constituer un Etat fédéral qui n'est pas un organisme supérieur par rapport aux Etats membres, lesquels se trouvent au même niveau. Au moment de l'acte constitutif de la Fédération, la souveraineté des sujets individuels devient la souveraineté diffuse, caractéristique des systèmes fédéraux, où chaque Etat membre (ou Région pour le cas italien) est souverain et autonome dans les limites que la Constitution attribue à sa compétence. Normalement dans l'attribution des compétences on suit le principe dit de subsidiarité.
Ce principe de subsidiarité peut être résumé par l'ancien adage germanique «l'homme est plus vieux que l'Etat», ou selon le principe qu'on évite de confier aux unités plus grandes les fonctions qui peuvent être exécutées d'une façon satisfaisante par les unités plus petites.
Sûrement pour compléter son dessein l'Italie fédérale devrait se battre pour la construction fédérale de l'Union européenne sur base régionale, Union fondée aujourd'hui principalement sur une simple somme d'Etats, même s'il reste quelques espoirs, dont le Comité des Régions est un exemple. Le fédéralisme européen est en outre un passage indispensable pour comprendre si et comment il est possible d'imaginer le concept d'une euro-région à cheval de nos Alpes, en reprenant les liens historiques avec la Savoie, le Valais et la ville de Genève, à travers des collaborations étroites avec les Pays alpins et avec toute la montagne européenne.
C'est une grande possibilité à laquelle s'ajoute la chance de la Vallée d'Aoste d'appartenir au vaste monde de la francophonie, seule une vision myope pourrait mettre en discussion la richesse du bilinguisme. Malheureusement cette sorte de puzzle, de jeu de patience (Vallée d'Aoste, Italie fédérale, Europe fédérale, euro-régions: mondes de la montagne et de la francophonie) n'est pas du tout sûr. Au contraire !
La crainte, absolument fondée, est qu'en Italie la tentative de destruction de la version minimale de l'autonomie valdôtaine puisse être entreprise.
Ce n'est pas seulement une éventuelle victoire de l'extrême droite aux prochaines élections politiques qui préoccupe, si l'on tient compte de l'idée, manifestement inconstitutionnelle de certains de ses représentants, d'une modification unilatérale du Statut qui, bien que simplement octroyé par la «Costituente», est un pacte qui ne peut pas être modifié sans l'approbation de notre communauté.
Mais il y a encore autre chose qui nous préoccupe: le projet de Constitution macrorégionale présenté par la Lega où la Vallée d'Aoste est rayée avec un trait de crayon de la carte géographique; le raisonnement précédent et analogue fait par la Fondazione Agnelli sous un point de vue économique; la position de l'Eglise de Lombardie qui s'est prononcée en ce sens aussi; le comportement équivoque des autres Régions italiennes qui se lancent dans une politique contraire aux autonomies spéciales, au nom d'un modèle unique afin d'en faire des Régions ordinaires.
Je me souviens aussi d'un théorème, malheureusement encore actuel, qui voulait démontrer une certaine «mafiosità» des valdôtains et de la classe politique locale. Il y a en outre un certain journalisme agressif qui présente une image désolante de la Vallée, et aussi quelques essais insidieux contenus dans l'histoire publiée par Einaudi au sujet de soi-disant «mythes» ainsi que de l'histoire et de la culture valdôtaine.
Si nous rassemblons de quelque façon toutes ces pièces, il faut être attentif, vu les nombreuses accusations à l'égard des Valdôtains supposés être riches, privilégiés et même un peu idiots (dans le courant de Vegezzi-Ruscalla et des Valdôtains avoué lo gottro). J'affirme tout cela sans fanatisme parce qu'il est juste et légitime d'être critiqués et mis en cause, mais il existe aussi une limite de patience.
Ajoutons l'ultérieur risque que ces attaques répétées puissent à la fin devenir familières, jusqu'à être presque acceptées par notre communauté, quelque fois un peu inconsciente des dangers réels qu'on peut courir en ce moment de transition, où tout peut être mis en discussion et où l'adhésion à notre projet politique ne peut pas se limiter à une adhésion superficielle et conformiste.
Pour tout ce que je viens de dire, nous devons donc être prêts. Avant tout il faut participer activement aux réformes qui concerneront le prochain Parlement après les élections du 21 Avril. Ceci veut dire affronter chez nous un grand débat sur tous les thèmes institutionnels, dans la logique de la souveraineté de la Vallée d'Aoste bien sûr. Mais entendons-nous bien, nous devons nous confronter avec la théorie, répandue en Italie, d'un Etat dont la souveraineté est indivisible et appartient uniquement à l'Etat, source de toute autorité politique et de tout pouvoir.
A' ce gouvernement central revient l'autorité de déléguer éventuellement aux pouvoirs locaux qui n'ont pas des droits exclusifs. Naturellement cette vision est inacceptable pour des fédéralistes, parce que dans les communautés fédérales il n'y a pas une autorité unique située au centre de tout, les pouvoirs de gouvernement sont partagés entre les différents sujets. Le principe fédéral de souveraineté représente une alternative radicale à l'idée de souveraineté qui malheureusement est en vigueur aujourd'hui en Italie, où les accords d'autonomie définis par des lois constitutionnelles, comme dans notre cas, sont continuellement mis en discussion par les nombreux abus du pouvoir décisionnel central, la législation envahissante ou les jugements de la Cour Constitutionnelle laquelle, dans les matières les plus importantes, s'est toujours rangée du côté de l'Etat et contre les Régions. Pourquoi dis-je cela?
Pour indiquer une position claire au sujet des réformes. On peut parler de présidentialisme, mais avec quelques avertissements nécessaires: celui qui interprète le présidentialisme à la façon des nationalistes doit se rappeler que, en tant que fédéralistes, nous nous opposons à l'Etat national centralisateur. L'éventuelle prise de pouvoir en Italie d'un soi-disant «homme fort», favorisée par une élection directe, représenterait la mort de la réforme fédérale. Est-ce que vous imaginez un homme fort, un soi-disant homme de la Providence, dans la logique italienne, accepter une dispersion du pouvoir ? C'est impossible.
Voilà la raison pour laquelle, avant de parler de renforcement de la fonction du Président de la République ou du Président du Conseil, il faut préciser la forme de l'Etat, pour éviter des risques, autrement la dérive qui nous attend est celle des Pays sud-américains.
Je tiens à préciser que pour nous il n'existe pas une alternative au fédéralisme. L'idée d'un Etat de la Vallée d'Aoste qui copierait, à une petite échelle, les grands Etats, serait une erreur historique, parce que les aspects injustes et grotesques que nous dénonçons depuis des années dans l'action de l'Etat-Nation, se répéteraient à nouveau. Différent (et j'y reviendrai) est le futur des peuples ou des petits Etats comme le nôtre (dans le passé j'ai parlé d'une République du Val d'Aoste) dans un cadre fédéral.
J'essaie de résumer. L'actuelle autonomie n'est plus suffisante, il faut aller vers une Vallée d'Aoste plus libre dans le contexte d'une Italie fédérale, insérée dans une Europe fédérale qui nous offre une garantie de sauvegarde juridique (la version moderne de la garantie internationale de l'après-guerre). Toutefois le fédéralisme ne peut pas être une création artificielle, il lui faut une population qui pense de façon fédéraliste en matière de culture politique, de comportement social et personnel. L'Italie est-elle prête? Nous le saurons bien vite, mais si la culture fédérale fait défaut, comme ça arrive dans les systèmes politiques latino-américains, malgré les Constitutions en vigueur, le fédéralisme en Italie ne s'affirmera pas. Tel c'est le risque actuel et il peut être démontré, sous une autre forme, par le faux fédéralisme de l'ancienne Union Soviétique.
En tout cas nous avons besoin d'indiquer une possible issue, qui passe à travers un principe absorbant et difficile, qui est celui de l'autodétermination des peuples, dicté solennellement dans toutes les déclarations internationales des droits des peuples.
Imaginons donc une Italie qui, au lieu de progresser le long du chemin des réformes, parcourt le chemin d'un reflux centraliste et nationaliste ou, comme je viens de dire, s'engage dans un fédéralisme de façade comme celui des macro-régions.
Je pense que dans ce cas, face aux échecs d'une voie italienne vers le fédéralisme, il ne nous resterait rien d'autre que le difficile chemin d'une confrontation avec l'Europe, par rapport à laquelle nous devons affirmer notre position de sujet politique.
Il y a dans le monde des cas qui peuvent être étudiés. Par exemple la forme de l'ainsi-dite «federacy» que je traduirais par le mot «alliance», c'est elle qui lie le Danemark aux les îles Faroer, l'Inde au Kashmir, le Portugal aux îles Açores, l'Angleterre à l'île de Jersey et encore le Danemark au Groenland et les Etats Unis au Porto Rico et aux îles Mariannes. Ainsi, dans le cas d'une dérive autoritaire, qui serait aussi une dérive anti-européenne de l'Italie, ou d'une désagrégation de l'Etat italien due aux forces centripètes et centrifuges il faudra proposer à l'Union Européenne une solution. Certainement je comprends bien les limites très graves découlant de la conception actuelle d'Union européenne, une preuve tangible est l'impuissance et les incertitudes de la diplomatie face à la question de l'ex-Jougoslavie. Nous devons cependant considérer la possibilité d'une Vallée d'Aoste liée par un pacte de «federacy» à l'Union européenne, qui pourra être, dans le cadre d'une souhaitable Constitution fédérale, la «grande patrie» des «petites patries» d'Europe.
Je vais conclure par une citation insolite. Normalement nous rappelons des penseurs politiques de notre passé pour soutenir notre action présente. Aujourd'hui je voudrais rappeler un scientifique, le prêtre Pierre-Louis Vescoz, auteur de «Géographie du Pays d'Aoste» de 1870. Significatif d'une mentalité, qui heureusement n'a pas disparu, c'est un passage où il sort pour un instant des problèmes géographiques et affirme: «Le pays d'Aoste a des limites naturelles et immuables, ce sont ces hautes montagnes qui l'entourent et qui favoriseraient son indépendance si le peuple qui l'habite n'était pas si attaché à ses souverains».
En employant le terme souverain, d'où dérive le terme souveraineté, Vescoz se référait à la Maison de Savoie; il est inutile que j'explique la valeur politique de cette affirmation, insérée comme elle peut l'être aujourd'hui dans la perspective fédéraliste qui nous ouvre au monde entier. Je termine, nous devons réaffirmer notre droit d'exister face au tribunal de l'histoire et travailler toujours plus pour une prise de conscience des facteurs d'union de notre communauté face aux attaques et aux agressions. Dans ce sens, parmi les nombreuses citations littéraires possibles, je me contente, en plaisantant, de citer la devise des «Trois mousquetaires» d'Alexandre Dumas: tous pour un, un pour tous.

RESOLUTIONS ET MOTIONS

RESOLUTION
Souveraineté politique

La Vallée d'Aoste, dont l'identité formée à travers les siècles est encore bien vivante, s'est caractérisée dans l'histoire comme un pays ayant une grande tradition d'autogouvernement. Des épisodes historiques marquants ont représenté des occasions d'affirmation de son auto-organisation et de sa volonté d'autodétermination.
La reconnaissance de son identité particulière (géographique, économique, linguistique) est à la base des décrets de 1945 qui lui attribuent la personnalité juridique de Région Autonome, réglée par le Statut Spécial de 1948, qui garantit à la Vallée d'Aoste un régime d'autonomie, décidé unilatéralement et réduit, imprécis et contrôlé.
L'Union Valdôtaine, fondée en 1945 pour la défense de la communauté ethnique-linguistique valdôtaine, s'engage à réaliser la souveraineté politique du Val d'Aoste, par les voies démocratiques, afin de seconder les aspirations du peuple à l'autogouvernement, dans le cadre d'une Europe des Peuples.
- L'art. 3 des statuts de l'U.V. reconnaît dans le Congrès National du mouvement l'organe qui définit les objectifs, le programme et l'action visant à réaliser ces finalités.
- La souveraineté politique ne pourra être réalisée que par les principes du fédéralisme global, tendant à garantir l'épanouissement de l'identité du peuple valdôtain et à en servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques.
Le cadre institutionnel italien est mis en discussion, les prochains parlements et gouvernements pourraient procéder à des modifications de ce cadre, y compris le statut d'autonomie prévu pour la Vallée d'Aoste par loi constitutionnelle

Le Congrès

déclare que l'unité territoriale de la Vallée d'Aoste dans sa définition historique, géographique et politique ne pourra pas être touchée;
qu'aucune agrégation avec d'autres unités territoriales ou régions ne pourrait être proposée;

affirme la pleine conscience du peuple valdôtain de son identité, de sa langue, de sa culture, de sa civilisation tout entière, qui en font une minorité ethnique et linguistique dans le contexte italien;

affirme aussi la volonté du peuple valdôtain d'entretenir des liens de collaboration avec les communautés ethniques minoritaires en Italie et en Europe ainsi qu'avec les Régions voisines et le monde francophone;

engage les organes du Mouvement, les élus de l'Union Valdôtaine à faire en sorte que ces instances soient portées à tous les niveaux institutionnels. (Union européenne - République italienne - Région autonome de la Vallée d'Aoste) et a rechercher tous les moyens pour parvenir à une garantie internationale;

demande qu'aucune modification du Statut spécial ne se fasse sans consultation, concertation et accord avec les organes valdôtains;
que toute modification importante soit soumise à un référendum populaire selon le principe de l'autodétermination des peuples sanctionné par les Pactes des droits de l'homme;
que l'Union Valdôtaine réaffirme la validité de sa proposition de réforme de l'État italien dans une optique fédéraliste en accord avec les autres forces politiques présentes en Vallée d'Aoste;
que ce projet soit discuté par le Conseil régional, les collectivités locales et, le cas échéant, soumis à un référendum populaire et transmis à toutes les institutions italiennes et européennes.

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RESOLUTION
Autonomie

Le congrès de l' Union Valdôtaine:

considérant que, dans l'attente des réformes souhaitées dans une optique fédérale, le Statut d'autonomie reste le moyen d'action à utiliser en cette période historique;

étant donné que, grâce au travail du mouvement, du Gouvernement valdôtain et des parlementaires valdôtains nous sommes parvenus à la modification du Statut d'autonomie avec l'adjonction d'un article, le 48 bis, qui affirme: «délégation est donnée au Gouvernement à l'effet d'émettre un ou plusieurs décrets portant dispositions d'application du présent Statut ainsi que dispositions visant à harmoniser la législation nationale avec l'organisation juridique de la Région Vallée d'Aoste, compte tenu des conditions particulières d'autonomie attribuées à la région.»;

soulignant l'importance de ce nouveau moyen qui nous a permis de promulguer des dispositions d'application, en vue d'ouvrir de nouveaux espaces d'autogouvernement pour la Vallée d'Aoste;

engage le Mouvement et ses élus à une action énergique et efficace afin d'atteindre, dans un bref délai, la définition d'un ensemble de dispositions d'application en faveur de la collectivité valdôtaine.

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RESOLUTION
Europe

Le Congrès de L'Union Valdôtaine:

rappelant l'engagement européen qui caractérise l'activité de notre Mouvement;

ayant relevé, entre autres, des signes appréciables sur le chemin de l'intégration européenne, tels que l'affirmation du principe de la subsidiarité auquel nous sommes parvenus avec le traité de Maastricht et la naissance du Comité des Régions, dont la Vallée d'Aoste est membre;

craignant cependant que l'idée d'une Europe des Régions, - représentant tous les peuples européens, qu'ils soient grands ou petits -, ne puisse s'affirmer, et de voir, au contraire, la naissance d'une Union Européenne, simple résultat d'Etats nationaux, qui ajouterait au centralisme italien celui européen;

engage le Mouvement et ses élus à donner toujours plus un caractère concret au principe de la subsidiarité, en favorisant entre autres:

  • une majeure sensibilité au sein des organismes européens, en vue d'une Constitution européenne qui sauvegarde les Régions et les communautés linguistiques les plus faibles;
  • un contrôle plus efficace sur l'action de la Commission de la part du Parlement européen et la transformation du Comité des Régions en une véritable seconde Chambre européenne (il s'avère nécessaire de modifier la loi électorale en vigueur et de faire en sorte que toutes les communautés linguistiques actuellement minoritaires aient un euro-parlementaire);
  • une forte action politique en Italie afin qu'une réforme fédéraliste puisse faire participer à plein titre les Régions italiennes au processus de formation et d'application de la législation communautaire;
  • la priorité d'une politique transfrontalière ainsi qu'un engagement en faveur de la montagne, déjà synthétisés dans le document de la «Charte Européenne» des Régions de Montagne.


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RESOLUTION
Identité

Le peuple valdôtain a des racines profondes qui plongent dans son histoire séculaire et dans la morphologie accidentée de son territoire.
Son identité s'est moulée au fil du temps, des contacts et des événements dans un milieu montagnard et une société foncièrement rurale.
Le patois, qui n'est autre chose qu'un vieux français figé par l'histoire, est son outil linguistique privilégié pour le quotidien, et la langue française, dans sa forme littéraire, l'outil linguistique employé notamment pour le culte, l'administration, l'enseignement, la littérature et la communication avec l'aire francophone. Patois et français sont complémentaires et sont à la base de l'identité valdôtaine, ainsi que les langues des Walsers.
Respect pour l'individu, solidarité, gestion collective des biens communautaires, attachement au travail, sens de la famille vue comme cellule de base de la société, sentiment religieux profond, tolérance à l'égard de ce qui est différent, culte de la liberté, sentiment d'appartenir à un seul peuple, sont les principaux traits culturels qui composent l'identité valdôtaine.

Malgré les changements récents liés à l'évolution rapide de la société sous la poussée de forces externes, résultat surtout de la situation de dépendance politique, culturelle et économique de l'Etat italien, le peuple valdôtain est vivant et sent encore profondément ses racines, grâce aussi à l'action menée au cours de ces 50 ans par l'Union Valdôtaine.

En vue de l'intégration européenne, dans la perspective qu'elle s'accomplisse selon les principes du fédéralisme global, le peuple valdôtain veut conserver et développer sa personnalité afin de pouvoir offrir à l'Europe son particularisme culturel pour qu'elle puisse s'en enrichir au profit de tous les Européens de demain.

Un grand effort s'impose donc pour favoriser l'épanouissement de la culture valdôtaine et des mesures doivent être prises pour cet objectif: application conséquente des articles 38, 39 et 40 du Statut, et une attention particulière pour la civilisation valdôtaine, renforcement des associations culturelles qui œuvrent pour la sauvegarde de notre identité, diffusion de nos langues sur le territoire, attention particulière pour toutes les manifestations encore vitales de la civilisation alpestre, etc.
Ainsi le Mouvement tout entier est engagé dans ce projet, du simple militant aux dirigeants, et un rôle particulièrement important revient à ceux qui ont obtenu la confiance des Valdôtains autour du programme unioniste et qui se retrouvent à faire des choix pour l'avenir de la Vallée d'Aoste.

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MOTION
Pour le patois

Français et patois francoprovençaux, variantes linguistiques issues de la même souche gallo-romane, représentent le patrimoine linguistique originaire fondamental du peuple valdôtain: deux parlers qui ont toujours cohabité en Vallée d'Aoste dans un rapport de complémentarité à maintenir absolument.

l'Union Valdôtaine

en vue d'assurer le plein épanouissement linguistique du peuple Valdôtain, engage tous ses inscrits et en particulier ses élus, à œuvrer pour que ce rapport se maintienne.
Pour ce qui est des patois francoprovençaux en particulier, l'U.V., tout en reconnaissant le bon travail qui a été fait au cours de ces dernières années

demande que l'action de promotion du francoprovençal soit renforcée pour que ce parler retrouve vigueur et diffusion;

rappelle que les catégories les plus faibles, les enfants en bas âge et les personnes âgées doivent jouir d'une tutelle particulière pour pouvoir pratiquer leur langue dans les communautés pour personnes âgées et dans les crèches.
A cet effet, il est indispensable que le personnel affecté à ces fonctions ait une compétence active du francoprovençal et qu'il s'en serve dans l'exercice de ses fonctions.

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MOTION
Concours publics

En application de l'article 38 du Statut spécial de la Vallée d'Aoste, les employés des administrations publiques doivent connaître les langues française et italienne.
Il incombe donc aux administrations concernées de vérifier les compétences linguistiques des candidats pour les emplois mis au concours.
A ce propos, à la lumière de plusieurs faits qui ont mis en évidence les défauts des concours tels qu' ils sont organisés actuellement,
l'Union Valdôtaine

engage

ses élus à modifier les règles des concours et à les remplacer en tenant compte des principes suivants:

  • Ni la connaissance du français ni celle de l'italien ne sauraeint être des discriminantes préalables pour la réussite aux concours.
  • Tous les candidats doivent démontrer une connaissance suffisante des deux langues pour réussir aux concours.
  • Le degré de connaissance linguistique doit être évalué aux fins de l'établissement du classement final et traduit en points pour que la préparation linguistique des candidats soient valorisée convenablement.


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RESOLUTION
Ecole

L'Union Valdôtaine

Profondément convaincue de l'importance de sauvegarder, dans une société en transformation rapide, l'identité du peuple valdôtain, pour que son avenir continue à pouvoir se bâtir sur la volonté de partager les valeurs qui ont forgé, au fil des siècles, la civilisation valdôtaine;

réaffirmant la nécessité fondamentale de promouvoir la langue française pour parvenir à un réel épanouissement de notre personnalité ethnique francophone;

soulignant le rôle fondamental que joue l'école valdôtaine dans le processus de formation intellectuelle et morale des jeunes;

rappelant l'utilité de l'enseignement bilingue du point de vue de l'intégration culturelle et de la formation linguistique, culturelle et professionnelle, dans le cadre d'un processus d'union européenne qui a dans le plurilinguisme son caractère fondamental;

considère comme un engagement prioritaire l'application des articles 39 et 40 du Statut d'autonomie qui prévoient une égalité parfaite des deux langues;

condamne toute tentative d'entraver cette application, qui se fonde souvent sur des préjugés et sur la méconnaissance injustifiable de l'histoire de notre communauté et du Statut Spécial d'autonomie de la Vallée d'Aoste;

engage l'Administration régionale à créer les conditions pour que l'enseignement bilingue soit effectivement appliqué à tous les niveaux (recyclages, cours de civilisation valdôtaine, révision des programmes, amélioration des conditions d'enseignement, contrôle sur l'application des programmes scolaires, etc.);

invite tous les enseignants à collaborer pour la réalisation de ce projet ambitieux qui placerait à l'avant-garde l'école valdôtaine;

engage ses élus à veiller, par des vérifications urgentes et ponctuelles, sur l'application du bilinguisme dans l'école valdôtaine.

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MOTION
Bilinguisme

Bien que ce congrès soit extraordinaire et envisage l’avenir, nous pensons qu’il doit faire aussi un bilan de l’activité de l’U.V. depuis le précédent congrès... et le faire à la lumière des principes et objectifs généraux énoncés dans les statuts.
Dans le programme de l’U.V. pour les élections régionales de 1993 nous lisons au sujet du bilinguisme: «Respect du bilinguisme au sein de l’Administration régionale, notamment pour ce qui concerne les communiqués, les affiches et les documents administratifs. - Augmentation du personnel de l’Office de la langue française. - Institution de cours de traduction. - Présence d’un traducteur dans chaque Assessorat».
En considération de ce qui précède, le Congrès sollicite la poursuite de la réalisation, avec gradualité, des points du programme de l'Union Valdôtaine concernant le bilinguisme dans l'Administration.

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MOTION
Reconnaissance des diplômes universitaires.

Le Congrès national

considérant que la formation bilingue de l'école valdôtaine offre aux étudiants, dans le contexte actuel d'intégration européenne, un atout de première importance du point de vue culturel et professionnel;

soulignant que le principe de la libre circulation des travailleurs en Europe est affirmé par le Traité de Rome;

soulignant aussi que l'engagement pour parvenir à une reconnaissance des diplômes universitaires est affirmé par le traité de Maastricht;

ayant pris acte avec satisfaction de l'effort de l'Administration régionale pour parvenir à une reconnaissance des diplômes universitaires européens;

rappelant l'importance pour notre système scolaire bilingue d'avoir des enseignants formés dans des universités francophones;

rappelant aussi l'importance que cette action revêt pour rendre possible le retour de enfants émigrés;

engage l'Union Valdôtaine
à œuvrer pour que les jeunes Valdôtains aient vraiment la possibilité de poursuivre leur formation universitaire dans les pays francophones avec la reconnaissance du titre obtenu et pour créer les conditions pour leur insertion dans la vie professionnelle en Vallée d'Aoste.

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MOTION
L'enseignement de la civilisation valdôtaine

Le Congrès national

réaffirmant la nécessité de valoriser l'identité valdôtaine à travers la promotion de la langue française et de la connaissance de l'histoire et de la civilisation de notre peuple;

soulignant que l'école valdôtaine devrait jouer un rôle capital dans la formation des consciences;

considérant que l'étude de la culture locale a une importance fondamentale pour une formation complète et qualifiée des jeunes;

ayant pris acte du fait que l'enseignement de la civilisation valdôtaine n'est pas dans les programmes de tous les niveaux scolaires et que là où il est prévu ce même enseignement est laissé à la bonne volonté et à la sensibilité des enseignants;

engage l'Union Valdôtaine

à œuvrer pour parvenir à insérer l'enseignement de la Civilisation Valdôtaine dans le cadre de l'application des articles 39 et 40.

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MOTION
COMMUNAUTE’ WALSER

En application de l’article 40 bis du Statut Spécial de la Vallée d’Aoste, l’Union Valdôtaine, tout en reconnaissant le travail qui a été fait,

réaffirme

la présence des particularismes ethniques et linguistiques de la Communauté Walser de notre région;
et demande
la modification des normes pour l’élection du Conseil régional de la Vallée d’Aoste visant à garantir un siège à la Communauté Walser;
l’approbation d’une loi régionale concernant la protection, la valorisation et la récuperation du patrimoine architectural et la mise en valeur de la civilisation Walser en Vallée d’Aoste;
l’engagement pour que nos étudiants qui frequentent les universités francophones et germanophones puissent obtenir la reconnaissance officielle de leurs diplômes.
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RESOLUTION
Qualité de la vie

L'Union Valdôtaine, en vertu de l'art. 1 de ses statuts, déclare vouloir servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du peuple valdôtain. Il est de son devoir d'assurer pars le biais des organes institutionnels (Région, Communes, Communautés de montagne) un essor économique équilibré et diffus en vue d'une amélioration générale de la qualité de la vie.
Le fédéralisme global, base idéale de notre Mouvement, reconnaît dans le principe de la solidarité une exigence fondamentale pour une répartition juste et adéquate des richesses dont nous disposons et la distribution des services médicaux et sociaux à tous les niveaux et sur tout le territoire.
La société valdôtaine, ressent le besoin, en ce moment, d'une croissance démographique plus équilibrée sur le territoire par rapport aux années précédentes. La croissance actuelle est due exclusivement à l'immigration, vu que la natalité accuse une nette régression, ce qui comporte un vieillissement significatif de la population en général.
La population valdôtaine est composée par un tiers de personnes nées hors la Vallée d'Aoste, ce qui comporte un brassage ethnique important et étendu à toute la Région (nous soulignons à ce sujet la dernière vague d'immigration des Maghrébins et des Pays de l'Est.).
Compte tenu de ces considérations, l'Union Valdôtaine doit s'engager dans les différents secteurs ayant un effet sur la qualité de la vie et susceptibles d'assurer aux résidents une croissance équilibrée et aux immigrés des conditions de travail et de vie dignes d'un pays développé.
Elle doit, en particulier, poursuivre ces objectifs:

Secteur travail

  1. Augmentation du niveau de scolarisation et de préparation professionnelle.
  2. Diminution du taux de chômage.
  3. Attention particulière aux catégories de travailleurs les plus faibles (femmes et jeunes en quête d'un premier emploi).
  4. Soutien des travailleurs dans les secteurs les plus importants et d'utilité collective (agriculture, petit commerce, artisanat...).

Santé et Assistance

  1. Une plus grande autonomie dans le domaine de la santé vu que dans ce secteur le but d'une concrète application des principes fédéralistes en matière fiscale a déjà été atteint.
  2. Le renforcement des services socio-sanitaires sur le territoire et définition du problème de l'hôpital.
  3. L'entrée en fonction de la radiothérapie.
  4. La mise en place des structures pour la rééducation fonctionnelle.
  5. Compte tenu de l'accomplissement du programme de construction des micro-communautés, il faut augmenter et améliorer l'assistance à domicile et l'aide économique aux familles ayant des personnes âgées ou gravement dépendantes sous le point physique et mental à leur charge et, en même temps, prévoir la réalisation des R.S.A. pour les personnes non autosuffisantes.
  6. Les réponses aux problèmes socio-sanitaires les plus actuels tels que l'alcool, les drogues et le Sida.
  7. En ce qui concerne l'immigration, il s'avère indispensable de fixer des critères pour l'entrée en Europe des extra-communautaires, afin d'éviter les phénomènes d'intolérance et de xénophobie, causés par des incompatibilités économiques et d'intégration sociale.
  8. Surmonter le concept d'assistance sociale comme simple aide économique pour atteindre une vraie solidarité, selon la logique que chacun doit contribuer en fonction de ses moyens.

Environnement
C'est la grande richesse de notre Pays que nous devons sauvegarder et valoriser moyennant:

  1. Gestion du territoire comme milieu de vie et ressource économique.
  2. Solutions pour les déchets (gravats, eaux usées, pollution) et construction de incinérateur.
  3. Transports (déplacements urbains et non urbains), nécessité d'équilibrer les services sur le territoire (navetteurs).
  4. Gestion oculée des espaces naturels, des grands espaces, des réserves naturelles.
  5. Solution définitive du problème du Parc National du Grand-Paradis à travers les décrets d'exécution.


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Intervention sur la question du logementsous forme de motion au Congrès
Grâce aux pouvoirs qui lui ont été donnés au sujet du bâtiment et des compétences primaires dans le domaine de l'urbanisme, la Région a une responsabilité primaire en matière de politique du secteur.
Faire démarrer une politique du logement ne signifie pas seulement promouvoir la qualité de la vie, le respect et la protection du territoire, mais cela représente une occasion de développement qui permettrait la restructuration des centres historiques, la réhabilitation des quartiers dégradés, la construction de nouvelles habitations, d'infrastructures et de services pour toute la population et l'on pourrait obtenir des effets positifs même sur le plan social.
Or, notre Région dépense beaucoup pour le problème du logement: des prêts pour la résidence principale, des fonds de roulement, des fonds à taux d'intérêt avantageux des contributions pour les caisses sociales, mais avec des résultats aucunement liés et qui n'apportent pas toujours la solution au problème.
Pour faire face d'une façon rationnelle aux nouvelles et anciennes questions des logements sociaux il est indispensable de créer dans les plus brefs délais les conditions de réussite de cette action.
Il faut élaborer une ligne politique précise dans une optique générale du problème de l'habitation sociale et urbanistique, en préparant pour cela un projet de loi d'orientation. Cet acte devrait être suivi par d'autres de nature technique-financière de façon à construire un ensemble de mesures qui permettront d'œuvrer sur la base d'une planification rationnelle, avec des procédures homogènes et des objectifs communs entre tous les professionnels du secteur (Communes, IACP, Régions et Privés).
Le chemin pour répondre au «problème habitation», donc à la qualité de la vie aussi, devrait être orienté surtout vers:

  1. l'approbation de la loi «Programmes intégrés de reclassement urbanistique, du bâtiment et de l'environnement»;
  2. la recherche d'une convergence entre l'intervention publique et privée par le moyen d'encouragements appropriés sur la base de programmes issus d'un accord et liés par des conventions spéciales. Pour éviter l'utilisation fragmentaire et incohérente des financements publics, créer des zones de récupération et/ou de reclassement des aires dégradées par le biais de plans d'action intégrés ;
  3. revoir la législature actuelle concernant les interventions dans les centres historiques, pour limiter les obligations techniques excessives, qui ont pratiquement découragé et limité cette sorte d'initiative des particuliers ou des coopératives de particuliers. Il faut rénover des appartements pour en faire une résidence principale et non pas des appartements sympathiques pour les vacances;
  4. des accords avec des entreprises pour des appartements à louer;
  5. révision totale de la politique des prêts pour la résidence principale et pour les fonds de roulement;
  6. introduire un système d'aides pour ceux qui loueraient des appartements à titre de résidence principale;
  7. projeter la réorganisation du Bureau régional des logements sociaux et de l'IACP, avec une transformation possible en «Agence pour l'habitation».

Il est nécessaire et urgent de créer un organisme unique auquel participent les collectivités locales, la Région et des particuliers dans le respect d'une gestion coordonnée et rationnelle de la politique régionale du logement.
Pour structurer d'une façon différente cette politique, nous devons en tout cas être convaincus qu'il ne s'agit pas d'un problème marginal, mais qu'il s'agit, comme on vient de l'affirmer, d'un secteur qui est strictement lié à la qualité de la vie, au respect et à la sauvegarde du territoire, donc à l'image d'une Vallée d'Aoste civile et évoluée.
cela dit le Congrès

donne mandat

  • aux organes du Mouvement, aux élus locaux et régionaux de l'U.V. afin qu'ils tracent les lignes maîtresses qui aboutissent à des programmes rationnels et globaux pour une politique du logement dans le respect du territoire et l'esprit d'une meilleure qualité de la vie.
  • aux organes du Mouvement qui vérifient les différentes phases des programmes.


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RESOLUTION
Autodéveloppement

Le congrès de l'U.V. repropose le modèle économique d'une Vallée d'Aoste qui exploite d'une façon équilibrée ses propres ressources humaines et naturelles dans le respect de son territoire.
Le choix d'autodéveloppement n'est pas un concept anachronique d'une économie autarcique, mais au contraire le choix d'une valorisation des entreprises locales et des relations avec le système économique européen.
En ce sens il faut tenir compte de certains problèmes existants: la propriété des eaux et leur exploitation (spécialement à la suite de la privatisation de l'ENEL) et la vieille question de la zone franche, qu'on doit considérer avec conviction dans le développement du système économique des prochaines années.
Un développement équilibré signifie une attention pour tous les secteurs productifs: industrie, artisanat, commerce, tourisme, agriculture.
Le rôle d'orientation est confié à l'Administration régionale en collaboration avec les forces sociales et avec le système des collectivités locales.
La crise de l'Etat-social, - qui demande certainement une nouvelle réflexion sur les excès de dirigisme du secteur public,- les synergies d'une plus grande liberté de marché et d'une privatisation touchant à des secteurs traditionnellement publics, ne peuvent cependant justifier une politique de désengagement envers des problèmes délicats tels que l'emploi, la santé, la sécurité sociale et l'environnement.

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RESOLUTION
AGRICULTURE

Le Congrès de l'Union Valdôtaine

Soulignant l'importance fondamentale de l'agriculture dans le développement de notre civilisation montagnarde et de notre particularisme;

Considérant que notre agriculture, pratiquée presque exclusivement par des exploitations familiales, a toujours grandement rendu service à la collectivité en permettant l'implantation de l'homme sur tout le territoire, en garantissant son maintien et son aménagement en particulier dans les vallées latérales, et en favorisant le développement d'autres activités economiques, tel que le tourisme;

Rappelant l'importance pour l'économie de notre région de promouvoir toujours plus la qualité et la typicité des produits locaux, seules conditions pour se défendre de la globalisation des marchés et maintenir des exploitations agricoles rentables;

Affirmant la necessité de parfaire toujours plus le professionalisme de l'agriculteur pour qu'il devienne bien plus qu'un simple producteur, à savoir un élément de valorisation de tout le potentiel d'essor rural;

Engage le Mouvement et ses élus à œuvrer pour que l'agriculture puisse continuer à recouvrir son rôle important dans notre réalité socio-économique et culturelle, pour une amélioration continue des conditions de travail et d'organisation des exploitations agricoles, susceptible d'inciter les jeunes à se consacrer à l'agriculture dans un contexte plus motivant quant aux possibilités et aux perspectives;

Etant donné que le morcellement extrême de la propriété foncière valdôtaine est la cause principale de la basse rentabilité de nos cultures et, donc, de l'abandon de nos terres;

Engage les élus de l'Union Valdôtaine à poursuivre avec fermeté une action décisive pour le remembrement foncier sur tout le territoire valdôtain.

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RESOLUTION
ENERGIE
Défense et valorisation des eaux de la Vallée d'Aoste

Les ressources hydriques ont été depuis toujours un facteur potentiel de l'amélioration de la vie et de l'essor de la Vallée d'Aoste.
Cela est d'autant plus vrai que les différents types d'utilisation de l'eau concernent surtout les nécessités hydriques, potables, d'irrigation, énergétiques et environnementales. C'est notamment dans le secteur énergétique qu'il faut considérer l'eau comme une source renouvelable par excellence.
Aujourd'hui, l'emploi de l'eau pour des buts énergétiques fait l'objet de discussions très vives qui en font une question ouverte et il est plus que jamais indispensable d'apporter des réponses bien réfléchies, avisées du point de vue stratégique, perfectionnées culturellement. On manquerait à un devoir à l'égard des Valdôtains si l'on n'affrontait pas d'une façon consciente et directe cet ensemble de thèmes.
On estime que les points à affronter sont les suivants:

  1. Définir une loi régionale en application de la loi de l'Etat 5 janvier 1994 n° 36 (Dispositions en matière de ressources hydriques), dite loi Galli, qui tienne compte de la situation géographique et hydrographique, des us et coutumes de la Vallée d'Aoste. De même la loi régionale devra prévoir l'utilisation des compétences transférées à la Région autonome et de celle-ci aux collectivités locales.
  2. Affronter activement la transformation de l'Enel de société publique en société à un capital privé, pour obtenir l'application intégrale des compétences mises en discussion à l'occasion de la "nationalisation" des sociétés électriques prévues par son Statut, art 5 et 7.

L'exigence de faire davantage attention aux problèmes énergétiques et, plus en général, à l'emploi rationnel des eaux qui sont maintenant propriété régionale nous impose de demander au Congrès d'approuver une motion qui engage nos administrateurs à envisager des actions spécifiques dans le secteur énergétique, compte tenu des possibilités que le Statut et les dispositions d'application réservent à notre Région. L'activité déployée jusqu'ici en matière d'économie d'énergie, de méthanisation, de création d'une société pour l'exploitation des centrales ex Ilva, ont permis d'atteindre des résultats appréciables.
Face à la privatisation de l'Enel des actions plus incisives s'imposent, dans le but de renforcer le système énergétique régional. Il est urgent d'approuver un plan énergétique pour la valorisation des ressources hydroélectriques et la recherche d'un mélange intelligent, combinaison entre méthanisation et télé chauffage, la recherche et l'explication de toutes les sources énergétiques présentes sur notre territoire.
La transformation de l'Enel en Spa aura des répercussions sur la Société. Si elle n'a plus un caractère public, pour elle ce sera la rentabilité qui aura une importance fondamentale; voilà pourquoi nous devrons avoir des instruments, des structures, des hommes à même de représenter les exigences des divers sujets électriques locaux ou régionaux et d'en sauvegarder les intérêts techniques et légaux.
Soulignant le fait que la production hydroélectrique en Vallée d'Aoste se chiffre environ à 3 milliards de Kwh dont seulement 600 milions sont utilisés dans la Région et que en Vallée d'Aoste il n'y a pas de centrales thermoélectriques, le Congrès
donne mandat
aux élus régionaux de l'Union Valdôtaine et aux parlementaires valdôtains pour qu'ils tracent, dans les plus brefs délais, les lignes maîtresses d'une politique rationnelle des eaux, surtout pour leur exploitation énergétique en œuvrant selon ces indications:

  1. gérer les rapports avec l'autorité centrale et l'Enel en réaffirmant les droits de la Vallée d'Aoste sur toutes les eaux publiques présentes sur son territoir;
  2. créer au sein de l'Administration régionale un service unique pour gérer le secteur des eaux et leur utilisation, et pour coordonner l'activité de tous les producteurs d'énergie à l'échelon local;
  3. rédiger le plan de tutelle et de valorisation des eaux en application de la loi 36 du 5 janvier 1994;
  4. rédiger le plan énergétique régional;
  5. proposer des études et des initiatives pour le développement du secteur énergétique;
  6. adapter la loi pour l'octroi des concessions, subconcessions et autorisations de compétence régionale.
  7. demander la suppression de la taxe dite "sovrapprezzo termico" pour tous les Valdôtains usagers d'énergie hydroélectrique.


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RESOLUTION
Collectivités locales.

Les Communes du Val d'Aoste sont des collectivités caractérisées par le territoire, la population, les langues historiques, l'histoire; leur découpage actuel est fortement motivé et réaliste.
La Région autonome de la Vallée d'Aoste a acquis, par modification de son Statut spécial, une compétence primaire en matière de collectivités locales.
L'Union Valdôtaine reconnaît dans les communes l'entité fondamentale du système administratif valdôtain.
Le fédéralisme global, auquel l'Union Valdôtaine fait référence, s'inspire du principe de la subsidiarité; ce principe présuppose la définition des compétences qui peuvent être exercées par les collectivités de base, laissant à la discrétion de ces dernières la délégation de compétences sous forme de collaboration intercommunale, par le biais des consortiums, des communautés de montagne ou directement par le biais de la Région autonome.
De ces affirmations découle la nécessité que
l'Union Valdôtaine engage l'Administration régionale à exercer les compétences acquises et en accord avec les collectivités locales, à présenter une proposition de réforme concernant les communes et communautés de montagne qui prévoie:

  1. une définition des fonctions et des compétences des Communes et des Communautés de montagne;
  2. les communautés de montagne doivent être un organisme, expression des Communes, pour l'organisation de services en faveur des communes mêmes et de la population;
  3. l'encadrement unique du personnel pour favoriser la collaboration et la mobilité entre le personnel régional et celui des collectivités locales, ainsi que les éventuelles possibilités de mutation pour garantir l'exercice des compétences acquises;
  4. tout en réaffirmant la validité des principes, une réflexion s'impose sur les critères de répartition prévus par la loi sur les finances locales, qui tienne compte du principe de la solidarité et des nouvelles compétences acquises.


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RESOLUTION
Mouvement Union Valdôtaine

L'Union Valdôtaine est un Mouvement politique qui se fait l'interprète des besoins et des instances de la société valdôtaine, et qui veut assurer l'épanouissement linguistique, ethnique, culturel, social et économique du peuple valdôtain afin d'en servir les intérêts au-delà de toute division idéologique.

L'Union Valdôtaine s'engage donc solennellement à veiller afin que l'action de sa classe dirigéante et de ses administrateurs soit inspirée aux plus hauts principes moraux et de fidélité à ses statuts qui doivent être appliqués fidèlement.

L'Union Valdôtaine se reconnaît dans la spécificité de l'identité valdôtaine qui occupe une position minoritaire dans le contexte institutionnel italien et appartient à l'aire alpine de la grande Région du Mont-Blanc et à l'aire linguistique et culturelle francophone.

L'Union Valdôtaine se reconnaît dans la société valdôtaine en général et dans toutes les personnes vivent en Vallée d'Aoste et en acceptent les caractéristiques qui font de celle-ci une communauté particulière.

L'Union Valdôtaine est l'héritière du patrimoine politique et moral de la Jeune Vallée d'Aoste, d'Emile Chanoux et de Joseph Trèves, ce même patrimoine qui a nourri la Résistance valdôtaine et qui est à l'origine de notre autonomie.

L'Union Valdôtaine se rattache aux principes du Fédéralisme global et s'engage à réaliser par les voies démocratiques la souveraineté politique de la Vallée d'Aoste; elle s'oppose à toute idéologie totalitaire de type fasciste ou autre.

L'Union Valdôtaine ne peut, par sa nature même, se ranger politiquement avec la gauche, le centre ou la droite; elle refuse par conséquent la logique de la bipolarité.
Le Fédéralisme global définit un véritable modèle de société qui se fonde sur la solidarité, la coopération, la participation et sur le principe de la subsidiarité dans les différents degrés du pouvoir.
Les principes fédéralistes donnent un sens précis au mot souveraineté qui présuppose un pacte libre entre la Vallée d'Aoste et d'autres sujets territoriaux pour constituer des ensembles en vue d'une Europe Fédérale.

L'Union Valdôtaine après les succès électoraux des 15 dernières années joue un grand rôle dans la réalité valdôtaine et dans la gestion des compétences que le Statut d'autonomie prévoit dans les différents domaines et aux différents niveaux de l'administration: Parlement italien - Conseil régional - collectivités locales; ce rôle implique un sens de responsabilité et du respect à l'égard des autres partenaires politiques.

Dans le cadre politique valdôtain, l'Union Valdôtaine privilégie la collaboration avec les forces politiques qui travaillent avec cohérence à l'affermissement et à l'épanouissement de l'autonomie. Une confrontation sur les fondements ethniques et linguistiques du peuple valdôtain et sur le fédéralisme et les différents niveaux de son application représente une priorité pour une concertation politique.
Nous ne pouvons pas collaborer avec ceux qui refusent nos principes et mettent en doute le fondement même du particularisme valdôtain.
Sur un plan plus général, l'Union est attentive aux nouvelles instances, tant au niveau valdôtain qu'à l'échelon italien et européen: les fédéralistes, les représentants des minorités, les groupes et mouvements qui travaillent pour préparer les consciences aux changements dans les perspectives d'autodétermination des peuples et des réformes des institutions, dans une optique fédéraliste.

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RESOLUTION
Mouvement Union Valdôtaine - 2

L'Union Valdôtaine se rattache aux principes du fédéralisme global.
Elle collabore avec les mouvements et les partis qui se reconnaissent dans l'autonomie et le fédéralisme et en font des principes prioritaires.
Elle privilégie les alliances avec ces derniers en considérant comme éléments fondamentaux pour tout accord les programmes conformes à ses statuts et tenant compte des principes suivants:

  1. reconnaître les fondements du particularisme ethnolinguistique valdôtain;
  2. reconnaître dans le fédéralisme la voie à parcourir pour toute réforme institutionnelle, tant à l'échelon italien qu'à l'échelon européen;
  3. réaliser le fédéralisme en Vallée d'Aoste par des réformes susceptibles d'assurer aux collectivités locales leur plein épanouissement selon le principe de la subsidiarité;
  4. appliquer les principes de la solidarité, de la coopération et de la participation, tant pour déterminer et distribuer les ressources financières, que pour organiser l'activité administrative des services sur le territoire;
  5. favoriser les initiatives dans les secteurs économique, social et de l'emploi selon le principe, enraciné dans notre tradition, de l'organisation communautaire garantissant l'initiative individuelle et privée de base, avec une forte présence de moments de participation collective et solidaire;
  6. gérer avec intelligence, attention et précaution le territoire, habitat de l'homme et ressource économique fondamentale mais périssable.

En félicitant le Gouvernement valdôtain pour son action assidue et efficace, pour la promotion de la communauté valdôtaine, nous rappelons que la majorité régionale actuelle s'est formée sur un accord de programme de législature. Nous y restons fidèles et nous invitons les élus unionistes à travailler pour résoudre en priorité les points suivants:

  1. définition de l'organisation et des compétences des collectivités locales et de leurs rapports financiers;
  2. définition des critères politiques fondamentaux pour la révision de la loi électorale régionale;
  3. achèvement de la réforme de l'Administration régionale;
  4. mesures de soutien et de relance de l'économie et de l'emploi dans les différents secteurs;
  5. élaboration d'un nouveau plan socio-sanitaire régional;
  6. élaboration du plan de production d'énergie hydroélectrique et gestion des ressources hydroélectriques régionales;
  7. actions dans le domaine de l'environnement et notamment la définition du plan paysager.
  8. application des articles 38, 39 et 40 assurant l'égalité de la langue française et de la langue italienne.
  9. mise en œuvre des moyens techniques pour rendre possible la diffusion des programmes de France 1, France 3 et Suisse 4.

Tout en exprimant sa satisfaction pour la bonne collaboration à l'intérieur de la majorité constituée, nous rappelons que si des partenaires de l'actuelle majorité ne devaient plus se reconnaître dans ce programme ou dans les priorités indiquées, à ce moment-là une révision de l'accord par les forces composant la majorité s'imposerait, tout comme, le cas échéant, la confrontation ouverte à toutes les forces politiques composant le Conseil régional.

L'Union Valdôtaine est présente dans la majorité de la Ville d'Aoste et dans l'administration de nombreuses communes et communautés de Montagne.
Elle préconise une liberté totale dans la formulation des accords politiques et dans la rédaction et la réalisation des programmes qui doivent toutefois respecter les principes généraux auparavant énoncés.

L'Union Valdôtaine, pour faciliter le travail de ses représentants dans les différentes administrations, s'engage à encourager les occasions de confrontation et de vérification par le biais de la conférence des administrateurs et autres initiatives de formation et d'information.

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RESOLUTION
Organisation du Mouvement

Considérant les propositions faites par les sections au sujet de l'organisation du Mouvement et en particulier la nécessité de:

  1. affirmer selon les principes fédéralistes le rôle central que les sections représentent à l'intérieur de l'organisation du Mouvement;
  2. assurer la diffusion de l'information des principaux actes politiques décidés par les organes compétents du Mouvement;
  3. renforcer la représentation territoriale grâce à la participation des représentants de communauté de montagne au sein du Comité Exécutif et à la création de commissions territoriales;
  4. définir le rôle du Comité Central qui pourrait acquérir une dimension différente et pourrait même être remplacé par un organisme plus efficace et plus représentatif ;
  5. renforcer le rôle du Président, garant de la ligne politique du Mouvement.

Soulignant par ailleurs le débat ouvert à propos du rôle du Mouvement vis-à-vis des activités et des initiatives politico-administratives;

Compte tenu des observations formulés sur la cohabitation de la figure du Secrétaire général et du Président du Mouvement, dont les rôles sont différents mais qui doivent agir de concert; sur l'efficacité du rôle du Bureau de direction:

engage le Mouvement et ses organes à nommer dans les plus bref délais un groupe de travail qui étudie de nouveaux statuts qui seront soumis aux organes du Mouvement (Bureau de Direction, Comité Exécutif, Comité Central, Sections);

donne mandat à la Conférence Nationale (à laquelle ce Congrès délègue ses pouvoirs) de discuter et approuver les nouveaux statuts de l'Union Valdôtaine dans un délai de 12 mois.

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RESOLUTION MOUVEMENT
Rôle et formation

L'U.V. reste un instrument indispensable et nécessaire pour atteindre l’objectif de la sauvegarde et de la promotion de l’identité culturelle et linguistique du peuple valdôtain.
Pour atteindre ce but l'U.V. doit tout d'abord promouvoir une formation politique constante de ses membres, afin qu’ils aient toujours, dans une société qui ne cesse de se transformer politiquement et socialement, des repères clairs sur les idées essentielles, sur les valeurs de fond, dont s'inspire et s’est inspirée pendant près d'un demi-siècle l’action politique de notre Mouvement. C’est en connaissant notre identité qu’on pourra mieux la valoriser.

Les sections, les commissions et les organes collatéraux pourraient être les acteurs principaux de cette action de formation, par leur activité ordinaire aussi bien que par l’organisation d’initiatives spécifiques, telles que des débats et des cours de formation culturelle, politique et administrative.
Les sections constituent la vraie richesse du Mouvement: elles créent des rapports directs entre la base et les administrateurs et sont en outre le moyen privilégié par lequel la base unioniste fait entendre sa voix et participe à la vie du Mouvement.
Plusieurs sections ont toutefois du mal à garder éveillé l’intérêt des adhérents pour la vie du Mouvement et pour la politique en général.
Cette situation de désengagement peut être renversée si, à l’intérieur des Sections, on récupère le rôle central de l’Assemblée des inscrits pour rendre vif et concret le débat non seulement sur les problèmes administratifs, mais aussi sur les problèmes de grande envergure.

Les commissions du Mouvement sont les lieux privilégiés où adhérents et sympathisants se confrontent sur des thèmes spécifiques. C’est à ce niveau que l’on pourra travailler pour une synthèse entre les lignes du Mouvement et les instances administratives; ces commissions, en dépit des difficultés de gestion, auraient aussi une précieuse fonction de formation pour ceux qui ont à affronter des problèmes administratifs.
Pour une formation dans des domaines spécifiques l'U.V. peut se prévaloir de l’apport de ses organes collatéraux.

La Jeunesse Valdôtaine est l'organe privilégié pour contacter les jeunes, les former aux idéaux fédéralistes aux fins d'une ferme prise de conscience de leur identité, ainsi que de leurs droits et de leurs responsabilités de Valdôtains.
A cet effet la J.V. doit en premier lieu assurer une présence diffuse sur le territoire. Pour ce faire, une collaboration concrète avec les sections du Mouvement et leurs groupes de jeunes s’impose. La J.V. pourrait devenir un véritable "raccord” entre les jeunes des différentes sections, en vue d'un échange d'idées sur des problèmes communs et ce, par la création d’un moyen de liaison souple mais nécessaire pour que les énergies des jeunes ne se dispersent ni diminuent faute de sollicitations.
Aux jeunes des sections, la J.V. peut offrir une structure et une aide concrète pour la réalisation d’initiatives qui demandent l’apport de plusieurs personnes. Cette confrontation peut être un atout, en particulier pour tous les jeunes qui ont été appelés à assumer des engagements administratifs: c’est surtout sur eux que la J.V. compte pour animer le débat politique et administratif chez les jeunes.
Le domaine du volontariat et de la coopération sociale et juvénile devrait faire l’objet d’une attention particulière: il se trouve là des énergies positives et des compétences particulièrement utiles pour des jeunes qui ont l’ambition d’intéresser d’autres jeunes à la politique et à l’engagement social.

L’Entraide des Femmes poursuivra, en tant qu'association collatérale de l'U.V., son action de sensibilisation des femmes à la cause valdôtaine, par une collaboration plus étroite avec les associations et organismes socio-culturels valdôtains.
Par contre, le groupe "Les femmes de l'Union Valdôtaine", dont le but est d'inciter le Mouvement à se pencher davantage sur la sauvegarde de notre culture par des initiatives ciblées en vue du maintien de la conscience ethnique valdôtaine, orientera son action politiquement, par des propositions et des prises de position et par la création d'un réseau anonyme de solidarité à l'intention des adhérents de l'U.V..

L'U.V. doit aussi contribuer au débat culturel et social au sein de la société valdôtaine: à l'heure où notre société affiche un rejet de la politique, nous devons être à même de donner des réponses concrètes à des problèmes qui la touchent de près. La société exige désormais de la politique des réponses concrètes, et la politique, de son côté, est indispensable par sa fonction de médiation des intérêts particuliers par rapport au bien commun.

L'U.V. devra, donc, dans un futur proche, être de plus en plus à même de dialoguer sur des problèmes concrets avec les différents protagonistes de la vie sociale, sans évidemment renoncer à son identité, et savoir aussi proposer d'une façon nouvelle son projet politique aux jeunes Valdôtains.
Là aussi, elle peut se prévaloir de l’apport des organes collatéraux susceptibles de lui assurer une présence concrète dans le domaine de l’École, de l’Université, de l'emploi, et élaborer des propositions dans tous les domaines qui touchent de près les jeunes et les femmes.

Saint-Vincent le 25 février 1996

RESOLUTION FINALE

Résolution finale

Le Congrès national de l’Union Valdôtaine exprime ses préoccupations vis-à-vis de l’évolution politique en Italie.
Le choix d’interrompre brusquement la Législature, avec le recours aux élections politiques anticipées, démontre la grave crise du système institutionnel italien, caractérisé par une croissante dose d’ingouvernabilité et pas conséquent d’une incapacité à affronter les problèmes structuraux de la politique et de l’économie, avec la perspective réelle de ne plus pouvoir participer au dessein de l’intégration européenne. En particulier dans cette dernière période s’était annoncée la possibilité d’entreprendre une saison de réformes impliquant une réécriture de la Constitution.
Une perspective que nous avons plusieurs fois souhaitée, parce qu’à notre avis le vrai passage entre la Première et la Deuxième République doit obligatoirement être fondé sur une nouvelle Constitution à empreinte fédérale. Sans même résoudre les questions délicates pour la confrontation démocratique (le conflit d’intérêt et la par condicio par exemple), on a choisi de recourir aux élections. Nous sommes prêts à ce rendez-vous, qui en ce moment a pour nous des significations ultérieures, si nous pensons à toute la série de menaces simultanées qui se manifestent à l’égard de l’existence même de la Vallée d’Aoste et de son particularisme linguistique et culturel.
Pour ces raisons le Congrès de l’Union Valdôtaine :

  • exprime son appréciation pour le travail sérieux et compétent fait par le Sénateur et le Député de la Vallée d’Aoste, toujours présents et actifs dans le débat parlementaire et au sein des différents organismes institutionnels ;
  • confirme la nécessité que dans l’avenir soit encore assurée à notre Vallée une représentation parlementaire expression des valeurs de notre communauté et interprète de ses nécessités ;
  • engage ses organes statutaires à rechercher dans ce sens la plus large convergence possible autour d’un programme sérieux garantissant un engagement en faveur de la Vallée d’Aoste et de ses problèmes à bénéfice d’une transformation de l’Italie en Etat fédéral, au sein d’une Europe fédérale.


Saint-Vincent le 25 février 1996

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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