Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 11:58

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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5ème Congrès National - 1998

Rapport des Vice-présidents de l'Union Valdôtaine

INTRODUCTION

Nous nous retrouvons ici, à la fin d'une année tout à fait particulière pour notre Mouvement. L'année où l'Union Valdôtaine a remporté son meilleur résultat électoral depuis sa fondation. Notre liste a été primée par plus de 33.000 Valdôtains obtenant ainsi dix-sept sièges au Conseil de la Vallée. Un résultat qui a attribué à notre force un rôle de premier plan sur l’échiquier politique de notre région, en nous mettant en condition de travailler profitablement pour créer une Vallée d'Aoste caractérisée toujours plus par une qualité élevée de la vie, par des services efficaces et répondant à des logiques valdôtaines.
Les habitants de ce merveilleux pays intramontain n'ont pas besoin de «conseils» sur la façon de gérer et de vivre leur terre. Ils savent comment faire. Ils veulent le faire et ils ont choisi de le faire en donnant de la VOIX à la seule force qui s'est battue, dans le temps, afin de défendre leurs intérêts: l'Union Valdôtaine.
Le succès du 31 mai 1998 – assuré aussi par des choix précis du Mouvement, comme celui de descendre directement parmi les gens pour se confronter sur les idées et les stratégies - s'est donc traduit dans une remarquable augmentation du nombre des conseillers unionistes. La conséquence a été que notre Mouvement représente un des piliers sur lesquels a été bâti le Gouvernement valdôtain actuellement en charge. L'Union compte, outre les Présidents de l'Assemblée et de l'Exécutif, cinq des sept assesseurs appelés à gérer les différentes branches de l'Administration régionale. Parmi ces derniers nous trouvons, en raison de sa compétence et de sa disponibilité à travailler pour la Vallée d'Aoste, M. Charles Perrin. Charles avait rempli les fonctions de Président de l’Union Valdôtaine jusqu'à l'échéance électorale et nous voudrions demander un juste remerciement pour lui, vu qu'au résultat historique dont nous disions avant on est abouti surtout grâce à son travail ponctuel et admirable.
D'après nos Statuts, son nouveau rôle, duquel nous nous félicitons avec lui, l'a rendu incompatible avec la figure de responsable du Mouvement. Depuis ce jour, la gestion du Mouvement a été assurée, de façon collégiale, par les deux Vice-présidents, en étroite liaison avec le Comité fédéral.C'est pour cette raison que c'est moi - en tant que Vice-président de l'Union, et au nom également de l'autre vice-président Ivo Guerraz - à vous présenter ce rapport.
Au cours de ces dernières années, nombreuses ont été, pour nos adhérents, les occasions d'information quant à l'activité du Mouvement. Après le quatrième Congrès national, on a connu des Conférences nationales et des Congrès extraordinaires. A toutes ces occasions, le Président Charles Perrin - en raison, vraiment, de la précision et de la clarté qu'on a eu la possibilité d'apprécier en lui - a communiqué aux participants les nouvelles marquantes de la période. Voilà pourquoi ce rapport aura trait, exclusivement, aux événements de la dernière période et aux conséquences qu'ils pourront entraîner dans le futur. En considération du fait qu'aujourd'hui - suite à une précise décision du Comité fédéral - on est appelé à se pencher sur des questions ayant trait à l'organisation du Mouvement, qui demandent sans doute un débat riche en contributions et en idées, nous avons choisi de nous limiter à offrir un ensemble d'occasions de réflexion sur les principaux événements qui ont caractérisé la scène politique et la situation de l’Union Valdôtaine à partir du rendez-vous avec les urnes du mois de mai dernier, en laissant les thèmes d'envergure politique pour la deuxième phase de ce cinquième Congrès national, au programme pour le prochain printemps.

LE FONCTIONNEMENT DU MOUVEMENT

Une des dernières tâches d'envergure qui a engagé le Congrès de l'Union Valdôtaine a été la modification de nos Statuts, en février 1997. Le débat avait été passionnant et les modifications effectuées significatives. Une année et demie est découlée et passée après le «restyling» effectué sur notre charte fondamentale.
Une question est donc spontanée aujourd'hui est-ce que les principes qui ont inspiré les modifications ont été appliqués et satisfaits? La réponse doit être, nécessairement, fournie sur plusieurs niveaux, selon l'organe qu'on prend en considération.
Les sections ont donné, sans doute, un signal plus que positif. Au cours de la période électorale elles ont travaillé on ne pourrait mieux, à partir de la nomination des candidats, jusqu'à l'organisation de la campagne électorale. Quelques détails seraient encore à mettre au point pour les temps « de paix», pendant lesquels l'activité languit un peu.
Le Conseil fédéral, malheureusement, semble connaître encore des difficultés liées au fait que la réduction du nombre des membres, en raison d'un seul représentant par section, ne s'est pas encore traduite en une effective participation de la part de tous. Différentes hypothèses peuvent être avancées quant aux raisons de ce phénomène. La taille du Conseil est considérable et cela enchaîne, d'un côté, un certain ton d’officialité qui souvent «épouvante» et, de l'autre, la sensation de ne pas connaître à fond les problèmes et de ne pas pouvoir s'exprimer en connaissance de cause. Il faut tenir compte, en plus de cela, qu'à l'intérieur du Conseil fédéral cohabitent des réalités différentes, allant des simples délégués, jusqu'aux membres du gouvernement.
En ce qui concerne la Conférence des Présidents des sections, qui se distingue par son caractère plus pragmatique et par son rôle d’implication des protagonistes du territoire aux problèmes du Mouvement, le cas est de souligner que le débat en son sein est propositif et que cet organe est sans doute actif.
On arrive, donc, au Comité fédéral, l'organe qui a condensé l'ancien Comité exécutif avec le Bureau de direction. Par cette décision, il nous semble de pouvoir affirmer qu'on a trouvé un juste équilibre, en œuvrant pour la distinction du corps des élus de celui des dirigeants de l'Union, tout en assurant des moments de raccord indispensables.
Le parcours à travers les organes modifiés s'achève avec la figure du Président, qui - selon les intentions des nouveaux Statuts – représente la «summa» des multiples aspects caractérisant l’Union Valdôtaine. Il s'agit d'un point de repère important, pour un mouvement politique qui devient toujours plus important. Une figure centrale porteuse de valeurs fondamentales, qui doit être l'expression la plus large possible du peuple Unioniste, et qui a la possibilité de choisir directement ses étroits collaborateurs, en garantissant aussi le respect de ces nécessités opérationnelles qui existent dans une force politique. En guise de commentaire final de ce bref bilan quant aux modifications des Statuts et sans vouloir mettre la charrette devant les bœufs, vu que davantage de temps sera nécessaire pour effectuer une appréciation plus approfondie, on peut dire que ce processus de révision des Statuts a donné vigueur et tonicité à notre Mouvement. Des éléments dont il nécessite toujours plus pour faire face aux nombreux défis du futur.

L'ECHEC DE LA COMMISSION BICAMERALE

On ne peut pas raisonner sur la politique italienne de cette période, et de l'avenir, sans consacrer quelques mots à la faillite de la Commission bicamérale pour les réformes institutionnelles, présidée par Massimo D 'Alema sous le Gouvernement Prodi, et qui tant avait menacé la Vallée d'Aoste par des propositions tout à fait pénalisantes à l'égard des Régions à Statut spécial. Bref, les intentions de D'Alema n'ont trouvé aucune concrétisation. Elles se sont écrasées sur le même mur rencontré, jusqu'à ce moment, par d'autres importants processus de réforme. Le mur constitué par les contradictions de la partitocratie romaine. Un «mix» dont les protagonistes ne raisonnent pas en termes de propositions équilibrées, à même d'augmenter le bien-être des citoyens, mais avec le seul but de gagner davantage d'espace sur la scène politique et dans les organes d'information de la péninsule.
La Commission bicamérale a été, donc, sacrifiée sur cet autel. D'Alema a dû se rendre à des partis querelleurs et absolument pas convaincus de la nécessité de réécrire la Constitution. La faillite du groupe de travail présidé par l'actuel chef de l'Exécutif est un phénomène sur lequel raisonner, au moins pour deux raisons. D' un côté elle a engendré, à l'intérieur des «Democratici di sinistra», ce mécontentement qui a conduit au renversement des équilibres dans la coalition de 1'« Ulivo», culminé dans la chute du gouvernement Prodi, en faveur du plus grand parti de la gauche italienne. De l'autre, elle a mis en évidence, pour l'énième fois et si besoin en était, le vrai visage du système des partis italiens, trop loin de la société réelle pour sauvegarder effectivement les intérêts des gens que s'y reconnaissent.
Face à un scénario de ce type, la solution qui s'impose est unique: le processus de réforme doit êtreconduit en partant du bas. Ce sont les acteurs du territoire, les Communes, les Communautés de montagne, les Provinces et les Réglons qui doivent pouvoir jouer directement leurs cartes, en faveur de ce fédéralisme que la Commission D'Alema a totalement nié. Une réforme peut avoir du succès seulement si elle tient en juste considération les prérogatives des personnes auxquelles elle s'adresse.
C'est le chemin qu'on a choisi au Val d' Aoste pour la révision du Statut spécial, avec la formation d'un groupe spécifique de llavai1. Un chemin qui, nous en sommes certains, ne manquera pas d’apporter des résultats intéressants.

RAPPORTS VALLÉE D'AOSTE-ÉTAT

Un chapitre important de notre activité politique concerne les rapports avec Rome. Notre Mouvement - en accord avec nos représentants au sein du gouvernement valdôtain, du Conseil de la Vallée, ainsi que notre député - a suivi avec attention l'évolution de la politique italienne. On a été des bons prophètes en affirmant que le fait de parler d'une deuxième République aurait été un slogan superficiel en l'absence d'une réelle réforme constitutionnelle. Nous tenons à ce sujet, à réaffirmer dès maintenant que la validité de notre projet constitutionnel pour une Italie fédérale, le premier déposé au Parlement el l'unique véritablement fédéraliste, reste toute entière.
Mais, s'il ne faut pas abandonner cet horizon fédéraliste, il est juste aussi de remarquer que dans lesrapports avec Rome il y ait été, de notre part, un rôle propulseur pour donner davantage d'espace à notre régime d'autonomie spéciale. Cela a signifié une vigilance attentive et des propositions concrètes dans la législation italienne, par le biais du travail parlementaire Cela s'est concrétisé dans un travail d'application du Statut en vigueur au moyen de l'instrument, à valoriser toujours plus, des dispositions d'application de notre charte fondamentale. Dans ces années ont été effectués des choix stratégiques (nous pensons, notamment, à l'université) et il y a de nouveaux domaines, comme celui de la radiotélévision, dans lesquels nous aurons la possibilité d'avoir des marges d'action intéressants.
La chute du gouvernement Prodi et la naissance de l'Exécutif D' Alema ont été l'occasion d'une confrontation à notre intérieur et le choix de soutenir ces gouvernements découle d'un réalisme politique, partagé avec la «Sudtiroler Volkspartei», qui nous a permis d'obtenir des résultats positifs et la Juste reconnaissance de notre rôle sur l'échiquier politique italien Cela ne signifie pas, naturellement, une adhésion passive aux majorités de gouvernement, mais la confirmation de notre autonomie opérationnelle vis-à-vis du bipolarisme à l'italienne, dont les limites sont toujours plus évidentes. Cette considération est encore plus valable si l'on pense à la perspective européenne qui met en évidence, de façon encore plus claire, l'étroitesse de la politique italienne, face aux grands choix que l'Union Européenne devra accomplir.
Et vraiment au sujet de la politique européenne nous revendiquons tant une réelle application du principe de subsidiarité, qu'une valorisation des peuples comme le nôtre, dans le cadre d'une sauvegarde globale des minorités nationales en Europe.

LA SITUATION INTERNE

La journée d'aujourd'hui aura, en tant que moment capital, l'élection du nouveau Président de l'Union Valdôtaine. A lui reviendra, à partir de demain, la tâche de gérer l'Union Valdôtaine. NotreMouvement, grâce également à ses dimensions au sein des institutions et à la présence d'un représentant au parlement Italien, peut compter sur une structure opérationnelle que d'autres forces ne possèdent pas et qui offre plusieurs possibilités d'action Il est donc Juste de fournir, à la personne qui prendra la relève de Charles Perrin, une «photographie» de la situation actualité du Mouvement, que nous voulons la plus nette et lisible possible.
L'organisation par sections est la vraie force de l’Union Valdôtaine. Elles représentent le véritable présidium unioniste sur le territoire. On ne peut pas agir avec rationalité sans savoir ce qui se passe dans les communes valdôtaines. C'est pour cette raison que ce «réseau» doit être entretenu le plus souvent possible. Seulement en bon état de santé, en effet, il sera à même de donner les résultats satisfaisants qu’il a offerts jusqu'à aujourd'hui. A ce propos, nous signalons que la présence de l'Union Valdôtaine comprend pratiquement toutes les communes de la Vallée. Le «réseau» des sections est, donc, tout à fait performant. Parmi les différentes activités Soignées à l'intérieur des Sièges central et de Pont-Saint-Martin de l’Union Valdôtaine - où est en fonction, le cas est de le rappeler, un secrétariat à la disposition non seulement des organes du «sommet», mais également des sections et des adhérents - il convient de souligner celle afférente à l'édition. Notre Mouvement réalise, depuis 1954, un hebdomadaire au titre «Le Peuple Valdôtain». Cet organe - l'unique paraissant intégralement en langue française dans notre région - se différencie des autres médias valdôtains par la perspective différente qu'il offre à ses lecteurs.
Souvent, en effet, la vision proposée à la communauté est réductive et, dirait-on, parfois conditionnée par quelques intérêts de petite taille. «Le Peuple» s’est toujours présenté en tant que moment de réflexion, de confrontation et de débat sincère dans le Mouvement. Un espace qui doit concerner, toujours plus, les sections. Les nouvelles du territoire sont quelque chose d'intéressant. Elles doivent augmenter et c'est bien dans cette optique que nous invitons les sections à nommer, lors du renouvellement du Comité de direction, un responsable des rapports avec la presse.
De cette façon, la rédaction de notre journal pourra disposer d'une source privilégiée à laquelle faire recours en cas de nécessité. L'activité d'édition, et c'est là une suggestion pour le nouveau «sommet» de l’Union Valdôtaine, pourrait ensuite être élargie, comme il a été fart dans le passé, par la publication de deux recueils d'articles d'Emile Proment. Des brochures sur des questions spécifiques (autonomie, ethnie, identité) pourraient être réalisées, concernant des énergies intéressantes qui existent dans notre Mouvement. Pour les plus sensibles aux nouvelles technologies, on signale ensuite que l'Union Valdôtaine dispose, depuis le mois de mai dernier, d'un site internet. C'est un autre espace stratégique, qui - après un démarrage satisfaisant - pourrait trouver des évolutions intéressantes, ayant en tant que sujet, à nouveau, les sections. Il serait intéressant de l'envisager. Pour toutes les autres activités de l'Union Valdôtaine, notre opinion est celle de ne pas trop conditionner les responsables qui devront gérer le Mouvement. L'unique recette qu'on se sent de conseiller est celle de rester, le plus possible, proches des gens. Enfin, c'est seulement du contact et de la collaboration que des produits intéressants voient le jour.

UNE ANALYSE DU RESULTAT ELECTORAL

Avec le résultat historique de mai 1998 on a ouvert ce rapport. Dix-sept conseillers, plus de trente trois mille voix de liste et un résultat intéressant de la liste Walser liée à la notre sont un score que pas tout le monde peut se permettre. On a frôlé cette majorité absolue qui était le rêve des pères de l'Union Valdôtaine. Or, vu que de toute réussite découle une mission précise, le moment est bon pour s'interroger sur notre tâche. Notre mission est celle de transformer le consensus électoral - qui nous a été attribué en raison de notre cohérence, témoignée aussi par le fait que notre symbole n'a jamais changé depuis 1945 – en adhésion idéale et en participation de qualité. Voilà une tâche qui devra voir massivement engagé le nouveau Président et ses collaborateurs.
L'action d’une force politique peut être performante seulement si les personnes qui lui ont attribué le pouvoir, la soutiennent constamment, sans l'abandonner à moitié du chemin, suite au changement du vent. Aux gens nous devons expliquer que certains phénomènes négatifs connus à l’échelon Italien ne caractérisent pas l'Union Valdôtaine. Aux gens nous devons expliquer que le but de l'Union Valdôtaine n'est pas celui de recueillir toujours plus de consensus, mais d'œuvrer pour - et avec – les valdôtains, afin de leur offrir une région où être fiers de vivre et où demeurer sereins quant à l'avenir de ses enfants. Aux gens nous devons expliquer que le critère dominant, dans notre Mouvement, est la qualité, n'est pas la quantité. Voilà la mission qui découle du résultat électoral de mai 1998, aux futurs dirigeants de la concrétiser.

LE RAPPORT ELUS-MOUVEMENT

Notre présence à l'Assemblée régionale est donc considérablement augmentée, en passant de 13 à 17 conseillers. Quelques réflexions sur les rapports entre les élus et le Mouvement se révèlent donc nécessaires. Le Mouvement doit tracer les lignes politiques pour l'action des élus, élaborer des projets, soigner la formation des adhérents, promouvoir son image, veiller sur son organisation, mener les pourparlers, assurer les contacts entre les élus, les adhérents et les organes.
Les élus sont des délégués de l'Union Valdôtaine à des charges publiques, en exerçant lesquelles ils doivent faire avancer les projets unionistes. Ils doivent, en pleine autonomie promouvoir des initiatives en s'inspirant des lignes du Mouvement, en discuter avec nos organes lorsque leur caractère est éminemment politique, exercer leurs fonctions publiques en se rattachant constamment aux principes de l'Union Valdôtaine. Les élus, par leur fonction même, sont souvent portés à la négociation et à la composition, le Mouvement, par contre, doit toujours tenir bien haut le flambeau des idéaux Unionistes. En tout cas, le Mouvement et les élus sont les deux principaux pôles de la politique unioniste. Chaque pôle a sa sphère d'attribution et doit jouir d'une certaine autonomie. Leur action doit être cordonnée et respectueuse des prérogatives de chacun.

LE CADRE POLITIQUE VALDOTAIN

Un rapport prononcé face à une assemblée de l'Union Valdôtaine ne pourrait pas être digne de ce nom, sans prendre en considération le cadre politique de notre région.
En ce moment, comme on l'a de maintes fois, c'est nous les protagonistes. Mais que se passe-t-il autour de nous. La situation est toujours plus définie. La séparation entre les forces qui ont parmi leurs priorités les idéaux autonomistes et celles qui se rattachent à des partis italiens est toujours plus évidente. De cette donnée découle un élément très clair: les réponses que les valdôtains veulent entendre à leur exigences ne sont pas du type «la gauche la pense de cette façon», « la droite la pense ainsi» ou «le centre a toujours di cela». D'une autre envergure doivent être les réponses qu'il faut donner aux valdôtains.
Elles ont trait à la solution de problèmes quotidiens, qui sont réels et qui ne peuvent pas être résolus par des classements abstraits, du fait qu’ils touchent leurs conditions de vie. Voilà une conduite qui ne peut pas convenir aux forces italiennes, coincées dans ce mécanisme pervers de liaison continuelle avec la capitale, d'où arrivent les ordres et n'arrivent sûrement pas les réponses à notre communauté. Les valdôtains - et l'heure est bonne pour l'expliquer une fois pour toutes aux partis de Rome - en ont marre de politiciens qui veulent leur apprendre de quelle façon vivre dans leur région et qui ont très peu à voir avec le Val d'Aoste et ses gens. Ils veulent décider. Ils veulent être les protagonistes de leur futur. Ils veulent faire entendre toujours plus haut cette Voix qu'ailleurs on cherche, continuellement, à étouffer. Celle-ci est la volonté des valdôtains et elle à, désormais, des proportions trop élargies pour que l'on puisse faire semblant de rien.
L'Union Valdôtaine, pour sa part, a choisi une conduite d'une précision nette. Elle l'a fait dès le début. Notre Mouvement ne s'est jamais rattaché à la gauche, au centre ou à la droite. L'Union Valdôtaine, avec une définition qui rend très bien l’idée, a toujours été «au dessus» de cette façon de faire politique. L'Union Valdôtaine a toujours tenu sa capacité de choix bien axée sur notre communauté, afin de satisfaire de façon adéquate et rationnelle - ses nécessités en toute sincérité, nous demeurons satisfaits de notre conduite. Et les autres forces? Ceux qui n'ont pas choisi un chemin du genre, indiquant en tant que priorité le Val d'Aoste et l'augmentation de sa capacité d'autogouvernement, sont en train de se dissoudre, comme de la neige sous le soleil. Nous voyons les « Autonomisti » (admis qu'il soit suffisant de s'appeler comme ça pour l'être réellement) qui, partis pour recueillir – à leur dire - un consensus incroyable, ont dû savourer le goût amer d'une baisse Jusqu'à présent, en plus, ils semblent avoir déjà connu quelques défections et il n'est pas difficile d'Imaginer que d'autres suivront à l’avenir. Même les Verts, dont le soleil du symbole ne semble plus avoir envie de rire tellement, sont en tram de connaître un moment difficile, qu'ils ont choisi d'aborder avec une tactique de défense assez drôle: le tir à la cible sur les hommes de l'Union Valdôtaine. Ensuite, il y a « Forza ltalia», de laquelle on n'arrive pas encore à comprendre les raisons de son existence dans notre région. Elle, en tout cas, n'arrive pas à produire plus de quelques cars pour se rendre aux comices de Berlusconi à Rome, quelques querelles intérieures de ses conseillers régionaux et quelques millions axées sur des fautes de frappe dans des documents publics. De quoi enorgueillir incroyablement les représentants locaux de «sua eccellenza» d'être au monde. En allant en avant, en ce qui concerne la «Lega Nord» et «Rifondazione Comunista», il n'y a pas tellement de quoi dire: le résultat électoral du 31 mars les a effacées du Conseil régional. Il s'agit maintenant, de comprendre s'ils sont des patients en réanimation (donc avec quelque possibilité de survie) ou non. Ce panoramique des sujets politiques régionaux se termine par les partenaires de l'Union au Gouvernement la «Fédération autonomiste» et les «Democratici di sinistra - Gauche valdôtaine». A ces forces il faut donner acte d'avoir joué une partie assez claire. Ils ont donné leur accord à un programme précis et leur loyauté jusqu'à présent a été absolue. Il est vrai que peu de temps est passé depuis le début de la législature, mais il est d'autre part vrai que des questions de taille - qui ont nécessité un haut niveau de cohésion - ont déjà été abordées par le Conseil de la Vallée.
Avec ces forces, le dialogue doit continuer par le même style qui l'a caractérisé jusqu'à présent: avec sincérité, collaboration et en étant convaincus que le sujet et le but de l'action administrative doivent être uniques, les valdôtains et leur bien-être.

LES CONDITIONS DE GOUVERNEMENT

Quelques mots, encore, sur le gouvernement actuellement en charge sont opportuns. Tout de suite après les élections, en un mois à peine, nous avons assuré à la Vallée d'Aoste le gouvernement présidé par Dino Viérin, caractérisé par sa qualité, par une présence unioniste remarquable et par la réduction d'un assessorat par rapport au passé. Une majorité bien structurée et efficace s'est donc formée dans le signe de la continuité et de la stabilité politique, constituée - comme l'on a déjà dit - par l'Union Valdôtaine, les «Democratici di Sinistra - Gauche Valdôtaine» et par la «Fédération Autonomiste». Une alliance politique fortement progressiste, autonomiste et fédéraliste – nous croyons l'unique possible en ce moment et la plus adéquate aux exigences de la Vallée d'Aoste - qui est en train d'œuvrer efficacement. La crédibilité de l’Union Valdôtaine la confiance que les valdôtains attribuent au Mouvement doit être sauvegardée à tout prix, pour ne pas affaiblir sa présence et son projet politique, ainsi que son patrimoine idéal, dans un moment de grands changements, où les destinées de notre peuple sont mises en question.

LE RENDEZ-VOUS DE 1999: LES ELECTIONS EUROPEENNES

Au cours de ces derniers jours, un autre événement a caractérisé le domaine politique et mérite un commentaire à cette occasion. On parle, notamment, des élections pour le renouvellement du Conseil régional du Trentin-Haut Adige. Au delà des beaux mots des grands chefs des partis italiens, la donnée fondamentale de ce rendez-vous avec les urnes a été le succès de la force autonomiste par excellence. La «Sudtiroler Volkspartei», parti avec lequel l'Union Valdôtaine entretient des rapports depuis longtemps, même à l'échelon parlementaire, a vu son score monter à 56%, obtenant à nouveau la majorité absolue des consensus. Même le «Partito Autonomista Trentino Tirolese PATT», tout en ayant connu une baisse de son pourcentage, a remporté un résultat intéressant par rapport à celui d'autres forces engagées dans la compétition. Il s'agit de données qui doivent nous conforter et nous renforcer dans notre action quotidienne.
Les gens sont en train de prendre graduellement conscience du fait que la réponse à leurs exigences ne peut pas arriver, comme la manne du ciel, des partis de Rome. Chacun, dans son rôle et en se faisant porteur des compétences qui sont à sa disposition, doit contribuer à améliorer la situation de sa région. Les forces régionalistes, dans ce sens, représentent l'unique possibilité pour redonner la voix aux sujets auxquels l'Etat l'enlève trop souvent. Mais si on parle aujourd'hui des élections du Sudtyrol c'est aussi pour une autre raison. Comme vous le savez bien, les élections européennes sont au programme pour l'année prochaine. Malheureusement, notre revendication historique de modifier la loi électorale, en prévoyant un collège correspondant au territoire valdôtain, ne semble pas avoir assez de chances d'être accueillie. Les candidats valdôtains se verront insérés, à nouveau, dans un collège électoral très grand. Pour avoir la possibilité d'élire un valdôtain à Strasbourg il nous sera donc obligatoire, comme il l'a été dans le passé, le perfectionnement d'alliances électorales. Les forces qui ont remporté des résultats importants au Sudtyrol peuvent être des partenaires autour desquels développer un certain raisonnement. De même, il faudra évaluer de quelle façon élargit l’éventail de cette alliance à des forces partageant les valeurs de l'autonomisme et du fédéralisme, en concernant également quelques uns des coéquipiers que nous avons connu dans le passé.

LA «QUESTION SOUVERAINETE»

Qu’il soit permis, à présent, une brève excursion dans le sillon tracé lors de l'introduction. En dépassant les limites temporelles des derniers mois, qui font l'objet de ce rapport, le cas est de rappeler un instant le sujet d'un récent Congrès extraordinaire de l'Union Valdôtaine, celui de 1996: la souveraineté nationale du peuple valdôtain.
Ce concept, qui est l'objectif principal que le Mouvement se pose dans son action politique, est à rappeler, du fait qu'il s'agit du véritable trait distinctif de l'Union. En plus de cela, en désirant obtenir des résultats toujours plus intéressants sur le plan de la «valdôtaineté» de notre région, nous devons avoir le courage de réaffirmer avec force et orgueil notre identité. Sur le thème de la souveraineté, nos affirmations ont déjà été assez claires lors de ce Congrès de 1996 sur d’autres projets nous pouvons avoir des alliés, caractérisés même par une certaine fidélité, mais sur ce chemin nous marchons sans aucun copain. En guise de mémorandum pour les congressistes, et en raison du fait que la deuxième phase de cette assise aura le devoir d'étudier comment actualiser notre stratégie politique, nous rappelons volontiers quelques concepts fondamentaux au sujet de la souveraineté et des processus qui en découlent.
Avec le terme «souveraineté politique» on indique le droit d'une communauté à décider librement de son avenir, sans aucune sorte de conditionnement. La souveraineté est la «conditio sine qua non » pour la réalisation du fédéralisme. De son côté, ce dernier est un pacte volontaire entre sociétés parfaitement libres, qui choisissent une organisation étatique commune et décident des compétences à attribuer au niveau fédéral pour assurer le bien-être général. Ainsi, le fédéralisme ne peut pas se considérer la concession d'un Etat centralisé, comme l'aurait voulu D'Alema avec la «bicamérale». Le fédéralisme est un libre choix des communautés de base, un moment d'autodétermination.
L'Union Valdôtaine veut aboutir à la souveraineté politique pour donner corps à la construction de l'Europe des peuples, en appliquant les principes du fédéralisme global. Pour ce faire, force nous est de maintenir notre identité. Elle, en effet, n'est pas seulement une condition juridique, mais est également la sève qui nous donne l'énergie pour continuer dans notre combat. Attention, amis, la sauvegarde d'une identité, comprenant bien sûr le caractère linguistique particulier valdôtain, au contraire de ce que beaucoup de monde pense, ne revient pas aux élites. Elle dépend de tous des individus, des dirigeants de l'Union Valdôtaine, des administrateurs élus dans les listes du Mouvement.
Ces concepts, tout en appartenant à une sphère assez technique, se distinguent par une simplicité de fond qui les peints d'un charme sans égal. Voilà pourquoi on les a répétés même aujourd'hui. Ils doivent constituer notre phare dans le brouillard.

CONCLUSIONS

En approchant du terme de ce rapport - qui se veut aussi un «passage des consignes» au futur Président de l'Union Valdôtaine - quelques mots sur un concept capital pour la vie et le succès du Mouvement sont obligataires.
Les valdôtains sont un peuple au caractère parmi les plus difficiles et querelleurs qu’il existe au monde, on croit pouvoir l'affirmer sans crainte de démenti. Leur force, cependant, a toujours été celle d'être à même, dans les moments de nécessité, de mettre de côté les personnalismes et les querelles de clocher, pour accepter les décisions convenables au bien-être commun.
L'Union Valdôtaine, étant composée de valdôtains, ne fait pas exception à cette équation. La lutte politique, dans le temps, a connu des tons très âpres et, parfois, vraiment difficiles, mais nos adhérents ont toujours su reconnaître d'où pouvait arriver le bien et prendre cette direction, tous ensemble. En un mot seulement, cela s'appelle unité.
Cette unité qui est rappelée dans le nom de notre force politique.
Cette unité qui a été choisie par plus de trente-trois mille valdôtains lors des dernières élections régionales.
Cette unité qui a été le secret du succès de notre force et qui constitue un patrimoine tellement précieux qu’il ne doit même pas être mis en discussion. Attention, cela ne signifie pas que tout débat interne au Mouvement doit être effacé: le débat est le fondement de la démocratie et il dort trouver son espace dans une force qui se veut moderne. Dans le futur, nous serons confrontés à de nombreuses difficultés. Nos adversaires ont bien compris notre recette de sauvegarde, constituée par ce fort sentiment de liaison et de solidarité qui est propre de la communauté unioniste. Ils chercheront sûrement à semer la zizanie parmi nous, par des arguments qui ne tiendront pas debout, mais qui seront très dangereux. On l'a déjà vu dans les grandes batailles d'infanterie si un gros groupe reste tel il sera imbattable.
S'il se fragmente en devenant un ensemble de petits groupements, les possibilités de le battre seront pratiquement certaines. Soyons prêts à reconnaître cette stratégie d'enfer, vu que l’enjeu de cette bataille est représenté par la survivance même de notre peuple. Mais surtout, ne faisons pas de façon que ce processus soit possible à cause d'un pas faux accompli par nous, par les unionistes.
Le moment ne demande pas des ruptures, mais de la cohésion. C'est sur ce souhait que la parenthèse qui s'est ouverte après les élections régionales – suite à l'incompatibilité de Charles Perrin avec les fonctions de Président de l’Union Valdôtaine - se ferme.
Les Vice-présidents de l’Union Valdôtaine désirent remercier toutes les personnes qui ont collaboré avec eux dans cette phase de transition.
Aujourd'hui, nous sommes appelés à tourner la page.
Vive l'Union Valdôtaine!
Vive la Vallée d'Aoste!

Allocution du représentant de la Jeunesse Valdôtaine

C'est en souhaitant la bienvenue à tous les congressistes, qu'au nom de la Jeunesse Valdôtaine il m'et agréable d'intervenir à se Congrès de l'Union Valdôtaine, afin de tracer un bilan et de faire une brève analyse de l'action que la Jeunesse a menée au cours de ces derniers mois et pour soumettre à l'attention de tout le monde les projets, les buts et les objectifs que nous nous proposons d'atteindre au cours des prochains mois, en déployant toutes nos énergies et toute notre détermination.
Au début de l'année la Jeunesse Valdôtaine s'était fixé comme objectif premier de son action, les élections régionales. Nous avons donc préparé assidûment notre soutien au Mouvement et, au mois de mai, nous avons essayé d'être présents parmi les nombreux jeunes qui, chaque soir et dans chaque débat, par leur présence massive, témoignaient d'un intérêt et d'un attachement profonds aux idéaux autonomistes et fédéralistes de l'U.V.

Mais juste après les élections, tout en remerciant les jeunes qui avaient contribué à la victoire historique du 31 mai dernier - nous nous plaisons à le rappeler - nous avions le devoir de démontrer à tous ces jeunes que la Jeunesse Valdôtaine était là, présente, même et surtout après les élections régionales, ouverte à tous ceux qui nous avaient prouvé leur envie de travailler, de s'engager activement dans la cause valdôtaine. Et nous avions le devoir, aussi, de rappeler cette réalité à nos administrateurs et au Mouvement: triomphe signifie aussi responsabilité, et la responsabilité est d'autant plus grande que le triomphe est éclatant. La Jeunesse a été consciente de cela.

Nous avons donc continué notre bataille et, sur la vague d'enthousiasme, avons commencé a bâtir chez ces jeunes quelque chose de solide. Nous avons essayé de concrétiser ces sentiments qui nous unissaient dans la même cause. Au cours des derniers mois nous avons donc travaillé en reprenant les contacts avec les jeunes sur le territoire, afin de faire connaître les buts, l'action et les raisons d'être de notre groupe. Notre idée est de parler directement aux jeunes en leur exposant nos idées et nos propos. C'est là une nouvelle conception du rôle de la Jeunesse Valdôtaine car pour une première approche c'est la Jeunesse, et non pas les jeunes, qui se déplacera.

Il est dans nos intentions de créer une Jeunesse active et dynamique sur tout le territoire et dans tous les domaines: l'école, le monde du travail, la vie sociale. En outre, afin d'aborder les différents intérêts des jeunes et de répondre aux différentes exigences, nous nous sommes prodigués dans le but de créer des occasions de fêtes; d'agrégation et de mobilisation, mais nous avons aussi organisé des moments de formation, de débat et de confrontation sur différents thèmes, avec une attention toute particulière pour ce qui est des rapports avec les peuples frères. Et c'est d'ailleurs dans cette optique que nous essayerons de continuer et d'élargir les contacts avec les différentes réalités juvéniles minoritaires.

Notre point de force a quand même été - et sera - les Universités d'été, que nous avons relancées avec d'excellents résultats; un projet sur lequel nous travaillerons, à présent, afin d'assurer une formation permanente - par exemple un cycle de rencontres à raison d'une par mois - qui se terminera par les Universités d'été.
Pour ce qui est, notamment, du monde de l'école, nous tenons à souligner fermement que nous continuerons avec force et détermination, et par tous les moyens, notre bataille en défense de la langue française; que nous répondrons à chaque instant aux attaques de ceux qui refusent avec suffisance, voire ignorance, notre culture, notre particularisme, notre identité, et prétendent effacer en l'espace de quelques mois, dix siècles de notre histoire, en pensant que nous allons rester les bras croisés. Pour ce faire, nous nous efforcerons d'être vigilants, mais il est extrêmement important - c'est là l'appel lancé par la Jeunesse - que tous les unionistes d'abord, et ensuite tous les Valdôtains qui ont conscience d'appartenir à une réalité linguistique différente par rapport au reste de l'Italie, défendent nos langues et surtout apprennent à leurs enfants à les aimer. Car nos langues représentent notre force, notre identité, ainsi que le fondement de notre autonomie. Et c'est avec une grande satisfaction que nous avons accueilli les jeunes qui ont répondu à notre appel. Aujourd'hui, on peut tranquillement affirmer que la Jeunesse Valdôtaine est en parfaite santé. Nous avons assisté à une éclatante participation de jeunes, qui se sont engagés et partagent la cause de la Jeunesse Valdôtaine. Et c'est grâce à ce groupe que nous avons pu travailler et que nous travaillerons encore au cours des mois à venir Nous vous avons présenté notre revue «Jeunesse Aujourd'hui » qui est un peu le symbole de la nouvelle Jeunesse et représente en quelque sorte l'âme de ce nouveau groupe dynamique de jeunes.

Mais l'important, maintenant, est de poursuivre notre action et, même si le chemin que nous avons entrepris nous paraît être le bon, il est à présent capital de ne pas en rester là. Quant à nos rapports avec le Mouvement, permettez moi une considération finale: il y a vingt ans déjà, à un moment particulièrement difficile pour l'Union Valdôtaine, la J.V. avait œuvré activement pour l'unité des forces autonomistes et fédéralistes - pour la réunification - c'est dans le même esprit que nous travaillerons aujourd'hui pour ce Mouvement dont le résultat historique, obtenu aux prix de durs sacrifices, ne saurait être terni par des batailles personnelles indéniablement stériles.

M. ROLLANDIN Auguste, élu Président de l'UV

Relever le défi que les électeurs ont lancé à l’U.V.
Pourquoi ne pas essayer?

Il serait beau de retrouver le goût d'être optimiste, de pouvoir exprimer notre opinion, de construire ensemble le chemin à parcourir pour atteindre un but partagé par tous: rendre notre Vallée grande et moderne, avec la contribution de l'Union Valdôtaine.
Aujourd'hui nous sommes tous très occupés. Il est difficile de réunir des personnes seulement pour discuter de politique, de créer des occasions de débat intéressantes, où tout le monde se sente concerné, de réfléchir avec intérêt, sans animosité et sans l'envie de la polémique pour la polémique.
Un Mouvement comme l'Union Valdôtaine, qui a eu un large consensus, doit avec un grand sens de responsabilité, adapter ses organes de direction, ses instruments de travail, pour être à même de relever le défi que les électeurs lui ont lancé. C'est peut-être banal de le dire, mais il est juste de rappeler qu'il est difficile de lutter, et encore plus difficile de gagner, quand on est tout seul; tandis qu'en mettant de côté un peu d'orgueil, un peu de présomption, et en travaillant ensemble, on peut obtenir des résultats positifs pour tous.
Nous devons écouter avec patience, méthode et humilité, les conseils des gens expérimentés, les indications, les idées de tous, sans aucun préjugé idéologique. Cherchons à considérer avec attention les signaux d'inquiétude, de préoccupation, de malaise de la part de ceux qui sont souvent oubliés ou peu considérés, car ils sont moins rapides à se ranger du côté du vainqueur du moment, ou moins opportunistes en donnant toujours raison à ceux qui ont le pouvoir. Il est important d'invertir la tendance, par trop répandue, de se ranger dans les assemblées en fonction de la personne qui parle, plutôt que sur la base des arguments qu'on soutient. Que de «divisions» fictives, liées à de petits différends personnels, limitent ou avilissent les débats! Ne mythifions pas les réunions, il est juste de les faire quand cela est nécessaire.
Il est juste de discuter, l'important est cependant d'arriver à des conclusions, pour ne pas sortir de la salle en se demandant: mais pourquoi on s'est réuni? Il est important aussi de retrouver le goût d'exprimer notre opinion non seulement sur des thèmes «régionaux», mais aussi sur des sujets d'intérêt plus général, de nous confronter avec les autres réalités, les autres communautés• ethnolinguistiques, dans un cadre européen et mondial en évolution continuelle.

LES PROCHAINS ENGAGEMENTS

Parmi de nombreux autres, nos engagements les plus urgents sont deux:

  • Réorganiser les sections;
  • Préparer le Congrès.
  • La base du succès de l' Union Valdôtaine, c'est bien connu, réside dans son enracinement sur le territoire: être et se sentir partie authentique et intégrante de la société valdôtaine a toujours été une caractéristique essentielle de notre Mouvement et doit le devenir de façon encore plus incisive. La réunion, qui s'est déjà tenue, avec les présidents des sections, et les futures rencontres avec les inscrits serviront à cerner ensemble les méthodes de travail pour rendre encore plus dynamique la vie des sections.
  • Le Congrès thématique, prévu pour le printemps prochain, servira à définir les lignes politiques du Mouvement. Le rôle des sections sera le premier banc d'essai pour vérifier la capacité d'implication des inscrits et des sympathisants sur des thèmes qui devront faire l'objet de discussion et qui seront choisis d'après les indications de la base, pour devenir par la suite des lignes partagées par tout le monde. Ce n'est qu'en ayant la clarté des idées et des objectifs que nous serons crédibles et que nous pourrons dialoguer avec les autres forces politiques, alliées et non au Gouvernement régional, se confronter de façon sérieuse et constructive avec tout le monde.


LES DEFIS PROCHAINS

Il est possible d'en déterminer au moins trois:

  1. Dialogue avec les jeunes;
  2. Construction de l'Europe;
  3. Elections communales de l'an 2000.
1. C'est le défi le plus engageant et le plus urgent: des malentendus, des carences d'information ont créé des incompréhensions, une perte de confiance, un certain désarroi chez les jeunes et des perplexités chez les parents, au moment du débat sur le nouvel examen de maturité, avec de nouvelles règles pour 1'épreuve de français. On a déjà beaucoup dit: mais il vaut peut-être la peine de répéter qu'il est nécessaire de faire un effort pour récupérer un dialogue avec les jeunes générations, pour rappeler que la langue française, nous voulons la faire aimer et non pas l'imposer. Le monde juvénile est complexe. Il ne se borne pas à l'école ou à l' université. Il vaut la peine de s'engager pour repenser le rôle, les issues dans le monde du travail, l'engagement dans la société, les amusements, etc. L'engagement de la Jeunesse Valdôtaine a été important et difficile et doit continuer avec la même vigueur. Nous devons soutenir et encourager la participation des jeunes. Une mention particulière méritent les institutions privées (par exemple l'Institut «Don Bosco »), qui travaillent avec beaucoup de dédition dans le domaine culturel, social, de la formation et de l'éducation; qui aident tant de jeunes en difficulté à dépasser les moments difficiles et à s'insérer avec dignité dans la réalité quotidienne.

2. L'Europe, dit-on, n'est pas seulement celle des grandes banques, des grands Etats. A quel titre, avec quel rôle, une petite réalité territoriale et humaine, porteuse d'une grande richesse culturelle, peut s'insérer dans la politique de l'«après-Maastricht»? C'est à ces questions que nous devrons répondre par notre Congrès thématique.

3. L'an deux mille, au delà des kermesses pour la naissance du troisième millénaire et des célébrations pour le Jubilé, aux profondes significations religieuses, s'ouvrira par les élections dans la plupart des Communes de la Vallée. Nous devons arriver à cet important événement tout prêts, déterminer les objectifs à atteindre, évaluer le travail et les résultats des administrateurs sortants, choisir les éventuels nouveaux candidats à insérer dans les listes. C'est un engagement important que les sections doivent affronter en faisant appel à tous les inscrits et les sympathisants, pour élaborer des programmes concrets et correspondant aux exigences de chaque communauté.

Le travail ne manque pas. Les énergies existent. Il est nécessaire de les optimiser et de les finaliser dans l'intérêt supérieur de l'unité du Mouvement.
Un remerciement sincère à ceux qui m'ont précédé, en particulier à Charles Perrin, qui a su gérer l'Union Valdôtaine dans un moment difficile avec une admirable constance et qui l'a conduit aux résultats prestigieux qui sont sous les yeux de tout le monde. Un remerciement aussi à tous les membres du Comité fédéral pour leur disponibilité à mettre à la disposition du Mouvement leurs capacités personnelles en sacrifiant leur temps précieux pour construire ensemble un Mouvement de plus en plus fort et uni, dans un esprit de service.
Trop de viande au feu? Aujourd'hui, quant on paie la viande au producteur la moitié du prix du pain, on peut se permettre de risquer quelque chose. Je sais de devoir beaucoup à la confiance qui m'a été accordée. Je ne peux que garantir le maximum d'engagement et je me confie à la collaboration de beaucoup et à la compréhension de tous, en souhaitant me tromper le moins possible et en m'excusant dès à présent pour mes inévitables défaillances.

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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