Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 23 mar 2017 - 16:53

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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2006 - Congrès Extraordinaire

L'affiche

Motions

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
SUITE au riche et fructueux débat qui s'est développé pendant les premiers deux jours de séance ; 
CONVAINCU, en vue d'assurer un concret épanouissement du Mouvement à l'avenir, de l'importance de traduire dans des orientations politiques partagées les principales suggestions ressorties au cours de la discussion; 
DELIBERE QUE tout en sauvegardant la stabilité politique, le Gouvernement valdôtain et la majorité qui l'exprime doivent poursuivre avec efficacité leur action, en considérant par ailleurs opportun d'ouvrir un dialogue avec les Ds-Gauche Valdôtaine; 
INVITE les organes de l'Union Valdôtaine à entreprendre une action vis-à-vis des anciens adhérents, dans un esprit de réconciliation, pour l'unité du Mouvement et pour le bien de la communauté valdôtaine; 
REAFFIRME la nécessité que le Conseil de la Vallée se penche sur une réforme du Statut d'Autonomie et sur la révision des lois électorales régionale et des collectivités locales et insiste pour une réforme de la loi pour l'élection du Parlement européen qui permette l'expression d'un Parlementaire européen valdôtain. 


Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
COMPTE TENU de la nécessité que notre Mouvement donne des signaux forts de changements dans la gestion politique de notre région Afin également que la participation à la vie publique ne se présente pas comme une opportunité de gain, mais puisse primer un vrai engagement social.
ON ENGAGE LE MOUVEMENT à entamer une sérieuse réflexion visant à définir des moyens pour réduire significativement les indemnités aux conseillers régionaux: - par une initiative législative au Conseil
ON ENGAGE ÉGALEMENT LE MOUVEMENT à revoir le système des indemnités des administrateurs locaux afin qu'il y ait un règlement séparé prévoyant des critères pour garantir une harmonisation des indemnités entre les différentes réalités locales.

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine  
EN VUE d'une série de référendums communaux dans les vallées piémontaises du Parc du Grand-Paradis pour entrer à faire partie de la Vallée d'Aoste;
COMPRENANT le sens politique de ces initiatives, ayant pour but la recherche d'une plus grande attention vis-à vis de ces zones de montagne, liées par un ancien rapport de voisinage avec notre Vallée;
ESTIMANT toutefois que les confins naturels et historiques de la Vallée d'Aoste ne soient pas négociables, plongeant ses racines dans l'histoire et l'identité de notre peuple;
ENGAGE les élus au Conseil de la Vallée à exprimer leur contrariété à ces initiatives des Communes canavesanes dans tous les sièges institutionnels et politiques.

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
EN RAISON de l'importance des fonctions du Président de l'Union Valdôtaine, pivot du Mouvement et premier représentant de celui-ci vis-àvis de l'opinion publique et des autres forces politiques;
COMPTE TENU de l'engagement requis par cette charge, qui présente toutes les caractéristiques d'une position à plein temps, et des responsabilités qui en découlent;
ENGAGE Le Comité fédéral à reconnaître au Président du Mouvement une indemnité annuelle de fonction, dont le montant sera établi et approuvé par le Comité fédéral, en mesure toutefois non inférieure à celle reconnue aux Conseillers régionaux;
Ladite indemnité ne sera pas reconnue au Président, au cas où il remplisse les fonctions de Conseiller régional. Présentée par la section de Challand-Saint-Victor

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
SUITE aux décisions annoncées par le groupe américain de la «Quick Silver» de fermer l'établissement de Verrayes de la «Rossignol» à partir du mois d'octobre;
EXPRIME toute sa solidarité aux travailleurs de la «Rossignol» actuellement engagés dans une lutte pour la défense de leur travail;
INVITE les élus, à tous les niveaux, à s'engager pour trouver des solutions concrètes dans une confrontation avec les organisations syndicales.

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
EN RAISON de l'importance d'assurer une performance efficace à l'Administration régionale, afin de concrétiser les buts établis en vue de l'épanouissement de la communauté valdôtaine;
CONVAINCU, aux fins de la concrétisation de ce résultat, de l'utilité du mécanisme de la limitation des mandats pour les charges apicales de l'Administration régionale;
ENGAGE le groupe des élus de l'Union Valdôtaine au sein du Conseil de la Vallée à promouvoir une initiative législative ou réglementaire visant à introduire une limitation de deux mandats consécutifs et complets pour les charges de Président et d'Assesseur du Gouvernement régional, ainsi que de Président du Conseil régional.

Présentée par les sections d'Allein, Etroubles, Saint-Oyen, Saint-Rhémy-en-Bosses, Aoste

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
EN VUE du référendum confirmatif de la loi de réforme de la lIème partie de la Constitution des 25 et 26 juin
EXPRIME un jugement négatif quant à une réforme non partagée, décidée à coups de majorité et très décevante, qui n'a rien de fédéraliste, se bornant à une simple décentralisation de pouvoirs, et qui de surcroît ajoutera encore de la confusion à la confusion actuellement existante entre les compétences de l'Etat et des Régions;
CONSIDÈRE, en particulier, négative l'introduction de principes nuisibles à l'autonomie valdôtaine, comme celui de l' « intérêt national», ainsi que la possibilité, pour le gouvernement, de faire recours contre les lois régionales non plus à la Cour Constitutionnelle, mais au Parlement, possibilité qui, de toute évidence, affaiblit considérablement la position des Régions;
Pour ces raisons
EN RAPPELANT les nombreuses prises de positions des élus de l'Union Valdôtaine au sein du Conseil Régional ainsi que du sénateur Auguste Rollandin à l'occasion de la votation de la réforme au sein du Parlement.
INVITE les Valdôtains à repousser la réforme en votant ;
NON au Référendum confirmatif de la loi de réforme de la Vème partie de la Constitution;
RAPPELLE la nécessité d'aller voter, car le référendum confirmatif ne prévoit pas la nécessité d'atteindre le quorum de 50% des votants et le risque est donc qu'un choix fondamental comme celui sur les réformes soit pris par une minorité exiguë;
ENGAGE les élus de l'Union Valdôtaine à solliciter la reprise d'une confrontation sur les réformes constitutionnelles de concert avec toutes les forces politiques et les autonomies régionales et locales, dans le but
de réaliser un Etat authentiquement fédéral, fondé sur le droit à l'autodétermination des Peuples.

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
En considération de la grave crise qui a investi l'Union Valdôtaine dans ces derniers temps
Les sections de Pont-Saint-Martin, Donnas, Hône/Bard, Arnad, Verrès, Issogne, Montjovet, Champdepraz, Challand-Saint-Victor, Challand-Saint-Anselme, Brusson, Ayas, Pontboset, Champorcher, Perloz, Lillianes, Gaby, Issime, Gressoney-Saint-Jean, Gressoney-La-Trinité
ONT EXAMINÉ en profondeur la dramatique situation du Mouvement, la dernière débâcle électorale, les luttes internes, les divisions du groupe au sein du Conseil régional, l'abandon du Mouvement de la part de nombreux inscrits, la perte de crédibilité au sein de la communauté valdôtaine, les profondes amertumes de nos inscrits.
Ces mêmes sections proposent des mesures adéquates absolument nécessaires pour faire face à la situation
CRÉER des rapports constants avec les sections qui disposeront d'une autonomie de gestion pour travailler et reconquérir la confiance perdue.
BANNIR tous les personnalismes dangereux pour la survie du Mouvement
SE METTRE à l'écoute des inscrits et s'en faire porte-parole fiables auprès des organes supérieurs du Mouvement qui devra garantir et représenter toutes les sensibilités au sein du Mouvement
CHOISIR des prud'hommes vigilants au-dessus de tout soupçon qui se retrouvent périodiquement pour juger avec sagesse et autorité la conduite des inscrits à tous les niveaux
REPRENDRE la louable et historique activité des Rendez-vous en tant que moment de socialisation, débat, rencontre, information et formation des inscrits, au moins une fois l'an, à travers la Vallée
RÉSOUDRE la situation économique précaire en faisant verser à tous les élus dans les administrations publiques et dans les postes des sociétés à participation régionale un pourcentage de leurs appointements établi par le Mouvement
POURVOIR à organiser des cours de formation politique et de culture générale unioniste pour les élus du Mouvement et pour tous les inscrits qui le souhaitent et pour veiller à ce que tout cela devienne réalité et que l'Union Valdôtaine retrouve le chemin que ses pères fondateurs lui ont tracé.Signée par
les présidents des sections susmentionnées.

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine
EN VERTU du principe de subsidiarité et du fédéralisme global auquel se rattache notre Mouvement;
EN CONSIDÉRANT la nécessité de donner de nouveaux instruments au Mouvement pour améliorer son organisation et les rapports avec les sections;
VU la nécessité que les sections soient supportées dans leur activité, dans le respect de l'autonomie décisionnelle de celles-ci;
APPROUVE
1. la constitution d'une Commission Organisation ayant pour but d'identifier les besoins, préparer et mettre en œuvre ou formuler des recommandations sur - les outils et les procédures d'organisation dumouvement, les outils nécessaires aux campagnes d'auto-financement, de renouvellement et d'adhésion, la formation des adhérents, les communications, les technologies de l'information et de la communication, le recrutement et l'accueil des membres.
2. Ladite Commission est formée du Président de l'UV, ou son délégué, d'un représentant de la Conférence des administrateurs, d'un représentant de la Conférence des présidents de sections, d'un membre du Comité fédéral et d'un membre du groupe de l'Union Valdôtaine au sein du Conseil régional.
ENGAGE
Le Comité Fédéral à nommer trois responsables en son sein avec la tâche de s'occuper des rapports permanents et efficaces avec les sections de la Haute, Moyenne et Basse Vallée, avec l'obligation d'organiser périodiquement des rendez-vous avec les Présidents de section, dans les moments importants et quand-même pas moins de quatre fois par année, pour réaliser un lien plus serré entre la base territoriale et le Comité fédéral, afin de permettre une participation plus directe et partagée à la discussion et à la résolution de nos problèmes.

Motion proposée par les Sections de: Quart, Donnas, Arnad, Champorcher, Gressoney, Pontboset, Hône et Bard, Issime

Saint-Vincent les 16, 17 et 18 juin 2006

Manuela Zublena, Président sortant

MM. et M.mes les Congressistes, Bonjours à tous.
Nous ressentons tous un climat particulier aujourd'hui.
Ce moment s'avère l'un parmi les plus délicats dans l'histoire de notre Mouvement. Nous pouvons sortir d'ici réduits, séparés pour l'incapacité de trouver une voie commune et partagée; mais nous pouvons également marquer un moment de reprise forte de notre Mouvement. Marquer un tournant important dans le parcours de nos 60 ans et nous remettre en marche avec de nouvelles énergies, de nouveaux projets.
Parfois il arrive qu'il faut des débâcles, des défaites, pour nous réveiller d'une allure non plus adéquate et à la hauteur des requêtes. Le rôle historique de l'UV et l'héritage que nous avons reçu nous donnent la responsabilité de savoir porter de l'avant les messages et les valeurs qui sont à la base de l'action politique et qui en ont été la force. Notre Mouvement joue un rôle important, bien sûr sur le plan politique régional, mais également à niveau plus ample, italien et européen, comme force de repère dans le système des autonomies et pour la défense et la mise en valeur des spécificités des minorités linguistiques.
Aujourd'hui il nous revient la responsabilité de savoir redessiner un futur fort, en relançant les idées, en réactualisant la pensée, en sachant laisser derrière nous une série de tensions, de méthodes, de prépotences, d'incompréhensions qui ont augmenté la conflictualité interne en affaiblissant fortement notre Mouvement.
Une analyse des résultats de la récente consultation électorale s'impose pour en tirer ces conséquences utiles à rebâtir un chemin en cherchant d'être le plus possible objectifs. Chacun voit une signification différente, chacun selon sa propre expérience personnelle en souligne un aspect plutôt qu'un autre. Mais surtout il semble pour quelqu'un nécessaire de vouloir trouver une cause bien définie, un bouc émissaire.
Il Y a aujourd'hui de grands accusateurs actifs s'amusant même à diffuser une vision catastrophique de la situation régionale, comme administration et Mouvement en accentuant ou élargissant les ombres qui évidemment existent. Dans ceci les autres partis, et tout particulièrement les adversaires historiques, ne perdent pas l'occasion pour alimenter une action de déconsidération vis-à-vis de l'UV.
Ils font leur jeu, et nous leur offrons de riches occasions, de l'oxygène vital pour leurs buts. Lors des rencontres avec les sections on a recueilli une pluralité de visions et opinions sur la situation actuelle. A ce propos je veux profiter de ce moment pour remercier toutes les sections et tous les inscrits pour l'important travail de réflexion et pour le riche débat qui a caractérisé cette phase préparatoire de ce Congrès.
Ce qui à vrai dire me paraît se dessiner est un cercle vicieux, où les faits se poursuivent: les causes et les effets se confondent dans une alternance sans fin. Mais ce qui paraît assez évident et qui selon des nuances différentes ressort nettement des inscrits c'est que l'analyse porte aux oppositions internes comme la cause principale des différents faits. Une opposition interne entre personnes et groupes de personnes qui ont conduit à l'exaspération des rapports interpersonnels, qui ont également porté à des centres décisionnels colloquée en dehors des organes préposés du Mouvement.
Ma Présidence s'est entièrement déroulée dans ce moment de forts contrastes ainsi que dans une période qui a vu trois élections (européennes, communales, politiques) en 2 années et demi. Bien consciente de la présence d'âmes différentes, évidente dans les faits qui ont conduit à mon élection, mon objectif, a été, dès le début, celui d'affronter et de dépasser l'opposition en favorisant le plus possible la participation de la base, confiant dans le partage des principes et des idées-forces.
Un effort pour concerner tous les inscrits à travers les moments de valeur politique, mais qui n'a pas négligé les aspects plus strictement logistiques et infrastructurels. La plus grande disponibilité possible pour rencontrer les sections, un effort pour rendre «Le Peuple» ouvert aux contributions critiques, qui ont trouvé régulièrement place sur ses pages, un site web plus moderne et mis à jour avec une certaine régularité. Un siège plus accueillant. Un effort d'alimenter le débat au sein des Commissions de l'UV non seulement en vue des Congrès. Des contributions régulières chaque année au soutient des activités de la Jeunesse et de l'Entraide des Femmes. Les initiatives pour le 60ème anniversaire de l'UV comme moment de célébration mais surtout comme opportunité de rencontre.
Certes je ne peux pas dire avoir réalisé tous les objectifs que je m'étais proposés. Ça c'est bien clair. Et je ne pense pas me soustraire aux responsabilités ou faiblesses qui me reviennent.
Mais attention que ces mêmes problèmes et ces mêmes difficultés qui ont rendu difficile mon parcours sont face à tout le monde et aucun de nous ne doit tomber dans l'illusion de tenir une position de laquelle juger du haut ou de l'extérieur, comme s'il n'était pas lui-même concerné. La complexité de la situation doit être analysée à différents niveaux dont il n'est pas simple de définir une précise priorité de gravité.
Crise à niveau de principes, continuellement affirmés à paroles mais faiblement présents dans les perspectives d'action. Crise à niveau de rôles et de fonctions au sein du Mouvement. Crise produite par le prévaloir des personnalismes ou d'intérêts individuels au détriment d'un effectif débat politique. Toutes ces difficultés ont émergé dans tous les passages clés des deux ans et demi de ma présidence.
Crise à niveau de principes. Les principes dont personne met en doute la validité n'agissent plus comme centres d'énergie dans les actions et les choix politiques. A un mois de l'installation du comité et donc de la pleine activation de mes fonctions de Présidente, le premier rendez-vous politique important a été représenté par les élections européennes. Certes nous avons perdu du temps pour attendre les modifications de la loi électorale italienne pour la reconnaissance du collège uninominal pour notre région, amendement qui n'a pas été accepté. Même le peu de temps disponible n'a pas permis une consultation élargie et approfondie. Tout de même moi, peut-être naïvement j'ai pensé que pour toutes les âmes de l'UV l'objectif des élections européenne était avant tout d'y croire, croire dans le rôle d'un représentant valdôtain au Parlement Européen pour y porter ces instances politiquement fortes comme la reconnaissance des minorités linguistiques dans la perspective de bâtir une Europe des Peuples. Par contre, et avec éblouissement tout au début, je me suis vite aperçue que pour quelqu'un parmi nous ces élections avaient une signification strictement instrumentale. Et quelle signification a l'occasion de créer un insuccès pour délégitimer la présidente, tandis que de ma part était évidente l'importance du choix politique de fond, cohérent avec le cadre des alliances du Gouvernement régional.
Or, je me demande, mais c'est là la façon d'aborder un rendez- vous qui devrait être au centre de notre intérêt politique, comme le sont les élections européennes? Combien de malaise, celui-ci réel, aux comices parlant aux électeurs avec conviction de notre projet d'Europe en sachant que beaucoup d'unionistes agissaient contre, donnant un autre but à ces élections, celui de me délégitimer. Voilà la crise des principes! Cette utilisation instrumentale de la politique est un véritable signal de faiblesse, est un véritable signal de perte de vitesse et plus encore de mort des idéaux qui devraient trouver dans la dimension européenne l'un des contextes privilégiés d'épanouissement et de réalisation. On me reproche systématiquement la méthode suivie pour le choix de notre candidat. Je pense que le véritable problème dans cette situation n'a pas été la méthode, quant la précise volonté de conduire à un insuccès de l'initiative, qui puisse m'être attribuée comme signe d'incapacité. A vrai dire et malgré tout le résultat obtenu n'a pas été aussi mauvais: il a été le deuxième dans l'histoire du Mouvement.
Certes il aurait dû et pu être bien supérieur l'affaiblissement de la force d'agrégation représentée par les grands thèmes a laissé d'espace aux personnalismes et aux intérêts de groupes. Celui-ci est un élément qui ressort constamment en parcourant les différents événements de ces années. D'ailleurs les sections elles-mêmes avec beaucoup de réalisme, comment dire, «andiamo al nocciolo», ont mis en évidence le rôle extrêmement négatif induit par l'exaspération des oppositions internes. Il ne s'agit pas bien entendu de la confrontation interne entre des courants d'idées, non, il s'agit de véritables factions. Des exemples évidents de personnalisme de la politique ont été fournis par l'expérience des élections communales.
Inutile de souligner que partout on a induit des tensions cherchant à accentuer ou créer des groupes, des factions, et intervenir sur des questions communales de l'extérieur. Chacun a son histoire et l'a vécu d'une façon plus ou moins négative. Pour ce qui me concerne, dans ma commune où quand même on a porté l'UV à administrer après 60 ans de «monocolore» rouge, j'avoue que j'ai trouvé très laides les efforts et les énergies investis par quelqu'un qui est bien assis parmi nous pour boycotter la liste de l'UV. Mais est-il ainsi que l'on bâtit la maison commune? Peut-être faut-il un exégète, un expert lexical pour nous expliquer la réelle signification du terme. Malgré tout lors de ces élections on a eu des succès très importants, bien sûr avec quelques exceptions que nous connaissons dans les 2/3 des communes. Et surtout à Aoste nous avons atteint un résultat exceptionnel, malgré tout. Malgré ceux qui, assis ici à ce congrès et prêchant comme le Mouvement est devenu faible, contribuaient fortement à cette faiblesse, en invitant à voter l'autre liste.
Encore une fois. On aime dire de Ge temps, on l'a entendu largement dans les rencontres avec les sections: l'Union Valdôtaine est en perte de vitesse, mais ceux qui le disent ont été les freins les plus actifs, ou pire ont travaillé activement pour la faire sortir des rails.
A ce point il faut parler du cas Louvin. En réalité pour les élections à Aoste un parcours politique de partage a été expérimenté. Les sections d'Aoste ont été concernées; avec les Présidents des sections on a défini le parcours (tous les Présidents bien d'accord) pour qu'elles indiquent le candidat et en travaillant sur un projet politique de continuité avec la précédente administration. Quelqu'un dira et a dit trop peu, avec trop de hâte; le parcours aura sans doute été hâtif mais quand même c'est la première fois qu'il a été parcouru l'indication des sections d'Aoste a été claire: 3 sections pour Grimod, une abstenue, rien pour Louvin. Une certaine dose de personnalisme semble difficile à exclure dans une situation où, après avoir fondé un mouvement en opposition à l'UV, il prétendait sur la base d'ergoteries formelles d’obtenir son inscription dans une autre section de l'UV. Le résultat électoral très positif à Aoste a confirmé la validité du choix qui posait ses bases dans une expérience de 5 ans de sérieuse et honnête confrontation avec les problèmes des citoyens.
Le problème des personnalismes ne finit pas ici. Comme les inscrits soulignent dans presque toutes les rencontres, des positions de pouvoir et de prestige personnelles se sont affirmées à l'intérieur du Mouvement comme pôles de contrôle et de contraste et tendent à se superposer et à se substituer aux rôles et aux organes institutionnels du Mouvement. Et nous venons ici à la crise à niveau de rôle et de fonctions. On l'a mentionné d'un coté et de l'autre, selon les situations. Moi je souligne la confusion entre les décisions d'un organe qui reviendraient à l'autre, et les épisodes où les décisions ont dépassé carrément les organes eux-mêmes.
C'est bien, une crise de rôles et de fonctions qu'il y a à la base de la régie des francs tireurs qui en juillet 2004 au Conseil de la Vallée on rendu bon service au Gouvernement Perrin, sans aucune discussion spécifique à ce sujet au sein du groupe des conseillers. Faisant «sponda» avec un groupe de la minorité au Conseil, voilà demandé le bulletin secret pour bouler un acte, entre autre technique, de modeste valeur politique mais voulant frapper le Gouvernement. Grave, un fait véritablement grave que les unionistes ont fortement critiqué parce que incompréhensible.
Ceux-ci bien sûr sont des signaux de faiblesse qui minent la crédibilité du rôle politique du Gouvernement. Après de longs, difficiles mois passés à chercher à l'intérieur de notre groupe une unité, à dire que avec 18 conseillers on ne pouvait pas recourir à l'élargissement de la majorité pour donner plus de stabilité au Gouvernement, que l'on devait compter sur nos forces internes. Et voilà des documents pour confirmer la confiance à Carlo Perrin, je vous le rappelle c'était le mois de septembre 2004: tous les 18 conseillers ont signé un document de confiance au Président avec le renouvellement de assomption de responsabilité. Mais le peu de volonté de stabilité a éclaté l'année suivante, 2005, après le succès des élections communales, quand suite à une vérification de la situation politique régionale on s'est rendu compte que C. Perrin pouvait compter seulement sur une partie des 18 conseillers.
Quelles ont été les considérations politiques pour le changement d'évaluation? En réalité il faut admettre que la signification politique a été sous-estimée. On a donné aux Valdôtains l'idée d'une opération sur le Gouvernement régional visant à redéfinir les équilibres internes au Mouvement. De là la décision qui s'est révélée parmi les principales responsables de la situation actuelle et du phénomène des dissidents et qui représente sans doute un moment critique et délicat dans l'histoire de notre Mouvement. Dans ces faits il y a une délégitimation évidente du rôle des organes du Mouvement, parce que certaines décisions se sont passées dans la substance au dehors des parcours décisionnels du Mouvement lui-même.
Il faut ici parler aussi du rôle des composants des organes du Mouvement. Très sincèrement je pensais, peut-être naïvement, que tous les membres du Comité devaient participer à la vie du Mouvement non seulement pour critiquer et bouler toute initiative, de véritables chantages, mais par des propositions constructives, par des suggestions, par un aide réel: le tout pour bien faire tous ensemble pour la force du Mouvement.
Je pensais que, surtout de la part de ces membres qui ont plus d'expérience que moi et un passé d'administrateurs aux plus haut niveaux, auraient contribué constructivement à bâtir la maison, non à la détruire, coup après coup.
Le principe de respect des rôles et des fonctions passe aussi par une acceptation du rôle d'une partie qui résulte minoritaire lors d'une décision votée par un organe du Mouvement. Ce qui s'est passé c'est tout le contraire: ne pas accepter de ne plus être au centre de la gestion du pouvoir et donc se sentir légitimés à utiliser tout moyen, avant tout la presse, pour critiquer avec aigreur, systématiquement, en alimentant à l'extérieur des messages de tensions et faiblesse du Mouvement. Et je ne veux pas faire la victime, ce serait ridicule, inutile, mais je veux dire qu'à la fin de toute cette histoire la véritable victime a été le Mouvement et sa force et sa centralité.
Revenons à la demande que nous nous sommes posée au début: la cause de la faiblesse de notre Mouvement? Je crois que les raisons de cette perte de vitesse revient à tous trois ces éléments qui se tiennent et se renforcent l'un avec l'autre: crise à niveau de principes, crise à niveau de rôles et de fonctions, prévaloir des personnalismes ou d'intérêts individuels. Les principes bien que affirmés et proclamés, dans les faits n'arrivent pas à être au centre des choix et ils demandent d'être réinterprétés.
De là une perte de centralité du Mouvement comme lieu de élaboration de perspectives politiques et la dérive vers l'apparition de intérêts individuels ou de groupes, ceux-ci oui, à même d'agir comme réelle idée-force, mais à leur tour désagrégeant la cohésion interne et déformant le sens même d'appartenance à un mouvement politique.
On adhère au Mouvement pour renforcer un projet de société ou pour obtenir un pass, une clé d'accès vers un lieu de premier plan dans la société? Combien de fois en parlant avec les sections le discours revient sur les adhésions, comment dire, «suspectes» au Mouvement. Et tout nous reconduit au cercle vicieux. Ainsi nous arrivons aux élections politiques. Il y a à considérer des faits bien définis et strictement liés l'un à l'autre: - les dissidents - les alliances.
Les dissidents. Une partie des arguments qui ont été portés par le groupe de Carlo Perrin, peuvent être partageables. Tout effort a été fait, avant tout par moi-même, pour reconduire le débat et la confrontation d'idée et la critique même dure au sein du Mouvement dans un débat qui puisse être novateur du Mouvement. L’exemple plus clair de cette disponibilité et ouverture et de la considération du débat comme moment d'enrichissement a été le congrès d'octobre, où on a assisté à une explicitation claire des positions, où donc tout l'espace pour débattre a été rempli.
L’espace sur le plan dialectique évident au congrès portait avec lui naturellement un correspondant espace d'initiative politique.
Pourquoi cette initiative politique n'a pas été portée de l'avant à l'intérieur du Mouvement? Pourquoi les personnes les plus en vue des dissidents n'ont pas accepté des rôles significatifs proposés tel que la participation à la commission des sages? Et encore ce congrès que nous célébrons a été décidé en suivant les requêtes découlant du congrès d'octobre et soutenues et renforcées par M. Perrin. Là c'est une des questions que ce congrès doit aborder. Strictement lié à la question des dissidents a été la définition des alliances. La position des DS a trouvé dans le groupe Perrin un interlocuteur plus favorable pour un cartel des forces de centre-gauche, dans un contexte italien où la polarisation a été poussée au maximum. C'est pourquoi les DS, suite à un débat à leur intérieur très fort, ont refusé notre proposition en abandonnant la table de concertation, sous prétexte que l'UV n'avait pas accepté un candidat inscrit à DS. Sauf après choisir un candidat indépendant. On a contesté le parcours qui a porté au choix de notre candidat et aux négociations pour les alliances. Des fautes sans doute ont été faites.
Mais je veux souligner quelques points: 1. la candidature pour le Sénat: on a suivi un parcours de consultation où les sections ont été invités à proposer des candidatures (3 réunions de la conférence des Présidents de sections). C'est la première fois où l'on a suivi un tel parcours de formation des choix. Ces consultations ont toutes donné un résultat univoque quant au candidat. Tous les passages de ce parcours lié aux élections politiques jusqu'au changement de majorité au Conseil Régional ont été approuvés par le Comité Fédéral à l'unanimité. Le changement de la majorité a été décidé suite aux définitions des alliances pour les élections politiques, en tenant compte du choix politique des DS clairement contre l'UV.
Comment peut-on gouverner en concertation avec un allié qui vient de te frapper durement et volontairement suite à un choix nettement alternatif au nôtre? C'est évident que l'indication du Congrès d'octobre à ce sujet s'est trouvée face à un scénario complètement différent. Alors les raisons de la défaite des élections politiques reviennent de loin, et les criticités dont j'ai parlé et qui ont agi à travers les événements que j'ai illustrés restent devant nous. Ce sont elles qui demandent une action efficace que nous sommes appelées à entreprendre.
A ces défis il faut répondre non tout simplement par un rappel aux idéaux, approche inutile et rhétorique, mais par des faits concrets, qui touchent les Statuts, l'organisation et le comportement des personnes dans le cadre d'un projet politique renouvelé et qui réinterprète les principes intouchables.
Quels les points: '1. révision du Statuts visant à reconduire le Mouvement au centre du processus politique en renforçant le rôle des inscrits avant tout, qui à travers les sections et directement par le mécanisme des mandats vont s'exprimer à travers le conseil fédérai et le congrès. Rapprocher les représentants de l'Administration régionale aux organes du Mouvement tout en laissant les différents rôles et niveaux bien distingués;
2. Quant à la limitation à trois mandats consécutifs pour les élus au Conseil de la Vallée, il faut admettre que la règle, bien qu'acceptée formellement, ne l'a pas été dans les faits. Tout de même il faut affirmer le principe que la participation active à l'administration publique doit être avant tout ressentie comme service pour la communauté et non comme un privilège pour la vie; la limitation ayant pour but aussi d'assurer un renouvellement de personnes dans le conseil;
3. proposition de modification à la loi électorale régionale, visant à:
a. éviter une prétendue mauvaise gestion des trois préférences (les cordées des candidats);
b. garantir une réelle égalité de chance entre hommes et femmes dans le domaine de la politique et des institutions;
c. définir des mécanismes de réduction des indemnités des conseillers régionaux (à l'exclusion de l'exécutif, assesseurs et Président, à qui on doit reconnaître un différent niveau de responsabilité) afin que la participation à la vie publique ne se présente pas comme une opportunité de gain, mais puisse primer un vrai engagement social.
4. projet politique renouvelé. Les fondements de notre action restent bien ancrés aux principes du fédéralisme global, dont les valeurs de la subsidiarité, la solidarité, la participation constituent la base de l'engagement des petites communautés pour s'intégrer harmonieusement dans le grand ensemble européen, dans une logique attentive aux besoins réels des peuples, aussi petits soient-ils.
Si les principes restent les mêmes, les batailles que l'UV doit faire aujourd'hui sont différentes de celles que nos devanciers ont combattue en 1945. Le projet politique doit se renouveler en partant de la prise de conscience que l'UV aujourd'hui se trouve face à des défis complètement nouveaux, fruits de la globalisation. Les questions identitaires se posent aujourd'hui non pas en termes de concurrences entre les langues européennes, mais plutôt en termes de confrontation entre les civilisations. L’UV est née le jour après la deuxième guerre mondiale et après plus de 20 ans de dictature fasciste. Elle a accompagné la renaissance de la VDA. Elle avait des objectifs précis: la défense du particularisme de la VDA et de son autonomie, l'épanouissement du caractère identitaire du peuple valdotain.
Aujourd'hui la VDA est une région autonome, la valeur de l'autonomie est largement reconnue par toutes les principales forces politiques locales et non seulement, le bilinguisme est reconnu comme droit et la connaissance du français est garantie dans l'instruction et les administrations. Egalement le rôle des parlers franco-provençaux et germaniques a été valorisé. D'un point de vue de l'autonomie financière et économique aussi nous avons des garanties qui reviennent de la répartition fiscale.
La Vallée d'Aoste à atteint des résultats exceptionnels: elle est passée de la pauvreté et des difficultés de l'après-guerre à être parmi les régions les plus évoluées dont la teneur des services et de la qualité de la vie est comparable à celle des régions européennes les plus avancées. Dans tout ce parcours l'UV a été le protagoniste principal.
Maintenant c'est à nous à savoir nous renouveler et surtout à savoir cueillir les nouvelles instances qui nous sont posées par la société. Les batailles qui nous unissent maintenant ont d'autres raisons d'être. Certes il faut réviser le Statut Spécial dans la perspective d'une prochaine réforme constitutionnelle pour soutenir un projet de réalisation d'un état authentiquement fédéral fondé sur le droit à l'autodétermination des Peuples. Certes il faut continuer dans l'action pour une pleine application du Statut Spécial. Et l'attention à la défense de l'autonomie ne doit jamais baisser.
Mais il faut surtout que sur la base de l'expérience de l'autonomie, forts des conquêtes dans le domaine de la valorisation de nos spécificités, nous sachons relancer notre projet politique. Aujourd'hui, dans une réalité où les limites géographiques et politiques, qui nous viennent du XXème siècle, sont relativisées par rapport aux modes, aux styles de vie, aux coutumes, aux marchés, aux communications, aux dynamiques économiques et culturelles qui agissent à niveau global et concernent toute le planète, défendre les prérogatives de notre région acquiert une nouvelle connotation: non plus ou non seulement défendre, mais affirmer en positif dans les choses, dans ce que nous faisons notre propre spécificité.
Une réalité territoriale relativement petite, et douée d'un si élevé niveau d'autonomie et de ressources doit se démontrer à même d'une expression évoluée d'autogestion. Elle doit être d'exemple, pour nous et pour tous des fruits positifs de l'expérience de l'autonomie locale. La VDA est tenue à l'excellence. Une excellence non seulement en terme de produits, de réalisations, mais avant tout et surtout à niveau d'expression de démocratie, de réalisation de participation des citoyens et des institutions au gouvernement de la chose publique, de valorisation de chaque ressource des individus et de la communauté à la construction d'une société libre équilibrée, solidale, véritable lieu de promotion humaine et sociale. Là résident les nouvelles idée-force qui aujourd'hui réalisent le défi de l'autodétermination et du fédéralisme. Un engagement positif pour tous. Là sont les grandes choses que nous pouvons et nous devons retrouver. Là sont les grandes choses qui nous unissent, dont parlait le Chanoine Bréan.
Dans cette perspective vraiment de mouvement l'expression ni droite - ni gauche trouve son actualité: non pas un choix de centre mais l'affirmation de principes qui ne se laissent pas interpréter complètement des positions de la droite ou de la gauche comme ces principes expriment des valeurs de participation, solidarité, subsidiarité liés à l'autogestion. Et dans ce contexte la «démocratie de proximité», comme on l'a souvent entendu dire récemment, demande un surplus de définition des rôles et du respect des rôles, exactement le contraire du suffocant réseau de conditionnement et chantages réciproques que la proximité peut accentuer.
Un système fonctionne si chaque composante (institutionnelle, individuelle, collective .. .) tient bien son rôle selon des adresses définies, même à niveau politique, de façon claire, précise et partagée et non si chaque partie du système est contrôlée et dirigée dans son action spécifique à niveau politique. La passion pour le jeu doit toujours avoir la priorité sur le désir de primer, peine la fin du jeu. Enfin dans cette perspective de retrouver le sens et les stimulations pour un engagement fort pour la Vallée d'Aoste, pour notre peuple, pour notre Mouvement, sachons utiliser d'une façon positive toutes nos capacités et nos ressources.
L’histoire c'est nous, elle avance avec nous, à nous de définir les perspectives pour un rôle renouvelé, à la hauteur des attentes et des défis.
Merci et surtout et avant tout VIVE LUNION VALDOTAINE

Guido Cesal, candidat à la Présidence

Notre dernier Congrès, qui s'est déroulé en octobre dernier, nous paraît bien loin. Tant de choses, TROP de choses, ont changé depuis cette date: Monsieur Perrin, avec d'autres, s'en est allé de l'Union Valdôtaine; nous avons changé de majorité au Conseil Régional; la coalition «Vallée d'Aoste» a perdu les élections politiques; l'Union Valdôtaine n'a plus de représentant au Parlement Italien avec toutes les conséquences que cela implique. Et je ne fais ici que rappeler les événements principaux... Nous avons assisté à un changement radical au cours de ces huit derniers mois.
Un tremblement de terre, pourrait-on dire, qui a bouleversé le panorama politique valdôtain tout entier. Si nous lisions aujourd'hui le document conclusif du dernier Congrès pour vérifier les actions qui l'ont suivi et la réalisation des lignes directrices indiquées, nous constaterions de quelle manière le Mouvement a été dirigé et comment la gestion politique a été menée ces derniers temps. Rien de ce qui avait été indiqué et soutenu ne s'est concrétisé.
Pendant ce temps, la foudre s'est abattue sur notre tranquillité et sur nos certitudes, une défaite électorale - qui a pris de vastes proportions - imprévue et inattendue a frappé l'Union Valdôtaine. Cette défaite sera-t-elle salutaire?
Pourra-t-elle influer positivement sur notre action future?
Je le souhaite de tout cœur.
Il ne s'agit pas d'un événement qui peut être passé sous silence, il ne s'agit pas d'un événement qui peut être considéré comme un épisode passager. Il s'agit au contraire d'un événement que nous devons analyser et que nous avons analysé avec sérénité et avec la conviction que c'est un message fort qui nous a été adressé. Celui qui nous a envoyé ce message, je parle bien sûr de l'électorat valdôtain, exige une réponse aussi forte que claire. Faire semblant de ne pas comprendre, répéter que rien n'est arrivé, serait mortel pour l'Union Valdôtaine. C'est à nous tous que le message a été adressé: aux candidats de la liste «Vallée d'Aoste», à la coalition qu'ils représentaient, au Gouvernement régional, au groupe de l'Union Valdôtaine au sein du Conseil, aux autres élus, au groupe dirigeant du mouvement, aux méthodes et aux attitudes qui sont devenues habituelles dans la gestion de la republica, à nos querelles et à nos incompréhensions.
Bref, au système qui a géré dernièrement le Mouvement et cette région. Nous avons, tous autant que nous sommes, une partie de responsabilité. Même ceux qui parlent aujourd'hui d'éthique et de morale, de principes et de valeurs, en se plaçant hors du mouvement: ne s'agirait-il pas d'une tentative visant à récupérer une improbable «virginité» après avoir partagé dans un récent passé, dans un très récent passé, tous les choix et les décisions importantes? Nous avons tous une partie de responsabilité. Si nous prenons acte de cette simple vérité, nous aurons déjà fait un pas en avant pour retrouver l'unité et la cohésion de notre Mouvement. Prendre acte sans chercher de boucs émissaires facilement identifiables.
Le Mouvement, ce Mouvement, notre Mouvement nous demande une réaction forte. À nous de répondre en conséquence mais il faut que chacun assume ses propres responsabilités. Ma candidature, au-delà de tout ce qu'on en a déjà dit, qu'on pourrait encore en dire quant à l'appartenance à l'un plutôt qu'à l'autre âme de ce Mouvement, est à interpréter comme une initiative personnelle, insuffisante peut-être, non partagée, ma candidature, disais-je, veut fournir une réponse forte à un message fort qui nous a été adressé.
Je dois vous avouer que je n'ai pas de baguette magique mais je peux vous assurer que je mettrai à disposition de ce Mouvement toute ma passion, mon engagement, mon équilibre, mes connaissances, mes limites, les fautes commises aussi pour essayer de le faire sortir du pétrin dans lequel il se trouve depuis longtemps.
Je crois connaître l'histoire unioniste, j'y milite depuis plus de 40 ans, je connais le moment contingent, je le vis au jour le jour, je voudrais travailler afin que nous retrouvions un minimum de parcours commun pour rétablir «l'unité dans la diversité» non seulement en tant que slogan mais comme principe à pratiquer.
Je voudrais éviter la dissolution de notre Mouvement car il appartient à mon vécu, à mon histoire personnelle, il m'appartient. J'ai obtenu grâce à lui de grands bénéfices politiques, je voudrais pouvoir le récompenser pour ce qu'il m'a donné. J'ai la présomption de pouvoir me poser, de façon autonome, en dehors et au-dessus des différentes positions, en assumant mes responsabilités afin de garantir à tout le monde la juste représentativité dans les organes et dans les instances institutionnelles. Pendant trop longtemps nous avons considéré les diversités comme un mal à éliminer car elles auraient pu porter ce mouvement à sa décomposition. L’actualité nous montre que c'est exactement le contraire qui est arrivé.
Etouffer le débat, éliminer les voix critiques, ignorer les divergences, tout cela nous a amenés à nous éloigner jour après jour des principes fondamentaux desquels nous nous sommes inspirés depuis toujours. Nous nous sommes enfermés dans une tour d'ivoire sans aucun contact avec la réalité et avec le monde environnant qui vit un changement rapide et constant. La diversité est au contraire une richesse qu'il nous faut reconnaître, exploiter et valoriser.
Ces derniers mois, j'ai travaillé afin d'éviter les fractures, j'ai travaillé - presque toujours en pleine solitude - pour essayer de rassembler. Je n'ai pas eu beaucoup de succès mais je peux dire qu'avoir accompli une tâche judicieuse et indispensable me fait avoir la conscience tranquille. Je ne sais pas si tous peuvent, aujourd'hui, exprimer ce même sentiment de tranquillité. Surtout ceux qui ont considéré les initiatives de dissension comme des revendications d'ordre personnel et qui ont cru bon de les ignorer avec suffisance. Quelle erreur. ..
Mon programme est désormais à votre disposition depuis une quinzaine de jours. Vous avez pu le lire, l'évaluer, peser le pour et le contre, le critiquer. ..
J'éviterai de vous ennuyer en reprenant ici son contenu, tout comme j'éviterai de répéter les arguments sur lesquels j'ai écrit tout au long de ces derniers mois et qui ont été publiés sur notre hebdomadaire. Je réaffirme ici toute leur validité et actualité car ils représentent très bien mon point de vue sur les derniers événements survenus et sur ce que je ressens quant à l'avenir de l'Union Valdôtaine. Mon programme est ouvert à toute amélioration, à toute suggestion mais il ne se prêtera pas à des manipulations et à des mutations qui ne soient pas claires. La logique de "l'inciucio” ne fait pas partie de mon caractère. Beaucoup d'entre vous m'ont dit que j'aurais du courage pour me proposer à assumer cette fonction en ce moment particulier. J'en suis conscient. Il faut avoir du courage, le courage de l'inconscience! Mais j'ai eu et j'ai encore le sentiment que je dois le faire, que je dois risquer en première personne pour sauver ce patrimoine qui nous appartient et que nous ne pouvons pas laisser partir en fumée sans un fort engagement personnel. Ma carrière politique n'est pas prioritaire. La survie de l'Union Valdôtaine, telle que nous la connaissons, voilà quel est mon engagement prioritaire.
C'est vous par contre qui aurez le dernier mot. C'est vous qui évaluerez ma proposition. Un appel: n'écoutez pas les sirènes, les menaces, les chantages, ayez pour seul interlocuteur votre intelligence, parler avec votre cœur. Les suggestions qui parviennent d'un côté ou de l'autre ne sont jamais neutres. Elles ont toujours un intérêt personnel de partisannerie et de défense d'un désir particulier. Pensez uniquement au bien de l'Union Valdôtaine et à son futur. Vous choisirez certainement bien si vous le faîtes sans être conditionnés par des préjugés et des logiques qui ne vous appartiennent pas et qui ont servi uniquement à garantir, jusqu'à maintenant, des positions de privilèges aux uns plutôt qu'aux autres.
Je suis un peu déçu de constater le soutien de la part des voix qui professent de ne travailler que pour l'U.V. et qui d'autre part alimentent des soupçons destructives seulement pour le fait qu'ils n'ont rien su construire en vue de ce rendez-vous d'aujourd'hui, s'exprimer contre ma candidature non pas pour une question personnelle, mais pour n'avoir pas su dépasser la logique des âmes et des personnalismes en travaillant contre sans la volonté et le courage de travailler pour. L’U.V. en sortirai, une fois de plus affaiblis dans le moment où elle devrait démontrer sa force.
S'il y a des soupçons, pour ce qui est de ma fidélité à l'U.V., à des comportements qui pourraient m'être reproché, chacun est libre de me donner ou non sa confiance, mes 40 ans de militance sont là sous les yeux de tout le monde, à chacun de les évaluer et de agir de conséquence.
Je ne permettrai à aucun de les salir. J'ai parlé de futur. Quel futur se présentera à nos portes dès demain? Nous sommes la force majoritaire en Vallée d'Aoste. Voulons nous continuer à l'être? Nous avons les hommes et les femmes qui peuvent nous permettre de jouer ce rôle encore pour longtemps. Mais nous devons tous redevenir plus humbles, respectueux des règles, des bons comportements, des autres sujets aussi. Ethique, morale et respect sont des mots qui doivent faire partie de nos actions quotidiennes. Ces mots ne peuvent pas devenir un flambeau employé uniquement par ceux qui nous combattent. C'est notre message, le message qui doit ressortir de nos actions jour après jour. Nous devons apporter des modifications substantielles à certains comportements. Moins de certitudes, moins d'arrogance, moins de présomption, plus de débat, plus de partage, plus d'échange d'idée et surtout un peu plus de patience ne ferait pas de mal dans les rapports interpersonnels ... Il nous faut éviter tout personnalisme. Le fameux dualisme qui a caractérisé l'Union Valdôtaine ces dernières années nous a apporté des bénéfices considérables d'un point de vue de contenus et du consensus électoral mais c'est un phénomène dont les effets positifs se sont estompés. Il faut que ses protagonistes en prennent acte tout en sachant bien que la politique, comme toute autre activité humaine, à ses hauts et ses bas et que leur disponibilité envers le Mouvement est très appréciée. Mais ils doivent faire un pas en arrière. Ils doivent avoir l'intelligence politique, le courage, en ce contexte temporaire, de se mettre sur le banc de touche (vous me passerez cette expression mais Coupe du monde de football oblige ... ) le courage de se mettre sur le banc de touche pour le bien de l'Union Valdôtaine.

Politique Régionale

Je me dois aussi de parler de politique, de politique régionale.
Nous ne pouvons évidemment pas, même si notre groupe détient la majorité au sein du Conseil Régional nous fermer sur nous-mêmes. Nous devons nous confronter avec les autres forces politiques, tout en sachant qu'il y a des forces avec lesquelles nous pouvons collaborer et d'autres avec lesquelles, de par les principes qu'elles prônent, de par leurs comportements, de par leur histoire, il n'est pas possible de dialoguer.
En octobre dernier le congrès avait donné des indications très précises à ce propos d’actualité est sous vos yeux. Il nous faut avoir le courage de reconsidérer et vérifier certains choix refusés par l'électorat. Cela est indispensable. Il faut par contre bien avoir à l'esprit qu'un autre changement de projet politique ne pourrait pas se passer sans difficultés, et que nous aurions probablement du mal à l'expliquer et à le justifier. Sans oublier que pour se marier il faut être deux! et que des thèmes (le nouvel hôpital, par exemple) nous voient sur des positions différentes même antithétiques.
Nous avons aussi comme devoir principal, en tant que force de majorité absolue, de garantir la gouvernabilité de cette région, gouvernabilité qui - dans une hypothétique échelle de valeurs - passe avant notre pur intérêt électoral et nos attentes personnelles. Réalisme donc mais prudence en tenant bien compte du message électoral. Le débat politique doit s'occuper en outre des réformes nécessaires pour rendre plus moderne ce mécanisme compliqué qu'est la machine institutionnelle de notre région.
Il faut mettre les mains dans la révision du Statut de la Vallée d'Aoste, moderniser et adapter les différentes lois électorales (Régions, communes, Parlement Européen). Mettre à jour le système des incompatibilités et inéligibilités, perfectionner le système des autonomies locales, adapter la loi sur l'emploi public et sur l'ensemble du corps dirigeant régional, etc.
Ce n'est pas au peuple qu'il appartient de s'exprimer à propos de ces différents thèmes, c'est un devoir qui revient aux forces politiques et surtout à notre force politique. La démagogie et le populisme sont à refuser. Démontrons que nous avons la capacité d'agir positivement sans nous laisser conditionner par des pulsions populaires souvent instrumentalisées par des professionnels de la politique qui théorisent, avec ces actions, l'anéantissement de l'Union Valdôtaine.
Nous devons affronter la crise économique qui nous frappe avec des méthodes plus efficaces, plus originales pour soutenir la productivité sans faire de la simple assistance. Nous devons résoudre les problèmes qui sont sur la table de la politique depuis longtemps: je pense à la maison de jeu, à l'hôpital dont j'ai parlé précédemment, au système des transports publics, à la modernisation de notre offre touristique et de nos implantations à son service, à la politique agricole qui doit jouer un rôle plus important. à la définition d'une politique de l'environnement qui tienne compte de nos particularités.
L’école valdôtaine mérite une attention particulière qui en exalte ses vocations à l'autonomie et ses prérogatives originales, ainsi qu'un bilinguisme effectif. Nous devons aussi dire clairement qu'appartenir à l'Union Valdôtaine ne signifie pas la possibilité d'obtenir de places de travail, des postes bien rémunérés ou des positions prédominantes. Le mérite de chacun est l'unique barème qui doit être pris en considération.
Être unioniste n'est pas une condition de privilège, c'est au contraire un engagement fort qui va dans la direction d'améliorer les conditions socio-économiques de notre petite patrie et non la possibilité de rentabiliser notre petite et insignifiante position personnelle. Il faut séparer nettement l'action politique de l'action administrative. C'est le Mouvement qui doit tracer la voie et c'est aux élus de la réaliser, pas le contraire. La prédominance de l'action administrative sur l'action politique est un fait négatif qu'il faut que nous corrigions pour ramener tout comportement dans la logique du respect des rôles et des différentes fonctions.

Conclusions

Pour conclure, quelle est l'Union Valdôtaine que je vous propose?
Une Union Valdôtaine qui récupère toutes les dissensions présentes et passés;
une Union Valdôtaine qui retrouve une propre forte identité. Identité affaiblie à fur et à mesure qu'augmentait son poids électoral;
une Union Valdôtaine plurielle où tous peuvent participer et contribuer, même de manière critique; une Union Valdôtaine solidaire qui travaille dans un esprit de cohésion pour réaliser un seul objectif: l'intérêt supérieur de la Vallée d'Aoste;
une Union Valdôtaine où l'arrogance est bannie et la présomption puisse laisser la place à la confrontation et au partage;
une Union Valdôtaine qui s'exprime par les communiqués de presse mais qui sache aussi se faire comprendre par tout le monde;
une Union Valdôtaine capable d'intéresser les Valdôtains aux grands thèmes et pas seulement aux petites questions marginales et très personnelles;
une Union Valdôtaine présente de manière effective dans ses sections se trouvant sur tout le territoire;
une Union Valdôtaine point de repère de la politique régionale et qui sache l'influencer grâce à ses principes fondamentaux;
une Union Valdôtaine dont les élus peuvent retrouver leur esprit de service en faveur de la communauté et qui ne se sert pas de celle-ci pour satisfaire ses propres ambitions; une Union Valdôtaine qui récupère le décalage entre les principes et l'action;
une Union Valdôtaine qui veille à la formation de ses adhérents et militants afin qu'ils possèdent tous les moyens culturels pour pouvoir véhiculer le message unioniste de façon pertinente;
une Union Valdôtaine - Mouvement politique qui a ses règles libres et démocratiques, qui a, if sa base, les articles 1-2-3 de ses Statuts - pas de verticisme mais respect des règles; bref,
une Union Valdôtaine qui retrouve son esprit originaire.

Je n'ai pas voulu aujourd'hui déranger nos pères fondateurs, je pense à Chanoux, Trèves, Bréan.
Je crois qu'ils ne sont pas fiers de nous. Nous ne méritons pas, pour l'instant, de les faire participer à notre débat. .. Seul notre engagement sincère et inconditionné pour sauver ce mouvement honorerait leur mémoire mais la route pour y arriver est encore très longue et nous devons avoir la force de la parcourir jusqu'au bout.

Jean Barocco

En ce moment délicat de la vie politique de notre Mouvement, après avoir apporté les modifications nécessaires à notre charte, il est opportun d'engager une réflexion sur les principes généraux qui sont à la base de l'Union Valdôtaine.
Ceux-ci doivent notamment viser à l'épanouissement du caractère ethnique et linguistique de notre peuple (art. 1 des Statuts de l'Union Valdôtaine) et à l'essor de notre société à partir des valeurs fondatrices de notre Mouvement.
Nous voulons une Vallée d'Aoste qui réponde à notre identité dans laquelle nous, Unionistes, nous puissions élaborer notre projet de vie en liberté, se projetant vers le monde dans lequel mettre en œuvre notre développement et notre bien-être.
Au cours de ces 60 ans, nous avons obtenu beaucoup pour notre Vallée dans le domaine des aspirations démocratiques et d'autogouvernement déjà présentes dans la pensée d'Émile Chanoux.
Et nous les avons conquises au cours de toutes ces années, marquées par de durs efforts, par de grandes souffrances, par beaucoup d'engagement et aussi - disons-le - avec de grandes joies de la part de l'ensemble des citoyens de ce Pays.
Nos institutions sont devenues un point de repère pour tous les citoyens. Le projet politique unioniste est un «continuum», il ne marche pas à courant alterné; c'est une progression vers un but final que nous avons confirmé hier: le plein épanouissement du peuple valdôtain dans tous les domaines.
Notre Mouvement, grâce au travail de tous ses hommes, a accompli des pas importants vers la réalisation de ces objectifs.
Quelqu'un, dans ces derniers temps, est en train de l'oublier.
S'il est vrai que chaque action politique doit être placée correctement dans son contexte et dans la période qui l'a engendrée, on peut dire que dans ces 60 ans on a aussi commis des erreurs: les erreurs doivent cependant nous aider à nous corriger, à améliorer notre projet politique.
Retourner au niveau zéro, faire des pas en arrière, faire de l'autocritique, ce sont sans doute des phrases à effet mais faisons attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain.
Il me semble que le mobile de l'action de quelqu'un consiste, comme quelqu'un l'a dit, dans la maxime: «Gava te que me beutto me)) (ôte-toi que je m'y mette).
Et surtout, je ne voudrais pas qu'en ce processus d'autocritique on finisse par envoyer dans des camps de rééducation - comme dans la «révolution culturelle» chinoise, quand on y confinait les ennemis de quelques dignitaires de Mao Tsé-Toung pour le recyclage idéologique - les véritables unionistes qui ont toujours été fidèles aux indications et aux idéaux de notre Mouvement.
Ce n'est que grâce à cette fidélité des Unionistes, à la confiance qu'ils ont investi dans les organes et les élus unionistes que, pendant ses 60 ans d'histoire, l'Union Valdôtaine a pu conditionner en sens autonomiste et fédéraliste même les différents partis et mouvements auxquels elle a été alliée pendant ce temps.
Il faut absolument éviter que ce patrimoine soit dispersé ou détruit. C'est pourquoi l'Union Valdotaine doit conserver le leadership de la politique valdôtaine.
Pour ce faire, il est nécessaire de réaffirmer avec force la validité du choix idéal fondamental de l'Union Valdôtaine qui est exprimé dans les articles 1 et 2 de ses Statuts et qui constitue notre objectif stratégique.
En même temps, il faut se doter des moyens pratiques pour que le Mouvement continue à assurer sa présence capillaire et active sur le territoire en stimulant la participation de tous les Unionistes à l'entretien de la maison commune.
L’efficacité doit donc être le but tactique.
Nos méthodes doivent être modernisées, les sections doivent avoir plus de moyens d'action et plus d'autonomie dans les décisions qui concernent le territoire de leurs Communes respectives, pour faire face aussi aux problèmes concrets des habitants.
Dans ces dernières décennies, en effet, les problématiques ont évolué, les situations ont changé, nos réponses doivent s'adapter de manière plus souple et rapide aux nouvelles exigences de la population.
Et surtout, ces réponses, il faut les donner.
Il faut avoir le courage de se demander avec sincérité si les Valdôtains sont vraiment intéressés par nos disputes.
Quand on sort dans les rues on se rend compte qu'il y a des signaux différents.
Si nous voulons être encore à même de donner des réponses, il faut récupérer les valeurs éternelles qui sont à la base de notre ,civilisation alpestre: l'équité, l'effort, le travail, le respect des engagements pris, la promotion sociale à travers le mérite et le sacrifice personnel doivent être la source d'un nouvel élan de l'Union Valdôtaine qui ne soit pas éphémère et qui n'indique pas aux jeunes générations les idoles du succès gratuits.
A propos des jeunes, pour leur assurer un avenir digne de ce nom il faut réfléchir sur notre projet social, et le réaliser.
Pour ce faire nous avons besoin de stabilité politique, un atout que notre mouvement a garanti dans les décennies passées' mais qui maintenant, une fois le résultat historique de la majorité absolue au Conseil de la Vallée conquis, nous avons perdu à cause de nos querelles internes.
La stabilité politique nous est demandée par les Valdôtains, pour relancer et moderniser notre autonomie et pour assurer la qualité de la vie des nos concitoyens.
Je crains que les gauchistes radicaux, avec le soutien de quelque "illuminato pensatore", qui sont les vrais "agit-prop" de ce soi-disant "Printemps Valdôtain", sont en train de porter une attaque subtile et très dangereuse à la survie même de notre mouvement, avec le syllogisme "autonomia raggiunta, uguale non ci sono più pericoli per la Valle d'Aosta, quindi l'Union Valdôtaine non serve più".
La collaboration avec ces personnages est toujours plus difficile car ils sont éloignés de nous comme histoire, comme valeurs de référence et surtout car ils sont loin de notre projet de Vallée d'Aoste.
Il suffit de voir ce qu'ils pensent de notre agriculture, de la gestion du territoire, de la famille, de notre civilisation alpestre, des jugements que leurs "maîtres à penser" donnent de Chanoux, de l'abbé Trèves, du chanoine Bréan, et qui appellent notre Pays d'Aoste «Bakkanistan ». «Tolleranza», le mot d'ordre de ces personnages, ne peut être le véhicule pour nous faire tout accepter et pour faire ébranler les piliers de notre société.
Maintenant ces personnages se sont rangés derrière la couleur orange ou derrière le coq pour dissimuler leur vraie nature anti-valdôtaine mais jusqu'à quand se limiteront-ils à former la bassecour où le coq s'autorise toutes les libertés?
Et que dire de ceux qui écrivent les appels publiés ces jours-ci à grands frais dans les journaux et sur les murs?
Riccarand, qui se considère sans doute un expert dans la distribution des bulletins scolaires en matière d'idéaux unionistes, les définit des "Unionisti Buoni" dans son journal.
Alors nous, qui sommes ici à discuter pour améliorer notre projet de société, nous qui avons voté pour l'Union Valdôtaine, nous qui n'avons pas joui de la récente défaite électorale, nous serions quoi? A vous unionistes de juger!
Et encore: qui sait si les appels des "Unionisti Buoni" ne sont pas parfois utilisés par certains de ceux-ci pour accroître leur pouvoir à l'intérieur de la basse-cour du coq ...
Mais revenons à la véritable, à la seule Union Valdôtaine, qui est celle qui nous intéresse. Notre Mouvement doit aussi comprendre que la relance de notre Vallée et sa modernisation ne passent pas forcément, ou pour mieux dire pas toujours, par plus d'allocations ou de subventions.
Les moyens dont nous disposons doivent être consacrés à aider les Valdôtains à avoir de nouvelles chances. Là est la véritable dignité humaine et la solidarité.
Le progrès social, ce n'est pas le nivellement par le bas, c'est la possibilité pour chacun d'assurer la promotion de sa famille et de choisir son rythme, de construire son propre destin, de réussir sa vie. Il faut donner force au mérite, au civisme. Nous devons faire face aux provocations pernicieuses qui nous sont adressées continuellement en ces derniers temps, en élaborant un projet politique qui doit impliquer tous les membres de notre Mouvement: notre mission, le travail de l'Union Valdôtaine et de tous ses adhérents, est de continuer à exercer le leadership politique en Vallée d'Aoste avec la participation, la capacité politique, l'énergie et le travail coordonné de ses adhérents et de tous ses organes de représentation.
Au vu des derniers événements, il s'agit de retrouver l'espoir et d'accorder la confiance à tous ceux qui souhaitent s'engager davantage sur le chemin d'une Vallée d'Aoste toujours plus autonome, d'une Vallée d'Aoste toujours plus libre des conditionnements des intérêts des partis italiens et des coalitions nationales.

Claudio Brédy

Bonjour à vous toutes et à vous tous,
je vous livre quelques réflexions et considérations de Gignod et quelques considérations personnelles.
Comme vous tous, nous avons analysé les causes de la crise profonde de l'Union Valdôtaine dont la débâcle électorale des 9 et 10 avril n'est que la dernière conséquence. Et ces causes ont déjà été amplement analysées à plusieurs occasions et je ne les répèterai donc pas en détail mais elles peuvent être résumées dans la façon suivante. Conflictualité interne, personnalisme exaspéré, un gap démocratique grave, un éloignement de la société toujours plus marqué. Et cela est visible aux yeux de tous. Ce qui s'est passé depuis 2003 et jusqu'au récent changement d'alliance de majorité a déterminé le résultat électoral, a déterminé la situation actuelle. Le message lancé par les Valdôtains a été clair. Ils nous ont demandé, ils nous demandent un changement fort, très fort. Un changement qui touche la méthode de gestion de notre Mouvement, qui touche notre politique, qui touche la façon de gouverner notre Région. Et qui touche également la conscience de chacun et nous donne de grandes responsabilités. Mais prendre conscience de tout cela ne suffit pas. Il faut agir, il faut modifier notre action. Et pour faire ça de forts changements sont requis, à partir, et cela est fondamental, de l'abandon de la mentalité des clans, des personnalismes et des désirs de vengeance envers les « traîtres», des tentations d'épurer, des prétentions de pardonner, si vous me permettez un peu paternalistes ceux qui n'acceptent pas la logique de la pensée unique. Sans cet esprit, que j'appellerais de refondation et de déposition des armes, comme a dit Teresa Charles, nous n'irons d'aucun côté. Et cela demande un effort de la part de nous tous, nous tous avons des responsabilités. Mais c'est la fondation de tout compromis ou accord, si vous vous préférez, entre les différentes âmes et personnalités de l'Union Valdôtaine. Cela signifie que les nouveaux organes exécutifs de l'Union Valdôtaine devront être représentatifs des différentes sensibilités du Mouvement, et surtout largement partagées par le Congrès, à partir du Président. Et puis maintenant, et cela a été dit à plusieurs occasions, ils devront œuvrer pour remettre au centre du Mouvement la fonction politique, accepter un Mouvement uni dans la diversité, basé sur la démocratie participative, qui soit modérateur et arbitre impartial, qui sache aider les sections à redevenir protagonistes et centre vital de regroupement des Unionistes et porteurs d'idées et exigences du territoire.
Pour tout cela, il est nécessaire de changer les règles, nous l'avons fait hier. Mais la modification des Statuts que nous venons d'approuver est certainement nécessaire et importante. Je trouve que nous avons des règles vieilles et un peu bolcheviques, si vous me passez ce terme. Mais, ce n'est pas seulement en changeant les règles qu'on pourra assainir les profondes fractures existantes au sein du Mouvement. Ces nouvelles règles doivent être la tradition partagée de nous tous, et les outils d'une nouvelle attitude et d'une nouvelle méthode.
Et ces considérations m'amènent au thème des principes. Un autre changement fondamental doit se faire en se penchant fortement sur les principes et les valeurs du Mouvement. Et pour ce faire, il faut poser à nous-mêmes une question. Est-ce que le fédéralisme, l'autonomie, l'autodétermination, l'autogouvernement, la laïcité, la défense du particularisme linguistique nous appartiennent encore ou sont-ils devenus de simples paravents idéologiques, des instruments pour exercer un vide rhétorique, ayant pour seul but de maintenir sous le symbole du Lion un système de pouvoir et d'intérêts qui a peu à faire avec les principes et les idéaux?
Bon, je n'ai pas de réponse, ou mieux, il n'y a pas seulement une réponse. Ce qui est sûr c'est que les principes nécessitent d’être maintenus vivants par une action constante de rappel, d'application pratique dans l'action pratique et dans la vie du Mouvement avec une rigueur morale et une honnêteté cohérentes avec les principes mêmes de l'Union Valdôtaine.
Et là, deux exemples: l'autonomie et le fédéralisme. Au cours de ces années, on n'a pas été capable de mettre à jour notre Statut d'autonomie. Et qui sinon notre Mouvement autonomiste, qui exprime la majorité au Gouvernement régional, devrait ou aurait dû prendre avec force l'initiative d'ouvrir un débat afin que notre Statut continue à affirmer ces principes fondamentaux, bien sûr, mais devienne aussi un instrument plus moderne qui nous rapproche des nouvelles réalités géopolitiques mondiales, de l'Union Européenne et des autres autonomies, tout en maintenant notre particularisme.
Un autre thème, qui est à la base de nos principes, l'identité, on a déjà parlé hier, avec une intervention, un thème qui est devenu un bon refrain pour chaque occasion. Mais qu'est-ce que c'est l'identité valdôtaine ? Quels sont ses éléments historiques, sociaux, anthropologiques qui contribuent à déterminer cette identité? Cette question a été affrontée par des historiens, des recherches ont été faites, je rappelle qu'il y a un volume d'Einaudi « La Vallée d'Aoste », qui en parle, mais je suis sûr qu'à cette question chacun de nous donnerait ses réponses. Des réponses pas nécessairement les mêmes. Eh bien, parlons encore de ce thème, créons les occasions, confrontons surtout notre identité avec les changements incroyablement rapides de notre société. Faisons en sorte de nous faire reconnaître et surtout pouvoir nous faire reconnaître. Pour nous reconnaître, parce que l'identité n'est pas quelque chose de statique, on l'a déjà dit, mais la somme de ce que nous étions, les racines, l'histoire, les principes... et de ce que nous sommes en train de devenir. Les exigences et les idées de la société moderne changent. Il faut être capable de les réinterpréter et de les reconduire à notre identité. Une identité qui soit une synthèse dynamique du passé et du présent. Et puis pour nous faire reconnaître, parce que, dans un système global, les peuples qui n'ont plus une identité, qui ne sont plus reconnaissables par leur culture, par leur langue, par un système social et économique capable de valoriser, de promouvoir les particularismes, sont destinés à mourir, à disparaître, à se confondre dans la grande chaudière du monde globalisé.
Ce ne sont que des exemples pour dire que c'est dans l'action et dans la cohérence et dans la cohésion qu'on affirme les principes, qu'on les rend tangibles. Et ici, encore sur les principes, une petite parenthèse. Robert Vicquéry m'a anticipé sur cela. Hier, la Section de Gignod à l'art. 1 des Statuts avait proposé un amendement, avait proposé d’ajouter « L’Union Valdôtaine Mouvement politique laïque, issu de la résistance et de la lutte antifasciste », amendement qui a été repoussé après une très ponctuelle intervention de M. Robert Willien, qui a défini cet amendement inutile et inopportun. Bon inutile parce que tout parti ou Mouvement politique, par définition est laïque, à son dire. Et inopportun parce que le terme laïque serait ambigu et en affirmant que mettre ce mot dans les Statuts de l'Union Valdôtaine aurait été de quelque façon offensif (je ne sais pas s'il a employé ce terme), mais envers des illustres catholiques qui ont contribué fortement à la naissance et à l'histoire de l'Union Valdôtaine.
Bon, très bien, tout d'abord il me semble un peu contradictoire de dire que tout parti politique est laïque par définition et puis dire qu'il est offensif d'employer ce terme envers les pères fondateurs catholiques de l'Union Valdôtaine. Mais, tout en reconnaissant le rôle important des catholiques comme des autres hommes et femmes qui avaient et ont d'autres idées et visions du monde à l'intérieur du Mouvement, et dans le passé comme aujourd'hui ont contribué à la vie du Mouvement, je me permets de souligner que la laïcité du Mouvement est un des principes de l'Union Valdôtaine. Peut-être pas le plus évoqué, mais un principe. A moins de nier le fait que le Mouvement est né de la résistance de la lutte antifasciste, à moins de nier que l'Union Valdôtaine reconnaît la pleine liberté de conscience à ses adhérents. Et puis encore donner au terme « laïque» une signification anticléricale ou pire anticatholique, me paraît un peu exagéré. Il est vrai que quelqu'un sépare le terme « laïcité » et « laïcisme» en donnant, à ce dernier terme une signification d'intolérance envers les religions. Mais l'histoire même de l'Union Valdôtaine démentirait n'importe quel soupçon de vouloir l'employer dans ce sens. Et donc, la définition de laïque, pas de laïcisme ou de laïcité, mais laïque qu'on voulait introduire n'est pas du tout ambiguë. La laïcité est une éthique basée sur la liberté des consciences visant à l'épanouissement de l'homme en tant qu'individu et citoyen. Elle est fondée sur le principe de la séparation juridique des Églises et de l'État. Elle est donc là pour garantir la liberté des consciences qui a une valeur plus générale que la liberté religieuse, laquelle, bien sûr, est comprise dans la liberté des consciences. Elle se réfère au libre choix entre toutes les options spirituelles. Donc la laïcité n'est pas antireligieuse, elle est neutre. Et je dirais que le concept est on ne peut plus simple, limpide et clair. Et puis, ce principe de la laïcité est inscrit dans le préambule de la Constitution française. Dans d'autres nombreuses Constitutions européennes, pas dans celle italienne. Mais, pensez-vous, dans la Constitution turque. Donc, je ne voyais rien de mal à l'expliciter dans notre Statut. Donc sur cela je souhaite que la laïcité de notre Mouvement continue à représenter un des principes fondateurs et fondamentaux de notre Union Valdôtaine.
Pour moi aussi, c'est une des raisons d'appartenance à ce Mouvement.
Une autre action fondamentale pour relancer le Mouvement, est de parler de nouveau aux cœurs des gens, de se rapprocher de la société civile, de ses problèmes, de ses idées, de ses rêves. Aujourd'hui nous sommes perçus comme loin des gens, auto-référenciels, incapables d'entamer toute discussion ouverte et libre. Incapables d'être réellement protagonistes et interprètes de l'évolution de notre société valdôtaine.
Le Mouvement doit être à nouveau protagoniste à l'intérieur de la société. Doit savoir organiser des moments d'écoute et de confrontation et les traduire en action politique. Il ne faut pas avoir peur de nous confronter avec les gens, avec tous les Valdôtains sur nos principes bien sûr, mais les Valdôtains ont besoin de réponses sur les thèmes qui touchent de plus en plus notre vie. Les thèmes sociaux, l'immigration, les thèmes de la bioéthique, de la famille, de la santé, de l'éducation, du malaise des jeunes. On en parle beaucoup. Jeunes que nous ne savons plus attirer à la politique, un engagement vers la collectivité, et puis les thèmes économiques. Casino, transports, crise industrielle, etc.
Mais ce sont toujours les autres, ou quelqu'un d'autre à en parler, à soumettre ces problèmes à l'opinion publique. A travers des rencontres, des événements. Pourquoi l'Union Valdôtaine ne peut pas faire ça ? Ou pourquoi n'a-t-elle pas fait ça jusqu'à maintenant? Pourquoi ne savons-nous plus créer des occasions de rencontres, des lieux où les Valdôtains peuvent se retrouver en amitié et puissent se confronter? D'autres savent le faire et avec beaucoup moins de moyens que nous. Je parlais avec un ami de l'Espace populaire d'Aoste ... C'est un exemple.
Et donc il faut se rapprocher des gens à l'intérieur de l'Union Valdôtaine qui, rappelons- nous, a toujours su rassembler différentes tendances politiques et visions du monde. Il est également indispensable que la relance du Mouvement soit accompagnée d'un nouveau projet politique qui doit viser à plusieurs thèmes qui ont déjà été évoqués. Le maintien de l'autonomie, la culture identitaire, la réalisation d'un programme de réforme qui concerne les lois électorales, le Statut. Elle doit affronter une crise économique pour certains aspects sociaux qui touchent notre Région. Mais, attention, le changement n'est pas seulement et pas tellement dans les contenus parce que la majorité de ces arguments apparaissent déjà dans notre programme politique. Le changement, là aussi, doit être dans l'approche, dans les méthodes, dans l'attitude. A partir du fait que ce doit être le Mouvement à dicter l'action politique et que ce doit être les élus à les traduire en actions concrètes.
Et puis, un dernier thème, et je conclus, c'est celui des alliances. Je ne sais pas, en ce moment, ce qui est mieux. Et cela ne dépend pas seulement de nous mais en futur il faudra rappeler, à mon sens, deux ou trois éléments de base. Un, que l'Union Valdôtaine a une identité propre qui ne peut être confondue avec droite ou gauche, mais d'ailleurs elle doit toujours rechercher le soutien d'autres partenaires. Ceux qui partagent nos programmes.
Et il faut choisir les partenaires en tenant compte de la volonté des électeurs premièrement et en tenant compte de l'histoire du Mouvement, de ses racines issues de la résistance dans la lutte antifasciste. Les choix de février 2006 n'ont pas respecté tous ces principes et les' électeurs valdôtains l'ont montré.
En conclusion, je crois que notre Mouvement a besoin d'un grand et nouvel élan. Nous avons la possibilité de le faire et nous avons là notre, peut-être dernière, occasion pour le faire, nous ne devons pas la rater. Pour ce faire, en paraphrasant Emile Chanoux, il faut commencer à comprendre que pour survivre et renaître, notre Mouvement doit avoir conscience de son état d'abjection.
Je vous remercie.

Luciano Caveri

Chers Congressistes, pots d'argile après pots de fer, je dois trouver mon espace dans cette discussion en essayant de vous donner quelques conclusions. Je voudrais commencer avec deux confessions: c'est vrai que nous sommes un mouvement laïque mais nous avions employé dans le passé le confessionnel surtout en 2003 après les élections.
M. Perrin s'était transformé dans son frère en Curé et on a fait les confessions et on a choisi le Président du Gouvernement qui s'était lui-même entre outre.
Et donc les deux confessions sont: ce n'et pas le moment idéal pour faire le Président de la Région, ça s'est tout à fait banal. Et la deuxième considération c'est que je vous assure qu'après deux Présidents de la Région de l'Union Valdôtaine qui ont quitté l'Union Valdôtaine, je vous assure que moi je n'abandonnerai jamais l'Union Valdôtaine.
Parce que, vous voyez, moi je n'ai pas envie ce soir de faire l'historique, on l'a fait ce soir et peut-être on a même un peu exagéré dans les différentes interventions mais ce que je voudrais dire c'est que quand on cherche un prétexte pour s'en aller c'est tout à fait facile de le trouver.
Et je tiens à dire encore que nous sommes là toujours en tant qu'élus pro tempore. La vie publique n'est pas obligatoire, donc on peut être un homme public mais on peut aussi décider de quitter ses fonctions. Et donc je vous assure de ma fidélité jusqu'au bout. Aucun oubli, on disait, c'est juste mais ça suffit, point à la ligne. Je pense que le moment est venu pour repartir avec beaucoup de courage en sachant que nous avons des devoirs. En regardant les années précédentes et tout ce qui n'a pas fonctionné, nous avons le devoir de comprendre les défauts de chacun de nous, moi en premier, et regarder aujourd'hui la philosophie de fonds dans laquelle il faut nous reconnaître.
Moi je pensais à deux exemples: le premier c'est que selon quelqu'un la politique est une espèce de guerre simulée qui évite la guerre. Et alors nous sommes, l'U.V., une pacifique armée mais pour être sur l'échiquier politique, il faut être uni, il faut avoir des règles, préalablement concordées, il faut accepter après des discussions, des ordres, choisir les officiers et après s'engager dans la bataille politique.
Peut-être que l'exemple guerrier n'est pas extraordinaire, donc je pensais, vu que nous sommes dans la pleine période des matchs de football, employer le football même si avec le scandale « piedi puliti » ce n'est pas le meilleur exemple. Les joueurs, les réserves, un staff technique, des supporters, un drapeau, un maillot, mais pour gagner, il faut avoir l'esprit d'équipe, travailler en équipe, faire équipe, avoir au fond une équipe et les buts, les goals, il faut les marquer dans la cage des adversaires en évitant les auto-buts. Je pense que dès aujourd'hui, moi aussi j'appartiens à la catégorie de ceux qui pensent qu'il faut repartir avec une logique qui ne soit pas trop élitaire, parce qu'avec les succès électoraux que nous avons obtenus, il faut aujourd'hui être réaliste et savoir justement qu'il faut avoir un ensemble, comme on dit, de sensibilités.
Mais les sensibilités doivent être engagées dans les discussions politiques, comme cela a été dit dans les sections, dans le Comité, dans le Conseil, et puis quand une décision a été prise, il faut être évidemment conséquent. C'est peut-être vrai que la réflexion n'est pas simple. Nous avons aujourd'hui un mouvement politique qui est une espèce de colosse, de géant aux pieds d'argile.
Quand nous regardons, les 30, 35, 40 mille votes selon les différentes élections, contre les à peu près 2000 inscrits d'aujourd'hui, 4000 au maximum, ça signifie bien évidemment une faiblesse de notre Mouvement politique.
Nous avons besoin de concentrer nos efforts sur le Mouvement, il faut retrouver tout ce qui n'a pas fonctionné, il faut réagir, surtout à une structure qui est devenue de plus en plus sclérosée, sans dramatiser. Ce n'est pas, heureusement, l'enterrement de l'Union Valdôtaine, ce ne sont pas des funérailles. C’est un moment de passage, on a perdu les élections politiques, mais il n'y a rien de dramatique. Il me paraît que le sens d'aujourd'hui, même les interventions les plus rudes, les plus difficiles ont démontré quoi? Qu'il y a encore, pour ceux qui sont en bonne foie, la possibilité de trouver une réaction positive, de la part non des 2, 3, 4 mille inscrits, mais justement dans la société civile qui en 2003 s'était reconnue dans notre effort et dans notre proposition politique. Alors il y a des blancs: d'un côté il y a le ciel: ils sont les idées, les valeurs, les principes et de l'autre côté, par terre, il y a les actions, les lois, les réalisations, l'administration quotidienne.
Pour ce qui est des idées il n'y a aucun problème. Ça suffit: en évitant que soit une fiche de reprendre les idées du fédéralisme intégrai dans lequel l'U.V. se reconnaît depuis 50 ans. Il suffit de reprendre les idées du fédéralisme qui sont un ensemble d'idées et de valeurs qui peuvent nous démontrer l'existence non seulement du Mouvement qui est là seulement pour remplir un espace mais c'est aussi une véritable philosophie politique à la base de notre pensée. Les problèmes? Les problèmes tout le monde les connaît: il faut renouveler le Statut spécial, avec le Président du Conseil on a lancé cette initiative, la discussion du Conseil de la Vallée d'une convention qui puisse finalement nous porter à obtenir un nouveau Statut d'autonomie, parce que c'est un instrument qui a vieilli, qui ne fonctionne plus. Il faut avoir un instrument plus performant, le rôle des collectivités locales. Là aussi la discussion est ouverte, il n'y a pas de tabous.
On peut toucher l'ensemble de MERITION de notre démocratie de proximité.
L’emploi. On a évoqué, il y a une motion sur la question de la Rossignol, mais nous savons qu'il y a aujourd'hui une grande préoccupation de l'opinion publique sur la question de l'emploi et de l'occupation.
C'est vrai nous avons 3,2% de chômage en Vallée d'Aoste, d'onc un taux très bas, mais ça ne suffit pas. Évidemment il y a aujourd'hui de la part même des unionistes, une grande et croissante préoccupation et il faudra réagir avec un plan extraordinaire pour le travail. Les réseaux dont nous faisons parties, les minorités linguistiques, les régions européennes, les zones de montagne, la francophonie qui est une richesse extraordinaire, c'est vrai le franco-provençal, les parlers allemands de la Vallée du Lys mais le français nous permet de faire partie d'un réseau global, mondial qui est riche, qui est important et qui démontre la différence de notre région d'autonomie spéciale par rapport à l'homologation avec les autres régions ordinaires. Les transports, l'immigration, les changements climatiques, les réseaux technologiques, la santé avec le nouvel hôpital là où il y a le nouvel hôpital, parce que là aussi moi j'en ai marre de la démagogie. Aujourd'hui on veut trouver avec les référendums un passage contre le Conseil de la Vallée, contre la démocratie parlementaire.
Ça, on ne peut pas l'accepter. Aujourd'hui qu'est-ce qu'on fait? Ce n'est pas une initiative politique au Conseil de la Vallée: on va, on dit est-ce que vous êtes d'accord de signer un nouvel hôpital, une belle chose? Et alors tout le monde signe.
C'est une grave délégitimation de la démocratie valdôtaine et il faut faire attention. Parce que le moteur de cet ensemble c'est toujours Riccarand, ce sont toujours Les Verts qui cherchent d'une certaine façon de «sradicare » le phénomène de l'U.V. Il faut dire que la régie de l'ensemble des élections politiques autour de la candidature Nicco-Perrin doit nous faire réfléchir sur les adversaires.
Ma formation politique, quelqu'un me le reproche de temps en temps, est plutôt gauchiste, mais il est évident que ce ne s'est pas gauche ou droite le problème. C'est que notre devise reste rouge et noire. Ni rouge ni noire.
Rouge et noir et sur ça il faut être clair parce qu'évidemment on ne peut pas gouverner tout seul le Val d'Aoste. Je pense que personne en 2003 a eu la tentation de créer un gouvernement «monocolore» seulement unioniste. Et aujourd'hui nous avons une majorité, choisie à très très large majorité par les organes démocratiques de l'UV. Il y a un axe politique qui est tout à fait clair. Est-ce qu'il serait crédible aujourd'hui de proposer un nouveau changement, moi je pense que c'est tout à fait difficile aujourd'hui d'envisager des changements. L’opportunité d'un parcours futur pour retrouver les formes possibles d'une collaboration avec les DS-Gauche valdôtaine sans exclure les actuels membres de la majorité, moi je pense qu'on peut y réfléchir. Evidemment si on regarde le document de la «direzione regionale Ds Gauche Valdôtaine » de Montjovet, du 15 juin 2006, on voit que pour le moment «la sola proposta politica resta l'alleanza progressista autonomista ». C'est vrai qu'il y a une partie des Ds qui contestent ce résultat, mais je pense qu'aujourd'hui ce serait tout à fait paradoxal de voter une motion dans laquelle on dit on change de majorité et on va demander à ces gens là qui ne veulent pas l'Union Valdôtaine de refaire l'alliance avec nous.
Je voudrais terminer avec quelques considérations finales: non aux nouveaux micro partis politiques dans l'aire unioniste. Sur ça on ne peut pas être tolérant. Moi je pense que le périmètre dans lequel on peut accepter une logique d'entente très large qui permette d'avoir de nouveau des énergies qui dans le temps ont oublié les liens avec l'U.V., ce périmètre doit être tracé avec beaucoup d'attention, parce que ceux qui ont décidé de fonder et de faire un nouveau parti politique on décidé ça, contre l'U.V., il n'y a pas de doute, d'ambigüité, quelqu'un qui dit moi je reste unioniste. Non pas parce que l'unique maison ou famille, selon l'expression d'Augusto Rollandin « l'unique maison qui reste est celle de l'Union Valdôtaine. On ne peut pas dire moi je suis là mais je reste ici, ce n'est pas possible. « la bislocazione » c'était seulement Padre Pio qui la faisait. Donc, c'est tout à fait difficile aujourd'hui de penser être d'un côté et de vouloir rester de notre côté. J'ajouterais, je pense pas seulement à mon nom, mais aussi à celui des Assesseurs qui sont là, unionistes, que le Gouvernement régional ne pourra pas être prisonnier des veto. Ce qui est important, et je ne le dis pas par arrogance, ce n'est pas la question du décisionnisme mais celle que, à un certain point, il y a des choses qu'il faut vraiment affronter et les temps de discussion sont tout à fait précieux, parce que chaque fois que moi je discute des arguments je trouve des choses sur lesquelles je n'avais pas suffisamment pensé, des solutions qui s'avèrent plus intelligentes des solutions que personnellement j'avais envisagé, mais à un certain point il faut décider, on est obligé de le faire. Quant on disait pourquoi on a changé, on a raison, on a bien dit, on n'a pas suffisamment expliqué, parce qu'on ne voulait pas toucher la personne et la paralysie existait sur une série de dossiers. Le choix de changer ce n'était pas un caprice. « Ah, tu vois Luciano est capricieux, il n'a pas fait le Président en 2003 donc il va se rencontrer comme un «carbonaro » dans des réunions restreintes »… non c'était une logique de changement, pour une logique de vitesse, justement pour résoudre le problème, donc à mon avis il n'y a pas aujourd'hui la logique d'un syndrome des vetos parce que ce serait paradoxal. Au Val d'Aoste, que ce soit clair, que le bipartitisme à l'italienne est inconcevable Mais ce n'est pas une nouveauté.
Déjà dans l'après-guerre la logique de l'U.V. était celle des deux fours: il y avait un bipartitisme en Italie, c'était la Démocratie chrétienne et le Parti communiste, Evidemment nous avons aujourd'hui la nécessité de réaffirmer notre centralité, après les conséquences suivront. Moi, j'ai dis, il faut reprendre le chemin avec une partie de la gauche, les Ds Gauche valdôtaine. Sans évidemment, parce que c'est une espèce de légende métropolitaine, de faire une alliance avec la droite.
Moi, j'ai suivi avec très peu d'intérêt la question Mouvement laïque ou pas laïque. Je le comprends plus dans la logique française, Dino Viérin a raison, en France l'Etat est laïque et les mouvements politiques aussi, l'unique espèce de Démocratie chrétienne qu'il y avait a disparu. Mais je dois dire que, "issu de la Résistance valdôtaine", il n'a pas de doute. Peut-être que lors du prochain Congrès il faudra l'ajouter: «issu de la Résistance valdôtaine » parce que même en Vallée d'Aoste il n'y avait pas la même Résistance, il y avaient différentes résistances.
Enfin le danger du Populisme, Je dois vous dire que les prochaines années, et aujourd'hui Aurelio Marguerettaz a un peu annoncé les tempêtes que nous voyons à l'horizon, Padoa Schioppa a déjà dit qu'il n'y aura aucune taxation, on va toucher à la dépense publique, c'est-à-dire aux Régions. Donc pour le mois de juin nous aurons sûrement de mauvaises nouvelles de Rome. Moins d'argent, de finance et cela signifiera pour nous très probablement une manœuvre extraordinaire du point de vue financier.
Ce n'est pas un moment facile. Je pense que le problème de fonds est toujours réagir aux difficultés. Donc il est clair que, aujourd'hui, il y a le danger du populisme. C'est pour cela que nous avons besoin de ce réseau vivant de l'U.V. pas pour défendre le Mouvement mais pour réagir.
Qu'il soit clair que, si nous n'avons pas d'argent, cela signifie donner moins d'argent à la société valdôtaine, mais se n'est pas notre faute, il faudra revenir à une bataille politique sur l'autonomie valdôtaine, c'est le moment d'y venir, parce qu'aujourd'hui ce n'est pas facile le rapport avec l'Etat.
Je conclus. Nous avons passé quelque jour et quelque semaine après les élections sur le lit du psychanalyste. On a parlé des amours, des douleurs, des composantes, de sensibilité. C’a été un débat tout à fait riche, très fatigant, très dur. Mais je pense qu'aujourd'hui le temps du psychanalyste est fini, derrière la porte il y a le monde, la société valdôtaine qui attend notre réaction, qui attend même les résultats de ce Congrès et nous sommes à même ce soir et demain de démontrer: premièrement que l'U.V. est unie, deuxièmement que nous sommes prêts à reprendre notre travail, troisièmement, pour ceux qui pensaient que c'était un enterrement, qu'ils ont manqué leur objectif.
Merci beaucoup.

Pino Cerise

Chers Congressistes, je dirai avant tout que je ne suis pas ici en tant que porte-parole de la section de Fénis mais que mon intervention est personnelle, donc n'entraîne pas la responsabilité de la section.
Jamais, je crois, l'Union Valdôtaine n'a été au centre de l'attention comme dans ces derniers temps. Une période où les politologues improvisés ont foisonné les funiculaires ont pu donner libre cours à leur fantaisie, souvent convenablement adressées. L'image qu'en sort est celle d'un Mouvement à la débandade, en proie aux factions qui n'ont pas encore assimilé la débâcle électorale et de laquelle les uns en cherche de attribuer la cause aux autres.
Et comme d'habitude les succès ont plusieurs paternités, les défaites restent souvent orphelines. Personnellement ne m'intéresse point de toutes ces misères, ce qui m'intéresse au contraire est de comprendre si ce congrès qui est député à tracer les lignes du Mouvement aura la volonté et la capacité de renverser cette dégoûtante impression. Pour ce faire il faut avant tout, sans démagogie, et dans un esprit de revanche, avoir le courage de faire une analyse approfondie et sérieuse des raisons que depuis plusieurs années ont constamment fait lever le malaise dans notre Mouvement. Et on peut le faire sans nécessairement se couvrir la tête de cendre. Malaise répandue évidente, qu'on a malheureusement préféré étouffer confiant sur le sentimentalisme des unionistes, que pour pas casser, pour éviter l'expérience des déchirures du passé, auraient continué à tout avaler. Pourtant des signaux avaient été lancés mais on a préféré faire semblant de rien et dans le dernier Congrès on a préféré la loi des numéros au lieu de la confrontation. Quelqu'un a même dit avec orgueil «cette fois point de prisonniers ». Mais une série des luches manœuvres, qu'ont dépassé les niveaux de tolérance et la présence d'une alternative croyable aux élections politiques, ont poussé un grand nombre d'électeurs unionistes à s'exprimer, non pas contre l'Union Valdôtaine, mais contre un système et des méthodes qui n'appartiennent point à la philosophie unioniste et qui ne demeuraient pas sans doute dans la pensée et l'esprit de se pères fondateurs. Luches manœuvres, comme la tentative de exclure Caveri aux élections régionales, suivie du véto à sa possible présidence même face à un indiscutable consens populaire. La désagréable façon de destituer le Président Perrin, n'on pas suite à une évaluation politique, mais par un blitz fruit d'un «inciucio» entre quelque personne.
Je ne sais pas si à tort où a raison mais, par principe quand on touche la personne, je me suis presque toujours rangé du côté de ceux qu'au moment semblé puissent subir un tort perpétré par quelqu'un d'autre. Même attitude j'ai eu lorsque l'alors secrétaire du mouvement en bonne compagnie avait proposé l'expulsion de Rollandin, vous rappelez le fameux comité central de Nus. Je suis fier de m'être compté au nombre des contraires à celle occasion, quant je n'appartiens pas à la catégorie de ceux que, agiles comme les félins sont toujours’ sur le chariot des vainqueurs pour en descendre à la même agilité si jamais tombent en disgrâce. Incompréhensible il a été aussi le changement de majorité cassé avec les Ds après 14 ans de profitable collaboration, primé par le consensus populaire pour embarquer la «Stella Alpina». J'aimerais bien comprendre la noble raison politique de cette action. Des signaux alarmant on les avaient perçus dans des autres élections: les précédentes politiques Rollandin avait été élu, mais si on compte les consensus sur lesquels il pourrait confier et bien je crois que le résultat n'a pas té confortable. Pire encore le résultat des européennes: une liste faite au dernier moment, ayant perdu tout contact avec la réalité qui nous avait dans le passé soutenu, semblait une liste faite avec l'esprit sportif de coubertin où «l'important est participer», chose appréciable peut-être pour un match de football mais sans doute pas pour une compétition électorale telle que les européennes. La forte ingérence de quelques ( ... ) aux élections communales, non seulement aux dernières qui a porté à une contraposition entre unionistes jamais connue dans le passé, seulement pare que quelqu'un veut étendre aussi sur les représentants de collectivités locales, son influence et après il se professe un fédéraliste et gratifie avec l'appellatif de traître qui s'est ouvertement, sans subterfuges, déclaré contraire à certaines méthodes, et ça je ne l'acceptes pas de leçon de morale de la part de ces magouilleurs. Pour ne pas toucher la chute d'adhésion à l'Union Valdotaine terrible, jamais vérifié une chose pareil avant. Donc attention à définir le vote, qui est le plus grand exercice de la souveraineté populaire, un coup de poignard au dos, mais si l'on veut continuer à cacher la tête sous le sable comme l'autruche on peut bien le faire et continuer à dire que la défaite électorale est la cause de quelque dissident et des électeurs qui non pas compris le projet politique, bien, mais je crois qu'il ne soit pas la base sur la quelle rebâtir une action politique croyable, responsable, digne d'un mouvement populaire tel que celui de l'U.V. A mon avis la réflexion doit être déplacée sur un autre niveau. Nous devons avoir le courage de nous demander si l'Union Valdôtaine, celle qui a été conçue par ses pères fondateurs a encore une raison d'être, c'est-à-dire servir les intérêts culturels, politiques, sociaux- économiques du peuple valdôtain, je souligne du peuple valdôtain et non pas de quelque valdôtain et je ne crois pas qu'ils ont mis "culturel" au premier point, car tout progrès et tout développement pour être croyable et durable doivent être avant tout culturel et accompagné avant tout par une forte prise de conscience identitaire. Mme Gorris hier nous a énoncé toute une série de définitions du mot «identité»: je crois moi aussi qu'il ne s'agit pas d'une question de race, appartenir à l'identité valdôtaine veut seulement être conscient d'embrasser la culture valdôtaine, la vivre sous tous les aspects et essayer de la faire progresser.
Pour un mouvement populaire comme l'Union Valdôtaine l'identité est son âme même: un corps sans âme est un cadavre, un mouvement sans identité même chose, il est mort. Depuis quelque temps on continu a assister, quelques uns indifférents, d'autres impuissants, à l'agonie idéologique et identitaire de notre mouvement: je sais que parler d'identité dans ce système de mondialisation galopant à quelqu'un semble d'être parmi des troglodytes et faire de la rhétorique, mais la conscience de notre identité n'est pas un retranchement sur le passé, bien au contraire, on doit toujours être prêts à saisir les ferments de cette société nouvelle en pleine évolution et être à même de les maîtriser sans s'en phagocyter et les greffer sur le serf solide de notre culture et de notre civilisation. Je voudrais pouvoir repousser certaines affirmations parues sur un journal, il y a quelque temps, qui disait que la Vallée d'Aoste est passé trop rapidement d'un sous-développement sans misère à un développement sans identité: ce sont des affirmations qui doivent nous faire réfléchir. Pour agir convenablement avec les intérêts que je citait auparavant, et qui sont la raison d'être de notre mouvement, tout les dirigeants et les élus du mouvement aux différents échelons, devraient agir de conséquence, tant par leurs actions que par leurs comportements, pour favoriser la croissance des citoyens, citoyens responsables et conscient de leur droits et de leur devoirs, et non alimenter la mentalité des sujets souverains de tour, et les nobles de la court, peuvent à selon des cas, élargir des faveurs, ou bien adresser des sérançage pour plier à leur vouloir. Le travail, qui est un droit constitutionnel, ne peut pas être fait peser comme des privilèges, des quelles être éternellement redevables, pour nous supposer après que souvent ce n'est qu'une vente tardive. Ce sont des méthodes dégoûtantes, qui blessent la dignité de l'homme et qui doivent êtres dénoncés à l'opinion publique: personnellement je m'engagerai de le faire, en tant qu'un unioniste, avec la carte, si se vérifieront les conditions, ou bien s'en carte, peu importe, parce que les principes de l'Union Valdôtaine que j'aie embrassé depuis trente ans, influencé par l'exemple de militants unionistes, continueront à demeurer dans mes sentiments et à guider ma pensée et mon action: l'union de façade vidée de ses principes et des idéaux et quand la méthode de gestion du pouvoir est en train de remplacer quelque partie de passé ne fait pas partie de mes attentes et de mes aspirations: les administrateurs publics, à tous les échelons, doivent se rappeler, qu'en démocratie le pouvoir appartient au peuple et quand on est appelé à l'exercer, on doit le faire pour servir le peuple, et pas pour s'en servir. Je suis conscient d'avoir fait des affirmations très dures, mais la situation l'impose: ce n'est plus le moment d'assouplir les mots pour éviter le grime de lèse majesté dont quelques-uns pourraient s'en sentir touché, ce n'est pas une accusation individuelle à quelqu'un, mais un système duquel je me sens coresponsable, au moins pour ne l'avoir pas dénoncé avec la même énergie et la même détermination avant. Il s'agit d'un système qui est en train de s'étendre et qui est impératif chercher de stopper: voici une tache qui revient en premier lieu au mouvement, mais pour ce faire il est nécessaire que le président, en particulier le président et le comité fédéral, puissent exercer leur fonctions à l'abri de toute ingérence. Au contraire si quelqu'un d'eux ne sera que la longue main de quelqu'un d'autre et l'exécuteur des décisions prise ailleurs, et bien ça serait un déjà vu sur lequel étendre un voile piteux.
Mme Zublena, dans son discours, se référait aussi aux sages dissidents: pour éclaircir, je me rappelle quand elle m'avait appelé pour faire partie de ce groupe des sages, j'avais accepté avec des réserves avec toute une série de perplexités. Je lui avais dit: «S'il s'agit d'un service pour le mouvement, je suis disponible à le faire. Mais je voudrais exercer ce rôle dans des conditions d'indépendance» que je citais avant.
Le jour après j'ai rencontré l'ancien Sénateur Rollandin qui m'a dit: « Je sais que tu a accepté le rôle de sage: il faut qu'on se trouve ( ... ) ».
Pensez-vous alors l'indépendance dans laquelle se trouvent ceux qui ont des fonctions à l'intérieur du mouvement ( ... ) Attention, je ne suis pas le seul, j'ai cité un cas particulier. Je ne suis pas d'accord quand même avec ceux qui disent que pour gérer le mouvement il faut l'homme fort: il y a besoin aussi de femmes fortes mais forts de principes de démocratie, de liberté, de tolérance et de respect de l'individu, capables de se confronter avec les autres. Je suis en principe assez réaliste avec tendances optimistes, mais j'avoue que les sensations que j'ai prouvé dans ses derniers temps ne vont pas dans cette direction. Au delà de toute les autres choses, ce congrès à été déjà influencé par les séances électorales régionales de 2008, que n'aident pas à créer un climat favorable au renouveau. Ni droite ni gauche, ni voix différents ce sont des affirmations de principes génériques, tout le monde peut les partager ( ... )
Pour un mouvement qui plonge ses racines dans les valeurs de la résistance, est à mon avis trop peu: j'aimerais une fois entendre affirmer que jamais on pourra imaginer une alliance avec la droite, qui serait une offense à la mémoire des pères fondateurs et comme tuer une autre fois ceux qui pour ses valeurs ont sacrifié leurs vies.
Personnellement il me vient la cher de poule voir des clins d'œil, plus ou moins voilés, que quelque unioniste commence à lancer dans ce côté.
Personnellement j'en ai aussi marre des déclarations dès principes, des embrassons nous, voulons-nous du bien quand dans ces déclarations l'on aperçoit déjà la lame du couteau au flancs, comme j'en ai marre aussi des documents unitaires quand on sait déjà qui seront bafoués avant d'être votés. Je le répète, ce ne sont les bases sur lesquelles rebâtir une action politique digne.
Combien d'unionistes de haute valeur politique, culturelle et morale se sont éloignés de l'Union Valdôtaine tout en continuant à partager les principes? A cause des systèmes et de ces méthodes qui aussi souvent ont soulevé d'une façon peut-être un peu plus élégante du soussigné sans apercevoir aucune volonté de changement, comme se trouver face à un mur de caoutchouc, mais pas seulement entendre dire à des personnes qui sont des éternels serviteurs du pouvoir (…)
Et bien, un autre casse-couilles de moins, c'est la parole exacte que j'ai retenue.
Aujourd’hui c'est à ces casse-couilles que j'adresse l'expression de très haute considération pour l'engagement dévoué, pour le travail qualifié et désintéressé qu'ont fait, dans l'Union Valdôtaine, au service du pays valdôtain, et ma profonde gratitude pour tout ce qui m'ont appris.
J'exprime aussi mon profond regret pour la grande perte que l'éloignement de ces personnes a comporté pour l'Union Valdôtaine.
Merci

Teresa Charles

J'ai choisi comme tant d'autres unionistes de parler clair, ici, dans un des lieux désignés pour le faire et pas dans les journaux, publiquement, ce qui cause et ce qui a causé tant de mésententes et d'équivoques.
Je me servirai de trois images pour représenter la grave situation telle que je la vois.
Puis je m'attellerai à analyser les causes que j'entrevois, et enfin à suggérer quelques perspectives.
L’Union Valdôtaine a été un grand orchestre avec une glorieuse histoire, jouissant d'un grand prestige et d'un grand nombre de passionnés. Petit à petit, à travers les années, l'orchestre perd quelque chose en tant que valeur artistique mais il est toujours convaincu d'être le meilleur. Puis, à un moment donné, on entend, hélas, la première note discordante dans la symphonie unioniste. Et un peu à la fois, malgré que son public soit grandissant, l'orchestre commence à jouer faux. Les fausses notes envahissent la salle et l'orchestre cherche un nouveau directeur. Puis, on décide de changer le premier violon. Un jour, pendant le spectacle, bon nombre du public abandonne la salle pour démontrer sa déception.
Désormais la survie de l'orchestre est en grand danger, les musiciens ne font presque plus que du tapage. Malgré cela, l'orchestre jouit encore de considération en raison de son prestige passé et de sa renommée qui va bien au-delà de sa ville et de la région environnante. Mais si on ne trouve pas de solutions, l'orchestre est destiné à la déchéance et les musiciens pourraient abandonner le camp et chercher d'autres formations. Cela est inévitable si nous ne trouvons pas de solutions adéquates.
L’Union Valdôtaine est comme un grand navire, un navire puissant mais lourd et qui risque de faire naufrage. Le navire a perdu sa boussole et les capitaines se font la guerre. Les marins sont désorientés, parfois mutinés et ils rament: quelques-uns d'un côté, quelques-uns de l'autre, mais toujours vers des eaux troubles et des mers orageuses. Le navire a perdu le nord, il est temps de le retrouver et il est temps non pas de faire une trêve, mais de retrouver la paix. Autrement, arrivés au port où nous sommes, les marins se voient obligés de demander aux capitaines d'abandonner le navire pour une longue quarantaine. Seulement avec l'ordre, la paix et la discipline, la bonne volonté et la force des bras convenablement utilisée, notre navire peut reprendre le large et naviguer paisiblement comme jadis.
Dernière image. J'entends souvent ironiquement parler de méthodes africaines, j'emprunte donc une image du continent noir et Honni soit qui mal y pense.
L’Union Valdôtaine comme le Zimbabwe. Pays de l'Afrique, jusqu'il y a vingt ans, c'était un pays riche et florissant, indépendant, développé, stable politiquement, le Zimbabwe paraissait tout avoir pour progresser et se distinguer pour ses mérites au sein de l'Afrique. Les personnes sachant lire et écrire atteignaient 90%, son économie faisait envie aux pays de l'Europe.
Mais hélas, dans les dernières années la situation du pays s'est détériorée rapidement et il risque de tomber dans une crise irréversible. C'est un pays détruit. La cause de tout cela, une guerre voulue par les Seigneurs de la guerre qui, par la suite, ont perdu eux-aussi le contrôle de la situation, n'ont peut-être pas encore compris la grave situation dans laquelle ils ont jeté leur peuple désormais en grave crise.
Voilà trois images de notre triste situation. Quelqu'un dira que j'ai raison, d'autres croiront que j'ai exagéré.
Pourquoi en est-on arrivé là? Pourquoi sommes-nous déchus malgré le consensus inespéré de 2003 ?
Il faut analyser les causes et trouver des remèdes. Nous ne pouvons pas assister passivement aux déchirures et aux volontés d'anéantissement du Mouvement. Ce serait comme assister à la mort de quelqu'un sans rien faire de peur de lui nuire.
Ce qui est aussi énormément grave c'est que les luttes dans le Mouvement se transmettent aux institutions et cela nuit aussi tragiquement à l'image de la Vallée d'Aoste.
L’Union Valdôtaine, créée en 1945, est un patrimoine que la génération passée nous a laissé en héritage et que nous ne pouvons pas nous permettre de disperser ou pire de jeter aux orties.
Pour analyser les causes, je dirais qu'il y a des causes récentes et des causes plus éloignées.
Causes:
1) Le manque de respect envers des personnes dans le Mouvement qui ne pensent pas comme nous et qui par conséquent sont considérées comme inutiles ou comme des vers de terre. Ces prétentions et cette horrible habitude ont créé des hémorragies graves qui, petit à petit, ont produit un effet avalanche.
2) La fuite de l'intelligentsia locale souvent considérée comme casse-pieds qui s'est sentie mise à l'écart et considérée moins que rien. Alors que les idéalistes sont le sel de la terre, il ne faut pas laisser trop d'espace aux poètes, aux rêveurs, aux intellectuels.., mais le juste espace vital. Chose qu'on n'a pas fait.3) Le bien-être sans culture est le pire assemblage qui soit.
Le bien-être on le sait, on le répète depuis longtemps, tend à faire oublier les valeurs. Mais on ne peut pas cracher sur le bien-être, il est juste et il est humain de le chercher et de l'atteindre. Mais le bien-être sans culture est un piège.
Et nous sommes tombés dans ce piège. Sans la culture tout homme n'a pas les ressources pour pouvoir dominer le bien-être. « Il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise » disait La Rochefoucauld.
Cela signifie qu'il faut connaître la valeur de l'argent pour pouvoir le dominer sans se monter la tête, autrement on en sera victime.
4) Les personnalismes poussés. L’autoritarisme, le dirigisme exagéré. Il y a dans notre Mouvement des personnes intelligentes et rationnelles, ayant une vitesse en plus, disait-on, mais elles ont recherché en vain le juste équilibre. Ce sont de belles têtes mais de mauvais caractères, parfois rancuneux et méchants. Ces personnes par leur activité dans le passé, par leur charisme ont certes beaucoup porté à l'Union Valdôtaine, personne ne le nie mais il ne faut pas abuser. Les personnalismes sont le vrai cancer qui ronge l'Union Valdôtaine.
5) Pour venir maintenant plus près de l'administration on peut constater que parfois nous avons fixé des règles, des règles, des règles et des procédures, ce qui a provoqué le triomphe de la bureaucratie. En cela on a bien sûr suivi le vent qui soufflait dans le monde occidental mais le moment est venu de chercher à modifier, à atténuer ces mauvais effets. Avec ces règles nous ne pouvons plus mettre la personne juste au poste qu'il faut. Tout est réglé par un mécanisme infernal qui apparemment est le triomphe de la règle, mais qui est aussi le triomphe de la bêtise et de l'ineptie. La Région a peut-être prêté plus d'attention à la garantie de ses fonctionnaires qu'au service des citoyens valdôtains.
Il y a des services de la Région que j'appelle le Service Arrogance. Heureusement ils ne sont pas nombreux mais ils existent.
Ils n'ont dans la tête que leurs petites règles, ils parlent comme des livres imprimés, ils ne comprennent pas les exigences des gens, ils n'utilisent que le langage des spécialistes et ne savent plus communiquer. La pléthore de personnel de la Région est réglée par un ensemble de règles strictes qui empêchent dans certains cas un travail profitable et qui nuit souvent au bon fonctionnement de la lourde machine régionale. Le roi des bureaucrates a inventé ces lois et certaines dispositions qui nuisent au bon sens et au bon fonctionnement. Parce que les règles compliquées et les complications ne servent qua la survie des bureaucrates et pas aux citoyens.
6) Les parasites.
Il y en a trop autour du Palais régional. Les parasites sont les personnes qui vivent aux dépens des autres, leur portant préjudice.
Ce sont des personnes sans dignité et sans scrupules et au moment du besoin on ne les voit plus... Ils s'incrustent dans le tissu régional et ils sucent notre sang pendant toute leur vie. Ma maxime, que je conseille à tous les politiciens, est la suivante : « Reconnaître les parasites afin de les éviter ».
Il faut dépasser cette situation. Un pas en arrière pour tout le monde. Pour chercher à guérir non pas du malaise qui me rappelle seulement ces problèmes des dames qui n'ont rien à faire et qui souffrent d'un malaise indéfini, mais d'une maladie bien plus grave, le cancer qui nous ronge.
La Junte est tiraillée, le mouvement est tiraillé par qui mène le jeu de l'extérieur. A la présidente sortante, Manuela Zublena nous avons fait supporter une période terrible ... La Présidente a dû endurer un climat intenable et nous devons la remercier, haut et fort, pour sa patience de Job et pour son abnégation.
On ne peut pas et on ne doit pas continuer de la sorte.
On entend dire qu'il y a dans l'Union plusieurs âmes, ce n'est même pas vrai. Il y a une seule âme parce que nous sommes tous parfaitement d'accord pour souscrire les art. 1 et 2, il n'y a donc pas plusieurs âmes, mais plusieurs personnalismes, trop d'antagonismes, trop de contradictions qui ont réussi simplement à faire émerger notre côté le plus obscur. Si nous continuons de la sorte nous avons devant nous un futur sans avenir et alors ce sera la défaite totale.
Notre droit-devoir d'Unionistes est celui de veiller à ce que cela ne se produise pas.
Nous jouons les dernières cartes, nous sommes représentés pour la dernière fois par 18 conseillers, je le crains du moins. Voulons-nous continuer à précipiter dans le gouffre? à perdre ce qui nous reste de crédibilité par d'autres modifications? à changer encore une fois le panorama politique? à bouleverser majorité et gouvernement? Pourrions-nous nous permettre une ultérieure action suicidaire? La réponse ne peut qu'être non, gare à ceux qui veulent ultérieurement déstabiliser le cadre politique.
Mais, mais la cause est des autres, affirme quelqu'un. Non! La cause de notre déchéance nous devons la chercher en nous-mêmes, si nous accusons seulement les autres, nous ne ferons jamais un vrai examen de conscience, il ne faut pas se cacher les vérités, même celles qui sont difficiles à digérer, il ne faut pas pointer le doigt contre les autres, il faut voir, chacun, ses propres responsabilités.
Qui a trop commandé ?
Qui a trop obéi ?
Qui a été trop égoïste ?
Qui a été trop arrogant ?
Qui a été trop cynique ?
Qui a vu un adversaire dans les autres inscrits au Mouvement, etc, etc, etc. Il y en a pour tout le monde et nous avons la nécessité d'une catharsis, d'une purification finale.
Nous avons besoin maintenant d'une bonne pluie et nous en avons besoin comme en ont un urgent besoin nos alpages, nos pâturages et nos prés.
Propositions
Formation des inscrits. Nous devons préparer des jeunes de l'Union Valdôtaine pour exercer le leadership. Créer une élite pour les cadres de demain. Cela il faut le vouloir tous, le vouloir fermement comme un souhait et comme un devoir, cela n'a jamais été fait vraiment, et pourtant j'ai rencontré tant de jeunes avec un besoin et une envie énorme d'en savoir plus, d'approfondir, de comprendre. En 2002, j'avais organisé des rencontres de réflexion auprès du siège de Pont-Saint-Martin. Il y avait, il faut dire, du monde motivé, mais j'ai appris aussi que quelqu'un avait été déconseillé d'y participer. C'est n'est pas grave! C'était une chose de peu d'importance mais faudrait organiser cela en grand, avec des conférenciers de renom, on peut en parler.
Mais il nous est nécessaire de retrouver la sève vitale, l'enthousiasme de vivre dans l'Union Valdôtaine, l'orgueil d'appartenance, la vraie passion politique (la bonne), le dévouement vers nos idées et nos idéaux.
Il nous est nécessaire aussi de redonner un rôle à la politique, il faut en avoir le courage, le courage des grands choix qui aillent au-delà de la petite cuisine quotidienne, en abandonnant les misères qui annulent les projets de grande envergure.
L’autonomie a été depuis toujours synonyme de liberté. Si l'autonomie n'est pas liberté, elle n'est pas démocratie, je préfère le centralisme, du moins dans le centralisme on ne se connaît pas et on ne peut pas se nuire comme hélas cela arrive en Vallée d'Aoste aux familles, aux activités. Des influences néfastes se produisent. J'ai ressenti parfois un contrôle des personnes, des activités, des affaires, de la presse qui me font peur. Des traitements différents en traitant des situations parallèles qui vont contre la justice. Deux poids et deux mesures, de manière effrontée, en comptant sur l'immunité du désordre actuel.
Le problème de l'autonomie c'est comprendre que ce grand mot dont nous nous remplissons la bouche tout le temps doit aller à l'unisson avec le mot courage et que le mot courage en politique est nécessaire et indispensable, uni au mot liberté et partage des responsabilités.
L’autonomie n'est pas quelque chose que nous avons reçu et que nous devons seulement garder, elle doit être entendue comme une recherche personnelle et collective quotidienne, comme une conquête responsable de tous les jours.
Nous avons la responsabilité d'un mouvement qui est et qui a été le pivot de la politique valdôtaine et qui représente non seulement ses propres intérêts mais ceux de la Vallée d'Aoste.
Pour faire la Jeune Vallée d'Aoste au début on a dû opérer dans une demi clandestinité, l'Union par la suite a été un grand mouvement populaire ouvert. Aujourd'hui on travaille parfois dans la demi-clandestinité pour le détruire. Des réunions privées, des rencontres mystérieuses, des embuscades, des francs-tireurs. Soyons vigilants!
Mais déposons les armes. Ça vaut la peine de combattre pour nous anéantir?Que nous reste-t-il de tant de combats?
Des haines difficiles à recomposer, une débâcle électorale, la dispersion d'un énorme patrimoine, des réunions impossibles, des palabres inutiles, des énervements, des énergies jetées au vent, des actions épouvantables qui font frémir nos pères fondateurs, parce que jamais nous ne sommes tombés si bas. Voulons-nous continuer?
Ce Congrès doit donner une réponse.
Il ne faut pas laisser cela uniquement dans les mains des dirigeants, et des dirigeants il faut prétendre trois qualités que plusieurs dirigeants possèdent: patriotisme, désintéressement, capacité, les trois ensemble, deux seules ne suffisent pas - paroles saintes de Emile Proment.
La réponse va aux sections.
Les sections ont travaillé intensément dans cette période de préparation au Congrès. Un exemple lumineux nous vient de dix-neuf sections de Basse Vallée qui, en mettant de côté leurs différences, nous proposent aujourd'hui une motion unitaire et de haut profil. C'est aussi un message positif que ces sections nous lancent, toutes ensemble: trois communautés de montagne, la sixième, la septième, la huitième. Toutes les sections ont discuté ensemble et ont signé, sans exception. C'est un message qu'elles nous lancent.
La foi des sections, la vitalité des sections qui ne veulent pas mourir, qui sont pleines de rage mais aussi de volontés positives est notre ressource et notre unique sauvetage, leur résistance me réconforte, leur passion civile me soutient, leur patriotisme m'encourage, leur détermination dans le souhait et dans le besoin désintéressé de porter une aide est notre espoir, notre unique espoir.
Repartons des origines, repartons de la base, repartons du peuple.

Aldo Cottino

Avant tout bonjour à tous les congressistes et aux éventuels auditeurs qui seraient intéressés à la vie de l'Union Valdôtaine.
Je ne ferai pas de grands discours et je ne me pencherai pas trop sur les analyses de ce qui est arrivé jusqu'aujourd'hui. D'ailleurs contrairement à quelqu'un qui m'a précédé, je crois qu'on serait ici à parler et à discuter de la vie de l'Union Valdôtaine indépendamment de la toute dernière débâcle électorale. Je veux rappeler à tous les congressistes que ce Congrès avait été déjà décidé bien avant les élections du mois d'avril dernier. Et j'aurais voulu effectivement parler exclusivement du futur de l'U.V., mettre la main à la patte, comme l'on dit, sans peur de les salir, et ne pas parler du passé. Mais surtout après l'intervention de la présidente, hier, j'ai bien eu un petit regret, je dois vous l'avouer, je dois vous le dire en toute franchise. J'aurais préféré de sa part, une analyse complète bien sûr, même si je comprends son envie de se lever quelques cailloux, comme elle l'a dit. Mais je crois que sa responsabilité, la place qu'elle occupe aurait dû l'apporter à faire aussi un peu une analyse autocritique et des propositions pour le futur. Malheureusement, je crois qu'au moins 90% de son intervention a été d'accusation ou bien d'excuse pour sa conduite. Je crois que ça a été une faute, je crois que c'est quand même un baisse de style que je n'aurais pas imaginé de sa part.
Et maintenant venons à l'Union Valdôtaine.
Je crois qu'il y a plusieurs volets qu'il serait nécessaire d'analyser. Malheureusement le temps à disposition devrait être de dix minutes. J'essayerai de rester dans ces temps. Alors, les volets organisationnels de l'Union Valdôtaine. Avant tout, peut-être moins important, pas très peu de monde en parlera, je crois que nous avons la nécessité de reporter l'Union Valdôtaine à être le pivot de la politique valdôtaine, et pas seulement valdôtaine, en évitant l'isolement, en faisant le contraire de ceux qui se renferment dans une tour d'ivoire en pensant que ce sont les autres qui doivent venir les trouver et se pencher vers eux ou s'excuser de leurs petitesses. Bien au contraire. Je crois que l'U.V. a la nécessité en Vallée d'Aoste de faire toujours les premiers pas envers les autres, petits ou grands qu'ils soient. Je crois que pour faire de la politique, pour coordonner, (en effet tous les passages nécessaires, j'oserais dire presque chaque jour, dans la politique), on ne peut pas et on ne doit pas attendre que ce soient les autres qui fassent les premiers pas. Bien sûr cela vaut aussi pour ce qui concerne l'isolement dans lequel nous sommes tombés au niveau italien et au niveau international. Nous faisons partie de plusieurs organisations au niveau italien et international, mais nous ne les avons plus suivies, et alors je crois que les prochains dirigeants de l'U. V. devront aussi à ce propos faire un examen sérieux, vérifier jusqu'au fond sur quoi il est nécessaire (moi je le crois parce que je suis contre l'isolement) s'ils croient nécessaire d'y participer et s'ils croient nécessaire de le faire d'une façon sérieuse.
En ce qui concerne les sections. Quelqu'un a dit: les sections sont très vitales, les sections ont bien travaillé, les sections sont très bien organisées. Eh bien, moi je dois dire que si cette affirmation est exacte, cela ne vaut sûrement pas pour toutes les sections. Il y a sûrement des sections qui travaillent, il y a sûrement des sections qui savent ce qu'elles veulent, mais il y a malheureusement un tas de sections qui si elles ne sont pas bousculées, si elles ne sont pas poussées à travailler, elles ne travaillent pas. Et alors, c'est l'un des engagements les plus importants que je demande d'une façon claire au futurs dirigeants et en particulier au futur président, que du moins sauf des surprises absurdes, devrait être l'ami Cesal. C'est vrai, lui dans son programme a prévu que devrait y être un lien d'un certain type avec les sections. Mais, je le dis d'une façon claire, je suis convaincu qu'il a envie de faire tout ce qu'il a dit, il a ma pleine confiance, mais évidemment je serais ou je pourrais être pour le futur et aussi pour mon ami Guy, disons l'âme critique pour le futur, si aux mots il ne fera pas suivre les faits qui sont beaucoup plus importants que ce que nous allons écrire, que ce que nous disons.
Et alors quelle est l'Union Valdôtaine que je voudrais? Alors avant tout une Union Valdôtaine qui soit fidèle à ces principes, aux principes qui sont écrits dans les articles l, 2, 3. Fidèles, même si c'est vrai, quelqu'un l'a dit, même si le monde change, même si on a la nécessité de nous moderniser, ces principes restent valables. Mais ces principes ne peuvent pas être écrits seulement dans les articles l, 2, 3, sans qu'on les diffuse, sans qu'on les discute. Quand j'étais jeune et je participais aux réunions, ça m'arrivait souvent d'entendre parler des principes sur lesquels se basait l'Union Valdôtaine. Je dois l'avouer, que même par ma faute, peut-être, que dans les derniers temps cela est toujours plus rare. Et donc, à mon avis cela doit être relancé. Une Union Valdôtaine qui soit réellement démocratique et pas de façade; une Union Valdôtaine qui ait le courage de se faire une autocritique interne, mais une U.V. qui, après avoir pris la décision, soit capable de la porter de l'avant, et sûrement pas d'être ou de falloir se démentir elle-même parce que, ailleurs d'un autre côté, quelqu'un a décidé des choses différentes. Cela n'est pas possible. Les décisions doivent être prises à l'intérieur des Organismes de l'Union, sans que quelqu'un d'autre puisse, à la suite, les changer parce qu'il a pris ou il a travaillé ou il a fait des accords ailleurs. Et donc une U.V. qui ait réellement le respect des rôles et pas seulement des méthodes. Et pour avoir le respect des rôles, il faut avoir le respect évidemment des Organismes, il faut savoir exactement quels sont le devoir et le droit des Organismes, sans imaginer de pouvoir les dépasser et après avoir peut-être le courage de critiquer ceux qui ont dénoncé certaines choses. Une U.V. qui sache dialoguer sans confusion des rôles, mais qui sache dialoguer avec ses élus pour discuter à l'intérieur de ces Organismes des choix politico-administratifs d'une certaine envergure et donc avoir, je ne dis pas un contrôle, mais une collaboration constante avec ses élus. Une U.V. qui sache privilégier l'esprit de service à la communauté et qui ne privilégie pas l'exercice du pouvoir. Une U.V. qui sache discuter et se confronter sur tous les problèmes en les prenant par temps et ne pas ensuite aller à la remorque de tel ou tel autre parti de telle ou de telle autre administration.
Voyez la liste pourrait être encore très longue. Mais je pense, tout de même, qu'avec quelques exemples j'ai pu donner l'idée de ce qui est mon opinion, et de quoi penser aux futurs dirigeants et en particulier, comme j'ai dit auparavant au futur Président de l'U.V.
Pour finir, en essayant d'être cohérent avec ce que j'ai dit avant à propos du temps, moi je dis que si l'U.V. de demain sera celle que je viens de préconiser, c'est celle que je viens de tracer en des lignes bien simples et bien en vitesse, et pour ce faire, pour rejoindre ces objectifs, il est nécessaire que je me mette de côté, que je fasse des pas en arrière, je vous le dis en toute tranquillité, je n'en fais pas un, j'en fais dix. Par contre, si c'est pour ne pas déranger les «manovratori », entre guillemet et entre parenthèse, et je le dis au pluriel, si c'est pour faire place à ceux qui pensent de trouver à l'intérieur de l'U.V. quelque chose de différent d'un Mouvement qui doit être au service de la communauté valdôtaine, alors je vous dis, en toute tranquillité que, malgré mes cheveux gris, je serais encore disponible à faire un tas de batailles. Je ne sais pas de quelle façon, je ne sais pas encore comment cela pourra, cela devra être décidé sur la base des événements, au fur et à mesure qu'ils mûrissent. Et je le dis en toute tranquillité, d'une façon claire, quand j'ai décidé d'appartenir, et quelqu'un le jour où j'ai parlé d'appartenance à l'U.V. a fait des commentaires, parce qu'il a fait des distinctions peut-être même valables,. mais entre appartenance et adhésion. Bien sûr dans ma poche j'ai la carte d'adhésion à l'U.V.. Mais le fait d'appartenir ou non à l'U.V. c'est plus une question intime qu'une question extérieure, qu'une question étymologique. Donc, je n'ai pas de crainte à dire que j'ai adhéré à l'U.V., j'ai décidé d'appartenir à l'U.V. pas parce que je suis tombé amoureux de son écusson, même s'il est beau et si je l'aime bien, mais j'ai décidé d'appartenir à l'U.V. pour ce qu'elle était, pour ce que l'U.V. représentait pour la société valdôtaine, pour ce que l'U.V. représentait pour cette communauté. Communauté d'ailleurs qui m'a donné beaucoup et c'est pour cela que j'estime devoir et pouvoir rendre de quelque façon quelque chose en appartenant à l'U.V., en travaillant pour elle et si c'est nécessaire en faisant des batailles à son intérieur.
C'est pour cela que je veux conclure en disant: Vive l'Union Valdôtaine qui travaille, qui travaille au service de cette communauté. Vive l'U.V. qui respecte surtout les principes pour lesquels elle est née, et donc en d'autres mots, Vive l'U.V. telle qu'elle a été conçue par ces fondateurs. C'est de cette façon que j'estime pouvoir, peut-être, être encore utile à l'Union Valdôtaine.

Piera Diémoz

Je fais partie des 23.000 électeurs qui ont voté Rollandin, candidat de l'Union Valdôtaine au Sénat.
Quand j'ai vu le résultat des votations j'ai ressenti une forte déception et une grande rage, d'autres au contraire ont fêté.
Quand je m'étais inscrite à l'Union Valdôtaine j'avais lu les Statuts du Mouvement et je les avais acceptés. Ce qui m'embête le plus c'est le comportement pas correct et le manque total de respect des règles du Statut de la part d'un grand nombre d'Unionistes DOC et le fait que parfois le Statut même n'est pas été fait respecter par la Direction du Mouvement. Je voudrais proposer quelques exemples de comportements non corrects:
- Le comportement des six francs-tireurs a été, à mon avis, très honteux et très malhonnête, avec un manque total de respect envers l'électorat et a démontré avec quelle genre de personnes nous avons à nous mesurer.
Je comprends que mon point de vue sur ce problème est plutôt fort et radical, mais je suis prête à modifier mon idée si je connaissais les motivations de leur comportement.
Ne pensez-vous pas que ce Congrès pourrait être une bonne occasion pour ces personnes d'avoir le courage de parler et de nous expliquer, enfin, des motivations peut-être partageables? Andreotti disait que «a pensar male a volte ci si indovina» ou quelque chose de similaire.
II m'arrive de penser, et sûrement je pense mal, que quelques-uns des francs-tireurs qui alors avaient voté contre Charles Perrin, président, a participé à la fête de son élection à la charge de Sénateur.
Deux mots sur l'affaire Louvin.
8 Février 2005. Conseil Fédéral: Louvin et ses amis participent à la réunion en tant qu'adhérents au Mouvement, exposent leurs raisons en pleine liberté, se déclarent des véritables Unionistes. Successivement Louvin demande l'inscription à la section d'AosteVille.
Dino Viérin et Franco Vallet soutiennent les raisons de Louvin, envoient aux journaux, à jours alternes, des communiqués de presse (nous étions en pleine campagne électorale).
Dans le «Peuple» du 17 Mars ils critiquent durement la décision du Comité Fédéral à propos de la non inscription de Louvin à la section d'Aoste. Ils disent « .. . Nous exprimons notre désaccord. .. en raison du non respect des procédures et des règles établies par les Statuts de l'U.V. ... Le comportement de Mme la Présidente et les décisions arbitraires du Comité Fédéral atteignent une gravité sans précédent. .. ».
Malheureusement pour Viérin et Vallet, le 27 Janvier 2005, presque deux mois avant ce communiqué, Louvin, avec d'autres Unionistes avait constitué officiellement, en la présence du notaire, un nouveau mouvement politique, «Aosta Viva».
De façon très claire, l'art. 4 des Statuts de l'U.V, entre autres, reporte « .. L'adhésion à l'Union Valdôtaine est incompatible avec l'appartenance à d'autres mouvements ou partis politiques».
Pas un mot de la part de Viérin et de Vallet face au grave comportement de Louvin et compagnie.
Dès alors les règles et les Statuts sont piétinés et ignorés complètement. Chacun leur donne sa propre interprétation.
16 Février 2006. Conseil Fédéral: Charles Perrin présente un document qui, soumis à votation, obtient 7 voix favorables; passe à large majorité un document de la Présidente qui rapporte en partie la proposition de Perrin.
Après quelques jours, dans "La Stampa" «Perrin esce dal'U. V. e sfida Rollandin ».
Pour moi ça a été une grande déception de la part d'une personne que j'estimais et soutenais et qui, il y a quelques mois, disait: «S'il y a un sentiment de malaise à l’intérieur du Mouvement il faut trouver des remèdes, mais faisons tous nos débats à l'intérieur du Mouvement».
Nous étions en pleine campagne électorale, les élections s'approchaient, presque tous les jours dans les journaux nous lisions des communiqués de presse:
28 Mars 2006 - "La Stampa" César Perrin déclare «c'è una cappa di piombo che pesa sulla Valle d'Aosta, quindi appoggio Nicco e Perrin». Où était César Perrin dans ces dernières années?
30 Mars 2006 - "La Stampa" - Le syndic de Fénis, Pino Cerise l'appel de l'U.V. au respect de l'art. 4 des Statuts embêter, «avevo pensato di appoggiare solo Nicco, adesso appoggio anche Perrin).II ne fait plus partie des «Saggi».
2 Avril 2006 - "La Stampa" - Vicquéry "lascia l'incarico di Saggio » .. . «Troppi paletti ... ».
Même jour, toujours dans la Stampa, Stévenin: «Ma è ancora possibile esprimere dissenso nell'Union Valdôtaine?».
N'oublions pas que nous étions à quelques jours de la date des élections.
6 Avril 2006 - "La Stampa": Fidèle Borre si schiera con Perrin: «È l'occasione per dare uno scossone al Movimento».
L’année précédente, toujours dans "La Stampa" il disait «Louvin, con l'essersi messo a capo di una lista alternativa si è di fatto messo fuori dall'U.V., ha violato le regole che sono alla base del movimento, Louvin non può dire di essere unionista e poi infischiarsene delle regole che l'U.V. si è data».
8 Avril 2006 - "La Stampa": Agnesod déclare "non mi sento un transfugo, la mia è una scelta unionista. Non sono ammissibili le intimidazioni e basta con questa storia dei veri unionisti». II confirme que quand il était assesseur « le clientele erano in misura fisiologica. Adesso si è passati a un sistema, è la fine della democrazia».
15 Avril 2006 - Quatre jours après les élections, "La Stampa" rapporte un document signé par les dissidents et par Adriana Viérin « ... è il momento di gioire del successo chiaro e senza equivoci riportato nelle elezioni politiche del 9, 10 Aprile, ecc., ecc.»
. Votre intention, bien calculée, était celle d'éliminer politiquement Rollandin?
Je me serais attendue, de votre demande et je vous questionne: si Louvin, Vallet, Viérin, Agnesod, n'avaient pas été obligés de quitter leur charge à cause de la limitation du mandat; si Charles Perrin était resté président du Gouvernement, Vicquéry assesseur, etc, serions-nous, aujourd'hui, à Saint-Vincent, dans ce Palais des Congrès, à parler et à discuter du futur de l'Union Valdôtaine, ou bien la vie administrative et politique aurait continué plus ou moins comme avant?
Comme avait dit Agnesod «con le clientele in misura fisiologica e con la democrazia salva»?
Pour conclure, je voudrais dire que même en partageant en partie les arguments, les critiques des dissidents, je ne pourrais absolument pas être d'accord sur la méthode et sur le comportement adoptés par ces unionistes.
Je veux aussi remercier beaucoup, de tout mon cœur, la Présidente Manuela pour avoir fait son possible, dans une période de crise bien délicate et difficile pour le Mouvement, et avoir lutté souvent contre d'anciens politiciens pleins de ruses et d'astuces et, comme diraient les italiens, «con un pelo cosi sullo stomaco»
. Merci.

Entraide des Femmes Valdôtaines

L'Entraide des Femmes Valdôtaines,

- ayant pris acte que la langue de nos pères et de nos mères, de nos ancêtres, est devenue au sein du Conseil Régional comme dans l'Union Valdôtaine une langue rare;

- ayant constaté que dans les Sections, afin de donner l'opportunité à tous de s'exprimer, on parle patois ou plus souvent italien;

- ayant pris acte que les Administrateurs de l'Union Valdôtaine croient tellement dans l'épanouissement de la Langue française dans le domaine scolaire, qu'ils n'ont pas été à même de travailler pour sa réalisation, ni du point de vue normatif avec l'application des articles 29 et 40 au niveau de l'école secondaire de deuxième degré, ni du point de vu strictement didactique en activant des contrôles systématiques sur l'acquisition des compétences langagières des élèves à tous les degrés scolaires, où on ne s'est borné qu'à payer des centaines de millions pour des recherches que, heureusement, peu de personnes ont lues;

- ayant constaté à maintes reprises le désintérêt des Administrateurs régionaux vis-à-vis de la langue française;

- ayant pris acte que les jeunes ne se sentent pas à l'aise à s'exprimer dans une langue qu'on leur a mal apprise et dont ils ne comprennent pas le parcours historique;

- ayant constaté le mauvais exemple donné par nos Conseillers régionaux qui ne s'expriment en français que lorsqu'ils sont obligés;

- vu le moment vraiment difficile que nous sommes en train de traverser, en tant que Mouvement, moment dans lequel il est indispensable, vital, que tout le monde puisse pouvoir exprimer sa propre idée, en toute liberté et sans contraintes langagières

PROPOSE

à vive voix, même si avec beaucoup d'amertume et le cœur gros, à niveau transitoire, vu le moment difficile

- que tout le monde, dans tous les organes du Mouvement, puisse s'exprimer dans la langue dans laquelle il se sent plus à l'aise;

- que les nouveaux Assesseurs régionaux responsables de la Culture et de l'Éducation soient vigilants afin que finalement l'argent des Valdôtains, dépensé pour l'apprentissage de la langue française (de la maternelle au bac) ait une retombée qualitativement adéquate;

- qu'il y ait un contrôle rigoureux dans les écoles, pour que les enseignants enseignent vraiment en utilisant la langue française, tout en considérant qu'ils touchent la prime de bilinguisme;

- que les enseignants soient obligés de suivre des cours de formation linguistique dans des pays francophones (Madame Viglino docet);

- qu'on mette en place des formes de financements transfrontaliers, transnationaux et européens, pour permettre un vrai «bain linguistique»;

- qu'il y ait le soutien et le renforcement de la langue française, par tous les moyens, y compris les médias, avec la constitution de forums transfrontaliers sur des thématiques communes et d'actualité;

- que tous les Valdôtains, de souche et d'adoption, se coalisent afin de se réapproprier la langue de nos ancêtres qui est le fondement de notre Autonomie.

 

Elettra Crocetti

René Favre

Lors des réunions préparatoires du Congrès, la Section d'Aoste-Ville a élaboré une série de réflexions sur les thèmes proposés par le Comité Fédéral.

Principes de l'Union Valdôtaine
Pour ce qui est de l'orientation politique générale, la Section d'Aoste-Ville reconnaît, bien évidemment, la validité des principes contenus dans les articles 1 et 2 des Statuts de l'Union Valdôtaine.
Elle envisage toutefois que soit assurée davantage la diffusion des principes et des valeurs de l'Union Valdôtaine, notamment à travers les Sections et les organes de presse.
Il faudrait également faire mieux connaître le parcours accompli par notre Mouvement, en illustrant les difficultés qui ont marqué son histoire et les résultats obtenus, parfois au prix fort, par tous ceux qui se sont battus pour une Vallée d'Aoste meilleure.
C'est à partir de ce passé que nous voulons aujourd'hui construire notre avenir. Nous sommes fiers de ceux qui nous ont précédés et du travail accompli jusqu'à ce jour.
Nous ne voulons pas tout remettre en question.
Les résultats obtenus sont là sous nos yeux: le bien-être que nous connaissons aujourd'hui est le fruit de l'Autonomie spéciale qui fait partie de la raison d'être de notre Mouvement.
Il revient maintenant aux élus de l'Union Valdôtaine ainsi qu'à tout Unioniste de savoir gérer au mieux le capital précieux qui nous a été légué et de le faire fructifier au profit de tous les Valdôtains.
D'autant plus qu'après avoir obtenu la majorité absolue au Conseil de la Vallée - un formidable résultat recherché depuis près de 60 ans - il est important de comprendre que tous les Unionistes doivent faire appel à leur responsabilité et à leur engagement pour que l'Union Valdôtaine continue de jouer un rôle central dans la politique valdôtaine.
Nous ne revenons pas du Moyen âge, nous n'avons donc pas besoin de Renaissance ou de faire tabula rasa.
Car, au-delà de la crise économique actuelle, le système Vallée d'Aoste est solide et bien apprécié à l'intérieur et à l'extérieur de notre Région.
Il est profondément regrettable que de nos jours il y ait des gens qui puissent arriver à exploiter cette crise et y trouver un prétexte facile pour affirmer que la Vallée d'Aoste est depuis toujours repliée sur elle-même.
Il serait vraiment dommage que les Valdôtains se laissent encore séduire par ceux qui aujourd'hui veulent tout changer en mettant du vin nouveau dans de vieilles outres et qui n'hésitent pas à faire dans le défaitisme et le catastrophisme pour combler un déficit de visibilité ou réaliser leurs propres intérêts.
Cela, vraiment, c'est trahir le sens de l'Autonomie!

Programme politique
En ce qui concerne plus particulièrement les questions inhérentes au programme politique de notre Mouvement, la Section s'est trouvée d'accord pour reconnaître qu'il revient au Congrès de fixer les objectifs fondamentaux de l'action du Mouvement, comme prévu par l'article 3 des Statuts.
Pour toutes les autres questions plus spécifiques, comme par exemple les ' alliances politiques, ce sont en revanche les organes dirigeants du Mouvement qui devront trancher au cas par cas, en vue de rechercher la solution la plus convenable pour la réalisation des objectifs de l'Union Valdôtaine.
Etant donné le rôle central de notre Mouvement au niveau régional, nous estimons que les alliances politiques devront se faire à partir de la disponibilité des autres forces à accepter notre programme.

Situation politique actuelle.
Nous jugeons prioritaire aujourd'hui de préserver autant que possible la stabilité politique et la gouvernabilité de la Région qui ont depuis toujours été un atout pour notre Mouvement et ont été à la base de sa croissance et de son succès.
Il importe que l'équipe gouvernementale actuelle puisse travailler dans une juste sérénité pendant les deux prochaines années.
Un remaniement au sein du Gouvernement régional ne se justifierait aujourd'hui qu'en vue de remplir le poste vacant de l'Assesseur à l'Éducation et à la Culture.

Modifications statutaires
Pour ce qui est plus particulièrement de la vie de notre Mouvement, nous accordons une grande importance au respect des décisions prises par les organes dirigeants.
A la lumière des faits récents qu'a connus notre Mouvement, nous souhaitons par ailleurs que le Comité Fédéral puisse jouer pleinement son rôle en appliquant les sanctions prévues par les Statuts à l'encontre d'un adhérent qui aurait tenu des propos non conformes à la ligne générale du Mouvement ou des comportements contraires aux dispositions statutaires.
Nous sommes également conscients que si toute modification statutaire peut aider à surmonter la situation difficile actuelle, aucun changement ne peut réellement se faire de façon mécanique, sans un sérieux engagement moral de la part de tous les Unionistes à respecter les décisions prises démocratiquement par les organes du Mouvement.
En particulier, nous considérons comme moralement inacceptable de céder au chantage de ceux qui, tout en exprimant une opinion minoritaire, prétendent dicter leurs conditions à la majorité menaçant de quitter le Mouvement.

Organisation du Mouvement
Pour ce qui est de l'organisation de notre Mouvement, la Section a voulu notamment attirer l'attention sur la vie des Sections qui constituent la cellule première du tissu organisationnel et idéologique de notre Mouvement.
Il nous a semblé utile de rappeler l'importance de relancer leur rôle en ayant bien présent à l'esprit que, pour restaurer la confiance des Valdôtains dans l'action politique, il faut savoir les écouter, agir avec eux et pour eux.
Pour ce faire, les Sections demeurent le lieu propice pour favoriser la participation des inscrits au débat, intégrer leurs préoccupations au projet du Mouvement et encourager leur engagement dans la vie politique.
En vue de rendre plus attractive la vie des Sections et resserrer davantage les liens entre les inscrits, il est également souhaitable d'encourager des moments de partage, de convivialité et de socialisation. J'aimerais enfin conclure cette intervention en soumettant à la réflexion du congrès un extrait d'un article qu'un ancien président d'honneur de notre Section, M. Emile Proment, écrivait en 1955 sur «Le Peuple Valdôtain» à propos des tentatives d'affaiblir et de diviser l'Union Valdôtaine:«Nos adversaires continuent de soutenir dans leurs journaux que l'Union Valdôtaine, telle qu'elle est conçue et formée actuellement, est plus faite pour diviser les Valdôtains que pour les unir (. . .). Il est facile de voir la conséquence de ce que nous proposent ces prétendus partisans de la 'vraie' Union Valdôtaine 'telle qu'elle devrait être' c'est l'émasculation, c'est l'affaiblissement de l'Union Valdôtaine par rapport aux partis classiques, c'est l'affaiblissement du parti régionaliste et aux partis classiques, c'est l'affaiblissement du parti régionaliste et valdôtain par rapport aux partis nationalistes et romains ... avec toutes les conséquences qu'un tel affaiblissement entraînerait pour l'avenir de l'autonomie.
Ce que nous proposent ces partisans de la 'vraie' Union Valdôtaine 'telle qu'elle devrait être, c'est tout simplement une union de traîtres et de lâches »

Antonio Fosson

Mesdames et Messieurs les Congressistes et mes chers Présidents, bonjour, je parlerai en mon nom personnel, même après consultation avec ma section.
Il est juste, à mon avis, de prendre la parole vu l'importance de l'occasion, c'est avec de la pudeur que je le fais, mais aussi avec la conviction que c'est le bon moment pour essayer de répondre à la confiance que le Mouvement m'a accordée. Le moment politique en général est particulièrement grave.
Quelqu'un a déjà parlé, Monsieur Marguerettaz, de crise économique, de la baisse des ressources à notre disposition.
Et, dans ce cas, les administrateurs qui doivent économiser ne sont sûrement pas sympathiques et il faut le dire. Dans le domaine de la Santé, comme dans celui du Tourisme, c'est le moment de bien administrer, en utilisant taus les professionnels, taus les hommes sérieux. Et à ce propos, il faut reprendre le rapport direct avec la société, avec les gens. Mais dans les moments de crise, il y a même du positif: il faut de là repartir et renouveler. Mais une politique digne de ce nom doit avoir comme but celui de regarder aux intérêts de son propre peuple, de garantir son développement et de sauvegarder sa créativité. Il y a à peine quelques années, notre force était la considération de l'autre personne, comme quelqu'un avec qui travailler, qu'il s'agissait d'un entrepreneur au d'un ouvrier, au d'un directeur de banque, tandis qu'aujourd'hui on a souvent la sensation de se trouver face à quelqu'un auquel on ne peut pas avoir confiance.
Par conséquent, nous voyons un peuple effrayé et désorienté qui ne peut plus compter sur la politique comme élan, ni sur l'homme politique comme porte-parole des besoins des personnes qu'il représente.
Il faut viser à l'homme, à sa puissance de bien et de construction, et non pas à un système centralisateur. Et quand je dis à l'homme, je pense à tous les hommes. Un Mouvement qui doit être ouvert, sensible aux problèmes de tous, de ceux qui veulent discuter, se confronter, travailler avec nous.
Un peuple confus et déçu est un peuple partagé.
Dans un appel paru récemment et signé par des personnes considérables de la culture italienne, j'ai lu que «l'Italie se trouve dans un état d'urgence qui n'a pas été suscité, avant tout, par le débat politique, par la crise économique non plus mais par un facteur dont même la politique et l'économie dépendent, et que toute force politique «de droite» au «de gauche» rapproche à une possibilité de reprise pour le Pays», c'est-à-dire l'éducation, la culture. Ce thème intéresse chacun de nous, à n'importe quel âge, parce que c'est à travers l'éducation qu'on construit la personne, et donc la société.
Éduquer, faire connaître et comprendre la réalité et le sens des choses, en exploitant le patrimoine qui nous vient de notre tradition culturelle, cela est possible et nécessaire et c'est une responsabilité pour tous. Il faut mettre en valeur la ressource la plus importante qui reste à notre Région: le peuple.
Le vrai espoir se trouve dans l'expérience de la nouveauté que la vie quotidienne nous rend toujours possible, dans les œuvres que nous construisons, dans les propositions politiques que nous poursuivons. Tout le reste, tôt au tard, s'écroule sans laisser aucune trace.
A partir du contact avec les gens on redécouvre ses racines, sa culture, son particularisme et surtout l'identité qui est une valeur en devenir, un projet.
Madame Gorris l'a bien dit hier, notre culture.
Je pense avec joie à un Mouvement qui est la maison commune des différentes sensibilités, de celle catholique, de celle qui se rapporte à des autres valeurs.
Je n'ai pas compris la polémique sur le terme laïque.
Il y a dix sens de la parole laïque dans le langage commun: le Zanussi dit: «laïque ça veut dire qui ne dépend pas de la hiérarchie ecclésiastique ».
Personne ne veut un parti confessionnel. Peut-être veut-on dire autre chose: c'est depuis 60 ans que dans le Statut du Mouvement il n'y avait pas écrit et mis en évidence le terme laïque, il était sous-entendu.
De plus ni droite-ni gauche: c'est là la sagesse de notre Mouvement. Ni droite, a bien dit Monsieur Cerise ce matin.
Jamais d'accords avec la droite mais Monsieur, ne pas se marier tout de suite une gauche, une gauche qui est particulière maintenant.
On doit rappeler que les maquisards valdôtains ont créé l'Union Valdôtaine parce qu'ils ne partageaient pas les principes philosophiques des maquisards communistes.
Pourtant, quel pourrait être le «système Vallée d'Aoste», sans l'Union Valdôtaine? Quel avenir, quel espoir avons-nous sans ces valeurs-là? Redécouvrons donc l'orgueil d'appartenir à cette histoire, à nos gens.Mais maintenant notre particularisme doit se traduire en pleine efficacité.
Ceux qui sont partis, pensent être devenus, tout à coup, des génies, des champions d'éthique. Soudainement, ils ont perdu la mémoire, ils ont oublié ce qu'ils ont fait dans les quinze années précédentes, partie de cette famille. Ils se sont découverts purs, ils n'avaient jamais eu une famille, des frères.
A ceux qui parlent tout à coup d'éthique nous répondons avec le travail, avec la disponibilité, avec l'engagement.
Travail et engagement qui, dans ces dernières années, ont toujours été intenses et continus. Ce travail nécessaire, celui qui souvent n'a pas été mentionné par la presse, une presse occupée trop sauvent à décrire seulement les aspects négatifs.
Je me permes d'entrer dans le particulier.
Le plan sanitaire, qui a été récemment approuvé presque à l'unanimité, est un exemple de ce travail de tous les élus, de cette envie de se confronter avec les autres.
Quelqu'un m'a dit que je ne devais pas ouvrir la polémique à propos de l'hôpital.
Je réponds que le problème n'a pas été encore résolu et que je veux le résoudre. Et cela à partir des décisions précises par le Mouvement que j'ai partagées et soutenues.
Pour offrir une assistance sanitaire meilleure aux Valdôtains, un bâtiment hospitalier unique est nécessaire, afin de réunir et économiser nos ressources.
Et avoir ce bâtiment au centre de la ville, auquel les personnes âgées et les handicapés peuvent accéder facilement, est une valeur ajoutée!
Dans le passé l'Union Valdôtaine l'a bien décidé mais maintenant il faut, pour notre dignité et responsabilité, achever le projet.
Pour la responsabilité que nous nous trouvons à exercer, pour le respect dû à nos gens, pour l'importance historique du Mouvement de l'Union, dans l'effort de réunir toutes les ressources positives et constructives, nous devons continuer sur ce chemin, avec une nouvelle vigueur et en étant franc avec des Valdôtains.
On a la vocation à l'excellence. «II y a des Peuples qui sont des flambeaux pour les autres», c'est écrit dans le Conseil de la Vallée. Je suis d'accord. Nous sommes obligés et nous voulons offrir l'excellence. Mais cela commence dans le devoir de cohésion et d'unité. C'est là notre engagement, notre travail.
Merci.

Osvaldo Naudin

Amis congressistes, chers amis de l'Union Valdôtaine,
Mon intervention sera divisée en deux parties: la première partie en tant que représentant des sections d'Introd, d'Arvier, d'Avise, de Rhêmes-Saint-Georges, de Rhêmes-Notre-Dame, de Valgrisenche, de Valsavarenche et de Villeneuve; la deuxième sera à caractère personnel en ce qui concerne ce moment difficile pour l'U.V.
Avant le Congrès ont été organisées plusieurs réunions entre les sections, qui ont été précédées par les réunions des sections, par toutes les sections de notre zone, on doit dire que ça faisait beaucoup de temps qu'on ne se retrouvait plus pour discuter des problèmes du Mouvement. C’a été donc une occasion qu'on a retrouvé et qu'on a retrouvé avec enthousiasme et aussi avec un peu de tensions. Quand même, je pense que c'est important de recommencer à travailler, à travailler ensemble pour les problèmes qui concernent l'U.V. De ces réunions est ressorti un document unitaire que nous soumettons à l'attention du Comité et du Congrès de l'U.V. Pendant ce Congrès, l'U.V. est appelée à faire une profonde et sérieuse réflexion sur son état de santé, aussi à la lumière des résultats de ces dernières consultations électorales qui l'ont vue largement battue.
On dit que le meilleur médecin c'est la maladie; ça ne correspond pas toujours à la vérité mais, dans notre cas nous ne pouvons pas permettre que d'autres nous fassent le diagnostic pour nous. Une fois que la situation s'éclaircit se sont ils apitoyés sur notre sort?
Nous avons le devoir de réagir pour identifier les justes thérapies, si c'est d'une maladie qu'il s'agit. Compte tenu du résultat électoral, et de son homogénéité sur le territoire, nous croyons que l'U.V. n'a pas été atteinte par un rhume passager ( ... ) ayant une origine à l'extérieur. Mais au contraire nous estimons que la cause principale est à rechercher à l'intérieur de notre Mouvement.
Dans ces dernières années, l'U.V. a trop souvent opéré des choix politiques incompris et incompréhensibles par une partie de la base, qui au moment de payer était mise en condition de pas partager; au moment de s'exprimer par le vote, face à une alternative de taille l'électorat l'a consciemment abandonnée lui reprochant un manque de transparence.
Pour beaucoup d'années dans l'U.V. a manqué la transparence. Il est certain qu'une fois analysé il faut procéder et voir de quelle façon on peut travailler pour récupérer la confiance perdue de nos inscrits, de nos sympathisants.
Nous estimons que la modification statutaire ne devant pas faire l'objet de ce Congrès. Les règles existent, c'est à chacun de les faire respecter. Ce n'est pas croyable ni raisonnable de soutenir que ce sont certaines mauvaises règles contenues dans notre Statut qui causent le malaise et éloignent du Mouvement une partie des Unionistes, et que c'est simplement avec la modification statutaire que l'on pourrait parvenir à compacter à nouveau le Mouvement. Ce n'est pas vrai ça.
Toutefois, nous estimons que toutes les propositions concrètes quant aux modifications du Statut doivent être prises en considération. Et, après avoir été élaborées par le nouveau Comité fédéral, elles pourront être le point de départ d'une mise à jour de notre Statut du Mouvement.
D'autre part, nous demandons au Congrès d'élire un président équilibré, qui sache se poser au-dessus des querelles personnelles, un président à plein temps, à disposition tous les jours au Siège, un président qui puisse, avec le temps, avoir en main la situation réelle de nos sections, je lui demande de participer aux réunions, qu'il vienne solliciter le président des sections et le Comité de direction.
On ne peut pas prétendre avoir un président à temps plein sans une petite contribution pour ses petites tâches. Nous demandons un fort signal de changement pour ce qui concerne la gestion de tous les organes du Mouvement afin qu'il puisse conserver le plus grand nombre d'adhérents sur les choix importants, pour qu'il puisse dépasser le décalage existant entre les organes et la base, entre les élus et les électeurs.
Le Congrès, à mon avis, devra lancer un rappel clair au sens de responsabilité et s'adresser surtout à nos leaders, à nos élus qui dans ces dernières années n'ont pas donné un grand exemple de cohésion, en étant parfois plutôt pris par des polémiques trop personnelles. Il est nécessaire de travailler pour récupérer la crédibilité et la confiance des unionistes et des inscrits unionistes qui croient encore dans l'UV. Les sections sollicitent également les élus à soigner davantage le rapport avec le territoire et surtout avec la zone où le candidat a été soutenu, pour qu'il représente vraiment un point de référence pour les administrateurs locaux et pour les Unionistes de la zone elle-même.
Finalement en estimant qu'il y a eu erreur que l'approbation de la nouvelle majorité électorale à la proposition politique pour le Parlement, nous demandons s'il était possible, et selon nous c'est possible, qu'il n'y ait aucun changement de la majorité jusqu'en 2008, parce que les gens ne comprendraient pas ce choix. Et pour un sens de responsabilité et pour que l'activité administrative puisse continuer sans d'autres interruptions. Ce sera le Congrès qui fixera les nouvelles lignes, les nouvelles alliances de 2008.
Chers amis, je pense que dans tous les documents des sections de l'U.V. qui ont été présentés au Congrès, on doit avoir un grand respect. On a démontré de savoir travailler si on nous donne la possibilité de le faire. Comme nos sections, je pense toutes les sections de la Vallée d'Aoste, ont produit un bon travail. Nous devons, avec nos élus, recommencer à travailler pour l'U.V.
Et maintenant permettez-moi encore cinq minutes, et je parlerai en patois. Dans ce Congrès, mise à part l'amie Piera Diémoz, je n'ai pas encore entendu parler patois.
C'est très important le français, c'est très important aussi l'italien, c'est très important, et je le souligne parce que j'y crois vraiment, notre très cher patois, la langue des valdôtains.
Et je pense que c'est à partir de ces principes que l'U.V. doit recommencer son chemin. Revaloriser la culture que nous avons perdue dans ces dernières dix années. On ne parle plus le français, on ne parle plus le patois et nous n'arrivons plus à nous comprendre. Recommençons à parler le patois entre nous et avec nos enfants, dans nos écoles; cherchons à faire entrer dans nos écoles le patois. Nous avons fait des efforts; ils ne suffisent pas. Il y a des moments où, tu vas à trouver les enfants à l'école, leur salutation est toujours en italien. Nous avons besoin de nouveaux enseignants, des enseignants que nous payons avec notre argent, et alors nous devons commencer avec nos enseignants qui doivent apprendre aux élèves le français et le patois aux élèves comme il faut.
Dans les années 70 j'avais un cœur de montagnard extrêmement fort. Dans les années 70 j'ai vécu un moment extrêmement difficile pour les Valdôtains et pour l'UV. Je travaillais en Suisse, j'ai travaillé beaucoup d'années à l'étranger, et après être revenu en Italie, on avait formé un nouveau Mouvement, le Mouvement des Progressistes, il y avait trois Mouvements à l'époque: les Progressistes, le Rassemblement et l'U.V. J'étais parti qu'il y avait une Union Valdôtaine, je suis retourné et il y avait trois Mouvements. J'avais de la sympathie pour les Progressistes, j'étais un jeune progressiste tout en étant resté inscrit à l'U.V. C'était la jeunesse, c'était l'enthousiasme, c'était l'envie de vouloir combattre pour améliorer ce qui était déjà l’U.V. Aujourd'hui, dans ces Congrès, rappelant des vieux Progressistes comme Marcoz, Quendoz, moi aussi je faisais partie, j'ai vu ici Voyat, Perrin, nous avions travaillé pour remettre ensemble l'U.V. On n'avait pas de querelles alors entre nous pour faire revivre l’U.V. Je n'ai pas vu de malignité comme je les ai vues dans ces derniers temps! Nous devons retourner à nos origines, être plus humbles, rester avec les pieds sur terre, rester davantage avec le peuple valdôtain, avec les campagnards, avec nous. Parler avec les gens, ce qui dans les dernières années ne s'est plus passé, même à l'intérieur des section, disons-le sincèrement. J'y ai cru dans ces trente ans et plus d'appartenance à l'U.V., et je pense avoir donné ma contribution, non seulement comme Unioniste mais aussi en tant que syndic d'une commune unioniste. Quand j'ai pris la commune d'Introd, elle était une commune démochrétienne et des DP, je ne sais pas si vous vous en souvenez, nous avons affronté des moments durs, comme le problème lié au Parc National du Grand-Paradis.
A ce moment-là, nous avons vu à Valsavarenche, à Introd, à Rhêmes, des Valdôtains mais surtout des Unionistes qui venaient là haut à présider les vallées, rester de renfort à nous pour les problèmes du Grand-Paradis.
Et croyez-moi, c'étaient de beaux moments, parce qu'il suffisait de très peu; il suffisait de siffler afin que les Valdôtains et les Unionistes arrivaient de tout côté.
Aujourd'hui, on peut siffler une, deux, trois fois et ce sont toujours les mêmes que nous trouvons. C'est vraiment un manque d'enthousiasme, nous devons retourner à arriver à donner l'enthousiasme aux inscrits de l'UV, surtout aux jeunes. Il n'y a personne qui aide les jeunes à s'approcher de l'U.V. Et cela à la Jeunesse Valdôtaine, je veux le dire. Nous n'avons pas besoin de Jeunesse de l'UV d'élite, nous avons besoin d'une Jeunesse Valdôtaine qui doit travailler sur le territoire. Nous n'avons pas besoin de Jeunesse Valdôtaine seulement de la ville d'Aoste, nous avons besoin d'une Jeunesse Valdôtaine qui se répande dans toutes les communes de la Vallée d'Aoste, car la Jeunesse Valdôtaine c'est notre force. Et des jeunes il y en a beaucoup, dans toutes les communes. C'est une de mes propositions.
J'aurais préparé également quelques critiques, mais je n'ai pas envie de les faire, car j'en ai déjà entendues beaucoup. Quand même je ne suis pas la personne qui se fait des ennemis, je ne suis pas un qui aime trop accuser. A la présidente, elle sait que je ne l'avais pas très en sympathie au début, je veux dire que la rage que j'avais, c'est que dans ces Congrès, dans ces réunions, la Présidente était toujours seule. Moi je dis, une petite femme, laissée toute seule, qui doit se défendre des accusations. Des hommes autour d'elle, pas un qui dit un mot pour la défendre. Cela ce n'est pas beau et ce n'est pas juste.
Même si elle avait tort, et elle a eu même de gros torts, mais nous ne devons pas toujours nous acharner sur les mêmes. Nous devons aussi donner la possibilité de démontrer qu'elle a fait aussi des bonnes choses. Parce que autrement nous devrions aller chercher toutes les fautes que chacun de nous a faites . ..Tous les doigts de notre main ne suffisent pas pour énumérer toutes les erreurs que nous avons commises.
Une dernière chose, pour les dissidents. J'ai dit que j'avais un bon cœur, un cœur de montagne, maintenant j'ai un cœur qui parfois fait des caprices. Et je dis que pendant les dernières élections politiques, j'ai affronté un moment difficile, parce que je ne m'attendais pas une débâcle si éclatante. Je ne m'attendais pas de rencontrer tous ceux que j'ai rencontré qui avaient un demi-sourire sur la bouche, je devais déjà lever la main et dire « eh, oui moi je suis un de ceux qui ont perdu» et je savais que celui que j'avais rencontré, peut-être même des Unionistes, étaient contents que l'U.V. ait perdu. Arriver à réduire la démocratisation d'un Mouvement seulement sur une personne ou un personnage ce n'est pas une bonne chose, cela ne porte pas à de bons résultats.
Moi j'ai connu, et c'est depuis l'année 1980 que je suis syndic, trois présidents de l'UV, et je les estime tous et trois de bons présidents, avec tous les défauts qu'une personne peut avoir dans son action administrative. Je ne leur dis pas qu'ils ont tout bien fait, des mauvaises choses ont été faites, mais j'estime qu'ils ont fait de leur mieux. Et l'un, c'était Mario Andrione. J'estime qu'il était un bon président, un des meilleurs, surtout pour nos communes. Il a été le premier qui nous a donné des financements pour nos communes et qui nous a permis de pouvoir se gérer et se coordonner sur le territoire.
L’autre Auguste Rollandin, avec son caractère, ils disent tous qu'il est un dictateur ... Moi j'ai eu de grandes discussions ... Une fois, je vous la raconte pour rire, je suis allé rendre visite à Rollandin, alors assesseur à l'Agriculture, pour un problème. Nous avons eu une forte discussion, j'ai des témoins; Rollandin me repoussait du bureau, mais nous avons réussi enfin à résoudre des problèmes et nous. avons continué à nous parler, à avoir de grandes discussions, mais je l'estime lui aussi un des meilleurs présidents au niveau administratif.
Nous avons eu Dino Viérin, il a fait des fautes lui aussi, mais il est humain. Mais qui peut dire de ne pas avoir fait de fautes? Personne. Nous tous Unionistes, nous nous sommes trompés. Ils ont fait de fautes nos conseillers, nos assesseurs, moi en tant que syndic, nous comme sections de l'U.V. dans ces dernières élections. Nous présidents nous nous sommes trompés dans ces dernières élections. Nous pensions que c'était facile, que tout le monde devait voter U.V. Nous ne nous sommes pas aperçus que contre nous d'autres travaillaient pour que l'U.V. perde.Voilà celle-ci c'est une partie de mon cœur qui a résisté et j'espère qu'elle continue à résister. Je disais, Dino Viérin, un grand président; il faudrait aller lire, dans ces dernières dix années ce qu'a fait Dino Viérin, avant de critiquer. Et pas avec cette remarque, moi avec Dino Viérin j'ai eu des rapports administratifs, de bons rapports, je ne suis pas un « vieriniano », mais je dois dire les choses telles qu'elles sont. Je dois avouer qu'il a des mérites, il ne faut pas le cacher.
J'ai eu également des délusions, comme beaucoup d'entre vous. J'ai eu la confiance et j'ai eu l'amitié, et j'espère que l'amitié je l'ai maintenue, dans deux personnes: Charles Perrin et Robert Louvin.
Moi je vous dis la vérité, moi sur tous et sur ces deux personnages, j'aurais mis la main sur le feu. Elles auraient été brûlées toutes les deux. Moi je ne sais pas pourquoi ils l'ont fait, j'y bien pensé et je suis encore en train d'y réfléchir. Mais c'est certain qu'ils y ont pensé avant moi, longtemps avant moi. Et cela n'est pas beau, cela n'est pas juste. Après trente ans de militance ... Robert Louvin je le voyais tout jeune dans la Jeunesse Valdôtaine, qui venait te dire et te faire croire des choses. Après je le vois fonder «Aosta Viva» et te dire encore que la démocratie se passe même avec d'autres idées, que l'U.V. on peut la changer. C'est vrai l'U.V. on peut la changer, mais nous devons rester à l'intérieur de l'U.V. pour pouvoir la changer. Nous devons nous insulter entre nous, débattre. Charles Perrin, je dois encore le trouver et encore lui demander le pourquoi de son action parce que je n'arrive pas à le comprendre. Moi, avec Charles Perrin je suis allé à la montagne, nous avons mangé «la polenta» ensemble, nous avons discuté d'U.V. quand il était Président, je l'ai aidé pendant les élections quand il est entré en tant que conseiller régional, nous sommes allés faire fête à Torgnon ...
On ne peut pas, tout d'un coup, refuser tout.
Cela je veux lui demander; il peut me raconter n'importe quoi, mais moi je suis et je resterai toujours Unioniste de cœur et de fait.
Vive l'Union Valdôtaine et Vive la Vallée d'Aoste.

Aurelio Marguerettaz

Ce Congrès est sûrement très important mais il a été chargé de multiples significations. Les congrès sont certes les hauts lieux de la politique mais celle-ci est faite également quotidiennement de dialogue et de confrontation.
Depuis un mois, il semble que tout le monde en Vallée d'Aoste s'est arrêté dans l'attente des décisions que prendra le Congrès de l'Union Valdôtaine. Il s'agit d'une attitude à mon avis très dangereuse car si d'un côté elle accorde beaucoup d'importance à notre Mouvement, de l'autre, elle peut engendrer une sorte de paralysie pouvant nuire à la Région.
Je constate par ailleurs que certaines forces politiques, existantes ou en gestation, ont adopté une attitude peu louable dans l'espoir opportuniste de voir émerger de nouveaux scénarii plus favorables dans le seul but quelque peu utopique de se partager le pouvoir. C'est un comportement digne de chacals de la politique.
Aujourd'hui nous vivons dans une impasse semblable à celles que nous avons déjà connues à plusieurs reprises durant les trois premières années de cette législature. Nous aurions pu certes mieux faire, investir davantage dans le dialogue et la concertation, adopter une attitude et utiliser un langage plus accommodants mais tout le monde peut convenir que le climat n'était pas des meilleurs.
En dépit des décisions prises dans les organismes institutionnels, notre action politico administrative a été fortement perturbée par les francs-tireurs et par des prises de positions pour le moins discutables. L’ancien Président de la Région pendant deux ans n'a pas su réagir face à ceux qui, comme lui-même l'a affirmé au Conseil Fédéral, entravaient son action en l'accusant, après coup, d'immobilisme. Certains d'entre eux, à vrai dire, au vu des récents résultats électoraux, n'ont pas hésité à l'encenser et à le féliciter en considérant son élection comme un signal fort de renouvellement. C'était le festival de l'hypocrisie érigée en système.
Quand ces gens-là avancent le prétexte du dialogue, du respect des règles et des personnes, elles oublient un peu trop vite leur passé. On dirait en effet entendre parler des extraterrestres qui n'ont jamais joué aucun rôle de gouvernement et qui n'ont jamais exercé aucune forme de pouvoir, des personnes sans tâche et sans crainte. A vrai dire ces gens-là ne veulent pas se faire appeler "extraterrestres" mais plutôt "dissidents". Cette catégorie mythique comprend à la fois les dissidents de l'extérieur et les dissidents de l'intérieur.
Le dissident de l'extérieur ne se souvient plus avoir été partie prenante d'un système qui a indiqué les lignes directrices et qui a gouverné la Vallée d'Aoste ces dernières années. Quant à son appartenance à l'Union Valdôtaine, il aurait sûrement des raisons d'en être fier, car elle a contribué au bien-être de la communauté valdôtaine tout entière mais, pour éviter toute incompréhension ou dissimulation, il ne se concentre que sur l'actuelle dérive prétendue du système.
Croyez-vous vraiment que le système politique régional, devenu orphelin de quelque ancien président ou assesseur influent, ait subi un tel changement et se soit à tel point appauvri? Auparavant tous étaient excellents, idéalistes, honnêtes, les clientèles étaient « physiologiques » (sic !), comme l'a dit quelqu'un ici, tandis que maintenant tous seraient devenus des voyous.
J'estime au contraire que tous les élus de l'Union Valdôtaine ont toujours essayé d'exercer au mieux leur rôle et il faut le reconnaître. Il est donc profondément injuste d'imaginer que les élus actuels ou passés soient des incapables ou pire.
Les dissidents de l'intérieur sont en revanche ceux qui continuent de rester dans l'Union mais qui sont particulièrement critiques vis-à-vis du Mouvement. J'ai un profond respect pour ces gens-là, à condition toutefois que leur adhésion au Mouvement soit réelle et non pas fictive. Je veux par là dire tout simplement que les critiques et les opinions différentes sont une richesse pour le Mouvement à condition que l'on débatte démocratiquement des différents thèmes et que l'on s'engage par la suite à soutenir les décisions prises à la majorité sans fléchir et surtout sans menacer de démissionner en cas de dissension.
Pour éviter tout malentendu et toute sorte de confusion, je voudrais préciser que, du fait que la population valdôtaine est peu nombreuse, tout individu représente une ressource précieuse pour l'ensemble de la communauté. L’appartenance à un mouvement politique, contrairement à ce que disent les personnes de mauvaise foi, n'est pas un état d'âme mais relève de la militance politique. Dire que l'on est quand même tous Unionistes, c'est faux. Être membre de l'Union Valdôtaine signifie participer, contribuer à la prise de décisions mais également respecter les règles. En bref, la Vallée d'Aoste a besoin de tous les Valdôtains, l'Union Valdôtaine a besoin de tous ceux qui se reconnaissent dans ses principes et dans tous les articles de ses Statuts.
Mises à part ces considérations, qui très probablement n'intéressent pas la majorité des Valdôtains mais uniquement les personnes qui font de la politique, je crois que nous devons lancer des messages à notre communauté en évitant de vivre ce Congrès comme un règlement de comptes.
Nous devons repartir en évitant l'instabilité politique, l'incertitude et la préoccupation qui découle de la présence des francs-tireurs.
La stabilité politique est un objectif que tout le monde aujourd'hui partage. A partir de la Confindustria, tant au niveau national que régional, jusqu'aux organisations syndicales, nombreuses sont les voix qui se lèvent pour exiger la stabilité gouvernementale. Les élections -qu'elles soient politiques, européennes ou communales- ,ne peuvent devenir l'occasion de remettre en cause la stabilité et la composition du gouvernement régional. Cela ne doit certes pas être un prétexte pour éviter toute analyse attentive sur les faits de nature politique ou économique qui peuvent se produire mais la logique à suivre est de corriger non pas de détruire.
L’Union Valdôtaine doit se fixer comme objectif prioritaire la relance du système économique en vue d'assurer un essor durable à notre Région.
Les grandes lignes de la dépense doivent être définies en fonction de la promotion du développement qui doit rester notre objectif principal. Tous ensemble, région, collectivités locales, sections ou simples citoyens, nous devons être en mesure de refuser toutes les requêtes, bien que légitimes, qui ne sont pas porteuses d'une valeur ajoutée effective et durable.
Trop souvent nous avons accepté, voire même sollicité, des interventions importantes et nous nous sommes retrouvés, au bout de quelques années, à soutenir des infrastructures peut-être surdimensionnées et très coûteuses. Si l'on regarde les dernières « NOTE SULL’ANDAMENTO DELL’ECONOMIA NEL 2005» de la Banque d'Italie, il y a peu de quoi se réjouir. S'il est vrai que les données statistiques doivent être analysées avec prudence, il est tout aussi vrai que des signaux négatifs sont en train d'émerger. Nous en avons un exemple aujourd'hui avec la situation difficile que traverse l'entreprise Rossignol et j'en profite pour manifester toute ma solidarité aux travailleurs de cette entreprise et également à tous ceux qui vivent dans une situation similaire en souhaitant que ce Congrès puisse aussi s'exprimer dans ce sens par une motion officielle.
Les déclarations du Ministre Padoa- Schioppa sur le déficit public italien et l'augmentation de l'irap décidée par six Régions en disent long sur l'état actuel des comptes publics. Chez nous les ressources sont à peine suffisantes mais jusqu'à quand? Quel sera le nouveau Patto di stabilità et la Finanziaria bis prévue pour le mois de juillet par le Gouvernement de centre-gauche?
Le renforcement de l'actuel gouvernement régional permet la gouvernabilité et il est également nécessaire à la réforme de notre administration publique. Nous avons besoin de choix courageux. Je partage l'avis exprimé par Mario Deaglio dans un éditorial publié mercredi dernier sur le quotidien La Stampa où il reconnaît que ce n'est pas en faisant des économies sur les « auto blu » - quoique utiles - que l'on redresse les comptes publics.
Il nous faut changer les mécanismes de dépense, tout en sachant que probablement ces modifications pourraient initialement être combattues par ceux qui se positionnent constamment et aveuglément sur la défensive et sur le maintien des droits acquis.
Les nouvelles technologies devront permettre une amélioration sensible des services au citoyen et en même temps une limitation des dépenses. Nous devrons envisager une action concertée et rigoureuse et nous devrons surtout éviter de donner des réponses ambiguës uniquement à des fins électorales et opportunistes.
Notre condition de Région de montagne appelle une réflexion approfondie tout d'abord pour assurer et maintenir la parité des chances des populations des vallées latérales par rapport à celles du fond de la Vallée. Par ailleurs il nous faut prendre en compte les initiatives axées sur la compétitivité dans le cadre de plan de développements partagés. Il est important d'identifier des zones homogènes et de raisonner selon une logique d'ensemble.
La politique des remontées mécaniques, par exemple, ne doit pas se faire en tenant compte uniquement des équipements technologiquement plus performants ou du nombre des passages d'une seule station. Nous devrons nécessairement fixer ensemble les orientations et par conséquent prendre en charge une partie des investissements, en évitant de recourir aux subventions régionales pour financer la construction des équipements et ensuite pour en couvrir les pertes. Enfin, conscient de briser un tabou mais sans présomption d'avoir la vérité en main, je pense que l'on peut analyser la faisabilité d'un parcours conduisant à la privatisation de la gestion du Casino. La Gestion extraordinaire d'abord, la société par actions ensuite, ont accompli leur mission dans un moment très particulier. Aujourd'hui je pense que l'on peut repenser un modèle de gestion qui soit à l'abri des préjudices et des solutions définies à l'avance. Il faudra évaluer la possibilité de mettre en œuvre un modèle d'exploitation qui permette à des professionnels privés de gérer cette ressource suivant un cahier des charges rigoureux ayant pour but la sauvegarde des intérêts de la communauté valdôtaine. Le Casino est une entreprise atypique totalement étrangère à la notion de service public. De ce fait, il faut bien sûr maintenir l'ordre public en évitant que la Casino puisse attirer des sujets dangereux mais je suis en même temps persuadé que, dans un moment de grands changements, un exploitant privé peut saisir plus facilement les opportunités offertes par le marché.
Il ne s'agit là que de quelques suggestions qui pourront être utiles au débat. Une fois défini le contexte, on devra se confronter avec les forces actuelles de la majorité et celles disponibles à collaborer pour relancer l'activité du gouvernement dans le respect du principe "ni droite, ni gauche".
J'aimerais à présent conclure en vous invitant - et je le dis d'abord à moi-même - à serrer les rangs et à travailler pour un projet commun. Et la première règle à suivre devra être celle d'adopter une attitude plus tolérante et, je dirais même polie, envers tous ceux qui ont des avis différents. Les Valdôtains en ont ras-le-bol de voir les gens se disputer avec les regards torves et les yeux pleins de haine. On peut débattre même d'une manière vigoureuse mais sans être méchants et ceux qui le sont, écartons-les, car ils ne nous apporteront que des problèmes et des divisions.
A ce propos je tiens à remercier publiquement notre Président, Mme Manuela Zublena qui, sans entrer dans le détail, s'est beaucoup engagée faisant parfois l'objet d'attaques personnelles qui sont allées bien au-delà du débat politique normal. Toutes les autres forces attendent seulement la dissolution de notre Union Valdôtaine et cela serait un échec impardonnable pour une Région qui, grâce surtout à notre Mouvement, a su défendre ses traditions, son bien-être et son Autonomie.

Ennio Pastoret

Mesdames et Messieurs, Chers amis Unionistes,
Mon syndic et ami Claudio Brédy a parlé au nom de la Section, donc, mon intervention sera plutôt sur le plan personnel.
Nous sommes arrivés à ce rendez-vous avec une grande responsabilité politique, dans un moment où l'Union Valdôtaine a subi de fortes sollicitations et aussi des défaillances importantes et notre devoir, comme cela a déjà été dit dans ces jours de débat, est celui d'essayer de composer, de renforcer notre Mouvement en ne mettant pas en danger le patrimoine dont il est constitué, donnant à nos concitoyens, aux Valdôtaines et aux Valdôtains, des réponses claires, responsables, compréhensibles et partageables.
Nous avions deux possibilités pour célébrer ce Congrès: célébrer un rite ou avoir le courage de faire des analyses qui pouvaient peut-être contribuer à nous faire avancer.
Hier, Madame la Présidente, Manuela Zublena, nous a entretenus avec un rapport touchant différents points
. Je m'attendais à ce qu'elle nous livre un message programmatique fondé sur l'espoir, abordant des perspectives pour notre avenir.
Par contre, elle a mis l'accent sur un nombre de choses qui auraient empêché de gérer le Mouvement et, puisque cette route a été ainsi tracée, qu'il me soit permis de m'y mettre à mon tour.
Tout d'abord je voudrais dire que je pense que la politique n'est qu'un enchaînement de conséquences et je pense aussi que, qui est à la conduite de la machine, devrait aussi être responsable des conséquences qui en découlent et ces conséquences, qu'il me soit permis de le dire, sont aujourd'hui sous les yeux de tout le monde, au moins dans nos sensibilités.
Des déchirures toujours plus profondes ont caractérisé d'aguerrement la vie de l'Union Valdôtaine, jusqu'à l'abandon du Mouvement de la part des militants et des amis avec qui nous avons partagé un long parcours politique et ceci est un fait.
Sur le plan plus strictement politique, lors des élections du 9 et du 10 avril, nous avons été isolés, les forces politiques avec lesquelles habituellement nous dialoguons se sont orientés vers d'autres choix, d'autres alliances et si dans le passé nous avons toujours représenté le véritable point de repère politique de notre Pays d'Aoste, cela n'a plus été ainsi et ceci et un fait.
Nous étions le sujet politique qui se place au centre de l'échiquier, nous avons toujours été le moteur de la coalition ou des coalitions qui se formaient, nous avions réuni autour de nous le consensus d'une vaste couche de l'électorat, sur la base d'un projet politique qui, dans le passé, avait été largement apprécié par les femmes, les hommes et les jeunes.
Et c'est ainsi qu'en 2004, 47% des électeurs s'étaient reconnus dans l'U.V. sur la base du bon travail accompli au cours des précédentes législatures.
Ces femmes et ses hommes donc, ont choisi de nous confier la responsabilité de gouverner la Vallée d'Aoste, sur la base d'un programme.
Un programme qui préconisait une Vallée d'Aoste active, valdôtaine, européenne, alliant l'identité et le particularisme du Peuple valdôtain avec les exigences de notre Région.
Mais à partir de là, la confiance des électeurs s'est affaiblie, nous le savons tous, jusqu'au point de nous amener à une débâcle électorale telle que celle qui a été rappelée, du mois d'avril 2006.
Le consensus s'est ainsi essoufflé, le patrimoine a été gaspillé.
Cela aussi est un fait et c'est avec les faits que l'on se mesure en politique.
Les électeurs se sont orientés différemment par nombre de raisons qui trouvent différentes réponses dans certains événements politiques qui se sont produits au cours de ses trois années. Je ne veux pas les citer tous, mais permettez-moi d'en rappeler quelques-uns: il est le cas de s'arrêter et quelqu'un l'a déjà fait, sur la méthode des choix et de création du Gouvernement Perrin en 2003, avec l'exclusion de Monsieur Caveri. Je voudrais, par contre, revenir à une autre histoire: au Congrès de 2003.
Nous savons tous comment nous y étions arrivés, nous nous rappelons quel a été son déroulement, sa conduction, les marchandages à l'occasion de la deuxième élection.
Et permettez-moi, je vais le faire aujourd'hui, je voudrais demander à Manuela Zublena, qui hier nous a dit avoir toujours voulu travailler pour dépasser les contrastes, pourquoi, ici dans cette salle, elle n'a pas accepté alors la proposition de Franco Vallet d'une cohabitation à la direction du Mouvement, après les résultats des élections faites ici?
Qu'est-ce qui, ou qui, l'a empêchée d'accepter une telle proposition?, quelle conviction l'a-t-elle poussée à se confronter avec une deuxième votation?, peut-être là on était encore à la logique, à la déclination du principe «non faremo prigionieri».
On a cité aussi les élections au Parlement européen, passons aux choses sérieuses.
Nous y sommes arrivés avec une candidature qui nous a été annoncée par la presse, avec tout le respect pour l'ami Guido Grimod, une annonce qui a été faite aussi aux élus qui, après sont déclinés comme les responsables de nombre de choses.
Et tout cela, il faut se le dire, a été fait en dépassant plusieurs règles de démocratie interne et de partage des choix.
Et il reste le fait politique qui déjà en cette occasion, malgré une vaste coalition de base, aurait dû nous permettre d'élire largement un euro-parlementaire, les électrices et les électeurs nous ont sanctionné durement, ils nous ont lancé un message qui n'a pas été écouté.
Quant à la patience et à la tolérance auxquelles on a fait référence hier, elles ont certainement été exercées, mais souvent en ne permettant même pas, face aux protestations des adhérents, l'organisation dans certaines sections, de petits comités, parfois de familles pour organiser les élections municipales, avec la mise à l'index de l'administrateur ne répondant pas à des critères de fidélité et d'obéissance et, tout cela, n'ayant rien à voir avec les principes de l'Union Valdôtaine.
Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont de nombreux adhérents qui nous l'ont reproché et qui nous le reprochent encore.
Ajoutons à cela, que malgré les règles strictes approuvées par le Conseil et le Comité fédéral, le Peuple valdôtain donnait indication de soutien dans certaines communes aussi à des listes en contraposition aussi par rapport à celles organisées par les sections. Il s'est certainement agi d'un lapsus involontaire mais cela, n'a pas contribué à assainir le climat. Et cela aussi, on l'a reproché maintes fois.
Ces faits ont contribué, avec beaucoup d'autres qui ont été illustrés ce matin, avec des responsabilités de la part de tous, à une incapacité de donner suite à beaucoup d'engagements pris avec les électeurs en 2003 et par un affaiblissement de l'action administrative. A cela, permettez-moi d'ajouter: ce qui a caractérisé notre action et qui a été évident, qui a été perçu par tous, par les électeurs, à l'occasion des dernières élections politiques, ils nous l'ont dit avec le vote.
Absence d'initiative et d'action politique sur de nombreux thèmes: le rôle de guide, de moteur de la politique valdôtaine de l'Union a été absent.
Manque de présence et de liaisons sur le territoire.
Un manque de volonté, peut-être aussi de possibilité, de gérer de façon concentrée le Mouvement, parfois avec l'exercice de choix non partagés et parfois imposés.
Mais ce qui est important, c'est de rappeler que surtout à ce fait, se sont ajoutés d'autres éléments, sur les thèmes qui sont chers à notre Communauté, tels que les principes d'autogouvernement, d'autonomie, d'autonomie financière, de rapport fort avec l'Etat et l'Union européenne, de la primauté du principe de la subsidiarité, du respect des personnes, des rôles, des fonctions de chacun.
Est-ce que ces éléments ont été déclinés? Quand, comment, où et devant qui? On a parlé ici d'identité et de spécificité et c'est nous qui nous avons renoncé, trop souvent, responsabilité de tous, je me mets, à décliner les points forts découlant de cette spécificité.
Nous nous sommes retranchés sur des querelles concernant les personnes, nous n'avons pas su lancer des messages d'espoir à notre communauté.
Il a été rappelé, l'Europe entière, a débattu des thèmes forts qui ont été rappelés ce matin comme le droit des couples, l'immigration, les politiques juvéniles, la cohabitation des cultures diverses, le malaise des couches sociales démunies, l'organisation des banlieues. Ces thèmes apparemment, nous ne touchent pas, au moins à l'extérieur de nous, de l'Union Valdôtaine. Il y a la sensation qu'on ne s'occupe pas de ces thèmes. Quels sont donc les messages d'espoir et de prise en charge de ces problèmes que nous lançons à notre communauté? Des thèmes également plus concrets et directs sont sous nos yeux tels que différentes situations de caractère organisationnel, administratif, économique de notre Région mais ils ont déjà été cités et donc je les laisserai de côté.
Mais il reste le fait que tous ces faits, toutes ces attitudes ont été perçues par les électeurs qui nous ont sanctionnés.
Cela a contribué à déterminer un isolement de notre Mouvement, nous l'avons constaté lors des dernières élections politiques. Quelqu'un a dit que nous avions voulu limoger les Ds. Non, là je dois donner raison à notre Président, à Manuela Zublena. La vérité est qu'ils n'ont plus voulu s'asseoir à notre table comme l'on fait d'autres forces politiques qui nous considéraient jusqu'à il y a peu de temps, leurs interlocuteurs privilégiés.
C'était leur aptitude, puisqu'ils avaient constaté notre faiblesse politique, notre perte de vitesse, notre incapacité d'être les interprètes primaires des besoins de notre communauté et cela, entre temps que des voix de désaccord, toujours plus nombreuses, ont porté nombre de nos militants à abandonner l'U.V., en mettant en discussion sa gestion, le droit d'expression, la liberté des opinions, le respect des personnes.
Vous vous rappelez tous ce qui été dit au Congrès que nous avons tenu à Aoste au cinéma Giacosa, ce n'est pas une nouveauté. Et beaucoup de monde maintenant pense à nous en appliquant à notre système la maxime de Stendhal: «Dans tous les partis plus un homme à de l'esprit, moins il est de son parti». Ce qui est plus grave est que ces forces nous ont battu et ont su faire passer dans l'électorat qui jadis étaient le nôtre: le sens d'appartenance à cette communauté, l'amour pour le pays, le respect des opinions, la valorisation de l'unité dans la diversité, la valeur des principes éthiques, la capacité du dialogue, la présence sur le territoire. Ceux-ci ont été les atouts gagnants d'une campagne électorale. Une campagne électorale qui nous a vu prêcher la bonté d'un projet politique que nous n'avons pas su rendre crédible et fort. Claudio Brédy, mon syndic, l'a dit ce matin, les Valdôtains nous ont envoyé un message, nous ont demandé un changement fort, qui touche la méthode de gestion du Mouvement, notre politique, la façon de gouverner notre Région, les consciences de chacun et nous donnent de grandes responsabilités. C'est vrai.
Mais si cela est le message, il nous appartient d'interpréter ces requêtes, on arrête là.
Les accusations ont toutes été déjà faites mais nous avons la nécessité d'interpréter ce que les gens nous ont dit. Et pour ce faire il nous est nécessaire d'aborder des thèmes qui nous sont fondamentaux, qui touchent directement des thèmes spécifiques.
Nous ne pouvons pas faire semblant qu'aux cours de ces derniers mois rien ne s'est passé. Force est de constater que de nombreux unionistes se sont éloignés du Mouvement et ils l'ont fait sur la base de constats, évaluations qui ont comme références les mêmes principes qui jadis étaient à la base de notre culture politique.
Le futur groupe dirigeant de l'Union aura de quoi s'interroger et devra prendre en compte la nécessité de travailler pour une réconciliation qui ne peut passer que par une écoute attentive des raisons des autres.
Mais cela ne pourra se faire que si le dénominateur commun est celui des principes, des valeurs auxquels se rattachent aussi nombre de ceux qui, en ce moment, se sont mis en marge du Mouvement et de ses principes qui sont aussi ceux auxquels l'U.V. a toujours fait référence tels que le fédéralisme, l'autonomie, l'autodétermination, autogouvernement, la laïcité.
Je m'arrêterai là parce que je n'ai pas consulté de dictionnaire. Mais la défense des particularités linguistiques, et aux amendements présentés par la section de Gignod, à l'article 1, permettez-moi là, de rejoindre les raisons de M. Vicquéry, quelqu'un a cité Chanoux; M. Rivolin sur le «Peuple» nous a dit ce qu'Emile Chanoux nous aurait raconté s'il avait participé à ce Congrès. Mais hier nous avons su bien dire ce que nous lui aurions répondu quant aux valeurs de la Résistance. Pas d'importance, ça ne nous intéresse pas. Belle réponse à Emile Chanoux. Revenons par contre à nos aspects et j'arrive à la conclusion. Nous ne pouvons pas imaginer que les principes que je viens de citer tout à l'heure soient déclinés sans qu'il y ait un débat incluant la société civile, les gens, la communauté toute entière.
Parce que nous devons nous le dire, aujourd'hui nous ne sommes plus perçus proches des gens, nous ne sommes plus capables de porter notre discussion dans la communauté de façon ouverte et libre. Donc c'est une requête que nous devons avancer vers la nouvelle classe dirigeante de ce Mouvement. Nous ne sommes plus perçus, et nous le savons très bien, à l'extérieur comme protagonistes et interprètes de l'évolution rapide de notre société valdôtaine. Il nous appartient donc de faire en sorte que les gens n'appliquent pas à l'U.V., la maxime de Paul Valéry: «la politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde». Le moment est venu, non pas de solliciter comme nous avons essayé de faire notre orgueil, un orgueil qui est un peu affaibli, moi je pense que nous devrions par contre fouetter cet esprit de victoire et de réussite que nous avons un peu perdu. Le moment est venu de changer de direction, nous avons changé les règles, mais elles devraient être notre traduction partagée d'une nouvelle aptitude, d'une nouvelle méthode permettant d'assurer le fonctionnement de l'Union, d'en gouverner les choix politiques selon les règles de la démocratie, de la transparence, de la tolérance, rassemblant les différentes tendances politiques, visions du monde. Nous étions, rappelons-nous, un mouvement populaire ancré sur le territoire, étant à même de participer à la vie des gens, dans peu de temps le monde autour de nous a changé, et si, juste hier, il aurait été impossible d'imaginer l'histoire récente de ce pays d'Aoste sans Union Valdôtaine, aujourd'hui les faits récents nous disent que si nous nous relevons il sera peut-être possible d'imaginer un futur avec des autres sujets qui voudraient nous remplacer. Ils sont déjà à notre porte. Le capital de l'histoire du Mouvement est important, on l'a rappelé, mais à lui seul il ne peut pas suffire à nous tenir ensemble et à nous faire bâtir notre futur. Donc nous ne devons pas gaspiller notre patrimoine et cela ne pourra être évité qu'à partir d'une action de relance du Mouvement s'accompagnant à un projet politique visant au maintien de l'autonomie, de la culture, de l'identité et cela dans le cadre de la mondialisation. On a déjà parlé des formes institutionnelles; je voudrais seulement rappeler là qu'à ce propos que les sirènes de ses derniers temps nous charmant pour réformer la loi électorale de la région ont des noms et des prénoms bien connus: Elio Riccarand. Les Verts et autres copains de route qui ont tous l'intérêt de modifier l'instrument qui nous a permis d'atteindre les résultats électoraux de 1998 à 2003. Attention qu'on ne tombe pas dans ce piège et que le thème de la préférence unique, tant chéri aussi à l'intérieur de l'Union par quelques-uns de nos amis, ne sera qu'un ultérieur moteur de conflictualité et pas d'apaisement. Attention! Ne soyons pas dupes, ne nous faisons pas tromper. Cette loi électorale nous l'avons voulue et approuvée aujourd'hui; on nous dit qu'elle sera à l'origine d'allons savoir quel dégât. Rappelons-nous que ce ne sont pas les lois qui sont mauvaises en principe mais l'utilisation, l'application qu'en font les personnes.
Quant aux reformes, certes on ne peut plus imaginer une politique de réformes sans un dialogue avec les autres forces politiques sans réfléchir à un système d'alliances. L’Union Valdôtaine a toujours fondé sa force en regroupant tous ceux qui partageaient ses finalités grâce à sa propre identité sans se placer dans les clivages politiques traditionnels droite ou gauche. Mais surtout l'Union Valdôtaine l'a fait pour ne pas s'isoler et pour ne pas le faire elle doit être partie prenante du débat politique d'aujourd'hui en tenant compte aussi des volontés des électeurs.
Les choix de février 2006 n'ont pas été appréciés par les électeurs valdôtains nous n'avons pas su, pas pu expliquer le projet politique peut-être, mais cela aussi est un fait et c'est pour cela qu'il est nécessaire de redéfinir notre stratégie et notre ligne politique.
Dans un futur proche, à partir de lundi, je souhaite avoir un Président qui sache porter sur ses épaules la responsabilité de conduire l'U.V., de le faire dans le respect profond des règles de notre démocratie interne, en pleine liberté, en pleine autonomie, en démontrant qu'il n'est soumis à aucune tutelle. Je disais au Congrès de 2003 et je cite: « de demande à notre futur chef de veiller de manière tout à fait particulière afin que soit respecté le respect de tous dans notre Mouvement, le Président doit et devra être un arbitre impartial et non un joueur de l'une ou de l'autre part». Fin de citation.
Je conclus. Je demande aujourd'hui à notre Président de travailler pour recomposer, pour nous reconduire tous dans une maison commune où nous pourrons retrouver ceux qui aujourd'hui ne sont pas ici avec nous, et dont je considère encore sincère l'intérêt pour la cause valdôtaine.
Je pense que Guido Cesal sera un président fidèle à l'Union Valdôtaine et à ses principes. Je lui souhaite et je souhaite qu'il sache rester, comme il a été au cours de sa carrière un hombre vertical, comme disent les espagnols. Mais je lui demande d'avoir la force et le courage de se dire et de démontrer, comme le disait Proudhon, que «la politique est la science de la liberté».
Ennio Pastoret

Renato Praduroux

Les semaines qui ont précédé le Congrès auquel nous sommes en train de participer ont donné lieu à une intense activité de la part des sections qui ont échangé leurs idées et dialogué, ce qui a permis d'analyser la situation que nous avons connue ces derniers mois.
Je considère que cela a été un travail important qui a permis un examen sincère et sans schématisme de ce qui est arrivé. Je pense qu'un premier pas a été fait pour commencer un travail concret souhaité par beaucoup. Un travail d'ouverture au territoire et de contribution de la part des divers composants qui sont une vraie richesse et non un poids pour le Mouvement.
À mon avis, les prémisses positives sont là et nous laissent augurer un bon travail durant ces intenses journées de Congrès. Le temps des polémiques doit laisser la place à une analyse réaliste et directe mais productive afin que ce Congrès puisse nous faire entrer dans une nouvelle phase avec une définition claire des lignes directrices générales de notre activité politique future.
Tout cela en déterminant des ressources humaines et des méthodes partagées et adaptées qui nous conduisent à des choix concrets qui soient par la suite respectés par tous et ce en agissant de manière responsable, mature et avec dignité au nom de l'unité et non de la discorde. En un mot, ce que nous devons réaliser rapidement et de manière correcte est une synthèse politique.
Je considère qu'un pas décisif peut trouver sa source à partir du patrimoine des Valeurs qui ne peuvent et ne doivent pas être mis en discussion parce qu'elles continuent d'être partagés et parce qu'elles sont un formidable élément d'union et non de division. L'histoire même de notre mouvement - le seul, avec la S.V.P. de nos amis Sud-tyroliens, à être resté en vie durant toute la période républicaine - l'histoire même de l'Union Valdôtaine, disais-je, est faite d'étapes et de passages qui ont mis en œuvre ces valeurs d'autonomie et de fédéralisme pour les traduire en actions de gouvernement politiques et administratives au service de la région, des communes et dont le but principal est de garantir à la Vallée d'Aoste des conditions de développement et de progrès économique et social.
Il n'est pas possible d'éliminer ce parcours historico-politico-administratif parce qu'il fait partie de notre A.D.N. Selon certaines personnes, le fait d’avoir atteint le fatidique «quota 18» au sein du Conseil de la Vallée avec la majorité absolue nous a fait perdre un peu le sens des choses: je pense justement qu'avoir atteint cet important objectif doit nous permettre, de manière responsable et avec maturité, de gérer notre énergie et la richesse de nos idées, même si divergentes, en respectant les personnes qui doivent être au premier plan avant tout autre chose.
En réaffirmant la validité des objectifs de l'Union Valdôtaine sanctionnés par nos statuts, nous observons l'importance d'une authentique «épine dorsale» de notre expérience politique qui est à la base de l'autonomie de la Vallée d'Aoste et qui s'exprime à travers un engagement constant qui nous a permis de préserver notre autonomie en la promouvant dans l'intention de la faire croître. Nous ne pouvons en effet pas rester ancrés dans des modèles qui n'ont plus raison d'être. Nous n'avons jamais travaillé au maintien d'une réalité fictive. Nous avons au contraire toujours échangé des idées quant aux exigences de la vie quotidienne de manière à favoriser l'évolution de la société valdôtaine.
Nous devons retrouver cette attitude et renforcer notre capacité à être en harmonie avec la communauté valdôtaine en adressant de manière constante notre action aux gens afin que le dialogue ne soit pas seulement une bonne intention mais qu'il redevienne la priorité des priorités.
De la même manière, il est nécessaire d'éviter la fin, ou même seulement le ralentissement, des contacts avec les réalités qui vivent une situation de particularisme ethnolinguistique de façon à entretenir des rapports bien vivants avec les communautés francophones et à autonomie différenciée. Nous avons en commun avec elles cette capacité de voir le monde sous un angle différent et de savoir s'imposer comme un petit laboratoire, certes, mais capable de proposer des modèles de développement économiques et culturels qui ne sont pas obligés de se conformer à un modèle unique proposé par la globalisation actuelle.
Nous savons bien que cette lutte n'est pas une lutte d'arrière-garde, c'est une bataille de liberté: pensons par exemple à l'Europe qui, au niveau économique et financier, avance à une vitesse bien supérieur par rapport à d'autres secteurs tout aussi importants pour la réalisation de l'intégration entre les peuples. La nécessité de regarder en avant est étroitement liée au fait de récupérer la confiance en comptant sur nos forces, ce qui revient à dire sur nos adhérents et sympathisants qui constituent une autre composante historique de notre mouvement: les sections. S'il est vrai que les valeurs sont notre épine dorsale, les sections sont l'articulation qui donne vitalité et substance et qui doivent donner à nouveau mouvement et énergie à notre travail.
La section permet la représentation, la participation, l'expression des idées, l'échange, la dialectique et la critique libre et constructive. Nous devons donc développer son rôle en un moment d'élaboration et de proposition. Un rôle aussi de représentation du territoire et des problèmes les plus ressentis au sein des différentes communautés.
C'est dans ce sens que vont les deux propositions que je soumets à votre attention et qui représentent la synthèse d'une exigence déclarée au cours des rencontres préparatoires qui se sont déroulées:
1. retrouver des moments de rassemblement pour nos adhérents et sympathisants et en particulier pour nos jeunes;
2. commencer une action de, formation pour les responsables des sections afin que leur enthousiasme et engagement trouvent une méthode efficace d'intervention politique.
Mon rôle de Président de la Commission permanente Essor Économique propose une réflexion sans laquelle je ne pourrais conclure mon intervention à ce Congrès.
Nous considérons qu'il est important de sortir de ce Congrès avec un engagement précis et commun pour relancer l'action politique de l'Union Valdôtaine qui doit mettre au centre de notre emploi du temps les thèmes liés au développement socio-économique de la Vallée d'Aoste.
Les axes principaux sont représentés par: l'identité valdôtaine; les réformes institutionnelles; le développement économique pour faire face à la crise économico-industrielle par la recherche de nouveaux modèles de développement adaptés et cohérents avec notre réalité régionale et notre position géographique stratégique; investissement dans le secteur de la formation, de l'innovation et de la qualité de nos produits et des méthodes de production; la réduction du rôle de la «Région-entrepreneur » qui réglemente chaque secteur de production de manière à promouvoir les actions de développement responsables, innovatrices et d'excellence dans les secteurs de production, commerciaux, touristiques et culturels. La relance de l'action politique doit nécessairement se conjuguer avec la continuité de l'action gouvernementale et administrative au niveau régional et au sein des collectivités locales.
Cela signifie un renforcement du programme du Gouvernement régional pour continuer, et rendre plus fortes, les actions entreprises à partir d'aujourd'hui jusqu'à 2008, ce qui passe aussi par l'ouverture aux composantes politiques qui sont susceptibles de contribuer à rendre ce parcours plus efficace et à le partager.

Augusto Rollandin

Bonsoir aux Congressistes, à la table de la Présidence, au Président.
Merci aussi pour m'avoir donné la possibilité de parler après les différentes interventions qui m'ont permis de comprendre ou de mieux comprendre ce qui s'est passé et surtout un aspect auquel je n'avais presque jamais réfléchi. J'étais sûr que lorsqu'on m'avait donné trois noms je croyais en avoir davantage.
Trois noms sont difficiles.
Aujourd'hui je crois que le plus actuel serait un autre nom: Sébastien. Vous avez présent les tableaux qui sont admirés un peu partout: San Sebastiano. ( ... ) qu'à ces temps on utilisait les flashs, tandis que on utilise des moyens modernes pour donner l'idée de ce qu'on veut faire. Mais je crois qu'à la fin d'une journée si intense, je me permets à mon tour, de dire quelque chose sur ce qui s'est passé et je dois avouer que je partage toute une série d'analyses ponctuelles qui ont été faites. Sans doute on a eu des problèmes et je crois que pour ce qui me concerne, un aspect que je retenais important s'était au moment du succès électoral 2003 de faire à ce moment une analyse du succès.
Car la chose qu'on a oublié, c'est quelles étaient ses raisons et quels étaient les moyens pour ne pas les gaspiller.
On a fait la fête, on a démarré avec des difficultés, aujourd'hui après trois années on est ici à vivre un moment difficile, dont je suis sans doute un des coupables.
Et on se demande à juste titre, quelles sont les raisons des difficultés, d'un résultat, qui a été aujourd'hui en partie analysé et, malheureusement, je l'avoue, (... ) le succès électoral de 2003, on aurait eu la possibilité de faire cette analyse pour voir quelles étaient les raisons du succès et surtout comment on pouvait démarrer de la façon la plus juste avec des programmes partagés, qui puissent être la vraie réponse à l'attente des gens et de la confiance qui avait été donnée aux 18 conseillers.
Je crois que là, on y vient souvent, la responsabilité. D'une façon honnête quelqu'un a dit: ceux qui se sont reconnus dans la campagne électorale aujourd'hui se reconnaissent dans une non victoire, dans une défaite, dans le résultat que nous connaissons. Et là, je crois, c'est un peu la raison d'un parcours qui a été difficile dès le début. Aujourd'hui, quel est le message qu'on peut relancer de cette assemblée? Qu'elle est l'attente des Unionistes et pas seulement d'eux? C'est de voir s'il y a la possibilité de travailler, de savoir ce qui se passera, dès lundi, pour avoir quelque espoir que l'activité politique, administrative soit à même de répondre aux attentes. Et là je viens à un aspect important de cette analyse.
Je dois avouer que très naïvement, comme cela se passait dans d'autres élections, on avait un peu l'habitude à la fin d'un mandat d'y croire, que si on avait bien travaillé ou bien d'après ce qui paraissait, on avait plus de possibilité, plus des chances, moins de difficultés concernant la campagne électorale.
Et donc on s'était même préparé en disant, bon allons faire le compte rendu de ce que nous avons fait pendant cinq années à Rome.
Donc nous avons rencontré tous les Présidents de section et nous avons bien expliqué, je croyais qu'il y avait au moins là une appréciation de ce qui avait été fait.
On avait défendu le français, qui avait été mis en cause de la part des conseillers régionaux, qui avaient demandé de travailler contre le français et là on avait défendu cette cause et on avait eu l'honneur de trouver une sensibilité, aussi une force qui n'était pas exactement autonomiste.
On a travaillé pour essayer de faire comprendre que la maison de jeu, qui nous accueille aujourd'hui, a des problèmes, qui a des règles parfois très strictes et qu'il fallait donner la possibilité à cette maison de jeu de travailler, de donner des recettes à l'administration régionale.
On avait travaillé pour faire comprendre qu'une région montagnarde à des exigences particulières et avec les administrateurs et les Présidents du Conseil on avait travaillé pour faire comprendre que la montagne qui nous appartient, a des règles, des attentes, des défis tout particuliers.
Moi, j'avoue que je croyais, naïvement, que cet aspect pouvait être un des arguments de la campagne électorale.
On pouvait imaginer que la campagne électorale était pour les politiques. J'ai dû voir, jour après jour, au contraire que de la campagne politique, de ce qu'on avait fait, de ce qu'on voulait faire, on n'en parlait pas. Personne n'a demandé qu'elle était l'intérêt des politiques, la vie, qu'est ce qu'on voulait faire, sauf 2 ou 3 exceptions. Et là je me suis en effet posé quelques questions. Que sommes-nous en train de faire? Nous sommes en train de faire la campagne pour voir si nous avions eu tort de soutenir une alliance qui avait à sa tête Guy Grimod à la Commune d'Aoste, dans les autres communes ont avait soutenu quelqu'un contre quelqu'un d'autre non.
Et il y avait du ranran et des questions mêmes composées mais qui n'avaient rien à voir avec le discours des élections politiques. J'avoue que, même dans les débats, je n'avais jamais la difficulté de retrouver le sens de ce que j'allais faire.
Il y a avait sans doute des requêtes à faire: «mais qu'est-ce qui ce passe là dans cette commune» ou «mais pourquoi dans l'autre commune on n'a pas fait ça», pourquoi l'administration régionale ne travaille pas, pourquoi vous avez exclu tel ou tel autre.
Des thèmes qui se sont passés pendant la campagne électorale. Il y a ici de bons témoins.
Là, je crois que c'est un passage qui ne veut rien justifier mais je veux le dire ici: dans ce sens ça a été une campagne électorale qui visait plutôt à mettre en relief tout ce qui se passait de mal de la part de n'importe quelle administration, et donc il devait être boulé avec un autre point essentiel. Et là je crois que c'est un passage crucial que je dois avouer. Il y avait deux possibilités d'aborder un thème qui est le passage clef de la politique de ces dernières trois années.
Le changement du Président du Gouvernement. Plusieurs m'ont dit: «mais pourquoi tu n'as pas, moi comme quelqu'un d'autre, laisser aller les choses? Pourquoi vous-avez cru bon d'essayer de trouver une entente à l'intérieur du Mouvement».
Ça a été le défi, le travail qu'on avait essayé de faire, moi y compris, la commission politique qui après a été soumise aux organes du mouvement, tout cela en toute vitesse, mais là il y avait deux possibilités. On a quitté la paralysie de l'activité administrative, politique de la région. Eh bien et si tout tombait ... ce n'était pas la responsabilité de A ou de B. Il n'y avait aucune responsabilité, aucune victime. Moi je reconnais avoir mal fait, de n'avoir pas eu la possibilité d'exprimer pendant une année et là je regrette aussi que le Mouvement, n'ait pas eu la capacité d'expliquer que ce n'était pas A et B qui voulaient changer et je le dis bien, haut et fort.
C'était une crise irréversible, avec un changement voulu en premier par les élus par les forces économiques, par les associations qui venaient se plaindre d'un manque d'activité. Tout ça a été oublié. L’unique aspect qui s'est passé est qu'on avait voulu faire tort au Président qui était en charge. Ça je le reconnais. On n'a pas eu la possibilité de faire comprendre ce qui s'est passé. Et de là il y a eu le complexe de la victime. Pauvre lui. Pauvre lui. Et encore aujourd'hui on est sur le pauvre lui. Personnellement je n'ai de rancunes avec personne. Mais cet aspect s'est passé dans toutes les communes avec une forte aide de la part aussi de certains unionistes qui ont cru bon de dire: «Vous avez vu ce sont toujours les mêmes qui veulent commander. Ce sont eux qui ont voulu imposer». La réalité est différente. Ces sont les faits, qui sont la preuve que ce n'était pas ainsi. Quant il y avait encore la majorité précédente, qui après une année était déjà «picche» alors on pouvait parler de la paralysie.
On a renvoyé, quand ils y avaient les élections communales, d'accord on avait renvoyé et on était arrivé à l'échéance on a posé la question on n'a pas joué contre, dans le dos de l'ancien Président de la junte. Lui présent on lui a demandé ce qu'on peu faire.
C'est le passage crucial qui m'a beaucoup gêné pour le fait qu'il a eu des accusations tristes même de la part d'unionistes. J'insiste sur ce thème parce qu'il a déclenché un des problèmes.
Les mêmes qui disaient «avant de trouver des alliances à l'extérieur du Mouvement essayez d'aller d'accord entre vous», «entre vous» c'étaient les 18, ( ... ) qui devaient se mettre d'accord.
Malgré ce qu'on allait dire, la vérité était une autre. Je crois qu'on devra encore revenir sur ce point car je n'accepte pas de passer comme un qui a voulu travailler contre une personne par intérêt personnel ou de pouvoir. Les raisons sont bien différentes, elles sont politiques et administratives.
Et après ce problème, un autre aspect important: les alliances. Je partage le fait que cette assemblé, ce Congrès donne des lignes générales sur les alliances ; se sera le comité qui après avoir écouté les différentes propositions fera une analyse, examinera s'il y en a ou non. Cela rentre dans l'action politique du Mouvement et donc je me souhaite que les nouveaux dirigeants fassent cette analyse et après il faudra examiner les disponibilités. Pour faire quoi? En ce qui me concerne, compte tenu qu'alors les DS ont choisi de ne pas faire partie de l'alliance, c'est eux qui ont choisi de s'en aller (au contraire on insiste à dire que c'est nous qui nous sommes éloignés des DS), j'ai apprécié les interventions qui ont été faites pour éclaircir ce point. C'est un autre des points qui s'est passé pendant la campagne électorale. Vous n'avez plus voulu les DS et vous avez mal fait.
Moi je ne suis pas ici à dire qu'il ne faut pas travailler avec les DS. On a travaillé, de ma part, je crois qu'ils ont travaillé bien à l'administration régionale, travaillé, d'après ce que je connais ( ... ) à l'administration communale et dans d'autres administrations, donc il n'y a pas des raisons pour être contre. Différente est l'aptitude de dire que nous devons nous allier seulement avec les DS.
Allons voir qui est disponible, quelles sont les partenaires qui veulent travailler avec l'Union Valdôtaine. Ca, c'est je crois de la politique. Les alliances peuvent changer au-delà des Congrès, mais cet évident. Les Congrès doivent nous donner des lignes avec lesquelles on peut travailler, évidemment.
Donc je crois qu'il y a deux les points d'une analyse qui a toute une série de facettes.
Encore un point. Les personnes qui n'ont pas travaillé pour la campagne électorale. Il y a des personnes qui n'ont pas travaillé au niveau des élus au Conseil régional, syndics, Conseils communaux, etc. Moi j'ai pris acte de cette attitude et je ne suis pas ici et je l'ai dit dans des temps brefs, pour dire qu'il faut à tout prix éloigner ces personnes. Je suis ici pour dire qu'il faut discuter avec n'importe qui. L’unique aspect que je me permets de souligner qu'à la fin, les héros sont ceux qui ont travaillé contre le Mouvement tandis que ceux qui ont voté pour l'Union Valdôtaine, pas pour ma personne, deviennent ceux qui ont mal fait, mal compris.
Au moins ça. Alors, de ma part, je réponds tout de suite que l’U.V, j'ai quelque difficulté a dire si est une famille ou une maison (où un chalet, un condominio), ( ... ). Je n'ai pas de conseils à donner, loin s'en faut. J'ai écouté avec attention toutes les interventions très intéressantes, je suis ici pour dire qu'il faut faire l'impossible pour se parler, là aussi il faut se comprendre.
Moi j'ai l'idée que quelqu'un a trouvé un nouveau système, très économique ou très suspect pour se parler, Les affiches, les communiqués. On arrivera aux murs, aux «graffiti», j'espère que non.
Alors je crois que si on veut se parler, et j'ai assisté à maintes reprises à des réunions dans le siège de rue des Maquisards, là où tout le monde et en principe le candidat, le président de l'U.V disait: essayons de nous parler finalement, mais 5 minutes après on faisait trois communiqués, appels, signatures. Mais qu'est-ce que les gens pensent des signatures comme la participation aux sections. Il y des gens qui appartiennent aux sections et qui ne vont pas aux sections. Alors quel est le sens du Mouvement. Allez dans les sections dire ce que vous pensez au lieu de faire des proclama n'importe où ou dire que les sections ne sont pas convoquées, ayez le courage de vous confronter, trop facile de venir dire avec quatre amis et de faire les affiches, aller déranger n'importe qui «tu signes ça, c'est pour la liberté ». Mais quelle liberté? Je crois que et j'en viens à la proposition: maximum d'ouverture avec n'importe qui. Moi je n'ai pas de rancunes avec ceux qui ont eu une attitude différente. Si aujourd'hui on reprend un chemin qui soit partagé avec une Présidence et un Mouvement qui a des représentants qui vont travailler dans une direction qui après aujourd'hui sera exprimé valable, je crois qu'il y a la possibilité de le faire.
Allons parler dans les sièges qui sont là pour parler et je crois alors que tout le mode peut comprendre. On veut parler, on peut convoquer la section, le Comité, le conseil, faisons une autre assemblée plénière. Si nous voulons parler, faisons-le dans les sièges mis à disposition pour le faire. Je souhaite que le nouveau Conseil fédéral, puisse dans les différentes sensibilités, travailler à sens unique. Là j'estime, que qui fait partie du Conseil fédéral doit travailler ensemble, ( .. . ) dans une unique direction, l’intérêt du Mouvement.
Là, je m'associe aux remerciements sincères à la Présidente et au bureau de direction qui ont vécu de moments difficiles. Je profite pour remercier tous les électeurs, les inscrits qui sont ici qui ont vécu un moment difficile avec cette élection politique et surtout qui ont travaillé conscients que ce n'était pas pour travailler pour le candidat mais pour l'Union Valdôtaine.
Je crois que chaque fois qu'il y a une élection, il faudrait travailler avec cet esprit. J'ai écouté, on a cité plusieurs fois les élections, on a très souvent marqué les difficultés de celles européennes, les politiques sont à l'analyse aujourd'hui. On a, à mon avis, pas suffisamment examiné le succès des élections communales. Sauf quelques cas, les élections ont été un succès. Et là aussi ce qui n'est pas arrivé est de se pencher sur les raisons de ce succès. Les élections et les sections communales, sont la base des bons résultats des autres élections. Les élections communales. Elles ont eu un résultat important dans presque toutes les communes. Important, mais là on s'est arrêté. Là il fallait tout de suite, le jour après, travailler pour démontrer que les gagnants avait raison, avoir la confiance des élus.
Voilà ce n'est pas un conseil particulier, sauf un : si chacun joue son rôle je crois que l'Union pourra progresser encore pour longtemps.
Merci.

Livio Sapinet

Trente ans .. . Une vieille chanson valdôtaine affirme «II y a trente ans .. . ».
Il y a trente ans, on était à Saint-Vincent, à l'occasion du Congrès de Réunification de l'Union Valdôtaine et, le dernier jour, quand on votait les places du Comité Central, assignées aux différents Mouvements, il y a eu un moment d'impasse, à cause d'une place du Comité Central qui était demandée par plusieurs congressistes.
Une place qui revenait, selon les règlements, à un inscrit de la section de Saint-Vincent.
A ce point-là, après un moment de discussion et quand on prévoyait l'écroulement du projet de réunification, le président de la section de Saint-Vincent, a pris la parole en annonçant qu'il renonçait à cette place. Cet homme, en faisant un pas en arrière, a vraiment sauvé le projet de Réunification. L’ancien et regretté Assesseur Ida Viglino, les larmes aux yeux, a remercié au nom de l'assemblée ce renoncement. Maintenant, un pas en arrière, on le demande à tous, surtout aux dirigeants du Mouvement, un acte d'humilité de la part des nouveaux dirigeants de l'Union Valdôtaine. J'ai fort apprécié toutes les interventions; on a parlé avec le cœur et surtout l'intervention de Madame Charles et de mon «conscrit» Naudin m'ont fortement touché.
Je suis complètement d'accord avec l'analyse de l'ami Pino Cerise et surtout des congressistes qui aux critiques ont fait suivre des perspectives et des propositions concrètes pour l'avenir.
Hier, nous avons voté la présence des jeunes dans le nouveau Comité fédéral.
C'est un fait important, mais ce n'est pas tout. Le progrès d'un peuple ou d'une communauté passe à travers les mouvements de protestation juvéniles.
Réfléchissons un instant sur les conséquences qui ont été déterminées par les révoltes juvéniles du passé (1968, et surtout celles françaises...). Les jeunes, parfois, doivent critiquer, mettre en discussion l'action et les décisions de nos dirigeants politiques.
Ce n'est pas le cas de renverser les tables, mais parfais, il faudrait vraiment le faire ... Sans l'action forte de nos jeunes, le Mouvement ne peut pas progresser.
A nous de les aider. Dans les programmes électoraux, la partie consacrée aux jeunes est toujours reléguée, avec celle des personnes âgées, dans la partie finale du document.
Il faut donner de la place aux jeunes dans les différents organes du Mouvement, on doit les encourager, leur proposer de véritables projets de formation dans le but qu'ils puissent devenir des bons administrateurs et des hommes politiques compétents.
Pendant la présidence de Monsieur Rollandin (une très brève période), on avait envisagé des cours de formation pour nos jeunes, mais les présidents qui ont suivi (M. Marguerettaz et Mme Zublena) ont mis ce projet dans le tiroir.
Je m'adresse, maintenant au prochain «commandant de navire», comme l'a bien décrit Madame Teresa Charles.
1) Partie Politique - Il est indispensable que les sections, au moins une fois par année, puissent organiser des réunions politiques ouvertes, avec la participation des dirigeants du Mouvement pour débattre des questions les plus importantes qui concernent les collectivités locales.
2) Il est indispensable de retrouver la confiance des anciens inscrits qui ont fait l'histoire de l'Union Valdôtaine ... Andrione, Bétemps, Tamone pour arriver à Vallet, Perrin, Morelli, etc. Nous ne devons pas nous permettre de laisser de côté ces personnes et de ne pas exploiter leurs capacités et leurs connaissances.
3) Il faut définir un calendrier de rencontres périodiques avec notre Syndicat, sans crainte d'être définis «cinghia di trasmissione».
Dans la période où j'étais passé au bureau de direction du Mouvement, j’ai essayé de régler, d'organiser des rencontres mais, malheureusement, après une première réunion, on n'a pas poursuivi.
Le SAVT, avec ses différentes compétences peut vraiment nous donner la situation réelle de l'économie valdôtaine et la confrontation avec les responsables des différents secteurs ne peut qu'apporter des résultats positifs.
4) En 1998, on a organisé le dernier Rendez-Vous Valdôtain.Il est nécessaire de reprendre l'organisation de ces fêtes, vu que nous avons parmi les Unionistes des personnes capables à pouvoir les organiser au mieux, avec l'apport des différentes sections, afin que l'on puisse recommencer à parler de politique devant un bon verre de vin.
5) Hebdomadaire «Le Peuple Valdôtain » - Réorganiser le Comité de Rédaction, dans le but de le faire redevenir une véritable tribune ouverte à tous les Unionistes.
6) Organisation: Les campagnes électorales européennes, communales, celles politiques ont été un exemple de désordre, d'incapacité à résoudre et à gérer les différents moments de débat.
En particulier pour ce qui a été de la campagne électorale communale de 2005, quand on a vu que les pauvres Follien, Grimod etc. qui se sont débattus face aux problématiques, sans aucun support de la part du Mouvement...
Il est nécessaire d'avoir une organisation ponctuelle qui puisse faire face aux problèmes qui se présentent lors des campagnes électorales et pour repérer les fonds nécessaires. Pour terminer, on doit déjà se pencher vers les prochaines élections européennes, pour rebâtir l'entente politique avec toutes les minorités ethniques européennes et se présenter tous ensemble au prochain rendez-vous électoral (sans alliances trop faciles et porteuses d'insuccès), avec les chances de réussir à obtenir une place d'un Valdôtain au Siège du Conseil de l'Europe, un résultat que le regretté Bruno Salvadori, en 1979, n'a pas atteint pour une poignée de votes. Je m'arrêterai ici et je vous souhaite à tous une bonne continuation de débat.

Section de Hône-Bard

Bonjour à tous, la section de l'Union Valdôtaine de Hône-Bard à la réunion du 10 juin 2006 a exprimé, et partagé, le document suivant divisé en trois parties avec l'indication d'un parcours que selon les participants devrait marquer le mandat du futur Président du Mouvement. Le document est la synthèse d'un débat sur l'actuelle situation de l'Union qui a occupé plusieurs réunions de la section.
De différentes sensibilités existant à l'intérieur du mouvement ont représenté, très souvent, des voix alternatives et constructives, dont porteuses d'innovation.
Le garantir à ces voix, une égale dignité humaine et politique, ne représente pas un signal de faiblesse de la pensée majoritaire, mais uniquement la juste disponibilité à une confrontation constructive pour le progrès de l'UV. Une telle disponibilité ne peut qu'apporter une vitalité accrue à l'évolution politique d'un Mouvement tel que le nôtre, qui s'est distingué, et ce là de sa fondation, pour sa sensibilité aux minorités qu'elles soient linguistiques, ou ethniques, ou politiques, ou sociales sans discrimination de sorte.
Celui qui sera l'élu à la charge de Président il devra, dès son début, s'appliquer à la recherche d'un dialogue avec tous ceux qui, dans ces derniers temps, ils ont crû de n'être pas suffisamment représentés, et surtout incompris dans leurs propositions à l'intérieur du Mouvement. Notre futur Président devra essayer avec humilité et ténacité, sans préjugés aussi de comprendre les raisons du clivage présent; il devra œuvrer pour que retourne la cohésion parmi les voix discordantes existantes ou présentes à l'intérieur du Mouvement.
Selon notre section, le Président qui s'appliquera aux initiatives proposées, pourra jouir justement du titre de réformateur de Mouvement qui est considéré à l'extérieur en état d'asphyxie si non malheureusement au seuil d'une crise difficile à résoudre.
Les récentes élections ont démontré que pour élire le représentant à Rome, il n'est point suffisant l'analyse des voix exprimées par les électeurs des élections administratives. Le choix de participer à une campagne électorale de caractère politique coalisé seulement avec des forces d'expression régionalistes, doit nous faire prendre conscience que l'approbation de l'électorat pourrait ne pas être si inconditionnée. Il serait donc souhaitable une vérification des chois faits précédemment.
Cela serait possible à travers une vérification des choix fait en présence, peut-être à travers une recherche sur le niveau d'identification, que la base trouve dans telle coalition.
Si cette recherche rendait clair un manque d'approbation vers telle orientation, le Président devra prendre acte de cette éventuelle criticité et de l'exigence d'un nouvel examen des alliances en acte. Merci.
Massimo Barbieri

Section de Jovençan

La Section de l'Union Valdôtaine de Jovençan, suite à une confrontation loyale axée sur des sensibilités politiques personnelles et à un débat sérieux caractérisé par un pluralisme d'idées, présente les observations suivantes:
Les difficultés actuelles de l'Union Valdôtaine ainsi que les causes qui lui ont fait perdre progressivement la confiance des Valdôtains ont des origines lointaines. Tout de même, nous ne pouvons pas cacher qu'elles se sont aggravées lors de deux moments politiques importants de l'histoire récente de l'Union Valdôtaine, à savoir:
• les élections régionales de 2003
• le Congrès de la même année.
Or, à la suite des événements susdits, nous tous les Unionistes, nous n'avons pas su nous réconcilier, laissant que les divisions et les conflictualités internes prennent le dessus. Les élections municipales, les élections pour les Parlements Européen et Italien, la désignation d'un nouveau Président de la Région, les changements de gouvernements et surtout d'alliances politiques et de majorité nous ont par ailleurs progressivement portés à la crise actuelle.
Les Valdôtains, peut-être, n'ont pas compris nos choix, mais plus réellement ne les ont pas acceptés. Or ce Congrès doit à cet égard, donner des réponses et proposer des solutions. En particulier, un nouvel élan politique, un projet politique nouveau et des lignes politiques claires, fortes, nettes et concertées si cela s'avèrent nécessaires. A cet effet, nous avons apprécié le choix de dédier une journée entière du Congrès à la définition des orientations politiques générales de l'Union Valdôtaine.
A ce propos, nous remarquons aussi l'exigence de passer de la simple énonciation de principe de nos idéaux à la prévision de modalités spécifiques et concrètes pour les réaliser. Nous revendiquons, en particulier, une action et des initiatives politiques concrètes et ponctuelles pour la sauvegarde et la promotion de notre particularisme, tout en tenant compte de l'actuel contexte socio-politico-économique. Nous croyons également que des initiatives politiques à même de réaliser nos principes fondamentaux pourront, entre autres, représenter l'élément unificateur, longuement cherché, pour toutes les personnes fidèles à la cause valdôtaine et en même temps constituer une sorte de bouclier pour tous ceux qui, jusqu'à présent, se sont déclarés unionistes par simple opportunité.
Seulement avec une action humble et cohérente, nous pourrons regagner la confiance des gens, demander leur participation et leur contribution active, et par conséquent obtenir:
• une relève nécessaire et opportune de nos cadres dirigeants;
• une aussi indispensable croissance qualitative de notre action politique et pourquoi pas, même de nos élus.
Au prochain Président de l'Union Valdôtaine, nous demandons donc, de s'engager afin d'atteindre ces objectifs, œuvrant dans le respect des règles, de nos Statuts, mais surtout avec équilibre, modération et bon sens en ne faisant jamais manquer son soutien, en terme d'organisation et d'idées, aux Sections.
Au Mouvement en général, nous demandons enfin, dans l'accomplissement de ses fonctions, de jouer toujours plus un rôle politique:
• assurant l'application des lignes politiques tracées par la base et par le Congrès.
• favorisant la confrontation, sollicitant le débat sur les grands thèmes d'actualités et proposant aussi des solutions adéquates aux problèmes du Val d'Aoste.
• ramenant sous sa direction nos élus, qui parfois oublient d'être des élus de l'Union Valdôtaine.
Raphaël Desaymonet

Section de Saint-Martin-de-Corléans

Merci Monsieur le Président,
Bonjour à vous toutes et à vous tous, chers amis du Congrès de l'Union Valdôtaine,
la Section de l'Union Valdôtaine de Saint-Martin de Corléans, après une série de réunions préparatoires, a élaboré un document - que vous trouvez dans le matériel distribué aux délégués - qui exprime des propositions sur trois volets différents.
Le premier de ceux-ci étant la modification des Statuts qui a fait l'objet des travaux de hier. Je vais éviter de vous en donner lecture. Je tiens, en tout cas, à exprimer une certaine satisfaction pour le fait que deux propositions sur trois ont été approuvées par le Congrès.
Pour ce qui est des deux autres volets, à savoir la ligne politique et la vie du Mouvement, je vais vous donner lecture de nos propositions, en considérant qu'elles puissent se révéler être un rappel utile et actuel en vue du débat et des motions d'aujourd'hui.
Merci à vous tous pour votre attention et bon travail.

Christian Diémoz

Section de Pont-Saint-Martin

Bonjour à toutes et à tous,
Je suis le président de la section de Pont-Saint-Martin et je parle au nom de la section.
Tout en confirmant les principes aux articles 1-2-3, nous demandons à tous de recommencer à agir en respectant les règles et à mettre à nouveau au centre l'action politique du Mouvement, l'éthique et le service du bien social du peuple valdôtain.
A la lumière des derniers événements politiques qui se sont déroulés et qui ont causé la crise de notre Mouvement, on demande maintenant d'activer une action de réconciliation pour valoriser toutes les expressions des différentes positions du Mouvement, ce n'est qu'à travers la confrontation sincère qu'on peut faire surgir de nouvelles suggestions portant le bien être pour notre région.
Pour cela, il est très important que les organes acquièrent de l'autorité et que leurs activités et leurs décisions soient toujours inspirées par la collégialité, selon les indications de la base dans les respects des différentes positions.
Pour cela, avant de procéder à l'analyse du Statut point sur point, il aurait été utile de définir les lignes politiques du mouvement et tracer le chemin que nous devons tous ensemble parcourir au cours des prochaines années.
Valoriser les forces les meilleures, voilà le but du travail à envisager et des décisions à prendre.
L’action politique doit être menée en tout reflet de la force du mouvement et non pas comme une faible action avec les autres forces politiques valdôtaines.
L’esprit qui est venu de la Résistance et qui a favorisé la naissance de l'Union Valdôtaine doit être le moteur de toutes les actions individuelles des inscrits, qui doivent se reconnaître dans l'action commune de l'Union Valdôtaine. Vive la Vallée d'Aoste,
Vive l'Union Valdôtaine.
Gianni Vola

François Stevenin

Chers congressistes,
Mme la Présidente
Franchement je dois vous dire que j'ai été choqué par votre intervention d' hier.
Le lendemain des élections politiques, à l'occasion de la réunion du Conseil Fédéral vous aviez fait une autocritique - que j'avais appréciée - en reconnaissant certaines erreurs que vous aviez commises, et en regrettant également que certaines critiques n'aient pas été faites à l'occasion des réunions où les décisions étaient prises.
Hier, par contre, vous étiez satisfaite du bon travail accompli, vous vous êtes enlevés quelques cailloux que vous aviez dans vos bottes, point d'autocritique ... et pourtant il y avait et il y a de quoi ...
La participation des adhérents aux réunions préparatoires du Congrès sauf quelques exceptions, n'a pas dépassé 20%.
A Aoste, pas même 10%.
Les adhérents ne dépassent pas le chiffre de 2000.
Dans ces conditions, vous avez voulu quand même discuter et approuver les modifications du Statut.
D'ailleurs comme l'a bien rappelé le président Perron, lui aussi comme moi-même élève de Dolchi, tout comme le Conseil de la Vallée est souverain, le Congrès aussi est souverain et il a tranché à propos du renvoi demandé par Robert Vicquéry, en décidant d'ailer de l'avant.
Le temps nous dira si les modifications sont positives. Mais, M.me la Présidente, le pire c'est que votre Présidence passera à l'histoire et en quelque sorte elle me rappelle ce qui s'est passé au début des années 1970 dans la D.C., lorsque M. Tubère était secrétaire: c'est alors que s'est réalisée la scission des démocrates populaires.
Depuis que vous êtes Présidente, l'UV a connu deux défaites électorales aux élections européennes et aux élections politiques, et encore une première scission et une autre est annoncée. Il n'y a pas de quoi être satisfaite!
Ce n'est pas uniquement votre faute à vous, bien sûr, mais c'est. Vous qui étiez la Présidente.
Et Le Comité Fédéral a ses responsabilités.
C'est vrai, le malaise vient de loin et le soussigné comme beaucoup d'autres ont dénoncé à maintes reprises les raisons qui sont à l'origine de ce malaise.
Je veux les rappeler à ce Congrès comme je l'ai déjà fait au Conseil Fédéral.
- La non élection de Caveri à la Présidence de la Région après les élections régionales; - La non reconfirmassions d'un Assesseur sortant, sans aucune raison quelle qu'elle soit; - La formation d'un Gouvernement qui n'a pas tenu compte des équilibres à l'intérieur de l'U. V. et, pire encore, la remise en discussion et le mépris du travail du Gouvernement précédent;
- Le déroulement du dernier Congrès ordinaire et surtout l'élection du Président pour ce qui est de la manière dont elle a été conçue: le fait de reporter l'élection parce que des congressistes devaient partir et ... de convoquer à nouveau les congressistes uniquement pour le vote ... ;
- Le choix des membres de la Présidence, sans tenir compte du fait que seulement 51 % avaient voté pour la présidente;
- La nomination de la Commission Politique avec la présence du sénateur et du Président du Conseil de la Vallée: l'U.V. a toujours affirmé que les parlementaires, dès qu'ils sont élus deviennent les parlementaires de la Vallée d'Aoste tout entière étant donné que nous avons droit à un seul sénateur et à un seul député. Le Président du Conseil doit être au-dessus des parties en cause. Il y a des Présidents de Conseil qui ne participent même pas au vote.
- Le Comité de rédaction du journal choisi d'une certaine façon et, de plus, jamais réuni: Pas mal de personnes me disent que le Peuple Valdôtain elle le lisent uniquement pour être informées sur les nouveaux nés et sur les décès.
- Et encore la candidature aux élections européennes imposée sans le moindre respect des organes.
- Le nouveau gouvernement en juillet 2005 avec l'élection du nouveau Président, qui tout en ayant été légitimé par le consensus populaire se transforme en président usurpateur élu à la suite d'un «golpe » et, encore, l'éloignement d'un assesseur sans aucun motif si non le fait d'être mal vu par quelqu'un.
- Tout cela a été accentué par les choix que le Comité Fédéral a faits à l'occasion des dernières élections politiques, et pour ce qui est de la méthode et pour ce qui est des alliances politiques. Dans le passé l'U.V. avait toujours d'abord décidé les alliances, ensuite les programmes et enfin les candidats.
Le projet politique, qui a mis à la porte la gauche valdôtaine, après 14 ans de collaboration fructueuse: elle prétendait d'avoir l'un des deux candidat!
Le jugement de l'électorat a été tranchant tant sur les candidats que sur les dirigeants du Mouvement et sur une certaine façon de gérer la vie politique et administrative.
Les promesses ont toujours fait malheureusement partie de la politique, mais les menaces et les chantages n'ont jamais caractérisé la politique de l'U.V. Lors de la dernière campagne électorale on a connu ça, sans oublier le manque de respect, l'arrogance et un clientélisme diffus.
Les voilà les raisons du résultat des élections politiques.
Maintenant l'Union Valdôtaine doit affronter un moment très difficile, marqué par la nécessité d'harmoniser les tensions à son intérieur afin de relancer une politique et une administration d'envergure.
Les signes révélateurs du malaise et de l'existence de problèmes internes sont nombreux, je viens de les énoncer et les effets de ceux ci sont sérieux et importants. L’U.V a remporté en 2003 un très large consensus parmi les électeurs valdotains, qui ont récompensé sa capacité d'assurer à la Vallée d'Aoste une longue période de stabilité politique et administrative. Cette stabilité semblait pouvoir compter sur l'adhésion cohérente des tous les hommes politiques unionistes qui partagent les mêmes principes s'inspirant du fédéralisme d'ou émane le concept d'une autonomie non limitée, une vocation au dialogue paritaire avec l'Etat et l'aspiration à la construction d'une véritable Europe des Peuples.
Ces valeurs modernes exprimées par l'U.V., n'ont jamais été le souci des partis Stato-Nationaux, héritiers de choix idéologiques dépassés par l'histoire.
Le pire que l'U.V. pouvait faire, c'était de briser son unité et de mettre ces valeurs à l'arrière-plan. Malheureusement c'est ce qui s'est passé! Polémiques et divisions ont eu des effets bouleversants tant au niveau électoral qu'administratif et de gestion du Mouvement: le risque est aujourd'hui celui de transformer l'U.V. en un parti politique quelconque.
Nous nous trouvons face au risque que quelqu'un puisse imaginer, pour des raisons d'orgueil ou de myopie, qu'à cause des déchirures et des scissions, l'U.V. peut être moins nombreuse, mais plus compacte, avec une seule leadership. Cela parce que quelqu'un a déjà quitté l'U.V., et que d'autres se préparent à le faire, tout en partageant les principes qui sont les fondements de l’UV.
L’Union Valdôtaine ne peut pas permettre que cela arrive! Il est encore possible de relancer une unité interne, s'appuyant sur des équilibres entre personnes différentes, à condition qu'à la base il y ait le respect des hommes et de leur pensée.
Pour ce faire un signal clair et sans équivoques doit être lancé à tous ceux - et il sont nombreux - qui ont abandonné notre Mouvement, à tous ceux qui sont encore dans l'U.V. mais ne sont pas satisfaits, à tous ceux qui pensent que certains comportements justifient le choix de créer un autre mouvement.
Ce signal est indispensable, un signal fort et clair et ce signal ne peut qu'être le choix d'un homme de dialogue à la tête de l'U.V.
Un homme pour retrouver la cohésion interne et pour commencer à relancer le mouvement et le sortir de cette crise et le rendre à nouveau capable d'interpréter et de représenter les intérêts de la majorité des Valdôtains.
La candidature de M. Guy Cesal peut représenter le changement souhaité. Nous avons lu son programme et nous pouvons dire que c'est un point de départ pour un bon travail. L’U.V. doit affronter de graves problèmes d'ordre administratif, de ressources diminuées, ce qui peut comporter une diminution ultérieure de l'efficacité de son action par rapport au gouvernement régional.
C'est d'ailleurs le mouvement qui doit tracer les lignes directrices du travail de l'exécutif.
Ce serait une grave erreur de laisser que les choix politiques soient déterminés exclusivement par les élus de la Région et tout particulièrement par les hommes du Gouvernement.
L’U.V. est un Mouvement qui, à travers ses dirigeants et ses commissions d'étude, doit donner les coordonnées pour faire marcher l'administration et donner une réponse à la demande de la communauté.
Je vous fait 2 exemples:
1 - la Fête Nationale de la Vallée d'Aoste. Le Mouvement ne donne pas d'indications, il n'a pas de propositions à faire, c'est le Gouvernement qui décide.
2 - Pour la modification de la loi électorale des Communes, il se passe la même chose.Et pourtant l'U.V a créé la Conférence des Administrateurs!
Le Mouvement doit être le cœur et la tête de la politique, il ne peut pas être un bureau de service d'instruction et d'expédition de courriers, un service bureaucratique. Le Président est et doit être la personne qui assure l'unité du Mouvement dans le respect de tout le monde et dans l'esprit d'une valorisation maximale des caractéristiques particulières et des intelligences de chaque adhérent. Il doit harmoniser la vie des sections, les faire participer, les faire vivre, les responsabiliser en soutenant la formation politique et les valeurs qui sont la raison d'être du Mouvement. Ces valeurs doivent être traduites dans des faits, dans des choix, dans les décisions de notre vie quotidienne, politique et administrative parce que c'est la seule méthode pour construire une U.V. forte et compacte, seul espoir pour l'avenir de la Vallée d'Aoste. Sans quoi le risque d'une perte d'identité à cause de la globalisation, de la mondialisation, de l'Europe des marchés, s'avère imminent et grave.
Dans ce contexte l'U.V. doit récupérer son rôle de point de repère pour les minorités à l'intérieur de l'Etat italien, en Europe et dans le monde.
En Italie l'U.V. a longtemps été à la tête du mouvement des autonomies qui prônent la transformation de l'Etat dans un sens fédérai; en Europe l'U.V. a été parmi les fondateurs d'une alliance qui regroupe tous les partis autonomistes; dans le contexte de la francophonie l'U.V. a toujours porté de l'avant la bataille pour rendre plus fort et efficace le message de la culture francophone.
Il y a beaucoup de travail à faire, mais il faut un changement radical. Il faut retrouver le bon chemin, ceci dans l'intérêt de l'U.V., mais surtout dans l'intérêt de la Vallée d'Aoste et du Peuple Valdôtain.

Roberto Vicquéry

Après un peu d'hésitation, j'ai décidé de prendre la parole ce matin, suite au débat qui s'est déroulé hier.
Un débat très intéressant, tout comme celui d'aujourd'hui. Je me réserve le droit de prendre la parole cet après-midi aussi, en fonction des réponses que ce Congrès donnera à trois questions fondamentales que je veux poser.
Hier, quand j'ai présenté la motion pour reformuler l'ordre du jour, j'étais bien conscient qu'elle aurait évidemment été repoussée. Peut-être ai-je eu raison, car le débat a été certes intéressant mais, de quelque façon, confus.
Et j'espère que certain choix que le Congrès a fait soient la conséquence de cette confusion et de cette impossibilité d'approfondir certains thèmes. Je me réfère en particulier aux amendements présentés par les sections de Jovençan et de Gignod, qui concernent l'article 1 du Statut. Amendements qui ont été repoussés. La chose m'a choqué. Et je me pose personnellement le problème de savoir si je suis dans une ligne différente par rapport aux décisions du Congrès, ou le contraire. Je suis choqué car l'amendement était d'une clarté exemplaire. Il disait que « l'Union Valdôtaine, Mouvement politique laïque, issu de la résistance valdôtaine et de la lutte anti-fasciste, qui se rattache aux principes fédéralistes, etc., etc». Les deux sections ont essayé d'insérer deux principes qui sont à la base de mon choix politique d'il y a plus de trente ans. C'est-à-dire la «laïcité» du mouvement et le fait que l'Union Valdôtaine est issue de la résistance valdôtaine ».
Alors, j'ai consulté le dictionnaire qui définit le mot laïcisme comme synonyme d'autonomie.
D'autonomie d'action. Le laïcisme est un mouvement philosophique qui signifie principe d'autonomie des activités humaines. C'est-à-dire que ces activités s'effectuent avec des règles propres, non imposées par l'extérieur.
Ce n'est pas une simple revendication de l'autonomie de l'Etat ou d'un Mouvement politique comme le nôtre ou d'une région ou d'une institution par rapport à l'Eglise mais aussi le contraire c'est à dire de la revendication de l'autonomie de l'Eglise par rapport à la politique. C'est l'histoire qui nous démontre ça. Et il ne faut pas confondre, comme quelqu'un a essayé de le faire, les confessions religieuses avec les lignes politiques. Une grande partie d'entre nous est Chrétien catholique, mais peut-être il y a-t-il aussi des Protestants, des Juifs, des Valdesi. Dans le futur, peut-être aussi des Musulmans feront partie de l'Union Valdôtaine. Mais il s'agit d'autre chose par rapport au rôle politique et institutionnel d'un Mouvement qui a l'ambition et le devoir - et je souligne le devoir - de gérer la société valdôtaine qui est désormais une société multiraciale. On ne peut pas se cacher qu'on a aussi des votes de la part des extracommunautaires. Mais au-delà de ça, l'Union Valdôtaine est depuis toujours laïque.
Laïque est un mot qui dérive du grec qui signifie peuple. Et nous qui avons l'ambition de gérer la communauté valdôtaine, nous ne devons pas avoir peur de dire que nous sommes laïques. Autrement nous ne serons pas à même de donner des réponses à tous les Valdôtains qui ont des idées différentes. L’Union est laïque, doit être laïque et ne peut pas accepter de perdre son autonomie par rapport à d'autres. C'est un thème, à mon avis, fondamental pour comprendre quelle est la ligne politique à suivre.
Le deuxième thème, c'est celui de la résistance, de la résistance valdôtaine. De l'Union Valdôtaine issue de la lutte antifasciste. Eh bien, je dois vous dire qu'il y a quelques jours, à l'occasion de la fête patronale de mon village, j'ai longuement parlé de politique avec un vieux valdôtain, un vieil unioniste, un vieil unioniste ami de mon père qui m'a dit «ne vous déchirez pas par respect envers nous, moi, ton père et toute une partie des maquisards qui ont lutté pour la Vallée d'Aoste contre les fascistes». Et me voici devant le Congrès de l'Union Valdôtaine qui vote contre l'amendement de Gignod! C'est affreux!
Je ne comprends plus rien. J'espère, je suis convaincu que l'on a pris cette décision sans approfondir le sujet et je demande à la Présidence de revenir sur ces thèmes. Si cela n'est pas possible au cours du Congrès, au moins y revenir dans les prochaines réunions du Conseil Fédéral. Chanoux, le martyr Chanoux, est mort pour défendre les maquisards et l'Union repousse l'amendement! Affreux! C'est affreuxUne troisième question qui est, à mon avis, fondamentale pour le futur de l'Union Valdôtaine. C'est une question que je pose au Congrès. Je ne sais pas si la Présidence pourra la mettre ensuite aux votes mais j'espère que l'on pourra au moins en débattre. Je demande à ce que l'on se prononce sur une «pregiudiziale», comme on dit en italien. La question que je pose est celle-ci: le Congrès doit décider s'il existent des empêchements conceptuels à demander aux hommes et aux femmes qui, depuis des années, se sont éloignés de l'Union Valdôtaine, des amis qui se considèrent unionistes dans le cœur, s'ils veulent rentrer dans le Mouvement. Sans aucun si ou mais. Sans se mettre à discuter si c'est moi l'unioniste le meilleur ou si c'est un autre. Sans se mettre à discuter pour savoir qui a fait les fautes les plus graves et qui ne les a pas faites.
Sinon, nous n'en sortirons pas. Je demande au Congrès de s'exprimer de manière théorique.
En se penchant sur les raisons de fonds qui nous unissent, plutôt que-sur celles qui nous divisent. Le Congrès doit faire un choix: se limiter à débattre sur la question de savoir qui est plus ou moins unioniste et, dans ce cas, nous déchirer définitivement avec de nombreuses personnes qui seraient alors mortifiées, ou bien se pencher sur le problème de fonds. Les unionistes qui, a maintes reprises, de façons différentes, ont exprimé librement des opinions peu orthodoxes vis à vis de la pensée unique, avaient tort ou raison? Hier dans ma motion, j'ai parlé d'Union comme Mouvement. Et quand, à l'époque, on discutait sérieusement de la ligne politique de l'Union Valdôtaine, c'est-à-dire de choisir entre l'option A) rester un Mouvement et l'option B) se transformer en Parti, le choix est tombé, à l'unanimité sur l'option A), c'est-à-dire rester un mouvement. Et bien, à mon avis, l'argument est encore actuel. Nous connaissons tous d'autres mouvements, nous avons, par exemple, des liens étroits avec le Rassemblement Jurassien. Nous savons que le Rassemblement jurassien est un vrai mouvement. Il y a un simple coordinateur.
Font partie du Mouvement Jurassien des socialistes, des démocrates chrétiens qui adhèrent tous à leurs partis respectifs. Bien, évidemment l'Union Valdôtaine est une chose différente. Mais à l'intérieur de l'Union Valdôtaine, il y a des âmes différentes du point de vue du choix politique.
Il y a des âmes différentes, même si l'article 1, dont on parlait précédemment, est à la base de tout. Certains sont plus du centre, d'autres de centre-droite et d'autres encore de centre-gauche, mais rappelons-nous toujours que l'Union Valdôtaine a comme devise principale «Unité dans la diversité». Et cela dans le but de défendre les intérêts économiques et sociaux du Val d'Aoste.
Si le problème est celui-ci, je demande au Congrès de débattre sur ce sujet: nous restons un mouvement ou non? La différence est énorme. Si nous restons un mouvement, nous acceptons que quelqu'un dise le contraire de ce qu'indique la ligne politique générale sans être pour autant considéré comme un traître.
Si, au contraire, nous devenons un parti, nous devons suivre jusqu'au fond les lignes qui ont été décidées.
C'est une autre question que je pose au candidat Président Cesal qui, dans son ébauche de document, affirme certaines choses qu'il doit, à mon avis, préciser ou mieux approfondir.
Voulons-nous devenir un parti et donc avoir à respecter des dogmes? Absolument non! Alors, s'il en est ainsi qu'on nous donne la possibilité de nous exprimer librement, sans être considérés comme traîtres.
Ce sont à mon avis des arguments importants dont on pourra débattre, je l'espère, au cours de ces deux journées car, à mon avis, le Congrès auquel nous participons aujourd'hui est un Congrès énormément important.
Je demande donc au candidat Président de nous donner des lignes, de présenter son programme en nous indiquant comment il faut affronter ces thèmes.
C'est un problème que je ressens personnellement mais je crois que c'est aussi un problème qui touche beaucoup d'entre vous.
Merci.

Adriana Viérin

Chers Congressistes de l'Union Valdôtaine, bon après-midi. Je me suis longtemps posé la question si intervenir ou pas aujourd'hui. Après l'intervention de Pino Cerise, je pensais venir à la tribune simplement pour dire que je souscrivais entièrement à ce qu'il venait de nous dire. Mais comme on a pas souvent, ou jamais, l'occasion de s'adresser à la base unioniste, je vais quand même vous présenter quelques réflexions. Avant tout, je dois dire un grand bravo aux femmes unionistes, et je ne suis pas pour le « quote rosa ». Un grand bravo parce qu'elles ont enfin sorti leurs griffes. Merveille! De plus, comme les femmes ne connaissent pas la langue de bois, si magistralement utilisée par la plupart des politiciens mâles, je les remercie de tout cœur. Et j'accueille volontiers l'invitation de Teresa Charles et de Piera Diémoz quand elles disent que nous devons tous assumer nos propres responsabilités. J'assume entièrement les miennes et je l'ai toujours fait.
Je suis coupable. Coupable d'avoir attendu trop longtemps pour dire haut et fort que ce Mouvement était à la dérive. J'ai commencé à le faire le 13 juin de l'année dernière de façon officielle au Conseil fédéral. J'ai demandé de ramener la démocratie, la démocratie vraie et réelle, non pas la démocratie formelle qui se limite à laisser s'exprimer. Une démocratie qui rétablisse des règles de partage à l'intérieur du Mouvement. Et j'ai continué depuis! Jusqu'au Congrès du 29 octobre. Congrès difficile, tendu, complexe mais qui a eu quand même le mérite d'accoucher d'une résolution partagée. Partagée mais, malgré plusieurs rencontres, débats, entre le Comité fédéral, le Groupe de l'Union, etc. elle n'a jamais connu la moindre application concrète. J'ai continué à me battre pour qu'enfin on arrive à discuter des réels problèmes du Mouvement, de ce fameux cancer qui ne permettait plus de se référer sérieusement et concrètement à ses principes inspirateurs et qui ne lui permettait plus de comprendre ce qui se passait dehors, à l'extérieur, dans la société civile. Pas de réponse. Pas de volonté d'analyse. Et donc, oui, je suis coupable. Je suis coupable de n'avoir pas su trouver les mots pour convaincre les dirigeants de l'Union Valdôtaine et mes collègues qu'il fallait peut-être s'arrêter et réfléchir.
Et après encore coupable. Coupable de n'avoir pas su trouver d'autres moyens pour tenter d'arrêter cette marche vers le gouffre que plusieurs d'entre nous avait perçu et constaté. Coupable d'avoir décidé d'utiliser les manières fortes pour essayer de donner une secousse, quelqu'un l'a rappelé ce matin, à un système qui empirait de jour en jour. Y a-t-il à votre avis des méthodes plus efficaces? Moi je ne sais pas. A mon avis non. Mais attention, excepté de très rares interventions aujourd'hui, toutes les autres font uniquement référence, exclusivement référence, au dernier mois, à la toute dernière année de la vie politique de notre Mouvement. Voulons-nous vraiment faire une analyse sérieuse de la situation et de ses causes? Est-ce que nous sommes conscients de la condition dans laquelle se trouve notre Mouvement? Si oui, il faut essayer d'aller à la source des problèmes et opérer de réels changements. Nous ne pouvons, nous ne devons pas faire comme certains mouvais médecins qui se limitent à soigner les symptômes sans même essayer de rechercher et si possible d'éliminer la cause de la maladie.
Hier, quand, quand Madame le Président a débuté son intervention je me suis dit « elle a sorti ses griffes, il était temps ». Et je me suis dit « bien, on commence bien» parce qu'elle a débuté en nous disant qu'il fallait faire de l'autocritique et qu'il ne fallait surtout pas chercher des boucs émissaires. Madame, je suis d'accord avec vous, entièrement d'accord aussi avec ceux qui disent que nous ne pouvons pas vous considérer comme la seule responsable de tous les maux du Mouvement. Je ne l'ai jamais pensé. Les messieurs qui vous entouraient et qui par ailleurs vous avait choisi, Madame, n'ont jamais rien fait pour vous défendre, ou du moins je ne m'en suis pas aperçue. Et puis, il faut bien le dire, il est extrêmement difficile pour vous, comme pour n'importe qui, comme pour moi d'ailleurs, de s'adapter à des décisions prises ailleurs. Décisions prises en petit comité et parachutées sur nos têtes sans discussion. Laurent Viérin l'a rappelé, on est élu au Conseil de la Vallée et s'il n'y avait pas la presse qui nous informe de ce qui se passe, on aurait bien du mal à savoir. Mais Madame, après votre brillant départ, votre intervention s'est exclusivement bornée à rechercher ailleurs les boucs émissaires, les responsables des défaites de l'Union Valdôtaine et de vos défaites personnelles. Personnalismes, francs-tireurs, factions internes, méchants membres du Comité fédéral, tous ces méchants loups qui délibérément essayer de tout casser, de tout détruire. Et. .. le dire avant par exemple? Le dénoncer publiquement avant avec un peu d'éclat? Non, on n'a pas eu le droit. Vous êtes donc Madame, comme moi, coupable de ne pas avoir parlé. Mais ce qui se passe, ce qui s'est passé ne peut pas être exclusivement et simplement attribué aux méchants loups. Disons plutôt que l'on continue à se regarder le nombril ou, si vous préférez, à regarder la pièce que l'on occupe dans la maison soi-disant commune sans même essayer de fréquenter les autres pièces de la maison. Il pourrait y avoir des ennemis. Ne parlons pas de regarder à l'extérieur de la maison .. . parce que cela, le monde réel, probablement ça ne nous concerne plus .. . Vous avez dit que le Val d'Aoste se doit de viser à l'excellence et doit donc pouvoir exprimer une société démocrate, libre, solidaire, etc., etc., etc. Pour ce faire, nous avons des devoirs, l'obligation de donner des réponses aux problèmes. Tout le monde nous regarde, unionistes, sympathisants, amis, ennemis, tout le monde. Nous devons donc trouver des solutions mais des solutions adéquates aux questions posées, aux problèmes se trouvant sur le tapis.
A propos de tapis, il me revient à l'esprit l'histoire de la ménagère un peu paresseuse qui, pendant un certain temps met les débris, la poussière sous les tapis. Mais la ménagère, et nous les femmes le savons bien, tôt ou tard, elle doit trouver l'envie, le courage, la force de faire un réel ménage et donc de blanchir les rideaux, déplacer les meubles pour mieux nettoyer, mettre de l'ordre dans les armoires, récurer le carrelage et sortir et battre les tapis. Saurons- nous le faire pour ce qui est du Mouvement? Je vous pose la question.
En arrivant ici, hier après-midi, j'avais une curiosité. Avait-on donné un titre à ce Congrès extraordinaire, comme il était coutume de le faire dernièrement à l'Union Valdôtaine. Mon optimiste invétéré me faisait espérer dans un titre du genre « Le Congrès de la réconciliation ». Beaucoup l'on espéré avec moi. Rient de tout cela. Quelle déception. Maintenant je veux revenir sur quelques mots. Quelques mots qui sont revenus souvent dans les interventions de ces jours-ci. On a beaucoup parlé de débâcle. Quand on parle de débâcle on se limite à parler de débâcle électorale. On oublie de parler de débâcle politique. On est à la traîne. On ne propose plus rien. On doit subir les interventions des autres forces politiques et après enchaîner si on en est capable. La débâcle d'adhésion. Ce Mouvement en 2003 avait 3.300 inscrits. Maintenant on parle de 1.900. Débâcle de participation. Les réunions, on l'a dit, plusieurs l'ont répété, les réunions pour la préparation du Congrès mais le Congrès même; ce matin, on a ouvert à 9h25 parce qu'il n'y avait pas le nombre légal. Du jamais vu et pourtant il suffisait de 190 personnes pour ouvrir la séance. Que va-t-il se passer demain matin vu qu'il n'y aura qu'un seul candidat? Le repas d'aujourd'hui. Normalement quand on faisait un Congrès, on était tous heureux de se rencontrer au moins pour casser la croûte, pour boire un verre ensemble, pour discuter en dehors de la politique. 110 personnes m'a-t-on dit étaient à côté pour partager le repas. Quel enthousiasme ! Je n'ai pas vu un grand enthousiasme en arrivant ici, hier matin. Comme je ne l'ai pas vu pour la fête des 60 ans de l'Union Valdôtaine. On avait l'impression d'être à l'enterrement de l'Union Valdôtaine. Ceux qui étaient là s'en rappellent. On n'était pas nombreux, il n'y avait aucune envie d'y être, on n'a pas parlé d'Union Valdôtaine, on n'a rien fait pour reprendre l'âme de ce Mouvement. Absolument rien.
Et les valeurs? Moi je reviens souvent sur la seule valeur qui me tient réellement à cœur : le respect. Le respect de la personne mais qui est aussi le respect des institutions et le respect de la parole, de la parole donnée. Nous les Valdôtains on a l'habitude que quand on dit une chose, c'est celle-là et on ne discutait plus. Parce que sans le respect il n'y a plus de dignité et ne peut pas prétendre la confiance. D'autre part, je l'ai dit tout à l'heure, le non respect de la parole et le non respect des documents approuvés (voir le Congrès du 29 octobre) ne peuvent laisser présager rien de bon pour le futur.
Autonomie. Quand je pense à l'autonomie, moi je pense à quels sont les piliers de notre autonomie. Et les piliers de notre autonomie, messieurs dames, il n'y a en a pas des tas. Mais il y en a un, un qui est très important qui est la langue, la langue française. Je suis d'accord avec Osvaldo Naudin, il faut donner de la vigueur au patois aussi parce qu'il est en perte de vitesse. Le français est utilisé par l'Union Valdôtaine uniquement, exclusivement pour les moments officiels. Nous débutons les réunions du Groupe en parlant italien et après quand on ouvre la réunion on s'exprime, pas tous, en français. Au Conseil régional interventions en français sont de l'ordre de 20%.
Presque personne n'a parlé du consensus. Consensus à mon avis est un mot capital en politique. L’autogouvernement que justement nous réclamons et exerçons nous revient uniquement grâce au consensus populaire. Consensus que nous avons su construire au fil des années mais d'après ce que nous pouvons constater, que soit en notre intérieur -la baisse d'adhésion, la faible participation-, que ce soit pour les résultats électoraux, ce consensus nous ne l'avons plus ou nous n'avons plus le même.
Crédibilité. En politique, pour redevenir le centre de l'échiquier politique valdôtain il faut être crédible. Ca fait longtemps que cette crédibilité à été mise en discussion. Ayons donc le courage de tourner la page, de comprendre que certains schémas, certains systèmes, certaines attitudes, certains comportements ne sont plus acceptés par la population. Nous devons réapprendre à parler aux cœurs des Valdôtains et non pas seulement à leurs portefeuilles. Je cite cette phrase heureuse de Monsieur Dino Viérin qu'il a prononcé le lendemain des élections politiques lors d'une réunion au siège de l'Union Valdôtaine « ayons le courage de trouver des solutions fortes et compréhensibles, compréhensibles par ceux qui sont à l'extérieur ». C'est seulement à cette condition, à mon avis, que nous retrouverons la confiance des Valdôtains et le respect du monde politique.
Si vous me le permettez, je voudrais réconforter mon père. Mon père qui est adhérent du Mouvement de l'Union Valdôtaine depuis 60 ans. Ca me permettrait de lui dire que l'Union Valdôtaine dans laquelle il a cru, il a travaillé, il a lutté tout au long de sa vie, est encore là, existe encore. Mais celle-là, pas celle-ci. De celle-ci, il n'en veut pas. Nous le devons, nous le devons à lui et à tous ceux qui comme lui attendent des signaux éclairants après ce Congrès.
Merci de votre attention.

Dino Viérin

Mesdames et Messieurs. Chers amis congressistes.
Comme dans un conte de fées, je suis le ou l'un des méchants loups, qui après une expérience gratifiante d'élu au Conseil de la Vallée, a repris, il y a trois ans, ses fonctions de Proviseur. Et ce, tout en mettant son expérience, comme d'ailleurs nous affirmons toujours lors de nos congrès, à la disposition du Mouvement. Ainsi, élu au sein du Comité Fédéral, assoiffé de pouvoir, j'ai paraît-il empêché à notre petit chaperon rouge d'accomplir sa fonction de Président du Mouvement. Je ne croyais pas d'être si important, je vous l'avoue, surtout si je pense à ma position minoritaire au sein du Comité fédéral!
Mais revenons aux choses sérieuses, à savoir à la politique et, vu que nous somme au congrès de l'Union Valdôtaine, au concept de responsabilité politique. A cet égard - j'y reviendrai dans mon intervention - si je veux m'assumer ma partie de responsabilité, je ne veux absolument pas accepter le paradoxe de M.me Zublena, à savoir si le bilan et les résultats de l'U,V. ont été mauvais, la responsabilité politique principale ne revient pas à ceux qui ont géré le Mouvement mais aux ... autres!
Je veux donc vous soumettre mes réflexions en analysant quatre points.
D'abord l'analyse de la situation actuelle, vu que nous voulons nous dire franchement ce que nous pensons pour tourner la page, regarder de l'avant, remettre ensemble les Unionistes mais sans leur demander de montrer patte blanche.
Ainsi, je vous dirai comment à mon avis nous pouvons sortir de l'impasse actuelle, comment nous pouvons tourner cette page, en vous parlant de notre Mouvement et de comment il devrait être pour redevenir notre maison commune. Ensuite nous nous devons d'adresser un message à l'extérieur car si nos problèmes internes sont sans doute importants, ils le sont essentiellement pour nous. Notre communauté attend autre chose! Au cas contraire, notre fonction politique s'effacerait. Et alors quelques mots sur notre projet politique s'avèrent indispensables. En effet, qu'est-ce que nous envisageons pour notre Pays d'Aoste? A l'extérieurs de cette salle, les gens attendent des réponses sur des problèmes réel et concrets. Ils s'en foutent pas mal de nos querelles ou que ce soit Monsieur A ou Monsieur B à prévaloir. Ils veulent que nous leur donnions des réponses et des solutions à leurs problèmes concrets et surtout quant à l'avenir et aux perspectives de cette Communauté.
Et enfin, pour terminer, quelques considérations sur les alliances politiques, vu que la réalisation d'un projet politique exige des partenaires, des compagnons de routes.
Abordons alors ce thème non pas sur la base des sentiments, mais en analysant les derniers résultats électoraux. Et ce, parce que tout mouvement politique doit être à l'écoute de ses électeurs. Le consensus est en effet l'élément principal qu'un mouvement politique doit prendre en considération. Si par contre, nous pensons que nous ne devons pas tenir en considération ce que les électeurs nous dit, faisons-le, mais clairement et ouvertement, mais rappelons nous que « si errare umanum est, perseverare diabolicum »!
La situation actuelle: je ne veux pas parler de catastrophe ... même si lorsque nous présentons notre analyse - et nous ne le faisons pas d'une manière optimiste - nous sommes aussitôt accusé de faire du catastrophisme. Mais, je ne veux tomber dans ce piège. J'essaierai donc de faire une analyse ponctuelle et sérieuse, et ensuite, en partant de cette analyse, de voir quelles décisions nous pouvons envisager.
En 2003 les électeurs ont confié à l'Union Valdôtaine la responsabilité de gouverner ce Pays. La responsabilité de gouverner le pays d'Aoste et de le conduire, dans une époque caractérisée par la mondialisation et par l'uniformisation dominante, vers l'objectif d'une Vallée d'Aoste valdôtaine et européenne, en alliant identité et particularisme du Peuple valdôtain avec ouverture, innovation, compétitivité et développement économique. Depuis lors, les événements politiques qui se sont produits - les deux congrès de 2003 et de 2005, les élections, pour les parlements européen et italien, les élections municipales, l'élection de deux présidents de la Région, la formation de trois gouvernements successifs, le changement d'alliance politique et de majorité - nous ont fait progressivement perdre la confiance des électeurs. Nous sommes en effet passés de la majorité absolue au sein du Conseil de la Vallée de 2003 à la défaite électorale d'avril 2006. Et ce, en premier lieu, à cause de l'absence d'action et d'initiative politique de la part du Mouvement et de la perte progressive de son identité. C'est un thème que nous avions déjà soulevé lors du Congrès de 2003. Vous vous rappelez certainement de l'enseigne de l'ancien bazar de la rue de Tillier. Elle est toujours là, mais ce n'est plus le même magasin! Ensuite une confusion de rôles et des fonctions, des choix imposés et pas partagés, des changements non compris ou non acceptés, un manque de communication de décisions prises par le Mouvement, les divisions, les personnalismes, la conflictualité interne, la perte de notre capacité d'écouter les gens, surtout par le biais de nos sections. C'était - ce dernier - le thème dominant du Congrès de 2003: les sections avant tout. J'ai participé à quinze réunions pour organiser ce Congrès et, dans la plus part de ces réunions, les unionistes se sont plaints d'avoir été abandonnées et que les sections n'avaient pas pu remplir leur fonction. Cette analyse, accompagnée par la constatation que le Mouvement était en perte de vitesse et isolé politiquement (il suffit de voir le nombre actuel de nos adhérents - et là aussi c'est une donnée), que l'action politique s'essoufflait et que le consensus s'effritait (ce n'est pas seulement au mois d'avril, la perte a été progressive) s'est malheureusement mais brutalement confirmé lors des élections politiques des 9 et 10 avril derniers. Les électeurs se sont clairement et nettement exprimés contre: 70 communes sur 74, Aoste 38 sections électorales sur 38, encore une donnée! Les électeurs se sont donc exprimés contre la liste Vallée d'Aoste, contre notre liste. Nous avons ainsi perdu les élections. Mais, non exclusivement les candidats ont perdu les élections. Nous les avons nous tous perdues ... c'est l'Union Valdôtaine, ce sont les Unionistes qui les ont perdues. Il s'est agit d'un véritable vote sanction, non seulement contre nos candidats mais aussi contre notre proposition et projet politique, contre l'action et la gestion de notre Mouvement ainsi que contre l'action de notre Gouvernement.
En bref, notre message n'est passé. Par ailleurs, plutôt que de parler aux cœurs des gens nous avons, parfois et de façon maladroite au cours de cette dernière campagne électorale, sollicité leur portefeuille! Alors que faire si l'analyse est correcte?
Je pense que les Valdôtains par leur vote nous ont lancé un message et nous ont demandé de changer de politique. A ce propos, tout en espérant que ce message ait été un message adressé à l'Union Valdôtaine - non contre mais pour l'Union Valdôtaine - afin que celle-ci modifie son action, nous devons prendre conscience de la nécessité de reconnaître nos fautes, et moi je dis mes fautes, mais de bien comprendre le message reçu et d'y donner suite. Nous devons, et là c'est ma conviction, changer de cape, changer de direction, en évitant tout comme à l'occasion de l'après congrès de 2005, que tout change afin que tout reste comme avant. Aussi l'Union Valdôtaine, dès l'instant ou ne sont pas les personnes qui sont en jeu, mais qui est son avenir même ainsi que celui de la communauté valdôtaine tout entière qui sont mis en cause, se doit-elle de relancer sa mission, de défense et de promotion culturelle, sociale et économique du Peuple valdôtain, en assurant son identité, sa particularité, son progrès et son plein épanouissement par une action politique renouvelée et cohérente.
Mais, par le biais de quel changement? Quant au Mouvement, le changement susmentionné doit se faire sur la base des principes et des valeurs énoncés aux articles 1 et 2 de nos Statuts. A ce propos, quand nous parlons de principes et de valeurs, je voudrais souligner avec force la valeur de l'affirmation que l'Union Valdôtaine est un Mouvement laïque. Je sais que, à cet égard, plusieurs interprétations sémantiques ont été présentées. Je ne voudrais pas que quelqu'un ait consulté un dictionnaire italien et d'autres un dictionnaire français, vu que les conceptions sont tout à fait différentes. En ce qui me concerne, il s'agit d’une valeur fondamentale assurant la possibilité de garantir à tout le monde que, sur certaines questions touchant les principes de base de notre société, il ait une liberté d'opinion et d'expression pour éviter tout intégralisme, que ce soit l'intégralisme catholique à la "Comunione e Liberazione" ou d'autres intégralismes. C'est une question capitale. Quand j'ai adhéré à l'Union Valdôtaine je l'ai fait sur la base de ce principe et je regrette l'interprétation - que je considère fausse - donnée hier pour repousser l'amendement.
Pour moi c'est une valeur et je continuerai à croire dans cette valeur et à espérer que sur les thèmes éthiques, de conscience, le Mouvement, étant laïque, nous laisse toujours libres de décider. Les principes et les valeurs énoncés aux articles 1 et 2 de nos Statuts sans doute, mais aussi des propositions spécifiques pour la vie et la gestion de notre Mouvement concernant le fédéralisme global et l'autonomie, l'autodétermination et l'autogouvernement. Nous devons reprendre ces thèmes, car nous les avons oublié. Guido Grimod était président de l'Union quand nous avons déposé au Parlement italien un projet de réforme fédérale de l'Etat basé sur le principe de l'autodétermination!
Un mouvement par ailleurs est uni dans la diversité, si il est la maison commune de tous les unionistes et s'il refuse toute logique fondée sur l'exclusion et la mise à l'écart. Or, l'exclusion a été constamment pratiquée lors ces dernières années.
Je regrette de devoir le souligner, mais ce n'est pas une boutade, après le Congrès 2003 quelqu'un l'a dit "Non facciamo prigionieri", c'est vrai. Nous devons surmonter cette logique, la dépasser, avec le respect de la démocratie représentative et l'abandon de la règle du centralisme démocratique qui est une règle qui peut fonctionner pour les petites unités, les groupuscules, mais quand la maison, la famille grandissent, c'est un principe qui crée des difficultés. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils l'ont tous abandonnée, même ceux qui l'ont introduite les premiers.
Mais encore, la promotion de l'activité de nos sections, en assurant à leurs responsables le soutien nécessaire en termes d'organisation et d'idées et - surtout - la primauté, le rôle et la fonction politique du Mouvement. Il faut que tout parte du Mouvement, c'est là le moteur de la politique. Ensuite, la participation libre et active des adhérents avec la valorisation du dialogue et de la confrontation ou chacun remplisse ses fonctions et la liberté d'expression soit garantie ainsi que la transparence assurée. Et aussi la rigueur morale, l'honnêteté, la cohérence des comportements avec les idéaux de l'Union Valdôtaine. Ou encore, une façon de concevoir la politique et les rapports politiques fondée sur le respect de la personne et sur la confrontation des idées et des opinions afin que tout le monde puisse librement s'exprimer. Enfin la collaboration avec les autres communautés ethniques et linguistiques.
Pour ce faire, afin que le Mouvement puisse reprendre son élan, au moment où les personnalismes, le conformisme et la platitude risquent de prendre le dessus, une détermination lucide de répartir, de s'engager en première personne pour des idées, pour des principes et des valeurs, tout comme une ferme volonté de changer de méthodes et de comportements s'avèrent partant nécessaires ... Pour la réalisation d'un projet et non contre quelqu'un, à la recherche non pas du temps perdu de Proust, mais par le biais d'une adhésion libre et convaincue à un nouveau projet d'avenir pour le pays d'Aoste, adhésion ouverte à tous les Unionistes de cœur, pour mettre ainsi fin à notre diaspora et recomposer, réconcilier la grande famille unioniste. C'est un objectif à atteindre avec détermination. J'ai une vision différente par rapport a d'autres qui se sont déjà exprimés à cet égard.
J'ai adhéré à l'Union Valdôtaine quand le Mouvement s'est réunifié et aujourd'hui j'essayerai de faire de tout mon mieux pour éviter que ce parcours se fasse à rebours.
Comme en 1976, quand beaucoup d'efforts ont été faits pour recomposer l'Union, pour redonner aux Valdôtains une expression politique unique, nous devons aujourd'hui aussi faire tout le nécessaire, sans demander de montrer patte blanche, pour nous remettre ensemble et parcourir ce chemin qui nous permettra d'être encore et toujours 5 le point de repère de notre Communauté. Bien sûr, chacun exprime des appréciations et des jugements, mais nous sommes là dans une dimension qui est politique et donc, quel est l'objectif principal que nous devons privilégier? Sans aucun doute, la recomposition de la grande famille unioniste et mettre ainsi fin à notre diaspora!
Si tels sont les objectifs que le Mouvement devrait se poser et qui devrait être à la base de son action, il s'avère par ailleurs indispensable que cette action du Mouvement soit axée su, un projet politique clair et cohérent, porteur de changements structurels, définissants les perspectives du Val d'Aoste des années 2000 et visant à quelques éléments que je vais vous présenter. Le premier, fondamental, que vous avez tous souligné: le maintien de l'identité francophone du Peuple valdôtain ... plus d'identité francophone et évidemment plus de raison d'être non seulement de l'Union Valdôtaine mais aussi de l'autonomie, de ce pays d'Aoste, de cette communauté, de ce pays d'Aoste tel que nous le vivons. Le maintien de cette identité et la promotion de sa civilisation alpestre, de sa culture, et de ces langues, objectifs prioritaires de notre Mouvement politique. Je souligne ce mot Mouvement en pensant aux considérations exprimées par Vicquéry. Justement en ce cas, il ne s'agit pas d'une distinction sémantique: on ne parle pas de parti mais de Mouvement.
Un Mouvement est un instrument politique au service de toute une communauté. Ensuite, la réalisation d'un programme de réformes, notamment en matière de fédéralisme d’Union Européenne, de système des autonomies, de réformes institutionnelles et du Statut spécial, ainsi que d'une réflexion sur les lois électorales - pour les collectivités locales, le parlement italien et européen et la région - ainsi que sur les indemnités des élus et des représentants des sociétés à participation publique. Posons-nous ce dernier problème comme une composante importante d'un projet qui doit être un véritable point de repère. Si ce n'est pas nous d'autres le feront, ils sont en train de le faire ...
Alors, où est la primauté politique? Favoriser ensuite l'essor économique du Val d'Aoste par le biais de la modernisation de son secteur productif et administratif et de ses voies de communication, de la révision du système des participations régionales, d'un modèle de développement durable et d'une politique en faveur de la montagne, de la concertation sociale et d'un système performant de formation scolaire, professionnelle et universitaire. Autre volet à promouvoir, la relance de la croissance économique et de l'emploi, notamment des jeunes, en éliminant les contraintes publiques sur les entreprises, en luttant contre la précarisation des emplois dans un contexte économique mondialisé et toujours plus marqué par les technologies de l'information.
Enfin, continuer à valoriser les services publics, école et santé en premier lieu, en s'opposant à toute forme de privatisation, et en assurant qualité de la vie et bien-être de la Communauté valdôtaine, ainsi que les acquis de l'Etat- providence, dello «Stato sociale». C'est un thème important vu que la pauvreté frappe aussi notre communauté. Quant au privatisation, je considère avec attention la suggestion proposée par Aurelio Marguerettaz sur la privatisation du Casino, mais j'aimerais bien que l'on en discute d'abord!
En conclusion, quelques considérations sur les alliances politiques. L’Union Valdôtaine ayant comme mission d'assurer l'épanouissement du caractère ethnique et linguistique du peuple valdôtain, d'en servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques ainsi que de favoriser la coopération entre les communautés ethniques, est un Mouvement qui aspire à l'unité du peuple valdôtain - voilà encore l'importance d'avoir un seul Mouvement - et au regroupement de tous ceux qui partagent les finalités ci-dessus énoncées. D'où l'importance de la recomposition de la grande famille unioniste, ou comme quelqu'un le disait, d'un appel à l'unité sur la base de ces principes. Or, cet appel c'est à nous de le lancer, de le faire, parce que c'est nous que devons être responsables.
Mais si cela est vrai, l'Union Valdôtaine a - quant à elle - une identité propre qui ne peut être confondue avec les clivages politiques traditionnels de droite et gauche. A ce propos, oui donc à l'affirmations ni droite ni gauche, mais faisons attention à ne pas la confondre ou pire encore a mal l'interpréter! En effet, pour la réalisation de son projet politique, l'Union Valdôtaine se doit de rechercher, et je souligne toujours, la collaboration et le soutien d'autres partenaires politiques qui partagent notre programme, afin non seulement de tenir en considération le pluralisme de notre société, mais surtout de ne pas nous isoler et de mieux gouverner, de mieux maîtriser et ne pas subir les processus de notre temps. Mais si cela est vrai, elle doit être partie prenante du débat politique actuel, annoncer sa couleur. Elle ne peut pas être ni de droite ni de gauche, parce qu'elle doit choisir. Et ce parce que se sont la complexité et les problèmes politiques actuels qui l'imposent. Choisir donc, mais en tenant compte de la volonté des électeurs. C'est quand même un thermomètre important.
Or, pour qu'une assemblée de l'Union se chauffe, il suffit de bouffer du vert. Mais, attention, ils ne sont pas les seuls à avoir d'autres idées! Il y en a aussi d'autres qui, ce n'est pas si longtemps, préconisaient une autre Vallée d'Aoste, opposée à la nôtre! Ce sont les hasards ou les aléas de la politique ... En tout cas, en tenant compte de la volonté des électeurs, nous devons forcément choisir des partenaires et faire ainsi un choix de camp. A cet effet, en octobre 2005, le congrès avait confirmé « la validité de la ligne politico-administrative et des alliances choisies par l'Union Valdôtaine à la suite des élections de 2003 tandis que le comité fédéral, en décembre 2005, tout en rappelant cette décision du congrès, avait estimé indispensable de réaffirmer que les élections politiques se situent toujours sur un niveau différent par rapport au conseil de la Vallée. En février 2006, le conseil Fédéral en a finalement décidé autrement et a ainsi délibéré presque à l'unanimité de promouvoir pour les élections politiques non seulement une alliance entre forces autonomistes et régionalistes, mais aussi la constitution d'une majorité autonomiste et régionaliste au sein du Conseil de la Vallée. Au vu des résultats électoraux, je vous soumets cette question: est-ce que les électeurs ont approuvé ce choix?
Je crois, pour ma part, que les électeurs valdôtains et une bonne partie de nos adhérents et sympathisants ont démontré, confirmant ainsi leur volonté exprimée en 2003 de ne pas accepter ou partager ce choix. Il s'avère partant nécessaire de redéfinir notre stratégie, sans qu'il y ait des révolutions et tout en sauvegardant la stabilité politique. J'y ait toujours été sensible et je l'ait assurée pendant 10 années.
Sur le plan politique à mon sens, il est donc nécessaire de redéfinir notre stratégie et notre ligne politique en rétablissant que les élections se situent sur des positions différentes selon la dimension territoriale concernée et que l'approche politique et les alliances y afférentes peuvent donc elles aussi être différentes.
Deuxièmement, demain un nouveau président de l'Union Valdôtaine sera élu et, à suivre, de nouveaux organes seront constitués. C'est une occasion importante pour que, sur la base des décisions du Congrès, la nouvelle équipe prenne contact avec les autres partis politiques, tous sans exception, pour reprendre l'initiative politique et, à partir du référendums du 25 et 26 juin prochains, reprendre le dialogue avec la gauche afin que de nouvelles formes de collaboration politique et administrative puissent se réaliser.

Laurent Viérin

Chers congressistes et chers amis,
par ces quelques réflexions, que je vous soumets aujourd'hui, je voudrais à mon tour, d'un côté, vous faire part des sentiments qui m'animent en cette phase si compliquée et si difficile pour notre Mouvement, en essayant de cerner les causes de la crise que nous vivons, et, de l'autre, partager avec vous ce que devront être les perspectives de l'Union Valdôtaine pour l'avenir, la direction dans laquelle il faudra, à mon avis, se diriger pour redresser la barre et quels sont les remèdes, que nous devrons bien sûr nous employer à mettre en œuvre, afin que l'Union Valdôtaine puisse sortir de ce Congrès régénérée, reconstruite, et regagner le terrain et la confiance perdus. Un Congrès qui marque, comme jamais cela ne s'était produit au cours de ces vingt-cinq dernières années, un tournant capital pour le futur de notre Mouvement et dont nous avons tous conscience.
Pour ce qui est de l'analyse de la situation dans laquelle nous nous trouvons, je crois qu'il faut avant tout prendre conscience de ce qui s'est passé les 9 et 10 avril derniers, de cette défaite qui doit nous servir, à l'avenir, à comprendre les fautes commises et à ne plus les répéter et à apprendre à faire son autocritique, ce qui n'est pas toujours facile. Car je crois que quand les problèmes, dont nous connaissons plus ou moins l'existence, aboutissent à une défaite d'une telle envergure, et quand de tels signaux nous parviennent, nous pouvons emprunter deux chemins:
on peut faire l'autruche et refuser de regarder la réalité en face, les problèmes qu'il y a et le malaise que le peuple a exprimé d'une façon éclatante - ce qui fait mal, évidemment, mais qui existe bel et bien. On peut, bien sûr, adopter cette attitude en trouvant toutes sortes de justifications, et se lancer dans de nouvelles luttes, dans une chasse aux sorcières pour trouver à tout prix les responsables, qui sont toujours les autres, ceux qui n'ont pas assez couru, ou qui ont « trahi ».
L’autre chemin que l'on peut suivre consiste dans l'analyse et l'autocritique, c'est-à-dire essayer de comprendre et d'interpréter le message que les gens ont voulu faire passer, celui d'un certain malaise dans la population, pas seulement chez les unionistes, et réaliser qu'il faut, sans doute, en analyser l'origine et, le cas échéant, vérifier, aussi, s'il ne conviendrait pas de changer de direction, de la rectifier, et de reprendre le chemin du dialogue, du partage, de l'équilibre et du respect qui ont peut-être quelque peu fait défaut ces dernières années dans l'Union Valdôtaine. Et il faudrait essayer de faire l'analyse « à froid », non pas sur la vague émotionnelle, mais de la façon la plus lucide possible. Il ne faut pas minimiser la gravité de la situation, mais pas non plus s'acharner et alimenter les polémiques qui, loin d'être constructives, tendent encore à aggraver les tensions. En ce qui me concerne, je crois, que depuis 2003, lorsque les électeurs avaient confié à l'Union Valdôtaine la responsabilité de gouverner la Vallée d'Aoste, plusieurs événements politiques se sont produits - choix du président en 2003 et formation du gouvernement avec l'exclusion d'un membre du gouvernement sortant, congrès de 2003 et de 2005, élections pour les Parlement européen et italien, élections municipales, élection de deux présidents de la Région, formation de trois gouvernements successifs, changement d'alliances politiques et de majorité à deux mois des élections - qui nous ont progressivement fait perdre la confiance des Valdôtains. Nous sommes en effet passés de la majorité absolue de 2003 au sein du Conseil de la Vallée à la défaite électorale d'avril 2006 ! Et ce, à mon avis, à cause de l'absence d'action et d'initiative politiques de la part du Mouvement, de sa perte graduelle d'identité, du manque de volonté de gérer ce dernier de façon concertée, de la confusion des rôles et des fonctions, de choix imposés et non partagés, de changements non compris ou non acceptés, d'un manque de communication des décisions du Mouvement, de divisions, personnalismes et conflictualité interne, de la perte de notre capacité à être à l'écoute des gens, aussi et surtout par le biais de nos sections. Et quand j'expose ces causes qui, à mon sens, sont à la base de cette défaite c'est simplement pour éviter que ces mêmes fautes ne se répètent à l'avenir, afin que l'on puisse, tous ensemble, relancer l'action de l'Union Valdôtaine. Car ce qui est certain, c'est que ces élections nous ont obligés à reconnaître que nous n'avons pas su parler à une bonne partie des Valdôtains et à une grande partie des unionistes. Nous n'avons pas su parler aux gens, qui nous ont adressé un message clair.
Mais si l'on choisit le chemin de l'analyse et de l'autocritique, la prise de conscience de tout ce qui s'est passé, de tout ce qui peut ne pas avoir marché, des fautes, des responsabilités des uns ou des autres, engendre forcément, si l'on veut éviter pour l'avenir que la situation n'empire, voire empêcher d'autres débâcles, que l'on passe de l'énonciation de principes de changement à une ligne d'action forte et concrète, qui amène à un véritable tournant, qui se traduise dans des changements réels ces principes.
Voilà les perspectives et voilà ce que je souhaite pour l'avenir : des changements qui devront survenir à l'intérieur de l'Union Valdôtaine mais aussi vers l'extérieur et vers notre communauté, vers ces gens qui au fil des années ont eu confiance dans l'Union Valdôtaine, laquelle compte, ne l'oublions pas, environ 3.000 inscrits et représente plus de 30.000 voix aux élections régionales, - ce qui devrait nous faire réfléchir - un signal vers tous ceux qui ont été proches de notre Mouvement et de ses principes mais qui cette fois ont voulu nous exprimer leur malaise.
Pour ce qui est des changements et de l'organisation internes, on a beaucoup parlé du respect des règles, principe que je partage. Je suis convaincu qu'il faut en partie revoir les règles mais j'aime bien rappeler aussi que ces mêmes règles existent depuis plusieurs années et ont fonctionné, dans d'autres temps, plus ou moins bien, à une époque où, à mon avis, elles étaient gérées avec bon sens et pondération au sein du Mouvement. Quand ces règles ont été interprétées en faveur des soi-disant « amis» et contre les « ennemis », quand ceux-là mêmes qui devaient les appliquer et les faire respecter étaient les premiers à les piétiner, cela n'a plus marché, et tout le monde s'est senti libre de ne plus les respecter. Pour l'avenir il faudra, donc, que les règles soient définies d'une façon claire et que tout le monde par la suite les respecte, mais en premier ce sera le Mouvement qui devra les respecter.
Et cela devra être également valable pour les décisions, mais il faudra là aussi, que l'on soit bien clair: toutes les décisions qui sont prises devront être respectés par tout le monde mais il faudra aussi que le processus démocratique dont découlent ces décisions, soit aussi respecté, si l'on veut que l'on partage et que, par la suite, l'on puisse défendre un certain choix sur le territoire, il faut au moins avoir l'honnêteté d'en parler entre nous. En outre, pour ce qui est du Mouvement, je crois que l'on doit progressivement abandonner le principe strict du centralisme démocratique, pour arriver à un modèle qui sache respecter toutes les sensibilités présentes en son sein, comme cela se passe dans les mouvements les plus modernes en Europe. Quand la famille est aussi nombreuse et les points de vue sont différents, il faut éviter de gérer toutes décisions, et surtout les décisions importantes, à coup de majorité, ou sans même en parler, ce qui risque de mener aux résultats et à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Pour ce qui est de l'action et du message à lancer à cette communauté, je crois, avant tout, que le premier signal de changement devra passer par les principes: je pense que l'on devra redonner à l'Union Valdôtaine une âme, qui souvent ces dernières années a été un peu oubliée, afin que les principes de notre Mouvement retrouvent la place qu'ils méritent, et qu'ils soient de nouveau le centre, le cœur de son action. Le Mouvement, par le biais de ses nouveaux dirigeants et d'un Président à la forte personnalité, devra, d'un côté, les véhiculer à l'extérieur et, de l'autre, en garantir le respect, pour que ces principes redeviennent le moteur de l'action de ses adhérents et surtout de ses élus à tous les niveaux. Le Mouvement devra redevenir l'âme et la conscience critique de nous tous, le lieu où retrouver ces principes, et puis, surtout, devra redevenir la grande famille de tous les unionistes, où tous pourront se sentir chez eux, et non pas vivre et demeurer dans la logique amis-ennemis, avec ou contre le chef.
Par ailleurs, il faut aussi que l'Union Valdôtaine redevienne le moteur de la politique en Vallée d'Aoste et qu'elle trace l'action administrative, en contrôlant son application. L’Union Valdôtaine doit reprendre l'initiative politique, afin de débattre, de se confronter sur les grands thèmes avec la base mais aussi avec la société valdôtaine et les autres forces politiques et sociales.Dans ces deux dernières années et demie, l'Union Valdôtaine n'a plus pris d'initiative politique: d'autres se sont exprimés, se sont confrontés, ont organisé des débats, ont fait de la formation à travers des cours de politique et d'administration pour les jeunes. D'autres ont fait. .. de la politique. Que l'Union Valdôtaine, une fois ses principes et ses idéaux réaffirmés, bâtisse donc un projet politique clair et cohérent pour notre Vallée et dise clairement ce qu'elle imagine pour notre Région. Il faut que l'on dise aux unionistes mais aussi à tous les Valdôtains, aux jeunes, quelle est notre idée de développement pour la Vallée d'Aoste, sur l'Université, sur l'école, sur la défense de notre Autonomie et de nos langues, sur la réforme des lois électorales, sur les réformes institutionnelles, sur le Casino, sur l'hôpital, que l'on produise à nouveau des idées vis-à-vis de ces grands thèmes, et vis-à-vis des choix stratégiques et des défis qui nous attendent, qui pourront être le moteur qui nous permettra de nous confronter, de sensibiliser, de passionner de nouveau les gens, de les mobiliser et de retrouver la confiance des unionistes et des Valdôtains, pour bâtir l'avenir.
Qu'allons-nous dire à un jeune qui veut toucher à la politique, pour qu'il adhère à l'Union Valdôtaine? Qu'est-ce qui nous distingue des autres: c'est notre identité! Ce sont nos idéaux, les idéaux et les principes, les principes de l'Union Valdôtaine. Et puis, ce qui nous distingue, c'est le projet politique que nous proposons: sur ces idées on pourra rebâtir, à mon avis, la force qui nous a vus gagnants dans le passé et qui pourra préparer d'autres succès pour l'avenir. Sur ces idées nous pourrons encore construire l'enjeu pour affronter d'autres défis. Sur ces idées nous pourrons encore travailler, tous ensemble, pour une Union Valdôtaine forte et unie, car seule cette « unité dans la diversité », dont nous avons toujours fait notre devise, nous vaudra encore le triomphe de la force de nos idées.

Ugo Voyat

Malheureusement, c'est n'est pas que j'ai beaucoup de nouvelles choses à vous dire, parce que après deux jours de débats, tous les arguments ont été abordés. Je chercherai, de quelque façon à ne pas dire mal ce qu'ont bien exprimé les autres, et je commencerai en disant à Adriana Viérin, c'est vrai que l'enthousiasme n'y est plus.
Non, il n'y est plus. Le malaise que quelqu'un vient de nous dire qu'il ya à l'intérieur de l'U.V., et surtout du groupe de l'U.V., demeure aussi entre les simples inscrits. M. Naudin, Mme Piera Diémoz et Mme Charles ont essayé d'expliquer quels sont les problèmes. Le Mouvement, parfois, dit une chose, voilà que quelques autres après se conduisent différemment. C'est cela qui enlève l'enthousiasme aux gens.
Quand même, pour revenir au Congrès, je voulais souligner ce que beaucoup de personnes ont déjà fait, c'est-à-dire que la chose fondamentale c'est de faire respecter et porter de l'avant les articles 1, 2 et 3 des Statuts.Nous n'avons pas besoin de gros programmes, il faut faire comme disait ce matin Grimod, il faut reprendre un peu toutes les orientations qui ont été votées dans ces derniers Congrès et là, il y aurait déjà une grande montagne de documents à appliquer.
Fondamentalement la question du français, la question du patois pour lequel peu se souviennent qu'il y a une délibération de 1948 ou 1949 qui permet l'emploi du patois même au Conseil régional. Des Conseillers pourraient l'employer s'ils le voulaient.
Cela a été fait seulement dans deux ou trois cas, pas davantage. Et sur la question du français nous avons nos responsabilités comme U.V. étant donné que nous avons eu pendant 33 ans l'Assessorat à l'Education: et le français, à l'école, est encore comme celui d'il y à beaucoup d'années ... Nous avons nos fautes parce que parfois nous ne le parlons pas à nos enfants, nous ne l'employons pas dans la vie de tous les jours.
De temps à autre quelqu'un commence à faire un discours en français, il s'entend répondre en italien et alors, un faible comme moi, après deux ou trois minutes commence lui aussi à parler en patois ou en italien.
Voilà la question du français, mais n'oublions pas celle du fédéralisme: parce que nous, nous avons présenté, il y a à peu près dix ou douze années, avec Caveri, une loi au Parlement italien concernant le fédéralisme, sur ce que doit être le fédéralisme en Italie, et je crois aussi en Europe.
A mon avis il ne faudrait pas faire d'autres gros documents, il suffirait de sortir cette loi, de faire, si nécessaire, une confrontation avec les autres forces en Italie ou en Europe, avec les autres peuples frères, avec les autres régions et voir où elle pourrait éventuellement être appliquée à l'avenir.Commencer à semer aujourd'hui pour récolter d'ici quelques années.
Une autre chose nouvelle que j'ai déjà soulignée autrefois et que j'aimerais que l'U.V. fasse, c'est un Comité permanent pour les élections européennes.Moi je ne sais pas si vous vous en êtes aperçus mais, toutes les fois qu'il y a des élections européennes, il faut reprendre le discours, expliquer à tout le monde d'aller voter (car les gens n'en ont pas toujours envie), leur expliquer pourquoi on fait certaines alliances; il est important de leur faire comprendre l'importance du vote et de convaincre tout le monde à la participation active à la vie du Mouvement.
Après, il arrive que le jour suivant les élections, tout le monde oublie et les administrateurs recommencent ce discours seulement après trois ou quatre années, tout juste quelques mois avant les élections européennes successives. Je propose que sur ce thème extrêmement important, surtout pour l'avenir de l'Europe, nous fassions un Comité Permanent avec l'engagement de travailler, en vue des élections européennes. Il faut souligner, encore davantage, aux personnes l'importance de ce rendez-vous électoral.
En même temps il faut prendre des contacts avec les peuples frères, avec d'autres régions avoisinantes, chercher à convaincre l'Etat italien à nous concéder notre collège uninominal et donc la possibilité d'avoir notre candidat à nous.
Cependant, et je le souligne encore une fois, il ne faut pas lutter seulement pendant trois ou quatre mois, il faut se battre pour cinq années. Et ce même discours vaut pour beaucoup d'autres sujets.
Donc, à mon avis, pour ce qui est du futur de l'U.V. et des tâches des administrateurs et de tous ceux qui s'engagent dans la vie active de notre Région, si nous réussissions à réaliser ces buts, nous pourrions considérer avoir déjà fait un gros pas de l'avant.
Pour ce qui est des interventions qui ont précédé la mienne, je ne ferai pas une liste entière, car j'en ai apprécié une grande partie, toutefois je voudrais faire moi aussi quelques remarques.
La première, c'est le remerciement particulier que j'entends faire à Mme la présidente Manuela Zublena, car, selon ma modeste opinion, elle a fait beaucoup plus que ce que tout le monde s'attendait, dans un moment politique historique et très critique pendant lequel elle s'est trouvée à la tête du Mouvement.
Il faut souligner, et c'est vrai, que parfois elle n'a pas été beaucoup aidée, accompagnée et défendue. Toutefois, ceux qui ont pu participer au dernier Conseil fédéral, ont pu assister à une scène, à mon avis, terrible, sur un sujet très important, c'est-à-dire sur une lettre que Mme Zublena avait écrite et dans laquelle elle avait affirmé « ... Non, nous ne pensons plus faire partie de cette association»; le cas échéant, elle s'est trompée, elle aurait dû demander au Comité Fédéral. .. Mais elle n'a pas dit, pour se défendre que la faute n'était pas à elle seule, parce qu'elle avait demandé a quelqu'un, qui s'occupe de ces choses, et celui-ci lui avait indiqué comment se comporter. .. et elle, en bonne foi, l'a fait.
Voilà l'honnêteté de la personne. Elle n'a pas déchargé ses responsabilités sur les autres, elle a toujours pris toutes les fautes, dans ces deux années et demie tout ce qui arrivait et qui ne marchait pas était la faute de Mme Zublena et de M. Rollandin.
Une fois, quand je travaillais à la Cogne en regardant dehors on disait «Piove, Governo Ladro». Aujourd'hui on dit «la faute c'est de Zublena et Rollandin».
Mais, mes chers amis, comme l'a bien dit Mme Diémoz, que dire de ceux qui faisaient des confidences aux journaux, en cherchant à se faire un peu de publicité, de ceux qui faisaient des réunions, parce qu'eux seuls peuvent les faire au contraire de nous, de ceux qui peuvent parler bien et mal de l'Union et de certains unionistes.
Cela ne me concerne pas, mais je pense que, jusqu'à quand les courants ne sont pas établis à l'intérieur du Mouvement, personne ne doit se permettre de faire des réunions en cachette pour travailler contre l'Union Valdôtaine. Et pour ce qui est des élections?
Quelqu'un croit, peut-être, que nous sommes tous stupides, que nous n'avons pas vu ce qui est arrivé? Nous voulons parler des élections européennes? On a dit que l'insuccès a été dû au fait que les journaux ont publié le nom du candidat avant qu'on en parle au Comité. C'est pour cette raison que nous avons a perdu les élections? C'est celle-ci la chose grave? Et tout le reste? C'est la faute de Mme Zublena? Ne me faites pas rire, s'il vous plaît.
Le nom a été fait par quelqu'un d'autre qui voulait mettre Mme Zublena sous un jour défavorable. Quelqu'un disait, en faisant référence à Andreotti, «a pensar male si fa peccato ma a volte si indovina ».
Et alors ceux qui ont ou n'ont pas travaillé pour les élections européennes, évidemment ont déchargé toute responsabilité sur le candidat, sur la Présidente et aussi sur Rollandin, qui est toujours coupable naturellement.Mais, passons aux élections communales: allons voir dans les différentes communes. Tous ont des excuses: ceux qui ont perdu disent que la faute c'est de ceux de la ville, ceux qui ont gagné, c'est leur mérite.
Mais dans certaines communes où ont a perdu les élections, comme à Gressan, il ne me résulte pas qu'il y ait eu l'intervention de quelqu'un de l'extérieur. Je veux les preuves de ceux qui disent ces choses, ils doivent me les montrer. Dans les autres communes où l'Union a perdu, il y a eu l'intervention directe de la part des dirigeants du Mouvement. Et c'est celui-ci l'amour que nous avons pour l'Union Valdôtaine? L’amour pour le Mouvement vient il parce que j'ai, d'une part, des amis et de l'autre des ennemis? Ou parce que quelqu'un ne m'est pas sympathique? Est-ce la façon de voir l'U.V., l'enthousiasme que nous devons donner aux Unionistes? Une autre petite chose: il me déplait pour Pino Cerise avec lequel j'ai travaillé pour l'Union Valdôtaine. Je suis disposé à souscrire une grosse partie de ce que tu as dit, de ce qu'il faut faire, de ce qui s'est passé. Je le souscris mais je veux aussi dire, et ça me déplait de le faire, que tu as bien parlé mais que tu ne t'es pas bien comporté. Parce que pour aucune raison, si le Mouvement décide une chose, on ne doit aller contre, amis ou pas amis. Moi, je suis de l'U.V. et je vais en avant.
Tous aiment l'U.V., tous la veulent quand les choses fonctionnent, tandis que quand elles ne vont pas bien alors, ils disent qu'il faut mettre de côté l'U.V..
Le centralisme démocratique, belle chose quand on est au pouvoir. Alors le centralisme démocratique marche.
Quand on est à l'opposition cela ne marche plus, parce qu'on doit avoir le droit de dire ce que l'on pense.
Jusqu'à maintenant nous l'avons eu le centralisme démocratique: si nous voulons le changer, faisons-le. Mais ensuite cherchons à nous comporter en conséquence.
Maintenant analysons la crise régionale, car il me semble avoir déjà vécu cette question.
Il me semble que le premier choix du Président à été fait par le Groupe des conseillers, qui a fait un choix plutôt qu'un autre. La faute à qui est-elle? Au Comité? Mais le deuxième choix qu'ils ont fait, qui a voté? Le Groupe. Je me souviens que quand nous avons parlé de changer la junte, ils étaient tous enthousiastes, sauf deux personnes: M. Perrin et M. Borre. Après, pourquoi a-t-on changé la majorité? Parce que les Unionistes ne sont pas 18, ils sont 13, 14, parfois moins. Si nous voulions continuer à gouverner la Région,Val d'Aoste, nous étions obligés de changer de Majorité, parce que les 22 de la majorité n'étaient plus suffisants. Et l'année précédente Charles Perrin avait déjà dit qu'il fallait collaborer un peu plus avec les forces autonomistes. Mais quand il s'est rendu compte qu'il fallait aussi un peu augmenter la majorité, il était un peu trop tard, car il y avait déjà trop de gens qui cherchaient à le mettre de côté. Voilà pour quelles raisons nous avons changé de majorité, mes chers amis. Et venez me demander, cher Vicquéry, de retourner avec les communistes.
Ce sont eux qui ne nous veulent pas, déjà alors, parce que quand il est arrivé le moment de choisir les candidats ils ont dit «nous voulons une réponse dans les 24 heures et elle doit être que vous acceptez notre candidat». Et quand ils ont vu que cela ne s'était pas vérifié, il me semble qu'ils ont envoyé une lettre par un jeune en disant qu'ils n'étaient pas d'accord et le jour après, est sortie l'alliance de l'autre côté. Mais Réan dit dans ses communiqués, «siamo usciti dalla maggioranza» comme si c'étaient leur volonté, pas seulement la nôtre. Et après nous ne pouvons pas justifier que quelqu'un avait déjà fait un accord; avec nos adversaires.
Mais vu qu'ils cherchent à se débarrasser de nous en Région et à Rome, pouvons-nous changer sur le plan régional notre alliance, celle qui nous sert pour porter de l'avant notre programme? Et maintenant qu'est-ce que nous voulons faire, changer encore une fois de majorité? Ici au Congrès surtout. Ne me faites pas rire, ce n'est pas le Congrès qui doit décider les alliances. Parce que nous, aujourd'hui, nous décidons une chose et eux, demain, en font une autre, ils font un communiqué et nous sommes à nouveau dans la situation de convoquer un autre Congrès.
Nous devons donner les lignes politiques, nous devons dire au Mouvement ce qu'il doit faire. C'est le Mouvement qui doit choisir les personnes avec lesquelles faire le chemin, le faire avec ceux qui lui donne confiance, la garantie de porter de l'avant un programme.
Pas avec ceux qui cherchent à te surmonter. Les gens, toutes ces choses, ne les ont pas comprises, on a cherché seulement à faire confusion.
Et après, n'oublions pas (et comme toujours c'est la faute de Rollandin!), qu'il y a un groupe qui depuis 20 ans continue de mépriser une personne. (Rollandin ne m'a pas payé pour dire ça). J'ai pu voir en 1988 que dans certaines communes de la haute Vallée il y avait un candidat qui passait chez les électeurs avec un cahier et qui disait «veux tu que je te mets de ce coté avec Andrione ou de l'autre avec Rollandin?». Toujours dans la même période, mon collègue Stévenin me demandait «Mais toi de quel côté est-tu?».
Et moi je répondais: «Moi je suis de l'Union, et je n'appartiens à aucun groupe!». Moi, les amis je me les choisis, tandis que les ennemis malheureusement viennent tout seuls. J'espère, comme le disait Adriana Viérin, que les gens ne s'offensent pas, parce que ici il faut dire les choses qui ne marchent pas.
Et moi, je demande à tous ceux qui ont travaillé contre les élections et qui sont contents que 1'Union ait perdu, et il y en a, je leur demande quel devrait être le comportement de l'Union vis-à-vis de ces personnes. Seront-elles mises sur le même plan que moi qui ai travaillé, qui ai presque pleuré, ou on leur dira: «Bien, maintenant tu te mets de côté et tu vas pleurer toi aussi un petit peu».
Et, mes chers amis, je ne voudrais pas que le commandant Cesal, un demain, vienne nous proposer quelqu'un dans le Comité qui était content de notre débâcle, parce que si une chose pareille arrive, eh bien mes chers amis, nous sommes dans le désastre le plus complet. Je ne suis pas pour les exclusions ou expulsions, je dis seulement que ceux qui ont travaillé contre l'Union Valdôtaine, doivent faire trois pas en arrière, mêmes dix et qu'ils restent là tranquilles derrière la porte, en laissant travailler ceux qui travaillent en faveur du Mouvement, parce que de ceux qui travaille contre l'UV en Vallée d'Aoste il y en a déjà trop.
Passons à ceux qui ont signé l'affiche en disant qu'il y a la crise économique, la production ne marche pas, l'occupation non plus, nos enfants pour trouver un travail doivent aller à l'étranger. Tout de même! Il s'agit des gens qui ont été Présidents ou Assesseurs, qui ont occupé des charges importantes à l'intérieur du Mouvement: eh bien, eux, ils n'ont pas de responsabilité dans ce qui arrive aujourd'hui?
La faute est toujours des mêmes? Eux aussi ils se sont trompés: Dujany, Andrione, eux aussi ont raté, moi aussi, tous ceux qui travaillent font des fautes, et « ceux qui font rien se trompent dès le début» ont dit.
Le changement. Tous veulent le changement, moi aussi mais en mieux. Mais il ne faut pas dire «déplace-toi, que j'arrive moi!». Je dois dire qu'en ce qui concerne l'unique candidature d'aujourd'hui, je ne vois pas de grands changements, dans cette candidature. Le Président aussi a ses responsabilités, il a fait partie du Comité, d'un groupe qui n'a pas fonctionné. Et je pense que je devrai attendre un autre Congrès pour voir ce grand changement que tous demandent. Tous le font, mais quand arrive le temps de proposer quelque chose de nouveau, personne n'arrive à le faire. La candidature: les journaux parlaient de ma candidature. Moi je n'ai jamais parlé de ça, il est vrai que j'avais des amis qui me poussaient pour me proposer.
Mais moi je leur ai dit non parce que je crois que ce n'est pas un homme qui sauve l'Union, la Vallée d'Aoste.
S'il y a un groupe, s'il y a une volonté alors oui, je suis prêt mais seulement dans ce cas. A ce point, j'en ai parlé avec Cesal et je suis resté sur ma position. Ensuite je me suis permis de faire une consultation (sans demander à Rollandin!) et j'ai demandé aux adhérents du Mouvement: «Que pensez-vous d'une unique candidature?» et quelqu'un m'a répondu: «Si on fait ainsi nous risquons d'être un parti "bulgaro"».
D'autres m'ont dit «si on propose deux candidatures on arrive à la collision».Car toi tu as le chapeau de Rollandin et l'autre de Viérin et on retourne à la même histoire. A ce point-là je me suis retiré.
Même si j'aurais aimé que le Règlement aurait prévu autre chose: que la présentation des candidatures été possible jusqu'à la fin du débat, car au commencement on ne sait pas ce qui peut arriver. J'aime le Mouvement et si quelqu'un pensait que ma candidature pouvait créer des problèmes, ce n'était pas mon intérêt et surtout ma volonté de le faire.
J'en ai parlé aussi avec Naudin, qui a travaillé toute sa vie pour l'Union. A mon avis si on avait un peu plus de temps, un peu plus de démocratie, il y aurait eu une solution.
Enfin, demain il faut voter le Président. Guido Cesal est un ami, dès 1966 nous avons travaillé pour l'UV., je n'ai rien contre lui du point de vue personnel.
Mais aujourd'hui vu les temps et vu que demain il faut voter, je dois te demander certaines garanties: la première que ceux qui sont responsables jusqu'au aujourd'hui des choix politiques contre l'U.V., qui nous ont porté au désastre, qui sont contents de comme ce sont passées les élections, soient mis de côté. Deuxièmement - il est difficile de le dire et prends-le comme un fait d'un ami qui veut du bien à toi et à l'U.V. - Si tu veux mon vote tu dois me garantir:
1. que tu n'es pas un des cinq francs-tireurs;
2. que tu n'as pas financé des journaux qui ont écrit contre l'U.V.;
3. que tu n'as pas fait la campagne pour Aosta-Viva même si tu est allé à l'inauguration de son siège.
Quand j'aurai ces réponses tout ira bien et, dès lundi, je recommencerai à travailler pour l'U.V. comme je l'ai toujours fait, et je ne me comporterai pas comme quelqu'un qui a travaillé contre l'Union pour être content.
2 X mille

le coin du président22 Mars 2017 - 17:17

Les raisons et les prétextes Les raisons et les prétextes Mardi 21 mars le Conseil de la Vallée s’est réuni pour mettre en place les dernières formalités après le changement de majorité qui a eu lieu dans les jours précédents. L’opinion publique a été considérablement frappée par ces faits et aujourd’hui, beaucoup de personnes essayent de connaître et de comprendre le pourquoi de ce séisme politique. Les vraies raisons qui sont à la base de ce choix nous les connaîtrons avec le temps, même si ce n’est pas impossible de les préconiser. Une large partie de l’opinion publique a déjà bien compris que la cause principale de ce changement a été la crainte d’une d’asphyxie de consensus qui intéressait désormais un certain nombre de personnages et quelque force politique. Lorsqu’on est particulièrement affaiblis par l’obsession et par la peur de ne plus être réélus on se rend plus facilement aux voix charmantes et charmeuse des sirènes. Elles rassurent et font entrevoir des aventures et des futurs pleins de promesses à dispenser et de consensus à vendanger. Nous verrons dans les mois à venir les aptitudes et les comportements qui seront tenus par les seigneurs des votes, qui ont promus cette aventure politique de fin de législature. Mais, entre temps, on ne peut pas passer sous silence le fait que quelqu’un essaie de légitimer sa trahison en utilisant des arguments franchement spécieux. Je me limiterai à en citer deux. Le premier est souvent utilisé et répété à chaque moment par Marquis, le nouveau président du Gouvernement. Il se borne à raconter que le budget de prévision 2017 aurait été largement modifié et par conséquent amélioré, par l’action conjointe d’un certain nombre de Conseillers. Celui – ci aurait été le signal que le Gouvernement sortant n’interprétait plus les justes attentes des forces politiques. Certes, le budget, préparé et approuvé par le Gouvernement Rollandin, au Conseil de la Vallée, a été modifié. Cela a été fait avec des embuscades continuelles, qui visaient, comme on l’avait déjà préconisé, à soulager des appétits pas trop nobles, plutôt que de satisfaire des nécessités objectives. L’autre argument s’appuie sur le fait qu’il fallait, à tout prix, trouver un bouc émissaire, pour justifier une opération qui a mis ensemble la somme des désespoirs de personnages en quête d’auteur à la recherche d’un dernier espoir de survie politique. La responsabilité de faire cela l’a assumé Martin avec une interview où il affirme que toute cette affaire aurait eu origine de la nécessité de censurer Rollandin. Martin a affirmé ça en essayant de charger sur lui la responsabilité en détournant ainsi l’attention de la trahison de Stella Alpina. D’ailleurs il est plutôt habitué à tisser la toile du complot et à masquer la vérité derrière les prétextes. En réalité Martin savait bien que l’Union Valdôtaine n’aurait jamais accepté la requête de censurer le Président du Gouvernement qu’elle avait indiqué en tant que force de majorité relative. Elle ne l’acceptait pas pour Rollandin et elle ne l’aurait pas accepté pour aucun autre de ses représentants parce qu’elle est une organisation sérieuse qui ne soumet pas ses élus aux chantages. Mais, certes, on comprend bien que Martin devait justifier politiquement ce passage, qui portait sa force politique à trahir les accords et les électeurs qui avaient voté la coalition dans la quelle nous étions alliés. Et on comprend aussi très bien qu’il ne pouvait certainement pas rendre publics les vrais motifs de son opposition à Rollandin. Ni les siens ni ceux de quelqu’un de ses collègues de parti.

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