Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 16:44

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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Congrès National 60ème Anniversaire

OUVERTURE DES TRAVAUX

J’ai l’honneur d’ouvrir les travaux de ce Congrès qui constitue une étape importante de l’histoire de l’UV car coïncide avec le soixantième anniversaire de la fondation du Mouvement. Je donne la bienvenue à toutes les forces politiques ainsi qu’aux forces syndicales qui ont bien voulu marcher par leur présence l’importance de ce moment de rencontre et de confrontation sur le thèmes politiques et administratifs d’actualité pour notre vallée. Nous remercions en particulier les représentants des mouvements des peuples frères, qui viennent de plus loin, avec lesquels nous avons toujours eu des rapports d’amitié et de collaboration, motivés par un partage des principes et des buts qui sont la raison d’être de l’UV : la mise en valeur de l’identité culturelle des peuples.
Soixante ans d’existence, pour une force politique, représentent un jalon significatif : il suffit de remarquer à ce propos que l’Union Valdôtaine est pratiquement la seule en Italie, avec la Sudtiroler Volkspartei, à avoir atteint cet âge sans avoir dû changer ni son nom, ni son symbole, ni surtout ses principes et ses objectifs. Ces soixante ans n’ont pas terni la vitalité de l’Union Valdôtaine. Bien sûr le mouvement a acquiert aujourd’hui un consensus important et nous reconnaissons que cet ampleur nous demande une gestion attentive pour mettre en valeur la pluralité de visions comme élément de richesse et vitalité pour l’Union Valdôtaine en sachant dépasser les inévitables tensions et difficultés. Après 60 ans il est important de souligner comme les valeurs et les principes caractérisant l’UV ont une forte actualité. La défense du particularisme comme mise en valeur des spécificités est un concept qui aujourd’hui a acquiert une signification forte face à un monde globalisé qui semble vouloir suffoquer les différences pas la standardisation des modèles culturels économiques et sociaux. De même le fédéralisme, qui était jadis un patrimoine exclusif des mouvements tels que le nôtre, est aujourd’hui le modèle, bien que dénaturé par rapport à la conception que nous soutenons, à la base sur les réformes constitutionnelles. Et encore la défense et le soutien de la langue française. Le régime de bilinguisme a fait qu’on apprenne deux langues à partir de l’école maternelle et cet apprentissage est aujourd’hui axé sur un concept plurilingue. Depuis longtemps nous nous trouvons donc dans une positions d’avant-garde par rapport aux nécessités qu’un monde plus ouvert et sans frontières nous demande. Nous interprétons aux mieux pour la Vallée d’Aoste le rôle traditionnel, géographique et historique, de « carrefour d’Europe » dans uns perspective culturelle de porte ouverte vers l’Europe et de centre. Si l’Union Valdôtaine fête cette année son soixantième anniversaire, c’est parce qu’elle a répondu et répond à une exigence profonde de notre peuple. Cette exigence, c’est la volonté claire et déterminée des Valdôtains de défendre et de promouvoir leur identité et leur autonomie. Les soixante ans qui ont vu l’Union Valdôtaine lutter pour l’affirmation de ses idées démontrent que cette lutte a un sens, que notre effort quotidien pour la reconnaissance des droits et la promotion des intérêts des Valdôtains a des raisons valables et des effets concrets. L’autonomie, l’identité ne sont pas, pour les Valdôtains et pour l’Union Valdôtaine, des concepts vides et rhétoriques : ce sont des valeurs réelles, des valeurs vécues, des valeurs auxquelles nous donnons des contenus politiques à réaliser tout ensemble. Ce sont des valeurs qui sont incarnés dans le concret de l’histoire, pour former un fil rouge qui parcourt tous les siècles de notre vie commune. L’autonomie est l’instrument essentiel pour porter de l’avant des expériences originales, liées à nos spécificités et qui puissent constituer des repères et d’exemples pour d’autres réalités. C’est sur rôle de l’UV après 60 ans, sur ses principes et ses actions que nous allons réfléchir et débattre aujourd’hui dans le congrès que nous débutons. Dans cette perspectives nous serons particulièrement attentifs aux suggestions et aux considérations dont tous les invités voudrons bien faire part.
Merci.

Manuela Zublena, Président

Mme BIOLEY Anna, Entraide des femmes valdotaines

Madame la Présidente de l’UV,
Messieurs les représentants du Bureau de la Présidence, Autorités,
Mesdames et Messieurs les congressistes, je vous apporte les salutations de l’Entraide des Femmes Valdôtaines.
Plusieurs personne pour des raisons de travail n’ont pas eu la possibilité de suivre les travaux de la matinée et on voudrait s’excuser, dès maintenant, si on aborde des concepts qui ont déjà fait l’objet de réflexion de la part des dirigeants du Mouvement.
Tous les thèmes qui ont été soumis à l’attention de la base sont importants et ont devait s’y pencher longuement avec une analyse ponctuelle, sereine et honnête, au moins pour une semaine, mais étant donné que « temps fugit » on a pensé d’attirer votre attention sur un thème transversal qui, à un regard superficiel pourrait résulter moins importants que le choix économiques, mais qui concerne le développement et même la survie d’un peuple : « Les responsabilités que non seulement le Mouvement, mais nous tous, nous avons envers les jeunes générations ».
A ce moment une réflexion s’impose et on doit se poser avant tout quelques questions en cherchant bien certainement de donner des réponses honnêtes.
Nous, les unionistes, sommes-nous à même de transmettre à l’aube d’un siècle riche de confusion intellectuelle et morale à nos jeunes les vraies valeurs, comme disait avant madame la présidente, celles qui comptent vraiment, en leur indiquant quel est le bon chemin à suivre selon l’exemple, avec la E majuscule, que nous leur donnons quotidiennement ? La vie que nous vivons frénétique et trop souvent dédiée au dieu argent est-elle un bon exemple ? Nous avons bâti pour eux un monde bâti sur la centralisation, où l’égocentrisme représente un atout indispensable à la survie et dans lequel, selon les statistiques, un jeune sur cinq est raciste et xénophobe.
Dans ce dernier siècle, le progrès sous toutes ses différentes facettes, dont plusieurs positives, a été le but à atteindre.
On a vécu plusieurs batailles, contre les maladies les plus ravageuses ; on court toute l’année en pensant au moment dans lequel on pourra aller en vacances et on pourra se relaxer.
On part avec la peur.
Assez souvent on est insatisfait de l’endroit et des services et on revient à la maison plus fatigués qu’au départ.
Un moment de réflexion s’impose.
La Vallée d’Aoste qui se pique d’être le carrefour d’Europe, et qui grâce à la clairvoyance politique de nos administrateurs régionaux est devenue un phare pour tous les experts qui s’intéressent de bi-plurilinguisme doit devenir porteuse d’un projet pilote, centré sur le respect et la valorisation de la personne dans son unicité et sa diversité.
Armes uniquement insérées dans un contexte sensible au développement durable à dimension humaine. Dans ce contexte, la famille doit redevenir un point de repère pour toutes ses composantes : enfants, jeunes, adultes et personnes âgées.
La famille est la dépositaire de la tradition et donc c’est à elle qui revient et donc c’est à elle qui revient la tâche de la transmettre et par conséquent l’application en Vallée d’Aoste de la loi nationale n. 482 du 15.12.199 « norme in materia di tutela delle minoranze linguistique e storiche » devra considérer soit la spécificité de notre région, avec tous ses dialectes, soit la multiethnicité toujours plus présente dans nos écoles, à tous ses niveaux.
Le franco-provençal en tant que langue véhiculaire de tradition doit être vécu dans une optique de continuité éducative à niveau d’école maternelle et élémentaire, comme moment d’immersion ludique orale dans la tradition, transmis par les personnes âgées, les uniques authentiques dépositaires de tradition.
Dans une société multiethnique et multiculturelle telle que la nôtre, le respect et donc le maintien d’une tradition passent à travers sa connaissance véhiculée par les personnes qui ont déjà expérimenté la vie et qui sont par conséquent les seules à même de transmettre avec les savoir faire et les savoir être toutes les nuances et les particularités du dialecte d’un certain endroit.
Dans une optique de rationalisation, d’épargne d’argent et de valorisation d’une partie si importante, mais si mise à l’écart de la société, on souhaite que le franco-provençal à l’école soit inséré en tant que support-intégration au travail mené il y a vingt ans par la Maison de la mémoire le BREL.
A niveau de l’école moyenne, par contre, on pourrait entamer, là oui, une analyse dialectiquement constructive et assez attrayante entre les différents dialectes avec tous leurs bagages de tradition, qui sont partie intégrante de chaque élève d’une classe.
Un peuple qui n’a pas un passé, disait quelqu’un, ne peut pas avoir un futur.
Chaque communauté s’exprime et se reconnaît à travers des valeurs sont universellement reconnues car elles représentent un grand geste d’amour.
Une de ces valeurs est notre dialecte, dans toutes ses variations terminologiques.
Dans l’espoir que la goutte apportée de l’Entraide puise servir au ruisseau de la culture, je transmets à vous tous et à vous toutes, de la par de l’Entraide, les souhaits d’un bon hiver.
Vive l’Union Valdôtaine.

M. BORRE Fidèle, Conseiller régional

En lisant le document préparatoire au Congrès, j’ai apprécié le fait que le but n’est pas seulement celui d’une célébration même si importante, mais d’une réflexion raisonnée et sincère sur le chemin que nous avons parcouru jusqu’à présent sur les pas que nous accomplirons à l’avenir.
Je retiens donc opportun de porter ma réflexion sur les événements politiques et sur la gestion du Mouvement. Avant tout je veux rassurer l’Assemblée : je ne suis pas malade de nerfs. J’ai été tout récemment visité par un neurologue qui m’a confirmé : « ton système fonctionne régulièrement ». Par ailleurs, je ne suis plus furibard. La colère a été uniquement un sentiment de la première heure, d’un moment de la « Paix éclatée ». Après, j’ai traversé une phase de délusion et d’amertume, qui persiste encore aujourd’hui. Je ne suis pas un dissident ; je suis un orthodoxe qui a perdu une partie de son « credo ». Nous ne pouvons pas justifier n’importe quelle action ou décision avec la conviction – fausse – que la politique ne connaît ni les parents ni l’amitié.
Malheureusement, aujourd’hui, la politique s’est transformée par notre faute. C’est à nous de l’avoir vidée de ses valeurs portants : l’étique et l’esprit de service. L’épisode qui a eu comme protagoniste le président Perrin et d’une façon encore plus incompréhensible l’assesseur Vicquéry, représente la pire des pages de l’histoire de notre Mouvement. L’un de nos vice-présidents a sentencié : lorsqu’il y a une tumeur il faut l’extirper. Je suis d’accord. Mais quel dommage ! Le patient à opérer n’était pas celui-ci. Malheureusement, nous le savons, les épisodes de mauvaise santé sont toujours plus fréquents. Heureusement dans notre Région ils étaient absents. J’espère vraiment celui-ci un épisode unique, qu’on ne peut répéter. On a, en même temps, justifié l’épuration de Perrin en affirmant qu’il faut prendre acte que le groupe voulait un autre Président. Ce n’est pas vrai. La grande majorité des conseillers avait affirmé : « nous ne pouvons pas continuer de cette façon », ce qui ne devait pas se traduire nécessairement par l’élimination de Perrin. Pour conclure cette prémisse, je voudrais uniquement remarquer que, dans mon analyse, l’amitié et l’estime pourraient me pousser vers des raisonnements sentimentaux. Mais, en réalité, il y a des raisons bien plus graves qui me font dire que l’Union Valdôtaine s’est trompée. Le manque de respect pour l’homme. Le manque absolu de transparence. Le manque de débat. Les Unionistes se sont trouvés devant une opération mauvaise, masquée sous le nom de recomposition du Mouvement, de moment nécessaire et indispensable pour relancer l’activité administrative. En réalité il s’agissait d’une mauvaise opération pour recomposer ambitions et objectifs personnels. Il n’y avait, en effet, aucune proposition constructive. Goutte après goutte il sont arrivés au vrai objectif : l’élimination du Président Perrin.
Et ce, malgré le Conseil Fédéral, en deux moments officiels distincts, avait condamné ce comportement déstabilisant pour l’Administration et négatif pour le Mouvement. En plus, il faut le souligner, à ces occasions le Conseil Fédéral a reconfirmé son appui et sa solidarité au Président Perrin, en condamnant qui travaillait contre ce projet. Malgré ces déclarations, bien des personnes qui s’étaient ainsi exprimées, après quelques mois n’ont pas hésité à ratifier, donc accepter les démissions du Président Perrin. Aucun débat et une motivation politique insoutenable. Pourquoi ? Et bien lisons-là ensemble : « … considère nécessaire de renforcer la cohésion du Mouvement et de ses élus pour assurer l’unité d’action des représentants unionistes au Conseil de la Vallée ». Il s’agit d’une justification erronée dans l’individuation de l’objectif. Nous le savons et nous tous connaissons les personnages qui ont attaqué la cohésion du Mouvement. Cohésion, entendue comme rapport franc et transparent, qui encore aujourd’hui n’existe pas ni à l’intérieur du Groupe du Conseil, ni à l’intérieur du Mouvement. Cette cohésion masquée prend le nom de « Paix armée ». Une paix armée qui était, lors du Gouvernement Perrin, une guérilla masquée, qui n’a pas eu le courage de travailler, de se confronter et d’agir à la lumière du soleil. Malgré ça, Perrin a été un président digne de son rôle, ayant même su réaliser partie du programme de législature, vu le temps qu’on lui a concédé, et mettre en pied de nombreux projets qui, aujourd’hui, sont l’orgueil de ce Gouvernement. Je crois qu’on peut dire que même M. Vicquery a toujours dignement rempli ses fonctions. Mais si d’un côté ce golpe reste injustifiable et inacceptable, d’autre côté une partie de la soi-disante « patze » vous la connaissez. Le reste sera évident dans le futur. Incompréhensible demeure au contraire le silence de presque toutes les sections sur cette question. C’est vrai. Je suis un ami de Perrin. Cette amitié naît de la connaissance de sa personne et notre rapport devient de plus en plus solide grâce à son comportement toujours correcte et transparent.
J’estime la personne et l’homme Perrin. Et, je peux le dire franchement, il y a beaucoup de personnes qui ont ce sentiment. Pour cette raison je réaffirme avec conviction que le Mouvement s’est trompé. Quelqu’un me dit d’avoir du bon sens, qu’il faut tourner la page. Je suis prêt à tourner la page, mais il faut changer le système, changer les méthodes de gestion du Mouvement. Le système qu’aujourd’hui étouffe le dialogue, conditionne lourdement les rapports, empoisonne les relations. Ce système amoindrit aussi le rôle des autres forces politiques. Les méthodes de gestion ne correspondent plus à l’exigence du Mouvement. La gestion du Mouvement est conditionnée par des personnes porteuses d’autres intérêts. C’est vrai : j’ai fait et je fais partie de ce système, peut-être j’ai contribué à créer cette tendance. Le Peuple, notre journal, publie uniquement ce qui ne dérange pas les conducteurs. Une censure totale a été pratiquée dans cette phase, aucun espace pour les interventions, ni pour les documents, ni pour les lettres envoyées. Une mauvaise attitude pour la presse officielle d’un Mouvement né de la libération. Et ne parlons pas du contrôle exercé sur certaine presse locale qui pendant ces années systématiquement a ignoré l’action d’une partie du gouvernement et en particulier celle du Président. Mais maintenant nous nous trouvons face à la dernière goutte qui fait déborder le vase. Je suis prêt à tourner la page si nous tous le sommes. C’est à nous de nous réapproprier de notre dignité, de notre conscience et de nos rôles. Les serviteurs n’existent pas si on ne reconnaît pas des patrons. Nous avons tous une tête que nous devons utiliser. Et encore : il y a des personnes plus brillantes, plus instruites, plus intelligentes. Que ces personnes aient justement ce qu’elles méritent. Mais qu’elles soient conscientes que le manque d’un profond partage sur les objectifs et les méthodes pour les gagner ne les conduira pas à long terme. Ces personnes doivent comprendre qu’on peut regarder un homme de haut en bas uniquement pour lui donner une main et l’aider à se remettre en pied. Je dois beaucoup à l’Union Valdôtaine et à la section de Saint-Martin-de-Corléans en particulier.
Grâce à cette section et à ses inscrits j’ai pu devenir profondément unioniste et vivre des moments importants d’agrégations, de connaissance et de participation. Grâce à cette section j’ai pu recouvrir les tâches de conseiller de zone, de conseiller et d’assesseur communal et de conseiller régional. Ma fidélité et mon respect pour le Mouvement ont grandi avec ma carrière politique. Et, peut-être, ce sentiment de reconnaissance m’a empêché de comprendre que notre Mouvement était en train de glisser vers le système qu’aujourd’hui je veux et je dois condamner. Beaucoup m’ont déconseillé de présenter une intervention de ce type : rien ne changera, ils ont dit, et tu auras plus d’ennemis. D’autres m’ont dit qu’il est inutile de critiquer si on ne propose pas des solutions. Il est évident que je ne voulais ni je devais rester en silence. Le silence est la cause du manque de débat et de confrontation à l’intérieur de notre Mouvement. Oui, on dit que le silence est d’or, mais il y a des moments qu’il faut avoir le courage de renoncer à l’or, surtout quand il y a des valeurs plus grandes à défendre : notre personnalité, notre dignité… J’ai décidé de faire cette intervention, sans doute difficile et soufferte, pour répondre aux personnes qui, à plusieurs reprises, m’ont accordé leur confiance et parce que je me sens part en cause de cette formidable expérience politique nommée Union Valdôtaine. Aujourd’hui nous fêtons un anniversaire qui est envié par beaucoup de nos adversaires politiques. Soixante années d’activités. Pour bien célébrer cet anniversaire il nous faut oublier les arrière-pensées et, la main au cœur, nous dire ce qui marche et ce qui ne marche pas. Nous devons chercher à comprendre pourquoi quelques-uns de nos inscrits et de nos électeurs ne reconnaissent plus leur Union. Nous devons comprendre ce que nous devons faire afin qu’encore les vieux unionistes puissent se reconnaître et se sentir partie de ce grand Mouvement. La solution ne peut pas être immédiate, et je n’ai pas la prétention de pouvoir la donner. Le climat de notre maison commune s’est aggravé parce que plusieurs ont choisi le silence comme règle de vie et de survivance, plusieurs ont renoncé à leurs idées pour jouir d’une quotidienneté aisée, mais non durable. Plusieurs préfèrent déléguer à ceux qui savent et parfois même à ceux qui croient des savants. Celle-ci n’est pas l’Union Valdôtaine que j’ai connue il y a trente ans. Pour cette raison aujourd’hui j’attends un signal. Si nous avons le courage de nous parler franchement et de nous dire les choses que nous affirmons dans les bars, dans la rue et à la fin de réunions, le signal arrivera. Un signal qui doit nous conduire à une action collégiale, qui intéresse transversalement nous tous, adhérents et dirigeants du Mouvement. Aujourd’hui, en vue des prochaines échéances électorales, l’Union Valdôtaine doit récupérer les méthodes inspirées à une action conjointe, qui ne privilégie pas les individualismes. C’est la faute qui nous a caractérisés trop souvent, et qui ne doit plus être commise. Madame le Président Manuela Zublena, le Mouvement doit récupérer sa centralité dans la gestion politique de nos élus au sein des administrations. Président Zublena, votre action devra pivoter autour d’une action fondée sur le respect des règles, de la transparence, de la recherche du dialogue et de la participation. Président, je vous demande d’être vraiment le président de tous les unionistes, de penser et d’agir en écoutant, en vous mesurant avec tous. Mais vous devez penser et agir en liberté. Vous avez les capacités, l’intelligence et l’humilité pour le faire. Je vous demande de ne pas vous faire conditionner, ni étouffer, ni surtout écraser. Vous êtes le Président et, aujourd’hui, j’ai confiance en le rôle que vous recouvrez. J’ai eu le sentiment que vous n’avez pas totalement partagé cette opération et que vous avez dû continuellement vous confronter avec une situation négative, pleine d’arrière pensées et de méchanceté. Je veux avoir confiance dans votre personne, mais surtout dans le rôle que vous recouvrez. Votre intervention d’aujourd’hui me confirme en grande partie de faire bien à croire en vous dans le rôle de Président, mais aux paroles faite suivre l’action. Personnellement, je considère l’Union Valdôtaine le seul et le vrai Mouvement autonomiste qui encore aujourd’hui puisse défendre et soutenir les intérêts de la Vallée d’Aoste et des Valdôtains. Je ne veux pas qu’il se transforme en un parti dont les finalités qui le gouvernent sont seulement le consensus et le pouvoir. Nous devons faire attention et nous devons bien comprendre quel futur nous voulons pour nos gens, pour notre Région. Aujourd’hui, ce congrès doit se terminer avec une volonté de changement, qui doit traduire le désir de participation et de débat. Il est nécessaire une confrontation à tous les niveaux, dans tous les organismes, sur la situation politique régionale et en particulier pour ce qui est de la cohésion du Mouvement et de ses élus. Il faut donc tourner la page, mais il faut changer de registre, de livre. Il faut écrire cette nouvelle page avec la participation, l’humilité et la responsabilité de nous tous.
Par contre, si on décidera de tourner la page pour poursuivre même lecture, il n’y aura pas de réponses concrètes à ce malaise qui flotte peut-être inexprimé à différents niveaux du Mouvement. Peut-être que je me trompe, que les choses vont très bien, que rien ne doit être changé, que ce Congrès n’a rien à dire, peut se conclure par un « embrassons-nous », sans le besoin de changer rien du tout.
A ce moment-là je me poserai vraiment le problème. Est-ce que je suis le seul à m’être trompé dans l’analyse politique ? Est-ce que sentiment d’indignation, de malaise perçu dans la communauté est une sensation superficielle due à l’émotion du moment ? A ce moment-là, à moi de m’interroger, à chercher de me comprendre, où je suis, qui je suis. Enfin, chers Unionistes, vu que la dignité de l’homme est dans sa pensée, il nous faut donc avoir le courage de sortir ce qu’on pense, ce qu’on croît juste.
Merci de votre patience !

M. CAVERI Lucien, Président du Gouvernement régional

La journée d’aujourd’hui a été tout a fait intéressante. Ca démontre entre autre la démocratie de proximité qui est indispensable mais aussi assez compliquée ; heureusement c’est la conséquence de la naissance de l’U.V.
Sans l’Union Valdôtaine, il n’y aurait pas au Val d’Aoste une démocratie de proximité et donc il faut rappeler que la naissance de notre Mouvement a été un tournant, un moment extraordinaire dans le trajet historique de notre communauté.
La commémoration ne doit pas être banalisée, et l’on a évité de le faire en parlant de politique, mais il faut dire que nous avons besoin de nous efforcer de faire comprendre l’importance de l’U.V. dans l’histoire collective de notre Mouvement aux membres de l’U.V. qui doivent, de plus en plus, assimiler notre identité politique, ses valeurs, et comprendre l’ensemble du fil rouge qui a caractérisé nos 60 ans.
Je pense qu’il est le moment d’avoir un livre sur l’histoire de l’U.V. parce qu’il y a une nécessité de formation et d’alphabétisation de nos jeunes, pour faire comprendre les différents passages, en sachant qu’il y a eu aussi dans notre histoire des moments de faiblesse, de transition et de danger. Personnellement, pour toute une série de raisons, je pense que nous sommes dans un de ces moments de transition et il faudrait éviter de gaspiller nos énergies entre nous et d’en garder un peu pour quelque petit problème : le rapport de plus en plus compliqué avec Rome, avec les dernières menaces qui pèsent sur notre autonomie financière ; le vieillissement de notre Statut d’autonomie, il suffit de rappeler la nouvelle dimension européenne ; la transformation de notre société. Il faut par exemple mieux réglementer les flux d’immigration, développer les nouvelles technologies (là aussi c’est un défi remarquable), contraster un certain affaiblissement identitaire (le rôle du français, c’est une discussion qu’il faudra de plus en plus affronter) et j’ajouterai aussi les changements climatiques qui fragilisent de plus en plus notre territoire.
Ce qu’il faudrait éviter dans cette crise difficile, ce serait d’ajouter une crise de l’U.V. : en ce sens il faut être clair et durs avec ceux qui décident de s’en aller et d’abandonner notre Mouvement. Car il n’y a pas d’ambiguïtés, de ce point de vue. Il faut être sévère même avec ceux qui ont géré le pouvoir jusqu’à aujourd’hui : ils font d’intéressantes propositions, mais pourquoi seulement aujourd’hui ?
Je le dis à ceux qui ont eu des responsabilités au Mouvement et au sein du Gouvernement.
Quel doit être le rôle du président du Gouvernement ? Moi je ne serai jamais l’interprète d’une « pax armata » : j’ai apprécié les interventions de ceux qui ont dit, qui ont expliqué la difficulté d’aller d’accord. Je serais un médiateur en sachant que l’unité existe sans l’unanimité, mais je voudrais aussi, - et je pense que ce n’est pas une attitude personnelle, mais de l’ensemble de ce Gouvernement - décider non pour des ambitions personnelles mais parce qu’on est obligé, contre le danger de la paralysie. Un philosophe de l’époque médiévale, Jean Buridan, a inventé la fable de l’âne qui avait autant soif que faim et qui, placé à égale distance entre un boisseau d’avoine et d’un seau d’eau , ne sachant déterminer s’il avait plus faim que soif , mourut de faim (ou de soif : cela n’est pas dit dans la fable), il faut choisir et il faut être courageux comme nos fondateurs, toujours courageux, sans le devenir selon les moments : et je dois dire que plusieurs fois nos fondateurs ont dû regarder le danger droit dans les yeux et qu’aujourd’hui être courageux, ça signifie aller d’accord entre nous, en sachant qu’il faut avoir, de la part de l’ensemble du Mouvement, le courage d’agir. Avec la logique du dialogue éternel, la politique a cultivé celui d’écarter les décisions, les choix sont reportés. Agir, c’est mieux que reporter, surtout quand il y a, comme maintenant, des moments de crise. Une action précipitée peut souvent être corrigée, les actions retardées au contraire restent sans effet, étant l’occasion désormais passée, finie.
Il y a au moins trois arguments qui doivent fonder notre action : l’idéal, la morale et la passion. Il n’est pas rare que les hommes porteurs d’idéaux soient tournés en dérision au nom du réalisme. Ce n’est pas mon cas, mais il faut éviter de faire de l’idéal une caricature. Je commence avec une citation : « Ils découvrirent 30 ou 40 moulins à vent qu’il y avait en cette plaine et dès que Don Quichotte les vit, il dit à son écuyer : « La fortune conduit nos affaires mieux que nous ne puissions désirer, car voilà, ami Sancho Pansa, où se découvrent 30 ou quelques plus géants démesurés, avec lesquels je pense livrer bataille et leur ôter la vie à tous. » Tout le monde connaît l’histoire …. Don Quichotte décide de se lancer avec le cheval Rossinante jusqu’aux moulins à vent. La morale est bien connue. Se battre contre les moulins à vent. Mais attention parce que dans cette page de littératures de Cervantès il faut reconnaître une satire, une ironie subtile, c’était la figure du chevalier qui croyait être un chevalier et donc il prend les moulins pour des géants.
Deuxième argument : la morale. Il y a une belle phrase de Kant, un grand fédéraliste, qui dit « Le ciel étoilé au-dessus de moi est ma loi morale à moi ». C’est une belle phrase qu’on pourrait imaginer qui a été écrite en regardant le ciel d’un lieu de montagne. La morale doit rester solide et ne pas changer selon les circonstances. Il y a deux ans après les résultats électoraux, je n’ai pas joué à faire la victime.
Enfin, la passion : Hegel réfléchissant sur l’histoire humaine affirme : « Rien de grand ne se fait sans passion ». Il y a une image très belle, je pense que tout le monde la connaît, c’est une image de Marcel Proust qui raconte comment une simple petite madeleine et une tasse de thé on le pouvoir de faire ressurgir tout un passé enfoui et comme oublié. Je pense que c’est exactement ce qi nous revient en regardant l’écusson et le mot U.V..
Ce soir, chacun a porté dans le débats ses opinions et il faut prendre acte de l’ensemble des positions et même des critiques.
Ce que je ne partage pas, aujourd’hui comme dans le passé, - je le répéterai jusqu’au moment où j’aurai des responsabilités publiques -, chacun de nous sait dès le commencement de son activité politique d’être malheureusement « pro tempore » : voici justement la logique de la démocratie. Par contre, je ne partage pas les pessimismes et ceux qui disent qu’il y a dans notre bien-être quelque chose d’immoral. La pauvreté des années 50-60 a été combattue fortement par l’action de notre Mouvement et si l’on a eu cet extraordinaire résultat politique de rejoindre la majorité absolue, c’est parce que les Valdôtains retiennent que nous avons donné cette garantie du bien-être.
Donc travaillons sans complexes pour le bonheur de notre peuple, en paraphrasant le mot des bénédictins « Ora et labora », idéal et travail l’unique possibilité pour être crédibles.

M. CESAL Guy, Conseiller régional

Le 60ème de notre Mouvement représente un moment particulier et important de réflexion, une analyse de ce long parcours effectué ensemble, un compte rendu des résultats atteints, mais il doit constituer principalement une attentive évaluation des criticités contingentes. Il nous faut avoir le courage de nous pencher sur le moment politique et sur la situation interne de l’U.V. qui aux yeux des militants apparaît de plus en plus incompréhensible. La majorité rejointe au sein de notre assemblée législative au lieu de représenter un point de départ pour un nouveau défi, qu’on aurait dû affronter unis et compactes, a déclenché une guerre interne qui n’a pas de précédent.
Un bon nombre d’hommes politiques, qui avaient quitté la scène, selon la juste limite des trois mandats, a été substitué et le Conseil de la Vallée a subi un renouvellement important. Les rapports de forces internes, suite à ces changements, se sont modifiés et on a assisté à une véritable bataille pour établir les nouvelles hiérarchies. Tout organisme social nécessite de la présence d’une hiérarchie bien définie et dans un contexte démocratique cette hiérarchie devrait être exercée et construite avec équilibre et équité.
On a assisté, au contraire, à une bataille, sans exclusion de coups, sans règles, sans aucune éthique comportementale et sans aucun respect des adversaires. Il fallait s’imposer à tout prix, légitimer sa propre affirmation en délégitimant le travail des autres, il fallait écarter ceux qui ne pensaient pas selon l’opinion majoritaire courante, punir les dissidents. Le Congrès de fin 2003, son déroulement plutôt original, a rendu évidente, à l’extérieur, cette situation et la solution à laquelle ont est parvenus, il faut avoir le courage de le dire, n’a pas apporté aucune amélioration au climat interne.
Les grands choix politiques ne sont jamais passés à travers les organes représentatifs des élus au Mouvement. Aucun débat, aucune confrontation sur les grandes options politiques, sur les organigrammes, sur le choix des candidats aux différentes charges… Nous les avons lus sur la presse. Il me paraît que ce comportement répond plus à la logique de l’imposition plutôt qu’à celle du partage. Je crois que ce système doit finir et les comportements antidémocratiques doivent être combattus toujours non seulement quand nous défavorisent. Evidemment, je fais mon autocritique, j’ai entendu bien de critiques, bien moins d’autocritiques et je m’assume ma partie de responsabilité, mais je suis convaincu qu’il faut en finir avec ces bagarres.
Nous devons tous retourner à un comportement plus correcte, nous devons adresser nos forces pour construire et non pour détruire. Nous devons indiquer de nouveaux parcours, fixé de nouveaux objectifs, mais des parcours et des objectifs qui doivent être débattus, confrontés, partagés. Sans débat, sans confrontation, sans partage nous n’allons nulle part.
Un mouvement politique comme l’U.V. n’a qu’une seule richesse, ce sont ses valeurs et ses idéaux. Nous, les élus, nous sommes un instrument nécessaire pour concrétiser ses principes, mais nous devons être bien conscients que nous sommes remplaçables. Il nous faut donc travailler à la définition d’un grand projet pour construire une nouvelle Union Valdôtaine si nous voulons continuer à représenter avec compétence et dignité notre communauté valdôtaine.
La société par rapport au 1945 a changé, s’est évoluée de façon radicale. L’économie agricole s’est transformée en économie touristique et du tertiaire avancé. La composition de notre population est devenue de plus en plus hétérogène. L’immigration du sud de l’Italie a pratiquement conclu son procès d’intégration de façon tout à fait originale et dans un sens positif. Mais une autre immigration pousse à nos portes, une immigration différente, soit pour ce qui est de ses mœurs, de ses traditions et de ses convictions religieuses. Ce processus d’intégration ne sera pas si facile, mais nous devons essayer d’en définir les contenus au lie de les subir passivement. Il devient alors nécessaire construire des bases solides pour la définition d’une nouvelle identité valdôtaine au début de ce troisième millénaire.
Sans quoi nous risquons de nous trouver dans une situation sans issue.
Dernièrement, il nous faut le dire sans crainte, nous avons joué sur les équivoques, nous avons tenu des comportements contradictoires, nous avons accepté le compromis, adapté nos comportements pour satisfaire les exigences immédiates au lieu de construire à long terme. Etre valdôtain, aujourd’hui, et de conséquence être unioniste signifie avoir la conscience de faire part d’une communauté particulière, originale, libre. Une communauté qui cherche de garder ses prérogatives culturelles et historiques, mais qui a la capacité de faire sortir ses faiblesses pour essayer d’y apporter ses bons remèdes.
Nous avons tous vécu, chers unionistes, même avec une certaine souffrance cette longue et inexorable perte d’identité. Identité qui était à la base de toutes actions conduites par nos pères fondateurs, nous avons subi un processus d’homologation et d’intégration subtil, mais dévastant pour ce qui est des conséquences produites. On n’aurait pas pu l’arrêter, mais on aurait dû essayer de le gouverner.
Trop souvent nous avons accepté, que des comportements, des mœurs, des aptitudes qui n’appartenaient pas à notre culture s’imposent aussi chez nous. Sur l’autel du bien-être matériel nous avons sacrifié trop de principes, trop de vertus, trop de bonnes propositions. Il faut être bien conscient que si nous voulons continuer à représenter le point principal de repère politique de notre Région il faut avoir le courage de voir clair et d’agir de conséquence.
Quelques points seulement :
retrouver les sens communautaire qui a toujours caractérisé l’esprit valdôtain ;
prendre conscience que l’appartenance à cette communauté n’est pas question de connotation ethnique, mais consiste dans l’adhésion à un projet culturel, économique et social bien défini qui ne peut pas s’adapter aux modes passagères ou aux désirs de chacun de nous ;
reconnaître que toutes les prérogatives dont nous jouissons dérivent de notre particularité linguistique-culturelle. Il n’y a pas d’autre moyen de défense que de les maintenir vivantes.
retrouver un peu de notre amour propre, savoir renoncer à quelques bénéfices matériels et travailler plutôt pour la croissance culturelle de notre population ;
prendre conscience que rien n’est acquis à jamais, mais tout vient continuellement remis en discussion ;
avoir la capacité d’élaborer des projets de développement originaux sans toujours prendre comme exemple ceux qui nous parviennent de l’extérieur ;
essayer de comprendre les nouvelles immigrations. Nous confronter avec ces cultures nouvelles sans crainte et sans complexes ;
avoir le courage d’affronter le thème concernant la révision de notre statut d’autonomie tenant compte de l’urgence revêtue par cette réflexion ;
considérer que le processus d’unification européenne représente une opportunité unique ;
considérer que l’énorme patrimoine humain dont nous disposons doit être valorisé et non écarté en considération du fait qu’il n’est pas fonctionnel à la courant dominante ;
Il faudrait aussi dire clairement quelle devrait être l’alliance pour les prochaines élections politiques sans nous exercer dans des définitions obscures qui contiennent toutes les différentes options possibles.
Pour terminer j’estime nécessaire que chacun de nous ait le courage de parler sans crainte, de dire qu’une certaine lourdeur est dans le débat interne à notre Mouvement et enfin chacun de nous doit retourner à s’occuper des fonctions que lui sont propres, en évitant de s’occuper des questions que ne lui appartiennent pas.
Un peu plus d’humilité est nécessaire, un peu moins d’arrogance, un peu moins d’avidité, un peu plus d’esprit de service et de disponibilité. Retrouver le sens de l’équilibre que les récentes victoires électorales ont affaibli. Une bonne autocritique, un examen introspectif peut apporter plus de bénéfices qu’un succès électoral et c’est plus facile à bâtir, mais il faut avoir le courage de commencer.

M. DIEMOZ Christian

J’ai le plaisir de vous présenter un document qui a été approuvé par les sections de Saint-Martin-de-Corléans et d’Arpuilles-Excenex en vue du Congrès d’aujourd’hui. Parmi les sujets qu’il aborde, la gestion du Mouvement, le rôle de la presse unioniste, la formation et l’information des adhérents, ainsi que l’action vis-à-vis des jeunes. La réflexion a été approfondie et ce que je vais vous présenter, également afin de rester dans les termes prévus par le règlement des travaux du Congrès, est une synthèse du document.
La version intégrale, par ailleurs, vous a été remise avec le matériel distribué à chaque délégué. Avant de commencer, permettez-moi de remercier les délégués de la Section, et notamment MM. Fidèle Borre, Antonio Fosson et François Stevenin pour leur contribution, ainsi que les amis d’Arpuilles-Excenex pour avoir voulu partager la réflexion avec nous. Nous sommes convaincus qu’il nous revienne, surtout à l’heure où nous célébrons un anniversaire auquel certaines forces politiques historiques italiennes n’ont pas abouti, de ne pas abandonner le rôle, qui est propre aux sections, de « conscience critique » du Mouvement.
C’est pourquoi, par notre document, nous sommes fortement intentionnés à mettre l’accent sur la nécessité, surtout à l’égard des faits ayant dernièrement caractérisé la vie de notre Mouvement, d’un constant respect de la dignité des personnes concernées par le choix que l’Union Valdôtaine accomplit quotidiennement. A cela, qui veut représenter surtout une constatation par rapport à la méthode suivie pour arriver à certaines décisions, telles que perçus de l’ « observatoire » à la disposition des Sections, doit s’accompagner la plus grande attention aux règles, aux compétences des organes statutaires. En termes plus généraux, nous souhaitons ensuite nous faire les interprètes de l’opportunité croissante d’une forte attention, de la part non seulement des organes dirigeants, mais de tous les adhérents à l’Union Valdôtaine, ò la nature de notre Mouvement.
L’Union est née en tant que force populaire, dans laquelle des femmes et des hommes se sont regroupés afin de combattre pour la reconnaissance de droits fondamentaux, qui leur étaient niés. Ils étaient différents par leur extraction ou provenance, mais unis par la force de leur sentiment, de leur idéal, celui de demeurer « maître chez nous ». Aujourd’hui, soixante années après, la société valdôtaine a connu bien de changements. Le vent de la globalisation a commencé à souffler aussi dans notre région et les mouvements migratoires concernent toujours plus aussi notre « Petite Patrie ». Il est impossible d’éviter ces phénomènes, mais il faut en être également conscient, surtout à l’heure où un moment de crise économique s’annonce, ce qui imposera une attention plus élevée à l’emploi des ressources financières, dans une logique de lecture des besoins réels de la communauté. En même temps, nous avons eu la possibilité de jouir de prérogatives, bien qu’insuffisantes par rapport aux prévisions, d’autogouvernement, ce qui a permis d’atteindre, dans différents domaines, des buts qui sont regardés avec intérêt par d’autres réalités, extérieures à la Vallée.
L’enjeu qui attend d’être relevé peut se synthétiser dans la nécessité d’améliorer les résultats obtenus jusqu’à présent, sans perdre notre cohérence de Mouvement et de Peuple, sans trahir la lutte de tous ceux qui nous ont précédés, sans résulter anachroniques par rapport aux événements d’une société en évolution rapide et en offrant une réponse précise au sentiment de malaise qui semble être partagé par un nombre croissant d’unionistes. La recette à même de permettre le succès de cette mission passe par le respect de la forme de notre Mouvement. Une force populaire ne peut pas s’éloigner de sa nature. Nous serons perdants, tous, au moment où l’Union Valdôtaine dérive vers une gestion effectuée par des élites, aux intérêts éloignés du sentiment commun qui a mené bien de femmes et d’hommes, dans le temps, à se grouper sous le drapeau rouge et noir.
Le Mouvement doit rester la maison de tous les Valdôtains, où chacun puisse manifester ses idées et se ambitions avec liberté, où les décisions des organes souverains demeurent le véritable point de repère et dans le but général de contribuer à l’épanouissement du caractère particulier de notre Peuple. L’organisation en Sections doit rester notre point d’orgueil et notre force, en même temps. A cet égard, il est capital que le rôle des Sections soit ultérieurement valorisé de la part des organes dirigeants du Mouvement. En représentant le trait d’union entre les adhérents et le sommet de l’Union Valdôtaine, elles doivent représenter, à la fois, le milieu qui alimente le dialogue au sein du Mouvement et le « laboratoire politique » où travailler en vue de la formation non seulement d’une conscience valdôtaine, mais aussi des dirigeants unionistes du futur. Il en va de soi que les Sections devront devenir, toujours plus, un moment à même de favoriser la participation de toutes les personnes intéressées à la vie du Mouvement. Elles doivent permettre une réelle croissance qualificative de la famille unioniste.
Pour ce faire, il est capital de reconduire les discussions dans les sièges qui leur sont propres, de façon à réduire la sensation, éprouvée par plus d’un unioniste, de participer à des débats parfois inutiles, au moment où les décisions seront prises ailleurs. A ce sujet, il est également nécessaire d’aborder un processus de soutien et d’amélioration du « Peuple Valdôtain ». Notre hebdomadaire, malheureusement, a partiellement perdu son rôle d’instrument d’information interne. « Le Peuple » doit redevenir le journal à lire pour tous ceux qui souhaitent connaître l’idée de l’Union Valdôtaine sur un thème ou sur une question. Cela doit prévoir, bien sûr, une possibilité d’accès aux pages de notre hebdomadaire, de la part de tous les Unionistes et des Sections, accrue par rapport à ce que certains épisodes ont mis en évidence.
Toujours dans le domaine de l’information et de l’édition, le cas est de mettre en évidence la centralité qui doit être remplie par le « Peuple » aux yeux des appartenant à notre Mouvement. Dans ce sens, le recherche de débouchées médiatiques alternatives, de la part d’hommes de l’Union Valdôtaine, marquerait indiscutablement un moment de division interne, en plus d’une opération éthiquement discutable. Pour accroître l’efficacité de notre action, nous estimons que deux domaines remplissent une valeur stratégique et c’est sur ceux-ci que l’action du Mouvement devra se concentrer, entre autres, à l’avenir. Avant tout, la formation et l’information.
Une partie des objectifs de notre Mouvement a pu être atteinte, grâce à l’action de femmes et d’hommes de droiture, héritiers de l’enseignement d’Emile Chanoux, de son projet fédéraliste, de sa formation sociale. Dans le contexte international, européen et italien que nous vivons, où les valeurs des cultures minoritaires et les droits des petits peuples risquent l’oubli et la massification, la formation et l’information deviennent capitales. Les défis pour affirmer l’identité et les droit de la Vallée d’Aoste dans un monde toujours plus complexe, ainsi que les difficultés de gestion d’une autonomie qui, dans les dynamiques européennes, risque d’être limitée et réduite aussi par un excès de bureaucratie, exigent une formation politique, administrative et culturelle de haute gamme au profit des cadres dirigeants et des élus aux différents niveaux politiques et administratifs.
Cette formation doit concerner l’école aux différents degrés, mais aussi toutes les catégories économiques et sociales. A ce fin, le Congrès doit engager les organes du Mouvement à prédisposer un plan de formation et d’information tout azimut, dans le but aussi de traduire dans le concret les grands principes énoncés par les Statuts. Nous devons tout faire pour éviter la perte d’identité et donc l’homologation, tout en restant ouverts à l’innovation culturelle, à la technologie, et à la confrontation et à la solidarité avec le monde entier. Ensuite, la valorisation des jeunes, qui seront les protagonistes du futur de notre Vallée. Dans ce cas spécifique, il faut sortir de toute hypocrisie, en favorisant toutes les possibilités de croissance, tant dans le domaine de l’apprentissage, que dans celui professionnel. Il faut mettre nos jeunes en condition d’être orgueilleux d’offrir leur préparation au service de la Vallée d’Aoste et non considérer cette option comme un choix secondaire, à emprunter après que toute possibilité d’une carrière à l’extérieur ait été abandonnée.
Mais le débat en matière de jeunes mérite un élargissement de la réflexion, afin de comprendre exactement quel est le scénario sur lequel nous souhaitons intervenir. D’après le « Deuxième rapport sur la vulnérabilité et la pauvreté en Vallée d’Aoste », nous pouvons observer que les jeunes italiens sont désavantagés par rapport aux jeunes du même âge des Pays du Nord de l’Europe, car ceux-ci accèdent plus facilement à l’assistance économique, ce qui est dû à plusieurs facteurs. Le pourcentage des jeunes bénéficiaires d’interventions d’assistance, est inférieur chez nous à celui de Milan et Turin. Cela est peut-être dû au fait qu’en Vallée d’Aoste il est plus facile que dans d’autres villes du Nord de l’Italie, d’atteindre l’indépendance économique, grâce à de plus nombreuses opportunités de travail, et donc de pouvoir quitter la maison paternelle.
Cette étape survient, cependant plus tard chez nous que pour les jeunes du Nord et du Centre de l’Europe. Dans ces Pays, en effet, on adopte des mesures spécifiques pour les jeunes, finalisées à améliorer leur aptitude à l’intégration dans le milieu du travail. Il faut dire que si les jeunes ne sont pas les principaux destinataires de l’assistance fournie par les institutions, c’est souvent leur famille qui a besoin de soutien. En effet, l’une des données les plus évidentes d’après le Rapport sur la pauvreté est que la plus grande partie de gens qui demandent une assistance est représentée par la catégorie des pauvres « habiles », c’est-à-dire les familles qui n’ont pas de membres âgés ou invalides. Au contraire, ce sont, en général, des familles nombreuses, avec des enfants mineurs. Le plus souvent il s’agit de familles monoparentales: la famille d’antan se fait de plus en plus rare: les données présentées à la « Conférence sur la famille » l’année dernière révèlent un pourcentage très haut de mariages échoués. Nous sommes l’une des régions avec le plus grand nombre de divorces et les effets de ces séparations se répercutent inévitablement sur les sujets les plus faibles à l’intérieur du groupe familial : premièrement la femme, qui le plus souvent n’a pas cherché un emploi fixe, pour vaquer aux soins du ménage et garder ses enfants, et surtout les enfants eux-mêmes. Et cela, nous en avons, malheureusement, la pleine confirmation par tels services sociaux régionaux.
Nous devons, donc, garder parmi nos priorités le soutien à la famille, comme le premier et le plus important facteur de prévention du malaise des jeunes. Ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui, demain, formeront une famille, qui auront besoin d’une habitation, qui auront des enfants. Leur aptitude à travailler doit donc être mise à profit et utilisée au mieux, pour qu’ils puissent construire par eux-mêmes la base solide sur laquelle ils fonderont leur avenir. Il va de soi que, quand on parle de politiques pour les jeunes, on doit avant tout se soucier de la formation, premièrement dans le milieu scolaire et ensuite comme préparation finalisée à l’emploi. A ce propos, par rapport à la moyenne nationale, la situation valdôtaine s’avère plus favorable : en 2003 les jeunes âgées de moins de 29 ans étaient en Vallée d’Aoste à peu près un tiers des demandeurs d’emploi, tandis que l’incidence des travailleurs sur le total des chômeurs était inférieure à 20%. Ces données réconfortantes ne doivent toutefois pas laisser penser à une pleine réalisation des jeunes valdôtains dans le milieu du travail. En effet, même dans notre région, un nombre considérable de gens demeure sans emploi, pas seulement à cause du roulement normal du marché du travail valdôtain, qui est déjà très mobile.
Ces considérations font ressortir une responsabilité de notre part : nous devons essayer de connaître les raisons qui obligent nos jeunes à quitter la Vallée pour avoir la possibilité d’accéder à des parcours professionnels. Il faut donc continuer dans cette voie, mais aussi favoriser la collaboration entre les instituts de formation (en Vallée d’Aoste et hors de la Vallée d’Aoste) et les entreprises valdôtaines, Cette attitude ouverte des institutions encouragerait une « émigration » temporaire dans d’autres régions de l’Italie offrant des possibilités de formation que la Vallée d’Aoste, avec ses dimensions réduites ne peut pas proposer. Notre Mouvement a toujours compté sur les jeunes et il est conscient de leur responsabilité pour l’avenir de la région.
Les valeurs positives que l’Union Valdôtaine a toujours poursuivi, c’est-à-dire l’identité culturelle, les racines, la langue, la famille, les ressources du territoire, sont des valeurs que nous réussirons à transmettre à nos enfants à condition que nous tenions compte de leurs aspirations, de leur réalisation personnelle, de leur capacité de construire par eux-mêmes leur avenir. Ce n’est que si l’on considère chaque personne dans sa totalité et son intégrité, que l’on peut construire un système fort, solide, qui inspire confiance aux jeunes générations. Voilà, pour en revenir en termes généraux, que si nous serons à même de traduire en réalité ces principes, si nous serons à même de nous distinguer pour une vision moderne et dynamique de notre autonomie, mais toujours inspirée aux principes des pères fondateurs de l’Union Valdôtaine, nous aurons des chances concrètes de continuer le chemin de ceux qui nous ont précédés. Notre Mouvement a grandi dans le temps, jusqu’à arriver à la majorité absolue au Conseil de la Vallée. Il faut s’en réjouir mais il faut être conscient également des risques qui en découlent.
Les tensions plus récentes sont la conséquence de ces dimensions et de la présence dans l’Union Valdôtaine de personnes charismatiques et à même d’attirer un vaste consensus. Cela ne représente pas un scandale a priori, mais ne doit même pas représenter un moment de partage ou d’appartenance, ni un moment qui doit nous faire oublier l’importance du respect des Statuts. Nous appartenons, tous, à l’Union Valdôtaine. Point, c’est tout.
L’envie et la disponibilité à marcher ensemble nous ont menées loin. L’oublier pourrait faire terminer notre chemin. La rigueur éthique et le respect pour l’identité originelle de l’Union Valdôtaine doivent devenir les mots d’ordre pour l’avenir. Les sections sont là pour jouer leur part, pour permettre aux dirigeants, Président en tête, de jouir d’une base populaire qui soutienne leurs choix, afin de leur permettre d’exprimer au mieux leur potentiel et de relancer la collaboration entre base et sommet qui doit être l’unique méthode de travail de notre Mouvement, sans aucune intermédiation.
Pour toutes ces raisons, considéré que le Mouvement de l’Union Valdôtaine est le protagoniste et le principal responsable de la vie politique de la Vallée d’Aoste : son consensus, sa popularité, son enracinement, ainsi que ses buts et ses idéaux représentant des ressources fondamentales pour guider la politique et l’administration dans notre Région : vu que cette responsabilité demande une gestion du Mouvement qui soit participé, libre et active, où le respect de la personne, le comportement digne et inspiré aux valeurs morales et aux idéaux de liberté et d’autonomie constituent des traits portants de l’action politique, nous déplorons toute action qui soit contraire à ces principes, nous invitons le Président et tous les organes du Mouvement à inspirer toujours plus l’action politique au respect de la personne, des principes et de la démocratie.

M. FAVRE René, Président du Conseil de la commune d'Aoste

Petite prémisse. Je suis un homme libre.
Ce document a été préparé librement au nom de la section d’Aoste-ville qui récemment a eu quelque petit problème, mais qui est une section libre.
La section d’Aoste-Ville s’est réunie le jeudi 13 octobre et a discuté longuement les thèmes proposés par le Comité fédéral en vue du Congrès d’aujourd’hui. Un débat serré a abouti aux observations et aux suggestions suivantes.
On doit partir d’une donnée frappante : bien qu’Aoste représente une réalité fort différente des autres communes valdôtaines, et que le milieu citadin soit considéré réfractaire par rapport aux principes unionistes, on a constaté depuis les années 1980 une progression constante de notre électorat dans la ville. Nous devons en conclure que les contenus concrets de l’autonomie et du fédéralisme sont appréciés au-delà du milieu restreint des militants et des sympathisants du Mouvement. On ne peut alors que regretter le temps et les associations perdus dans le passé lorsque les dirigeants de la section d’Aoste avaient un poids prépondérant dans la conduite du Mouvement tout entier et que, malgré cela, la ville était laissée à la merci des partis stato-nationaux italiens, faute d’un engagement sérieux ou peut-être en raison de compromis « spartitori » et d’équilibres politiques qu’il ne fallait pas déranger.
Le succès croissant de l’Union Valdôtaine dans la ville ne doit pas nous faire reposer sur nos lauriers. Il y a encore beaucoup de travail à faire, pour rendre à la ville un caractère identitaire qui la rapproche davantage au reste de la Vallée et qui la mette en mesure de ne pas perdre son cachet vis-à-vis de la nouvelle immigration extracommunautaire. Il faut signaler, à ce propos que la commune d’Aoste ne peut pas se charger à elle seule des problématiques qui découlent de ce phénomène nouveau et dont la ville supporte le poids majeur. Le niveau politique régional semble le plus adapté à gouverner les conséquences du flux migratoire, en raison aussi des compétences préfectorales du Président. Là aussi, on aurait pu être un peu plus attentifs, vis-à-vis d’une vague croissante qui s’est manifestée dès le début des années 1990 et qu’on a eu tendance à sous-estimer.

LA REALITE LINGUISTIQUE
L’une des fonctions fondamentales de l’Union Valdôtaine consiste à défendre et à promouvoir les caractères ethniques et linguistiques des Valdôtains. Il s’agit d’un engagement qui est particulièrement délicat à Aoste, où l’immigration a profondément transformé, depuis presque un siècle, la composition de la population avec l’apport de personnes provenant de toutes les régions italiennes et de l’étranger.
On critique souvent l’Union Valdôtaine et ses élus pour ne pas savoir suffisamment être ferme dans leur comportement et leur prise de position en matière linguistique. Il faut cependant aussi compter avec le siècle et demi qui s’est écoulé depuis la création de l’Etat italien. Il est presque miraculeux, eu égard à d’autres situations analogues, que les Valdôtains parlent encore le français et le patois, l’allemand et les dialectes walser : et c’est sans doute grâce à l’Union Valdôtaine exclusivement, que cela a pu se produire. Si l’Union Valdôtaine n’avait pas été là pour prendre en main la gestion d’un patrimoine qui appartient à tous les Valdôtains, qu’en resterait-il ? Sans doute rien du tout.
Le raisonnement sur la réalité linguistique actuelle nous amène fatalement à nous poser la question de la responsabilité de notre Mouvement face aux jeunes gens. C’est surtout chez eux que les effets des changements sociolinguistiques sont évidents. De même, ce sont les jeunes qui sont les plus sensibles aux innovations et aux changements de la société ; mais ils sont aussi les plus exposés aux risques d’une société de plus en plus complexe. Dans ce contexte, il est nécessaire que la famille et l’école conjuguent leurs efforts pour transmettre des valeurs et offrir des modèles positifs, de référence, qui ne leur proposent pas seulement des objectifs liés à l’argent, au succès éphémère et au poste de travail assuré. La politique doit intervenir pas des choix visant l’aide aux familles et l’assurance d’une bonne qualité de l’enseignement, dans un cadre sain, par une législation qui assure aux parents la liberté de choix.
Aoste a vécu, dans ces dernières décennies, un passage difficile de ville ouvrière à centre de service, point de repère pour l’ensemble de la région. L’intervention de l’Administration régionale a permis dès les années 1980, de dépasser les moments difficiles de ce passage structurel. Les transformations qui doivent nécessairement découler de cette situation tardent cependant à se manifester, malgré de louables initiatives, à cause d’une mentalité encore insuffisamment orientée vers l’entreprise privée ; ce qui constitue un handicap important dans une région à vocation touristique comme la nôtre. Il faut donc élaborer des choix précis, à niveau régional, dans la direction de créer un système intégré de ressources, dans lequel la ville d’Aoste jouerait un rôle essentiel, du fait de sa position centrale, de son poids démographique et de la diversité.
La majorité absolue au Conseil de la Vallée et la majorité relative au Conseil municipal d’Aoste donnent aux élus unionistes des responsabilités particulières : en premier lieu la responsabilité d’assurer la stabilité et la continuité de l’administration. C’est pourquoi on est parfois amené à établir des accords politiques qui ne sont pas le fruit de la volonté, mais la nécessité d’assurer cette stabilité. On a fait beaucoup de bruit pour la création d’un assessorat de plus à Aoste : or, en réalité, les assesseurs communaux actuel à Aoste sont au nombre de sept y compris le vice-syndic ; alors qu’ils étaient huit en 1992, quand les compétences des communes étaient moins nombreuses et complexes. Au-delà du discours démagogique, facile à faire, du montant des appointements des élus, il faut donc considérer dans l’ensemble la question, aujourd’hui à la une de l’actualité, des coûts de la politique et de l’administration.
Les salaires des employés publics, les indemnités des responsables des différents organismes publics, semi-publics, ou subventionnés, qui gravitent autour de la gestion du pouvoir à tous niveau, constituent une dépense beaucoup plus importante que celle que comporte le payement des appointements des administrateurs régionaux et communaux.

LE PRIX DE LA DEMOCRATIE
Une éventuelle rationalisation de la dépense publique devrait plutôt amener à se poser des questions sur l’unité effective d’un chacun de ces organismes ; tout comme sur la rentabilité effective du travail des élus, pris dans leur individualité. Il revient aux électeurs de contrôler cette rentabilité et d’agir en conséquence. Somme-nous prêts à le faire ? Sommes-nous disposés par exemple, à supprimer des communes pour réduire les frais, dans une situation socio-économique comme la nôtre, où le tiers des emplois est dans le secteur administratif ?
On voit bien que les implications d’une éventuelle mise en question de la dépense publique amènerait loin, et que le discours démagogique sur le montant des appointements des politiques montre la corde. Ce qui est fondamental c’est que nos élus travaillent bien et beaucoup et dans la bonne direction : si les résultats sont positifs, ils auront bien mérité leur salaire.
De même il faut que la machine administrative marche au mieux. Dans ce but, il est nécessaire de revoir les lois qui règlent la matière, dans le sens de réduire le poids décisionnel des fonctionnaires par rapport aux élus. La bureaucratie contribue à éloigner les élus des électeurs, il faut donc réduire cette distance et éviter que la politique se renferme dans une tour d’ivoire détachée des besoins réels des citoyens, se retranchant derrière la responsabilité des chefs de bureau. Une dernière remarque concerne la cohésion des groupes des élus, tant à la Région qu’à la Commune. L’élargissement du Mouvement qui a reçu des rapports diversifiés, a sans doute contribué au succès électoral et à la convergence d’expérience différentes, ce qui est sans doute positif ; mais il y a également un côté négatif : on ressent l’absence d’une culture politique commune, d’un parcours de formation « unioniste » beaucoup homogène, ce qui favorise les incompréhensions et augmente les risques de poussées centrifuges. Le sens d’appartenance au Mouvement s’affaiblit : il y a le risque que quelqu’un, au lieu de servir le Mouvement, finisse par se servir du Mouvement, dans la logique de la maxime « Bien dire et me laisser faire ».
La récente scission qui a touché en particulier les sections d’Aoste-Ville et de Saint-Martin-de-Corléans représente un exemple éloquent des conséquences auxquelles la personnalisation excessive de la politique et le « leaderisme » à tout prix peuvent aboutir.

COMMENT ETRE UNIONISTE
Il faut reconnaître que la qualité d’unioniste n’est pas toujours facile à vivre : lorsque l’UV était numériquement faible, il y avait des problèmes d’un certain type : maintenant il y en a d’autres. La majorité absolue n’est pas tout en politique ; la preuve : en 1974 l’UV avait quatre conseillers régionaux et occupait quand même les deux présidences, du Conseil et du Gouvernement. Le poids numérique est donc relatif : ce qui compte est la cohésion, la capacité de se donner des objectifs clairs et la volonté de les réaliser ; le courage de regarder les choses qui ne marchent pas pour les améliorer, non pour se plaindre. De plus, il faut expliquer clairement aux électeurs ce que nous voulons et agit en conséquence. « Faire ce qu’on dit, dire ce qu’on fait », comme le disait Sévérin Caveri.
Sur ce point, nous avons un avantage certain par rapport aux autres forces politiques, dont les militants éprouvent du malaise et du dépaysement, à la suite de la chute des idéologies. Il ne savent plus très bien quoi dire à leurs électeurs, qui ont du mal à se reconnaître dans leurs représentants : les évènements qui se sont produits récemment à Bologne sont un indice clair à ce propos. La Vallée d’Aoste a un grand atout : elle dispose d’une force politique qui est issue d’un coup de cœur, un Mouvement qui n’est pas un parti, mais le fruit d’une progression émotive : ce Mouvement est l’Union Valdôtaine, qui doit progresser dans les principes.

Mme FOSSON Jeannette

Bonsoir à tout le monde. J’avais pris quelques notes et mes notes commençaient par ces mots. Je vais être brève et directe, consciente qu’aujourd’hui on pourra tout dire et que demain tout continuera comme hier. Liste de proscription comprise. Après le débat qui a suivi, je garde un petit espoir qu’à partir de demain quelque chose change. Je suis toujours convaincue de la nécessité du dialogue à tous les niveaux, et je me réjouis de la confrontation qui a eu lieu, du nombre et de la qualité des interventions qui ont été faites dans cet après-midi. Si l’on ne tenait pas compte des observations exprimées on risquerait toutefois d’avoir fait une raison funèbre de l’Union Valdôtaine née en 1945.
Je me réjouis donc de ce débat et je regrette que le débat soit limité à un seul après-midi. Nous avions matière pour discuter aussi une journée entière et peut-être le dimanche aussi. Le fait qu’on ait limité le débat à un après-midi, souligne un peu, à mon avis, le fait qu’on a perdu la notion de service, c’est-à-dire cette capacité de donner sa disponibilité à servir le Mouvement.
Pendant un jour entier, si cela est nécessaire, on a perdu cette notion de service, surtout ce qui est pire, à mon avis lorsqu’on exerce son activité politique, aussi. Cette notion de service est pourtant présente dans l’art. 1 des Statuts du Mouvement, là où l’on dit : « L’U.V… a comme finalité d’assurer l’épanouissement du caractère ethnique et linguistique du Peuple Valdôtain, d’en servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques… ». A ce propos je voudrais faire quelques remarques :
La première : il y a parfois confusion entre inscription au Mouvement et inscription aux listes des demandeurs d’emploi. Nombreux les uns, nombreux les autres. Un fait est certain on se sert souvent du Mouvement pour accéder à une promotion personnelle.
Deuxième remarque : actuellement le Mouvement n’est ni terrain de confrontation ni laboratoire des idées à même d’inspirer l’action des élus, mais, au contraire, ce sont souvent les élus qui tracent les lignes d’action administratives et se servent du Mouvement pour les faire accepter. Parfois ces lignes sont en contraste net avec les décisions prises dans le passé plus ou moins récent. Ce qui ne veut pas dire qu’elles soient meilleures. Je pense ici au Casino de Saint-Vincent et à sa gestion… à la Chambre de Commerce, à l’application du bilinguisme dans nos écoles. Et à l’introduction du patois dans les programmes scolaires et on pourrait citer d’autres exemples.
Troisième observation à propos du Mouvement. Le Mouvement paraît prendre de l’élan à la veille des élections. Les rouages se mettent facilement en marche et, dans la mesure où l’on a su et pu contrôler le choix des élus, le rôle de l’U.V. semble être bien rempli. On se sert donc du Mouvement pour augmenter le nombre de consensus personnels. Par ailleurs le fonctionnement du Mouvement repose souvent sur des règles un peu floues, qui ne sont pas tellement claires, dont on se sert pour éloigner toute opposition interne, et nous l’avons vu avec le cas de Louvin et de ses amis de la section d’Aoste.
Eloigner toute opposition interne en faveur d’inscrits de la toute dernière minute qui ignorent tout de l’histoire et de la vie du Mouvement. Et bien, je refuse, moi, cette sorte de mutation génétique/dénaturation de l’U.V. ; cette trahison des raisons d’être de l’U.V. les Berton, les Séverin Caveri, les Deffeyes, les Fosson en tant d’autres inscrits de la toute première heure à l’Union Valdôtaine (que l’on a presque oubliés), ont agi modestement, poussés par le seul désir de travailler pour le Pays et de réaliser l’épanouissement des Valdôtains, pour servir l’Union Valdôtaine. S’ils étaient là aujourd’hui, ils seraient bien déçus par l’U.V. de nos jours, très semblable à ces coteries disponibles à s’allier avec n’importe quel centre de pouvoir pour des raisons d’hégémonie. Et cela a lieu malheureusement sous le regard indifférent ou complice de ceux qui devraient veiller à l’avenir du Mouvement.
L’U.V. ne doit pas viser à la suprématie en tant que telle, mais elle doit avoir la force des idées. Et là, à propos des idées, je ne vois aucune ébauche de projet d’envergure, aucune réponse à une question pourtant banale : « Quel avenir voulons-nous pour la Vallée d’Aoste ? » Sous-jacentes à cette question il y en a plein d’autres. Voulons-nous devenir un lieu d’expansion des villes du nord de l’Italie, une sorte de riche banlieue pour retraités qui ont besoin de services de qualité ? Voulons-nous subir les nouvelles immigrations ou chercher à les maîtriser ? Voulons-nous construire forcément jusqu’au pied des glaciers ou voulons sauvegarder notre paysage ? Voulons-nous devenir un couloir de passage ou développer l’économie ? Voulons-nous continuer à donner des soutiens à des industries qui profitent des contributions et des soutiens. Et puis s’en vont ? La réponse à ces questions est très importante.
Et de la réponse à ces questions découlent les choix, qui sont cités dans l’article 1 des Statuts de l’U.V., les choix dans les domaines culturels, social, économique. Et c’est là, à mon avis, le rôle de l’U.V., celui d’assurer l’épanouissement des Valdôtains en réalisant des projets pour maîtriser l’avenir de la Vallée d’Aoste, en maîtrisant les enjeux qui nous attendent.
Je veux ajouter encore une dernière considération. Elle concerne la langue française, langue qui est meurtrie par les soi-disant programmes bilingues de nos écoles, et qui est souvent bafouée dans notre presse, dans le Peuple Valdôtain – feuille truffée de fautes élémentaires qui rendent parfois illisibles les textes. J’ai apprécié à ce propos les considérations faites par Hervé Vallet en tant que représentant des jeunes. J’ajoute, quant à moi, quelques questions. Avons-nous encore conscience du fait que le Français est le fondement de notre Statut d’Autonomie ?
Avons-nous conscience du fait que s’il vient à disparaître, les conséquences seront néfastes pour tous ? Avons-nous conscience que c’est d’abord à l’intérieur de notre Mouvement que nous devons œuvrer pour défendre les raisons de notre existence que ce n’est ni en reniant le passé ni en oubliant l’action des Pères fondateurs, ni en refusant la confrontation et en ignorant les voix contraires que l’on va vers un avenir meilleur ?
J’exprime un dernier souhait : que le document final fasse ressortir toutes les opinions exprimées dans cette salle. Il y avait matière de réflexion et à mon avis il faut non seulement réfléchir, mais il faut agir en tenant compte de ces réflexions qui ont été faites ce soir si nous voulons que l’Union vive encore quelques années.
Merci à tous.

M. GRIMOD Guy, Syndic de la Ville d'Aoste

Madame la Présidente,
Chers amis de la table de la présidence,
Chers amis délégués, représentants des forces politiques et des organisations syndicales, je suis vraiment très heureux et très honoré de vous adresser mes salutations en ma qualité de syndic de la ville d’Aoste et surtout de syndic appartenant à l’Union Valdôtaine.
Aujourd’hui c’est le moment comme on a déjà dit, des célébrations et de la réflexion. Sans doute de la célébration. On ne veut pas, en ce moment là, ne pas célébrer ce moment historique, ces soixante ans de l’UV.
Je crois que ce moment est fondamental pour rendre mérite, pour rendre honneur aux membres fondateurs de l’Union Valdôtaine, parce que la fondation de ce Mouvement à été et reste encore une importante intuition pour défendre et promouvoir les intérêts politiques, culturels et économiques de notre Vallée.
Je crois que l’UV là-dessus a joué un rôle très important dans ses 60 ans. Un rôle très important pour faire croître la Vallée d’Aoste, pour la faire développer et je crois que c’est un moment important à célébrer. Mais justement, comme la présidente nous l’a rappelé, c’est aussi un moment pour faire des réflexions.
Je crois que malgré les crises et les difficultés que l’U.V. a vécu au cours des décennies, des moments qui nous a porté à des difficultés pour la réunification des différentes parties de l’Union Valdôtaine. Nous avons a présent une U.V. bien présente, bien forte et nous souhaitons aussi bien solide après ce congrès de réflexion.

NON AUX DIVISIONS
Pour l’intérêt de notre région, de notre communauté, et cela va sans dire, je crois que nous devons savoir mettre de côté les divisions, nos intérêts personnels, parfois légitimes, et nous devons toujours mettre davantage et avant tout les intérêts de la Vallée d’Aoste, du Mouvement dans son ensemble.
L’action du Mouvement, dans ces années, je disais a été importante et a vu une croissance de l’U.V., une forte prise de conscience des Valdôtains, et quand je parle de Valdôtains, je parle de ceux de toute origine, des gens qui vivent la Vallée d’Aoste et qui ont vu dans le gouvernement de l’U.V. un point de repère important. La croissance de l’U.V. est due à la bonne administration de notre Région, de nos communes où la présence des unionistes est très forte comme à la Région d’ailleurs, et par une présence concrète et déterminée au niveau parlementaire. La croissance de l’UV est due aussi à la présence dans notre mouvement, depuis ses origines, de personnes charismatiques, clairvoyantes, qui ont de quelque façon représenté pour les valdôtains là aussi, un point de repère important. Permettez-moi aussi en ce moment où nous célébrons justement cette date et cette importante occasion de vous rappeler ce qu’il s’est passé dans la commune d’Aoste il y a quelque mois. Et je crois que de là il doit partir l’analyse pour connaître l’état de santé de notre Mouvement et lorsque on le connaît il faut trouver aussi les médicaments nécessaires. Je crois que tout d’abord il faut prévenir et si on n’arrive pas à le faire il faut, s’il est possible, des interventions chirurgicales, et… mais les médicaments sont le dialogue et la confrontation.

UN DECHIREMENT DOULOUREUX
Nous avons eu un déchirement douloureux, il s’est passé quelque chose de vraiment grave en ce qui concerne la vie et l’histoire du mouvement. Il y a eu quelqu’un qui pour faire vivre Aoste n’a pas hésité et ne hésite pas à pénaliser l’Union Valdôtaine, en la mettant en grave difficulté au moment de la formation de la coalition pour les élections communales d’Aoste. Mais là aussi nous avons vu que comme il a été déjà rappelé, les citoyens d’Aoste, les électeurs et les électrices ont su faire leur choix, en donnant à la coalition qui soutenait ma candidature et celle de Guglielminotti. Coalition qui a été primée avec le 57% du consensus et a vu encore une fois confirmée la primauté de l’UV dans la commune d’Aoste avec un 24% de pourcentage. Ce qui est un bon résultat vu les difficultés que nous avons eu en cette occasion. Mai je crois que, tout en remerciant les électrices et les électeurs, qu’ils nous ont voulu bien, nous ont soutenu, nous ne devons pas ni sous-estimer, ni sous-évaluer les résultats de « Aosta Viva » dans la Commune d’Aoste.
En cette occasion je voulais remercier les sections de la commune d’Aoste qui ont joué un rôle important. Pas tout le monde a apprécié les méthodes des sections mais elles sont autonomes, libres de choisir leurs méthodes. Les sections ont réfléchi et ont choisi. Elle ont fait un choix difficile car elles ont dû choisir entre deux candidats de l’Union mais elles ont choisi, après pas tout le monde partage… et cela est regrettable, après qu’on a toujours parlé de centralité et de l’importance de nos sections.
Permettez-moi aussi, chers amis, de remercier les forces politiques que nous ont soutenu, qui ont eu un comportement correct, honnête de partage aussi des difficultés de l’UV en ce moment-là, qui ont su mettre avant tout l’intérêt de la communauté plutôt que les intérêts de partis.
Je remercie, tout notamment et spécialement, les DS Gauche Valdôtaine, la Stella Alpina, la Fédération, la Margherita qui nous ont soutenu, qui ont partagé avec nous un parcours et qui ont eu le succès et le consensus de l’électorat. Je crois que avec nos alliés nous devons avoir ce comportement correct, de confrontation continuelle, de façon qu’ensemble nous puissions faire croître un projet pour la Vallée d’Aoste.
Je veux aussi remercier ceux qui on vu dans notre mouvement un point de repère important, et aussi le Parti Socialiste valdôtain, les amis et les partenaires qui dans quelque façon on partagé notre projet politique et nous leur sommes grés pour leur choix.

LA QUESTION MORALE
Toute dernière question que je voulais soulever est celle morale. On parle beaucoup en ce moment de cela, personnellement je retiens qu’elle est plutôt un comportement personnel, plutôt qu’une affiche. C’est un problème très important, très sérieux et je crois que nous devons tous regarder dans notre maison, dans nos comportements plutôt que dans ceux de nos voisins.
Et je crois que les comportements éthiquement corrects sont ceux de cohérence, honnêteté, d’être sincères et francs dans les rapports, réaliser les programmes que nous avons annoncés à nos électeurs, c’est pouvoir assumer nos responsabilités ouvertement.
Je termine en souhaitant que ce congrès contribue vraiment à renforcer encore le rôle de l’Union Valdôtaine dans notre communauté pour assurer un plein succès, un plein développement au peuple valdôtain, à son identité culturelle, linguistique à sa spécificité économique.
Une croissance harmonieuse de notre Communauté c’est le souhait, le plus ouvert, le plus grand que je veux faire aujourd’hui à cette assemblée.
Vive l’Union Valdôtaine et surtout vive l’UV pour que vive la Vallée d’Aoste.
Merci.

Mme JANS Marthe

Je n’ai toujours pas grandi. Je m’en excuse.
Alors. Depuis tant d’années que j’ai vu passer des Congrès c’est bien le premier qui n’avait pas un sujet bien défini. Et nous, les anciens qui étaient déjà d’une Union Valdôtaine avant la création de l’U.V. d’ici, je parle de l’U.V. des Emigrés Valdôtains de Paris.
C’est là que nous avons parlé et œuvré, c’est là où nous avons envoyé nos dons pour les écoles, c’est là où nous avons organisé des colonies de vacances, pour ramener les enfants et nos petits-enfants dans le pays de nos ancêtres, pour ne pas l’oublier. On en a vus qui étaient émouvants, comme celui où Mme Ida Viglino a ramené au bercail, le Rassemblement Valdôtain. Et puis nous avons vu le coup de force récent qui nous a bien choqués, je ne peux pas dire autrement. On n’a pas, en Vallée d’Aoste l’habitude aux coups de force. Il faut donc lire l’écriteau derrière moi. Où est cette union, pas l’Union Valdôtaine, mais l’union tout court ? C’est un mensonge pour l’instant, il faut faire en sorte qu’elle devienne vérité. Et je m’adresse à ceux qui sont derrière moi. Je leur dis : Messieurs et Dames, vous êtes de passage sur les fauteuils que vous occupez. Vous êtes de passage parce que le souverain, comme en Suisse, c’est nous, le peuple, le petit peuple valdôtain qui vit les pieds sur terre et pas à Rome, ou à New York, ou ailleurs. Alors, c’est nous qui avons élu et délégué à vous une partie de cette souveraineté. Ceux qui vous ont précédé ont fait beaucoup pour la Vallée d’Aoste, d’ailleurs pas seulement appartenant à l’U.V. mais aussi liés à d’autres groupes. On n’a pas le privilège d’être les seuls Valdôtains, voilà. Alors « Vox populi, vox Dei » : c’est comme ça que disait l’Eglise. Je ne vais pas jusqu’à dire que nous sommes votre Dieu à vous, pas du tout. Nous aussi on peut se tromper dans notre vote, on peut élire des gens qui nous déçoivent. Alors, donc, soyons un peu plus humbles. Nous devons pouvoir nous comprendre pour travailler, pour réaliser quelque chose de bien, pour le bien de notre peuple, de notre terre.
Bon résistez à la désunion.
Déjà le célèbre Tacite, en latin, en parlant des Celtes, entre autres, où il y avait aussi des Salasses, et des Germains, il a dit : « Eh bien oui, ils ne nous aiment pas », mais si déjà ils ne nous aiment pas, pourvu qu’ils restent désunis. Voilà, vous voulez leur faire ce plaisir d’être désunis ? Non. Nous devons retrouver cette union. Cette union de tous. Et pas d’exclusions. Et pas d’exils. Nous n’avons pas assez de bonnes têtes pour nous permettre cela. Chacun de vous à sa place a une obligation de réaliser quelque chose pour le bien de notre Pays. Et alors quels sont les problèmes les plus importants ? D’après moi il y en a deux. Et d’un le maintien de notre terroir, de notre agriculture parce que l’homme a besoin de vivre. Vous voyez donc les catastrophes actuelles. C’est vite fait d’avoir un tremblement de terre. C’est d’ailleurs ce qui est déjà arrivé en Vallée d’Aoste, les gens oublient ; le tremblement de terre peut arriver, et après comme tout est sous les décombres, comment faire si on n’a pas une population attachée à son terroir, qui s’unirait en retroussant humblement les manches comme nos ancêtres. Alors remplacez cette disponibilité des Valdôtains propriétaires de leurs terrains, les remplacer par quoi ? Par la bureaucratie ? Non. En bureaucratie, on nous dit : « Non, vous n’avez pas assez de terrain pour construire une étable pour onze vaches, vous n’avez droit qu’à huit vaches. Alors que celui qui a loué nos terres en a quarante. Mais alors où voulez-vous qu’il foute les quarante vaches ? C’est moi qui veux faire une étable neuve, je n’y peux accepter que huit vaches et tout l’argent que je veux mettre là dedans pour maintenir ce qui est notre patrimoine restera peut-être dans ma poche, sait-on jamais, et ceux qui auraient travaillé pour réaliser cette étable ils n’auront pas ce travail à faire. Ce n’est pas comme ça, avec la bureaucratie, qu’on peut gouverner. Le toit n’a pas besoin d’aller un mètre et cinquante au-delà du mur, les fenêtres sont trop grandes, il en faut des plus petites, certainement pour garder dehors l’air frais de la montagne ! Parce que là franchement on ne peut pas vivre maintenant comme on a vécu du temps des cavernes, là on n’avait même pas besoin des fenêtres.
Voilà donc on reprend avec ce que doit faire l’Union Valdôtaine. On n’a donc qu’à demander tous les ans aux différentes sections un rapport, quelles sont les priorités que vous voyez. Oui, il y en a une autre : et ça c’est très grave, c’est notre français. Depuis tant de temps, nos enfants sont enseignés en français, depuis la maternelle. Jusqu’aller à l’Université peut-être. Comme ça donc l’égalité entre les langues. Comme ça est-ce que c’est pour prouver qu’on sait l’italien ? Je crois que ce n’est pas nécessaire. On l’entend tous les jours à la télévision, vous restez tous les jours des heures devant cette télévision qui prend votre identité et qui parle peut-être pendant trois minutes par jour quelque chose qui n’est pas du cru mais qui est importé de France ou de Suisse. Une exception, l’autre jour, c’était très bien, il y avait une émission sur les abeilles en Vallée d’Aoste, un speaker qui parlait français et un apiculteur qui parlait en italien : bon ça va encore, comme ça il y a l’égalité entre les langues. On n’est pas hostile à la langue italienne, on s’est fait depuis le temps, on nous a incorporés dans une autre civilisation, mais qui n’est pas extra-européenne. Voilà alors maintenant je peux vous raconter, pour terminer, deux petites anecdotes. J’ai reçu tout récemment deux leçons, une leçon qui est à Pont-Saint-Martin. J’étais dans un magasin qui n’a plus l’ancien propriétaire, une dame italienne ne sachant absolument pas un seul mot de français ; j’ai essayé – dans mon italien extraordinaire- j’ai essayé de lui faire comprendre qu’il y aurait aussi des clients qui pourraient être intéressés, qu’il faudrait savoir le français. Qu’est-ce qu’elle me dit, avec un ton vexé ? « Ma qui siamo in Piemonte ! » Voilà la leçon que j’ai reçue. Je sais maintenant que Pont-Saint-Martin est au Piémont. Voilà une des deux leçons. L’autre leçon : un jeune français travaillant à Genève est venu me voir pour une affaire de son commerce. Alors il ne savait rien de la Vallée d’Aoste comme tous les français qui n’ont pas une parenté valdôtaine d’émigrés. Alors comment ça ce fait que tout est indiqué en français ? Alors je lui fais une belle leçon d’histoire. Et puis il dit : « Il faut que j’aille par les voies les plus rapides à Genève : Ici cette vallée-là ne va-t-elle pas directement en Suisse ? ». Or ma vallée c’est la vallée du Lys. J’ai dit « Essayez si vous êtes un alpiniste. Il y a une barrière qui s’appelle le Mont-Rose. Si vous vous parvenez directement en Suisse, bon voyage M. Perruchon ». Alors partout nous constatons comme on ne nous connaît pas. Nous avons maintenant deux, trois illustres personnages qui dans ces dernières années nous ont rendu visite et qui ont fait beaucoup de publicité pour nous : il s’agit des deux derniers papes qui viennent pour se reposer et puis le Président de la République italienne qui a fait comprendre que notre français est une richesse. Voilà ce qu’il a dit directement. Mais qui de vous a dit aux autres : »Notre français est une richesse ? » L’avez-vous fait ? Allez, s’il vous plaît. Faites un peu votre « mea culpa ». Et donc, dites-vous bien, ça vaut la peine de faire chacun dans son petit coin, quelque chose de bien pour notre Patrie, pas la Petite Patrie, je n’aime pas ça. Il n’y a pas de petite et de grande Patrie. La Patrie c’est là où se trouvent les ancêtres, mais dans la grande, pas que je sache, ils ne s’y trouvent pas. Ils se trouvent dans nos cimetières, là au pire. Alors s’il vous plaît, essayez maintenant de faire chacun son « mea culpa », nous n’avons pas besoin ni de coup de force, ni trop d’influence d’ailleurs, et nous devons dire : avec un peu de discipline personnelle, vous pouvez faire changer les choses. Quand vous parlez avec votre bien aimée épouse, avec vos enfants, parlez leur donc en français sans cela à quoi sert d’être ici ? Soyez rationnels et logiques avec vous-mêmes. C’est une richesse que de savoir le français. Il n’y a pas que la France où l’on parle français, vous le savez maintenant. Donc repartons d’un bon pied et espérons que ceux qui se sentent un peu mal dans leurs petits souliers, qu’ils changent, qu’il fassent mieux maintenant. Pour gagner notre confiance.



M. LINTY Marco, Section de Charvensod

Mme la Présidente, bureau de Présidence, Mesdames et Messieurs, chers unionistes,
Il y a longtemps qu’on parle de l’importance du rôle actif que doivent avoir les sections communales dans la vie de l’Union Valdôtaine. Mais pour vraiment réaliser ça il faudrait aller modifier le Statut. Ce n’est certainement pas aujourd’hui qu’on demande de le faire, mais on sollicite afin que dans le prochain Congrès National qui discutera des thèmes particuliers, comme prévu par l’article 16 du Statut, on prévoie, dans l’ordre du jour, des modifications des Statuts. On veut quand même avancer quelques propositions de modifications afin qu’on puisse y réfléchir d’ici au prochain Congrès. Pour rationaliser, je ne veux pas dire maintenant, parce que ce matin on a déjà laissé, à l’entrée, un écrit qui résume ça.
Mis à côté les problèmes internes de l’Union Valdôtaine, la section de Charvensod veut quand même faire une réflexion sur les responsabilités de l’Union Valdôtaine face aux jeunes générations et sur l’immense fonction de la famille dans leur développement et en particulier sur l’importance de redécouvrir la famille comme valeur civilisatrice.
La famille a toujours joué un rôle particulier et essentiel dans la société valdôtaine. Il suffit d’évoquer, un peu d’images conservées dans notre mémoire collectives, les liens et les valeurs sur lesquels se fondaient les rapports humains et se structurait la vie quotidienne dans nos pays de campagne et hameaux de montagne : là, dans ces milieux fortement ruraux, la façon d’envisager l’ensemble familial ramenait directement à la façon de gérer la vie de la communauté ; là, à l’ombre des clochers de nos anciennes paroisses, la vie civile et religieuse étaient étroitement liées. Aujourd’hui, comme autrefois, la famille, à savoir la communauté, n’est pas une simple juxtaposition d’individus, de sexes, de générations. Elle est essentiellement « une unité et un milieu de vie relationnel ». Trop souvent on méconnaît cet aspect, que nous devons au contraire transmettre à nos jeunes. Les choses que nous trouvons importantes dans la vie, c’est-à-dire les valeurs, les buts que nous poursuivons, les causes que nous défendons, les amis que nous avons, notre façon de nous tailler une place dans le milieu, sont fonctions des valeurs acquises dans l’environnement familial. L’enfant dépend des parents dans son corps et dans sa tête. Voilà pourquoi la relation parent-enfant est un ingrédient central dans le développement des jeunes. Les familles ne sont plus toutes pareilles cependant, les portraits de familles se sont diversifiés au cours des dernières années.
Il y a des familles d’origine qui diffèrent entre elles, tant par le nombre des membres qui y figurent, que par les liens et les rôles de ses membres. Face à ces changements, quelques questions s’imposent. Est-ce qu’un couple sans enfant est une famille ? Une famille qui n’a qu’un seul parent est-elle une vraie famille ? Une famille où l’on retrouve trois ou quatre noms de familles différents est-elle une vraie famille ? Une famille recomposée, réunissant des enfants qui ne partagent pas tous les mêmes parents biologiques représente-t-elle une vraie famille ?
Un sérieux engagement pour redécouvrir la valeur de la famille et du mariage ne peut pas manquer de la part de l’Union Valdôtaine. Cela est d’autant plus urgent que cette valeur est aujourd’hui mise en discussion par une grande partie de la culture et de la société.
Comme nous demandait avant la présidente du Mouvement, en particulier l’Union devra s’engager à travers ses élus au Parlement italien, au Parlement européen et au Conseil de la Vallée afin de : reconnaître et de promouvoir les fonctions de la famille ; soutenir par des avantages sociaux et économiques la tâche légale, sociale et éducative des parents ; assurer aux adolescents et aux jeunes adultes une éducation à la nature et à l’exercice de la responsabilité parentale ; protéger chaque membre de la famille, à commencer par l’enfant, contre tout abus et agression par un autre membre de la famille ou par des tierces personnes ou groupes sociaux, dont ceux de sectes fermées (ce n’est pas la peine de rappeler les faits divers qui ont touché la Vallée d’Aoste dans les dernières années) ; développer une politique familiale qui fasse que l’intérêt supérieur de l’Institution familiale et des familles elles-mêmes soit pris en compte dans toutes les instances politiques. Ecouter et soutenir les organismes communautaires, familiaux et para-familiaux qui ont une crédibilité spéciale ou peuvent l’acquérir.
Les anniversaires sont très importants dans les familles, ils donnent l’occasion pour se réunir, pour se confronter, pour examiner les chemins parcourus, mais surtout pour analyser les projets à réaliser. Ce moment qui célèbre le 60ème anniversaire de l’Union Valdôtaine doit être donc l’occasion pour faire le point sur ces thèmes et pour fixer les objectifs adressés aux jeunes générations. Merci à tous et bonne continuation du travail.

M. MARRA Fabio, Section de Donnas

Le rendez-vous d’aujourd’hui est de grande importance, il nous met devant de nombreuses questions essentielles, très évidentes même si elles ne sont pas visibles, c’est le moment d’en prendre conscience et de chercher à clarifier la situation pour le présent et pour le futur de notre Mouvement. Nous avons, en effet, l’occasion d’évaluer l’état de santé de l’Union Valdôtaine et de faire le bilan de notre activité : les élections européennes et communales ont été un banc d’essai important et délicat, et notre Mouvement est sorti de ces épreuves non sans problèmes et non sans répercussions négatives, à cause de difficultés et d’esprit critique, internes à notre Mouvement. Le débat interne à un parti est important et il peut être fructueux à condition que les motivations politiques en soient manifestes.
Au contraire, nous constatons que le sens politique des contrastes, qui ont jusqu’à aujourd’hui empêché ce débat, n’est absolument pas évident.
A Donnas, l’Union Valdôtaine a perdu la Commune, un insuccès que nous évaluons toutefois partiel (même s’il y a eu des conséquences fortement négatives pour notre pays), depuis alors en effet, nombreux sont ceux qui ont répondu positivement à l’envie de se manifester de nouveau, et si les dégâts ont été inférieurs aux prévisions, nous le devons à la capacité de récupération mise en évidence par nos habitants.
Beaucoup de personnes, surtout beaucoup de jeunes, se sont présentés à notre porte, ces mois-ci, pour demander l’inscription au Mouvement, et toutes ces inscriptions sont dues à une volonté de rachat et à un besoin de redonner une rigueur morale à la politique. « Ceux qui ne font pas de bilan et trésor de leurs erreurs sont destinés à les refaire » : c’est pourquoi nous souhaitons aujourd’hui, au cours de cette réunion, que nous puissions arriver à une explication franche. Arrêtons-là ! Aux propositions avancées à travers les interviews publiées sur le journaux, en prenant ainsi de contre-pied le Mouvement et en empêchant la discussion interne, on doit affronter la discussion pendant le Congrès, de manière sereine et les moins déchirante possible, avec la claire conscience d’être unioniste, pendant et après le Congrès lui-même, et que c’est un travail que nous devons faire tous ensemble. Il est temps d’arrêter cette phase de transition qui nous a conduits à la situation présente et de récupérer le temps perdu en redonnant la compétitivité au système social et économique.
Le peuple valdôtain, dans cette période de grand changement, demande à avoir un point de référence concret, crédibilité et seulement l’existence d’une action et d’une classe politique appropriée peut assurer la voie entreprise et des résultats sûrs.
Notre Mouvement, jusqu’à aujourd’hui, a réussi dans son objectif de construire une digue haute et solide pour résister aux attaques persistantes contre notre autonomie, et notre Mouvement l’a fait principalement parce qu’il a toujours démontré le sens concret de ses intentions et de sa cohésion. Il est nécessaire donc de montrer dès maintenant notre stabilité politique, en constituant un point de référence.
C’est-à-dire un groupe de personnes, qui, avec ses propres décisions politiques, agissent pour promouvoir et pour stimuler des organisations cohérentes et intégrées à la société valdôtaine en entier.
Nous ne prétendons pas pouvoir suggérer une recette pour guérir toutes nos difficultés, mais nous croyons qu’il faut partir d’une plus grande confrontation avec le territoire, d’une plus grande écoute et implication de la base dans l’analyse et l’approfondissement des problèmes et sur les décisions les plus importantes qui regardent le Mouvement, sa vie démocratique, son activité de gouvernement.
Nous croyons nécessaire que l’Union agisse pour créer un espace pour la génération successive et qu’elle fasse revivre nos idéaux, nos espoirs, l’enthousiasme que notre Mouvement a su transmettre par le passé, surtout en redonnant aux jeunes la fierté d’être valdôtains.
Notre histoire a porté notre Vallée à avoir des pôles industrialisés très importants pour notre économie, c’est le moment d’affronter avec détermination la grave crise qui est en train de se faire sentir dramatiquement sur la Basse Vallée, il faut retrouver de nouveaux espaces pour l’ économie locale, il est nécessaire de produire de nouvelles occupations, surtout pour les jeunes, et de sauver celles qui existent déjà, parce que, essentiellement cela porte des retombées naturelles sur le plan social. Nous poursuivons notre action pour la sauvegarde du monde agricole et de rendre le territoire compétitif, à travers la mise à disposition de technologies, pour donner les mêmes chances aux entreprises et aux habitants et pour attirer ces entreprises intéressées à disposer et à travailler dans un système institutionnel, économique et social plus compétitif que celui qui est actuel, et disposées, donc, à soutenir les « batailles d’avant-garde » et de progrès qui sont indispensables.
Il est nécessaire surtout de résoudre les problèmes persistants du réseau entier des transports valdôtains, on doit mettre en place des stratégies et encourager une mobilité efficiente et possible, pour accroître la sécurité routière et des autres modalités de transport, tout en améliorant la qualité et la modernisation des services.
Il faut mettre en œuvre des politiques de promotion et le soutien de l’occupation féminine, en permettant une participation égale des femmes sur le marché du travail et dans la vie politique.
Il est nécessaire de réussir à maintenir des standards de croissance généralement élevés, de réussir à intensifier nos niveaux d’excellence, mais en même temps, il est nécessaire de ne pas gaspiller nos ressources, d’investir avec la conscience que nos possibilités ne sont pas illimitées. Il est donc nécessaire plus de programmation dans les choses à faire et moins de chauvinisme de la part de tout le monde.
La politique doit regarder en avant et ne pas vivre seulement sur les petits faits quotidiens.
Souvent certains choix pourraient ne pas être partagés électoralement dans l’immédiat, cependant pourraient porter des bénéfices à long terme à notre collectivité. Sans tout cela, notre communauté, nous le croyons fermement, est destinée hélas, à un déclin.
A vous, nos élus, nous adressons ces réflexions, parce que vous tous, hommes et femmes de l’Union Valdôtaine, vous êtes et vous encore serez la vraie et unique impulsion de nos idées. A vous , le devoir de faire en sorte que notre Mouvement ne tombe jamais dans le risque de trahir notre Petite Patrie et le devoir d’en personnifier l’identité et le profil, d’en inspirer l’action et la manière d’agir et d’en déterminer, de manière responsable, les contenus et les finalités.
La Vallée d’Aoste de demain, nous la construisons aujourd’hui, il est temps de renouveler notre engagement, avec le peuple valdôtain ; à vous tous, nous demandons une réponse forte à nos demandes, pour réussir à réaliser notre rêve, à renforcer notre Mouvement et réussir à servir toujours mieux notre communauté.
Merci et bon travail.

M. PASTORET Ennio, Assesseur régional

Le temps s’écoule rapidement et ce n’est pas possible de faire une analyse complète des différents thèmes introduits par ce Congrès.
C’est pourquoi je toucherai trois arguments qui me semblent les plus importants dans l’économie de ce débat.

L’UNION VALDOTAINE D’ABORD
Je pense que ce congrès doit permettre toute discussion mais j’estime qu’il est juste de consacrer un moment de cette intervention à ces unionistes, à ces femmes et à ces hommes qui avec discrétion, de manière humble, mais avec courage, durant ces décennies ont soutenu l’Union Valdôtaine.
Souvent il s’est agit de gens qui ont subi des défaites brûlantes, qui ont vécu la mise à l’index et l’excommunication, qui ont été soumis à la haine et aux moqueries de la part de ceux qui niaient les principes de l’autogouvernement, qui cherchaient d’affaiblir l’autonomie, qui considéraient démocratique le centralisme et irrecevable cette subsidiarité qu’aujourd’hui nombre de forces politiques prêchent.
Adressons donc notre remerciement à celles et à ceux qui ont renforcé l’U.V. et lui ont permis de marquer le débat politique de notre Pays d’Aoste durant ces 60 ans. Nos sommes fiers de dire que l’on ne peut pas imaginer l’histoire récente de la Vallée d’Aoste sans la présence de l’Union Valdôtaine. Ça fait 30 ans que, de manière ininterrompue l’U.V. gouverne ce Pays. Et cela a été fait avec rigueur administrative et morale dont nos élus ont su faire preuve au cours de toutes ces années en prenant en charge toute responsabilité concernant notre Pays d’Aoste.
Nous nous devons remercier celles et ceux qui, durant tout ce temps, ont fait progresser ce Pays. Ils l’ont rendu riche, ils l’ont modernisé, ils ont pris en charge ses limites et ils l’ont rendu conscient de ses forces.
Souvent on nous dit que cette Région est riche, qu’elle est trop riche comme si nous devions en avoir honte. Nous devons être fiers de cela et nous devons rappeler que cela a été possible parce que nos élus ont régi et gouverné avec rigueur et rectitude ce Pays en dépassant les moments de crise profonde qui avaient investi notre Région et qui en avaient affaibli l’économie et la compétitivité, ce que trop souvent ceux qui nous font la morale ont tendance à oublier.
Pensons à ce passé, chers amis unionistes et pensons que ces moments difficiles pourraient bien revenir. Des signaux pas trop réconfortants nous les préconisent belle et bien. Nous devrons y faire face et pour ce faire nous avons besoins d’un Mouvement solide, d’une politique active et performante, d’une volonté d’œuvrer pour ce Pays d’Aoste et pour ce Peuple Valdôtain qui nous a attribué une confiance si large. Il nous faut une cohésion forte parce qu’aujourd’hui le moment est venu de définir et mettre en marche des stratégies de protection de ce système VDA que nous avons créé. Mais cela nous pourrons le faire qu’à une condition, unique et indispensable : l’organisation et l’unité du Mouvement.

L’UNITE
Parlons d’unité chers amis : « 60ans d’Union Valdôtaine » est la devise de ce congrès. Lorsque je suis arrivé ici, ce matin quelqu’un m’a demandé : « Est-ce que, si l’on continue comme ça, l’U.V. vivra encore les prochain 60 ans ? ».
Oui, elle vivra encore malgré tout et au-delà de nous. Certes, comme nous l’a rappelé la Présidente, la famille est devenue grande, les idées se facettent, les protagonistes augmentent. Et alors il faudra que le Mouvement interprète un rôle plus adéquat à ces exigences.
Le débat afin qu’il soit encore la richesse de l’U.V. comme cela a été dans le passé. Et il faudra que notre Mouvement, dise, réaffirme et explique, tant à ses nouveaux adhérents, quels sont ses principes guide : fédéralisme, politique linguistique, défense culturelle de notre identité, souveraineté de la Vallée d’Aoste, autonomie financière, sauvegarde des principes de coopération, amélioration de la qualité de vie, laïcité du mouvement, défense des minorités et de la liberté d’expression.
Ceux-ci sont les principes et les piliers autours desquels nous pourrons demander à notre Peuple de nous soutenir et de nous suivre. Ce ne sera qu’en assurant la primauté de ces principes que l’U.V. continuera à s’assurer un futur solide, partagé, démocratique et pluriel sans avoir peur des diversités d’opinion pourvu qu’elles se situent dans le cadre de ces principes auxquels l’U.V. a le devoir et le droit de nous rappeler.
Je pense que dans les dernières années nous avons oublié un peu trop de parler de ces thèmes, que nous avons renoncé de les susciter et que le Mouvement lui-même les a un peu trop négligés.
L’unité d’abord, chers amis unionistes, à ce propos nous ne pouvons nous cacher que notre présence ici, aujourd’hui est rayée par quelques regrets et ce sont des regrets tantôt plus douloureux puisqu’ils concernent des gens avec qui nous avons partagé des idées, un parcours politique et parfois des utopies positives.
Ça nous a déplu de constater, ce matin, que R. Louvin se soit définitivement éloigné de nous. Ce matin il s’est adressé à nous en tant qu’adversaire. Un adversaire que nous respecterons mais qui n’appartiendra plus à notre famille.
Attention à ne pas sous-évaluer ce fait, car au delà des regrets, celui-ci est un signal fort, une clochette qui doit nous faire réfléchir puisque ce qui s’est passé avec Louvin pourrait bien se passer encore.
Personnellement je pense ce choix trompé de sa part, mais je pense qu’aussi de notre part il y a eu des fautes. Comme des fautes ont été commises envers d’autres unionistes, lesquels, par contre, ont décidé de sauvegarder l’unité du Mouvement. Voilà pourquoi nous devons prendre acte que le moment est venu, sur ce terrain, là où cela est possible, de récupérer un dialogue indispensable à notre intérieur œuvrant pour une politique de l’inclusion et non pas de l’exclusion et là nous ne pouvons pas ignorer que ça n’a pas été ainsi dans ces derniers temps.

LES FAIT DE L’ETE 2005
A ce propos, il faut bien dire que quelque chose à propos des faits de cet été 2005. Sur ce thème nous avons entendu parler de « patto scellerato » de « guerra di potere in casa U.V. ». Permettez-moi de dire que si la substance des choses est celle-ci et si, comme quelqu’un le prétend, la politique de ce Pays d’Aoste se résoudrait par un accord en sirotant un verre dans un café cela est offensant soit pour les protagonistes, soit pour le Mouvement, soit pour nous-mêmes.
Certes, une belle lecture des faits est à la fois simple et libératoire comme ça il n’y a aucun besoin d’analyser politiquement ce qui s’est passé. Le chat et le renard ont fait un pacte, tout a marché selon les souhaits que l’on entendait : « Guste et Dino predzade-vo ! ». Ils l’ont fait et tout a changé. On en prend acte sans qu’un bilan soit tiré.
Sauf qu’il faudrait se dire que les choses n’étaient pas ainsi et que la question était toute politique, que des procédures ont été adoptées, des parcours ont été suivis et qu’à la fin de tout cela le Mouvement a décidé d’assumer des décisions effectuant des choix comme il était de son devoir et de son droit.
C’est vrai il s’est agi d’une solution traumatique. Personne veut le nier. Mais c’était une situation qui se traînait depuis le temps et qui s’était produite de par les raisons que nous avons bien pu entendre par Charles Perrin lui-même dans une interview où il nous a fait savoir comment et pourquoi l’actuel président Luciano Caveri, n’aurait pas pu et du être le président du Gouvernement en juillet 2003.
Toujours selon ces mêmes déclarations Caveri n’aurait même pas dû être Assesseur. Ce que nous a surpris et que nous surprend, c’est d’avoir appris tout récemment, qu’il y avait un scénario si inquiétant et que cela n’avait posé, à l’époque, aucun problème.
Egalement c’est aujourd’hui que l’on réclame davantage de débat dans l’UV. Je regrette que cette exigence n’ait été suscitée qu’à partir de quelques mois. Je suis parmi ceux qui ont invoqué ce débat, qui a cherché, par provocation, de le susciter. Mais ceux qui regrettent aujourd’hui ce manque de dialogue où étaient-ils avant ?
On parle d’opérations obscures, de manque de respect de la personne. Qu’il me soit permis de citer ma modeste figure puisque moi-même j’ai établi un record en n’étant pas confirmé comme assesseur sortant pour la première et unique fois dans l’histoire du Conseil de la Vallée en l’apprenant à la dernière minute sans aucune explication !
En 2003 j’ai été invité à me mettre de côté. C’est ce que j’ai fait. Tous ceux qui étaient présents au Conseil fédéral savent quel a été mon comportement en juillet 2003 face à mon exclusion inattendue du Gouvernement. J’ai dit que j’étais un élu de l’UV et que je restais au service du Mouvement ! Je demandais une seule chose, que l’on défende mon honneur et que l’on explique que je n’avais rien commis d’abominable. Je n’ai pas eu le droit à ça. Moins non plus j’ai eu droit à l’honneur des armes !
J’ai été enseveli sous une montagne de silence. L’oubli a été le seul horizon possible. Un oubli ample qui a concerné d’autres unionistes selon « un nuovo corso » qui voulait que l’on accepte pas qu’un unioniste tel que Franco Vallet, après l’avoir crée, soit élu président de l’ARER.
Là, quand le moment vient de choisir on n’hésite pas à attribuer ce mandat à monsieur Caracciolo des DS. Ces faits ne sont pas passés aujourd’hui. Nous étions, là, en 2003.
Et pourtant je suis resté, je suis ici, je n’ai pas abandonné l’U.V. Et comme moi d’autres ne l’ont pas abandonnée.
Certes, je me suis battu, nous nous sommes battus pour la charger, et je le ferai encore afin que chacun puisse y retrouver sa maison commune et son droit à y être abrité sans préjugé pour ses idées et sa dignité. Et si cas en sera, je le ferai aussi pour d’autres unionistes, afin qu’ils puissent exprimer leur opinion comme l’on souhaité Perrin et Borre aujourd’hui. Cependant permettez-moi de dire que toute réaction est compréhensible, que toute amertume est légitime mais qu’il serait aussi nécessaire de réfléchir à ce que nous avons dit et surtout à ce que nous n’avons pas dit pour changer les choses lorsque nous aurions pu le faire.
Je voudrais terminer en disant que malgré toutes les choses que je n’ai pas partagées de son intervention je veux rendre honneur à Borre pour avoir eu le courage de vouloir dans son intervention défendre un ami et surtout pour avoir dit des mots que je considère sincères lorsque au fond de leur amertume ils nous laissent entrevoir aussi un espoir pour le futur. Et c’est de l’espoir et de l’optimisme que nous avons besoin aujourd’hui plus que jamais.

M. PERRIN Charles, Conseiller régional

Chers amis,
finalement les délégués au Congrès national de l’Union Valdôtaine peuvent se retrouver pour discuter de politique.
Un Congrès souhaité par certains et préparé, toutefois, avec peu de conviction et peu d’enthousiasme par d’autres : voilà le climat qui reflète bien la situation de notre Mouvement en ce moment.
Le temps accordé est précieux, je ne vais donc pas le perdre pour faire la chronique ou pour me tourner vers le passé : permettez-moi seulement quelques mots pour rappeler ce qui s’est passé en juin-juillet derniers.
Nous avons assisté (qui en protagoniste, qui en spectateur) à un véritable « golpe » où ni les règles de comportement ni les lois morales ont été respectées ; le soussigné à bel et bien été exécuté, le même sort a été réservé à Robert Vicquéry, suite à une sentence prononcée par un tribunal qui n’a pas même ouvert un procès : pas de confrontation, pas de défense et, naturellement, pas d’appel. On n’a même pas reconnu aux exécutés – comme cela se faisait dans des moments dramatiques – ce qu’on appelait « l’onore delle armi »
Une opération décidée par Auguste Rollandin, le protagoniste, Dino Viérin, le partenaire pour l’occasion et Luciano Caveri le « compare du moment ».
Une pièce tragi-comique jouée en toute hâte, sans communications, sans spectateurs et sur la scène un silence total : les quelques signes de réaction ont été étouffés par une « omertà » totale ou par quelques coups de téléphone conciliants ou menaçant, selon l’attitude de celui qui était de l’autre but de l’appareil, ou encore des assesseurs et des conseillers « foudroyés sur la voie de Damas », qui, en 24 heures, ont dû changer d’avis pour garantir l’opération.
Et voilà que la suite de l’accord a donné immédiatement ses fruits. Je cite quelques exemples ?
un nouveau directeur pour la Maison de Jeu.
un Président de la région avec les attributs et…… surtout l’image ;
un gouvernement qui a finalement pu donner « un nouvel élan au rôle politique et administratif de l’Union Valdôtaine ! et, chose la plus importante ;
un groupe du Conseil qui a renforcé la cohésion du Mouvement et de ses élus ».
Ma déclaration officielle précisait : « Je viens de remettre dans les mains du Président du Conseil ma démission de la charge de Président de la Région Autonome Vallée d’Aoste.
L’action de gouvernement réclame, afin de pouvoir assurer la réalisation du programme politique et le développement de notre communauté des conditions de cohésion et de confiance qui, dans le climat politique actuel, ne semblent plus exister.
Même dans la conviction d’avoir toujours œuvré pour la concrétisation ponctuelle du programme de législature et le bien-être de la Vallée d’Aoste, je prends acte de la décision du Mouvement qui m’avait confié en 2003 la responsabilité de la Présidence du Gouvernement.
J’estime toutefois nécessaire que le Mouvement même explique, à moi et à toute la population valdôtaine, les raisons politiques qui sont à la base de cette nouvelle phase ».
Avez-vous reçu ou lu quelque part des explications quant aux raisons politiques de ce choix ? Je suis encore en train de les attendre….
Quelle a été mon attitude ? J’ai pris acte de la situation et j’ai démissionné avant de recevoir les explications de la part du Mouvement, j’ai assisté au triste spectacle du renvoi de la discussion prévue au Conseil Régional avec l’accord de son Président et des élus de l’UV.
J’ai expliqué mes raisons au Conseil fédéral étant donné que la réunion du Groupe des Conseillers de l’UV convoquée pour information et débat n’a pas eu lieu, par manque de courage de plusieurs d’entre eux de venir s’exprimer sur la question.
Le Comité fédéral n’a même pas demandé mon avis et s’est limité à prendre acte – non pas à l’unanimité ! – de l’opération.
Le seul document présenté par quelques sections courageuses, qui se limitait d’ailleurs à condamner la méthode utilisée, n’a presque pas été considéré par le Conseil fédéral qui – à la grande majorité – a voté le document officiel proposé par le Comité fédéral.
A partir de ce moment j’ai voté à faveur du nouveau Président et du gouvernement au Conseil régional, et j’ai participé en assurant ma présence et mon vote à toutes les séances institutionnelles des Commissions et du Conseil régional. J’ai toutefois évité de participer aux réunions du groupe de l’UV pour des raisons de légitime « suspicion ».
Aujourd’hui on me dit qu’il faut « tourner la page ».
Quant à ma situation personnelle je l’ai tournée dès le début, quant à la situation politique générale – et en particulier pour ce qui concerne la situation dans l’Union Valdôtaine – je suis disponible à tourner la page à certaines conditions.
Conditions de caractère politique et général qui doivent intéresser tous les Unionistes, pas de questions personnelles. Je ne revendique rien de tout, ni une place de consolation ni d’intérêt (je ne serai jamais candidat pour Finaosta ou pour CVA, je ne suis pas sur le marché pour une quelconque « patse », je revendique seulement dignité et respect personnel et le droit/devoir de faire de la politique et de continuer à m’exprimer !)
Ces aspects ont été complètement piétinés lors de l’opération et même ensuite.
J’ai écrit à la Présidente du Mouvement et je n’ai pas eu de réponse ; j’ai signé avec les collègues Borre et Vicquéry un document ouvert aux autres conseillers adressé à la Présidente et au Comité fédéral : aucune considération !
C’est ainsi qu’on respecte désormais les personnes et les idées à l’intérieur de l’Union Valdôtaine !!!
Avez-vous lu sur le « Peuple » une ligne de mes interventions au Conseil régional le jour de la brutale liquidation, ou lors du débat sur la réforme de l’école, ou le contenu du document adressé au Comité, ou encore des communications et des lettres d’Unionistes adressées au Peuple ?
Rien ! Censure totale !
Et pourtant l’Union Valdôtaine est un Mouvement né de la Résistance qui à la Libération nous a débarrassés d’une dictature, où la première raison a été celle de reconquérir la liberté de l’individu, la liberté d’action et d’expression, conditions essentielles (premières !) pour parler de liberté d’un peuple, d’autonomie, de respect des minorités.
La gravité des faits qui se sont passé n’est pas dans l’acte en soi (en démocratie on peut changer de Président et de gouvernement), ce sont les méthodes utilisées et les attitudes conséquentes sur les personnes et sur l’entourage, c’est « l’omertà » qui a régné sur toute l’opération, c’est l’attitude de ne rien prendre en considération ! « come se nulla fudesse ! » tout étant à la discrétion de quelques personnages.
Or, si « tourner la page » signifie admettre et consolider ce système, je ne suis pas d’accord.
Pour tourner la page il faut que ce Congrès prenne acte de la gravité de ces évènements, mais surtout qu’il engage les organes du Mouvement à garantir une situation de respect et de démocratie pour le futur qui a été et qui continue à être absolument négligée.
Il y a des mots qu’on utilise très souvent pour décrire l’action des hommes politiques de l’Union Valdôtaine, qui justifient tout comportement, pragmatisme, « décisionnisme » et d’autres encore, accompagnés par l’arrogance et la superficialité. Et tout autour, il y a ceux qui approuvent et ceux qui se taisent, car à s’exprimer contre ou émettre quelques considérations « fuori dal coro », on risque de subir des conséquences négatives.
Voyez encore l’attitude de la presse :
celle officielle de l’Union n’est que célébration d’un côté et silence de l’autre ;
ca presse régionale ? Nous assistons à la mainmise sur certaine presse pour délégitimer et ridiculiser ce qui ne rentre pas dans les lignes fixées, et si quelqu’un se permet de se prononcer on l’invite à se faire soigner par un psychiatre : des comportements et des mots qui nous rappellent de tristes épisodes des régimes passés
Ces amères considérations faites, je veux quand même être positif et en venir aux propositions. Pour ce faire il faut avoir le courage de prendre conscience de la situation et essayer de modifier le parcours.
Mais il faut le faire tout de suite, c’est urgent !
Il faut commencer par garantir « la liberté personnelle » et le droit au respect des idées et de la personne : il faudra l’écrire dans nos statuts.
A côté de la liberté personnelle, pour « convivre » dans toutes les sociétés, et surtout dans celles de nature politique, il faut se fixer un « code du comportement ».
Quant a nous, il nous faut redécouvrir et relancer l’éthique de la politique, car malheureusement bien de nos élus l’ont oubliée.
Tout responsable de la gestion publique, à quelque niveau que ce soit, doit être au-dessus de toute suspicion et se faire remarquer par son honnêteté, sa loyauté, le respect des personnes, un langage convenable et la disponibilité.
Nous avons bâti un système public en Vallée d’Aoste qui est enviable pour son organisation, sa diffusion capillaire, son attention à tous les secteurs.
Mais un système ainsi conçu, s’il n’est pas géré avec des règles précises et des comportements irréprochables, risque de se transformer en un système de contrôle, de chantage, de clientélisme.
Première règle : respecter les rôles et les fonctions. Chacun à sa place doit exercer son activité répondant aux organes qui l’ont élu et à l’organisation politique ou administrative qu’il dirige ou dans lesquelles il est inséré.
La juste indemnité économique pour chaque fonction, un thème délicat duquel on parle beaucoup mais qu’il n’a jamais été abordé de façon sérieuse dans le Mouvement : nous connaissons les dérapages que la question peut assumer.
Il faut s’engager à discuter et à revoir certaines indemnités et certains mécanismes pour ne pas nous faire devancer sur ce thème par l’opinion publique ou par d’autres initiatives politiques.
Une grande réflexion doit être menée quant à tout l’entourage du pouvoir politique : je parle des places et des activités professionnelles ou économiques, qui – dans les différents secteurs et les différents domaines – dépendent directement ou indirectement des choix politiques : une foule qui souvent se transforme en « clientes » avec des apanages non indifférents.
Un réseau qui, s’il est contrôlé par peu de personnes, peut représenter une machine électorale énorme, guidée et conditionnant les choix électoraux et surtout les choix des personnes.
Pour les prochaines élections régionales, le risque existe de voir quelques personnages de l’Union conditionner le choix depuis les candidatures jusqu’aux élus.
Il faut avoir le courage de se révolter contre ce système et garantir la libre expression aux sections et aux organes du Mouvement, car on risque de transformer tous les passages et décisions en une face.
C’est inouï que l’on continue à soumettre les membres des organes du Mouvement ou les administrateurs des Communes à un harcèlement continuel visé à en conditionner les choix.
Liberté personnelle, signifie aussi le droit d’exprimer ses propres opinions dans les choix.
Un autre système à démanteler est celui du clientélisme généralisé. On a transformé petit à petit les Valdôtains en quémandeurs à point tel qu’il est désormais normal de « mendier » tantôt un emploi, tantôt une attention particulière pour sa propre démarche administrative dite « pratica » à propos de « contributo » et …. n’allons pas plus loin.
La valeur politique des élus est souvent mesurée selon la capacité de « répondre » aux requêtes.
Ce système dangereux mine dans le cœur notre culture de peuple digne, qui ne s’abaisse pas au chantage, qui travaille pour se procurer la position, le bien-être.
Nous avons bâti un système, qui par notre organisation, nos ressources, nos lois, peut garantir à tous les mêmes opportunités ; il faut travailler à l’améliorer, à responsabiliser nos jeunes, nos familles, nos travailleurs, nos entrepreneurs ; le chemin à suivre est celui-là : responsabiliser et garantir les mêmes opportunités à tous.

Situation politique
Les motivations du « ribaltone » ont été celles, nous-a-t-on dit, de « renforcer la cohésion du Mouvement et de ses élus pour assurer l’unité d’action des représentants Unionistes au Conseil de la Vallée et pour donner un nouveau élan au rôle politique et administratif de l’Union Valdôtaine ».
Je ne veux pas m’exprimer sur le rapport renouvelé entre les élus de l’UV, ni quant à son amélioration, après le « golpe » !
Je n’ai pas d’instruments pour mesurer la nature du « nouvel élan », sauf une certitude : l’occupation quotidienne de l’écran télévisé par le Président de la Région.
Je laisserai à d’autres le soin de s’exprimer sur ce thème, quant à moi j’ai la sensation que le climat politique n’est pas amélioré, qu’au malaise tant déclamé on n’a trouvé aucun remède et que ce même malaise s’est répandu dans l’opinion publique qui assiste, sans comprendre et sans réponses, au spectacle.
Je suis convaincu que l’équilibre « pattuito » représente une trêve de convenances personnelles.
L’ « accord » intéresse la répartition de places de pouvoir et n’a rien à voir avec des aménagements politiques.
Ces accords souterrains et cet équilibre instable ne peuvent absolument pas représenter la condition pour garantir l’unité et la cohésion du Mouvement.
Je retiens donc l’équilibre actuel rejoint un équilibre temporaire, et, seul un profond débat politique, guidé par le Mouvement, peut nous donner quelques espoirs.
Nous nous préparons d’ailleurs aux élections politiques et à la présence d’un débat, pas toujours édifiant. Ce débat, même limité, existe au niveau de l’Etat italien. Ici, au contraire, tout est silence.
Nous assistons toujours au même rituel, il y aura un jour « quelqu’un » qui – au dernier moment – décidera pour tous, pas seulement pour l’Union Valdôtaine.
Je revendique un débat ouvert sur les alliances et sur les candidatures.
La grande participation populaire, lors des dernières « primaire » devrait nous servir d’exemple.
Est-ce que l’on sortira encore une fois du chapeau du « sommo sacerdote », au dernier moment, le beau grand lapin et le tout petit lapin, déjà enrubanné et endimanché pour lui faire bonne compagnie ?
Le respect des comportements politiques doit être assuré avant tout à l’intérieur du Mouvement, mais aussi vers les partenaires politiques, c’est une des règles de la « convivence » démocratique.
Madame la Présidente, c’est à Vous que je m’adresse, car vous devez être le garant de l’action politique du Mouvement.
Les Statuts, vous attribuent un grand pouvoir politique ; l’Union Valdôtaine appartient aux unionistes et plus en général à la Vallée d’Aoste. Elle n’est pas, elle ne doit pas être l’apanage d’une ou deux personnes qui cherchent à imposer leurs dictats.
J’avais beaucoup insisté lors du dernier Congrès – le Congrès où vous avez été élue Présidente – sur le respect des rôles et j’avais insisté… je cite « Je voudrais encore m’appeler à un débat sur les idées et sur les projets et non sur les amitiés prétendues des uns et des autres » et encore « le futur Président, après son élection, devra être le garant de tous les unionistes, le chef de file des initiatives politiques ».
Je continue ces quelques citations : « Le Mouvement peut et doit coordonner l’action politique partant des principes toujours valables des Statuts de l’Union Valdôtaine. Tracer les lignes et être le garant du respect des adresses politiques, coordonner à travers les différents organisme prévus par les Statuts l’action des élus prétendant le respect des rôles respectifs ».
« Pour ce faire le Président doit être libre, sans conditionnements, ni être porteur d’anciennes ou de nouvelle rancunes : « tabula rasa, on redémarre ».
Ce sont des affirmations que j’ai faites quand j’étais dans mes fonctions de Président de la Région, je n’ai pas attendu d’être déchu.
J’ai toujours affirme et souligné certains principes, le long de toute ma carrière politique, on ne peut pas liquider mes considérations en disant que je parle parce que je ne suis plus au pouvoir, je représente quand même toujours un rôle que je retiens important, celui de Conseiller régional, élu du peuple au sein du Conseil de la Vallée.
A l’assemblée des délégués je veux dire : prenez conscience de la situation politique en Vallée d’Aoste.
L’Union Valdôtaine a un rôle porteur, fondamental, irremplaçable ; les unionistes par le biais de leurs délégués au Congrès doivent se réapproprier de leur Mouvement qui doit reprendre les valeurs porteuses de son action politique : rigueur morale, cohérence avec ses idéaux, participation libre et active de ses adhérents, comportement digne et respect de la personne, et des rôles humains et politiques de chacun, ainsi que dialogue avec les alliés et confrontation avec les autres forces politiques.
Ayez le courage de vous exprimer librement. Les parrains et les patrons appartiennent à d’autres peuples, à d’autres cultures.
« …Omo….. su de téra », la Vallée d’Aoste mérite bien cela.

M. PERRON Ego - Président du Conseil régional

Chers amis de l’U.V., bon après-midi et merci de votre nombreuse présence. Célébrer nos 60 ans ne veut et ne doit pas être un simple, même si prestigieux, moment de autocélébration. Il est un moment important qui marque notre existence et notre présence dans la société valdôtaine. Le 13 septembre 1945, le jour où l’Union Valdôtaine a été fondée par un groupe de Valdôtains qui avait comme objectif de promouvoir et défendre les intérêts de la Vallée d’Aoste a marqué le début d’un parcours historique et politique qui a aujourd’hui comme protagonistes ceux qui sont réunis dans cette salle, mais aussi et surtout grâce à ceux qui ont travaillé durement dans des périodes difficiles du point de vue politique pour la défense de notre patrimoine historique, culturel et linguistique des attaques de tout genre en provenance de toutes les directions. Soixante ans durant lesquels l’Union Valdôtaine a joué des rôles divers dans la politique valdôtaine sans toutefois changer sa façon de penser, son symbole et ses objectifs.
Le congrès est donc le moment de parler avec vous, qui représentez toutes les sections de notre Mouvement, de ce que nous voulons faire pour la Vallée d’Aoste dans l’avenir sans oublier les problèmes de tous les jours, en revisitant ces 60 ans de l’Union Valdôtaine que nous fêtons aujourd’hui et qui ne doivent pas être considérés un aboutissement mais un point de départ. Un renouvellement dans la continuité des valeurs que nos pères nous ont transmises et qui nous ont permis, durant ces 30 dernières années, de gouverner quasi sans interruption notre Région, en donnant à la population un bien-être diffus et une qualité de vie élevée qui nous situent aux premiers rangs à l’échelon national.
Aujourd’hui, c’est à nous qui somme délégués à administrer cette Région, de faire en sorte que les valeurs, les idées et le patrimoine qui nous ont été transmis par nos père fondateurs ne soient pas éparpillés, mais diffusés et partagés par tous ceux qui ont dans le cœur une Vallée d’Aoste fédéraliste et autonomiste. Une Vallée d’Aoste qui se modernise toujours plus mais sans oublier notre patrimoine culturel et historique sans lequel il n’y a aucun avenir pour notre Région.
Atteindre ce résultat, nous le disons avec orgueil, a été possible grâce à l’attachement et à la capacité que nos administrateurs ont démontrés à tous les niveaux de gouvernement, à partir de la plus petite Commune et jusqu’au Parlement italien et qui ont œuvré dans le but d’atteindre un seul et unique objectif : l’intérêt de la Vallée d’Aoste et des Valdôtains.
De naissance et d’adoption, afin que chacun puisse avoir un travail et une vie digne de ce nom, en permettant ainsi à la Vallée d’Aoste d’être considérée comme modèle d’intégration sociale et comme un lieu où chacun de nous aime vivre. Naturellement, tout ceci nous ne l’avons pas fait sans aide : nous avons gouverné avec des partenaires avec lesquels aujourd’hui nous avons un rapport étroit, partenaires qui ont fait preuve d’honnêteté et de fidélité avec lesquels nous avons un bon rapport de collaboration et desquels nous avons apprécié l’effort pour devenir de moins en moins centralistes et toujours plus autonomistes.
Mais dans nos 60 ans d’histoire nous avons connus aussi des moments de solitude. Lorsque nous nous sommes présentés seuls aux diverses compétitions électorales, les électeurs nous ont presque toujours récompensée pour notre capacité de gouverner et de défendre leurs intérêts. Ceci nous a amenés, pas à pas , à gouverner une grande partie des Communes valdôtaines, mais surtout à obtenir la majorité absolue au sein du Conseil régional en nous déléguant la responsabilité de gérer le présent mais aussi et surtout de penser à leur avenir. Cela peut tranquillement nous faire regarder le futur, même à un futur très proche où il y aura des rendez-vous électoraux qui ne sont pas loin sans trop de peur, conscient de notre force et avec un certain optimisme. Là je voudrais être clair. La majorité absolue au Conseil régional ne doit pas être considérée comme un point maximum de notre expression mais un point de départ. Il y a une phrase de Camillo Benso Conte de Cavour que j’aime beaucoup et qui, dans ses écrits politiques, affirmait qu’il faut faire la grande politique, celle des résolutions audaces.
L’avenir signifie faire des choix que j’aime définir « résolutions audaces ». A nous, rien qu’à nous, de définir la politique qui devra être poursuivie dans le futur dans tous les secteurs de la vie valdôtaine. Pour que ceci se réalise nous avons besoin d’une U.V. intimement unie, nous avons besoin d’unité surtout au Conseil de la Vallée où souvent notre groupe qui a la majorité absolue a des difficultés à trouver une cohésion et un bon fonctionnement, mais dans les occasions qui comptent nous savons toujours retrouver la cohésion nécessaire pour affronter et résoudre les problèmes. Tout ceci parce que les Valdôtains, avec leur vote démocratique nous ont confié leur avenir et celui de leurs enfants et nous ont retenus capables d’exercer cette tâche.
Permettez-moi de reprendre un slogan cher au Président Caveri pour dire qu’aujourd’hui est le moment de réaffirmer la primauté de la politique et moi j’ajouterais, la primauté de la politique de l’U.V.. Ceci signifie programmer les choix en faveur de notre Région, dans l’immédiat, à moyen et à long terme et assumer les responsabilités qui s’ensuivent sans pour autant en déléguer la tâche à autres mais, éventuellement en partageant avec d’autre forces politiques les parcours entrepris.
Et ceci, à tous les niveaux de gouvernement, y compris la représentativité au Parlement italien qui, pour des raisons que je viens de citer, ne peut pas être confiée à d’autres sujets.
L’Union Valdôtaine pourrait tranquillement être la promotrice d’un regroupement fédéraliste et autonomiste auquel pourront adhérer tous ceux qui se reconnaîtront dans ce projet, mais dont les porte-paroles ne pourront être que des hommes en provenance de notre Mouvement, car il s’agit du choix de représentativité que les Valdôtains ont fait et que nous devons respecter. C’est justement pour cela que la divise « ni droite ni gauche), que quelqu’un continu à refuser, ne souffre pas de vieillissement précoce, mais au contraire, elle est extraordinairement actuelle car en elle il y a l’essence de notre pensée : ni droite ni gauche, mais plutôt pour.
Pour la défense de notre autonomie et de nos intérêts légitimes et donc disponible au dialogue à l’échelon central avec ceux qui peuvent donner des réponses concrètes dans ce sens et si cela signifie être opportuniste et bien oui, parce que nous le faisons uniquement pour intérêt de la Vallée d’Aoste.
Donc 60 ans de vie doivent, à mon avis, être considérés un point de départ pour : une U.V. qui doit et qui veut être point de repère, une U.V . que quand nous pensons aux :
-jeunes : elle soit à même de répondre aux nouveaux besoins qui changent et de les approcher aux valeurs et à l’idée autonomiste ;
- économie : continue à être l’interprète d’un modèle de développement qui garanti bien être, du travail, de la sérénité aux familles valdôtaines ;
- social : continue à faire une politique attentive et pertinente pour toutes les couches sociales que surtout les faibles et les défavorisés, toujours plus, ont besoin d’aide et d’attention ;
- territoire : nous sommes les garants soit d’une attention et d’une sauvegarde mais aussi les interprètes d’une promotion et d’une valorisation de notre environnement.
Je souhaite à vous toutes et à vous tous un bon Congrès, un moment où l’on discute, l’on se confronte, nous avons la capacité plus que d’autres de le faire. Nos 60 ans sont pour nous l’occasion pour revendiquer la primauté de la politique de l’U.V., un moment de relancement non pas seulement de bonne administration mais de l’action politique et de notre présence :
-dans les sections qui ont besoin d’une nouvelle présence
-dans la société valdôtaine parce qu’il y a encore des endroits où notre message n’est pas passé, ou n’as pas été compris, ou mal interprété.
A nous de travailler encore plus afin que des secteurs nouveaux de la société valdôtaine écoutent, comprennent et partagent notre message.
En premier lieu dans les institutions :
-nous venons de célébrer une victoire aux élections communales mais là il y a encore du travail à faire pour une présence encore plus forte et plus unitaire de l’U.V. ;
-notre présence majoritaire au Conseil de la Vallée ne doit pas être considérée le résultat maximum que nous pouvons atteindre ; il y a encore du terrain à conquérir en terme de consensus politique ;
-notre présence au Parlement italien et dans les rapports avec l’Etat où, sans attitudes équivoques nous pouvons et nous devons être les uniques a représenter notre Région dans cet endroit institutionnel ;
-une bataille, en collaboration avec d’autres, pour que la Vallée d’Aoste ait finalement droit à un parlementaire européen.
Je termine en vous confiant mon rêve. Je rêve une U.V . qui discute mais unie, toujours plus forte, plus présente dans le tissu de notre Région, qu’aujourd’hui fête ses 60 ans mais qui dans dix ans elle fête son 70ème anniversaire. Mais surtout je rêve que dans 10 ans y ait toujours une Vallée d’Aoste qui soit toujours conduite et administrée par les femmes et les hommes de l’U.V..
Merci.



M. PRADUROUX Renato, Conseiller régional

En vue de ce Congrès qui célèbre le 60ème de l’Union Valdôtaine, l’IIIème Commission dont je suis le coordinateur s’est réunie la semaine dernière autour du président, qui a exposé les grands thèmes de ce rendez-vous. Je voudrais, dans cette allocution, vous exposer la teneur de cette réunion et les réflexions que nous avons décidé de vous présenter.
Mais avant même de commencer, je tiens à vous dire ma satisfaction et la fierté que je ressens, en ma qualité de conseiller régional d’un Mouvement politique tel que l’Union Valdôtaine, qui fête son 60ème anniversaire. Les personnes qui m’ont précédé ont déjà exprimé ces sentiments mieux que moi, mais je désire souligner combien nous pouvons être fier de faire partie d’un mouvement politique riche d’autant d’années d’histoire. Je crois qu’en dehors de nous, seul le parti de nos amis du Tyrol du Sud a atteint une telle longévité, alors que le panorama politique national a connu tant de vicissitude qu’aucun parti n’a pu s’inscrire dans la durée et que la prolifération des sigles reflète ce changement incessant.
Venons-en maintenant aux travaux préparatoires de ce congrès. Notre commission a élaboré plusieurs considérations sur la base des thèmes proposés, en arrêtant sur les questions qui sont plus particulièrement de son ressort. Je laisse à d’autres illustres intervenants le soin de vous exposer nos réflexions sur les thèmes des valeurs et de l’identité, mais je souhaite dire, au passage, que notre identité – qui a précisément toujours été au centre de l’action politique de l’U.V. – constitue notre ressource fondamentale. Qu’elle n’est pas seulement un atout du point de vue culturel et linguistique, mais un avantage que nous devons savoir allier aux évolutions et aux conséquences de ce que l’on appelle « le marché » et qui peut donc nous servir à élaborer des modèles dans le domaine non seulement de la culture, mais encore de l’économie et de l’administration. Je pense par exemple à l’offre que nous pouvons garantir dans les secteurs du tourisme, des productions artisanales, de l’industrie et du commerce.
Ce 60ème anniversaire de la fondation de notre Mouvement nous offre une excellente occasion de faire quelques comparaisons et de vérifier d’une part, les instruments dont nous sommes dotés jusqu’à ce jour et, d’autre part, les occasions que nos avons su créer, avant de considérer les mesures que nous devons prendre pour renouveler notre façon de faire de la politique et de gérer les administrations. En dehors des temps forts de notre action – comme la définition de nos objectifs et de notre ligne politique lors d’un congrès, ou la préparation des programmes électoraux et, après la formation des gouvernements, la rédaction des programmes de législature - , en dehors, donc, de tous ces moments que nous pourrions qualifier de points de référence, il est indispensable que nous nous ménagions des pauses de réflexion, durant lesquelles nous pouvons nous assurer que nous tenons le bon cap et adapter notre ligne d’action à l’évolution du secteur qui nous intéresse.
Pour ce faire, il est indispensable que les élus sachent être à l’écoute du peuple, en toute simplicité et non seulement lors des comices, mais aussi dans le cadre de leur action administrative. C’est la seule manière pour nous de ne pas perdre de vue les problèmes quotidiens que rencontrent les gens et de savoir ce qui les préoccupe le plus. A cette condition-là seulement, nous continuerons à parler même la langue qu’eux et nous maintiendrons notre dialogue avec la population. Au cours de ces soixante années, beaucoup de choses ont été réalisées pour faire progresser la société et améliorer les conditions de vie et de travail des Valdôtains. L’Union Valdôtaine a sans l’ombre d’un doute été la grande protagoniste de nombreuses phases de la vie politique et administrative de notre Région, à l’échelon communal et régional mais aussi dans le cadre national, bien entendu, au fil des relations et des multiples tensions qui ont caractérisé nos rapports avec les autorités nationales qui ont souvent tenté de rogner les limites de notre autonomie et les droit que la Constitution nous reconnaît.
Le travail effectué par les femmes et les hommes de l’U.V. doit se poursuivre, afin que nous puissions assurer à nos enfants un futur meilleur. Et nous devons absolument agir de sorte à améliorer le modèle valdôtain. Notre expérience de petite région alpine indique nettement que la présence de l’homme dans un territoire montagneux peut constituer un bon modèle de développement durable et que cette présence est une ressource indispensable pour la gestion dudit territoire. C’est grâce à cette expérience que notre politique a pu, au niveau national comme européen, éveiller une sensibilité qui nous a permis de demander davantage d’attention et la mise en place d’instruments propres à soutenir les zones de montagne. Les objectifs de notre action doivent rester bien définis : ce sont la valorisation et la protection du patrimoine environnemental et la promotion du système Vallée d’Aoste.
Ainsi pourrions-nous préserver la montagne en sa qualité d’ « espace de différence » par comparaison avec les zones métropolitaines de plaine. Dans ce système particulier qu’est la montagne, les ressources économiques doivent pouvoir cohabiter avec les compétences économiques et techniques. L’on peut et l’on doit intervenir dans ce système, sans sacrifier son identité, afin de développer de nouvelles opportunités, qui sont autant de projets productifs fortement liés au territoire, si bien que leur produit final en est imprégné et devient unique.
Avant de conclure je voudrais aborder la question des activités productives et, notamment, de l’industrie. Face aux difficultés que nous avons connues au cours des dernières années en raison de la crise économique qui a sévi dans l’ensemble le pays, la Région Vallée d’Aoste a suivi avec attention l’évolution des divers secteurs de production et a mis en place des mesures susceptibles de les aider. Il a fallu instaurer des aides régionales conformes aux dispositions communautaires, simplifier les procédures, disposer de moyens efficaces pour devenir plus compétitifs, développer la recherche, la formation des personnels et la qualité de leur produits, ainsi que pourvoir à la certification de leurs produits. Cette démarche doit être poursuivie sans relâche, car le reste du monde continue de progresser et nous ne vivons pas sur un îlot, à l’écart du contexte international.
Voilà pourquoi nous devons aller de l’avant et offrir aux jeunes de chez nous la possibilité d’obtenir des qualifications valables et de recevoir une formation continue. De ce point de vue, l’Université de la Vallée d’Aoste représente une source importante. Mais il ne faudrait surtout pas qu’elle se replie sur elle-même et se contente de proposer aux étudiants des cours qui ne seraient que la copie de ceux qui sont dispensés dans des facultés plus grandes et mieux situées sur la scène nationale. Notre souci principal reste donc d’offrir aux jeunes d’ici la possibilité de poursuivre des études universitaires débouchant sur des professions à forte demande sur le marché valdôtain, tout en établissant dans notre Vallée un pôle universitaire proposant des formations et des activités de recherche attrayantes à l’échelon international, ce qui attirerait ici des étudiants tant italiens qu’étrangers. Faute de quoi, nous pourrions bien, dans quelques années, constater que nus avons « raté le coche ».
Nous devons également assurer des possibilités de formation professionnelle aux jeunes valdôtains qui ne souhaitent pas suivre une formation universitaire. Mais, pour que cette démarche soit efficace, il est nécessaire que les entreprises valdôtaines sachent utiliser ces nouvelles ressources, plutôt que de s’adresser, comme c’est souvent le cas, à des services externes. Autre considération d’ordre général sur les activités productives : je voudrais souligner combien il est important que la structure publique agisse afin d’aider tous les secteurs de l’économie valdôtaine à renforcer leur présence sur les marchés étrangers, en leur fournissant éventuellement le soutien nécessaire pour qu’ils surmontent leurs faiblesses et en les informant mieux sur les services et sur les informations auxquels les entreprises peuvent faire appel. Au cours de ses diverses réunions, notre commission a eu à maintes reprises la possibilité d’écouter les représentants du monde actif lui exposer leurs problèmes. Au nombre de ceux-ci, le coût de l’accès au crédit revient fréquemment, de même que l’envergure financière de l’entreprise et différents facteurs liés au marché et à la variation de l’offre et de la demande.
Les relations entre banque et entreprise sont cruciales. Nos banques locales sont caractérisées par leur enracinement sur le territoire et disposent ainsi d’un patrimoine de connaissances, d’informations et de confiance réciproque : et c’est sur cette base que repose la capacité de crédit de nos entreprises. En notre qualité d’élus locaux, nous nous devons de prêter l’oreille à ces problèmes, mais nous devons aussi travailler à partir de faits concrets pour garantir l’emploi et pour aider ces personnes qui ont le courage d’investir dans leur propre entreprise, dégageant ainsi des revenus et une part d’essor économique.
Il me semble que la meilleure manière de rendre hommage aux soixante années d’action politique qui sont à l’actif de notre mouvement est encore le travail qu’effectuent chaque jour nos élus, et tous ceux qui croient encore à l’engagement politique, pour aider notre Région à aller de l’avant, à se développer et à prospérer.

M. ROLLANDIN Auguste, Sénateur

Bonsoir à toutes et à tous : merci de la patience et d’être encore là. Je crois qu’à la fin de cette belle journée de soleil, à l’extérieur de la salle du Congrès, il me revient de faire quelques observations, en raison de mon rôle et de mes fonctions. Je ne parlerai pas de ma participation à la Commission paritaire et au parlement italien, en tant que représentant de l’Union Valdôtaine et de la Vallée d’Aoste.
N’oublions pas l’histoire de notre Mouvement.
En premier lieu, j’attendais aujourd’hui des considérations concernant l’histoire de notre région : il n’est, peut-être, pas évident à tout le monde que, dans le bout de trente ans, il y a eu un changement radical du point de vue du bien-être en Vallée d’Aoste. Et il est peut-être trop d’avouer que les raisons de ce bien-être sont à rechercher aussi dans l’action de l’U.V. On a vécu sans doute des difficultés : les problèmes du Casino, la période de l’opposition, les différentes réunifications, tout a été oublié !
Mais aussi les succès électoraux, qui, si l’on croirait à certaines interventions d’aujourd’hui, ne seraient qu’un effet marginal presque inutile de la politique ! Il faudrait au contraire les analyser, faire attention aux différents aspects, les examiner à fond.
Aujourd’hui je n’ai entendu rien de tout ça ; comme si l’action menée dans les derniers 60 ans avait été tout à fait marginale. Personnellement j’ai un autre avis : je crois que, tout en reconnaissant sans doute certaines fautes, comme il est normal, il y a eu quand même une action politique et administrative importante, qui a changé notre région. Le mérite est avant tout des Unionistes, qui ont donné confiance aux élus qui ont su interpréter d’une façon intelligente leur mandat.

L’évolution politique après les élections régionales
Cela dit, compte tenu des interventions précédentes, je dois moi aussi, me relier à une période très étroite du Mouvement. Revenons donc aux élections régionales de 2003 : un grand succès pour tous, un résultat important. Tout le monde était alors heureux d’avoir obtenu, finalement, la majorité au sein du Conseil de la Vallée. Mais, à partir de là, on eu aussi toute une série de problèmes.
Première question : à qui revient la tâche de président du Gouvernement ? Si quelqu’un est à même de me dire quelle est la règle à appliquer, je le félicite. On a fait des consultations, comme on a fait pendant toute l’histoire du Mouvement, et à la suite on a donné mandat à la personne qui en ce moment avait la confiance du groupe. Si j’avais plus de temps, je pourrais relire les interventions, les déclarations documentées par la presse, concernant ce qui avait été dit contre le choix de confier la Présidence à Charles Perrin. En accusant surtout certaines personnes de ne pas avoir tenu compte du vote populaire…
Après ces polémiques, la période de gestion a commencé. Le 17 juin 2004, au Conseil de la Vallée cinq francs-tireurs votent contre une proposition du Gouvernement.
Beaucoup de questions se posent alors : qui a voté contre la Junte, et pourquoi ? On a souligné l’aspect négatif de ce comportement et entre-temps la Junte a continué son travail jusqu’à l’été et au moment du débat. Finalement on a essayé de comprendre, de parler, de prendre des décisions. L’automne 2004 est arrivé, et les élections administratives s’approchaient : on a essayé encore de dialoguer, avec une série de difficultés. On est enfin arrivés à une solution : maintenir la situation actuelle en confirmant la confiance à la présidence, en nous donnant mandat de revoir la situation après les élections administratives.

Les élections communales 2005
Deuxième volet, les élections administratives. Très importantes surtout dans la ville d’Aoste. Petite surprise : au moment où, selon les règles du Mouvement, les sections se réunissent pour donner leur avis à propos du syndic sortant, quelqu’un a commencé à parler d’une alternative.
Bon, s’il y a une alternative, il faut comprendre que-ce que c’est cette alternative : alternative à quoi, à Grimod ou à quelque chose d’autre ? Alors une série de rencontres ont commencé, de rendez-vous et de déclarations, de la part surtout de la section d’Aoste-ville, qui disait « on n’est pas démocratique », « on n’a pas choisi », « il fallait prendre du temps », « il fallait mieux s’exprimer », « il fallait avoir la possibilité de comprendre les raisons pour lesquelles Louvin s’est mis à disposition pour cette tâche », etc. Le temps passait, il faillait arriver à une décision. Entre-temps, M. Louvin disait : « je suis quand même un Unioniste, mais je n’accepte pas cette méthode ». Et alors, sur décision du Comité Fédéral, on arrive au 14 février 2005, date de convocation du Conseil Fédéral. Alors là a commencé la fameuse histoire du « Je veux voir si… ».
Qui s’est répété plusieurs fois. A partir de ce moment-là, a chaque échéance de l’U.V., Robert Louvin dira « je veux voir si on va m’inviter au Conseil Fédéral », « Je veux voir s’ils ont le courage », etc.
Première étape : « Je veux voir s’ils ont le courage de m’inviter au Conseil Fédéral » : étant donné qu’il était encore un inscrit, il participa au Conseil Fédéral. Le 14 février il y a eu donc une intervention dure de Louvin au Conseil Fédéral qui disait : « Ecoutez, vous ne m’avez pas donné la possibilité de m’exprimer, moi je suis encore, et je tiens encore à l’être, un Unioniste ». En effet il se sentait tellement Unioniste qu’au mois de mars il fera requête d’avoir la carte d’inscription. En disant toujours : « je veux voir s’ils ont le courage de me refuser la carte ». Mais attention, coup de théâtre : voilà un « Acte constitutif d’un regroupement politique culturel dénommé « Aosta Viva » ». Signé chez le notaire le 27 janvier 2005 et enregistré le 3 février.
Je rappelle que la réunion du Conseil Fédéral était le 14 février : je ne veux pas lire la liste des éminentes personnes qui faisaient partie de la section d’Aoste-ville et qui avaient signé cet acte quinze jours avant le Conseil Fédéral.
Alors, au moment où quelqu’un se posait toute une série de questions –est-il possible qu’un Unioniste soit exclu de son Mouvement ? – sur lesquelles on a discuté pendant des séances entières, Louvin avait constitué un nouveau Mouvement, déjà à la fin du mois de janvier.
Il ne s’agit donc pas d’expulsion, chose qui malheureusement n’est pas encore connue par les Unionistes. Car l’article 4 du Statut du Mouvement dit « l’adhésion à l’U.V. est incompatible avec l’appartenance à d’autres Mouvements ou Partis politique ». Evidemment, la personne intéressée connaissait très bien le Statut. Alors il s’est moqué de nous, il s’est moqué des Unionistes, il a mis en discussion des alliances en se disant Unioniste… les représentants des autres forces politiques qui venaient aux pourparlers disaient « nous voulons savoir si Louvin est encore de l’Union ou non… ».
J’ai voulu reprendre ce discours pour la simple raison que malheureusement sur ces points, on a trop longtemps oublié de dire la vérité.

La résolution de la crise et le Gouvernement Caveri
Troisième volet. Les élections communales ont été un succès. Tout le monde était content, parce qu’on avait gagné même à Aoste, contre tout ce qui s’était passé. Alors il fallait revenir sur le thème, on avait dit, de la crise de juillet 2004. Comment y revenir ? Conseil Fédéral du 13 juin 2005. On avait donné mandat de vérifier la situation politique régionale. Suite à ce mandat, il y a eu les rencontres de la Commission politique qui ont été rappelées. Je dois donc repousser toutes les affirmations qui ont été faites sur le non respect des rôles. Vraiment je n’accepte pas la pensée de ceux qui disent qu’on n’a pas respecté les rôles. Il n’y a eu aucun accord. Le Président de la Région a consulté les conseillers régionaux, a porté les résultats à la troisième séance de la Commission Politique… là il n’y a pas eu la participation de l’intéressé…
Ces considérations ont été présentées au Comité Fédéral et au Conseil Fédéral du 1er juillet qui a discuté et approuvé. Si l’on veut appeler ça un « golpe » je ne comprends plus la démocratie ! Je regrette alors qu’on puisse dire qu’il y a des traîtres, des meurtriers, des assassins ! Et là, les paroles, n’ont plus de poids !
Alors, je sais bien que tout ce qui se passe est de ma faute. Mais au moins, là, ce qui a été écrit, je ne l’accepte pas ! Je revendique un rôle que j’ai joué en tant que membre d’une Commission. C’est trop facile de parler tout au long de l’été, pendant que moi je n’ai donné aucune interview car j’attendais cette occasion pour dire la vérité. Qu’est-ce que je pense de cette situation ? Je pense que ce qui s’est passé est parfaitement en ligne avec les règles du Mouvement. Certes, je connais le final de l’histoire, et je peux comprendre l’amertume de quelqu’un.
Il faudrait demander à ceux qui n’avaient pas eu de charges en 2003. Chaque fois qu’il y a eu des élections, le jour après il y a eu quelqu’un qui n’était pas content. Chaque fois ! Alors, faire la victime, dire que c’est absurde, qu’on est allé contre l’unique personne qui n’avait pas d’intrigues : eh bien, je voudrais savoir aussi si s’occuper de certains dossiers signifie avoir des intrigues. Moi j’estime qu’il est de la compétence d’un homme politique de s’occuper des dossiers. Et à ce propos, j’avoue qu’il y a une différence substantielle entre la volonté d’être « super partes » et « in equilibrio ». L’équilibre sans doute, du point de vue personnel, est une qualité importante. L’équilibre politique est appréciable s’il ne se traduit pas en immobilisme. Si l’équilibre signifie que pour se maintenir, pour ne pas troubler les âmes et les intérêts, il faut quand même aller de l’avant, et maintenir l’équilibre, je ne suis pas d’accord ! Je préfère un accord clair, franc, sincère, dynamique, avec tous les risques de l’accord. Quelle était l’alternative à l’accord qu’on a fait au mois de juillet, qui a été ratifié par le Conseil Fédéral. Il y avait une situation de difficulté. Ne le cachons pas. Il y avait l’exigence de se parler, de trouver un dialogue, chose que je souhaite toujours. Je reprends le discours, je partage le fait qu’il y ait plus de dialogue. Lorsqu’il y a des séances, là où l’on peut parler, je crois que ce serait bon de parler. Très souvent il y a des séances là où on se regarde en se disant : « Qu’est-ce qu’il faut faire ? » Il faut vraiment être hors du monde ou vivre dans un autre Etat pour dire certaines choses !
Alors, je reprends la dernière partie politique. Quelle était l’alternative à cet accord qui a été si critiqué ? L’alternative était, comme quelqu’un était en train de faire, de trouver des « béquilles » à la majorité. Mais qui étaient ces « béquilles » ? Quelques Mouvements, quelques partis qui étaient d’accord de substituer les dissidents. Quand les numéros sont les numéros… Et alors ce passage a lui été aussi examiné et je crois que les considérations, à ce moment, étaient que l’accord était mieux que les béquilles portées par d’autres Mouvements, qui n’étaient pas là à soutenir l’Union gratuitement.
C’est un passage amère, je le comprends, pour les intéressés, mais je voudrais rappeler qu’au moment d’accepter une charge, ou de signer une fiche de disponibilité, on sait très bien que cette charge on l’a à un moment donné, et qu’on ne l’a pas à un autre : comme s’est passé dans toutes les Juntes, dans tous les Gouvernements. Il y a quelqu’un qui est le dernier pour le nombre de votes et qui devient assesseur : Dino Viérin est un exemple, et par la suite les autres. C’est évident que là il y a quelqu’un qui dit : « Attends, pourquoi ce n’est pas mon tour maintenant ? » Mais quelles sont les règles ? Il n’y a pas de règles en ce sens ! Il n’y a pas de règles ! Car lorsqu’il y a un président chargé, le président chargé choisit son équipe. Finalement, même le Statut de l’Union le dit. Car en effet, si le Conseil Fédéral est appelé à ratifier, et non à choisir, il y aura une raison.
Mais la simple raison c’est qu’il faut quand même prendre des accords : et voilà le scandale … faire un accord est un scandale, maintenant ! Je suis vraiment étonné par cette analyse. Je le dis ce soir, ici, pour la première fois et j’aimerais pouvoir le répéter et faire une confrontation aussi avec les sections, qui parfois ont une attitude qui est ressortie aujourd’hui : « Pas de démocratie et pas d’informations ? ». Mais qu’est-ce que ça signifie « information » ? On a convoqué le Conseil Fédéral : quelle était l’information, fallait-il demander aux sections si elles étaient d’accord ? En ce cas, si on devait adopter ce système, je crois que le moment où il faudra prédisposer un Gouvernement passeront des mois ! Je crois qu’il est difficilement praticable. Après, si les règles changent, moi, je suis convaincu qu’il faut les respecter.

Les élections politiques 2006
Dernier volet et je m’excuse d’avoir été si long : la question des élections politiques. Je ne veux pas ici faire un compte-rendu, et j’espère avoir d’autres occasions. Je dois seulement avouer que pour ce qui me concerne on a essayé en ce délai de faire de façon à avoir les contacts nécessaires avec les Communes et avec l’Administration régionale, le Conseil comme la Junte et d’interpréter les volontés des relations qui existent et existaient avec les deux organes institutionnels qu’on a toujours respecté et qu’on a présenté au Parlement. Je crois que dans ce sens on a fait l’impossible pour avoir des résultats.
On a déjà dit des différentes réformes contraires à nos intérêts, et donc je crois que la Commission politique qui commencera bientôt des rencontres avec les autres forces, devra avant tout se refaire, comme a été dit bien par d’autres, aux principes et par la suite évidemment faire des choix sur les alliances. Je ne veux pas faire d’autres observations. Seulement, je crois avoir dit que selon moi la meilleure réponse à certaines affirmations est représentée par les faits.
Et au moins, de ma part comme de la part des autres, je crois d’avoir maintenu une attitude de travail et de relation avec les sections, avec les Communes et avec l’Administration régionale qui me revenait de certaines charges liées à la politique de la montagne, comme à la politique de l’enfance et de l’adolescence, comme à la politique de la santé et de l’environnement. En ce sens, j’espère avoir donné une contribution importante.

Conclusions
Pour conclure, je crois avoir moi aussi beaucoup d’amertume : quand j’ai vu, pendant cette période, des difficultés parfois à se saluer, ce qui ne m’était jamais arrivé. C’est un drôle de système, je comprends, mais sans doute il m’est difficile de justifier cette attitude.
Et s’il y a la nécessité de parler davantage, tout le monde est d’accord. Ce que je veux rappeler, c’est qu’il n’y aura pas de formules suffisantes pour garantir un accord sinon la bonne volonté des acteurs.
Ce sera là le problème. Tout accord est valable s’il y a cette bonne volonté et cette collaboration. Un épisode a été mal interprété, a été sûrement vu comme un passage fait dans un temps trop étroit, peut-être. Il y avait là d’autres engagements qui peut-être pouvaient se prendre. Moi je ne discute pas : dans ce sens, tout est possible.
Les façons de travailler peuvent être différentes. Je crois qu’une administration doit décider, sur ça, je suis convaincu, décider ne veux pas dire être superficiel dans les évaluations ; mais finalement, s’il y a 60 ans de succès de l’Union, on le doit aussi aux femmes et aux hommes qui ont travaillé aux différents niveaux. Nous avons vécu des problèmes au moment où il y a eu le « Rassemblement » et après les « Progressistes », on a fêté le moment où on s’est réunis.
Aujourd’hui à 60 ans, je crois que c’est sans doute important qu’on puisse faire un acte d’humilité de la part de tous, en faisant une réflexion généreuse et approfondie sur le passé pour mieux bâtir ensemble l’avenir.

M. VALLET Hervé, Jeunesse Valdôtaine

Chers amis, c’est avec plaisir que je vous porte le salut de la Jeunesse Valdôtaine.
Le Congrès est l’un des moments le plus importants de la vie de notre Mouvement, c’est l’occasion pour se confronter, se parler et chercher la clarté quand il y en a besoin. Et comme tout le monde, la Jeunesse Valdôtaine espère que du congrès puisse sortir les lignes et les adresses à suivre pour l’avenir. Nous voudrions que, une fois terminée cette longue journée de travail, l’Union Valdôtaine ait les idées claires sur le futur qui l’attend.
Notre Mouvement est depuis sa fondation, un grand mouvement populaire profondément enraciné sur le territoire. Pour cela nous voulons souligner l’importance des familles valdôtaines et des sections répandues sur le territoire. La famille : parce qu’elle est le premier point de repère pour la formation d’un jeune. C’est là qui naissent et s’accroissent les principes et les idéaux qui guident nos valdôtains. Les sections : parce qu’elles sont le pilier central de l’Union Valdôtaine, nous permettent de rester toujours en contact avec les gens et devraient représenter le lieu privilégié de débat et de confrontation : elles doivent donc jouer un rôle important dans la vie de notre Mouvement.
Nous pensons que les sections devraient être engagées avec constance et continuité aux moins sur les gros thèmes qui caractérisent la vie de notre Mouvement et de la communauté valdôtaine toute entière : on devrait les pousser à promouvoir des rencontres, des initiatives et des débats concernant des thèmes soit locaux soit de caractère général. Il serait très important, surtout pour les jeunes, parc qu’ils auraient l’occasion de s’intéresser aux problèmes qui les entourent mais qui souvent ils sentent loin d’eux. Toujours plus, parmi les jeunes, il y a un manque d’intérêt vers la politique et peut-être même aussi un manque d’idéaux.
Quelle en est la cause ?
Peut-être un manque de passage, de transmission des pensées de génération en génération ?
Ou un manque d’occasion de connaître les problèmes ?
Ou encore un manque de confrontation et débat ?
Ou peut-être que le bien-être nous porte à être égoïstes et repliés sur nos intérêts ?
Il faut trouver des solutions importantes pour intéresser de nouveau les nouvelles générations à la politique, il faut les persuader que les problèmes communs se répercutent toujours sur chacun d’entre nous et il est aussi fautif de laisser aux autres les décisions sur les thèmes et les problèmes qui nous concernent. Dans ce cas, les élus à tous les niveaux jouent un rôle important parce qu’à travers le bon exemple et en promouvant toujours les bons idéaux et les bons principes, ils peuvent intéresser les jeunes et les faire approcher au Mouvement.
Le futur de l’Union Valdôtaine passe par la valorisation de toutes les ressources humaines disponibles, avec une attention particulière aux jeunes. Le français, notre langue : on ne peut pas cacher qu’au fil des années la langue française a perdu petit à petit son importance et maintenant elle occupe un rôle marginal dans presque tout les domaines. Nous croyons qu’à partir des élus on devrait être capables de regagner notre français et, comme le disait Bruno Salvadori en 1978 : « Le conseil régional doit devenir l’expression réelle de notre communauté. La présence du français dit être massive et jouer un rôle toujours plus important dans toutes les expressions de l’activité de notre assemblée régionale. » Je confesse que nous aussi, nous sommes bien souvent incohérents !
On doit à nouveau relancer des initiatives plus forte de soutien du français en partant de l’école parce que, comme Emile Chanoux le disait très bien : « elles sont toujours à la base de l’éducation et de la formation d’un peuple ». Et encore il faut faire attention parce que « ceux qui savent le français le défendent, ceux qui ne le savent pas, le combattent uniquement parce que ne le savent pas ». Il faut redonner au français le rôle fondamental qu’il lui appartient depuis toujours dans notre Vallée. Dans ces dernières années l’objectif principal de notre Mouvement a été de relancer son rôle propositif, en se rendant interprète de l’évolution et des changements de la société valdôtaine, sans pour autant renoncer aux principes fondamentaux de nos statuts, conscients de notre identité.
Et c’est nous les unionistes, qui devons le faire ! Voilà pourquoi il est absolument important et prioritaire de relancer l’action du Mouvement en matière de fédéralisme et de réformes institutionnelles, en ouvrant notamment le débat sur la réforme du Statut Spécial. La capacité autogouvernement qui a assuré à la Vallée d’Aoste un essor économique et social extraordinaire, sans toutefois consolider autant notre particularisme culturel, devra se fonder sur un acte constitutionnel sûr et solide, fruit de notre capacité d’autodétermination. Il appartient à l’Union Valdôtaine, représentant aujourd’hui la presque majorité du peuple valdôtain, de proposer le contenu de ces réformes, en essayant de le faire partager par le plus grand nombre de nos concitoyens. Il faut donc que nous proposions à l’assemblée régionale et au peuple valdôtain de définir le fondement des pouvoirs autonomistes de notre région, les modalités de leur exercice et les principes qui doivent inspirer son action.
L’Union Valdôtaine est aujourd’hui solidement placée au centre de la politique de notre région et il est de toute évidence que c’est de l’Union Valdôtaine que les gens s’attendent toujours les réponses ou quand même l’initiative politique. Pour rejoindre ces objectifs et être porteurs de la pensée valdôtaine il est fondamental de retrouver un esprit d’équipe absolument nécessaire, surtout dans les instances les plus représentatives comme le Conseil régional. Ce qui nous paraît, en ce moment, plutôt, faible. En conclusion, je tiens à relancer l’appel de la Jeunesse Valdôtaine aux responsables du Mouvement pour qu’ils n’oublient jamais les jeunes, car les jeunes sont le futur du Mouvement.
Nous en sommes l’avenir, la perspective et un Mouvement sans perspective est un Mouvement destiné au déclin et ce n’est pas ce que nous voulons. Et pour cela, nous voudrions être partie active du Mouvement, à travers la participation à sa vie et à ses activités ; c’est pourquoi nous revendiquons à nouveau un représentant des jeunes au sein du Comité Fédéral de l’Union Valdôtaine. Pour qu’il y ait une meilleure synergie d’action et pour que nous puissions donner davantage notre apport, notre enthousiasme et nos forces afin d’avoir dans le futur la possibilité d’être, à notre tour, protagonistes. Merci pour votre attention.

M. VICQUERY Robert, Conseiller régional

Chers Unionistes,
Le thème du Congrès « 60 ans d’Union Valdôtaine », si ample et stimulant, m’a convaincu, après maintes hésitations et perplexités, à intervenir aujourd’hui devant nous.
Pourquoi ces hésitations ? Et bien, tous d’abord, après avoir été déchu de mes fonctions d’assesseur, j’avais décidé consciemment de suivre la formule de Fanfani : « In politica, ma anche nella vita, c’é il momento della Quaresima e il momento della Resurrezione », de choisir donc un profil bas, de réfléchir, de suivre la politique régionale d’un regard détaché mais aussi avec sérénité, malgré l’immense amertume que je ressentais.
Lors de la crise de Junte, j’avais été informé que, en raison de problème d’équilibre interne de l’Union il fallait me sacrifier et, ne me trouvant pas aligné ni avec le courant Rollandin, ni avec le courant Caveri/Vierin, on m’à jeté à la poubelle comme un vieux chiffon.
L’Union a inauguré une ligne de conduite très pragmatique, hyper irréaliste, qui doit à mon avis faire réfléchir. « Il fine giustifica i mezzi ? ».
Hier, ce fut mon tour et celui de Charles, qui sera le prochain demain ?
Enfin j’ai pris acte pour le bien de l’Union Valdôtaine, j’ai assuré mon vote au nouveau Gouvernement et maintenant je suis là non pas pour parler de moi-même, mais pour essayer d’apporter ma contribution au débat.
En raison des limites de temps, je me bornerai à aborder, parmi les thèmes évoqués dans la lettre de convocation de la Présidente Zublena, seulement celui du rôle de l’Union Valdôtaine et l’actualité de ses principes et de ses valeurs.
S’il est vrai que les principes sont à la source, à l’origine d’une idéologie et que les valeurs, au contraire, se réfèrent à des critères personnels et sociaux, qui ont le plus souvent trait à l’idée que chacun de nous se fait de la moralité, la première question fondamentale que je me pose à moi-même et que je pose à cette assemblée est la suivante : pour ce qui est des principes existe-t-il encore, je ne dis pas une idéologie, mais une ligne directrice à la base de l’Union Valdôtaine ?
Comme toujours dans la vie, pour savoir où l’on veut aller, il faut savoir d’où l’on vient : essayons ensemble de rafraîchir quelque peu notre mémoire.
L’Union Valdôtaine a été fondée dans le but de se faire l’interprète des besoins et des instances de la société valdôtaine et d’assurer l’épanouissement linguistique et ethnique valdôtain afin d’en servir les intérêts matériels et spirituels au-delà de toute division idéologique, dans le sens stricte du mot.
Ce qui fonde notre non recours à une idéologie est bien la référence de fond à ce peuple, le nôtre, donc il s’agit de servir les intérêts. Telle est la véritable raison d’être de l’Union Valdôtaine, qui explique sa naissance en 1945, son effort de rassembler tous les valdôtains, au delà de toute division idéologique, de gauche, de droite ou de centre. Nous formions alors un véritable mouvement politique tandis que maintenant hélas, nous avons acquis tous les défauts d’un parti politique. Nous n’avons jamais suivi la logique de la division entre collectivisme étatique et individualisme libéral mais, petit à petit, sans nous nous apercevoir, nous avons bâti une sorte de collectivisme régional (et sur ce thème d’ordre économique il faudra revenir tôt ou tard).
Le grand songe de nos pères fondateurs de rassembler tous les valdôtains et de construire un modèle de société nouveau et unique dans le panorama Européen, à l’époque basée sur le principe du fédéralisme intégral, a-t-il été réalisé ou bien est-il resté une utopie ? Cette société, qu’on songeait fondée sur les valeurs de la solidarité, de la coopération et de la participation est-elle encore la même ? Je crains que non ! Il suffit de remarquer la totale absence de participation du peuple valdôtain à la vie publique. Mais venons-en aux valeurs. Je disais qu’elle se référent, par définition, à des critères personnels et que le niveau de moralité de chacun d’entre nous change par rapport aux autres. Ceci est tout à fait normal, chacun répond à sa propre conscience.
Je ne veux pas faire de moralisme, bien sûr, mais il fait le plus petit dénominateur commun si l’on est chargé d’une fonction publique. J’entends par là, que s’il est vrai, et personnellement j’en suis convaincu, que l’Union est née au-delà de toute division idéologique, il est par conséquent incontestable que les pères fondateurs de l’Union voulaient avant tout respecter les idées des autres ; le monde, comme les individus, n’est ni blanc ni noir, il est une multitude de nuances, avec leurs qualités et leurs défauts. Prenons-en acte et soyons conséquents.
A l’école on m’a appris une formule probablement trop simple, mais particulièrement révélatrice : l’économie défend des intérêts et la politique des valeurs, et la différence entre les intérêts et les valeurs résident dans le fait que les premiers sont liés à un court terme et les seconds à un plus long terme.
A mon avis l’un des problème qui est à la base du malaise du peuple valdôtain réside justement dans le fait qu’au moment où l’Union a pris en main le pouvoir administratif aussi bien au niveau régional qu’à celui des communautés locales, une partie de ses administrateurs, en toute bonne foi, a privilégié la défense des intérêts à court terme par rapport aux thèmes de plus grande envergure.
Certains administrateurs se considèrent immortels, et sans s’en rendre compte, peut-être en recherchant davantage le consensus populaire, ont contribué à bâtir une société qui, ayant perdu ses points de repère nécessaire, est désormais désorientée, douteuse, en un mot, en crise.
Il est hors de doute que les relations entre les partis politiques et la population sont en crise puisque, d’après moi, les gens ne reconnaissent plus le rôle « super partes » du parti qui est vu au contraire comme porteur de certains intérêts, ou, pire encore, de certaines lobbies.
C’est aux dirigeants de l’Union de proposer des solutions, mais il est certain que démocratie signifie participation, et que, pour participer encore, il faut avoir la possibilité de s’exprimer en toute liberté, sans être pour cela aussitôt considéré comme un adversaire.
Permettez-moi d’emprunter une image de football : on peut être supporteur de la Juventus sans être forcement considéré un ennemi du Turin et vice-versa.
Je revendique, et nous devons tous revendiquer, la possibilité d’être des libres penseurs.
L’Union Valdôtaine, antifasciste depuis toujours, doit donner l’exemple, que ce soit au sein de ses organes collégiaux, dans le cadre des institutions et dans la société civile.
Je partage entièrement la déclaration de Dino Viérin lors du Conseil fédéral de Quart, c’est-à-dire que l’Union Valdôtaine ne peut pas être gérée comme une société par action, où l’actionnaire le plus fort commande.
Et je reviens ici au début de mon intervention : les courants.
Si l’idée fondatrice de rassembler au-delà de l’idéologie est encore valable, il en découle que le mot « courant » est une cacophonie, un non sens, une contradiction évidente, si quelqu’un envisage un courant de centre-droite et un autre de centre gauche.
Du « déjà vu » n’est ce pas ? Union progressistes, rassemblements.
Le concept selon lequel l’un défend les employés, les ouvriers, et l’autre les patrons et désormais totalement dépassé.
Dans les démocraties modernes la dichotomie conservateurs (ancien) est partout mise en discussion, et l’Union Valdôtaine veut inaugurer la saison des courants ?
Je pense que non, j’espère que non si, par courant, on entend le soutien d’une idéologie plutôt que l’autre. Mais si, au contraire, il s’agit d’un instrument pour donner la possibilité à la minorité de s’exprimer, je suis alors d’accord à condition, bien entendu, qu’il n’y est pas de personnalisme et de rancune.
Le thème est de plus en plus d’actualité, si on prend le cas de la situation de certaines communes. Réfléchissons-y, si nous voulons bloquer un déchirement entre nous, car le risque que les dissidents augmentent est très fort.
Penchons-nous aussi sur un autre thème important touché par le programme de majorité régionale là où on parle « d’évaluer le contenu des récentes dispositions en matière de composition de gouvernement régional ».
Je me réfère, pour être clair, à la nécessité, de nous confronter à propos d’élection directe du président de la région.
La loi constitutionnelle n. 1/2002 en modifiant l’article 15 du Statut, nous donne la possibilité de régler les modalités d’élections, ainsi que d’inéligibilité et d’incompatibilité. Bien ! L’expérience néfaste de cette législature m’emmène à déclarer que le moment est venu pour faire le grand pas ! Tombé définitivement et pour toujours le dogme suivant lequel le candidat qui obtient le plus de voix devient automatiquement le Président, il nous faut, bien évidemment, nous doter de règles démocratiques. Je comprends les doutes de ceux qui disent que le Président a déjà trop de pouvoir, mais franchement, n’en est-t-il pas déjà ainsi ? Il est certains que les citoyens ont le droit de connaître à l’avance qui est le candidat président.
Par des modalités de type « primarie », ou d’autres, l’Union doit identifier à l’avance de leader reconnu, ceci afin d’éviter que chacun des candidats, en se considérants chacun comme un leader, aille à la recherche du consensus populaire à l’aide de méthodes parfois très peu édifiantes.
Sans toucher le système proportionnel, l’élection directe permet évidemment une majeure stabilité et amoindrit l’importance des voix de préférence qui pourraient bien, avec une liste bloquée, être à ce point enlevées.
Imaginons un instant ce qui pourrait se passer lors des prochaines élections régionale si, entre-temps, nous ne fixons pas des règles !
N’ayons pas peur de l’élection directe ; au contraire ! Face à une évidente absence de personnalités fortes dans les autres partis politiques, l’Union (qui a peut-être, en son sein, trop de personnalités fortes) a tout l’intérêt à se présenter aux Valdôtains avec des messages clairs, forts et visibles.
Une petite dernière question marginale : les alliances pour les prochaines élections politiques ; ce serait bien que le congrès s’exprime à ce propos sans se limiter à parler de l’aire autonomiste-régionaliste-progressiste. Je ne prétends pas de connaître les noms des candidats, mais ce serait-il trop demander au congrès s’il préfère une alliance avec Stella Alpina, ou avec la Gauche valdôtaine ou aves les deux ensemble ou si on va choisir un indépendant ?
Je terminerai avec ces quelques suggestions, dans l’espoir qu’elles aient dignité de débat (bien que je me trouve en fin de carrière) à l’intérieur de l’Union Valdôtaine, mouvement auquel j’ai décidé d’adhérer très jeune, poussé par l’enthousiasme et la passion et dans lequel je voudrais continuer à militer et à travailler si on m’en laisse la possibilité.
Le futur du Val d’Aoste est dans nos mains, sachons en profiter.
Merci pour votre attention.

Mme VIERIN Adriana, Conseiller régional

J’avais préparé une intervention qui débutait autrement, mais puisque ce matin en arrivant dans cette salle plusieurs personnes, se référant à mon intervention au Conseil de la Vallée jeudi dernier m’ont posé des questions et m’ont di qu’il aurait été mieux de le dire au Congrès, je me dois de faire une petite parenthèse.
D’abord je rassure tout le monde, je suis là pour parler.
D’autre part je tiens à vous dire que mon intervention au Congrès, adressée à l’assesseur Marguerettaz, elle n’était absolument pas préméditée. Au contraire ! C’a été un moment de raz le bol ! Et tous mes collègues conseillers peuvent le témoigner. Ces mêmes chose et beaucoup plus je les avais déjà dites dans les lieux députés, groupe, majorité. Conseil fédéral depuis un an et demi.
Ce qui est paradoxal c’est que quand on parle dans les lieux députés, non seulement on est rarement écouté, et ça tant pis mais il n’y a aucun écho ni dans les médias ni, et ce qui est beaucoup plus grave, dans la presse unioniste, dans laquelle ceux qui ne chantent pas dans le chœur n’ont aucun droit de parole. Et donc vis-à-vis de la base unioniste, puisque apparemment on ne dit rien, ça veut dire que l’on adhère complètement à tout ce qui se passe ou pire encore on en est complice. Voilà pourquoi le raz le bol. Ce qui est malheureux c’est qu’une intervention de trois minutes au Conseil puisse faire un boucan dans tous les médias quand tout un parcours de longue haleine n’a pas le droit de cité et donc personne ne peut en prendre connaissance.
Dans « Le Peuple Valdôtain » n. 39 du 10 octobre dernier Mme la Présidente a débuté son article de fond avec ces mots : « Le Congrès est le moment les plus important de la vie d’un mouvement politique. C’est l’occasion du débat, de la confrontation. Le Congrès est en quelque sorte la vie même du Mouvement car sans débat, il n’y a pas de démocratie ».
Je suis ravie de le lire, je le partage entièrement. Quoique j’aimerais ajouter que la vie du Mouvement est composée de plusieurs autres moments tout aussi importants ou les mots « sans débat il n’y a pas de démocratie » devraient être également valables. Je regrette donc de répéter ici ce que j’ai déjà eu l’occasion de dire dans plusieurs occasions et notamment lors du Conseil fédéral du 13 juin dernier, qui était consacré aux résultats des élections administratives. Les mots prononcés ce jour-là restent malheureusement de pleine actualité aujourd’hui. Je disais ce jour-là « ça fait plus d’un an que dans toutes nos réunions nous parlons de malaises, de grandes difficultés, de cancer.
Ça fait un an que notre Présidente nous lance des appels à l’union, à l’entente, au dialogue. Mais y-a-t-il une réelle volonté de dialogue, de se confronter, de retrouver une entente qui tout en respectant les idées et les sensibilités des uns et des autres, puisse nous permettre de travailler ensemble, et de nous occuper des vrais, réels, urgents problèmes politiques, économiques et sociaux de notre région ? Non, on prêche la paix mais la guerre continue. On est d’accord en apparence quand on demande plus d’union, plus de dialogue, mais malheureusement on travaille plus au moins sournoisement pour mettre les uns contres les autres, on poursuit sans relâcher le chemin de l’épuration, on ne se gêne pas de passer au menaces quand le terrain des promesses ne produits pas les effets souhaités. Et plus loin : « S’il vous plaît œuvrez, œuvrons pour redonner à ce Mouvement un équilibre, rétablissant des règles démocratiques qui puissent permettre à tout un chacun de s’exprimer librement dans le respect et la dignité de ses propres opinions.
Ce Mouvement a pu grandir et s’affirmer grâce essentiellement. A mon avis, aux différentes sensibilités, aux différentes âmes qui l’ont toujours composé, depuis sa naissance. C’est là peut-être son principal atout ». Fin de citation.
Mais où est-elle, dans notre Mouvement, cette volonté toujours exprimée, mais rarement réalisée, de confrontation avec ceux qui osent exprimer un avis qui ne répond pas au dictats imposés ?
Et alors ?
Le Mouvement est-il malade ?
Les coups bas, les tentatives de frapper durement ses propres compagnons de Mouvement persistent. Il s’agit là d’un cannibalisme politique que nous n’avions jamais connu. Et ceci dans un moment difficile pour notre communauté, un moment que nous ne pouvons pas classer dans la période rose. Et du point de vue économique, et du point de vue social sans oublier les difficultés dans lesquelles se trouvent nos institutions vis-à-vis de la politique extérieure que ce soit romaine ou Bruxelloise. Il vaudrait mieux économiser nos forces, nos énergies pour les mettre entièrement au service de la communauté valdôtaine et de notre Mouvement. Un Mouvement qui devra se confronter comme le dit très bien le vice-président Albert Lanièce dans le « Peuple Valdôtain » n. 36 du 29 septembre dernier. Il dit « Le Mouvement devra ouvrir un débat introspectif critique et sérieux sur soi-même sur son actualité, les raisons d’être de son existence mais aussi déterminer les lignes politiques pour aborder les défis du futur ». Voilà une des vraies questions.
Les lignes politiques pour le futur.
Mais pour définir les lignes politiques il faut parler, nous, les élus, mais pas tous seuls. Nous avec tous les Unionistes. Nous ne pouvons pas concerner les sections uniquement à la veille et pendant les campagnes électorales ! Pour l’instant les lignes politiques, les grands choix nous les apprenons par la presse.
Si on oublie de lire les journaux on est perdu. On ne sait même pas quoi dire quand on rencontre les gens dans la rue. A chaque fois que j’entre dans la salle du Conseil de la Vallée je lis cette magnifique phrase d’Emile Chanoux qui remplit entièrement la paroi de fond de la salle. « Il y a des peuples qui sont comme des flambeau, ils sont fait pour éclairer le monde. En général ce ne sont des grands peuples par leur nombre mais ils le sont parce qu’ils portent en eux la vérité et l’avenir.»
Et à chaque fois je m’interroge. Mais ce peuple qui est comme un flambeau par qui est-il représenté ?
Aujourd’hui plus que jamais par l’UV. C’est l’Union Valdôtaine qui a la responsabilité de tenir haut le flambeau et de travailler avec amour, honnêteté et sérieux, pour cette communauté qui nous a assuré sa confiance. C’est pourquoi je lance ici un appel au nom de tous ceux qui comme moi, ont cru, croient dans l’Union Valdôtaine et dans ses principes fondateurs. Un Mouvement qui a su, malgré tout, pendant un demi siècle exprimer les valeurs sincères et les bons sentiments des Valdôtains, de souche et d’adoption. Qui a su réaliser, concrétiser actions et projets qui ont permis d’assurer un réel bien-être à notre pays. Mais maintenant qu’on a atteint la majorité absolue des consensus, que vat-on devenir ? J’ai d’énormes craintes pour notre futur. Si nous ne rétablissons pas une réelle démocratie, si nous continuons dans ce cannibalisme démentiel et le carnage interne, nous n’irons nulle part. Nous sommes destinés à marcher vers le gouffre.
Pardonnez-moi ces mots durs et ce ton amère, mais si j’ai décidé de prendre aujourd’hui la parole et de vous ouvrir mon cœur c’est essentiellement pour une question de respect. Respect de moi-même, valeur que mes parents m’ont inculqué depuis mon bas âge, sans lequel on perd toute dignité. Respect des autres, envers mes électeurs, envers mes électeurs, envers tous le Unionistes. Car je vous assure que je suis toujours très consciente des responsabilités que j’ai envers vous et envers le Mouvement qui m’a permis de faire une expérience, le conseiller régional, expérience pas toujours facile, mais certainement enrichissante et hautement formative du point de vue politique. Malgré les mots et le ton quelque peu désabusé qui laissent paraître l’amertume qui héberge dans mon cœur depuis un certain temps, je vous prie de croire, chers amis Unionistes, que je reste franchement optimiste. Pour l’instant, je l’avoue, j’ai l’impression de me trouver dans un tunnel sombre et étouffant. Aidez-moi à trouver la sortie ou du moins essayons de trouver ensemble une lumière pour éclairer le tunnel.
De ma part, je vous assure, aujourd’hui comme dans le passé, toute ma contribution, si vous le voudrez bien.
Merci pour votre attention.
Et bon anniversaire à l’Union Valdôtaine !

M. VIERIN Dino

Mesdames, Messieurs, Chers Amis de l’Union Valdôtaine
La célébration d’un anniversaire est surtout un événement important dans la vie de chacun de nous. Il l’est aussi lorsqu’il s’agit d’une formation politique. Et ce, d’autant plus, quand cette formation politique, la nôtre, l’Union Valdôtaine, fête ses 60 ans d’action politique au service du peuple valdôtain.
C’est une occasion pour dresser un bilan – sans doute positif - de son activité, pour rendre hommage aux hommes et aux femmes qui en ont fait l’histoire et pour mettre en relief la fonction irremplaçable que l’Union Valdôtaine a remplie pour le développement culturel, social et économique du Val d’Aoste. Une occasion également de réflexion sur ce qui se passe aujourd’hui et pour définir des perspectives nouvelles, en sortant de la pure et simple liturgie des anniversaires et en dépassant ainsi toute logique d’autocélébration pour, si nous voulons encore un futur en partant de la situation actuelle, nous pencher donc aussi et surtout sur le présent de l’Union Valdôtaine.
Et d’autres termes, célébrons et fêtons oui, rappelons le passé, pensons au futur mais, si nous voulons donner à notre Mouvement un véritable et nouvel élan, n’oublions pas de jeter un regard attentif au présent. Ne faisons surtout pas comme mon ami Aurelio Marguerettaz qui, par une action systématique de dépistage, s’évertue presque uniquement à rechercher la paille ou les pailles du passé en oubliant les poutres du présent et en évitant ainsi d’aborder les questions réelles de son ressort.
Et ce, peut-être, pour ne pas admettre ses responsabilités sur certains échecs récents ou sur une conduite déficitaire de certains dossiers.
C’est la raison pour laquelle, je veux, compte tenu du temps et des consignes que nous sont attribuées, aborder avec vous trois sujets d’actualité : les élections politiques, les événements politiques qui ont conduit, au mois de juillet dernier, à un changement de gouvernement et, enfin, la situation actuelle de l’Union Valdôtaine.
A propos des élections politiques, ce matin nous avons entendu beaucoup de professions de foi. Quelqu’un est venu nous rappeler que « avant tout vient le Val d’Aoste », en oubliant qu’il avait lors des dernières élections régionales, proposé aux électeurs une autre Vallée d’Aoste, alternative à celle envisagée par l’Union Valdôtaine soit nous faire une visite intéressée à la veille de l’échéance de son mandat électoral.
Ou encore, nous avons eu des reproches de la part de ceux qui voudraient bien que nous nous inscrivions, que nous faisions partie intégrante de leur coalition électorale et qui, nous reprochent de ne pas faire des choix ou le choix qu’ils espèrent. Or, attention ! Nous sommes l’Union Valdôtaine. Nous ne pouvons accepter ni imposition ni chantage et nous gardons bonne mémoire. De plus, nous ne nous sommes jamais refusés de faire un choix ni de prendre des décisions politiques. Ce sont nos choix et nos décisions ! Nous l’avons toujours fait et nous le referons sans doute à l’occasion des prochaines élections politiques. Nous le ferons sur la base du partage, tout d’abord, d’une idée de notre Pays d’Aoste et ensuite, d’un programme commun, de propositions ayant comme fil rouge la promotion, la sauvegarde prioritaire de l’identité et des intérêts du Val d’Aoste. Et ce, avec un large débat au sein du Mouvement et une ample participation de toutes nos sections. Et, à la fin, n’en doutez pas, nous tirerons nos conclusions. Quant aux événements politiques de juillet dernier, je veux tout d’abord affirmer que, contrairement à ce que quelqu’un a laissé croire, il ne s’agit pas d’un conte de fées ! Ce n’est pas l’histoire du petit Chaperon Rouge et du méchant loup. C’est une question politique et il n’y a pas non plus de Lancelot, de chevalier sans crainte et sans faille, car nous sommes tous logés à la même enseigne.
De plus, si nous partageons le rappel au respect de la personne, nous aimerions néanmoins que ceux qui lancent ces appels donnent, les premiers, le bon exemple, en évitant ainsi de courir derrière les racontars et de faire des commérages intéressés à propos de Finaosta ou de CVA. Depuis deux années, je remplis les fonctions de proviseur et j’exerce ma profession tout en menant une activité politique et en étant – comme tous par ailleurs – à la disposition du Mouvement pour l’affirmation d’un projet politique et non pas pour obtenir quelques bonbons ou caramels. Respectons donc tous, suivons tous les mêmes principes. Mais revenons aux événements politiques, le changement de Président et de gouvernement ont été le résultat d’un choix et d’une décision politique prise dans le respect des procédures et des règles établies par notre Mouvement. Si nous ne partageons plus ces règles, changeons-les ! Mais, tant qu’elles existent, nous sommes tous tenus de les observer. Surtout lorsque ce sont les mêmes règles et les mêmes procédures qui ont donné lieu en 2003 à la présidence Perrin et à la formation de son gouvernement ! A l’époque, et je le regrette, je n’ai pas entendu les plaidoyers d’aujourd’hui. Or, soyons clairs et surtout cohérents. Je peux, certes, comprendre que, quand on est impliqué personnellement, les choses prennent une autre tournure et que la vision des choses se modifie. Mais cela ne devrait pas faire oublier la dimension politique des événements et que aujourd’hui nous sommes réunis pour nous confronter, trouver des solutions politiques et non pas pour nous cantonner dans un conte de fée ou jouer uniquement le rôle de Lancelot.
Par ailleurs, les changements dont nous parlons ont été le résultat d’un parcours partagé, notamment par la commission politique, où à l’époque, comme aujourd’hui, siège aussi le Président de la Région. Un parcours partagé jusqu’à son aboutissement et fruit d’une réflexion, d’une analyse politique personnelle mais aussi collective – commission politique, groupe du Conseil de la Vallée et Comité Fédéral – et, en ce qui me concerne, entamé depuis longtemps, exprimée ouvertement soit au Comité Fédéral soit au Conseil Fédéral et même publié dans les pages du Peuple Valdôtain de septembre 2004. Donc, point de complot ni de golpe, mais confrontation et dialectique politiques. Et la confrontation ou la dialectique politiques comment s’exercent-t-elles ?
En promouvant ses idées, en recherchant un consensus sur la base d’une analyse et de propositions politiques. Analyse et propositions qui, au mois de juillet dernier, c’est sans doute l’élément nouveau, ont été partagées par une très large majorité et ont donc emmené le changement politique. Le point de départ a été d’ailleurs très simple et répondait à une simple question : « Les choses vont-elle bien ? » Les avis à ce propos pouvaient être différents.
C’est la dialectique politique à la quelle je faisais référence.
La majorité des élus et du Comité Fédéral a en tout cas répondu négativement à la question. Une action gouvernementale et administrative qui s’essoufflait, une perte de consensus qui s’amorçait, mais aussi l’exigence de relancer la fonction et l’action politique du Mouvement. Deux volets d’analyse et de réflexion. Le premier volet étant axé sur la nécessité politique de relancer l’activité du Gouvernement, de la renforcer et l’intensifier.
Ou encore, d’assurer une plus grande efficacité à l’action politique et administrative face aux problèmes réels, compte tenu de la responsabilité qui nous a été attribuée par les électeurs. Je veux citer, par exemple, l’école, le Casino, la reforme du Statut, le problème de l’emploi et de sa précarité. Mais aussi exercer les fonctions présidentielles de manière plus efficace et assurer une coordination et un arbitrage réel et effectif. Bref, une nouvelle impulsion à l’action gouvernementale pour gouverner, maîtriser et non pas pour subir les processus de notre temps.
Cette analyse a été partagée par le Comité Fédéral et par la Commission politique. Le changement de gouvernement qui s’en est suivi a été sollicité par les assesseurs et les conseillers régionaux. Sur le plan politique, point de martyres donc, vu que nous avons toujours déclaré que nous sommes tous au service du Mouvement. Et ce, dans le respect et l’acceptation des règles de démocratie interne fondées sur le consensus politique et l’appui du Mouvement. Ce sont parfois des règles certainement dures à respecter, mais elles ont une validité générale et s’appliquent à tout le monde. J’en ai fait moi-même l’expérience, avec beaucoup d’amertume, en décembre 2002.
Les règles sont les règles. Ce sont par ailleurs ces mêmes règles qui, partout, sont à la base de tout changement politique. En France, il y avait un gouvernement Raffarin et, aujourd’hui, pour des raisons politiques, il y a un gouvernement De Villepin. Il est vrai, pour tout dire, que nous avions espéré également en d’autres changements dans l’équipe gouvernementale pour en relancer l’activité. Mais, là oui, il a fallu composer et surtout laisser au Président désigné la responsabilité d’un choix, d’un pouvoir qui lui est attribués par les Statuts de l’U.V. Au cour de la réflexion et de l’analyse susdites, qui – je veux le rappeler encore une fois – ont été sollicitées par le Conseil Fédéral, menées par la Commission politique après concertation avec tous les élus, définies par le Comité Fédéral et approuvées encore par le Conseil Fédéral, un changement dans la gestion du Mouvement avait été aussi proposée et sollicitée. Il s’agit du deuxième volet de notre analyse.
Et, c’est sur cette dernière réflexion que je veux conclure mon intervention. Je veux le faire en partant, là encore, d’une analyse qui prend en considération la situation politique du Val d’Aoste ainsi que la fonction et l’action de notre Mouvement. La situation générale, sur le plan politique, au Val d’Aoste est certainement marquée par la fonction politique majeure, par le rôle fondamental que joue l’Union Valdôtaine, avec sa majorité absolue au Conseil de la Vallée et sa présence également majoritaire au sein des collectivités locales.
Un rôle politique sans aucun doute important, mais aussi une grande responsabilité, une responsabilité aujourd’hui accrue.
Mais comment ce rôle et cette responsabilité sont-t-ils exercés ? Avant de répondre à cette question, nous devons néanmoins revenir à la situation politique générale. Situation qui, à mon avis, est caractérisée par un blocage politique, par ce que nous pourrions définir un paradoxe. A savoir, toutes les forces politiques pratiquent la logique de l’entrisme, toutes veulent faire partie de la majorité et celles qui en font déjà partie ont peur de perdre leur place ! Je résume en des termes certainement un peu simplistes, nais sauf quelques exceptions, je pense que l’analyse est correcte. Or, quelle est la conséquence de cette situation ? Qu’il y a souvent absence de dialectique entre forces politiques : Voilà le blocage. La confrontation et la dialectique, le débat se déplacent alors au sein de l’Union Valdôtaine qui, si cette analyse est vraie, a donc une responsabilité supplémentaire, vu que tous les choix lui reviennent. En quelques sortes, la croix et la bannière. Mais, cette considération nous emmène aussi à une autre conclusion : il faut absolument qu’au sein de l’U.V. le débat et la confrontation soient assurés et garantis ! D’où l’importance d’un changement profond dans l’actuelle gestion politique de l’U.V., pour éviter un blocage ultérieur qui, ajouté au blocage politique précédent, entraînerait de fâcheuses retombées. Voilà une autre question qui ne date pas d’aujourd’hui, mais que, au contraire, je me pose depuis longtemps.
Je suis d’ailleurs content de vérifier que d’autres maintenant le font également, notamment ceux qui m’ont repris tel un mauvais élève. Les pages du Peuple valdôtain ou les comptes-rendus des séances du Conseil Fédéral prouvent le bien fondé de cette remarque. Au juste, comment se caractérise-t-elle aujourd’hui l’action politique de l’Union Valdôtaine ? La réponse est décevante. Je synthèse. Point d’action, pas d’initiative, pas de politique, point de mouvement. Point à la ligne.
Confusion des rôles et de fonctions, absence de dialectique et de confrontation, manque de volonté de gérer de façon concertée le Mouvement, politique de l’autruche, point d’autonomie de la part de Mme le Président.
En reprenant la devise d’un hebdomadaire local, surtout pas de politique, avec à la clef, la perte d’identité du Mouvement, l’affaiblissement de ses principes et de ses valeurs. Mon expérience de membre du Comité Fédéral est, à cet égard, révélatrice. Avec des amis, pour rigoler, en rappelant le cri d’alarme de 1940 du général De Gaulle : « Ici Londres », je m’étais ainsi exprimé : « ici le Comité Fédéral, un secrétariat administratif ». Nous vivons donc un double blocage. Il est de notre devoir d’agir pour sortir de cette impasse, pour renverser la vapeur et remettre le Mouvement et son action politique au centre de l’échiquier politique valdôtain.
Il est grand temps qu’une véritable direction politique s’installe et que nous n’arrivions plus toujours après coup, évitant pour connaître choix et décisions politiques, de devoir encore et toujours nous abonner au journal « La Stampa ». Si notre objectif est de remettre le Mouvement et son action au centre de l’activité politique, il est donc nécessaire que celui-ci redevienne notre maison commune et qu’il remplisse les fonctions d’arbitre impartial et rigoureux.
Je reformule à cet effet et j’ai déposé à ce propos une résolution, les propositions que j’avais déjà présentées au Comité et au Conseil Fédéral, en espérant que cette fois elles puissent être partagées, approuvées et nous permettre de sortir de l’impasse que nous vivons.
Quelles sont ces propositions ? Je les présente à votre attention en guise de conclusion de mon intervention.
Un engagement ferme afin que le Président du Mouvement et le Comité Fédéral réaffirme la primauté, la fonction et le rôle du Mouvement en faisant du Comité Fédéral un véritable organe politique, où tous les grands thèmes politiques sont débattus et les orientations politiques définies.
Et ce, avant et non après-coup et avec la nomination en son sein de responsables chargés de suivre les différents dossiers et volets de la politique valdôtaine.
Donnons ainsi un sens concret au terme « partage ».
Il est de plus indispensable de relancer l’action politique du Mouvement ouvrant notamment le débat sur la réforme du Statut Spécial au sein de l’état italien et de l’Union Européenne dans le but de renforcer notre autonomie.
Mais aussi, axer davantage l’action du Mouvement sur la promotion de l’identité du peuple valdôtain et la sauvegarde de ses langues, de sa culture et de sa civilisation ainsi que sur son essor économique en préservant qualité de la vie, état social et service public.
Et, encore, garantir une gestion différente et concertée du Mouvement ainsi que le respect du principe de la démocratie représentative (vice-présidences, commission politique, comité de redaction du Peuple Valdôtain, pour faire quelques exemples), préservant avec force l’unité du Mouvement en privilégiant toujours le dialogue et donnant la possibilité de débattre ouvertement tous les thèmes au sein d’une maison commune.
Enfin, prétendre que chacun remplisse ses fonctions en dépassant la confusion actuelle et éviter que les joueurs remplissent également les fonctions d’arbitre en établissant que les membres du Comité Fédéral ne puissent se porter candidats aux élections régionales.
Voilà quelques propositions concrètes, je pense constructives, pour essayer de faire un pas de l’avant, de regrouper cette famille unioniste afin que les mots passion, enthousiasme et amitié puissent encore avoir une raison d’être.
Merci pour votre attention.

Mme ZUBLENA Manuela, Président

Après une matinée de rencontre et saluts de la part des forces politiques et syndicales locales et représentant les peuples frères, nous voilà aborder une réflexion interne sur notre Mouvement touchant soit l’aspect de l’organisation, des méthodes, des processus pour la définition des choix soit notre ligne politique aujourd’hui et en perspective pour le futur.
Le Comité fédéral a défini quelques suggestions à soumettre aux sections comme base pour le débat et je souhaite que les contributions à la confrontation d’aujourd’hui soient riches et que cette assise soit vraiment le lieu privilégié pour tout éclaircissement, pour un débat loyal et franc.
Le temps doit être utilisé et on doit laisser un espace important à la discussion : c’est pourquoi ma relation sera synthétique.

L’actualité de nos idéaux.

Je veux avant tout souligner comme les idéaux et les principes inspirateurs de notre Mouvement ont une grande actualité. On en a parlé ce matin et il ne s’agissait pas d’une simple célébration. C’est la raison d’être aujourd’hui encore unionistes.
Je veux donc souligner ce qui nous lie. Avant tout le principe de mise en valeur des spécificités pour l’affirmation de notre identité. Il s’agit d’un concept qui aujourd’hui est relu et interprété selon les dynamiques d’un monde globalisé qui semble vouloir suffoquer les différences par la standardisation des modèles culturels économiques et sociaux. De même le fédéralisme, qui était jadis un patrimoine exclusif des mouvements tels que le nôtre, est aujourd’hui le modèle, bien que dénaturé par rapport à la conception que nous soutenons, à la base du débat sur les réformes constitutionnelles.
Et encore la défense et le soutien de la langue française. Le régime de bilinguisme a fait qu’on apprenne deux langues à partir de l’école maternelle et cet apprentissage est aujourd’hui axé sur un concept plurilingue. Depuis longtemps nous nous trouvons donc dans une position d’avant-garde par rapport aux nécessités qu’un monde plus ouvert et sans frontières nous demande. Nous interprétons au mieux pour la Vallée d’Aoste le rôle traditionnel, géographique et historique, de « carrefour d’Europe », dans une perspective culturelle vers l’Europe.
En dernier l’autonomie comme instrument de gouvernance, non un but : c’est un moyen qui donne la liberté de choisir des solutions ; c’est un moyen pour affirmer sa propre originalité, sa propre identité, sa propre culture dans le choix de ces solutions. Elle est un atout d’importance vitale pour avance dans l’expérience de solutions innovatrices dans tous les domaines.
Il faut que nous soyons fiers de notre autonomie, non dans un sens de privilège égoïste, mais en affirmant avec continuité la valeur par des action importante à même de marquer notre différence, en mettant à la disposition des autres les acquis qui nous viennent de notre liberté de choix. Notre autonomie nous a permis d’être à l’avant-garde dans plusieurs domaines stratégiques.

Le succès de l’Union Valdôtaine et le « malaise interne »
L’estime que la valeur de ces principes soit à la base de notre succès, grâce à l’engagement de toutes des femmes et ces hommes qui au cours de ces soixante ans, avec leur engagement et leur sacrifice, ont contribué à faire progresser notre projet politique.
Je veux souligner des faits objectifs importants : le large consensus de notre Mouvement soit à niveau des administrations communales, soit au sein du Conseil de la Vallée, où avoir atteint la majorité absolue est un objectifs que notre Mouvement poursuivait depuis l’époque de sa réunification, il y a une trentaine d’années.
Ces données demandes des réflexions. La conséquence la plus évidente et immédiate, c’est que l’augmentations des élus élargit l’éventail des opinions présentes à leur intérieur, ce qui favorise la diversification des points de vue au sein des assemblées représentatives à tous les niveaux de gouvernement (Communes, Communautés de Montagne, Région).
A partir d’ici, il paraît que cet élément positif ne porte pas à l’enrichissement souhaité, mais plutôt à la naissance de malaises, de tensions, de conflits internes, qui ont eu une série de manifestations auxquelles nous avons tous assister.
A partir de la formation du Gouvernement après les élections de 2003 puis les forts contrastes pour l’élection du président et des organes du Mouvement. Ensuite les francs tireurs agissant au sein du Conseil de la Vallée.
Les récentes élections communales laissent des blessures ouvertes dans nombre de nos communautés. La naissance d’Aosta Viva autour d’une personnalité qui au sein de l’Union Valdôtaine a été chargé des plus hautes tâches institutionnelles.
Pour ne pas citer la naissance des groupes collatéraux ayant des soi-disant finalités cultural–politiques qui ne paraissent pas être l’expression de vitalité des idéaux autonomistes, amis plutôt des alternatives au Mouvement lui-même.
Et encore une utilisation instrumentale de la presse locale.
Tous ces faits nous ont mal fait ; mal fait à tous, à tous les inscrits et encore plus aux élus. Nous avons produit des malaises qui ont touché non seulement aux rapports personnels mais qui ont eu des conséquences importantes affaiblissant l’efficacité de l’action administrative.
Ce phénomène a posé des questions, il a demandé des analyse et des réflexions et surtout la recherche de solutions.

Un passage délicat : le changement à la tête du gouvernement valdôtain
Ces mêmes malaises ont longuement affligé l’activité au sein de l’administration régionale.
Suite à la sollicitation du Conseil fédéral lors de la séance de juin dernier, une évaluation sur la situation politique régionale a été entamée, en vue aussi du futur engagement pour les élections politiques.
De cette analyse, qui a concerné tous les conseillers régionaux, la situation de instabilité a apparu évidente ainsi que le manque de soutien au Président Perrin.
De même il a été souhaité de trouver des solutions pour aboutir à une majeure cohésion au sein du groupe unioniste : l’hypothèse envisagée portait sur un changement de composition de l’exécutif.
Cette voir a été choisie avant de recourir à d’autres solutions, telle que l’élargissement de la coalition politique en considérant que l’Union Valdôtaine exprime la majorité absolue des conseillers régionaux.
Ces choix, qui ont été difficiles, qui ont été parcourus avec la conscience qu’il s’agissait d’un page délicate de l’histoire de notre Mouvement, doivent être acceptés seulement si nous exprimons la volonté réelle de poursuivre un chemin ensemble.
La raison de ce choix réside dans l’espoir et la volonté de rechercher un parcours commun et partagé, dans le but de garantir, par l’unité d’action, une plus incisive efficacité administrative.
Ce ne sera que l’engagement et l’attitude individuels de chaque unioniste, de chaque élu en particulier, à le réaliser.

Reprendre une nouvelle voie
Il est indispensable maintenant un point à la ligne, posé avec conviction.
Il faut renforcer le rôles des organes du Mouvement par un rapport à d’autres centres de pouvoir, pour une majeure clarté des rôles, pour un plein respect des rôles. C’est l’unique parcours pour résoudre jusqu’au fond les malaises qui nous ont affligé.
Je suis sûre que l’Union Valdôtaine a la force et la volonté pour dépasser ce moment.
Alors je m’adresse à vous tous et en particulier au personnalité les plus fortes de ce mouvement pour dire qu’il faut exprimer la capacité de rendre les ressources individuelles une richesse pour le Mouvement, une source d’énergies.
Pour reprendre sur une nouvelle voir, il apparaît indispensable : Renforcer les moments de confrontation, dans un climat de sereine et loyale dialectique à l’intérieur des organes du Mouvement ; Parcourir les processus décisionnels dans la transparence et le partage ; Respecter les rôles de chacun ainsi que de chaque organe du Mouvement ;
Si nécessaire, réviser les règles et les méthodes de confrontation à l’intérieur du Mouvement, pour mieux affirmer les pratiques démocratiques.
A ce propos le rôle de notre journal doit être valorisé et même du site web pour qu’ils deviennent un véritable espace de confrontation sur les problèmes politiques.
Ceci dit, attention à ne pas oublier qu’à la fin processus démocratique une adresse, un choix ira prévaloir sur l’autre. Et sur cette adresse on demande loyauté de la part de tous. Et surtout de ceux qui sont les porteurs principaux de ces décisions, les élus à tous niveau.
Mais les espaces réduits où notre action politique se bouge peuvent favoriser des situations d’ambigüité, comme le phénomène des francs tireurs, ou le non respect des positions concordées dans les rapports politiques. Ces phénomènes ont délétères pour la clarté et les rapports internes, pour la crédibilité du Mouvement et pour l’efficacité de l’action politique.
Un autre important pas de l’avant pour donner plus de vigueur à notre Mouvement et à son action pourra être fait si on aura la capacité et la volonté de porter l’attention et le débat sur les objectifs à poursuivre en les déplaçant des personnalismes et des positions préconçues. C’est un effort et un engagement que je demande avec force parce – que je considère vital de savoir faire abstraction des proposant, en axant le débat sur les choses et sur les choix qui sont à faire.
Il faut avoir bien clair que pour tout politique et administrateur le devoir de travailler pour la collectivité tien la première place en laissant à côté d’autres intérêts.
On a souvent l’impression que le consensus doit être gagné par coparticipation d’intérêts, par le partage de petites parcelles de pouvoir, et que l’idée de la politique comme service à la communauté est un lieu commun pour ne pas dire les imbéciles.
Au contraire c’est souhaitable que toute personne engagé activement pour porter de l’avant les principes et l’action du Mouvement soit animé fortement par un esprit de service vers la communauté du Pays d’Aoste tout entière, vers les tout entière, vers les unionistes, vers l’Union Valdôtaine.
L’Union Valdôtaine elle est bien faite par nous tous.
C’est à chacun de nous que je demande en paraphrasant la célèbre maxime de John Fitzgerald Kennedy : « Que puis-je faire pour l’Union Valdôtaine ? » au lieu de penser : « Que doit faire l’Union Valdôtaine pour moi ? »

Les priorités de notre engagement politique et administratif

Mais moi je ne suis pas ici pour exhorter aux bons sentiments et aux bonnes pratiques.
Ce seront les problèmes et les défis qui nous demanderont de savoir donner des réponses, et ceci demande des choix et des actions efficaces par rapport à une société dont la vitesse des changements vit des accélérations importantes.
L’action politique de gouvernement donc doit savoir gérer les transformations sans les subir. Elle ne doit pas être empreinte au pragmatisme contingent avec des interventions conséquentes aux transformations du monde extérieur, il faut un dessein général plus haut qui la puisse conduire.
Si le concept de « maître chez nous », interprété dans le sens le plus noble, est encore valide, voilà alors que nous devons bâtir un projet de futur à long terme, à même de faire face et de gérer les différentes urgences contingentes.
Essayons à citer des volets prioritaires pour notre engagement politique et administratif.
En premier lieu les jeunes. Ils sont la richesse et l’avenir pour une communauté. Le monde des jeunes exprime des ferments d’engagement et l’ouverture à la réalité. Mais il apparaît aussi dangereusement exposé à une crise de valeurs morales et sociales, une crise de modèles d’identification, qui trouvent dans les moyens de communication da masse un véhicule puissant.
Les dangers de la drogue et de l’alcoolisme paraissent assez répandus dans notre région. Ces problèmes demandent des mesures visant tant à augmenter la cohésion des familles et l’insertion harmonieuses des jeunes gens dans la société :
Soutenir la famille comme base pour la société ;
favoriser l’agrégation des jeunes et l’échange d’expériences entre générations différentes dans les milieux créatifs et porteurs de valeurs positives, notamment dans le domaine des sports non compétitifs et des activités culturelles (bibliothèque, chorales, fanfares, théâtres et autres) ;
combattre l’abandon scolaire, parfois dû à une trop précoce insertion dans le milieu du travail non qualifié en utilisant toutes les ressources nécessaires pour adapter l’école et la formation aux besoins réels de la société valdôtaine et de nos jeunes ;
créer des opportunités de travail qualifiées et spécialisées en rééquilibrant l’offre de travail ;
développer un système territorial diffus de prévention.
Une particulière attention de la part de notre Mouvement doit être dédiée à approcher les jeunes à l’engagement politique et administratif au service de la collectivité. Il faut trouver. A travers la Jeunesse Valdôtaine aussi, des moyens efficaces pour ce but.

Les choix économiques.
La crise économique qui a touché pendant les dernières années le monde occidental a mis en évidence quelques éléments de fragilité du système économique valdôtain :
En particulier les difficultés et la pénalisation dans les communications, un bassin d’emploies limité, entreprises parachutées sur notre territoire sans un réel enracinement.
Les voies de sortis peuvent être retrouvées dans la promotion d’activités de haute qualité liées au territoire, en particulier dans le domaine agroalimentaire et en général liées au monde de la montagne. Il est aussi nécessaire se battre à niveau européen pour une législation qui tienne compte des désavantages de la montagne : un élément problématique qui doit être tenu en considération, pour garantir une parité de chances pour les gens de montagne afin de combattre l’abandon de ces zones.
Il faut favoriser les initiatives d’entrepreneurs même par rapport à une occupation dans le secteur public proportionnellement exagéré (un tiers de la population active dépend de l’Administration régionale). La relevance que l’administration publique assume dans le panorama de l’occupation demande un effort pour la rationalisation des pratiques et la fourniture de services à travers l’emploi extensif des innovations technologiques : il faut donc un effort pour donner des services meilleurs aux usagers, et donc aux entreprises, et simplifier les procédures administratives.
Dans un contexte de contraction de ressources financières, en outre, j’estime urgent de repenser le système des indemnités attribuées aux fonction de gestion, de façon à mieux orienter les ressources publiques en relation de la professionnalisme réelle et du service à la collectivité.
Le secteur de la production de l’énergie est un autre domaine où l’innovation technologique devra être l’atout :
l’exploitation rationnelle de l’énergie hydroélectrique ;
la mise en valeur des importants investissements fait par l’Administration Régionale dans ce secteur.
ON devra également promouvoir et développer les systèmes d’utilisation des énergies alternatives. Il en résultera un système intégré de production d’énergie qui permettra l’essor de nouvelles professions liées à l’innovation. L’épargne énergétique, ainsi que la baisse des prix de l’énergie produite porteront des bénéfices aux familles et constitueront un motif d’attraction pour les entreprises. L’épargne énergétique amènera aussi à des réduction des impacts sur l’environnement et notamment sur la qualité sur la qualité de l’air.
Prioritaire est, aussi, la promotion d’un tourisme attentif aux valeurs de l’intégrité et de la spécificité du territoire valdôtain : agritourisme, chambres d’hôtes, qui approchent une clientèle sensible aux valeurs du territoire.
Un autre secteur qui demande attention et des choix définis est, enfin la Maison de Jeux, dont la gestion doit être rationalisée et relancée.

Les besoins sociaux et culturels.
Dans le sillon des meilleures tradition de solidarité qui viennent de nos communautés, un choix précis et partagé doit concerner la poursuite des politiques sociales évoluées et efficaces pour le soutien des catégories les plus vulnérables.
Une place centrale aura la politique de soutien aux familles.
La réalisation de niveaux élevés des services sociaux devra être un élément de distinction de notre expérience de autogouvernement.
Dans ce contexte une particulière attention est dédier à l’évolution du tissu social et à l’intégration des nouvelles immigrations.
Je crois que dans ce domaine aussi on sera à même de fournir des expériences, véritables points de repères, pour la capacité de dialogue et d’enrichissement dans la force de notre propre identité.
L’environnement est le fil rouge qui relie tous les thèmes, c’est la base géographique de notre identité.
L’intégrité de l’environnement c’est la mise en valeur des produits de la terre, c’est la condition nécessaire pour un tourisme qualifié, et bien entendu pour améliorer la qualité de la vie.
Il faut renforcer les présides de l’environnement dans la conviction que la Vallée d’Aoste doit devenir un point de repère pour la culture pratique et technique de l’environnement.
En disant ceci je ne peux pas ne pas penser à l’Université de la Vallée d’Aoste. Elle a un sens seulement si elle saura s’affirmer comme centra de culture de haut niveau sur les thèmes liés à la spécificité de notre territoire de frontière et de montagne, afin de devenir compétitive dans le réseau universitaire international.
Et c’est en pensant dans cette perspective que notre expérience bilingue devient une chance, une opportunité supplémentaire. Mais il faut que le français sorte d’un domaine institutionnel et officiel et devienne toujours plus une langue vive qui puisse s’épanouir dans un contexte plus francophone et devenir un élément de qualification pour le professionnalisme des jeunes appelés à se confronter dans une réalité plurilingue.

La situation politique au niveau européen et italien.
Et venons enfin aux question plus strictement politiques, en tant que reliées à l’actualité politique nationale et européenne.
Commençons par l’Europe, puisque l’Union Valdôtaine a toujours souligné la vocation européenne de la Vallée d’Aoste, confirmée par le plurilinguisme qui la caractérise. Malgré cette vocation, la conséquence directe du système électoral actuel pour l’élection du Parlement européen est notre exclusion des assises législatives de l’Union Européenne. Il faut donc continuer à viser la modification du système électoral actuel, par la création d’un collège uninominal, tout en cherchant entre temps de constituer des agrégations solides avec d’autres mouvements qui partagent avec nous le point de vue autonomiste et fédéraliste.
La réforme constitutionnelle actuellement en cours d’approbation au Parlement italien – réforme qui est censée appliquer des principes de « dévolution » des compétences de l’Etat – n’est nullement fédéraliste, contrairement à ce qu’affirment ses promoteurs : elle ne contient, en fait, qu’une simple décentralisation de pouvoirs, qui ajoutera encore à la confusion actuellement existante de la réforme du titre V de la Constitution, réalisée en 1994, contre laquelle l’Union Valdôtaine s’était exprimée.
Il faut enfin faire attention que la réforme fédéraliste n’affaiblisse pas les prérogatives d’autogouvernement déjà acquises par notre région dans l’actuel contexte constitutionnel déjà et qui attendent encore une pleine actuation.
A ce propos on considère prioritaire une réflexion sur la réforme du Statut comme base de rapport avec le nouveau Gouvernement et le nouveau Parlement visant à débloquer les normes d’actuation.
Les prochaines élections politiques, un sujet sur lequel ce Congrès est appelé à s’exprimer pour pouvoir entreprendre les démarches nécessaires dans ce sens.
L’Union Valdôtaine, en raison de sa propre nature et vocation ( mission) au soutien et promotion de l’autonomie, au cours de son histoire a toujours privilégié une représentation au sein du Parlement Italien caractérisée par une forte connotation autonomiste.
Ce choix parait encore actuel et, primant l’intérêt de notre Vallée, on considère nécessaire exprimer des personnalités qui puissent se faire les interprètes de nos exigences, sur la base d’un programme autour duquel nous devons rassembler les volontés positives du plus grand nombre d forces politiques, à l’exclusion des extrémistes et des porteur d’instances totalitaires.
Je conclue en lançant un appel : ce congrès doit représenter un moment intense d’éclaircissement pour nous permettre une confrontation pleine, un débat loyal et intense et riche. Et doit regarder aux défis de l’actualité qui nous demandent des réponses précises, des choix clairs et efficacité d’action.
A vous tous les congressistes : travaillons pour bâtir ensemble l’avenir de l’Union Valdôtaine, de notre peuple, de nos enfants. Merci

Document Final

DOCUMENT FINAL

Le Congés National de l’Union Valdôtaine

Réuni à l’occasion du 60ème  anniversaire  de la fondation du Mouvement,

REND HOMMAGE à toutes les femmes et les hommes qui ont permis, à travers leur sacrifice et leur engagement, le progrès, au fil des années, du projet politique de l’Union Valdôtaine, fondé sur les principes fédéralistes d’Emile Chanoux. C’est grâce à eux que le Mouvement a pu progresser et s’enraciner sur le territoire : la plupart des communes sont administrées aujourd’hui par des représentants unionistes. C’est grâce à eux qu’il a été possible d’atteindre des buts historiques tels que la majorité au sein du Conseil de la Vallée. Ce sont eux qui ont contribué à faire de l’Union Valdôtaine une grande force de progrès et d’avenir pour la Vallée d’Aoste ;

REAFFIRME solennellement l’actualité des valeurs qui ont guidé l’action politique de l’Union Valdôtaine pendant ces 60 ans et qui sont les mêmes de nos « pères fondateurs », à savoir la défense et la promotion de l’identité du peuple valdôtain, de sa culture, de ses langues, de son modèle de société et de développement ;

REVENDIQUE  le mérite historique d’avoir défendu l’Autonomie de la Vallée d’Aoste qui a garanti à la Vallée progrès économique et bien-être social ;

S’ENGAGE à poursuivre dans l’action de défense et de promotion des intérêts du peuple valdôtain en relevant les nombreux défis qui attendent la Vallée d’Aoste à différents niveaux ;
Pour ce qui est du cadre politique italien
Juge très décevante la réforme constitutionnelle actuellement en  cours d’approbation au Parlement italien, censée appliquer les principes de « dévolution » aux collectivités locales des compétences de l’Etat. Cette réforme n’a rien de fédéraliste : elle ne contient, en fait, qu’une simple décentralisation de pouvoirs, qui ajoutera encore de la confusion à la confusion actuellement existante entre les  compétences de l’Etat et des Régions ;

DEPLORE que es réformes institutionnelles actuelles ne soient pas le fruit d’un parcours partagé au sein du Parlement et avec les autonomies régionales et locales ;

REAFFIRME le caractère de pacte du statut d’autonomie valdôtaine qui ne peut être modifié unilatéralement sans l’accord de la Vallée d’Aoste ;

JUGE nécessaire d’amorcer une réflexion sur la réforme du Statut comme base du rapport avec le nouveau Gouvernement et le nouveau Parlement ;

CONSIDERE indispensable, en vue des prochaines élections politiques , en cohérence avec les principes inspirateurs du Mouvement et sur la base de l’expérience des précédentes élections pour les représentants au Parlement italien, de travailler pour l’indication de candidatures représentatives, qui puissent continuer à garantir la présence, au sein du Parlement italien, d’élus ayant pour référence prioritaire l’intérêt de la Vallée d’Aoste ;

SOUHAITE qu’on puisse arriver à un débat sérieux et serré avec les forces politiques par une confrontation élargie et approfondie quant aux alliances et aux choix des candidats pour les prochaines élections politiques dans le but de travailler pour un système vraiment fédéral, pour choisir d’une façon partagée des candidats qui soient l’expression de forces politiques qui se reconnaissent dans la défense de la  souveraineté du Peuple Valdôtain, la mise en valeur de notre Statut Spécial, le respect et la défense des minorités linguistiques, l’épanouissement  de nos langues : le français et le franco-provençal, l’allemand et  les parlers germaniques ;

REAFFIRME son refus des totalitarismes et des systèmes se rattachant aux philosophies d’extrême droite comme d’extrême gauche ;

DONNE MANDAT au Comité Fédéral  de travailler  pour atteindre les meilleurs résultats dans l’intérêt avant tout de tous les Valdôtains ;
Pour ce qui est du cadre politique régional

RAPPELLE que :
Vérifié qu’il y avait une croissante difficulté de dialogue et une perte de vitesse dans l’action politico-administrative du Gouvernement régional, le Conseil Fédéral a voté la résolution du 13 juin 2005 ;
Par conséquent, la Commission politique a organisé plusieurs rencontres ayant le but de proposer une solution aux difficultés présentes dans le Gouvernement et dans le Groupe de l’U.V. ;
Sur proposition votée à l’unanimité, le Président  a consulté tous les conseillers régionaux pour évaluer la situation, l’éventualité d’un changement ou une reprise d’activité du Gouvernement ;
La proposition conséquente et cohérente avec les indications des conseillers prévoyait le changement du Président  de la Région ;
Pour ce fait l’U.V. a confié à Lucien Caveri d’explorer la possibilité de présenter un nouvel exécutif régional qui puisse être largement partagé ;
La proposition a été soumise, sur l’initiative du Comité Fédéral, à l’ordre du jour du Conseil  Fédéral et approuvée presque à l’unanimité pour relancer l’action politique et administrative ;
Il revient maintenant aux élus d’être conséquents aux décisions prises et de travailler pour soutenir l’action du Gouvernement régional ;

REMERCIE l’ancien Président de la Région Charles Perrin, ainsi que MM. Robert Vicquery et Fidèle Borre de l’activité qu’ils ont déployée dans la première phase de cette législature ;

EXPRIME cependant son vif regret pour les faits qui se sont produits le 26 octobre dernier au Conseil de la Vallée ;

CONDAMNE l’attitude de ces conseillers, qui, profitant du scrutin secret, ont fait manquer les votes nécessaires à la nomination au premier tour du représentant  valdôtain à la Commission Paritaire ;

INVITE les élus au Conseil de la Vallée à confronter loyalement leurs opinions à l’intérieur des organes du Mouvement ;

RAPPELLE sa disponibilité à se confronter avec toutes les forces  politiques sur les thèmes concernant le bien-être et le progrès de la Vallée d’Aoste ;

RAPPELLE à tous les conseillers l’engagement signé au moment de l’acceptation de la candidature aux élections régionales ;

RECONFIRME la validité de la ligne politique et administrative actuelle  et des alliances choisie par l’Union Valdôtaine suite aux élections régionales 2003 ;

REAFFIRME la primauté, la fonction et le rôle du Mouvement en faisant du Comité Fédéral un véritable organe politique où tous les grands thèmes politiques sont débattus et les orientations politiques définies ;

PRENANT ACTE
des jugements négatifs exprimés lors du débat au cours du Congrès sur le parcours utilisé ;

ENGAGE le Président et le Comité Fédéral :

  • à intervenir avec la détermination nécessaire pour éviter des épisodes comme ceux qu’on a rappelés se répètent, pour  relancer le rôle du Mouvement et le respect des décisions prises par les différents organes du Mouvement selon les compétences respectives ;
  • à renforcer les moments de confrontation, dans un climat de loyale dialectique à l’intérieur des organes du Mouvement et parcourir les processus décisionnels dans la transparence et le partage ;
  • à relancer l’action politique du Mouvement en matière de fédéralisme  et de réformes institutionnelle, en ouvrant notamment le débat sur la réforme du Statut spécial au sein de l’Etat italien et de l’Union européenne, dans le but de renforcer notre autonomie ;
  • à axer davantage l’action du  Mouvement sur la promotion de l’identité du peuple valdôtain et la sauvegarde de ses langues et de sa civilisation, ainsi que sur son essor économique, en préservant la qualité de la vie, l’Etat social et les services publics ;
  • à garantir une gestion concertée du Mouvement, en préservant avec force son unité, tout en appliquant un principe de représentation démocratique et en privilégiant toujours le dialogue et en donnant la possibilité de débattre publiquement tous les thèmes au sein d’une maison commune dans le respect des fonctions respectives ;
  • à inspirer l’action du Mouvement à ses principes fondateurs afin qu’on puisse opérer de façon linéaire, constructive et partagée avec le respect de la personne dans toute ses acceptations comme condition fondamentale pour garantir l’épanouissement d’une communauté et d’un peuple ;
  • à souligner le respect des rôles et des règles de comportements ainsi que la disponibilité des élus à une action active et libre, à laquelle soit reconnue une juste indemnité, correspondante à l’engagement et aux responsabilités de chacun ;
  • à responsabiliser, au sein du Comité Fédéral, chaque membre sur des dossiers spécifiques ;
  • à poursuivre une confrontation à tous les niveaux sur la situation politique régionale et en particulier pour ce qui est de la cohésion du Mouvement et de ses élus et le nouvel élan au rôle politique et administratif de l’Union Valdôtaine ;

FIXE d’ores et déjà, face à l’opportunité de revoir les Statuts de l’Union Valdôtaine, les sujets suivants à examiner  à l’intérieur du Mouvement pour la discussion lors du prochain Congrès National 2006 :

a)    Présence des élus au sein du Comité Fédéral ;
b)    Incompatibilité entre la qualité de membre du Comité Fédéral et les candidatures aux élections régionales ;

Pour ce qui est du cadre social

CONSCIENT que la force de l’Union Valdôtaine a été toujours sa capacité de se confronter et dialoguer avec la société valdôtaine et d’en interpréter les exigences dans un projet politique partagé ;

ENVISAGE dans les politiques pour la jeunesse et pour la famille deux des priorités majeures pour assurer l’avenir du peuple valdôtain, face à un cadre familial aujourd’hui toujours plus caractérisé par la précarité : précarité du lien matrimonial, précarité des chances d’avenir des enfants ;

ENGAGE ses élus à :

  • soutenir la famille en tant que base de la société, en promouvant des politiques actives qui facilitent leur formation, leur stabilité et leur accroissement, leur cohésion ;
  • favoriser l’agrégation des jeunes  et l’échange d’expériences entre générations dans des milieux créatifs et porteurs de valeurs positives, notamment dans le domaine des sports non compétitifs et des activités culturelles, afin de pouvoir faire jouer aux nouvelles générations un rôle actif dans le tissu social contemporain ;
  • combattre l’abandon scolaire, parfois dû à une trop précoce insertion dans le milieu du travail non qualifié, en utilisant toutes  les ressources nécessaires pour adapter l’école et la formation aux besoins réels du monde du travail, de la société valdôtaine et de nos jeunes ;
  • offrir aux jeunes générations des instruments de formation de haut niveau et adaptés aux défis d’un monde globalisé.
  • Poursuivre dans l’action de développement de l’Université valdôtaine afin qu’elle devienne toujours plus un centre universitaire d’excellence, étroitement lié au territoire, et en même temps compétitif dans le réseau universitaire international, ouvert aux nouveaux besoins sociaux, culturels et économiques que la globalisation impose, par l’offre de cours extrêmement qualifiants et de haut niveau ;

Pour ce qui est du cadre économique

AYANT ANALYSE la situation de crise économique qui touche le monde occidental et qui a mis en évidence  quelques éléments de fragilité du système économique valdôtain, tels que la difficulté des communications, la fragilité du tissu industriel, et le milieu montagnard qui impose aux activités économique des surcoûts qui incident lourdement sur la production ;

REGRETTE que les efforts déployés au niveau parlementaire pour la définition d’une politique de la montagne à même d’éliminer les conditions d’inégalité des chances entre la montagne et la plaine n’aient pas encore abouti  à des résultats ;

CONSIDERE indispensable, ò la lumière du poids important que l’administration publique revêt dans le secteur économique, de procéder à une réorganisation du secteur en réduisant le poids bureaucratique et les temps de réaction de l’administration, qui risquent le plus souvent de freiner les activités économiques, et de moderniser le système des rapports entre les administrations publiques, en poursuivant le processus vertueux du « fédéralisme interne » entre Région et collectivités locales ;

ESTIME que des réponses immédiates doivent être données, au niveau politique, sur la base des priorités jugées indispensables pour assurer le développement équilibré de notre communauté.

Aoste, le 29 octobre 2005
 

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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