Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 11:58

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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50ème Anniversaire UV - Conférence Nationale

M. CAVERI Lucien, Député

Mes chers compatriotes, chers amis des Peuples frères c'est avant tout une journée de fête bien évidemment, mais il faut réfléchir aussi sur le fait que c'est une journée dans laquelle nous réaffirmons des principes.
Nous sommes à même de pouvoir affirmer que l'inspiration qui était à la base de l'idée des fondateurs de l'Union Valdôtaine est un idéal tout à fait valable: cet idéal était celui d'une Vallée d'Aoste plus libre que celle qui sortait du fascisme mais c'était aussi une Vallée d'Aoste plus libre que celle que nous avons aujourd'hui à l'intérieur du cadre institutionnel de l'Autonomie spéciale et à l'intérieur de la République italienne.
Je voudrais posséder une machine du temps: quelqu'un de vous l'a déjà vu peut-être dans les films de science fiction et les physiciens nous disent qu'un jour ou l'autre il sera possible de voyager dans le temps, de prendre cette machine pour aller et revenir dans les différents siècles. Eh bien moi je voudrais prendre cette machine du temps pour comprendre encore mieux les racines de l'Union Valdôtaine, en tenant compte du fait que les racines sont indispensables et une plante sans racines ne peut pas vivre, comme ne pourrait pas vivre l'Union Valdôtaine sans ses racines.
Avec cette machine du temps je voudrais d'abord choisir une date: le 13 avril 1925, le jour de l'approbation du Statut de la Jeune Vallée d'Aoste. L'année 1925 c'est une année assez difficile qui avait commencé par la déclaration de Mussolini à la Chambre des Députés d'Italie, dans laquelle Mussolini avait assumé sur soi toute la responsabilité de l'assassinat de Matteotti. Le fascisme avait jeté le masque, avait dit clairement ce qu'il était, c'est-à-dire un mouvement de dictature. Et donc en avril 1925, après quelques réunions, l'élite valdôtaine comprit ce qu'il fallait faire: commencer un long combat pour la libération du Val d'Aoste. Ce n'était pas facile parce que la massification du fascisme avait pesé lourdement sur la Vallée d'Aoste mais heureusement il y avait cette élite, cette petite flamme, qui grâce surtout à un homme comme Émile Chanoux, un homme d'action, un homme qui avait une grande capacité d'organisation, avait compris ce qu'il fallait faire.
La deuxième date que je choisirais ce serait évidemment le 13 septembre 1945, le jour de la naissance de l'Union Valdôtaine, liée aux racines de la Jeune Vallée d'Aoste, mais aussi à l'approbation de ce Décret du Lieutenant du Royaume qui avait donné une espèce d'autonomie à la Vallée d'Aoste. Je dis une espèce d'autonomie parce que en réalité le groupe qui fondait l'Union Valdôtaine avait tout de suite compris que c'était le commencement de quelque chose de très difficile: il fallait exploiter au maximum d'un côté les rapports politiques à l'intérieur de la Résistance et mener, par contre, une lutte solitaire, mais cette fois-ci aussi l'élite valdôtaine était avec le peuple valdôtaine, afin d'obtenir quelque chose de différent du simple Statut d'autonomie qui avait été accordé à travers le Décret du Lieutenant.
La troisième que je choisirais serait une date encore différente, ce serait le 6 octobre 1946, à Verrès, lors du deuxième Congrès de l'Union Valdôtaine. Il y a certainement quelqu'un parmi vous qui a vécu personnellement cette journée merveilleuse suivant de quelques jours le premier Congrès de Morgex. L'Union Valdôtaine démontrait parfaitement le lien entre l'action politique conduite par un petit groupe d'hommes et de femmes avec tout le peuple valdôtain, avec de grandes manifestations de ce genre, avec cet orateur extraordinaire qu'était Séverin Caveri, qui à Verrès comme à Morgex, avait su toucher les différentes cordes nécessaires pour faire comprendre le moment tellement difficile.
Trois dates, trois événements pour dire seulement que nous avons deux devoirs. Le premier devoir est celui de la reconnaissance: les jeunes générations doivent maintenir le souvenir, en comprenant, en lisant et en étudiant l'histoire, parce que sans la connaissance de l'histoire nous aurons pas mal de difficultés, même dans les périodes à venir, qui sans aucun doute nous donneront des problèmes et poseront à nouveau la question valdôtaine comme question centrale dans le futur de notre communauté. Le deuxième devoir est le fédéralisme, apparemment une parole magique, si l'on tient compte des discussions politiques actuelles, mais pour nous le fédéralisme est la base fondamentale de notre action politique depuis la fondation de l'Union Valdôtaine. En regardant ce qui se passait pendant cette délicate période, après la deuxième Guerre Mondiale, nous voyons qu'il y avait pas mal d'idées sur le futur de la Vallée d'Aoste. Il y avait quelqu'un qui pensait à une petite république du Val d'Aoste, un État du Val d'Aoste, il y avait ceux qui pensaient à un État du Mont Blanc avec les Peuples de l'aire francophone qui sont traditionnellement liés à la Vallée d'Aoste. Et encore il y avait ceux qui pensaient à l'hypothèse d'un lien fédéral avec la Suisse et ceux qui pensaient à un lien fédéral avec l'Italie, il y avait les annexionniste à la France, et finalement il y avait ceux qui pensaient, et c'était justement l'Union Valdôtaine, qu'un Statut d'autonomie sans une garantie internationale aurait donné des mauvais résultats. C'est en effet ce que nous pouvons dire surtout si nous tenons regardons ce qui s'est passé au Sud Tyrol où évidemment l'aide de l'Autriche, avec le fort engagement des Sud Tyroliens, a donné un régime d'autonomie et d'autogouvernement plus développé que le nôtre. Et donc il y avait différentes hypothèses à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.
Nous avons décidé de travailler sur ce Statut d'autonomie, nous sommes en train de travailler chaque jour sur notre Statut, parce que nous sommes obligés, nous avons choisi d'y travailler, mais bien évidemment il ne faut pas oublier le fédéralisme. Nous avons présenté des propositions de loi, nous avons longuement discuté du fédéralisme, mais personnellement je suis persuadé qu'à un moment donné il faudra vraiment reprendre cette discussion, qui était la discussion lors de la première période après la deuxième Guerre Mondiale. Parce que la vie politique italienne et ce qui est en train de se passer chaque jour en Italie nous démontrent que tôt ou tard le problème du futur de notre Communauté se posera de nouveau. S'il y aura la nécessité de réécrire la Constitution Italienne je suis persuadé que le rôle de la Vallée d'Aoste sera un rôle à discuter, il faudra être prêt, surtout les jeunes, à proposer quelque chose de sérieux dans le cadre fédéraliste pour le futur de notre Communauté, sans avoir peur.
Je suis parfaitement d'accord avec Joseph-César Perrin, de parler de République du Val d'Aoste, sans avoir peur de parler d'une éventuelle indépendance de la Vallée d'Aoste dans un cadre fédéraliste, en tenant compte que nous discutons non seulement avec l'Italie mais aussi avec l'Union Européenne.
Je voudrais conclure de nouveau avec la machine du temps ; je l'ai employée pour le passé cette fois ci je voudrais l'employer pour le futur: je voudrais revenir à Aoste le 13 septembre 2045, pour le centième anniversaire de l'Union Valdôtaine; j'ai déjà fait mes calculs, j'aurai 87 ans, donc quelques espoirs je l'ai et je suis persuadé que beaucoup de monde sera là grâce aux progrès de la médecine. Eh bien, ce que je voudrais trouver c'est un mouvement en bonne santé, des amis, c'est évident, mais je voudrais surtout trouver une Vallée d'Aoste plus libre, une Vallée d'Aoste solidaire, une Vallée d'Aoste unie, une Vallée d'Aoste qui sache être digne de l'héritage de nos ancêtres.
Vive la Vallée d'Aoste
Vive l'Union Valdôtaine

M. PERRIN Charles, Secrétaire général

50 ans de vie de l'Union Valdôtaine au service de la Vallée d'Aoste tout entière, affirmation catégorique, mais vraisemblablement correcte. Imaginons, pour un instant, ce que pourrait être notre Vallée après 50 ans d'autonomie sans l'œuvre des hommes de l'Union Valdôtaine.
Le 13 septembre 1945 prit origine un grand mouvement populaire, en 1995 la Vallée d'Aoste a la richesse d'avoir encore un grand mouvement populaire, mouvement qui a vécu de grandes transformations, qui a interprété des rôles différents, qui a fait partie des majorités et des minorités des successifs gouvernements régionaux, qui a connu des moments de gloire et des moments de détresse, qui s'est divisé et s'est réunifié. Bref je ne veux pas répéter son histoire; elle a déjà été très bien illustrée par ceux qui m'ont précédé. Je voudrais plutôt vous parler de l'Union Valdôtaine d'aujourd'hui et de demain.
L'Union Valdôtaine n'a pas changé de devise dans ces cinquante ans, seul mouvement en Vallée d'Aoste à avoir résisté aux changements; est-ce un signe positif? Je crois que oui: son nom indique en synthèse un programme très actuel. On vise à l'union des valdôtains, on vise à l'union quand on risque, on réalise l'union quand on a des buts et des projets clairs et valables. Un risque cependant existe: la disparition de la minorité ethnique et linguistique valdôtaine. Les buts sont clairs: travailler pour atteindre la souveraineté de la Vallée d'Aoste à travers la réalisation du fédéralisme, vraie révolution démocratique. Le fédéralisme place l'homme et ses besoins au centre de toute opération politique, l'homme en tant qu'individu, en tant que collectivité, à partir de la famille, du village, de la commune jusqu'au sommet des institutions. Un Projet lancé vers le futur, sur une théorie politique, le fédéralisme est appliqué dans plusieurs Pays du monde, souhaité par nombre d'autres, souvent discuté, parfois mal interprété, à tous les niveaux. Curieuses et contradictoires sont les théories développées en Italie dans ces dernières années. Ceux qui voudraient percevoir aujourd'hui le rôle de l'Union Valdôtaine comme le rôle d'un mouvement nostalgique, ancré sur des positions conservatrices ne visant qu'au rôle du maintien de privilèges, se trompent grossièrement: 1'Union Valdôtaine puise sa force dans ses idéaux fédéralistes, dans sa popularité diffusée et maintenue malgré les difficultés des différents moments politiques qu'elle a interprétés. Notamment, ces dernières années ont marqué une grave crise de crédibilité dans la politique tout entière, ont déterminé la chute de l'intérêt et de l'enthousiasme. Notre mouvement a été atteint par cette désaffection, par ces malaises qui se sont insinués dans le monde politique: les faits judiciaires, le martellement des enquêtes judiciaires, le climat de suspicion, le contrôle exaspéré. Le rôle de la magistrature qui risque de se mêler au rôle politique, qui conditionne les comportements politiques, qui risque de démanteler ou de faire profiter, selon les cas, les partis, les mouvements, d'arrêter ou de rendre moins efficace l'action des hommes politiques dans les différentes administrations.
Malgré ces difficultés et ce contexte de soupçon et de méfiance notre mouvement a su réagir avec prudence, mais fermement, a tâché d'entamer un dialogue serein avec sa base à travers les sections; les adhésions se sont maintenues assez bien et les réponses électorales ont été favorables.
L'Union Valdôtaine représente le point de repère fondamental pour les forces politiques œuvrant en Vallée d'Aoste, position importante, mais très engageante, portant les observateurs et les médias à analyser les comportements des hommes de l'Union Valdôtaine avec une loupe, toujours prêts à percevoir les difficultés, les oppositions, les différentes âmes, voire les courants ou les possibles changements de rapports.
Nous avons tâché d'être une force d'agrégation des autonomistes, avant tout, mais aussi de tous ceux qui partagent avec nous les soucis pour notre autonomie, qui partagent les idéaux fédéralistes, collaboration opportune et nécessaire dans un moment de transformation politique, qui nous fournit certainement de nouveaux atouts, mais qui pourrait aussi représenter un grand danger de contrecoup, c'est-à-dire d'involutions dangereuses pour notre autonomie.
Nous privilégions donc le dialogue, aux oppositions stériles, convaincus que nous avons besoin aussi des autres. Notre présence est peut-être embarrassante, soit pour notre dimension soit pour les difficultés pour les autres forces politique de définir le cadre selon les schémas italiens: la recherche du bipolarisme, la tentative de rebâtir le centre, notre affirmation constante d'être «au delà de la droite et de la gauche» embarrassent le choix de position des partis présents en Vallée d'Aoste. La société valdôtaine est profondément changée, il faut avouer que l'identité valdôtaine, son individualité, son particularisme, ses spécificités linguistiques et culturelles, sont fortement en danger malgré les efforts opérés par ceux qui ont eu la responsabilité de gérer ce statut d'autonomie (et l'Union Valdôtaine en a été un des principaux acteurs). L’italianisation a inexorablement avancé, favorisée par les médias; le commerce, le tourisme, le bien-être économique diffusé a nivelé les différences. La jeunesse a un vague sentiment d'appartenance à une civilisation distincte et différente, façonnée par les médias et les modèles télévisés: sport, musique, spectacles. L'entrée du téléviseur dans toutes les maisons valdôtaines a eu la suprématie sur toutes tentatives de résistance linguistique ou culturelle.
C'est une constatation amère qui risque de délégitimer l'action de notre mouvement, qui risque de mettre en doute les raisons mêmes des revendications autonomistes.
D'autre part nous pouvons percevoir un côté positif de cette évolution, la Vallée d'Aoste a su bâtir une société complexe et hétérogène sans de grandes tensions. Il existe quand même dans cette nouvelle société une sensation diffuse d'appartenir à une Région spéciale, la culture de l'autonomie s'est énormément élargie, même si elle est encore très superficielle et liée souvent à des faits contingents (par exemple avantages économiques). La composante autochtone, qui d'ailleurs est fortement mélangée, n'est pas toujours unie pour défendre sa spécificité et son originalité. Cette situation a conditionné la philosophie et l'œuvre de Union Valdôtaine, devenue par certains aspects un parti populaire, qui a su dans ces années bien interpréter les besoins et les principales nécessités de la collectivité valdôtaine en les conciliant avec des positions politiques beaucoup plus tièdes d'un point de vue autonomiste, qui ont fait perdre de l'incisivité et de l'idée à son action politique. Ce rôle, que l'Union a su bien interpréter, a porté ses fruits dans l'administration de la Région et des collectivités locales où elle a augmenté sa présence et son poids, grâce à son organisation et a l'approche des problèmes et des besoins fondamentaux de la population. Cet engagement a affaibli, d'autre part, son action plus politique de mouvement représentant les intérêts d'une minorité ethnique et linguistique, et le mouvement a perdu une partie de ses raisons d'être.
L'Union Valdôtaine doit dans ce moment historique délicat et important se réapproprier de son rôle plus proprement politique de mouvement, les articles 1 et 2 de nos statuts n'ont pas été effacés. A travers les principes du fédéralisme global, nous devons garantir la croissance du peuple valdôtain, reconnu comme minorité ethnique et linguistique, et pour ce faire l'Union doit s'engager à réaliser la souveraineté politique du Val d'Aoste. C'est un engagement important, projeté vers le futur qui nécessite une grande solidarité d'opinion. Solidarité que nous devons rechercher avant tout en Vallée d'Aoste, en nous appuyant sur ce sens diffus d'autonomisme, en cherchant des collaborations dans les autres mouvements autonomistes, dans d'autres partis sensibles à la réforme fédéraliste. En Italie il faut améliorer cette convergence d'action des mouvements et partis des minorités; recueillir les instances vraiment fédéralistes, ainsi que rechercher la solidarité en Europe et dans le monde entier.
L'Union doit adapter son action et ses stratégies aux nouvelles perspectives politiques, elle doit tenir compte de la nouvelle société qui habite le Val d'Aoste, elle doit faire de la spécificité et du particularisme un grand atout politique. Les horizons s'ouvrent; revendiquer aujourd'hui notre souveraineté par la fermeture ou l'isolement ce serait un acte politique irresponsable et contraire à nos principes fédéralistes. Nous œuvrons pour une collaboration avec nos Régions voisines, avec les Alpes en Général, avec les Régions d'Europe, car nous voyons dans le plurilinguisme un grand enrichissement culturel et un grand moyen de liberté, de facilité de communication, d'atout politique pour favoriser la création d'une Europe différente, une Europe qui soit comme une mosaïque qui crée un très bel ensemble par des diversités nécessaires et opportunes.
L'Union Valdôtaine fête donc son cinquantième comme une étape importante, elle a à son actif des services rendus à la collectivité valdôtaine, mais elle n'a réalisé que partiellement les buts les plus hautement politiques de son action; c'est une étape rejointe, mais c'est surtout un point de départ. Le champ d'action est vaste et fertile, la base idéale (le fédéralisme) est très actuelle, on peut finalement percevoir des chances d'application.
Nous sentons la responsabilité d'interpréter ce moment historique très délicat, mais très favorable pour un mouvement qui peut garantir le maximum de crédibilité par son action claire et son intransigeance morale avant tout, par son organisation plus souple, mais à laquelle tous participent; nous avons le devoir de représenter tout un peuple et non pas des élites, ni des catégories sociales particulières, ni des intérêts particuliers. Nous devons être une force de changement, conscients de notre passé, avec notre présence à tous les niveaux: Parlementaires, Présidents du Gouvernement et du Conseil, Assesseurs et Conseillers régionaux, Administrateurs des collectivités locales. Nous devons marquer notre différence, c'est ce que les valdôtains prétendent. La crise qui a touché aussi notre Mouvement, n'a pas touché à ses principes et à ses buts, mais a touché ses méthodes, sa structure, ses hommes.
Reprenons donc le chemin avec enthousiasme, le peuple valdôtain est, malgré tout, encore là, conscient d'être tel, travaillons pour une Vallée d'Aoste plus libre.
Vive la Vallée d'Aoste.
Vive l'Union Valdôtaine.

M. STEVENIN François, Président du Conseil régional

Chers amis, 1995 passera à l'histoire comme l'année des cinquantièmes anniversaires d'événements qui ont profondément changé l'aspect de la Vallée d'Aoste, de l'Italie, de l'Europe et du monde. Il suffit d'en rappeler quelques-uns qui resteront gravés à jamais dans le livre de l'histoire: la fin de la Seconde Guerre mondiale, la naissance des Nations Unies et surtout, pour nos Valdôtains, la naissance de l'autonomie que l'Etat reconnut par le décret du Lieutenant du Royaume promulgué le 7 septembre 1945, suivi quelques jours plus tard, le 13 septembre, par la fondation du Mouvement de l'Union Valdôtaine, que nous fêtons aujourd'hui. Sans amoindrir l'importance des événements que je viens de citer je crois que, pour nous Valdôtains, l'anniversaire de la fondation du Mouvement de l'Union Valdôtaine est l'événement capital de ces années difficiles car il entraîna des perspectives de renaissance politique, culturelle, morale, et économique de notre Terre.
Il y a plus de cinquante ans, Emile Chanoux écrivait que l'organisation politique et institutionnelle qui serait sortie de l'après-guerre aurait conditionné la destinée du peuple valdôtain pour une très longue période. Disait Chanoux: « ... En ce tournant de l'histoire notre avenir se fixe pour de siècles: nous serons maîtres ou chiens selon le résultat de ce qui va avoir lieu ... ».
Pour lui, seule une association librement consentie entre réalités différentes et, donc, seul un fédéralisme qui répondît entièrement à la nécessité de sauvegarder les droits des petites communautés aussi, auraient pu se dire justes et légitimement fondés.
Son grand espoir, pour lequel il combattit au prix de la vie, était que l'écroulement, qu'il savait imminent, de la barbare dictature fasciste, de cette dictature qui était l'aboutissement logique de la centralisation forcenée que le modèle piémontais avait imposée à un territoire italien riche en différences, son grand espoir était, disais-je, que cet écroulement aurait permis que les anciennes frontières tombent, et que tout peuple européen - le peuple valdôtain en premier - aurait enfin pu choisir son destin.
Vaste programme et dessein audacieux, que sa mort empêcha de défendre jusqu'au bout. On ne fait pas l'histoire avec les si, chacun le sait, mais je crois qu'il nous est arrivé à nous tous de nous demander où en serait le Val d'Aoste si Chanoux avait vécu.
Sa grande crainte était qu'une forme, fût-elle masquée, du statu quo ante ne reprenne le dessus, une fois passé le bouleversement causé par la défaite militaire italienne. Et que cette condition de nouvelle servitude qui aurait été alors imposée au Val d'Aoste ne dure que trop longtemps.
Force nous est de constater que ses espoirs ont été en grande partie déçus et que ses craintes sont encore aujourd'hui les nôtres.
Car, bien sûr, nous disposons d'un Statut, bien que hautement imparfait et qui n'est que très partiellement appliqué, pour lequel il nous a quand même fallu nous battre bec et ongles. Bien sûr, le français est reconnu comme langue officielle. Faut-il donc en déduire que tout va bien aujourd'hui? Il ne serait pas juste de tirer la conclusion suivante: nous avons grandi, nous sommes plus forts et, partant, nous sommes les meilleurs. C'est là un raisonnement que j'estime trop simpliste car la quantité ne fait pas toujours un avec la qualité. Réfléchissons aux motifs qui ont poussé les pères fondateurs de l'Union Valdôtaine à créer un mouvement: d'abord la défense intransigeante de l'identité culturelle, politique et économique du Peuple valdôtain. Et lorsque nous parlons d'identité culturelle nous ne saurions ne pas songer à la question épineuse de la langue française, reconnue comme langue officielle. Je crois que nous tous qui sommes ici réunis, devons faire notre autocritique et réfléchir au fait qu'une croissance progressive du point de vue de la quantité de la présence unioniste en Vallée d'Aoste n'est pas allée de pair avec une affirmation plus nette des principes de base de notre Mouvement. Il ressort des études en matière de linguistique une préoccupation marquée au sujet de la diffusion de la langue française comme langue utilisée par la population. J'estime que cette préoccupation est bien fondée et qu'elle exige la plus grande attention de la part de ceux qui, comme nous, les unionistes, sont appelés à œuvrer pour la promotion de l'emploi de la langue de nos aïeux. En ce moment particulier je crois qu'il est nécessaire d'agir en vue d'une profonde «révolution culturelle» qui mette au premier plan certaines priorités telles que la défense de la langue et de la civilisation, faute de quoi il est extrêmement difficile d'affronter d'autres batailles pour atteindre l'objectif d'un autogouvernement authentique dans l'optique fédéraliste indiquée par Emile Chanoux, dont la pensée et l'action politique - comme je disais avant - ne sont pas suffisamment connues par les Valdôtains. Mais, soyons sincères, du grand rêve de Chanoux, de sa vision idéale et réaliste à la fois, de ce Val d'Aoste plus libre dans une Europe des peuples, que reste-t-il? Disons-le tout haut: dans cette république, dans la plupart de l'Europe, qu'en a-t-il été pendant cinquante ans du respect qui est dû aux minorités, de ces promesses de fidélité aux engagements écrits- nous pouvons l'affirmer - sur le sable? Que d'espérances trahies, que de gâchis ont jalonné notre après-guerre. Que de mauvaise foi dans certaines sentences de la Cour constitutionnelle, que de mesquinité dans certains actes des gouvernements romains ... Au point qu'il est arrivé à certains, par le passé, de se demander si le combat pour une Vallée d'Aoste vraiment autonome ne relevait pas de l'utopie et n'était pas destiné, de toute façon, à un échec inéluctable. Au point que, même chez nous, nous avons parfois entendu des discours qui défendaient l'apaisement, des propos qui prônaient un accommodement, des voix qui s'élevaient pour demander non le respect qui nous est bien dû, mais une forme quelconque de pitié. Au point qu'une série de soi-disant savants ont cru être autorisés à estimer que notre requête d'autonomie n'était qu'intérêt économique et à dire que nous avions certes gagné quelques batailles, mais au prix fort de notre dignité. Vous le savez aussi bien que moi, c'est à l'Union Valdôtaine que revient en entier le mérite d'avoir su dire non, d'avoir refusé le défaitisme, d'avoir su redonner confiance en lui-même à un peuple meurtri qui doutait. C'est à l'Union Valdôtaine que le Val d'Aoste tout entier doit dire merci d'avoir su ne pas fléchir quand les nombreux autonomistes d'aujourd'hui criaient à tout vent leur «credo» centralisateur, d'avoir cru contre vents et marées que le Peuple valdôtain aurait un jour connu le salut que Chanoux préconisait. D'avoir parcouru avec courage et cohérence la voix du fédéralisme, d'abord méprisé, ensuite combattu, et finalement adopté par une bonne partie des forces politiques. C'est l'Union Valdôtaine, et elle seule, qui peut historiquement se prévaloir du mérite d'avoir compris que le Peuple valdôtain ne peut se dire vraiment vivant que s'il peut se reconnaître comme tel. Je crois alors que nous pouvons dire que nous avons tenu parole: nous avons vu clair, et nous avons voulu vivre. Telle est la première grande leçon que ce cinquantenaire nous apporte: nous Valdôtains, nous unionistes, avons su tenir, résister, tout en faisant progresser le Val d'Aoste sur la voie d'un développement harmonieux dans un esprit de concorde, de tolérance et de solidarité. On dit que cela est de mauvais goût que de se féliciter soi-même: qu'importe, laissez-moi dire que c'est là une grande réussite!Et qu'il suffise, pour nous en convaincre, d'observer ce qu'il en a été de nos anciens adversaires: destinés, disaient-ils, à l'éternité, cinquante ans ont suffi pour qu'ils disparaissent, écrasés par leurs faillites retentissantes, qui les ont obligés à changer jusqu'au nom, de peur que quelqu'un ne les reconnaisse pour ce qu'ils ont été réellement: de faux prophètes. Comme presque toujours en politique, cependant, le plus ... reste à faire. Des défis nouveaux se sont ajoutés aux anciens; notre combat n'est donc pas achevé: loin s'en faut. Quelle direction, quelle inspiration doit nous guider maintenant, dans ce moment de confusion où plonge tout l'Occident, voire le monde entier, à la recherche d'un chemin à parcourir? Y a-t-il une place pour la Vallée d'Aoste dans le «village global» qui est en train de se former sous nos yeux? N'est-ce pas vrai, comme certains l'affirment, que seul le gigantisme aura un sens dans le troisième millénaire? On pourrait s'attendre, si cela était vrai, à ce que, les grands ensembles stato-nationaux connaissant une crise de plus en plus profonde, les petites entités a fortiori soient condamnées à disparaître. Or, ce que l'on constate est précisément le contraire: l'Europe connaît aujourd'hui un foisonnement de réveils de petits peuples, qui n'avaient jamais disparus, mais auxquels on avait tout simplement interdit de se déclarer. Mieux encore, l'idée s'affirme que de reconnaître à toute Communauté le droit à l'existence, n'est pas forcément une mauvaise chose. Le Pape lui-même l'a fait tout récemment, renouant avec une tradition personnaliste qui était jadis bien présente dans l'Eglise. Il n'y a pas jusqu'aux milieux politiques italiens qui ne soient concernés par cette vague fédéraliste. Les contacts que ma charge me permet d'avoir me confirment dans l'opinion que le chemin d'une Italie et d'une Europe fédérale sera encore long et difficile, mais que l'on peut enfin dire qu'il commence à être parcouru. Une grande responsabilité pèse dès lors sur nous. Il nous faudra premièrement être vigilant, pour éviter que des intérêts particuliers parent du nom de fédéralisme une réforme qui nierait précisément le droit à l'autodétermination. Mais il nous faudra faire beaucoup plus: car, quoiqu'on en dise, c'est bien au Val d'Aoste et dans l'Union Valdôtaine que le fédéralisme a connu un des havres les plus sûrs quand il paraissait être l'ennemi public numéro un. A nous alors, maintenant, de nous reproposé comme chefs de file d'une réforme fédéraliste. Quand Chanoux écrivait qu'il y a des peuples qui sont comme des flambeaux, c'était à la Suisse qu'il faisait allusion. Mais son souhait était bien sûr que le Val d'Aoste le devînt aussi. A nous de suivre son enseignement. Il ne faut pas s'abandonner à l'enthousiasme, il ne faut surtout pas croire que le salut va se présenter tout seul. Un long travail nous attend encore, pour éviter que l'espoir qui est né en nous ne retombe encore une fois, pour chercher à nous opposer à ceux qui portent en eux le désespoir et la défaite, pour éviter que notre accroissement électoral ne finisse par noyer notre inspiration originelle. Pour assurer enfin au peuple valdôtain un plein épanouissement. Là est le sens de l’engagement qui est demandé à nous tous, car, comme par le passé, l'Union Valdôtaine se doit d'être la véritable conscience et l'âme authentique de notre peuple. Pour la première fois depuis trop longtemps, nous croyons d'apercevoir la lumière au bout du tunnel. Rassemblons-nous donc, et tenons bon car la victoire est possible. Mon ami Alexis aime à dire que de souhaiter longue vie à l'Union Valdôtaine est une façon de porter malheur, car elle devra logiquement disparaître quand le peuple valdôtain aura enfin connu son salut. Je désire le bonheur des Valdôtains plus que n' importe quoi. Mais, malgré cela: vive l'Union Valdôtaine, vive la Vallée d'Aoste! Merci.

M. VIERIN Dino, Président du Gouvernement valdôtain

C'est un grand honneur pour moi que de prendre la parole, en ma qualité de Président du Gouvernement valdôtain, à cette conférence nationale, à cette fête qui nous réunit aujourd'hui à l'occasion du 50ème anniversaire de la fondation de notre mouvement.
Cinquante ans se sont écoulés depuis cette année 1945 qui a marqué pour le Val d'Aoste, en plus de la victoire sur la dictature nazi-fasciste, l'octroi d'une première forme d'autonomie à notre Pays, le décret n. 545, expression directe et résultat immédiat de notre Résistance et de notre lutte de libération.
Cinquante ans se sont écoulés depuis ce mois de septembre, où les Valdôtains qui se battaient pour la reconquête de leurs anciennes libertés et pour le rétablissement d'un système d'autogouvernement réel - et ne pouvaient donc se contenter d'une autonomie limitée, «leurre et trompeuse» - se regroupèrent au sein de l'Union Valdôtaine, dans le but de promouvoir et défendre les intérêts de la Vallée d'Aoste ainsi que ses particularités ethniques, culturelles et linguistiques.
La présence constante sur la scène politique de notre mouvement; l'action et la lutte acharnée, attentive et inlassable que les unionistes - ceux d'hier et ceux d'aujourd'hui - ont menée et mènent en faveur de la réalisation de la souveraineté politique du Val d'Aoste; la défense de notre identité et de nos spécificités culturelles, politiques, sociales et économiques; les conquêtes que nous avons su obtenir et les résultats que nous avons atteints grâce aux efforts que nous n'avons jamais ménagés au profit de la collectivité valdôtaine, sont autant de points forts dont nous pouvons nous honorer: adhérents, militants ou élus que nous soyons.
Certes, le chemin de l'autonomie s'est révélé long et difficile, parsemé d'obstacles, et on n'est pas encore arrivé au bout, d'autant plus qu'il est de notre devoir de le reparcourir sur le plan politique et statutaire, au vue des changements annoncés.
Par ailleurs ce chemin a été tellement éprouvant que je me demande parfois ce que notre Pays d'Aoste et les Valdôtains seraient aujourd'hui, si l'Union Valdôtaine n'avait pas vu le jour et si nous n'avions pas, au cours de ce dernier demi siècle, voué toutes nos énergies à la réalisation du projet politique hérité de nos pères, à savoir: sauvegarder et valoriser l'identité francophone et les libertés séculaires du peuple valdôtain.
La défense de notre identité, de notre culture et de nos langues - le français, le patois et les parlers allemands de la haute Vallée du Lys; les valeurs les plus pures de la civilisation valdôtaine que notre mouvement incarne - l'autonomisme, la foi de nos ancêtres, l'amour du terroir, le maintien des traditions, le respect de la famille et de l'homme en tant que personne, la solidarité - sont aussi les principes de ce fédéralisme intégral sur lesquels s'est fondée l'activité des premiers unionistes. Des principes qui nous ont permis de grandir et de nous développer. Des principes et des valeurs qui, au fil des années, nous avons parfois oubliés au profit de modèles externes ou d'un certain bien-être matériel, mais que nous devons nécessairement relancer, notamment par une action de formation des jeunes générations.
Ces valeurs et ces principes gardent en effet aujourd'hui toute leur vigueur, toute leur importance, à l'heure même où la société valdôtaine est confrontée aux défis engendrés par les changements en cours au sein de l'État italien et de l'Europe; à l'heure où même notre identité et notre existence sont en danger, si nous ne saurons pas réagir d'une façon concrète et efficace, en gardant notre unité et en repoussant avec force toute tentative de déstabilisation ou de délégitimation, de n'importe quel côté elles viennent.
La crise institutionnelle et sociale de l'Italie et les projets prétendument fédéralistes de la Lega Nord et de la Fondazione Agnelli, recèlent de graves risques et attentent sérieusement aux libertés du Val d'Aoste. Au nom de la recherche fictive d'un équilibre financier qui se ferait au détriment de nos droits et de nos particularités, ils vont jusqu'à effacer notre Pays de l'échiquier politique, pour nous absorber au sein d'une macro-région des Alpes occidentales italiennes, et nous soumettre ainsi à une nouvelle capitale qui serait d'autant plus oppressive, si ce n'est pour d'autre raisons qu'elle serait plus proche.
Par ailleurs l'Europe aussi-celle des «Etats» et des «pouvoirs économiques»- porte atteinte à nos compétences politico-administratives, notamment dans les matières du ressort de la Région où l'Union Européenne exerce, sans aucune participation régionale, un pouvoir décisionnel contraignant. Tout comme, dans une Europe sans frontières, les grandes cultures dominantes pourraient conduire, de par leur influence, à une uniformisation progressive des petits peuples et, par là même, mettre en péril la survie des minorités, qui se verraient ainsi écrasées par les grandes nations.
Mais, soyez-en certains, nous ne nous laisserons pas faire.
Pour faire face à ces dangers, nous devons réaffirmer avec force notre pleine appartenance au monde francophone et revendiquer le droit de rester «maîtres chez nous».
Nous devons maintenir et valoriser l'emploi de la langue française en Vallée d'Aoste, en sensibilisant tous les Valdôtains - qu'ils soient d'origine ou d'adoption - car c'est sur la reconnaissance de notre particularité linguistique francophone que se fonde notre autonomie; car, de la diffusion de la langue française au sein de notre communauté dépend le sort de notre autonomie politique.
Nous devons donc agir pour la sauvegarde et l'affermissement de ces deux piliers «identité et autonomie», ainsi que de leurs raisons d'être – langue française et civilisation alpine – que nous avons toujours considérées comme les instruments susceptibles de donner une vigueur réelle à l’activité de la Région et de nos collectivités locales ainsi que de permettre la survie du Peuple valdôtain.
A cet égard, le Gouvernement valdôtain est, pour sa part, engagé sur plusieurs fronts complémentaires, par une activité administrative efficace et une action politique que l'on a souvent la tendance à oublier ou, pour le moins, à sous-estimer, qui vise à assurer toutes les conditions pour le maintien de l'équilibre d'une société valdôtaine ouverte aux changements te à faire face au défis actuels, mais également respectueuse de son passé et de ses spécificités.
Or, tout en rappelant les résultats importants obtenus au cours de cette première moitié de législature, fruit de la collaboration loyale des mouvements et partis politiques constituant l'actuelle majorité régionale, pour ce qui est de la sauvegarde de notre identité culturelle et linguistique, nous voulons achever l'application d'un bilinguisme réel et valoriser davantage nos patois, sans oublier notre volonté de repenser le statut du français au sein de la société valdôtaine ainsi que de garantir la transmission des valeurs de notre civilisation aux jeunes générations.
Sur le plan international nous coopérons de plus en plus avec nos cousins francophones des régions voisines en jetant notamment les bases d'un rapport entre institutions transfrontalières, aujourd'hui désormais chœur de l'Europe, dépassant ainsi la marginalisation actuelle des zones de montagne et de frontières par rapport à la centralisation des Etats, et nous participons désormais activement à tous les organismes de la Francophonie multilatérale: l'Association internationale des parlementaires de langue française (AIPLF), l'Association internationale des maires francophones (AIMF), l'union internationale de la presse et des journalistes francophones, le Forum francophone des affaires (FFA), l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), les Sommets francophones.
Sur le plan économique nous agissons pour favoriser l'exploitation des ressources locales et l'ouverture de notre système économique, en vue d'un développement durable et équilibré qui assure la sécurité des emplois et une bonne qualité de la vie pour l'ensemble de la communauté valdôtaine.
Enfin, sous le profil des réformes, nous avons entamé un processus de transformation profonde de l'Administration et de transfert de compétences à l'intérieur de la région, en accordant à nos collectivités locales les pouvoirs et les moyens financiers qui leur permettront de devenir les véritables moteurs de la vie politique en Vallée d'Aoste.
A l'échelon étatique, nous participons au débat actuel de la politique italienne, dont le maintien et le renforcement de l'autonomie valdôtaine sont pour nous l'enjeu principal, en donnant notre contribution d'idées et de propositions.
Nous réclamons ainsi la transformation de l'Italie en un Etat fédéraliste tout en affirmant le droit de décider nous-mêmes de notre avenir, sur la base du projet de réforme fédérale préparé par l'Union Valdôtaine, présenté au Parlement italien par notre Député et au Conseil de la Vallée par le groupe de nos conseillers ainsi que sur la base du respect et u principe d'autodétermination.
Sur le plan communautaire enfin nous luttons pour une Europe des peuples, démocratique, plus proche des citoyens, avec un Parlement Européen doté de pouvoirs décisionnels, où devraient siéger les représentants de tous les peuples et régions d'Europe, y compris évidemment le représentant du Val d'Aoste. Pour ce faire, nous montrons déjà une présence active de la Vallée d'Aoste au Comité des Régions de l'Union Européenne et au Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux du Conseil de l'Europe, en représentant les intérêts de la montagne européenne vis à vis de l'Union Européenne.
A 1'heure complexe de changement et de transition où nous vivons, notre tâche à tous, administrateurs et militants de l'Union Valdôtaine, est donc celle de réunir les conditions pour le renforcement ultérieur des raisons d'être de notre existence en tant que peuple ainsi que de notre autonomie politique, financière et économique. L'avenir du Val d'Aoste se joue sur notre capacité de sauvegarder et valoriser cette civilisation et ces libertés qui sont les principaux atouts dont le Peuple valdôtain dispose pour faire face aux défis du changement! Mais pour ce faire nous devons y croire! Nous devons nous engager et, s'il le faut, nous devons nous battre. Croire au fédéralisme, car c'est la seule forme d'organisation politique qui assure le respect de la dignité l'homme, des peuples, des minorités: des aspirations de chacun dans la réalisation des intérêts communs à tous.Croire à l'Europe des peuples, car une Europe forte et démocratique, respectueuse des diversités, fondée sur les principes de la subsidiarité, de la solidarité et de la participation est le seul rempart contre toute tentative d'autoritarisme et de centralisme de l'État. Croire, donc, à l'Union Valdôtaine, seul mouvement politique qui se rattache aux principes du fédéralisme global, qui veut servir les intérêts - culturels, politiques, sociaux et économiques - du Peuple valdôtain et qui s'engage à seconder et à réaliser notre aspiration à l' autogouvernement dans le cadre d'une Europe unie des Peuples. Pour ce faire, nous devons nous engager, nous devons travailler à l'essor du Peuple valdôtain et assurer, par là, à la Vallée d'Aoste ce rôle d’acteur politique qui lui appartient, sur les échiquiers italien et européen. «Gérer» l'avenir tout en sauvegardant notre civilisation et nos traditions montagnardes et autonomistes: telle est la tâche ambitieuse qui nous revient. C'était la tâche de nos pères lorsque, il y a cinquante ans, face à une autonomie imparfaite et limitée, ils demandèrent l'indépendance et la garantie internationale. C'est aujourd'hui notre tâche à nous, qui, en reprenant leur flambeau et dans une continuité idéale, au seuil à nouveau de changements importants, demandons, bien haut, le droit de décider nous mêmes de notre avenir, le droit à l'autogouvernement pour le Val d'Aoste ainsi que l'accomplissement de la fédéralisation de l'Italie, dont le retard ne peut que susciter des revendications d'indépendance qui sont ainsi, en quelque sorte, les messagers de ce processus de changement toujours promis, mais jamais réalisé. Dans ce moment particulier, la présence active de l'Union Valdôtaine, d'un mouvement autonomiste vigoureux, fort de son expérience, fier de son identité, de son passé et de ses hommes, qui, en préparant son Congrès, doit retrouver tout son enthousiasme, avec des jeunes et des cadres politiques formés a son école, qui soit porteur des intérêts et aspirations de tous les Valdôtains qui croient à l'avenir de notre communauté et de notre Pays, est plus que jamais encore nécessaire.L'enjeu est trop important, pour que nous ne soyons pas - nous, les Valdôtains - les acteurs et les bâtisseurs de notre propre destin! L'avenir nous appartient. Vive l'Union Valdôtaine! Vive la Vallée d'Aoste!

Compte-rendu

50eme Anniversaire de l’Union Valdôtaine:
la Conférence Nationale d'Aoste Cinquante ans au service du Val d'Aoste

Par une Conférence Nationale un peu «atypique» vis-à-vis de celles habituelles, convoquées normalement pour discuter et approfondir des thèmes en particulier, l'UV a marqué la solennelle conclusion des célébrations de son Cinquantième anniversaire qui nous ont accompagnés tout au long de cette année.
Le matin de samedi 18 novembre dernier, ont été rappelés, par une Sainte Messe en l'Eglise de Saint-Ours, point de repère historique des catholiques valdôtains, les défunts de notre Mouvement; l'après-midi, dans un théâtre bourré de monde, les interventions des autorités, des représentants des peuples frères, des administrateurs et des dirigeants de notre Mouvement ont rappelé les lignes fondamentales de l'histoire de l'UV, analysé le contexte de la situation politique actuelle, tracé les perspectives de notre action politique.
Le débat a été ouvert par le Syndic d'Aoste, M. Pier Luigi Thiébat, qui a rappelé le rôle de l'UV dans la défense et la promotion du caractère ethnique et linguistique du peuple Valdôtain, dans le développement de l'Institut de l'Autonomie, par une action qui a pour but le développement d'une Europe sans frontières et d'une sensibilité vis-à-vis de la diversité du patrimoine culturel européen. M. Thiébat a par la suite tenu à remercier en l'UV une des forces promotrices de sa candidature à la Commune d'Aoste, ainsi qu'un remerciement tout particulier a été adressé aux conseillers et aux administrateurs unionistes à la ville d'Aoste qui contribuent d'une façon déterminante à une administration correcte et moderne de la ville.
Avec les interventions des représentants des peuples frères c'est la dimension nationale de l'action politique de l'UV qui a été saluée.
M. Franz Pal, représentant de la SVP et vice-président de la Junte régionale du Trentin-Haut-Adige, a souligné les points en commun entre nos deux peuples, qui ont été victimes du fascisme et qui sont par la suite devenus, grâce aux deux partis ethniques, l'expression profonde de la volonté populaire, les apôtres d'un fédéralisme qui seul peut nous amener à une unité Européenne respectueuse des différents peuples minoritaires.
Le Secrétaire du PATT, M. Walter Kaswalder, a porté à l'Assemblée les salutations du Président de la Région du Trentin, M. Franco Tretter, et a voulu souligner l'engagement commun des deux partis contre le projet des Macro-régions qui est une sérieuse atteinte aux identités des peuples minoritaires.
M. Martin Brecelj, Secrétaire de la Slovenska Skupnost a souligné la richesse que constitue la proposition politique des mouvements ethniques, qui sont des révélateurs de la démocraticité de la société et qui œuvrent pour la liberté et l'égalité. Il a ensuite rappelé la situation difficile de sa communauté ethnique qui n'a pas encore de statut juridique, même si un signe d'espoir est donné par le fait que le peuple Slovène a finalement acquis la souveraineté.
Les lignes de l'histoire de l'action politique de notre Mouvement ont été esquissées par M. Joseph-César Perrin, véritable mémoire historique de notre Mouvement. Il a souligné comme, après 50 ans, l'UV reste profondément enracinée dans l'âme même du peuple valdôtain, ce qui est provoqué par le fait qu'elle a su garder son unité, voire progresser au moment de l'effritement général des autres forces politiques. L'UV a su être guide politique dans un moment où l’Autonomie n'était pas chose acquise, si bien qu'aujourd'hui presque plus personne n’ose être contre l'Autonomie et tout le monde parle de fédéralisme. Elle a dû faire face aussi à des difficultés d'ordre interne, en raison du caractère «ethnique» du Mouvement, interprète donc de toutes les classes et moyen d'intégration pour les immigrés. M. Perrin a par la suite rappelé les grosses batailles menées par l'UV, telles que celle pour la «garantie internationale», sur l'exemple de celle dont a bénéficié le Sudtirol, ainsi que celles pour un bilinguisme réel, pour l'application du Statut «octroyé », pour l'autonomie financière, obtenue avec la Loi 690/81, pour un fédéralisme intérieur à notre région, réalisé par une décentralisation financière et administrative et qui a en perspective une autonomie toujours plus efficace des collectivités locales. M. Perrin a ensuite souligné l'importance de l'engagement international de notre mouvement et les rapports qu'il a tenu dès le début avec les peuples frères, qui ont abouti a la requête de la constitution d'une Europe fédérale. L'idéal fédéraliste a justement trouvé dans des hommes de l'UV tels que Deffeyes, Proment, Caveri, Salvadori des témoins importants. L'UV a connu aussi, avec des moments de force, des moments aussi de faiblesse et de division, dont profitaient les mouvements et les partis italiens, mais face auxquels elle a eu toujours la force de réagir. L'UV est ainsi devenue la force de référence, sous la conduite de personnages comme Séverin Caveri, deuxième Président du Gouvernement, écrivain et fin politicien, Albert Deffeyes, grand fédéraliste, Pierre Fosson, Albert Vuillermoz, l'âme syndicale et ouvrière de l'UV, Corrado Gex, animateur de la Jeunesse, Mme Viglino, grande et cohérente promotrice de la langue française, Bruno Salvadori, un véritable volcan d'idées et d'initiatives. A côte de ces hommes M. Perrin a tenu à remercier Émile Proment, un homme qui a donné sa vie à l'UV et qui, dans les moments de détresse de ce Mouvement, n'a pas abandonné la route et a continué même dans les difficultés économiques, en dirigeant les journaux «l'Union Valdôtaine» d'abord, «Le Peuple Valdôtain» ensuite, en répandant l'idéal valdôtain. Un souvenir tout particulier a été adressé aussi aux milliers d'hommes, administrateurs, présidents et membres des sections, simples adhérents, qui pendant les moments de difficulté n'ont pas fléchi, donnant beaucoup à l'UV sans rien en demander. Une dernière pensée a été adressée aux jeunes, car c'est aux jeunes d'attiser les braises pour raviver la flamme de la Vallée d'Aoste, pour qu'elle vive et progresse. De nouvelles attaques s'annoncent, et c'est pour cela qu'on ne doit pas baisser la garde. M. Perrin a terminé en soulignant la nécessité de rêver, car il n'y a pas de progrès sans rêve. Il a souhaité que l'on rêve toujours d'autodétermination et d’indépendance, qui ne sont pas des mots blasphèmes, puisque des prêtres comme Trèves et Bréan et un catholique comme Emile Chanoux les prononçaient et ils en souhaitaient la réalisation.
La parole a été ensuite donnée aux représentants des organisations collatérales du Mouvement.
M. René Willien, représentant de la Jeunesse Valdôtaine, a souhaité que les jeunes reprennent l'enthousiasme pour la défense de l'identité valdôtaine, lutte d'autant plus nécessaire, vu que la confusion du scénario de la politique nationale et internationale ne peuvent qu'alerter. Il a ensuite souhaité une présence de la JV plus capillaire dans les différentes réalités locales ainsi que la continuation de cette fondamentale œuvre de formation des nouvelles générations commencée avec l'initiative des «Universités d'été», ce qui est nécessaire pour que les jeunes soient liés à notre identité par une prise de conscience toujours plus nette de leurs droits et de leurs responsabilités de valdôtains.
Mme Wanda Jacquemod, représentante de l'Entraide des Femmes, a rappelé les femmes qui œuvrèrent contre le Fascisme pour la défense du particularisme valdôtain dans le cadre de la Jeune Vallée d'Aoste et celles qui prirent part activement à la Résistance, telles que Maria Ida Viglino et Marie Nouchy, ainsi que celles qui ont participé au premier conseil régional: Mlle Viglino, Mme Céleste Perruchon, Mme Anaïs Ronc Désaymonet. Elle a ensuite rappelé les conditions historiques qui ont porté, en 1978, à la naissance de l'Entraide des Femmes Valdôtaines et son rôle important pour la diffusion de nos idéaux dans la société, qui se concrétisa par des initiatives concrètes telles que la campagne pour une prononciation et une écriture correcte des patronymes et des toponymes valdôtains.
La Conférence Nationale a rappelé les différents parlementaires de l'UV décédés: M. Séverin Caveri, Gex Corrado, Marcoz Oreste et Ollietti Germain, décédés ensemble pendant un accident en 1972, et Pierre Fosson.

La parole a été donnée ensuite à l'actuel député du Val d'Aoste, M. Lucien Caveri, qui a souligné la nécessité de réaffirmer des principes, et en particulier de réaffirmer que l'idée qui était à la base de la fondation de l 'UV est un idéal tout-à-fait valable, c'est-à-dire une Vallée d'Aoste plus libre.
M. François Stévenin, Président du Conseil régional, a revendiqué pour l'UV le mérite d'avoir redonné confiance à un peuple et tracé la voie, d'avoir compris que le peuple valdôtain est vivant s'il se reconnaît comme tel. Il faut donc tenir et résister tout en faisant progresser le Val d'Aoste dans un monde qui se globalise, mais qui se caractérise aussi par le réveil de tant de peuples auxquels on a interdit pendant trop de temps de vivre.
Un moment «fort» de la manifestation a été le rappel des présidents du Gouvernement valdôtain de l'UV qui se sont succédés tout au long de ces cinquante ans : M. Séverin Caveri, M. Oreste Marcoz, M. Mario Andrione, M. Auguste Rollandin et M. Dino Viérin, qui, dans son message à la Conférence, a rappelé l'action des unionistes pour la sauvegarde de l'identité du Pays d' Aoste. Cette action est d'autant plus précieuse qu'elle est soutenue par des principes qui ont leur centre dans le respect de la famille et de l'homme et qui nous ont permis de croître. Ce sont ces principes qu'on doit relancer par la formation des jeunes générations.
Le Président Viérin a ensuite souligné la nécessité d'affirmer toujours plus notre pleine appartenance aux peuples francophones afin de sauvegarder les deux piliers de notre particularisme qui sont l'Identité et l'Autonomie et leurs deux raisons, à savoir la langue et la civilisation.
Le Président de L'UV, M. Alexis Bétemps a rappelé les instruments qu'on a utilisés au cours de cette aventure extraordinaire de l'UV, la presse unioniste, les publications «idéologiques » qui constituent le fondement de notre pensée et de notre action. Une place toute particulière a été réservée évidemment au livre qui vient de paraître d'Emile Proment; «La vie de l'Union Valdôtaine», le premier volume d'une collection qui se pose comme but de reconstruire la plupart des articles de ce grand homme, auquel l'Assemblée a exprimé un juste hommage pour le service qu'il a rendu au Mouvement.
Les synthèses politiques de la journée ont été tracées par le Secrétaire Général du Mouvement, M. Charles Perrin, qui, dans son allocution, a souligné l'actualité du programme politique du Mouvement, encore que le risque de la disparition de la minorité ethnique et linguistique valdôtaine existe. Il a souligné le caractère de vraie révolution démocratique du fédéralisme, qui est le seul système par lequel nous pouvons atteindre la souveraineté de la Vallée d'Aoste.
L'UV représente donc pour cela le point de repère fondamental pour les forces politiques, position qui ne porte pas que des bénéfices, car l'on se retrouve souvent exposés directement aux critiques et aux attaques provenant de tous côtés. Une autre difficulté découle du fait que la société valdôtaine est profondément changée; cela nous engage, dans un moment historique délicat et important, à nous réapproprier de notre rôle politique de mouvement, les articles 1 et 2 de nos statuts n'étant pas été supprimés.L'Union doit donc adapter son action et ses stratégies aux nouvelles perspectives politiques en tenant compte de la nouvelle société qui habite le Val d'Aoste et en faisant de la spécificité et du particularisme son grand atout politique.
Après la projection du film sur l'histoire de l'UV, des parchemins ont été remis aux présidents des différentes sections de l'UV. La manifestation s'est terminée par le chant à plein gosier de "Montagnes Valdôtaines".

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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