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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 24 fév 2017 - 17:56

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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Congrès Thématique - "LA VALLEE D'AOSTE E L'UNION EUROPENNE"

Commission Agriculture du Territoire et de l'Environnement

Avant de faire certains approfondissements il s'avère nécessaire de dépenser quelques mots sur les différents sujets du titre de ce Congrès: la Vallée d'Aoste, l'Europe, la montagne et la concurrence.
Pour ce qui est de la Vallée d'Aoste elle doit être considérée comme une réalité politique, administrative et territoriale caractérisée par une forte identité culturelle, ethnique, linguistique, historique, politique et montagnarde, qui la fait ressortir non seulement du contexte italien mais également de celui européen. Sans quoi il n'y a pas de discussions.
La perte de force de certains aspects de notre identité doivent être des raisons pour retrouver un nouvel essor et de nouvelles énergies nous permettant de recoudre les déchirures et de cicatriser les plaies; ils ne doivent pas en tout cas devenir des points faibles rendant plus difficiles les défis qui nous attendent, parmi lesquels la concurrence à différents niveaux.
La construction de l'Union européenne a été entreprise dans le but de développer un processus historique conduisant les Etats européens sur le chemin de la paix, après des périodes de guerres sanglantes. L’Union européenne s'est développée par la suite avec la formation d'un pôle économique, d'abord pour une utilisation commune du charbon et de l'acier, ensuite de l'énergie nucléaire et enfin en réalisant presque un marché unique, et une monnaie unique. Il s'agissait d'une opportunité et d'une nécessité pour concurrencer le pouvoir de l'économie américaine et l'efficacité productive et commerciale des pays orientaux. Ce qui permettait, entre autres, de participer aux processus de la mondialisation au lieu de les subir.
Aujourd'hui, l'Union européenne puise la raison de son existence - d'autant plus si l'on considère son prochain élargissement - dans l'objectif de jouer un rôle important pour la paix dans le Monde et donner à ses citoyens de meilleures conditions de prospérité, de sécurité et de démocratie. Cependant, l'Union européenne est encore trop lointaine de ses citoyens: les causes sont à rechercher dans l'absence d'une âme véritablement politique. Si l'on voudra finaliser la construction européenne, il faudra lui conférer cette âme politique en révisant sa structure générale.
Le point de départ sera de considérer les citoyens comme les véritables destinataires de l'action de l'Union européenne. C'est une Europe éloignée, peu moderne et nullement concurrentielle celle qui donne des réponses sur les actes notifiés après plus d'un an. Les scénarios que l'on entrevoit - après la Convention de Bruxelles - doivent laisser envisager un espace plus important aux Régions, aux minorités et aux particularités: dans le cas contraire, la future Europe élargie serait une faillite historique. Ce rendez-vous contient aussi quelques réponses à nos questions sur la concurrence politique. De là, la nécessité de suivre le développement de la Convention et l'application des propositions qu'elle comprend.
La montagne est un écosystème qui, à la différence de la plaine, a imposé de fortes limitations à l'œuvre humaine d'apprivoisement. L’homme a été arrêté par ses reliefs imposants et tenaces; il a été obligé, pour survivre, à inventer de nouveaux et délicats équilibres. Cependant, l'homme, à son tour, s'est forgé dans cet environnement auquel il est noué par des liens qui sont fondamentaux pour la survie de l'un et de l'autre. Là où la nature et l'homme se sont dissociés, il s'est produit, pour le premier, le désastre s'étendant inévitablement à la plaine, et pour le deuxième, l'aridité intérieure de ceux qui ont perdu leurs propres racines.
Face à la question de savoir si les peuples de montagne sont concurrentiels par rapport au monde actuel. La réponse est la suivante: les peuples de montagne ne sont pas concurrentiels mais nécessaires, et cela non seulement pour des raisons d'ordre hydrogéologique. L’action de lobbying que l'on mène avec persévérance à tout niveau pour la reconnaissance de la particularité de la montagne doit trouver dans cette affirmation un point ultérieur de force.
C’est une question très délicate, car, après l'entrée en vigueur de la monnaie unique, des voix au ton nationaliste se sont levées - et il suffit de suivre la campagne électorale en France - dans le but de défendre les spécificités et les intérêts des différents pays allant jusqu'à la menace d'abandonner le partenariat européen. Il s'agit d'attitudes dont les raisons sont à rechercher dans des situations économiques décevantes mais aussi dans l'effort d'apprivoiser des groupes d'électeurs contraires à l'Union européenne.
Les instances des peuples de montagne doivent pouvoir se distinguer de tels comportements. La concurrence, qui est un facteur important pour stimuler l'économie, améliorer la qualité et la quantité des choix en faveur des consommateurs, peut être examinée sous différents aspects: les secteurs qu'elle concerne, les raisons de sa naissance et de sa réalisation, les effets qu'elle produit. Ces aspects rentrent tous dans notre débat, toutefois ne pouvant les aborder tous faute de temps, il paraît utile de considérer ceux qui ont une référence directe avec les thèmes confiés à cette Commission, qui se penchera sur: l'environnement et l'agriculture; surtout en considération du moment difficile qui touche cette dernière.
En synthèse, je voudrais dire que la concurrence culturelle n'a que deux issues possibles: soit nous sommes gagnants, soit nous sommes homologués et donc perdants face à une non culture qui relègue la nôtre dans le pur folklore. Nos racines culturelles ont un lien très fort avec l'environnement naturel et l'agriculture.
La concurrence politique nous impose d'être très déterminés dans notre requête de participation à tous les niveaux de la représentation institutionnelle. A défaut, nos décisions politiques seront trop subordonnées aux décisions nationales et européennes ou pire encore nous ne serons nullement concernés dans leur formulation. Et s'il est vrai que notre poids est celui des petits nombres, il est d'autant vrai que si nous saurons avancer des raisons fortes, les opportunités d'agir en synergie avec ceux qui partagent notre situation ne manqueront pas.
A ce point permettez-moi une petite évasion. De façon très pragmatique, si l'on veut soutenir la concurrence politique, il est indispensable de sauvegarder le niveau d'autonomie que nous avons acquis et le processus d'européisation doit l'accroître et non pas le ronger. Mai cela est possible avec la stabilité politique interne, même si on est représenté à tous les niveaux. C'est le secret de tout succès. Le mérite des résultats atteints et de ceux attendus pour le futur va aussi à cette Union Valdôtaine (si méprisée par les adversaires politiques) qui - avec de nombreuses difficultés - a permis 20 ans de stabilité politique, en planifiant et réalisant les bases pour le développement actuel et l'épanouissement futur. Ne l'oublions pas et rappelons-le aux autres forces politiques et à ceux qui songent à construire nos querelles et nos défaites.
La concurrence fiscale, qu'il serait plus opportun de considérer comme une révision probable des répartitions, compte tenu de l'affirmation progressive du fédéralisme, ne devrait nullement nous effrayer, dans la mesure où nous saurons garder l'efficacité du système Vallée d'Aoste. Il s'agit de pouvoir compter sur les ressources que ce système est à même de créer sur son propre territoire.
Et nous arrivons à composer cette prémisse avec l'environnement et l'agriculture.

L’environnement
L’environnement est une grande opportunité et constitue le facteur physique fondamental pour notre futur, tout comme il a été le berceau et la nourrice de notre identité.
L’environnement, avec son premier dérivé, à savoir le territoire, est le fondement pour d'autres aspects importants de notre vie sociale et économique: la qualité de la vie, le tourisme, l'énergie et, bien évidemment, l'agriculture. L’environnement amène aussi des éléments défavorables, tels que la difficulté des liaisons, la dispersion des centres urbains, le cout élevé des services, l'exigence de services particuliers. Pour l'agriculture, il faut ajouter les limites de la mécanisation, la réduction des surfaces cultivables, la difficulté des cultures, le faible choix productif. Ce sont tous des éléments qui ont en quelque sorte influencé l'identité de la Vallée: voilà pourquoi fortifier les liens avec notre environnement, notre territoire et notre agriculture, est un moyen pour renforcer notre identité.
L’environnement de la montagne, dans la mesure où il est à même de se présenter différent et original, constitue une alternative ou une fuite des zones urbanisées ou de la plaine. L’air, l'eau, les rochers, les glaciers, la flore et la faune, les paysages immaculés sont des réponses à des exigences fortement senties par des millions de personnes vivant dans les grandes villes. Il faut trouver de nouvelles formules pour les proposer sans les détruire.
La biodiversité de la Vallée - même en considérant les problèmes dus à l'abandon - s'est accrue, certaines espèces d'animaux reviennent et il est assuré pleine protection pour les espèces végétales à risque de disparition. L’adoption et la réalisation d'un plan d'aménagement du paysage et du territoire, qui met la sauvegarde de l'environnement à la base de tout développement socio-économique futur, donne l'image d'une Vallée protégée dans son ensemble. Les marques caractérisant les zones protégées du territoire libre sont de plus en plus floues; sur le territoire libre parfois, nous avons une concentration de faune similaire sinon supérieure à celle des parcs; et cela n'est pas toujours positif. Les nouvelles modalités de gestion de la faune sauvage, qui devraient se renforcer à travers la constitution d'institutions préposées, sont orientées vers un plus ample équilibre entre la faune et le territoire ainsi que vers la mise en valeur de ces ressources. Il s'agit d'une nouvelle opportunité pour augmenter la compétitivité de notre offre dans le domaine de l'environnement.
Depuis des années nous pratiquons la sylviculture naturaliste: dans ce domaine, nous sommes un point de repère. Nous pouvons conférer le certificat de cohérence écologique à nos forêts et au bois que nous en tirons.
N'oublions pas que l'environnement est une richesse qui est à même de s'autogénérer si on l'utilise de façon rationnelle. Nous avons les qualités requises pour le faire, mais nous ne devons pas les gaspiller. C'est pourquoi nous nous devons d'approfondir les impacts que nos choix causent sur l'environnement, en considérant l'effet global dès différentes décisions. Nous devons aussi savoir nous arrêter lorsque nos choix atteignent le seuil d'intégrité de l'environnement lès possibilités de régénération sont nulles une fois l'environnement perdu: nous risquons ainsi de perdre tous les bénéfices découlant de la correcte exploitation de celui-ci.
On ne peut pas imaginer de réaliser un produit de qualité dans un environnement détérioré. L’industrie même est de plus en plus sollicitée à se qualifier et à qualifier ses productions par le biais de la certification en matière de qualité de l'environnement. La Vallée d'Aoste, à travers des efforts tout à fait modestes, a la possibilité de s'assurer une qualité de l'environnement excellente. Il s'agit d'un label très important pour la concurrence et qui confiera également une valeur ajoutée à notre agriculture.

L'agriculture
Nous avons déjà eu l'occasion de soutenir, au cours d'autres congrès, que pour nous l'agriculture représente une production caractérisée par la qualité, l'authenticité, la particularité: il s'agit de caractéristiques qui nous permettent de faire face à la concurrence de l'agriculture des grandes productions, organisée suivant des logiques industrielles typiques des zones de la plaine.
Nous devons nous poser quelques questions. La première est la suivante: l'affirmation que nous venons de soutenir, est-elle encore valable face à une production de fontine, notre produit le plus important, qui atteint quelque 350.000 formes en dépit d'une réduction des surfaces cultivées? En plus est-ce que cette production répond à la demande du marché ou est excessive?
Peut être que, dans la perspective d'une concurrence de plus en plus ample, si nous voulons garder un standing de qualité, nous nous devons d'améliorer la qualité du lait (qui représente en quantité aujourd'hui quelque 500.000 quintaux par année), sans pour cela exagérer la production de fontine, mais plutôt dans le but de revitaliser la production de fromages de qualité du point de vue organoleptique, en exigeant le respect des disciplines et en bannissant les modalités de travail étrangères à nos méthodes. (Je cite un exemple éloquent: la saumure rend la fontine dure et gommeuse).
S'il est vrai que la qualité du produit est directement proportionnelle à la qualité de l'environnement, comment est-il possible que la fontine produite dans les alpages soit vendue au même prix que la fontine produite dans les zones de moyenne montagne?
Nous ne retrouvons nulle part - ou du moins où il existe un territoire différencié tel que le nôtre - ce traitement d'égalité, qui amène à considérer comme équitable le produit réalisé dans des zones de moyenne montagne - qui ne répondent pas toujours aux modèles de qualité attendus - alors que l'on tend à sous-estimer amplement le produit travaillé dans des zones de haute montagne. Le fait d'ignorer cette réalité provoque des effets commerciaux transversaux ainsi que l'ouverture de marchés cultes. Donc il faut ouvrir aux effets positifs de la concurrence interne et assurer aux produits une valeur proportionnelle à la qualité de l'environnement et aux difficultés de production.
L’Union européenne, même avec ses comportements parfois paranoïaques, est aujourd'hui le point de repère pour garantir nos productions face au processus de la mondialisation qui voudrait imposer la production de la fontine en Islande ou en Chine. Complice l'organisation mondiale du Commerce
Nous avons la chance d'avoir un territoire qui a conservé l'éparpillement de sa population. Nous n'avons pas connu le phénomène du dépeuplement tel qu'il s'est réalisé ailleurs. Cela a été rendu possible grâce aux importants investissements soutenus pour améliorer les conditions de vie dans les zones périphériques. Et notamment, le soutien musclé à l'agriculture a joué un rôle déterminant. De ce fait, nous n'avons pas pu éviter les mécanismes négatifs qui se sont rétorqués contre le monde agricole tout particulièrement mais en général aussi. Aujourd'hui, nous devons reconnaître à l'Union européenne un rôle important dans le changement d'attitude, au-delà des censures pour son incapacité à admettre le caractère spécifique de la montagne. Tout en gardant la structure générale de soutien au secteur, l'Union européenne nous a aidés à rejeter les déformations, les abus, les profits injustes et relancer l'économie agricole en la dégageant des logiques d'assistance excessive. Cette inversion de tendance contient les prémisses pour l'agriculture du demain. Un secteur capable de faire face aux concurrences et à même de fournir les services qu'on lui demande. On ne protège pas l'agriculture valdôtaine en proposant aux jeunes de construire leur avenir avec deux ou trois vaches - tel qu'il a été fait par nos pères - ni en leur donnant des subventions généralisées ou des aides cachées par de fausses stratégies suivant les modalités et les procédures de la plus pure tradition démo-chrétienne. Il faudra leur donner la possibilité de gérer des entreprises avec une quantité de bétail qui soit équilibrée à la disponibilité des ressources et fonctionnel à la qualité des produits.
Il faut également favoriser les jeunes entrepreneurs afin qu'ils puissent obtenir des surfaces suffisamment grandes - et aujourd'hui il est possible de le faire - sur lesquelles réaliser des cultures fruitières, dont la production sait conquérir le marché.
Sur la base de ce qui s'est passé dans les domaines des vins, de la floriculture et du jardinage, on peut imaginer des investissements dans les cultures de serre et dans la production de plantes officinales.
La qualité de l'environnement dont j'ai parlé auparavant est aussi à exploiter pour entreprendre la conversion et l'activation de productions biologiques.
Il faut fournir aux entrepreneurs un système d'aide et un ensemble de services les acquittant de toute charge bureaucratique ainsi que de toute alchimie comptable pour apurer les budgets dans le seul but d'obtenir des subventions.
Un processus tourmenté de transformation de l'agriculture est en train de se produire: la cause n'est pas seulement à rechercher parmi les règles imposées par l'Union européenne - ce serait hypocrite de le soutenir - elle fait partie de l'évolution et elle est donc inévitable. Notre devoir à nous, c'est de ne pas perdre ce que nos pères nous ont enseigné et transmis, nos pères qui avec deux vaches entretenaient le territoire et réalisaient des produits excellents.
Cette majorité a approuvé différentes dispositions. Je pense au plan de développement rural ou à la loi toute récente portant sur les interventions sanitaires dans le domaine de la zootechnie et les productions annexes. Il s'agit de bonnes normes qui ouvrent des perspectives de rente équitable et qui offrent un futur plus certain au secteur face à la compétition. C'est pourquoi elles doivent être défendues, contre la mauvaise foi et le populisme.
Elles ouvrent des horizons à la rentabilité et à la qualité du secteur, en le rendant effectivement concurrentiel, mais dans un conteste où il y a des règles claires en matière de concurrence. Là dessus nous devons être attentifs. Nous pouvons imaginer une phase au cours de laquelle les pays de montagne fraternisent et deviennent donc solidaires pour revendiquer la reconnaissance de leurs spécificités face à l'Europe, en demandant d'être placés au-delà des règles qui homologuent la concurrence entre la plaine et la montagne. Toutefois, la phase suivante impliquera une concurrence entre les pays mêmes de montagne, qui devront se confronter en mettant sur le tapis leurs capacités pour acquérir des parts du marché des produits agricoles ou de l'offre touristique ou de tout autre secteur. Et s'il est vrai que le Mont-Blanc n'est pas la Marmolada et la fontine n'est pas l’Asiago et vice et versa, il est d'autant plus vrai qu'entre les deux le consommateur choisira le produit qui, pour le même prix, saura correspondre aux attentes. Ce sera donc l'amorce d'une dure concurrence entre les pays de montagne. Pour rester sur la brèche, il faudra être concurrentiel. Il y aura ainsi la nécessité de définir des règles très claires en matière d'aide publique, sans quoi les conditions favorables appartiendront aux pays qui disposeront de plus amples ressources à adresser à cette aide. Nous ne savons pas si dans le futur nous aurons encore les ressources suffisantes pour soutenir le secteur ou si la situation politique et sociale interne nous permettra de le faire au vu d'autres exigences ou de la limitation des budgets (je pense aux coûts de la santé ou à d'autres services). Dans les zones de montagne aussi les conditions ne seront pas les mêmes pour tous, il sera donc nécessaire d'adopter des formes compensatoires qui devront être fixées de commun accord.
Aujourd'hui l'Union européenne permet de donner des aides seulement aux entreprises valables du point de vue du résultat économique, ce qui est problématique à certifier puisqu'on leur demande de développer des services qu'il est difficile d'évaluer. Il est donc nécessaire d'éclaircir et de mieux distinguer le rôle productif de l'agriculture de celui concernant les services qu'elle fournit. Mais pour faire que soient reconnus ces services il est fondamental que les entreprises agricoles soient efficaces, sans quoi des entreprises d'autres secteurs pourraient entrer en jeu et les remplacer dans ces fonctions. La rentabilité actuelle de l'agriculture est souvent inférieure à celle qu'elle devrait être par rapport au volume de travail réalisé et au risque réel d'entreprise. A juste titre, l'une des hypothèses de réforme de la politique communautaire concerne la possibilité de soutenir le revenu au lieu des produits des agriculteurs, et notamment de ceux qui travaillent dans des situations de difficulté. Mais dans ce cas aussi, les paramètres du revenu de référence porteront sur l'efficacité de l'entreprise, ne pouvant être purement et simplement d'assistance. Il s'agit de quelques éléments nous amenant à supposer des temps où il sera très important d'être compétitif dans tous les secteurs, y compris l'agriculture, dans un cadre de règles partagées entre les populations des zones de montagne. Il s'agit d'éléments qui nous indiquent aussi que le futur de l'agriculture se joue sur l'efficacité des entreprises à poursuivre les standards de qualité des produits et des services, pour lesquels la collectivité sera encore disposée à payer le soutien quoique de façon très attentive.
Actuellement, le problème est celui de gérer de la façon la moins traumatique possible la transition entre l'ancienne et la moderne agriculture. Il faut songer aux exigences sociales et éthiques: nous ne pouvons pas jeter, au nom du marché, le patrimoine humain qui a conduit jusqu'ici l'agriculture comme une vieille chaussette, cependant nous ne devons pas nous arrêter face aux processus en accélération, le risque étant de nous faire renverser.
Pour des raisons de qualification environnementale mais pour d'autres également, il faut se compromettre davantage pour récupérer les zones en friche par des investissements allant au-delà du reboisement, qui doit être réservé où il y a des problèmes hydrogéologiques.
De nouveaux chemins sont à explorer en plus de ceux qui ont été entrepris avec le plan de développement rural.
Nous proposons quelques-uns: pénaliser les terres en friche, favoriser la cession à titre d'utilisation des terrains agricoles inutilisés; employer des coopératives de travail ou bien les agriculteurs mêmes pour effectuer des interventions tels l'entretien des prés et des pâturages; égaliser la valeur du terrain agricole et celle du terrain à bâtir.
La perte en terme de paysage, de nature, d'hydrogéologie des friches résulte bien plus onéreuse que les interventions nécessaires pour leur entretien.
Mais il y a une autre urgence prioritaire à affronter, toujours dans la logique de la concurrence: c'est de contenir le processus des tierces mondialisations de l'agriculture.
La bataille entreprise en faveur de la montagne doit porter à la définition d'un nouveau pacte entre l'Europe et ses montagnes (la résolution du Parlement Européen, suite au rapport Ebner est un bon point de départ). Ce pacte devrait reconnaître les difficultés et les spécificités des productions agricoles en les conjuguant avec les coûts qui comportent des investissements et des charges sociales nécessaires pour garantir un niveau de vie acceptable aux gens de la montagne. Et je le répète, la montagne ne doit pas seulement être considérée comme une zone défavorable aux termes de la production, elle doit être appréciée comme une partie importante du territoire européen, devant garder sa population qui, avec son travail produit des denrées saines, est porteuse de traditions et de diversité culturelle, offre des modèles de vie primant la dimension humaine, entretient l'efficacité de l'environnement dans l'intérêt de la communauté européenne tout entière. Et tout cela on le retrouve surtout dans le domaine agricole.
Voilà pourquoi il est nécessaire de se battre pour revitaliser un système social, à côté de celui économique, capable de rendre appétissante l'entreprise agricole.
Il s'agit d'une action qui s'insère dans la sphère des activités allant dans la direction de redonner souffle à la compétitivité, à l'entreprise, au développement des capacités des individus et invertissant le chemin entrepris qui a porté à une sorte "d'employé manie", surtout dans l'administration publique.
Pour que cette action se réalise nous devons une fois de plus faire appel à notre identité où nous pouvons trouver tous les éléments nécessaires pour retrouver ces valeurs.
Aujourd’hui nous avons donc une raison de plus pour être et vivre en unionistes, qui restent les seuls vrais défenseurs de notre identité; c'est à dire de la grande chance du peuple valdôtain pour vaincre les défis de la concurrence.
Albert Cerise

Commission Ethnie

Le thème de ce Congrès est "la Vallée d'Aoste et l'Union Européenne: les chances des peuples de montagne face aux concurrences", mais dans plusieurs articles du "Peuple" qui le concernent on a beaucoup parlé de concurrence en général et aussi de concurrences de nature politique, économique, culturelle. Or dans le domaine culturel nous avons une concurrence français-italien quoi date de la formation de l’Etat italien et concerne notre identité, car la langue française est une composante essentielle ou partie constitutive de l’identité valdôtaine. La dictature fasciste suspendit cette concurrence en bannissant tout simplement le français, considéré comme langue étrangère, voire ennemie, jusqu’à la soi-disant libération, où le français put de nouveau se manifester, mais avec un fort handicap par rapport a l’italien, Ce handicap initial explique la position culturel subalterne actuelle du français mais ne la justifie pas. L’article 38 du Statut ("Nella Valle d'Aosta la lingua francese è parificata a quella italiana") est devenu une "endrumia", une duperie dans l'administration publique (5% de français, 10 tout au plus), parce que trop de Valdôtains n'ont pas compris que l'Autonomie devait servir d'abord à sauvegarder l'identité valdôtaine.
Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Il faut que l'article 38 soit interprété correctement et appliqué rigoureusement dans l'Ecole et dans l'Administration. Posons-nous clairement, franchement, courageusement la question, comme le voudrait Emile Chanoux ('L'esprit de victoire') est ce que dans l'Ecole et dans l'Administration l'article 38 du Statut est correctement interprété et fermement appliqué?
Si la réponse est négative, nous devons être conséquents et vouloir que le prochain Congrès thématique soit entièrement consacré à l’étude d’une stratégie de défense de l’identité valdôtaine gravement menacée. C’est ce que la commission de l’Ethnie demande instamment à l’Union Valdôtaine aurait dû faire depuis longtemps ... pour éviter ''l'endrumia'' en matière d'identité valdôtaine.
On va certainement m'objecter qu'un Congrès sur l'identité valdôtaine a déjà eu lieu au mois de février de l'année dernière.
Sans doute, mais les résolutions de ce Congrès sont restées lettre morte. Rien n'a été entrepris depuis plus d'une année pour l'exécution de la moindre résolution.
Pourquoi? Principalement parce qu'on n'a pas désigné ou créé un organe chargé de l'exécution. Le nouveau Congrès sur l'identité valdôtaine proposé par la Commission de l'Ethnie serait donc le complément nécessaire, l'achèvement du précédent.
Ou un nouveau Congrès ... ou une Commission (art. 23 des statuts de l'U.V.), chargée de travailler à l'exécution des résolutions du précédent Congrès sur l'identité valdôtaine.

 Emile Proment

Commission Finances, Industrie, Commerce et Ressources Naturelles

Monsieur le Président du Mouvement,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Député auprès du Parlement européen, Président de la Région, Assesseurs régionaux, Président du Conseil, chers collègues conseillers régionaux, syndics et administrateurs des Communes et des Communautés de Montagne, permettez-moi de vous adresser une salutation en mon nom personnel et au nom de la troisième commission Finances, Industrie, Commerce, Artisanat et Ressources naturelles.
Ces quelques réflexions que je vous délivre, découlent d'un examen en partie développé au sein de ladite commission, que j'ai l'honneur de présider, et en partie de l'analyse que j'ai pu faire grâce aussi aux idées produites par les différentes sections de notre mouvement. Je tiens donc à remercier tous ceux qui, à titre personnel, à l'intérieur des sections de Gignod, Saint-Pierre, Saint-Marcel, Nus, Fénis, Hône, Bard, Pontboset, Donnas, Gressoney et Jovençan ont bien voulu se pencher sur le thème qui a été choisi pour ce Congrès.
Afin de développer une analyse correcte, qui tienne compte des suggestions qui se sont dégagées de ce congrès, nous avons tout d'abord voulu résumer les particularités morphologiques, naturelles et socio-économiques de notre territoire.
Le thème de la concurrence évoque des données, des paramètres, des analyses de marché et des statistiques. Compte tenu de l'élargissement international des marchés, notre époque est le théâtre de conflits, parfois très rudes, qui se nourrissent d'une terminologie typique : défi, concurrence, marketing, compétition.
Nous assistons aujourd'hui à une uniformisation des comportements culturels et des modes de production qui conduisent à la création de modèles culturels et de produits compétitifs partout dans le monde: un dangereux processus de standardisation des besoins, et de l'offre susceptible de satisfaire ces besoins, a vu le jour.
Notre réflexion doit prendre un peu de recul par rapport à cette approche. Notre mission est difficile, car nous ne devons jamais oublier la grande différence qui existe entre notre environnement particulier et le contexte général dans lequel nous évoluons. Nous possédons un produit "montagne" qui ne saurait être anéanti par le processus de globalisation que nous connaissons aujourd'hui. Nos habitudes et nos comportements de montagnards - qui se sont formés au fil du temps et en étroite liaison avec un milieu différent, de par sa nature, des grandes zones de production - ne doivent pas non plus subir de modifications.
Mais attention! Nous ne pouvons pas non plus faire comme si le problème que je viens de soulever n'existait pas, c’est-à-dire faire abstraction du marché. Au contraire, nous devons nous mesurer avec ce dernier, sans perdre de vue les caractéristiques uniques de notre montagne et de son milieu.
C'est pourquoi je suis persuadé que nous ne devons pas accepter de défis fondés sur des modèles non homogènes ou sur la quantité, du fait des dimensions réduites de notre région.
En tant que peuple de montagne au cœur de l'Europe, nous ne pourrons relever des défis que s’ils sont basés sur la qualité. Je parle de la qualité de nos valeurs, de notre vie, de l'air et de l'environnement que nous souhaitons défendre, mais également de la qualité des services que notre communauté peut assurer, grâce notamment à son autonomie, ainsi que de la qualité de nos produits typiques et de l'authenticité de nos traditions.
Nous devons nous mesurer à l'aune de ce que nous savons produire et vendre, en misant sur notre façon d'être, c’est-à-dire, en un mot, sur notre identité.
Car elle est pour nous une ressource précieuse, que nous devons savoir adapter aux évolutions du marché, un marché qui ne doit pas seulement être vu sous son aspect économique classique mais également en tant que lieu d'élaboration et d'échange de culture. Nous devons prendre pleinement conscience de notre identité et c’est sur celle-ci que doit reposer notre action dans les différents secteurs de l'économie: le tourisme, la production artisanale, l'industrie et le commerce, ainsi que l'animation culturelle et les manifestations folkloriques. C'est dans ce contexte, à partir de ressources non économiques, que nous pourrons faire valoir notre spécificité en contraste avec l'uniformisation qui sévit aujourd'hui dans tant de domaines.
Il ne faut pas oublier les efforts constants que nous avons déployés pour défendre notre identité et renforcer la compétitivité de nos produits, à plusieurs niveaux, car la spécificité de ces derniers représente - même dans un monde globalisé - un facteur de valorisation sur le marché international.
Il est possible de définir les conditions précises et les opportunités d'un développement durable et rentable:
- notre position géographique, tout d'abord, qui constitue un atout considérable pour notre région, car elle lui permet de jouer un rôle majeur dans la communication entre le nord et le sud de l'Europe;
- nos caractéristiques et nos ressources naturelles, ensuite, ainsi que nos ressources historiques et culturelles, susceptibles d'attirer toujours plus ceux qui ont à cœur la qualité de l'environnement et la qualité de la vie et pas seulement des touristes. La Vallée d'Aoste offre en effet des chances importantes en termes de formation et notamment de formation universitaire ainsi que d'implantation de nouvelles activités de production, ce qui ne manquera pas d'engendrer un cercle vertueux créant ainsi de la valeur ajoutée du point de vue économique certes, mais pas seulement;
- les dimensions réduites de notre région enfin qui favorisent le lancement de nouvelles expériences dans tous les domaines: pensons, par exemple, au fait que, du point de vue institutionnel; la Vallée d’Aoste a pu se doter de formes d'autogouvernement, qui, n'en déplaise au Gouvernement de Rome, nous permettent de mieux gérer le développement de notre communauté. Pensons également au modèle local de gestion du patrimoine territorial qui, est le fruit de la sagesse séculière des montagnards. Pensons aussi à notre modèle culturel lié au bilinguisme ou au modèle de développement adopté pour faire en sorte que nos montagnes ne soient pas laissées à l'abandon, pour avoir une montagne vivante, et qui est directement lié au potentiel touristique de notre territoire. Pensons enfin aux actions mises en œuvre au niveau régional pour protéger la biodiversité ou les races bovines locales.
Voilà donc comment la Vallée d'Aoste peut servir de modèle à d'autres réalités: notre région est un véritable "laboratoire" qui permet d'élaborer et d'expérimenter de nouvelles solutions dans différents domaines, un fait que favorisent ses dimensions réduites et ses, autres caractéristiques environnementales.
Ce sont là des atouts qui méritent d’être valorisés davantage et dynamisés par la concurrence. Les éléments classiques du marché - et la concurrence notamment - ne doivent pas bouleverser notre modèle montagnard ou orienter nos processus de développement, mais plutôt servir à les relancer.
Tant le secteur public (Région et collectivités locales) que le secteur privé (secteurs de production) sont appelés à favoriser cette reprise car, chacun dans son domaine, il doit veiller à éviter tout déséquilibre et privilégier la promotion et la sauvegarde de la montagne en tant qu'espace de différence, distinct des régions métropolitaines et de la plaine.
Pour les gens de la montagne, celle-ci n'a jamais représenté une barrière mais plutôt une voie de passage et une occasion d'échange avec les autres réalités.
C'est pourquoi, nous devons développer les collaborations transfrontalières avec les autres populations de montagne d'Europe en vue de sauvegarder ce territoire si particulier et adopter les mesures adéquates pour soutenir les activités dans ce milieu.
Les zones de montagne représentent 30% de la superficie de l'Union européenne. Cependant, comme me le rappelait récemment le député européen Caveri, en 50 ans de politique européenne, le Parlement européen n'a adopté que trois résolutions relatives à la montagne.
Tout comme notre représentant à Bruxelles et à Strasbourg, je souhaite donc que l'Union européenne parvienne à simplifier les procédures communautaires relatives à l'agriculture de montagne et, en même temps, qu'elle étudie la mise en place de mesures compensatoires pour ceux qui exercent une activité économique en zone de montagne, dont elle reconnaîtrait ainsi le rôle fondamental dans la protection d'un patrimoine écologiquement fragile.
L’année 2002, année internationale de la montagne, nous offre l'occasion parfaite de remettre cette réalité au cœur du débat mondial sur l'environnement et le développement. En tant que montagnards, nous devons être les acteurs de cette "pièce" médiatique et non pas de simples figurants folkloriques, qui sont là pour donner une impression de couleur locale. C'est à nous qu'il revient de susciter l'intérêt pour la montagne, de faciliter l'échange d'informations, de réfléchir - comme le fait aujourd'hui notre Mouvement - sur les problèmes et les solutions possibles, et de soutenir la cause de ceux qui vivent et travaillent la montagne.
L'implantation d'entreprises et d'exploitations agricoles en zone de montagne témoigne du savoir-faire remarquable des montagnards qui pour vivre dans ces régions s'adaptent aux difficultés et façonnent le territoire afin d'en tirer un revenu.
Il importe que nous prenions conscience de ces capacités et de l'importance de ces activités et que le système législatif reconnaisse l'existence de ces valeurs en adoptant des mesures susceptibles de compenser les handicaps environnementaux.
Le processus d'intégration européenne a introduit des politiques de concurrences qui ont limité les aides aux entreprises. Par conséquent, il faudra faire une sélection des interventions pour soutenir les entreprises qui s'engagent sur le terrain de la qualité et de la recherche, pour avoir des atouts concrets sur les marchés internationaux. De l'introduction de l'euro découle une nouvelle position de notre région, qui est de plus en plus exposée face à la concurrence internationale, mais elle est aussi favorisée dans les relations transfrontalières avec ses voisins et avec l'Europe, qui résultent de moins en moins conditionnées et liées au contexte institutionnel, voire économique, italien.
Pour les acteurs économiques de chez nous, la compétition se fait de plus en plus ouverte avec des perspectives d'augmentation, surtout liées au niveau des capacités locales. L’expérience valdôtaine nous enseigne que tout modèle de développement durable en montagne est fondé sur la présence de l'homme, ressource première et essentielle pour la gestion du territoire. C'est sur ce principe que reposent toutes les activités économiques liées à la valorisation et à la défense de notre patrimoine environnemental.
Je termine mon exposé avec un bref rappel des suggestions, proposées par les sections, qui sont en contact dans le domaine de compétence de ma commission.
Parmi les différentes propositions, j'ai retenu les actions visant à créer un label de qualité pour les produits typiques, la nécessité de travailler sur un tourisme de qualité qui puisse satisfaire aussi la demande de connaissance culturelle de notre patrimoine historique et artistique, les échanges entre régions alpines pour faire entendre la Voix des peuples de montagne, la formation technologique des jeunes, mais aussi la formation pour les administrateurs publics.
Nous avons reçu aussi des suggestions qui invitent à réduire les délais d'attente et les formalités administratives, à réduire aussi les frais de fonctionnement de l'administration régionale.
Je vous remercie de votre attention.

Renato Praduroux

Commission Réformes Institutionnelles, Tourisme, Sport et Transports

«65% environs du produit brut de la Vallée d'Aoste, y compris le marché principal de nos produits typiques, agricoles e de l'artisanat», voilà une synthétique définition de l'impact du tourisme dans notre région. Un secteur donc, pour nous, primaire, fondamental.
Le tourisme est une des activités dont la croissance est certaine, grâce à la réduction progressive des horaires de travail, à l'augmentation des revenus des familles et à la durée de la vie qui s'allonge. D'ici à 2010, le nombre des touristes redoublera, et ceux qui déjà font du tourisme doubleront leurs jours de vacances par an. Un phénomène qui va donc à peu près tripler en huit ans, c'est les projections économiques qui nous le disent. Un marché à la croissance sûre, garantie.
Mais (puisqu'il y a un mais), paradoxalement, comme tous les pays européens se préparent à en profiter, l'offre augmente plus rapidement que la demande, et, dans un système global, un grand problème de concurrence se pose, qui s'ajoute à celui des contraintes communautaires qui frappent l'économie de montagne. Globalisation ou mondialisation qu'on l'appelle, c'est aussi la globalisation du tourisme, et cela, nous le savons fort bien, déclenche la concurrence la plus sauvage.

Les suggestions des sections

Déplacer le match du terrain de la concurrence sur les prix à celui de la qualité, de l'enrichissement de l'offre, d'une meilleure exploitation de nos ressources tout le long de l'année, voilà le défi qui nous attend. C'est, par ailleurs, le message qui nous vient de nos sections, qui se sont penchées, ces dernières semaines, sur les thèmes du congrès. Leurs suggestions sont éclairantes.

Les sections de Saint-Marcel, Nus et Fénis nous disent:
- promouvoir et distribuer, sous un label de qualité rigoureux, les produits du terroir (tels que le lait, la fontine, le miel, les pommes, etc.), en mettant l'accent sur les produits biologiques, de façon à gagner des parts de marché dans les filières qui, dans ce domaine, sont de plus en plus nombreuses et offrent ainsi des débouchés intéressants;
- favoriser le travail à la montagne, car en garantissant une excellente qualité de vie il permet aussi de préserver l'environnement; - ... valoriser le secteur de l'artisanat;
- améliorer le secteur le secteur des communications (le train: ligne Aoste-Turin fermée depuis un an et demi, le ferroutage complètement inexistant en Italie), en soulignant l'importance de la liaison Aoste- Martigny;
- développer un tourisme de qualité toute l'année en comblant les périodes creuses (villages désertés et hôtels et restaurants fermés en mai/juin, ou octobre/novembre) par de nouvelles propositions touristiques, et en valorisant les patrimoines culturel, historique, naturaliste, thermal, etc. "

Monsieur Silvio Bastrentaz, de Pont-Saint-Martin, nous rappelle:
"Nous devrons opposer aux meilleurs prix des produits industriels et des réalités touristiques les plus vastes, nos qualités meilleures; donc meilleur territoire, meilleure organisation, meilleurs services, meilleurs produits. Attendu que quantité se combine rarement avec qualité, tous nos efforts doivent s'orienter à progresser en qualité. Compte tenu de nos dimensions réduites, il devrait être possible de nous créer dans le marché européen une niche suffisante à nos exigences. Par ailleurs, les produits de qualité sont cherchés par les clients de qualité, donc plus d'invasions improductives, mais l'intéressement de fin connaisseurs dotés aussi de possibilités économiques suffisantes."
"Le tourisme est en train de changer son profil et doit se proportionner à un plus haut niveau de la demande de culture, sur un plan, disons, anthropologique. - nous suggère la section de Gressoney-Saint-Jean. Nous sommes un petit pays qui est doté d'un extraordinaire patrimoine de beautés naturelles, mais aussi architectoniques, d'où l'exigence de récupérer et relancer le pays, afin de faire ressortir l'histoire de nos vieilles maisons et de nos alpages, pour donner vie au développement de notre localité. Notre système de développement rural présente de très sérieux handicaps géographiques, qui minent l'environnement, si important aujourd'hui pour le tourisme. Notre patrimoine doit être gardé même à travers la voirie. "

Voilà maintenant l'opinion d'un groupe d'unionistes de la basse Vallée, parmi lesquels les représentants des sections de Hône et Bard, de Donnas e Pontboset: " . .. nella realtà valdostana un contributo non deve essere visto come un aiuto inserito in un contesto assistenzialista, bensì come un supporto economico vitale per il mantenimento di certe professionalità, in particolare nel tessuto agricolo, industriale e turistico, che altrimenti non riuscirebbero a sostentarsi con i propri mezzi, andando cosi ad inaridire tutte quelle attività, quale ad esempio l'agricoltura di montagna o la produzione di prodotti tipici, che non vanno analizzate solo dal punto di vista economico ma anche con un alogica potico-sociale… - et, plus bas, - …. Turismo che non si deve solo ridurre a quello di tipo invernale e quindi sportivo, ma potrebbe essere indirizzato verso altri interessi, tra questi il turismo di matrice culturale rappresenta certamente un’opportunità imperdibile. La bassa Valle è ricca di risorse storico-culturali, tra le quali spicca quella de dovrà diventare la cartolina della Valle, il Forte di Bard…

La section de Saint-Pierre nous rappelle: "...remise en valeur des ressources touristiques, surtout de celles à caractère historique déjà existantes, et nouvelle exploitation d'un tourisme de fond de vallée, grâce à la réalisation d'un circuit à travers les châteaux. Le tourisme pourra ainsi retrouver de nouvelles énergies à ce sujet, à condition qu'il ait une vision plus souple et qu'il diversifie l'offre des châteaux, vus non seulement en tant que musées." (Un point à la une dans plusieurs milieux, celui des châteaux vivants et vécus, opposés aux châteaux-musées).

Fort intéressante enfin l'analyse de la section de Gignod: " La Vallée d’Aoste, notre montagne, dispose d'atouts importants et majeurs de beaucoup d'autres zones d'Europe pour son développement futur, car elle dispose de biens et de valeurs parmi les plus demandés aujourd'hui dans notre société (espace, culture, nature, qualité des paysages et des produits, loisirs, santé, sport). Ces atouts sont précieux dans un monde où des phénomènes comme la croissance démographique mondiale, et la croissance économique, en ce moment surtout en Asie, peuvent évidemment favoriser la consommation des loisirs et du tourisme, et donc produire des effets importants sur la demande touristique. Au-delà de la démographie et de l'économie, d'autres facteurs vont influencer le marché:
- l'impact de l'introduction de l'euro. L'euro pourrait jouer un rôle de révélateur des écarts de prix des prestations touristiques entre les pays;
- d'une certaine manière, l'expansion des technologies de l'information, dont Internet, accroît, elle aussi, la transparence du marché. Cette transparence sera-t-elle favorable à la Vallée d’Aoste ? Sommes-nous prêts à faire face à ces exigences de mutation de la demande et de l'offre?"

Gagner la concurrence avec la qualité

Jusqu'ici les sections. Nous devons donc remplacer la concurrence sur les prix par une offre de qualité, ce qui signifie:

  • la chaleur de l'accueil
  • le respect de l'environnement
  • l'offre de produits typiques
  • l'offre de culture historique et artistique
  • l'offre de loisirs
  • l'offre de sport, etc.

Tout cela doit s'intégrer dans un système d'infrastructures et de services impeccables. Les services de la santé sont, à ce propos, fondamentaux. Un nombre croissant de tour operators sélectionnent l'offre touristique en tenant bien compte de ce paramètre.
Notre réseau routier et autoroutier est bon, le tunnel du Mont Blanc est finalement ouvert. Ce qui reste à réaliser, soit la mise en sécurité de la route de Cogne, quelques raccords avec les vallées latérales et quelques routes de ceinture (pour ne plus traverser certains pays), est par ailleurs prévu dans les plans régionaux. Une vraie modernisation du chemin de fer Aoste-Chivasso, qui en redessine le parcours même, serait souhaitable, puisque sa simple réouverture, quoiqu’indispensable, ne résoudra que les problèmes de navette. Les efforts pour la promotion et la réalisation du tunnel ferroviaire Aoste-Martigny doivent continuer.
En Vallée d'Aoste nous comptons:
- 480 hôtels, dont 333 offrent un restaurant public (29.000 couverts, 23.000 lits);
- 560 restaurants, qui portent les couverts à 66.000;
- 52.000 lits au total, si nous ajoutons les entreprises agrotouristiques, I.es campings, lès refuges et les ainsi dites « case per ferie »;
- 80.000 sont enfin les lits dans les habitations privées supplémentaires (seconde case).
Donc 165.000 lits pour les touristes au total, par rapport à 120.000 résidents, soit presque trois fois plus de capacité d'hébergement par habitant que le Sud-Tyrol. Nous avons 170 remontées mécaniques, presque 900 Km de pistes de descente, une capacité horaire qui frôle les 200.000 passagers à l'heure, et 300 km de pistes de ski de fond. Ajoutons enfin 1200 moniteurs de ski, 180 guides de haute montagne, autant de « accompagnatori della natura », et puis nos guides touristiques et culturels, etc., ce qui fait plus de 2.000 professionnels du tourisme, des véritables entrepreneurs autonomes.
La capacité d'offre de notre machine touristique est donc impressionnante, mais nos revenus sont insuffisants, si confrontés à nos efforts et à nos investissements. Pour vaincre le défi de la concurrence, cette offre devra être gérée tel qu'un système intégré, en réduisant au minimum, voire éliminant, la superposition d'initiatives et de promotions et la concurrence d'évènements et de manifestations aux mêmes dates, pour rééquilibrer la tendance négative naturelle de la mondialisation, qui porte à la concentration des touristes dans les grandes stations au détriment des petites. Il suffit de citer Champorcher et la Valpelline: voilà un exemple de stations qui souffrent cette concurrence interne due à l'homogénéisation entraînée par la mondialisation du tourisme.
Notre autonomie, notre particularité, notre spécificité sont notre richesse, qui nous permet d'offrir un produit vraiment unique. Les produits uniques se soustraient à la logique de la concurrence sauvage. L'acheteur peut imposer son prix lorsqu'il peut choisir parmi d'innombrables produits identiques, standardisés, comparables, enfin, bon marché. Mais souvent ce prix n'est pas suffisant à garantir au vendeur un revenu décent, convenable, respectueux de la dignité de son travail. C'est la logique de la mondialisation.

Si l'un vaut l'autre, je vais où ça vaut moins cher. C'est la logique de l'interski. Au contraire, lorsqu'on offre un produit unique, particulier, spécial, ce n'est plus le client, c'est nous qui faisons le prix. Voilà pourquoi notre particularité est une richesse, la seule qui puisse nous défendre des lois perverses de la globalisation. Il nous faut remplacer la logique de l'interski par celle de l'après-ski. L'après-ski dans la journée et dans la semaine, par l'offre de loisir et de culture, mais surtout l'après-ski dans la saison, soit l'après. saison, la nécessité de réaliser la troisième et la quatrième saison, qui relient l'hiver à l'été e l'été à l'hiver, qui permettront à notre système touristique de mieux exploiter ses structures le long de l'année, de réduire l'excès de frais de gestion dû à l'alternance de moment creux sans travail et de périodes de pointe excessive, avec tous les problèmes que cela entraîne.
Tout au long de cette législature le Gouvernement et le Conseil ont approuvé plusieurs lois qui règlent le domaine touristique la réforme des APT, y-compris l'importante institution de l'observatoire du tourisme et du commerce - les chambres d'hôtes, les bed & breakfast, une nouvelle structure des contributions pour la réalisation et la restructuration des hôtels, la loi de réforme du commerce, celle des marchés et des foires, et puis la formation professionnelle touristique, les moniteurs de ski, les pisteurs-secouristes, l'entretien des pistes de ski, etc., et la liste ne s'achève pas ici. Tout cela (et ce qui reste à faire dans ces derniers mois qui nous séparent de la fin de la législature) a été nécessaire, soit pour rationaliser le secteur, soit pour appliquer des réformes nationales, soit enfin, et parfois surtout, pour mettre la Région en condition d'adapter le support et la promotion du secteur touristique aux contraintes communautaires, qui jamais ne tiennent compte de la difficulté de gérer des entreprises, soient-elles agricoles ou touristiques, dans un territoire de montagne.
Ces lois sont des outils. Ils devront être utilisés, et, si nécessaire, adaptés le long du parcours, pour réaliser ce système Vallée d'Aoste de tourisme intégré, de vacances, de culture, de loisirs et de sport, qui nous permette d'offrir ce produit unique, compétitif grâce à la qualité de son offre, et non pas livré à la bataille des prix qui nous étrangle.

Permettez-moi ici une digression.
On ne peut se passer de considérer avec attention les opportunités que les Jeux Olympiques de Turin nous offrent. Du point de vue logistique, cet événement planétaire ne pourra pas être absorbé par Turin toute seule, ni, pour cela, par la Vallée de Susa et la Val Chisone. Nous disposons des meilleurs terrains d'entraînement pour toutes les équipes nationales (pistes; foyers, patinoires), des meilleurs parcours touristiques culturels-gastronomiques, d'un grand Casino, et tout cela dans ce rayon d'une heure et quart de voiture prévu par les standards olympiques, sans souffrir aucun des problèmes posés par le gigantisme olympique qui frapperont Turin, et dont déjà nous lisons chaque jour dans les journaux.
L'image de la Vallée d'Aoste pourra et devra en outre en ressortir accrue, fortifiée, si sur le côté sportif nous saurons promouvoir la participation d'athlètes valdôtains aux compétitions olympiques de 2006.
Il nous faut, à ce propos, un projet spécifique à terme, axé sur les sports d'hiver, finalisé à la participation du plus grand nombre de nos athlètes aux jeux de Turin.
Les sports d'hiver sont la raison d'être même de notre tourisme d'hiver, et le tissu économique qu'ils nourrissent est fondamental, des hôtels au commerce, jusqu'à tous les professionnels qui vivent de sport, et qui dans les sports se sont formés. Il nous faut un projet Vallée d'Aoste 2006.
Pour toutes ces raisons, pour nous mettre en condition de tenir la concurrence et de passer à la contre attaque de la mondialisation, il est très important de mettre au point le plus tôt possible un plan d'ensemble du développement touristique de la Vallée, qui parte de l'analyse de la situation actuelle, qui tienne compte des dynamiques prévues du marché touristique, qui se fonde sur la valorisation de notre autonomie et de nos particularités culturelles, et soit à même de nous permettre de réaliser nos objectifs de rationalisation sur le volet des coûts, et de haut standard sur celui de la qualité de l'offre, pour garantir un stable bienêtre à nos fils et à leurs fils dans leurs montagnes, qui sont nos montagnes valdôtaines.

Eddy OTTOZ

Commission Santé, Éducation et Culture

Le rapport de la deuxième commission Santé, Services sociaux, Education, Culture et Biens culturels, tient compte des suggestions parvenues des commissions des sections de Gignod, Gressoney, Jovençan, Nus, Fénis, Saint-Marcel, Saint-Pierre, Pont-Saint- Martin, Pontboset, Hône, Bard, Donnas, que je veux remercier pour la contribution apportée au débat.

Le cadre général : la globalisation
La concurrence, ou mieux "les concurrences" - le thème de notre Congrès - n'est pas seulement un concept économique, mais concerne pratiquement tous les secteurs de la vie sociale.
C'est une des conséquences du processus de "mondialisation" ou de "globalisation", qui caractérise notre monde occidental et qui, aujourd'hui plus que jamais, suscite les débats les plus vifs et les plus contradictoires.
Un processus qui est accepté par les uns comme une réalité inéluctable, voire naturelle, combattu par les autres parce que vu comme une uniformisation des diversités et donc un appauvrissement social et culturel
Au-delà des interprétations différentes, voire opposées, que l'on peut donner sur ce phénomène, le fait est que jamais comme aujourd’hui nous assistons à un mouvement continu de diffusion des modèles de production et de consommation à l'échelle européenne et planétaire liée à la mondialisation des technologies et des échanges, ainsi qu'à de profondes mutations économiques, sociales et culturelles qui débouchent sur une remise en question des modèles d'identité et d'intégration sociale.
L’enjeu, pour une petite communauté de montagne, avec une précise identité culturelle et linguistique comme la nôtre, est de savoir s'ouvrir aux changements sans renoncer à ses racines, à son particularisme qui est "le garant de la force et de l'efficacité du "Système Vallée d'Aoste". Il s'agit d'un défi qu'on pourra relever à condition de continuer à "transmettre aux jeunes nos caractéristiques montagnardes, en le soutenant toutefois d'une capacité d'adaptation et d'un esprit innovateur".
Dans un monde en évolution dynamique, où l'impératif est celui de l'innovation, la survie de notre communauté dépend aussi de la capacité de ne pas rester seuls, en créant des liens et en s'insérant dans une logique de "réseau", en "promouvant les échanges avec d'autres régions alpines et de montagne" pour trouver des alliés et faire entendre ensemble notre voix, à l'intérieur de l'Union Européenne, en évitant une homologation qui puisse effacer notre diversité et notre spécificité, en nous ouvrant à l'extérieur, malgré les changements nous sommes appelés à garder notre identité et à faire tout notre possible afin que nous restions nous-mêmes, avec notre histoire, notre particularisme et nos différents patois.

Ecole et formation professionnelle
Le principal facteur de compétitivité à long terme est représenté par les ressources humaines qui sont au cœur du processus d'innovation. Cette capacité d'innovation repose sur la qualité des systèmes d'éducation et de formation, sur leur capacité de qualifier les jeunes, les orienter vers les professions et les qualification que notre modèle économique demande et leur transmettre un esprit moderne, capable de s'adapter aux changements toujours plus rapides que nous impose le monde actuel.
Du point de vue de l'éducation, nous disposons d'un atout, qui doit toutefois être valorisé davantage: le bilinguisme. Pour une application réelle des articles 39 e 40 de notre Statut d'Autonomie, le français doit devenir une langue véhiculaire dans tous les ordres d'enseignement, "ce qui permettrait enfin d'avoir une école qui reflète notre particularisme et notre spécificité et qui représenterait, en outre, une ouverture culturelle extrêmement importante pour nos jeunes".
"L’application réelle des articles 39 et 40 rendrait notre système éducatif exemplaire et d'avant-garde, une référence importante au sein de la communauté européenne".
Une école plus respectueuse de notre identité exige aussi des programmes didactiques qui reflètent notre spécificité culturelle et notre civilisation, en donnant en même temps une ouverture à l'Europe dans un cadre d'éducation plurilingue.
L'Université est l'atout stratégique dont nous disposons pour forger nos jeunes avec une spécialisation et une culture internationale dont nous avons désormais besoin dans ce troisième millénaire.
Il s'agit en même temps d'une université profondément enracinée dans notre milieu, une particularité que nous devrons développer en envisageant notamment "l'institution de départements d'étude et de recherche en matière de bilinguisme", sans oublier qu'en matière d'Université c'est depuis trop longtemps qu'on ressent l'exigence d'arriver à une pleine reconnaissance des titres d'étude obtenus à l'étranger.
Pour ce qui est de la formation professionnelle, l'expérience positive acquise dans les domaines du tourisme, avec l'école hôtelière de Châtillon, et de l'agriculture avec l'Institut Agricole Régional doit s'élargir, en valorisant notamment l'Institut Professionnel Régional, à d'autres domaines tels que l'artisanat' et l'industrie

Médias
La globalisation est évidente surtout dans le domaine des médias. La diffusion instantanée et universelle de l'information, la disponibilité d'outils individuels de plus en plus "intelligents" de recherche et de traitement des données, en un mot, la mise en contact permanent des hommes et des sociétés de notre planète par Internet bouleversent nos habitudes.
La société globale de l'information bouscule les frontières, met les cultures en contact permanent, favorise la créativité, la liberté, l'enrichissement mutuel.
A chaque progrès correspond toutefois un risque qu'il importe de prévenir, notamment celui de l'hégémonie des cultures et techniques dominantes.
Nous devons être conscients du risque de nivellement des cultures minoritaires, même si Internet peut se révéler un atout formidable pour la francophonie, en établissant des liens nouveaux entre les pays francophones. Face aux modèles dominants dans le secteur des médias, la sauvegarde de notre particularisme doit entre autres passer par l'encouragement d'une information francophone de qualité concernant la Vallée d'Aoste, dont on ressent le besoin surtout dans le service public de la RAI, où il suffirait d'appliquer correctement la convention existant entre la Région et la Présidence du Conseil des Ministres.

Société
Au niveau socioculturel, les démarches principales analysées incluent l'amélioration de la qualité de la vie, la protection sociale et sanitaire, l'encouragement au bénévolat et il l'associationnisme, la garantie et la diversification de l'éducation et son orientation au marché du travail, les actions de conservation de notre patrimoine linguistique et traditionnel.
Sans oublier que la priorité sociale pour les prochaines années sera représentée toujours plus par l'immigration, qui doit être vue comme une ressource et non comme un danger.
A une ferme politique de répression de l'immigration clandestine et de réglementation des flux sur la base de la demande de travail, doit s'accompagner une politique d'intégration de ceux qui contribuent positivement avec leur travail à la réussite de notre économie

Biens culturels
Enfin, notre commission s'est penchée sur la nécessité de valoriser davantage le patrimoine des Biens culturels, qui peuvent représenter une ressource majeure aussi du point de vue touristique. Une nouvelle exploitation du tourisme de fond de la vallée pourra être entreprise grâce à la réalisation d'un circuit touristique à travers les châteaux. A ce propos il faudrait impliquer davantage les collectivités locales dans la réalisations de projets importants comme la restructuration du Fort de Bard.
Enfin, la qualité de la vie de nos petits pays dépend aussi de la possibilité de rénover les centres historiques ou classés. Une possibilité qui, est souvent entravée par des procédures trop bureaucratiques qui devraient être simplifiées par une réforme de la loi régionale.

Conclusion
Je voudrais encore profiter de votre patience pour vous soumettre quelques réflexions personnelles qui j'espère pourront être utiles au débat.
Nous sommes tous conscients que dans les moments importants et délicats comme ceux que nous sommes en train de traverser, il faut être très fort et nous le sommes, mais rappelons nous que nous devons tous aller dans la même direction et unir nos forces pour atteindre des résultats qui puissent encore nous rendre fiers pour l'avenir d'être des Valdôtains!
Nous unionistes qui souhaitons continuer à être les protagonistes, les responsables de l'avenir de la Valée d'Aoste, nous devons à tous les niveaux chercher à être plus unis et à nous convaincre que différents points de vue comme des idées différentes à l'intérieur du mouvement sont une richesse que nous devons défendre à tout prix.
Souvent, et c'est le cas de ces derniers jours, les médias et peut-être aussi quelqu'un parmi nous interprètent notre vivacité, nos différents points de vue et quelques chants hors du chœur comme des concurrences internes ou des fractures, mais c'est tout le contraire, ce sont et doivent être, selon moi, nos atouts.
J'espère aussi qu'aujourd'hui nous serons à même de démontrer aux médias et à nous-mêmes que nous sommes capables de travailler tous ensemble, chacun avec ses limites, ses défauts, et avec la capacité de faire son autocritique en acceptant la critique.
Je vais terminer en rappelant que l'Union c'est la force, mais surtout que l'Union fait la force.

Emilio Rini

M. CAVERI Lucien, Parlementaire européen

Je voudrais partir d'un célèbre slogan d'Emile Chanoux: "Voir clair, vouloir vivre".
Je pense que de temps en temps il faut l'actualiser, pour éviter un danger pour nous tous. Le danger d'être un peu autocentré, tandis que moi je pense que pour gagner nos enjeux il faut connaître et analyser la situation globale. Et je pense de ce point de vue qu'il faut reconnaître qu'il y a deux tendances qui sont tout à fait contradictoires. Nous avons d'un côté la formation d'entités politiques plus étendues et je parle, bien évidemment, de l'Union européenne. Heureusement il y a une seule monnaie, parce que ce serait paradoxal d'en avoir quinze. Heureusement nous sommes en train de bâtir une politique extérieure, étrangère commune. Il y a des arguments qui sont traités au niveau continental, je pense à la sécurité alimentaire, à la recherche, à la génétique. Aujourd'hui il faut reconnaître qu'il y a même des tendances à l'élargir au monde entier et donc l'Organisation Mondiale du Commerce est en train de discuter des arguments qui toucheront même nos compétences statutaires.
Mais de l'autre côté, partout dans le monde, il y a la constitution d'identités politiques plus petites, qui sont plus sensibles à la volonté des électeurs, aux intérêts particuliers des régions. C'est exactement notre cas. Est-ce qu'on peut être dans le même temps un bon Valdôtain et un bon Européen. Personnellement, je pense que la réponse qui vient justement de Chanoux est oui. Nous sommes obligés de le faire, parce que nous croyons dans le Fédéralisme, justement.
Certes, en espérant qu'un jour ou l'autre il n'y aura plus un monde d'Etats - Nations. Je pense que nous espérions que la souveraineté concentrée exclusivement dans un Etat c'est une chose qu'on ne peut pas supporter. C'est pour cela que c'est bien d'apprécier l'Union européenne mais de la critiquer aussi, parce que, tout compte fait, comme quelqu'un l'a dit aujourd'hui, pour le moment l'Union européenne reste un ensemble d'Etats. Et donc c'est à nous de faire comprendre que nous espérions que la souveraineté concentrée exclusivement dans un Etat c'est une chose qu'on ne peut pas supporter. C'est pour cela que c'est bien d'apprécier l'Union européenne mais de la critiquer aussi, parce que, tout compte fait, comme quelqu'un l'a dit aujourd'hui, pour lé moment l'Union européenne reste un ensemble d'Etats. Et donc c'est à nous de faire comprendre que c'est un enjeu, que c'est quelque chose qu'il faut bien évidemment changer dans la logique de la souveraineté diffusée.

Les concurrences comme méthode.

La concurrence, ou mieux les concurrences, comme méthode, je pense qu'il faut avoir, là aussi, un point de départ. Il faut être solidaire entre nous et il faut, surtout, avoir un projet. Vis-à-vis de ce manque, de ce déficit de démocratie en Europe il faut avoir exactement nos exigences pour les confronter avec ce qui se passe bien sûr en Italie mais aussi en Europe. De ce point de vue je pense toujours - nous avons parmi nous des historiens qui pourraient mieux que mai le dire - que quand ont pense à ce qui s'est passé à la vieille autonomie valdôtaine, celle qui a perdu, pendant le XVIIIème siècle la bataille avec la Maison de Savoie, quand il y a eu la centralisation, ce qui est tout à fait étonnant c'est que les Valdôtains de l'époque n'avaient plus un projet. Et donc il a été presque naturel qu'il y ait eu de leur part une perte de la vieille autonomie. Et nous sommes également dans un moment de passage. Et c'est la même chose qui s'est passée dans le deuxième après-guerre, quand, par contre, avec la naissance de l'Union Valdôtaine il y a eu un projet politique, qui a réussi, après deux siècles, à nous faire obtenir de nouveau un régime d'autonomie spéciale qui, même si de toute évidence il n'est pas tout à fait satisfaisant, a porté toutes les modifications que vous connaissez.
Ce serait très négatif de n'avoir pas la capacité de regarder notre projet politique dans un cadre international, parce que c'était exactement l'enjeu des Valdôtains à l'époque, quand les membres de l'Union Valdôtaine ont décidé d'aller à Paris pour parler pendant les discussions sur le traité de paix et ils ont fait pas mal de choses au niveau international pour faire comprendre leurs raisons. Et donc c'est pour cela qu'il faut éviter d'être autocentrés et de regarder notre position à l'intérieur du monde.
Le projet. J'ai lu dans ces jours une déclaration qui a été faite par le nouveau Président de la Rai dans son rôle de juriste, d'ancien Président de la Cour Constitutionnelle Italienne. Qu'est-ce qu'il a dit, M. Baldassarre.
"E' cambiato l'assetto europeo e presto non ci saranno più le condizioni che giustificano la specialità" et il ajoute "nemmeno dell'Alto Adige". C'est une nouveauté, parce que, jusqu'à présent, quand il y a eu des discussions sur les autonomies spéciales, les sudtyroliens disaient d'avoir la garantie internationale et Baldassarre dit: "L'accord De Gasperi Gruber n'est plus valable parce qu'il y a l'Europe."

La concurrence culturelle.
Alors vous comprenez qu'il y a vraiment des enjeux, sur les différentes concurrences et d'abord je voudrais dire que la première concurrence c'est la concurrence culturelle. Un anthropologue français très connu qui a écrit des choses très belles contre le racisme, Lévy Strauss, disait que dans le marché de la culture, il faut avoir quelque chose à échanger parce que si on ne l'a pas il n'y a aucune logique d'échange dans les cultures. Alors le premier défi est de maintenir notre culture. Tout récemment, dans un livre sur la francophonie, j'ai trouvé une belle phrase qui dit que c'est vrai que le français est un peu en crise en Val d'Aoste, mais, on ajoute, "le français conserve encore un rôle majeur sans doute plus important que ne le laissent paraître les chiffres bruts". Donc je pense que c'est un effort à faire, c'est un effort à faire sur les différentes langues du Val d'Aoste et même sur notre identité qui est quelque chose d'encore plus, complexe que la question linguistique. Je pense par exemple qu'il faut être encore plus performant pour ce qui est du système scolaire. Je pense qu'aujourd'hui nous avons des devoirs par exemple vis-à-vis du rôle de l'informatique. Il faut comprendre qu'aujourd'hui on peut être analphabètes, en connaissant les langues, mais sans la capacité de maîtriser de nouvelles technologies. Mais si nous regardons à notre identité plus complexe, il faut être cohérent avec l'âme montagnarde valdôtaine. Anarchiques mais solidaires, têtus mais généreux. Nous aimons disputer comme nos vaches dans l'arène de Saint-Christophe, mais nous sommes prêts quand même à prendre toujours nos risques. Et donc dans ce moment nous sommes prêts à dire qu'il y a la nécessité d'un projet politique, de continuer un projet politique, de placer ce projet politique "in Progress", parce que c'est quelque chose qui change, selon les moments, en tenant compte évidemment de nos racines et des choses auxquelles nous croyons. C'est pour cela que je pense que quand on parle de concurrence culturelle il faut même reconnaître qu'il y a une Europe des différences. Quarante millions de citoyens en Europe parlent une langue minoritaire ou régionale. Et donc il faut travailler, et moi je suis en train de le faire, avec les Ecossais, avec les Catalans, avec ceux qui viennent des pays de Galles, avec les Occitans, pour convaincre la Convention qu'il y a la nécessité d'écrire quelque chose dans la Constitution européenne de fort vis-à-vis des minorités nationales, vis-à-vis des différences linguistiques et culturelles.

La concurrence économique.
Mais il y a un deuxième sujet: les règles de concurrence, c'est-à-dire la concurrence économique. Il y a encore un peu ce paradoxe, il y a le danger d'avoir l'argent et de ne pas pouvoir le dépenser. Il y a deux mécanismes en Europe sur lesquels il faut réfléchir. Le premier c'est le contrôle des aides d'Etat, c'est-à-dire les aides publiques. Le deuxième est la libéralisation de certains secteurs, transports, télécommunications, énergie. A mon, avis il faut être très attentifs. S'il n'y avait pas une politique de la montagne, l'application de certaines règles pourrait engendrer des drames pour les zones de montagne en Europe. Et quand je dis qu'il faut parler de nous en tant que montagnards, cela ne signifie pas, bien évidemment, nier l'importance de la question linguistique que j'ai citée au début de mon discours, mais il faut dire que pendant des siècles la question linguistique au Val d'Aoste n'existait pas, mais il existait l'autogouvernement; il suffit de regarder les raisons de fond de l'existence de notre Coutumier qui étaient l'ensemble de nos lois, parce que les lois de Turin ou de Chambéry n'allaient pas bien avec la logique montagnarde valdôtaine.
Le travail en Europe, sur cela, c'est là aussi de réussir à réécrire dans la Convention, c'est-à-dire dans la prochaine Constitution Européenne, quelque chose sur la montagne, d'avoir des fonds structuraux pour la montagne, de régler la question de la concurrence en montagne, de régler la question des services publics, parce que autrement c'est là désertification. Et encore réfléchir, sur la question du droit international sur la montagne, la Convention alpine, la Charte européenne des régions de montagne. A mon avis, il y a des choses importantes à faire; il faut surtout relancer la coopération transfrontalière. Il faut changer de vitesse.

Concurrence politique.
Concurrence politico-institutionnelle. Le problème plus délicat dans un système de plus en plus compliqué, c'est de comprendre l'enjeu de notre futur statut d'autonomie, en sachant qu'en attendant il faudra quand même régler la question du titre V de la Constitution avec des décrets d'exécution, "norme di attuazione dello Statuto".
Je pense, que nous devons écrire notre Constitution régionale. Mais il faut le faire en sachant que nous sommes obligés, non seulement de penser à notre Constitution régionale, mais de participer au climat générai de débat en Italie et en Européen les réformes. Parce qu'il faut qu'il y ait une espèce de pyramide c'est-à-dire une Constitution européenne au sommet, qui fixe les pouvoirs de l'Europe; une Constitution italienne au mi1ieu, et à la base de la pyramide, la future Constitution régionale. C'est-à-dire la Constitution sert aux rapports avec les citoyens et donc c'est de nouveau la question du Fédéralisme.
Je voudrais enfin ajouter, et je termine, la question de la concurrence politique. La concurrence politique pour l'Union Valdôtaine en Italie et en Europe. Quelqu'un dit que c'est un vieux slogan qui n'a plus de sens, mais personnellement je pense que ce slogan "ni droite, ni gauche" reste quelque chose d'important qui signifie qu'il faudra chaque fois choisir, déterminer. Evidemment, il faut le faire avec des interlocuteurs sérieux, ceux qui veulent le dialogue et surtout ceux qui nous respectent, parce que cela est tout à fait fondamental.
J'éviterai de me fiancer et de me marier avec quelqu'une plutôt, qui ne veut pas en savoir de moi. Mais il faut ajouter un élément sur lequel il faut réfléchir quand on parle de concurrence politique, et justement à une année des élections nous savons parfaitement que la concurrence sera de plus en plus difficile. Je pense que l'Union Valdôtaine est comme une toile d'araignée, donc elle est forte mais fragile en même temps. Et puisque nous sommes solidaires et cohérents avec nos idées, il faut toujours se rappeler de la fragilité de la toile d'araignée.
Donc il faut accepter les concurrences, "concurrere", comme disaient les latins, il faut les accepter en Europe avec les autres communautés linguistiques avec les autres montagnards comme nous, les régions en Europe qui ont comme nous des compétences législatives et bien sûr avec les Fédéralistes, parce que nous sommes des Fédéralistes. Nous ne sommes pas des nationalistes intégristes qui veulent un petit Etat jacobin. Nous sommes, je le répète, en même temps Valdôtains et Européens; et cela sans trahir nos sources, donc je pense que, par exemple, en Europe, et surtout dans celle qui sera la grande Europe, ce ne doit pas être un tabou de parler de sujets comme l'autodétermination des peuples avec des méthodes tout à fait démocratiques et de parler des droits des minorités.
Je termine avec une citation: Confucius disait à un élève qui lui demandait: "Quelles sont les conditions nécessaires à un Etat?". Le maître répond: "L'économie, l'armée et la confiance". "Et s'il faut renoncer à une de ces conditions, quelle faut-il choisir?" La réponse est: "L'armée". Alors l'élève dit: "Et s'il faut retenir un seul élément, quel sera-t-il indispensable?". "La confiance". La confiance du peuple dans ses institutions, dans ses dirigeants, mais aussi la confiance en soi-même et je pense que de plus en plus nous avons besoin de confiance en nous-mêmes.

M. LOUVIN Robert, Président du Conseil de la Vallée

Il commence à se faire tard, mais, puisque nous avons des rendez-vous intéressent en ce mouvement, il faut bien profiter des circonstances pour parler de choses utiles; parler surtout des chances des peuples de montagnes, des chances que nous avons toutefois intérêt à aider un peu. Nous sommes, il est vrai, bénis par le bon Dieu de par le territoire où nous vivons, mais reste quelque chose à faire pour y vivre dans la dignité, dans un bon état de santé pour notre société, pour notre peuple, pour son économie, pour sa culture.
Je voudrais d'abord vous dire qu'en dépit du désordre qui règne souvent dans mes interventions, j'essayerai d'être, pour une fois, suffisamment logique, en articulant sur quatre points le parcours de mon intervention.
Premièrement, nous dire si nous savons bien qui nous sommes et si nous faisons tout ce qu'il faut pour l'être vraiment; deuxièmement, nous devons nous interroger pour voir si nous avons bien établi nos compétences et savoir si nous sommes en train de les défendre correctement; ensuite, force nous est de nous demander comment nous pouvons renforcer un peu nos racines, les bases, le socle de ce peuple sur son territoire et, enfin, nous questionner pour voir si nous n'avons pas de fois besoin d'un bon bouclier pour affronter les batailles qui-nous attendent.
Je vous dirai d'abord aussi la joie avec laquelle j'ai entendu tout à l'heure un octogénaire comme Emile Proment nous rappeler qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. J'en suis ému, j'en suis ému parce que, des fois, je sens, malgré que seulement la moitié de son âge pèse seulement sur mes épaules, la tentation de jeter l'éponge, d'abandonner le terroir. Je pense que d'autres, comme moi, doivent avoir prouvé ce sentiment. Entendre Emile Proment c'est avoir une injection d'optimisme et de courage, un bon rappel à raidir cette colonne vertébrale, parfois un peu trop flexible. Le terme est moderne, mais il sied bien à sa tendance à trop s'adapter aux circonstances.
Je crois à ce propos, Monsieur Proment, qu'il faut quand-même aller un peu de l'avant par rapport à vos propos, tout à fait pertinents, et utiliser des armes nouvelles pour notre combat. Je regarde autour de moi: il y a peu de minorité sur cette terre qui sont en train de se redresser. Des langues qui disparaissent tous les jours, des cultures sont chaque jour laminées, des modèles culturels, comme cela a été rappelé, sont entièrement pliés et déformés par la modernité, et très peu sont ceux qui ont inversé la vapeur. Regardons avec attention ces peuples: ils se sont tous dotés de structures qui ressemblent à celle d'un état et ils se sont munis d'une législation linguistique à la hauteur de la défense de leurs langues et dé leurs cultures. Ils ont fixé des quotas linguistiques pour leurs radios, pour leurs télévisions, pour leurs journaux, pour la publicité commerciale: ils ont visé à tous les aspects sur lesquels, malheureusement, pendant un demi-siècle nous avons été absents.
Nous n'avions pas, disait-on, les compétences; aujourd'hui que nous les avons parce qu'elles n'ont pas été réservées par l'Etat dans la réforme constitutionnelle qui a été adoptée l'année passée, nous avons donc maintenant le devoir de reprendre le fil de ce discours et de ne pas figer dans une analyse et dans une action uniquement visées sur l'école; nous avons beaucoup demandé à l'école et elle a été souvent au-dessous de nos espoirs. Ne revenons pas là-dessus, nous en avons déjà parlé.
Aujourd'hui il faut regarder ailleurs et il faut investir comme Région, il faut obliger légalement toute la communauté à tenir une conduite respectueuse du bilinguisme dans la communication officielle, dans les pancartes partout; il faut le faire par loi. Commençons à avoir le courage de mettre sur la table des propositions, n'attendons pas le prochain congrès pour le faire. Nous avons les moyens et nous avons le devoir de les utiliser. On mesure à cela notre cohérence.
Sur le terrain linguistique, nous avons le devoir de battre en brèche une idéologie qui fait rage ici: le libéralisme culturel. Celui qui voudrait toujours laisser pleine liberté à chacun de s'exprimer dans une langue ou dans l'autre, indifférent à la mort de l'une entre elles. Nous commençons à voir les fruits de cette attitude même au Conseil de la Vallée, où l'on contexte même l'utilisation du français dans les textes à délibérer, où l'on voudrait commencer à fléchir la résistance unioniste.
Je pense que cette forme de libre concurrence, ce libéralisme culturel tue carrément les minorités les plus faibles et leur empêche de survire. Nous avons le devoir de le dire haut et clair: notre position idéologique n'est pas celle-là. Nous ne nous reconnaissons pas dans ce libéralisme que prône Forza Italia et que Berlusconi en campagne électorale avait résumé dans le slogan « Inglese, internet, informatica », et moins encore, bien sûr, dans la position de ceux qui, à l'extrême droite, souhaitent carrément nous éliminer, affirmant préférer l'arabe au français comme deuxième langue dans cette région.
Nous devons le dire et nous ne pouvons plus garder d'ambigüité et nous considérer tous au service du mouvement pour cette bataille, même au niveau communal où peut-être la quote-part d’utilisation du français que signalait M. Proment pour les bureaux de la Région est encore inférieure. Si à la région nous utilisons parfois le français d'une façon plus symbolique, il y a encore assez d'attention par rapport à cet usage, dans les communes, permettez-moi de le dire car nous sommes "en famille", on n'en voit pas beaucoup, dans l'administration, dans les actes officiels, nous pouvons tous faire mieux.
Deuxième point: la défense de la compétence. Il s'agit d'un point capital dans le cadre de la concurrence européenne, parce que cette concurrence européenne nous a déjà soustrait beaucoup de compétences, nous le savons tous.
Nous avons le devoir de renforcer notre position, mais nous avons aussi le devoir de faire de la clarté sur le terrain des rapports constitutionnels avec l'Etat qui demeure un terrain empoisonné. Nous avons voté "non" au référendum du 7 octobre 2001; on a eu de la peine à faire voter majoritairement "non" la population valdôtaine, mais nous avons été la seule région italienne à avoir dit "non", pour une raison de principe -il en faut des fois- c'était la question de "l'entente préalable" sur les modifications du Statut.
Je remercie notre Sénateur de l'avoir relancée tout dernièrement au Parlement, il fallait bien la mettre en évidence. Il faut aussi nous dire, ici, que si la gauche n'a pas fait assez par sa réforme institutionnelle, en ayant fait une réforme à moitié, la droite reprend aujourd'hui ce que la gauche avait donné hier. Et les attaques que nous subissons dans l'application de l'article V de la Constitution, ce sont des attaques réitérées et terriblement dangereuses et nous avons le devoir politique de nous y opposer. Nous sommes trop tranquilles, nous sommes trop silencieux sur ces thèmes. J'ai eu l'occasion de me mesurer sur ces questions à niveau national à plusieurs reprises en compagnie des collègues des autres régions, mais, en tout cas, le sentiment à ce sujet est unanime: nous sommes en face d'un virage, d'un retour centra liste très fort auquel nous avons le devoir de le faire.
A ce sujet vous me permettrez une parenthèse aussi sur la question du Casino, où nous assistons à un paradoxe. Nous avons utilisé pendant cinquante ans une compétence législative dans cette matière, en partant du décret Chabod, qui était aussi un acte normatif. Nous avons approuvé des dispositions en matière de personnel, en matière de finances, en matière de gestion des jeux, nous avons régi par loi la gestion extraordinaire du Casino en 1993, nous l'avons même modifié cette loi et tout allait bien. Tout allait bien, parce que cela rentrait dans un accord avec l'Etat qui considérait cette matière: dans notre région, une sorte de prolongement de compétence législative en matière touristique. C'était un pacte non écrit, mais c'était un pacte qui a été respecté pendant cinquante ans.
Et maintenant, après que l'Etat a réformé sa Constitution sans se réserver la compétence en matière de jeu, on vient nous raconter que nous n'avons plus le droit d'intervenir là-dessus. Je m'attendais sincèrement là-dessus une réaction beaucoup plus ferme de la part de nous tous, face à des partis politiques qui sont venus au Conseil de la Vallée à se réjouir de ce fait en nous disant: "enfin, quelqu'un vous a dit clair et net que vous n'avez pas de compétence en cette matière". Ce sont des partis qui, à mes yeux, sortent gravement d'un cadre de loyauté interne de notre Région, un cadre dans lequel on a toujours eu des discussions, on a pu se chamailler, on a pu avoir des positions différentes, mais, quand on est sorti de la Vallée, on a toujours défendu la décision prise. Les témoignages directs des intéressés sont là, pour confirmer qu'ils ont sollicité les amis romains pour faire avoir un renfort. C'est un terrible retour en arrière de la politique valdôtaine qu'ils veulent nous imposer: nous ne devons pas accepter ce genre de chantage.
D'ailleurs, sur ce sujet, on vient aujourd'hui nous rappeler sur la presse de ce matin justement, que nous devons être plus courageux. C'est drôle. Les mêmes personnes qui, aujourd'hui, attaquent le Président du Gouvernement, le Gouvernement valdôtain, la majorité pour la part qui ne les concerne pas, en les invitant à s'assumer leurs responsabilités, à avoir le courage d'aller de l'avant, demandent, je cite un acte officiel, daté du 27 mars, donc il y a quelques semaines seulement, de "sapere in quali responsabilità incorrano i consiglieri regionali che hanno votato la legge in questione, o che votino in pendenza del ricorso e dopo essere stati debitamente informati circa l'impugnativa i provvediementi attuativi la legge medesima". L'on fait circuler subtilement le doute. "Faites attention, ici nous risquons gros". Et ensuite on donne des baffes, en disant "ici on ne fait pas assez". Je me souviens vaguement d'une émission radio, je crois qu'elle existe encore, "il ruggito del coniglio". Ce qu'on demande par de là l'ironie c'est de ne pas jouer ce "stop and go", ces "moitié dedans - moitié dehors", un peu à l'opposition, un peu au gouvernement; la loyauté c'est la loyauté; sur les thèmes sérieux, soyons sérieux. Et s'il faut discuter, discutons, mais ne prenons pas la majorité pour un taxi sur lequel on paye la course et dont on s'en sert seulement quand on a besoin.
Trois: renforcer nos racines. Je voudrais dire à ce sujet que je suis très orgueilleux du parcours qui a été accompli dans ces dix dernières années. Il s'agit surtout de la construction d'un système des autonomies, dont on a beaucoup parlé aujourd'hui et qui est l'adhérence de nos institutions au territoire. C'est quelque chose dont on ne peut parler à l'extérieur de la Vallée d'Aoste sans susciter d'énormes jalousies, et même une certaine gêne de la part de nos collègues des autres régions, parce qu'aucune région d'Italie n'a fait un tel système n'a donné autant de pouvoirs, autant de moyens, autant de soutiens aux autonomies locales. Il peut y avoir des choses à corriger, il y en aura toujours, mais nous avons accompli une révolution dont nous devons assumer avec orgueil, surtout en fin de cette législature, toute la paternité.
Il y aura toujours de choses à parfaire, mais, s'il n'y avait pas eu l'Union Valdôtaine qui aurait fait cela? C'est un instrument formidable que nous avons mis au service de ces concurrences dont nous parlons aujourd'hui. Mais il y a aussi un aspect étroitement associé à celui des autonomies locales: il est celui de la solidité sociale. Nous devrions maintenant faire un peu de clarté sur ce sujet, parce que je n'ai pas encore saisi, franchement, quel est notre niveau de réaction par rapport à la déchirure sociale très forte que le Gouvernement Berlusconi a produit. Je voudrais savoir, non pas pour me mettre à la queue des cortèges d'autrui, mais pour avoir une position claire et nette en la matière, quel est l''avis de l'Union Valdôtaine. Je vous dis, en tout cas, la mienne.
Dans un Congrès, chacun dit ce qu'il pense et c'est le président du Mouvement qui tire les conclusions et qui dira si la position de chacun est prise en compte ou non. Il y a cinquante ans, nous avons voulu un Syndicat des Travailleurs, nous l'avons voulu pour cette Région et je le considère, tout en n'ayant jamais été un travailleur dépendant et par conséquent n'ayant jamais adhéré à cette organisation syndicale, je le considère comme un "patrimoine moral" dont l'Union Valdôtaine à le devoir de se rappeler. Par rapport à ce syndicat, il faut rétablir, il faut renforcer un travail de dialogue d'échange d'expériences.
Nous avons le devoir de maintenir tout respect pour l'autonomie syndicale, mais il faut aller dans le sens d'un soutien mutuel sur les thèmes de la solidarité sociale. Parce qu'il est bien de parler de flexibilité, il est bien de parler de travail intérimaire, mais quelles sont les conséquences sur le délabrement social que cela amène dans un contexte comme le nôtre, totalement différent de celui d'une grande ville et aussi d'un grand marché du travail? Soyons prudents!
Nous avons des acquis sociaux qui touchent à une très large partie de notre communauté valdôtaine et même dans le milieu agricole il y a des acquis sociaux indirects qui sont assurés. Et nous devons défendre globalement tout ce système social qui est le nôtre. Le libéralisme sauvage n'est pas la bonne carte à jouer dans ce moment et dans notre contexte.
J'en viens au quatrième volet, celui que j'appelais "le bouclier". Il est bien de faire de la politique, d'avoir de bonnes idées, mais il faut avoir des bases solides. Il y a dix ans, avec Luciano Caveri, nous avons lancé un projet important, parce que nous avions pensé qu'il fallait commencer à ouvrir des espaces chez-nous, pour aller vers une Constitution fédérale; il a été le premier projet de loi fédérale, écrit et déposé au Parlement national. Dix ans après, onze ans après, une convention européenne pour la Constitution de l'Europe s’ouvre.
Mais pour nous les Valdôtains, quelle sera notre Constitution? Nous avons un Statut, nous avons une loi de l'Etat qui nous garantit certains droits, parce qu'elle est le fruit d'un compromis d'il y a cinquante ans, mais nous n'avons pas une Constitution, nous n'avons jamais impliqué ce peuple dans une démarche constitutionnelle, nous ne l'avons jamais engagé sérieusement dans la discussion pour une décision sur son avenir politique.
Aurelio Marguerettaz qui nous a posé beaucoup de questions, j'ai compté plus de quarante points d'interrogation dans son rapport, il nous a proposé, quand même, des traces pour le débat et il a adressé un regard vers la Suisse. J'ai demandé de distribuer un document (c'était justement pour ne pas vous infliger de trop longues tortures ici) et ceux qui auront la bonté et l'amitié de le lire de m'exposer leurs critiques me rendront un très grand service et peut être le rendront aussi à ce Mouvement: j'ai essayé aussi de regarder dans cette direction.
On nous demande aujourd'hui d'éliminer les personnalismes dans la vie politique et administrative, en effet, c'est la structure verticale qui souvent a joué contre nous et qui nous a créé des problèmes les plus graves au moment de changement d'hommes et de leadership. Il faut jouer par contre en équipe. Il y a plusieurs mois, en septembre dernier, j'ai déposé, un document beaucoup plus élaboré que celui que vous avez eu, je demande que le Mouvement, tôt ou tard, l'examine. Nous ne devons pas laisser à d'autres prophètes - surtout aux prophètes qui ont trop le regard tourné vers l'histoire.
Aujourd'hui il y a des idées sur le terrain, comme celle de l'élection directe du Président du Gouvernement, qui peuvent avoir une emprise sur l'opinion publique; les gens veulent savoir qui mettre à la tête du gouvernement. L'idée que je prône n’est pas de ne pas choisir un seul homme, mais celle de mettre des hommes, une équipe, pour ne pas laisser la même trop longtemps à la même place. Et puisque nous y sommes, un petit mot sur la cinquième concurrence, la concurrence interne, parce qu'elle est toujours la plus intéressante. "Il manifesto del partito comunista", en 1848, commençait: "Un fantasma si aggira per l'Europa".
Ce fantôme est aujourd'hui en Val d'Aoste "la banda dei quattro". Soyez assurés: personnellement je n'oublie point d'avoir voté la disposition qui va me concerner dans douze mois et j'ai l'habitude, comme nous l'avons tous j'espère, de respecter les engagements.
Cela dit pour entrer plus proprement en la matière de la limitation des mandats, je voudrais ajouter qu'il ne faut pas considérer cela comme des tabous. Il faudrait plutôt que dans l'Union Valdôtaine on en parle sérieusement aux bons endroits et pas seulement dans les cafés. Il faudra en parler en temps et lieu, en mettant tout de suite un point ferme pour ce qui concerne la prochaine échéance électorale. Mais le problème est senti. Vous les congressistes, vous le sentez.
Vous les unionistes, vous nous en parlez; à demi mots, au bout des lèvres. Puisque vous savez qu'il y a des enjeux politiques majeurs, parlons-en, parlez-en plutôt, puisque nous nous sommes directement concernés. Sans remettre en question notre situation, parlez-en, ayez le courage d'aborder cet argument. Bien que la rémunération des "improduttive sterili in fine carriera" ne soit plus de mise, pensez que les Unionistes qui ont le privilège de vous servir dans les institutions, sont à côté de vous et sont avec vous. En piémontais on dit: "Gaute ti ca'm buto mi", "Pousse-toi que je m'y mets". Notre raisonnement politique pourrait être toutefois plus profond.
Dernière réflexion. Nous avons géré un cycle très long de direction unioniste du gouvernement. Beaucoup de gens nous attendent; beaucoup de partis commencent à penser que le lion s'est affaibli, qu'il est partagé, presque mourant et qu'on peut commencer à lui flanquer quelques sacrés coups de pieds. Je ne pense pas qu'il soit si faible et il pourrait bien commencer à les rendre ces coups de pieds. Utilisons bien nos atouts, nous en avons. Je demanderai, et je me mets en questions aussi, qu'on prépare un peu le terrain aussi sur les nouveaux débats, j'en vois arriver qui demandent une bonne coordination sur les positions énoncées aux différents niveaux, parlementaire, européen et national, du Gouvernement et du Conseil de la Vallée.
Je le dis très simplement: mettons-nous d'accord sur les principes et après donnons des marges de liberté: la personnalité, la créativité personnelle auront toute la place qu'elles méritent.
Vive l'Union Valdôtaine. Vive la Vallée d'Aoste

M. MARGUERETTAZ Aurelio, Président

Durant ces dernières années, l'Union Valdôtaine a créé d'importantes et de considérables occasions de dialogue et de débat. Encore sous la direction de Charles Perrin en 1997 le Congrès national a approfondi un thème décidément engageant: "Ressources et développement économique dans la perspective de l'autogouvernement''.
En mars 1999, l'Union a préparé un congrès important sur le thème: "la montagne valdôtaine en Europe"; en 2000 le congrès s'est réuni deux fois: la première pour approfondir le thème "Fédéralisme régional - Autonomie communale" et la seconde pour effectuer des Réflexions sur les événements du 14 et 15 octobre: "Projets et perspectives".
Enfin, l'année dernière, en février 2001, le congrès a approfondi l'identité valdôtaine: Un peuple intramontain pour l'Europe fédéraliste". Toujours dans la même année, oh a fait une vérification de la majorité au sein du conseil régional et l'on a pris acte de l'adhésion au programme de législature de l'aire qui reconduit aux Autonomistes. C'était le prélude de la constitution de la "Stella Alpina".
A ce sujet j'estime, sans aucune volonté d'empêcher ou de mortifier le débat nécessaire entre les forces de majorité qui soutiennent le gouvernement régional et le programme de législature, que les membres de cette nouvelle force politique devraient être plus prudents dans leurs affirmations et s'efforcer de travailler pour résoudre les problèmes des gens et peut-être leurs contradictions internes plutôt que rêvasser sur la condition des autres.
Cela dit, j'estime que le travail déployé jusqu'à présent a défini avec exactitude notre cadre politique de référence et que les analyses faites dans les dernières années sont encore actuelles, pertinentes et en partie en phase de réalisation.
Le thème soumis, aujourd'hui, à votre attention est une continuation des raisonnements précédents, vu qu'il pose une interrogation à la communauté valdôtaine tout en cherchant à comprendre comment évolueront les rapports avec l'Europe.
Si, entre nous, les contours de notre système autonomiste et fédéraliste, de nos ressources, de notre identité et de notre culture sont suffisamment clairs, ce qui demeure toutefois incertain, ce sont les revers futurs face aux bouleversements, ou simplement face aux changements que nous vivrons dans un futur proche, où le poids de l'Europe, actuelle et future, sera prépondérant par rapport à l'influence de l'Etat italien.
Les questions que nous pouvons nous poser sont les suivantes :
- les peuples montagnards sont-ils "concurrentiels" par rapport au monde d'aujourd'hui?
- Les valeurs, les cultures et les modes de vie dont ils sont les porteurs sont-ils à même d'offrir des perspectives viables?
- La façon dont les montagnards ont su maîtriser leur environnement peut-il constituer un exemple pour le maintien d'un équilibre correct entre l'homme et la nature?
- La gestion autonome des ressources locales est-elle encore possible dans un monde de plus en plus globalisé?
- Ces différentes questions peuvent-elles trouver des solutions sur le plan politique?
Le thème de la "concurrence" est complexe et peut être l'objet d'analyses sous plusieurs points de vue différents. C'est pourquoi nous préférons parler de "concurrences" au pluriel:
- la concurrence culturelle;
- la concurrence politique;
- la concurrence économique.
Le développement des traces précédentes nous permettra de faire ressortir les différentes interrogations qui serviront de stimulation pour la réalisation du projet politique et, en même temps, elles nous donneront la possibilité d'exprimer des indications pertinentes

1) Concurrence culturelle

Concurrence des modèles culturels
Les modèles gagnants; diffusés par la télévision et les autres médias, sont très éloignés de nos modes de vie traditionnels: ces derniers sont-ils à même de concurrencer les modèles proposés?
Dans quelle mesure? Y a-t-il la possibilité d'intégrer ces deux aspects contradictoires de notre vie quotidienne?
Qu'avons-nous à gagner ou à perdre, en gardant les modèles traditionnels ou en adoptant les nouveaux, compte tenu que notre vie se déroule au sein d'un milieu montagnard?
Quelles pourraient être les chances d'entamer une collaboration suivie avec d'autres peuples montagnards, pour affronter ensemble les enjeux à caractère culturel et social qui résulteraient être communs?
Peut-on parler d'une "civilisation montagnarde" globalement répandue, par opposition à une civilisation "des plaines"?
C'est évident qu'en adoptant, et en partie malheureusement nous l'avons déjà fait, un mode de vie qui ne nous appartient pas, nous sommes destinés à une homologation qui pourrait nous faire disparaître ou, sinon, nous rendre absolument privés de n'importe quel intérêt aux yeux du reste du monde. Il est nécessaire de faire tous les efforts possibles pour éviter, qu'en vertu des concepts de spécialisation, d'informatisation et de modernisation, les traits essentiels de notre réalité puissent disparaître. L'absence d'une idéologie, l'anonymat, la perte de personnalité et la bureaucratisation exaspérée tuent les petites communautés où l'élément essentiel résulte être l'homme lié à son territoire.
Ce qui vient d'être affirmé ne veut pas représenter un refus des nouvelles technologies et du développement mais signifie simplement que l'évolution doit respecter notre particularité.
Ceci est valable pour toutes les activités humaines qui doivent être affrontées avec la conscience d'avoir une identité spécifique. A l'égard de ce sujet nous devrons investir d'importantes ressources pour favoriser une formation culturelle et professionnelle adéquate pour nos jeunes, et pour les immigrés. Je vous rappelle que, d'après le traité de Schengen, il y a la libre circulation des personnes dans l'espace européen et quand il y aura l'adhésion à l'U.E. des autres pays de l'est, augmentera le nombre des étrangers qui s'ajouteront aux maghrébins et aux albanais qui travaillent déjà dans les entreprises agricoles ou de construction.
Ils porteront avec eux des habitudes, des cultures et des religions différentes.
Nous devrons être à même, d’un côté, de leurs garantir des conditions de vie convenables et la possibilité de progresser, et de l'autre nous devrons sauvegarder l'ordre public, les intérêts, l'harmonie et l'identité de notre société.

Concurrence des langues "nationales"
Que signifie, aujourd'hui, être une minorité linguistique au cœur de l'Europe?
Notre condition de peuple francophone a-t-elle acquis une nouvelle signification, du fait d'être passé d'un cadre national d'Etat à forte dominante italophone, à un cadre continental plurilingue, où la langue française est parfois minoritaire et parfois patrimoine commun de plusieurs Pays de l'Union Européenne?
Quels avantages et quels handicaps cette nouvelle situation présente-t-elle pour la Vallée d'Aoste?
Le bilinguisme français-italien constitue-t-il un facteur de croissance de notre communauté, ou bien est-ce un frein par rapport à la diffusion d'autres langues européennes mondialement connues (l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le russe ...)?
La concurrence français-italien existe-t-elle en Vallée d'Aoste?
Existe-t-il, au niveau européen, une concurrence des langues néo-latines entre elles (français, italien, espagnol, catalan ...), ou peut-on songer à une situation où, dans leur ensemble, ces langues pourraient concurrencer efficacement le déferlement de la langue anglaise?
Le défi est important et les risques pour nous augmentent. Toutefois, dans ce contexte, la Vallée d'Aoste doit profiter de son atout d'être le carrefour entre les cultures française, italienne et allemande.
Suite au changement des références institutionnelles nous devrons, dans un futur proche, projeter et porter à terme lés modifications de notre Statut, qui devra être conçu, en tenant compte du contexte politique européen. A cette occasion, nous devrons prendre en considération un réexamen des articles 38, 39 et 40 pour les adapter au contexte européen, vu que les références ne pourront pas être adressées exclusivement à l'italien. En outre, sur ce thème, nous devrons imaginer d'utiliser au mieux cette nouvelle situation pour rompre l'actuel encerclement, afin de développer tous les rapports avec les réalités et les organisations francophones. Nous pourrons et nous devrons travailler encore plus, afin que l'université et la scolarisation, publique ou privée, soient des lieux formatifs où l'on puisse améliorer la valorisation de la culture valdôtaine.
Enfin, nous ne devrons surtout pas oublier de valoriser l'inestimable patrimoine représenté par notre patois qui, outre être un motif d'orgueil, est une rareté et un attrait au niveau européen où l'agressivité des langues nationales, y compris le français, a presque fait disparaître toutes les expressions dialectales.


2) Concurrence politique

Concurrence de modèles institutionnels
La démocratie occidentale est fondée sur les principes de l'équilibre des pouvoirs et de la représentation, qui se traduisent traditionnellement, au niveau institutionnel, par le système parlementaire, où le pouvoir législatif est exercé; en principe, par une Assemblée dont dépendent, sous différentes formes, l'élection et/ou le maintien d'un organe de gouvernement qui exerce le pouvoir exécutif.
Ce modèle institutionne1 est-il encore à même de répondre au mieux aux nécessités des sociétés contemporaines?
Est-il à même de concurrencer efficacement un autre modèle, de type plébiscitaire, qui tend à légitimer différemment l'exécutif et qui semble se répandre actuellement?
La "technocratie", qui tend à s'affirmer au niveau politique au moyen d'organes "techniques", est-elle compatible avec le principe de démocratie?
Est-elle concurrentielle, par ailleurs, par rapport à la "bureaucratie" traditionnelle?
Le système, dans son ensemble, répond-il aux exigences du citoyen, ou s'est-il transformé dans un mécanisme autoréférentiel?
Il est important de se pencher attentivement sur ces thèmes. Toutefois, certaines réflexions peuvent et doivent être faites. Si la Vallée d'Aoste, qui représente un ensemble de petites réalités, devait adopter un système majoritaire, ceci aurait des conséquences dévastatrices. Les petites communautés de montagne, qui sont très belles mais également très fragiles, qui souffrent du dépeuplement et qui ont des problèmes à survivre, risqueraient de vivre d'autres difficultés sociales induites par des oppositions politiques lacérées.
Les noyaux fondamentaux de nos villages, représentés par les familles, risqueraient de s'ébrécher. Tout ceci rendrait impossible n'importe quelle forme de vie en commun qui, au contraire, pourrait être viable dans les grands centres métropolitains composés par des millions de personnes et dans lesquels les contacts avec les gens sont moins directs.
A ce sujet, ne serait-il pas inopportun, également, d'impulser une réflexion sur la loi électorale des communes, au moins pour celles de petites dimensions, qui, par le système d’élection à suffrage direct du Syndic, ont vu croitre une compétitivité exaspérante et exagérée, empêchant, ainsi à l’électorat l’expression de choix de médication par fois utiles à tous.
La loi électorale régionale, qui, jusqu’à présent, s’est démontrée un bon instrument, apte à représenter la volonté des valdôtains et à empêcher une fragmentation improductive des formations politiques, devra également faire l'objet d'ultérieurs approfondissements tant pour l'élection à suffrage direct du Président de la Région ou de l'exécutif, que pour la présence des femmes au sein des élus. Les choix devront se faire avec toute la sérénité nécessaire après un débat profitable à l'intérieur de nos sections, évitant ainsi, de poursuivre des modes réformistes qui pourraient se révéler inadéquats pour notre réalité.
Par rapport à la machine administrative, il est certainement nécessaire de répéter et renforcer ce qui a été déclaré en 1998 dans notre programme de législature qui est toujours valable: « ... une Administration souple et organisée selon des critères et des objectifs d'entreprise, qui permettent de décider efficacement, est aussi une garantie nécessaire pour les interlocuteurs économiques ». La compétitivité des entreprises dépend aussi de la capacité du système de se mesurer à l'échelon global: c'est de l'efficience et du dynamisme de l'Admistration publique que dépend, en effet, la qualité des performances des entreprises.
Sous cette logique, il serait positif de revoir également les rapports et les compétences entre les dirigeants et les administrateurs publics.

Concurrence entre la Région et l'Etat
L'évolution institutionnelle de l'Etat, qui s'annonçait sous le signe du fédéralisme, a lamentablement échoué et l'Union Valdôtaine s'est déjà exprimée clairement contre la seule modification qui a déjà été apportée à la Constitution, concernant les compétences de l'Etat, sur l'initiative du Gouvernement italien.
Tel qu'il est conçu actuellement, le texte constitutionnel italien est-il à même d'éclaircir les éventuels conflits de compétences entre l'Etat et la Région? Existe-t-il le risque qu'on lui applique une interprétation pénalisante pour l'autonomie valdôtaine?
Comment envisage-t-on, en cas de conflit, les rapports politiques entre l'Etat et la Région?
Quelle doit être l'attitude de l'Union Valdôtaine? Une éventuelle réforme de la Constitution pourrait-elle raisonnablement, à l'heure actuelle, constituer un tournant au sens fédéraliste?
Et vers quel type de fédéralisme? Ira-t-on vers le modèle des "macro-régions"?
Les spécificités des Régions et des Provinces autonomes seraient-elles respectées?
Quels types de convergences et d'alliances la Vallée d'Aoste pourrait-elle souhaiter pour qu'elles soient prises en considération?
Aujourd'hui, les rapports Etat-Région sont plus que jamais difficiles. Après la réforme du titre V de la constitution, notre autonomie a subi un appauvrissement. Le concept de l'entente n'est pas prévu dans les normes de référence et les compétences des régions à statut ordinaire sont presque supérieures aux nôtres. La suppression de la Commission de coordination qui apparemment pouvait être un aspect positif a, en fait, éliminé un filtre et un degré de jugement et comporte directement le recours de la part du gouvernement contre nos dispositions législatives auprès de la Cour Constitutionnelle. A cet égard, je ne reviendrai pas sur l'attitude, déjà condamnée, des forces politiques adversaires qui jouissent de l'opposition des pouvoirs de l'Etat et de la Région.
Cette situation étant généralisée, elle pourrait nous permettre politiquement de constituer un front commun avec les autres régions pour revendiquer notre autonomie et nos compétences statutaires, qui représentent le fruit de nos luttes et du sacrifice de nos martyrs. A ce propos, il pourrait être utile de soutenir le projet de modification d'une partie du parlement afin de créer une Chambre des Régions.

Concurrence entre la Région et l'Union Européenne
L'Union Européenne est une réalité institutionnelle en évolution rapide: une Constitution européenne est en cours d'élaboration.
Quel type d'organisation des pouvoirs sera-t-il prévu?
Quel type de fédéralisme l'inspirera-t-elle? Le "fédéralisme compétitif", qui laissera survivre la souveraineté des Etats membres, ou le "fédéralisme coopératif", fondé sur la prééminence de la Fédération et l'élasticité (donc la concurrence) des autres niveaux institutionnels?
L"'Europe des Régions" continuera-t-elle à être une pure vue de l'esprit?
Quel sera l'espace que l'Union Européenne laissera aux collectivités régionales qui composent les Etats membres?
Y aura-t-il des organismes de coordination des Régions européennes?
Pourra-t-on songer à avoir, en tant que Région, un représentant assuré (député, commissaire ...) auprès des institutions européennes?
L'abolition des frontières nationales favorisera-t-elle la formation de régions transfrontalières (ex. la "Région du Mont-Blanc")?
A l'intérieur de ces formations hypothétiques, quelle pourrait encore être l'autonomie des instances subrégionales?
Comment envisager à l'avenir les rapports entre la Vallée d'Aoste et le Valais, la Suisse ne faisant pas partie de l'Union Européenne?
Quels rapports sera-t-il utile de garder avec les mouvements fédéralistes, régionalistes (ex. Ligue Savoisienne), autonomistes et indépendantistes des Pays de l'Union?
Les suggestions que nous pourrons donner à ces nombreuses interrogations sont diverses. Le rôle joué par notre député européen est, aujourd'hui, de très haut niveaux et ceci nous porte à dire que si pour le futur il n'y aura pas un représentant auprès des institutions européennes il serait très difficile de faire entendre notre voix. Avec la législation actuelle, il sera presque impossible d'entrevoir la possibilité d'un représentant de la Vallée d'Aoste, au sein du prochain parlement européen.
L'Europe des Régions est seulement un slogan; aujourd'hui c'est l'Europe des banques et des grands capitaux qui prédomine.
Pour devenir l'Europe des peuples et des Régions, il est indispensable qu'il existe au moins un représentant pour chaque région.
Pour atteindre ce but, nous devrons nous préoccuper de mettre en route chaque type d'alliance avec toutes les réalités partageant un modèle d'Etat fédéraliste.

3) Concurrence économique

a) Globalisation et économie montagnarde
Quand on dit "concurrence" on songe surtout à l'économie.
La globalisation des rapports économiques nous amènera-t-elle à une crise inévitable du système économique valdôtain?
Plus en général, les réalités montagnardes seront-elles à même de soutenir la concurrence découlant de cette globalisation, dans les domaines économiques?
Pourra-t-on envisager la mise en place ou le maintien d'une économie "différente" pour la montagne?
Quels moyens pouvons-nous mettre en œuvre pour sensibiliser l'opinion publique européenne en faveur de la montagne, pour éviter que la "différence" soit interprétée comme un "privilège"? La globalisation des marchés impliquant la globalisation de la main-d’œuvre, quels seront les coûts que les régions de montagne, et la Vallée d'Aoste en particulier, devront affronter du point de vue de l'intégration sociale et culturelle, voire en termes matériels (pour la construction de structures publiques) pour l'accueil des immigrés?
La dérégulation du marché du travail entraînera-t-elle aussi, dans les zones défavorisées comme les régions de montagne, des phénomènes d'émigration?
Quelles seront les conséquences du rapport immigration-émigration sur l'équilibre des petites communautés locales?
Evidemment nous pensons avoir dans notre région tous les atouts pour nous confronter avec succès avec la réalité européenne. Le congrès de 1997 "Ressources et développement économique dans la perspectives de l'autogouvernement" a déjà établi et mis en valeur les énormes possibilités de la Vallée d'Aoste. A cette occasion nous n'avons pas proposé l'autarcie mais nous avons revendiqué le droit d'exister, de conserver notre identité, de nous auto affirmer et nous autogouverner. Dans le cadre européen notre objectif peut être atteint aux conditions suivantes:
• On doit valoriser davantage notre spécificité composée par notre culture et par notre terroir. Nos produits et nos services sont désormais appréciés partout et dans tous les domaines. Seule la qualité peut empêcher la concurrence des autres réalités et nous assurer une bonne visibilité dans une société qui va vers la globalisation.
• On doit continuer à investir dans la matière grise, dans la formation culturelle et professionnelle mise au point avec une lecture européenne et par la suite favoriser la création et le soutien d'entreprises valdôtaines qui sont les seules à garantir un développement durable et compatible avec nos exigences
• On doit lutter pour que l'Union européenne reconnaisse à la Vallée d’Aoste la possibilité de pouvoir gérer avec autonomie ses ressources, qui pourront être employées pour rééquilibrer les déficits structurels ou pour soutenir l'environnement ou d'autres secteurs stratégiques tels que les transports ou les nouvelles technologies de l'information et de la communication.
• On doit faire tous les efforts politiques et diplomatiques nécessaires pour que l'Union européenne reconnaisse finalement et exactement la montagne et son rôle. A ce sujet nous demandons à l'U.E. de faire mieux que l'Etat italien qui a exprimé dans l'article 44 de la Constitution la volonté d'aider la montagne et par la suite a fait des lois qu'il n'a jamais appliquées entièrement (ex. Legge 97/1994). Notre mouvement dans le congrès de l'an 2000 à la suite de l'inondation a débattu à fond sur la nécessité d'investir dans les montagnes pour sauvegarder les plaines. L’année 2002 est l'année internationale des montagnes et le message que l'on propose c'est de sauver la montagne. Pour sauver la montagne on doit empêcher son dépeuplement et pour atteindre ce but on doit garantir aux montagnards des conditions de vie dignes tant d'un point de vue économique, que d'un point de vue social. En effet ce que l'on veut pour notre région c'est le développement d'une économie solidaire. En plus du capital physique, du capital financier et du capital humain, une société jouit aussi de ce qu'il est convenu d'appeler le capital social. Ce terme désigne à la fois la qualité et la quantité des réseaux sociaux présents à tous les niveaux de la société.

Concurrence et ressources financières publiques
Les conditions économiques entraînent nécessairement des conséquences au niveau des recettes fiscales.
Y aura-t-il une réglementation fiscale au niveau européen, pour harmoniser les systèmes des différents Etats?
En tout cas, la fiscalité assurera-t-elle, au niveau italien, les ressources nécessaires aux régions, et notamment aux Régions et Provinces autonomes?
Une éventuelle réduction des recettes fiscales pourra-t-elle encore soutenir un système décentralisé, tel qu'il a été mis en place en Vallée d'Aoste ces dernières années?
Sera-t-on confronté à la nécessité de recalculer le "coût de la démocratie" en Vallée d'Aoste, au détriment des Communes les plus petites et les plus défavorisées?
Face à ces questions, je dois faire tout de suite une considération: les collectivités locales et les communes sont la base du développement social. Le maintien de la vie communautaire à la montagne passe par l'assurance de moyens financiers suffisants.
Le "coût de la démocratie" est un faux problème: la vie montagnarde demande, dans chaque domaine, de payer des coûts supplémentaires qui découlent nécessairement de ce milieu difficile.
Certainement à l'avenir il y aura des réformes du système fiscal qui probablement toucheront aux montants, des ressources destinées aux collectivités locales. Cela nous stimulera à porter en avant le processus des réformes du système des autonomies locales en valorisant nos capacités et nos atouts qui nous permettront de faire des économies sans jamais perdre de vue la perspective fédéraliste. Comme toujours, pour atteindre ce but, on pourra compter sur les capacités de gestion de nos élus locaux, qui se caractérisent par une grande connaissance du milieu géographique et humain.
Les dimensions des communautés montagnardes permettent et favorisent, en effet, la connaissance entre administrateurs et administrés, et la possibilité de mieux saisir la solution des problèmes de la collectivité. Le coût de la démocratie en montagne est donc proportionnel au surplus de quantité et de qualité de la démocratie vécue.

Conclusion
Pour conclure et pour ébaucher une réponse aux thèmes du Congrès, j'estime que les chances des peuples de montagne sont bonnes et que les chances de la Vallée d'Aoste sont encore meilleures.
Grâce à un demi-siècle d'autonomie nous avons défendu notre identité, nous avons bâti un large développement et Etat social qui est un exemple pour les autres régions.
Certainement nous ne pouvons pas nous arrêter et nous devons progresser. Pour cela, nous devons donc profiter de toutes les confrontations venant de l'extérieur. D'un côté, nous demandons les instruments législatifs pour travailler et, de l'autre, nous mettrons en valeur notre esprit montagnard qui face aux difficultés s'exprime le mieux.
Les résultats obtenus jusqu'à présent sont surtout la conséquence du travail constant de l'Union Valdôtaine et encore aujourd'hui notre mouvement est le seul à avoir les papiers en règle pour se présenter aux Valdôtains avec des résultats concrets, d'une part, et, d'autre part, avec l'esprit tourné vers un avenir à la mesure des montagnards.
La montagne a engendré l'esprit fédéraliste et la Suisse, à laquelle Emile Chanoux regardait comme à un exemple de sagesse politique, est là pour le démontrer. L'Europe, telle que la concevait le martyr de notre Résistance, devrait devenir une grande Suisse, respectueuse de tous ses peuples et de leur personnalité.
Dans cette Europe, les peuples de montagne doivent jouer un rôle actif. Nous avons, en tant que Valdôtains, des responsabilités particulières à cet égard, de par notre Histoire. En tant qu'Unionistes, nous sommes encore plus responsables, de par notre engagement actuel, qui doit nous pousser à poursuivre sans hésitation sur le chemin de la promotion de notre identité politique, culturelle et socio-économique de peuple montagnard face à l'Europe. Pour que la Vallée d'Aoste puisse vivre, vive l'Union Valdôtaine!

M. ROLLANDIN Auguste, Sénateur

Puisque ce Congrès est consacré à l'Europe, permettez-moi de commercer en rappelant l'expérience des élections européennes. Pour la première fois, 80.000 électeurs valdôtains, avec l'aide des autres collectivités et surtout des minorités linguistiques, ont eu la possibilité d'avoir un représentant en Europe.
Eh bien, un des thèmes "forts" de la campagne électorale était la constatation que les compétences passent de plus en plus de l'Etat •à l'Europe. C'était justement là une des raisons qui nous a convaincus à faire cette bataille jusqu'au fond, même si, là aussi, quelqu'un avait exprimé de fortes perplexités. Mais les résultats, comme toujours, parlent tous seuls. Même à l'occasion de la campagne pour les élections politiques, nous avons souvent entendu répéter que finalement l'Etat ne compte plus. Si bien que quelqu'un soutenait même que l'élection de tel ou tel candidat était indifférente. Et en effet, on a bien vu aussi des bons valdôtains qui faisaient tranquillement campagne électorale pour des personnes très dignes, mais qui ne faisaient pas partie de la coalition!
Je suis parti de loin pour dire qu'en ce moment, au contraire, l'Etat joue un rôle encore important par rapport à l'Europe.

La Vallée d'Aoste et l'Europe
Le thème du Congrès, les concurrences, est très engageant. Il s'agit d'un phénomène global, qui nous concerne tous: les retombées des crises énergétiques, on les a ici, tandis que les crises des pays pauvres, c'est l'émigration et l'immigration, qui sont des problèmes extrêmement actuels.
Mais en revenant surtout à l'Europe, nous devons avouer qu'elle est actuellement une Europe clairement des Nations, une Europe que personne n'a choisie, qui a été imposée et qui, ne l'oublions pas, est en train de perdre de plus en plus la confiance des électeurs. On n'a plus confiance en l'Europe, ce qui est un thème pour nous particulièrement important. N'oublions pas que plusieurs mouvements minoritaires sont en train de subir les conséquences de l'Europe face à leurs réalités. Europe non seulement ne respecte pas les minorités, très souvent elle est en guerre avec les minorités, en guerre avec l'économie des minorités.
J'ai écouté avec attention toute une série de plaintes, très correctes, envers les risques et les dangers qu'est en train de courir la Vallée d'Aoste, mais je dois aussi dire que malheureusement, pour la plupart, la cause n'est pas l'Italie, mais c'est l'Europe et là je crois que finalement il faudra revoir la politique des Etats et de l'Italie, face à la politique européenne. Je dis cela parce qu'il n'y a pas une séance de l'Assemblée Parlementaire sans qu'il y ait un traité européen à ratifier. On ne discute pas. Sur la plupart des documents soumis à notre attention, on ne peut pas discuter, on ne peut pas les changer.
Voilà que l'engagement primaire qui nous attend, est celui d'une nouvelle Convention. J'estime qu'il s'agit d'un défi important pour réaffirmer notre concept d'Europe.

Les réformes constitutionnelles: la question de l'entente
Dans ce sillon, l'on doit parler aussi de l'autre grand thème, les réformes constitutionnelles. Il est évident que l’importante réforme constitutionnelle du titre V de la Constitution a été une réforme que nous n’avons pas acceptée. La Vallée d’Aoste est l’unique région où le « non » a gagné, pour réaffirmer le problème de l’entente. Sur ce thème, on a demandé au moment de la constitution du gouvernement, une déclaration officielle et à ce sujet de loi constitutionnelle « Modifiche degli statuti delle regioni a statuto speciale » où l'on dit que « le modifiche sono approvate previa intesa con il consiglio regionale ». Quelqu'un peut dire que c’est un des nombreux projets de loi présentés. Au contraire, notre projet de loi, qui a été signée aussi par le groupe auquel j'appartiens, le Groupe "Per le Autonomie", a été inséré dans le débat sur la réforme "Bossi", et le débat en commission a déjà commencé, on a nommé un rapporteur et je voudrais lire un petit passage de ce qui a été dit par le rapporteur.
"Nella stessa si richiama inoltre l'accordo internazionale De Gasperi-Gruber,- combien de fois nous avons dit que nous n'avons pas d'accords internationaux comme a le Sudtirol - che esclude modifiche unilaterali èssendo necessario il consenso,della repubblica d'Austria e dei rappresentanti delle minoranze linguistiche; presupposto fondamentale per porre fine alla vertenza internazionale. Il disegno di legge in titolo rafforza quindi il potere di autogoverno locale condizionando l'approvazione delle modifiche statutarie alla volontà dei consiglio regionale e dei consigli provinciali di Trento e Bolzano che entro due mesi dalla comunicazione dei governo dovranno esprimere la loro intesa. Si tratta di una proposta che merita un esame approfondito e non si può dimenticare la difficile situazione nella quale si trovano le regioni".
Même discours pour le Président de la Commission, qui a déclaré d'être favorable au projet :
Si nous considérons que la réforme du titre V de la Constitution a été approuvée par le Parlement sortant, à la dernière minute, avec l’avis contraire de notre député, je peux dire d'avoir été favorablement surpris de la volonté de la majorité non seulement d'examiner le projet de loi sur l'entente, mais d'exprimer aussi un avis favorable.
Mais pourquoi j'insiste sur ce point? Car depuis presque cinq ans nous sommes en train de discuter de la réforme du Statut de la Vallée d'Aoste. Un exercice - on a toujours dit - prudent, important, intéressant, voire capital pour notre région, mais à une condition: qu'il y ait l'entente, autrement c'est un exercice qu'on peut faire, que est bien de faire pour dire ce qu'on en pense, mais le moment où il y aura un débat parlementaire, les modifications n'auront pas besoin d'avoir l'entente, et par conséquent le Parlement pourra modifier ce qu'il veut. La réalité est celle-ci. Je crois qu'il est inutile d'ajouter grand chose sur ce point. Je veux de toute façon dire qu'il y a un pas de l'avant important, j'espère dans la bonne direction.
Nous ne devons même pas oublier que sur le thème des réformes institutionnelles, il y a aujourd'hui une nouveauté. Jusqu'au moment de la modification du titre V de la Constitution, il y avait deux systèmes "concurrentiels": à savoir entre les Régions à Statut ordinaire et à Statut Spécial. Après la modification du titre V, il y a trois systèmes de régions, car d'autres régions peuvent être à Statut spécial et il y a maintenant toute une série de régions qui sont en train de travailler pour augmenter leurs compétences. Nous aurons alors trois niveaux de régions: les régions à statut spécial, les régions à statut ordinaire et les régions à statut différencié selon la modification du titre V de la Constitution. Je crois qu'il s'agit là d'une nouveauté importante.
Mais je voudrais ajouter quelque chose d'autre et là la vraie concurrence, car qui avait approuvé la réforme du titre V avait dit: finalement on a accepté le principe fédéraliste d'indiquer les compétences de l'Etat en remettant les autres aux Régions. Qui a lu cette modification a vu toutefois avec surprise toute une série d'arguments définis comme compétences "concourantes" entre l'Etat et les Régions. Le drame que nous sommes en train de vivre, la concurrence entre l'Etat et les Régions, nous le vivons difficilement tant que nous n'aurons pas une table qui puisse régler le système en définissant et éclaircissant les niveaux des compétences. Là aussi il ya la concurrence, car, au sein de la "cabina di regia", il y a une seule place pour les représentants des Régions: ils doivent être les présidents des Conseil ou des Région? J'ai fait cet exemple seulement pour dire qu'on peut faire la concurrence aux différents niveaux et le mot concurrence revient presque partout, aussi au niveau des défis que nous sommes en train de vivre en tant qu'Union Valdôtaine.

La montagne et les concurrences
La montagne est actuellement confrontée à plusieurs défis, liés aux changements qui sont plus rapides qu'autrefois. L'aspect le plus évident est qu'en montagne les communes sont plus petites, et en effet on est en train de décider, quelque part, qu'il serait important de supprimer les petites communes. D'autre part, on a la présence des immigrés, avec les problèmes sociaux conséquents, et là la concurrence se pose.
Mais je crois que la concurrence est à tous les niveaux et la concurrence existe aussi pour des choix politiques, surtout dans le thème des privatisations.
Je pense que les petites communes se sont déjà aperçues de ce que signifie la privatisation en Vallée d'Aoste. Par exemple, pour ce qui était des Postes, autrefois dans toutes les communes il y avait un bureau, maintenant combien de communes ont perdu ce service?
Car il y a un système qui a changé. Même choses pour le téléphone, pour le système de la grande industrie et, à ce qui paraît, il ya aussi l'idée de privatiser l'INPS et l'INAIL, avec les conséquences qu'on peut imaginer.
La compétence des régions doit faire face aussi à la concurrence dans le domaine des transports, et là nous subissons chaque jour la concurrence entre régions, entre Etats, entre systèmes: on a choisi le rail mais qu'est-ce qu'on fait pour le rendre déterminant? On a choisi l'Aoste-Martigny, qui finalement a été insérée dans un document du CIPE, qui n'est sûrement pas déterminant, mais qui est quand même un pas de l'avant. Mais il faut quand même qu'il y ait une, entente pour suivre un débat qui se déroulera au niveau européen.

La réforme fiscale et le problème de la Maison de Jeu.
Je crois toutefois que le système le plus délicat est le système fiscal: les recettes. Le problème est la réforme fiscale qui portera des innovations dans le système des paiements, avec des retombées importantes sur le revenu de la Région. Je crois qu'il s'agit là d'un problème de concurrence qui doit être géré, tout comme il faut rééquilibrer aussi le système des recettes.
Une source importante de revenu pour notre Région est le Casino, mais, là aussi, de qui est la compétence des jeux? Le gouvernement précédent a inventé le "Bingo", d'autres gouvernements ont inventé et décidé d'investir sur le "Loto" pour avoir les fonds nécessaires. Tous les mouvements, au niveau national, se sont insérés dans le discours des Casinos. C'est un vieux thème: les lois sur les casinos ont été présentées depuis toujours, mais maintenant le débat est ouvert, pour les raisons que vous connaissez: sollicitation de la Cour Constitutionnelle, sollicitation surtout de groupes intéressés à avoir des Casinos. On à donné là la possibilité de s'insérer dans ce débat à travers un projet de loi, mais on sait que le débat se passera surtout à travers la requête de toutes les régions d'avoir au moins un Casino, compte tenu qu'il existe déjà 800 salles "Bingo" autorisées et les salles "Bingo" accueilleront bientôt aussi les "slot-machines". Vous ne pensez pas qu'il s'agit là de concurrence qui pourrait signifier pour nous une perte dramatique?
Et j'en passe sur la concurrence au niveau scolaire, entre école publique et privée, seulement pour dire que la concurrence au niveau du travail parlementaire est énorme et le travail qui nous attend immense.

La concurrence politique
Nous avons ensuite une autre concurrence, un peu plus artificielle, mais qui nous intéresse beaucoup. La concurrence politique. Là aussi il ne s'agit pas d'une nouveauté: on a toujours eu de la concurrence. L’important, c'est de revenir aux vieilles règles: le débat sur les programmes et les idées qui sont à la confrontation des assemblées. Ça a été toujours la clé gagnante et je crois qu'on n'a rien à craindre là-dessus: n'oublions pas les choix qu'on a faits même lorsqu'on avait les nombres pour avoir des alliances plus étroites, dans la conscience que c'était important d'avoir des alliances qui puissent, en tant qu'alliances, partager un programme, comme c'est normal qu'il se passe. Je crois que l'autre alliance importante est sur les principes, c'est-à-dire, voir qui, au-delà du programme, est d'accord avec nous de soutenir certains principes. N'oublions pas la bataille sur le français : il y a eu quelques problèmes de la part de forces politiques qui partageaient le même programme. L’important est que cette concurrence n'ait pas de retombées à l'intérieur, et là on revient à la concurrence de l'information et des médias. L’Union est un peu comme la montagne : on en parle seulement si on a la possibilité de faire scandale. On parle de Congrès seulement pour annoncer des divisions. Je regrette qu'il y ait là peut-être quelqu'un qui n'est pas satisfait de voir qu'il y a un débat correct à l'égard des représentants des sections, sur des thèmes concrets, sur des prises de position liées aux thème vrais du Congrès : la concurrence face à l’Europe, qui est le thème capital pour notre Région.
On a déjà parlé à ce propos de la concurrence sur la montagne. Pour ce qui est de l’agriculture, là aussi si les problèmes ne sont pas liés à un rapport avec l’Etat, qui a une loi sur la montagne qui est une loi, mais qui est restée totalement inappliquée car le principe de la concurrence au niveau européen ne permet pas de résoudre ce thème. On peut citer aussi le cas des remontées mécaniques, du commerce, pour arriver toujours aux mêmes conclusions: l'Etat a malheureusement renoncé à faire une politique active face à l'Europe, dont les règlements, sur le thème des concurrences, n'ont aucune attention face aux exigences des petites réalités.
Voilà pourquoi aujourd'hui il faut avoir un engagement concret et réel, autrement on risquera de débattre des thèmes qui n'ont pas de solution. Voilà que de plus en plus, vis-à-vis de l'Etat, il faudra avoir de la part des institutions et du mouvement une série de précautions: avoir des équipes d'experts qui soient vraiment à même de soutenir les différentes initiatives et de s'opposer aux contentieux, comme ceux en acte face à la Cour Constitutionnelle. Et là, je rejoins ce qui a été dit de l'absurde de certaines forces politiques, voir "Forza Italia" qui n'a pas seulement sollicité mais parrainé une intervention contre la loi sur le casino. Je crois qu'il s'agit là d'un acte très grave, un acte de politique absurde, et qui ne peut qu'être condamné. Tout de même, sur le thème du Casino, je crois qu'il faudra faire une réflexion attentive pour défendre toutes nos compétences administratives et pour défendre jusqu'au fond la possibilité d'intervenir sur ce thème en sachant que s'il y aura un contentieux, il faudra être équipés pour le gagner.

L’attitude envers les autres forces politiques
Pour ce qui est de l'attitude vis-à-vis des autres forces politiques, elles découlent directement de l'analyse des retombées concrètes sur la Vallée d'Aoste. A ce propos, on a veillé à insérer dans la plupart des lois le principe de la sauvegarde des compétences régionales. C'est sans doute un résultat important, même s'il ne faut pas oublier que le Statut est déjà changé dans les faits. Peut-on par exemple encore parler de zone franche, prévue par l'article 14? Moi je pose la question face aux règlements non italiens, mais européens. D'après ce que je sais, les normatives européennes ne la prévoient pas, sauf pour certaines îles avec des règlements un peu particuliers, qui disposent des "points francs".
Pour ce qui est de l'attitude générale envers le gouvernement italien, nous ne sommes pas aplatis sur la majorité, comme quelqu'un voudrait le faire croire: très simplement, lorsqu'il y a des actes qui vont contre les intérêt de la Vallée d'Aoste, nous votons contre; lorsqu'il y a, des actes avec des retombées relatives, on peut s'abstenir ou bien s'il y a finalement quelque chose qui va dans la direction d'aider aussi la Vallée d'Aoste, si vous permettez, on vote aussi "oui".
Il y a la volonté de faire apparaître que maintenant tout est changé, et qu'il y a une attitude farouchement contraire à la Vallée d'Aoste: je crois qu'il s'agit d'une mystification, car les expériences avec les autres gouvernements précédents sont là pour dire qu'on a eu une certaine attention, mais aussi des difficultés, comme pour le problème fondamental de l'entente et alors je crois que finalement il y a la possibilité d'évaluer sans avoir une attitude qui soit différente de l'attitude qu'on avait auparavant. Et là je crois qu'une autre considération doit être faite: et s'il y avait quelqu'un d'autre, comme on a toujours dit, déjà classé de gauche ou de droite, pouvait-on lui demander d'avoir une attitude, comme nous sommes en train, "ouverte", de confrontation? Je crois que là il faudrait réfléchir sur l'attitude de certains lors de la dernière campagne électorale.
Je crois donc que le vrai défi est celui de défendre les régions de montagne avec leurs identités pour défendre les raisons de la montagne. Trop souvent on veut faire passer que la politique de l'Union Valdôtaine est liée à des faits marginaux. Et là je reviens au problème de l'information. Chaque semaine il y a quelqu'un qui doit écrire qu'on est l'un contre l'autre. Les débats existent, mais cela ne signifie pas être contre les intérêts du mouvement; qu'on reconnaît tout comme nous sommes toujours très attentifs au rapport avec les organes du Mouvement. Alors, faisons ça dans les débats opportuns.
Ceci pour dire que l'Union Valdôtaine doit avoir le courage de faire un chemin difficile mais sérieux. Le problème de la concurrence engendra des problèmes surtout pour ce qui est de la concurrence au niveau culturel comme économique qui devra voir le mouvement uni sur les thèmes importants.

M. VIERIN Dino, Président de la Région

Chers amis,
Permettez-moi de vous présenter quelques considérations et suggestions, concernant le thème du Congrès. Considérations et suggestions de la part de quelqu'un qui est en fin de mandat et qui étant donc « in scadenza » est considéré par certains, je n’espère pas par vous toutes et tous, déjà « scadente ».
Pour mieux saisir nos chances de petit peuple de montagne, j'essayerai de présenter d'abord quel est le modèle d'Europe que nous voulons et, ensuite, de définir quelles sont les conditions à remplir afin que cette Europe soit effectivement un instrument de croissance et pour que le Val d'Aoste soit à même de relever le défi européen. Et ce, en vous soumettant mes remarques et en formulant des propositions et des suggestions.
Le processus d'intégration européenne, assorti d'une croissance institutionnelle autant qu'économique, est un processus désormais irréversible que nous nous devons d'accepter, à condition que l'Union Européenne s'engage à sauvegarder et à valoriser les caractéristiques propres à chacune des communautés qui la composent. C'est d'ailleurs ce que nous les Valdôtains attendons d'elle, parce que nous avons toujours cru que l'épanouissement de notre communauté et la création de nouvelles conditions pour son essor passaient nécessairement par l'intégration européenne et par la réalisation d'une Europe des Peuples et des Régions. Une Europe donc synonyme d'opportunité, de défi à relever pour dépasser la limite actuelle des frontières étatiques et pour moderniser le Val d'Aoste, en le rendant plus solide et compétitif.
Une Europe qui aujourd'hui, par contre, est loin d'être réalisée. A ce propos, voilà que depuis quelques mois nous avons en poche des euros, signe tangible de cette nouvelle citoyenneté européenne. Grâce à cette monnaie unique nous avons tous acquis une nouvelle sensibilité et nous nous sentons sans doute plus proches de l'Europe.
Mais ce n'est pas suffisant.
Ce que nous demandons à l'Union Européenne, notamment à ses institutions les plus proches des citoyens, le Parlement européen et le Comité des Régions, est un saut de qualité, qui est désormais indispensable et nécessaire. Avec l'élargissement, L'Union Européenne doit en effet non seulement consolider sa croissance, en posant des bases nouvelle; pour son développement, mais aussi devenir plus démocratique, plus transparente, plus proche de ses citoyens.
C'est la mission d'ailleurs qui a été confiée à la Convention pour l'avenir de l'Europe, chargée d'examiner les questions essentielles de son devenir et de proposer les solutions y afférentes, y compris la future constitution européenne. Néanmoins, nous ne pouvons oublier que les propositions de la Convention seront adressées à la Conférence Intergouvernementale et que le pouvoir de décision est donc remis aux Etats, qui devront également définir les nouvelles modalités de financement et d'utilisation des Fonds structurels.
Or, au sein de la Convention et de la Conférence, à l'exception des Etats réellement fédéraux, il n'y a pas une participation effective des collectivités territoriales qui composent les Etats européens. Ainsi, sommes-nous certains que les décisions qui seront prises, les choix qui seront effectués, prendront en compte les requêtes et les attentes de ces collectivités territoriales - notamment en ce qui nous concerne, la pleine reconnaissance de la dimension montagne et une application différente du principe de concurrence - et donneront application aux principes de subsidiarité et de participation si clairement énoncés dans les traités européens?
Nous sommes, bien sûr, confiants, mais nous nous devons être vigilants, attentifs et surtout propositifs. Il faut, il est nécessaire, à ce propos, que les Régions parlent d'une seule et même voix par le biais d'une politique commune, en unissant leurs forces en vue de défendre et de promouvoir leur rôle au sein de la future Europe. Et ce, tout d'abord, en obtenant de la part des gouvernements des Etats respectifs, le soutien au projet de la Charte européenne de l'autonomie régionale, ainsi qu'au projet de charte européenne des régions de montagne, afin qu'ils soient adoptés au plus vite comme traités internationaux par le Comité des ministres du Conseil de l'Europe. Mais aussi:
- en engageant la Commission européenne à coopérer avec les Régions, les collectivités locales et leurs instances représentatives en amont du processus de décision c'est-à-dire lors du processus de consultation et jusqu'à la prise de décision. Cela constituerait un pas important vers un véritable dialogue entre l'Union européenne, les Régions, les collectivités locales;
- en adoptant une division claire et correcte des compétences entre Union européenne, les Etats, les Régions et les collectivités locales, afin de valoriser l'action européenne et renforcer la cohérence des différentes politiques publiques. La bonne gouvernance européenne ne peut se réduire, en effet, sur une extension des compétences, mais elle doit se fonder sur une démocratie représentative et participative;
- en instituant la possibilité d'un contrôle juridictionnel en cas de non respect des compétences. Mais surtout, nous devons obtenir la pleine reconnaissance et le respect du principe du droit à la diversité - au sens large du mot - ainsi que sa sauvegarde et promotion. Prise en compte donc des diversités culturelles et linguistiques, bien sûr, mais aussi territoriales, assorties d'une nouvelle politique régionale et de cohésion, d'une politique agricole axée sur la défense du monde rural, d'un développement durable et d'une approche différente aux problèmes des transports.
Voilà ce que nous voulons de la nouvelle Europe. En effet, en prenant quelques exemples, les mesures proposées dans le livre blanc sur les transports ne répondent pas aux besoins croissants d'intermodalité et surtout elles ne tiennent pas suffisamment compte des exigences de désenclavement et des besoins en matière de transport des Régions et des territoires spécifiques. Les Régions devraient donc être reconnues comme les interlocuteurs obligatoires des autorités européennes et étatiques en la matière. Elles disposent déjà - à divers degrés - de compétences spécifiques et ont en général aussi la responsabilité des politiques complémentaires en matière sociale, environnementale et de l'aménagement du territoire. De ces faits les Régions devraient être associées à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique des transports sur la cohésion sociale économique et territoire, le développement de transports équilibré et intégré ainsi que le transfert de la route au rail des marchandises devrait être un objectif-clé des fonds structurels de l’avenir. Par ailleurs une agriculture multifonctionnelle doit apporter une contribution essentielle à la présentation de l’environnement et à l’aménagement de la montagne et de l'espace rural. Ce sont des missions d'intérêt public qui; n'étant pas pris en compte par le marché, doivent être soutenues par les fonds publics. La prise en charge de celles-ci et de leur mode de rétribution par l'Union européenne et par les pouvoirs publics est ainsi déterminante pour le maintien durable de l'agriculture européenne et notamment de l'agriculture de montagne. Cohésion, multifonctionnalité, compétitivité et durabilité devraient, donc, être les fondements du nouveau modèle agricole européen et ce sans oublier les exigences de qualité et de sécurité alimentaire. Cette exigence de qualité doit de plus être à la fois reconnue, renforcée et promue par des instruments susceptibles de différencier les produits agricoles. Les appellations d’origine sont précisément un facteur de cette différenciation, un instrument qui répond aux exigences de qualité du consommateur-citoyen: tradition, qualité et sécurité. Là encore les autorités régionales devront être associées à l'élaboration et à la mise en place des futures politiques agricoles et régionales de la communauté européenne.
Quant à la pleine reconnaissance de la diversité territoriale, il faut donner aux habitants de la montagne une qualité de vie adéquate et favoriser le développement durable des régions et territoires de montagne. En Europe, les régions de montagne représentent plus d'un million de kilomètres carrés, soit environ 50% du territoire européen et remplissent des fonctions d'intérêt général de grande importance, qu'elles assurent au niveau environnemental, économique, social, politique et culturel. Chaque région de montagne en Europe connaît des problèmes spécifiques qui s'expliquent surtout en raison de facteurs structurels et institutionnels et qui ne favorisent guère la mise au point de stratégies d'actions communes en vue de promouvoir un développement durable en montagne et par conséquent une amélioration de la qualité de la vie de ces habitants. Par ailleurs, le manque de politique adéquate ou la mise en place de politiques incohérentes et non coordonnées peut provoquer la dégradation des territoires et leur abandon de la part des populations montagnardes, avec des graves conséquences pour l'équilibre écologique et social de l'ensemble du continent européen et avec des conséquences négatives directes sur la vie des populations de la plaine, notamment en ce qui concerne les ressources hydriques et les risques de catastrophes naturelles.
Dans cette perspective, il est indispensable de garantir aux populations de montagne un développement économique durable et équilibré avec:
- un juste équilibre entre développement économique et protection de l'environnement;
- le droit de vivre et de travailler en montagne, avec le maintien des services publics;
- la préservation de leur milieu de vie, ainsi que des conditions et un niveau de vie équivalent à celui d'autres zones plus favorisées. Les montagnes européennes représentent un patrimoine socioculturel exceptionnel, qu'il convient donc de valoriser et de préserver et qu'il y a lieu de défendre en assurant le respect et le maintien de l'identité sociale des traditions et de la culture de leurs populations.
Pour ce faire, dans cette Année Internationale des Montagnes, afin que celle-ci ne se caractérise pas uniquement par des célébrations et manifestations diverses, mais également par des actes concrets, nous devons en sus de l'adoption de la convention européenne des régions de montagnes, obtenir la reconnaissance de la spécificité de la montagne dans les traités de l'Union Européenne, dans la nouvelle construction européenne de 2004. La montagne doit être considérée comme un facteur d'intégration pour le continent tout entier avec:
- la prévision d'un programme d'intervention spécifique de l'Union Européenne en faveur des zones de montagne dans le cadre de la réforme des fonds structurels pour la période 2007-2013;
- la redéfinition des normes européennes en matière de concurrence pour pallier les désavantages économiques et structurels, dont souffrent les territoires de montagne et rétablir une parité de conditions par rapport à d'autres parties du continent en matière de condition sociale et de production.
Si nous avons ainsi défini le modèle d'Europe que nous voulons et les conditions qu'elle doit remplir pour représenter effectivement une opportunité, une chance supplémentaire de progrès et de développement, toutefois force nous est de constater que ces éléments, même si nécessaires, ne sont néanmoins pas suffisants pour assurer la réussite d'une communauté montagnarde, pour lui assurer ses chances, avec son histoire, sa civilisation, sa langue, sa spécificité. La montagne, si elle veut être vivante, doit être habitée évidemment, mais pas n'importe comment et pas par n'importe qui. De plus, ceux qui y demeurent doivent pouvoir disposer des moyens et des instruments indispensables pour leur permettre de décider de leur avenir et assurer leur progrès et développement.
Nous devons donc considérer aussi et prendre en compte les exigences de notre communauté valdôtaine et nous demander quelles sont les conditions qu'elle doit également, je dirais presque obligatoirement, remplir afin de surmonter le défi européen et vaincre les différentes concurrences. Ces conditions sont essentiellement deux: identité et autonomie.
Identité au sens large du mot. Identité culturelle et linguistique, d'abord, l'âme d'un peuple, ces raisons d'être, avec le sentiment d'appartenance à une même communauté, à une communauté spécifique, et l'attention indispensable aux problèmes démographiques.
Identité institutionnelle, ensuite: le contexte supranational va se concrétisant et il est de plus en plus évident que l'Etat, au sens traditionnel du terme, s'avère trop petit pour certaines choses et trop grand pour d'autres. Il faut, donc, que chaque tâche soit confiée à l'entité qui par ses dimensions est à même de l'amener à bien. En repensant la structure de l'Etat et de l'Union Européenne, nous devons donc proposer une nouvelle Constitution pour le Val d'Aoste avec un nouveau pacte avec l'Etat et la garantie de s'on respect et de son application, à l'enseigne du droit communautaire et du droit international, par l'Union Européenne. A cet, égard, nous réaffirmons, en tout cas, que:
- l'unité territoriale du Val d'Aoste, dans sa définition historique, politique et géographique, ne pourra, ne devra pas être remise en question;
- le peuple valdôtain est conscient de son identité, de sa culture, de ses langues, de sa civilisation particulière et, par conséquent, du droit à la reconnaissance de sa spécificité et de sa spécialité;
- et le Statut actuel et la future Constitution ne pourront être modifiés sans consultation, concertation et accord préalables avec les institutions valdôtaines: l'entente dont on a beaucoup parlé.
Identité politique, enfin. Un mouvement, l'Union Valdôtaine, porteur de valeurs et de principes, d'un projet politique à même, de rassembler toute la communauté valdôtaine et ayant comme seul but l'épanouissement et la défense de la Vallée d'Aoste et de ses intérêts. Pour ce faire, nous le savons, il faut - nous l'avons sollicité au cours du dernier congrès - une maison qui soit commune, de l'unité et de la cohésion, du dialogue, de l'ouverture, de la participation; le respect des rôles et fonctions de chacun, de l'enthousiasme et de la passion, avec des principes et des valeurs.
Mais, surtout une ligne politique claire et partagée avec - comme je le disais - le Val d'Aoste et ses intérêts à la une, sans clins d'œil ambigus ou la soumission à des intérêts romains, mais qui s'exprime par une capacité de réaction et même de condamnation vis-à-vis de ces actions qui venant de n'importe de quel côté, à Rome comme à Aoste, mettent en cause nos compétences, pouvoirs, ou activité politique. Nous devons réagir, les thèmes ne manquent pas: application de la réforme du titre V de la Constitution et projet de réforme fédérale, Casino, Corps forestier, Tunnel du Mont-Blanc, tension sociale de plus en plus forte et conflits exaspérés, privatisation des services publics, libéralisations sauvages; alliés à la Région qui, croyant pouvoir compter sur un appui à notre intérieur, veulent être au gouvernement et à l'opposition - et j'en passe.
Or, si les thèmes ne manquent pas, les réponses politiques, par contre, n'ont pas toujours été si immédiates et nombreuses, peut-être pour ne pas déranger, je voudrais bien savoir qui et pourquoi. Mais, à cet égard, faisons beaucoup attention, soyons vigilants afin de ne pas donner ou confirmer l'impression que notre attention soit plutôt portée sur un travail de sape systématique de tout ce qui a été réalisé en Val d'Aoste, qui aurait comme conséquence d'avoir un gouvernement qui se trouverait ainsi sans soutien; délégitimé, au cours de cette dernière partie de législature. Un gouvernement - le nôtre - délégitimé sinon dénigré, et travaillant donc sans filet. N'oublions pas non plus que c'est nous qui sommes les porteurs d'une stabilité politique au Val d’Aoste et que nous ne pouvons pas être nous - les éléments majeurs d'une instabilité politique.
Tout le monde le sait, même les médias: si l'Union Valdôtaine ne bouge pas, il n'y a rien qui bouge sur le plan politique au Val d'Aoste. En tout cas, je pense qu'il faut sortir de l'immobilisme actuel, relancer l'identité politique de l'Union Valdôtaine, lancer des messages et donner des réponses claires et fermes à nos alliés et à la communauté valdôtaine.
Enfin l'autonomie. Elle appartient aux valdôtains, à tous les valdôtains. Elle ne peut être ni un jeu ni devenir un exercice de style; elle est capitale si nous voulons être en mesure de continuer à construire nous-mêmes l'avenir de nos jeunes, de notre communauté toute entière et de garder donc toutes nos chances face aux nouveaux défis. Il est donc dangereux de faire de l'autonomie et de la souveraineté du Conseil de la Vallée qui en découle une monnaie d'échange pour des finalités personnelles ou partitiques.
Nous savons pertinemment qu'il n'y aura plus de Val d'Aoste si nous n'arrivons pas à maintenir et à renforcer notre Autonomie, nos compétences et nos pouvoirs. Mais autonomie signifie aussi capacité d'exploiter nos propres ressources et de les valoriser aux fins d'une meilleure compétitivité dans le contexte économique et politique actuel.
Or, à l'heure où le Val d'Aoste est confronté à tous ces changements - en Italie et en Europe -, si nous voulons continuer à assurer l'essor et l'épanouissement de notre communauté tout en gardant son identité, nous devons renforcer notre autonomie et nos compétences, ainsi que promouvoir et exploiter nos ressources. Et ce, afin que la montagne valdôtaine gagne le défi des diverses concurrences européennes, en garantissant la compétitivité et la solidité indispensables à notre système économique.
Le Casino de la Vallée est, à ce propos, depuis toujours; l'un des symboles de nos pouvoirs d'autogouvernement et l'une de nos principales ressources économiques et financières. A cet égard, j'ai soumis à votre attention une résolution, ne pouvant pas accepter que nos compétences, surtout lorsqu'il s'agit dé compétences reconnues au fil des années, par une législation et une jurisprudence consolidées et qui concernent une ressource capitale pour le développement du Val d'Aoste, soient remises en cause, suivant une méthode, celle du chantage, et des modalités qui ne sont pas sans évoquer une tentative d'expropriation et d'emprise sur la gestion du Casino et d'ingérence dans la souveraineté du Conseil de la Vallée.
Quelles conclusions pouvons-nous enfin en tirer?
Elles sont très simples: nous avons débattu, analysé, considéré les différents thèmes; nous connaissons donc les défis et les enjeux. Nous connaissons aussi nos forces et nos faiblesses. Qu'est-ce que nous devons faire?
Il ne nous reste qu'à travailler ensemble avec la confiance dont parlait Luciano, pour le Val d'Aoste et pour l'Union Valdôtaine.
Merci pour votre attention.

MOTIONS APPROUVEES

Un engagement contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine

Attendu

Que dans le sens moderne du concept de "couverture sociale" on désigne l'ensemble des activités ayant pour but d'assurer la qualité de la vie, l'égalité des chances, l'absence de discrimination, ainsi que les droits de tout citoyen, est destinée à éliminer ou surmonter les difficultés qu'une personne peut connaître à tout moment dans sa vie;
Que l'affirmation, dans les conclusions officielles du sommet de Lisbonne en mars 2000, selon laquelle le nombre de personnes qui vivent au-dessous du seuil de la pauvreté et qui se trouvent en situation d'exclusion sociale au sein de l'Union européenne serait inacceptable et qu'il serait nécessaire de prendre des mesures et de fixer des objectifs spécifiques susceptibles d'avoir un impact décisif pour éradiquer véritablement la pauvreté, témoigne bien du fait que tous les gouvernements européens se préoccupent de ce phénomène qui afflige encore des millions de personnes sur notre continent et s'engagent à renforcer, par des actions communes ces politiques d'insertion qui font partie intégrante du modèle européen de couverture sociale;
Que le deuxième rapport de la Commission européenne sur la cohésion économique et sociale du mois de janvier 2001, intitulé "Unité de l'Europe, solidarité des peuples, diversité des territoires", recommande aux pays membres de promouvoir l'insertion sociale par la mise en œuvre de politiques de l'emploi et de la formation toujours plus ciblées, qui prévoient des partenariats locaux élargis et répondant mieux aux exigences spécifiques à chaque zone et développent le concept de "territorialité de la politique" en vue de la concentration des ressource faibles, afin que l'impact de celles-ci soit plus important;
Que, dans ce contexte, ce que l'on appelle l'allocation "d'aide sociale" constitue une mesure d'assistance "active", qui ne vise pas seulement à compléter un revenu insuffisant mais à soutenir les sujets intéressés et à les pousser à développer leurs capacités afin que, dans la mesure du possible, ils deviennent économiquement autonomes ou du moins n'entrent pas dans la spirale de l'exclusion sociale;
Considérant
Que toute stratégie efficace d'insertion sociale repose sur deux piliers: d'une part, l'existence et le bon fonctionnement de ce "filet de sécurité" grâce auquel tout citoyen est assuré, en dernier ressort, d'un revenu minimal accompagné de mesures lui permettant de se réinsérer dans la société et, si possible, dans le monde du travail; et, d'autre part, la mise au point de politiques de prévention qui, compte tenu de tous les facteurs de pauvreté et d'exclusion, permettent de mobiliser les institutions, les ressources nécessaires et, naturellement, les individus "à risque" et leurs familles, et ce, avant que l'exclusion sociale soit définitive;
Qu'il est opportun que la Vallée d'Aoste adopte un outil de politique sociale qui, sans préjudice des principes qui sont à la base de l'idée de revenu minimum d'insertion, tienne compte des spécificités culturelles, sociales, démographiques et géographiques de la région et qui:

  • - s'adresse aux personnes qui n'atteignent pas un seuil de revenu donné, toutes catégories confondues ;
  • - dépende de l'évaluation des ressources économiques du ménage, calculées d'après un indicateur de situation économique, eu égard au nombre des membres du foyer;
  • - assure un complément de revenu jusqu'à concurrence du seuil précité, établi en fonction de l'indicateur susmentionné;
  • - encourage l'autonomie, économique et l'insertion professionnelle des individus par des contrats d'insertion, à passer avec les administrations locales, qui comportent des actions structurées - définies sur la base, d'une part, des savoir-faire et des exigences des titulaires et, d'autre part, des ressources disponibles à l'échelle locale -, actions susceptibles d'améliorer les compétences des intéressés aux fins de leur insertion professionnelle et/ou sociale; (par ailleurs, il convient que les administrations locales élaborent des projets d'insertion individualisés et que des relations de collaboration et des synergies soient créées parallèlement avec les différents acteurs locaux, qu'ils soient publics, privés ou à but non lucratif, y compris les syndicats et les entreprises);
  • - prévoie des projets d'insertion qui s'adressent essentiellement à tous les membres du ménage, selon les exigences; une attention particulière doit notamment être apportée à la nécessité d'encourager la scolarité et la formation des jeunes, ainsi que de valoriser les compétences professionnelles des femmes ayant la charge d'une famille; parallèlement, si le ménage comprend des enfants en bas âge ou des personnes atteintes de handicaps graves, il ne saurait être demandé aux adultes bénéficiant des mesures envisagées d'exercer une activité salariée, sans préjudice de leur droit de recevoir une aide en vue d'éviter tout risque dé marginalisation du fait de leurs responsabilités familiales;
Considérant:

Qu'il est évident que la mise en œuvre d'un tel outil de politique sociale exige, à la fois, des ressources financières à l'échelon régional et local, et des ressources humaines réunissant des compétences professionnelles spécifiques, tant dans le domaine de l'administration que dans celui de la conception des actions et de l'accompagnement social, puisque tous les acteurs du développement local sont concernés (administrations publiques, agences USL, organisations de bénévolat et opérateurs isolés);

Engage les élus de l'Union Valdôtaine à adopter un outil spécial de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale qui visera non seulement à compléter des revenus insuffisants, mais aussi à accompagner et à développer les capacités des personnes et des familles afin qu'elles deviennent, dans la mesure du possible, autonomes du point de vue économique et, en tout état de cause, qu'elles ne soient pas entraînées dans le processus d'exclusion sociale.

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« Le pouvoir législatif primaire en matière de protection de la santé»

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine

Etant donné
que La loi constitutionnelle n.3 de 2001, modifiant l'art 117 de la Constitution, accorde aux Régions le pouvoir législatif complémentaire, entre autres, en matière de Santé, dans le cadre duquel sont réglementés tous les aspects de la santé de l'homme et des animaux, de la santé individuelle et collective dans les différents domaines de la vie et du travail;
Sur la base de ces dispositions, le pouvoir réglementaire en matière de santé est accordé aux Régions et l'Etat ne peut plus adopter des règlements et des décrets en la matière;
Les Régions ont le pouvoir de transposer les dispositions communautaires dans le respect des procédures définies par l'Etat;
La loi de réforme constitutionnelle établit que les nouvelles dispositions s'appliquent aussi aux Régions à Statut Spécial et aux Provinces Autonomes pour ce qui est des aspects qui prévoient des formes d'autonomie plus vastes par rapport à celles qui existent;

Considérant que
Aux termes de la loi 724 de 1994, la Région assure d'une manière autonome le financement du Service Sanitaire Régional sans bénéficier des crédits budgétaires de l'Etat et en utilisant prioritairement les recettes des subventions sanitaires accordées à la Région ( ...) et, en complément de celles-ci, ses propres ressources;
La dépense sanitaire de la Région est actuellement conditionnée, dans les secteurs qui ont le plus besoin de ressources, comme celui du personnel, par des décisions prises au niveau de l'Etat;
Conformément à la loi de réforme constitutionnelle citée ci-dessus, l'Etat doit encore définir les plafonds des prestations et les principes fondamentaux en matière de santé;
L’Etat, en accueillant les directives européennes, ne tient pas compte des spécificités des réalités de montagne comme celle de la Vallée d'Aoste;
Dans certains domaines il est sans équivoque qu'il appartient aux Régions de légiférer, afin d'adapter les dispositions aux réalités locales;
Activité de prévention environnementale;

Estimant que
Au financement du système sanitaire par la Région doit correspondre une plus large autonomie pour la Vallée d'Aoste dans ses choix décisionnels;
Vu
Le Statut spécial de la Vallée d'Aoste, approuvé par la loi constitutionnelle n°4 du 26 février 1948, et en particulier son article 2 ;
Les dispositions en vigueur portant transposition des dispositions communautaires, qui prévoient des pouvoirs plus importants pour les Régions à statut spécial pour ce qui est de l'application immédiate des directives européennes;
Engage les élus de l'Union Valdôtaine
1) A revendiquer le pouvoir législatif primaire en matière de protection de la santé, avec une attention particulière aux aspects suivants :

  • Santé vétérinaire;
  • Qualité de l'eau;
  • Hygiène publique;
  • Activité de prévention environnementale;
  • Régionalisation du personnel dépendant de la santé, intégration de ce dernier dans le secteur unique de la fonction publique de la Vallée d'Aoste et négociation de la convention collective régionale y afférente;
  • Négociation à niveau régional du personnel conventionné par la définition des critères et des modalités d'établissement des classements dans les différentes activités professionnelles (médecine générale, pédiatrie de base, continuité des soins, urgences, soins ambulatoires, psychologie, biologie et chimie) ;
  • Régionalisation du système de formation continue du personnel;

2) A faire suite que la législation régionale transpose le directives de l'Union européenne en tenant compte des spécificités de la Vallée d'Aoste.

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Casino: le Congrès réaffirme la compétence régionale
A l'heure où le Val d'Aoste est confronté aux changements en cours au sein de l'Europe, si nous voulons continuer à assurer l'essor et l'épanouissement de la communauté valdôtaine, tout en gardant son identité, nous nous devons de renforcer notre autonomie et nos compétences ainsi que de promouvoir et exploiter nos ressources. Et ce, afin que la montagne valdôtaine gagne le défi des diverses concurrences européennes, en garantissant compétitivité et solidité à notre système économique.
Le Casino de la Vallée est, à ce propos, depuis toujours l'un des symboles de nos pouvoirs d'autogouvernement et l'une de nos principales ressources économiques et financières.
A cet égard,


le Congrès de l'Union Valdôtaine, réuni à Pont-Saint-Martin le 20 avril 2002,

  • Ayant pris acte de la décision du Conseil des Ministres d'introduire un recours devant la Cour Constitutionnelle contre la loi régionale n. 36 de 2001, portant constitution d'une société par actions pour la gestion de la Maison de jeu de Saint-Vincent;
  • Considérant que ce recours, affirmant entre autres, l'illégalité - faute de compétences - de la loi approuvée par le Conseil de la Vallée, a été voulu, promu et sollicité par les conseillers régionaux de Forza Italia;
  • Remarquant que les dits conseillers de Forza Italia se sont publiquement réjouis du résultat de leur action;
  • Constatant que la décision susdite a été prise et communiquée au Gouvernement valdôtain sans que - au préalable - il y ait eu des contacts ou des informations sur le plan institutionnel;
  • Estimant qu'il est opportun - tout en considérant les remarques formulées par ledit recours comme un prétexte cachant une volonté politique - de fournir les éclaircissements nécessaires afin d'éviter tout malentendu ou fausse interprétation juridique, dans le respect de cet esprit de collaboration loyale qui a toujours caractérisé nos rapports avec l'Etat;
  • Affirmant par contre qu'il n'est pas possible d'accepter que nos compétences - surtout lorsqu'il s'agit de compétences reconnues au fil des années par une législation et une jurisprudence consolidée et qui concernent une ressource capitale pour le développement du Val d'Aoste - soient mises en cause, suivant la méthode - celle du chantage - et des modalités qui ne sont pas sans évoquer une tentative d'expropriation et d'emprise sur la gestion du Casino de la Vallée ainsi que d'ingérence dans la souveraineté du Conseil de la Vallée;
  • Estimant enfin nécessaire d'assurer au Casino de la Vallée - selon les principes d'une société par action à participation entièrement publique - les modalités définitives de gestion, afin de ne plus ultérieurement entraver la réalisation des projets (construction d'une nouvelle Maison de jeu et achat des propriétés fonctionnellement inhérentes à son activité) indispensables pour garantir sa compétitivité et son développement;


Condamne
les agissements de ceux qui - ne partageant pas les choix du Conseil de la Vallée - utilisent ou pire encore asservissent à leurs intérêts partitiques les institutions, en dépit des pouvoirs et prérogatives du même Conseil, causant ainsi un dommage à la communauté valdôtaine tout entière.

Engage les élus de l'Union Valdôtaine au Conseil de la Vallée
à réaffirmer la compétence en la matière que nous avons exercée jusqu'à présent, choisissant, après examen approfondi avec le Groupe, les mesures nécessaires pour sa pleine application.

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Un processus constituant pour la Vallée d'Aoste
L'évolution de la politique régionale et nationale, ainsi que la mondialisation de la production et des marchés au cours des dernières années, impose une concurrence politique et économique accrue entre les régions et les pays de l'Europe. Elle implique en même temps la nécessité de renforcer la cohésion interne de l'Union européenne, particulièrement importante pour reconstruire un climat de paix et de confiance réciproque sur la scène internationale aujourd'hui lourdement menacées par le terrorisme et par les crises et les conflits en cours. Ces transformations doivent cependant être assumées dans le respect des principes de libre disposition des peuples, d'autonomie et de subsidiarité, au sein d'un cadre d'Union des peuples européens, tout à fait différent par conception et logique de celui d'Union des Etats prôné par d'autres forces politiques.

Sur ces prémisses, le Congrès de l'Union valdôtaine, réuni à Pont-Saint-Martin le 20 avril 2002 :

  • Considère que la concurrence et la compétition ne peuvent être sérieusement affrontées que dès lors que l'on est parfaitement conscient et solidement établi dans sa propre identité culturelle. Il est partant indispensable que le peuple valdôtain relance avec vigueur - par le biais de sa société et de ses propres institutions - une politique identitaire permettant le plein épanouissement, dans la dimension alpestre qui lui est propre, de sa culture et de ses langues traditionnelles, tant dans la dimension du patois et des dialectes Walser que dans celle de la langue française; à cet effet elle donne mandat à ses élus à tout niveau, et spécifiquement aux élus au Conseil de la Vallée, afin qu'ils élaborent et portent à la décision des organes compétents des dispositions législatives nouvelles et des mesures concrètes de soutien aux langues et cultures susdites visant à prôner, non seulement en milieu scolaire mais dans toutes les dimensions de la vie publique, relationnelle et associative (administration, communication, publicité, spectacles, travail, sport, commerce, édition ... ) une parité réelle des langues et la garantie des chances concrètes de leur diffusion et de leur emploi.
  • Confirme la stratégie de renforcement du système des autonomies locales comme condition essentielle pour garantir la sécurité, la participation et la qualité de la vie des communautés humaines dans le contexte de nos vallées.
  • Dénonce le danger d'un clivage social de plus en plus fort, dans le contexte national comme au sein de la société valdôtaine, en tant que conséquence de la politique menée par le gouvernement national qui a inutilement exaspéré le conflit social, en négligeant de porter son action prioritaire sur les aspects structurels les plus importants du système productif tels la recherche, la politique des transports et des infrastructures et le soutien à l'innovation.
  • Considère avec inquiétude les premières initiatives adoptées au niveau national dans le cadre de l'application de la réforme du titre V de la Constitution, qui risquent d'en amoindrir l'impact, voir même favoriser le retour vers des formes nouvelles de centralisation. A cet effet, il engage ses élus à poursuivre leur action, en cohérence avec l'attitude de l'U.V. lors du référendum constitutionnel du 7 octobre 2001, pour la pleine reconnaissance du principe de l'entente préalable à toute modification future du statut spécial;
  • Estime, enfin, indispensable l'ouverture d'un processus constituant pour la Vallée d'Aoste, afin qu'elle puisse se doter, à l'instar des régions, des länder, des cantons et des communautés autonomes présents au sein des états fédéraux d'une "Constitution valdôtaine", garantie par l'Etat et par l'Union européenne où sa nouvelle condition de Région Constitutionnelle d'Europe pourra se déployer à la hauteur des nécessités de notre population, dans le contexte d'une concurrence loyale et équitable entre les différents pouvoirs publics et les systèmes économiques en compétition.

La motion finale du Congrès National

Pour une Vallée d’Aoste d'avant-garde

Le Congrès National de l'Union Valdôtaine réuni à Pont-Saint-Martin le 20 avril 2002 pour débattre au sujet du thème "La Vallée d'Aoste et l'Union européenne: les chances des peuples de montagne face aux concurrences'';

- prenant acte des répercussions que les changements rapides dans tous les domaines, qui caractérisent le monde contemporain, ont sur les fragiles réalités socio-économiques et culturelles des régions de montagne;

- conscient des responsabilités que notre génération a assumées quant à la sauvegarde et à l'amélioration de la qualité de vie des générations à venir;

- considérant que, pour demeurer concurrentielles par rapport aux autres réalités territoriales, il faut que les régions de montagne puissent gérer leurs propres ressources en pleine autonomie;

- identifiant à l'Union européenne le nouvel interlocuteur avec lequel les peuples montagnards doivent se confronter;

engage

tous ses inscrits et particulièrement ses élus à tout niveau, à élaborer, pour la Vallée d'Aoste, un projet fondé sur les priorités culturelles, politiques sociales et économiques suivantes, qui devront inspirer l'action administrative régionale lors de la prochaine législature.

Priorités politiques, répondant notamment au défi posé par le processus d'intégration européenne:

  • Adaptation des règles démocratiques à la socialité propre aux petites communautés montagnardes;
  • Humanisation et amélioration de l'efficience de l'administration publique;
  • Formation d’un front commun entre régions de l'Etat italien pour obtenir une nouvelle réforme constitutionnelle, orientée en sens réellement fédéraliste et fondée sur l'entente avec les Régions concernées;
  • Promotion d'une alliance politique internationale finalisée à l'assurance d'une représentation de toutes les Régions au sein du Parlement européen.


Priorités culturelles, découlant des mutations dans le domaine de la communication, de l'apprentissage, des échanges et de la mobilité des populations:

  • Sauvegarde et promotion de notre identité spécifique, par rapport à l'évolution en cours;
  • Mise en valeur des atouts linguistiques qui découlent du fait d'être un région-carrefour, placée à la confluence des cultures française, allemande et italienne; Multiplication des liens et des échanges avec les autres Pays francophones;
  • Sauvegarde et promotion du franco-provençal et des idiomes germaniques, en tant que patrimoine unique et irremplaçable de nos populations:
  • Institution d'une école valdôtaine répondant réellement aux caractéristiques et aux aspirations de notre peuple.


Priorités sociales, qui assurent à la Vallée d'Aoste le maintien d'un modèle d'autonomie qui a permis le développement économique, social et culturel de notre peuple:

  • Reconnaissance du rôle spécifique de la montagne au niveau européen et lutte contre le dépeuplement, par des initiatives visant à assurer aux montagnards la même dignité sociale et la même qualité de vie qui caractérisent les habitants des plaines et des villes;
  • Intégration sociale des immigrés, dans le respect des identités réciproques.


Priorités économiques, issues du rôle prépondérant que l'Union Européenne a pris dans ce domaine:

  • Mise en valeur de la spécialité des ressources de notre terroir, à savoir des produits et des services originaux et de qualité, par la mobilisation des forces économiques locales autour de projets partagés;
  • Investissements en matière de créativité, formation culturelle et professionnelle et création de nouveaux emplois;
  • Soutien aux entreprises locales, qui seules assurent un développement durable et correspondant aux exigences de notre milieu;
  • Reconnaissance, de la part de l'Union européenne, du droit de gérer les ressources locales en pleine autonomie, pour rééquilibrer les déficits structurels et soutenir les secteurs stratégiques et innovateurs (environnement, transports, technologies informatiques).


Le Congrès National de l'Union Valdôtaine

- estime que le principe de concurrence ne peut laisser de côté l'idée d'égalité des chances par rapport à l'accès aux bienfaits assurés par les moyens économiques et technologiques actuels;

- considère qu'on doit assurer aux montagnards l'établissement des conditions nécessaires pour le développement d'un processus socio-économique solidaire;

- fixe, comme but politique à atteindre, au moyen de la réalisation des priorités susdites, la construction d'une Vallée d'Aoste d'avant-garde, pleinement insérée avec son autonomie au sein des institutions européennes, s'inspirant des principes de solidarité qui ont de tout temps caractérisé son peuple.

le coin du président24 Février 2017 - 09:09

Pluralisme et participation Pluralisme et participation Samedi 18 février, à Pont-Saint-Martin l’Union Valdôtaine a célébré son Congrès. Les observateurs moins attentifs on peut être considéré ce moment comme la répétition d’une espèce de rite, avec les habituelles interventions de routine. Le rendez-vous de samedi, au de la de la grande participation, a aussi été caractérisé par des rapports et des propositions variées et nombreuses de la part de Congressistes et de groupes de Sections. Les différentes interventions ont témoigné la richesse et l’ampleur d’un débat interne à l’Union Valdôtaine que le Comité Fédéral a lancé et soutenu en préparation de ce Congrès. Ca fait désormais quelques années que l’Union Valdôtaine est en train de conduire un nombre important d’activités, de rencontres et de produire des documents pour introduire des moments de réflexions dans les Sections et sur le territoire. Pour ce faire nous avons lancé un grand nombre de rencontres, à tout niveau, avec les différents organes du Mouvement, dans le signe du pluralisme en essayant de prendre en charge toutes les opinions et toutes les options. L’Union Valdôtaine a une architecture démocratique qui s’exprime et travaille avec : un Congrès (annuel), un Conseil Fédéral, un Comité Fédéral, une Conférence des Présidents des Sections, une Conférence des Administrateurs, 70 Sections avec des Présidents et des Comités de Direction. Tous ces organes sont régulièrement élus sur la base de règles statutaires en vigueur, fixées par acte notarié et déposée à la « Commisssione di garanzia degli statuti e per la trasparenza dei partiti politici». Dans nos Statuts dont inscrites les règles et les principes de la transparence, du pluralisme, de l’éthique des comportements. Les réunions de nos organes sont ouvertes et, en effet, sont rares les moments de vie de l’Union Valdôtaine qui échappent à l’attention des medias et de l’opinion publique. L’Union Valdôtaine est consciente du fait que la politique vit une période difficile. Voilà pourquoi le Mouvement a voulu mettre en marche un procès dialectique qui a ouvert une saison de partage, d’écoute en demandant une assomption de responsabilité des Unionistes dans la conduite de ce parcours. Des dizaines et des dizaines de rencontres avec les Sections et avec le territoire ont lancé un processus de discussion, d’information et, enfin, de volonté de collaboration pour le futur. Les résultats concrets de tout ça on les a aperçus au Congrès de Pont-Saint-Martin. Le document final contient des points qui ont été, en large mesure, des synthèses des débats et des rencontres qui ont précédé l’Assemblée du 18 février. Aussi le rapport que j’ai présenté en ma qualité de Président est le résultat de l’ensemble des réflexions qui sont ressorties dans nos réunions sur le territoire où nous avons conduit une large activité d’écoute. Nous avons vu, tout au long de cette période qu’il y plein de monde, sur le territoire qui souhaiterait entendre parler de ses problèmes et d’entendre des messages positifs visant à construire et à donner des perspectives pour le futur. Voilà pourquoi, dans toutes ces soirées, comme d’ailleurs dans notre Congrès, nous avons essayé de ne pas gaspiller notre temps à dire mal des autres. Nous avons essayé de jeter un regard sur les grands changements mondiaux qui nous touchent de près. Nous avons parlé de nous, de nos activités, de nos espoirs, de nos criticités, des problèmes que les gens ressentent, de notre territoire, puisque nous sommes conscients qu’après le temps des bavardages viendra aussi le moment de se présenter aux femmes et aux hommes de la Vallée d’Aoste pour leur demander de nous renouveler leur confiance. Ce n’est qu’avec des messages et des contenus partagés, concrets et positifs que nous pourrons le faire.

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