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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 11:58

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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VIème Congrés National

M. GIANOTTI Giorgio, Vice-prèsident de l'UV

La force de l'Union est donc dans sa capacité d'exprimer la Vallée d'Aoste en tant que telle: d'où la grande responsabilité qui revient à notre Mouvement et à ses administrateurs, qui en sont l'expression la plus tangible, vis-à-vis de l'opinion publique. Mais cette responsabilité retombe aussi sur les organes du Mouvement, qui expriment la classe dirigeante du Pays. La période qui vient de se conclure a été caractérisée par une attention particulière vis-à-vis des sections. Nous avons déjà fait référence à des difficultés, au niveau municipal, qui dans quelques communes se reflètent le plus souvent à l'intérieur des sections unionistes. Heureusement, nous avons eu le plaisir de voir dernièrement des cas de recomposition de réalités conflictuelles, ainsi que la fondation ou la reconstitution de sections unionistes dans des Communes telles que RhêmesNotre- Dame, Ollomont et Saint-Nicolas.
Ces exemples démontrent que, là où la bonne volonté et l'esprit de concorde priment sur les intérêts particuliers et l'esprit de chicane, on arrive à construire quelque chose de positif tout en conservant le respect réciproque et la libre expression des opinions respectives. Pour passer du niveau de la base unioniste à celui des organes centraux, il faut souligner le rôle important que le Conseil fédéral et surtout le Comité fédéral ont été appelés à jouer dans les moments délicats qui ont caractérisé la fin de la législature précédente et le début de l'actuelle. Grâce à une collaboration étroite avec les élus de l'Union Valdôtaine et au sens des responsabilités de tous les intéressés, le passage du Gouvernement Viérin démissionnaire au Gouvernement Louvin, au mois de décembre 2002 a été réalisé très rapidement et sans causer aucun traumatisme.
De même, au mois de juin de cette année, le Comité fédéral et les nouveaux élus de la liste unioniste ont collaboré étroitement pour le choix des alliances politiques et de la meilleure équipe possible de gouvernants. La désignation de ses membres a été ratifiée par le Conseil fédéral le 1" juillet dernier: même si les temps ne sont pas encore mûrs pour émettre une opinion définitive sur le travail de notre Gouvernement actuel, l'impression est qu'il soit parti du bon pied. Nous faisons donc confiance à cette équipe d'alpinistes de la politique, pour leur attribuer la tâche de poursuivre avec assurance sur le chemin de la réalisation des principes et des buts de l'Union Valdôtaine, dans un scénario politique et institutionnel, italien et international, qui a sensiblement changé depuis le premier Congrès de l'Union Valdôtaine.
Nous leur confions la tâche de poursuivre les objectifs politiques que les délégués du dernier Congrès national unioniste, celui du 20 avril 2002, présidé par Aurelio Marguerettaz et consacré aux chances des peuples de montagne face aux concurrences, ont assignés aux responsables politiques pour la législature en cours, et que je veux brièvement rappeler. Prenant acte des changements intervenus dans le monde contemporain et des répercussions sur les fragiles réalités socioéconomiques et culturelles des régions de montagne, le Congrès de l'Union Valdôtaine a engagé tous ses inscrits et particulièrement ses élus à tous niveaux à développer leur action en tenant compte d'un certain nombre de priorités politiques, culturelles, sociales et économiques. Sans vouloir en faire une énumération détaillée, nous nous bornoris à en signaler quelques-unes Rui nous paraissent particulièrement urgentes.
Sur le plan politique, l'amélioration des rapports entre l'administration publique et les citoyens, et la promotion d'une alliance internationale visant la présence de toutes les réalités régionales au sein des institutions européennes, l'Europe étant devenue un interlocuteur privilégié. Au niveau culturel, la promotion de notre identité spécifique, notamment pour ce qui est des langues régionales, et des rapports avec les autres réalités francophones, et l'exploitation du caractère de région-carrefour entre les cultures française, italienne et allemande. Dans le domaine social, l'assurance d'une qualité de vie également bonne pour les habitants de la montagne et de la plaine et l'intégration des immigrés dans le respect des identités réciproques.
Pour ce qui est de l'économie, la mise en valeur des ressources locales et particulièrement des ressources humaines, notamment par des investissements en matière de créativité, formation culturelle et professionnelle et création de nouveaux emplois pour les jeunes générations, vis-àvis desquelles nous avons des responsabilités spéciales.
Nous confions, en somme, à nos élus «la construction d'une Vallée d'Aoste d'avant-garde, pleinement insérée avec son autonomie au sein des institutions européennes, s'inspirant des principes de solidarité qui ont de tout temps caractérisé son peuple». De même, nous confions aux organes de l'Union qui vont commencer leur travail, et particulièrement à la présidente ou au président que nous allons élire aujourd'hui, la tâche de collaborer activement à la réalisation de ce programme, en assurant une liaison constante entre les instances politiques et administratives et la société valdôtaine. Sans oublier que le rôle historique de notre Mouvement a toujours été celui de s'élever au-dessus du plat pays de la politique politicienne, pour escalader les sommets de l'idéal autonomiste et fédéraliste.
Cet idéal, ces paysages nous ont été indiqués par nos devanciers, par des personnages dont la modestie égalait la profondeur d'esprit, comme le regretté Emile Proment. C’est à nous maintenant de dépasser d'autres chaînes de montagnes, de découvrir d'autres paysages. Sans oublier ce que nous sommes, sans oublier d'où nous venons.

M. RIVOLIN Joseph. Vice-président de l’Union Valdôtaine

Les cinq ans qui nous séparent du Ve Congrès national de 1998 ont été riches en événements et en satisfactions pour l'Union Valdôtaine, qui a vu se succéder deux présidents et deux «gestions provisoires» de la Présidence par les vice-présidents.
La période 1998-2001, caractérisée par la présidence d'Auguste Rollandin, a déjà fait l'objet d'une analyse lors du Congrès extraordinaire du 30 septembre 2001, qui a vu l'élection à la Présidence d'Aurelio Marguerettaz.
Nous nous bornerons donc à rappeler qu'elle a été marquée par des résultats électoraux éclatants: l'entrée d'un député valdôtain au Parlement européen pour la première fois dans l'histoire, le retour d'un syndic unioniste à la Commune d'Aoste après trente ans et l'élection plébiscitaire du président du Mouvement au Sénat italien.
Nous relaterons donc seulement au sujet de ce qui s'est passé pendant la présidence d'Aurelio Marguerettaz. Une semaine à peine après l'élection du nouveau Président, le 7 octobre 2001, l'Union Valdôtaine a dû se mesurer à un rendez-vous référendaire qui avait de fortes implications idéales au point de vue des principes de notre Mouvement. Il s'agissait, en effet, de ratifier ou non les modifications apportées par le Parlement au Titre Ve de la Constitution italienne, qui concerne les rapports entre l'Etat, les Régions et les collectivités locales quant aux compétences législatives et administratives.
Cette réforme avait été publicisée comme étant l'application de principes fédéralistes.
Il s'agissait, en fait, d'une timide tentative de décentralisation administrative, qui cachait sous de fausses apparences une reprise en main, de la part de l'Etat, de compétences législatives étendues sur de nombreuses matières. De plus, la réforme ne prévoyait pas la «previa intesa» entre l'Etat et les Régions à statut spécial en cas de modification des statuts régionaux. L'Union Valdôtaine a dénoncé sans hésitation le caractère ambigu de cette réforme, en invitant les Valdôtains à voter contre. Seule parmi les Régions italiennes, la Vallée d'Aoste a refusé la réforme, en suivant les indications de notre Mouvement.
Une seconde bataille de principe, cette fois-ci gagnante sur toute la ligne, a été combattue l'année suivante au Parlement, où nos représentants et notamment le sénateur Rollandin ont réussi à faire garder dans la loi portant «Dispositions générales sur l'éducation» le caractère obligatoire de l'épreuve de langue française à l'examen d'Etat, conformément aux principes de l'Union, aux souhaits de la Région et au respect du caractère bilingue de notre école.
Au cours de ces deux années l'état de santé de notre Mouvement a été testé par plusieurs rendez-vous électoraux, tant au niveau municipal que régional.
Les résultats des élections municipales, qui n'ont pas toujours été favorables aux listes appuyées par le Mouvement, doivent donc être analysés sans oublier l'issue plus que flatteuse des élections de l'an 2000, qui ont concerné 96% des Communes valdôtaines et qui ont vu un grand succès des listes unionistes presque partout. Sur les six Communes qui ont eu recours aux urnes pendant ces derniers temps, les listes appuyées par les sections locales du Mouvement ont gagné en trois occasions. Une réflexion s'impose quant aux raisons de cette situation plutôt négative, pour essayer de sortir de l'impasse à l'avenir.
D'abord, ces votations se sont passées dans des Communes qui ont traversé des situations critiques, dont les conséquences ne se sont pas complètement effacées. Parfois les sections locales de l'Union Valdôtaine, unies au point de vue des principes et des buts du Mouvement et appuyant la politique unioniste au niveau régional, sont divisées sur les choix administratifs des municipalités concernées. Des personnalismes, des intérêts patrimoniaux, des questions de famille ou de clan se superposent aux choix administratifs et aux orientations politiques et les conditionnent lourdement, surtout dans les petites Communes, où la personnalisation de l'administration est particulièrement poussée. Dans ces contextes, les élections municipales deviennent l'occasion d'affrontements qui risquent de déchirer le tissu communautaire. Il est donc du devoir de l'Union Valdôtaine, nous semble-t-il, en tant que principale responsable de la politique régionale, de réfléchir sur la validité d'un système administratif et électoral calqué pour une partie significative sur les choix de la politique italienne, pensé pour obtenir des situations de stabilité dans des réalités étrangères à la nôtre et qui risque, par contre, d'être un élément de déstabilisation chez nous.
Un discours différent est naturellement celui des élections régionales, où l'Union Valdôtaine a atteint cette année le résultat historique de la majorité absolue des conseillers régionaux.
Nous avons pu suivre au jour le jour la progression de l'enthousiasme des militants unionistes, qui ont accompagné nos candidats depuis la ratification de la liste par le Conseil fédéral, le 11 avril, à leur présentation à Pollein, le 30 avril, au comice d'ouverture de Pont-Saint-Martin, le 14 mai, jusqu'à la triomphale soirée de clôture d'Aoste, le 5 juin, à travers les nombreux comices organisés dans toute la région, grâce à l'engagement des sections locales.
Ce grand effort organisationnel et le résultat extraordinaire qui en est découlé ont pu se réaliser grâce à la présence capillaire sur le territoire de l'Union Valdôtaine et au travail assidu des inscrits; grâce au fait que, dans l'opinion commune, les intérêts de la Vallée d'Aoste et des Valdôtains sont identifiés à l'action politique de l'Union Valdôtaine, qui est désormais devenue, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, une marque identitaire de notre Région.

M. PERRIN Charles, Président de la région

Chers amis de l'Union Valdôtaine
Il y a dix ans, lors du 4ème Congrès National de l'Union Valdôtaine, j'étais élu Secrétaire Général du Mouvement.
Une tâche importante, qui m'a permis de mieux connaître et apprécier l'Union et les Unionistes. Durant ces années les résultats obtenus par le Mouvement, représentent bel et bien un exploit: un « crescendo » continuel qui gratifie les hommes et les femmes qui se sont engagés à tous les niveaux.
Un mérite collectif, un travail capillaire dans la société, dans les communes, dans l'administration régionale, dans nombre d'organisations, à l'intérieur du Mouvement: une marche en avant grandiose et imposante.
Tous ensembles, nous -avons complété le « système Vallée d'Aoste » : un modèle qui marche bien et qui nous est envié par tant d'autres réalités et d'autres Régions, modèle qui nous revient de l'effort d'appliquer nos principes dans des actions ciblées et pratiques.
Le mouvement lui -aussi s'est transformé : il est devenu un grand mouvement populaire, interprète des différentes instances dont la nouvelle communauté valdôtaine est porteuse.
Un sens de l'autonomie, partagé par toujours plus de Valdôtains, un sens d'appartenance plus diffusé, une conscience identitaire peut-être moins forte mais beaucoup plus répandue.
Aujourd'hui ce grand mouvement s'interroge: est-ce que cette croissance respecte les idéaux qui l'ont inspiré, est-ce que l'action politique menée par les élus aux différents échelons est cohérente avec les principes de l'Union Valdôtaine ?
L’Union à la majorité absolue au Conseil régional, elle est le premier mouvement responsable des choix politiques de chez nous, et par conséquent de tout ce que comporte la retombée de ces choix sur la société valdôtaine.
C'est vrai, l'Union Valdôtaine siège au Conseil de la Vallée dans un contexte politique plus vaste, elle partage avec la Gauche Valdôtaine les responsabilités de gouvernement de la Région, elle collabore avec la ville d'Aoste et dans d'autres communes avec « Stella Alpina » et quelques rares exemples appartenant à d'autres forces politiques.
Maintenir les rapports politiques est important. L’Union doit continuer à dialoguer, avec ses partenaires des dernières élections régionales, avec ses alliés, mais aussi avec les autres; nous devons bien sûr donner la priorité au dialogue et à la collaboration avec ceux qui partagent nos programmes et nos stratégies, tout en écoutant ceux qui nous sont opposés.
La démocratie a ses règles, il faut les respecter. Ce Congrès devra aussi nous dire si les choix ont été opportuns et nous donner des indications quant au parcours politique à entreprendre les prochaines années.
Le Gouvernement que j'ai l'honneur de guider est en train de faire un bon travail, un travail d'équipe, coordonné par le président, assurant continuité politique à la précédente législature, tout en envisageant de nouvelles actions.
Comme vous le savez, à la une en ce moment il y a le Casino: or un renouvellement est nécessaire, tout en réaffirmant la validité des choix accomplis en précédence, qui ont permis de sauver la Maison de
Jeux par la gestion extraordinaire et de réaffirmer nos compétences par une loi spécifique qui nous a amené à la formation de la «Casino S.P.A.».
L’Université de la Vallée d'Aoste elle-aussi constitue une des initiatives marquantes qui – face aux engagements du programme de législature - nécessite une attention particulière afin qu'elle devienne un véritable instrument de valorisation de notre culture tout en s'ouvrant vers l'Europe, grâce au bilinguisme et à la civilisation alpine dont nous sommes l'expression vivante.
Des vents nouveaux soufflent aussi dans d'autres secteurs, à partir de la gestion financière, des participations régionales, du tourisme, du territoire et de l'environnement, à la santé, à l'agriculture, des biens culturels à l'instruction, ainsi que pour les politiques du travail et pour différentes activités productives.
Je ne veux entrer dans les détails du programme de législature, qui est cohérent avec le programme électoral du mouvement, et qui commence à trouver son application par le biais du Budget de prévision des trois prochaines années.
Budget qui fera l'objet de débat au prochain Conseil régional de début décembre.
Mais venons-en aux réflexions que ce Congrès nous amène à faire sur notre Mouvement et sa future gestion.
Nous nous trouvons à choisir entre deux candidatures. Vous connaissez je crois mon opinion quant à la nécessité politique de garantir l'unité de ce mouvement; je me rends quand même compte qu'il est toujours plus difficile de concorder une candidature unitaire (c'est fini le temps des choix « bulgares »)
Il faut donc aborder cette situation avec sérénité.
Que le débat soit profitable! Mais surtout que les candidats nous illustrent leurs idées, leurs opinions quant au rôle de l'Union Valdôtaine, quant à sa ligne politique des prochaines années, au respect de ses idéaux fondateurs, à la modernisation de sa pensée et de son action.
Que l'on puisse donc choisir entre deux personnes qui exposent librement leurs projets respectifs pour le Mouvement!
Je ne peux qu'affirmer mon estime personnelle pour les deux candidats, que je connais et que j'ai eu l'occasion d'évaluer et d'apprécier.
Il faudra bien sûr savoir accepter les résultats sans préjugés, d'un côté comme de l'autre.
Je voudrais encore vous appeler à un débat sur les idées et sur les projets, et non sur les amitiés prétendues des uns et des autres.
Le Mouvement a besoin d'unité, c'est vrai, mais surtout d'un débat constructif et serein, qui doit être rallumé, dans toutes les instances.
Le futur Président, après son élection, devra être le garant de tous les unionistes, le chef de file des initiatives politiques.
Nous vivons un moment fragile. Nous savons qu'une nouvelle enquête est ouverte sur des prétendus pots de vins passés lors des travaux de construction qui ont suivis l'inondation de 2000.
Une énième malaise pour notre communauté, qui risque encore une fois de délégitimer l'administration publique et la politique valdôtaines.
J'ai parlé, au début de la législature, d'étique de la politique. Je voudrais proposer ici une réflexion sur la signification de ces paroles. Nous sommes une minorité, nous avons conquis avec une grande ténacité et de grands efforts quelques droits d'auto gouvernement, nous sommes sûrement des contrôlés spéciaux.
Notre comportement doit être au dessus de tout soupçon; et quand je parle de notre comportement, je m'adresse à moi-même et à tous ceux qui ont des responsabilités politiques et administratives, mais aussi à tous ceux qui croient en l'Union Valdôtaine et en la Vallée d'Aoste.
Il y a de drôles d'attitudes face à la politique et aux hommes politiques, souvent harcelés par des pressions de différente nature. Or, l'homme politique doit s'intéresser aux problèmes généraux, auxquels il doit chercher et trouver des solutions, le tout dans le respect des règles.
Les élus de l'Union Valdôtaine ont le devoir de s'occuper des valdôtains, mais la communauté, et surtout les unionistes, doivent réaffirmer leur sentiment de dignité et de cohérence. Cela est partie prégnante de notre culture, de notre identité de peuple de montagne.
L’Union Valdôtaine des prochaines années doit récupérer fortement ses valeurs: la promotion de l'identité de notre peuple, de ses langues, de sa culture. Mais nous devons être projetés vers le futur.
Laissons de côté les vagues sentiments de nostalgie : il nous faut une forte prise de conscience pour aborder les défis du futur. Hors de notre territoire, nous attendent, la future Europe des 25 états, une Italie qui change, une francophonie plus faible, des minorités en difficulté, une montagne à risque, la nouvelle immigration, les nouvelles couches de pauvreté.
Un monde global qui semble pouvoir nous engloutir et pourtant, nous avons de grosses chances et des atouts à réaliser qui nous deviennent surtout de nos valeurs particulières.
De notre identité, de nos langues, de notre territoire fortement caractérisé, de notre système institutionnel, de la valeur de notre culture, du paysage, des bâtiments, des produits, de l'artisanat.
Notre action politique doit s'efforcer de caractériser toujours mieux notre Pays, pour en valoriser les spécificités, la qualité dans tous les domaines. C'est notre chance à nous. Et le mouvement peut et doit coordonner l'action politique en partant des principes toujours valables des Statuts de l'Union Valdôtaine. Tracer les lignes et être les garants du respect des orientations politiques, coordonner à travers les différents organismes prévus par les Statuts est l'action des élus qui prétendent le respect des rôles respectifs. Pour ce faire, le Président doit être libre, sans conditionnements, ni être porteur d'anciennes ou de nouvelles rancunes. « Tabula rasa », on démarre!
Je suis confiant dans le fait que l'Union Valdôtaine saura encore une fois donner des réponses adéquates au peuple valdôtain et saura faire vivre la Vallée d'Aoste que nous aimons.
Vive l'Union Valdôtaine.

M. PERRON Ego - Président du Conseil régional

Chers amis de l'U.V.,
C'est avec un sentiment d'émotion que je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à l'occasion de ce congrès. Un congrès qui est, à la fois, la célébration d'un succès électoral exceptionnel et un tournant important pour ce qui est de l'avenir du Mouvement.
Emotion, car aujourd'hui j'ai l'honneur de vous accueillir pour la première • fois dans mon rôle de Président du Conseil Régional. Mon sentiment a toujours été celui de considérer le Parlement régional comme un lieu de confrontation politique comprise et claire à l'égard de tous les Valdôtains.
Un lieu capital pour la vie politique valdôtaine qui est en train de récupérer sa centralité, grâce aussi à une volonté renouvelée de bien écouter, bien comprendre et bien interpréter les instances et les exigences qui nous sont adressées.
Le bilan de cette première période de Présidence est assez satisfaisant. Les séances du Conseil, au-delà de certains articles parus dans la presse, sont productives et le dialogue entre les différentes forces politiques est presque toujours cadré dans le contexte d'une dialectique politique constructive.
Contribuent à ce résultat, non seulement le Mouvement et la Coalition
- les vrais défenseurs d'un modèle autonomiste et progressiste et des ses valeurs - mais aussi l'apport critique de l'opposition. Aujourd'hui, notre mouvement se trouve vis à vis du défi des grandes réformes institutionnelles.

STATUT SPÉCIAL
On est presque contraint à envisager une réforme de notre Loi fondamentale. Notre Statut spécial - fondement de la spécificité valdôtaine - devra être révisé pour mieux répondre aux exigences renouvelées de la politique nationale et internationale.
Le chemin à suivre est, en partie, déjà tracé: on s'appuiera sur l'expérience de la Commission spéciale pour les réformes institutionnelles chargée, au cours de la législature précédente, de rédiger un projet de réforme du Statut. Une nécessité qui, faute de certaines contradictions au niveau national, n'avait pas pu être accomplie entièrement.
Il est temps, en effet, d'élaborer un nouveau Pacte pour l'autonomie, l'outil privilégié qui pourra servir de base à la rédaction d'une véritable Constitution valdôtaine.

RÉFORMES INSTITUTIONNELLES
Notre Région est en train de suivre, avec une aptitude que je définirai fortement propositionnelle, le processus de réforme des institutions italiennes et régionales en fonction des réformes fédéralistes affichées par l'Etat (à savoir le nouveau titre V de la Constitution).
Un changement législatif qui marquera significativement le futur des rapports Etat/Régions.
Je suis convaincu que le risque majeur qui se cache derrière ce processus réformateur est lié à la possible perte de représentativité de la part des régions pauvres en nombre d'habitants à l'instar de notre Vallée d'Aoste.
D'ici l'engagement, que je retiens comme primaire, à vigiler sur le travail réformiste et à insister sur la préservation et l'élargissement des nos prérogatives autonomistes afin que notre région puisse toujours faire entendre sa voix.

CONVENTION EUROPÉENNE
Le processus constitutionnel aboutira avec la prochaine Conférence intergouvernementale en 2004.
Le scénario actuel ne laisse pas entrevoir beaucoup d'espace pour les Régions, grandes ou petites qu'elles soient, et la marginalisation des parlements régionaux risque d'être un fait concret. Le projet, en effet, ne reconnaît pas le rôle actif, le rôle de protagoniste que les régions, à mon avis, doivent avoir dans l'organisation des institutions européennes.
Sur ce sujet je crois que le C.R. a réaffirmé avec force que pour nous l'Europe constitue une grande opportunité, mais qu'elle ne peut pas ignorer l'importance dès collectivités locales, qui sont l'expression plus directe du peuple.
Nous avons demandé et nous insistons qu'il y ait dans la Convention européenne:
• la reconnaissance du concept de la montagne ;
• moins de centralisme et donc plus de fédéralisme et plus de subsidiarité;
• la reconnaissance des diversités linguistiques et culturelles qui constituent un des facteurs de développement de l'Europe.
Voilà pourquoi nous nous sommes engagés depuis longtemps - et, bien entendu, nous continuerons à nous engager - pour que l'Etat nous reconnaisse l'opportunité d'élire un Parlementaire européen.
C'est la seule façon pour que les communautés comme la nôtre, riches en diversités culturelles mais pauvres en nombre, puissent se faire entendre au niveau européen.

FRANCOPHONIE
Notre région - et là encore je souligne que le mérite va toujours à l'U.V. - continue à jouer un rôle de protagoniste à l'échelon mondial dans la défense de la francophonie et de ses valeurs.
Nous avons commencé la législature avec un essor renouvelé en cette matière.
Je pense au renforcement de l'entente trilatérale avec le Parlement du Jura suisse et la Communauté française belge.
Je pense à l'Assemblée parlementaire de la francophonie, une des principales institutions francophones au niveau mondial.
La confirmation de ma présidence de la Commission culture et éducation, une des quatre Commissions permanentes de l'A. P. F., me confirme la bonté de notre travail.
Mon espoir est celui de contribuer, avec l'aide des organisations francophones, à la préservation de la diversité linguistique et culturelle, de la langue française en Vallée d'Aoste, mais aussi de la démocratie et des droits de l'Homme qui sont autant de richesses que je considère comme prioritaires.

PARTIE CENTRALE - POLITIQUE
Nous avons une grande responsabilité envers la communauté valdôtaine.
Le succès électoral extraordinaire ' que nous avons obtenu, les 18 conseillers régionaux et la majorité absolue ne sont pas un fait exclusivement numérique.
Ils sont la conséquence d'un processus de croissance et d'affirmation de l'U.V. dans la société valdôtaine. Mais cela doit constituer un point de départ et non d'arrivée.
Un point de départ pour une croissance électorale encore 'plus ample ainsi que pour une présence dans la société valdôtaine encore plus profonde.
Aujourd'hui plus que jamais, nous pouvons affirmer que nous représentons la VDA.
Et si la VDA est un modèle reconnu de développement qui a su conjuguer la diversité culturelle et la tradition avec le progrès, si cette société dans son complexe a progressé, c'est surtout grâce à l'U.V.
Un message fort de l'idée que l'U.V. a de la VDA du futur doit sortir fort et clair de ce congrès.
On doit se pencher sur comment nous imaginons notre région, comment nous la voulons et comment nous la préfigurons aussi au niveau politique.
Je pense que nous devons continuer à travailler afin que l'idée autonomiste continue de progresser, de croître.
Et avec cela, tout en réfléchissant au cadre politique que nous imaginons pour le futur.
Personnellement, je crois que nous devons travailler pour simplifier davantage le cadre politique régional ainsi que pour faire croître encore plus l'aire qui se reconnaît dans nos principes autonomistes.
J'imagine très bien, dans ma tête, un contexte politique tripolaire en VDA où l'U.V. la gauche valdôtaine et la droite pourraient bien interpréter le besoin de représentativité des Valdôtains.
Dans cette optique, seul notre Mouvement peut jouer un rôle centrai de défenseur de l'autonomie et des ses valeurs; un engagement que l'UV a déjà bien su assurer au cours de l'histoire politique de notre région.

MOMENT DE RICHESSE
Nous vivons un moment de grande richesse: nous sommes riches en patrimoine humain, riches en représentativité, riches en idées et dans la capacité de les proposer.
Ainsi, nous ne devons pas avoir peur de nous confronter entre nous, de confronter des idées différentes.
Le fait d'avoir aujourd'hui deux candidatures pour la Présidence doit être vu comme une opportunité d'enrichissement et non pas de division interne. .
Mais tous ces atouts qui, à mon avis, ont contribué énormément au succès électoral - que j'ose définir historique - risquent de nous faire oublier un aspect très important.
Je me réfère au décalage, entre ceux qui nous ont votés et les inscrits au Mouvement.
Si un nombre toujours croissant de citoyens nous fait confiance, seule une petite minorité participe à la construction du processus politique et, en particulier, s'engage dans la vie du Mouvement.
Aussi, notre devoir est celui de travailler sur le territoire en utilisant davantage les sections qui, à partir de ce Congrès, devraient s'activer encore plus afin de reconquérir leur rôle décisif.
Les sections doivent porter le dialogue politique dans la maison de chaque Valdôtain et être le trait d'union entre les citoyens et nous, les élus à l'Assemblée. Voilà les engagements que je considère propres à toutes les sections qui, on ne doit jamais l'oublier, représentent autant de sources primaires de notre pouvoir décisionnel.
A mon avis c'est seulement en parcourant ce chemin que nous pourrons devenir le pôle d'attraction d'un électorat autonomiste et fédéraliste, aujourd'hui encore plutôt fragmenté.
Le temps est à nous pencher davantage sur l'organisation interne de notre Mouvement: est-ce qu'il répond encore bien aux exigences de la base? Est-ce que nous pourrons mieux impliquer les électeurs dans la construction d'un parcours politique jusqu'à les amener à l'inscription à l'U.V.?
A mon avis, ce congrès doit donc faire ressortir un message fort de revitalisation de la base, des sections, des inscrits au Mouvement.
Nos sections doivent être le lieu privilégié qui nous donne la possibilité de dialoguer et de nous confronter.
Nous, les élus, nous ne sommes que l'instrument que vous avez choisi pour faire progresser nos idées, nos principes, notre vision de la VDA.

CONCLUSION
Chers amis, si un slogan à mon sens doit venir de ce congrès, celui-ci est: repartons de notre base. Je demande au prochain président de l'U.V. de mettre au premier point de son programme les contacts avec nos sections, nos présidents, nos inscrits. Là est notre force, là sont nos racines, là est notre futur.
Merci à Tous, vive l'UV vive la Vallée d’Aoste.

M. VALLET Franco, Candidat à la charge de Président de l'UV

Mesdames et messieurs les délégués, bonjour!
Chers amis de l'Union Valdôtaine,
Il y a deux ans environ, j'avais quitté la plupart d'entre vous, en annonçant le retrait de ma candidature à la présidence du mouvement, lors du congrès qui avait consacré M. Marguerettaz président de l'U.V. Le retrait de ma candidature, je le sais, n'a pas été complètement compris; je dirais même qu'il n'a pas été trop apprécié par beaucoup d'entre vous. Pourtant, j'avais essayé d'expliquer que ma candidature était une candidature provocatrice, de protestation, pour refuser une situation caractérisée par un manque total de confrontation et d'une méthode que je n'avais pas partagée et pas du tout appréciée. Et, il faut bien le dire: le congrès, par son vote, avait très clairement démontré que mon sentiment de malaise était largement partagé.
De façon instrumentale, quelqu'un a voulu mettre en évidence que le fait d'avoir renoncé en 2001 constitue un point de faiblesse de mon actuelle candidature: c'est peut-être vrai. En tout cas, je vous dis tout de suite que cette fois ci, que ce soit clair, j'irai jusqu'au bout!
Mais quelles sont donc les raisons qui m'ont amené à me présenter encore à vous en tant que candidat à la présidence du mouvement? Je les ai déjà énoncées dans la lettre que j'ai adressée, le 6 octobre dernier, aux présidents des sections pour annoncer ma disponibilité et dont je vous lis quelques passages: l’Union Valdotaine est aujourd'hui, plus que jamais, un point de repère pour la plupart des Valdôtains.
Ce sont les hommes et les femmes qui, en s'engageant au fil des ans, à tous les niveaux dans les différents secteurs, ont tous contribué à sa croissance. Il est de notre devoir de poursuivre dans cet engagement qui ne doit pas être délégué ou réservé uniquement aux élus dans les différentes instances, mais qui doit tous nous concerner.
Voilà pourquoi, après environ vingt-huit ans de travail aux postes d'administrateur communal et régional, rendu possible surtout grâce à l'Union Valdôtaine, j'estime de mon devoir de mettre mon expérience au service du mouvement.
Voilà donc, avant tout, le sentiment très fort de me mettre au service du mouvement, si le congrès le souhaite, bien entendu! J'ai voulu le faire d'une façon quelque peu inhabituelle (quelqu'un a même dit présomptueuse). Ce qui est certain, c'est que je l'ai fait de façon transparente, sans le patronage de personne, à la lumière du soleil, d'une façon qui n'engage et n'expose personne d'autre que moi-même: une candidature qui se veut pour et au service du mouvement. Mais, peut-être que c'est justement cet esprit libre qui est peu compris par ceux qui, hélas, toujours plus nombreux, veulent à tout prix classer les uns contre les autres, les «troupeaux» des uns contre les «troupeaux» des autres, en dépit de toute analyse ou confrontation.
Il est évident que je refuse cette logique!
Il faut que vous sachiez que je l'ai fait tout seul, peut-être de façon peu modeste, en m'adressant d'abord aux Présidents des sections, qui, sans aucun doute, représentent la base du mouvement, là où devrait se dérouler le débat qui porte à la fin, à l'élection du président. Ceci évidemment si nous voulons réellement «pratiquer» la méthode fédéraliste en refusant toute solution prise au sommet par un groupe restreint de personnes ou pire encore, par un seul; ce qui, dans certain cas, pourrait être légitime, mais qui ne peut caractériser un mouvement comme le nôtre, qui a atteint la dimension et l'importance que nous connaissons!
J'ai voulu accompagner ma lettre par l'énonciation très synthétique de dix points que, peut-être de façon exagérée, j'appelle « programme ».
Tout simplement j'ai voulu représenter quelques priorités et quelques points fermes pour que les adhérents puissent savoir quels seraient mes principaux engagements et être au courant des arguments que je désire représenter.
Je l'ai fait deux mois avant l'échéance du Congrès, pour que nous ayons le temps d'en parler, sans la hâte de la dernière minute.
En effet, j'ai eu le plaisir de participer à plusieurs réunions où ces arguments ont été abordés et développés, étant évident qu'ils ne constituent qu'un point de départ.
Et je commence ici par aborder le thème qui concerne la vie et l'activité de nos sections, qui est, encore et toujours, un thème capital pour le futur de notre mouvement; ce n'est pas un hasard si j'ai voulu l'énoncer en premier dans mon « décalogue ».
Ce problème méritera la plus grande attention et devra avoir des réponses concrètes et urgentes, fruits d'une vaste et profonde réflexion qui ne peut, faute de temps, être convenablement développée dans ce contexte.
Combien de fois entendons-nous dire:
« Les gens, surtout les jeunes ne participent plus ». ...
« Les gens s'éloignent toujours plus de la politique »
Mais, demandons-nous, ce que nous faisons pour intéresser les gens, surtout les jeunes, pour les rapprocher de la vie de nos sections ? Depuis trop longtemps, on s'adresse uniquement aux sections au moment des élections, même si, il faut bien le dire, les sections répondent avec enthousiasme et d'une façon toujours très performante.
Et bien, chers amis, je me permets de dire que cela n'est pas suffisant!
Je pense qu'on devrait avec constance et continuité engager les sections au moins sur les grands thèmes qui caractérisent la vie politique et l'avenir socio-économique de notre région; les sections, j'en suis certain, convenablement soutenues et encouragées par le centre, pourraient promouvoir des rencontres, des initiatives et des débats concernant des thèmes locaux, ou encore de caractère général.
Il ne faut pas avoir peur de discuter avec les gens, si le but est, celui, de construire ensemble.
A présent, le nombre des participants à la vie d'une section est souvent trop réduit et parfois, même dans de grandes communes, des choix très importants, comme pourraient l'être, par exemple, l'indication du chef de liste aux élections communales ou la proposition d'un candidat pour la liste des élections régionales, sont faits par un nombre trop restreint de personnes.
Il s'agit de décisions sûrement légitimes, prisent démocratiquement au sein de la section, mais, qui risquent parfois d'être peu représentatives de la communauté unioniste du pays.
Et s'il est vrai que, chaque année, environ 8 à 9 % de nos adhérents ne renouvellent plus leur adhésion et que nous recevons plus ou moins le même pourcentage de nouvelles inscriptions, il est indéniable que le taux de renouvellement est fort: ce qui n'est sûrement pas négatif, à condition que ces nouvelles adhésions soient le fruit d'un partage convaincu de nos principes statutaires et non pas le fruit de quelques opportunités du moment.
Il faut donc être attentif lors de nouvelles adhésions, ce qui ne signifie pas un repli sur soi-même mais la sauvegarde de notre identité.
En synthèse, il faut donc: « Valoriser davantage l'activité des sections et assurer à leurs responsables le soutien nécessaire en termes d'organisation et d'idées » et encore « Garantir rigueur morale, honnêteté et cohérence de comportement avec les principes de l'Union Valdôtaine, mouvement laïque, issu de la résistance et de la lutte antifasciste ».

L’histoire récente de l'U.V., celle d'après la réunification de 1976, nous montre que l'unité du mouvement a constitué la base sur laquelle bâtir la croissance du mouvement.
Il faut donc « Préserver avec force l'unité du mouvement ". Et, comme l'ont très bien écrit J. C. Perrin et A. Bétemps dans une lettre adressée aux élus de l'Union Valdôtaine, le 9 juin dernier, lettre qui, hélas, n'a pas eu l'honneur d'être publiée par Le Peuple et que je vais vous citer « L'unité se sauvegarde en écoutant, en s'efforçant de comprendre, en se penchant sur l'autre, en incluant, plutôt qu'en excluant, la composante interne momentanément plus faible, en cédant réciproquement sur ce qui n'est pas fondamental, puisque le fondamental, par définition, devrait être partagé. »
Voilà, unité signifie donc respect des idées d'autrui, si elles sont compatibles avec les principes statutaires.
Unité signifie le plaisir de se sentir représenté.
Unité signifie capacité d'écouter et de rechercher une synthèse convenable.
Voilà, l'unité est une valeur fondamentale si nous voulons, comme nous le souhaitons, être à même de construire le futur de notre pays.
Le président doit donc avant tout savoir écouter, mais, sans se faire conditionner, en garantissant l'équilibre nécessaire pour trouver toujours la juste position de synthèse. Et pour cela, il faut « toujours privilégier le dialogue et donner la possibilité de débattre ouvertement tous les thèmes au sein d'une maison commune », maison dont le toit est constitué par les principes mêmes de l'Union Valdôtaine.
Je suis persuadé qu'il sera aussi fondamental d' « être toujours disponible pour une étroite collaboration avec les élus unionistes à tous les niveaux » soit, pour essayer de « relancer la mission de propositions du mouvement en valorisant toutes les ressources humaines disponibles, avec une attention particulière aux jeunes » soit, en « veillant que chacun remplisse ses propres fonctions ».
Depuis nombre de compétitions électorales, nous n'avons connu que de grands succès et le plus récent, au mois de juin dernier, a été particulièrement important.
Ces succès doivent s'inscrire dans le travail de tous les unionistes, aucun exclu, dans les communes, dans l'administration régionale, au parlement, au sein de toutes les instances où nous sommes engagés!
Ceci est le résultat d'un travail d'équipe mené à tous les niveaux, le fruit de la considération que les Valdôtains ont envers un mouvement qui a su démontrer qu'il est un point de repère sûr et fiable pour toute la communauté!
Et c'est justement cette image de sérieuse solidité que nous devons encore et toujours savoir démontrer en nous présentant actifs et unis; à même de fournir les réponses ponctuelles et concrètes aux problèmes des gens mais, surtout, à même de leur proposer un projet d'avenir pour notre communauté, un projet auquel croire et pour lequel il peut être possible et motivant de s'engager.
Voilà le défi: relancer le rôle de propositions du mouvement, le rendre interprète de l'évolution et des changements de la société valdôtaine, sans pour autant renoncer aux principes fondamentaux de nos statuts, conscients de notre identité.
Et c'est nous, les unionistes, qui devons le faire!
Il est évident que nous ne pouvons pas imaginer que d'autres le fassent pour nous! Voilà pourquoi il est absolument important et prioritaire de «relancer l'action du mouvement en matière de fédéralisme et de réformes institutionnelles, en ouvrant notamment le débat sur la réforme du Statut Spécial au sein de l'Etat italien et de l'union européenne, dans le but de renforcer notre autonomie».
Après deux décennies d'interminables discussions sur les réformes institutionnelles, une accélération importante s'est produite dans cette matière à partir de la fin des années '90.
L’élection directe des Présidents des Régions (à l'exception de la Vallée d'Aoste et de la Province de Bolzano), la réforme du titre V de la Constitution en l'an 2001 et la modification de notre Statut en 2002, imposent la relance, de la part de l'Union Valdôtaine d'un projet de modernisation de nos institutions, moyennant l'adoption d'un nouveau Statut qui devra assumer la forme d'une véritable nouvelle Constitution valdôtaine. La capacité d'autogouvernement qui a assuré à la Vallée d'Aoste un essor économique et social extraordinaire, sans toutefois consolider comme nous l'aurions souhaité notre particularisme culturel, devra se fonder sur un acte constitutionnel sûr et solide, fruit de notre capacité d'autodétermination.
Il appartient à l'Union Valdôtaine, représentant aujourd'hui la presque majorité du peuple valdôtain, de proposer le contenu de ces réformes, en essayant de le faire partager par le plus grand nombre de nos concitoyens.
Il faut donc que nous proposions à l'Assemblée régionale et au peuple valdôtain de définir le fondement des pouvoirs autonomistes de notre région, les modalités de leur exercice, les principes qui doivent inspirer son action ainsi que les relations entre la Vallée et les organes de l'Etat et de l'Union européenne.
Il nous appartient d'en faire l'objet d'un vaste débat dans toute la communauté et de faire en sorte qu'il reçoive - une fois qu’aura été établi définitivement le principe de l'entente préalable à son contenu (la previa intesa) entre la Région et l'Etat italien - la consécration de ses effets et la garantie de son respect dans le cadre constitutionnel italien.
L’Union Valdôtaine est aujourd'hui solidement placée au centre de l'échiquier politique de notre région et il est certain que les gens s'attendent toujours d'avoir les réponses de l'Union Valdôtaine ou quand même l'initiative. Ce n'est pas toujours facile mais il faut faire notre possible pour ne pas décevoir les gens! Le cadre politique est aujourd'hui, au moins en Vallée d'Aoste, relativement simplifié. La majorité qui gouverne est composée par les deux forces qui ont remporté les élections et il me semble que l'on peut dire que la volonté des électeurs a été, au moins sous cet aspect, respectée. D'autre part, les D.S.- Gauche Valdôtaine ont démontré, durant ces onze ans d'alliance, qu'ils sont des alliées fiables, à même de prendre leurs responsabilités aussi dans les moments de difficulté, quand d'autres ont préféré faire des choix bien différents.
Le programme de législature, qui, il faut bien le dire, reprend dans sa quasi totalité le programme électoral de l'Union Valdôtaine, peut garantir à notre pays, si concrétisé, l'essor socio-économique que nous attendons. Je n'ai aucun doute que cela puisse être possible, si le Gouvernement trouvera cet esprit d'équipe absolument nécessaire qui doit caractériser son travail et aussi le travail du groupe du Conseil: ce qui me paraît, en ce moment, encore un peu faible. Je crois donc qu'il est absolument nécessaire d' « assurer le soutien loyal et constructif à l'actuelle majorité régionale, au Gouvernement qu'elle exprime et à son Président » afin que nos élus puissent toujours sentir très fortement la solidarité et l'appui du mouvement, surtout dans les moments difficiles. Quant aux autres forces présentes au Conseil de la Vallée et aux autres partis présents dans notre région, nous devons avoir la capacité de nous confronter avec eux, toujours dans le respect des différentes positions et des différents rôles, si cette attitude est, bien entendu, réciproque.
Il faudra aussi être sensible et avoir une capacité d'analyse profonde envers les soi-disant « mouvements d'opinions », qui bien souvent sont les interprètes de la pensée de vastes souches de population. Et, une attention particulière nous devons la consacrer au monde du travail et aux forces syndicales, d'une façon particulière à celui que je considère comme notre Syndicat, le SAVT. Ceci certainement non pas pour l'utiliser de manière instrumentale, en guise de chaîne de transmission, mais pour en recevoir les idées et des thèmes à développer. Dans le temps, l'Union Valdôtaine a su assumer un rôle important aussi en-dehors de la Vallée d'Aoste : il suffit de rappeler l'action de Bruno Salvadori, de J-C. Perrin et d'A. Bétemps, qui a permis, par exemple, au moment des élections européennes de regrouper autour du même symbole beaucoup de représentants des mouvements frères.
Le fait même, qu'aujourd'hui, aucun des représentants des mouvements et des peuples frères ne soient présents, car pas invités, démontre sans aucun doute que durant ces années, la « politique extérieure» du mouvement a été négligée. Et pourtant, nous ne pouvons pas imaginer pouvoir conduire seuls la bataille pour le fédéralisme et pour la défense et la valorisation de notre identité! Il est donc évident qu'il faudra reprendre les contacts et consolider les liens. Il faut bien être conscient du fait que l'identité valdôtaine est une identité menacée. Elle est soumise à des pressions et à des tensions continuelles, sur le terrain de la langue, des traditions, du style de vie, des valeurs communautaires. De plus, une stratégie nationale italienne est en œuvre, forte et persistante, pour renforcer et sacraliser tous les symboles de l'identité nationale ; une identité qui n'était pas si intense dans les années passées mais qui se veut chaque jour plus puissante. L’identité européenne s'y superpose et nous n'avons pas encore appris à bien conjuguer notre image avec le contexte européen.
Avoir aujourd'hui la majorité des sièges au Conseil de la Vallée sans être porteur d'une politique identitaire forte risque de nous cantonner dans un rôle de pure gestion administrative, qui condamnerait, à long terme, le mouvement à sa disparition, au moins, ce mouvement, mon mouvement, celui qui fonde son action et sa raison d'être dans les articles 1 et 2 de ses Statuts. Ce n'est pas en restant immobiles que nous gagnerons la partie et que nous assurerons la continuité du peuple valdôtain. Nous devons relever le défi en retrouvant la conviction et l'orgueil de défendre et promouvoir notre particularisme de façon moderne et dynamique. Nous devons montrer la voie à nos enfants, aux immigrées, aux valdôtains trop « tièdes » et fatalistes. L’école demeure le premier créneau et nous devons y lancer des initiatives plus fortes de soutien au français, en refusant le rôle marginal qui lui est reconnu dans les faits. Dans un monde où la mondialisation rend incertaines les identités et parfois condamne même les différences entre les communautés, les peuples et les nations, nous devons revendiquer nôtre identité avec une plus grande fermeté!
Voilà chers unionistes ce que je tenais à vous dire et je précise que même si ce n'est pas prévu par les statuts, si je suis élu Président du Mouvement, je ne me porterai candidat pour aucune élection. Je le répète : les Conseillers régionaux, le syndic et aussi le Sénateur peuvent rester tranquilles. Mon travail ne sera donc consacré qu'au mouvement sans d'autres objectifs que l'unité et le progrès du mouvement!
En vous demandant d'accepter mes excuses pour avoir abusé de votre patience, je vous remercie de l'attention que vous m'avez réservée.
Vive la Vallée d'Aoste!
Vive l'Union Valdôtaine!

M.me ZUBLENA Manuela, candidat à la charge de Président de l'UV

Bonjour chers amis unionistes,
nous sommes là, aujourd'hui, pour une étape importante de notre mouvement: l'élection du président.
Il y a des raisons fortes qui m'ont convaincue, à donner ma disponibilité, à me proposer pour cette tache.
Au sens plus général, la démocratie. La démocratie comme participation active, devoir de tous pour l'épanouissement et le progrès de la collectivité. L'esprit de critique qui devient un élément constructif pour atteindre des objectifs nouveaux et partagés.
Voilà donc l'importance et la nécessité d'un engagement direct, personnel.
L'expérience de femme, de mère et d'ingénieur peuvent apporter une contribution différente à la vision de la réalité.
Parce que la politique ne peut pas être seulement l'affaire des administrateurs de profession.
C'est aussi l'affaire des mères et des pères qui pensent à l'avenir de leurs enfants.
C'est aussi l'affaire des techniciens et des professionnels qui peuvent apporter une perspective spécifique des choses; et cela est d'autant plus vrai, si l'on s'occupe, comme je le fais depuis plusieurs années déjà, de l'environnement, un thème d'intérêt général qui touche l'un des secteurs stratégiques pour la gestion des ressources et pour le développement territorial. C'est là, donc, le véritable mobile qui nous pousse, nous tous qui sommes dans cette salle: la volonté de s'engager pour le bien de la Vallée d'Aoste, chacun dans son domaine et tous à l'intérieur de l'Union Valdôtaine.
L'Union Valdôtaine a contribué de façon déterminante à la construction de la vallée que nous connaissons aujourd'hui. Une réalité qui a atteint des résultats importants, des niveaux d'excellence pour le train de vie et pour un développement territorial qui répond aux caractéristiques profondes de notre terroir, un territoire de montagne où se sont développés des valeurs, des modes de vie et une culture que l'Union Valdôtaine défend depuis toujours.
Notre mouvement a atteint au dernier rendez-vous électoral le consensus le plus important de toute son histoire: il a exprimé la majorité absolue au sein du conseil régional.
C'est un succès historique qui doit être analysé, compris et géré.
C'est un devoir qui demande une grande responsabilité et un fort engagement de la part de tous les sujets.
Il s'agit, en effet, d'interpréter les problèmes et les exigences d'une société qui a subi une croissance étonnante, tant sur le plan des ressources matérielles, économiques, qu'intellectuel, une société qui s'est élargie, globalisée, par de nouvelles présences jadis lointaines et différentes, et que nous trouvons aujourd'hui chez nous.
La dignité et le prestige de notre mouvement, sous le signe de la continuité historique et politique par rapport à ses fondateurs, doivent nous pousser, avec fermeté mais aussi avec humilité, à connaître et à interpréter cette nouvelle réalité, qui est en évolution rapide et continuelle, en adaptant nos réponses aux nouvelles exigences par une confrontation ouverte et constante avec toutes les voix qui veulent, contribuer au débat.
La dimension acquise aujourd'hui par notre mouvement et le pouvoir qu'il doit gérer pourraient nous induire à commettre des erreurs de présomption sinon de perspective : il faut veiller afin que les logiques des intérêts matériels ne priment pas sur les valeurs idéales, qui sont la véritable richesse de la Vallée d'Aoste.
Par ailleurs, la croissance de notre Mouvement signifie aussi de nouveaux protagonistes, de nouvelles ressources. Un scénario interne riche et différencié. L'Union Valdôtaine a nécessairement plusieurs âmes: cela ne doit pas être une raison de contraste, mais de confrontation et d'enrichissement pour arriver, avec la contribution de chacun - les sections, le simple inscrit, les organes centraux du Mouvement, les administrateurs à tous les niveaux - à des positions qui soient représentatives de nos idéaux et des exigences réelles de la société valdôtaine.
Je crois que nous devons avoir un grand respect de toutes les positions, pour que notre discussion soit une confrontation civile. Le temps est venu de combattre les personnalismes, le leaderisme, les alliances personnelles, les raisons d'intérêt, ou pires encore des clientélismes.
Tout cela doit être dépassé.
Le temps est venu de chercher des motivations politiques unificatrices, en harmonisant les différentes conceptions, pour valoriser notre action politique et notre autonomie qui risque chaque jour d'être neutralisée, ou pire èncore, vidée de chaque contenu.
Nous avons les chiffres et le consensus pour porter de l'avant notre politique, mais cela ne suffit pas si nous nous bornons à nous retrancher sur des positions purement conservatrices et sur la gestion du quotidien.
Nous devons regarder droit devant nous, en redécouvrant le goût du service ponctuel en faveur de la société, en visant des objectifs nouveaux et tout à la fois en gardant des racines bien fortes.
Tout cela doit s'exprimer par un programme.
Les lignes politiques générales et le programme du Mouvement sont évidemment établis par le Congrès national.
Le rôle du Président de l'Union consiste tout d'abord à appliquer les décisions du Congrès.
Tout de même et sans prétendre d'être exhaustive et toucher tous les secteurs, je veux souligner des thèmes que je considère importants.
Un thème déjà abordé c'est la nécessité de renforcer le contact avec la base unioniste, à savoir, les sections, car c'est à partir d'elles que découle la sève vitale de l'Union Valdôtaine.
Il faut éviter toute sorte d'assujettissement des électeurs aux logiques de pouvoir, afin que chacun de nous puisse intervenir librement, s'exprimer par ses questions, ses suggestions et ses contributions.
Les décisions seront ainsi prises de manière transparente, moyennant des discussions et des confrontations constructives.
Une attention particulière est à réserver aux jeunes.
Ils expriment l'exigence d'interpréter nos traditions dans la réalité d'aujourd'hui, d'harmoniser la tradition avec la nouveauté des langages, des cultures et des styles.
Et ne l'oublions pas! Les jeunes sont les dépositaires de notre futur et ils représentent le futur de notre mouvement aussi.
Pour eux, mais pour la collectivité tout entière, il faut promouvoir de nouvelles professions, qualifications et compétences, celles que les temps nous demandent pour l'affirmation de notre réalité locale dans le contexte européen.
Voilà l'Europe comme perspective de confrontation et défi pour les années à venir.
Cette perspective doit et peut devenir une chance de développement.
Il est nécessaire que le processus d'unification de l'Europe se fasse en respectant les spécificités des peuples qui le constituent et qui en font la richesse et la diversité culturelle.
Nous visons depuis toujours à la formation d'une Europe des peuples et sur ce chemin nous devons continuer notre engagement. Il est indispensable que le principe de l'autonomie de la Vallée d'Aoste soit reconnu et confirmé au niveau européen aussi.
Dans cet esprit, une priorité est la mise en valeur de notre identité et de nos caractéristiques spécifiques: langues française et allemande, dialectes francoprovençaux et alémaniques en premier lieu.
Mais aussi culture du territoire, sauvegarde de l'environnement, comme base de notre identité, comme cadre de vie façonnée au cours des siècles par les labeurs de nos ancêtres.
Une sauvegarde finalisée à l'amélioration de la qualité de la vie des habitants des vallées et de la montagne, par le développement équilibré et durable de l'environnement ; une ressource qui est à la base aussi de l'affirmation des produits de nos activités les plus typiques d'abord, l'agriculture, l'élevage, l'artisanat. Sans oublier le tourisme et sans oublier une industrie liée aux ressources du territoire. Dans cette optique de confrontation globale, de concurrence, la Vallée d'Aoste devra savoir valoriser les éléments qui marquent sa spécificité et investir sur cela, de manière à représenter un point de repère, un modèle concurrentiel, un exemple pour d'autres réalités semblables.
Pour conclure une dernière réflexion.
En tant que femme, mais ce n'est peut-être pas à moi de toucher le côté féminin du congrès, je remarque, en m'adressant à toutes les femmes présentes et en particulier aux amies de l'Entraide, que notre présence témoigne de l'engagement politique que nous vivons. Un engagement qui, ne l'oublions pas, se partage chaque jour entre le travail et la famille.
Et c'est la famille qui doit rester au centre de nos projets et de notre politique.
En tant que mère, j'ai un souci et des rêves: le rêve pour mes enfants d'un monde meilleur. Pour réaliser ce rêve, il faut agir en première personne, prendre des positions, des responsabilités. Je crois que c'est le souci de tout le monde, dans cette salle: construire pour nos jeunes un cadre de vie qui leur permette de se réaliser pleinement, de faire épanouir leurs aspirations, de projeter sereinement leur avenir. C'est finalement cela, la politique: la vraie politique, pas la politique politicienne des alchimies représentatives ou, pis encore, la gestion de l'argent et du pouvoir pour des fins personnelles ou de clan.
La vraie politique, c'est de faire des projets d'avenir; c'est d'assurer aux générations futures de pouvoir être librement des Valdôtains à part entière, d'être des citoyens du monde forts et orgueilleux de leur identité valdôtaine.
L'Union Valdôtaine, son histoire, son engagement, est là pour démontrer que cela est possible:
vive donc l'Union Valdôtaine, vive la Vallée d'Aoste, vive les Valdôtains!

Mme ZUBLENA Manuela, Président

Pour la première fois dans l'histoire du mouvement une femme a été élue à la tête de l'Union Valdôtaine: Manuela Zublena, 42 ans, ingénieur nucléaire et responsable du département de la qualité de l'air de l'Arpa Vallée d'Aoste, a remporté la victoire, avec 301 votes en sa faveur, sur son antagoniste Franco Vallet, ancien assesseur régional (270 votes). Unioniste depuis toujours et membre de la Jeunesse Valdôtaine à la fin des années '70, elle est conseillère communale à Saint-Marcel, depuis 1995. Voici son premier discours en tant que présidente de l'Union Valdôtaine.

«Chers Unionistes,
Me voilà, après une longue semaine de réflexion et d'attente au centre de la vie active du mouvement. Le résultat de samedi dernier qui n'avait pas permis l'élection du Président avait induit à la présomption de pouvoir, nous les candidats, rechercher une solution de compromis. Par contre, aujourd'hui, dans le plein respect de la démocratie, la souveraineté des délégués, qui, par statut ont le droit et le devoir de choisir leur Président, a été sauvegardée.
Je remercie ainsi tous les délégués qui ont participé, y compris ceux qui ne m'ont pas voté, parce que je considère très important la participation de chacun pour une pleine vitalité du mouvement.
A Franco Vallet, qui a offert sa disponibilité pour cette charge, je voudrais dire tout simplement un mot: merci.
Ces derniers jours, nous avons tous compris le moment délicat que, nous deux, nous avons vécu en nous proposant pour la présidence de l'UV. Je te remercie encore pour ton exemple d'alternative loyale, pour la compétence et l'expérience que tu as mise au service du mouvement. C'est pour ça que j'espère en ton amitié et en une active collaboration.
L'UV a besoin de toi comme il a besoin de toutes les personnes qui ont participé à ce congrès.
Merci pour la confiance que la majorité d'entre vous a exprimée et que j'espère mériter par le travail que je viens de commencer.
A travers le débat de samedi dernier, on a mis en évidence l'importance des sections comme piliers du mouvement, mouvement qui trouve sa force et sa raison d'être dans le terroir et le peuple valdôtain à travers les sections elles mêmes.
Je veux tout particulièrement remercier la section de Saint-Marcel, petite section d'une commune où l'Union Valdôtaine est à l'opposition mais qui maintenant exprime le Président du Mouvement. Merci.
Je ressens fortement la responsabilité de ce rôle, mais je me prépare au travail avec humilité, engagement, sérieux et passion. Un parcours difficile m'attend, mais je ne le ferais pas en solitaire, dans les jours prochains nous devrons, tous ensemble compléter l'équipe, le groupe de travail, le comité fédéral; je demande à vous tous de nous accompagner, en montagne une cordée n'arrive nulle part sans la contribution, les ressources et l'engagement de tous les participants.
Ma présence représente sans doute un élément de nouveauté : j'espère apporter une contribution différente à la vision des choses, la vision d'un représentant de la société civile, mais encore d'un technicien qui s'est occupé depuis plusieurs années de l'environnement, l'un des secteurs les plus stratégiques pour la gestion et le développement et défense de notre Vallée ; sans oublier qu'environnement signifie le berceau de notre peuple de montagne et de notre identité culturelle ainsi que le point de repère pour toutes nos activités.
Cette identité que nous devons maintenir et sauvegarder, tout en vivant l'évolution que les temps d'aujourd'hui nous demandent et - nous devons savoir interpréter les changements d'un contexte politique et social plus global – nous avons l'Europe, il y a les thèmes des réformes institutionnelles comme perspective; une société où de nouvelles présences ont changé le tissu social et les styles de vie et de culture nous devons savoir faire face à des problèmes qui ont une dimension bien plus large et qui nous demandent une confrontation stricte et continue avec un horizon international. Ma présence porte encore la nouveauté de femme.
L'art. 7 du statut du Mouvement souhaite un engagement pour favoriser et solliciter notre participation au sein des différents organes. Vous avez interprété cet esprit.
Je veux terminer par deux réflexions.
La première, je l'ai déjà exposée: je ne vais pas parcourir ce chemin toute seule. Je vous demande votre engagement : une participation vraiment active en donnant au mouvement toutes vos suggestions, vos idées, vos observations.
Elles seront des éléments précieux.
Je vous demande encore de ne pas baisser votre esprit critique, n'ayez aucune hésitation à reprocher des choix, des décisions. Mais quand-même d'une façon civile, dans le respect des idées de chacun et surtout avec un esprit constructif, pour le bien du mouvement mais surtout pour le bien de notre vallée.
Dans cet esprit, je veux encore rappeler à tous, les mots de Joseph Bréan : «il faut regarder aux grandes choses qui nous unissent plutôt qu'aux petites choses qui nous divisent». Et en dernier: Je suis aujourd'hui sans doute heureuse de ce résultat, mais je ne me sens pas une gagnante. Je ne pense pas avoir participé à un match. Ce n'est pas l'esprit qui m'a conduit jusqu'ici. Notre but est celui de faire primer l'Union Valdôtaine. Nous seront gagnants que si l'Union Valdotaine est gagnante.
Vive l'Union Valdôtaine, vive la Vallée d'Aoste

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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