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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 oct 2017 - 11:57

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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VIème Congrés National

Mme ZUBLENA Manuela, Président

Pour la première fois dans l'histoire du mouvement une femme a été élue à la tête de l'Union Valdôtaine: Manuela Zublena, 42 ans, ingénieur nucléaire et responsable du département de la qualité de l'air de l'Arpa Vallée d'Aoste, a remporté la victoire, avec 301 votes en sa faveur, sur son antagoniste Franco Vallet, ancien assesseur régional (270 votes). Unioniste depuis toujours et membre de la Jeunesse Valdôtaine à la fin des années '70, elle est conseillère communale à Saint-Marcel, depuis 1995. Voici son premier discours en tant que présidente de l'Union Valdôtaine.

«Chers Unionistes,
Me voilà, après une longue semaine de réflexion et d'attente au centre de la vie active du mouvement. Le résultat de samedi dernier qui n'avait pas permis l'élection du Président avait induit à la présomption de pouvoir, nous les candidats, rechercher une solution de compromis. Par contre, aujourd'hui, dans le plein respect de la démocratie, la souveraineté des délégués, qui, par statut ont le droit et le devoir de choisir leur Président, a été sauvegardée.
Je remercie ainsi tous les délégués qui ont participé, y compris ceux qui ne m'ont pas voté, parce que je considère très important la participation de chacun pour une pleine vitalité du mouvement.
A Franco Vallet, qui a offert sa disponibilité pour cette charge, je voudrais dire tout simplement un mot: merci.
Ces derniers jours, nous avons tous compris le moment délicat que, nous deux, nous avons vécu en nous proposant pour la présidence de l'UV. Je te remercie encore pour ton exemple d'alternative loyale, pour la compétence et l'expérience que tu as mise au service du mouvement. C'est pour ça que j'espère en ton amitié et en une active collaboration.
L'UV a besoin de toi comme il a besoin de toutes les personnes qui ont participé à ce congrès.
Merci pour la confiance que la majorité d'entre vous a exprimée et que j'espère mériter par le travail que je viens de commencer.
A travers le débat de samedi dernier, on a mis en évidence l'importance des sections comme piliers du mouvement, mouvement qui trouve sa force et sa raison d'être dans le terroir et le peuple valdôtain à travers les sections elles mêmes.
Je veux tout particulièrement remercier la section de Saint-Marcel, petite section d'une commune où l'Union Valdôtaine est à l'opposition mais qui maintenant exprime le Président du Mouvement. Merci.
Je ressens fortement la responsabilité de ce rôle, mais je me prépare au travail avec humilité, engagement, sérieux et passion. Un parcours difficile m'attend, mais je ne le ferais pas en solitaire, dans les jours prochains nous devrons, tous ensemble compléter l'équipe, le groupe de travail, le comité fédéral; je demande à vous tous de nous accompagner, en montagne une cordée n'arrive nulle part sans la contribution, les ressources et l'engagement de tous les participants.
Ma présence représente sans doute un élément de nouveauté : j'espère apporter une contribution différente à la vision des choses, la vision d'un représentant de la société civile, mais encore d'un technicien qui s'est occupé depuis plusieurs années de l'environnement, l'un des secteurs les plus stratégiques pour la gestion et le développement et défense de notre Vallée ; sans oublier qu'environnement signifie le berceau de notre peuple de montagne et de notre identité culturelle ainsi que le point de repère pour toutes nos activités.
Cette identité que nous devons maintenir et sauvegarder, tout en vivant l'évolution que les temps d'aujourd'hui nous demandent et - nous devons savoir interpréter les changements d'un contexte politique et social plus global – nous avons l'Europe, il y a les thèmes des réformes institutionnelles comme perspective; une société où de nouvelles présences ont changé le tissu social et les styles de vie et de culture nous devons savoir faire face à des problèmes qui ont une dimension bien plus large et qui nous demandent une confrontation stricte et continue avec un horizon international. Ma présence porte encore la nouveauté de femme.
L'art. 7 du statut du Mouvement souhaite un engagement pour favoriser et solliciter notre participation au sein des différents organes. Vous avez interprété cet esprit.
Je veux terminer par deux réflexions.
La première, je l'ai déjà exposée: je ne vais pas parcourir ce chemin toute seule. Je vous demande votre engagement : une participation vraiment active en donnant au mouvement toutes vos suggestions, vos idées, vos observations.
Elles seront des éléments précieux.
Je vous demande encore de ne pas baisser votre esprit critique, n'ayez aucune hésitation à reprocher des choix, des décisions. Mais quand-même d'une façon civile, dans le respect des idées de chacun et surtout avec un esprit constructif, pour le bien du mouvement mais surtout pour le bien de notre vallée.
Dans cet esprit, je veux encore rappeler à tous, les mots de Joseph Bréan : «il faut regarder aux grandes choses qui nous unissent plutôt qu'aux petites choses qui nous divisent». Et en dernier: Je suis aujourd'hui sans doute heureuse de ce résultat, mais je ne me sens pas une gagnante. Je ne pense pas avoir participé à un match. Ce n'est pas l'esprit qui m'a conduit jusqu'ici. Notre but est celui de faire primer l'Union Valdôtaine. Nous seront gagnants que si l'Union Valdotaine est gagnante.
Vive l'Union Valdôtaine, vive la Vallée d'Aoste

2 X mille

le coin du président4 Octobre 2017 - 16:41

Catalogne-Europe Catalogne-Europe Le référendum pour l’indépendance de la Catalogne de dimanche 1 octobre a retenu l’attention des médias qui nous ont raconté le déroulement des faits, les espoirs des indépendantistes et la brutale répression de l’état Espagnol. Dans les heures qui ont suivi ce vote plusieurs observateurs ont essayé d’expliquer les raisons des Catalans, celles de l’Espagne et la position de l’UE. C’est ainsi qu’on a souvent entendu que les Catalans voulaient se rendre indépendants pour des raisons économiques. Mais la Catalogne c’est quelque chose de plus complexe que ça. Elle est une communauté spéciale, avec une langue, une culture, une histoire que son peuple a préservé au fil du temps, aussi lorsqu’il ne s’est pas fait arracher sa vie et son identité, pendant les dures 35 années de dictature du général Franco. Les Catalans représentent une réalité vivante, différente et active qui a du mal à se conduire dans un état qui a d’autres rythmes et d’autres visions. Il est par conséquent normal que le Peuple de Catalogne demande à s’autodéterminer avec l’espoir d’ainsi pouvoir mieux forger son avenir. Sur ce point s’ouvre le débat qui marque le grand clivage entre les défenseurs de l’état-nation et les partisans des réalités (g)locales. Cela nous renvoie aux idées et débat jamais achevé sur Fédéralisme et met l’UE face à l’obligation de sortir de ses contradictions. Aujourd’hui, les nombreux changements mondiaux nous ont confirmé la nécessité d’agrégations amples, telles que celles qui ont porté à la naissance de l’UE. Mais l’Europe elle doit arriver à négocier et à interpréter les besoins des gens avec des nouvelles politiques de proximité sans quoi elle continuera à être secouée par les ferments de ses particularismes. Voilà pourquoi l’UE, avec ses états membres, devrait arriver à exercer des fonctions utiles à satisfaire les nécessités globales (monnaie unique, défense, justice, etc.) en laissant aux territoires l’autonomie de gouverner avec davantage d’efficacité leurs vies et leurs organisations culturelles, sociales, éducatives, commerciales, etc. Le Président français Emmanuel Macron dans son récent discours à la Sorbonne a effleuré ces thèmes. Il n’a pas pu les pousser trop loin mais, si on extrémise sa philosophie on trouve qu’elle préconise déjà un modèle d’UE qui devrait réviser ses rôles actuels. Dans le futur proche on sera obligés à s’interroger sur l’architecture de nos systèmes. Le flambeau que la Catalogne vient d’allumer a déjà contribué à accélérer une réflexion dans ce sens. Les faits de Barcelone et de Catalogne sont destinés à ne pas rester isolés et à aller au de là de leurs confins. L’UE ne pourra pas continuer à tourner la tête sans réorienter ses rapports avec ses nombreuses réalités culturelles. Le référendum Catalan n’est pas admis par la loi de l’état Espagnol. Mais les lois et les constitutions ne sont pas des choses immuables. Elles peuvent être changées. Elles doivent être changées si elles ne sont plus actuelles. Après la Catalogne d’autres essayeront de mettre en discussion le « status quo ». Cela arrivera encore dans d’autres réalités et on ne pourra pas continuer à faire la sourde oreille. L’histoire des peuples vit de changements et d’accélérations. Les choses ne se passent pas toujours à la même manière. Il suffirait de rappeler les plébiscites qui permirent à Parme à la Toscane et à d’autres réalités, en Italie et ailleurs, de s’autodéterminer, en choisissant d’appartenir à un état plutôt qu’à un autre. On était là aux alentours de 1860 et c’est par ces actes qui se sont modifiés d’importants équilibres géopolitiques. En 1992, la Tchécoslovaquie s’est partagée pacifiquement en deux. Dans une époque plus récente, le 18 septembre 2014 les Ecossais se sont exprimés sur leur indépendance. Là ils ont pu exercer leur droit de vote suite à l’accord bilatéral d’Edimbourg de 2012, entre Ecosse et Royaume Uni, qui a permis de lancer le référendum écossais pour l’indépendance. Et encore, en cette année 2017, au mois de juin, la petite ville de Moutier, en Suisse, a choisi de quitter le canton de Berne et de s’agréger à celui du Jura. Après 40 ans le rêve d’unifier les Jurassiens de Roland Béguelin a été complété. Ces faits se sont passés dans des époques et dans des lieux différents avec la liberté des gens de décider leur appartenance en votant à l’abri de toute tentative de répression. Voilà que pas toujours et pas partout les réponses ont été les mêmes de ces jours en Catalogne. Les rêves et les espoirs des Peuples aussi peuvent se différencier et ne pas être immuables. Les pensées et les lois qui régissent leurs vies peuvent changer. Et cela se vérifie lorsque quelqu’un allume l’étincelle, en mettant en discussion les architectures géopolitiques. L’Ecosse et la Catalogne ont commencé à mettre en marche une vision différente, d’autres suivront peut être ce chemin mettant en marche un parcours qui obligera l’UE et les états à réfléchir davantage sur leur futur. Ennio Pastoret

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