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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 24 fév 2017 - 17:56

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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IVème Congrès National

M. BETEMPS Alexis, Président de l'UV

Je crois que les arguments politiques pour une relation ne manquent pas: ces cinq années qui se sont écoulées ont bouleversé l’histoire mondiale qui depuis longtemps semblait être plus au moins paisiblement acheminée sur des ornières pas toujours faciles mais en quelque manière rassurante. Je me vois donc en condition de devoir choisir des arguments pour les proposer à votre attention.

Nous sommes toujours plus insérés dans celui que le sociologue Mac Luhan avait défini le « Village global » ; où les horizons apparemment s’élargissent et en même temps se standardisent à cause d’une présence médiatique envahissante et dirigiste. L’isolement des communautés humaines dans les pays industrialisés n’est qu’un souvenir historique, et ce qui se fait « ailleurs » se ressent toujours plus dans les moindres recoins du village global.

Notre intra montanisme, patrimoine inaliénable de l’UV, devient un choix politique de continuité, une source d’inspiration pour nos actions, un rappel à la liberté que nous cherchons.
Mais nos montagnes, désormais ne nous abritent plus des vents de changement et si nous voulons déterminer le nôtre et pouvoir choisir notre avenir le plus librement possible, l’attention à ce qui se passe autour de nous doit s’accroitre.

Des tendances nouvelles se dessinent à l’horizon et j’avoue, qu’elles me tracassent. Nous sommes par exemple en train d’aller vers des concentrations de pouvoir : économique d’abord, puis médiatique et de contrôle social, qui fait qu’en perspective, l’incidence directe des citoyens, fondement de la démocratie, deviendra toujours plus problématique.
En plus l’effondrement du marxisme a privés la communauté mondiale d’un modèle alternatif possible, certainement discutable mais, qui avait obligé les pays occidentaux pendant de longues années à une confrontation et à une politique de garantisme à l’égard des libertés individuelles et collectives. Maintenant cela n’est peut-être plus nécessaire et les évolutions récentes sont particulièrement inquiétantes : la recrudescence des forces de droite, de claire inspiration nazi-fasciste est un phénomène indicateur qui mérite toute l’attention des forces politiques.

En plus les luttes nationalitaires, visant à affirmer des principes de liberté et de sauvegarde des différences, qui avait joui, pendant plus de vingt-ans d’une opinion publique favorables, au moins sur les principes, sont de plus en plus vues comme des moments de déstabilisation d’un ordre qui convient même trop aux pouvoirs établis.

La lutte de notre peuple qui s’insère dans ce contexte devient ainsi plus difficile. Et malgré le retour percutant de l’idée fédéraliste en Italie les tentatives de limiter les autonomies locales, plus au moins sournoisement se multiplient.

Nous devons être vigilants comme jamais.

La situation politique en Italie est tellement dégradée qu’on voit mal où elle ira aboutir. On a toujours l’impression d’avoir atteint le fond, puis, le jour après l’on découvre que le gouffre est encore bien plus profond.
La débandade des partis est impressionnante et dans ce contexte les extrémismes ont eu bon jeu.
Le Centre, fragmenté et querelleur, qui presque 50 ans a fait la pluie et le beau temps en Italie, s’est dissous sous les coups des scandales et de son inaptitude. Mais quelqu’un pense déjà à le reconstituer : Segni, Martinazzoli, Berlusconi et bon dernier, mais pas tout à fait inattendu, Bossi.
Cette maladie italienne endémique qui va sous le nom de transformisme sévit encore.

Dans ce cadre, c’est l’évolution politique rapide de la Lega qui impressionne plus que sa poussée électorale. Oui, bien sûr, Bossi parle encore de fédéralisme mai j’ai grand peur que quand la Lega, avec ou probablement sans Bossi arrivera au pouvoir, il ne restera de sa charge innovatrice initiale qu’un pâle régionalisme, suspendu entre le folklore et les intérêts de clocher des régions les plus riches. Au but de tout ce bordel, il y aura probablement une simplification du cadre politique : une droite réduite, un grand centre héritier du « patrimoine » politique de la DC, une gauche progressiste toujours à l’opposition et une extrême gauche criarde et divisée comme d’habitude.

Bon gré, mal gré : qu’on le veuille ou pas la VDA ressent de l’influence italienne et les évènements de la péninsule se répercutent dans notre Pays : crise économique, crise de l’emploi, crise institutionnelle, crise morale, crise des forces politiques.
Bien qu’avec un peu de retard, la crise économique se fait sentir. L’industrie est en difficulté, la décadence de l’agriculture continue, le tourisme est un secteur fragile et trop dépendant de la situation économique générale, ainsi que le commerce.

L’accord récent sur la Cogne est un bon point de marque, ainsi que le renouvellement de la convention SITAV, mais les problèmes sont encore énormes ; pour les autres secteurs nous avons besoin de repenser rapidement le tout, mais l’imagination ne servira pas toute seule à relancer rapidement notre économie. La crise économique se répercute inévitablement sur l’emploi. Après des années où l’espoir de trouver du travail au Pays était pour nos jeunes presque une certitude, nous entrons dans une phase où les perspectives deviennent plus aléatoires. Le spectre de l’émigration, maladie de notre Pays, est de nouveau à l’horizon. Les secteurs productifs sont en crise, les emplois administratifs sont saturés et exigent une rationalisation interne qui ne peut pas être prorogé, le tourisme ne pas toujours la certitude de l’emploi, objectif de tout jeune qui entre dans le monde du travail, les entrepreneurs et employeurs locaux, peut être trop habitué à l’aide régional devenu de plus en plus improbable, ont perdu en partie le courage, la vitalité et la fantaisie propres à leur catégorie.

La crise institutionnelle italienne pèse lourdement sur notre Vallée. Une nouvelle constitution sous-entend aussi la révision des rapports états/régions à Statut Spécial.
L’intolérance de l’Etat central à l’égard de notre autonomie nous l’avons déjà expérimentée. Chez nous aussi on parle, tant pour singer les modèles italiens de « deuxième autonomie », qui fait pendant à la deuxième république.
Nous ne sommes pas contraires à une révision de nos Statuts à la condition que les résultats soient une autonomie politique et financière plus marquée que l’ancienne.
Mais nos institutions régionales aussi doivent être revues. Nous avons raté une bonne occasion avec la dernière loi électorale, quand le courage nous a manqué et, puisque la justice existe, nous avons été punis aux dernières élections régionales et nous n’avons pas eu une augmentation des conseillers proportionnelle à l’augmentation des voix.

Nous devons ressortir le dossier : le débat est ouvert.
L’idée d’un système comparable au système suisse, avec l’élection directe de l’exécutif, la séparation nette exécutif/législatif, la limitation des mandats et le roulement à la tête de l’exécutif, me paraît intéressante.

Les communautés locales, dont nous avons toujours été fiers, sont en crise et les plaintes des syndics ne peuvent pas passer sous silence. Le rapport commune/région doit être redéfini et les compétences de toutes les communautés locales valorisées. Finalement nous avons les compétences juridiques nécessaires pour intervenir et des commissions sont au travail. Ne ratons pas cette opportunité et rendons aux communes la splendeur du passé. La force de l’UV passe aussi, je dirais même surtout, à travers les communes.

Mais ce que nous devons surtout rendre aux citoyens c’est l’amour et le respect des institutions valdôtains. Il faut que les gens les sentent de nouveau a eux et non pas comme quelque chose d’étranger qui est là pour complique la vie aux plus et à faciliter à quelques privilégiés.

Les évènements de cette dernière année surtout, ont porté à la surface chez nous aussi une crise morale profonde. Toutes les force politiques en ont été touchées, sauf les plus récentes et celles qui avaient vécu à l’écart de la gestion du pouvoir. Il n’y a pas de verdicts encore et ce n’est pas à nous de tirer des conclusions. Cependant la conscience que des actions peu transparentes, pardonnez-moi l’euphémisme, se sont passées est dominante. Ce qui engendre une méfiance accrue à l’égard de la politique, la condamnation indiscriminées des forces organisées et un éloignement encore plus accentué de la part de la population du monde politique. Nous avions cru pendant un moment que notre Mouvement aurait été à l’écart de tout cela, ça n’a pas été le cas. Nous devons en prendre acte et réagir comme il faut. Si être au dessus de tout soupçon est une prérogative nécessaire pour toutes les forces politiques, elle l’est doublement pour l’UV qui veut représenter et guider un peuple brimé dans ses droits et qui a toujours sa « différence » par rapport aux autres.

Tous ses bouleversements ont perturbé profondément le cadre politique valdôtain : les forces politiques traditionnelles se sont brisées : le PCI a anticipé les temps et s’est divisé en PDS et Rifondazione Comunista : la DC est pulvérisée et ses éclats incontrôlables agitent notre firmament politique : le PSI s’est pratiquement dissous ainsi que le PRI : les ADP se sont divisés en deux tronçons : les amis de Segni cherchent un espace avec les leaders recyclés : la Lega a fait sa timide apparition avec un bon succès électoral et le mouvement des Verts a vu primer sa longue politique d’opposition.

L’UV malgré tout s’est vue renforcer par l’électorat lors des dernières consultations et se présente aujourd’hui, pleine de problèmes mais unie comme jamais, au IVème Congrès National. Elle demeure le pilier de la politique Valdôtaine. Dans cette situation où la confusion et l’instabilité règnent, l’UV est encore un point ferme.

Mais l’évolution du cadre politique valdôtain n’est pas encore achevée : nous assistons ces derniers temps à un processus d’agrégation qui nous porte à préconiser un pôle de gauche, probablement un pôle modéré sur les débris de la CD, et un pôle autonomiste-fédéraliste qui devra voir comme protagoniste notre Mouvement.
Jamais, je crois, le cadre général de la situation n’a été si sombre, touffu et décousu(…).

Ce sera à ce Congrès de mettre en valeur le potentiel énorme dont nous disposons actuellement en donnant au Mouvement des lignes politiques claires et des programmes ; en renforçant son unité interne ; en renouvelant sa structure ; en sanctionnant une nouvelle façon de faire politique et surtout en réaffirmant nos idéaux politiques qui font de nous la force la plus moderne et la plus avancée du moment.

Si aujourd’hui je peux affirmer que nous somme à l’avant garde, ce n’est pas parce que tout à coup nous avons accéléré notre course pour devancer les autres mais parce que nous avons été fidèles. C’est notre patrimoine politique originaire qui nous place en premier rang.

Dans ce village global dont je parlais en ouverture, le danger de l’uniformisation, de la standardisation, de la massification, conditions idéales pour le contrôle social et la manipulation des consciences, est plus que réel. Lutter pour la sauvegarde des particularités locales, linguistiques ou culturelle dans le sens large du mot, signifie travailler pour l’auto conscience des gens, signifie lier les gens à leur réalité, les rendre plus critiques à l’égard des problèmes, signifie les armer pour la sauvegarde du bien le plus précieux : la liberté. Notre problème de minoritaires en Italie est un problème universel parce que l’Italie sera minoritaire en Europe et l’Europe minoritaire dans le contexte mondial. Lutter pour le respect des minorités est lutter pour empêcher que le plus grand et le plus fort impose sa loi ; c’est lutter contre la loi de la jungle que l’humanité depuis ses débuts s’est efforcée de bannir.

Travailler pour l’épanouissement du français qui nous appartient en même titre qu’aux Français, Suisses, Wallons ou Québécois, signifie non seulement réaffirmer notre identité mais aussi élargir notre porte sur l’Europe et contrecarrer le mouvement qui tend à déplacer toujours plus l’Italie vers l’Afrique. Nous n’avons rien, bien entendu contre les Africains, si l’on peut dire ainsi, à qui va tout notre respect, mais nous croyons que toute communauté doit avoir le droit de choisir ses partenaires privilégiés. Et nous sommes certains que le peuple valdôtain se sent profondément européen et désire avant tout partager son avenir avec les peuples qui ont plus d’affinité avec lui.

Le seul modèle d’organisation étatique qui peut garantir les particularismes et l’unité est le modèle fédéral : modèle qui nous appartient depuis notre naissance et que nous avons toujours proposé même quand cela nous exposait à des critiques ignorantes et à de railleries. Voilà un autre jalon à notre modernité. Certes, le mot fédéralisme commence à être une expression à la mode. On nous le sert désormais dans toutes les sauces et les gens ont toujours plus de difficultés à comprendre.

Le fédéralisme global que nous préconisons ne pourra pas être résultats de la somme des états actuels avec leurs égoïsmes et leurs structures chancelantes: ne pourra pas être le résultat d’une décision autocratique, fruit d’un moment historique difficile, tentative ultime de sauver des états qui ont perdu leur raison et leur d’être.

La fédération présuppose au départ des communautés libres, affranchies, qui accomplissent un acte volontaire et concordé.
Dans ce cadre l’idée d’autodétermination des peuples, reconnue comme droit par les Nations unies mêmes, est à approfondir, à développer et à proclamer à voix haute sans crainte aucune.
Rien qu’une fédération où tous les peuples aient les mêmes possibilités d’évoluer librement et de se confronter avec les autres peut nous garantir un avenir de progrès et de liberté.

Certes, des étapes intermédiaires doivent être envisagées : déjà E. Chanoux dans la charte de Chivasso envisageait une république fédérale pour l’Italie ; l’UV aussi a déposé un projet de loi dans ce sens au parlement italien, mais l’objectif final ne doit jamais être oublié.

Voilà le grand enjeu, le rôle que l’UV est appelée à jouer, bien qu’avec des forces limitées, sur un échiquier qui dépasse largement le sommet de nos montagnes. Mais n’oublions jamais que pour pouvoir jouer ce rôle efficacement nous devons être d’abord nous-mêmes, nous devons avoir quelque chose de particulier qui nous caractérise, bref nous ne devons pas oublier nos racines intramontaine, paysannes et montagnardes.
Pour l’avancement de ce projet ambitieux nous devons d’abord élargir le consensus politique sur notre proposition.

Ainsi la formation d’un pôle autonomiste et fédéraliste ouvert à d’autres forces qui, tout en gardant leur physionomie, partagent l’essentiel de notre projet, devient une urgence inéluctable.
Sans pour cela n’exclure au préalable personne puisque nous vivons une période où la collaboration entre forces politiques est indispensable. Mais si nous voulons nous élargir, nous devons aussi penser à nous renouveler.

Renouveler signifie améliorer ce qui existe en le transformant pour que l’instrument qu’on veut se donner soit adapté aux temps et à la société. Pas stout ce qui est vieux est dépassé. La modernité de nos principes en est la preuve. Et pas tout ce qui est jeune ou nouveau ne fait le renouvellement. Il y a des jeunes porteurs de vieilles méthodes et des nouveautés qui sont anachroniques.

Ce sera à notre sensibilité de Mouvement moderne et conscient de déterminer le renouvellement. La politique pour se renouveler a d’abord besoin de retrouver des idéaux. Pour ce qui nous concerne nous ne les avons jamais perdus, mais nous devons reconnaitre que nous avons vécu des moments récents où notre tension idéale s’était considérablement affaiblie. Je souhaite que ce congrès les relance avec force pour que nous puissions toujours les confronter avec les idéaux des autres puisque nous ne voulons pas être les seuls à en avoir. Traiter avec quelqu’un qui agit au nom d’un idéal, ce sera toujours plus facile qu’avec quelqu’un que n’en a pas.
La politique pour se renouveler doit redécouvrir son rôle de service pour la communauté et perdre l’image de jeu incompréhensible au grand public, apanage d’une caste privilégiée.

Les hommes politiques ne sont ni des demi dieux quand ils sont puissant ni des sales voleurs comme ils tombent en disgrâce : ce sont des hommes parmi les hommes, avec des attitudes particulières (c’est du moins ce que nous souhaitons) qui ont choisi pour une période déterminée de leur vie d’accomplir la noble fonction de veiller sur l’intérêt commun. Ils donnent à la communauté et de la communauté doivent recevoir le juste. La politique ne peut pas se transformer en une course effrénée vers le fauteuil au Conseil régional. Il y a eu un temps, et ceux de ma génération l’on bien connu, où les unionistes étaient ceux qui exprimaient le moins de préférences au moment des élections régionales et où les candidats, par pudeur, n’osaient pas demander le vote pour leur personne. La politique doit redécouvrir la cohérence et abandonner ce transformisme inspiré aux intérêts du moment. Ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra regagner la confiance des gens qui comprennent les différenciations dans les idéaux, mais qui ne peuvent pas accepter les accommodements qui glissent à côté des principes.

La politique doit redécouvrir la simplicité et la franchise dans ses démarches.
Le chancelier allemand Otto Von Bismarck, qui d’après quelqu’un serait même d’origine valdôtaine, ce qui n’est pas nécessairement une raison de fierté, a dit un jour : « En politique il faut toujours suivre le droit chemin : c’est toujours là qu’il y a moins de trafic ». Il faut miser sur une action politique moins fumeuse, moins ambiguë, où les faits priment sur les dires, où le réel correspond à l’image qui a été privilégiée. Ce n’est pas nécessaire de tout dire, l’important c’est que paraissent les aspects que les gens apprécient davantage » ; « Qu’on en parle de moi bien ou mal peu importe, pourvu qu’on en parle souvent » et qu’on me voie souvent à la télé, j’ajoute. On peut construire des fortunes, politiques et d’autres, avec un usage savant des techniques de communications ; comme o peut habiller avec élégance des fantoches qui resterons toujours inertes, sans quelqu’un qui en tire les fils. Mais je crois que la politique nouvelle ne peut pas prendre cette direction là.

Finalement, les gens demandent aux hommes politiques des choses simples, des projets compréhensibles, des programmes concrets et en syntonie avec les projets, de la compétence, le dévouement indispensable à la cause, l’envie de travailler et surtout l’honnêteté. Les gens peuvent pardonner beaucoup d’erreurs aux hommes politiques, mais jamais la malhonnêteté.

C’est pour cela que l’une des entraves les plus nuisibles pour une force politique est la malhonnêteté, ne fût-ce que supposée : elle lui enlève la crédibilité et vide son action. C’est pour cela que les hommes qui font de la politique doivent être toujours au dessus de tout soupçon.

Les infortunes peuvent arriver à toutes les forces politiques. Même l’arbre le plus sain peut produire une pomme pourrie. Il faut l’enlever d’abord, la pomme bien sûr. Mais l’agriculteur averti essayera toujours de comprendre la raison parce qu’il s’ait que si une pomme a pourri c’est parce qu’il y a quelque chose qui ne marche pas rond : un moustique qui rodait autour de l’arbre, une branche cassée, une négligence quelconque de l’agriculteur.

Notre Mouvement a été frappé durement par la magistrature. Nous n’avons pas encore tous les éléments pour tirer des conclusions, mais puisqu’une force politique ne peut pas toujours attendre le verdict de la Cassation, nous avons dû prendre quand-même des décisions bien que souffertes.

Je crois que les décisions prises ont été inspirées par la juste modération. Bien entendu les avis étaient nuancés : ils allaient même d’un désir irrationnel de justice sommaire au refus d’analyser des faits incontestables. N’importe comment s’il faudra le faire, nous arracherons définitivement la pomme, mais nous devrons aussi aller rechercher le moustique, la branche cassée, la négligence de l’agriculteur sans pour cela déclencher une chasse aux sorcières. Il serait trop facile de démoniser les coupables éventuels, leur coller toutes les responsabilités, et faire semblant que tout autour la perfection règne. Malheureusement ce n’est pas ainsi.

Si dégénération il y a eu en politique, et il y en a eu, les responsabilités ne sont pas toutes à la classe politique. Le système économique a ses responsabilités, l’information a les siennes, parce que souvent certains hommes politiques ont atteint certaines dimensions grâce aussi à la bienveillance de la presse, trop souvent courtisane et je pense pas seulement aux réseaux publics d’information voir la RAI, où, là au moins, les jeux étaient clairs puis qu’ils étaient, pardonnez-moi le néologisme, lotisés si pas à la lumière du soleil certainement à celle des spots.

Et il y avait aussi des journalistes placés par des unionistes, je ne dis pas par l’U.V. bien que leurs habitudes linguistiques ne l’ont jamais laissé soupçonner. Il y a aussi des responsabilités générales qui tiennent de la maturité et de l’éducation politique. S’il est vrai que dans leur for intérieur les gens exigent des hommes politique les qualités susmentionnées, il est vrai aussi que dans la pratique quotidienne ont souvent démontré d’en apprécier d’autres.

Il est inutile de parler de tension idéale si après le principal souci devient le subside de la région, il est inutile de réclamer des leaders honnête si après on va à la chasse de privilèges, il est inutile de prétendre l’équilibre si après on applaudit à l’arrogance. Et là, qui plus qui moins nous avons tous péché.
Pour faire avancer ce programme et le porter à bon terme il s faut des instruments adaptés. Le moteur doit être le Mouvement avec ses organes.
C’est le Mouvement qui doit assurer la régie et coordonner les interventions.
Il est indispensable que le Mouvement se trouve dans les conditions idéales pour jouer son rôle.

Le Mouvement doit tracer les lignes politiques pour l’action des élus, élaborer des projets, soigner la formation des adhérents, promouvoir son image veiller sur sa structure organisatrice, mener les pourparlers, assure les contacts entre les élus, les adhérents et les organes. Les élus sont des délégués du Mouvement à des charges publiques où ils doivent faire avancer les projets unionistes. Ils doivent, en pleine autonomie, promouvoir des initiatives en s’inspirant des lignes du Mouvement, en discuter avec les organes quand leur caractère est éminemment politique, exercer leur fonctions publiques s’inspirants des principes de l’UV.
Mouvement et élus sont les deux principaux pôles de la politique unioniste. Chaque pôle a sa sphère et doit jouir d’une certaine autonomie. Leur action doit être coordonnée et respectueuse des prérogatives de chacun.

Les élus, par leur fonction même, sont souvent portés à la médiation et aux compositions ; le Mouvement, par contre, doit toujours tenir bien haut le flambeau des idéaux unionistes. Le Mouvement peut même se trouver sur des positions critiques à l’égard des élus et les stimuler ainsi pour une action toujours plus unioniste.

Il ne faut pas qu’il y ait une confusion des rôles, les élus sont trop dépendants des humeurs de la politique politicienne et leurs accidents publiques où ils doivent avancer les projets unionistes. Ils doivent, en pleine autonomie, promouvoir des initiatives en s’inspirant des lignes du Mouvement, en discuter avec les organes quand leur caractère est éminemment politique, exercer leurs fonctions publiques s’inspirant des principes de l’UV.

Mouvement et élus sont les deux principaux pôles de la politique unioniste. Chaque pôle a sa sphère d’attribution et doit jouir d’une certaine autonomie. Leur action doit être coordonnée été respectueuse des prérogatives de chacun.

Les élus, par leur fonction même, sont souvent portés à la médiation et aux compositions ; le Mouvement, par contre, doit toujours tenir bien haut le flambeau des idéaux unionistes. Le Mouvement peut même se trouver sur des positions critiques à l’égard des élus et les stimuler ainsi pour une action toujours plus unioniste.

Il ne faut pas qu’il y ait une confusion des rôles, les élus sont trop dépendants des humeurs de la politique politicienne et leurs accidents de parcours éventuels ne doivent aucunement préjuger l’action du Mouvement.

Malheureusement pendant des années, le Mouvement s’est trouvé à avoir un rôle subalterne par rapport aux administrateurs, régionaux en premier lieu. L’attention de la population, y compris des unionistes, était plutôt braquée sur le gouvernement régional et sur ses hommes qui étaient, dans le concret, les principaux référents de nos inscrits, de nos sympathisants et même des autres forces politiques. Pendant toutes ces années le Mouvement a suivi, plus que guidé, le Gouvernement Régional. Si nous ne revoyons pas les règles, l’UV est condamnée à jouer encore dans le futur, le même rôle. Et c’est à ce congrès de les revoir, Nous ne pouvons cependant pas imagier de tout résoudre avec des règles, ce serait trop simple.

Notre futur proche est difficile mais je sais par expérience que c’est dans les moments difficiles que l’UV a toujours su sortir des ressources insoupçonnées.
J’attends beaucoup de ce congrès : j’attends un débat approfondi et sérieux d’abord. Nos lignes politiques doivent sortir d’ici, heureusement nous n’avons pas des personnes qui pensent pour nous ni à Rome ni à Paris.

Je souhaite une confrontation serrée mais aussi des conclusions unitaires ou chacun ait conscience d’avoir apporté quelque chose et d’avoir dû renoncer à quelque chose d’autre. Pas d’arguments tabous : tous les sujets qu’un délégué juge opportun nous soumettre sont dignes de notre attention.J’attends beaucoup du travail de l’après congrès quand les organes seront renouvelés et avec les sections engagées pour l’énième campagne électorale : bientôt nous aurons les élections politiques. Le prochain parlement italien sera appelé a jouer un rôle important et délicat à la fois: nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas y être présents. Puis il y aura les élections européennes.
Mais en plus de ce travail nécessaire et important, je souhaite que tous les unionistes contribuent avec leurs moyens à faire croître notre Mouvement, surtout du point de vue de la qualité. Nous n’avons pas besoin de ratatouilles.

J’attends beaucoup du Gouvernement régional actuel où la présence unioniste est imposante. Il n’est pas installé depuis longtemps, mais son travail a été dur, constant, systématique et bien coordonné : Nous commençons à en voir les premiers bénéfices et d’autres suivront.
Tenez compte des graves problèmes, tous urgents, qui occupent le Gouvernement et le Conseil : occupation, communications, aménagement du territoire, santé, agriculture, application des articles 39 et 40, rapports sur les communautés locales.

Et tout cela dans un contexte de restrictions budgétaires, de jungle administrative, de gouvernement central qui n’est pas fiable et dans un climat empoisonné par les scandales, qui se succèdent.
A ce propos je voudrais faire une petite considération sur la magistrature, sans bien entendu entrer dans le mérite de son travail.

A l’égard de la magistrature il est en train de se créer une attitude qui me tracasse : les gens, les simples citoyens pas seulement les partis, à tort ou à raison, ont peur de s’exprimer sur les cas judiciaire. Pour deux raisons essentiellement. La première parce qu’ils craignent toujours de nuire à l’inculpé, la deuxième parce qu’ils ont peur d’en porter des conséquences selon la logique absurde de « même si je n’ai rien fait, ils trouveront quand même quelque chose. La justice qui devrait représenter une présence rassurante, une garantie, risque d’être perçue toujours plus comme une menace.

Et je ne pense pas que cela soit un bien. Ce que je viens de dire n’est pas une critique mais une simple signalisation d’une tendance qui ne peut pas être négligée.Cela dit je souhaite à tous les Congressistes un travail profitable et enrichissant, je les invite à prendre des décisions sereines et réfléchies pour que notre Mouvement puisse continuer à jouer son rôle, toujours plus fort, toujours plus incisif, et toujours plus unis.
Merci.

M. GRIMOD Guy, Secrétaire Général sortant

Il y a environ cinq ans, le 19 mars 1989, j’ai reçu votre confiance. Vous m’avez chargé de représenter officiellement l’Union Valdôtaine. J’ai accepté alors de remplir cette tâche. Inconscience ou légèreté. Je croyais surtout rendre par là un service au Mouvement à la recherche d’équilibres nouveaux suite aussi à une forte croissance électorale. Du IIIème Congrès National au IVème Congrès une révolution s'est produite dans le monde entier. En cinq ans des modifications radicales ont eu lieu. Un tourbillon d'événements, de changements, de faits divers nous ont fortement concernés et conditionnés.
Aujourd'hui j'ai le devoir de vous présenter un rapport le plus détaillé possible quant à mon activité, quant à l'activité que le Mouvement a déployée au cours de ces cinq années, quant aux résultats atteints et à l'état général de santé de l'Union Valdôtaine.
Par où commencer et quoi dire?
C'est la question que je me suis posée face à tout ce que nous avons vécu en ces dernières années.
Je vais développer mon rapport en le partageant en deux parties:

1ère- La partie liée aux événements, aux comportements, à l'analyse des faits divers qui nous ont concernés de près.

2ème- La partie liée au patrimoine idéal de l'Union Valdôtaine, aux principes triomphants du FÉDÉRALISME, le GRAND ESPOIR de demain, aux perspectives politiques futures.
Le développement de la première partie liée aux évènements passés et à leur analyse doit nous offrir des suggestions utiles pour l’avenir.
En 1989 j’ai accepté de remplir la fonction de secrétaire général conscient de mes limites et des difficultés contingentes. Je n’aurais quand même jamais pu imaginer ce qui allait se passer !
J’ai résisté, malgré tout, grâce au soutien de vous tous, en risquant de me faire écraser parce que je me suis rendu compte que mon action de médiation, tout en étant politiquement faible, garantissait l'unité du Mouvement.
L'Union Valdôtaine peut rendre un service à la Vallée d'Aoste, au Peuple valdôtain uniquement si elle sait devenir toujours plus un point d'agrégation de tous ceux qui soutiennent l'exigence de renforcer son autonomie et sa liberté comme éléments essentiels pour assurer le plein épanouissement de nos particularités ethniques et linguistiques et notre droit à exister et à nous AUTODETERMINER.
Un peuple minoritaire doit pouvoir compter sur un Mouvement fort qui tend à devenir majoritaire pour défendre sans hésitation et sans compromis les droits et les intérêts collectifs.
Si je peux synthétiser en quelques mots l'action que j'ai menée en ces cinq ans je dirais que: "TOUT A ÉTÉ ENTREPRIS, TOUT A ÉTÉ FAIT POUR QUE AU DELÀ DES PERSONNALISMES L'UNION VALDOTAINE GARDE SON UNITÉ POUR MIEUX SERVIR LA VALLÉE D'AOSTE".
J'estime que cet objectif est encore aujourd'hui prioritaire et que nous devons isoler tous ceux qui essayent de nous diviser.
Cela dit, il est opportun de parcourir brièvement les étapes fondamentales de notre chemin de 1989 au IVème Congrès national pour tirer des événements vécus des leçons et des suggestions.

1989

A l’issue même du IIIème Congrès National nous nous sommes engagés tous préparer convenablement les élections du Parlement européen du 18 juin 1989.
En cette occasion nous avons formé les avec les ADP le liste « Federalismo » qui regroupait les partis et mouvement suivant : Union Valdôtaina, Partito Sardo d’Azione, Movimento Autonomista Occitano, Slovenska Skupnost, Union Furlane, Union Fur Sudtirol, Union del Popolo Veneto, Movimento Meridionale.
Cette coalition avec ses 206.000 suffrages a élu un parlementaire européen en enlevant ainsi une place aux partis stato-nationaux. Le résultat électoral a été dans son ensemble positif. La liste "Federalismo" a atteint en VDA le 36,4% des voix en confirmant et en soulignant par là la centralité des forces autonomistes. Il est important de remarquer à cet effet que les élections européennes représentent avant tout un vote d'opinion non conditionné par des facteurs étrangers.
Un résultat important a été atteint aussi par les deux candidats valdôtains: Lucien CAVER! (17.190 voix) et Luigi CORTESE (9.922).
Si le résultat électoral a été positif et si la liste "FEDERALISIMO" a pu devenir un moment de confrontation important entre les communautés ethniques de l'Etat italien, entre les forces politiques authentiquement fédéralistes nous devons regretter encore une fois le manque de respect des accords souscrits de la part du Partito Sardo d'Azione.
Le comportement de Mario Melis en particulier ainsi que des dirigeants actuels ce parti, qui n'ont point assuré le roulement de Lucien Caveri et de Alfons Benedikter au Parlement européen, ce comportement a conduit les autres partenaires du regroupement à casser les rapports avec le P.D.d'Az. qui d'ailleurs n'a pas été invité à notre Congrès.
C’est une page triste dans l’histoire des rapports avec ce parti, mais nous ne pouvons plus tolérer son attitude.
Je veux en ce moment remercier sincèrement les autres représentant de la coalition qui ont toujours exprimé leur pleine adhésion aux accords souscrits en 1989.
Nous serons bientôt encore une fois obligés de nous confronter avec la question des élections du parlement européen. Je souhaite que le parlement Italien ait la possibilité de modifier entre temps la loi électorale pour garantir à toutes les régions et notamment à la Vallée d’Aoste le droit de siéger au Parlement Européen. Le cas échéant une réflexion s'impose pour envisager des choix différents que dans passé (apparentement? une forte protestation en désertant les urnes?).
Une concertation serrée entre toutes les forces politiques de la Vallée d'Aoste se rend nécessaire afin de sortir de cette impasse. L'Union Valdôtaine doit se charger de promouvoir au plus tôt des rencontres et des confrontations sur ce thème pour parvenir à la définition d'une ligne politique claire à ce sujet.
L'été 1989, après les élections européennes, nous a réservé des événements historiques exceptionnels. L'écroulement du Mur de la honte de Berlin a représenté la fin d'une époque, la fin du communisme, la fin des dictatures dans les pays de l'Est et le début de profonds changements politiques dans l'Europe entière. Les partis occidentaux, comme la D.C., qui ont fondé leur succès électoral sur la peur des gens et sur l'opposition au régime communiste, commencent à perdre du terrain et leur même raison d'être.
Le P.C.L doit dès lors penser à se transformer, à se "démocratiser" pour ne pas succomber. Des ondes à vibrations transversales touchent petit à petit tous les partis traditionnels. En Italie le C.A.F. (Craxi- Andreotti-Forlani) s'occupe en premier lieu de conserver et d'accroître le pouvoir d'une classe politique dégénérée corrompue et "mafiosa' sur les bords. Le centralisme étatique poussé à l'extrême provoque des réactions surtout dans le Nord. La LEGA LOMBARDA de BOSSI devient alors un tous ceux qui ne supportent plus l’arrogance, l’incapacité, la bêtise des gouvernements romains. Quant tout le monde méprise ou ignore la Lega l’Union Valdôtaine suit attentivement ce phénomène. Les rapports avec Umberto Bossi ont été cordiaux et corrects. Nous estimons, à raison, que la Lega avec sa force croissante pouvait contribuer efficacement à modifier la régime italien.
Le concept d’état-nation unitaire critiqué et mis en cause par un nombre toujours plus remarquable de citoyens constituait une prémisse intéressante pour la réalisation d’un état fédéral.
L’Union Valdôtaine reprend en plein son travail dans l’administration, dans l’étude, dans la confrontation avec les thèmes et les problèmes.

1990
En vue des élections communales de 1990 nous allons organiser des réunions dans toutes les sections afin de nous préparer convenablement à ce rendez-vous. A cet effet nous organisons au Cinéma Giacosa, le 29.04.1990, une Conférence Nationale dédiée aux collectivités locales.
Les sections, présentes dans toutes les communes de la Vallée d'Aoste, constituent les pierres angulaires de l'organisation du Mouvement. Le Mouvement leur attribue une grande autonomie à l'occasion de la formation des listes et des programmes pour les élections administratives de 1990.
Là où les unionistes se présentent unis les résultats ne manquent pas. Là où les questions personnelles internes ont le dessus nous perdons les élections et les communes.
Avec la conquête de 9 conseillers à Aoste de plus qu'en 1985 - 20,6%) l'Union Valdôtaine pour la première fois devient la force de majorité relative aussi dans cette commune. A part quelques rares exceptions, l'Union Valdôtaine rétablit et renforce sa présence. Nous sommes présents dans toutes les communes et 45 syndics sur les sont inscrits à l'U.V, ou indépendants soutenus par des listes unionistes. Il est opportun aussi de rappeler que 5 Présidents des Communautés de Montagne adhérent à l’Union Valdôtaine. Le trend de croissance de l’UV se poursuit. L’augmentation des voix de notre présence dans les communes fait grandir notre responsabilité et nos devoirs vis-à-vis du peuple valdôtain, qui se reconnaît de plus en plus notre Mouvement par une adhésion enthousiaste et spontanée.
A propos du résultat d’Aoste et à la suite de tout ce qui s’est passé, je crois opportun de souligner un aspect important. Il n’y avait pas en cette occasion des candidats de poids qui auraient pu conditionner le vote en utilisant éventuellement des moyens non appropriés.
Le résultat électoral de 1990, le devoir pour l’UV de revendiquer après le succès électoral le syndic d’Aoste sans tenir compte des équilibres des partis constituent les prétextes de fond du RIBALTONE du mois de juin 1990. Du jour au lendemain, sans possibilité d'appel, les secrétaires du PCI - Tonino, des ADP-Martin, du PR1- Rusci, de la DC - Bondaz, du PSI - Milanesio signent un pacte équivoque et ambigu visant à isoler l'Union Valdôtaine et à réduire son poids électoral.
L'ambition des uns, la soif de pouvoir des autres constituent la colle qui fut à la base de la majorité BONDAZ-MILANESIO.
Cette majorité hétérogène, fruit d'un compromis entre partis inventé par M. Milanesio, a causé à la communauté valdôtaine des dégâts incalculables.
L'Union Valdôtaine a réagi immédiatement et convenablement à la tentative mise en acte par Milanesio, Bondaz et C. de vouloir l'isoler et de vouloir la diviser.
Sans vous refaire l'histoire de l'expérience politique de l'axe Bondaz-Milanesio et répéter les critiques adressées contre les méthodes de gestion des affaires publiques adoptées par cette majorité je désire tirer de cette expérience quelques réflexions.
Tout en nous trouvant dans une situation d'extrême malaise, nous avons su garder la tête froide. Nous avons tout d'abord, et de manière responsable, évité de chercher et de trouver des boucs émissaires. S'il est vrai que nous n'avons pas voulu prêter suffisamment d’attention au document alors élaboré par le Président Bétemps, ce document axé sur une analyse très lucide des malaises et des méfaits de la collusion politique/affaires nous a incités à garder les yeux bien ouverts.
En ce moment de difficultés l’objectif primaire que nous nous sommes posé a été uniquement l’unité du Mouvement.
Maintenant ce serait trop simple et banal d’affirmer. « moi de l’avais dit ». Alors nous n’avons pas voulu bâtir sur de ouï-dire ni des procès ni des accusations. Je referai le même chemin, car grâce à l’action commune des sections, des dirigeants du Mouvement, du groupe des conseillers régionaux nous avons réussi à sortir l’Union Valdôtaine du pétrin et à gagner la confiance des gens.
Deux faits méritent d'être soulignés et rappelés, liés à cette période: la présentation de la candidature pour les Jeux Olympiques de 1998 et la position politique du conseiller Ilario LANIVI et du Sénateur DUJANY.
Quant à la première question des J.O. je désire souligner surtout le grand débat ouvert aussi à l'intérieur du Mouvement sur un sujet qui jusqu'alors était passé sur nos têtes. Ce débat nous a permis de tenir des contacts serrés et fréquents avec notre base. En même temps je veux aussi remercier toutes les personnes, parmi lesquelles des inscrits et des sympathisants de l'Union, ont formé le Comité contre la présentation de la candidature. Ils ont vu loin et ils ont permis à tous les Valdôtains de prendre conscience de l'enjeu de cette affaire. Le résultat du référendum promu par ce Comité a primé l'engagement de toutes ces personnes et évité à la Vallée d'Aoste de courir de gros risques.
L'autre question concerne la position politique de Ilario Lanivi et du sénateur Dujany. En repoussant la politique des combines et des petites ambitions personnelles, LANIVI et DUJANY ont pris tout de suite les distances des manœuvres de Milanesio, partagées aussi par les dirigeants des ADP. Nous avons apprécié leur attitude claire et cohérente et nous leur savons gré de n'avoir pas contribué à l'isolement politique de l'U.V. Les documents politiques élaborés par Lanivi et Dujany ont constitué les prémisses pour les élections politiques de 1992.

1991
D’autres personnes face aux comportements de Bondaz et C, ont pris des décisions politiques importantes visant à se différencier d’une action administrative toujours plus embrouillée. Le conseiller BICH, en quittant au mois de mars 1991 le PSI, posait les conditions pour un changement de majorité. La tentative de former alors une nouvelle majorité fondée sur les forces autonomistes, fédéralistes et progressistes échouait car un pacte secret invraisemblable et honteux unissait les responsables du gouvernement de la Vallée d’Aoste. Ce fut une forte déception face au comportement des dirigeants PCI/PDS, ce fut une d'assister aux transformismes soudains des Aloisi et des Gremmo devenus, malgré eux, les pivots de la politique valdôtaine.
L'Union Valdôtaine continuait son activité et son action politique et administrative.
Au mois de septembre 1991, grâce à une interview à "La Stampa" j'ai eu l'opportunité de diffuser assez amplement les idées et les principes du Mouvement au sujet de l'Autonomie, du Fédéralisme, du droit à l'Autodétermination. Ce fut un scandale, un scandale surtout pour l'axe BONDAZ-MILANESIO. Le secrétaire de la DC, M. Borbey, en tant que président de la FINAOSTA n'hésitait pas à bouler mes affirmations qui risquaient, disait-il, de ridiculiser la Vallée d'Aoste et de pénaliser son économie. M. Borbey, comme tous les autres représentants politiques, était trop occupé par les questions financières pour ne pas se rendre compte que mes affirmations faisaient depuis toujours du patrimoine culturel et politique de l'Union Valdôtaine.
Ils ne se rendaient pas compte que la protestation contre l'Etat unitaire centraliste et contre la politique du CAF montait rapidement.
Les mots autodétermination et indépendance n'étaient plus des tabous si le 39% des valdôtains interpellés adhéraient à ces hypothèses. Une grande révolution culturelle était en train de se produire.
A partir de « cette provocation » nous avons élaboré, discuté et présenté une proposition de Constitution pour la création d’un Etat fédéral qui est encore aujourd’hui le seul projet de loi organique présenté au Parlement italien une transformation radicale de l’Etat comme première étape vers l’Europe des peuples et des régions. C’est une proposition claire fondée sur les principes du fédéralisme.
En automne 1991, à la veille des élections politiques, nous étions occupés à présenter notre projet à tous les valdôtains.
La tentative maladroite des partis italiens de nous isoler, en ridiculisant nos propositions, n'avait aucun succès car la population réagissait positivement.
Les partis de la majorité régionale poursuivaient leur dessein en annonçant dès le mois de décembre 1991 la formation du CARTELLO BIS et le nom des candidats DOLCHI et FOSSON.

1992
Face au Cartello bis soutenu directement par le gouvernement BONDAZ, l'Union Valdôtaine avec les Autonomistes Indépendants de LANIVI; le Mouvement Vallée d'Aoste de Maquignaz, Autonomia Sodalista de Bich formaient la liste POUR LA VALLEE D'AOSTE en présentant comme candidats les parlementaires sortants Lucien CAVERI et César DUJANY, qui avait renoncé aux propositions de BONDAZ au nom de la cohérence politique. Tous les partis italiens centralistes et étatistes se coalisaient contre un regroupement de forces autonomistes et fédéralistes.
Nous avons engagé une grande bataille et remporté une victoire écrasante malgré tout. Le changement souhaité par les partis italiens était battu.
Cette victoire, ce choix populaire libre et clair détermina aussi la crise de la majorité régionale.
Le PDS notamment, force politique populaire, ne pouvait pas ignorer le résultat électoral et il devait prendre conscience de la faillite de l’aze politique BONDAZ-MILANESIO.
L’Union Valdôtaine et les forces politiques de la Liste Vallée d’Aoste, en interprétant la volonté populaire, se rendirent disponibles pour former sur un programme précis une nouvelle majorité régionale axée sur les forces autonomistes, fédéralistes, progressistes.
L’Union Valdôtaine fit alors un revirement politique déterminant, dans la conviction de rendre à la Vallée d’Aoste un service meilleur.
Le gouvernement Lanivi dut travailler dans des conditions presque impossibles redresser une situation administrative et financière complexe dans le bref délai qui le séparait des élections régionales de 1993. Les forces politiques qui formaient la majorité (U.V. - PDS - ADP - PRI - BICH - LANIVI) durent aussi dépasser les méfiances réciproques engendrées par les méthodes ambiguës adoptées par M. Milanesio et par une campagne électorale de forte opposition. Au cours de ces mois, grâce à un travail collégial bien coordonné par M. Ilario LANIVI, on posait les bases pour renforcer la collaboration entre les forces politiques progressistes, autonomistes et fédéralistes. On n'arrivait cependant pas à approuver une loi électorale porteuse de changements et d'innovations du système.

1993
L'Union Valdôtaine se présentait au rendez-vous des élections régionales de 1993 animée par un fort optimisme, sûre encore une fois de pouvoir compter sur la des Valdôtains. Dès le début de l'année les sections se réunissaient pour désigner les candidats suivant les indications délibérées par le Comité Central.
En même temps la Conférence nationale de Pont-Saint-Martin "LE PEUPLE VALDOTAIN ET SON DEVENIR" du 27 février fixait les points essentiels du programme unioniste fondé sur:
-la définition de l’identité, linguistique et culturelle du Peuple Valdôtain ;
-l’adoption d’une réforme radicale des institutions régionales et communales ;
-le développement endogène visant à la redynamisation du système économique valdôtain.
Le résultat électoral était excellent. Même si l’Union Valdôtaine tout en augmentant de 3% (1988 / 34% - 1993 / 37,3%) était pénalisée par le système électoral qui ne nous n’attribuait que 13 conseiller régionaux.
Dans un mois à peine, suivant la liturgie particratique dépassée et déplacée des pourparlers, nous arrivâmes à assurer à la Vallée d’Aoste un gouvernement de qualité, bien structuré et efficace, formé par: U.V., P.D.S., POUR LA V ALLEE D'AOSTE, FEDERATION AUTONOMISTE (ADP, PRI, APA) VERTS et VERSO L'ALLEANZA DI PROGRESSO. Un long débat à l'intérieur des sections et au Comité Central a précédé la formation de cette majorité qui est en train d'œuvrer efficacement. Des frictions personnelles ont peut-être provoqué quelques malentendus et pénalisé quelques groupes, mais nous sommes arrivés à anticiper l'orientation générale de l'opinion publique en constituant une alliance politique fortement progressiste, autonomiste et fédéraliste.
Cette alliance mérite d'être renforcée en cherchant à son intérieur les arrangements nécessaires, suite aussi aux derniers événements et à l'évolution de certains groupes, Dans ce cadre nous avons apprécié les efforts entrepris notamment par les ADP, l'APA de Bich et le PRI, de simplifier le cadre politique en constituant une fédération fortement inspirée au régionalisme et à l'autonomie.
Je crois que nous avons le devoir, dans l'intérêt de la Vallée d'Aoste de créer les conditions optimales pour que le bateau du gouvernement VIERIN puisse progresser rapidement et solidement vers ses buts en traversant la mer des difficultés et des crises. Pour le moment je veux souligner l'importance de trois objectifs importants atteints par le gouvernement régional: l'affaire Cogne, le renouvellement de la convention pour la gestion du Casino, la répartition financière.
Je crois opportun de dire deux mots aussi la situation à la Commune d’Aoste. Tout en considérant cette majorité la seule possible et la plus appropriée aux exigences de la Commune, il faut souligner les difficultés opérationnelles dues à la machine bureaucratique et à des vieilles négligences. Nous devons à ce point serrer les coudes et créer, dans la période qui nous reste avant la fin de la législature, les conditions pour mieux œuvrer. Dans les mois à venir nous allons quand même faire des choix importants et qualifiants en approuvant le nouveau plan d’aménagement. L’approbation de ce document serait déjà une condition suffisante pour renforcer la majorité et la rendre plus compacte.
En ma qualité de Secrétaire sortant j'avais devoir de faire ce compte rendu au IVème Congrès National. J'espère d'avoir remis dans vos mains une Union Valdôtaine solide et prête à passer le cap et à se diriger vers des horizons nouveaux. Les 3.700 inscrits, les nombreux administrateurs, l'enracinement dans la communauté valdôtaine rendent le Mouvement un instrument de qualité au service de la Vallée d'Aoste. C'est à nous de l'améliorer.
C'est à nous, c'est à ce Congrès qu'appartient le devoir de tracer la route à suivre et la physionomie future de l'Union Valdôtaine.
Je désire simplement à ce point exprimer quelques réflexions au sujet des perspectives politiques futures tout en tirant des leçons de l'expérience acquise.
Je considère tout d'abord que les derniers événements judiciaires qui ont frappé d'éminentes personnalités de l'Union Valdôtaine ne doivent pas conditionner les travaux de ce Congrès qui se situe dans un moment historique intéressant et déterminant pour l'avenir de Vallée d'Aoste.
La question Rollandin est une question grave qui nous à choqué. Mais cette question devra tout d'abord être jugée par les tribunaux. Il nous appartient cependant de distinguer les éventuelles responsabilités d'une personne des responsabilités générales du Mouvement et de ses dirigeants.
Nous n’avons peut-être pas su veiller suffisamment ni prévenir certains comportements, mais au-delà des ouï-dire qui aurait pu imaginer la gravité des délits attribués à Auguste Rollandin ? Nous ne devons cependant pas condamner une personne d’une façon aprioriste. Nous avons demandé à Rollandin de démissionner du Conseil régional, non pas parce qu’à l’état des choses nous le retenons coupable, mais parce que l’image du Mouvement et sa crédibilité ne peuvent point être compromises par des soupçons infamants. Nous luis demandons de faire un choix politique clair et net et de pouvoir ensuite démontrer son innocence, libre de tout conditionnement.
Les travaux du Congrès ne doivent pas être dérangés par cette ombre, mais adopter éventuellement des anticorps. Adopter les anticorps pour combattre la politique de la collusion avec les affaires, pour empêcher la formation des clientèles, pour réduire la permanence des mêmes personnes aux postes de pouvoir en évitant ainsi l'encroûtement dans certaines mauvaises habitudes. Au sujet de la question morale il est important de souligner l'attitude que chacun de nous doit tenir face à la gestion du pouvoir. Cessons tous de considérer les conseillers régionaux, les assesseurs; les hommes politiques des bureaux de travail, des employés, des personnes qui peuvent résoudre tous les problèmes. Ne soumettons pas à la tentation nos élus pour contribuer à "moraliser" la politique.
La crédibilité de l'Union Valdôtaine, la confiance que les Valdôtains attribuent au Mouvement doivent être sauvegardés à TOUT PRIX pour ne pas affaiblir sa présence et pour ne pas affaiblir son projet politique et son patrimoine idéal dans un moment de grands changements où les destinées de notre peuple sont mises en question.
Le Fédéralisme intégral auquel l'Union Valdôtains se rattache représente le seul grand espoir de demain.
Aujourd'hui nous pouvons affirmer haut et clair: NOUS AVIONS RAISON. Oui nous avions raison d'attaquer frontalement l'Etat unitaire, fruit du fascisme et de l'étatisme centraliste qui ont divisé l’Italie en différentes parties, qui ont provoqué une grave fracture financière et sociale entre l’Italie en différentes parties, qui ont provoqué une grave fracture financière et sociale entre l’Italie du Nord et l’Italie du Sud. Oui nous avions raison ! Oui il avait raison l’Abbé Trèves lorsque dans une lettre prophétique de 1931 il affirmait :
« Et à travers le feu et le sang, l’Italie se régira en République. Daigne le Seigneur aider et bénir les bons afin que, reprenant l’idée juste de leurs pères vénérés, il parviennent à donner à toute cette mosaïque de peuples divers et de races différentes ce régime – type suisse – de République fédérative, soit des Etats Unis confédérés d’Italie, qui est l’unique qui soit juste et résolve de multiples problèmes insolubles par ailleurs qui, depuis cette unité brutale, divisent, épuisent, ruinent notre chère patrie. A ce fantôme vain de monarchie, funérailles de première classe! La maison de Savoie a toujours sacrifié la Vallée d'Aoste à ses intérêts et à son ambition et nous a continuellement dépouillés ou assisté bêtement inerte à notre dépouillement à nu! Donc, vive la Fédération italienne avec notre Etat valdôtain fédéré, avec sa langue, ses droits, ses traditions, ses coutumes et ses mœurs, sa force et son honneur: Patria Augustae! »
L'Italie dessiné dernièrement par Bossi et ses amis me parait tout aussi artificielle que l'unité d'Italie de 1861. Ce n'est pas BOSSI ou qui que ce soit qui doit établir des limites entre le NORD, le CENTRE et le SUD, c'est la libre disposition des peuples et des communautés qui constitue le fondement de toute constitution fédérale. C'est la libre disposition des Régions historiques qui en s'autodéterminant se fédèrent.
Dans ce contexte de grande transformation la Vallée d'Aoste, pays francophone, doit savoir regarder au delà des Alpes vers le pays de Savoie, vers la grande SAVOIE, notre nation au cœur de l'Europe unie des Peuples.
Ce grand pays divisé aujourd'hui par des frontières étatiques iniques pourrait contribuer à l'affirmation de l'idéal de l'Europe unie des Peuples contre l'Europe désunie des Etats nations.Le Fédéralisme intégral doit être à la base d’une nouvelle démocratie, une démocratie plus participée, plus libre, plus mure, plus solidaire. Le Fédéralisme qui exalte l’autonomie exige une société où il y ait plus de solidarité et plus de coopération. Le Fédéralisme, en répartissant les compétences suivant le principe de subsidiarité, morcèle le pouvoir, l’empêche de se concentrer, permet aux citoyens de se servir d’un pouvoir pour contrecarrer les entreprises abusives d’un pouvoir centraliste : la LIBERTE se trouve mieux garantie.
Nous devons appliquer les principes du fédéralisme à tous les secteur administratifs et économiques. Nous devons tenir compte de ces principes au moment où nous allons réformer le système des collectivités locales, où nous allons repenser notre économie. Les hommes libres et responsables recherchent plus de formation, plus d'autonomie, plus de capacité de gérer directement leurs affaires, Assez de réclamer de l'argent à Rome.
Prétendons, dans un Etat fédéral, de pouvoir gérer directement nos ressources humaines et naturelles. Réclamons à haute voix le droit de nous réapproprier de nos eaux, l'huile blanche de la Vallée d'Aoste. A ce sujet la commission qui s'est penchée sur les thèmes du Congrès a élaboré une ébauche de résolution qui vous sera illustrée. Nous devons demander plus d'autonomie politique et en même temps plus d'autonomie financière basée aussi sur un régime fiscal régional, de façon à rendre l'action politique et administrative toujours plus contrôlée et maîtrisée par les citoyens.
Les enjeux sont grands et nombreux et il exigent toujours plus de d'unité et de d'agrégation.Le défi politique des prochaines années se jouera entre les fédéralistes d'un côté et les centralistes et étatistes de l'autre.
L'Union Valdôtaine propose à toutes les personnes et à tous les groupes qui soutiennent les principes du Fédéralisme et de l’Autonomie et de se regrouper, de s’unir, d’élaborer un programme commun pour la Vallée d’Aoste libre et autonome, la Vallée d’Aoste des Trèves, des Bréan, des Chanoux.
L’éclatement de la D.C., la disparition du PSI et d’autres partis politiques, les exigences de la population doivent nous pousser à l’élaboration d’une loi électorale plus appropriée de type majoritaire qui permette aux électeurs de choisir directement le gouvernement régional, organe collégial présidé de rôle par un de ses membres.
En ce moment il est plus sage et plus opportun d’unir les forces et les énergies autour de projets politiques et de programmes bien définis plutôt que d’alimenter la confusion en créant des groupes qui se réclament des mêmes principes.
Dans ce contexte nous avons le plaisir d'avoir parmi des délégués au Congrès en tant que membres non-adhérents M.M. Léonard TAMONE et Pierino DANNA. Ces deux personnes et leurs amis par leur expérience, leurs idéaux, leur engagement peuvent donner avec d'autres personnes encore une grande contribution à la cause commune. M. le conseiller Emilio RINI aussi, qui en laissant la D.C. a déclaré de ne pas vouloir fonder d'autres mouvements pour ne pas fragmenter le cadr
e politique et disperser des énergies qui peuvent contribuer à renforcer ce projet commun. Les partis et les mouvements progressistes sont eux aussi à la recherche de points d'agrégation. Rifondazione, le P.D.S. et les Verts ont annoncé la constitution d'un pôle progressiste que je souhaite puisse garder une position dialectique plutôt alternative au pôle fédéraliste et autonomiste,. compte tenu du fait que le PDS notamment soutient ouvertement l'exigence d'une réforme fédéraliste. Le Mouvement des Verts, difficile à saisir et à comprendre entièrement, en laissant de côté les extrémismes et les attitudes de premier de la classe, offre des suggestions et des propositions intéressantes pour le développement endogène de la Vallée d'Aoste.
Le fait de travailler ensemble nous permet de mieux nous connaître et d'éliminer les méfiances.
La Fédération des Autonomistes, (ADP, APA, PRI et autres) comme je l'ai déjà affirmé a contribué à simplifier le cadre politique valdôtain. Nous suivrons attentivement ce groupe et l’élaboration de leurs thèses car j’estime qu’il serait opportun, en vue aussi des prochaines élections politique, d’ouvrir une confrontation ample et serrée avec ce regroupement qui va mieux se définir dans les semaines à venir.
La D.C. n’existe plus et nous devons voir ce qui va se passer dans le futur, compte tenu des affinités de notre base électorale.
La Lega Nord que nous avons déjà contacté à l’occasion de la formation de la majorité régionale, doit s'exprimer nettement et manifester en Vallée d'Aoste aussi son programme sans dépendre trop étroitement de Milan.
C'est un cadre politique complexe, c'est un cadre politique mouvementé qui demandera aux prochains dirigeants du Mouvement un effort supplémentaire de confrontation et de dialogue pour pouvoir déterminer une ligne politique cohérente et forte à même de rassembler toutes les personnes qui luttent pour la Vallée d'Aoste, pour son identité culturelle et linguistique, pour son Autonomie, pour son droit à l'autodétermination, pour son développement endogène.

CONCLUSIONS

Dans mon rapport j’ai exposé le compte rendu de l’expérience passée et je me suis permis d’indiquer aux délégués des suggestions sur l’avenir. Nous n’avons point préparé pour ce congrès un document complexe touchant tous les aspects culturels, institutionnels, économiques et sociaux de Vallée d'Aoste. J'estime que l'élaboration et l'analyse de tous ces sujets a été déjà suffisamment approfondie dans le passé, dans les différents programmes qui sont souvent restés dans les tiroirs. Nous aurons l'occasion dans le futur de mieux approfondir certains thèmes.
Le IVème Congrès National doit pouvoir relancer l'organisation du Mouvement, donner des orientations précises quant aux sujets d'actualités (loi électorale, réformes des communes, autonomie financière, définition du cadre politique), soutenir l'action administrative du gouvernement VIERIN et de la majorité régionale, approuver les nouvelles lignes politiques et les nouveaux Statuts.
Pour ce qui me concerne je veux profiter de cette occasion pour réaffirmer l'importance de l'unité du Mouvement, unité que nous devons sauvegarder pour l'intérêt général de la Vallée d'Aoste.
En quittant la lourde responsabilité de Secrétaire général de l'Union Valdôtaine je veux vous remercier de tout cœur et me mettre aux services des idéaux du Mouvement en remplissant d'autres fonctions.

M. VIERIN Dino, Président du Gouvernement Régional

Chers amis unionistes,
Votre présence, importante et massive, nous a réconfortés, nous donne du courage dans ces moments difficiles et constitue la réponse la plus évidente à tous ceux qui croyaient peut-être assister à nos funérailles plutôt qu'à notre IVe Congrès national.
Nous vous en remercions, comme nous remercions toutes nos sections, nos Présidents, nos adhérents. C'est eux, c'est vous en effet, avec votre enthousiasme de militants et l'attachement à la cause valdôtaine, qui représentez la force réelle de notre mouvement, la véritable raison de ses succès politiques. Inutile de vouloir chercher plus loin!
Vous nous réconfortez dans cette période complexe, voire douloureuse en raison des derniers événements judiciaires, dans cette période de transition vers quelque chose qui n'est pas encore tout à fait défini, de transformation et de changement. Période par ailleurs caractérisée par une remise en question des valeurs traditionnelles et une perte d'identité des personnes et des communautés.
Ces éléments influent négativement sur nos comportements et notre société. Si nous y ajoutons les scandales, les divisions, le transformisme, la désagrégation des partis et la crise économique qui n'épargne pas le Val d'Aoste, nous prenons conscience du risque de tomber dans le "je m'en foutisme" ou de se réfugier dans une protestation stérile.
Mais, si nous sommes en partie coresponsables de cette situation, il est néanmoins de notre devoir de réagir, de relever le défi. La communauté valdôtaine a besoin de certitudes, d'unité et d'une solidarité nouvelle. L'U.V. doit répondre à ces attentes. Elle doit être un point de repère précis pour tous les valdôtains dans cette phase de transition vers un monde nouveau.
Et ce, avec un projet politique clair et défini, une organisation moderne, favorisant la participation et les débats, une présence au sein de majorités politiques dont les programmes, les gouvernements et l'activité répondent effectivement aux besoins de notre Pays d'Aoste.
C'est le résultat que nous attendons de ce Congrès.
Un projet politique qui veut réunir tous les valdôtains autour d'un regroupement fédéraliste et autonomiste et qui veut dépasser les limites actuelles de notre système autonomiste.
En effet, grâce à leur autonomie, le Val d'Aoste et son peuple ont su grandir et s'épanouir. Aujourd'hui nous devons relancer cette autonomie par une nouvelle loi électorale, la réforme de nos institutions, un essor économique fondé sur nos propres ressources (énergie, territoire, fiscalité et finances), essor que nous devrons gérer nous-mêmes, tout en considérant le rôle que le Val d'Aoste pourra et devra avoir dans l'Union européenne.
De plus dans cette crise d'un système politique qui a fait son temps et d'un modèle d'Etat unitaire qui, malgré son articulation régionale, ne répond plus à nos expectatives, dans cette évolution confuse du cadre constitutionnel italien, nous devons aussi à tout prix sauvegarder nos spécificités, nos possibilités d'action, nos capacités d'intervention en réclamant la transformation de l'Etat italien en un Etat fédéral ou, le cas échéant, réclamer notre souveraineté politique, notre droit séculaire à l'autogouvernement, le droit à décider nous mêmes de notre devenir politique.
Sur ce projet nous voulons donc réunir tous les valdôtains et nous nous proposons comme les chefs de file de ce regroupement fédéraliste et autonomiste. A cet égard, les prochaines élections pour le renouvellement du Parlement italien représentent le premier rendez-vous politique qui permettra de donner corps à ce projet et de vérifier la disponibilité réelle de le partager.
Mais si nous voulons unir les autres, d'abord donnons l'exemple! Sauvegardons notre unité au seuil du mouvement, même si dans la diversité, la tolérance, le respect du pluralisme.
Un mouvement qui se réorganise, se donne des règles nouvelles de fonctionnement, et un code de comportement, aborde sans crainte la question morale, limite le nombre des mandats de ses élus et qui repart donc avec un élan nouveau. Il le fait volontairement, après une analyse de la situation, un débat interne, sans besoin que d'autres viennent lui imposer sa conduite, lui faire la morale ou lui donner des leçons.
Un mouvement qui veut reprendre toutes ses fonctions politiques et dont nous les élus, les administrateurs, nous avons besoin pour séparer l'aspect politique de l’aspect administratif.
Nous nous sentons souvent seuls! Nous sommes souvent seuls.
Un mouvement qui en renouant le rapport avec les sections, les élus et les collectivités locales doit en tout cas s'ouvrir davantage sur l'extérieur, sur la société, sur les jeunes, sur leurs problèmes et leur formation, doit solliciter davantage la participation des femmes à la vie politique, améliorer ses moyens et ses capacités de communication et d'information dans le domaine de la presse écrite et audiovisuelle.
Un mouvement renouvelé qui veut garder la confiance des valdôtains en favorisant la confrontation, les débats, la participation, la solidarité pour reconstruire tous ensemble ce que nous avons appelé le "système Vallée d'Aoste". Et ce, sans évidemment oublier les raisons d'être de cette spécificité valdôtaine, les aspects culturels et linguistiques, nos raisons d'être, mais au contraire les valoriser davantage, les promouvoir avec cohérence dans tous les domaines de notre société.
C’est ce que nous avons proposé au moment de la constitution de la majorité actuelle à la Région ainsi que de son gouvernement, en axant son action sur l'amélioration de la qualité de la vie, la défense de l'emploi, la réforme de l'Administration régionale, des pouvoirs locaux et des collectivités locales.
Une majorité dont la composition encore aujourd'hui nous paraît répondre à un projet politiquement fort, en reconfirmant ainsi la validité du choix progressiste que nous avons effectué. Toutefois nous devons souligner que les règles d'appartenance à une majorité doivent être respectées par tous avec loyauté et qu'on ne peut donc prétendre avoir le beurre ..... et l'argent du beurre ou bien collaborer avec quelqu'un tout en voulant en même temps représenter son alternative.
Ce gouvernement, d'une façon collégiale dans ces quelques mois d'exercice de ses fonctions, a amorcé un travail d'analyse et de vérification des actions à entreprendre, en s'engageant à fond, en travaillant pour la solution des nombreux problèmes, pour regagner ainsi la confiance des valdôtains à l'égard de leurs institutions, ce qui lui a permis d'obtenir des premiers résultats significatifs.
Les problèmes en tout cas ne font pas défaut. Il y a les urgences et les priorités des urgences. Nous n'avons eu qu'à choisir.
Et à ce propos, certains ne devraient pas mystifier notre histoire politique, en nous adossant, avec un esprit manichéen, tous les maux, même la responsabilité de la période Bondaz, même des éléments et des faits extérieurs à notre Vallée, gommant ainsi les aspects positifs qui néanmoins existent. Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités, mais nous n'avons pas eu la possibilité d'accepter les héritages sous réserve d'inventaire.
En tout cas nous avons eu le loisir de choisir - à part les problèmes quotidiens - entre loi de finances, Cogne, Casino, inondation, budget, malaise des collectivités locales, fonctionnement insatisfaisant de l'administration régionale, convention avec l'Ordre Mauricien, application des articles 39 et 40, Parc National du Grand Paradis et ..... j'en passe.
Mais nous les avons affrontés avec détermination, sens des responsabilités, disponibilité, tout en essayant d'accélérer le changement et en mettant à exécution un programme qui est de législature.
Nous demandons simplement que l’on tienne compte de la gradualité nécessaire pour y parvenir, qu'il y ait un partage de cette prise de responsabilité, nécessaire à tous les niveaux, et qu'on ne se contente pas de réclamer le changement mais qu'on en accepte ensuite les conséquences.
Ce sont en tout cas les éléments qui ressortent de deux exemples que je veux citer: la présentation du budget 1994 et la réforme des pouvoirs locaux.
Un budget rigoureux pour faire face aux difficultés actuelles et pour relancer l'économie et l'emploi, dont les ressources sont en priorité destinées aux actions sociales (santé, sécurité et services sociaux) et à l'aide au développement des activités productives.
La reprise des activités économiques et de l'emploi, une plus grande ouverture de l'économie valdôtaine, la croissance des entreprises et de leurs marchés de référence, la spécialisation et la qualification de l'offre locale constituent en effet ses objectifs prioritaires qui visent à renforcer et à relancer l'économie valdôtaine. Dans le système économique valdôtain l'administration régionale devra remplacer les actions directes ou entièrement à la charge de la Région par d'autres mesures susceptibles d'aiguillonner le système économique, l'épargne privée et promouvoir ainsi des actions d'encouragement, de planification et de gestion des processus de transformation.
Quant aux collectivités locales, leur malaise est réel, nous le comprenons et nous attachons une grande importance à la redéfinition des rapports entre communes, communautés de montagne et Région. Le rapport avec les collectivités locales est en effet un rapport auquel je tiens beaucoup.

D'une part pour mon expérience passée en tant qu'administrateur d'une petite commune et d'autre part parce que nous estimons que le développement de l'autonomie valdôtaine va de pair avec la création d'un système d'autonomies locales.
Je tiens à rappeler que le concept sur lequel se base le programme législatif de l'actuelle majorité est "Une plus grande autonomie = davantage d'autonomies". Il ne s'agit pas - et il faut que cela soit bien clair - d'un slogan plus ou moins efficace mais d’un concept en lequel nous croyons. Le programme de la nouvelle majorité a été préparé compte tenu du document signé par les syndics valdôtains au mois de juin dernier. Nous sommes donc conscients, ainsi qu'il est écrit dans notre programme, du fait que le système des pouvoirs locaux doit être réorganisé suivant les principes du fédéralisme, en dotant les communes et les communautés de montagne de pouvoirs et de ressources adéquats et la Région des fonctions d’orientation, de programmation et de coordination.
Pour cette raison, le Gouvernement valdôtain a rencontré, quelques jours après sa nomination, les représentants de l'association des syndics de la Vallée d' Aoste. Au cours de cette réunion, nous avons souligné la nécessité d'une concertation fructueuse entre les parties en vue de l’approfondissement des problèmes liés à ces rapports et décidé de créer, à la suite de cette rencontre, un groupe spécifique de travail mixte que je coordonne.
Les résultats du travail de ce groupe - divisé en quatre commissions - ont été examinés le 9 décembre dernier. L'approfondissement concernait différents points ayant trait à quatre questions principales, à savoir les rapports financiers entre la Région et les communes, la simplification des procédures internes de l'Administration, la révision de lois en vigueur en matière de rapports entre la Région et les communes et la définition des dispositions d'application des nouvelles fonctions confiées à la Région pour ce qui est de l'organisation des collectivités locales.
Cette réunion a permis de mieux cerner les problèmes et de présenter une première série de modifications qui permettront à la Région de satisfaire aux expectatives des communes, selon les engagements que nous avons pris et dans l'attente de la définition de la nouvelle loi portant organisation des collectivités locales. En particulier, les commissions ont œuvré dans le but de formuler des propositions opérationnelles en vue de l'adoption des mesures y afférentes par l'Administration régionale. Ces propositions - qui seront définitivement arrêtées par le groupe au complet convoqué début janvier - concernent principalement:
- le regroupement des dispositions prévoyant le transfert de fonds aux collectivités locales;
- la révision de la loi régionale n° 40 de 1991 facilitant l'accès au crédit ;
- la solution des problèmes liés aux travaux de méthanisation;
- la rédaction de l'inventaire du patrimoine communal;
- l'unification des différentes commissions qui, 'au sein de la Région et suivant leurs compétences, formulent les avis sur les projets présentés par les communes de façon à éliminer les délais techniques réputés trop longs;
- un projet de loi définissant les compétences susceptibles d'être déléguées aux communes en matière de protection du paysage et d'urbanisme;
- la présentation d'une loi, concernant le personnel et le statut légal des administrateurs des collectivités locales.
- la modification de la loi n.14 de 1978, portant dispositions en matière d’urbanisme et de planification du territoire, avec la définition correcte du concept de "zone boisée" ;
- la modification de la loi sur le VIA ;
- la redéfinition des procédures de formulation des avis de la Surintendance nécessaires aux actions dans les zones assujetties à des servitudes de protection des sites.
Si à cela nous ajoutons les nouveaux critères relatifs aux débits des cours d'eau qui permettront de déterminer l'exploitation des eaux du point de vue hydroélectrique et la solution des problèmes concernant l'application des dispositions en vigueur quant aux expropriations pour cause d'utilité publique, il me semble que nous sommes sur la bonne voie; que par toutes ces initiatives - réalisées en six mois seulement - le Gouvernement a démontré son engagement et œuvré pour dépasser les limites des procédures actuelles, même s'il faut réaliser que les baguettes magiques n'existent que dans les contes de fées et que nous, par contre, de concert avec les associations des collectivités locales, nous devons parcourir le chemin d'une révision progressive et complète.
Chers amis unionistes, en guise de conclusion je crois que encore une fois, dans un moment de difficultés, l'Union valdôtaine saura trouver la force nécessaire pour réagir et pour se renouveler, saura poser les conditions pour renforcer la solidarité et la cohésion des valdôtains.
Tout en remerciant le bureau de direction, le Président et le secrétaire sortant, pour l'activité déployée, serrons nous les coudes, engageons-nous à apporter le soutien nécessaires aux nouveaux organes, à Alexis et à Charles, reprenons notre fierté et notre diversité selon l'esprit de la déclaration de Chivasso, l'esprit de E. Chanoux, pour que vive l'Union valdôtaine, pour que vive la Vallée d'Aoste.

M. CAVERI Lucien, Député

Nous voici, la grande famille de l'U.V., au débat. On se connait, on se confronte. Je voudrais ajouter mon opinion.
Selon moi, il faut regarder en avant. C’est là notre devoir. La Vallée d'Aoste doit pouvoir compter sur le travail et l'apport d'idées de nous tous.
L'Union Valdôtaine n'est pas un phénomène passager ni individuel; c'est une force politique sérieuse, enracinée, engagée.
En paraphrasant le Président Kennedy nous pourrions dire qu'il n'est pas important ce que l'Union Valdôtaine peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour l'Union Valdôtaine. Mais pour regarder en avant nous devons avant tout regarder en nous-mêmes, dans notre conscience. Et nous devons le faire en recherchant les aspects en commun et non pas les points de rupture.
Notre force réside dans l'unité, tout en respectant le pluralisme et l'échange d'idées. La politique peut avoir de nombreuses facettes. La politique est peut-être ambition, stratégie, alliance, trahison, changement de direction. En politique vices et vertus, compromis et erreurs cohabitent. Cependant il faut de l'honnêteté.
L'honnêteté personnelle est à la base de tout. Le citoyen peut admettre qu'un élu commette des erreurs. C'est humain. Aujourd'hui l'administration de la chose publique est très complexe. On peut se tromper tout en étant en bonne foi. Cependant il ne faut pas qu'il y ait de l'argent en cause.
L'intérêt personnel ne doit pas remplacer l'intérêt de la communauté. Il y a parmi nous - aujourd'hui - un sentiment de déception, de douleur, d'inquiétude. On sollicite des justifications, on recherche des soutiens, des espoirs. Je souhaite qu'Auguste Rollandin - que nous avons aimé et à qui nous avons été liés par une amitié - soit à même de se défendre avec succès et qu'il puisse expliquer à nous aussi ce qu'en ce moment nous ne comprenons pas et nous ne justifions pas. Et si on ne doit absolument pas anticiper un verdict de culpabilité parce que ça revient aux tribunaux, nous sommes les premiers à demander que justice soit faite, parée que nous sommes touchés dans notre honorabilité. Mais attention, nous demandons à la Magistrature de rentrer dans la normalité, on ne peut pas vivre dans la république « degli avvisi di garanzia » et des suspects. Je répète cependant: nous devons regarder au-delà. Certes nous portons le poids du passé récent, mais nous ne devons pas diminuer le travail réalisé et nous condamner pour ce que nous n'avons pas fait.
Je défends avec force par exemple l'activité sérieuse et désintéressée que les parlementaires valdôtains ont menée en faveur du Val d' Aoste: lois électorale, collectivités locales, Walser, commission paritétique. Ecartons donc tout sentiment de culpabilité et toute faiblesse et poursuivons avec décision dans notre engagement.

L'UNION VALDOTAINE
L'Union Valdôtaine va fêter ses 50 ans en 1995.
Au cours de ces 50 ans, la scène politique a beaucoup changé et nombre d'autres forces politiques sont nées et ont disparu. Voilà pourquoi nous devons aborder avec sûreté ce moment de transition. Ils seront déçus tous ceux qui veulent nous détruire, ceux qui souhaitent une crise de notre Mouvement, ceux qui nous veulent démembrés pour ne pas être si déterminants dans la vie politique valdôtaine.
Bien sûr, nous devrons réfléchir toujours davantage au rapport entre notre organisation interne, selon les Statuts, et la pensée fédéraliste. Il faut souligner la nécessité d'avoir une structure centrale légère, mais influente et rapide dans les décisions, et la valorisation de notre force, représentée par les sections disséminées dans toute la Vallée d'Aoste.
Un mouvement politique doit cependant avoir aussi des structures pour l'étude, pour la formation, pour la culture. Il y a par ailleurs le problème politique central. A présent que nombre de Valdôtains perdent leur point de repère vis-à-vis de leur force politique d'appartenance. A présent que de nombreuses énergies s'affranchissent à cause de la crise du système des partis. C’est à ce moment même qu'il nous faut le courage pour que l'Union Valdôtaine devienne de plus en plus l'Union des Valdôtains.
Cette simplification a surgi avec la naissance d'un front autonomiste en 1987 et en 1992. Si nous allons étudier une loi électorale majoritaire ce sera valable aussi pour la Région. Voilà pourquoi il serait absurde que les autres énergies autonomistes - très éparpillées mais, sans aucun doute, sérieuses et avec lesquelles nous avons le devoir de nous confronter - ne tiennent pas en considération la nécessité d'un pôle unique auquel l'Union Valdôtaine puisse s'associer, d'abord dans une forme fédérative et ensuite par une véritable fusion en l'Union des Valdôtains.
Notre histoire, notre cohérence, notre engagement nous placent au centre de ce projet, qui n'entraine pas le risque de nous faire perdre notre identité et notre écusson, mais plutôt il nous ramène aux espoirs et aux attentes de l'Union Valdôtaine au moment même de sa fondation en 1945.

ELECTIONS POLITIQUES
Bientôt nous allons avoir un banc d'essai: les élections politiques anticipées. Il est nécessaire à cette occasion une véritable alliance fédéraliste et autonomiste, progressiste non seulement en apparence, mais dans les idées et dans le programme. C'est à vous à décider si je serai à nouveau le candidat de la prochaine compétition électorale. Pour deux fois j'ai eu l'honneur et la joie d'être votre porte- parole. J'ai essayé dans mon travail - à Rome et à Aoste - de répondre à votre confiance et à la confiance de tous les électeurs. Si vous l'estimez utile je serai à nouveau à la disposition de notre Mouvement.
Par ailleurs cette disponibilité est liée à un projet et à une alliance cohérente aux choix qui ont été faits dans le passé, tout en élargissant les accords, si nécessaire, à ceux qui se retrouvent dans l'option fédéraliste. Il est inutile de dire que je ressens dans l'air un nouveau "cartello".
Les Verts, bien que dans la majorité régionale, même si on pourrait s’en douter après l'intervention des Riccarand de hier, les verts poursuivent cette idée avec ténacité. Il est tout à fait légitime que cela se produise. Il est d'autant plus légitime de notre part de répéter qu'une délégation parlementaire à Rome sans l'Union Valdôtaine, ne serait pas représentative de notre Vallée. Si aux deux "cartelli" précédents, un autre va s’ajouter - peut-être avec des couleurs nouvelles et camouflé pour ne pas être reconnu- nous devrons tirer certaines conclusions. Dans le sens qu'il y a des forces qui collaborent avec nous mais qui sont prêtes à nous voir dans la tombe. Pour garder notre bonne santé, il faut donc préparer des alliances pour les prochaines élections politiques en tenant compte des disponibilités qui hier ont été exprimées par quelques forces politiques et il faudra donner une réponse.

LA VALLEE D'AOSTE, L'ITALIE ET L'EUROPE A L'HEURE DES REFORMES.
Nous sommes des fédéralistes. Nous voulons une Italie et une Europe à l'enseigne du fédéralisme.
Regardons ensemble les pages de notre hebdomadaire "Le Peuple Valdôtain”. Nous retrouvons les idées et les principes fédéralistes que les représentants de l'Union Valdôtaine soutiennent depuis toujours. Personne ne peut nous apprendre le fédéralisme.
C'est plutôt nous qui avons enseigné le fédéralisme; par exemple à Milan il y en a qui ont découvert le fédéralisme grâce à l'Union Valdôtaine et maintenant ils tentent l'opération ridicule de nous expliquer le "vrai" fédéralisme. Par contre la Constitution fédérale, présentée au Parlement, est une proposition pour une Deuxième République.
Au sein de la Commission Bicamérale pour les Réformes, j'ai travaillé pour l'option fédéraliste qui malheureusement a été renvoyée par le système agonisant des partis. Nous réaffirmons la validité du choix fédéraliste.
Si l'Etat centralisateur italien - avec les partis centralisateurs qui l'ont occupé - ne sera pas démantelé par des pouvoirs locaux forts et influents, ce sera la fin de l'Italie. On court le risque d'une involution anti-démocratique. Un régime dictatorial pour tenir ensemble une Italie profondément divisée. Ou bien, sans un vrai fédéralisme, on court le risque que le spectre d'une situation analogue à celle de l'ex-Yougoslavie envahisse la péninsule italienne.
C'est un choix le fédéralisme. Un choix que nous devons continuer de soutenir non seulement vis-à-vis de Rome, mais également à l'égard de Strasbourg et de Bruxelles. Nous ne sommes pas intéressés par un européisme qui viole le principe de subsidiarité, qui nie l'échelon régional.
L'Europe des peuples doit prendre en considération les Valdôtains. Nous apprécions énormément que le Val d'Aoste soit représenté au sein du Comité des Régions prévu par le Traité de Maastricht. Mais nous voulons également un parlementaire européen élu dans un collège uninominal pour la Vallée d'Aoste.
Que ce soit en direction de Rome ou de l'Europe, dans cette phase de changements nous devons réaffirmer l'existence et la dignité du Val d'Aoste. Le Pays d'Aoste, aujourd'hui Région autonome, est un peuple sans Etat, surtout si l'Italie ne choisira pas le fédéralisme. Parler de Nation Valdôtaine ne doit effrayer personne. Nous ne sommes pas ici pour bâtir des frontières, pour armer des troupes, pour fermer la Vallée d'Aoste à Pont-Saint-Martin et aux Cols du Petit et du Grand-Saint-Bernard. Nous ne voulons pas d'un Etat contrebandier ou d'opérette.
Aujourd'hui, une République de la Vallée d'Aoste a un sens si elle est insérée dans une Italie fédérale, dans une Europe fédérale. Il est sûr que si l'Italie et l'Europe ne suivront pas le chemin fédéraliste, il y aura des problèmes.
Dans ce sens, et si le cas le veut bien, il faudra être brutal avec Rome et Strasbourg. Pour l'Italie j'imagine une lettre: "Chère Italie, nous ne sommes pas partisans d'une Deuxième République qui nie le fédéralisme et qui met en discussion les Régions à Statut spécial. Salutations distinguées". Signé: la Vallée d’Aoste.
Il y a l'Europe au-delà de nos montagnes. Nous regardons à l'Europe avec espoir et en tant qu’alternative à une Italie qui n'a pas envie de réformes. L'important pour nous tous c'est de garder vivant notre désir d'autogouvernement. Avec la solidarité nécessaire, grâce aux discussions et aux accords avec ceux qui - en Italie et en Europe - pensent les mêmes choses que nous, nous devons faire entendre la voix des Valdôtains, affirmer notre diversité, et ne jamais plier la tête ou nous réduire au silence. La Vallée d ' Aoste est vivante et il faut le crier bien fort qu'il y a une question valdôtaine, aujourd'hui comme en 1945.

CONCLUSIONS 
Chers congressistes, mes amis, j'espère que ce Congrès nous permette de reprendre notre chemin.
De nombreuses générations de Valdôtains se sont succédé à l'intérieur de l'Union Valdôtaine au cours de ces 50 ans. Aujourd'hui nous devons avoir la capacité d'expliquer aux jeunes l'Union Valdôtaine. Nous avons le devoir de les faire participer au projet pour la Vallée d'Aoste du XXIème siècle. Le terme juste est véritablement celui-ci: participation.
L'Union Valdôtaine doit être l'usine d'idées et de propositions de la communauté valdôtaine toute entière. Ce qui ne peut que se produire face à une confrontation interne loyale et sincère. Nous ne devons pas craindre un débat interne à l'Union Valdôtaine. Beaucoup de voix, de nombreuses positions sont une richesse si elles arrivent à donner une nouvelle impulsion à notre Mouvement.
Dans une époque où les agrégations politiques naissent autour de quelques personnages charismatiques qui deviennent les leaders absolus, Segni, Leo Luca Orlando, Berlusconi, nous devons réaffirmer notre modèle de Mouvement démocratique qui est à même d'avoir un débat et qui sait se confronter à partir de la plus petite section jusqu'au Congrès même. Notre destin d'hommes est malheureusement fragile. Il serait pourtant triste si notre vie n'était pas consacrée à un idéal.
Ceux qui sont aujourd'hui ici - au nom de milliers de Valdôtains - le font pour notre Patrie, la Vallée d'Aoste. Cette terre de montagne si exceptionnelle, ce peuple si petit en nombre, ne demandent que d'avoir un espace à eux. L'Union Valdôtaine représente la synthèse de nos sentiments.
Chers unionistes, c’est donc le courage et la joie qui nous amènent à crier avec force dans l'immédiat et dans le futur: vive l'Union Valdôtaine!

Entraide des Femmes Valdôtaines

Valdôtaines, Valdôtains, l’Entraide des femmes Valdôtaines vous adresse d’abord son salut et profite du Congrès de l’Union Valdôtaine pour faire une synthèse des activités de cet organisme collatéral de l’UV dans les dernières cinq années.
Notre association a pour but « la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine ».
Son principe animateur, qui d’ailleurs se reflète dans le choix du nom « entraide » est celui de la solidarité.La solidarité féminine d’abord, parce qu’il s’agit de l’Entraide des femmes », la solidarité avec le Mouvement dans la défense de notre peuple, la solidarité ethnique avec les autres communautés minoritaires. L’Entraide pendant ces années a donné sa petite contribution en tant qu’animatrice culturelle dans les Rendez-vous, et dans les moments conclusifs de toute campagne électorale. Afin que le français devienne vraiment langue véhiculaire dans notre société, envahie par les médias italiens, nous avons organisé, avec le soutien financier de l’Assessorat de l’Instruction Publique, un cours de théâtre en français pour enfants : « Les petits grands acteurs » qui chaque année a représenté même des pièces classiques, remportant un succès remarquable. L’école, en tant que lieu formation de la personnalité des femmes et des hommes de demain, a été, depuis toujours, un des soucis de notre association.
On a donc organisé des débats sur l’organisation modulaire à l’école élémentaire de l’introduction de l’innovation c’est-à-dire une formation bilingue paritaire à l’école élémentaire, formation qui devra nécessairement poursuivre à l’école moyenne et à l’école supérieure.
L’Entraide a toujours été en première ligne en demandant avec vigueur une loi sérieuse contre la violence sexuelle. En collaboration et avec le soutien technique du député Caveri et du Sénateur Dujany nous avons débattu ce problème avec les gens.
Les représentantes de l’Entraide au sein de la Conférence Régionale Féminine ont collaboré activement à la rédaction du texte sur l’alcoolisme « Non affogare nell’alcool la tua intelligenza » qu’on a ensuite distribué dans toutes les écoles et dans tous les domaines sociaux concernés. Nos représentantes ont donné encore leur contribution active personnelle dans les groupes de travail de la Conférence Régionale Féminine.
Voir groupe Santé et problèmes sociaux : qui dernièrement travaille pour la création de la « Casa della donna ». Dans le groupe de travail on a fait une recherche visant à vérifier le taux de l’emploi féminin et les diverses possibilités de travail en Vallée d’Aoste.
Groupe journalisme : en tant que journaliste Mme Bioley collabore aussi au journal d’information de la Conférence Régionale Féminine « Informadonna ».
Après plusieurs années dans l’Exécutif de la Conférence Régionale Féminine, elle en est devenue la Présidente et maintenant elle représente toutes les femmes valdôtaines dans sa qualité de Conseillère pour la parité des chances. Nommée en 1992 par le Ministère du Travail, « La Consigliera per le pari opportunità » est une figure encore peu connue, dont peu de gens ont jusqu’à présent saisi l’importance capitale qu’elle aura surtout dans les années à venir lorsque la femme sera celle qui dans la société payera le prix le plus haut du phénomène de la récession économique.
La « Consigliera » doit, pour pouvoir œuvrer, voir une préparation juridique, économique et politique ; c’est pour cette raison que notre conseillère est en train d’achever le cours pour « Consigliera e Agente di Parità », organisé par l’Agence de l’emploi en collaboration avec la Conférence Régionale Féminine, de 600 heures.Mme Bioley, toutefois, ne doit pas rester seule. Les compétences qu’elle a acquises dans toutes ces années doivent devenir patrimoine de toutes, surtout des jeunes, parce que le premier pas pour savoir se défendre est d’être bien informée.
C’est ainsi que le nom « Entraide » devient une pratique quotidienne. Au cours de ces dernières années l’Entraide a connu de périodes de bonne participation qui se sont alternées à des moments de relâche : maintenant, tout en participant activement aux travaux de la Conférence Régionale Féminine et à la vie du Mouvement, on a pris un moment de réflexion, d’ailleurs nécessaire dans une association qui a désormais 15 ans d’activité sur les épaules.
Parfois, les femmes qui participent aux réunions de l’Entraide ont l’impression d’être des Don Quichotte, d’être seules dans les luttes, de travailler pour quelques-uns auxquels leur engagement importe peu mais après… le voilà le Comité Central dans lequel on propose d’enlever les 15 femmes dans cet organisme important pour le Mouvement.
L’Entraide, qui a toujours sollicité une participation féminine active au sein du Mouvement, ne pouvait que demander le maintien de ce quota.
C’est donc avec cet esprit que nous estimons indispensable que les femmes qui participent activement à la vie du mouvement dans les sections, se réunissent pour discuter, pour apporter au Mouvement des suggestions, pour conseiller les représentantes de l’Union Valdôtaine au sein de la Conférence Régionale Féminine, afin qu’elles ne restent pas les représentantes d’elles-mêmes, mais finalement aient l’opportunité d’apporter la voix et les idées des femmes unionistes.
Les temps qui nous attendent, qui attendent nos jeunes, ne seront pas colorés, de rose, mais si nous les Valdôtains serons à même d’intérioriser, de faire propre le principe animateur de l’Entraide, la solidarité, si les Valdôtains sauront s’entraider… le poids à porter sera moins lourd pour tous.

Jeunesse Valdôtaine

Chers amis de l’Union Valdôtaine, c’est au nom de la Jeunesse Valdôtaine que j’ai l’honneur de prendre la parole lors de ce Congrès National.
Une étape importante de l’histoire de l’UV va commencer. Ce Congrès National se situe en effet dans une période très particulière de la vie politique valdôtaine et nationale; c’est une période de changements profonds: dans la politique, dans le domaine économique, dans le social, dans la pensée même des gens.
Et comme dans toute période de changements, nous voyons une grande incertitude chez les gens : il y a la volonté de changer et en même temps il y a une certaine crainte vis-à-vis de cela.
Période de changements et d’incertitude qui concerne surtout les jeunes, qui jamais comme aujourd’hui ont la nécessité d’avoir un point de repère solide et certain : dans les valeurs, dans les institutions, dans les partis qui ont un rôle de représentativité.
Nous sommes pleinement conscients de la grande valeur et du rôle que ce Congrès a pour la vie de notre Mouvement et pour la Vallée d’Aoste : à notre avis ce Congrès représente un point de départ pour le futur : nous devons tenir compte des choses qui changent et l’Union Valdôtaine doit être en ligne avec les temps.
Ce congrès représente un moment dans lequel on devra revoir le rôle et le poids du secrétariat, on devra redéfinir les rapports du bureau de direction avec le Comité Exécutif, le Comité Central et les élus.
On devra revoir la structure du mouvement pour donner une ligne politique claire pour les intérêts de la Vallée d’Aoste.
Au niveau national l’Etat italien est bouleversé par l’affaire « tangentopoli » et par une crise économique remarquable. La crise socio-économique engendre une grande série de problèmes.
L’emploi n’est plus garanti et les jeunes sont ceux qui ressentent de plus les problèmes de notre société.
Dans leur chemin il rencontre de plus en plus de difficultés à trouver une place de travail. Même au niveau de l’instruction publique l’Etat Italien n’a démontré aucun intérêt à promouvoir, à développer, à améliorer l’école italienne. Il suffit de considérer que les premières réductions de financements ont été faites justement à l’école.
Les jeunes vivent un sentiment de malaise et une grande frustration. Il suffit de regarder aux évènements des dernières semaines où les jeunes étudiants ont manifesté dans les rues et ont occupé les écoles pour revendiquer l’adaptation des programmes aux exigences de l’école actuelle. Les programmes scolaires datent d’il y a 40 ans.
Il est donc important que les jeunes retrouvent confiance dans la politique : il faut seulement les écouter et leur donner le rôle qui leur convient à l’intérieur de la société.
Pour ce qui concerne les jeunes valdôtains il faut leur faire comprendre qu’est-ce que ça signifie être unionistes. Dans cette période de grande crise des valeurs où tous les points forts de notre société s’affaiblissent, les jeunes ont besoin de croire dans les principes qui caractérisent la société valdôtaine.
Les jeunes en ont vraiment marre d’écouter les comptes-rendus de tous les milliards que les politiciens ont volé à l’Etat italien. Ils ont besoin de réponses concrètes et fortes c’est pour ça que la Jeunesse Valdôtaine demande à l’Union Valdôtaine d’avoir un regard particulier envers les jeunes. A cet égard il nous déplait fortement de constater qu’il y a des gens qui considèrent inutile la présence de la Jeunesse Valdôtaine à l’intérieur des organes du Mouvement.
Très souvent, dans le passé, l’Union Valdôtaine n’a pas donné ni confiance ni poids aux jeunes de l’Union Valdôtaine. Plusieurs fois la Jeunesse Valdôtaine a sollicité le Mouvement à avoir une attention plus forte vis-à-vis des jeunes. Dans cette période de confusion nous voyons, par contre, que les gens commencent à donner confiance aux jeunes : nous demandons que même l’Union Valdôtaine fasse un effort dans ce sens. Valoriser les jeunes ne doit pas être, selon nous, seulement un slogan : nous devons y croire !
Dans son œuvre quotidienne l’Union Valdôtaine doit agir en tenant compte même des besoins et des requêtes des jeunes, car c’est nous les unionistes de demain ! L’Union Valdôtaine est comme une grande famille qui réunit en son sein des personnes de tout âge.
C’est pour cela que l’Union Valdôtaine doit s’intéresser davantage à la formation des jeunes ; elle devrait mettre à disposition d’eux toutes les expériences et les réflexions qui pourraient les aider à s’approcher à l’idéologie unioniste ou à mieux la connaître.
On dit souvent que les jeunes sont peu intéressés à la politique : eh bien, dans ces dernier temps à l’intérieur de la Jeunesse Valdôtaine on a vu croître le nombre des adhérents et on a pu même observer leur envie de parler et de se confronter sur les problèmes de politique et d’actualité.
La Jeunesse Valdôtaine a même démontré sa force lors des dernières élections régionales car elle a réussi, pour la première fois, à avoir un représentant à l’intérieur du Conseil régional. Pour continuer le bon travail commercé et pour avoir la possibilité d’être toujours plus présents dans la vie des jeunes valdôtains, la Jeunesse Valdôtaine demande d’avoir un fonctionnaire et un budget à sa disposition.
Nous nous présentons à ce Congrès avec une certitude : l’Union Valdôtaine plait aux jeunes : elle ne doit pas décevoir leurs attentes et surtout ne doit pas trahir leur confiance.
La Jeunesse Valdôtaine souhaite que l’Union Valdôtaine sorte de ce Congrès National en donnant des messages clairs au peuple valdôtain. L’Union Valdôtaine doit réussir à maintenir vifs et actuels les idéaux fédéralistes qui ont enflammé l’âme de personnalités comme Emile Chanoux.
L’Union Valdôtaine doit faire connaitre même à ceux qui ne sont pas originaires de la Vallée d’Aoste les valeurs de notre culture, l’amour pour notre terre, pour notre langue, pour nos traditions : et les jeunes, en particulier demandent ça.
Enfin, la Jeunesse Valdôtaine donne sa pleine disponibilité à travailler pour le bien du Val d’Aoste et, pour réaliser ce projet, demande la collaboration et la confiance de tous les unionistes.

M. PERRIN Charles, nouveau Secrétaire général

Mesdames et Messieurs, chers amis Unionistes,
C'est avec grande émotion et un peu d'embarras que je prends la parole.
J'ai été administrateur, j'ai tâché de le faire de façon correcte et cohérente, mais je me suis occupé de façon très marginale du Mouvement et de la politique en général.
Je vous l'avoue que j'ai quelques difficultés à comprendre le mécanisme de certains jeux politiques. Etant paysan et montagnard de formation j'ai l'habitude d'appeler les choses avec leur propre nom, de dire noir au noir, blanc au blanc, ce qui est bien souvent en antithèse avec le langage de la politique. Chacun de nous le long de son existence fait des projets et se souhaite des vœux, je vous l'assure que jamais j'aurais imaginé une charge de responsabilité politique de telle nature, jamais j'aurais pensé de travailler pour en arriver là.
Quand même je suis là, surtout très conscient de mes limites, très conscient de la complexité pour ne pas dire de la gravité du moment politique, je suis là avec un esprit de service, il y a des circonstances où c'est difficile de se soustraire à des responsabilités, même si pour d'innombrables raisons il aurait été pour moi beaucoup plus simple et plus tranquillisant dire NON.
Je ne veux absolument pas faire de la rhétorique et tâcher de justifier mon «sacrifice» pour le bien de l'Union Valdôtaine et de la Vallée d'Aoste, ce ne serait qu'un signe de présomption, mais je veux être bien plus terre à terre et ce que je pense vous promettre c'est que j'essayerai avec tout mon cœur de travailler surtout pour unir, pour mettre ensemble, pour faire participer, pour agréger.
Je tâcherai de travailler afin que l'Union Valdôtaine redevienne toujours plus un Mouvement, un Mouvement ouvert, un Mouvement où chaque adhérent puisse se sentir à son aise, puisse s'exprimer librement, puisse de par son expérience et ses capacités apporter toute sa contribution.
J'ai suivi avec extrême attention le débat de ces jours, débat profond, articulé, débat qui a touché tous les problèmes. Le Congrès National de l'Union Valdôtaine a un rôle très important.
Le Congrès National détient le pouvoir constituant du Mouvement, il établit les lignes politiques générales et les programmes du Mouvement.
Eh bien ce Congrès doit vraiment représenter un moment constituant. C'est comme dans la vie de l'homme, de temps en temps il faut avoir le courage et l'envie de s'arrêter un moment, de reparcourir notre passé, d'analyser le bon et le mauvais, c'est ce qu'on appelle tout simplement un examen de conscience et c'est ce que ce Congrès a su bien faire, mais l'analyse, la réflexion doivent nous servir pour repartir avec un peu plus de tranquillité, redressant la route, s'il est nécessaire, et les indications que ce Congrès a données sont innombrables, les propos, les suggestions, les motions sont si nombreuses que c'est très difficile d'arriver à élaborer des conclusions précises et immédiates, avec le peu de temps qu'on a eu à disposition.
On a touché à tous les sujets à partir de l'organisation et du futur du Mouvement, aux différents aspects de la vie politique, économique, sociale, culturelle de notre Région.
Je pense, au delà des conclusions qu'on a pu tirer dans ce Congrès, à tout l'effort qui a été produit par les délégués et nous imaginons le travail qu'il y a eu dans les sections, dans les différents groupes pour arriver ici avec ces documents, qui devront être mis en valeur et devront être analysés avec attention et intérêt par les organes élus du Mouvement, je pense même s'il n'y aurait pas l'opportunité de reparcourir, dans un délai de temps raisonnable, ces idées, ces analyses, ces propos après qu'ils auront pu être ordonnés et résumés afin de transformer ce grand débat dans des résolutions précises, dans des lignes politiques, dans des propos pour les années à venir, Je pense que jamais un Congrès n'a été si opportun et nécessaire, si on n'avait pas eu cette échéance il l'aurait fallu inventer car nous vivons un moment politique très délicat, qui nécessite avant tout du calme, une analyse tranquille de la situation s'impose, nous sommes face à des difficultés, des doutes, des craintes, mais il ne faut pas nous le cacher, aussi de grandes "opportunités" que ce moment de changement nous offre.
Le Fédéralisme qui est à la source et qui est l'essence de notre pensée est en train de devenir le modèle pour les nouvelles réformes institutionnelles. Presque tous les partis et les mouvements qui ont pris la parole à ce Congrès ont demandé une confrontation sur ce thème, on devra le faire. La réalisation des articles 1 et 2 de notre Statut, même sans l'amendement qui avait été proposé, nécessite d'un moment de grand changement. La première République est en train de s'écrouler et comme nous l'a très bien dit notre député Caveri nous devons demander avec force et détermination à l'Italie de se réorganiser en Etat fédéral, sinon nous nous sentons en devoir et libres de rechercher d'autres voies dans la direction d'une Europe fédérée des peuples et des ethnies.
Nous devrons être très attentifs à ce qui arrive près de nous, dans cette période nous devons être attentifs aux nouvelles instances, aux idées nouvelles soit à l'intérieur du Mouvement qu'à l'extérieur, l'Union Valdôtaine doit se poser comme force d'agrégation de toutes les instances autonomistes et fédéralistes.
Le Mouvement devra garder sa force et sa cohésion pour pouvoir guider une action politique qui puisse garantir avant tout la gouvernabilité de notre Région et nos entités locales, il doit devenir une force agile et propositionnelle surtout détachée des groupes de pouvoirs économiques, des groupes d'intérêt ou « clientelaires ». D'importantes modifications institutionnelles ont été proposées par ce Congrès. Une organisation de type fédéral à notre intérieur (Communautés locales), élection directe de l'Exécutif régional, élection du Conseil régional de façon majoritaire, par circonscriptions territoriales, la limitation des mandats pour les élus régionaux. De tout côté on a réclamé des règles plus simples, moins de lois mais des lois plus praticables, la nécessité urgente de répondre aux instances des collectivités locales. Ces réponses ne devront pas tarder. Le Mouvement de l'Union Valdôtaine devra être géré, d'après les modifications des statuts, de façon collégiale, mais agile, tout en ayant une structure bien organisée l'Union doit ouvrir encore plus à la base à travers ses sections, elle devra marquer encore plus son rôle de Mouvement, notre force c'est que nous représentons un peuple, nous ne représentons pas une élite, ni des catégories sociales spécifiques, ni des modèles idéologiques de part, nous avons avec nous la force de la participation populaire et ce congrès encore une fois nous le démontre.
Avec cette force nous devrons travailler pour l'affranchissement du peuple valdôtain, pour cela faire l'Union doit être au dessus de tout suspect, la question morale qui a été l'objet de beaucoup d'interventions à ce Congrès, s'impose. Nous travaillons pour le changement et pour ce fait même nous devons être une force progressiste, je voudrais dire avec force que nous sommes pour le changement, ce qui ne signifie pas renier notre passé, ni tout ce que les hommes de l'Union Valdôtaine ont su faire de bien pour notre Région dans ces années passées, mais c'est de vouloir atteindre les buts que notre Statut nous impose.
Nous rappelons aujourd'hui le 50ème anniversaire de la Déclaration de Chivasso à laquelle nous devons beaucoup de notre statut d'autonomie, mais nous n'avons pas terminé notre chemin, le parcours vers notre autodétermination est encore long et à ce propos je me permets de lancer un appel à toutes les forces actives de notre collectivité: parlementaires, administrateurs régionaux, administrateurs des collectivités locales, membres élus du Mouvement, Entraide des femmes valdôtaines, mais surtout aux jeunes que j'ai vu nombreux et engagés, c'est à vous qu'appartient la force de l'enthousiasme pour réussir à bâtir ensemble notre maison et donc unis comme jamais, chers jeunes et chers amis unionistes tous, allons de l'avant et travaillons pour une Vallée d'Aoste toujours plus libre.
Vive la Vallée d'Aoste.
Vive l’Union Valdôtaine

MOTION - Commission pour la défense de l'Ethnie valdôtaine

Objet: commission pour la défense de l'ethnie valdôtaine en général et de la langue française en particulier.

De la lecture de l'ébauche de révision des statuts qui a été présentée, nous constatons que les propositions de modifications ne concernent que l'organisation.

Aucune proposition de modification n'est faite au sujet des principes.

Nous en concluons que les principes énoncés dans les deux premiers articles des statuts sont toujours valables.

Parmi ces principes, nous tenons à rappeler «l'épanouissement du caractère ethnique et linguistique du peuple valdôtain» (art. 1).

Qu'est ce qui a été fait depuis le Congrès de 1989 pour l'épanouissement de l'ethnie en général et de la langue en particulier?

Aucun bilan n'est présenté à ce sujet, mais il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles pour constater que nous sommes encore très loin de la parité français-italien énoncée dans l'article 38 du Statut d'autonomie.

Cela étant, l'Union Valdôtaine doit faire tout ce qui dépend d’elle pour que l'on parvienne à la parité réelle français-italien en Vallée d'Aoste. La liste de ce qu'elle peut faire serait trop longue.

Cependant il est une chose que les congressistes peuvent faire immédiatement: charger le Comité Central, qui en a la faculté selon l'article 27 des statuts, de nommer une commission pour la défense de l’ethnie valdôtaine en général et de la langue française en particulier.
Nous demandons que cette proposition soit soumise à l'examen et au vote des congressistes

MOTION - Pour un engagement ouvert à la Société Civile

"Pour un engagement ouvert à la Société Civile"

Le Congrès de l'UV Considérant

  • que la politique doit se libérer des logiques de pouvoir pour récupérer sa capacité de dialoguer avec la Société civile, de la stimuler et de se faire interprète, sur le plan institutionnel, de ses exigences; 
  • que la société, de son côté, exige de la politique des réponses précises sur des problèmes concrets, comme la drogue, le SIDA, les extracommunautaires etc.; 
  • que les Unionistes ont parfois délégué leur devoir d'engagement social dans le volontariat et dans la "coopération sociale" à d'autres forces politiques; 
  • que l'UV manque, actuellement, d'un projet social clair, du fait que trop est délégué à la bonne volonté de nos administrateurs, qui trop souvent se trouvent seuls face à des problèmes qui les dépassent
SOUHAITE

Que le Mouvement, en suivant ses principes, et surtout celui de Subsidiarité, prenne toujours plus conscience que l'engagement politique n'est plus séparable de l'engagement social, et qu’il est nécessaire, donc, d'élaborer une ligne politique claire dans le domaine des politiques sociales. Dans ce but

Engage

le Mouvement à:
  1. soutenir l'engagement des Valdôtains dans le volontariat et dans la création de coopératives sociales; 
  2. revitaliser le débat politique sur les thèmes sociaux en valorisant en premier lieu la force propositive des Commissions du Mouvement, qui doivent prévoir aussi la participation de personnes externes au Mouvement. 
  3. changer, d'un point de vue formel, la dénomination de l'actuelle Commission "Qualité de la vie" en Commission "Politiques Sociales".
  4. réorganiser la presse unioniste, soit le Peuple Valdôtain, soit les organes des Sections, pour qu'elle devienne le lien privilégié de dialogue et de confrontation entre notre Mouvement et la société valdôtaine. 
  5. valoriser le travail des Sections et des organes collatéraux de l'UV en stimulant surtout ceux d'entre-eux qui, comme, par exemple la Jeunesse Valdôtaines et l'Entraide des femmes valdôtaines, doivent se confronter à des situations sociales complexes, développer une sensibilité particulière aux problèmes sociaux par la participation aux Commissions du Mouvement, et en particulier à la Commission "Politiques Sociales", et par une confrontation directe sur le terrain avec les autres réalités. 
  6.  

RESOLUTION

Le Congrès National

Ayant entendu les différentes interventions des congressistes concernant l'application des principes fédéralistes pour les Communes valdôtaines.

Ayant considéré que l'argument mérite une réflexion plus. Approfondie et une nécessaire élaboration normative

Invite

À la création d'une commission de travail qui, dans un délai de six mois environ, établisse les lignes maîtresses de la nouvelle autonomie Communale dans l'application des principes fédéralistes.

RESOLUTION - POUR UNE EUROPE FÉDÉRÉE DES PEUPLES

Les soussignés, représentants des communautés ethniques et des communautés régionales homogènes, réunis à Saint-Vincent à l'occasion du IVe Congrès national de l'Union Valdôtaine

Rappelant

que la «Déclaration des représentants des peuples des Alpes», souscrite le 19 décembre 1943 à Chivasso, il y a exactement 50 ans, représente un des plus importants documents politiques et sociaux de la Résistance italienne, car elle mettait en relief la nécessité, dans le cadre d'une structure fédéraliste du nouvel Etat, de reconnaître les droits fondamentaux des communautés minoritaires ethniques et linguistiques que le centralisme de l'Etat a toujours niés dans les faits, malgré leur mention dans la Constitution;

Conscients que l'avenir des peuples est dans la coopération, l'échange d'expériences et l'entente pour la résolution de problèmes qui sont toujours plus généraux;
Les soussignés, représentants des communautés ethniques et des communautés régionales homogènes, voient dans le fédéralisme global l'unique voie qui garantit à tous les peuples une croissance politique, économique, sociale et culturelle, et à la communauté fédérale le progrès dans la paix et le respect des individus et des groupes.

Pour atteindre ce but nous demandons:

  • la reconnaissance de notre identité nationale; 
  • les conditions pour le libre épanouissement de notre identité culturelle et linguistique; 
  • la possibilité d’exercer le droit d'autodétermination pour atteindre la souveraineté politique, condition indispensable pour la reconnaissance institutionnelle réelle dans le cadre d'une Europe fédérée des peuples. 

Les signataires de cette résolution sont:
Alfons Benedikter pour l'Union für Südtirol,
Franco Tretter pour le Partito Autonomista Trentino Tirolese,
François Alfonsi pour l'Union di U Populu Corsu,
Dino Matteodo pour le Mouvement Autonomiste Occitan,
Ornella De Paoli pour la communauté francoprovençale du Piémont,
Ettore Beggiato pour l'Union dei Popolo Veneto ,
Alain Favre pour le Mouvement Région Savoie,
Jean-Christophe Hermann pour l'Association des Savoyards de Savoie,
Herman Verheirstraeten pour la Volksunie et l 'Alliance Libre Européenne,
Francesco Tassoni pour le Movimento Meridionale,
Andrej Bratuz pour la Slovenska Skupnost,
Maurizio Monticone pour l’Unione Federale Piemontese,
HansWidmann pour la Südtiroler Volkspartei,
Alexis Bétemps et Charles Perrin pour l 'Union Valdôtaine.

Suite à la présentation de cette résolution, les délégués unionistes au Congrès ont également approuvé par acclamation ce document. 

 

RESOLUTION FINALE

Les délégués de l'UV, réunis à Saint-Vincent les 17, 18 et 19 décembre 1993, dans les 4éme Congrès National

Réaffirment, tout d'abord, l'actualité du fédéralisme global que le Mouvement, plongeant ses racines dans l'héritage de la pensée politique du passé, prône depuis sa fondation;

Demandent l'unité des Valdôtains sur ses principes fondamentaux pour favoriser la libre disposition du peuple valdôtain;

Engagent l'UV à œuvrer concrètement, en suivant ces principes, pour réformer les institutions de l'Etat italien et de la Vallée d'Aoste dans le cadre d'une Europe fédérée des Peuples;

Demandent que pour la valorisation du rôle des collectivités locales s'instaure une réelle démocratie fédérale;

Souhaitent que ce projet soit partagé aussi par toutes les forces politiques autonomistes, fédéralistes de la Vallée d'Aoste;

Invitent, tout d'abord, les organes de l'Union Valdôtaine à poursuivre leur action d'agrégation des forces susdites;

Invitent, aussi, à se confronter sur ce thème avec toutes les forces politiques de la Vallée d'Aoste et en particulier celles progressistes afin de contribuer à la création d'une société fondée sur les valeurs d'autonomie, de coopération, de subsidiarité et de participation, et de rendre toujours plus incisive et efficace l'action administrative conduite par le Gouvernement valdôtain.

le coin du président24 Février 2017 - 09:09

Pluralisme et participation Pluralisme et participation Samedi 18 février, à Pont-Saint-Martin l’Union Valdôtaine a célébré son Congrès. Les observateurs moins attentifs on peut être considéré ce moment comme la répétition d’une espèce de rite, avec les habituelles interventions de routine. Le rendez-vous de samedi, au de la de la grande participation, a aussi été caractérisé par des rapports et des propositions variées et nombreuses de la part de Congressistes et de groupes de Sections. Les différentes interventions ont témoigné la richesse et l’ampleur d’un débat interne à l’Union Valdôtaine que le Comité Fédéral a lancé et soutenu en préparation de ce Congrès. Ca fait désormais quelques années que l’Union Valdôtaine est en train de conduire un nombre important d’activités, de rencontres et de produire des documents pour introduire des moments de réflexions dans les Sections et sur le territoire. Pour ce faire nous avons lancé un grand nombre de rencontres, à tout niveau, avec les différents organes du Mouvement, dans le signe du pluralisme en essayant de prendre en charge toutes les opinions et toutes les options. L’Union Valdôtaine a une architecture démocratique qui s’exprime et travaille avec : un Congrès (annuel), un Conseil Fédéral, un Comité Fédéral, une Conférence des Présidents des Sections, une Conférence des Administrateurs, 70 Sections avec des Présidents et des Comités de Direction. Tous ces organes sont régulièrement élus sur la base de règles statutaires en vigueur, fixées par acte notarié et déposée à la « Commisssione di garanzia degli statuti e per la trasparenza dei partiti politici». Dans nos Statuts dont inscrites les règles et les principes de la transparence, du pluralisme, de l’éthique des comportements. Les réunions de nos organes sont ouvertes et, en effet, sont rares les moments de vie de l’Union Valdôtaine qui échappent à l’attention des medias et de l’opinion publique. L’Union Valdôtaine est consciente du fait que la politique vit une période difficile. Voilà pourquoi le Mouvement a voulu mettre en marche un procès dialectique qui a ouvert une saison de partage, d’écoute en demandant une assomption de responsabilité des Unionistes dans la conduite de ce parcours. Des dizaines et des dizaines de rencontres avec les Sections et avec le territoire ont lancé un processus de discussion, d’information et, enfin, de volonté de collaboration pour le futur. Les résultats concrets de tout ça on les a aperçus au Congrès de Pont-Saint-Martin. Le document final contient des points qui ont été, en large mesure, des synthèses des débats et des rencontres qui ont précédé l’Assemblée du 18 février. Aussi le rapport que j’ai présenté en ma qualité de Président est le résultat de l’ensemble des réflexions qui sont ressorties dans nos réunions sur le territoire où nous avons conduit une large activité d’écoute. Nous avons vu, tout au long de cette période qu’il y plein de monde, sur le territoire qui souhaiterait entendre parler de ses problèmes et d’entendre des messages positifs visant à construire et à donner des perspectives pour le futur. Voilà pourquoi, dans toutes ces soirées, comme d’ailleurs dans notre Congrès, nous avons essayé de ne pas gaspiller notre temps à dire mal des autres. Nous avons essayé de jeter un regard sur les grands changements mondiaux qui nous touchent de près. Nous avons parlé de nous, de nos activités, de nos espoirs, de nos criticités, des problèmes que les gens ressentent, de notre territoire, puisque nous sommes conscients qu’après le temps des bavardages viendra aussi le moment de se présenter aux femmes et aux hommes de la Vallée d’Aoste pour leur demander de nous renouveler leur confiance. Ce n’est qu’avec des messages et des contenus partagés, concrets et positifs que nous pourrons le faire.

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