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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 11:58

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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Congrès de réunification des Mouvements Saint-Vincent 11/12 décembre 1976

Un programme pour la Vallée d'Aoste

Unis pour une Vallée d’Aoste libre

LA VOIE UNIONISTE AU PROGRES

Au moment où dans le monde entier toutes les ethnies et les peuples aujourd'hui minoritaires sont en train de secouer le joug des ethnies dominantes et des états-nations, la Vallée d'Aoste ne pouvait pas manquer de suivre ce même chemin. En effet, les Valdôtains sont en train eux-aussi de prendre conscience de leur état d'aliénation culturelle et linguistique et de colonisation économique auxquelles l'état italien les a conduits par une oppression tantôt brutale, tantôt sournoise, mais toujours efficace. Ils reprennent en même temps conscience de leur personnalité et de leur identité nationale et ils manifestent plus vivement le désir de lutter pour reconquérir leur dignité de peuple dans le sillon de l'idéal autonomiste que nos ancêtres et notre histoire nous ont légué. Les campagnards, les ouvriers, les étudiants, les intellectuels, qui forment la majorité de notre peuple, ont compris qu'un mouvement de désaliénation culturelle et sociale et de décolonisation politique et économique ne peut pas s'opérer par la lutte séparée de ces classes, mais seulement par la lutte de tout le peuple. Les Valdôtains s'aperçoivent toujours plus que l'autonomie actuelle n'est qu'un leurre, qu'ils ne peuvent plus limiter leur action à la défense de leurs droits, mais que le moment est venu de passer à une action de promotion de notre peuple à travers la reprise d'une culture populaire, alternative à la culture oppressive et dépersonnalisant de l'état-nation, à travers la conquête du droit d'autodétermination, à travers la prise de pouvoir des instruments de gestion de la vie culturelle, politique, sociale et économique de notre Vallée, à travers la participation directe à la vie communautaire. Mais les Valdôtains ont aussi compris que pour atteindre ces buts ils doivent être unis et que cette union passe par la formation d'un mouvement politique unitaire, autonomiste et fédéraliste, qui, issu du peuple, saura interpréter les exigences du peuple valdôtain et conduire la lutte de son émancipation selon l'esprit de la Jeune Vallée d'Aoste et du martyr Emile Chanoux.

PROGRAMME DE L'UV POUR UNE VALLEE D'AOSTE NOUVELLE
Le 28 mars 1976, un événement sans précédent dans l'histoire politique de la Vallée d'Aoste, survenait à Saint-Vincent: les trois mouvements régionalistes UV, UVP et RV, renversant une logique qui durait depuis bientôt 30 ans, décidaient de procéder à la réunification et à la création d'un mouvement nouveau, projeté vers le futur, pilier fondamental de la politique valdôtaine. La décision, unanime, a porté à l'adoption d'un programme sociopolitique, appelé «La voie unioniste au progrès» qui offre la perspective claire et cohérente d'un changement profond, correspondant aux intérêts et aux aspirations du peuple valdôtain. La crise de la civilisation néo-capitaliste qui nous afflige, les difficultés croissantes de la voie marxiste, l'impulsion qui naît des peuples contre toute sorte d'impérialisme économique ou idéologique, la prise de conscience des communautés ethniques de leurs droits humains, imposent un rôle nouveau à l'idée fédéraliste et, en particulier, aux Valdôtains. In n'est plus possible, comme on l'a fait jusqu'à présent, de se limiter à une action de pure défense. Le moment est venu de passer à l'attaque, en mettant en mouvement une œuvre de promotion de notre peuple et de ses valeurs, de promouvoir une action qui remette les rênes de la vie sociale, politique, économique et culturelle dans les mains des Valdôtains, pour un progrès qui soit géré par notre peuple pour notre peuple. Nous devons repousser toute logique stato-nationale et opter pour la logique nationale et ethnique afin de parvenir à la création d'un noyau idéologique autour duquel pourront converger tous les valdôtains qui éprouvent en premier lieu la nécessité de la libération valdôtaine. Par conséquent, si jusqu'à maintenant nous pouvions être autonomistes par sentiment, dès à présent nous devons opposer aux théories politiques aujourd'hui en vogue, néo-capitalisme et marxisme, notre voie au progrès social, économique, politique et culturel. Le monde doit, s'il veut trouver un nouvel équilibre, dépasser les visions unilatérales qui nous ont conduits à la prédominance d'un groupe sur l'autre, d'une classe sur l'autre, d'une ethnie sur l'autre. Le moment est venu d'embrasser une vision d'une portée universelle qui, à travers les principes d'autonomie, participation, coopération, autogestion puisse donner une réponse globale aux problèmes modernes. Le fédéralisme seul répond à ce besoin.

IL FAUT CHANGER LA SOCIETE ACTUELLE
Nous vivons un moment difficile de crise économique et sociale. L'agriculture, pilier de la structure du pays, a atteint le minimum vital et les jeunes ont perdu tout intérêt à continuer le travail de leurs pères. En même temps la crise de l'emploi dans l'industrie est un exemple évident que seule la recherche d'un juste équilibre entre les différents secteurs économiques peut faire entrevoir un avenir plus sûr. La société néo-capitaliste, entre autres, avec le mythe du bien-être, a permis la spéculation immobilière et foncière qui risque de détruire le territoire et de provoquer l'abandon total de la campagne et des métiers traditionnels. Les services, socio-sanitaires en premier lieu, ont été sacrifiés et remplacés par l'intérêt individuel auquel tout est dû. C'est ainsi qu'il y a eu le «boom» de l'automobile et, parallèlement, le «boom» des coûts énergétiques, tandis que les services publics étaient abandonnés à eux-mêmes. Mais le néo-capitalisme, surtout, a créé une mentalité nouvelle, non communautaire, non idéaliste, liée à une conception tout à fait matérialiste de la vie qui voit dans l'argent l'unique moyen d'expression de la personnalité humaine. Les autonomistes sont contre cet état de choses et c'est pour cela que nous voulons changer la société actuelle.

LA SOCIETE QUE NOUS VOULONS CONSTRUIRE
Le principe fédéraliste, qui est à la base de notre action politique, met au premier plan l'homme, non pas comme classe, non pas comme être supérieur, mais comme membre d'une grande communauté humaine qui vise au développement de la personnalité de chaque peuple. C'est ainsi que nous sommes contre les tyrannies et les dictatures, contre les confins imposés par les armes, contre les états centralisés, contre la massification. Et nous sommes, par conséquent, pour l'autogestion sociale et économique pour la décentralisation des décisions, pour le maintien des cultures populaires et ethniques, pour une solution politique qui donne aux travailleurs (campagnards, ouvriers, artisans, intellectuels) la gestion directe et humanisée de la société. Sur ces principes fondamentaux se base le programme politique de l'Union Valdôtaine.

Le Statut et les rapports avec Rome.
Le régime d'autonomie qui nous a été octroyé par l'état italien ne correspond ni aux espoirs de la Résistance Valdôtaine ni à nos besoins actuels. Il va de soi que nous avons le devoir de faire appliquer intégralement tous les points de notre Statut inobservés pendant trente ans (zone franche et surtout ceux qui auraient permis de sauvegarder notre ethnie) mais nous devons aussi lutter à travers un vaste mouvement populaire afin qu'on nous reconnaisse une plus grande autonomie dans le cadre des structures de la société actuelle et de l'avenir. En même temps nous devons prendre conscience que, si nous voulons arriver à une émancipation ethnique, nous devons travailler afin que le futur et inévitable ordre fédéraliste de l'Europe donne à la Vallée d'Aoste la place qu'elle mérite dans le cadre de l'ethnie savoyarde.

Planifier le progrès avec la gestion populaire
Nous devons gérer l'économie valdôtaine en maîtres et non pas comme maintenant. Il s'agit donc, à travers une planification démocratique et le contrôle financier et bancaire, de maîtriser les lignes directrices du développement régional et, en même temps, de prendre part à la gestion des entreprises publiques (ENEL, EGAM, etc.). C'est là un des points fondamentaux de la politique unioniste parce que sans une intervention précise et concrète dans le domaine financier, le pouvoir d'opérer les grandes et les moins grandes réalisations dans le territoire et la structure industrielle, restera toujours dans les mains de groupes étrangers à la Région et, partant, spéculateurs par principe. La gestion populaire doit se réaliser aussi bien par le moyen du Conseil Régional qu'avec l'activité des élus locaux (communautés de montagne, communes) mais aussi grâce au référendum régional, qui doit devenir une formule active de démocratie directe permettant ainsi au peuple valdôtain d'exprimer son avis sur les questions importantes de la vie administrative et sociale du pays.

L'aménagement du territoire.
La terre est la plus grande richesse du pays. On a perdu trop de temps avant de s'en apercevoir, mais nous devons faire dès à présent le plus grand effort afin de conserver dans nos mains cet atout. La guerre à outrance contre la colonisation et l'exploitation du territoire par les spéculateurs comporte une action, à la fois culturelle et économique, de l'Administration Régionale qui peut se concrétiser par des lois; des règlements, des dispositions et, surtout, par la sensibilisation de l'opinion publique, des administrateurs et de la jeunesse sur le thème de la protection publique du sol. La pollution de l'eau et de l'air, la dégradation de la nature, les bruits, fruits de la gestion actuelle de la société, doivent être combattus avec tous les moyens pour ne pas faire peser sur la communauté les responsabilités d'un système basé sur le profit.

Une nouvelle politique industrielle.
La fin des conditions socio-économiques du passé doit porter inévitablement à une nouvelle structure industrielle, fondée sur les petites et moyennes usines, non polluantes, décentralisées, avec une production liée à la réalité de notre pays. La «verticalisation» de la production de la Cogne rentre dans ce discours et pourra donner une réponse positive à la grave situation financière de la société. Le problème de la Basse Vallée, avec le «pendularisme » actuel devra et pourra trouver dans cette nouvelle gestion de l'industrie, des solutions sinon définitives du moins positives.

L'avenir de l'agriculture.
L'agriculture doit reprendre un rôle prioritaire dans l'ensemble de notre économie et les mesures publiques devront se baser essentiellement sur la relance de la coopération, sur la spécialisation des cultures et des produits, sur la défense du sol. En même temps, des conditions modernes de vie et de prestige humain devront être envisagées pour les campagnards, qui vont devenir un des piliers fondamentaux de la structure socio-économique du pays dans les années à venir.
En effet, il y a des possibilités de développement harmonieux et réel du pays seulement si l'agriculture, étroitement liée au tourisme, deviendra un secteur d'activité actif et moderne, susceptible de défendre le territoire et de fournir des produits typiques en assurant au campagnard les mêmes conditions de vie de l'habitant de la ville ou des pays du fond de la vallée.

Le rôle du tourisme.
On a perdu, dans ces 30 années d'autonomie, l'occasion de gérer dans un sens régional le tourisme, source de richesse du pays. Les «condomini», la deuxième maison des bourgeois de la plaine, ont ébranlé la structure hôtelière en créant de graves problèmes aux administrateurs locaux.
Il faut maintenant inverser la tendance, éviter le plus possible la construction de nouvelles maisons en utilisant au contraire l'immense patrimoine des vieux villages, des vieilles maisons qui, réaménagés grâce à l'intervention publique sous forme de fonds de roulement, peuvent donner une réponse positive à la nécessité d'une habitation à la mesure de l'homme.
En même temps, une nouvelle politique hôtelière devra permettre un renversement du phénomène auquel nous assistons ces dernières années: les hôtels transformés en «condomini».

L'artisanat et le commerce.
L'artisanat, typique ou social et le commerce ont besoin de mesures concrètes surtout dans le domaine des structures, des moyens financiers et de la formation professionnelle. L'initiative individuelle existe, il faut lui donner la possibilité de se développer en favorisant une gestion coopérative surtout pour ce qui concerne la phase initiale (matières premières) et finale (commercialisation).
Ces structures, ainsi que la petite industrie, donnent les meilleures garanties de stabilité, continuité, maintien du niveau de l'emploi et aussi des services décentralisés sur la totalité du territoire qu'on ne pourrait réaliser autrement.

L'éducation et la vie culturelle.
L'école représente un des problèmes les plus importants pour le pays car elle a la triple mission de former le travailleur, le citoyen, l'homme valdôtain, et c'est tout dire.
Dans ce sens nous pensons qu'il faut donner la priorité à la transformation de l'école actuelle (enseignants, programmes) en une école valdôtaine, profondément enracinée dans le milieu et pouvant ainsi satisfaire aux exigences profondes du peuple, qui veut conserver depuis l'école maternelle jusqu'à l'Université sa personnalité ethnique.
Cela suppose une présence croissante du français, l'équivalence des diplômes universitaires européens, la réalisation de programmes scolaires dans lesquels le Val d'Aoste soit le protagoniste, la formation d'enseignants valdôtains dans l'esprit et la pratique.
L'école doit garantir le droit à la culture mais aussi le droit au métier. C'est ainsi que l'Administration Régionale, enfin en mesure de coordonner et de diriger les choix de l'école valdôtaine, devra, dans le cadre d'une planification démocratique, améliorer les conditions de l'entrée des jeunes dans la vie active.
Il est en même temps fondamental de sauvegarder notre patrimoine culturel d'expression française, allemande ou en patois soit par le truchement des associations culturelles existantes soit par la promotion d'initiatives nouvelles (théâtre populaire, moyens audio-visuels, etc).

Le sport.
Il est vivement souhaitable de diffuser l'activité sportive dans toute la Vallée par le moyen de structures communautaires qui donnent ainsi la possibilité aux jeunes de pratiquer leur sport préféré. La valorisation des sports traditionnels valdôtains (tsan, fiollet, rebatta), l'augmentation des contributions aux communes et aux sociétés sportives pour leur activité, la planification des nouveaux équipements sportifs pourra donner une réponse positive au besoin de loisirs et d'éducation sportive de notre jeunesse.

La promotion de la femme.
Le pays a besoin de la contribution que les femmes peuvent apporter à la vie économique, sociale, culturelle et politique. Aussi l'U.V. soutient les femmes dans la lutte pour la parification de leurs droits dans tous les domaines et surtout en matière d'emploi, de formation et de promotion personnelle, d’amélioration de leurs conditions de travail et de vie, pour le développement de leurs connaissances et de leur information.

La jeunesse
Deux grands principes sont à la base de l'action unioniste:
- encourager chez les jeunes l'exercice de leurs responsabilités dans la société;
- supprimer les inégalités en offrant à tous, jeunes filles et jeunes gens, des chances égales pour l'éducation, le métier, le travail, les loisirs, les sports et la culture.
Ce but sera atteint grâce à la participation massive des jeunes à la vie du mouvement et à leur entrée active dans l'action politique régionale, dans les "rapports avec les peuples frères de l'Europe, dans la gestion d'une action culturelle et sociale adaptée aux exigences réelles de notre jeunesse.
La Jeunesse Valdôtaine, organisation unioniste des jeunes jusqu'à 25 ans, a sa place importante dans les décisions politiques de l'U.V. et gère, dans l'autonomie, son activité parmi les jeunes dans les écoles et dans les lieux de travail.

La Santé.
L'U.V. s'attache à mettre à la portée de tous les Valdôtains une médecine de qualité axée sur la prévention, le diagnostic, les soins et la réadaptation dans un ensemble coordonné et humanisé où les besoins de la santé ne soient pas soumis à la loi du profit.
Une organisation rationnelle des structures sanitaires voit dans l'Hôpital Régional son centre d'action fondamental tandis qu'un centre «poliambulatoriale » devra être créé dans la Basse Vallée et servir de «filtre» avec les unités sanitaires locales.
La politique sanitaire devra surtout s'efforcer de se concentrer sur les mesures préventives, sur la réalisation de «consultori» et sur la formation et la qualification des agents sanitaires dans le cadre d'une gestion régionale et démocratique du secteur.
L'école et les lieux de travail représentent donc un champ d'action publique fondamental qui devra disposer de structures hospitalières modernes et de médecins capables, sur la base du principe que la santé est le bien le plus précieux de l'homme.

Les transports.
Une politique nouvelle des transports a comme objectif de créer, développer et organiser les moyens de transport en fonction des lieux d'habitation et de travail, d'améliorer leur rapidité et leur confort, de les rendre moins coûteux. Elle s'inscrit dans le cadre d'ensemble de la politique d'aménagement du territoire et sera définie et appliquée en liaison avec les communautés de montagne et les communes, avec le concours des organisations représentatives de la population.
La priorité doit être donnée aux transports en commun ou gérés par le secteur public. .
Les investissements nécessaires pour les infrastructures seront financés principalement par le budget régional avec le concours des collectivités locales.

Les prix.
Une réorganisation générale du secteur est indispensable, car le coût de la vie, en Vallée d'Aoste, est très élevé et exige des mesures concrètes aussi bien en ce qui concerne l'achat que la distribution.
La population valdôtaine ne doit pas payer les frais qu'un tourisme d'élite a fait augmenter; c'est pourquoi on doit organiser un contrôle des prix des produits de première nécessité et des matériels nécessaires à la formation et à la culture.
Les organisations de producteurs et de consommateurs doivent être aidées financièrement et contribuer à la stabilisation des prix.


LA VOIE UNIONISTE AU PROGRES

Le droit à l'information.
Le droit à l'information est un droit de l'individu et un élément fondamental de la démocratie. Mais l'information doit être liée à la réalité sociale du milieu et exige donc des opérateurs de l'endroit et un contrôle public. Aussi faut-il, dans les régions où sont présentes des communautés ethniques, soustraire l'information à la colonisation du centre.
Les mesures en faveur de l'information écrite doivent être augmentées de façon à permettre le pluralisme d'expression des idées, des opinions, des convictions.
La radio et la télévision, à l'échelon régional, doivent être gérées directement par l'Administration Régionale, en garantissant ainsi un véritable service public ouvert à la collaboration de toutes les forces politiques, syndicales et sociales du pays.

Les émigrés.
L'objectif prioritaire dans ce secteur est d'offrir à nos émigrés la possibilité de rentrer au pays et d'y occuper les emplois qui seraient disponibles. Pendant trop d'années les Valdôtains ont dû quitter leur terre pour chercher ailleurs des moyens de subsistance. Le moment est venu d'encourager leur retour qui, par ailleurs, serait extrêmement utile du point de vue ethnique et linguistique, la presque totalité de nos émigrés ayant choisi les pays francophones.
En même temps il est nécessaire d’intensifier les rapports et les contacts avec les colonies valdôtaines pour débattre et évaluer, ensemble, les problèmes contingents.

Le conseil régional.
Stimuler l'activité du Conseil Régional et diffuser à toute la population les résultats de ses travaux représente un des points du programme unioniste. Il faut que le peuple valdôtain puisse contrôler directement le comportement de ceux qu'il a élus pour la gestion du pays, tant au niveau de la Junte qu'à celui du Conseil et des commissions permanentes.
Le Conseil doit devenir l'expression réelle de notre communauté, la présence du français doit être massive et jouer un rôle toujours plus important dans toutes les expressions de l'activité de notre Assemblée régionale.

La décentralisation.
Les communes sont l'élément fondamental de la vie démocratique et, dans ce sens, on doit procéder à une œuvre coordonnée et progressive de décentralisation dans le cadre également d'une révision de la loi sur les communautés de montagne. Il faut, en effet, ne pas disperser les énergies dans une Région de 115.000 habitants où on assiste encore à une urbanisation croissante et à l'abandon de la montagne. La planification régionale, instrument indispensable pour une gestion positive de l'économie, devra trouver, dans un rapport constant avec les communes, les moyens les plus adéquats pour répondre aux besoins et aux nécessités de notre communauté.

Réforme de l’Administration Régionale.
Instrument essentiel d'une politique régionaliste, le personnel de l'Administration régionale ne doit pas se transformer en une bureaucratie sclérosée: il doit devenir un organisme moderne, vital, conforme aux nouvelles exigences de la communauté.
Il est donc nécessaire de réaliser un travail à long terme afin de planifier les structures administratives et de modeler les organes politiques de façon à obtenir des résultats nouveaux et satisfaisants.
Dans ce sens il faut aussi décentraliser quelques bureaux régionaux, notamment dans la Basse Vallée.

POUR UNE VALLEE D'AOSTE PLUS LIBRE UNIE AUX ETHNIES SOEURS DANS UNE EUROPE DES PEUPLES

Nous croyons pouvoir apporter une contribution positive pour sortir de la crise morale, politique et économique de l'Europe. En défendant et en valorisant les autonomies locales, en sauvegardant le particularisme de notre culture, par le moyen d'un programme de développement de notre terre élaboré démocratiquement, nous pourrons donner une contribution valable à la démocratie, dans l'esprit des idéaux de la Libération.
Pendant des décennies le Val d'Aoste a payé les conséquences de l'oppression nationaliste. Le moment est venu de reprendre le chemin unitaire vers la renaissance politique, culturelle et sociale de notre peuple avec les forces authentiquement valdôtaines, les communautés locales, les autres minorités ethniques européennes dans le cadre d'une Europe fédérale dans laquelle tous les peuples auront la même dignité et les mêmes droits.
L'Union Valdôtaine veut atteindre ce but par le moyen d'une vaste participation populaire, qui, partant des villages et des communes de notre pays, arrive, à travers un renouveau de la classe dirigeante, à la gestion des organes administratifs et des services sociaux du pays.
C'est alors que les femmes et les hommes valdôtains, ceux qui ont fait l'histoire de notre peuple, ceux qui malgré les pressions, les menaces, le mythe des partis, ont su conserver leur identité, leur culture, leur langue, leur patois, les valeurs authentiques d'une société ayant le sens de la dimension humaine, seront finalement maîtres de leur avenir, de leur terre.

M. PERRIN Joseph-César, Président

Pour une Vallée d'Aoste libre
Il y a huit mois et demi, le 28 mars, dans cette même salle, l’Assemblée, Générale des Mouvements Régionalistes, alors réunis en Fédération après un ample débat auquel participèrent de nombreux représentants des trois mouvements, donnait mandat aux organes centraux du R.V., de l'U.V.P. et l'U.V. de continuer l'action entreprise dans le but de réunifier les anciens tronçons du mouvement autonomiste. Le débat que nous avions fait alors nous, avait démontré, si encore il y en avait besoin, que les choses qui nous divisaient étaient petites et qu'il fallait donc les mettre de côté pour regarder aux grandes choses qui nous unissaient.Ce débat nous avait surtout prouvé incontestablement qu'il n’y avait pas, ou plus, de différences dans les principes que chacun de nos trois mouvements professait. Issus de la même matrice, nourris aux mêmes idéaux, ces trois mouvements avaient gardé, même dans les divergences de la lutte politique, l'attachement aux mêmes principes: ceux de la Jeune Vallée d'Aoste et que le chef de celle-ci, le martyr Emile Chanoux avait condensé en deux idées maîtresses: Autonomie et Fédéralisme. Mais à travers ce débat, l'Assemblée Générale des trois mouvements avait ce jour-là manifesté autant clairement la volonté de parvenir le plus tôt possible à là réunification. Obéissant à ce désir exprimé par la base, nous nous étions déjà mis au travail lorsque les élections politiques anticipées nous détournèrent, même si à contrecœur, de cette tâche. Cependant, si d'un côté ces élections ont retardé les temps de la réunification, d'autre part elles nous ont convaincu une fois de plus de la nécessité d'y arriver avant la fin de cette année. Ainsi, écarté péremptoirement l'hypothèse d'une fusion des anciens organes des trois mouvements ou de la nomination de la part de ceux-ci, selon un certain pourcentage, des membres devant constituer la nouvelle direction du mouvement - puisque cela aurait signifié vouloir imposer; - la réunification d'en haut -, nous avons voulu soumettre à la vérification de tous nos inscrits et de nos sympathisants la volonté de réunification et à leur choix la composition des nouveaux organismes de l'UV. C'est pourquoi, à partir du début de l'automne, nous avons fait le tour de toutes les communes de la Vallée pour constituer les sections unitaires. Et à cet égard il faut bien dire que partout, là même, ou là surtout, où l'UV n'avait jamais été présente jusqu'ici nous avons rencontré le même enthousiasme et la même volonté. C'est à ce moment là que, commune par commune, la réunification s'est faite avec la participation de vous tous. Et ce Congrès ne fait que sanctionner cet acte et cette volonté exprimés dans toute la Région.
S’agit-il d'une nouvelle UV? Non, car le nouveau mouvement autonomiste garde les principes qui ont été posés à la fondation de l'UV en 1945 et qui lui venaient d'un passé de résistance et de lutte à l'oppression centralisatrice de l'état italien, selon les idéaux de la Jeune Vallée d'Aoste. Mais en même temps Union Valdôtaine nouvelle, car le mouvement autonomiste unitaire veut affronter son action avec un esprit nouveau. Et cela nous l'avons marqué dans le premier article de nos statuts. Si en effet l'UV s'était préoccupée jusqu'ici de défendre le patrimoine ethnique et linguistique de notre peuple, maintenant cela n'est plus suffisant. Si nous restons retranchés derrière notre barricade, nous verrons ronger toujours plus ce patrimoine et nous serons destinés à disparaître du rang des peuples. Voilà pourquoi cette Union Valdôtaine nouvelle, revigorée dans son organisation et dans ses moyens intellectuels et matériels, affrontera la lutte politique d'une façon nouvelle, c'est-à-dire avec une action combattive, d'attaque, de promotion des caractères ethniques et linguistiques de notre peuple, afin que non seulement l'on ne doive plus assister au grignotement continuel de nos droits, mais que l'on puisse passer à une phase de reconquête de tous ces droits que le Statut Spécial prévoit mais qui sont restés inappliqués, de tous ces droits que les valdôtains réclamaient pendant la Résistance et que l'Etat italien à voulu ignorer, de tous ces droits enfin dont notre peuple voudra, au fur et à mesure, jouir parce qu'il croira que dans tous les domaines où il peut agir par lui-même, là il doit avoir compétence et pouvoir.
Pour promouvoir cette action de reconquête l'UV devra partir d'une exacte analyse de la réalité valdôtaine actuelle par rapport aux buts à atteindre.
Le peuple valdôtain aujourd'hui souffre d'une crise de conscience. Et comment ne pourrait-il pas être en crise, lorsque depuis l'école maternelle on lui inculque des modes de vivre, de penser, d'agir qui ne lui appartiennent pas? Lorsqu'on lui coupe tout lien avec notre passé? Lorsqu'en substituant une langue étrangère à la nôtre on lui imprime dans l'esprit une vision du monde dans laquelle notre peuple ne se reconnaît pas? Ainsi détruisant sa personnalité et son âme on a fait de notre peuple un être insûr, à la merci du plus rusé et du plus fort. Il nous revient de redresser cet état de choses par tous les moyens. Et même si la tâche est lourde, elle n'est pas impossible. Nous avons aujourd'hui parmi nous les représentants de peuples qui peuvent nous montrer le chemin de la résurrection ethnique, de peuples qui ont su avant tout prendre conscience de leur personnalité ethnique pour conquérir ensuite, unis, les buts qu'ils s'étaient fixés: suivons l'exemple des québécois, des sud-tyroliens et des jurassiens. Le peuple valdôtain souffre aussi d'une crise culturelle et sociale. En effet le pouvoir central à travers tous les moyens qu'il a à sa disposition a bouleversé notre culture, y substituant une autre culture et une autre civilisation qui à leur tour ont détruit notre mode de vie sociale et communautaire. Les valdôtains avaient su dans le passé créer une série de moyens, d'habitudes, d'expressions de vie communautaire qui répondaient à leurs besoins et qui s'adaptaient à leurs nécessités et à celles de leur patrie alpine et savoyarde. De nouvelles expressions culturelles et sociales risquent de nous rendre étrangers dans notre même patrie. Il est nécessaire et urgent d’entreprendre une action profonde et efficace dans ce domaine et de s'y engager de toutes nos forces pour redonner à notre peuple sa physionomie ethnique. Car c'est vraiment parce que nous avons perdu notre conscience de peuple, notre culture et notre civilisation que d'autres ont pu s'emparer aussi de notre économie.
Le peuple valdôtain souffre en effet aussi d'une crise économique, malgré l'apparent bien-être dont notre Région semble jouir par rapport à d'autres. Qu'a-t-il apporté l'industrialisation de la Vallée? Quelques bénéfices économiques certes, mais à quel prix? Au détriment et à l'encontre de valeurs bien supérieures, des valeurs réelles. Et que dire de cette nouvelle forme d'industrialisation qu'est le tourisme? De ce tourisme qui s'est emparé de nos sites les meilleurs, qui s'est emparé de nos terrains, qui nous a offert les Cervinia et les Pila, qui s'enrichit sur nos épaules, qui réexporte les capitaux et qui nous laisse quoi?
Quatre places de plongeurs et l’appauvrissement de nos beautés naturelles; la prolétarisation de nos montagnards par la vente de leur unique bien, la terre, pour faire, en revanche, de notre Vallée le dortoir des villes névrosées de la plaine.
De fait ne nous devenus une colonie intérieure.
Modifier cette réalité, voilà la tâche qui revient incontestablement à l'UV régénérée, en donnant aux Valdôtains la possibilité de s'autogérer et de progresser non selon des modèles imposés de l'extérieur, mais selon leur propre choix et leur volonté.
Pour cela nous devons atteindre une pleine autonomie politique et administrative. La pleine application du Statut va dans ce cens, mais elle ne suffit plus.
A l'encontre d'autres forces politiques nous ne voulons pas une simple décentralisation administrative. Nous voulons une vraie autonomie qui nous rende maîtres de notre destinée. Pour cela un dépassement des statuts actuels s'impose ainsi qu’une révision profonde qui nous permette de sortir de la tutelle exercée par l'Etat sur notre culture, sur notre économie, sur notre école, sur toutes nos autres institutions sociales, culturelles, politiques et administratives.
Et si nous réclamons cela ce n'est certainement pas pour nous renfermer dans notre coquille. Bien au contraire c'est pour faire éclater des habits qui nous sont devenus trop étroits à cause de leurs ouvertures unilatérales, à cause de leurs coutures contre nature. Au moment où partout les ethnies jusqu'ici minoritaires sont en train de s'éveiller, la Vallée d'Aoste aussi doit participer à ce renouveau s'ouvrant à son ancienne ethnie, s'ouvrant à l'Europe fédérale des Régions que tous ensemble nous devons essayer de bâtir et que les actuelles minorités doivent vouloir puisqu'elle représente l'unique possibilité pour effacer leur condition minoritaire. Bien loin de nous renfermer en nous-mêmes, nous voulons tout autrement nous ouvrir aux instances européennes et ce choix nous l'avons fait à travers le fédéralisme intégral.
Les futures années seront donc pour l'UV des années de lutte et de combat politique que notre Mouvement autonomiste devra mener d'une manière intensive et nouvelle. L'UV doit donc renouveler ses méthodes et l'apport intellectuel fourni par la réunification permettra et créera ce renouvellement.
Avant tout dans l'information. Celle-ci est maintenant entièrement dans les mains de nos adversaires politiques et elle est devenue un instrument docile de dépersonnalisation et d'aculturisation valdôtaines aux mains des colonisateurs étrangers. Notre presse, qui deviendra dorénavant hebdomadaire, notre radio et tous les moyens que nous retiendrons aptes à ces fins devront contrebalancer ce manque d'information valdôtaine.
Ensuite dans la formation. Il faut en effet que notre peuple prenne conscience de ce que signifie être autonomiste. Face aux moyens de propagande des idéologies dominantes, un autonomisme de sentiment ne suffit plus: il faut une conviction qui vienne de la raison. L'UV a en effet sa personnalité politiqué propre, sa doctrine que tout membre se doit de connaître parfaitement pour pouvoir la divulguer. Nous pourvoirons à ce travail de formation à travers la revue idéologique et doctrinaire mensuelle et par ces moyens déjà mis en acte ces derniers temps (conférences, publications, etc.) mais qui devront être intensifiés. Dans ce domaine nous privilégierons les jeunes que nous avons vu courir nombreux à notre appel lors des réunions pour la constitution des sections unitaires. Nous les suivrons dans l'école d'abord et sur les lieux de travail ensuite, puisqu'ils sont l'espoir de notre avenir. Nous aiderons de toute notre force la constitution de la Jeunesse Valdôtaine déjà en acte et dont nous avons voulu la présence à ce Congrès et dans les organes du Mouvement. Car les jeunes, n'ayant pas des intérêts personnels à défendre et obéissant uniquement aux impulsions de leurs idéaux, savent mener une lutte radicale. Or c'est vraiment d'un autonomisme radical que la Vallée d'Aoste a besoin et que notre mouvement veut porter de l'avant.
Ainsi cette réunification n'est pas un simple acte formel. Elle s'est donnée un contenu et un programme. Elle répond à deux questions: pour quoi et pour qui cette réunification?
Pour quoi nous l'avons vu: pour une Vallée d'Aoste libre de toute contrainte dépersonnalisant, pour une Vallée d'Aoste libre de toute aculturation, pour une Vallée d'Aoste libre de toute oppression économique, pour une Vallée d'Aoste libre de se gouverner d'elle même et de participer activement à la construction de l'unité politique européenne.
Pour qui. Pour tout le peuple valdôtain évidemment, car s'il est vrai que nous privilégions les classes les plus défavorisées (paysans, ouvriers, artisans, petits commerçants, etc.) il est aussi vrai que ces classes subissent une oppression économique plus forte que d'autres, tout le peuple subit l'oppression ethnique. Donc c'est à tout le peuple, que notre action doit être tournée. Dans ce sens le Congres de réunification n'a pas été le but que nous nous sommes posés. Il ne constitue que le commencement de l'unité valdôtaine, le noyau autour duquel devront s'unir tous les valdôtains qui croient ou qui croiront en ces paroles du martyr Emile Chanoux: "Il y a des peuples qui sont comme des flambeaux; ils sont faits pour éclairer le monde. En général, ce ne sont pas de grands peuples par le nombre; ils le sont parce qu'ils portent en eux la vérité et l'avenir".

Joseph-César Perrin

M. SALVADORI Bruno

Finalement unis!

Valdôtaines, valdôtains.
Si le 28 mars a été une grande journée pour notre Pays, le 12 décembre va représenter sans doute un moment historique fondamental pour notre peuple.
Nous vivons aujourd'hui, tous ensemble, avec et dans l'enthousiasme populaire qui nous fait connaître la vitalité nouvelle et exaltante de l'idéal autonomiste, le moment éternel des peuples qui veulent vivre et qui veulent façonner leur histoire de leurs propres mains.
C’est un appel que nous lançons au peuple valdôtain tout entier, c'est un programme politique et social qui veut et doit être la voie unioniste au progrès et qui exige de chacun de nous la participation et le consentement conscient d'hommes libres tels que nous sommes et nous voulons être.
Le 28 mars nous devions être en mesure de devenir l'âme de notre peuple, le moteur de la vie politique et il fallait construire un mouvement jeune, dynamique, nouveau dans sa structure moderne dans ses idées sociales tout en demeurant lié aux racines fédéralistes qui lui ont donné naissance.
Nous l’avons fait.
En effet l’UV du 12 décembre est jeunes, tout comme ses dirigeants élus dons l’âge moyen est de 35 ans, l’esprit de ses inscrits et de ses sympathisants, l’attention aux exigences de la Jeunesse Valdôtaine. Elle est nouvelle dans sa structure prévoyant la participation populaire comme un moment réel de démocratie. Elle est moderne et le fait d’avoir donné la présidence de ce congrès à une femme dont nous connaissons tous la dédition à la cause valdôtaine, Mlle Viglino, démontre l'intérêt que nous portons au rôle nouveau et au poids des femmes dans la vie sociale ainsi qu'à l'importance d'une action efficace pour améliorer la condition féminine.
Par acclamation, l'Assemblée Générale a approuvé le principe de la défense de la minorité walser de la Vallée du Lys, c'est un autre fait nouveau et important.
Nous serons aussi présents, activement et avec tout l'enthousiasme qui nous vient de cette renaissance autonomiste, dans toutes les batailles économiques et sociales qui demanderont la participation de notre mouvement pour la, sauvegarde et la promotion des intérêts de notre peuple.
Mais c'est à vous, valdôtains, et à tous ceux qui, dans le courant de cet automne unioniste, ont participé aux réunions pour la construction de notre mouvement nouveau, que, j’adresse un remerciement qui vient du cœur.
Car c’est grâce à chacun de vous, grâce à la poussé de nos gens des villages que nous avons finalement compris la nécessité de nous unir, l’urgence d’un acte de foi en notre passé et surtout en notre avenir, l’importance de pouvoir et de devoir prononcer partout, à haute voix, cette phrase qui doit devenir toujours plus fréquente dans nos communes « je suis fier d’être valdôtain ».
Souvent dans le passé on à essayé de tromper notre peuple soit avec le mirage des partis stato-nationaux, soit par les sirènes d'un faux régionalisme qui cachait derrière une façade autonomiste, une soif déchaînée de pouvoir personnel.
Notre réponse à ce faux régionalisme, à la tentative de substituer l'U.V. avec un mouvement fruit de décisions romaines, a été la réunification, la renaissance du véritable et authentique esprit autonomiste fruit et héritage moral de la Jeune Vallée d'Aoste, de la Résistance, d'Emile Chanoux.
Nous avons donc repris dans nos mains, mains valdôtaines, le flambeau de notre patrimoine ethnique et, depuis aujourd'hui on peut affirmer avec sûreté que l'U.V. est la seule force politique authentiquement autonomiste et valdôtaine.
Pour la première fois à un congrès unioniste, étaient présents les représentants des partis stato nationaux agissant en Vallée d'Aoste. Nous leur disons que l'U.V. veut transformer les prochaines années et surtout les années '80 en "moment unioniste" et cela signifie que nous voulons, avec la participation et l'engagement personnel de chaque valdôtain autonomiste, réaliser le slogan du passé qui affirmait: maîtres chez nous.
Certes, nous voulons construire, avec nos frères des mouvements autonomistes italiens et européens une société fédéraliste en Europe qui respecte les droits des peuples plutôt que ceux des états et pour cela nous sommes contre le néo-capitalisme et contre l'eurocommunisme, les deux historiquement et inévitablement destinés à suffoques les communautés ethniques.
Nous sommes pour le progrès social et économique de notre peuple, mais à condition que ce progrès soit géré par notre peuple, avec les instruments politiques et administratifs qu'il voudra choisir, avec les choix économiques qui ne lui soient pas imposés de loin mais qu'il décide en pleine liberté.
Valdôtaines, Valdôtains, nous avons ouvert le 12 décembre une porte sur le futur de notre pays. A' travers cette porte, si nous le voulons, si nous travaillerons unis, si chacun de nous, dans les limites de ses possibilités, donnera sa contribution à la cause valdôtaine, pourra passer une chance de vie meilleure pour notre communauté.
Nous vous demandons de nous aider à peindre ce futur avec les couleurs de notre drapeau: le rouge et noir.
Vive l'Union Valdôtaine.
Vive le Peuple Valdôtain.

Bruno Salvadori

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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