Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 16:44

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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2008 - Septième Congrès national


La motion finale

Le Congrès national de l’UV réuni à Saint-Vincent les 22 et 23 novembre 2008

REAFFIRME sa volonté de parvenir à concrétiser, par les voies démocratiques, les principes du fédéralisme global dans la construction d’une Europe fondée sur la souveraineté des peuples et l’auto-gouvernement des Régions ;

REVENDIQUE, dans cette perspective, son rôle central dans le débat politique valdôtain, en tant que porteur de l’idée autonomiste et fédéraliste de l’abbé Trèves, d’Emile Chanoux et de tous ceux qui ont oeuvré et oeuvrent pour la cause valdôtaine ;

RAPPELLE que sa raison d’être réside dans l’épanouissement des spécificités du peuple valdôtain, dans le cadre d’un monde globalisé où les différents peuples revendiquent, à juste titre, la reconnaissance de leur propre identité sur un plan d’égalité et de justice sociale ;

ENGAGE les organes du Mouvement :

  • à favoriser la coopération entre les communautés, pour parvenir à un dialogue ouvert et une meilleure compréhension entre les peuples du monde entier et, en particulier, avec ceux qui partagent avec les Valdôtains la langue française ;
  • à servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du peuple valdôtain au sein des institutions, à tous les niveaux, par une action cohérente et concrète, qui en ce moment de difficultés au niveau mondial demande la collaboration de tous les Unionistes, dans l’exercice de leurs responsabilités respectives ;
  • à mettre en valeur le rôle des jeunes dans la société valdôtaine, en encourageant leur participation active. Cette action devra viser en particulier:
  • dans le domaine culturel, à mettre en valeur, notamment dans l’école, l’université et la formation professionnelle des jeunes, le patrimoine identitaire des Valdôtains, qui sur le plan géographique, historique et linguistique font de notre peuple une communauté à l’avant-garde dans le processus d’intégration européenne, fondée sur un plurilinguisme qui devient de plus en plus indispensable de maîtriser ;
  • dans le domaine politique, à se confronter avec toutes les forces politiques et sociales, à partir des forces autonomistes et régionalistes, en tenant compte, pour les alliances, des différents niveaux institutionnels, dans le but de favoriser le processus de transformation de l’Etat italien au sens fédéral et d’assurer la progression de la Région vers une autonomie de plus en plus large et complète, par l’acquisition de nouvelles compétences et de nouvelles responsabilités par rapport à l’Etat central, et par le soutien aux collectivités locales, dans une perspective de subsidiarité ;
  • dans le domaine social, à stimuler et adopter les mesures nécessaires pour faire face aux problèmes structurels, concernant en particulier la famille et l’immigration, ainsi qu’aux problématiques contingentes qui se posent actuellement de manière particulièrement aiguë, en puisant dans les valeurs de solidarité qui sont à la base de notre civilisation, notamment dans les situations de « nouvelle pauvreté » qui se manifestent en Vallée d’Aoste aussi ;
  • dans le domaine économique, à intervenir de manière structurelle dans les secteurs stratégiques, tels que le tourisme, les grandes oeuvres et le rôle d’Aoste en tant que capitale et ganglion central du « système Vallée d’Aoste », et pour soutenir les petites entreprises agricoles, industrielles et artisanales, qui forment l’ossature de l’économie valdôtaine, dans le moment de difficulté qu’elles sont en train de traverser à cause de la crise financière globale.
Le Congrès national de l’Union Valdôtaine indique enfin, comme méthode pour réaliser les objectifs indiqués, une plus forte cohésion qui assure le maintien de l’unité du Mouvement et la convergence des efforts des organes internes et des élus : une cohésion qui doit se concrétiser aussi par la multiplication des occasions de rencontre et de discussion au sein des sections, qui demeurent le canal privilégié du contact avec les différentes réalités locales, et dans le cadre des différentes manifestations publiques qui seront organisées.

 

Ego Perron, motion programmatique

Ego Perron

Chers amis,

C’est un plaisir de retrouver cette Union Valdôtaine qui après des moments de difficulté est encore l’unique et le véritable Mouvement populaire de notre petite patrie. C’est avec le soutien de ma section, qui est en train de croître et de progresser après le départ de personnages de premier plan qui ont choisi d’autres parcours et qui viennent ici nous donner des leçons, que j’ai l’opportunité aujourd’hui de me présenter, encore une fois, face aux électeurs unionistes. Je remercie ma section de m’avoir demandé de proposer ma candidature pour un autre grand projet politique : la direction du Mouvement.

Je suis entièrement disponible parce que je ressens dans mon coeur que l’UV est aujourd’hui le point de repère le plus crédible, le plus cohérent et le plus sérieux pour les Valdôtains qui croient encore aux valeurs de l’autonomie, du fédéralisme et d’une identité culturelle et linguistique. Nous sommes encore le seul Mouvement véritablement enraciné sur le territoire régional, dans toutes les Communes, à commencer par la ville d’Aoste, qui mérite d’un point de vue politique une attention tout à fait particulière, comme pour la plus petite des Communes valdôtaines à laquelle nous prêtons la même attention.

L’Union reste le seul Mouvement qui, depuis l’après-guerre, n’a pas changé de symbole : un symbole qui représente le particularisme valdôtain. Je donne ma disponibilité parce qu’à l’avenir de grands défis attendent notre Mouvement. L’UV aura le devoir de réécrire l’autonomie de notre région : on ne doit pas se rendre face à la modernité, mais nous devons réussir à interpréter et à gouverner les changements, afin de savoir réagir et être prêts à rester les interprètes des espoirs et des désirs des Valdôtains.

Je suis convaincu que le président de l’UV, en cette période historique, du point de vue national et régional, a de grandes responsabilités, non seulement envers l’UV, mais aussi envers l’avenir de notre région. Nous vivons un moment difficile et décisif en ce qui concerne le monde du travail et celui de la famille.

J’ai beaucoup apprécié l’intervention du Président de la Région, qui a expliqué ce que l’Administration régionale est en train de faire pour affronter la crise. Il faut souligner l’engagement au premier plan de l’UV, pour essayer de donner des réponses concrètes afin que les familles valdôtaines puissent garantir leur bien-être et la possibilité de vivre dignement. Je pense que le grand succès du Mouvement lors des dernières élections régionales engage une certaine responsabilité: nous ne pouvons pas ignorer que les valdôtains, encore une fois, ont fait confiance à l’UV afin qu’elle puisse soutenir un projet concret et sérieux pour aborder les stratégies efficaces afin de retrouver une solidité économique et sociale.

Nous ne pouvons pas décevoir les Valdôtains qui attendent, de notre part, de la part de l’UV, que nous travaillions sérieusement et unis pour la Vallée d’Aoste. Je présente au congrès, et je le fais humblement, ma disponibilité à conduire une équipe, avec le Comité Fédéral, avec le Conseil Fédéral, avec le Congrès et l’UV. Parce que je suis convaincu que notre Mouvement doit continuer à être au centre de la politique valdôtaine, pour une politique autonomiste et fédéraliste, tant dans notre région qu’au niveau national, en ayant toujours comme point de repère les principes et les valeurs indiqués dans notre Statut.

Notre Mouvement doit soutenir, jour après jour, l’action de ses élus: au sein des Administrations communales, du Parlement et de la Région. L’UV a un rôle fondamental au sein du Gouvernement ainsi qu’au sein de la majorité régionale. Il faut qu’il y ait, entre les élus et le Mouvement, un dialogue continu et constant, en conservant chacun son rôle et son identité. Je pense que le congrès est un moment important aussi pour réaffirmer l’indépendance des deux niveaux: les élus et le Mouvement. Chaque niveau a ses caractéristiques et ses fonctions propres et son action doit être coordonnée et respectueuse des prérogatives de chacun afin de travailler ensemble.

Je pense que le Mouvement doit élaborer les idées, élaborer des projets, faire des propositions claires, être le pivot de l’action politique et ce sont les élus qui doivent travailler pour les mettre en place, toujours en ayant en tête le respect des rôles. Je pense qu’il est important que le Mouvement réaffirme, et en quelque sorte le congrès est là pour ça, la primauté du Mouvement. C’est important aussi que les élus retrouvent le Mouvement, parce que c’est là que le centre politique unioniste se situe ainsi que le sens plus profond d’être Valdôtains.

Je pense que les Communes ont joué et jouent un rôle tout à fait fondamental en Vallée d’Aoste, mais aussi dans notre organisation, nous devons travailler pour valoriser le rôle et les fonctions de nos Communes, de nos Administrateurs communaux parce qu’ils représentent le niveau politique le plus proche des citoyens. Ainsi le concept de proximité, à savoir le rapport entre les élus et les citoyens, est une garantie pour chacun d’entre nous. Les Communes restent le noyau de notre communauté et je crois qu’il faut continuer à investir sur elles, comme c’est ce qui a été fait jusqu’à maintenant, d’un point de vue aussi politique.

Notre Mouvement doit être au centre de l’échiquier politique et au centre aussi des rapports des différentes forces. J’estime que le point de départ est constitué par l’alliance entre les forces autonomistes qui gouvernent la région.

La ligne tracée a été comprise et partagée par l’électorat valdôtain. Nous devons travailler sur ce point et repartir pour d’autres batailles politiques : la première sera sans doute les élections européennes. Je veux également affirmer que, en quelque sorte, le cadre a été simplifié.

En Vallée d’Aoste, la concurrence augmente surtout dans l’aire autonomiste : nous ne sommes plus les seuls interprètes d’un message autonomiste et fédéraliste. La naissance de Vallée d’Aoste Vive et Renouveau Valdôtain oblige notre Mouvement à proposer un message encore plus fort et encore plus convainquant en termes de propositions et d’action.

Il faut que nous travaillions afin d’éviter que ces partis deviennent les interprètes d’une nouvelle politique autonomiste. J’ai l’idée d’un Mouvement qui doit être un point de repère pour ceux qui ont abandonné leurs idées originaires et qui peut-être aujourd’hui, pas par pas, entrevoient dans l’UV la possibilité de retrouver leur maison. De plus, c’est à nous de travailler dans les secteurs tels que la société au sein de laquelle notre message n’est pas passé, ou parce qu’il n’a pas été compris ou mal interprété.

Notre Mouvement doit être présent dans le panorama national. Il est indispensable de travailler afin que l’UV, qui a toujours oeuvré dans l’intérêt de cette communauté, sans préconcepts ni fermetures, ait des rapports et des relations avec tout le cadre politique italien. En ce sens, le travail de notre Sénateur, du Président du Conseil Régional et du Président de la Région, au niveau institutionnel, est fondamental.

Notre Mouvement doit intensifier et augmenter les rapports avec les autres minorités linguistiques d’Italie et d’Europe, notamment avec les «Peuples frères», étant donné, qu’en quelque sorte, nous partageons les mêmes principes: il est nécessaire que nous ayons avec ses réalités des confrontations constantes et des rapports politiques constructifs. Je présente au Congrès ma candidature pour conduire l’UV, avec une équipe, et relancer le concept d’identité valdôtaine.

Notre Mouvement doit soutenir le particularisme culturel et linguistique de la Vallée d’Aoste. C’est là la base de notre spécificité politique, de notre Autonomie aussi bien que du maintien de nos idées et de nos valeurs. Nous devons rebâtir l’organisation des sections: nous en avons parlé à chaque congrès. Les sections restent le pilier de notre organisation, notre point d’orgueil et notre force. Il est fondamental que ce rôle soit revalorisé et renforcé par les dirigeants du Mouvement, parce que les sections restent, en quelque sorte, l’instrument le plus efficace de pénétration capillaire du message de l’UV dans la société et pour la diffusion de nos idées et nos programmes.

Les sections doivent avoir des liens entre elles, afin d’obtenir une action coordonnée, avec des rencontres périodiques entre les Comités de direction, les élus au niveau local, et avec la relance des "Rendez-vous”. Nous devons reprendre l’organisation des "Rendez-vous”, peut-être d’une manière plus moderne. Il faut que les sections organisent, même en collaborant entre elles, outre la fête sociale traditionnelle qui est le moment fondamental où l’on a la possibilité de se retrouver, des rencontres diverses, des manifestations culturelles, sportives, récréatives et informatives. Un slogan peut être, à mon avis, adopté en ce moment : "repartons à la construction de notre base”.

Et encore, les jeunes: il s’agit d’un argument capital, parce qu’ils sont l’avenir de notre Région et de notre Mouvement, mais ils sont aussi le symbole de la continuité et de notre espoir. Souvent à la télé, mais peutêtre pas en Vallée d’Aoste, lorsque l’on aborde la question des jeunes, la politique italienne fait une prémisse: le jeune est synonyme de problème. Au contraire, on devrait adopter un autre esprit, celui de percevoir le jeune comme une opportunité, pour la Vallée d’Aoste et pour le Mouvement. Il faut penser à leur préparation politique, qui est très importante: nous en avons besoin.

Mais nous devons travailler aussi pour leur préparation professionnelle, pour que nous ayons des cadres capables un jour d’affronter les problèmes de la Vallée d’Aoste dans une optique valdôtaine. Je demande que les jeunes apportent leur enthousiasme à l’UV et qu’ils puissent ainsi stimuler les personnes plus âgées. Je pense aux nombreuses années que j’ai passées avec la Jeunesse Valdôtaine: je retrouve ici tous les jeunes qui étaient avec moi à cette époque et je pense au rôle important de l’UV dans la formation de leur vie.

Maintenant, je vois parmi eux des dirigeants, des médecins, des agriculteurs, des Conseillers régionaux, des syndics, des entrepreneurs, des mères qui à l’époque étaient des jeunes filles et maintenant, ils sont l’exemple de la manière dont une famille peut grandir selon des principes authentiquement valdôtains. Je pense que les jeunes doivent trouver au sein du Mouvement un lieu où ils puissent exprimer leurs idées. Je voudrais donc investir et travailler avec ce patrimoine d’hommes et de femmes: et si je suis élu, l’un des Vice- présidents devra nécessairement être un jeune de ce Congrès: je vais demander à David Follien s’il en a la possibilité et l’envie de s’engager au sein de notre Mouvement.

Nous devons investir sur la formation, avec la collaboration aussi de la Jeunesse Valdôtaine, afin de créer une véritable école de formation politique qui puisse préparer les nouveaux dirigeants de demain. A ce propos, nous devons trouver de nouvelles formules, comme la création d’un centre culturel ou d’une fondation, ou encore d’une association collatérale. Nous vivons dans une époque où la communication est fondamentale: grâce à une équipe, on devra se pencher aussi sur une nouvelle approche de la communication, parce que nous ne disons pas suffisamment tout ce qui est fait pour cette communauté.

Alors, essayons de travailler sur le "Peuple Valdôtain”, afin que notre journal reprenne son rôle d’instrument d’information du Mouvement, en redevenant le journal de toutes les familles de la région qui désirent connaître les idées de notre Mouvement.

Je pense aussi à la valorisation de notre présence sur Internet, avec un site moderne, qui puisse donner aux visiteurs toutes les informations sur notre Mouvement, sur notre identité politique linguistique et culturelle.

Une force politique comme l’UV doit nécessairement avoir un rapport étroit et continuel avec une organisation syndicale, qui est à la fois un point de repère dans le monde économique et du travail et un observatoire précieux du tissu social de notre société. Notre syndicat de référence est le Savt, qui à travers son histoire a toujours aidé notre Mouvement. Je crois qu’il faut renforcer et intensifier les rapports entre le Mouvement et le syndicat, en l’impliquant dans certaines décisions politiques.

Quelques mots encore sur les femmes. Les trente dernières années ont vu l’affirmation des femmes à tous les niveaux. La société a grandi, s’est améliorée, mais quand on parle du domaine institutionnel et politique, la progression des femmes semble avoir en quelque sorte ralenti. La politique est encore un privilège réservé presque exclusivement aux hommes. Il faut avouer que c’est encore une fois notre Mouvement qui garantit une présence des femmes au sein de la société de la politique, c’est notre Mouvement qui garantit la présence des femmes au Conseil de la Vallée. Nous devons réaffirmer la présence des femmes dans la politique et dans la société comme une valeur ajoutée. L’U.V. a une organisation collatérale féminine qui est l’Entraide des Femmes, qui a bien oeuvré, mais avec laquelle ont doit encore travailler pour donner la possibilité à davantage de femmes de s’engager dans la politique, en leur donnant la possibilité de concilier ce travail avec la famille.

J’ai proposé ma candidature très humblement et j’aimerais qu’on me donne la possibilité de travailler à plein temps parce que le Mouvement en a besoin. Je voudrais me dédier entièrement et complètement au Mouvement. Je ne présente pas cette candidature parce que je suis à la recherche d’une indemnité de Conseiller régional, ou parce que je suis à la recherche d’un poste. J’aime ce Mouvement, j’y ai consacré pratiquement toute ma vie, je retrouve là ma famille et j’aimerais – si l’on m’en donne la possibilité - continuer à m’engager au sein de l’UV. Je n’ai pas la possibilité, je l’avoue très franchement, de le faire gratuitement.

En tout cas, si le Congrès me manifeste sa confiance, j’accepterais très sereinement la décision du Comité Fédéral. Je veux remercier ceux qui nous ont permis d’arriver jusqu’à ce congrès, où l’UV est, en même temps, ancienne et moderne. Je remercie les Vice-présidents qui nous ont amenés jusqu’ici, j’espère avoir la possibilité de travailler avec une équipe renouvelée dans un esprit de continuité. J’espère quand même que des personnes comme Ugo Voyat puissent donner à nouveau leur disponibilité pour travailler pour le Mouvement et s’engager, en première ligne, dans cette équipe qui conduira l’UV vers les défis du futur.

Pour conclure, je serais honoré de pouvoir représenter tous les unionistes en tant que Président du Mouvement. Comme candidat je ne m’oppose à personne, je veux seulement mettre au service de l’UV l’expérience, la mienne, de toutes ces années de travail, comme simple adhérent, membre de la Jeunesse Valdôtaine, Conseiller régional et Président du Conseil Régional. Ce parcours m’a beaucoup apporté, m’a permis d’être présent au sein de cette famille, une famille que j’aime. Ce parcours m’a permis de rencontrer beaucoup de Valdôtains et d’Unionistes, de partager avec eux leurs problèmes, leurs idéaux, leurs rêves. J’aimerais, à présent, pouvoir redonner au Mouvement tout ce que l’UV m’a apporté pendant ces années.
Vive l’Union Valdôtaine!
Vive la Vallée d’Aoste!

Dino Viérin, motion programmatique

Dino Viérin

Nous vivons une période difficile marquée par une crise financière mondiale sans précédent qui a de lourdes retombées et sur l’économie dans son ensemble et sur le pouvoir d’achat des consommateurs et qui, vraisemblablement, nous portera – au cours de l’année prochaine – à une phase de récession, sinon de dépression ou de stagflation du système économique. Par ailleurs, des modifications ou des réformes importantes touchant les institutions, les différents secteurs de l’administration publique ou la notion d’Etat providence et de service public ont été approuvées ou bien sont prévues ou annoncées à Rome ou à Bruxelles.

Cet état de choses se répercutera forcément sur notre Pays d’Aoste et sur son autonomie et ira s’ajouter aux problèmes existants et aux réformes nécessaires pour sa modernisation. Or, si nous voulons réussir à surmonter ces obstacles, maintenir notre capacité d’autogouvernement et continuer à promouvoir le développement du Val d’Aoste ainsi que son identité francophone et sa spécificité territoriale de pays de montagne, un effort commun doublé d’initiatives efficaces et concertées s’impose.

Pour ce faire, une forte cohésion, une prise de conscience des enjeux et des responsabilités qui nous incombent, alliées à une action politique vigoureuse et éclairée pour maîtriser les changements en cours s’avèrent aussi nécessaires, voire indispensables. Nous avons donc besoin à la fois du concours de tout le monde et d’un Mouvement ferme sur les principes et les idéaux, uni et bien organisé, fort, fiable et capable d’être à l’écoute et de parler au coeur des gens. A cet égard, l’Union Valdôtaine doit remplir sans réserve sa fonction politique fondée sur les binômes particularisme et ouverture, tradition et progrès, innovation et compétitivité, se faire le gardien des véritables valeurs du peuple valdôtain et, parallèlement oeuvrer pour un nouvel essor culturel, économique, social et institutionnel du Val d’Aoste entier. Et ce, en exerçant pleinement sa mission de maison commune de tous les Valdôtains, en valorisant toutes les compétences disponibles, notamment celles des jeunes générations et des femmes, en faisant de l’unité dans la diversité sa devise incontestable, avec l’abandon de toute logique fondée sur l’exclusion, et en donnant enfin un nouvel élan à son organisation, à ses sections, à la participation de ses adhérents, à son activité, ainsi qu’à ses idées et à ses initiatives.

De plus, l’Union Valdôtaine, aux termes de l’articles 1er de ses statuts, est un mouvement politique qui se rattache aux principes du fédéralisme global et qui a comme finalité d’assurer l’épanouissement du caractère ethnique et linguistique du peuple valdôtain. Ainsi aspiret- elle à l’unité du peuple valdôtain à travers l’unité du Mouvement et a-t-elle une identité propre qui ne saurait être confondue avec les divisions politiques traditionnelles « droite-gauche ».

Par ailleurs, pour atteindre ses buts, elle se doit de rechercher la collaboration d’autres partenaires politiques – notamment les forces autonomistes et régionalistes – qui partagent son programme, afin non seulement de respecter le pluralisme de notre société, mais surtout de mieux gouverner et de mieux maîtriser les défis de notre temps. Mais, pour ce faire, il est aussi nécessaire de réaffirmer que les élections se situent sur des plans différents selon leur nature et la dimension territoriale concernée et que l’approche politique et les alliances y afférentes peuvent donc elles aussi être différentes.

Le Congrès représente, à cet effet, l’occasion idéale pour préciser ces orientations et repartir ainsi tous ensemble, tous unis pour la réalisation du projet politique de l’Union Valdôtaine, sous la conduite d’un nouveau Président et d’organes renouvelés. A ce propos et pour atteindre ces objectifs, j’ai accepté la proposition de la section de Jovençan et je me suis déclaré disposé à assumer les fonctions de Président de l’Union Valdôtaine, fonctions qui demandent un engagement constant et comportent de grandes responsabilités.

J’ai estimé, en ce moment de difficultés, qu’il était de mon devoir d’apporter ma contribution et de mettre mon expérience au service du Mouvement pour relancer son action, la renforcer, l’intensifier et, compte tenu de la confiance et de la responsabilité dont les électeurs continuent à nous investir, de satisfaire au mieux, en étroite collaboration et de concert avec le Gouvernement valdôtain, aux exigences réelles de la communauté valdôtaine. Et ce, pour l’Union Valdôtaine et le Val d’Aoste et non contre quelqu’un ou quelque chose, pour unir et non pour diviser, pour l’essor du peuple valdôtain sur la base d’un projet et d’une action politiques partagés, en m’investissant à plein temps et sans prétendre à une indemnité annuelle de fonction.

D’autre part il s’avère nécessaire :

  • d’axer l’action du Mouvement – sans oublier la communauté Walser – sur la promotion de l’identité du peuple valdôtain et la sauvegarde de sa civilisation et de ses langues ainsi que sur son essor économique et social, avec une attention particulière au monde de l’école, de l’Université et aux phénomènes migratoires ;
  • de relancer, selon la ligne politique établie par le Congrès et sans confusion de rôles et de fonctions, l’action politique du Mouvement – notamment en matière de fédéralisme et de réformes institutionnelles – ainsi que sa centralité, avec le concours des élus de l’Union Valdôtaine au Conseil de la Vallée et au Parlement italien et sous l’impulsion du Comité Fédéral, dont la composition devra prendre en compte le critère de la représentativité territoriale et où tous les grands thèmes devront être débattus et les orientations définies, avec la nomination de commissions de travail et de responsables chargés de suivre les différents dossiers et volets de la politique valdôtaine ;
  • d’appuyer l’action du Gouvernement valdôtain et de son Président en lui assurant un soutien constant et une collaboration loyale et fructueuse ;
  • de repenser le fonctionnement des sections et le processus de formation de leurs décisions et partant, de relancer et de valoriser davantage leur activité au sein de la communauté, d’entretenir avec elles un dialogue constant et de leur garantir un soutien efficace en termes d’organisation et de propositions, évitant ainsi la transformation du Mouvement en parti purement électoraliste ;
  • d’assurer un lien constant avec les collectivités locales et de soutenir la réalisation de leurs programmes, en premier lieu ceux de la commune d’Aoste en raison de l’importance culturelle et touristique de celle-ci, des services publics qu’elle offre et de ses fonctions de capitale du Val d’Aoste ;
  • d’être attentif aux exigences des jeunes – ils représentent notre Futur – afin qu’ils puissent jouer un rôle actif dans notre société et au sein du Mouvement et de favoriser la présence des femmes dans la vie sociale et politique ;
  • d’organiser des activités de formation politique, culturelle et administrative pour nos élus, cadres et adhérents, ainsi que les «Rendezvous » valdôtains à travers la Vallée, moment important de rencontre, d’information, de débat et de socialisation ;
  • de renouer contacts et liens avec les autres minorités ethniques et linguistiques ainsi qu’avec les régions francophones par le biais d’échanges, de projets et d’initiatives communes.
Sur ces bases, avec un esprit renouvelé et en tenant compte des erreurs commises dans le passé, nous pouvons, par une action partagée, faire encore de l’Union Valdôtaine un lieu ouvert de dialogue, de participation, de débat et de concertation, où l’on puisse travailler avec enthousiasme et confiance pour la réalisation d’un projet d’avenir pour notre Pays d’Aoste.
Nous pourrons ainsi écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Union Valdôtaine.
Faisons-le tous ensemble.

Claudio Brédy et Ugo Voyat, rapport des Vice-présidents

Claudio Brédy et Ugo Voyat

Bonjour à vous toutes et à vous tous amis unionistes.

Le Congrès est une occasion importante pour faire le point sur la situation politique, sur les activités et l’état du Mouvement, mais également sur la période que nous vivons, sur le cadre social, économique et culturel qui nous entoure et sur les perspectives futures. Ces différents aspects seront amplement affrontés par les interventions qui suivront au cours de ces deux journées.

Nous, en tant que Vice-présidents qui, pendant ces six derniers mois, avons eu la tâche de porter le Mouvement jusqu’à ce Congrès, nous devons avant tout faire un compte rendu sur l’activité de ces deux années et demi et sur l’état du Mouvement. Nous vous rappelons que ce groupe de dirigeants, guidé jusqu’au mois de juin 2008 par Guido Cesal, a oeuvré à partir du Congrès national de l’UV en juin 2006. Un Congrès qui s’est déroulé pendant une période difficile pour le Mouvement : en effet, nous sortions de la défaite des élections législatives, d’une saison de profondes déchirures internes, d’abandon du Mouvement de la part de plusieurs inscrits, etc. Dans un climat de tension, mais qui avait aussi enregistré des échanges dialectiques vivaces et un grand nombre d’intervention et de propositions, les Unionistes réunis au Congrès avaient su tracer un parcours pour sortir de cette situation, pour la dépasser et pour essayer d’inaugurer une nouvelle saison dans la vie de l’UV. A cet égard, le Congrès avait approuvé de nombreuses motions, une révision de certaines parties du Statut et avait demandé à tous les Unionistes et notamment au nouveau président, Guido Cesal, et aux nouveaux dirigeants de l’UV, d’oeuvrer avec force pour relancer le Mouvement, pour reconquérir la confiance et le consensus qui avaient été perdus, pour remettre au centre de la vie politique le Mouvement et ses organes, à commencer par les sections, pour bannir les personnalismes, pour se mettre à l’écoute des inscrits, pour favoriser la socialisation à travers des occasions de rencontre, pour favoriser la diffusion de la culture unioniste, pour reprendre les contacts avec les peuples frères et beaucoup d’autres choses encore.

Aujourd’hui, après deux ans et demi, nous sommes ici pour tenter de tracer un premier bilan, que nous soumettons à l’attention et au jugement du Congrès. Le point de repère de l’action du Mouvement pendant cette période a été, évidemment, le mandat du Congrès.

Tout d’abord, nous estimons que, par rapport à la situation en 2006, le bilan qui peut être tracé est positif, même si nous estimons également que certains problèmes persistent et que beaucoup reste à faire pour affronter de façon adéquate les défis de notre futur. Une autre considération à souligner est que le Mouvement a dû consacrer une grande partie de son énergie, et il ne pouvait qu’en être ainsi, au tourbillon de rendezvous électoraux qui se sont succédé dans notre région, surtout à partir de 2007. En effet, comme vous le savez bien, nous avons affronté trois rendezvous électoraux en six mois environ et à ce propos, par rapport au mandat, reçu par le Congrès, de reconquérir la confiance et le consensus perdus, nous avons certainement accompli des progrès et remporté des succès importants.

Le premier défi électoral que nous avons dû affronter fut celui des référendums. Ces référendums concernant la loi électorale et l’hôpital ont constitué, nous le savons bien, une tentative, de la part d’un rassemblement hétérogène des forces politiques qui regroupait des anciens et des nouveaux adversaires de l’UV, d’« abbattere il palazzo », voire d’anéantir l’UV, comme ces derniers l’avaient clairement affirmé. Ce projet a été repoussé sans équivoques par une large, très large, majorité de la population valdôtaine, qui a compris notre message, un message qui a expliqué aux Valdôtains, durant différents moments de confrontation, de débat et d’information organisés par le Mouvement, les raisons du « non vote », un « non vote » actif, visant à la sauvegarde de la démocratie représentative et du rôle du Conseil régional contre toute tentative d’utiliser l’instrument référendaire d’une façon massive et envers une matière complexe à savoir la matière électorale, qui ne peut pas être réglementée par un simple « oui » ou « non ». A ce propos, nous rappelons que l’UV, en cette occasion, s’est placée à nouveau au centre de l’échiquier politique valdôtain en mettant autour d’une table toutes les forces politiques, à l’exception d’une, présentes au Conseil régional afin de proposer une nouvelle loi électorale qui a représenté une réponse nécessaire contre l’utilisation démagogique de l’instrument référendaire, mais également une réponse à une exigence de rénovation de la législation en matière électorale.

De notre point de vue, la loi électorale approuvée n’est pas une loi parfaite, et ne représente pas le texte que nous aurions voulu, parce que celui-ci a été forcément le résultat d’un compromis parmi les différentes forces politiques qui l’ont approuvé au Conseil avec 30 voix sur 35. Mais il ne faut pas oublier que cette loi refuse certaines solutions contraires à nos principes qui avaient été proposées par les référendaires et, en même temps, celle-ci apporte des améliorations aux mécanismes institutionnels à travers une série de nouveautés importantes. Mais il ne faut surtout pas oublier que le fait de rester passif face aux propositions des référendaires aurait affaibli énormément notre position et celle du Conseil régional au moment du référendum.

En ce qui concerne les élections du mois d’avril 2008, elles n’ont pas entraîné le succès souhaité par les Unionistes, mais elles nous ont permis d’envoyer, à nouveau, un représentant de l’UV, Tonino Fosson, au Parlement italien et cela est très important parce que nous estimons que pendant une période si délicate sur le plan des rapports avec Rome, il s’avère fondamental d’avoir un représentant de l’UV au Parlement italien et aussi parce que, deux ans après la défaite de 2006, ce résultat n’était pas du tout escompté, même si le climat de la campagne électorale avait fait espérer une pleine affirmation des deux candidats unionistes. D’ailleurs Ego Perron, notre candidat à la Chambre a perdu pour une centaine de voix seulement. A ce rendez-vous électoral, l’UV avait décidé de présenter deux candidats unionistes – et nous les en remercions – qui représentaient toute la coalition autonomiste et fédéraliste, et ce choix a été très apprécié par les Unionistes et par les Valdôtains.

Les élections régionales de 2008 ont apporté au Mouvement un nouveau succès, peut-être inattendu de par ses dimensions : 17 élus au Conseil de la Vallée ( un en moins qu’en 2003 ) est, en effet, un résultat dont la majorité des Unionistes ne s’attendait pas après les nombreuses vicissitudes de la précédente législature et les élections législatives en 2006, même si les résultats des référendums et des élections législatives avaient clairement indiqué une nouvelle croissance de la confiance et du consensus envers l’UV. Il faut aussi souligner que, parmi nos élus, le président Rollandin a obtenu un résultat personnel remarquable. Cette victoire signifie donc que les Valdôtains ont encore confiance en l’UV, que notre alliance a été jugée favorablement, que notre programme, qui veut « Gouverner les changements », et le programme proposé en commun avec nos alliés ont été appréciés, que les candidats, hommes et femmes provenant des quatre coins de notre Vallée que nous avons proposé à notre communauté se sont révélés, encore une fois, être les candidats gagnants.

Ces résultats sont le fruit du travail de tous les Unionistes, à partir de l’action précieuse des sections sur le territoire. C’est pour nous l’occasion, aujourd’hui, de remercier tous les Unionistes qui ont travaillé au sein des sections, les organes, les institutions ou ceux qui simplement ont contribué, en silence, au succès du Mouvement. Nous remercions, également, tous les Valdôtains qui ont décidé de confier à l’UV, encore une fois, la tâche de gouverner la Vallée d’Aoste.

Nous avons cité tout à l’heure les alliances. A ce propos, il faut dire que le Mouvement a essayé, à plusieurs reprises, de respecter l’un des mandats du Congrès, qui était de tenter de se rapprocher des DS gauche valdôtaine, par la suite devenus PD. Mais l’attitude de nos anciens alliés a été totalement fermée. Nous en prenons acte, comme nous prenons acte de la réussite, après un début négatif sur le plan électoral, de notre alliance autonomiste et fédéraliste. Avec Stella Alpina et Fédération Autonomiste, que nous remercions de leur présence à notre Congrès et pour avoir partagé loyalement ce parcours avec nous, nous avons su être patients et rebâtir les bases de notre rachat. Aujourd’hui, nous pouvons dire que cette alliance est solide et qu’elle a remporté la confiance des Valdôtains.

Le cadre politique autour de nous s’est beaucoup modifié au cours de ces deux années et demi et encore davantage après les élections régionales. Des élections régionales qui ont sanctionné la disparition du panorama du Conseil de la Vallée des forces de la gauche radicale, tandis que de nouveaux sujets politiques ont obtenu des sièges au Conseil. Le cadre actuel voit s’opposer à l’alliance autonomiste et fédéraliste le Popolo Delle Libertà, qui représente, avec le PD, la nouvelle variante du bipolarisme italien, un bipolarisme qui est totalement contraire à l’idée d’autonomie exprimée par l’UV. Le PDL, rappelons-le, allié avec les anciens fascistes d’Alleanza Nazionale. De plus, il y a un rassemblement hétérogène composé par VDA Vive et Renouveau, qui a certainement intercepté une partie, même si modeste, du vote unioniste, étant donné que ces groupes politiques sont composés pour beaucoup par d’anciens Unionistes, mais aussi par une partie consistante du consensus de l’extrême gauche, disparue du Conseil régional et du Parlement italien.

Ce rassemblement semble trouver sa principale raison d’être dans un anti-unionisme farouche. Dernièrement, ils sont en train d’expérimenter de nouvelles alchimies, sans trop de succès semble-t-il. Mais la donnée la plus importante par rapport à toutes ces forces d’opposition qui voulaient incarner le « nouveau », c’est que la grande majorité des Valdôtains a choisi, encore une fois, l’UV, a choisi l’alliance autonomiste et fédéraliste dont l’UV est le pilier.

D’ailleurs, l’UV reste, en Vallée d’Aoste, l’unique mouvement politique réellement populaire, enraciné partout sur notre territoire et pour cela capable de donner des réponses ponctuelles aux besoins, aux exigences les plus différentes d’un territoire qui, même s’il est petit, est d’une grande complexité morphologique, culturelle, économique, sociale et humaine. Mais, en continuant à discourir sur l’activité accomplie, nous devons rappeler que le Mouvement, même s’il a été fortement focalisé sur l’activité électorale, a aussi travaillé pour répondre le plus possible au mandat du Congrès :

  • en ce qui concerne les rapports avec les sections, au début le Président et les membres du Comité ont rencontré toutes les sections pour une confrontation ouverte. Ensuite, le Comité a toujours essayé de garantir la présence d’un de ses membres ou d’un élu à toutes les réunions des sections, surtout pendant les moments les plus délicats. Durant une certaine période, la présence hebdomadaire d’un membre du Comité a été garantie au sein des sièges périphériques du Mouvement. Des actions pour améliorer et accroître la communication à l’extérieur, mais aussi pour donner plus de visibilité aux sections, ont été mises en place, par exemple à travers la modernisation du site Internet.
  • Nous avons repris les contacts avec les peuples frères, notamment avec les amis jurassiens, en portant notre message à leur fête annuelle, et de manière plus générale avec les amis qui font partie de la conférence des peuples de langue française ( québécois, rassemblement pour l’unité de la francophonie, etc. ). Nous avons participé aux travaux préparatoires de la conférence 2008, qui s’est tenue au Québec, où nous étions présents avec un représentant du Comité fédéral.
  • Il faut ensuite rappeler que le Mouvement s’est mobilisé, avec ses alliés, pour recueillir les signatures de la pétition pour le maintien de l’exemption fiscale sur les carburants et cela pas seulement en raison de l’aspect économique de la question mais surtout par rapport au respect de notre Statut d’autonomie. La pétition intitulée « Respectez le Statut » a recueilli environ 21.000 signatures et pour le moment l’exemption fiscale ne nous a pas été ôtée.
  • Le Mouvement s’est penché aussi sur les coûts de la politique, à tous les niveaux, s’agissant d’un autre thème sur lequel le Congrès nous avait donné mandat de réfléchir. Dans le programme électoral de la nouvelle législature, ce thème a été repris et une première discussion interne autour d’un projet de loi en la matière a été abordée.
  • Grâce surtout à la bonne volonté des sections, des moments d’agrégation et des rencontres sur des thèmes d’actualité ont été organisés : je rappelle à titre d’exemple la fête de l’hiver en 2006 dans la basse Vallée. D’autres aspects auraient dû être porté de l’avant ( par exemple, les cours de formation ou la modification de certains aspects organisationnels ) ou mieux développés, mais les problèmes contingents et le fort engagement électoral nous ont obligés à nous pencher sur les urgences et à faire des choix prioritaires.

Nous voulons encore rappeler un moment de difficulté vécu par le Mouvement assez récent: la sentence qui a sanctionné l’inéligibilité de deux de nos élus au Conseil de la Vallée a sûrement mis en difficulté le Mouvement, nos Conseillers et le Gouvernement, mais face à ce problème, qui aurait pu provoquer des réactions dangereuses et des déchirements et que nos adversaires n’ont pas manqué d’instrumentaliser, l’UV a su réagir de manière compacte et avec une prise de position presque totalement unitaire qui a su, pour le moment, dépasser cette phase difficile. 

Certes, il reste l’amertume que deux élus de l’UV, Carlo Norbiato et Albert Lanièce, ont été privés de leur siège au Conseil de la Vallée, un siège qu’ils avaient conquis sur le terrain. A ce propos, nous voudrions leur exprimer, au nom du Mouvement, notre solidarité et notre soutien dans un moment qui est pour eux sûrement difficile. Nous voudrions, également, souhaiter un bon travail à Piero Prola et à Gabriele Maquignaz, qui ont pris leur place au Conseil.

Les succès électoraux et la capacité de l’UV de se relever encore une fois après une grave crise sont certainement des faits très importants, mais il ne faut pas cacher que des problèmes persistent, des soucis liés au présent et au futur du Mouvement face à son évolution interne et à l’évolution de notre société, des problèmes qui concernent la crise socio-économique qui touche toute la planète, des soucis face à l’évolution du système politique italien et de son attitude envers les Autonomies spéciales. Par exemple, il est nécessaire de se demander pourquoi un Mouvement tel que l’UV, qui a un succès électoral si fort, à la place d’augmenter ses inscrits, enregistre depuis quelque temps une diminution des adhérents. Il faut réfléchir sur le fait que, dans beaucoup de sections, le nombre d’inscrits est tellement bas qu’il n’y a plus de distinction entre le Comité de direction et l’assemblée ou encore sur le fait que souvent la participation active à la vie du Mouvement concerne seulement une minorité des inscrits et que les initiatives locales, sauf pour des exceptions louables, sont plutôt rares et difficiles à mettre en place.

Et encore, il faut réfléchir sur le fait que l’une des données qui ressort de l’analyse du vote, et cela est évident en analysant les élections législatives, est que nous avons perdu une partie de l’électorat des jeunes. En effet, les votes obtenus pour l’élection à la Chambre ( pour laquelle les mineurs de 25 ans votent aussi ) de la part de notre coalition ont été moins nombreux que ceux obtenus pour l’élection au Sénat. Cette donnée nous indique, comme une certaine difficulté pour notre Mouvement d’attirer les plus jeunes vers la politique active – que c’est un problème qui touche tous les partis politiques – et cela doit nous faire réfléchir parce que toute organisation politique n’a pas de futur sans les jeunes générations qui en recueillent l’héritage culturel, un héritage auquel croire, qu’il faut soutenir, défendre et faire progresser.

De manière plus générale, nous vivons une époque difficile, de crise économique et sociale, de crise environnementale, de changements sociaux et culturels profonds et qui posent des défis énormes – par exemple une migration désormais biblique vers les pays riches –, d’une crise des valeurs qui n’a jamais été si profonde, parce que le besoin de retrouver des repères et des valeurs n’a jamais été aussi fort. En plus et en même temps, nous vivons un moment historique où les dangers pour notre autonomie se multiplient, mais de cela comme de la crise mondiale en cours, le Président de la Région et les autres rapporteurs pourront vous en parler plus en détail. Ce qui est certain, c’est que des moments difficiles nous attendent.

Dans un tel contexte historique, il est plus que jamais nécessaire, de notre part, de lancer un message fort, de prouver la vitalité de l’UV à tous les niveaux et, par conséquent, pas seulement au niveau électoral. Il faut prouver notre attachement et celui du peuple valdôtain à notre système autonomiste et fédéraliste, à notre identité. D’ailleurs, le modèle de Vallée d’Aoste que l’UV soutient depuis toujours est aujourd’hui, face aux risques et aux défis de la mondialisation, d’une grande modernité : le fédéralisme personnaliste, qui met l’homme au centre de toute action politique, conjugué avec l’autonomie spéciale et une remarquable identité culturelle et linguistique, représente la meilleure réponse à l’appauvrissement de la diversité culturelle, à l’aplatissement des modèles de vie individuelle et sociétaire, à la faiblesse de l’économie traditionnelle face à l’économie globale.

Toute crise peut être contrastée par notre modèle valdôtain, et c’est surtout à l’UV de l’employer pour protéger notre spécificité sans pour cela se tenir à l’écart de l’évolution du monde, sans ériger cette spécificité en piège idéologique mais, bien au contraire, en se proposant de façon ouverte au reste du monde avec la force et l’originalité de notre identité.

En arrivant à la fin de ce rapport – qui se veut aussi un passage des consignes au futur Président de l’UV – nous avons apporté quelques exemples des problèmes qui aujourd’hui concernent notre Mouvement et qui dès demain seront posés à l’attention du nouveau Président de l’UV. Un Président qui, nous l’espérons, sera le Président de tous les Unionistes et auquel nous faisons à l’avance, en tant que représentants sortants de l’UV et donc au nom de tout le Mouvement, nos voeux les meilleurs de bon travail, à lui et aux nouveaux dirigeants qui devront guider l’UV.

En guise de conclusion, nous, viceprésidents de l’UV, désirons remercier toutes les personnes qui ont collaboré avec nous pendant cette phase de transition et, de manière plus générale, tous ceux qui ont contribué à la gestion et au progrès du Mouvement en cette période difficile et complexe : à Guido Cesal et aux autres membres du Comité fédéral, aux membres des autres organes du Mouvement : du Conseil fédéral, de la Conférence des administrateurs et de la Conférence des Présidents de Section, et puis à la Jeunesse, à l’Entraide des femmes, aux candidats lors des différentes compétitions électorales, aux élus de la précédente et de l’actuelle législature et à notre représentant au Parlement italien et naturellement et surtout aux sections et à tous les Unionistes.

La force de l’UV a toujours été d’être capable, dans les moments de difficulté et de défi, d’agir en laissant de côté les personnalismes et les querelles. Même si, pendant cette période, des moments ont existé où les tons, à l’intérieur, ont été âpres, nous croyons qu’aujourd’hui, nous sommes appelés à tourner la page et à essayer d’inaugurer une nouvelle saison d’unité, cette unité dans la diversité qui depuis plus de soixante ans fait partie, malgré tout, de notre patrimoine d’idées et de notre action politique.

Vive la Vallée d’Aoste

Vive l’UV

Anna Bioley

Anna Bioley

La politique menée par l’E.F.V. a, depuis toujours, été de s’insérer dans la société valdôtaine en oeuvrant, sans trop de clameur, pour l’amélioration de la situation féminine, mais pas seulement : avec les petits pas on va loin. L’E.F.V. toujours plus ancrée dans le tissu social institutionnel à travers la participation de ses membres aux travaux de la C.R.F., de la Commission Santé et de celle de la Culture, a décidé aussi de former un petit groupe de travail qui se penchera, au sein de la Commission Santé, sur le problème des Nouvelles Pauvretés qui en Vallée d’Aoste aussi commence à émerger et qui concerne toujours plus aussi des Valdôtains qui n’arrivent plus à satisfaire les besoins primaires – auparavant la solidarité villageoise soutenait ces personnes tant du point de vue économique que moral, tandis que dans notre société évoluée, on est pauvre ( assez souvent après une vie de dur labeur ) et seul, terriblement seul et inutile.

La Vallée d’Aoste a aussi, parmi tous ses atouts, des primautés négatives, par exemple un taux élevé de divorces, qui a créé dans ces familles monoparentales non pas seulement des situations économiques pénibles, mais aussi un malaise individuel qui se répercute aussi sur les enfants, trop souvent employés en tant qu’armes de combat entre le couple qui est en train de se séparer ou qui a décidé de divorcer. Une situation en apparence strictement personnelle devient alors du domaine social et politique au sens large du terme.

On a mis en pratique les idées qu’on avait lancé lors du Congrès de Courmayeur en mettant sur pied, en collaboration avec le CNA de la Vallée d’Aoste, un projet sur l’Espace Mont Blanc – Saveurs d’Hauteur – qui aura comme objectif principal de rapprocher le consommateur du producteur, en éliminant toutes les filières intermédiaires. Ce projet transfrontalier, verra en tant qu’institution municipale privilégiée la Commune de Pré-Saint-Didier et sera coordonné, pour la partie valdôtaine, par le CNA lui-même.

Un autre projet, qui sera dédié à la mémoire de Dinella Bruschi, est en phase avancée d’élaboration. En collaboration avec le CELVA, on a présenté ( régie CNA sur Alpen Space ) un projet sur les herbes officinales, qui a vu la participation d’environ quinze Communes de la Vallée d’Aoste. Pour terminer les activités de cette année ( qui se poursuivront durant les prochaines années ), on a collaboré avec le BREL, à l’élaboration de la loi qui vient d’être votée au Conseil de la Vallée, portant sur les Ecomusées (que nous aimons définir Ethno-lab pour mieux caractériser son interactivité entre les opérateurs/artisans et les touristes/ visiteurs).

Avant 2009, on espère pouvoir mettre sur pied un projet qui pourrait vivifier « Aoste Capitale » et, en même temps, créer des postes de travail qualifiés pour nos jeunes. A l’heure de la réforme de l’école, proposée par le Ministre de l’Education nationale Italien, qui prévoit l’introduction de l’étude de l’éducation civique déjà à partir de l’école primaire, l’Entraide des femmes Valdôtaines a longuement réfléchi à ce sujet.

Compte tenu que l’éducation et la formation de nos jeunes supposent avant tout la profonde connaissance de leurs racines, de leur milieu, de leur histoire « Faire connaître sa petite patrie, c’est mieux faire aimer la grande » ( phrase issue du texte Chez nous – lectures valdôtaines à l’usage des écoles élémentaires –1917 ) ;

Compte tenu aussi des indications fournies par le Ministre, on propose :

  • que dans les écoles valdôtaines, une place importante soit réservée à l’enseignement de l’histoire et des traditions locales soutenant ainsi à vive voix la proposition avancée par l’Assesseur Régional à l’Education et à la Culture ;
  • qu’une place importante soit réservée à l’étude de notre Statut d’autonomie et de ses origines et que, par conséquent, une commission d’experts ( enseignants, légistes, historiens ) soit formée qui puisse adapter aux besoins didactiques, des élèves d’âges différents, les concepts et les lois de notre réalité ;
  • qu’une place importante soit réservée à l’étude du « fonctionnement » de notre gouvernement tant régional que communal pour que les jeunes connaissent le rôle et les fonctions des principales institutions qui administrent la collectivité ;
  • qu’une fois ces principes fondamentaux consolidés, on complète leur formation civique en la comparant avec celle nationale et européenne, afin qu’ils deviennent des citoyens du monde conscients.
L’E.F.V. ne peut pas tout de même partager l’intervention de M. Chatrian, à part le concept de la « convenance » des différents mouvements et partis, qui pourrait être interprété aussi envers Renouveau et donc devenir un joli boumerang.
En ce qui concerne l’école valdôtaine, il y a des choses qui sont à parfaire, mais on n’a jamais procédé « jour après jour » ( en VdA au moins ). Si on poursuit l’analyse au niveau supérieur, on voit que depuis l’année 2000, l’Université de la Vallée d’Aoste a commencé son activité didactique et de recherche. Elle compte désormais plusieurs facultés, dans des domaines importants et stratégiques, tels que la formation des enseignants, les langues et la communication, l’économie et la gestion des entreprises, la psychologie. La formation se déroule encore avec des Masters, parmi lesquels nous signalons le Master en économie et management du tourisme de montagne, qui est sûrement une nouveauté très intéressante à soutenir et à développer. N’oublions pas, d’ailleurs, la collaboration avec l’Ecole Polytechnique de Turin, qui a conduit à la création du pôle universitaire de Verrès, dans lequel on trouve deux cours : ingénierie informatique et ingénierie mécatronique très actuelle. Au sein de ce pôle, on pourra développer des recherches de haut niveau et attirer des chercheurs et des étudiants de l’extérieur.

Vu qu’on partage les considérations de M. Marguerettaz et de M. le Président du Gouvernement régional, comment pouvons-nous imaginer le futur de notre université? Selon nous, il faudra surtout créer des facultés et des masters de haut niveau, qui n’existent pas ailleurs, au moins en Italie. Cours biennal de spécialisation de IIème niveau en Ingénierie de Montagne. L’articulation de ce cours devrait considérer avant tout le profil que l’on a l’intention de former sur la base des exigences opérationnelles du territoire, afin d’identifier des filières à mettre sur place, et il doit être ouvert aux étudiants possédant une licence triennale en Ingénierie pour l’Environnement et le Territoire, Ingénierie pour la Protection du Territoire, Ingénierie Civile ou du Bâtiment ou similaires, provenant même d’autres pays avec une attention particulière à la reconnaissance du diplôme d’étude acquis. Dans une perspective d’intégration et d’optimisation de la formation en Ingénierie en Vallée d’Aoste, la mise en place de ce cours est à travailler en synergie avec les activités didactiques et de recherches du Pôle Technologique de Verrès.

Outre à l’aspect didactique et de formation, on remarque que monter un tel cours de spécialisation pourrait représenter une occasion concrète de porter en Vallée d’Aoste une activité de recherche spécialisée au sujet de thèmes strictement liés à la réalité du territoire, et qui se déroulerait en synergie avec les activités de recherche appliquée réalisées, maintenant, par des organismes fonctionnels à la Région tels que l’ARPA et la Fondation Montagne Sûre. Master en Formation professionnelle en Lobbying. Il s’agit d’une profession très recherchée dans les Institutions Européennes, Nationales et Internationales ainsi que chez les grandes entreprises et multinationales puisque le rôle du lobbyiste en tant que médiateur, est d’orienter les décisions communautaires.

Il doit, donc, avoir des bases solides en Droit National, International et Européen. On propose cette section particulière et hautement qualifiée pour notre université, compte tenu que la formation professionnelle en lobbying se tient exclusivement en Belgique et en France à travers une série de conventions.

Or, en considérant que pour donner un élan important tant à l’université qu’au futur campus universitaire, il faut, à notre avis, viser des spécialisations non seulement diversifiées mais aussi particulièrement significatives. Compte tenu que la plupart des universités propose des formations à distance avec quelques brefs moments de présence, donc sur place, il est indispensable pour la bonne réussite du projet université+campus universitaire d’offrir des parcours extrêmement innovants et offrant des perspectives futures de travail pour que les étudiants soient motivés à se déplacer tant de l’Italie que vers d’autres pays, pour étudier chez nous.

Conséquence : la faillite du système universitaire valdôtain. Visant cette perspective on propose encore des : Master de journalisme international, il n’y en a qu’un en France; Master en Télédidactique. Compte tenu qu’en Vallée d’Aoste, on possède le meilleur Observatoire Astronomique au niveau européen, il serait opportun de penser à quelques filières spécifiques en étudiant le problème avec des spécialistes ou des savants du secteur pour lier les deux éléments; même réflexion pour l’Observatoire du Mont-Rose.

Avec le CNR, on pourrait réfléchir pour créer un pôle scientifique européen. Notre agriculture aussi a besoin d’une réflexion à ce sujet. Dans quel domaine devons-nous investir pour la recherche et la didactique ? L’élevage, la viticulture, la culture des fruits, les plantes aromatiques et officinales, l’apiculture. Et encore, devons-nous nous pencher sur les techniques ou s’occuper de la filière, de la transformation au commerce ?

En tant que représentante de l’E.F.V. au sein du Comité Fédéral et du Conseil Fédéral, je tiens à remercier l’ancien président, Guido Cesal, les deux vice-présidents et le Comité Fédéral tout entier pour le travail qu’on a mené ensemble.

L’E.F.V., qui a depuis toujours prôné le roulement des charges, aura pendant les années à venir une autre femme pour la représenter au sein du Comité Fédéral et du Conseil Fédéral et c’est à elle que, en tant que Présidente de l’E.F.V., j’adresse tous mes voeux de bon travail.

Henri Calza

Henri Calza

Lorsque nous nous sommes penchés sur l’histoire de l’Union Valdôtaine, nous sommes tombés sur une vieille édition du Peuple Valdôtain daté du 14 mai 1951 et nous nous sommes arrêtés sur son sous-titre, ainsi libellé : « Organe de l’Union Valdôtaine, mouvement de défense de la minorité ethnique et linguistique valdôtaine ».

Une phrase qui réveille en nous les nobles sentiments qui ont animé les pères fondateurs de notre mouvement, dont le but principal était de défendre le peuple et le patrimoine culturel valdôtains gravement outragés par les lois fascistes ; de nobles sentiments qui, hélas, dernièrement, ont été un peu secoués à cause de futiles prétextes démagogiques instrumentalisés ; L’homme politique unioniste ne doit pas être uniquement un bon administrateur, comme on peut en trouver au sein d’autres mouvements ou partis politiques, mais il doit être aussi un farouche défenseur des principes sur lesquels est fondé notre Mouvement.

L’action menée par les dirigeants doit être caractérisée par une profonde conscience politique pour que les choix opérés permettent de sauvegarder toutes les particularités propres de la communauté valdôtaine. Alors que les valeurs politiques se perdent, il nous faut capter l’attention des jeunes en quête d’idéal.

Nous devons pour cela faire une analyse historique pour retrouver et proposer à la future classe dirigeante, les valeurs qui ont permis à l’Union Valdôtaine de devenir le point de repère pour beaucoup de valdôtains d’origine et d’adoption. En vue de la prochaine réélection des cadres du Mouvement, il serait opportun d’examiner le résultat des dernières élections au Conseil Régional, qui a mené l’Union Valdôtaine au succès que nous connaissons tous, succès supérieur aux prévisions et portant à dix-sept le nombre des conseillers unionistes.

A notre humble avis, il serait pourtant trop facile de dire que le Mouvement va bien, en nous cachant derrière un résultat aussi important. Les 32.614 voix obtenues ne reflètent pas complètement l’état de santé du Mouvement. En effet, on constate que l’électeur a davantage primé la valeur de certains candidats que récompensé le Mouvement lui-même. Nous avons besoin, à la tête du Mouvement, d’une classe politique dirigeante forte, capable de créer un groupe qui propose des sujets de réflexion et de débats riches en contenu et qui pousse les sections à l’organiser et à s’activer pour faire bouger la vie politique et faire grandir le Mouvement.

Nous avons la chance d’avoir une administration particulièrement efficace et cohérente, nous devrions saisir l’occasion pour avoir un guide politique aussi efficace et cohérent, soutenu par une bonne équipe. Il serait propice, selon nous, que le Mouvement, dans son ensemble, récupère ses bonnes vieilles valeurs, pour que les réunions et les rencontres futures soient riches de propositions, afin de redonner confiance et enthousiasme aux inscrits et aux sympathisants, en motivant les sections, ces mêmes sections qui représentent le coeur de l’activité politique et qui sont en contact direct avec la population, à l’écoute de ses besoins et de ses désirs.

Deux objectifs pourraient être retenus dans l’intérêt de la collectivité : le premier serait de créer une future classe dirigeante locale qui stimule la volonté des jeunes à construire plutôt qu’à utiliser des plans déjà élaborés, solution de facilité mais subordonnées. En d’autres termes d’être maître chez nous, pas seulement avec des paroles mais à travers les faits. Le deuxième objectif serait d’entreprendre une action politique dans le respect et l’intérêt des électeurs qui ont cru en nous et qui nous ont soutenus même lorsque le choix était ardu.

Par conséquent, par rapport à ce congrès qui se déroule dans un climat difficile sur le plan politique et économique, nous souhaitons que la personne qui dirigera bientôt notre Mouvement puisse redonner vigueur à l’action politique et raviver l’enthousiasme des unionistes de base, condition essentielle pour susciter l’intérêt chez les jeunes générations.

Luciano Caveri

Luciano Caveri

J’essaierai au cours de mon intervention de proposer au futur Président de l’Union Valdôtaine quelques pistes de réflexion qui peuvent nous être utiles en tant que Mouvement politique et bien sûr utiles pour l’essor de notre Vallée d’Aoste.

Il y a quelques mois, j’avais dit : « Je parlerai au Congrès de l’Union Valdotaine » et je sais que certains pensent que je profiterai de cette tribune pour polémiquer ou m’enlever un « sassolino dalla scarpa ». Je dois dire qu’il y aura peut-être une certaine désillusion.

On parle parfois de l’Union Valdôtaine comme d’un élément qui se trouve dans une espèce de monde idéal. Il faut par contre dire que nous sommes dans la vie politique parce qu’il y a une lutte politique à l’extérieur, c’est-à-dire une confrontation avec les autres forces politiques. Il y a même aussi une confrontation à l’intérieur, cela est tout à fait normal. Il y a eu des choix, peut-être un peu douloureux pour moi. Il y a eu des méthodes, il y a eu une logique de pouvoir.

Je ne pense pas qu’il soit très utile de revenir sur le passé. Il est inutile d’y revenir avec une logique pathétique d’affirmation de soi-même. Mais je pense que le passé est tout de même utile, je le dirai en conclusion, parce que le passé est toujours révélateur d’attitudes et de comportements. Je le dis avec esprit autocritique bien sûr par rapport à mes actes, à mes comportements. Mais je dois dire que mon action politique, à partir de 1987, a toujours été liée à trois principes : l’engagement, la tentative d’être efficace et l’honnêteté personnelle.

Il y a toujours un danger en politique et c’est la raison pour laquelle j’ai parlé, il y a quelques jours sur mon blog, de l’Union Valdôtaine comme d’un géant aux pieds d’argile. C’est d’ailleurs une expression que j’ai déjà utilisée à l’occasion de Congrès Nationaux de l’Union Valdôtaine. Le suffrage universel est une chose importante. J’ai toujours critiqué ceux qui disaient que les résultats électoraux ne sont pas importants, qui prêchaient une Union Valdôtaine élitaire, un petit groupe, une espèce de secte. Je crois par contre que l’histoire de l’Union Valdôtaine est l’histoire d’un mouvement politique populaire. Il n’est pas une élite politique dans le sens sociologique du terme, il est ouvert à tout le monde.

Un parti tel que l’UV doit être ouvert aux souches sociales et différentes personnalités. Mais quand on dit que la limite du suffrage universel, qui n’est pas le seul lieu de notre comportement politique, il faut le dire car nous sommes vraiment un géant aux pieds d’argile.

J’ai déjà cité dans le passé l’exemple du Südtiroler VolksPartei, un grand parti tout récemment confirmé avec quelques petites difficultés un grand résultat dans la province de Bozen. Là, oui, il y a un lien entre le résultat électoral et la participation. J’ai apprécié le rapport des deux Vice-présidents là où cet exemple a été cité. C’està- dire le danger d’avoir un mouvement politique qui a une ligne de pensée qui a eu dans les trente dernières années une certaine croissance.

On est par contre en train de vivre un certain affaiblissement : les jeunes, cela a été rappelé par Brédy. Je le vois moi aussi que les nouvelles générations ne sont plus intéressées. Voilà peut-être la raison de la grande partie des abstentionnistes : 30 000 personnes ce n’est pas banal. A mon avis il faut y réfléchir. Maintenant que j’ai un peu plus de temps, et quand on a un peu plus de temps on voit les choses avec un peu plus de recul, je pense que nous avons une série de devoirs à l’intérieur de l’UV.

C’est de choisir des thèmes qui puissent aujourd’hui changer un peu changer de cap par rapport au danger que nous avons. Comme je le disais le danger d’avoir un grand succès électoral qui n’est pas exactement le miroir de la réalité valdôtaine dans laquelle nous vivons. Je cite. L’identité ce n’est pas un problème banal. Ce fut très discuté par le Südtiroler VolksPartei puisqu’ils ont vraisemblablement sauvé leur majorité au Conseil provincial parce que les Italiens ont voté pour la première fois pour Luis Durnwalder et nous avons longuement discuté sur le passage des Italiens qui ont voté le monde alémanique. L’identité est une chose importante.

Est-ce que nous sommes aujourd’hui convaincus que cette identité changeante pourra dans vingt, dans trente ans maintenir cette spécificité ? Deuxième argument : les changements- Sommes-nous prêts à affronter les changements, les nouvelles technologies, l’immigration croissante ? Là aussi c’est un problème d’identité. Les changements climatiques qui nous créeront de plus en plus de problèmes sur notre territoire. La montagne, qui est le troisième argument que je veux aborder, est la seule possibilité avec notre spécificité unique de pouvoir revendiquer des traitements différents.

Nous avons évoqué plusieurs fois cette question du pacte de stabilité, de concurrence, de l’aide d’Etat, c’est-à-dire de la possibilité de notre part de pouvoir donner des aides en plus face à cette crise économique. Eh bien, le territoire de montagne est une grande possibilité. Et enfin, les institutions. Le choix précis qui a été fait par l’UV à partir des élus qui composaient le premier Conseil de la Vallée est celui de toujours travailler dans les institutions.

Mais on ne peut pas nier la réalité : aujourd’hui nous avons besoin, et je le dis à l’ami Tonino, d’arriver à avoir le principe d’entente qui puisse nous permettre de modifier notre Statut d’Autonomie car nos institutions sont en train de vieillir et un jour ou l’autre, on se retrouvera, je l’ai déjà dit une fois, comme le Conseil des Commis dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, avec le danger que des centres de pouvoir décident pour nous faute du fait que nos institutions, malheureusement, n’ont plus cette capacité, cette vitalité, ce dynamisme qui est aujourd’hui indispensable.

Je termine avec 3 dernières réflexions. La première est la situation politique italienne. Nous sommes face à une paralysie. Le Parlement n’est aujourd’hui plus à même de travailler. C’est peut-être la législature au cours de laquelle il y a eu le moins de lois. Pour la première fois, le Président de la Chambre des Députés, Monsieur Fini qui fait partie de la majorité de Gouvernement, a critiqué le Gouvernement sur l’emploi excessif des décrets-lois.Aujourd’hui Chiamparino a dit qu’il fallait faire le Parti Démocratique du Nord. A Trente, le centre ou centre-gauche a gagné car le Président de la province a décidé de créer un parti territorial.

Ce n’est pas une chose banale dans la discussion politique. Est-ce que ce modèle d’un parti territorial, qui pendant de longues années a été considéré comme une faiblesse, est à présent une richesse ? Comment cela se fait-il ? Y avait-il déjà dans le caractère de l’UV quelque chose qu’aujourd’hui tout le monde recopie ? Et voilà donc un cadre européen et un cadre mondial qui ajoute un élément supplémentaire.

Je parle de la crise. Le Président Rollandin a justement évoqué une réponse par rapport à cette crise. Mais en connaît-on vraiment le périmètre ? Sait-on ce qui se passera réellement ? Quelles seront les conséquences sur le système économique, sur les industries, les artisans ? Y aura-t-il une chute de la consommation qui aura des retombées énormes sur le tourisme hivernal par exemple et, si elle dure plusieurs années, sur les différents types de consommations. Je pense que c’est là le vrai problème.

Je parlais d’Histoire. L’Histoire est une espèce de navette, de train. Hier soir, à Valsavarenche, a été présenté un livre fort intéressant parce que l’on compare quatre personnalités : Emile Chanoux, Severino Caveri, le Chanoine Bréan et Federico Chabod. Ce qui est important, c’est que le message fédéraliste de Chanoux, Caveri et Bréan était et reste alternatif à une vision étatique.Aujourd’hui face à la crise nous avons deux nécessités. La première est l’unité dans le pluralisme. Je ne dis pas dans la diversité car ce serait paradoxal d’être différent à l’intérieur de l’UV.

J’espère donc plutôt une expérience plurielle dans le sens que nous avons les même idées et que nous essayons de les mettre à disposition selon nos sensibilités.Deuxièmement, le fédéralisme.

Sommes-nous à même, dans le cas d’une crise profonde, à repenser à l’organisation de notre budget régional dans les années à venir ? Qu’il puisse contrecarrer les crises qui pourraient engendrer toutes les conséquences dramatiques qui ont été évoquées par Tonino. Le fédéralisme économique prêché par les membres de l’UV à partir de 1945 pourrait être quelque chose de positif.

Vive l’Union Valdôtaine !

Albert Cerise

Albert Cerise

Chers unionistes,

Avant d’entrer dans le mérite de notre congrès, permettez-moi de vous livrer une pensée pour notre chère Patrizia. Patrizia était une fille authentique de notre Vallée. Une femme aux convictions unionistes, qui chérissait la culture et les traditions valdôtaines, qui aimait nos montagnes et qui oeuvrait pour que la flamme du peuple valdôtain soit toujours flamboyante. Fidèle collaboratrice, elle m’a accompagné pendant des années, dans un travail quotidien où elle tissait finement des rapports et résolvait maints problèmes. Une femme pétillante et débordante d’énergie, que la maladie a, malheureusement, cassé mais qui n’a pas plié.

C’est un congrès fondamental qui nous réunit aujourd’hui dans cette salle. Nous serons appelés demain à réélire les organes de l’Union Valdôtaine, ce qui nous donne l’occasion de faire l’état des lieux, et nous sommes appelés à le faire avec lucidité et en toute franchise. Ce n’est pas une remise en question des principes et des objectifs de l’Union Valdôtaine ni de son organisation, mais nous avons la nécessité d’une révision critique nous amenant à revoir les comportements, les rapports, les actions. L’échange d’idées et la cohabitation entre différentes opinions sont propres à un mouvement qui ne veut pas se transformer en une confrérie où règne la pensée unique typique d’un parti.

Nous avons le devoir de regarder vers le passé aussi bien pour éviter les erreurs commises que pour trouver les points de force aptes à relancer notre action politique, supportés par une tension idéale renouvelée, conscients de la responsabilité qui nous vient en tant que première force politique de la Région.

Nous sortons d’un résultat électoral sûrement réconfortant et inespéré en termes numériques. Cependant, nous ne devons pas tomber dans l’illusion que celle que nous avons gagnée soit notre véritable force électorale. Le passé nous enseigne que la force des chiffres peut être annulée par le manque de partage d’objectifs, de méthodes et d’idées. En un mot, par le manque d’unité.

Si, d’une part, ce résultat électoral témoigne de l’exigence de la part des Valdôtains d’avoir des réponses concrètes et des actions incisives sur la qualité de leur vie, d’autre part, ils ressentent aussi des attentes qui ont été inspirées - que ce soit volontairement ou involontairement - mais qui pourraient être difficilement réalisables, voire en conflit avec les principes de notre Mouvement.

Il est donc important que l’Union et ses élus au sein du Conseil de la Vallée travaillent en cohérence avec ces principes et poursuivent une politique clairvoyante et attentive aux intérêts de la Vallée d’Aoste. D’ici, la nécessité de réaffirmer une synergie dont le but n’est pas celui de conditionner ni de limiter l’action du Gouvernement régional, mais plutôt de la rendre plus forte et plus efficace, pour que le Gouvernement ne soit pas exposé aux pressions populistes, ne succombe pas aux lobbies économiques, aux opinions artificielles, aux tentatives de chantage politique de la part de ceux qui pensent ou croient avoir mûri des crédits utilitaristes en donnant leur consensus à l’Union Valdôtaine.

C’est une sollicitation puissante pour notre Mouvement parce qu’elle suppose une dialectique active entre les différents niveaux de gouvernement sur le territoire et les organes de l’Union, et en premier lieu avec son Président. C’est pourquoi nous avons besoin d’un leader qui nous guide fermement mais qui soit, en même temps, prêt à l’échange et au partage avec les organes du Mouvement. Le flux d’informations et de sollicitations politiques du sommet à la base et vice-versa doit revivre, et c’est une priorité incontournable.

Chers amis unionistes, il est temps de désigner un Président qui ressente l’appui de tous les habitants de la maison unioniste et qui ne soit pas le porte-parole d’un courant. Lors de notre dernier congrès, j’avais, tout en le votant, exprimé mes perplexités quant au seul candidat à la Présidence.

Aujourd’hui, j’estime que nous avons le devoir de remercier Guido Cesal, qui a assumé la tâche de conduire l’Union dans une période très difficile. S’il a commis des erreurs, il les a payées directement sur sa personne. Mais nous ne pouvons pas cacher le fait qu’il a payé aussi à cause de nos propres indécisions et qu’il a été souvent laissé seul face aux choix qui, dans certaines cas, étaient incontournables et qui se sont retournés contre lui.

Cela ne doit plus se produire. Si nous regardons vers l’horizon, il faut redonner au mouvement - et je souligne le mouvement, et non pas les personnalités, les factions ou les courants - l’autorité de définir les frontières entre ce qui est l’aspiration légitime d’une dialectique interne, même d’affirmation personnelle, et ce qui est dicté par contre par des impositions personnalistes, par des actions de contraste par rapport aux règles et aux idées de l’Union.

Les temps exigent, d’une part, que nous devons être disponibles à ouvrir les portes à ceux qui veulent revenir sur nos positions, et d’autre part, nous devons mettre à la porte ceux qui n’ont pas l’intention d’accepter les règles et les attitudes démocratiques du mouvement. Aujourd’hui, il n’y a pas encore - et ce n’est pas à cause de nous - les présupposés pour recoudre nos rapports avec les sommets des formations politiques qui sont nées de personnages sortis de l’Union.

Toutefois, il y a les conditions pour reprendre un échange serein et constructif avec les membres de leur base. C’est important parce que, dans cette base-là, il y a des aspirations qui sont très proches de celles des unionistes : si nous récupérons cet électorat nous serons à même de renforcer une représentation d’élus ayant une base authentiquement autonomiste.

Chers amis, si nous voulons gagner les défis qui apparaissent à l’horizon - et qui vont de la crise économique internationale aux réformes institutionnelles en cours - nous avons besoin d’un mouvement fort, qui sache interpréter le rôle de point de repère de la politique valdôtaine et qui soit de grand support à l’action de la majorité régionale.

Le contexte politique actuel présente des scénarios qui doivent être l’objet d’une constante et attentive évaluation de la part de l’Union valdôtaine. Nous avons des forces nées de la scission politique avec l’Union Valdôtaine, qui sont engagées à offusquer l’activité de la majorité autonomiste et régionaliste en se faisant les porte-parole des instances de ces formations politiques qui, en raison de leur extrémisme, ne siègent plus au Conseil de la Vallée et qui, depuis toujours, se sont farouchement opposées à l’application de l’autonomie dans notre région, en proposant des formules tels que « Liberiamoci dall’Union Valdôtaine ».

Nous avons ensuite une force politique qui est l’héritière d’une gauche auprès de laquelle l’Union a trouvé pendant des années un allié correct mais qui, actuellement, n’est pas à même d’exprimer une position claire et telle à permettre des ententes de programme.

Enfin, nous sommes face à un centre-droite qui donne des possibilités de bâtir un pont avec le gouvernement italien. Si par rapport à cela nous pouvons entrevoir une ouverture, il faut toutefois être clair que ces ouvertures - qui se placent sous le signe de l’utilitarisme - ne doivent pas se produire au détriment de nos racines et de nos idéaux.

Face à ce scénario, nous avons besoin d’un mouvement fort à même d’assurer, d’une part, une stabilité à la majorité et, d’autre part, à même de garantir l’identité politique de l’Union Valdôtaine.

Enfin, à l’époque où le processus de mondialisation vise à supprimer les particularismes, l’Union doit renforcer son réseau historique avec les peuples frères, dans une optique de solidarité politique et d’alliance avec nos élans idéaux.

Chers amis, que ce congrès soit l’expression d’une volonté renouvelée d’unité et d’intentions dans notre travail quotidien au service de notre seul peuple valdôtain.

Domenico Chatillard

Domenico Chatillard

Au sujet de la proposition présentée à l’attention de la IVème Commission Tourisme et Sport, nous partageons entièrement l’idée de « créer un système » proposé par Monsieur l’assesseur Marguerettaz.

Il serait finalement temps qu’en Vallée d’Aoste, on commence à ne plus raisonner sur le tourisme en suivant seulement l’esprit de clocher mais, au contraire, en créant une image touristique unique de notre région qui doit comprendre tout le territoire régional sous un seul drapeau.

Nous avons un territoire qui offre aux touristes maintes possibilités. Nous disposons des montagnes les plus belles et les plus hautes d’Europe, d’un domaine skiable que tout le monde nous envie, de terrains de golf situés à 2000 mètres d’altitude qui représentent un atout unique pour le tourisme d’élite, surtout durant l’été, des châteaux merveilleux et naturellement, on ne doit pas oublier notre richesse oenologique et gastronomique, qui se présente à travers nos produits DoP comme la fontina, le jambon de Bosses et le lard d’Arnad et encore à travers nos vins de montagne, notre charcuterie, nos pommes et notre miel ; tous les produits de notre terre qui animent les différentes fêtes de village à savoir la désarpa, la veillà, la fête des pommes et autres, qui nous donnent une image d’ensemble d’un unique territoire. De plus, un rôle tout à fait important et particulier du point de vue touristique est représenté par l’artisanat typique.

Tout cela représente en soi un véritable véhicule promotionnel tout à fait suffisant pour promouvoir dans le monde entier l’image de notre merveilleuse vallée. En travaillant tous ensemble en synergie, nous pouvons donc attribuer à notre tourisme sa juste valeur économique, commerciale et culturelle que notre région possède déjà. Ce qui est défaillant dans la promotion de notre vallée ce n’est pas la présence de photos dans les journaux mais la création d’un système de communication efficace et efficient qui, s’il ne se base pas sur les personnalismes et les intérêts de clocher, peut porter véritablement ses fruits.

L’Union Valdôtaine, qui porte dans son coeur la volonté de défendre les intérêts du peuple valdôtain grâce au travail de ses représentants élus au Conseil régional, au Sénat de la République et au sein des Conseils des différentes Communes – la vraie puissance de notre population – devra créer l’image d’une Vallée d’Aoste qui est capable d’accueillir correctement nos hôtes.

Voilà donc – peuple unioniste – c’est à nous de prouver à notre Vallée que nous sommes les vrais défenseurs de l’Autonomie, du Progrès et du Bien-être du peuple valdôtain. Tous unis et compacts, nous n’avons nullement peur d’affronter les escarmouches de bas profil politique que nos adversaires, même ceux qui ont étudié à la Sorbonne, continuent à provoquer. Mais en manquant de projets concrets et surtout de résultats concrets, ils ne peuvent que rêver les yeux ouverts d’abattre ces valeurs que nous, peuple valdôtain, nous avons dans notre identité.

Pourvu que nous, fiers Unionistes, nous soyons l’expression d’une communauté où le coq a essayé en vain de bâtir son repaire. Il a été vaincu par la dignité et l’unité du peuple unioniste qui a prouvé, encore une fois, que la cohérence, l’honnêteté et la modestie seront toujours à l’abri dans nos coeurs pour la défense du peuple valdôtain.

Vive l’Union Valdôtaine !

Cesarino Collé

Cesarino Collé

Au nom de la Section de l’UV de Quart, dont je fais partie, j’ai le plaisir de soumettre à l’attention de vous tous, Mesdames et Messieurs les délégués, les considérations dont nous avons discutées lors des nombreuses réunions de notre section.

A l’occasion de ces réunions, préparatoires au Congrès, j’ai eu le plaisir de voir beaucoup de jeunes qui ont apporté leurs idées et leur enthousiasme, et de moins jeunes, qui ont mis à la disposition de la Section leur expérience. Le débat a commencé avec quelques considérations de caractère général concernant des thèmes d’actualité. Les crises économiques et financières, et les équilibres politiques internationaux nous concernent tous. Nous ne pouvons plus dire : cela ne nous regarde pas, car, à présent, tous les événements sont reliés entre eux et ont des retombées sur notre vie quotidienne. Les directives du Parlement européen, et l’activité du Gouvernement italien soumettent notre autonomie législative et ne tiennent pas suffisamment compte de notre spécificité, en tant que « pays de montagne », où les problématiques sont bien différentes qu’ailleurs.

Tous ces éléments, représentent des dangers pour l’autonomie de la Vallée d’Aoste. Il faudra concerter des lignes et des actions communes avec les autres régions et provinces à Statut spécial, et, en général, avec les communautés minoritaires avec lesquelles nous avons des affinités, afin de mieux défendre nos intérêts communs.

C’est pourquoi, nous considérons essentiel que le Mouvement soit bien équipé et ait les idées bien claires afin d’élaborer des lignes politiques en mesure de repousser ces attaques. Le débat, à l’intérieur de la Section, s’est poursuivi sur les thèmes spécifiques suivants :
 
  • L’école ( conscient du fait que le bon travail effectué actuellement dans le domaine scolaire portera ses fruits dans le futur, nous pensons que doivent se perpétuer tous les efforts possibles afin que l’école puisse transmettre aux jeunes l’identité et les valeurs de la culture valdôtaine );
  • Langue française ( nous devons oeuvrer afin qu’elle soit vraiment assumée par tous comme un patrimoine culturel propre à tous les Valdôtains);
  • L’immigration ( on n’en parle pas suffisamment. Nous nous interrogeons sur la limite de capacité de la société valdôtaine à intégrer les émigrés, sans créer de dangereuses tensions sociales );
  • L’énergie ( à l’époque de l’opération ENEL nos administrateurs ont prouvé leur clairvoyance, mais à l’avenir quelles seront les sources d’énergie qui pourront être exploitées, tout en respectant le territoire ? l’eau ?, le vent ?, le soleil ? );
  • L’agriculture ( dans notre région, l’agriculture, représente une activité économique très faible, qui ne peut pas se comparer avec la réalité des plaines. Mais une agriculture qui se base principalement sur les contributions publiques a-t-elle un futur ? )
  • Le tourisme ( nous sommes tous d’accord, sans agriculture, il n’y a pas de tourisme possible. Mais quel tourisme ? un tourisme de masse ? un tourisme saisonnier ? un tourisme culturel ? Lors des années précédentes, nous avons vécu le boom des « résidences secondaires » que nous estimons être une grave erreur politique ).
Il ne s’agit que de quelques-uns des thèmes sur lesquels l’Union Valdôtaine, et, en particulier, le prochain Président et ses collaborateurs, devront se confronter. A propos de ces sujets, les Unionistes de Quart aimeraient connaître les futures positions, et projets politiques du Mouvement, et plus précisément, savoir quelles seront les actions entreprises afin d’appliquer concrètement les principes énoncés dans les articles 1 et 2 des Statuts.

Même s’il faut le reconnaître, et être réalistes, le moment n’est pas favorable ; les principes idéologiques risquent d’être mis au second plan. Le futur n’est pas serein à cause de la situation économique en général négative : nous craignons des moments de récessions économiques et des difficultés pour beaucoup de personnes.

Pour affronter ces défis, nous sommes extrêmement convaincus d’avoir besoin d’un Mouvement uni, d’où sont absents les intérêts individuels et la conflictualité interne. Un Mouvement qui se doit d’être fort en idées, qui emploie ses énergies pour progresser, et qui essaie de défendre, de la façon la meilleure, les intérêts de la Vallée d’Aoste et de tous les Valdôtains. Un Mouvement fort et uni qui exprime des idées, qui est à même de projeter le futur de la Vallée d’Aoste; en un mot, un Mouvement qui s’occupe de politique.

En ce qui concerne l’administration, c’est-à-dire la mise en oeuvre des idées, nous sommes dorénavant très bien équipés : nous avons nos élus, presque la majorité absolue, au sein du Conseil régional. Nous croyons, tout de même, qu’il faut favoriser la participation des inscrits au débat politique, il faut relancer le rôle des Sections qui constituent le véritable patrimoine idéologique et organisationnel du Mouvement.

Nous estimons que, parmi les nombreux inscrits, il y a des personnes qualifiées, qui ont des compétences et de l’expérience, des personnes avec des idées sur des thèmes spécifiques ; et alors, pourquoi ne pas en profiter ? Les savants et les penseurs de service qui sont experts de tout sont démodés. Nous avons la certitude que beaucoup de personnes sont prêtes à donner, gratuitement bien entendu, leur avis, et à porter leur expérience au Mouvement. Parfois, même les personnes qui semblent être les plus humbles ont de bonnes idées ; il faut les cueillir et les mettre en oeuvre.

Le Mouvement ne doit pas gaspiller cet énorme patrimoine. Mais pour faire cela, le Mouvement doit être bien organisé et il faut qu’il allie des personnes travaillant à ce but. Voilà pourquoi, la Section de l’UV de Quart, propose la constitution d’une Commission, au sein même du Comité fédéral, ayant les objectifs suivants : intensifier, gérer et coordonner les contacts, entre les Sections et les organes du Mouvement.

Tout cela, afin de réaliser un lien plus serré entre la base territoriale et le Mouvement, et de permettre une participation plus directe et partagée à la discussion et à la résolution des problèmes. Nous souhaitons que, à l’avenir, notre Mouvement soit, de plus en plus, capable d’anticiper les problèmes, en donnant des réponses au moment opportun et en proposant des solutions, sans attendre que nos adversaires se posent comme les défenseurs des Valdôtains.

Guido Corniolo

Guido Corniolo

En l’espace de quelques mois, tout récemment, une série de faits a bouleversé, je crois même changé le cours de l’histoire. Dans le monde entier, les événements se sont succédé à un rythme serré, la crise financière et des bourses américaines, européennes et asiatiques ont radicalement modifié les contours de notre avenir.

Nous nous retrouvons, aujourd’hui, plongés dans un climat de récession économique. Les équilibres socio-financiers sont en pleine mutation et nous avons peur que durant les prochains mois, le chômage n’augmente et que des milliers de travailleurs se retrouvent au-dessous du seuil de pauvreté.

En Vallée d’Aoste, nous ne sommes pas seulement face aux conséquences de la situation internationale car nous devons aussi faire face aux problèmes locaux causés par une crise industrielle et des entrepreneurs prolongée qui touche la totalité des secteurs de notre économie régionale. La situation actuelle est totalement différente des crises que nous avons jusqu’à aujourd’hui affrontées. Le contexte actuel est mouvant, fait d’incertitudes et d’insécurité et les solutions que nous pouvons ensemble imaginer aujourd’hui seront demain probablement dépassées.

Il est donc nécessaire et urgent d’entreprendre une action profonde et efficace de changement politique, une nouvelle concertation est nécessaire parmi tous les acteurs de la société valdôtaine. L’Union Valdôtaine, force politique de majorité, doit être le guide pour redresser cet état des choses, pour donner un meilleur avenir que nous espérons voir se dessiner devant nous.

Durant ces dernières années, trop souvent, au sein de notre communauté, il y a eu une négativité pénétrante, dont le but était de détruire plutôt que de construire. Nous n’avons pas la capacité d’ouvrir un dialogue constructif entre nous tous pour réaffirmer les valeurs fondamentales de notre pays qui sont la démocratie, la solidarité, la capacité de bâtir ensemble notre futur afin de réaliser le Fédéralisme intégral.

Depuis toujours, nous les Valdôtains, nous sommes une communauté autonome, avec notre identité, nos caractères particuliers et notre terroir. Nous croyons, enfin, être une nation. Ce sentiment nous a donné la force jusqu’à aujourd’hui de lutter pour continuer à être nous-mêmes, comme le disait Emile Chanoux, « à être maître chez-nous ». Mais pour être « maître chez nous » nous devons tenter de transformer et de dépasser les structures économique, sociale et les politiques actuelles et aspirer à la création d’un véritable état fédéral valdôtain, italien, européen, capable de reconnaître et de sauvegarder chaque identité, historique, culturelle, linguistique et politique.

Ce Congrès est donc très important, le candidat qui va prendre la direction du Mouvement doit être conscient des difficultés du moment présent et travailler pour l’unité et la sauvegarde de notre Statut d’autonomie. Etre au-dessus des courants et des personnalismes. Combien de chemin devrons-nous encore parcourir avant que tout le monde comprenne qu’une unité imposée par les uns et subie par les autres n’a tout simplement aucun avenir ? Il n’y a pas d’unification possible et durable que sur la base du respect réciproque et du respect des diversités d’idées.

La notion de « l’unité dans la diversité » est l’un des principes fondateurs de l’Union Valdôtaine, comme du Syndicat SAVT. Aujourd’hui, alors que se dresse devant nous le spectre d’une crise économique, financière, mais surtout sociale, dramatique, l’unité dans la diversité devient l’unique réponse à la globalisation des égocentrismes.

D’une certaine façon, ce Congrès a pour but de réaffirmer, permettezmoi de citer encore le SAVT, et mon prédécesseur Firmino Curtaz, que « nous connaissons le chemin ». Un chemin pour la défense de notre autonomie afin de donner aux Valdôtains la possibilité d’entreprendre une action profonde pour récupérer notre conscience de peuple, notre culture et notre civilisation.

Mary Danna

Mary Danna

Les élections législatives et régionales de 2008, nous ont fait cadeau de petites défaites et de grands résultats.

Cependant, celles-ci nous ont permis, d’une certaine manière, de prendre conscience du fait que nous sommes des citoyens Valdôtains, qui peuvent et veulent choisir leur Conseil régional et, par conséquent, leur Gouvernement, parce qu’en ce moment également nous pouvons sauvegarder notre liberté, notre autonomie et notre identité.

Demain, nous choisirons le Président du Mouvement . Nous voulons que se soit quelqu’un qui soit le garant d’un idéal précieux et auquel nous croyons encore fermement : c’est-à-dire, l’espoir d’une Vallée d’Aoste unie et indépendante. C’est cela que nous souhaitons, une Vallée d’Aoste unie, forte, capable de choisir les hommes et les femmes appropriés pour chaque charge publique, capables, enthousiastes, avec le juste credo politique et surtout, qu’ils sachent travailler, sans premier rôle, pour le même objectif.

Nous souhaitons que, dans un futur proche, le Président puisse compter sur les organes du Mouvement en leur reconnaissant le juste rôle. Sur des sections vitales avec beaucoup d’idées qui, sans laisser tomber les méthodes traditionnelles, puissent utiliser les nouvelles technologies. Un site Internet innovateur, forum, blog pourraient être à la disposition de tous les citoyens valdôtains. Ainsi que sur des commissions électorales qui réfléchissent librement sur les différentes opportunités de candidatures, afin de pouvoir identifier les personnes dotées des compétences et expériences nécessaires et qui puissent interpréter les rêves et les besoins du Peuple Valdôtain.

Nous ne voudrions pas qu’à l’avenir, les candidatures choisies par les commissions électorales de tout ordre ne reçoivent pas le soutien technique préventif nécessaire afin d’éviter des situations désagréables entre nous et de ne pas donner l’opportunité à nos adversaires de nous accuser de naïveté, de superficialité et d’incapacité de gérer la confiance des Valdôtains, car le peuple valdôtain, c’est nous!

A propos de peuple, nous croyons que l’un des premiers défis à relever au plus tôt, en cette phase historique, est de se faire reconnaître en tant que «Peuple» au sein de l’Europe. Nous demandons au Mouvement de déployer toute mesure nécessaire afin d’atteindre cet objectif. L’Europe des Peuples est, selon nous, une vision politique moderne, l’unique possible et souhaitable en ce moment et qui nous donnerait des garanties importantes de survie. on se rend compte que la tâche, qui attend notre prochain Président, est lourde, surtout dans une société comme la nôtre – locale et mondiale – au sein de laquelle, il y a une perte constante de valeurs et de participation à la vie publique.

La section de Verrès assure au futur Président tout son appui et lui souhaite, déjà dès maintenant, un bon travail !

Alessia Démé

Alessia Démé

Si je me permets de prendre la parole dans le cadre de ces assises, c’est pour attirer votre attention sur le chemin difficile qui nous attend et qu’il nous faudra affronter ensemble, en tant que peuple valdôtain.

Les temps sont durs en raison tant de la grave crise économique mondiale que des conflits politiques et sociaux qui minent notre société. Quoique nous proclamions bien haut notre volonté d’autodétermination, nous ne pouvons pas dire que nous sommes à l’abri des grands problèmes conjoncturels nationaux et mondiaux. Malheureusement, notre réalité ne nous confère aucune immunité et le Val d’Aoste n’est pas un petit paradis isolé : nous devons nous concerter et rester chaque jour en contact avec le monde entier. Nous pouvons néanmoins travailler tous ensemble pour faire en sorte que notre petite patrie, que nous aimons tant, ne soit pas inéluctablement dévastée par les vagues de crise, mais qu’elle sache plutôt maîtriser les courants.

Pour cela, nous devons être conscients, préparés et unis pour construire un modèle social, économique et culturel de société valdôtaine moderne, ouverte aux défis continuels que nous lance le futur.

Je demande donc au Mouvement d’être une boussole, un guide sûr pour le peuple valdôtain. Nous avons besoin de préparation culturelle et je pense plus particulièrement à des cours sérieux de culture politique. Nous devons redécouvrir notre histoire et les valeurs culturelles qu’elle sous-tend, donner un contenu à ces mots dont on abuse passablement tels que « régionalisme », « fédéralisme » et « autonomie ». Nous avons besoin que notre Mouvement soit dirigé par un interlocuteur attentif, par quelqu’un qui soit là lorsque nous, Valdôtains, avons besoin de dialoguer sur des thèmes tels que la santé, l’environnement, l’instruction et la formation, le monde du travail et les politiques sociales.

Dans cette phase particulièrement difficile et délicate pour l’école et l’université, qui avec la loi Gelmini, la loi 133 (Brunetta) et le projet de loi Aprea se voient amputer de ressources humaines et économiques pour devenir des fondations privées gérées par des conseils d’administration, nous sentons fortement l’exigence de travailler tous ensemble pour maintenir et améliorer encore notre modèle d’école valdôtaine.

Le Mouvement s’est toujours montré très sensible à la question de l’éducation et de la culture. Ses illustres représentants politiques ont tracé la voie et nous en sommes arrivés à ce texte fondamental qu’est la loi régionale n° 18 du 1er août 2005 ( que nous pourrions appeler loi Charles pour rappeler la femme qui la signa ) et à laquelle l’assesseur Viérin a clairement démontré qu’il ne voulait rien changer.

Dans notre Vallée, les petites écoles ne ferment pas comme dans le reste de l’Italie; il n’y aura pas d’enseignant unique pour dispenser les cours à nos enfants qui, comme le soutiennent les plus grands pédagogues, vivent dans un monde qui reconnaît la pluralité des intelligences. Dans notre région, il n’y a pas de classes séparées pour les élèves étrangers, mais il y a des enseignants titulaires qui, dans le cadre de laboratoires didactiques, contribuent à l’intégration des diversités.

Nous, Valdôtains, sommes fiers de notre terre et nous savons y accueillir les autres avec sensibilité et attention. Dans notre Vallée, nous avons investi de l’argent pour que vive l’université de la Vallée d’Aoste, au nez et à la barbe de ceux qui veulent ne conserver que les grandes universités et étouffer celles où les étudiants sont moins nombreux. Si nous voulons défendre le droit aux études dans l’école publique de qualité, nous devons faire en sorte que celui qui sera à la tête du Mouvement sache prêter l’oreille à nos besoins et transformer notre aspiration à une société valdôtaine moderne, équitable et solidaire en une réalité concrète.

Nous demandons à celui qui assumera la lourde, mais non moins enthousiasmante, tâche de guider notre peuple d’unionistes, de faire preuve de capacité d’écoute et de communication.

Quant à nous, citoyens Valdôtains, nous souhaitons prendre part aux processus décisionnels et ne pas déléguer à d’autres ce qui nous revient.
Vive l’Union Valdôtaine, Vive le Val d’Aoste.

Piera Diémoz

Piera Diémoz

J’ai de grandes perplexités quand j’entends nos administrateurs affirmer que les décisions et les lois sont prises et faites sur requête et pour le bien des citoyens. Souvent, personne ne demande ou n’écoute ce que les gens concernés pensent de cela.

Je suis sûre d’avoir le soutien d’une grande partie de la population valdôtaine au moment où je voudrais demander aux dirigeants et aux administrateurs de l’Union Valdôtaine ce qu’ils pensent de deux ou trois arguments qui intéressent tout le monde. Pendant la période de la dernière campagne électorale, quelque candidat avait parlé de baisser le salaire des Conseillers, des Assesseurs, du Président et de conséquence, des Syndics et de tous les autres administrateurs plutôt bien payés.

Vu la période de grande crise économique, de la crise de l’emploi, du chômage, de l’argent, des gros problèmes qui concernent aussi notre région, je pense vraiment que le moment est venu d’appliquer ce qu’ils avaient promis. La rétribution des différentes charges politiques et administratives doit être diminuée d’une manière claire et compréhensible par tous.

Mais il ne faut pas seulement dire « nous avons baissé d’un pourcentage l’indemnité », mais baisser, je fais un exemple, de mille euros ou peut-être plus, selon le salaire, de sorte que tout le monde puisse le comprendre réellement. Nos administrateurs affirment que ce n’est pas de leur compétence de décider de leur rétribution. Leur salaire est lié à l’«adeguamento» de l’indemnité des parlementaires italiens, qui est lié aux émoluments de la Magistrature. C’est donc la conséquence d’une loi de l’Etat italien. C’est vrai. Mais la Vallée d’Aoste est encore, pour le moment, une Région autonome et nous pouvons régler nous-mêmes certains problèmes.

En effet, selon l’article 25 du Statut « I consiglieri ricevono una indennità fissata con legge regionale », le problème n’existe donc pas. L’Etat italien pourrait s’opposer à une pareille requête. Dans ce cas, je suis sûre que nos administrateurs régionaux auraient l’appui total de la population valdôtaine, d’origine et d’adoption.

Je demanderais également aux Administrateurs de ne pas être, comme on dit en italien, « ingordi » c’est-à-dire, de ne pas demander ou prétendre obtenir deux ou trois charges, et toutes payées. Il ne faut pas oublier que la moyenne des salaires va de 1.200 à 1.300 euros. La plupart des gens doivent vivre avec ce salaire.

Une autre drôle de chose se produit souvent et je voudrais vraiment comprendre pourquoi une partie des Administrateurs politiques, une fois terminés leurs trois mandats prévus par le règlement de l’Union Valdôtaine, ou bien ceux qui ne sont plus élus aux élections ou qui ne se présentent plus, doivent, presque tous, obtenir des charges ou des emplois toujours bien payés ? Ne pourraient-ils pas reprendre leur ancien travail, ou bien jouir de leur convenable retraite?

Ils devraient laisser ces charges à d’autres gens qui peut-être en ont davantage besoin et qui sont plus jeunes. Si ces Messieurs se sentent plein de vitalité, de force et d’envie de servir leur pays, ils pourraient très bien se dédier au bénévolat ( le bénévolat gratuit serait très apprécié ) ou bien, ils pourraient travailler pour le Mouvement.

Je termine en disant que, si ce à quoi j’ai rêvé, jusqu’à maintenant, devait vraiment se réaliser, je suis certaine que tous les Valdôtains seraient orgueilleux d’être représentés par une classe politique très sensible aux besoins des autres, de ceux qui en ont le plus besoin, des plus faibles, surtout en cette période de crise générale et je serais, moi-même, encore plus orgueilleuse d’être unioniste.

Antonio Fosson

Antonio Fosson

Mesdames, Messieurs, Autorités, chers amis unionistes, peuple unioniste,

C’est avec un peu d’embarras mais avec beaucoup d’humilité que je m’adresse à vous à l’occasion de notre Congrès, en ma qualité de représentant de la Vallée d’Aoste au Sénat de la République italienne. Je vous remercie de la confiance que vous m’avez accordée en votant pour moi.

Les élections législatives furent une victoire – que nous n’avons pas fêtée car elle n’était pas absolue – mais une victoire quand même! Espérons que nous puissions fêter d’autres bons résultats.

Avant de vous illustrer mon travail à Rome, je voudrais mettre l’accent sur la complexité de la situation politique et institutionnelle actuelle. on parle de plus en plus d’une réforme institutionnelle qui abolirait l’une des deux Chambres: en effet, avec les règles actuelles, la procédure législative se révèle extrêmement longue et compliquée. Le processus de formation d’une loi nécessite deux années et souvent il y a plusieurs passages entre la Chambre et le Sénat qui en retardent l’approbation, alors que la situation actuelle exige des lois rapides et précises. Et là, Berlusconi a raison d’adopter des décrets-lois qui doivent être approuvés rapidement et qui répondent aux besoins des citoyens.

Deuxième observation générale: nous allons vers un bipolarisme de plus en plus marqué où ceux qui, comme nous, représentent peu d’électeurs, n’ont guère de possibilité de compter (la ligue du Nord et Di Pietro sont, peut-être, les seules exceptions). D’autre part, ce système nous entraîne vers un présidentialisme de fait car le Président impose au Gouvernement certaines orientations politiques et le Parlement ne peut que parapher les choix qui sont faits sans pouvoir en discuter.

Mais voilà que dans ce panorama s’insère la question du fédéralisme fiscal, question positive, et de l’autonomie des Régions, et là, il nous est agréable, à nous qui comptons 60 ans d’Autonomie spéciale, d’apprendre que ces thèmes sont partagés par la majorité, qu’ils paraissent être le meilleur système d’administration, qu’ils ne sont sûrement pas des tentatives de séparation ni d’une attaque contre la réalité et l’unité de l’Etat.

Le jugement sur l’ébauche de loi Calderoli sur le fédéralisme est sans aucun doute positif, surtout en ce qui concerne précisément l’article 20 qui prévoit le respect des Statuts des Régions à Autonomie spéciale. Ainsi le concept de dépense réelle qu’il recèle, par opposition à celui de l’historique des dépenses, nous semble très important: ce sera pour nous la véritable possibilité de prouver que certains services (je pense à la Santé) coûtent beaucoup plus chez nous et qu’ils doivent donc être financés différemment.

Ce sera vraiment l’occasion de montrer que l’argent en Vallée d’Aoste est bien dépensé; d’autre part que l’adhésion au fonds de péréquation prévue par la loi Calderoli ne semble pas comporter de grands sacrifices pour nous. Je travaille au sein de deux Commissions du Sénat: la 12ème qui est celle de la Santé, où l’on discute précisément de la loi sur le testament biologique, et sur celle de la responsabilité pénale dans les professions sanitaires. Dans la première, qui est très idéologique, nous avons à comparer 10 propositions de loi, dont une porte également ma signature. Je travaille également au sein de la Commission bicamérale – dont j’ai été élu secrétaire – qui effectue actuellement une analyse sur le fédéralisme fiscal, laquelle est assortie de nombreuses auditions, de nombreux débats, si l’on veut que cette proposition ne reste pas une pure théorie.

Enfin, j’ai été nommé membre de la Commission d’enquête sur la situation du service sanitaire national et nous commencerons bientôt nos voyages d’inspection. Au sein du groupe transversal des Amis de la Montagne auquel j’appartiens, comme mes prédécesseurs, et où j’oeuvre afin de parvenir enfin à une loi sur la montagne, il reste encore de nombreux points obscurs: qu’entend- on par montagne, quel sera le sort des communautés de montagne, des provinces? Impossible d’aller de l’avant dans ce contexte nébuleux et donc d’obtenir quelques résultats (par exemple une fiscalité différente pour les zones de montagne qui était notre but).

Mon travail est en accord avec le Gouvernement et le Conseil régional de la Vallée d’Aoste et avec le Président nous avons déjà rencontré ministres et sous-secrétaires (je me souviens des entretiens avec Calderoli, avec la direction de l’ANAS pour la route d’Etroubles et de Saint-oyen). Avec l’assesseur Viérin, nous avons eu des entretiens pour le problème des enseignants valdôtains à l’étranger, avec l’assesseur Isabellon, pour le cahier des charges de la Fontine.

Il est certain qu’en cette période de la vie politique où l’on parle de fédéralisme, l’objection qui m’est faite à savoir que nous sommes peu nombreux et que nous n’avons donc pas le droit d’avoir un député européen semble quelque peu contradictoire, même si le dernier mot n’a pas encore été dit et là encore avec le Gouvernement tout entier et le Conseil régional, nous nous employons à obtenir des adhésions. Je pense qu’on votera l’ancienne loi.

Nous présentons actuellement une loi sur la maison de jeux en Italie de concert avec la présidence et avec les syndicats. Au Sénat, nous votons souvent contre ou nous nous abstenons et ce, surtout parce que la majorité a toujours imposé une méthode qui n’admet pas la concertation et qui n’a jamais accepté les amendements que nous avons proposés. Comme l’a justement dit le viceprésident Voyat, si personne n’est vraiment contre nous, personne ne nous aide non plus de manière claire. Là, où nous ne sommes pas assez nombreux pour prétendre à une concertation avec la majorité, les rapports personnels avec les autres sénateurs peuvent pallier cette difficulté.

Pour entretenir ces rapports, nous avons recommencé à organiser des dégustations de Fontine ou à inviter à la chasse au chamois le Sénateur qui rédige le nouveau texte de loi sur la chasse, en espérant qu’il insérera aussi dans ce dernier, le bouquetin, comme espèce susceptible d’être chassée. Bref, nous nous ingénions à trouver des tactiques!

Enfin, pour obtenir de bons résultats, je pense qu’une synergie avec le Gouvernement régional, avec les Syndics, avec les collectivités locales, s’impose. Une ombre plane sur toute cette activité, l’ombre d’une crise économique très grave qui affectera particulièrement les réalités les plus faibles, celles qui ont plus de difficultés à trouver un soutien, à s’épanouir et à prospérer (le Gouvernement avait prévu de jouer les attaquants et maintenant nous sommes sur la défensive). Voilà pourquoi nous devons être encore plus vigilants, plus actifs et surtout, plus unis (se différencier entre nous peut être encore aujourd’hui un luxe qu’on ne peut pas se permettre).

Ce que je peux vous assurer, c’est que je ferais tout mon possible pour vous représenter au mieux. Que demander à l’Union Valdôtain? Un représentant au Parlement a besoin d’un parti fort, solide, uni, bien présent au sein de la bataille politique, capable de prendre des décisions concrètes.
Eh bien, voilà ce que j’attends de ce Congrès!

Jeannette Fosson

Jeannette Fosson

Je voudrais rendre hommage, ce soir, à l’ancienne vice-présidente de l’Union Valdôtaine Patrizia Guichardaz, à laquelle nous avons tous pensé.

Deuxièmement, je voudrais reprendre des notes tirées des différents articles parus sur « Le Peuple Valdôtain » du mois de septembre 2008 et signés par Ugo Voyat. Le Vice-président disait que le Congrès est le moment le plus important de la vie politique d’un Mouvement, le moment qui permet de réfléchir sur le rôle et l’action de l’UV dans un cadre institutionnel, social et économique qui est en évolution. M. Voyat disait, alors,qu’« il faut que les sections se réunissent, examinent et discutent les documents préparés par les commissions » : je dois avouer qu’au sein de ma section, et je pense que cela s’est produit même chez quelqu’un d’autre, nous n’avons pas discuté à propos de ces documents. Je suppose qu’ils ont été rédigés, mais je ne les ai pas encore vus.

Demain, nous allons élire le Président de l’UV, mais personne sauf les journaux – il y a deux jours – nous ont dit qui sont les candidats. Peut-être que le terme de présentation des candidatures devrait être anticipé.

Je voudrais citer aussi l’autre viceprésident, M. Claudio Brédy : dans un article du 9 octobre 2008, celuici disait qu’il faut remettre le Mouvement et ses organes au centre de la vie politique unioniste. C’est une exigence fondamentale, mais j’avoue que ce matin, j’ai pris des notes sur le discours du président de la Région, M. Augusto Rollandin. Et bien, il m’avait paru que le Président avait fait un programme d’administration, tandis que, nous, nous sommes ici pour tracer les lignes politiques du Mouvement.

A mon avis, ce devrait être le Mouvement qui donne au Président du Gouvernement et aux élus les orientations à suivre. Je reviens sur l’article de M. Brédy, qui disait que « pour remettre le Mouvement au centre de la vie politique unioniste, le Président devrait impliquer les adhérents et les sections sur les grands thèmes », et nous avons remarqué que cela, pour l’instant, n’a pas été réalisé. Je souhaite que cela change à l’avenir.

Nous devrions nous confronter avec les élus : s’il n’y a pas de confrontation avec le Président du Gouvernement naît, évidemment, un problème de méthode. Claudio Brédy disait encore qu’« il faut veiller afin que l’action administrative soit toujours conforme au programme politique et, surtout, au patrimoine idéal de l’UV » : je suis tout à fait d’accord.Je voudrais ajouter quelques questions qu’il faudrait se poser : à mon avis, le Mouvement devrait s’en poser une grande.

Quel avenir voulons- nous pour la Vallée d’Aoste ? Être maître chez-nous signifie maîtriser notre propre avenir, prévoir et faire en sorte que l’avenir soit le plus conforme possible aux espoirs et aux idéaux des Valdôtains. Autre question : voulons-nous que le Val d’Aoste soit construit jusqu’au sommet de ses montagnes, et que les résidences qui ont été construites deviennent des habitations pour les retraités de l’Italie du Nord ? Et encore, pourquoi les intellectuels sont-ils absents du débat ? Ils semblent qu’ils aient un peu démissionné, peut-être qu’ils ne se sentent plus engagés ? Les intellectuels sont les élaborateurs des idées du Mouvement.

Encore une question, à mon avis, très importante. Nous avons d’excellents jeunes qui travaillent à l’étranger. La raison vient aussi de la loi italienne qui les oblige à trouver la fortune ailleurs. Mais il faudrait quand même les encourager, à partir du moment où ce sont des personnes capables et des personnes qui peuvent nous aider à mieux voir l’avenir. Il faudrait faire en sorte qu’ils reviennent en Vallée d’Aoste.

Comment pouvons-nous favoriser le retour de ces jeunes ? Il y en a certains qui ont essayé de revenir, mais ils ont vu leurs espoirs brimés, parce que le monde politique essayait de leur imposer ses propres conditions. C’est par là qu’il faut commencer. Eviter que les raisons des élus soient au-dessus de la réalisation des projets d’amélioration de notre région qui passent sûrement par nos jeunes.

Nous avons des capacités : nous ne devons pas les briser, mais plutôt les utiliser au maximum pour permettre que les idéaux de l’UV puissent s’épanouir.

Merci

Rémy Herren

Rémy Herren

Chers amis unionistes, c’est avec plaisir que je vous salue au nom de la J.V.

Nous voilà réunis en ce jour important pour notre Mouvement. A la fin de ce Congrès, l’Union Valdôtaine aura son nouveau président et un nouveau chapitre de l’histoire unioniste s’ouvrira. Une histoire qui, je me permets de le rappeler, dure depuis plus de soixante ans, avec des années positives et certaines un peu moins.

Aujourd’hui, je pense que le Mouvement est dans une période assez bonne sous certains aspects et un peu moins bonne pour d’autres. Nous sommes dans une bonne période car au cours de cette dernière année nous avons eu d’importants rendez-vous électoraux qui nous ont vu protagonistes.

Il y a un an la victoire au référendum, ensuite les élections législatives qui nous ont permis de remporter la victoire au Sénat, et enfin, les élections régionales que nous avons remportées malgré l’hémorragie qui nous a frappés, il y a quelques années. L’Union encore une fois a eu la capacité de proposer une équipe excellente qui nous a permis d’obtenir dix-sept Conseillers élus.

Je pense que si nous voulons faire un bilan, nous pouvons certainement dire que l’Union est en bonne santé mais nous devons aussi, malheureusement, regarder le revers de la médaille… notre Mouvement a quelques petits problèmes que nous devons essayer de résoudre durant les prochaines années. Au sein de l’Union, nous ne pouvons pas le cacher, il y a différents courants et la chose n’est pas particulièrement négative. Il est clair que c’est le reflet des différentes façons de penser et de voir les choses.

Ces différents courants pourraient même servir à faire croître notre Mouvement mais cette situation, malheureusement, devient dangereuse quand les partis entrent en conflit, comme de temps en temps cela arrive. Pour faire juste un exemple, j’aimerais que pendant les années à venir, nous ne lisions plus sur «Le Peuple» des provocations ou des coups et des réponses avec des tons aigres parfois même insolents.

J’aimerais plutôt lire quelque chose de moderne, d’actuel sur le déroulement de la politique. Je vous assure que notre journal serait beaucoup plus apprécié ! Pour ce faire, l’Union doit à nouveau faire de la politique. Nous le répétons depuis longtemps mais pourtant, souvent, nous nous retrouvons à suivre les autres partis et, au lieu de faire nous-mêmes les propositions, nous attendons que ce soit les autres à les faire.

A ce propos, j’aimerais également que pour la révision de la loi sur les élections communales, l’Union prenne position et il serait souhaitable qu’un débat à l’intérieur du Mouvement se mette en place vu qu’il s’agit d’une loi complexe qui aura des retombées importantes sur nos Communes.

Ensuite, un autre défi que nous aurons à relever est celui de faire une réflexion sur la base du Mouvement… c’està- dire sur nos sections ! Est-ce que les sections, dans certains cas, jouent encore leur rôle ? Nous gagnons les élections avec plus de 30.000 voix et nous avons seulement 3.000 inscrits, soit un dixième de ces voix. Nous devrions essayer de récupérer nos inscrits, surtout parmi les jeunes, et de ne pas perdre le contact avec le territoire. Ce sera une chose à ne pas sousévaluer à l’avenir car, ne l’oublions pas, d’ici à un an et demi il y aura les élections communales. Une manière pour atteindre ce but pourrait être de réorganiser les fameux « Rendez-vous », je pense que beaucoup de section seraient disponibles à nous aider dans cette entreprise. A ce sujet, je veux mettre en évidence et remercier les sections qui ont prouvé leur envie de se retrouver en organisant des fêtes en plein air, des dîners sociaux, bref des moments de retrouvaille.

Enfin, plusieurs personnes ce matin en ont parlé, au cours des prochaines années, l’Union devra faire face à la crise économique que nous sommes en train de vivre et elle devra être capable de donner des réponses et de trouver des solutions pour ne pas perdre le consensus qu’elle a en ce moment.

Voilà quelques défis qui devront être relevés par le nouveau Président qui, je l’espère, sera capable de tous nous représenter pour que l’Union Valdôtaine retrouve sa force, pour qu’elle puisse encore être le point de repère des Valdôtains et continuer à écrire de nombreux chapitres de son histoire.
Vive la Jeunesse Valdôtaine!
Vive les Unionistes!

Emanuele Muraro

Emanuele Muraro

Je reviens sur le thème principal du Congrès: l’élection du Président du Mouvement.

Avant tout, je dois remercier M. Viérin et M. Perron pour la disponibilité qu’ils ont offerte au Mouvement et à nous tous. Ce n’est pas toujours simple de rendre un service et de devenir le Président du Mouvement, c’est premièrement servir le Mouvement. Les candidats à la présidence ont, tous les deux, l’expérience et la capacité pour recouvrir ce rôle assez délicat au sein de l’Union Valdôtaine.

Quelqu’un, surtout la presse qui s’amuse à ce sujet, a dit qu’ils représentent d’une façon ou de l’autre, les deux âmes du Mouvement. Deux âmes…Depuis que je suis inscrit à l’Union Valdôtaine, cela fait vingt ans cette année, on a toujours parlé de deux âmes du Mouvement.

L’âme du Mouvement, je pense, est unique. Elle est la somme des 3.000 âmes des inscrits. Elle subit l’influence des 120.000 âmes Valdôtaines et elle est le fruit, l’héritage, des âmes de ceux qui pour la Vallée d’Aoste ont bien travaillé et qui, aujourd’hui, ne sont plus là.

Demain matin, on écoutera le programme de M. Perron et de M. Viérin et on décidera, avec peu de temps, peut-être, à qui l’on adressera notre confiance. J’aimerais (est-ce un rêve?) que le gagnant puisse jouir de la collaboration du perdant, pour avoir un Bureau de Présidence riche.

Je voudrais un Président fort, présent, dynamique. Un Président qui reprenne la "mission” de l’Union Valdôtaine de faire de la politique. On pourrait organiser, comme on l’a déjà dit, l’école de formation du Mouvement pour les nouveaux adhérents et pour les Administrateurs de l’avenir.

Je demande qu’il soit présent sur le territoire, dans les sections, comme un Evêque pour ses paroisses. Je voudrais un Président fort, qui mette au centre de la vie politique l’Union Valdôtaine dans le respect des règles du Mouvement et qui puisse donner une gifle personnelle à ceux qui, publiquement, travaillent contre le Mouvement pour des intérêts (peut-être) personnels, masqués d’une veste virginale de fausse cohérence.

A ce propos, je dois reprendre amicalement MM. Brédy et Voyat qui, selon moi, ont peu fait publiquement à l’égard de M. Maquignaz, qui a agi tout seul contre une décision du Conseil Fédéral, contre l’expression politique de l’Union Valdôtaine.

Je voudrais un Président fort qui puisse éviter ces gestes anarchiques, de chaos. Je voudrais un Président de tous les Unionistes, qui gère un Mouvement où l’on puisse discuter, même de façon soutenue, mais où l’on fait croître l’idée autonomiste. Je voudrais un Président qui arrive à parler aux amis perdus (des amis qui se sont perdus) de Renouveau et, peut-être, de Vallée d’Aoste Vive, car je crois que la Maison commune de tous les Valdôtains qui ont défendu et promu l’autonomie valdôtaine est et reste seulement celle de notre Mouvement.

Amis perdus ne vivez plus dans une maison fondée autour d’un leader, non bâtie sur une idée.
J’exprime mes meilleurs voeux à mon futur Président.
Moi, nous tous, nous serons toujours là pour t’aider, pour aider l’Union Valdôtaine, pour aider la Vallée d’Aoste.

Osvaldo Naudin

Osvaldo Naudin

Merci de me donner la possibilité, aujourd’hui, de parler ici à ce Congrès de l’UV.

Un Congrès où l’on respire un air différent par rapport à celui de 2006. L’atmosphère a changé. Cela a changé pour nous les Unionistes : le dernier congrès était vécu dans la tension, dans la crise, une crise de toute l’UV et de ses adhérents. Mais nous avons su tourner la page, et la preuve en est qu’aujourd’hui nous sommes ici, tous réunis, pour élire notre guide pendant les cinq prochaines années. Alors nous devons dire merci à tout le monde, aux inscrits, à la base, aux Unionistes.

Merci aussi à ceux qui, durant ses deux dernières années, ont guidé notre Mouvement, c’est-à-dire le Comité Fédéral et les deux Vice-présidents. A partir de 2006 et jusqu’à cette fin d’année 2008, nous avons vécu les élections législatives, les référendums et les élections régionales grâce auxquelles, bien sûr, nous avons remporté un très bon résultat.

M. Augusto Rollandin, lors de son intervention, a dit «qu’il faut regarder de l’avant, parler un tas de langues», et c’est pour ça que je m’adresse à cette salle en patois, qui avec le français est la langue du Val d’Aoste. Le patois est la langue des Valdôtains, la langue utilisée dans les foyers de notre région. Mme Piera Diémoz a parlé en patois, elle aussi, et cela m’a fait extrêmement plaisir.

Je veux remercier le président Rollandin pour son exposition générale à propos de la période difficile que l’on est en train de vivre; et il a été très clair, M. Rollandin, quand il a parlé de la crise économique qui est en train de toucher le monde entier et la Vallée d’Aoste aussi. Le Président a justement rappelé que l’unique solution contre cette impasse est l’unité. Le sénateur M. Antonio Fosson a lui aussi souligné le climat difficile au sein du Parlement italien, où il est difficile de trouver une solution pour résoudre les problèmes de la Nation. J’ai, également, apprécié l’intervention de M. Albert Cerise, notre président du Conseil, qui nous a mis en garde à propos du "retour” de nos anciens alliés qui maintenant sont nos adversaires politiques comme "Vallée d’Aoste Vive” et "Renouveau Valdôtain”.

Je pense que ce n’est pas encore le moment d’établir un discours avec eux, avec ceux qui ont tenté et qui tentent toujours de séparer l’UV. Le Congrès s’est aussi posé des questions à propos de thèmes délicats comme les jeunes, l’agriculture ou le tourisme: notre Junte composée de Valdôtains représentant les différents partis autonomistes, saura résoudre ces problèmes.

Nous, les inscrits, nous devons les soutenir. Nous devons prouver à tous les Valdôtains que l’UV est capable et qu’elle a envie d’administrer au mieux notre région. Essayons de rester unis, essayons de nous souvenir des paroles d’Emile Chanoux, de Séverino Caveri, de Bruno Salvadori et de Pierre Fosson, se souvenir de toutes ces personnes qui, par le passé, ont fait énormément pour l’UV et pour la Vallée d’Aoste.

Permettez-moi encore quelques mots : j’ai entendu le discours du représentant de "Renouveau Valdôtain”, M. Albert Chatrian mais je n’accepte pas de recevoir des leçons de cette personne, parce que cette personne a perdu la modestie qui est à la base de la politique et des hommes en général.

L’homme qui perd sa modestie perd sa propre raison, et il l’a prouvé en croyant être, lui-même, l’unique expert des problèmes du Val d’Aoste. Sur cette même estrade, ce matin, a également parlé un représentant de "Vallée d’Aoste Vive” M. Guido Dondeynaz, ancien Sénateur de la République : mais lors de son discours, je n’ai pas entendu un seul mot en français ou en patois. C’est peut-être une provocation à savoir que le porte-parole d’un parti qui se dit "l’unique force politique qui représente l’ethnie et la culture valdôtaine” ne dise pas un mot en utilisant nos langues maternelles ?

Pour terminer, je veux parler des candidats. Je connais Dino Viérin, ancien assesseur et ancien président de la Junte régionale ; et je connais aussi Ego Perron, ancien conseiller et président du Conseil régional. Par contre, je ne connais pas le troisième candidat, Roberto Artaz auquel j’adresse mes voeux.

Je m’adresse, quand même, à tous les trois en disant que le Mouvement espère que ces cinq prochaines années seront conduites par un Président correct, qui sache accompagner l’UV vers l’avenir.

Nous donnerons, à celui qui gagnera, notre appui sous forme de participation à la vie de l’UV, au sein des Administrations et des sections, qui ont un rôle fondamental pour le développement de notre parti.

Nous n’avons, de même, pas besoin de grands programmes : de mon côté, j’aimerais voir dès demain que ces candidats prennent le Statut de l’Union Valdôtaine et qu’ils proposent, avant tout, le respect des trois premiers articles de ce Statut. C’està- dire l’unité du parti et la défense de l’Union Valdôtaine et du peuple valdôtain.

Vive l’Union Valdôtaine.

Emily Rini

Emily Rini

Chers amis unionistes,

je suis très heureuse d’être présente ici, parmi vous, à l’occasion de ce 7ème Congrès National de l’Union Valdôtaine et je dois vous avouer que devant cet auditoire bien rempli, j’ai la gorge serrée.

J’aimerais vous faire part aujourd’hui de quelques brèves considérations comme on le ferait entre amis qui partagent les mêmes espoirs, objectifs et idéaux dans le but de faire toujours mieux et de progresser ensemble. Pour ce faire, je voudrais partir d’une considération qui peut sembler tout d’abord banale mais qui, en réalité, pourrait nous fournir des pistes de réflexions intéressantes.

Je me souviens que lorsque j’étais petite et que je descendais de Villeneuve, où j’habitais, jusqu’à Aoste, je notais que la plupart des voitures affichait avec fierté l’emblème de l’Union Valdôtaine. Je cherche aujourd’hui encore des voitures avec cet emblème mais je me rends compte qu’elles sont de plus en plus rares. Je me demande pourquoi, surtout étant donné le grand succès obtenu lors des dernières élections régionales. Il est clair que les Unionistes n’ont pas disparu, heureusement nous sommes très nombreux. Peut-être que ce qui manque est seulement l’orgueil de nous dire à voix haute unionistes !

Ce n’est certes pas un autocollant sur une voiture qui peut témoigner de notre foi unioniste, mais c’est un point de départ important pour une réflexion profonde. Tous les jours, les journaux locaux et nationaux soulignent la désaffection des gens pour la politique, des jeunes mais des moins jeunes aussi. Chez nous aussi, en Vallée d’Aoste, ce phénomène est en nette en progression et se manifeste par des polémiques stériles et des contestations faciles.

Comment résoudre cette situation ? Il faut qu’il y ait d’abord un engagement concret de la part de toute la population mais les premiers qui doivent s’activer c’est nous, nous tous ici présents, le coeur battant de l’Union valdôtaine. Nous sommes les premiers à devoir travailler pour faire en sorte que les gens se rapprochent de la politique et raviver parmi nos inscrits l’orgueil et la fierté d’appartenir à ce Mouvement.

Nous devons ramener les gens au sein de l’Union, en vue même des prochaines élections communales et je pense, en particulier, à la Commune d’Aoste où nous devons concentrer la plupart de nos efforts. C’est le Mouvement qui doit reprendre de la visibilité au sein de la société en faisant tomber tout ce qui sépare cette dernière de la politique. Il faut surtout intéresser les jeunes, l’avenir de notre Mouvement et de notre Vallée.

J’aimerais conclure cette intervention avec des propositions et des idées concrètes qui, je l’espère, seront prises en bonne considération par les nouveaux organes qui auront la tâche de conduire notre Mouvement dès demain. Une idée qui m’est particulièrement chère est l’organisation des fameux "Rendez-vous” valdôtains qui étaient une occasion de rassemblement, d’échange d’opinions et de fête. A plusieurs reprises, ces dernières années, nous avons parlé de renouveler cette importante tradition qui a connu un grand succès dans l’histoire de l’Union Valdôtaine et qui a permis, à un grand nombre de personnes, de connaître notre Mouvement.

En ce qui me concerne, je m’engagerai dans cette direction afin que, dès l’année prochaine, le Mouvement puisse à nouveau compter sur cet important événement en proposant, par exemple, la mise en place d’une commission qui se pencherait sur l’organisation de ces rendez-vous. J’espère que nous travaillerons tous ensemble afin que les "Rendez-vous” redeviennent un événement sûrement joyeux mais également un moment important de réflexion et d’orgueil pour tous les Valdôtains qui partagent nos idéaux.

Avec, par conséquent, un double objectif : tout d’abord de rencontrer de futurs nouveaux inscrits et, ensuite par la même occasion, de réveiller l’orgueil chez ceux qui sont déjà inscrits de se proclamer avec fierté de l’Union Valdôtaine.
Vive la Vallée d’Aoste et vive l’Union Valdôtaine !

Augusto Rollandin

Augusto Rollandin

Bonjour, à vous toutes et à vous tous,

merci aux deux Vice-présidents qui ont voulu partager, avec nous, un parcours assez difficile, merci au Bureau de présidence, merci aux autorités et aux forces politiques présentes, et surtout un merci chaleureux aux Unionistes, qui nous ont permis d’être ici pour représenter le Mouvement et qui nous ont manifesté leur confiance, lors des élections, dans une période difficile.

Je vous expliquerais donc ce qui a été fait, ce que nous sommes en train de faire et ce que nous voulons faire à l’avenir, en tant que Gouvernement, et je voudrais dire quelques mots à propos des défis qui sont à la une en ce moment. Je crois qu’il y a, avant tout, deux thèmes très importants en ce moment : le fédéralisme fiscal et la crise économique. Ces thèmes engendrent toute une série de contextes, de dialogues et de contacts qui sont à la base tant de l’activité du Mouvement, que du Gouvernement et des forces politiques, pour essayer de donner des réponses aux citoyens.

Je crois que le véritable engagement est d’être en mesure de donner des réponses raisonnables et correctes qui ne donnent pas l’illusion de la réponse : il n’y a rien de pire que de ne pas être concrets.

En ce qui concerne le fédéralisme, il s’agit d’un engagement à plusieurs facettes: en premier lieu, l’aspect que l’on oublie, sur lequel jusqu’à présent on n’a pas voulu discuter, est, peut-être, le plus important. Quand on parle de fédéralisme, de la répartition des recettes entre les Régions, on ne parle pas de l’origine des recettes. De quelles recettes parle-t-on ? Qui contribuera pour ces recettes ? L’aspect le plus dôle, c’est justement qu’une fois l’ICI retiré, il faut le remplacer : il faudra savoir de quelle façon et comment prévoir les impôts, de quelle façon, nous allons soutenir le fédéralisme fiscal.

C’est un thème très important qui sera à la base du débat et de la discussion de toutes les forces politiques, régionales et nationales, et c’est là qu’il y aura la nécessité d’un engagement fort de la part du Mouvement. Car heureusement, il y a des différences, qui en principe n’étaient pas considérées, entre les Régions à Statut ordinaire et les Régions à Statut spécial, et qui ont été enfin reconnues dans un article précis, l’article n° 20. Cet article va nous donner des garanties et va trancher sur les déclarations des Ministres qui avaient dit : « Qu’estce qu’on fait des Régions à Statut spécial ? ». Maintenant, nous avons un article qui souligne que les Régions à Statut spécial auront à l’avenir la même dignité constitutionnelle et statutaire qu’elles ont aujourd’hui. C’est un point important, sur lequel nous avons discuté pour arriver à dire très clairement que les Régions à Statut spécial sont à la base, depuis toujours, du régionalisme.

En ce qui concerne notre engagement sur le fédéralisme, nous ne sommes pas contre la subsidiarité, ni la solidarité : nous ne sommes pas contre le débat sur ces thèmes, au contraire, nous sommes disponibles à nous confronter à condition que toutes les Régions soient capables de montrer, d’une façon transparente, l’emploi des ressources. Car autrement nous risquons, comme ce fut le cas à un certain moment, d’entendre dire qu’ils veulent couper les recettes des Régions à Statut spécial parce qu’elles ont trop d’argent.

Un refrain qui venait aussi, il y a quelque temps, de notre région. Heureusement, il y a maintenant un raisonnement que nous avons également apprécié de la part des forces qui se sont exprimées aujourd’hui: essayons d’être prudents, essayons de reconnaître ce moment de difficulté, il ne faut pas gaspiller l’argent. Alors, nous avons dit « non » au fait de miner et de mettre en discussion le Statut, « non » au fait de réduire les compétences et « oui » au fait d’avoir de nouvelles compétences. Nous sommes disponibles à ce sujet. Nous avons déjà nommé les représentants de la Commission paritaire, qui sera le centre de liaison entre l’Administration régionale, le Gouvernement, le Conseil et l’Etat, à propos des nouvelles compétences que nous sommes sans doute capables d’assurer si l’on partage les frais pour les maintenir. Évidemment, ce propos doit être partagé avec les autres Régions à Statut spécial.

Je crois que pour l’instant, un débat très serré et ouvert existe qui peut donner plusieurs résultats. Notre défi très prenant, les forces politiques l’ont bien mis en évidence, c’est la crise économique. Je ne vais pas remonter aux origines de cette crise ou discuter à propos de ses effets, mais je veux entrer dans le mérite de la manière dont est gérée cette situation en Vallée d’Aoste. C’est-à-dire l’engagement du Gouvernement qui a essayé de donner des réponses à ces questions principalement sur la méthode de travail. Le Gouvernement a décidé qu’il est nécessaire d’avoir, avant tout, la connaissance du phénomène, autrement nous n’aurions pas la possibilité de donner des réponses sérieuses et correctes et, à ce sujet, nous sommes en train de faire une analyse importante avec tous les sujets qui sont capables d’évaluer les effets de la crise économique, à tous les niveaux.

Cette méthode nous a amenés à dire que ce moment mérite l’attention de toutes les forces politiques et c’est la raison pour laquelle nous avons engagé la Commission compétente avec les chefs de groupes, pour dire que le moment est venu de décider de quelle manière et comment on peut donner des réponses qui soient, le plus possible, partagées. L’autre méthode, c’est de mettre sur pied des mesures, et c’est ce qui a été fait pour le budget, nous avons tout de suite mis en place des mesures qui sont, sans doute, partielles et qui évidemment ne sont pas la « Réponse » à tout le mal.

Quelqu’un a mis l’accent sur le fait qu’en tant qu’Administration régionale, du point de vue du budget, nous avons eu la possibilité d’avoir des fonds à notre disposition que le pacte de stabilité ne permet pas d’utiliser: et bien, dans le budget un article spécifique a été inséré, en accord avec le Gouvernement, grâce auquel nous avons déjà commencé un travail important, qui prévoit d’utiliser ce fonds, représentant un point de repère important et de disponibilité financière pour l’Administration régionale, pour les grands investissements qui pourront relancer l’activité des entreprises.

Nous pensons agir contre la crise en présentant trois principaux projets, parmi tant d’autres, très importants: le premier prévoit un rapport très étroit avec les collectivités locales, avec les Communes et les Communautés de montagne. En effet, le premier thermomètre, pour savoir ce qui se passe sur le territoire, c’est la commune : avec les Communes, nous avons un dialogue constant et une disponibilité financière importante au sein de notre budget, afin de donner une réponse sérieuse qui puisse examiner dans le détail la situation des entreprises, des artisans et des agriculteurs mais également des familles.

Voilà donc l’autre projet important : le foyer familial. Deux lignes d’action pour ce projet: continuer de permettre aux familles d’économiser, sur les dépenses d’électricité et, demain, sur les frais de chauffage. La famille est aussi un problème social, le problème des jeunes, des personnes âgées : c’est sur ces domaines que nous voulons agir, en focalisant notre attention sur ceux qui ont des problèmes, du point de vue du budget familial, pour ne pas créer des retombées négatives.

Nous sommes en train de faire attention au problème des emprunts, pour la résidence principale, avec des réponses importantes : un engagement total, dans le domaine aussi de la formation et de l’emploi, en cherchant à responsabiliser les petites entreprises (qui sont davantage en difficulté).

Nous sommes en train de discuter sur ce que représente le rôle de Confidi: Est-il suffisant? Doit-il être exposé davantage pour aider aussi les petites réalités ? Ce sont les petites réalités qui n’ont pas de réponses, qui nous demandent un engagement important. Pour les grandes réalités, des réponses existent déjà. Si nous n’avons pas l’appui des petites réalités, la structure portante de l’économie valdôtaine sera affaiblie.

L’autre projet important concerne la formation et l’emploi. Le thème de la formation passe à travers un engagement continuel qui existe déjà et qui est fondamental au sein de l’école et de l’université, avec lesquelles nous avons entrepris un débat pour évaluer le futur des jeunes. Ces jeunes, qui après avoir terminé leurs études, nous demandent : « Avons-nous la possibilité de travailler ? ». Il faut alors imaginer qu’il y ait un débouché à cette formation, évidemment pas pour tout le monde, mais au moins essayer de comprendre quelle est la réponse qu’on donne en Vallée d’Aoste en ce qui concerne la présence de l’université.

En ce qui concerne l’emploi, l’engagement prévoit de donner la possibilité de reprendre la question de cet article spécifique de la loi concernant le budget, qui nous permettra de réaliser un plan pertinent, pour les entreprises, afin de relancer l’emploi.

Ensuite, à propos de l’activité du Gouvernement régional, nous avons essayé aussi de donner des réponses au sujet du Casino ( un plan pour la relance de son activité, qui sera présenté au Conseil régional, est d’ailleurs prévu ), dans le domaine du tourisme et, en particulier, des remontées mécaniques, en essayant d’affronter une crise qui avait débuté avec un problème important dans une zone qui risquait de ne pas obtenir les financements pour continuer son activité, à savoir la Cervino S.p.A. : nous voulions être attentifs à propos de ces réalités, avec un plan pour la totalité des stations de ski, pour avoir une idée de l’intervention nécessaire à ce sujet, qui n’exclu pas les partenaires privés, mais qui évidemment va introduire le Gouvernement et le Conseil régional dans un débat qui doit nous dire comment et dans quelle mesure nous pouvons soutenir cette structure si importante, en raison du niveau d’intervention, sous le point de vue de l’emploi dans notre région.

Nous avons fait la même chose pour les deux autres points du programme de législature et de gouvernement, c’est-à-dire la simplification et la réduction des procédures adminis tratives, un discours qui est très difficile à accomplir et sur lequel nous avons commencé à travailler.

En même temps, nous sommes engagés dans tous les domaines: l’hôpital régional, la Testafochi, qui deviendra le nouveau siège de l’université et le projet « Aoste Capitale ». Une réflexion sur le rapport avec les autres forces politiques : le Gouvernement a démarré son activité en proposant une ouverture au dialogue, comme ce fut le cas avec les forces qui font partie de la majorité, nous sommes toujours ouverts aux suggestions, aux propositions des autres forces. Nous l’avons prouvé au sein du Conseil, avec un travail partagé et avec la présidence de deux Commissions qui a été confiée à des forces politiques qui ne font pas partie de la majorité.

Nous avons privilégié le dialogue et nous sommes très attentifs aussi au rapport qui existe avec les forces de la majorité au niveau national, parce que nous sommes bien conscients de l’importance d’instaurer un dialogue. Nous savons que certains passages délicats sont liés à cette disponibilité, nous ne cachons pas que des interventions en notre faveur sont réalisées, mais nous sommes là aussi pour être vigilants lorsqu’il y a des décisions qui ne sont pas contre le Gouvernement, mais qui sont contre les intérêts de la Vallée d’Aoste. Ce n’est pas pour soutenir le Gouvernement mais pour affronter ensemble des moments difficiles comme cette période de crise, pour partager des engagements qui vont dans l’intérêt général. Nous sommes prêts et disponibles à discuter ensemble pour faire comprendre quelles sont les raisons de certains choix qui vont dans une même direction.

Le dernier point que je désire rappeler concerne l’idée d’être présent au niveau européen, d’avoir un représentant au Parlement: nous avons trouvé cet accord minimal de dire « essayons au moins d’avoir la possibilité d’être apparentés avec une autre force politique, en descendant ainsi de 50.000 à 25.000 voix », étant donné que la volonté d’avoir au moins un représentant pour chaque région, ce qui est toujours notre but, est un but irréalisable.

Maintenant, une attitude pour donner des réponses sérieuses en disant : « Oui, l’Europe des Peuples doit se reconnaître dans l’Europe des Régions, en ayant des représentants qui soient capables de défendre et de comprendre aussi notre réalité, une réalité de montagne » n’existe pas. Je crois qu’on a évalué attentivement cette éventualité d’aller à Rome pour défendre un projet minimal, et si ce projet passe, je crois que ce serait quand même une possibilité d’avoir un élu qui puisse défendre nos intérêts en Europe. En ce sens, le Gouvernement est très attentif, dans son rapport aussi avec les Parlementaires, qui sont totalement disponibles, tous les deux.

De notre part, nous avons tout intérêt de mettre à la disposition des Parlementaires les structures et les personnes qui puissent donner le soutien à l’examen des propositions qui sont faites de la part du Gouvernement pour donner les réponses conséquentes. Pour conclure, deux mots sur le Mouvement. Je ne peux que partager ce qu’a dit Albert Cerise sur le problème du Mouvement: évidemment, le débat est ouvert, mais trop souvent on veut faire passer comme une sorte de chantage, comme un débat entre les personnes ce qui doit être, au contraire, un débat sérieux sur les idées.

Si nous avons des idées, il faut nous confronter d’une façon ouverte; si nous avons des questions, il faut les examiner au sein des sièges compétents, ce qui ne se produit pas si souvent. Je crois qu’aujourd’hui, le Congrès est là pour choisir un Président qui devra sans doute s’engager pour respecter la volonté des Unionistes et du message qui est passé, il y a quelques mois, durant les élections régionales: on nous a donné encore une chance, et les électeurs l’ont fait comprendre très clairement. Il s’agit là, peut-être, de notre dernière chance.

Nous devons donc être sérieux par rapport à nos choix et le Président, en premier lieu, doit avoir à ses côtés des personnes qui puissent l’appuyer dans un travail difficile de maintenir l’unité du Mouvement. L’unité par le biais d’un débat ouvert, l’unité par le biais d’un rapport avec les réalités présentes en Vallée d’Aoste, en commençant par les Sections. Nous aurions souhaité comme toujours avoir une seule solution, afin de se retrouver tous unis.

En tout cas, les Unionistes sont assez drôles : lorsqu’il n’y a qu’un candidat, ils n’ont pas le choix ; lorsqu’il y a le choix, nous n’arrivons pas à être d’accord sur une solution en commun. Je crois que le véritable engagement de tous les Unionistes, c’est de respecter le Statut du Mouvement qui est très clair.

Enfin, un dernier mot sur la défense de la langue française que, en tant qu’unioniste, j’estime être fondamentale. L’école est en train de travailler très bien dans cette direction, mais pas uniquement l’école, il y a aussi une réaction de la part des jeunes, qui se rendent compte du fait que le Français n’est pas une obligation mais plutôt un choix qui va dans la direction d’être en position de gérer les défis de l’Europe. Il faut qu’il y ait de plus en plus de gens compétents, préparés et aussi polyglottes, et pas seulement bilingues.

En ce qui concerne les jeunes, souvent nous avons la difficulté de comprendre leurs problèmes, car parfois le dialogue est interrompu et la possibilité de contacte pour savoir quelles sont leurs exigences.

Enfin, je me félicite pour l’organisation de cette rencontre et je souhaite que l’on puisse terminer ce Congrès avec une attention spécifique pour le bien du Mouvement, à savoir, son Unité.
Merci.

Mauro Ruffier

Mauro Ruffier

Je parle au nom de la section de l’UV de Charvensod, et ce que je vous propose, c’est une motion pour le déroulement du prochain Congrès National.

Ma section, en effet, estime que le temps dédié à la connaissance du programme des candidats à la présidence du Mouvement et à la discussion conséquente est insuffisant et doit être donc augmenté d’une façon considérable.

Voilà notre motion.
« Les délégués de la section de Charvensod au septième Congrès National de l’UV – prenant acte du programme de la journée et demie de ce Congrès, considérant l’importance du rôle réservé par les Statuts du Mouvement à son président ainsi que l’importance des motions programmatiques des candidats à la présidence, compte tenu du peu de temps réservé dans ce Congrès au débat, débat qu’on souhaiterait riche d’idées et de suggestions pour l’avenir de la Vallée d’Aoste et du Mouvement – présentent la motion suivante.

Le septième Congrès National de l’UV engage les organes du Mouvement, ainsi que tout éventuelles commissions préposées à l’organisation des prochains Congrès à anticiper, à l’avant-dernière demi-journée de travaux, la présentation des motions programmatiques des candidats à la présidence du Mouvement, en réservant ainsi l’entière demi-journée conclusive au débat et aux opérations de vote».

Merci, vive l’Union Valdôtaine.

Agostino Scalfi

Agostino Scalfi

Au nom des sections d’Arvier et d’Introd, je soumets à votre attention une petite mais non moins importante question.

La question du terme de présentation des candidatures à la Présidence de l’Union Valdôtaine qui est, selon nous, maintenant absurde. Nous proposons de porter le susdit terme à 60 jours avant la date du Congrès en laissant le dernier délai jusqu’à midi le jour du Congrès.

Afin d’éviter de drôles de manoeuvres, on devra anticiper aussi le dernier délai de renouvellement des comités de direction sur la base de ces mêmes 60 jours avant le Congrès. Durant ces 60 jours, les candidats pourront contacter les sections en toute tranquillité à la lumière du jour et présenter leur programme pour le bien du Mouvement.

De mon côté : je crois que le Congrès est l’occasion de discuter, proposer et enfin indiquer, à nos élus, le chemin à suivre pour le bien du Val d’Aoste. Les suggestions en théorie devront être soumises à l’attention du Congrès par les sections qui ont discuté le document présenté par les commissions concernées, mais dites-moi quelle discussion ont pu entamer les sections sur le document présenté la dernière semaine avant le Congrès avec bien peu de suggestions, sauf pour l’agriculture, en oubliant complètement l’un des domaines les plus importants tel que le tourisme.

Espérons que la nouvelle loi sur le système touristique soit rédigée avec l’apport de toutes les composantes concernées et pas seulement par de grands experts et une poignée de dirigeants et, enfin, imposée par le haut.

Je suis confiant dans le fait d’avoir une vraie commission de travail au sein du prochain Comité de direction.

François Stévenin

François Stévenin

Je dois avant tout me féliciter avec le vice-président, M. Claudio Brédy qui au nom aussi du vice-président, M. Ugo Voyat et du Comité Fédéral a présenté le rapport introductif.

Il s’agit d’un rapport équilibré, mais j’ai, quand même, sur un point, des perplexités, suite aux engagements qui avaient été pris à l’occasion du dernier congrès : je me rends compte que beaucoup d’événements se sont produits, une élection après l’autre mais la formation des cadres et des élus était prioritaire et des engagements avaient été pris, mais je reviendrais après sur ce thème.

« Assurer l’épanouissement du caractère ethnique et linguistique du peuple valdotain, d’en servir les intérêts politiques, culturels, sociaux et économiques et de s’engager à réaliser la souveraineté de la Vallée d’Aoste » : voilà les finalités, les raisons d’être de la fondation de l’Union valdôtaine, il y a plus de 60 ans.

En ce qui concerne malheureusement les intérêts politiques, dans le contexte international, européen et italien, les valeurs des cultures minoritaires et les droits des petits peuples risquent l’oubli, la massification et, par conséquent, d’être limités et réduits. Il faut donc agir, le Mouvement doit agir et je dirais même que toute la Vallée d’Aoste devrait agir pour défendre et promouvoir nos droits et notre raison d’être.

En ce qui concerne les intérêts économiques, malheureusement, la Vallée d’Aoste subit elle aussi l’influence de la crise internationale et les effets négatifs commencent à se manifester au sein de notre économie, à partir du secteur industriel et on ne sait pas encore si d’autres secteurs subiront des répercussions, notamment, le tourisme et le commerce. Je ne m’attarde pas sur ce point, car la 3ème Commission a présenté un rapport ponctuel et exhaustif. Des mesures et des initiatives sont en cours ou à l’étude au niveau international, européen et italien, mais aussi au niveau régional, comme nous l’a expliqué, lors de son intervention, le Président de la Région. D’après l’analyse de la Banque d’Italie des six premiers mois 2008, la situation en Vallée d’Aoste est moins grave qu’ailleurs, mais pour l’avenir… L’espoir est que durant les six derniers de 2009, la reprise économique puisse voir le jour.

Je veux maintenant aborder deux thèmes, que j’ai déjà proposés au cours des Congrès des dernières années, qui sont étroitement liés aux finalités de l’Union Valdôtaine et que le Président avec les nouveaux organes du Mouvement devrait porter de l’avant.

Le premier est la relance de la politique internationale de l’UV, le deuxième est la formation des cadres et des élus.  Pourquoi relancer la politique internationale ? Parce que nous n’avons pas de garanties internationales pour l’Autonomie, bien que nous les ayons demandées. Parce que faire une politique internationale veut bien dire se charger de compétences politiques qui ne nous sont pas attribuées sinon sous forme limitée et contradictoire de rapport entre régions voisines ou de jumelages.

C’est bien, mais c’est peu. Puisque à travers une politique internationale nous démontrons que nous sommes un peuple à part entière. Parce que nous démontrons ainsi que, sans forcer, mais avec une attention substantielle à la réalité identitaire des peuples, les rapports peuvent se faire entre les Nations et, pas seulement, entre les Etats. Parce que si nous avons un Congrès National, nous affirmons ainsi être une Nation sans Etat ; s’il n’y avait pas de Nation, il n’y aurait pas de Congrès National.Comment agir ? Éviter de penser à quelque chose de purement formelle. Etre clair sur le fait que le Mouvement donnera aux Administrateurs des orientations pour éviter qu’il y ait sur la politique internationale une différence entre action politique de l’UV et action administrative de ses élus.Insérer dans les lignes d’action du Gouvernement régional une référence claire à l’action sociale, culturelle, économique, institutionnelle pour l’Europe des Peuples, sans faire des confusions sur la politique régionale et sur la décentralisation. Utiliser la politique internationale pour relancer à tout prix le fédéralisme en tant que principe portant.

D’ailleurs, il faut rappeler qu’il y aura l’année prochaine, le 200ème anniversaire de la naissance de Proudhon, qui est l’un des points de repère pour notre histoire de Fédéralisme, à part évidemment Emile Chanoux, Alexandre Marc et tous les autres.A quel niveau opérer ? Le premier niveau, c’est le Val d’Aoste : il faut une forte action d’agrégation des immigrants, les Italiens et les étrangers. Mais en suivant ce qui a été l’exemple, il y a longtemps, de Séverin Caveri et après de Bruno Salvadori, il faut agir à tous les niveaux : culturel; linguistique, avec le francoprovençal et le Walser ; syndical, par une confrontation avec la politique internationale du SAVT ; au niveau alpin, De Chivasso à Desenzano à nos jours: qui sont nos «partners» ? Le S.V.P., le P.A.T.T., les Francs-Provençaux, les occitans ?; au niveau italien, avec la relance de la collaboration en Italie avec les peuples minoritaires de l’Etat Italien et avec les mouvements fédéralistes ; au niveau européen, avec l’ALE, l’AIDLCM, le Bureau pour les langues, le CoNSEU ; et, enfin, au niveau francophone avec la Conférence des Peuples de Langue française.

Il faut, en ce sens, solliciter le Gouvernement pour favoriser l’entrée des organisations culturelles valdôtaines dans les projets européens financés par l’Europe afin de bénéficier des fonds européens pour la culture, les langues : beaucoup a été fait et sera encore fait. Il faut participer à la vie de l’Europe des Peuples à travers l’action que le Gouvernement porte de l’avant en proposant des actions, des échanges, des propos, pour relancer l’utilisation de la langue française, par exemple, à travers un projet culturel littéraire, musical, théâtral sur l’axe des manifestations libraires.Qui doit travailler pour réaliser tout ça ?

Il faut d’abord mettre sur pied une Commission ou un Groupe de travail pour les rapports internationaux auquel attribuer une dignité politique et des possibilités d’action concrètes. La Commission doit se coordonner avec toute action administrative afin que la politique internationale de l’UV se concrétise à travers les choix de l’Administration régionale. Mais si d’un côté tout cela peut rentrer dans le discours de la formation, il faut dire que les défis pour affirmer l’identité et les droits de la Vallée d’Aoste dans un monde toujours plus complexe, ainsi que les difficultés de gestion d’une autonomie qui dans les dynamiques européennes risque d’être limitée et réduite aussi par un excès de bureaucratie, exigent une formation politique, administrative et culturelle de haute gamme au profit des cadres de direction et des élus aux différents niveaux politiques et administratifs.

Depuis quinze ans, nous n’avons plus proposé, en tant qu’Union Valdôtaine, des cours de formation: il est indispensable que la Présidence qui va sortir de ce Congrès s’engage dans cette direction. Il est indispensable d’engager les organes du Mouvement à prédisposer un plan de formation et d’information à tout azimut, dans le but aussi de traduire concrètement les grands principes énoncés par les Statuts. L’histoire, la civilisation, les langues, le territoire et l’environnement du Pays d’Aoste sont les raisons d’être de notre autonomie et de son essor économique.

Nous devons tout faire pour éviter la perte d’identité et donc l’homologation. Tout en restant ouvert à l’innovation culturelle et technologique, à la confrontation et à la solidarité avec le monde entier.

Manuela Zublena

Manuela Zublena

En réfléchissant à ces journées de congrès, ma pensée s’est, immédiatement, remémorée notre dernier rendez-vous, celui du 8 mars dernier, à Courmayeur.

Nous nous retrouvions là précisément pour lancer une longue période de campagne électorale qui nous voyait engagés tout d’abord pour les élections législatives et, tout de suite après, pour celles du renouvellement de notre Conseil régional. Les sentiments que nous partagions, à ce moment-là, étaient un mélange d’espoir d’un côté, mais aussi de crainte, d’incertitude mêlée à de l’enthousiasme.

Le poids de la défaite de 2006 – comme cela a été largement repris ici – se ressentait lourdement comme une blessure pour notre fierté de peuple unioniste. Je pense qu’aujourd’hui le climat est vraiment différent: nous avons su dépasser les différentes difficultés qui nous avaient empêchés d’être unis et compacts en 2006. Nous avons compris que les décisions politiques de courte perspective et surtout fondées sur des questions personnelles, ne nous ont pas menés très loin. Par contre, l’unité des efforts, des objectifs et des intentions nous ont permis d’obtenir un premier résultat, le Sénateur au Parlement italien, et par la suite, un succès inattendu avec l’élection de dixsept Conseillers aux élections régionales.

Et, à ce propos, en ayant l’honneur de faire partie de l’équipe de ce Gouvernement, je veux vous remercier – en cette occasion officielle – du soutien et de la confiance que vous m’avez encore une fois adressés.Quelqu’un à dit : « C’est notre dernière chance ». C’est vrai, j’ai également entendu ce commentaire, et bien sachez que nous en prenons acte tous les jours.Je pense aussi que c’est cette même volonté d’unité qui devrait aujourd’hui, au sein de ce Congrès, nous conduire à choisir le nouveau guide de notre Mouvement.

C’est un choix important, il doit être fait avec un sentiment partagé, sinon par un choix à travers des alternatives. Je souhaite aussi que cela se produise en évitant ce que j’ai vécu, il y a cinq ans, où l’alternative entre les deux candidats était plutôt devenue une confrontation, ce qui a été la base d’un travail difficile qui a affaibli surtout le Mouvement, en lui rendant toute activité assez difficile.

Ce sont ces mêmes oppositions qui ont entraîné – nous l’avons déjà rappelé – d’importants départs de notre Mouvement ainsi qu’un travail plus dur, non seulement, pour le Gouvernement régional mais aussi pour les Administrateurs locaux. Cette situation est à éviter. Le pluralisme de notre Mouvement doit s’épanouir.

Le président Albert Cerise l’a très bien confirmé, parce que cet état de choses est à la base de l’enrichissement du débat.Il faut comprendre que le Mouvement « appartient à chacun de nous », que, nous tous, nous pouvons nous exprimer au sein de notre Mouvement pour trouver une synthèse, c’est-à-dire l’opinion de la majorité.

Après cela, il faut vraiment serrer les rangs et travailler pour le Mouvement tout entier et pas seulement pour des intérêts particuliers. Le débat et la confrontation sont les éléments les plus importants, et ils doivent continuer à l’être, et ils devront être les premiers éléments sur lesquels le nouveau Président devra se pencher. Le Mouvement doit, avec conviction, affirmer le rôle de ferment d’idées, de point de repère pour l’action administrative, tant au niveau régional que communal.Il faudra donc revitaliser – et aujourd’hui, nous avons eu d’importants témoignages à ce propos – et stimuler le débat à partir des sections, pour écouter et recueillir des instances et des suggestions qui donnent de la force à l’action politique.

Cette sombre période, nous devons vraiment la laisser derrière nous, nous devons tourner la page. Evidemment, comme l’a rappelé, à juste titre, le conseiller Luciano Caveri, il faut quand même regarder de l’avant en utilisant l’expérience du passé.

Je pense que nous devons faire un grand effort pour être plus ouverts vis-à-vis des jeunes. Nous devons vraiment nous fixer ce but, celui d’attirer vers notre Union Valdôtaine des énergies nouvelles. Et pour accomplir cela, un langage nouveau doit être utilisé. Un langage qui sache aller de l’avant et interpréter les nouvelles instances qui viennent d’une société qui est en évolution rapide. Parce que le langage de contraste ne peut que nous éloigner. Parce que nos jeunes veulent des valeurs positives, veulent et demandent des réflexions sur les thèmes qui les touchent directement et quotidiennement. Parce que nos jeunes savent que les petites querelles locales ne sont plus adéquates à la dimension globale où ils sont appelés à se confronter toujours plus.

Voilà donc la nécessité que notre Mouvement soit fort, qu’il représente au mieux un défi comme le futur et qu’il sache faire primer la raison politique. Ceci est encore plus important si nous pensons à la période de difficulté engendrée par la crise économique mondiale et par une instabilité générale : une crise que se réverbère à notre niveau local, et que la politique nationale qui ne s’intéresse pas suffisamment aux petites réalités comme la nôtre rend encore plus forte.

Dans ce contexte, notre Mouvement doit se montrer solide, dynamique et uni pour pouvoir définir des orientations politiques fortes et claires, parce que nous ne pouvons plus nous permettre une action politique de courte perspective. Le contexte et les difficultés ne nous le permettent pas. Le nouveau gouvernement régional a besoin d’un point de repère objectif qui garantisse la stabilité nécessaire pour être vraiment à la hauteur des attentes de la société.

Vive notre Union Valdôtaine.Vive notre Vallée d’Aoste.

Les images du Congrès

Ego Perron, nouveau Président du Mouvement

Ego Perron

« Je voudrais être le Président de tous les Unionistes : j’affronte cette tâche en sachant les difficultés du travail qui m’attend et en ce sens, je vais demander l’engagement de chacun, même de ceux qui n’ont pas voté pour moi, afin que l’on puisse sauvegarder la crédibilité et l’unité de notre Mouvement » : voilà les premiers mots d’Ego Perron, juste après son élection à la charge de Président de l’Union Valdôtaine, lors du 7ème Congrès National, le dimanche 23 novembre dernier, à Saint-Vincent.

Perron, 41 ans, ancien Président du Conseil de la Vallée, a été élu lors de  la première votation, à laquelle ont participé 546 délégués sur 575 qui y ont droit, avec 342 voix en sa faveur, contre son adversaire Dino Viérin, ancien Président de la Région (202 voix), et 2 bulletins blancs.

En exposant au public sa motion programmatique, Perron a donc souligné « la volonté, de la part des unionistes, d’unir plutôt que de diviser, de rassembler plutôt que de séparer, d’associer les énergies plutôt que de les utiliser dans des discussions inutiles. Je pense qu’aujourd’hui, plus que jamais, le Mouvement a besoin d’unité, l’unité des Valdôtains mais surtout l’unité des unionistes ».

« Notre Mouvement – a continué Perron – doit continuer à être au centre de l’action politique : nous devons soutenir, jour après jour, l’action du Gouvernement et renforcer les rapports avec nos alliés. A ce propos, notre engagement est de lancer un message clair pour une politique fédéraliste et autonomiste, tant dans notre région qu’au niveau national, en ayant toujours comme référence les principes et les valeurs indiqués dans notre Statut ».

Le premier rendez-vous important pour le président Perron sera sans doute la confrontation avec le Conseil Fédéral, durant laquelle on procédera à l’élection d’un Vice-président et du Comité Fédéral. Le Comité Fédéral, qui représente tout à fait la direction de l’Union Valdôtaine, est composé du Président, des deux Vice-présidents, du trésorier et de cinq membres. Le trésorier et l’un des deux Vice-présidents seront nommés par le Président, alors que les cinq membres et l’autre vice-président sont élus par le Conseil Fédéral.

Lors de son intervention au sein du Congrès, Perron a déjà indiqué le nom de l’un des futurs Vice-présidents: il s’agit de David Follien, 30 ans, qui habite Aoste.

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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2016 Rencontres sul le territoire

2015 Congrès des 3 et 4 octobre

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