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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 6 déc 2019 - 11:52

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Les racines

L’Esprit de victoire par Emile Chanoux

«Il faut être très bas, pour regarder très haut.
C’est un paradoxe, qui cache cependant une vérité.
Nous sommes très bas.
Nous avons atteint le fond de notre bassesse.
Pour un peuple, comme pour un individu, ne plus garder son individualité c’est mourir.
Et pour celui qui regarde et voit uniquement l’apparence, notre peuple n’existe plus.
Il n’a plus son langage.
Il doit renier ses ancêtres et son histoire.
Jusque dans ses noms, qui sont, dit-on, l’image de la personnalité humaine, il n’est plus.
Au milieu de nous un autre peuple s’est campé et agit en maître, un autre peuple qui n’a pas notre visage et dont les plus faibles parmi nous ont accepté le langage et quelquefois l’esprit, un autre peuple qui ne nous aime pas, qui nous hait même.
Il espère pouvoir nous détruire, parce qu’il est plus nombreux que nous.
Il veut nous détruire parce qu’il est plus fort que nous.
Il nous hait parce qu’il sent que nous lui sommes supérieurs par notre intelligence, par notre têtardise.
Il nous hait parce qu’il sent que nous sommes un obstacle à sa domination.
Il nous hait parce qu’il sent que sa domination sur nous est chose provisoire.
Il nous hait parce qu’il sent que, chez nous, il n’est pas chez lui.
Cette haine n’est pas consciente : elle est latente, elle est dans les manifestations spontanées de sa volonté, plus que dans sa pensée.
Elle est dans cette frénésie de destruction de tout ce qui représente notre personnalité, notre langue, notre histoire, nos noms.
Elle est dans cette exclusion organisée de tout valdôtain de tout poste essentiellement nécessaire à la vie de notre peuple.
Elle est dans cette ignorance totale dans laquelle il veut vivre de notre langue, de notre histoire, de nos noms, de nos problèmes économiques eux-mêmes. Quelle étrange prétention que de vouloir administrer un pays que l’on ne connaît pas !
Quatre-vingt mille Valdôtains sont isolés, chez-eux, de toute communication avec leur passé, toute culture relative à ce passé leur est interdite.
Ils sont isolés de leur classe dirigeante que l’on a dispersée ou asservie.
Ils sont abrutis dans l’ignorance de tous les problèmes qui les regardent le plus directement.
Les fils n’ont plus le langage des pères.
L’autre race règle la vie du pays, parce qu’elle est dans les bureaux d’où elle administre.
Elle est dans les usines où elle croit agir en maîtresse.
Elle est dans les boutiques où elle s’enrichit.
Elle est dans les écoles où elle enseigne son langage et son histoire et fait oublier aux enfants des vaincus leur langage et leur histoire.
Et le plus tragique c’est que tout cela a lieu non pas parce que ce peuple-là a vaincu celui-ci, mais parce que ce peuple-ci a contribué à la libération de celui-là, et a été si ingénu qu’il en a accepté la domination.
Quand les Savoie glissèrent graduellement de leurs montagnes dans la plaine du Pô, puis le long de la Péninsule italienne, et devinrent rois d’Italie, cessant d’être Ducs de Savoie, lorsqu’ils mirent entre les pays dont ils voulurent devenir les maîtres, et dont ils devinrent les esclaves, et le pays d’où ils sortaient un confin, un mur, nos pères ne comprirent pas qu’ils leur avaient tourné le dos.
L’équivoque persista jusqu’à nos jours, grâce à une apparence de sympathie qu’ils manifestèrent envers notre peuple.
Elle persista malgré une lutte lente, opiniâtre, souterraine, que les hommes venus d’en bas commencèrent contre ceux des montagnes et dont ceux-ci ne comprirent pas les mobiles.
Elle persista sous une apparence de légalité, minant la capacité de réaction de ce peuple encore ingénument croyant dans la vertu et la droiture de ses gouvernants.
Il fallut qui vînt le coup de massue de vingt ans de fascisme, il fallut que celui-ci déchirât le masque et montrât le vrai visage des dominateurs.
Il fallut que notre pays perdît tout.
Alors dans l’abîme d’abjection dans lequel il s’est trouvé, il a vu clair, il voit clair.
Non pas que tout le peuple voie clair : il ne le peut pas.
Mais quelqu’un parmi ceux que la tourmente n’a pas détruits dans la classe dirigeante, quelqu’un commence à voir clair.
Il commence à comprendre que pour survivre notre peuple doit avoir conscience de son état d’abjection.
Son premier devoir est de le lui dire, de le lui faire toucher du doigt.
On ne se résigne pas facilement à être déchu.
Il faut être des tarés pour s’y résigner.
Notre peuple ne l’est pas.
Il est vivant, profondément planté dans son sol, ce sol qu’il possède encore parce que, si on le lui ravissait, plus personne ne serait capable de le faire produire, parce que, si on le lui enlevait, il deviendrait stérile.
Il est vivant et son aptitude naturelle à penser, malgré son état d’abjection intellectuelle, ne s’est pas éteinte.
Il continue à produire des hommes munis d’instruction, munis de certaines qualités intellectuelles.
Il continue, dans son ignorance du langage des aïeux, à penser valdôtain même avec le langage des dominateurs.
Et quelquefois, du sous-sol de son dialecte, il sait encore extraire des hommes pour lesquels le langage du passé, devient le langage de l’avenir.
C’est le feu qui couve sous la cendre, et qui éclatera un jour.
On a beau le couvrir avec d’autres cendres stériles, il éclatera un jour.
Il suffira que cette cendre soit remuée.
Voilà ce qui est maintenant l’esprit de victoire : voir clair, vouloir vivre.
Tout ce qui est écrit sur nos murs ne nous intéresse plus, pour le moment.
Mais que notre âme s’alimente de la volonté de vivre, et que tout ce quia a lieu autour de nous serve à cultiver, âprement, cette volonté de vivre.
Et voilà que nous vaincrons. Voilà que la Vallée d’Aoste nouvelle, régénérée par la souffrance et refondue dans une nouvelle unité, produira à nouveau des Valdôtains.»

2 X mille

Vie de l'Union2 Décembre 2019 - 11:42

Motion Finale Motion Finale Le Congrès de l’Union Valdôtaine, réuni à Gressan Samedi 30 Novembre 2019, Ayant pris acte de la difficulté de poursuivre un parcours fédératif avec les autres forces autonomistes régionales ; En constatant que le parcours des autonomistes Valdôtains, même si pas univoque, doit être tout de même convergeant dans les objectifs. Ayant constaté la nécessité absolue de redonner des points de repère crédibles pour l’électorat autonomiste, qui représente toujours la grande majorité des valdôtains, qui en dépit de références fortes sera ensorcelé par la dérive populiste. Ayant constaté la nécessité de renouveler et renforcer l’esprit unioniste et relancer une activité vivace et un esprit proactif, afin de remettre les Unionistes et les Valdôtains au centre de l’activité politique, en particulier en visant à une participation active des inscrits et des sympathisants sur les thèmes généraux de la politique et de la vie des Valdôtains, tel que santé, système de protection sociale, agriculture, commerce, tourisme, environnement, instruction, travail, etc. Rappelant que pour l’Union Valdôtaine les Communes restent le pilier central du fédéralisme global invoqué par le premier article de nos Statuts. ------------------------------- Engage le Président, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, toutes les sections et les élus à tout niveau à un effort extraordinaire pour le 2020, pour relancer l’Union Valdôtaine dans le futur, et pour un réel renouvellement des méthodes et des contenus de l’activité politique. L’Union Valdôtaine, reste le Mouvement faisant référence dans le monde autonomiste Valdôtain, et reste au centre de tout l’échiquier politique de notre région, mais un nouvel élan s’avère nécessaire. Engage le Comité Fédéral à nommer une commission, dans le plus bref délai, pour élaborer une mise à jour de nos Statuts, évidemment sans ébranler de nulle façon les articles identitaires et fondants de notre Mouvement, mais dans le but d’arriver d’ici le printemps prochain à un Congrès pour approuver les modifications proposées par la commission, qui puissent permettre un processus de partage et de discussion avec la base unioniste, sur le sillon de notre histoire de travail avec les sections, mais surtout autour de thèmes spécifiques, objet d’intérêt de la population Valdôtaine et, par conséquence naturelle, de la politique. Une nouvelle forme de participation active s’impose pour rapprocher les Valdôtains de la politique et de l’Union Valdôtaine. Engage tous les adhérents et les sympathisants à travailler avec conviction, jour après jour, pour expliquer le renouvelé esprit identitaire de l’Union Valdôtaine, afin de reconquérir la confiance de tous ceux qui se sont éloignés de notre famille, mais qui en partagent toujours les idéaux et les objectifs. Engage les élus et les organes du Mouvement à remettre les pendules à l’heure. Dans la politique régionale le Mouvement doit reprendre la centralité de la gestion politique, de concert avec le groupe des élus, mais en accordant toujours la priorité absolue à l’épanouissement du parcours de valorisation de l’identité de l’Union Valdôtaine en dépit de médiations forcées. Engage les organes du Mouvement à un parcours rigoureux dans la construction des listes des candidats à tout niveau, l’histoire politique et personnelle des candidats doit être le seul aspect à analyser, en dépit de la capacité présumée de « porter des voix ». Engage toutes les sections, en vue des élections municipales de 2020, à évaluer avec attention les alliances à aborder, sans vouloir donner des indications forcées, le Congrès demande de retenir préférables des accords qui concernent des mouvements autonomistes et à éviter des accords avec les forces nationalistes ou populistes. Engage le Comité fédéral à présenter aux sections et au Conseil Fédéral une ébauche de code éthique à discuter, pour donner des règles pour les nouvelles cotisations et les candidatures. Engage le Président et le Comité Fédéral à défendre, dans toutes les instances appropriées, le nom et l’histoire de l’Union Valdôtaine, de tous ceux qui maladroitement utiliseront de façon inopportunes le nom de notre Mouvement, afin que personne ne puisse entraver le parcours de reconstruction de l’image de l’Union Valdôtaine.

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