Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 26 sep 2017 - 10:41

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

Home Histoire le mouvement Les racines

Les racines

L’Esprit de victoire par Emile Chanoux

«Il faut être très bas, pour regarder très haut.
C’est un paradoxe, qui cache cependant une vérité.
Nous sommes très bas.
Nous avons atteint le fond de notre bassesse.
Pour un peuple, comme pour un individu, ne plus garder son individualité c’est mourir.
Et pour celui qui regarde et voit uniquement l’apparence, notre peuple n’existe plus.
Il n’a plus son langage.
Il doit renier ses ancêtres et son histoire.
Jusque dans ses noms, qui sont, dit-on, l’image de la personnalité humaine, il n’est plus.
Au milieu de nous un autre peuple s’est campé et agit en maître, un autre peuple qui n’a pas notre visage et dont les plus faibles parmi nous ont accepté le langage et quelquefois l’esprit, un autre peuple qui ne nous aime pas, qui nous hait même.
Il espère pouvoir nous détruire, parce qu’il est plus nombreux que nous.
Il veut nous détruire parce qu’il est plus fort que nous.
Il nous hait parce qu’il sent que nous lui sommes supérieurs par notre intelligence, par notre têtardise.
Il nous hait parce qu’il sent que nous sommes un obstacle à sa domination.
Il nous hait parce qu’il sent que sa domination sur nous est chose provisoire.
Il nous hait parce qu’il sent que, chez nous, il n’est pas chez lui.
Cette haine n’est pas consciente : elle est latente, elle est dans les manifestations spontanées de sa volonté, plus que dans sa pensée.
Elle est dans cette frénésie de destruction de tout ce qui représente notre personnalité, notre langue, notre histoire, nos noms.
Elle est dans cette exclusion organisée de tout valdôtain de tout poste essentiellement nécessaire à la vie de notre peuple.
Elle est dans cette ignorance totale dans laquelle il veut vivre de notre langue, de notre histoire, de nos noms, de nos problèmes économiques eux-mêmes. Quelle étrange prétention que de vouloir administrer un pays que l’on ne connaît pas !
Quatre-vingt mille Valdôtains sont isolés, chez-eux, de toute communication avec leur passé, toute culture relative à ce passé leur est interdite.
Ils sont isolés de leur classe dirigeante que l’on a dispersée ou asservie.
Ils sont abrutis dans l’ignorance de tous les problèmes qui les regardent le plus directement.
Les fils n’ont plus le langage des pères.
L’autre race règle la vie du pays, parce qu’elle est dans les bureaux d’où elle administre.
Elle est dans les usines où elle croit agir en maîtresse.
Elle est dans les boutiques où elle s’enrichit.
Elle est dans les écoles où elle enseigne son langage et son histoire et fait oublier aux enfants des vaincus leur langage et leur histoire.
Et le plus tragique c’est que tout cela a lieu non pas parce que ce peuple-là a vaincu celui-ci, mais parce que ce peuple-ci a contribué à la libération de celui-là, et a été si ingénu qu’il en a accepté la domination.
Quand les Savoie glissèrent graduellement de leurs montagnes dans la plaine du Pô, puis le long de la Péninsule italienne, et devinrent rois d’Italie, cessant d’être Ducs de Savoie, lorsqu’ils mirent entre les pays dont ils voulurent devenir les maîtres, et dont ils devinrent les esclaves, et le pays d’où ils sortaient un confin, un mur, nos pères ne comprirent pas qu’ils leur avaient tourné le dos.
L’équivoque persista jusqu’à nos jours, grâce à une apparence de sympathie qu’ils manifestèrent envers notre peuple.
Elle persista malgré une lutte lente, opiniâtre, souterraine, que les hommes venus d’en bas commencèrent contre ceux des montagnes et dont ceux-ci ne comprirent pas les mobiles.
Elle persista sous une apparence de légalité, minant la capacité de réaction de ce peuple encore ingénument croyant dans la vertu et la droiture de ses gouvernants.
Il fallut qui vînt le coup de massue de vingt ans de fascisme, il fallut que celui-ci déchirât le masque et montrât le vrai visage des dominateurs.
Il fallut que notre pays perdît tout.
Alors dans l’abîme d’abjection dans lequel il s’est trouvé, il a vu clair, il voit clair.
Non pas que tout le peuple voie clair : il ne le peut pas.
Mais quelqu’un parmi ceux que la tourmente n’a pas détruits dans la classe dirigeante, quelqu’un commence à voir clair.
Il commence à comprendre que pour survivre notre peuple doit avoir conscience de son état d’abjection.
Son premier devoir est de le lui dire, de le lui faire toucher du doigt.
On ne se résigne pas facilement à être déchu.
Il faut être des tarés pour s’y résigner.
Notre peuple ne l’est pas.
Il est vivant, profondément planté dans son sol, ce sol qu’il possède encore parce que, si on le lui ravissait, plus personne ne serait capable de le faire produire, parce que, si on le lui enlevait, il deviendrait stérile.
Il est vivant et son aptitude naturelle à penser, malgré son état d’abjection intellectuelle, ne s’est pas éteinte.
Il continue à produire des hommes munis d’instruction, munis de certaines qualités intellectuelles.
Il continue, dans son ignorance du langage des aïeux, à penser valdôtain même avec le langage des dominateurs.
Et quelquefois, du sous-sol de son dialecte, il sait encore extraire des hommes pour lesquels le langage du passé, devient le langage de l’avenir.
C’est le feu qui couve sous la cendre, et qui éclatera un jour.
On a beau le couvrir avec d’autres cendres stériles, il éclatera un jour.
Il suffira que cette cendre soit remuée.
Voilà ce qui est maintenant l’esprit de victoire : voir clair, vouloir vivre.
Tout ce qui est écrit sur nos murs ne nous intéresse plus, pour le moment.
Mais que notre âme s’alimente de la volonté de vivre, et que tout ce quia a lieu autour de nous serve à cultiver, âprement, cette volonté de vivre.
Et voilà que nous vaincrons. Voilà que la Vallée d’Aoste nouvelle, régénérée par la souffrance et refondue dans une nouvelle unité, produira à nouveau des Valdôtains.»

2 X mille

Vie de l'Union12 Septembre 2017 - 11:28

Le souhait pour nos 72 ans: un effort et une volonté communs Le souhait pour nos 72 ans: un effort et une volonté communs Le 13 septembre 1945, au lendemain de la promulgation des "Décrets du Lieutenant du Royaume", un groupe de personnes courageuses et clairvoyantes, convaincues que le pouvoir d'autogouvernement attribué au Val d’Aoste par ces actes était trop faible, fonda l’Union Valdôtaine. Ces devanciers, qui tenaient à la défense du caractère ethnique et linguistique de notre communauté, s’unirent pour créer un Mouvement qui rassembla des autonomistes, de toutes tendances politiques, se rattachant à l'idéal du martyr de la Résistance valdôtaine Emile Chanoux. L’Union Valdôtaine fut gérée par Comité provisoire dont les membres étaient: Albert Deffeyes, Lino Binel, Paul-Alphonse Farinet, Ernest Page, Victor Rosset, Mgr Joconde Stévenin, Robert Berton, Amédée Berthod, Félix Ollietti, Séverin Caveri, Maria Ida Viglino, Flavien Arbaney et Aimé Berthet. Depuis ce 13 septembre 1945, tout au long de son d’histoire, l’Union Valdotaine a consacré sa vie au Val d’Aoste et à sa Communauté, par son engagement, par les sacrifices, les joies, les douleurs, les querelles, les divisions et les grands moments d’unité qu’elle a vécu. Pendant les 72 ans de vie du Mouvement des femmes, des hommes des personnes âgées et des jeunes se sont engagés pour l’Union, pour l’idéal qu’elle représentait, charmés pour l’amour envers le Pays d’Aoste que l’Union Valdôtaine a toujours affirmé et démontré. L’Union Valdôtaine a eu des poussées inoubliables de succès et de croissances, mais aussi des abandons et des déchirures douloureuses. Elle a vécu cela en traversant un long moment d’histoire, qui a vu la dissolution des partis politiques en Italie et de profondes transformations des agrégations historiques en Europe. Malgré ça, ce grand Mouvement populaire est encore vif et vivant, malgré les difficultés d’un cadre politique qui est soumis à des séismes qui contribuent à en augmenter la fragmentation. Les points de repère traditionnels sont mis en crise par des nouvelles formations politiques qui font de l’agressivité leur devise et qui cherchent à s’affirmer, un peu partout, selon des formules et des propositions qui produisent souvent des clameurs écrasantes, mais qui ne durent que l’espace de quelque jour. D’ailleurs la politique actuelle a pris davantage l’habitude de chatouiller les esprits de revanche plutôt qu’essayer d’offrir des propos raisonnables et réalisables. On ne sait pas jusqu’à quand, mais, certainement, cela ne peut pas continuer longtemps sans mettre en crise toute forme de gouvernabilité. Dans ces jours au Val d’Aoste est en acte une tentative de réunir les forces unionistes, autonomistes et fédéralistes. Après des années de querelles et de partages il s’agit d’un essai important. Des colloques ont été conduits. D’autres s’ensuivront. Reste, pour le moment le fait, qu’une volonté commune a, jusqu’à présent, permis de se parler, de se confronter en laissant de côté tout esprit de revanche. Face à la confusion et à l’éparpillement idéal et programmatique de la politique actuelle on ne peut que saluer favorablement cette tentative qui, en quelque sorte, rappelle, comme en a été le 13 septembre 1945, que pour les Valdôtains, le seul espoir de s’en sortir des moments des difficultés est celui de unir les forces. Sans aucune prétention de faire des comparaisons improposables on souhaite que, ce 13 septembre 1945 puisse marquer l’affirmation d’un effort et d’une volonté commune entre les forces politiques unionistes, autonomistes et fédéralistes pour le futur du Pays d’Aoste. Ennio Pastoret

agenda

twitter

images

2016 Rencontres sul le territoire

2015 Congrès des 3 et 4 octobre

Union Valdôtaine

29, avenue des Maquisards - 11100 Aoste
TÉL +39 0165 235181 FAX +39 0165 364289
siegecentral@unionvaldotaine.org
PI 80007410071