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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 20 fév 2017 - 11:52

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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2011 - Congrès thématique

La motion finale

Motion finale du Congrès thématique

Le Congrès de l’Union Valdôtaine, réuni à Pont-Saint-Martin le 3 décembre 2011,

Constatant que l’économie internationale est en grave difficulté à cause des excès de la finance, de leurs conséquences sur le monde de l’emploi, ainsi qu’à cause de la tourmente sur les marchés, de l’inflation, de la menace de récession, des déficits budgétaires ;

Tenant compte qu’il s’agit d’une crise non seulement financière, mais également d’une crise sociale exceptionnellement grave dans tous les domaines, à cause d’un manque de confiance croissant des citoyens vis-à-vis de l’avenir, qui, face à une situation qui s’aggrave, vivent en direct l’affaiblissement d’un modèle de société et les difficultés du système économique et financier ;

Préoccupé des conséquences politiques et institutionnelles que cette situation économique exceptionnelle a eues et pourrait avoir, vis-à-vis notamment de la sauvegarde des droits assurés à la Vallée d’Aoste par le Statut d’autonomie ;

Soulignant qu’une période de ce genre laissera des traces dans la vie de tous les Pays et que la Vallée d’Aoste aussi est en train de subir les retombées de ce phénomène ;

Considérant que la crise en Europe et dans le reste du monde, sans précédent depuis celle des années 30, est rapide et inquiétante, au point qu’il est actuellement impossible d’en imaginer la fin, ainsi que de prévoir un nouvel élan de croissance ;

Compte tenu qu’au fur et à mesure que la crise devient plus profonde, il est nécessaire d’identifier des mesures, qui seraient susceptibles de favoriser une voie d’issue de la crise et qu’il faut désormais agir avec sens des responsabilités ;

Evaluant qu’il est indispensable d’instaurer des bases solides, qui prennent en compte la difficulté de prévoir l’évolution de l’économie tout en devant établir les étapes nécessaires à une croissance équilibrée durable ;

Rappelant que l’Union Valdôtaine a toujours cherché à travailler pour assurer l’épanouissement du peuple valdôtain selon un système qui conjugue le développement économique à l’équité sociale et à la sauvegarde d’un modèle culturel particulier, unissant renouvellement et identité;

Estimant que nous devons impérativement œuvrer ensemble, pour traverser la tempête, motivés par un profond sentiment de responsabilité envers toute la communauté valdôtaine pour qu’elle puisse retrouver la confiance en l’avenir et en particulier envers les jeunes auxquels il est indispensable de garantir les bases pour leur vie ;

DONNE MANDAT A SES ELUS

au niveau du Parlement Italien, à l’échelon régional et communal :
  • de défendre et de promouvoir les intérêts de la Vallée d’Aoste, de tous les Valdôtains et de tous ceux qui ont choisi la Vallée d’Aoste comme l’endroit où élever leurs enfants ;
  • d’investir sur les secteurs-clés de l’économie et de continuer à garantir des hauts niveaux des services dans les domaines de la santé, des politiques sociales, de l’éducation et de la culture, des politiques du travail, de la formation professionnelle ;
  • de soutenir de nouvelles idées dans l’ensemble des activités économiques, mettant en place des actions publiques utiles pour encourager et accélérer cette évolution ;
  • de poursuivre le renforcement de l’aide aux collectivités locales qui épargnent et qui investissent, faisant la preuve d’une bonne gestion de leurs ressources, tout en mettant en place des mesures qui puissent limiter la dépense publique, ainsi que les dépenses liées à la gestion administrative et politique de la Région ;
  • de regarder avec attention aux nouvelles générations, les dotant d’instruments d’éducation et de formation qui puissent les aider à s’insérer dans le monde du travail et à réaliser leur projets de vie ;
  • de soutenir les entreprises, les plus touchées par la crise, en leur réservant des règles et critères spécifiques pour qu’elle arrivent à investir dans la recherche, dans l’innovation et dans l’évolution des processus de production ;
  • de soutenir les familles qui sont les cellules fondamentales de la vie sociale, et qui risquent d’être les sujets les plus durement touchés par la crise économique, l’augmentation des charges fiscales, l’aggravation du chômage, la récession et l’inflation ;
  • de confirmer les mesures anticrise déjà entreprises depuis 2009.

Ego Perron

Ego Perron, président de l'Union Valdôtaine

« Tous ensemble nous sortirons de cette crise »

Chers Unionistes,

Je veux tous vous remercier de votre présence, les autorités, les élus, la Commune et la Section de Pont-Saint-Martin qui nous accueillent. Nous sommes face à une crise, une crise sans précédent. Beaucoup de gens, et de Valdôtains aussi, s’inquiètent quand on évoque des dettes colossales, des menaces sur les banques et des Etats en possible situation de faillite.

Ce sont des mots terribles, des mots de rigueur et d’austérité. Les gens ont peur pour leurs épargnes, pour leur emploi, leur pouvoir d’achat et leur avenir. Le tout a commencé en quelque sorte avec la faillite d’une banque en Amérique, Lehman Brothers, lorsque les Américains ont décidé de laisser tomber cette banque ce qui a entraîné et déclenché une catastrophe financière dans le monde entier. 2008 : crise financière sans précédent depuis 1929 à cause de ce qu’on a appelé les sub-primes, c'est-à-dire d’un monde financier qui faisait n’importe quoi. 2009 : crise économique à la hauteur de celle de 1929, à la différence qu’elle a emporté le monde entier, aucun continent n’a été épargné. Et, enfin, à présent crise de l’endettement, de la dette, avec l’ensemble du monde développé qui se trouve face à une dette colossale et qu’il faut absolument gérer.

Une crise qui est donc survenue violemment (5% - 6% de récession), une crise assez longue (elle dure depuis 2008) et une crise généralisée (elle touche tous les secteurs ou presque). Il nous semble parfois que c’est le système Europe, le système Euro qui est entré en crise. Il y a là un problème moral.

Nous percevons l’Europe comme une grande famille, l’Europe c’est la possibilité pour chacun d’être inséré dans un processus, parce que seuls nous serions effacés. Il y a un processus auquel nous avions participé et c’est le modèle européen. La civilisation européenne, le modèle européen, l’euro c’est le coeur de l’Europe et si l’Euro explose c’est l’Europe qui explose. Voilà pourquoi dans ce passage politique nous ne nous sommes pas soustraits à nos responsabilités et nous avons soutenu, au moins pour l’instant, un gouvernement qui essaye de redresser l’Etat Italie et de maintenir sa position au sein de l’Europe. On a souvent l’impression que sur cette matière ne concerne pas les Gouvernements qui gèrent, ou qui donnent des indications, mais que ce sont les marchés, surtout avec les Agences de notation (Agenzie di rating).

L’Italie
Sans aucun doute l’Italie vit une situation de grande difficulté. Les salaires et les retraites parfois ne suffisent plus comme dans les Pays les moins défavorisés d’Europe. Aujourd’hui, le grand problème est de rembourser la dette et de réduire le déficit. Le problème reste la réforme des retraites, argument difficile que les économies les plus fortes ont eu le courage de faire de façon radicale. On verra ces jours-ci les propositions du nouveau gouvernement italien.

Notre Région
Même si dans notre Région la situation est meilleure qu’ailleurs cette crise touche quand même notre système. Notre région est peut-être moins touchée que d’autres zones de la crise. Notre produit interne est supérieur à la moyenne nationale par habitant, un revenu moyen des familles supérieur à la moyenne nationale et en adéquation avec les meilleures économies d’Europe, un patrimoine moyen des familles de haut niveau et un taux de chômage relativement bas.

Le tout est accompagné par une organisation et un système des Autonomies, à partir de celle régionale, solide, bien organisée, efficace et dynamique qui est en train de prouver qu’elle sait réagir face aux difficultés. Je ne veux pas dire qu’il n’y a pas de problèmes, bien au contraire.

La crise a touché et continue de toucher lourdement notre système. Mais notre système a probablement réagi à la crise avec plus de force et de solidité. Le Congrès d’ aujourd’hui veut marquer, encore une fois, surtout dans cette période extrêmement difficile, le rôle et le travail de notre mouvement en faveur de la Vallée d’Aoste.

Aujourd’hui, l’Union Valdôtaine a sur ses épaules la responsabilité politique de conduire et de maîtriser cette période politique. Et en cette période, notre mouvement est appelé à faire un effort de persuasion et d’explication sur le territoire en ce qui concerne des choix durs et impopulaires qui seront nécessaires, et de faire comprendre aussi que certains acquis que nous avions depuis longtemps peuvent être mis en péril. Dans ce sens, nous devons informer et expliquer davantage ce que nous faisons.

Je le dis même pour nous, en tant que mouvement, le "Peuple" et le site. Nous ne consacrons pas suffisamment d’énergie et de travail dans ce sens. Ce Congrès doit marquer un moment important pendant lequel notre base devra nous dire ses sensations, son opinion sur la crise et nous exprimer clairement les difficultés, nous livrer des propositions et avancer des solutions, car je crains que 2012 sera une année encore plus difficile. Nous sommes appelés, nous tous, à faire un effort collectif et le mouvement doit tracer des lignes d’action et soutenir le travail de ses élus qui ont le difficile engagement de gérer en ce moment cette situation.

Nous sommes appelés à faire un effort supplémentaire et plus encore de cohésion politique et de rassemblement. Nous devons gérer ce moment difficile et ce n’est pas le moment de se diviser. Je fais un appel en ce sens à un travail et à un engagement choral de tout le monde.

C’est surtout et encore plus dans une période d’incertitude que l’Union Valdôtaine veut être un point de repère pour notre population, pour notre communauté et pour toute la Vallée d’Aoste. La politique doit faire son travail dans un moment tout particulièrement difficile. Epouvantablement difficile, surtout pour nous qui sommes dans la majorité et qui sommes donc appelés à prendre des décisions. Nous ne nous plaignons pas et nous avons le courage de le faire. Les Valdôtains qu’attendent-ils de la politique et de leurs élus ? Qu’ils fassent leur travail et qu’ils agissent. Avec un devoir supplémentaire, un devoir de vérité et aussi le devoir de dire certaines choses qui ne font pas plaisir, qui ne sont pas populaires et qui ne sont pas, d’un point de vue électoral, avantageuses.

Que faire ?
Pour sortir de la crise, il faut investir, investir dans la recherche, dans l’innovation, la formation et le travail. Massivement. Moins d’assistance, sauf pour certains secteurs où cela est inévitable, je pense à la santé, et plus d’investissements sur le modèle des Pays qui marchent à double vitesse.

C’est la parade pour nous protéger de la crise. Je crois que d’autres pourront en parler mieux que moi. Renforcer notre compétitivité car les mots d’ordre sont la croissance et les investissements. Il faut en ce moment être humble et surtout dire la vérité. Nous entrons peut-être dans un nouveau monde où les repères, les idées et le contexte changeront complètement. Le devoir de la politique est de faire des règles mais aussi de les défaire, de libérer plus facilement les énergies et les initiatives comme on en a parlé lors du Congrès sur la bureaucratie.

La Région, surtout en cette période, doit accompagner, aider ceux qui veulent investir et qui croient dans nos possibilités. La structure, le territoire, l’organisation et les dimensions de la Vallée d’Aoste exigent que la Région doit être présente. Non pas pour que la Région devienne un entrepreneur mais pour guider, conduire, aider, créer des économies, voire même, des microéconomies qu’on ne trouve pas ailleurs.

Aider à faire l’effort de se tourner vers l’extérieur, vu qu’ici la demande est très réduite et c’est parfois un concept justement difficile à faire passer au sein de notre communauté, de s’adresser à l’extérieur mais il faut y croire. Une initiative déjà expérimentée dans le tourisme qui produit des résultats. Une démarche peut-être plus difficile à imaginer pour les secteurs de l’industrie et de l’artisanat, en raison de notre petite dimension, habitués que nous sommes à des marchés très restreints et très peu habitués à "faire système" pour essayer de se proposer sur de nouveaux marchés.

D’ailleurs, les changements de cette période imposent de regarder vers des directions nouvelles, si possible capables de créer de nouveaux emplois ainsi que de nouvelles figures professionnelles. Dans ce sens, notre territoire peut et doit représenter une opportunité plutôt qu’une limite. Il y a déjà des investissements dans ce sens, pensons au secteur de l’hydroélectrique et à tous ceux qui y ont investi et qui travaillent dans cette nouvelle direction ou en général dans le secteur des énergies renouvelables. Je ne veux pas entrer dans le mérite des propositions et des investissements qui seraient plus valables que d’autres.

Ce que je veux réaffirmer, c’est notre volonté aujourd’hui et en ce moment de prendre nos responsabilités vis-à-vis de la collectivité valdôtaine. Ceux qui administrent et qui gouvernent ont sans doute des responsabilités supplémentaires et ils font des choix difficiles qui souvent ne payent pas d’un point de vue électoral, mais qu’il faut assumer. Plus aisés, en cette période, le rôle et le travail de l’opposition, pour le moins de certaines oppositions, qui contestent tout ce que l’on fait.

Une attitude que l’on retrouve presque pour chaque sujet et pour chaque décision. Nous revendiquons, aujourd’hui, notre vocation à gouverner, parce que légitimés par le consensus populaire. Nous affirmons, aujourd’hui à la Vallée d’Aoste et aux Valdôtains, notre volonté de gérer cette phase difficile, de vouloir, avec un esprit de concertation et de collaboration avec tout le monde, continuer à travailler pour le bien de la Vallée d’Aoste, d’investir pour sa croissance, d’assumer avec les autres partenaires de la majorité les responsabilités, difficiles, que cette période exige et de demander aux Valdôtains un effort de compréhension, d’unité et de sacrifices.

Tous ensemble, cette communauté qui est guidée par l’Union Valdôtaine saura trouver la voie pour sortir de ce moment difficile, pour continuer à avoir de l’optimisme, à croire au futur et aux possibilités que cette terre offre.

L’autre jour, j’ai reçu une lettre d’un ouvrier qui voulait partir de la Vallée d’Aoste pour chercher du travail. Nous travaillerons afin que tout le monde, surtout ceux qui vivent des moments difficiles, puisse trouver en Vallée d’Aoste le lieu où continuer à vivre, à travailler, et pour les jeunes, le lieu où construire une famille, où se tourner vers l’avenir de manière optimiste, heureux et fiers de vivre dans cette région.

Merci de votre attention et bon congrès à tout le monde.

Antonio Fosson

Antonio Fosson, sénateur de la République

« Le Val d’Aoste est sous-estimé, il faut se soulever »

Merci au Comité Fédéral de l’Union Valdôtaine et au Président, de m’avoir donné la possibilité de parler aujourd’hui ici et merci à vous tous d’être ici.

Le thème du Congrès annuel me semble déterminant : quelle position doit-on avoir face à cette crise économique nationale et mondiale, et que doit-on faire pour la surmonter ? Partons d’abord d’une considération évidente : la crise est bien là, et aussi ici en Vallée d’Aoste (mais de manière moins évidente que dans les autres régions italiennes : et cela en raison des mesures pour contrecarrer la crise et des amortisseurs sociaux mis en place par l’Administration régionale, en raison même du tissu social valdôtain au sein duquel la famille par exemple est encore déterminante et parce que l’industrie du tourisme n’a pas perdu comme les autres réalités productives).

Le sérieux et la fiabilité de notre mouvement, de ses dirigeants et de tous les inscrits sont prouvés par le désir de vouloir affronter et discuter de ces problèmes, sans les contourner, et de trouver la voie pour en sortir. Je voudrais partir d’une constatation qui vient de mon observation : il sera toujours plus difficile d’obtenir des aides importantes de la part de Rome et de n’importe quel gouvernement central, même si nous y avons beaucoup travaillé et je remercie d’ailleurs tous ceux qui m’ont aidé.

Alors, à présent et à l’avenir, nous devrons toujours suer davantage pour maintenir ce qui a été acquis par le passé. C’est-à-dire le respect de ce qui a été reconnu comme un droit et non pas comme un privilège ! Et je dis cela même si ces derniers mois un dialogue avec le gouvernement central a permis d’obtenir certains résultats. L’accord sur un nouveau rapport fiscal signé en 2010, comme le prévoyait la loi 42, sur le fédéralisme fiscal, a été sûrement positif.

Comme le fut l’achat de la Deval qui nous a permis de devenir les propriétaires avec nos centrales, du réseau de distribution de l’énergie qui nous donne une plus grande autonomie à travers l’usage de nos ressources. Nous avons finalement obtenu que certaines places importantes comme celle de Président du Parc national du Grand-Paradis soient attribuées à des Valdôtains ; le fait d’être arrivé à organiser une table de négociations avec le Ministre sur le pacte de stabilité pouvait être fondamental pour nous. Il s’agit de résultats significatifs mais certes insuffisants par rapport à nos attentes.

Malheureusement, le dernier maxi amendement nous a frappé lourdement et de manière négative qui, à l’improviste et de manière inattendue, a revu de manière unilatérale notre pourcentage de participation à la crise nationale dans la loi de stabilité. Cela a été véritablement un "coup bas” contre nous et en faveur de la Sicile et de la Sardaigne.

Nous pensions avoir instauré un dialogue correct avec Rome et nous ne nous attendions pas à ce revirement de situation qui nous a coûté 16 millions d’euros supplémentaires en 2012 et 19 en 2013. Et notre amendement, présenté pour nous opposer à cette décision, signé également par SVP et par les députés du Trentin n’a pas été accepté. Ils nous ont remis une norme de garantie, pour nous donner un petit quelque chose, mais nous avons maintenant compris que ces normes de sauvegarde ne servent plus à rien.

Cela nous a frappés surtout parce qu’à l’inverse du gouvernement Berlusconi dans son dernier acte, nous maintenons toujours nos promesses et nous honorons les accords passés. Un rapport avec le précédent gouvernement qui, je le rappelle, avait commencé négativement quand, au moment de le soutenir (avril 2008), les autonomies avaient demandé de faire allusion, dans le discours du Premier, à une considération de son gouvernement envers les autonomies.

La certitude de la majorité et, si vous me le permettez, l’arrogance d’une position, ont fait en sorte que Berlusconi n’a fait alors aucune allusion à ce que nous avions demandé. Et à partir de là, un vote négatif au moment de soutenir le gouvernement et sur les nombreuses mesures présentées au début. Ceux qui disent que j’ai toujours voté pour Berlusconi devraient compter toutes les fois que nous avons voté contre. Puis avec la crise de la majorité et la perte de nombreux sénateurs, le rapport entre nous et le gouvernement avait changé et un dialogue était né.

Je pense que le devoir d’un parlementaire valdôtain est à la fois de ne jamais renoncer à sa propre identité mais également d’obtenir des résultats concrets et respectueux de notre communauté. Des résultats pour notre population, jamais à titre personnel ! soulignons- le ! Un discours idéologique d’autre part, toujours contre ou favorable, n’aurait obtenu pour la Vallée aucun résultat.

Encore quelques considérations de mon expérience à propos de la situation actuelle des autonomies spéciales. La première est que les autonomies spéciales sont différentes entre elles de par leurs Statuts et leur régime fiscal. Il y a deux blocs différents, d’un côté la Vallée d’Aoste, le Tyrol du Sud et le Frioul, et de l’autre la Sicile et la Sardaigne. Et ce n’est pas un hasard si les trois premières régions autonomes ont déjà signé un accord fiscal avec l’Etat. La Sicile et la Sardaigne sont toujours en train d’en discuter. Et il est impossible, sinon par la reconnaissance de ces deux blocs différents, de trouver une unité entre celles-ci.

Calderoli avait, en effet, compris cela en abordant de manière séparée les Régions à Statut spécial pour signer l’accord fiscal. Calderoli savait qu’il ne pouvait pas organiser une table unique de concertation ou bien savait-il qu’avec la Sicile et la Sardaigne, il serait très difficile de signer des accords fiscaux ?

Il est certain que lui aussi savait que nous sommes des gens sérieux et que nous respectons les pactes. Mais d’autre part il faut, cependant, rappeler que lorsque l’on a voté au Sénat pour concéder un parlementaire européen à la Vallée d’Aoste, la Ligue du Nord a voté elle aussi contre en oubliant de soutenir les minorités. Le PD s’y était également opposé, même si Veltroni au Giacosa, au cours de la dernière campagne électorale pour les législatives, l’avait promis.

Il est donc évident que notre force politique ne reçoit pas beaucoup d’aide en cours de route. Nous sommes souvent seuls, et avec tout le respect pour l’autre parlementaire, nous n’avons pas toujours voté uni (on est deux, mais différents). L’axe avec le SVP est un rapport épisodique, même parfois d’amitié, mais leur orientation, leur nombre et un traité international pour leur sauvegarde (mais également leurs contradictions et leurs oppositions internes) font que leur voie est toute tracée.

Mais à la fin de ces considérations, encore ces derniers mois, j’ai pu constater, et c’est ce qui me préoccupe le plus, qu’une vision négative progresse contre les autonomies : en période de crise, quand il y a moins d’argent, on essaye de faire payer les plus faibles. On parle encore de nos présumés privilèges et non de spécificité, on dit que nous avons trop, sans tenir compte des capacités administratives réalisées et aux services mis en place dans les territoires difficiles.

Napolitano a admirablement bien reconnu que nous avons su innover et administrer correctement au cours de sa visite en Vallée d’Aoste. Le Ministre Giarda du Gouvernement a récemment répondu au député Nicco sur la réduction des fonds pour les émissions des minorités. Il faut encore souligner que le bipolarisme n’aide sûrement pas les spécificités, au sein des deux blocs, il n’y a pas de place pour celui qui pense différemment et qui est plus petit.

A présent, nous avons le Gouvernement Monti et nous ne devons pas non plus attendre grand chose d’un gouvernement aussi atypique, même si lors de sa prise de pouvoir Monti a fait, à notre demande, une allusion aux autonomies spéciales et de là notre vote de soutien. Un gouvernement technique, comme l’a justement dit l’assesseur Pastoret, est un pouvoir exécutif qui fait des additions et des soustractions et rien d’autre.

Cependant, il est juste de considérer objectivement qu’on ne pouvait pas continuer ainsi : la lettre d’intention envoyée par Berlusconi à Bruxelles et la crainte que le PD a de gouverner cette situation sont un fait réel. Et la conséquence de tout cela, c’est un gouvernement de techniciens qui entreprend les réformes que la politique nationale n’a pas été capable de faire. Tout ce discours et toutes ces analyses à propos de nos rapports avec Rome nous disent une chose évidente : et pour en revenir au thème du Congrès, nous n’aurons pas beaucoup d’aides pour surmonter la crise et pour développer notre croissance.

Nous devrons la surmonter tout seul, en changeant, en inventant quelque chose de nouveau et en travaillant davantage. Le peuple valdôtain est intelligent, travailleur et il a su trouver des solutions utiles dans des situations difficiles : je suis toujours surpris de voir dans nos campagnes ces petits murs de pierre pour construire des terrassements et les pierres mises de côté dans les prés pour agrandir les pâturages.

Alors que doit-on faire aujourd’hui et où agir ? Les mesures mises en place, en Vallée d’Aoste, contre la crise sont nombreuses et intelligentes. Les chiffres des ouvriers sans emploi et du chômage sont plus bas que dans les autres régions. De grands changements sont-ils possibles avec nos seules forces ? Et alors, ce petit peuple travailleur que peut-il faire (un flambeau au milieu de l’Europe) ?

Nous pouvons avec plus de force et de détermination, miser sur la croissance de notre "facteur humain”, sur les ressources de chaque personne et sur l’envie de travailler, apprendre et étudier de nos jeunes générations. Et faire en sorte que chacun mise sur le professionnalisme pour augmenter la qualité de ce que nous faisons et offrons.

Là où l’offre touristique est de qualité, les gens continuent d’arriver, les malades provenant des autres régions arrivaient à l’Hôpital d’Aoste quand le chirurgien U. Parini y exerçait, les sabotiers de la Vallée d’Ayas étaient appelés partout pour leur habileté. Un peuple plus dynamique qui rejette une dimension d’assistanat et qui comprend que l’avenir et la croissance se construisent avec ses propres mains, un peuple qui retrouve sa véritable dignité.

Et pour obtenir cela, il faut avant tout un changement de mentalité et ne pas attendre de cadeaux des autres régions d’Italie et du Gouvernement central, car c’est seulement ce que je sais faire qui peut faire la différence. Notre système scolaire est certainement parmi les meilleurs et réparti sur tout le territoire, l’université est devenue encore plus forte et une nouvelle université sera construite.

Nous devons, à commencer par ceux qui ont des responsabilités, donner plus en termes d’engagement et de partage. Nous pouvons parler de la Juventus de Milan aux jeunes, mais il serait peut-être plus judicieux de leur dire que le monde est en phase de récession et qu’ils devront faire les sacrifices qu’ils ne nous ont probablement pas vus faire et qu'ils doivent étudier plus et mieux qu’avant.

La crise nous impose ce changement de mentalité. Je vois également la nécessité d’une plus grande capacité à travailler ensemble et à faire équipe. Il en est de même pour les communautés territoriales : respecter et garantir l’identité des petites communes aussi mais sans l’esprit de clocher.

Le travail, uni et commun, prime toujours et coûte moins cher. Pour conclure, chaque crise entraîne toujours des sacrifices et de la douleur. Mais elle peut être positive si elle nous enseigne à changer de mentalité et à travailler mieux et à être plus unis pour accomplir ce grand pas en avant. Notre peuple, notre petite mais grande communauté, grande comme je l’ai dit à Monti avant de voter, de par ses valeurs, sa capacité de cohésion, sa solidarité, sa disponibilité à toute épreuve, ses sacrifices et son travail surmontera cette crise et développera à nouveau sa croissance.

Mais nous devons changer de mentalité, être prêts à affronter différemment les situations et tout miser sur le potentiel humain, sur ce que nous sommes mais surtout sur ce que nous pourrions être.

Albert Cerise

Albert Cerise, Président du Conseil de la Vallée

« Nous devons avoir la capacité de regarder à l’horizon avec l’aptitude qui a toujours caractérisé notre mouvement »

Chères et chers délégués,

Le thème de la crise économique et de ses effets sur le marché du travail est devenu l’un des axes portant de nos derniers congrès. C’est le signe évident de l’attention que notre mouvement porte aux questions réelles qui pèsent sur notre communauté et dont les solutions concrètes sont aussi le résultat des discussions que nous faisons en notre intérieur et qui se reflètent sur notre action aux différents niveaux administratifs et politiques.

Aujourd’hui, la faiblesse structurelle de la zone euro et le manque de stabilité économique mondiale nous obligent, d’une part, à prendre acte des mesures – voir les « manovre finanziarie » – pour contenir et faire rentrer la dette publique, qui, avec ses taux d’intérêt, rend vains tous les efforts et les sacrifices destinés à soutenir le pays. D’autre part, nous sommes obligés de réinventer des mécanismes pour soutenir la croissance de l’Italie et de notre Région en particulier. Le terme de « crise » est aujourd’hui employé à toutes les sauces.

Depuis 2008, début de la crise bancaire et financière, la crise est devenue crise de disponibilité et crise de liquidité. Elle a muté en crise économique, crise de la croissance, crise de la capacité productive. Ensuite, la crise a élargi ses mailles et a envahi le domaine des valeurs : en invoquant l’incapacité des décideurs d’arrêter la conjoncture, la crise économique s’est transformée en crise de la politique, crise de la confiance jusqu’à toucher les aspects de la morale et de l’identité.

C’est une sorte de poupée russe, où une figurine recèle en son intérieur une statuette plus petite, mais ayant un rapport avec la précédente. Et tous les aspects de cette crise ont produit des effets qui ont touché avant tout la crédibilité des institutions, avec une force frappant sur la politique et sur les élus, en rendant parfois tendu le rapport entre les deux. En ce moment, l’Europe et la crise en général sont intimement liées. Et le sauvetage de l’euro semble être un problème davantage politique qu’économique-financier.

Il y a une crise politique de la zone euro, une crise de la gouvernance économique européenne. Toutefois, la politique apparaît faible dans sa capacité d'aider, au nom d’un intérêt commun, les pays en difficulté temporaire. Le vide laissé par la politique est rempli par les décisions de la Banque centrale européenne – ou du Fonds monétaire international – qui dicte les règles des politiques d’austérité sans avoir reçu aucune délégation de souveraineté.

A présent, pour sauver la zone euro, trois solutions sont envisagées. La première, c’est la sortie de quelques pays de la zone euro, en créant le chaos général. La deuxième, c’est la création d’une zone euro à deux vitesses : une partie forte formée par les pays ayant les budgets les plus en règles et une partie faible comprenant les pays à risque de défaut. Evidemment ces deux solutions impliqueraient une faillite partielle de l’Union européenne. La troisième solution, c’est une Europe politique, libre et unie : à savoir, le rêve des pères fondateurs.

Cette crise de la gouvernance européenne nous conduira à revoir les traités de l’UE si nous ne voulons pas entraîner la dissolution de la zone euro, avec des retombées gravissimes pour les différents pays, ce qui engendrerait de véritables désastres pour les épargnants. Quant à la situation italienne, nous avons souffert de la vulnérabilité due aux problèmes que le Gouvernement précédent s’est retrouvé à aborder.

Une fragilité qui se manifestait tant au niveau politique qu’à celui individuel, avec des forces politiques toujours en conflit et une personnalisation excessive de la politique même. Cette situation a aussi généré une crise de crédibilité de l’Italie au niveau international, qui s’est répercutée sur les marchés et sur les investisseurs.

Toutefois, la crise de confiance n’est plus seulement une question entre citoyens et politique, entre forces politiques, entre pays et systèmes financiers : elle a fini par concerner aussi les instituts bancaires qui, n’ayant plus confiance les uns avec les autres, ont rendu plus difficile l’accès au crédit, en pénalisant les investissements. A présent, ce problème semble être étouffé suite à l’intervention des grands groupes financiers.

Aujourd’hui que nous avons un Gouvernement soi-disant de « solidarité nationale », avec un fort soutien de toutes les forces politiques et qui a été accueilli favorablement sur le plan international, il ne reste qu’à attendre une amélioration de notre position, eu égard aux décisions qu’il assumera.

Et pour ce faire, il y aura un prix important à payer pour tous les citoyens. En ayant résolu, pour le moment, le problème de la crédibilité du Gouvernement de notre pays, il est juste de demander un contexte européen d’aides, qui soit plus dynamique et plus crédible que celui actuel.

En étant conscients qu’il est nécessaire de nous structurer au mieux pour faire en sorte que l’expansion de l’Europe dans notre système ne comporte pas de pertes de souveraineté. Nous avons 325 milliards de titres publics à placer sur le marché en une année. Leur rente et leur coût vont fortement dépendre de la crédibilité, voire de la confiance, des investisseurs. La question que nous nous posons est alors la suivante : comment aborder un thème d’une si vaste portée et quel est le rôle de notre mouvement ? Si nous regardons à l’étymologie du terme crise, la définition de ce mot grec « krisis » se trouve dans le mot « décision ».

Donc une crise est en fait un moment où il y a une décision à prendre. Et nous ajoutons que pour prendre une décision il est nécessaire d’intégrer dans la réflexion les opportunités et les dangers offerts par cette crise. C’est l’intégration des deux – dangers et opportunités –, et non la focalisation sur l’un, qui offrira les clés pour une bonne prise de décision.

Et je crois que c’est dans cette définition que nous pouvons insérer notre réponse. Les élus de l’Union Valdôtaine ont fait en sorte que, dans cette crise et aux différents niveaux de gouvernements, nous assurions des prises de décision. Nous avons su le faire en oeuvrant concrètement : depuis 2008, le Gouvernement et le Conseil régional ont adopté des mesures en faveur des familles et des entreprises pour assurer le maintien de ces services à la collectivité que nous estimons prioritaires – tels que l’école, la santé, les communes – et pour favoriser les perspectives de croissance.

Nous avons été appelés à faire des choix et nous l’avons fait avec un sentiment de responsabilité et de détermination, avec la conviction de travailler pour le bien-être de notre Vallée. En établissant des budgets soutenables et rigoureux du point de vue financier, responsables et équitables du point de vue des impacts sur la population.

L’Union Valdôtaine a fait en sorte que la Vallée d’Aoste ne perde pas de crédibilité, tant au niveau institutionnel qu’au niveau politique. Et nous l’avons fait en sachant que nous sommes investis d’une responsabilité qui nous a été léguée par nos ancêtres et qui représente pour nous un phare dans nos choix politiques : la valorisation de notre autonomie, notre patrimoine collectif. Il est clair que, après avoir dépassé de manière indemne les moments les plus difficiles, la crise sera toujours là. Parce que le processus de mondialisation, le cours des marchés financiers, le système compétitif vont dessiner un futur qui sera bien différent du passé et qui marquera la fin d’une certaine façon d’être et de vivre, en imposant d’autres modes qui seront certainement moins faciles.

Cela demandera du temps, de l’imagination, de la volonté. Mais je crois aussi que nous devons avoir la capacité de regarder à l’horizon avec l’aptitude qui a toujours caractérisé notre mouvement. A savoir : l’importance des prérogatives de l’Union Valdôtaine et de son lien avec notre histoire et notre identité valdôtaine ; la participation des unionistes à la vie du mouvement et de l’action politique qu’il conduit ; le comportement éthique des unionistes qui a toujours été respectueux de la parole donnée, prémisse pour un engagement social concret et productif.

Et les mots qui ont été prononcé par le Président de la République lors de sa visite à Aoste, qui a reconnu la qualité de la mise en oeuvre de notre autonomie au cours de ces soixante ans, nous réconfortent dans les raisons de nos décisions et de nos actions. Si le Président de la République avait pu prononcer ces mêmes mots dans toutes les Régions, aujourd’hui nous ne serions pas ici à discuter de la crise en ces termes !
Vive l’Union Valdôtaine ! Vive la Vallée d’Aoste !

Augusto Rollandin

Augusto Rollandin, président de la Région

« Le monde change, il faut que nous changions aussi »

Merci de m’avoir donné la parole. Je crois que cette matinée nous donne la possibilité de saisir un thème très difficile et très engageant comme celui de la crise. Une crise qui a différents volets : il y a la crise de l’environnement, celle des institutions, la crise financière et économique et encore la crise sociale.

Donc il y a toute une série d’aspects qui sont marquants d’une période difficile. Notre région – à laquelle, récemment encore, l’agence Fitch Ratings a confirmé l’attribution de la note à long terme « AA+ » et de la note à court terme « F 1+ » avec des perspectives stables – n’est toutefois pas à l’abri de la crise financière internationale et des contrecoups de l’évolution des marchés. Ce risque existe, même si – dans l’ensemble, malgré des tendances contrastées et un important impact de la crise internationale sur le système local – il ressort des différentes analyses conjoncturelles que, si l’on compare notre région aux autres, les principaux indicateurs socio-économiques la situent encore à une place importante à l’échelon national.

Pour présenter notre réalité de manière plus détaillée, j’estime cependant nécessaire de souligner la persistance de difficultés dans certains secteurs, comme celui de l’industrie, d’une instabilité du marché de l’emploi et d’une augmentation du nombre de personnes découragées. Pour soutenir la croissance des entreprises et pour ne faire manquer ni à celles-ci, ni à tous les citoyens, en général, les services nécessaires pour survivre dans une réalité petite et décentralisée, l’Administration régionale a investi et continue d'investir des ressources considérables.

Les restrictions imposées par la législation européenne – avec l’introduction du pacte de stabilité et les dispositions financières qui en découlent, adoptées à l’échelon des États – nous ont amenées à élaborer des stratégies spécifiques pour le maintien du tissu productif de la Vallée et de l’emploi de centaines de Valdôtains, qui passent aussi bien par des mesures structurelles que par certaines mesures d’urgence, qui se sont imposées en ce moment particulier.

Je pense notamment aux mesures pour l’essor des jeunes entreprises, aux nouvelles dispositions pour l’octroi de financements à taux avantageux en faveur des coopératives de construction, aux interventions pour l’essor des entreprises industrielles et artisanales, aux mesures en faveur de la recherche et du développement et aux premières expérimentations de télétravail, ainsi qu’à l’élaboration du Plan régional de politique de l’emploi, qui consacre une grande attention au soutien de la formation et à l’emploi des dernières générations et, notamment, des jeunes chômeurs titulaires d’un diplôme ou d’une licence.

Le taux d’activité est de 71 %, le taux d’emploi (de 15 à 64 ans) est de 67,6 %, pour le deuxième trimestre 2011, alors que le taux de chômage est stable, à 4,8 %, valeur qui est toutefois l’une des plus élevées de ces huit dernières années. Malgré cela – et dans un contexte difficile, soulignons-le – la position relativement meilleure de notre réalité territoriale par rapport aux autres est confirmée par les indicateurs qui se rapportent : à l’ensemble de l’Italie, dont le taux d’activité est de 62,1 %, le taux d’emploi de 57,3 % et le taux de chômage de 7,8 % ; à la zone du Nord-Ouest, dont le taux d’activité de 68,5 %, le taux d’emploi de 64,5 % et le taux de chômage de 5,7 %. Il ressort des autres données relatives au « système travail » de la Vallée d’Aoste qu’au cours des neuf premiers mois de 2011, les embauches ont augmenté de 5,5 %, par rapport à la même période de 2010, et de 13,2 % par rapport à la période allant de janvier à septembre 2009. Dans ce cas aussi, le cadre est hétérogène.

L’élément le plus significatif est le fait que, malgré une augmentation en 2011 du nombre global de recrutements de 3 000 unités par rapport à 2008, année du début de la crise, les contrats à durée indéterminée diminuent progressivement et ne représentent plus que 14 % du total. Le nombre de contrats de travail de courte durée (de 1 à 6 mois) a doublé, alors que, pour ce qui est de la passation de contrats d’apprentissage, non seulement les chiffres ne progressent pas mais, suite à l’entrée en vigueur du Texte unique, ils ont marqué un arrêt brutal. La seule nouvelle modérément positive tient à la diminution d’environ 21 %, par rapport à la même période de 2010, du recours au chômage technique.

Travail et formation
L’activité de 2011 dans le domaine du travail et de la formation a été essentiellement conditionnée par les mesures visant à limiter les effets de la crise économique sur les travailleurs et sur les entreprises. Pour faire face à cette conjoncture, l’Administration a engagé toutes les ressources disponibles dans deux instruments financiers synergiques : le Plan triennal de politique de l’emploi et le Programme opérationnel Emploi du FSE. Ceux-ci contiennent des mesures destinées à favoriser la rencontre entre la demande et l’offre d’emploi, ainsi qu’à soutenir les revenus et le recours aux amortisseurs sociaux, mais aussi des actions pour la formation, l’orientation et l’insertion professionnelle, de même que des aides à l’embauche ou au démarrage d’une activité indépendante ou professionnelle, aides destinées au travailleurs comme aux chômeurs, hommes ou femmes, aux jeunes, aux personnes handicapées et aux immigrés.

Sur le versant du soutien aux revenus, nous avons financé la prolongation par dérogation des amortisseurs sociaux et les activités d’accompagnement de la réinsertion professionnelle des personnes concernées.

En vertu de la signature de l’accord sur le recours par dérogation aux amortisseurs sociaux au cours des années 2011 et 2012 – à la suite de l’entente conclue entre l’État et les Régions au mois d’avril dernier, laquelle définit les modalités de financement y afférentes – l’Administration régionale couvrira les frais supplémentaires pour deux autres années : 60 % de la dépense est à la charge de l’État et 40 % à la charge de la Région (FSE).

Les procédures engagées à ce jour sont au nombre de 38 et 87 travailleurs, appartenant à 15 entreprises, sont concernés. Des mesures spécifiques ont été prises à l’intention des jeunes chômeurs. Il s’agit de l’organisation d’actions de formation professionnelle, de l’approbation d’une nouvelle mesure du Plan de politique de l’emploi, visant à favoriser le recrutement des jeunes et l’apprentissage.

En 2011, la Région, de concert avec les partenaires sociaux et dans le cadre du Conseil des politiques du travail, a défini un nouveau modèle pour les cours biennaux de formation professionnelle destinés aux jeunes, âgés de 16 à 20 ans, qui ont abandonné l’école à la fin de la scolarité obligatoire, sans avoir obtenu ni titre d’études, ni qualification professionnelle. Ces cours, confiés à des organismes de formation accrédités, ont démarré en automne. L’activité de formation a comporté globalement un engagement financier s’élevant à plus de 2 700 000 euros.

J’aimerais souligner l’institution, pour la première fois en Vallée d’Aoste, de cours de formation professionnelle sur deux ans. Lesdits cours préparent à l’exercice des professions telles que carrossier, électricien réseaux, chauffagiste, commis de cuisine, commis de salle/bar, coiffeur/coiffeuse, esthéticien/ esthéticienne. Du fait que ces cours sont centrés sur la compétence professionnelle, définie par le profil de référence, et caractérisés par la prépondérance des activités théoriques et pratiques et par une expérience significative acquise dans le cadre de stages en entreprise, ils se distinguent par leur forte empreinte professionnelle et le fait qu’ils ouvrent immédiatement aux élèves les portes du monde du travail.

La durée de chaque parcours est de 2.000 heures, réparties sur une période de 2 ans. Les organismes de formation, qui gèrent lesdits parcours ont répondu à un appel à projets spécifique, et sont les suivants : l’école hôtelière de la Fondation pour la formation professionnelle dans le secteur touristique de Châtillon, le CNOS FAP Don Bosco de Châtillon, le Consortium Projet Formation d’Aoste. Les référents des associations professionnelles ont joué et jouent encore un rôle important dans ces parcours.

En effet, ils n’ont pas seulement participé au choix et à la définition des profils professionnels, ainsi que du modèle des cours, mais ils sont intervenus directement à chaque phase de l’activité, en collaborant avec les organismes de formation, et ce, au niveau de la conception, de l’organisation et de la gestion desdits cours, ainsi que de l’enseignement et du choix de professionnels qualifiés, mais également dans le suivi et l’évaluation des apprentissages.

Les 7 initiatives ainsi lancées proposaient 113 places et ont connu un succès considérable : à l’issue d’un premier écrémage des très nombreuses demandes, réalisé par le Centre d’orientation de la Région au moyen d’entretiens et de parcours d’orientation, l’on a enregistré 147 inscriptions formelles et, à la fin de la procédure de sélection, 104 personnes ont été admises à suivre lesdits parcours.

Pour les cours permettant de former des électriciens réseaux et des chauffagistes, presque tous les requérants ont été acceptés, alors que, pour les autres cours (carrossier, commis de cuisine, commis de salle/bar, coiffeur/coiffeuse et esthéticien/esthéticienne), les demandes dépassaient le nombre des places disponibles. Pour ce qui est des politiques en faveur des JEUNES, le Gouvernement régional a donc décidé d’agir sur deux fronts : celui de la formation professionnelle au sens classique du terme, qui nous permettra d’ici deux ans d’avoir sur le marché du travail ces professionnels bien préparés, que les entreprises se plaignent de ne pas trouver aujourd’hui ; celui de la haute qualification, pour les titulaires de diplômes et de licence, auxquels il offre la possibilité d’achever leur formation dans tous les coins du monde, en prenant en charge les frais y afférents par le biais de l’octroi de bons de formation et de bourses de recherche.

Nous allons passer sous peu un accord avec la Région Piémont, afin que les jeunes de chez nous puissent s’appuyer sur son solide réseau d’entreprises et effectuer des stages auprès de ces dernières, avec un soutien financier de l’Administration régionale. Par ailleurs, les modifications du Plan triennal de politique de l’emploi 2009-2011 ont encouragé le recrutement de jeunes titulaires d’un diplôme ou d’une licence et âgés de 18 à 32 ans. Les nouvelles dispositions prévoient, en cas de recrutement sous contrat à durée indéterminée, le remboursement aux entreprises de 50 % des dépenses éligibles – qui correspondent au coût des salaires pendant une durée maximale de 12 mois, à compter de la date dudit recrutement, si le travailleur est défavorisé, ou de 24 mois si le travailleur est très défavorisé – et de 40 % desdites dépenses en application régime de minimis.

Par ailleurs, toujours pour les jeunes âgés de 18 à 32 ans, le régime prévoit lors de l’embauche sous contrat à durée indéterminée de personnels travaillant sous contrat à durée déterminée pour une agence d’emploi, un remboursement de 40% aux entreprises, effectué par l’employeur privé utilisateur, au titre de la transformation des contrats temporaires en contrats à durée indéterminée sans solution de continuité, ainsi que pour la transformation de contrats d’apprentissage en contrats de travail à durée indéterminée, et ce, avant l’échéance prévue.

Pour ce qui est de l’apprentissage, un protocole d’accord avec les partenaires sociaux est en cours de définition : ce texte vise à établir les conditions d’application de la nouvelle législation et à apporter des innovations, ainsi que des simplifications aux procédures d’application, au lendemain des importantes modifications introduites par le Texte unique sur l’apprentissage, promulgué par le décret législatif n° 167 du 14 septembre 2011. D’autre part, l’enquête sur les chômeurs inscrits sur les listes, qui a permis de déterminer quels sujets étaient effectivement intéressés par la recherche d’un emploi et les politiques actives est terminée.

La mise en place d’un système informatique unique et intégré a accéléré l’inscription, de même que la sélection des données et des informations univoques et communes à tous les bureaux du Service ; le Gouvernement régional a adopté une délibération portant approbation des nouvelles règles d’octroi du statut de chômeur ; celles-ci prévoient, notamment, un nouvel accord de service à échéance annuelle.

Une autre délibération du Gouvernement régional a introduit de nouvelles règles de placement ciblé, dans le cadre desquelles a été institué le registre des personnes handicapées et défavorisées prévu par la loi n° 68/1999, avec les modalités d’inscription à ce dernier et les dispositions relatives à la procédure de recrutement sur convocation pour les personnes handicapées.
- Plan triennal de politique de l’emploi : aides à l’embauche En ce qui concerne le Plan triennal de politique de l’emploi, que l’Administration régionale finance sur ses ressources propres, au 31 octobre 2011, des aides financières ont été accordées aux entreprises valdôtaines – dans le cadre des mesures destinées à soutenir les entreprises et les salariés – en vue de l’embauche d’environ 200 personnes sous contrat à durée indéterminée.
- Fonds Social Européen Le Programme opérationnel emploi du FSE (Fonds Social Européen) cofinance, par l’intermédiaire d’appels d’offres et d’appels à projets, des actions de formation, destinées aux personnes handicapées, aux étrangers, aux jeunes, aux chômeurs et aux femmes, ainsi que des interventions visant à concilier travail et famille. Ces parcours cofinancés touchent en moyenne 2 500 personnes par an.

L’ensemble des dépenses engagées au titre des différentes activités, qui ont concerné directement les organismes de formation accrédités, les collectivités locales, l’université et les écoles ont dépassé les 3.000.000 d’euros. Une somme de 1.200.000 euros a été consacrée aux projets de recherche. Plus de 100 personnes en chômage ont bénéficié de bons de formation, soit deux fois plus que l’an passé, et 346.748 euros ont été consacrés à ce projet. La formation continue des personnels employés a comporté une dépense d’environ 5.000 euros pour près de 1.000 projets, soit trois fois plus au cours des deux dernières années. Autre projet du secteur de la recherche et du développement technologique, l’appel à la création et au développement d’unités de recherche : ce dernier peut compter sur une dotation financière de 1.440.000 euros, dont une partie à valoir sur le FESR et le reste sur le FSE, s’adresse aux entreprises et instituts de recherche ou universités, en collaboration avec l'Assessorat des activités productives. Des activités spécifiques ont concerné les initiatives visant à l’intégration sociale et au développement du capital humain. Point Entreprise, pour le lancement d’une activité entrepreneuriale Le Service pour la création d’entreprises prévoit des interventions synergiques, qui vont de l’accueil et des conseils à l’entrepreneur potentiel, au suivi du parcours de développement de l’entreprise. En 2011, 532.100 euros d’aides en capital ont été versés, au titre d’une soixantaine de projets présentés et financés dans des secteurs allant de l’artisanat au commerce. Prochainement, l’Administration pourvoira à :

  • l’approbation, dans le cadre du Système de certification des compétences, de certains profils professionnels dans le secteur de la coopération sociale, du profil du responsable social et de l’opérateur d’insertion professionnelle de sujets défavorisés ;
  • l’implémentation du répertoire régional des profils professionnels, avec l’introduction de nouveaux profils et systèmes de compétences définis en accord avec les assessorats régionaux compétents et la définition des procédures opérationnelles de gestion des examens de qualification professionnelle, à l’issue des parcours de formation ;
  • l’institution de la figure professionnelle de l’euro-conseiller en vue du renforcement de l’activité liée à la mobilité internationale des personnels ;
  • la réalisation du dossier du travailleur, qui donnera un aperçu transversal des compétences, du parcours professionnel et de la formation du personnel inscrit à ce service. Voilà les principales activités mises en oeuvre en matière d’emploi. Il n’en reste pas moins que, compte tenu du fait qu’une nouvelle récession du système Italie est prévue pour le printemps 2012, il va nous falloir faire encore plus. Et le budget régional qui sera adopté sous peu va dans ce sens, sans lésiner sur les ressources financières et organisationnelles.

Cristina Vuillermin

Cristina Vuillermin, président de la Section de Verrès

« Maintenir les services pour la population »

Chères et chers congressistes,
au cours de notre Congrès, nous allons encore une fois nous concentrer sur un thème qui est malheureusement toujours très actuel : la crise économique qui frappe désormais tous les secteurs privés et publics de notre région et ceux du Pays tout entier. Nous sommes en train de traverser une immense crise industrielle, commerciale, économique et aussi politique. En tant que section de Verrès, nous avons voulu analyser la situation de notre Commune afin d'apporter notre contribution au débat.

Depuis toujours, Verrès a été considéré comme un pays très industrialisé. Il faut absolument remarquer le rôle central des industries de Verrès comme la cotonnerie Brambilla, premier grand établissement industriel de la basse Vallée aujourd'hui converti en complexe scolaire ultra moderne, la Lavazza, la Verrès spa et la Brambant Alucast, industrie métallurgique mieux connue sous le nom de Meridian.

Ces dernières années, notre communauté a vu la fuite de plusieurs petites entreprises artisanales et commerciales. Tout le monde est au courant de la période de crise difficile que beaucoup d'entreprises de Verrès et de la basse Vallée sont en train de traverser. Certaines d’entre elles ont aussi d'immenses difficultés financières.

Actuellement, le marché n'envoie aucun signal positif et, à présent, il est difficile de prévoir une reprise économique, dans un bref délai. L'espoir qui nous reste, c'est de parvenir à maintenir la stabilité des volumes de production pour que le niveau de chômage ne s'aggrave pas.

Aujourd'hui, plusieurs entreprises se trouvent dans une situation d'attente, notamment la Verrès s.p.a. mise en liquidation judiciaire et, comme déjà annoncé par le Président de la Région, nous sommes tous confiants dans une évolution positive des circonstances problématiques de cette entreprise. Mais aussi de l'industrie Lavazza, laquelle, tout en maintenant des volumes standard de production, ne manifeste pas encore la volonté de déplacer son activité dans l'établissement de l'ex Balzano, ce qui influence fortement la situation économique et le développement du pays.

D'après une analyse des données sur le taux de chômage des résidents de la commune de Verrès, 488 personnes sur 2.700 habitants, presque 18%, n'ont pas de travail, le nombre de chômeurs est en hausse et le phénomène frappe surtout les travailleurs âgé de 35 à 44 ans. Un autre fait faisant allusion à une situation de crise profonde est souligné par le nombre toujours plus croissant de demandes d'accès aux aides économiques introduites par le Gouvernement régional actuel, et en particulier, pour notre Commune, le micro crédit.

Cette année, 28 familles ont bénéficié de cette mesure, en manifestant la difficulté de faire face aux dépenses de tous les jours. Les éléments décrits jusqu’ici sont le symptôme d'un fort malaise économique.

Malheureusement, il n'existe aucune formule magique pour résoudre ces problèmes, mais nous avons voulu tout de même vous présenter cette situation pour y réfléchir ensemble et évaluer une série de manoeuvres d'interventions éventuelles. Les années, pendant lesquelles nous disposions de sommes d'argent considérables pour financer et résoudre toute sorte de problèmes, sont terminées.

Nous vivons une période difficile et c'est à nous de la surmonter en créant un réseau de secours pour aider nos familles les plus démunies, ainsi que nos entreprises agricoles et artisanales. La première entité publique du territoire est la Commune, la maison communale, le Syndic. Chaque jour, ils doivent affronter les problèmes des citoyens. La Vallée d'Aoste, par rapport aux autres régions de l'Italie, vit une situation plutôt meilleure mais elle aussi se trouve face à de nombreux problèmes.

La Commune de Verrès est prête à s'engager dans un nouvel enjeu : l'institution d'un réseau intégré de services pour soutenir les familles et répondre à leurs besoins. La maison communale est ouverte à toute possibilité de rationalisation des dépenses et de coopération avec d'autres Communes, afin d'organiser et d'offrir des services toujours plus efficaces et bon marché.

Deux éléments sont obligatoires pour mettre en place cette réorganisation : la réduction des frais et la qualité des services. Même si, ces dernières années, nous n’avons pas vu atteindre l’un de ces éléments par les Communes et les Communautés de Montagne. Verrès possède un territoire peu étendu mais c'est aussi un pays à forte densité de population.

Il n'y a pas de résidences secondaires, le pays compte peu d’hôtels mais nous y trouvons des écoles primaires, secondaires, une université de premier rang, des services administratifs, financiers et sanitaires, ce qui signifie que beaucoup de monde fait la navette pour venir y étudier ou y travailler.

Ces activités apportent une richesse au pays, mais elles sont aussi la cause principale d'une longue série de problèmes. Il est important aussi de rappeler que nous avons une grande communauté d'immigrés, ce qui, pour le moment, ne constitue pas un obstacle à la cohésion du pays. Toutefois, cette nouvelle composante sociale exige, de la part de la Commune et surtout des citoyens, beaucoup d'efforts et de solutions. Il faut notamment prêter une attention particulière à son processus d'intégration pour éviter que les immigrés deviennent un élément déstabilisant et dangereux.

Malheureusement, Verrès ne jouit pas des bénéfices économiques du tourisme mais le pays doit penser à ses habitants et aux immigrés qui ont énormément de besoins à satisfaire. C'est pour cela que l'Union Valdôtaine et le Gouvernement régional doivent soutenir nos Administrateurs pour surmonter cette période de crise, en leur permettant d'aider les familles, les entreprises agricoles, artisanales et industrielles pour le développement de notre région, au nom de nos principes d'autonomie, de fédéralisme, de solidarité pour garantir un modèle qui jusqu'à maintenant nous a permis d'être des Valdôtains fiers de vivre dans notre petite patrie.

Guido Corniolo

Guido Corniolo, secrétaire du Savt

« Attention au chômage chez les jeunes »

Chers congressistes de l’Union Valdôtaine,
la crise financière, démarrée en 2007, s'est, peu à peu, transformée en crise économique, en crise sociale et dernièrement en crise de la dette. La crise que nous vivons est, donc, le rebond ininterrompu de celle non résolue de 2008. La dette publique grossit régulièrement en Italie depuis plus de trente ans, mais s'est fortement amplifiée ces dernières années. Tous les citoyens sont touchés par cette dette historique du pays qui coûte très cher à notre société parce qu’elle prive l'Etat des moyens d'action financiers pour les investissements et qu’elle handicape les générations futures.

Un cercle vicieux s'est mis en mouvement : la crise économique aggrave la crise de la dette en privant les Etats de recettes fiscales, la crise de la dette relance la crise financière en mettant les banques en difficulté puisque ces dernières ont prêté de l'argent, beaucoup d'argent, aux Etats.

La crise aujourd’hui s'installe malheureusement dans le quotidien des familles valdôtaines. Mais quelles sont réellement les conséquences de la crise sur notre quotidien ? Le chômage augmente, la crise de 2008 a créé en Italie et en Europe des millions de chômeurs et la situation actuelle risque de l’augmenter encore plus. Le chômage en Italie, et aussi dans la Vallée d’Aoste, frappe tout particulièrement les jeunes et les travailleurs seniors qui sont expulsés de l’activité productive, bouleversée par une crise profonde du marché du travail et de la production.

Enfin le chômage de longue durée s’étend et nous n’avons pas d’amortisseurs sociaux capables de soutenir les travailleurs. Le retour à l’emploi se fait par la précarité. Les contrats à durée déterminée et à temps partiel représentent, au cours de ces dernières années, aussi en Vallée d’Aoste, plus de 65% des contrats stipulés.

En particulier, certains contrats à durée déterminée sont inférieurs à un mois de travail, le nombre de missions d’intérim d’une durée inférieure à la semaine sont la règle. Dans cette crise, et en particulier en Italie, où la fragilité du tissu productif rend la situation plus difficile et tendue que dans d’autres pays européens, elle cause la faiblesse de l’autofinancement des entreprises, surtout des PME, et on a pas les moyens pour contribuer à une régulation de l’économie de marché.

Les stratégies, à court terme, conduisent tout simplement à une impasse. La mondialisation de l’économie et la mobilité des travailleurs exigent aujourd’hui une réforme des systèmes de protection sociale, non pas évidemment pour en restreindre la portée mais au contraire pour élargir le champ des protections et ainsi protéger toute la population, parce qu’il ne peut y avoir, selon nous, de développement économique sans développement social. Nous croyons qu’à cause de cette grave situation que nous sommes en train de vivre la cohésion sociale est menacée.

Chaque jour, dans nos bureaux, des dizaines de travailleurs s’interrogent sur l’avenir de leur emploi, de leur pouvoir d’achat et de leurs protections sociales. Les travailleurs les plus fragiles, les jeunes et les intérimaires sont les premiers touchés, les salariés les moins qualifiés sont incapables de gérer leur reconversion professionnelle. L’inquiétude pour le futur est générale, vis-à-vis des difficultés à mettre sur pied des réformes ordonnées et de rendre équitable la fiscalité.

Des discours angoissants sont prononcés tous les jours par les médias et par la politique sur l’avenir du Pays, laissant entendre l’écroulement de la protection sociale et le fait réel que le Pays n’aurait plus les moyens de financer la sécurité sociale et les retraites. Les salariés s’interrogent chaque jour sur l’avenir de leur emploi et la tenue de leur pouvoir d’achat.

La dernière enquête de l’Istat démontre que la pauvreté augmente, plus de huit millions de personnes, presque 15% de la population italienne, gagne moins de 900 euros par mois, c’est-à-dire moins que le seuil fixé de pauvreté.

À partir des années 90, les inégalités se sont creusées en touchant les deux extrémités de l’éventail social : d’un côté, les personnes en grande pauvreté qui ont du mal à sortir de leur situation sociale et à accéder aux mesures censées les aider, et de l’autre le constat que 1% de la population italienne possède 50% de toute la richesse du Pays ! Je veux souligner que l’une des transformations les plus profondes de notre société est certainement l’écart des inégalités des classes d’âge.

Une fois la pauvreté était massive chez les personnes âgées. Maintenant, on a un revenu disponible quasiment égal chez les retraités et du côté des personnes actives et le revenu des jeunes est presque nul. Il est clair qu’aujourd’hui, les dispositifs de soutien mis en oeuvre par la Communauté Européenne sans avoir un Gouvernement de zone euro pour coordonner les politiques fiscales, économiques et budgétaires ne sont pas un soutien pour les Pays les plus endettés.

Au niveau national, le plan de réduction des déficits décidé par la loi budgétaire ne règle rien à long terme et surtout perpétue les inégalités, les hauts revenus ne contribua que symboliquement à l’effort demandé, conserve des niches fiscales coûteuses et inefficaces, met à mal le service public et ne maîtrise pas les coûts de fonctionnement de l’Administration publique. Il faut prendre des décisions énergiques, efficaces mais surtout justes. Il faut à la fois réduire les déficits, relancer la croissance par des investissements d’avenir (par exemple dans les nouvelles énergies alternatives) et surtout soutenir ceux qui s’appauvrissent dans cette crise : les jeunes, la précarité et les chômeurs.

Nous devons bloquer la spirale de la chute de notre société parce qu’aujourd’hui nous vivons une crise structurelle et une crise de système. Pour ce faire, nous devons lutter contre la spéculation et relancer la croissance économique européenne, mutualiser une partie des dettes des Etats pour renforcer les Pays face aux marchés financiers. Arrêter, au niveau politique, la spéculation contre l’Europe, lancer un plan coordonné d’investissements européens pour relancer la croissance, avoir un projet commun en matière d’infrastructures, d’efficacité énergétique, de développement durable et de nouvelles technologies.

Nous devons appliquer un nouveau système de contrôle pour interdire les produits financiers exclusivement spéculatifs, stopper les paradis fiscaux utilisés pour cacher des milliards d’euros aux impôts. Dans un bref délai, il faut modifier en profondeur la fiscalité pour la rendre plus progressive et plus efficace, il faut réformer la fiscalité du patrimoine et faire finalement contribuer les hauts revenus en créant une tranche supplémentaire d’impôt sur les revenus de plus de 300.000 euros.

Nous avons encore des marges de manoeuvre pour chercher des solutions pour les chômeurs, surtout pour ceux de longue durée, en mettant en place un accompagnement renforcé des amortisseurs sociaux qui en Italie sont les plus faibles de toute l'Europe. Il faut, et en Vallée d’Aoste nous l’avons fait, renforcer le Pôle Emploi pour essayer d’améliorer les conditions d’accompagnement de la recherche du travail surtout pour les jeunes, mettre en place des mesures négociées par les syndicats et le patronat pour accompagner la formation qui doit générer de nouveaux postes et, en particulier, promouvoir des dispositifs pour éviter les licenciements, pour ne pas perdre les compétences des travailleurs concernés.

Une politique régionale pour les jeunes est nécessaire pour éviter le risque d’une « génération sacrifiée », c’est pour ça que nous demandons au Gouvernement régional que l’emploi des jeunes soit placé au coeur de l’agenda du budget 2012 pour renforcer l’accompagnement des jeunes demandeurs d’emploi, pour accroître le nombre de jeunes en alternance et la qualité de leur formation.

Pour conclure, en tant que Savt, nous souhaitons que, dans notre petite Patrie, il soit possible de lutter pour permettre l’accès à l'emploi pour tous, réussir à offrir à chacun un travail et un salaire décents, favoriser une redistribution efficace par la protection sociale, les aides sociales et la fiscalité.

Dans une crise sociale comme la nôtre, les minima sociaux ne sauraient se substituer à cette politique de lutte contre la pauvreté, mais ils doivent permettre à leurs bénéficiaires de ne pas tomber dans la grande pauvreté, c’est bien pour ça que le Savt revendique aujourd’hui la réévaluation de tous les minima sociaux pour combattre la pauvreté monétaire et la pauvreté des conditions de vie.

Stefano Aggravi

Stefano Aggravi, animateur principal de la Jeunesse Valdôtaine

« Un système scolaire plus performant pour faire face à la crise »

Mesdames et Messieurs les congressistes, chers amis, Bon après-midi !
C’est avec plaisir que je vous apporte les salutations les plus cordiales de la part du groupe de la Jeunesse Valdôtaine. Si quelqu’un, après la crise de 2008, après les grands scandales financiers, envisageait la possibilité d’une reprise, d’une nouvelle croissance ou bien, c’est plus à la mode, d’une nouvelle phase de stabilité, eh bien, il doit aujourd’hui être démenti.

Ces jours-ci, on a vraiment peu de raisons de se dire optimistes ou bien confiants en l’avenir. Tout le monde, directement ou indirectement, est aujourd’hui concerné par cette période de forte instabilité des marchés financiers et en conséquence d’incertitude globale au niveau de l’économie réelle. Comme toutes les autres catégories, nous aussi, les jeunes, sommes directement concernés. La grande transformation que la mondialisation est en train d’apporter à la société moderne est un changement net par rapport aux conditions que nos pères et nos mères ont vécues.

La phase de croissance et de développement qui a caractérisé leur époque est en train aujourd’hui de toucher d’autres parties du globe, notamment les Pays en voie de développement. L’Europe et l’Occident ont géré leurs richesses et malheureusement se sont retrouvées, en période difficile, plutôt en arrière : nos institutions, nos règles et nos modes de vie ont joué contre nous !

Le Premier Ministre français François Fillon l’a bien dit le 15 novembre dernier à l’Assemblée Nationale : « Nous traversons une crise, …, qui est une crise majeure et qui est une crise qui met en danger notre héritage européen et qui met en danger notre mode de vie. » Cette situation détermine pour les jeunes une faiblesse par rapport aux autres catégories de notre société. Qui doit encore partir, se trouve face à de nombreuses difficultés ! Examinons-les !

Le point de départ
Quel est le bon diplôme qui me permettra d'obtenir un travail ? Une question qui est de plus en plus à l’ordre du jour. Le système scolaire italien et désormais le système valdôtain ont par conséquent les mêmes problèmes. Ils ne placent pas au centre de leur mission la préparation aux enjeux du monde du travail actuel. Prenons par exemple le cas de l'éducation secondaire professionnelle.

Combien d’heures ces établissements consacrent-ils au travail manuel ou bien aux stages dans les entreprises ? Quelle est la retombée de la qualité de l'offre d’emploi par rapport à la demande ? Et de l'autre côté, l'université. Le système universitaire italien prépare-t-il ses élèves au monde du travail ? Très souvent, on entend dire que la préparation de nos universitaires n'est pas au niveau des standards globaux, c'est simplement la faute aux jeunes ?

<="" de=""> Un jeune qui veut se lancer dans le monde du travail en tant qu’entrepreneur trouve devant lui, trop souvent, un vrai champ miné fait avant tout de bureaucratie (la voilà encore une fois !) et aussi d’une nécessité toujours plus croissante d’un accès au crédit. Les coûts nécessaires pour lancer un projet d’entrepreneur aujourd’hui sont sans doute plus élevés que par le passé. Une condition qui met en difficulté surtout ceux qui ont moins de possibilités économiques.

<="" de="">Si l’on considère que presque un tiers des nouvelles entreprises conduites par des jeunes est créé grâce aux aides qui arrivent de la famille, on comprend très bien que trop de bonnes idées n’ont même pas la possibilité d’être proposées sur les marchés ! Par conséquent, les deux tiers restants doivent trouver l’argent ailleurs. Les banques sont là, mais on le sait bien que l’accès au crédit arrive grâce aux garanties prêtées. Voilà donc que là où l’intermédiaire privé n’a pas l’intention d’intervenir, le public pourrait agir !

<="" de="">Il intervient dans plusieurs domaines, oui bien sûr, et ici chez nous on doit toujours le rappeler, mais on croit qu’une nouvelle vision de développement devrait guider les prochains choix de l’Administration. Explication. Avancer une idée, des ressources signifie avant tout la mettre en condition d’être durable. On doit améliorer la forme ! Les simples injections de ressources financières n’aident pas le développement du système et le futur d’un jeune entrepreneur.

<="" de="">L’incertitude
Selon certains, c’est le nouveau mal de notre société, la cause de toutes nos difficultés actuelles. Mais, on ne peut pas se cacher en ces temps-ci. Le monde change et nous devons changer avec lui, on doit être proactifs ! Nous devons contribuer à bâtir un nouveau système de développement et de vie pour répondre à cette période de crise. L’exemple le plus significatif est celui du monde du travail.

<="" de="">L’époque de l’emploi fixe n’existe plus, on l’a bien compris. Mais de toute façon, on doit réformer ce système, qui protège avec trop d’ardeur les positions déjà acquises, et met en situation de totale précarité et même souvent d’épuisement les catégories les plus faibles de la société, notamment les jeunes. Nous sommes prêts à faire notre part, nous sommes prêts à faire notre « gavetta », mais pour que tout le système soit gagnant, on doit augmenter la méritocratie et les possibilités d’accès au monde du travail.

<="" de="">Pour conclure, quel doit être alors le rôle de l'Union Valdôtaine ? Trois aspects doivent le conduire : famille, développement, courage. La famille valdôtaine a besoin d’une politique de soutien plus forte. Les jeunes couples représentent le futur de notre Petite Patrie. On doit investir davantage sur nos jeunes, sur nos couples pour qu’ils puissent se développer chez nous, chez eux.

<="" de="">Le développement. Le temps des palliatifs est terminé. La Vallée d’Aoste se trouve aujourd’hui dans un monde totalement changé où les concurrents sont toujours plus nombreux et toujours plus modernisés. Pour vaincre la concurrence, on a besoin plus que jamais de se distinguer, de produire de la qualité par apport aux autres. Le courage. L’Union Valdôtaine est le centre de la politique valdôtaine. Elle représente la force du peuple valdôtain.

<="" de="">Eh bien, dans ce moment de grande incertitude, elle doit prendre un nouvel élan de courage dans les prochaines décisions de l’Administration. Une époque complexe mérite des solutions courageuses ! De notre côté, en tant que jeunes et en tant que Jeunesse Valdôtaine, nous sommes prêts à faire notre part, à donner notre contribution active et à nous mettre en jeu. Nous sommes prêts. Sachez-le !

<="" de="">Vive la Jeunesse Valdôtaine ! Vive l’Union Valdôtaine !

Fabio Marra

Fabio Marra, président de la Section de Donnas

« Oui à l’innovation, mais avec la politique des petits pas »

Chers Unionistes,
la basse Vallée d’Aoste a été historiquement liée à la présence industrielle qui a profondément changé la vie des Valdôtains. La création d’entreprises, qui ont employé un grand nombre de personnes pendant des générations, avait fait affirmer que plus ou moins « on entre à l’usine bébé et on en sort accompagnés des amis du cercle de loisir ».

Mais on n’avait pas oublié que la famille vient de la terre et que chacun gardait un lien étroit avec ses origines : qui avec les vignes, qui avec l’élevage, le fromage et ainsi de suite. Mais on sait très bien que l’envie d’offrir plus d’opportunités à sa propre descendance, grâce aussi à une formation scolaire spécifique et aux nombreux ateliers d’artisan présents, a éloigné les jeunes du monde des pères et des grands-pères.

Tant bien que mal, en passant à travers les crises que notre époque a affrontées, l’économie industrielle en Vallée s’est maintenue, une croissance a été enregistrée et a entraîné de la confiance dans l’avenir, avec des gens qui ont investi sur le terrain. Aujourd’hui, au contraire, une crise mondiale sans précédent a mis à genoux l’économie globale et par conséquent la Vallée d’Aoste aussi.

La crise du domaine mécanique, sidérurgique, automobile, a comporté en basse Vallée la fermeture d’installations industrielles, souvent à cause d’un manque de liquidité et non pas de commandes. Mais cette dernière n’est pas la règle. Il y a des secteurs qui ont une croissance et pour lesquels on peut avoir confiance.

L’Union Valdôtaine est composée de personnes liées à cette terre, à sa culture, qui n’aiment pas rester à la fenêtre mais qui veulent, maîtres chez elles, affronter les événements. Dans ce Congrès, « La Vallée d’Aoste face à la crise », on se pose des questions, on exprime des considérations, on espère avoir un remède, mais la certitude est d’avoir un groupe solide qui veut faire.

Chez nous on dit « qu’un pas après l’autre on arrive à Perloz », affirmation qui recèle toute la force du valdôtain, qui se pose un objectif que l’on attendra par succession de petits pas. La crise doit être affrontée et considérée en tant que moment de changement, de véritable opportunité. Le point de départ de notre raisonnement est le mot innovation. Recycler les gens qui perdent leur travail est depuis toujours une tâche difficile.

Il faut analyser chaque situation dans son individualité, prévoir une formation, bien ciblée et de qualité, permettant la revalorisation et rétroposition au monde du travail avec de nouvelles compétences. Souvent on improvise dans l’exercice de nouveaux emplois, on ouvre des activités, on s’endette avec des résultats douteux.

Il faut éviter le gâchis de ressources humaines et économiques et il faut investir dans des cours de formation professionnelle, qui orientent les jeunes à la réelle compréhension des opportunités offertes par le monde du travail et des parcours d’apprentissage. Dans ce domaine il faut amplifier les Gal, Groupes d’Action Locale, pour fournir aux jeunes des ressources humaines, par des compétences pas toujours spécifiques mais de haut niveau, qui voient la possibilité d’investir et de croître dans le domaine de l’agriculture.

Donner de l’envergure à ce secteur, qui vit maintenant par la force de la passion, signifie communiquer le message que le travail de la terre est autre chose que le métier de ceux qui ne peuvent pas faire autre chose dans la vie. Posséder une lymphe nouvelle entraînant différentes compétences, liées à notre économie rurale traditionnelle, signifie aussi investir sur une attention continue au territoire, à sa vitalité et sécurité.

La Vallée d’Aoste est aussi tourisme. Le mot a acquis aujourd’hui une panoplie de significations, auxquelles doivent correspondre des expressions professionnelles qui, données à la main, se révèlent performantes. Il est sans doute nécessaire de posséder un savoirfaire solide, afin de modifier notre offre touristique, en élargissant le potentiel que le territoire offre. Pour nous qui habitons un territoire privilégié, le Fort de Bard est un symbole.

Les manifestations, les expositions et l’endroit attirent un grand nombre de personnes et cela correspond à une ressource économique. Le territoire a besoin d’une adéquation dans les offres et dans les parcours touristiques. La basse Vallée, autour du Fort de Bard, doit être impliquée dans le processus d’investissement, par des interventions structurales importantes favorisant l’attrait du territoire et surtout des beautés culturelles et naturelles. N’oublions pas l’opportunité d’investissement dans la recherche, destinée à l’innovation industrielle et surtout à la Green Economy.

On ajoute encore la nécessité d’offrir des espaces disponibles pour des installations industrielles destinés aux entreprises ayant de réels plans de développement et d’investissements de longue haleine. Il est aussi essentiel de développer les structures académiques présentes sur le territoire, en soutenant les jeunes ayant des projets qui visent des résultats économiques.

Garder sur le territoire les fruits de la recherche est gratifiant si l’intention est réelle. Parmi les dernières nouvelles de ces derniers jours, celle qui concerne le niveau performant télématique de la Vallée d’Aoste est mise en évidence. Pour le monde du travail ainsi que pour celui du quotidien, la communication web est fondamentale, exactement comme la possibilité de disposer d’une ligne téléphonique vocale.

Sans doute l’utilisation du réseau et du téléphone ne remplace pas le transport des personnes et des marchandises. Aujourd’hui, en Vallée d’Aoste, le transport voyage sur pneu et sur rail. Le coût de l'autoroute, que par ailleurs la Région Autonome de la Vallée d'Aoste a essayé de limiter, bien qu'il ne concerne qu'une partie de la population, sans retombées spécifiques et avantages économiques, pèse énormément sur les frais des familles et des touristes; mais il ne faut pas oublier que, néanmoins, le péage est source de revenu pour une entreprise privée.

Notre proposition va dans la direction de rationaliser le chemin de fer, en soutenant ainsi l’emploi d’un moyen durable, qui pollue peu et revient moins cher par rapport à la voiture. On pourrait par conséquent miser davantage sur le tourisme, les étudiants et le monde du travail. L’attention est élevée à l’égard de l’Etat Social et de la solidarité, aspect qui a toujours caractérisé notre Région pour l’ouverture et la sensibilité à l’égard de ce sujet en cas de nécessité.

Il s’agit clairement de soutien et non pas d’assistance. La nouveauté innovation, à ce propos, concerne les analyses attentives de la situation individuelle en accentuant la responsabilité des personnes qui, par exemple, pourront rendre le soutien de l’Institution par des heurestravail de compensation.

Voilà des intentions, des propos qui favoriseraient notre croissance, sans oublier qu’on doit investir dans la dignité du rôle que chacun de nous peut expliciter dans la société, surtout dans l’apport de ressources morales pour l’accomplissement du devoir personnel.

Document élaboré par les Sections de Gressoney, Gaby, Issime, Lillianes, Perloz, Pont-Saint-Martin, Donnas, Hône-Bard, Pontboset et Champorcher.

Dino Viérin

Dino Viérin, membre de la Section de Jovençan

« Définir la position du Mouvement face à la crise »Chers Unionistes,journée importante que celle d’aujourd’hui ! Elle devrait, en effet, nous permettre de définir quel sera le rôle de l’Union Valdôtaine face à la crise actuelle. Un rôle ou plutôt une présence politique du Mouvement difficile à saisir jusqu’à présent en raison d’une certaine pudeur de ce dernier à faire entendre sa voix, les fils conducteurs étant tirés ailleurs.

Une présence, par contre, celle de la crise, bel et bien évidente et qui nous pose de sérieux problèmes pour la contrecarrer et pouvoir ainsi en sortir. Mais, avant de voir quelles seraient les mesures nécessaires à cet égard, il est important de comprendre l’origine et la nature de cette crise et de préciser les responsabilités éventuelles liées à son impact.

La crise financière
Une crise de nature essentiellement financière qui a son origine dans le montant élevé de la dette « souveraine » de plusieurs Etats européens (pour l’Italie 1.900 milliards d’Euros, correspondant à 120% du PIB) qui, au risque de défaillance, ont de plus en plus de peine à reconduire leur dette, même à des taux d’intérêts qui atteignent des records historiques, entraînant ainsi une crise aussi du système bancaire.

Cette crise, par ailleurs, s’est abattue en Italie sur un Pays déjà fragilisé, nécessitant de profondes réformes structurelles et qui, par contre, aux cours des dernières années, a été marqué par l’immobilisme et les scandales qui ont provoqué d’innombrables dégâts à son image. De plus, les promesses non tenues de baisse d’impôts – la soi-disant révolution libérale qui avait, au premier abord, séduit s’est achevée par un taux d’imposition de presque 50% et par une hausse de 1 point de la TVA – les promesses encore de croissance à deux chiffres, les effets annoncés et, surtout, le retard avec lequel on est intervenu n’ont fait qu’aggraver la situation. Il suffit, à ce propos, de rappeler que la crise et notamment son ampleur ont été longtemps niées et que, même les derniers jours, l’on pensait pouvoir tenir tête aux marchés et rassurer les Institutions internationales (Commission européenne, FMI et BCE) avec de nouvelles promesses.

La crise politique
La crise financière s’est ainsi traduite également en crise politique. Le gouvernement de Berlusconi, lâché, entre autres, également par le Patronat (Confindustria), devenu force d’opposition, avec la conduite morale de son chef condamnée par l’Eglise, est sorti de scène, laissant la place au gouvernement technique de Monti.

Un cycle, que l’on aurait peut-être dû interrompre plus tôt s’est ainsi achevé avec un lourd héritage, un Pays sous tutelle internationale et un cadre économique et financier réclamant des mesures de rigueur et de relance, avec une marge étroite entre les exigences de la Commission européenne, la surveillance des experts du Fmi et les marchés financiers.

La crise au Val d'Aoste
Et cette crise sévit aussi au Val d’Aoste. Le Patronat valdôtain et la Banque d’Italie nous font état de sa gravité. A partir de cet été, le ralentissement économique de plusieurs secteurs a réduit à zéro les résultats positifs acquis entre la fin 2009 et le premier semestre de l’année en cours ; les commandes ont baissé de 9%, la production de 8% ; le chômage et le taux d’inflation sont en hausse, les heures de chômage technique (CIG) ont progressé vertigineusement tandis que les exportations sont en baisse.

Il y a enfin une grande incertitude quant aux perspectives des activités de production et des plans d’investissement, notamment dans les secteurs du bâtiment, du commerce et de l’industrie. De nouvelles politiques de rigueur et de relance s’imposent en Italie et au Val d’Aoste. Des réformes qui s’annoncent impopulaires, voir par exemple le recul de l’âge de départ à la retraite, sont annoncées. M. Monti, à cet égard, nous en dira plus lundi !

Or, je crois que, en plus des mesures économiques et des réformes, il nous faudra, pour surmonter ce moment difficile, pouvoir compter surtout sur un facteur non économique, mais également indispensable, à savoir un maximum de cohésion. Mais, pour ce faire, il faut du dialogue et de la participation, abandonner la logique de « l’homme seul aux commandes », renoncer aux méthodes autoritaires, aux décisions imposées sans concertation, promouvoir davantage la collégialité des approches et des décisions.

Quelques suggestions
Des mesures économiques et des réformes, disais-je, conjuguant la rigueur, la croissance et surtout l’équité sont donc nécessaires. Quelques suggestions, à ce propos, pour soutenir notre économie, maintenir le niveau et la qualité de nos services ainsi que sauvegarder l’emploi.

L’école et la formation, le tourisme, la recherche et les secteurs innovants, le territoire et l’agriculture avec les infrastructures, notamment les réseaux de communication au sens large du terme (chemins de fer, aéroport, autoroute, mais aussi réseaux télématiques) doivent être soutenus avec des projets ciblés et performants. Mais, à cet égard, il faut impérativement, vu la baisse de nos ressources financières, faire des choix et établir des priorités.

Nous devons être attentifs à ne pas gaspiller notre argent, ne pouvant plus tout faire. La note à payer est effectivement indigeste et les promesses de financements supplémentaires sur lesquelles s’est fondée l’alliance politique avec le PDL – encore que des promesses – sont non seulement restées lettre morte mais, au contraire, ont alourdi davantage cette même note.

Pour la période allant de 2011 à 2017, suite à l’accord sur le soi-disant fédéralisme fiscal et tout en considérant l’augmentation de 1/10 dérivant de la nouvelle répartition financière, le budget de la Région devra escompter une baisse de 1.082 millions d’euros ; le coût de la manoeuvre de l’été 2010 pour le triennat 2011 -2013 s’élève à 121, 2 millions d’euros, tandis que le dernier cadeau du gouvernement Berlusconi, auquel le sénateur Fosson aussi faisait référence ce matin, est une note supplémentaire à payer de 259 millions d’euros pour les années 2012 (119 millions) et 2013 (140).

Et nous attendons de connaître les ultérieures coupes budgétaires que M. Monti nous soumettra à partir de lundi ! Ces chiffres doivent nous faire réfléchir sur la validité et l’opportunité de certains choix (par exemple, oui à l’Université, mais le métro prévu à Aoste, sincèrement, vous y croyez ?) ; la retombée réelle sur nos petites et moyennes entreprises des investissements prévus ; le montant d’endettement de l’administration régionale.

Après l’emprunt de 371 millions d’euros (180 millions d’euros pour le triennat 2011-2013) qui devra être contracté pour financer les principales interventions de la Région et qui, jusqu’en 2035, nous coûtera globalement 630 millions d’euros, nous ne pouvons pas, en effet, imaginer de suivre ce même chemin de l’augmentation de la dette publique qui – nous l’avons déjà souligné – est à l’origine de la crise actuelle.

La gestion du territoire
Le territoire est l’une de nos principales ressources à exploiter et, en même temps à sauvegarder. L’exploitation de la filière du bois pourrait ainsi, par exemple, être une opportunité à saisir, tandis que les récentes inondations en Ligurie, encore une fois nous ont démontré l’importance de la gestion équilibrée du territoire avec les activités y afférentes de prévention et de mise en sécurité.

Les chantiers forestiers ont rempli à ce propos un rôle fondamental, vu que ces interventions, notamment celles d’entretien, sont réalisées uniquement par les pouvoirs publics. De plus, ils constituent, un facteur important de lutte contre le chômage. Or, la gestion de ces chantiers cette année, a du être confiée à une société externe connue sous le nom de Salva-precari (il s’agissait, en réalité, d’un choix volontaire vu que l’article 14 des mesures prévues en été 2010, à l’alinéa 24bis, permettait aux Régions à statut spécial de ne pas appliquer la réduction de 50% des emplois à temps déterminé à condition qu’elles trouvent des ressources supplémentaires par des réductions de dépenses et que la Région Piémont n’a effectué aucun changement) et, l’année prochaine, ces mêmes travaux seront, sur appel d’offres, effectués par des entreprises privées.

En raison ainsi de l’achèvement du démantèlement de toutes ces équipes forestières, de la perte d’un patrimoine d’expérience et de compétences acquis au cours de plusieurs années et de la lourde suppression d’emplois qui en découle, nous nous posons la question si, surtout en ce moment de crise, il ne serait pas opportun de revenir au modèle précédent de gestion publique.

L'énergie
La facture énergétique, notamment les carburants, a des retombées considérables – il suffit de penser aux transports – sur le coût de la vie. Au Val d’Aoste, ces conséquences étaient amoindries par le système des bons d’essence. Ces bons d’essence, malgré la pétition promue par l’Union Valdôtaine et qui, faute de soutien, s’est perdue dans les méandres bruxellois, ont été remplacés par le bon de chauffage. Initiative sans doute positive, mais qui, compte tenu du montant des recettes supplémentaires de la Région (quelques 23,5 millions d’euros) rapporté à la dépense effectuée pour le paiement des mêmes bons (18 millions d’euros), pourrait, encore en ce moment de crise, être étendue, sous forme d’un montant minimum, comme elle l’était tout au début, à tous les foyers valdôtains. De plus, en prenant exemple sur la région Frioul, on pourrait envisager d’adopter une mesure analogue permettant d’avoir un rabais immédiat à la station service, directement à l’achat des carburants.

Les collectivités locales
Enfin, les collectivités locales jouent un rôle fondamental quant au niveau et à la qualité des services publics. La baisse de leurs recettes pourrait donc avoir des conséquences négatives allant de la suppression pure et simple de certains services à l’augmentation de la fiscalité locale pour les maintenir. Avec la loi 48 de 1995, la Région pourvoit, pour la plus grande partie et directement aux financements de nos communes et communautés de montagne.

Ce n’est donc pas Rome qui en décide, mais la Région. Il s’agit donc d’un choix qui nous revient et, à cet effet, il faut faire attention, si nous voulons sauvegarder les principes à la base de notre système des autonomies et permettre à nos collectivités locales d’exercer pleinement leurs fonctions, notamment pour les services rendus aux citoyens, à ne pas limiter leur action, en évitant de leur couper davantage les ressources financières.

Voilà quelques suggestions pour essayer de faire face à cette période qui assurément n’est pas facile, mais qui doit nous voir engager – avec courage et sens de responsabilité – pour promouvoir encore et davantage l’essor économique et social de notre Pays d’Aoste.

Albert Crétaz

Albert Crétaz, conseiller régional

« Une sécurité économique pour tout le monde »

Monsieur le Président du Mouvement, Mesdames, Messieurs les délégués, chers amis Unionistes,
M’exprimer devant vous, ici, à Pont-Saint-Martin, Commune que j’ai présidée durant plusieurs années, est un honneur et un plaisir. Certes, nous traitons aujourd’hui d’un sujet grave. Mais cela doit-il nous empêcher d’afficher notre joie d’être ensemble pour parler de l’avenir ? Non, bien sûr.

L’Union Valdôtaine, vous le savez bien, n’est pas une force politique comme les autres. Nous avons toujours voulu qu’elle se distingue par la solidarité et la fraternité de ses membres face aux défis présents et futurs. Si je vous dis cela, c’est parce que je suis convaincu que les valeurs qui nous ont permis dans le passé d’accomplir de grandes choses pour la Vallée d’Aoste nous permettront encore d’aller de l’avant. Ces valeurs-là nous invitent à rester optimistes.

Comme chacun le sait par son expérience personnelle ou le voit à travers celle d’un proche, d’un ami ou d’une connaissance, la vie n’est pas un « long fleuve tranquille ». Il y a constamment des tempêtes à traverser, des obstacles à franchir, des épreuves à surmonter. L’humanité a toujours connu des crises, de toute nature et à toute époque, crises religieuses, crises politiques, crises morales, crises économiques.

Le problème est que les hommes n’en tirent presque jamais les leçons. En 2007-2008, nombreux ont été ceux qui comparaient la faillite boursière du moment à la grande crise de 1929. Alors les Etats ont réagi, les choses se sont calmées pour un temps, mais ne se sont pas arrangées.

Elles se sont même aggravées avec le défaut de paiement d’une dette publique colossale, si bien que le mouvement semble impossible à enrayer. L’inquiétude est partout, se nourrit de mauvais présages et de secousses boursières, enfle et atteint la démesure, jusqu’à fausser le jugement.

Que faire pour inverser l’ordre des choses ? Comment agir pour redonner de l’espoir et du courage aux gens ? Quelles mesures prendre pour créer les conditions d’une stabilité ou d’une renaissance économique ? Telles sont les questions cruciales auxquelles un mouvement qui assume des responsabilités gouvernementales doit répondre avec sérénité et détermination.

Certains économistes, qui se proclament « experts » et savent mieux prédire le passé que l’avenir, nous donneront leurs recettes… qui ne marchent pas ! D’autres deviendront amnésiques et oublieront leur responsabilité dans la crise alors qu’ils étaient censés conseiller les pouvoirs politiques ! Les plus raisonnables tireront des conclusions et proposeront d’autres voies à suivre.

Cependant, personne n’est dépourvu de bon sens, et on doit en toute circonstance en écouter l’écho. Que dit-il, cette écho ? Que la faillite financière, devenue défaite économique, conduit au désastre social, et que le désastre social précipite tout le monde dans la crise politique, grave !

Tout peut alors arriver, et jusqu’aux pires choses qu’on voudrait ne plus jamais voir. Cela commence par une critique virulente de la politique et la confiance qu’on lui retire. Et c’est alors que la démocratie est montrée du doigt, est désignée comme régime corrompu dans sa façon de gérer l’argent public.

Il faut réagir, avec force, avec conviction, en raisonnant, en faisant de l’ordre dans nos pensées, en redonnant la primauté aux droits fondamentaux des gens, le droit à la dignité en étant le plus imprescriptible, un droit qui passe par l’octroi de salaires décents, par l’assurance de la sécurité économique pour tous, par la volonté de travailler au progrès de la communauté humaine partout où elle se trouve. Notre Congrès a mille fois raison d’aborder ce thème, de provoquer la confrontation des idées, de se demander ce que peut faire l’Union valdôtaine face à la crise.

Personnellement, j’ai placé ma réponse dans les valeurs traditionnelles de notre mouvement. Ces valeurs-là sont notre meilleur atout : solidarité, fraternité, concordance, démocratie, conscience de notre histoire, attachement à notre identité, à notre patrimoine, à notre langue originelle, au bilinguisme qui nous procure un avantage sans prix, opiniâtreté que nous lègue la montagne valdôtaine, capacité d’aller vers l’autre dans le respect et l’amitié, volonté d’ouverture au monde !

En voulez-vous davantage ? Si nous le voulons, nous le pouvons ! L’Union Valdôtaine, en toute circonstance, doit montrer l’exemple, qu’il s’agisse de pratique politique ou de relations humaines. Il nous appartient toujours de raffermir le « sentiment national », lequel n’a rien à voir avec le nationalisme qui exclut et foule aux pieds les droits de l’homme. C’est à nous de faire et refaire l’union sacrée derrière l’aspiration à la souveraineté de la communauté valdôtaine, c’est à nous d’ouvrir et rouvrir les voies qui assurent le succès de la démocratie.

Si nous décidons de faire cela encore, alors nous aurons répondu à la question que nous nous posons, alors nous aurons porté témoignage et répondu à l’attente de nos compatriotes et concitoyens, alors nous nous serons montrés dignes de nos grands anciens, alors nous aurons pris rendez-vous avec une jeunesse qui nous crie ses espoirs. Au-delà des valeurs fondatrices de notre mouvement, chers amis, il y a bien entendu le « statut d’autonomie » que les Valdôtains ont conquis à la sueur de leur front, ou en versant leur sang si l’on remonte aux temps sombres de notre histoire.

Chaque jour nous avons à le défendre. L’Etat central, dans son immobilisme ordinaire, ne peut rien contre le dynamisme régional tel que nous le vivons et l’entretenons. Il doit au contraire, pour son profit, en encourager le développement. Le fédéralisme, tel que nous l’entendons, qui octroie un maximum de souveraineté aux régions, a fait ses preuves et les fera encore.

Même s’il faut y mettre des nuances, et même si comparaison n’est pas raison, interrogeons-nous sur les moyens institutionnels des Etats de faire face à la crise. Lequel, des pays d’Europe, parmi ceux qui nous entourent et ailleurs, a le mieux résisté aux bouleversements que nous connaissons ? La Suisse et ses 26 Etats confédérés ! La Suisse et sa décentralisation du pouvoir, ses cantons qui prennent des mesures individuelles et, en les additionnant à celles de leurs voisins, finissent par fournir au Pays un socle solide et cohérent, une réaction qui devient commune et protège l’ensemble fédéral ! N’avons-nous pas à nous inspirer de cet exemple ?

N’appartient-il pas à la Vallée d’Aoste, et donc à l’Union Valdôtaine, de dire et redire ces véritéslà, de clamer haut et fort que le centralisme et la globalisation sans contrôle mènent à l’échec, et que, au contraire, la décentralisation et le partage de pouvoir conduisent à ériger une résistance crédible face aux menaces qui viennent de toutes parts ?

Réfléchissons-y bien : dans la perpétuité de notre statut, dans le renforcement de notre autonomie, qui va de pair à notre volonté de coopération, dans la promotion et le rayonnement de notre distinction institutionnelle se trouvent les instruments déterminants de notre progrès et de notre développement économique, culturel et social.

Je m’arrête là, chers amis, pour vous dire que l’Union Valdôtaine est le plus sûr garant de notre avenir. Personne ne peut rien contre notre solidarité et notre farouche volonté d’aller de l’avant dans l’esprit des pionniers et avec le génie de notre temps.

Levons donc les yeux vers l’horizon de cette autonomie que nous avons à cultiver toujours mieux et davantage, car là se trouvent les moyens de surmonter la crise, je dirais même de vaincre toutes les crises. Nous avons une côte à gravir, un but à atteindre, et nous, les montagnards, savons cela, comme le dit un beau proverbe : ce n’est pas le repos qui réduit la distance, mais la marche !

Alors marchons, les amis ! Pour la Vallée d’Aoste, dans l’unité et l’Union Valdôtaine !

Luciano Caveri

Luciano Caveri, conseiller régional

« La fin d’une époque, l’Union Valdôtaine doit réagir »

Chers Congressistes,
Le mot de fond de cette partie de nos travaux est crise. Crise signifie moment difficile, mais en réalité c’est un mot qui vient du grec, les racines signifient choisir, décider. Et au fond c’est juste, parce que quand il y a un moment de difficultés il faut choisir pour s’en sortir. Moi je pourrais répéter des choses qui ont été déjà dites, c’est-à-dire le drame à partir grosso modo de la deuxième partie de 2008, le drame d’un crash économique qui a touché l’économie mondiale, le départ aux Etats-Unis et à l’époque personne ne pensait qu’il aurait eu des retombées tellement négatives.

A un certain point, vers le commencement de 2010 on pensait qu’il y aurait eu une certaine reprise, mais malheureusement nous sommes exactement au point de départ, nous sommes encore en difficulté. De ce point de vue, je pourrais vous parler de la faiblesse de l’Europe actuelle.

C’est tout à fait évident, d’un côté c’est une faiblesse financière, et ça peut même paraître un peu paradoxal, parce que si l’on regarde l’histoire de l’Union Européenne, on ne peut pas nier que la question économique a été au coeur du développement de la question européenne, mais d’autre part il faut reconnaître aussi une faiblesse politique de l’Europe actuelle.

Ça suffit de voir que nous avons eu il y a dix ans l’élargissement de l’Union Européenne, sans avoir par conséquent des mécanismes de fonctionnement de la démocratie européenne qui auraient eu un grand avantage dans ce moment de difficulté. Et aujourd’hui, nous savons parfaitement que la crise économique touche au fond même la crise politique de l’Union européenne, avec toutes les conséquences qui en découlent. Et l’Italie ?

L’Italie s’est retrouvée en crise dans la crise mondiale. Quand nous regardons le nouveau pacte de stabilité qui a été signé au niveau européen, c’est-à-dire le Pacte de gouvernance financière, on peut voir tranquillement que l’Italie aurait eu des conséquences. Quand on discutait de l’élargissement de la majorité régionale au PdL j’avais essayé de dire qu’il y aurait eu dans les mois à venir de gros problèmes pour l’Italie, pour la simple raison qu’on avait nié la réalité.

Berlusconi et malheureusement Tremonti ont une lourde responsabilité, parce que ce n’est pas simplement la fin du "Berlusconismo”, un point à la ligne, de la politique italienne ; mais c’est aussi la démonstration qu’il faut raconter la vérité parce qu’un jour ou l’autre la responsabilité arrive toute seule. Et aujourd’hui nous sommes dans un moment de difficulté de la politique.

Si à Bruxelles il y a aujourd’hui un manque de démocratie parce que c’est plutôt la technocratie qui décide face à une Commission européenne extrêmement faible du point de vue politique, en Italie la démocratie parlementaire représentative se trouve avec, imposée par l’Europe en partie, un Gouvernement technique qui bien évidemment n’est pas l’expression d’une démocratie représentative.

D’ailleurs est-ce qu’il y avait dans un moment de ce genre une alternative réelle pour éviter le "default”, c’est-à-dire la faillite de l’Italie ? De ce point de vue, je pense que c’est bien de raisonner de politique. Je sais que le terme crise porte avec soi surtout une discussion liée au mesures législatives et administratives que nous sommes à mêmes de prendre en cette période, mais personnellement je pense qu’il faut réfléchir de politique, parce que la politique doit décider les choses ; c’est à la politique de prendre les grandes décisions qui touchent, après, aux grands secteurs économiques.

Quand je regarde, je ne veux pas y revenir, aux décisions politiques assumées, je prends acte et en tant que soldat de l’Union Valdôtaine je dois me comporter comme ça, moi je pense que l’alliance avec le PdL… On doit s’interroger sur cette alliance, et non seulement parce que tout récemment on a vu qu’il y a, ou est en train de se produire, même un déplacement encore plus à droite du PdL valdôtain.

Moi je pense qu’il faut réfléchir parce que au fond nous sommes, je n’ai pas peur d’utiliser ce terme, nous sommes des nationalistes valdôtains. Je dis le terme nationaliste au sens positif, même si je sais que le terme nation a parfois entraîné des horreurs, surtout dans le dernier siècle. Mais aujourd’hui j’ai l’impression de devenir de plus en plus, avec la crise de la politique italienne, un nationaliste valdôtain. Si je suis un nationaliste valdôtain il est difficile que je vais d’accord avec les nationalistes italiens, surtout en sachant que sur l’économie il y a parfois des visions différentes.

Je voudrais citer deux morceaux de deux articles parus il y a quelque temps dans Foglio Azzurro. "A queste scandalose inclinazioni nepotistiche dei papocchi nostrani si aggiungono gli accordi inverecondi secondo i quali vengono riservati i più succosi posti di sottogoverno a coloro che reggono ancora le fila della politica valdostana. A quei grandi vecchi che non contenti di quanto hanno fatto quando erano saldamente in sella si dividono ancora la torta pubblica alla faccia dei diritti del cittadino”.

Ou sinon, un autre passage, "L’anomalia più grave è la completa assenza di sane prospettive per i giovani, in una situazione in cui il Palazzo regionale regola il sistema nervoso, centrale e periferico di tutto quanto. Il sogno di tutti è, dopo quello primario di sedere in Consiglio regionale guadagnando lauti compensi, anche senza alcuna competenza o specializzazione di sorta, magari quello di andare alla Finaosta, piuttosto che in qualche Traforo, al Casinò, o all’Usl, all’Inva, o alla Deval”. Signé Giorgio Bongiorno. Qui entre-temps est devenu justement "amministratore delegato” de Deval. Il prévoyait ça, mais évidemment pas pour lui-même.

A ce propos je voudrais dire que, pour sortir de la crise, il faut réfléchir autour de notre projet politique. Je sais que quand je critique la droite, quelqu’un me dit : tu critiques la droite parce que tu es de gauche.

C’est une vieille rengaine de l’Union Valdôtaine à partir de sa fondation, quand une partie des fondateurs de l’Union Valdôtaine ont quitté le Mouvement politique, certains pour aller chez les communistes et d’autres chez les démochrétiens (c’était l’époque de la Guerra Fredda). Aujourd’hui je pense que le célèbre slogan "Ni droite, ni gauche”, est la chose la plus importante. Il faut travailler pour créer une ère autonomiste, en partant du fait qu’il faudra contrôler si quelqu’un, il y a quelque temps, disait être autonomiste et est resté tel, parce que j’ai l’impression que sur la Route de Damas quelqu’un a vu quelque chose de différent.

Pour sortir de la crise il faut avoir une attitude et une façon de penser collégiale. Je révendique ici la nécessité de discuter réellement sur notre destinée. On le demande à Rome, il faut le demander à Aoste aussi. Et alors, pour conclure deux problèmes se posent. Premier problème.

Est-ce qu’en cas de crise encore plus profonde, jusqu’à toucher peut-être les fondements mêmes de l’Etat italien, nous aurons une sortie de secours ? Est-ce que nous sommes capables de réfléchir comme cela a été fait dans des moments de passage délicats ? C’est justement le passage de l’après-guerre… Nous sommes à même de réfléchir sur notre destinée ?

Et deuxième argument. Si par hasard on arrive dans quelque temps à relancer l’économie italienne et la politique italienne, est-ce que nous sommes à même de réfléchir sur notre modèle de démocratie, je l’ai déjà dit, et d’économie ? Nous sommes encore en partie suspendus entre le mythe du marché et, de l’autre côté, le mythe de l’Etat social. Mais aujourd’hui avec une difficulté, avec un manque réel de ressources économiques, en perspective, on devra faire un choix, un choix difficile.

De plus en plus on devra faire des choix, des choix faits par nous mêmes ; éviter de se voir imposer les lignes directrices soit de la part de l’Europe, soit de la part de l’Italie. Et alors je termine avec une simple observation. Jusqu’à présent personne n’a parlé de fédéralisme. Comment ça se fait que l’Allemagne est devenue la locomotive de l’Europe ?

En sachant qu’à l’Allemagne a été imposé par les Alliés, à la fin de la deuxième guerre mondiale, une Constitution fédéraliste, et c’était une Constitution imposée parce que on voulait éviter la renaissance du Reich des Nazi… Et ce modèle fédéraliste a prouvé, pendant la crise mondiale, être le meilleur.

Par conséquent je pense qu’on devra avoir de plus en plus le courage de dire partout, dans cette logique, d’être de personnes autonomes comme pensées et que le noyau dur de la politique valdôtaine doit être géré par nous les Valdôtains et par les forces autonomistes originales de notre Vallée : et alors bien sûr il faudra lancer fortement le débat sur le fédéralisme.

Moi je suis d’un caractères optimiste, et donc je pense, peutêtre, que la sortie de secours ne manquera pas d’arriver, mais les années à venir seront très difficiles. J’ai commencé ma carrière politique il y a grosso modo 25 ans, il y a des politiciens qui sont encore plus âgés que moi, je vois ici plein de personnes avec lesquelles on a commencé ensemble ce chemin politique : aujourd’hui je pense et c’est ce que j’apprécie du débat d’aujourd’hui, qu’il faut s’adresser aux jeunes et à nos enfants. J’avoue être de plus en plus préoccupé pour leur destinée, mais je suis sûr que l’unique façon pour s’en sortir est et reste l’Union Valdôtaine.
Merci

Alain Robert Benetti

Alain Robert Benetti, membre de la Section de Chesallet

« On doit retrouver le goût de la découverte »

Spread, différentiel, BTP, Bund : toute une série de petits mots qui nous sont devenus familiers depuis l'été dernier, quand la crise a commencé à grignoter les Pays les uns après les autres : le Portugal, puis la Grèce et l’Irlande, pour en arriver à l’Italie. Les données sont en évolution constante.

Le spread a atteint un record inimaginable, arrivant à plus de 500 points de base sur le Bund allemand, le point de repère. La situation est maintenant critique. Pour mieux comprendre le problème il faut, avant tout, expliquer ce qu’est ce spread ; le premier impact d’une valeur élevée de cet indice affecte les caisses de l’État.

Plus la différence s’accentue – et elle correspond au pourcentage d’intérêts à verser – plus l’État doit payer pour honorer la dette qu’il a contractée en émettant des obligations. S’il y a un point de non-retour, nous en sommes très proches : l’État ne peut pas se permettre de placer encore des BTP à un taux similaire. La croissance de ce taux d’intérêt n’a pas seulement un impact sur les caisses de l'État, déjà minées par une dette publique qui est l’une des plus hautes au monde.

Les répercussions sont lourdes aussi pour les banques du pays, qui sont les premiers acheteurs d'obligations de l’Etat italien. Les banques ont, dans leurs coffres-forts, des milliards d’obligations qui risquent de devenir autant de bouts de papiers inutiles en cas d’insolvabilité : conséquence, l'effondrement des cotations des actions bancaires en bourse. Même notre Région a été tourmentée par la crise nationale mais, compte tenu du fait que les industries y sont moins nombreuses que dans les autres régions, les problèmes y sont moins prononcés.

Par ailleurs, étant donné que la plupart des habitants travaillent dans le secteur public ou dans des entreprises à participation publique, il y a ici une catégorie qui est indirectement affectée par la crise. La crise qui s’est étendue à l’ensemble du pays a réduit le pouvoir d'achat de nos compatriotes, lesquels ne peuvent souvent plus se permettre de passer leurs vacances dans notre région. Voilà pourquoi la Vallée d'Aoste, dont l’économie a toujours été basée sur le secteur des services, et notamment sur le tourisme, a accusé le coup.

Cependant, la baisse de la fréquentation a été partiellement compensée par l'augmentation significative du nombre des touristes étrangers qui choisissent, de plus en plus souvent, nos montagnes pour leurs vacances d'été ou d'hiver. Pour contribuer à stabiliser la conjoncture économique et soutenir vigoureusement la reprise, des mesures ont déjà été mises en oeuvre afin de contrer la crise.

De fait, le Conseil régional a approuvé la loi n° 40 du 10 décembre 2010 portant des dispositions pour l'établissement du budget annuel et du budget pluriannuel de la Région autonome Vallée d'Aoste, qui a introduit des mesures anti-crise telles que la réduction de l’impôt régional sur les activités productives (IRAP) ; la suspension du remboursement du capital des emprunts assortis d'une bonification d'intérêts prise en charge par la Région ; des interventions en faveur des familles démunies, telles que le bonus sur l’énergie et les exemptions tarifaires (exonération du paiement des frais de collecte des ordures ménagères, ainsi que les factures d’eau au titre de la résidence principale).

En outre, la Région a déjà approuvé des mesures pour l’accès au crédit social, ou microcrédit, destinées aux personnes qui ne réunissent pas les conditions nécessaires pour obtenir un crédit par voie ordinaire mais qui sont toutefois dignes de confiance en tant que porteurs de patrimoines immatériels, tels que des relations, des compétences, des vocations et des capacités.

La situation défavorable que nous connaissons actuellement exige donc un emploi massif et intelligent des mesures qui constituent ce « Plan des politiques actives pour contraster la crise », dans le but d’éviter que de nouvelles situations de difficulté se créent et de faire face à celles citées plus haut.

On devrait imaginer des actions synergiques entre les différents acteurs économiques (agriculteurs, artisans, restaurateurs, hôteliers...), naturellement coordonnées par les institutions, qui devraient porter à une valorisation du territoire valdôtain et de ses produits de qualité, tout en tâchant de maintenir à un niveau correct le prix des différents produits adressés aux consommateurs, soit internes (les Valdôtains), soit externes (nos amis les touristes), en raison de l'important soutien aussi économique que l'administration régionale leur réserve.

Cela pourrait rendre le produit "Vallée d’Aoste” plus attrayant et, en engendrant une spirale vertueuse pour l’économie locale, éviterait de pénaliser davantage le tourisme valdôtain. Nous jugeons aussi qu’il est indispensable de réduire la bureaucratie au niveau des démarches permettant d’accéder aux mesures de soutien anti-crise et d’aider efficacement les citoyens et, en particulier, les entreprises à bénéficier plus rapidement des contributions prévues.

A cet égard, il serait souhaitable d’accélérer l’informatisation des procédures, afin de fluidifier les processus. En ce qui concerne la formation des jeunes, nous pensons qu’il serait opportun de créer une formation spécialisée, basée sur les compétences professionnelles requises par le marché du travail. Bref, nous pensons qu’il convient de faire tout ce qui est possible pour mettre en place des synergies toujours plus étroites entre les politiques économiques sectorielles et la politique active, afin de mieux lutter contre la crise.

Il faudrait cependant comprendre si le déclin et le pessimisme sont des conditions auxquelles nous ne pouvons plus nous soustraire ou si, sous la carapace de la peur, se cachent encore de l’énergie, des espoirs et des passions nouvelles. Nous avons besoin d’une vision d’avenir et de grands projets pour stimuler l'imagination des gens : nous devrions retrouver le goût de l’aventure et de la découverte.

Document rédigé par les sections de Sarre et de Chesallet

Manuela Zublena

Manuela Zublena, assesseur régional à l'Environnement

« Attentifs aux problèmes des citoyens »

Il y a une année notre Mouvement s’était retrouvé à débattre sur le thème de la crise économique et il est sage d’y revenir aujourd’hui pour d’ultérieures considérations. Après une année il faut constater que la crise économique s’est avérée plus profonde de ce que l’on imaginait et elle n’est pas du tout terminée : bien au contraire elle s’est aggravée en impliquant dramatiquement les finances de nombreux Etats.

Il devient encore plus impératif de réfléchir sur la validité des modèles de progrès fondés sur des logiques strictement financières ainsi que sur l’actualité d’indicateurs du bienêtre, utilisés jusqu’à présent.

On est arrivé probablement à un point de non-retour : trop longtemps, le monde occidental a vécu au-delà de ses limites. Les citoyens ont contracté des dettes (prêts, achats à crédit) mais également les sociétés, et encore plus les Etats. Les problèmes sont apparus quand on a compris que certaines dettes à cause de leur ampleur ne pouvaient désormais plus être remboursées.

Le système a commencé à craquer violemment, sous la pression de la spéculation qui a mis à disposition des instruments diaboliques. Maintenant, pour retourner la situation, les soins à mettre en oeuvre sont très importants. Il est envisageable d’en sortir, mais il faut avoir le courage de dire que ce sera à la baisse et en changeant de perspectives.

Voilà donc la nécessité d’évaluer des concepts différents de développement et de bien-être, ne considérant pas uniquement le produit économique mais aussi d’autres valeurs et tout premièrement la qualité de la vie et la durabilité. Il est évident que nous devons aborder un processus, tout d’abord par des mesures draconiennes pour éviter la faillite du système et par la suite pour créer des parcours nouveaux, où la politique a un rôle fondamental. Certes, il faut avouer qu’en ce moment la politique elle-même montre sa faiblesse voire une véritable débâcle.

Au niveau national, elle n’a pas su faire face à la crise, en implosant sous ses conflits ; la naissance d’un gouvernement technique qui, nous le souhaitons, puisse nous apporter des résultats positifs, est la preuve de la défaite de la politique. Il faut également constater la croissance des attaques contre la politique, à qui l’on attribue la cause de tous nos malheurs.

En même temps, à tous les niveaux, les élus sont considérés comme des privilégiés ayant produits seulement des dommages à la société (l’infâme Casta) contre qui s’opposer à priori sur tout choix, sur toute décision. Permettez-moi d’ouvrir ici une parenthèse, pour la refermer rapidement car ce n’est pas ce congrès le lieu pour en parler diffusément : pour notre région et pour l’Assessorat de l’Environnement un exemple de cette attitude nous vient de la question des déchets.

En tant qu’administrateurs nous devons donner une réponse concrète à un problème réel : c’est pourquoi, après un long parcours d’approfondissements scientifiques et d’études, nous avons envisagé un système intégré de gestion des déchets qui prévoit la technologie de la pyrogazéification.

Ce choix est contrasté par l’unique volonté de s’opposer aux institutions, au gouvernement et à notre Mouvement. Mais nous devons avec force affirmer que la politique est autre chose : elle est un service qui peut même être gratifiant, mais la politique demande aussi un grand engagement et une prise de responsabilité importante. Par conséquent, il est tout d’abord indispensable de réfléchir afin de réaffirmer la valeur et l’importance de la politique et surtout que les administrateurs regagnent la confiance des citoyens.

Pour ce faire, il est certes utile de pouvoir évaluer les besoins réels et les désirs de la population. Dans ce sens, notre Mouvement avec sa structure aussi bien distribuée sur le territoire a la possibilité de faire un bon travail. Les mouvements politiques devront certainement être un exemple dans l’application des mesures de réduction des dépenses. La proximité entre notre mouvement et les citoyens doit nous aider à prévoir des scénarios futurs qui nous permettrons de maintenir une qualité de vie adéquate.

En effet, la réduction des dépenses bien que nécessaire ne doit pas être faite sans distinction ; il faut un projet global, pensé et fondé sur des logiques différentes et des priorités bien évaluées, afin d’identifier les secteurs où il est possible d’appliquer des réductions, et où cela n’est pas possible, au contraire, investir plus.

Notre mouvement en outre aura un rôle fondamental comme sentinelle de l’autonomie valdôtaine, ce qui implique une cohésion majeure pour affirmer, faire comprendre et respecter les raisons incontournables de notre Statut spécial. Il faut éviter que dans une politique de réductions sans distinctions nous paraissions seulement des privilégiés à qui l’on doit faire payer plus. Une dernière considération : être un petit peuple mais avec une identité forte, vivre dans un territoire sûrement difficile mais aussi d’une grande beauté, être plurilingue, en d’autres termes exprimer notre civilisation alpine, peuvent vraiment représenter des éléments à valoriser dans les nouveaux processus de développement auxquels nous sommes destinés.

Dans ce sens, la présence d’un Mouvement comme le nôtre qui se reconnait très étroitement lié à la population et au territoire sera certainement un point de force. A nous de savoir gérer au mieux les enjeux de la situation.

Vive l’Union Valdôtaine, Vive la Vallée d’Aoste.

Ennio Pastoret

Ennio Pastoret, assesseur régional aux Activités productives

« On a pris les mesures et trouvé les solutions de cette crise »

Bonsoir à tous.

Il n’y a que les Unionistes qui ont la capacité de se retrouver si nombreux et si patients comme vous l’êtes maintenant pour patienter encore, pour entendre quelques considérations que je veux vous adresser. Cette année comme vous le savez la devise de notre rencontre a été et est "La Vallée d’Aoste face à la crise”.

Tout le monde l’a déjà dit, un argument de grande envergure et encore plus grande actualité. Dans peu de temps, à partir de l’année 2008, s’est produite une catastrophe financière qui a touché le système du monde entier.

Aujourd’hui nous l’avons fait, mais partout beaucoup de monde se demande si et de quelle façon il sera possible de sortir de cette crise. Bien évidemment personne n’est en mesure de répondre. Dans ces dernières années les oracles de la reprise économique ont été régulièrement démentis. Aujourd’hui nous avons quelques certitudes que le système aura des difficultés à maintenir.

Si des mesures structurelles ne seront pas prises, il est certain que les Gouvernements de certains Pays se sont empressés et s’empressent de prendre des mesures draconiennes. Nous attendons celles qui sont annoncées, que nous connaîtront dans quelques jours de la part du Gouvernement italien. Est-ce que cela suffira à mettre à terme la crise ?

Je ne pense pas, si on ne trouvera pas le courage de prendre également des mesures pour modifier les comportements et les actions de ceux qui, après avoir causé la crise, contribuent aujourd’hui à rendre l’évolution des marchés encore très incertaine.

Une situation contradictoire
Nous nous trouvons face à une situation contradictoire et difficile à résoudre, car pour relancer l’économie, ce qui est indispensable, beaucoup de ce qui ont parlé avant moi l’on rappelé, il faudrait que les marchés redeviennent dynamiques, il faudrait que la consommation augmente. Mais nous le savons très bien, les consommateurs sont ceux qui ont subi la crise de plein fouet et qui sont les plus touchés par les impôts que les Etats essayent de faire rentrer pour remplir leurs caisses.

Ce même système de crédit qui a encouragé le recours à l’endettement, il y a peu de temps encore, resigne aujourd’hui à accorder des aides, à tel point qu’il ne soutient plus les entreprises en difficulté, et ne peut plus contribuer à cette croissance, qui serait le premier facteur indispensable pour commencer à imaginer à une possibilité de sortir de la crise.

Par contre, là oui, il y a une croissance progressive de la spéculation financière. Tout le monde le perçoit, dans la Bourse, dans le balancement continuel des taux d’intérêt, dans l’assaut qui est lancé contre des Pays entiers et dans le cas qui nous concerne, en Europe, à l’Euro. Face à un appauvrissement progressif des foyers, il y a par contre une importante mobilisation des capitaux investis souvent, trop souvent, dans ce qu'on appelle les biens refuges, à savoir or et argent, mais aussi cacao, café, produits alimentaires.

Il y a l’achat d’immenses quantités de terroirs dans les Pays pauvres du monde entier : ce qui rendra encore plus important le décalage entre ceux qui font ces investissements, à savoir des Pays actuellement forts et riches tels que la Chine et les Pays pauvres, qui le deviendront toujours plus.

Dans l’immédiat cela produit une croissance de prix qui se répercute sur les consommateurs et qui contribue à faire croître l’inflation en alimentant la perte du pouvoir d’achat des salaires qui, comme nous le voyons, ne sont pas destinés à augmenter dans le futur. Ce sont là des faits qui sont en train de changer, à tout jamais le monde que nous connaissons.

Morale, nous le savons bien, nous imaginons que cela puisse changer, mais nous savons que nous sommes en train d’aller à la rencontre d’un appauvrissement général qui ne permettra probablement pas dans notre cas, à l’Italie de faire cet important pas en avant qui serait extrêmement nécessaire.

L’Italie, cela a déjà été dit, est un Pays endetté hors de mesure, qui paye des intérêts énormes et très souvent à ceux qui détiennent les titres d’Etat, surtout les banques et les grands groupes financiers. L’Italie aujourd’hui se débat dans une crise économique, mais aussi sociale, culturelle et politique d’une gravité énorme. Il faut que nous en ayons conscience : une gravité énorme et à laquelle sa classe dirigeante n’a pas su donner des réponses. Les résultats, d’ailleurs, sont sous nos yeux.

Un Parlement déchiré de querelles, délégitimé face à l’opinion publique et qui n’a même pas su se donner un gouvernement dans un moment de crise. Les italiens, les élus au Parlement se sont résigné à faire recours à des techniciens pour gouverner le Pays. Et cela dans le socle de la tradition des temps des Seigneuries, quand les Italiens appelaient tantôt les Français tantôt les Espagnols pour apaiser leurs querelles.

Egalement aujourd’hui l’Italie doit faire ses comptes surtout avec la France et l’Allemagne. Dans le passé l’Italie utilisait les mercenaires conduits par les fameux "capitani di ventura”. Aujourd’hui elle, de par sa classe politique, confie ses espoirs de défense à des techniciens afin qu’il essayent de faire face au risque d’une faillite de l’Etat.

Nous savons tous qu’il y a un Gouvernement technique qui a été appelé à faire des choix d’énorme envergure politique. Nous les verrons d’ici peu, ces résultats. Nous sommes face à une abdication de la politique. Nous aujourd’hui qui nous sommes ici à faire de la politique et à parler de la politique nous constatons l’abdication de la politique en Italie. Une abdication de la politique qui portera ses élus à accepter des mesures qui n’auraient jamais eu le courage d’assumer. Cela relève du paradoxe.

Je ne sais pas si ce Gouvernement ira à la fin de la législature. Ce qui est certain pour nous c’est qu’avec n’importe quel Gouvernement nous aurons à faire d’ici en avant, nous devront être fort souciés de notre avenir. Nous l’avons vu dans le passé, avec tout Gouvernement, de n’importe quelle adresse.

Personne n’en veut de nous, il nous considèrent des privilégiés, cela a déjà été dit ici, et cela nous le constatons très souvent. Des privilégiés auxquels il sera facile, pour eux, d’enlever tout le possible. Enlever au Val d’Aoste, aux Régions à Statut Spécial, pour résoudre les problèmes de l’Italie. Cela est vraiment d’une cohérence qui m’échappe un peu. D’ailleurs il suffit de les entendre parler pour nous apercevoir de la considération dont nous jouissons. Et nous les avons entendus tous dans ces vingt années.

Une vision aveugle
Je viens de le dire, le Président de la Région l’a dit ce matin, notre Région, comme les autres Régions à Statut Spécial, a payé et payera encore plus durement ce moment, qui risque d’être l’alibi d’une vision aveugle de la part de l’Etat italien. Quelqu’un dans ces mois, dans ces années nous a dit que ça serait à cause d’un gouvernement plutôt qu’un autre. Aucun Gouvernement ne nous a aimés.

Je voudrais rappeler un Pacte qui avait été fait avant les élections, en 2006, avec le Gouvernement Prodi. La aussi, même que cette législature a duré très peu, nous n’avons pas vu de résultats.

Notre problème a été toujours d’avoir une confrontation avec l’Etat. Et nous avons pu tirer des résultats appréciables, au delà des rapports interpersonnels qui changent d’un moment à l’autre, seulement quand nous avons eu la capacité de démontrer par la force et par la cohésion de l’Union Valdôtaine une capacité de réaction. Voilà pourquoi aujourd’hui sont plus que jamais nécessaires une prise de conscience renouvelée et une sensibilisation accrue de notre appartenance à cette île valdôtaine qui risque d’être étouffée, oubliée, coincée entre l’Europe et l’Italie.

Deux sujets qui perçoivent qui tout va bien, peut-être comme un dérangement, et qui parfois ne savent même pas que nous existons. Nous en avons eu un bon exemple : la question des bons d’essence a été un'épreuve que face à une décision de l’Europe, l’Etat italien, lui qui nous avait octroyé le droit d’avoir ces bons d’essence, n’a pas bougé un doigt pour nous. Il s’est limité à nous transmettre le diktat de Bruxelles sans dire un mot, sauf nous menacer des sanctions.

Et à ce propos, mon ami Dino Viérin me permettra d’introduire une petite précision sur les bons d’essence. Nous avons entendu parler de l’exemple du Frioul qui est intéressant, un rabais à la pompe de quelques centimes, ce qui signifierait entre deux ou trois millions d’euros pour notre Région, pas encore trop pour une période comme celle-ci. Mais nous avons fixé une dépense importante se chiffrant à 18 millions d’euros pour les bons de chauffage. La question est la suivante : faudra-t-il sommer les deux mesures ?

Face à une politique de rigueur de laquelle nous avons parlé aujourd’hui, il me semblerait cela revêtir un acte de prodigalité certainement possible. Je rappelle que cela irait un peu dans la direction aussi de favoriser les consommations des dérivés du pétrole. Rien de grave, sauf que nous sommes actuellement en train de négocier de façon stricte et difficile avec les autres Régions, avec l’Etat, le "boardingcharging”, à savoir le rapport entre la production d’énergies renouvelables et la consommation de produits faisant l’émission en atmosphère.

Nous sommes déficitaires dans le sens négatif de ce rapport. Le nonrespect de ce rapport portera dans le futur inévitablement à des sanctions. Donc nous pouvons choisir de mettre ensemble les choses aujourd’hui et de les enlever demain. Je pense qu’une réflexion à ce propos s’impose.

Mais en revenant à nos thèmes : voilà pourquoi je disais qu'il est nécessaire, sur la base des choses que je viens de dire, que nous soyons unis et que nos énergies soient adressées à soutenir notre sens d’appartenance à l’Union Valdôtaine, qui est l’interprète de ce sentiment. Malgré tout, en ces dernières années, face à cette situation difficile, la Vallée d’Aoste, son Gouvernement, la majorité, le soutien des militants de l’ l’Union Valdôtaine, nous ont permis de faire des choix.

La liste serait longue ; je me limite à une petite mise à jour, des décisions qui ont été prises, telle que celle de soutenir les mesures anticrise pour une troisième année avec un effort important, plus important que dans le passé, face à la diminution des ressources que nous avons eues. Le président Rollandin l’a rappelé ce matin, la disponibilité du budget de la Région pour l’année 2012 sera d’environ 160 millions d’euros par rapport à 2010 et de 120 millions par rapport à l’année en cours, 2011.

De l’argent, celui-ci, que nous avons dû sacrifier. Et nous l’avons sacrifié sur l’autel de la crise et des manoeuvres financières récentes. Des manoeuvres imposées par l’Etat, par l’Europe et par la situation mondiale, des manoeuvres que nous avons dû subir. Des manoeuvres qui sont le fruit, il faut bien le dire aussi, d’une gestion aveugle et inconsistante de la part de l’Etat.

Une gestion qui s’est confirmée pendant des années, avec tout Gouvernement. C’est pourquoi, face à la faillite d’une classe dirigeante (parce que cela nous devons le dire, lorsque nous parlons de l’Italie, de la classe dirigeante italienne) et d’un système politique tout entier, je trouve franchement un peu hors lieu de revenir aux questions concernant nos alliances politiques au Val d’Aoste.

Qui me connaît sait bien que je serais pour n’avoir aucune alliance avec les partis nationaux. Et cela depuis toujours, et je pense que c’est un sentiment commun réparti à l’intérieur de l’Union Valdôtaine. Bien sûr rien de personnel, ça touche au sens de la politique, de l’appartenance que nous avons. Eux, ils ont une philosophie politique qui n’est pas la nôtre.

Mais d’ailleurs, il faut le rappeler, les alliances se font quand il n’y a pas les numéros dans une majorité, ce qui s’est déjà passé quelquefois dans cette législature. De là à prétendre que les alliés que l’on choisi ou que l’on se trouve soient sympathiques ou performants, c’est franchement un peu exagéré en politique. S’ils appartiennent aux partis italiens ils ne peuvent que répliquer, mais d’ailleurs cela nous l’avons fait pour avoir des résultats. Et les résultats sont là, sous les yeux de tous.

Nous n’avions pas le choix sur des gens capables et fiables, mais uniquement sur ceux qui étaient les mieux placés pour nous donner des réponses. A ce propos, je voudrais rappeler un petit passage. Parce que ceux qui aujourd’hui, à l’intérieur du Conseil de la Vallée qui dans le passé étaient nos alliés, et qui nous reprochent aujourd’hui de ne plus les avoir choisis, en 2006 ils avaient fait un choix bien clair, ils avaient dit qu’ils n'en voulaient pas de l’Union Valdôtaine.

Cela il faudrait le rappeler. Mais je vous assure, en ce qui me concerne, je pense pouvoir le dire aussi au nom de quelqu’un d’autre, nous ne sommes pas inscrits aux partis italiens. Nous avons seulement essayé d’obtenir pour la Vallée d’Aoste ce qui a été fait et qui est sur les yeux de tous.

Dans le secteur dont je m’occupe, je tiens à rappeler qu’à côté d’une loi en faveur des jeunes entrepreneurs, nous avons lancé récemment une loi de soutien aux entreprises innovatrices, nous avons assurés (nous le verrons dans quelques jours, quand on parlera du budget) pour l’année 2012, des fonds plus importants pour la recherche et le développement, contrairement à ce qu’on fait ailleurs.

Dans d’autres secteurs les aides à la famille, aux foyers démunis, le secteur de l’école, contrairement à ce qui se passe ailleurs, il n’y a pas eu de réductions de classes ou d'enseignants. Ceux-ci ont conservé leur place et il n’y a pas eu les réductions que la réforme Gelmini avait prévues et qui se sont appliquées ailleurs.

Dans le secteur de l’énergie, au-delà de la confirmation du rabais de 30% du tarif, assuré avec les fonds de la Région, je signale et je le rappelle qu’une série importante d’aides sont assurées pour permettre d’abattre les coûts de gestion des immeubles, pour doter les habitations de systèmes modernes de chauffage et de production d’énergie. J’évite de citer les grandes interventions dans le domaine des ouvrages publics.

Mais je rappelle que dans les infrastructures, les remontées mécaniques, il y a eu des efforts énormes qui permettent à une partie importante de l’économie de la Région, d’avoir du succès et d’employer un nombre considérable de personnes de façon directe ou indirecte. Il serait bien de rappeler que la Vallée d’Aoste soutient à part entière, nous avons tendance à l’oublier, les coûts de l’éducation, de l’Université, de la Santé, sans être pour le moment endettée comme d’autres l’ont fait.

Et enfin que les entreprises et les différents secteurs productifs jouissent encore d’aides importantes. Et enfin permettez-moi encore de rappeler le travail et l’emploi qui ont été la priorité de cette législature et qui ont eu des réponses positives dans le nouveau Plan de l’emploi et surtout pour ce qui est de l’engagement dans le secteur de la formation. La liste serait longue, j’arrête ici.

Ce n’est pas de mon intention de la réciter en entier. Mais j’ai voulu rappeler à nous-mêmes, que nous avons parfois l’habitude à l’oublier, combien de choses ont été faites. Voilà donc ce qui a été fait en Vallée d’Aoste grâce à notre action constante, nous le revendiquons, nous de l’Union Valdôtaine, pas une personne plutôt que l’autre, à une compétence administrative correcte, à une stabilité politique que la majorité au Conseil de la Vallée a su assurer : mais pour le futur, nous l’avons déjà dit, tout est très incertain.

A ce que nous devons nous attendre, des mesures draconiennes sont annoncées dans les jours et dans les années à venir. D’un côté, comme je viens de le dire, il y a un Gouvernement ; en ce qui concerne la Vallée d’Aoste, il y a notre groupe d'élus, il y a une majorité qui a soutenu nos efforts, mais aujourd’hui nous sommes face à une phase politique inusuelle.

Nous avons le devoir de ne pas oublier que pour Rome nous ne sommes qu’un petit point face à leur Univers. Nous nous disons autonomes, et de temps en temps nous célébrons notre autonomie le 26 février. Attention, cela ne suffit et ne suffira plus. Sans un sens d’appartenance conscient et convaincu notre futur sera plus que jamais incertain. Celui-ci est le moment, qui me paraît dans les jours à venir, est le moment de renforcer ces sentiments. Voilà pourquoi il est nécessaire que l’action politique soit soutenue et par là renforcée.

Comme je l’ai dit avant, nous avons pu travailler appuyés par une majorité forte. Mais c’est vrai que les majorités politiques existent si elles ont un consensus, un appui dans le Pays. En cas contraire elles sont destinées à s’affaiblir, à ne pas produire les résultats attendus. Et plus que jamais devant cette situation générale qui est en train de pourrir, nous le savons parfaitement, dans laquelle tous les points de repère se réduisent, il est nécessaire d’avoir un soutien fort.

Une conscience éveillée au Val d’Aoste, pour soutenir et renforcer la défense de ses prérogatives et de ses droits. Jamais comme aujourd’hui nous avons besoin d’une cohésion et d’une unité renouvelées. Prenons garde, chers Unionistes, soyons vigilants, soyons conscients du fait qu’aujourd’hui nous sommes ici, nous sommes en train de nous interroger sur la crise économique de notre région.

Nous sommes les seuls à le faire. Avez-vous entendu qu’au cours de cette dernière année quelques-unes des forces politiques qui nous critiquent tous les jours, aient jamais essayé de faire un effort pour faire du même, pour consacrer leurs énergies à ce thème ? Non, vous savez, nous savons, leur tracas dans toute occasion n’est pas d’avancer des propositions pour améliorer notre Pays d’Aoste. Ils le déclarent, bien sûr, mais enfin, à chaque occasion leur analyse s’adresse à analyser les possibles malfaits de l’Union Valdôtaine.

L’Union Valdôtaine que pour certains d’entre eux devrait se dissoudre, et malheureusement il faut rappeler que parmi ceux-ci s’inscrivent beaucoup de nos anciens militants. Pour d’autres le jugement de l’Union Valdôtaine dépend du fait qu’ils soient alliés ou non avec nous. Les mêmes personnes, s’ils sont avec eux sont de bonnes personnes, autrement elles deviennent mauvaises.

Dans les jours à venir nous débattront au Conseil régional le budget pour l’année 2012. Un budget qui a vu le jour dans un moment difficile, mais qui donne des réponses fortes, cohérentes. Certainement on nous dira qu’on aurait pu faire ça et ça… Surtout nous le diront les mêmes personnes qui se sont actuellement alliées avec ce groupe des Verts, qui pendant des dizaines d’années nous disaient que nous avions un bilan trop riche, fils d’une générosité de l’Etat italien.

Nous verrons bien maintenant, face au sacrifice, s’ils penseront encore ainsi et surtout s’ils penserons encore que l’Etat est généreux avec nous. Il me semble que après avoir sorti beaucoup d’efforts, ces gens-là, après avoir produit des effets négatifs sur la Vallée d’Aoste (articles de journaux, de la presse nationale, interviews télévisées…), peut-être à partir de lundi nous feront la morale. Pour eux peut-être arrivera le moment de nous accuser de ne pas avoir su garder ces bénéfices qu’ils nous accusaient d’avoir.

Il ne nous restera que prendre acte de cela. D’être conscients d’avoir tout fait pour donner des réponses logiques, cohérentes, soutenables. Et que ces mesures, il n’y a aucune crainte de le dire, sont les meilleures qu’on pouvait faire. Le demain ne nous appartient pas entièrement. Ce qui est en train de se produire dans le monde, et nous le savons, est grave et plein d’incertitudes.

Mais nous sommes nous en fin de législature, une législature parlementaire qui ira s’achever d’ici peu, et une législature régionale. Si le Val d’Aoste veut et voudra garder bonne chance de pouvoir progresser et de maintenir ses prérogatives devra bien prendre garde au sujet politique en pensant tant à Rome qu'au Val d’Aoste. Et elle devra penser à des sujets politiques pour garantir de pouvoir travailler pour le progrès, pour la réaffirmation des valeurs de l’autonomie et du particularisme de notre Pays d’Aoste. Il suffit de nous regarder autour.

Pour en conclure, il n’y a que l’Union Valdôtaine qui par ses femmes et par ses hommes peut assurer cela. Merci de m’avoir écouté.
Vive l’Union Valdôtaine, Vive la Vallée d’Aoste.

Augusto Rollandin

Augusto Rollandin, président de la Région

« Sur les thèmes plus importants le Gouvernement a donné de bonnes réponses à tout le monde »

Amis Unionistes,
Je prends encore deux minutes à vous toutes et à vous tous qui avez eu la patience de résister jusqu’à cette heure-ci. Je crois, en effet, que quand on parle souvent de démocratie, on devrait comprendre que, si on lance un message, il faudrait aussi écouter les réponses. Je regrette que quelqu’un qui fait des interventions, après, ne soit pas là pour écouter les considérations qui peuvent être faites : autrement on risque un monologue, chacun parle et s’en va.

Bon c’est un système comme un autre, je ne sais pas si c’est un système qui appartient à quelqu’un, mais il n’appartient pas à l’Union Valdôtaine, en principe. Je le souligne, car il faudrait être à même d’écouter aussi des considérations qui peuvent être faites face à de justes observations. Nous avons écouté des remarques importantes, j’ai apprécié une série d’interventions, des nuances, des suggestions sur les réponses à donner à la crise.

Enfin, je crois qu’aujourd’hui ça a été une journée où on s’est interrogé sur comment on peut répondre de la façon la plus correcte à la crise. Nous, en tant que Gouvernement, on avait répondu ce matin, en disant : « Nous sommes en train de préparer un budget pour l’année prochaine qui, en principe, est le moyen député à donner ces réponses ».

La dette de la Région et l’achat de la Deval
L’assesseur Pastoret a déjà donné en partie ces réponses. Je ne veux pas y revenir, mais je veux rentrer sur trois petites questions et une remarque politique. Les questions sont les suivantes. J’ai écouté ici une remarque sur l’endettement de l’Administration régionale. Eh bien, comme il a été dit, le plus grand endettement qui a été fait a été fait pour l’achat des centrales hydroélectriques.

On est encore en train de payer la dette qui a été faite pour les centrales. Est-ce quelqu’un regrette d’avoir fait cette dépense ? C’est la question que je me pose. La grande dette a été faite alors. Et moi j’ai souligné ce matin que, au contraire, j’estime que cela a représenté un investissement important, tout en sachant qu’il y a là des points d’interrogation… mais, quand même, à aujourd’hui ça a été un investissement important, qui a été complété pour l’achat de la société Deval, qui, je crois, a été poussé et souhaité de la part de tout le Conseil régional.

Ça a été un résultat important, dû au fait qu’avec l’accord fait avec le Gouvernement italien on a obligé l’Enel, je dis bien obligé, à faire cet accord. Alors il faut que les personnes soient un peu cohérentes.

Les ouvriers forestiers
Pour ce qui est des ouvriers forestiers, j’ai beaucoup apprécié qu’on soit si ponctuel sur un sujet qui est sans doute à la une, surtout à la une pour faire du « mouvement » sur ce thème. Alors : quelqu’un a dit que le Piémont n’a pas adopté le système que nous avons adopté. Je voudrais souligner que nous avons des exemples d’autres Régions qui n’ont pas appliqué les lois.

Il faudrait que quelqu’un me mette par écrit qu’on peut se conduire de la sorte sans avoir de problèmes avec la Cour des Comptes, car il me résulte que l’application de la loi est une obligation. Et là, la réduction de 50% du nombre des travailleurs des précaires était une obligation.

Bien sûr, nous avons présenté un recours, par rapport à ça, à la Cour Constitutionnelle ; on attend encore sa sentence. Mais pour l’instant, il fallait appliquer la loi qui prévoyait la réduction, et si on était allé dans cette direction on aurait été obligé de laisser à la maison toutes les personnes que, au contraire, on a embauché grâce à la loi « salva precari » : il faut le comprendre.

Et cette année on a changé de régime, non pas pour la raison qu’on imagine, que chaque fois nous voulons avoir un problème nouveau : bien loin de là. On a été obligé à modifier ce système encore une fois, pour la raison qu’il fallait éviter que les dépenses courantes dépassent un certain barème : mais sûrement ce n’était pas contre quelqu’un ; c’était pour soutenir le secteur et les investissements qui en découlent. En effet ce sont des investissements et on veut les considérer comme tels. Malheureusement quelqu’un ne veut pas comprendre.

Grandes oeuvres et bons d’essence
Nous, en tant que Gouvernement régional, on a distingué entre les grandes oeuvres – voir l’Hôpital et l’Université – et les oeuvres qui peuvent être faites au niveau de la ville d’Aoste, en accord avec la Commune, qui sont liées à la loi pour la ville d’Aoste, et le « people mover » est l’une de celles-ci.

Bien sûr, on ira faire un raisonnement avec la Commune pour voir quelles sont les priorités. Moi j’ai parlé de ce qu’on est en train de faire, et les financements pour ces oeuvres existent déjà, on n’a pas besoin de s’endetter encore. Il faudrait être plus attentif à ce qu’on vient dire à cette assemblée. Les bons d’essence.

Cette majorité s’est trouvée à gérer la question des bons d’essence qui ne remonte pas à 2008 : c’était une décision de la Communauté Européenne de 2003. Lorsque je suis allé voir ce dossier, il y avait une nouvelle lettre de la Communauté Européenne qui nous donnait une indication qui était un ultimatum : ou bien dans l’année nous allions prendre une décision, ou autrement la Communauté Européenne aurait dû prendre des mesures contre la Région. Alors, ça n’a pas été un choix !

Et ça a été très douloureux, pour nous, de faire ce « choix ». Les données sont là. Les pourcentages de rabais qui ont été évoquées et qu’on applique au Frioul, ce sont les mêmes que font les hypermarchés : 10% en moins, même les hypermarchés le font ! Il y aura bientôt ce qu’on appelle la « pompa bianca », et il y aura des rabais encore plus avantageux pour les gens. Nous allons voir… Mais sûrement, la suppression des bons d’essence n’était pas un aspect qu’on pouvait dépasser.

Les collectivités locales
Rapports avec les communes. Moi, j’inviterais à être un peu plus prudent sur ce thème car je crois qu’on a essayé de discuter, sans modifier la loi 48, sur le thème d’une réduc- tion, pour les Communes aussi, d’un barème qui avait été fixé. Mais nous n’avons pas réduit le financement : on a réduit une partie de l’augmentation des financements qui étaient prévus face à l’Irpef.

Je crois que les Communes ont dû prendre acte qu’il y a une réduction progressive des recettes de l’Administration régionale : et là non plus l’information qui a été donnée n’est pas correcte. Le Trentin a appliqué cette réduction de 600 millions d’euros déjà depuis 2009 ; nous, on l’a appliqué dès 2010 en commençant par la moitié, 100 millions d’euros, pour arriver ensuite à 200 millions. Si on avait fait comme le Trentin, on aurait appliqué, depuis 2009 déjà, une diminution de 200 millions d’euros, ce qui aurait donné, par rapport à ce qui a été fait, une épargne – comme vous pouvez le comprendre – de quelques centaines de millions d’euros.

Bon, je crois qu’il faudrait être un peu plus correct quand on donne des montants de chiffres ; mais, en tout cas, cela sert à compléter l’information, parce que ceux qui sont ici et ont entendu certaines choses, se demandent justement comment cela se passe… Je crois que c’était une obligation pour moi que de revenir sur certains aspects.

Les accords politiques
On a voulu évoquer à nouveau le thème « ni droite, ni gauche ». Moi, je crois que c’est une bonne règle. Nous, on n’a pas choisi la droite : au contraire, il y a quelqu’un d’autre qui chaque jour nous dit qu’il faudrait choisir la gauche. Nous, on n’a pas fait un choix en faveur de la droite : c’est le centre-droit qui a demandé de faire partie d’une majorité. Ce n’est pas nous qui avons demandé aux représentants du PdL de venir avec nous : ce sont eux qui ont demandé.

On a fait un grand débat dans toutes les sections et enfin on a tranché. Ça a été un choix lié à un accord : un accord qui va durer le temps de cette majorité, évidemment, car l’accord politique va dans ce sens. Chaque fois il paraît, comme l’a dit Pastoret que selon les temps, selon les accords… à part que les « amis » au niveau national, je crois qu’on peut les compter sans ouvrir les doigts...

Depuis tout temps il y a des projets de loi de la droite, comme de la gauche, qui proposent d’annuler les Régions à Statut Spécial. Il y a des propositions qui vont dans ce sens, déposées auprès du Parlement. Alors, est-ce qu’il y a là des amis particuliers auxquels s’adresser ?

Bien sûr, nous avons cette difficulté et, selon le temps et le rôle que chacun a dans l’Administration, chacun doit se confronter avec le Gouvernement qui existe. S’il y avait eu un Gouvernement de gauche, évidemment il aurait fallu parler avec un gouvernement de gauche : ça ne signifie pas d’aller à gauche ou d’aller à droite, ça signifie d’avoir comme adresse, comme on a eu dans cette période, de faire uniquement les intérêts de la Vallée d’Aoste.
Merci.

Les images du Congrès

Vie de l'Union15 Février 2017 - 16:46

L’Union Valdôtaine et ses représentants ressortent immaculés de l’affaire judiciaire sur les financements aux Groupes du Conseil de la Vallée L’Union Valdôtaine et ses représentants ressortent immaculés de l’affaire judiciaire sur les financements aux Groupes du Conseil de la Vallée Au lendemain de la sentence de la Cour d’Appel de Turin, le président de l’Union Valdôtaine, Ennio Pastoret, a voulu rassembler - lors d’une conférence de presse s’étant déroulée dans la matinée d’aujourd’hui, mercredi 15 février – les représentants du Mouvement ayant été impliqués et complètement acquittés de toute charge, par la sentence de hier. C’est ainsi, qu’en parlant a côté de Ego Perron (qui était à l’époque le président du Mouvement), Osvaldo Chabod (ancien trésorier du Mouvement) et Diego Empereur (chef de groupe UV lors du précédent mandat du Conseil de la Vallée), Pastoret, qui a rappelé également Guido Grimod, représentant légal de la « Nouvelle Editrice Le Peuple », absent pour des engagements de travail, a exprimé sa satisfaction, pour la conclusion d’une affaire judiciaire de laquelle « l’Union Valdôtaine et ses représentants ressortent immaculés ». « Nous voulons donner à nos représentants – a ajouté Ennio Pastoret – la possibilité de se présenter à l’opinion publique après des années difficiles. Ceux qui oeuvraient au nom et pour compte de l’Union Valdôtaine l’ont fait de façon correcte, transparente et honnête. Pas même un centime a été utilisé à fins personnels, ou au bénéfice de quelqu’un de l’Union Valdôtaine ». A témoigner l’état d’âme des unionistes concerné par la question a été Diego Empereur, qui a souligné ces « quatre années et demie, presque une législature, pour deux procès et deux sentences d’acquittement plein, car ‘il fatto non sussste’. On a soutenu dès le début que toutes les positions n’étaient pas égales, qu’on ne pouvait pas généraliser. Cela a été fait lors de l’enquête d’Aoste, lors de l’appel du Procureur d’Aoste et, heureusement, le Procureur de Turin a fait une distinction ». L’ancien Chef de groupe de l’UV au Conseil régional a ensuite adressé différents remerciements et exprimé une réflexion à l’intention des organes de presse, auxquels il a demandé de la « prudence, afin d’éviter que les préjugés puissent se transformer, auprès de l’opinion publique, dans des jugements définitifs. Dans le milieu politique – a-t-il terminé – les personnes honnêtes ne sont pas une rareté ». Toujours à l’égard de la sentence, Ennio Pastoret a réaffirmé que la priorité du Mouvement, entre hier et aujourd’hui, a été celle de décombrer le terrain non seulement « des accusations personnelles, mais aussi de celles qui accompagnaient l’Union Valdôtaine au sein de l’opinion publique. Le communiqué de hier, et la présence des acquittés aujourd’hui, ont voulu représenter une façon pour amener les choses à leur lit et reconnaître les fonctions remplies par les personnes ». Par rapport aux autres protagonistes du procès, Pastoret a regretté que tous les accusés n’aient pas pu être acquittés, mais il à tenu à manifester le désarroi pour la conduite des représentants d’une force politique d’opposition qui « tout en ayant œuvré en Torquemada de la vie politique valdotaine, en ayant agité le drapeau de l’honnêteté, en ayant prétendu des commissions d’enquête, aujourd’hui ne prennent pas acte de leurs positions personnelles et, de plus, parlent d’un Conseil de la Vallée délégitimé. Je me demande si la légitimation ne passerait pas également par des conduites personnelles plus cohérentes ». En termes généraux, quant à la situation politique, le président du Mouvement s’est limité à observer que « tous cherchent de faire des hypothèses sur les équilibres futurs. Personnellement je crois que la politique devrait trouver des chemins sur lesquels se bouger et tous on ferait bien à moins des raccourcissements qui ressortent de son exercice, tels ceux déterminés par cette sentence », en renvoyant toute évaluation au Congrès du Mouvement, au programme pour samedi prochain. La Conférence de presse s’est donc terminée par une description des choix ayant conduit les organes du Mouvement à choisir le thème « Responsabilité et développement » pour le rendez-vous du 18 février.

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