Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 26 mai 2017 - 10:05

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

Home Mouvement Femmes Valdôtaines L'histoire

L'histoire

L’Entraide des femmes valdôtaines, née officiellement en 1982, a été la première association féminine oeuvrant en Vallée d’Aoste, de laquelle font partie non pas seulement les femmes inscrites à L’Union Valdôtaine, mais aussi les sympathisantes, auxquelles on ne demande que d’avoir envie de travailler pour la croissance culturelle, sociale et économique de tous les valdôtains et de toutes les valdôtaines de souche et d’adoption.
 
Le Statut de l'Entraide a pour but:
› la promotion sociale, politique et culturelle de la femme valdôtaine;
› l'activité de formation de la femme valdôtaine aussi dans le contexte de la mondialisation;
› la défense de l’identité et de la dignité du peuple valdôtain, de sa culture et de ses traditions;
› le développement des langues valdôtaines (français, patois, allemand et walser) à travers son action dans la famille, dans l’école et dans la vie quotidienne.

L’Entraide participe à la vie politique du Mouvement (réunions des sections, activités de formation, etc ).
L’Entraide a le droit de déléguer cinq de ses membres au Congrès National, dont une fait partie du Conseil et du Comité Fédéral.
L’Entraide participe aux travaux de la Conférence Régionale pour l'égalité des Chances avec une représentante.

1978

Entraide des dames valdôtaines

Le 30 juin dernier à 20h30, au siège central de l’Union a eu lieu la troisième rencontre des dames valdôtaines. Elles voulaient poursuivre l’entretien ouvert lors du « Rendez-vous » d’Aoste.

En une période historique où les monarchies sont en déclin, nous, femmes valdôtaines, nous ne voulons plus limiter notre rôle à celui de « reine du foyer ». Ne vous en préoccupez pas, messieurs ! Oh ! non. Vous auriez tort. Ce n’est pas pour autant que nous négligerons ni notre maison, ni nos enfants et rassurez-vous : nous aurons toujours un petit faible pour les recettes de cuisine, avec votre aide, naturellement. .
Mais nous voulons nous aussi, qui représentons plus de la moitié de l’électorat, donner notre apport et assumer nos responsabilités dans le présent et le futur social, humain, économique et politique de notre Vallée.

C’est idiot et lâche « au non plus » de se plaindre que le logis s’écroule, n’ayant jamais rien fait pour le consolider.
Nous mettons donc les mains à la pâte et, le dernier jour de chaque mois, nous nous retrouverons pour signaler, discuter, suggérer des idées, et solutionner les difficultés politiques et sociales du Val d’Aoste. Mais aussi celles de nos enfants, nos maris et frères et sœurs, car toute question regardant la société dans laquelle nous vivons, nous touche de près. Dans ce but nous avons proposé de former des groupes de travail selon les intérêts personnels ou la compétence de chacune d’entre nous.

A savoir :
1) Ecole et culture (école populaire et ateliers d’enfants dans les différentes communes et participation active des parents aux « Consigli di classe et d’istituto).
2) Santé et assistance (surtout aux personnes âgées, aux malades chroniques, aux enfants, aux « cas particuliers »).
De la plus haute importance suivre de près, en vue d’intervention, la politique générale de la Santé. Plusieurs d’entre nous ont signalé la nécessité d’une campagne contre l’éthylisme.
3) Agriculture- aménagement du territoire-tourisme en milieu agricole.
4) Activité des Communautés de montagne.

Ultérieurement d’autres groupes de travail se formeront au fur et à mesure des besoins. Dans l’immédiat des « Entraides des dames valdôtaines » se constituent dans les communes de Quart, Sarre, Charvensod, Arvier, Arnad et bien d’autres vont suivre.

Un propos en emmenant un autre, les participantes ont exprimé le désir d’organiser des causeries sur l’histoire de notre Vallée, la légitimité du français et du patois et surtout sur le fédéralisme, ce fédéralisme qui épanouit l’individu et refuse le système du troupeau.

Commençons donc, chères amies, ayant foi dans notre travail accompli avec amour et intelligence, car s’il suffit d’une étincelle pour allumer un incendie, que ne pourrions-nous entreprendre, nous femmes valdôtaines, jour après jour, pour le bonheur et l’autonomie réelle de notre peuple.

Ne l’oubliez pas et « à nous revoir » au 31 juillet à 20h30, au siège central de l’Union Valdôtaine, 29, avenue des Maquisards, Aoste.

Mihette de Gignod.

Tiré du Peuple n. 28 du 15/07/1878

Entraide des femmes valdôtaines

Le 21 août dernier Monsieur Montesanti a entretenu, avec sa compétence habituelle, un groupe de femmes sur les problèmes les plus importants qui concernent la Santé publique, notamment la proposition de loi sur l’organisation des services sanitaires et sociaux approuvée par le Conseil Régional et qui a été repoussée par le président de la Commission de Contrôle.

< Cette loi demeure l’instrument principal de la future réforme du système sanitaire du Val d’Aoste et c’est pour cela qu’on souhaite sa définitive et rapide approbation. On a également discuté, puisqu’ils sont tous étroitement liés des problèmes de l’hôpital, notamment du règlement des rapports avec l’Ordre Mauricien et de l’Organisation des services qui font encore défaut et encore de l’application des lois, sur les Consultoires familiaux et l’interruption volontaire de la grossesse. Naturellement ces problèmes intéressent vivement toutes les femmes souhaitant une action décisive pour donner à la VDA des instruments efficaces dans le domaine de la santé, des services sociaux et de l’assistance publique.

A ce propos nous regrettons, vu l’importance des arguments, que la participation des femmes à la rencontre n’était pas assez nombreuse. Nous nous souhaitons donc, pour l’avenir, d’être un plus grand nombre, car nous avons l’intention de faire, si possible, d’autres rencontres avec M. Montesanti et d’autres experts, toujours sur le problème de la santé, qui sont très importants surtout pour les femmes.

Et pour conclure nous vous rappelons que près le Siège de l’Union Valdôtaine 27, avenue des Maquisards tous les derniers jours de chaque mois, à 20h30, les femmes désirant se retrouver entre elles, discuter de n’importe quel problème, ou faire quelque chose pour nous et pour le bien-être de la VDA sont les bienvenues à ces rendez-vous.

Tiré du peuple n. 33 du 22/09/1978

1979

La femme pour l'Union Valdôtaine

Assemblée Consultative de l’UV Pierrette Diémoz : Les femmes pour l’UV

Un nouveau titre pour une initiative nouvelle. Qu’est-ce donc l’Entraide des Femmes Valdôtaines ? Eh bien, il s’agit là d’une initiative nouvelle, comme on vient de dire, mais surtout très courageuse si on considère que pour la première fois on a voulu faire quelques réflexions et prendre en considération certains problèmes et certains aspects qui concernent l’identité des femmes valdôtaines. Notre but principal est donc celui d’établir et d’étendre, de plus en plus, des contacts directs et personnels entre toutes ces femmes qui, par cet esprit typique de notre milieu valdôtain, ressentent fortement la volonté de se réunir pour se retrouver et se reconnaître.

Il s’agit là d’une exigence nouvelle, très profonde, une sorte de collaboration, d’entente mutuelle qui nous permettraient d’améliorer tous nos rapports : entre nous d’abord, mais aussi dans nos familles et dans la société. Nous avons pensé très sérieusement à cela et nous avons commencé par fixer des rencontres (au début une fois par mois et depuis quelque temps deux fois par mois, près le Siège Central de l’UV) au cours desquelles on parle, on discute, on s’habitue à trouver les mots pour s’exprimer.
Il y a peut-être quelqu’un qui pense que les femmes sont déjà assez bavardes, et cela est il peut être vrai pour dire n’importe quoi, mais lorsqu’il faut vraiment dire ce qu’on pense c’est autre chose : on a parfois du mal à s’exprimer, ou encore peur de se tromper.

Mais ce que nous regrettons le plus c’est que très souvent beaucoup de femmes nous disent qu’elles ne peuvent pas participer à nos rencontres à cause de la famille, car à la maison, les femmes, on dirait qu’elles soient vraiment irremplaçables.
On ne peut, malgré tout, dire cela, sans faire quelques éloges à ces bonnes ménagères : douées de sens pratique, parcimonieuses et attentives, il faut le dire, les femmes valdôtaines se distinguent pour leur attachement au devoir. Dans les bureaux comme dans les usines, à la maison comme à la campagne elles sont infatigables, elles aiment leur travail et dans leur ménage de chaque jour elles se débrouillent extrêmement bien.

En plus, dès qu’elles sont mères, elles se chargent, elles seules, d’une tâche bien difficile : élever les enfants, une tâche lourde et délicate car il y a là de grandes responsabilités dont très souvent on n’est pas assez conscients.
Soigner des jeunes c’est vouloir leur donner un caractère, une langue, une foi, un avenir ; c’est vouloir leur transmettre notre amour pour le pays que nous aimons, l’amour pour notre peuple, pour notre histoire, pour nos ancêtres et pour nos traditions. Nous avons une culture à nous, il nous faut la connaître pour la défendre et la transmettre aux autres et nous, femmes valdôtaines, nous devons finalement prendre conscience de cela : nous devons sortir de notre petit coin, nous devons savoir ce qui se passe autour de nous, nous devons entrer en scène sans crainte car le rôle de spectatrices ne convient plus à personne ; notre collaboration dans la vie sociale et politique est désormais indispensable ; par notre expérience et notre activité nous pouvons contribuer à guérir les cicatrices que notre tissus culturel et ethnique a subis de la part de ceux qui veulent notre anéantissement. Nos belles montagnes ne sont plus suffisantes à nous défendre des infiltrations et des attaques de cultures diverses : il nous faut la force d’un peuple évolué et fidèle, prévenu contre les risques et les dangers qui menacent de tuer à jamais les particularismes de notre culture valdôtaine.

Pour cela nous demandons à tous les valdôtains, hommes et femmes, de vouloir prendre en considération notre initiative, que nous croyons fort intéressante et très précieuse.
Femmes valdôtaines, si vous croyez à ce que nous venons de dire il est temps qu’on se mette à l’ouvrage : nous avons beaucoup de choses à faire mais surtout nous avons besoin d’être nombreuses, participez donc à nos rendez-vous (la date en est chaque fois publiée dans le Peuple Valdôtain), soyez sensibles et disponibles aux problèmes qui nous concernent, afin qu’on puisse ensemble déterminer et réaliser nos programmes. Depuis notre première rencontre, lors de la belle manifestation du Rendez-Vous Valdôtain où la présence des femmes était vraiment remarquable et encourageante, nous avons commencé par analyser attentivement ce qu’on aurait pu faire et dans quels secteurs (nous rappelons par exemple la conférence qui a eu lieu au mois d’août, donnée par M. Montesanti) nous croyons aujourd’hui pouvoir adresser notre attention préalablement dans ces trois secteurs : dans la Santé, dans l’Instruction et dans l’Agriculture.

Ne pensez cependant pas qu’on doit être pour cela médecins, professeurs, psychologues etc… etc…, nous croyons au contraire que la bonne volonté et la collaboration réciproques soient plus efficaces qu’un diplôme. Il nous faut du courage, de l’intérêt nouveau si l’on veut, comme on se souhaite, améliorer notre milieu social et sauvegarder notre identité et notre dignité de bons valdôtains et de bonnes valdôtaines.
Nous, femmes valdôtaines, nous n’avons pour statut que notre solidarité et notre amitié, et pour but l’entraide, le progrès, le bonheur des générations futures, la collaboration avec nos hommes et la structuration d’un fédéralisme humanitaire : (No, no sen lo soutien de tot lo genre humain).

Amies, réfléchissons, nous sommes un tout petit pays par le nombre des habitants et voici le moment où l’activité politique se répand jusqu’à nous, les femmes : en réalisant l’union des femmes et des hommes, l’Union Valdôtaine doublera ses forces et ses capacités, elle doublera donc ses futurs succès.

Tiré du Peuple n. 2 su 12/10/1979

Santé

Au cours de ces dernières années, l’UV a joué un rôle important dans les changements qui se sont produits dans le domaine de la santé ; la loi régionale n. 60 du 29 novembre 1978 déclare, d’après l’art. 2, que :
« L’organisation des services sanitaires, sociaux et d’assistance de la Région doit favoriser en particulier :
1) la participation réelle de la population.
2) l’unité des interventions sanitaires, sociales et d’assistance.
3) la priorité avant tout de la prévention.
4) l’articulation convenable des services répartis sur tout le territoire.

L’art. 3 de la loi décrit en détail les domaines concernés par la réorganisation des services. Pour finir, la division du territoire en départements sanitaires et sociaux (qui seront des consortiums de Communes) est prévue à l’art. 4.

Cette loi récente a permis de créer le cadre global qui servira de champ d’action pour atteindre et réaliser au mieux les buts recherchés qui sont :
1) apporter une assistance sanitaire et sociale égale pour tous les valdôtains.
2) fournir une assistance de première qualité.
3) gérer correctement cette assistance en évitant le gaspillage.

En résumé, cette loi permettra la résolution des nombreux problèmes propres au domaine de la Santé.
Nous voulons cependant citer les deux secteurs qui ont fait l’objet de lois régionales spécifiques :
1) la promotion de l’aide en faveur des personnes âgées et handicapées.
2) les interventions pour une maternité libre et consciente, une meilleure protection de la santé de la femme, de l’enfant et en faveur du couple et de la famille.
Les communes et les consortiums de communes doivent prendre en main l’organisation de ces services.

Les femmes étant, dans ces deux paragraphes, particulièrement impliquées à cause des nombreux problèmes qui leur tombent sur le dos et qu’elles vivent elles-mêmes, doivent saisir cette occasion pour participer activement à cette organisation et pour aider à la réalisation de structures socio-sanitaires, participation d’ailleurs prévue par les lois elles-mêmes.

C’est une occasion pour les femmes de sortir de leur maison et participer, d’ailleurs pour leur propre intérêt, à la création de services sociaux, d’assistance et sanitaires dont pourra bénéficier toute la population, même celle des communes de nos montagnes, défavorisées géographiquement.

Les personnes âgées et la montagne.
On ne peut que prendre conscience du fait que la montagne est surtout habitée par des personnes âgées, nombreuses et seules, chaque jour plus vieilles et plus seules.
On peut sans aucun doute possible affirmer que les zones de montagne connaissent la situation suivante :
a) natalité faible due au départ des jeunes couples vers les vallées plus basses.
b) les zones non agricoles attirent davantage les femmes que les hommes ; elles préfèrent épouser des hommes qui ont quitté ou vont quitter l’agriculture.
c) seules demeurent les personnes âgées et les hommes célibataires.
d) les personnes âgées, en plus, appartiennent à des familles de type patriarcal et sont moins préparées à vivre seules que les personnes âgées qui appartiennent à des milieux urbains. Pour eux l’hiver est une saison très dure à cause de l’isolement accru.

Devant cette réalité, le principal objectif qui devra trouver une explication et une coordination dans les districts sanitaires, sociaux et d’assistance sera essentiellement la récupération de l’ancien en lui fournissant l’aide dont il a besoin et en supprimant l’isolement dont il souffre.

En particulier, la nouvelle politique sociale en faveur des personnes âgées devra donc : leur garantir le droit à l’auto-suffisance et à la juste liberté du besoin.
- la possibilité de retrouver et de conserver leur propre physionomie ;
- une insertion active au sein de la communauté.
- leur donner – la possibilité concrète et réelle de choisir entre demeurer dans sa propre maison, parmi les objets familiers et chers, bénéficiant d’une assistance à domicile, ou d’aller vivre en collectivité.

Eviter à tout prix que le suicide continue d’être trop souvent l’unique remède à la solitude du vieillard.
L’aide prévue par la loi régionale comprend :
a) les aides sociales de base (assistance économique, etc.) ;
b) l’assistance à domicile : assistance sociale et sanitaire, aide ménagère etc.
c) locaux d’assistance sanitaire, cabinet de consultation, locaux pour les activités sociales.
d) centres résidentiels.

Cette assistance devra s’adapter à chaque situation, suivant le milieu, et tous les services ne pourront pas se réaliser dans les lieux plus élevés des vallées où les habitations sont plus éparpillées.

Cela va sans dire que cette assistance s’inscrit dans un programme plus large, étroitement coordonné et complémentaire, de manière à ne pas intervenir isolément, afin que tout le personnel d’aide sociale et médicale soit au service de l’homme replacé dans son milieu, sa socialité.

Nous espérons que les nouvelles structures pourront réellement mettre l’accent sur l’homme, qui représente la communauté même et nous soutenons que, s’il en sera ainsi, la montagne saura résorber le dépeuplement et favoriser même le retour de nombreuses personnes. Dans cette optique on doit chercher à résoudre les problèmes soulevés par le troisième âge.

Centres de consultation pour la femme et la famille.
Nous pensons qu’ils doivent être conçus pour être en tout premier lieu au service de la femme pour discuter des problèmes liés au couple, à la sexualité, à la contraception, à l’interruption de la grossesse et lui apporter toute l’aide psychologique, sociale et sanitaire dont elle a besoin (en référence aux articles 2 et 3 de la loi).

Dans les bureaux de consultation de la commune d’Aoste il y a des équipes composées de :
- Assistantes sociales ;
- Assistantes sanitaires ;
- Sage-femme ;
- Infirmier professionnel ;
- Médecin.
Il semble que les spécialistes sont moins disponibles, pour différentes raisons, en particulier le gynécologue.
C’est peut-être pour cela qu’on a pensé d’entreprendre un programme de médecine de prévention dans les écoles, qui n’est pourtant pas le but principal de cette structure.

Les femmes ont intérêt à venir nombreuses aux bureaux de consultation prévus par la loi pour être à même d’ordonner l’activité de ces bureaux suivant leurs exigences prioritaires. L’art. 4 est également important pour les femmes. Il concerne plus spécialement la santé de la mère et du nouveau-né.

Il s’agit principalement de bien suivre l’évolution de la grossesse chez la femme pour contrôler qu’elle est normale et de pratiquer le plus tôt possible des diagnostics pour préserver le nouveau-né de certaines maladies.
Ces diagnostics précoces abaissent le taux de mortalité périnatale et surtout le pourcentage des enfants handicapés.

Le problème posé par la présence dans une famille d’un enfant handicapé touche davantage la femme, pas seulement en tant que mère mais parce que souvent celle-ci se trouve contrainte à renoncer à son travail et disons à presque toute liberté.

Cherchons donc pour le bien des enfants, de leurs parents et de toute la communauté à prévenir les handicaps en mettant en œuvre tous les moyens possibles.
En conclusion, nous demandons aux femmes de se réunir dans chaque commune et de s’entendre pour apporter leur contribution concrète à la création et à la gestion des nouveaux services sociaux, d’assistance et sanitaires.

Prenons conscience de nos devoirs mais aussi de nos droits.

Tiré du Peuple n. 16 du 20/04/1979

Ecoles spécialisées: choix important.

Choix d'une ecole spécialisée

Il est vraiment un peu difficile de parler aux jeunes gens qui vont terminer leurs études secondaires du choix d’une école spécialisée (en principe para-universitaire) qui leur donnera une qualification professionnelle. On essayera quand même d’exposer quelques considérations que nous avons faites après avoir parlé de ce problème avec les responsables ou les experts de quelques secteurs d’activité de notre Vallée.

La première constatation que nous pouvons faire, c’est le manque d’une étude systématique des besoins de notre collectivité et d’un centre d’orientation pour les jeunes, soit dans le manuel, soit dans le domaine des études supérieures.

Trop souvent on constate que nos écoles n’offrent pas une occupation convenable ; qu’elles sont presque toujours une fabrique de chômeurs. Mais il est difficile, parfois impossible de changer une mentalité répandue dans tous les degrés de la société, qui tient au « bout de papier » c’est-à-dire au diplôme ou à la licence universitaire comme au seul moyen capable de résoudre tous les problèmes et de procurer une occupation prestigieuse, rentable et sans risques. Il est temps, au contraire, que les jeunes gens cherchent une profession selon leurs aptitudes et selon un critère d’utilité économique et sociale.

Essayons alors de donner un tableau, encore très incomplet, des données concernant quelques secteurs.

SANTE

Citons en premier l’Ecole pour Infirmier Professionnel (3 années de cours), à laquelle on accède après deux années de cours secondaire. Elle forme le personnel destiné aux hôpitaux (et nous espérons aussi aux services de santé du territoire) et offre une ultérieure et rapide qualification selon les exigences du moment.

Elle est gérée par le Conseil d’Administration de l’Hôpital et, pour le moment, les élèves qui aspirent à l’inscription doivent démontrer d’avoir fréquenté deux années d’école secondaire supérieure. Les demandes doivent être présentées au Secrétariat de l’Ecole, Avenue de la Paix – Aoste, en principe avant le 31 août.

A notre avis le moment est venu, pour l’Administration Régionale, de prendre en charge ce secteur très important pour notre Région, surtout à cause des changements profonds de la structure sanitaire prévus par les récentes lois régionales (Organisation des services sanitaires, sociaux et d’Assistance de la Région) et nationales (Istituzione del Servizio Sanitario Nazionale).

D’autres écoles à prendre en considération sont notamment les écoles de radiologie, des analyses bio-médicales, de l’assistance sociale et l’école des sages-femmes. A la dernière accèdent les jeunes filles titulaires d’un diplôme d’infirmière professionnelle (école de Turin, Milan, Novare, Verceil, les inscriptions cessent le 30 août) (voir tableau 1)
D’autres cours de spécialisation sont certainement intéressants, mais les demandes dans notre vallée sont assez limitées. Nous en donnons un tableau ci-dessous. Certains de ces cours de spécialisation concernent la médecine de prévention : par exemple : spécialiste en diététique (diététicien) ; ou en économie et technologie commerciale, secteur très négligé en VDA et qui mérite, à notre avis, d’être développé.

Pour ne citer qu’un exemple, les cantines qui préparent les repas des écoliers ne sont contrôlées régulièrement que du point de vue hygiénique et non pas du point de vue nutritionnel. La même chose se vérifie dans les hôpitaux où les patients sont nourris selon des critères économiques de l’administration, avec peu de souci pour leurs exigences de malades.

INSTRUCTION PUBLIQUE

Il existe quelques cours pour bibliothécaire dans les universités de Rome et de Florence et quelques écoles pour traducteurs et interprètes (Trieste, Rome Pro-Deo).
Tous les instituteurs connaissent très bien les stages organisés par l’Instruction Publique de la Région. Pour les écoles maternelles, les cours se tiennent à Thonon-les-Bains, Sion et Grenoble. Ces cours n’offrent pas en principe de nouvelles possibilités d’emploi. Ce sont surtout des cours de perfectionnement et ils ont l’avantage d’être organisés en France ou en Suisse, c’est-à-dire en langue française.

Cela nous donne l’occasion de redire une fois de plus que tout Valdôtain a le droit de se réaliser dans la branche du savoir humain qui convient à ses aptitudes et de le faire, s’il le désire, dans une école ou université de langue française sans avoir à surmonter toutes sortes de difficultés et d’obstacles d’ordre légal ou économique. Pourquoi dans la région du Haut-Adige, région à statut spécial et autonome comme la nôtre, tout diplôme obtenu dans les pays de langue allemande a une validité légale, tandis que chez nous, les diplômes français ou suisses sont ignorés par la loi italienne ?

Il y a encore des cours pour animateur, c’est-à-dire des personnes qui aident les enfants à développer leur créativité et leur personnalité par des moyens choisis par l’enfant même (jeux, peinture, musique, travaux pratiques, etc.). Les cours que nous connaissons sont gérés par l’ARCI et l’AICSO (Turin), le Teatro Stabile, le Teatro dell’Angolo (Turin) et le Teatro del Sole (Milan). Les jeunes gens qui militent dans l’extrême gauche ont été particulièrement sensibles à ce genre d’activité à l’intérieur des écoles maternelles et élémentaires (les cours dont il est question ci-dessus témoignent de l’intérêt suscité dans les écoles par l’introduction de ces nouvelles méthodes d’éducation. Nous pensons que c’est un moyen révélateur de la psychologie, du milieu social et des rapports de l’enfant avec son environnement et que cela permet aux éducateurs de mieux les comprendre et de les aider à épanouir leur personnalité. Nous souhaitons que ce genre d’activité se développe dans nos écoles mais nous exhortons nos instituteurs de ne pas oublier d’être avant tout des Valdôtains et que les enfants confiés à leurs soins d’éducateurs doivent retrouver leur identité valdôtaine.

TOURISME, ANTIQUITES, BEAUX-ARTS

Laissant de côté les initiatives locales pour le Tourisme, (Ecole hôtelière), que nous connaissons tous, les écoles de spécialisation dans ce secteur si important pour l’économie valdôtaine, ne sont pas nombreuses (voir tableau II). Les responsables de l’Assessorat pensent qu’il est plus utile de fréquenter une université de sciences économiques, juridiques, sociales ou la faculté d’architecture. A signaler l’Université du Tourisme à Perugia, mais il vaudrait mieux s’assurer auparavant de sa validité.

Pour le secteur des beaux-arts, il faudrait préparer des spécialistes connaissant bien la restauration des œuvres d’art, mais il s’agit d’une très longue préparation, donnée par l’Istituto del restauro, (Rome). Une décision définitive sur le problème des musées et en général de la conservation et de l’utilisation des produits de notre culture s’impose sans délai. Cela aussi pourrait donner quelques places de travail aux jeunes spécialisés dans ce secteur. En ce qui concerne l’Ecole hôtelière, nous voulons signaler qu’il est souhaitable que le plus grand nombre possible de jeunes puisse fréquenter les trois années de cours (salle, cuisine, secrétariat) parce que nous avons besoin de former des entrepreneurs et non seulement de très bons travailleurs salariés.
A signaler qu’à l’Institut Professionnel Régional on peut fréquenter, après trois années d’école supérieure, un cours de « opérateur touristique » (deux années).

AGRICULTURE ET FORETS

Nous ne connaissons pas d’écoles de spécialisation para-universitaires dans ce secteur (il y a la faculté des sciences). Il y a des écoles secondaires spécifiques mais on nous a dit que le nombre des diplômés de ces écoles dépasse déjà la demande. Le futur de l’agriculture dans notre Vallée dépend surtout de la création d’entreprises agricoles modernes et nous souhaitons que quelqu’un de plus compétent approfondisse ce problème que nous considérons fondamental pour la Vallée d’Aoste.

De notre part, nous voulons rappeler l’œuvre précieuse de l’Ecole d’Agriculture, qui organise des cours de deux années pour nos jeunes.
Nous souhaitons bien que, dans ce cadre, on ne continue pas à oublier les femmes qui, en principe, peuvent accéder à n’importe quel cours mais qui aimeraient avoir une « école ménagère » à laquelle s’adresser pour intégrer les conseils pratiques traditionnellement appris par leurs mères avec des données modernes (agritourisme, tenue de la comptabilité, assistance aux malades, prévention des dangers et techniques immédiates de secours, cuisine et diététique, etc.).

Nous avons trouvé un exemple d’école agricole à Monza (Milan) où l’on organise aussi des cours rapides sur les problèmes de l’agritourisme et de l’écologie. Nous demandons aux responsables de l’Administration Régionale de reconnaître les exigences des femmes dans ce domaine, parce que sans elles dans les maisons et dans les entreprises agricoles il n’y a pas d’avenir.

INDUSTRIE ET ARTISANAT

Il existe des écoles (postuniversitaires) d’Administration des entreprises à Parme et à Turin (durée des études : deux ans). Mais les titulaires de ces diplômes ne trouvent pas beaucoup de débouchés dans les industries de notre Région. Il faudrait que, finalement, ils puissent se transformer en entrepreneurs.
L’Institut Professionnel Régional a joué sans doute un rôle important dans la préparation de personnel qualifié pour la sidérurgie et la mécanique.

Les perspectives de développement de l’industrie et surtout de l’artisanat méritent aussi un examen plus poussé. Nous invitons donc les experts, les opérateurs et les personnages qualifiés en cette branche nous éclairer et d’étudier à fond toutes les possibilités d’avenir de ce secteur si important pour l’économie de notre Pays
Notre intention était, au début, de parler principalement des écoles de spécialisation para-universitaire : nous avons constaté que, das notre réalité, cela avait une importance très limitée, parce que une partie très importante de notre économie (voir l’artisanat par exemple) ne demande qu’une bonne qualification professionnelle dispensée par nos cours d’école supérieure.

Pour éviter des déséquilibres très graves dans notre milieu socio-économique, il nous faut alors une programmation régionale très poussée à travers laquelle nous pourrons mieux connaître nos exigences et nos forces et mieux adapter notre économie à notre réalité.

Tiré du Peuple n. 29 du 20/07/1979

La femme en Vallée d'Aoste

Les femmes en Vallée d'Aoste

Les femmes, en Vallée d’Aoste, prennent – Dieu soit loué ! – une place de plus en plus importante dans la vie de notre pays.

Nous avons noté leurs judicieuses et fructueuses interventions dans le congrès des différents mouvements politiques, leur participation croissante à l’activité culturelle. Certaines tiennent une place respectée au Conseil Régional et dans la Junte. D’autres gèrent énergiquement des communes… Et comme les femmes sont – il faut en convenir – de bien meilleures administratrices, plus persévérantes que les représentant du sexe prétendu fort, notre communauté ne peut que profiter de cet état de choses.

Il s’agit d’un phénomène qui se manifeste dans tous les pays civilisés… Partout, nos compagnes sont en voie d’obtenir l’égalité complète des droits dans le travail, les associations diverses où se font jour leurs initiatives hardies en matière législative, sociale et civique… Et si quelques-unes vont un peu loin en réclamant la domination complète du mâle, la plupart ont le bon sens de conserver malgré tout leur conscience maternelle, protectrice tutélaire du foyer et gardienne de l’éthique chrétienne.

Elles considèrent que, l’égalité civique enfin obtenue, le bonheur pour une épouse et pour une mère ne peut vraiment se trouver que dans la gestion du « nid » familial
Quel progrès en à peine plus d’un siècle !

A Sainte Hélène, Napoléon (avec quelques malices certes, et pour taquiner la femme du maréchal BERTRAND et la comtesse de MONTHOLON) proférait :
« Nous avions tout gâté en traitant les femmes trop bien… Nous les avions portées à grand tort presque à l’égal de nous … Les peuples de l’Orient avaient bien plus d’esprit et de justesse, ils les avaient déclarées la véritable propriété de l’homme, et en effet , la nature les a faites nos esclaves… Ce n’est que par nos travers d’esprit qu’elles osent prétendre être nos souveraines… Et de quoi vous, plaindriez-vous après tout, mesdames ? (continuait-il en souriant de côté). Ne vous avons-nous reconnu une âme, vous savez qu’il y avait des philosophes qui ont balancé… Vous prétendiez à l’égalité ? Mais c’est folie ! La femme est notre propriété, nous ne sommes pas la sienne ; car elle nous donne des enfants et l’homme ne lui en donne pas : elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruits est celle du jardinier !... ».

Un quart de siècle plus tard, Alfred de Vigny déclarait dans les vers magnifiques de la « Maison du Berger » :
Mais si Dieu près de Lui t’a voulu mettre, ô femme !
« Compagne délicate ! Eva ! Sais-tu pourquoi ?
« C’est afin que tu sois son juge et son esclave
« Et règnes sur sa vie en vivant sous sa loi !

On a vu mieux encore à peu près jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale :
L’empereur Guillaume II préconisait encore aux femmes Prussiennes l’idéal des trois « K » : KINDER-KUCHE-KIRCHE (les enfants – la cuisine – l’Eglise)…

Et son meilleur stratège, le général Ludendorff affirmait :
La femme allemande est comme le beafsteck, plus on tape dessus, et plus elle devient tendre ».
Les Allemandes depuis lors ont bien pris leur revanche !

Il est à notre honneur que jamais ces conceptions bizarres n’ont fleuri en Vallée d’Aoste… mais on a vu pire dans certaines contrées méridionales !

En Savoie et chez nous, l’épouse et la mère ont toujours été vénérées : au fond (comme en France d’ailleurs) elles étaient l’âme du foyer. Fidèles, austères, ne se laissant pas dominer par la sentimentalité, elles tenaient ferme les cordons de la bourse. Elles travaillent durement, (avouons-le, nos montagnardes beaucoup plus que leurs hommes) et dans leur foi dépouillée et sincère, elles s’inspiraient de la Sainte Vierge « Regina Vallis Augustanae », celle qui sourit et pardonne, là-haut, là-haut.

Notre beau pays est bien petit, et de sa population de 110.000 habitants, 60% à peine sont encore de vrais Valdôtains. La participation active de nos femmes, de nos jeunes filles à la vie sociale, culturelle et économique, est donc une nécessité. Nécessité d’autant plus impérieuse que nos berceaux sont presque vides… Puisse la Vallée d’Aoste tirer avantage de l’investissement consenti également pour l’instruction aux garçons et aux filles. Elle doit devenir rentable. Nos filles, aujourd’hui, ne sont plus ce qu’étaient leurs aïeules : elles en savent autant que les garçons, accèdent aux métiers les plus divers, aux mêmes postes de commande, aux mêmes honneurs : elles demandent donc, à juste titre, plus qu’une vie moyennageuse en alpage au rythme des travaux d’élevage bovin, loin de tout confort, de toute distraction, de tout congé.

Nous avons le devoir de leur procurer les avantages du progrès technique et les agréments d’une vie en société. Quelle jeune fille intelligente et ayant de l’instruction se contenterait aujourd’hui d’être une bête de somme, descendant une fois par semaine au marché, chargée de beurre, d’œufs, de fromages, et remontant le soir, apportant sur son dos dizaines de kilos de ravitaillement indispensable pour la semaine suivante ?

Des routes pour tous nos hameaux ! De l’électricité jusqu’au dernier chalet (pardi nous en produisons assez avec la force de nos torrents !), la télévision, et vous verrez que nos jeunes femmes trouveront du charme à rester au pays en respirant l’air non pollué !
A vous de jouer, chères compatriotes, soyez actives et exigeantes, et nous en profiterons tous !

Marcel et Marthe Jans… et Napoléon Bonaparte

Tiré du peuple n. 32 du 7/09/1979

La femme valdôtaine

L’article « Femmes Valdôtaines » de Marthe et Marcel Jans, paru sur le Peuple du 7 septembre 1979, a voulu mettre en évidence le fait que, au cours de l’histoire, les femmes ont acquis des droits, ont pu accéder à des places « importantes » dans la vie de notre pays ; on a mis aussi en comparaison, la vie de la femme d’autrefois, avec celle d’aujourd’hui. A mon avis, cette confrontation n’a pas été égale. Si, d’un côté, nous apprécions l’effort et les résultats, obtenus aujourd’hui par les femmes qui occupent une place importante dans la vie (politique, administrative, législative, syndicale, scolaire, etc.) nous devons, de l’autre, reconnaître la valeur de la vie de sacrifices de nos aînées. Le travail à la campagne, celui à la maison, l’éducation des fils, la force de vivre dans les difficultés, des femmes d’autrefois, ne sont pas des choses importantes, dans la vie de notre pays ?
Certainement oui, il faut l’affirmer, le reconnaître, ou nous risquons de dévaloriser, avec les femmes, toute une société passée, et de perdre, de cette façon, ses valeurs.

Dans l’article on parle aussi de la foi des femmes d’autrefois et l’on affirme : « Qu’elles s’inspiraient de la Sainte Vierge, Regina Vallis Augustanae, qui sourit et pardonne, là-haut, là-haut ». Je reconnais qu’il me serait difficile d’analyser à fond une expérience comme la foi ; de même je remarque que cette analyse-ci est superficielle et limitée, et que la définition de foi, (admettons u’on puisse lui en donner une), transporte le problème sur un plan de rêve, de fantaisie. Personnellement je crois que les femmes ne s’inspiraient pas seulement de la S.te Vierge ; en outre je vois la S.te Vierge là-haut, dans sa perfection, mais près de chaque femme car elle a vécu sur la terre.

Il y a un autre aspect d e l’article qui m’a frappée ; les auteurs disent qu’il faut procurer les avantages du progrès technique et les agréments d’une vie en société aux jeunes filles valdôtaines, pour qu’elles ne se sentent pas émarginées dans leur pays, et pour qu’elles ne l’abandonnent pas. Je ne suis pas d’accord quand on propose de combattre ce problème avec un moyen comme la télévision, car on voit bien les effets d’aliénation qu’elle produit dans les adultes et les enfants, d’après les modèles qu’elle présente de nos jours. L’électricité, les routes, et la création de nouvelles places de travail, dans les centres les plus petits, peuvent être des moyens pour faire face à ce problème, mais ils ne le résolvent pas. A mon avis, le problème est en nous, femmes et hommes : si nous récupérons la capacité de nous approcher aux gens de notre pays, aux vieux surtout, si nous nous défendons des « clichés » établis par intérêt de tous les côtés, si nous respectons, nous réussirons à prendre le bon de la vie d’autrefois et de celle d’aujourd’hui.

On ne devrait plus diviser les femmes des hommes ; il faut rechercher une façon de vivre, où la personne, en tant que pensée, soit valorisée, au-delà de l’extériorité. Certes, les femmes ont dû et doivent parfois encore se soumettre ; il faut les défendre sur le plan matériel et culturel aussi. A ce propos je me rattache à l’article. Les auteurs se demandent « … quelle jeune fille intelligente et ayant de l’instruction, se contenterait de conduire une vie moyennageuse et fatigante comme celle de ses aïeules ». Je ne mettrais pas d’étiquettes : même nos aïeules, j’en suis sûre, bien que dépourvues de diplôme, se rendaient compte des côtés négatifs de leur vie. Selon moi le problème est d’analyser la vie d’autrefois pour reconnaître les fautes qui ont été faites et en tirer les valeurs ; il nous faut reconnaître les mérites des femmes, leurs efforts, dénoncer les injustices sans nous laisser prendre ni par la mode de l’émancipation, ni par celle du sentimentalisme. Il s’agit de modes, elles oublient la raison ; mais c’est justement la raison qui fait de nous des personnes et qu’il faut exploiter davantage.

C. Martinet

Tiré du Peuple n. 42 15/11/1979

Enquête de "Noi Donne"

Conversations sur l’enquête de « Noi Donne »

La redattrice di « Noi Donne », Annamaria Guadagni, accompagnata e indirizzata continuamente dalle donne dell’UDI (Unione Donne Italiane) di Aosta, nel suo brevissimo soggiorno in Valle, ha svolto e articolato il suo servizio « Valle d’Aosta : donna femme fenna » secondo un piano ben preciso e coerente con le posizioni di quel papà-marito-fratello dell’UDI che è il PCI.

Lo sviluppo della pseudo-inchiesta sulle donne in Valle d’Aosta comincia dalla « comunità autoctona » rappresentata dalla poetessa Armandine Jérusel, grazie alle idee della quale l’articolista può , con falsa ingenuità, chiedersi se « difendere l’etnia inevitabilmente coincide con l’odio per lo straniero, con la chiusura reazionaria con una anacronistica polemica antimodernista ». Qualunque sia la risposta, è chiaro che con questa prima parte la lettrice è spinta a concludere che una larga fetta della « comunità autoctona », cioè delle donne valdostane d’origine è su quelle posizioni.

Nella seconda parte, « sono donna e parlo patois », con una ridottissima e striminzita intervista ad una donna de l’ « Entred » (sic !), la Guadagni può stabilire che la visione della donna in questo caso è avanzata, moderna, ma che l’Entraide fa lo sbaglio di voler tenere in gran conto l’unità etnico-politica delle « femmes valdôtaines ».
In parole più chiare rimprovera all’Entraide di essere un gruppo femminista ; l’Entraide dovrebbe cioè tener conto solo della condizione della donna, lasciando da parte la lingua, l’etnia, il particolarismo che caratterizzano la « femme-fenna valdôtaine ».

E’ comprensibile che alla Guadagni, o per meglio dire all’UDI di Aosta farebbe comodo se l’Entraide fosse uno tra gli altri gruppi femministi per ignorarlo, ridicolizzarlo o trattarlo con sufficienza o corteggiarlo, come ha fatto nel passato con gli altri gruppi, a secondo del vento che tirava a favore o a sfavore del femminismo nelle sfere del PCI !

Finalmente con la terza parte dell’inchiesta le cose migliorano per la Guadagni, ance se peggiorano per le donne, in quanto vengono intervistate in maggioranza donne non appartenenti al gruppo autoctono, per intenderci quelle che parlano solo italiano, le quali lasciando da parte la situazione particolare della donna valdostana, denunciano a ragione i problemi purtroppo ancora aperti delle donne, come le difficoltà di vivere senza l’appoggio di un uomo o gli ostacoli posti dai ginecologi verso i consultori o la durezza del « doppio lavoro » della donna lavoratrice, cioè (che brave, per la Guadagni) che mettono solo in evidenza che la condizione della donna è uguale per tutte, perché sono donne.

Ecco le donne « semplici » come dice ripetutamente l’UDI alla RTA propagando il numero speciale di « Noi Donne » ; ecco le donne italiane con le quali è più facile per l’UDI lavorare per « unirle », insegnando loro soltanto a votare PCI o tutt’al più PSI, come hanno fatto quel giornale e l’UDI stessa per più di trent’anni, tanto che c’è voluto il movimento femminista per scavalcare questa visione riduttiva della donna, umile sostegno del « compagno impegnato », ed insegnare alle donne ad essere se stesse, anche contro il « compagno-padrone ».

Il risultato più évidente di questa inchiesta ammaestrata è certamente quello che si ottiene quando si è guidati da una visione a senso unico : generalizzare un caso, sintetizzare travisando, catalogare grossolanamente, classificare faziosamente, in una parola dividere le donne per bocciare una parte, dare la quasi sufficienza ad un’altra ed esaltare quella che è più utile alla propria ideologia.

Tiré du Peuple n. 43 du 23/11/1979

Lettre a l'Entraide

Lettre à l'Entraide à propos de l'enquête de "Noi Donne"

Ce sont les voix de femmes valdôtaines qui évidemment ne se reconnaissent pas entièrement dans les paroles de la journaliste. En voilà une.

Scrivo queste righe perchè mi preme segnalare alcune delle tante inesattezze contenute nell’articolo di « Noi Donne ». In esso si legge « … la Valle d’Aosta è terra di frontiera (nelle scuole si insegnano due lingue, sapere il francese è indispensabile per avere un qualsiasi impiego pubblico) » e il lettore non informato pensa che vi si insegna il francese in quanto la Regione è terra di frontiera e non perchè, più semplicemente, il francese è ed è sempre stato la lingua materna del popolo valdostano.

Si giunge poi all’inverosimile quando si scrive che vi sono « difficoltà di integrazione fra la comunità etnica valdostana e gli italiani provenienti da altre regioni e residenti in Valle. Insomma una situazione per certi aspetti assimilabile a quella di paesi vicini come la Francia e la Svizzera… ». Vorrei chiedere alla giornalista se quando è venuta in Valle ha trovato qualche difficoltà a farsi capire o ad avere risposte in qualsiasi parte della Regione. Non parliamo poi di Aosta dove, purtroppo, le difficoltà le incontrano, strano a dirsi, proprio i valdostani di origine.
Infatti un immigrato, proveniente da qualsiasi regione d’Italia, può parlare italiano se non addirittura il suo dialetto in qualsivoglia ufficio o negozio senza trovare ostilità, mentre è il valdostano che deve abbassarsi sempre a parlare una lingua che non è la sua se vuol essere capito e ascoltato.

Nell’articolo è poi chiara la manovra politica e demagogica e dispiace constatare che ancora una volta delle donne si facciano strumentalizzare da ciò che è il « bene superiore del partito » e che per far ciò debbano calpestare le altre donne. Infatti leggendo l’inchiesta di « Noi Donne » è come leggere un qualsiasi articolo di un qualsiasi giornale di sinistra, dove la cosa più importante è coprire di ridicolo e acccusare di reazionario tutto ciò che è diverso e non si lascia massificare.

Ebbene, care « compagne dell’UDI » siete sulla strada sbagliata, perchè la vostra mania del rosso a tutti i costi vi porta, nei riguardi dei valdostani, sulle stesse posizioni dei fascisti che cercarono in ogni modo di soffocare la nostra etnia ed in Italia di cancellare tutto ciò che era diverso dal modello romano.

« Noi Donne » e l’UDI non possono pretendere di dare lezioni di civiltà e di emancipazione alle donne della Regione in cui c’è stata la più alta percentuale di consensi nel referendum per il divorzio, che è al secondo posto nelle statistiche nazionali sull’uso della pillola, dove non ci sono stati problemi per applicare negli ospedali la legge sull’aborto, dove praticamente non c’è il problema della disoccupazione e non c’è lavoro nero, ed infine dove c’è il più basso tasso di analfabetismo.

Sono sicura che se al Consiglio regionale della Valle d’Aosta la maggioranza fosse del PCI, il giornale dell’UDI porterebbe la nostra Regione ad esempio per tutte le altre regioni d’Italia ! Purtroppo l’Union Valdôtaine è un rospo troppo grosso da digerire ed è inutile che voi cerchiate di dipingerla come razzista e reazionaria : le vostre fandonie e la sua giusta politica la ingrosseranno ancora di più e il rospo vi sarà sempre più indigesto !
Mila Armand

Chère Amie,
Comme tu sais sûrement des femmes ont formé un groupe nommé « Entraide des Femmes Valdôtaines », qui depuis une année et demie, se réunit tous les derniers jours du mois, dans le siège de la Section de l’UV d’Aoste, situé au n. 14 de Place Emile Chanoux (Aoste).

Ce groupe a déjà pris de nombreuses initiatives dans divers secteurs : école, santé, langue et surtout pour ce qui concerne la situation de la femme en Vallée d’Aoste.
Nos réunions constituent le seul moyen pour nous connaître et pour parler de nos problèmes. Dans notre dernière réunion on a décidé de faire paraître un bulletin polycopié traitant des problèmes des femmes valdôtaines et aussi des femmes en général. Dans ce bulletin on publiera toutes les suggestions, les propositions, etc., que les femmes nous enverront ; ce bulletin sera expédié à toutes les inscrites et aux sympathisantes.

Mais pour faire un bon travail nous avons besoin aussi de ta collaboration. Tu es donc priée, très vivement, de nous envoyer tout ce que tu crois intéressant, même du matériel tiré d’autres publications (que tu devras indiquer).
En outre, nous te mettons au courant, dès ce moment, que nous avons l’intention d’organiser, au printemps 1980, un déjeuner social des femmes ; pour cette occasion nous t’enverrons, bien sûr, des nouvelles détaillées.

Nous te rappelons la signification du mot « Entraide » - « aide mutuelle ». Aide-nous, donc, dans cette difficile tâche.

L’Entraide des femmes


Tiré du peuple n. 45 du 7/12/1979

1980

3ème Assemblée Informative-Consultative de l’UV

L’Entraide des femmes valdôtaines est née en 1978.
Ce groupe spontané est constitué de femmes inscrites à l’Union Valdôtaine et de sympathisantes, qui ont ressenti l’exigence de se rencontrer pour discuter des nombreux problèmes qui touchent leur vie, la vie de leurs familles et de notre pays.

Nous avons réfléchi sur le rôle des femmes dans la famille et dans notre milieu et nous avons constaté que tout ce qu’on fera pour leur donner une meilleure conscience de leur identité et de leurs droits de « femmes valdôtaines » sera très utile pour l’avenir de notre pays.

Nous pouvons, en effet, exercer une influence formidable sur l’éducation de nos enfants, en leur transmettant d’abord notre langue, nos traditions et toutes les valeurs précieuses de notre culture, en les défendant ensuite des attaques trop souvent portés contre nous par les mass media et par les écoles ; en agissant dans les écoles mêmes comme mères et souvent comme institutrices, pour faire reconnaître entièrement notre droit à une école à mesure de notre culture, donc une école valdôtaine et non pas italienne.

Nous constatons en effet que nos enfants dans les écoles ne sont que des émarginés : où est la dignité humaine ? Il est nécessaire qu’ils connaissent leur réalité à travers l’étude de leur histoire, de leur milieu et qu’ils puissent s’exprimer librement en patois en classe.

Tâchons, à travers les représentants des parents et des instituteurs, d’exiger au moins cela et intéressons-nous un peu plus à la vie scolaire car son importance est hors de doute pour la formation de toute génération.

Quant au français, jusqu’à ce que nous n’obtiendrons pas un système scolaire comme celui du Sud-Tyrol, nous ne verrons aucun fruit à l’arbre de la culture.
Nous rappelons que nous continuons nos réunions mensuelles, le dernier jour de chaque mois, au siège de l’UV, place Emile Chanoux.

Nous retrouver est sûrement utile, puisqu’on parle, on s’échange des expériences, on prend du courage pour être de plus en plus cohérentes dans nos actions quotidiennes, on fait des plans d’action : on contribue, en somme, à ce renouveau qui est indispensable pour assurer à notre peuple sa pleine libération culturelle, économique, sociale et politique.

Voilà donc le but de notre action, coïncidant avec celui de l’UV et de la Jeunesse Valdôtaine : voilà pourquoi nous sommes aujourd’hui à leur côté ; voilà pourquoi nous demandons à toutes les femmes l’engagement d’être toujours fidèles à notre culture, dans la famille comme dans les lieux de travail, dans l’action sociale comme dans celle politique.

Dans l’année qui vient de s’écouler nous avons participé au Congrès de Saint-Vincent présentant plusieurs relations, au rendez-vous du mois de mai en nous occupant surtout des enfants, et en présentant notre stand, nous avons écrit plusieurs articles sur le Peuple, nous n’avons jamais manqué nos réunions de la fin du mois.

Enfin nous avons fait une intervention à la télévision et nous avons appuyé certaines initiatives du mouvement italien des femmes.
Les choses à faire seraient tellement nombreuses !
Au mois de septembre nous avons présenté une requête de participation aux transmissions radiophoniques, aux termes de la loi nationale 14 avril 1975 n. 103. Le « Comité régional pour le service radiotélévisé » n’a jamais répondu. Peut-être parce que nous avons déclaré de vouloir employer principalement le français et le patois ?
Nous nous associons à la protestation de la Jeunesse Valdôtaine contre la RAI et la troisième chaîne qui ignorent complètement notre langue.

Nous avons encore l’intention de continuer nos rencontres avec toutes les femmes, soit au moyen de la presse soit en participant à toutes les réunions qui seront organisées par les femmes dans les différentes communes ; prochainement, nous nous rencontrerons à Cogne, à Nus et dans la Basse Vallée.

Il ne faudra pas oublier les élections communales du mois de mai : nous lançons encore une fois un appel aux femmes pour qu’elles s’engagent en première personne, et aux responsables de la formation des listes pour qu’ils n’ignorent pas, dans cette occasion, la moitié des électeurs.

Tiré du Peuple n. 5 du 10/02/1980

Une rencontre très positive

Vendredi 28 mars, nous avons eu une agréable surprise : voilà une soixantaine de femmes valdôtaines réunies pour un dîner amical dans un restaurant aux alentours d’Aoste.
Tous les âges et toutes les catégories sociales y étaient représentés.
Femmes venant de la Haute et de la Basse Vallée, ne s’étant peut-être jamais vues, ont tout de suite établi des rapports d’amitié.

Le patois et le français s’entrecroisaient dans des conversations pleines de verve et les chants valdôtains ne tardèrent pas trop à retentir.
Nous avions l’impression de nous connaître depuis toujours : tout le monde se trouvait à son aise comme dans une famille en bonne harmonie.

En effet, la famille à laquelle chacune d’entre nous affirmait à ce moment son appartenance c’était la Vallée d’Aoste. Et aucune autre ambition ne nous unissait si non celle de nous entraider et d’aider, dans nos possibilités, d’autres valdôtains à défendre cette terre et ces droits, ces traditions, ces langues et cette culture que nous avons reçus en héritage de nos pères et que nous voulons, coûte que coûte, transmettre à nos enfants.

La présence de l’Assesseur à l’Instruction Publique Madame Ida Viglino, avec le témoignage de toute une vie dédiée à la cause valdôtaine, était là à nous démontrer combien une femme d’intelligence et de cœur peut faire pour son pays.

Ensemble continuons donc à travailler dans notre milieu, jour après jour, pour que les valdôtains soient plus solidaires, plus unis entre eux, plus disposés à sacrifier leurs petits intérêts personnels aux intérêts supérieurs de notre Communauté.
Et croyons dans la validité de notre travail : les résultats viendront, aujourd’hui ou demain, peu importe. Ils viendront : c’est là l’important.

Tiré du Peuple n. 17 du 24/04/1980

Lettre

Mesdames,

L’Entraide des femmes valdôtaines s’adresse à toutes, d’origine et d’adoption, institutrices, professeurs, ménagères, employées, étudiantes, pour illustrer sa fonction et son idéal pour la lutte de la cause valdôtaine.

A travers l’Entraide nous devons nous sentir plus unies pour résoudre les problèmes qui nous intéressent. Reconnaissons que nous avons quand même des pouvoirs particuliers. La femme avec son intelligence, et surtout douée de patience et de sacrifice, doit premièrement lutter contre la violence et la criminalité, contre l’immoralité qui pervertit cette société. Nous devons et voulons être unies et nous travaillerons afin que nos principes nous puissent porter à vivre librement et démocratiquement, pour que la paix règne dans notre Région, mais aussi dans tous les Pays.

Il est question de se réveiller et de se prodiguer partout, dans les maisons, les écoles, dans les assemblées, au travail ; il faut prendre conscience des dangers qui nous environnent, il faut oublier les inutiles difficultés qui nous ont divisées pendant des années. Bien des choses ont été déjà accomplies, mais beaucoup reste à faire.

Soyons unies pour rendre notre Vallée un exemple face aux autres Régions ; formulons tous les propos moraux et sentimentaux pour qu’elle puisse être fière de son peuple, soit au niveau administratif, économique et politique, comme on su le démontrer nos ancêtres. C’est l’enseignement que nous devons transmettre aux enfants (à nos enfants). Nous voulons défendre notre langue, nos traditions, notre culture et être respectées chez nous, et aussi dans les bureaux de la Vallée où on est reçu – bien des fois – comme des étrangers ! Nous défendons tout ce qui nous appartient et qui fait part du patrimoine de notre Vallée.

Pour les femmes qui, pour toute raison, ne peuvent pas participer aux réunions, elles seront informées du travail qui se déroulera par l’Entraide des femmes, à travers l’espace qui nous est réservé sur le « Peuple ».

Soyez courageuses et fortes, ne laissez pas faiblir votre esprit et votre espoir, que nos cœurs soient toujours à notre terre, à notre petite Patrie.

Un merci à toutes.

Participez plus que vous pouvez.

Une ménagère qui aime de tout cœur sa belle Vallée.

A.Z.

Tiré du Peuple n. 18 du 20/5/1980

Les femmes valdôtaines au Rendez-vous d’Aoste

Une des plus agréables surprises du rendez-vous d’Aoste aura bien été le stand de l’Entraide des femmes valdôtaines.

Nos charmantes dames y avaient présenté une importante documentation sur la vie de la femme valdôtaine dans les temps passés, il y a cent ou cinquante ans, à l’aide de lettres, de comptes de ménages, de factures et de photos d’époque : les rythmes de la vie, de la naissance à la mort, avec les grandes étapes de l’école, du service militaire de leurs partenaires, du mariage ; les joies et les douleurs ; les rencontres et les séparations ; les drames de l’émigration ; les revenus et les dettes ; tout ce qui, en un mot, est afférent à notre séjour terrestre.

Les comptes des ménages, soigneusement couchés par nos ancêtres, les lettres privées, montrent indiscutablement, et les organisatrices du stand l’ont mis en bonne et due évidence, que la langue française en Vallée d’Aoste n’était pas seulement le fait du clergé ou de la bourgeoisie, mais bien celle de l’usage courant des ménagères nos ancêtres, quoi qu’en disent tous les arpitans et les Riccarand de ce monde !

Parmi les papiers présentés, mes yeux sont tombés sur une lettre d’une institutrice de Cogne, écrite à l’un de ses anciens élèves, émigré à Paris. Cette lettre est un petit chef-d’œuvre dans son genre. Elle est pleine de sentiment, de délicatesse. Ce ne sont pas des phrases selon les convenances de ce temps-là, ainsi que me le suggérait une dame de l’organisation en me pilotant dans la visite du stand. C’est un cœur qui déborde.

Nous pouvons imaginer facilement la chaleur que cette lettre dut porter au destinataire, à ce valdôtain qui mangeait de la vache enragée à Paris, loin de ceux qu’il aimait, de ses montagnes, de sa Patrie. Cela vaut la peine de lire un morceau de la prose de cette bonne institutrice de Cogne, spontanée comme nos fleurs alpines, fraîche comme l’eau de nos torrents :
« Puisque tu as été si généreux de m’envoyer de si gracieux souhaits de bonne année, permets que je vienne par ces quelques lignes t’en témoigner ma plus vive reconnaissance. Mais, hélas ! je me vois d’abord obligée de t’écrire sur une bien simple feuille de papier. Tu auras, je l’espère, la bonté de m’excuser, car tu sais qu’à Cogne on n’y trouve pas de feuilles de papier si délicates et si ornées comme dans la ville de Paris. Ensuite je me vois incapables de trouver des expressions assez vives pour te témoigner ma reconnaissance pour le plaisir et l’honneur que tu m’as fait en m’envoyant une si gracieuse lettre. Mon cher Eugène, c’est bien ton bon cœur qui t’a conduit dans les belles boutiques de Paris pour y chercher du papier si délicat et ensuite pour le remplir de compliments si gracieux que je ne mérite pas absolument. Si je pouvais me métamorphiser en papillon, je prendrais mon vol vers Paris et j’irais voltiger sur la fenêtre de ta chambre pour t’offrir de vive voix mes remerciements et mes souhaits de bonne année. Mais cela n’est pas donné. Je me contenterai donc de te parler avec la plume. Je te dis d’abord que j’ai appris avec bien de satisfaction l’heureux état de ta santé. Ensuite je vois avec plaisir que tu ne t’es encore laissé entraîner par les mauvais exemples et les mauvaises compagnies que tu trouverais peut-être dans cette belle ville. L’amour filial que tu as pour tes parents est bien une preuve que tu es toujours le même que lorsque tu étais à Cogne. Tu m’appelles bienfaitrice. Je ne mérite pas du tout ces remerciements que tu m’as fait sur ta lettre, car si j’ai bien pris quelques peines pour t’enseigner c’est d’abord mon devoir ; ensuite c’était avec plaisir car tu étais toujours si docile, ta docilité et ton application me charmaient et édifiaient les autres élèves. Hélas que le temps est changé… ».

Roger Blanchard

Tiré du Peuple n. 26 du 27/06/1980

Nos candidates

Et voilà, les feux de la rampe se sont éteints, les clameurs de la propagande ont cessé de nous poursuivre et les voix nasillardes des haut-parleurs de nous harceler. La fièvre électorale des politiciens est retombée à ses valeurs normales et tous les responsables des partis politiques se sont déclaré satisfaits des résultats, qu’il y ait eu ou non une progression dans le nombrer des suffrages. C’est curieux, après chaque élection les déclarations des leaders varient de peu. Quant à nous, citoyens électeurs nous sommes redevenus ce que nous étions avant de déposer notre bulletin dans l’urne : des quantités négligeables.

Ceci dit, à nous autres femmes de l’ENTRAIDE, il nous reste encore à faire quelques considérations et quelques points à préciser, par-ci, par-là. Malgré le peu d’espace qui nous a été octroyé par les mass-média pour présenter nos candidats, malgré le peu de considération parfois accordée à nos initiatives, nous les femmes, nous avons fait notre petite propagande. Sans éclat, sans dépenser l’argent du contribuable, nous avons fait notre propagande partout où l’occasion se présentait.

Nous avons parlé de la femme, de son rôle dans la société contemporaine, de son droit à accéder aux fonctions politiques par tradition réservées aux hommes. Les résultats obtenus par les femmes dans les communes de la Vallée où trente-neuf ont été élues (plus de la moitié dans les listes de l’Union Valdôtaine ou les listes appuyées par l’Union) prouve que nous marchons dans le bon chemin.
Pour ce qui concerne la Ville d’Aoste nous devons faire quelques considérations supplémentaires.

D’un côté le fait qu’une seule femme siégera dans ce conseil nous laisse un peu déçues, parce que notre espoir était de voir leur nombre augmenter et non pas diminuer, comme au contraire il est arrivé.

Cela veut dire que les femmes n’ont pas encore assez de confiance en elles-mêmes et, par conséquent, dans celles d’entre nous qui ont le courage de s’engager en première personne.

D’autre part, nous constatons que ce manque de soutien aux femmes est évident dans presque tous les partis politiques.
Prenons par exemple les partis et les mouvements qui ont gagné plus d’un siège, ce qui fait, en total, 36 sièges sur 40 : pour la DC, Mme Bonin, qui était pourtant un des conseillers sortants, n’est plus dans le groupe des élus.

Mme Amoruso du PCI a gagné la septième place, comme Jeannette Fosson pour l’UV, mais en pourcentage elle a reçu moins de préférences. Elle a été élue, bien sûr, mais on ne peut pas dire que c’est grâce aux femmes.
Quant au PSI et au PSDI les résultats démontrent que les femmes n’ont pas été prises au sérieux en tant que candidates.

Chez les DP, au contraire, Mme Squarzino a eu, en pourcentage, plus de préférences que les autres candidates, mais, malheureusement pour elle, la perte de voix de son mouvement lui a été fatale.

En conclusion, nous pouvons donc affirmer que les résultats des candidates de la liste de l’UV, dans laquelle Mlle Fosson est la première exclue, sont positifs, surtout parce qu’ils représentent aussi le résultat de l’engagement des femmes.

Tout cela nous donne le courage de continuer notre tâche. Nous arriverons ainsi à construire quelque chose de bien, de solide, de profitable pour la communauté. Simplement, avec nos forces réunies sans rien perdre de note féminité (si chère à nos hommes !). Nous savons comment nous y prendre pour faire tache d’huile, pour pénétrer dans tous les rouages de la société. Comme les hommes, nous en avons les possibilités et les moyens.

L’Entraide des femmes

Tiré du Peuple n. 29 du 18/7/1980

Soirée des femmes valdôtaines

Le feu vert du Rendez-Vous valdôtain de Donnas a été donné, le jeudi 11 septembre dernier par l’Entraide des femmes qui organisait sa propre soirée. Dès 21 heures, un large public se pressait sous le chapiteau dressé pour accueillir les diverses manifestations prévues au programme du Rendez-Vous et les amateurs de la danse. Les femmes présentes reçurent chacune une brochure les informant de l’existence et des activités entreprises par l’Entraide depuis la création en 1978.

Notre amie Georgette Rolland dans son discours à la fois simple et passionné aura su les convaincre de l’intérêt d’une telle association pour l’avenir de notre région et très certainement bon nombre d’entre elles viendront prochainement grossir les rangs de l’Entraide. Les frères Bibois, orchestre fort sympathique et dynamique, venu de Cogne, fit virevolter les couples de danseurs. Marilena et Georgette interprétèrent avec beaucoup de talent et pour notre plus grand plaisir deux sketches sur le thème d’une chanson bien connue de Charles Aznavour. Pour compléter le programme de cette soirée, distribution et dégustation de succulents beignets et du café à la valdôtaine et vente aux enchères : tous les lots étaient des objets créés par des femmes.

Cette réunion fut joyeuse et très réussie, comme d’ailleurs le Rendez-Vous qui se poursuivit jusqu’au dimanche 14 septembre. La méfiance, voire même l’hostilité manifestée tout d’abord par la gent masculine fort nombreuse, ce soir-là, se dissipa peu à peu. Les femmes valdôtaines ont également le droit et le devoir de s’exprimer et d’œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie dans le respect des traditions et de l’identité du peuple valdôtain, hommes et femmes doivent être unis pour un même combat.

La prochaine réunion de l’Entraide se tiendra à Arnad, rendez-vous chez Lise (bar situé au bord de la route nationale), le mercredi 8 octobre à 21 heures. Participez nombreuses. A toutes poudzo.

Françoise Yeuillaz

Tiré du Peuple n. 36 du 30/10/1980

Cours d’agrotourisme

Le service d’assistance technique, économique et sociale de l’Assessorat à l’Agriculture et Forêts est en train d’organiser un cours théorique et pratique d’agrotourisme qui se tiendra probablement au mois de février 1981.

Les personnes intéressées doivent présenter une demande de participation avant le 15 janvier 1981 à l’Assessorat à l’Agriculture et Forêts et doivent naturellement démontrer qu’ils s’occupent d’agriculture.
Presque toutes nos amies – qui ont une activité agricole – auront certainement déjà lu cette nouvelle dans les communiqués de presse de l’Administration Régionale. Combien d’entre elles ont déjà décidé de participer ?

Nous espérons qu’elles seront nombreuses parce que cela signifiera que les femmes prennent de plus en plus conscience de leur rôle dans l’entreprise agricole. La conscience que aussi dans leur activité il s’agit désormais de chercher une préparation professionnelle doit leur faire abandonner toute indécision et repousser le doute (absolument absurde) de ne savoir être à la hauteur de la situation.

Comme dans toute activité, les femmes, quand elles sont convaincues de leur choix, savent agir avec rapidité et courage.

Tiré du Peuple n. 42 du 14/11/1980

2ème Veillà di Fenne

Les restaurateurs et les serveurs des « Caves de Donnas » n’oublieront pas de sitôt cette formidable soirée de la 2ème Veillà di Fenne, le 8 novembre dernier à Donnas. Pensez donc plus de cent femmes !!! Ce fut une véritable explosion de l’Amitié et la plus parfaite harmonie y régna.

Un succulent repas arrosé de vins de qualité (pays oblige) délia bien vite les langues et réchauffa les cœurs, faisant jaillir ainsi de toutes parts nos plus beaux chants. Comment oublier ce moment solennel et émouvant où toutes debout, retentit notre merveilleux hymne valdôtain et cet autre plus drôle et surtout mouvementé où nous prîmes la pose pour la photographie de groupe. Clou de cette deuxième rencontre de l’Entraide : l’incomparable mime exécuté par la talentueuse Cleta Yeuillaz.

Puis la danse et encore les chants mirent un point final à cette sympathique réunion. Il n’y a pas assez de mots pour exprimer combien la Véilla de l’Entraide fut magnifique et des plus réussies grâce, en grande partie, à nos habiles organisatrices de la section Basse Vallée et au service impeccable, plein de gentillesse, du restaurant des « Caves de Donnas ». Toutefois, la nombreuse assistance de ce soir-là ne doit point disparaître, comme par enchantement la fête terminée. Au contraire, chères amies, sans négliger, par ailleurs, nos foyers et nos activités, soyons désormais partout et davantage présentes dans la société valdôtaine aux côtés des hommes. L’amour que nous portons chacune au fond du cœur pour ce beau pays, unique au monde, puisque c’est le nôtre, doit être le plus fort. Aussi réjouissons-nous avec Mlle Viglino, de la naissance riche de promesses, de l’ « Union des femmes valdôtaines ».

Poudzo à toutes.

F. Yeuillaz

Tiré du Peuple n. 44 du 28/11/1980

Le problème de l’alcoolisme

LETTRE D’UNE FEMME

« J’ai lu, voici quelques mois, sur plusieurs journaux locaux dont « Le Peuple Valdôtain » que s’était constitué à Aoste un groupe de l’ « Associazione Alcolisti Anonimi » qui se propose de ramener les alcooliques à la sobriété. Ayant moi-même un parent qui s’adonne à l’alcool et dont l’état de santé déplorable nous inquiète, je suis très intéressée par ce problème, d’autant plus que toute la famille en subit les conséquences désastreuses.
Avant de m’adresser à cette Association je désirerais avoir quelques précisions sur les méthodes qu’elle emploie et surtout il m’importe de connaître votre opinion à ce propos ».
(lettre signée, avec adresse)

Réponse de l’Entraide

Le problème de l’alcoolisme concerne un grand nombre de familles valdôtaines ; c’est pourquoi nous avons jugé opportun de répondre publiquement à cette lettre, après avoir interviewé Roger, le secrétaire du groupe A.A. d’Aoste.

Q. Qu’est-ce que l’alcoolisme ?

R. Les définitions de l’alcoolisme sont diverses et nombreuses. L’explication la plus répandue parmi les membres de l’association, présente l’alcoolisme comme une maladie progressive et incurable, dont il est néanmoins possible d’arrêter l’évolution. Cette maladie se caractériserait par une grande sensibilité physique à l’alcool, accompagnée d’une obsession de boire que la volonté ne suffit plus à maîtriser. L’alcoolique ne peut pas contrôler sa façon de boire.

Q. Quels en sont les symptômes ?

R. Les alcooliques ne présentent pas tous les mêmes symptômes, mais plusieurs à différentes étapes de leur maladie, présentent les signes suivants : ils voient dans l’alcool le seul moyen qui puisse leur donner confiance en eux-mêmes et les aider à se sentir à l’aise avec les autres ; il leur arrive fréquemment de vouloir prendre « juste un autre verre » à la fin d’une soirée ; ils anticipent les occasions de boire et cette pensée occupe beaucoup leur esprit ; ils s’enivrent alors qu’ils ne l’avaient pas prévu ; ils essayent de contrôler leur façon de boire en changeant de sorte d’alcool, en s’imposant des périodes d’abstinence ou en prenant toute sorte de résolutions ; ils prennent quelques verres en cachette, ils mentent au sujet de la quantité d’alcool qu’ils consomment ; ils cachent des bouteilles ; ils boivent seuls ; ils ont des trous de mémoire (c’est-à-dire qu’ils ne peuvent se rappeler ce qu’ils ont dit ou fait la veille) ; ils boivent le matin, pour se « ramener » ; ils éprouvent des sentiments de culpabilité et des craintes ; ils se nourrissent mal ; ils sont atteints de cirrhose du foie ; ils tremblent violemment et peuvent avoir des hallucinations ou connaître des convulsions quand ils sont privés d’alcool.

Q. Un alcoolique peut-il boire normalement ?

R. L’expérience ne cesse d’enseigner qu’un alcoolique reste toujours un alcoolique. Une abstinence même de plusieurs années ne restitue pas le contrôle de la consommation, une fois celui-ci perdu.
Après une abstinence plus ou moins longue, certains se sont risqué à reprendre un peu de bière ou de fin à faible densité ; d’autres ont cru pouvoir arroser leurs repas ; les uns comme les autres n’ont pas tardé à se sentir à nouveau obsédés par l’alcool et, malgré leur vigilance, à retomber dans les excès.
Les Alcooliques Anonymes savent d’expérience qu’un alcoolique ne reste jamais longtemps maître de l’alcool. Il n’a qu’une seule alternative : ou laisser s’aggraver sa maladie avec toutes ses conséquences, ou en arrêter l’évolution en cessant complètement de boire.


Q. Qui sont les Alcooliques Anonymes ?

R. Les Alcooliques Anonymes sont une association d’hommes et de femmes qui partagent leurs expériences, leurs énergies et leurs espoirs pour essayer de résoudre leur problème commun, tout en aidant d’autres alcooliques. Une seule condition pour entrer dans l’association : le désir d’arrêter de boire.
Les Alcooliques Anonymes ne sont alliés à aucune organisation ni à aucune institution. Puisqu’ils sont eux-mêmes tous des alcooliques, ils ont une compréhension mutuelle spéciale. Ils connaissent les signes de la maladie et ils ont appris à se réhabiliter avec A.A.
Un membre A.A. dit : « Je suis un alcoolique », même quand il n’a plus bu depuis quelques années. Il ne dit pas qu’il est guéri. Ce membre pourrait affirmer que tout individu qui a une fois perdu la capacité de contrôler sa façon de boire ne peut jamais plus compter pouvoir boire en sécurité ; ou en d’autres termes, jamais une telle personne ne peut espérer devenir « un ancien alcoolique ». Cependant dans A.A. cet individu peut devenir un alcoolique réhabilité.


Q. Comment les A.A. aident-ils l’alcoolique ?

R. Par l’exemple et l’amitié des alcooliques réhabilités dans A.A., le nouveau membre est encouragé à s’éloigner du premier verre « une journée à la fois », comme ils le font eux-mêmes.
Souvent, pour un alcoolique, le passé est lourd, chargé de regrets, l’avenir est sombre, incertain, et la perspective de ne plus jamais toucher un verre est parfois effrayante. La seule période durant laquelle un alcoolique puisse vraiment répondre de lui est le présent. Inutile qu’il vise loin : l’avenir lui échappe et lui échappera toujours dans une certaine mesure. Mieux vaut, dès lors, concentrer son effort sur l’immédiat et vivre vingt-quatre heures à la fois, jour après jour. Ainsi : « Aujourd’hui, rien qu’aujourd’hui, je ne boirai pas » se propose-t-il. Et le lendemain, il reconduit son projet. Il commence alors à mettre de l’ordre dans sa façon confuse de penser et à se défaire de ses sentiments malheureux, en suivant les « Douze Etapes » de recouvrement A.A. Ces Etapes suggèrent des idées et des actions qui peuvent les guider vers une vie heureuse et utile. Afin d’être en contact avec les autres membres et d’approfondir le programme de recouvrement, le nouveau membre assiste régulièrement aux assemblées A.A.
Il y a les assemblées « ouvertes » au cours desquelles les conférenciers racontent comment ils ont bu, comment ils ont connu A.A. et comment le programme les a aidés. Les membres peuvent amener des parents ou des amis ; ordinairement, toute personne intéressée aux A.A. est aussi bienvenue aux « assemblées ouvertes ».
Les assemblées « fermées » sont strictement réservées aux alcooliques. Elles consistant en discussions de groupe, et tout membre qui le désire peut parler, poser des questions et partager ses idées avec les autres membres. Dans les « assemblées fermées » chaque membre A.A. peut obtenir de l’aide au sujet de ses problèmes personnels concernant sa sobriété et sa vie de tous les jours. Quelques autres membres auront connu les mêmes problèmes et pourront expliquer comment ils les ont réglés.


Q. Que peuvent faire les familles d’alcooliques ?

R. A côté du groupe A.A. il y a le Groupe Familial et des amis de A.A., qui a le but de connaître et étudier le problème, d’apprendre à tenir un comportement approprié ainsi que de donner de la compréhension et de l’encouragement à l’alcoolique.

Q. Qu’en coûte-t-il pour faire partie des A.A. ?

R. Financièrement les Alcooliques Anonymes se suffisent. Ils n’acceptent ni don, ni aide, ni subside de l’extérieur. Seulement, pour couvrir leurs frais de fonctionnement, ils collectent discrètement à chaque réunion, laissant chacun seul juge de sa participation. Les membres A.A. ne sont jamais rémunérés pour l’aide qu’ils apportent à d’autres alcooliques. Leur récompense est quelque chose qui se situe bien au-dessus de l’argent, c’est leur propre santé. Les A.A. ont découvert que le moyen meilleur de rester sobres était d’aider d’autres alcooliques. A.A. ne procure pas de gîtes, de nourriture, de vêtements, de travail ou d’argent. Il aide l’alcoolique à rester sobre, de sorte qu’il peut gagner ces choses par lui-même.
Les A.A. ne tiennent pas de liste des membres. Ils ignorent les noms de famille et de ne se connaissent que par leur prénoms. Ils ne divulguent jamais l’identité d’un autre A.A. Chacun est libre, s’il le juge bon, de révéler qu’il est A.A.


Q. Quelle est la situation du Groupe A.A. d’Aoste ?

R. Au début du mois de juin 1980 se sont constitués à Aoste, en collaboration avec le Service Central de Rome, le groupe A.A. et le Groupe Familiaux Al. Anonymes.
Dès lors nous avons visité différents groupes A.A. en Italie du Nord et en Suisse.
Au moyen des Services Généraux A.A. suisses de Genève et du Groupe A.A. de Martigny, avec lequel nous entretenons des rapports très amicaux, nous avons eu la littérature A.A. en langue française, ainsi que l’exige notre bilinguisme.
Nos deux groupes sont encore petits bien sûr, mais ils ont déjà obtenu des résultats positifs. En effet, à la fin d’octobre nous avons eu la satisfaction de fêter les premiers trois mois de complète sobriété d’un de nos associés.
Pour tous renseignements s’adresser à Roger (tél. 0165-35680) dans l’après-midi et aux heures de repas.


Après ces explications nous pouvons vous assurer, chère lectrice, qu’il s’agit d’une association sérieuse et efficace ; du reste c’est aussi l’avis des autorités, des services médicaux et sanitaires non seulement régionaux, mais encore nationaux et étrangers.

L’Entraide des Femmes Valdôtaines

Tiré du Peuple n. 46 du 12/12/1980

1981

A propos de "Training autogeno respiratorio"

Auprès de l’Hôpital Régional d’Aoste (Service d’Obstétrique) est dispensé depuis 1979, un cours réservé aux femmes enceintes : le « Training autogeno respiratorio ».
Les femmes qui se trouvent au septième mois de grossesse apprennent ainsi une technique de délassement qui leur sera très utile lors de l’accouchement.

Nous avons posé des questions sur ce cours aux opérateurs sanitaires qui l’ont organisé et qui continuent à le gérer avec passion, convaincus de donner à nos femmes un moyen très valide de vivre leur maternité.
Ils ont répondu à nos questions notamment Mme Alba Piacquadio, médecin, et Mme Teresa Guerrieri, accoucheuse.

Q. Che cos’è il « Training autogeno respiratorio ? »

R. Il TAR (detto RAT) è una tecnica terapeutica di distensione, di rilassamento muscolare, viscerale e mentale : si può dire che è l’ultimo ritrovato (anche se ormai sono 10 anni che viene eseguito in Italia ed anche all’estero) in campo di psico-profilassi ostetrica. Si insegnano alle future madri degli esercizi psicologici che producono un rilassamento autogeno (cioè che si genera da sè, senza interventi di altre persone).
Tale terapia autogena dà vantaggi clinici durante la gravidanza, ma soprattutto dimostra la sua più grande efficacia durante il travaglio del parto, travaglio che viene eseguito dalla futura madre preparata, tranquilla, serena, coadiuvante e cosciente.

Q. Qual’è stata la risposta delle future madri a questa iniziativa ?
La frequenza è assidua ?


R. La risposta è stata indubbiamente positiva. Nell’anno 1979 (i corsi sono iniziati presso la Maternità di Aosta nel gennaio ’79) sono state preparate al parto, con questo metodo, 202 donne (nello stesso anno, hanno partorito in Maternità 894 donne). Cioè poco meno di ¼ delle donne che hanno partorito in Maternità (e che ci giungono da ogni parte della Valle) sono state preparate con il RAT. Ogni mese inizia un corso nuovo a cui possono iscriversi le gestanti al 7° mese (il corso dura 2 mesi) : nell’anno 1979 la frequenza delle gestanti iscritte ai corsi è stata quasi totale. I corsi sono gratuiti.

Q. Qual’è la risposta al momento del parto ?

R. In linea generale, al momento del parto, la risposta è positiva : si può affermare che dal modo di partorire, dal modo di comportarsi di una donna durante il travaglio, si capisce se la donna ha seguito o no il corso di RAT e questo perché la donna soffre meno, è tranquilla, è preparata, sa quello che stà succedendo e quindi lo svolgimento del suo travaglio segue il suo corso naturale. Ovviamente esistono delle eccezioni, poiché non si può pretendere di ottenere il 100% dei risultati positivi, però sono molto poche.

Q. Qual’è l’atteggiamento dei padri e qual’è la loro partecipazione ?

R. I padri sono invitati tutti ad assistere alle lezioni teoriche, che si tengono ogni sabato mattina in Maternità e che comprendono argomenti riguardanti la gravidanza, il parto, l’anatomia e la fisiologia dell’apparato genitale femminile ; gli aspetti psicologici della gravidanza e del parto, notizie di igiene e di puericultura ecc.
Purtroppo non sono molti i mariti presenti (una stima approssimativa può far calcolare circa il 20%) però bisogna dire che quelli che partecipano si mostrano molto interessati e compresi nel loro ruolo di futuri padri : bisogna anche tenere presente che la loro frequenza alle lezioni teoriche è condizionante per la loro presenza in sala parto al momento della nascita.

Q. Si riesce ad ammettere al corso tutte le donne che ne fanno richiesta ?

R. Si, finora, pur con qualche sacrificio da parte nostra, non abbiamo mai mandato indietro nessuna gestante.

Q. Iniziative analoghe sono avviate in altre località della Valle ?

R. Nell’ottobre ‘79 abbiamo tenuto un corso didattico riservato alle ostetriche della regione, per insegnare loro il metodo, in modo da poter estendere la preparazione al parto anche nei paesi lontani dal capoluogo. Ci risulta che in alcuni paesi della Valle questa iniziativa ha avuto un seguito.

Q. Quali sono gli ostacoli maggiori da superare per estendere questi corsi alle donne residenti lontano da Aosta ?

R. Per rispondere a questa domanda, bisogna fare una premessa : per poter ottenerre dei risultati ottimi, i corsi devono essere tenuti nell’ambiente in cui la donna andrà poi a partorire e le lezioni sia pratiche che teoriche devono essere svolte da personale specializzato nelle varie materie (p.es. lo psicologo per le lezioni di psicologia, il pediatra per quelle pediatriche, il ginecologo per le ginecologiche, ecc.). I corsi tenuti in Maternità vengono svolti in questa linea. Essendo la Valle d’Aosta una piccola regione, teoricamente il capoluogo dovrebbe essere accessibile a tutti gli abitanti o quasi, in realtà la configurazione geografica della Valle è tale per cui, specialmente nei mesi invernali, 2 viaggi settimanali per una donna nel 3° trimestre di gravidanza possono essere estremamente disagevoli. E’ appunto per cercare di aiutare queste donne, che abbiamo tenuto il corso didattico per le ostetriche e si può presumere, o per lo meno si può sperare, che in un prossimo futuro tali corsi si possano tenere nei vari consultori della regione.

Q. Quali operatori sanitari sono impegnati nel « Training autogeno respiratorio » e qual’è, sinteticamente, il loro ruolo ?

R. Per quanto riguarda le lezioni pratiche (cioè l’insegnamento del RAT) sono impegnate come terapeute la sottoscritta ed alcune ostetriche della Maternità di Aosta. Le lezioni teoriche vengono tenute da sanitari della divisione di ostetricia e ginecologia, di pediatria, del servizio di anestesia e rianimazione, da psicologi ed ostetriche. Tutti questi operatori prestano la loro opera volontariamente.

L’Ostetrica Teresa Guerrieri ci ha detto che condivide pienamente quanto detto nell’intervista alla Dott.ssa Piacquadio e conclude :

« Aggiungerei qualche piccola critica con la speranza che possa essere costruttiva. Anche se possiamo essere soddisfatti di quanto ottenuto finora sia per la partecipazione delle gravide e dei loro mariti, sia per il risultato al momento del parto, ci rendiamo conto che potremmo ulteriormente migliorare rimuovendo alcuni ostacoli ed avendo la collaborazione più fattiva di quanti sono direttamente od indirettamente interessati. Ad esempio sarebbe auspicabile di poter disporre di due sale differenti, una per le lezioni teoriche e l’altra per quelle pratiche.

Alle lezioni teoriche sono invitati anche i futuri padri per cui l’unica sala (attrezzata per le lezioni pratiche) non basta a volte a contenere tutti i partecipanti, che perciò protestano vivacemente.

Inoltre la visione del bel film introduttivo « La nuova nascita » è spesso resa difficile dalle frequenti rotture della pellicola (inizialmente manipolata per poterla proiettare con un apparecchio non adatto).

La risposta delle partorienti al momento del parto è, qualche volta, diminuita dal comportamento del personale di assistenza che le circonda (dall’infermiera, all’ostetrica, al medico). Può capitare che ci si dimentichi o che non si tenga conto che la partoriente ha seguito il metodo RAT per cui non viene facilitato dall’esterno il rilassamento autogeno creando le particolari condizioni che lo favorirebbero : il silenzio, la penombra, l’eseguire le manovre tecniche con particolare delicatezza, tranquilizzando ed informando costantemente la futura madre sul buon andamento del parto.

Oltre a queste considerazioni, sono convinta che con l’istituzione dei corsi di preparazione psicofisica al parto si sia fatto un notevole passo avanti nell’assistenza alle partorienti valdostane e questo è fonte di legittimo orgoglio per le ostetriche della Maternità, che vedono realizzare finalmente un obiettivo per il quale si sono prodigate ed hanno lottato per oltre dieci anni.

Tiré du Peuple n. 5 du 6/02/1981

La boîte aux lettres

J’ai encore sur ma table de travail le n. 46 du « Peuple » et exactement l’article se rapportant aux problèmes de l’alcoolique, publié aux soins de l’Entraide.

Je l’ai lu et relu, et j’ai appris un tas de choses que je ne savais pas. C’était l’heure d’aller au-delà des statistiques et des pourcentages et de donner des conseils et des informations à ce propos.

Un jour, ayant demandé à une personne quoi faire pour Monsieur Jean-Baptiste, je reçus cette réponse : « Il n’a qu’à cesser de boire. L’argent ne lui fait pas défaut. Il pourrait vivre très bien ! ».

Non ! je ne partageais pas cette idée si simpliste, mis je n’aurais jamais pensé qu’il était si difficile pour un alcoolique de sortir de sa condition et de se réhabiliter. Maintenant, je comprends pourquoi il y a tant d’échecs, et combien est délicate et dure la tâche de la famille qui a parmi ses membres une personne devenue esclave de la boisson.
Elle n’aura jamais assez de patience, de compréhension et d’indulgence ; et le malade, jamais assez de volonté pour arriver à quelques résultats pas toujours durables dans le temps ; en plus l’aide entre alcooliques est plus efficace. Voilà le pourquoi de l’ « Associazione alcoolisti anonimi ».

Que cette association soit présente aussi à Aoste, c’est une donnée très positive. Je ne veux que souhaiter bon travail à toutes les personnes de bonne volonté.
Et merci à l’Entraide pour avoir envisagé ce sujet d’une façon si utile.
Je voudrais encore poser une question : « Pourriez-vous, dans les prochains numéros du « Peuple », expliquer la loi régionale pour l’assistance aux personnes âgées ?
J’aimerais par exemple savoir si elle assure aux vieillards le téléphone et les moyens de transport gratuits, comme dans certains pays tels que la France et la Suisse.
Veuillez agréer les meilleures salutations d’une femme valdôtaine qui lit toujours si volontiers vos articles dans le « Peuple ».

Françoise Duclair

L’Entraide des femmes vous remercie vivement de votre gentille lettre et de l’intérêt que vous portez à nos articles, ainsi qu’au problème de l’alcoolisme, qui frappe durement la Vallée d’Aoste.

Nous vous promettons d’aborder prochainement, dans un nouvel article, la loi régionale portant sur l’assistance aux personnes âgées et d’en développer le contenu, pour vous fournir le maximum d’informations – enfin, nous l’espérons !

Nous vous prions d’agréer nos meilleures salutations, et encore : merci de votre fidélité !

L’Entraide des Femmes Valdôtaines

Tiré du Peuple n. 6 du 13/02/1981

Concours de dessin pour les enfants


A l’occasion du Rendez-Vous valdôtain d’Aoste, l’Entraide des Femmes Valdôtaines organise, comme chaque année, le concours de dessins pour les enfants des écoles maternelles, élémentaires et moyennes, sur le thème suivant :

LES FLEURS DE LA VALLEE D’AOSTE

Modalités :
- le sujet doit être réalisé sur des feuilles de 24 cm, sur 30 ;
- on peut présenter un seul dessin pour chaque enfant ;
- il faut indiquer le nom, le prénom, l’âge et la classe derrière la feuille ;
- les dessins doivent parvenir au Siège Central de l’UV avant le 27 mai 1981, dernier délai ;
- une commission spéciale jugera les dessins après les votations des visiteurs de l’exposition, organisée à l’occasion du « Rendez-Vous » ;
- le dimanche 31, à 15h00 aura lieu la remise des prix.

Les enfants qui le désirent pourront participer au petit récital de poèmes, de chants et de musique, qui se déroulera à l’occasion de la remise des prix.

Tiré du Peuple n. 17 du 8/05/1981

Une lettre à l’Entraide des Femmes Valdôtaines

Chères amies de l’ENTRAIDE,

Vous ne me connaissez pas encore, parce que je ne participe pas à vos réunions, mais permettez-moi de vous appeler « amies » parce que je lis tout ce que vous publiez sur votre journal et je me sens très proche à vous toutes. Je suis donc heureuse de voir que les femmes valdôtaines cherchent à se donner un coup de main pour résoudre les nombreux problèmes qui affligent souvent notre existence.

Dans ma famille aussi les difficultés ne manquent pas : notamment, à ce moment, nous sommes tous engagés pour aider un de mes frères qui est un « alcoolique ». Il s’est heureusement rendu compte lui-même qu’il ne pouvait plus continuer ainsi. Mes parents et moi nous avons cherché alors à l’aider sans en avoir trop l’air, en cherchant en somme, avec le plus bon sens possible, de stimuler sa propre volonté.

Pour l’instant, tout a l’air de bien marcher : il a fait des visites médicales, il prend ses médicaments, il ne touche pas d’alcool… Toutefois ce qui m’angoisse encore c’est que peut-être sa volonté ne tiendra pas plus que six mois.

Vous avez déjà parlé autrefois d’un groupe de volontaires, je crois les Alcooliques Anonymes. J’ai même retenu un numéro de téléphone : le 36532 d’Aoste, mais j’ai peur de téléphoner, je ne sais pas qui me répondra, je ne sais pas ce que dira mon frère si je vais parler de ses problèmes avec des inconnus.
Je pourrais déjà me réjouir des résultats qu’il a obtenus tout seul, mais je sens que peut-être tout cela n’est pas suffisant pour « guérir » vraiment.

Je me suis décidée à vous écrire parce que j’ai pensé que peut-être dans d’autres familles aussi on est en train de supporter les mêmes difficultés et les renseignements que vous me donnerez seront peut-être utiles pour d’autres familles malheureuses.
Ne publiez pas, s’il vous plaît, ma signature.


Chère amie,

L’expérience enseigne que pour un alcoolique l’abstinence ne restitue pas le contrôle de la consommation, une fois celui-ci perdu.
Après une abstinence plus ou moins longue, certains alcooliques se sont risqués à reprendre un peu de vin et ont cru pouvoir arroser leurs repas : n’ont pas tardé à se sentir à nouveau obsédés par l’alcool et, malgré leur vigilance, à retomber dans les excès.

Les « Alcooliques Anonymes », pour cela, offrent leur aide pour commencer ensemble une vie nouvelle, mettant en pratique un programme collectif qui trouve sa pleine efficacité par les réunions des groupes.

La collaboration entre eux procure soutien, compréhension et amitié ; des échanges s’opèrent ; expériences, énergies et espoir peuvent se partager : l’isolement, source fréquente d’obsession, se réduit peu à peu.

C’est pour ça que tu fais bien à parler du problème alcoolique de ton frère avec les A.A., qui gardent toujours l’anonymat et ne révèlent jamais l’identité des membres.
Les « nouveaux » sont souvent terrorisés à l’idée de passer pour des alcooliques, mais contrairement à ce qu’ils avaient espéré à l’époque, leur ivrognerie était rarement passée inaperçue : souvent c’était le secret de Polichinelle. Vont-ils, à présent qu’ils ne boivent plus, commencer à se cacher ? Les anciens A.A. se souviennent trop bien de leurs appréhensions du début pour méconnaître les inquiétudes des nouveaux.
L’intéressé peut seul révéler son appartenance aux « Alcooliques Anonymes » ; il peut donc y entrer sans craindre pour sa réputation.

Terminons en te disant avec eux : « Les Alcooliques Anonymes sont une association d’hommes et de femmes qui partagent leurs expériences, leurs énergies et leurs espoirs pour essayer de résoudre leur problème commun, tout en aidant d’autres alcooliques. Leur problème commun, c’est celui de l’alcoolisme. Tous les membres sont et resteront des alcooliques.

Ils ne peuvent survivre qu’au prix d’une abstinence totale. Mais ils ne la cherchent pas seuls, ils s’associent dans leur quête : le partage des expériences constitue la base même de leur programme.

C’est grâce à ce partage qu’ils parviennent à vivre sans boire et, dans la plupart des cas, sans en avoir même envie ».
Chère amie, reçois nos souhaits, les meilleurs, pour ta famille et pour ton frère.

L’Entraide des Femmes Valdôtaines

Tiré du Peuple n. 41 du 13/11/1981

Sur le problème linguistique

Lundi 16 novembre nous avons eu l’occasion d’assister, sur la troisième chaîne de la télévision italienne, à une émission qui touchait un problème longuement débattu au sein de l’Entraide des Femmes Valdôtaines : celui des langues dialectales. Par l’émission en question (Lingua o Dialetto ?), les réalisateurs ont voulu conduire une enquête sur la survivance et l’emploi des dialectes dans les différentes régions qui composent l’Etat italien.

Tâche extrêmement louable, surtout si l’on considère que, de nos jours, il y a une forte prise de conscience à l’égard de la nécessité de sauvegarder ces langues qui constituent une richesse culturelle indéniable. Nous applaudissons donc à cette initiative, car parmi les buts et les actions de l’Entraide il y a aussi celui de conserver notre patois ans nos familles et d’en promouvoir la connaissance dans la communauté valdôtaine.

Bien sûr que pour les femmes de l’Entraide cette conservation et cette promotion ne peuvent pas être séparés d’actions semblables pour notre langue littéraire historique, le français, langue de nos ancêtres que nous devons et nous voulons sauvegarder à tout prix.

Pendant l’enquête nous avons pu écouter des flashes enregistrés lors de la fête du patois qui s’était déroulée au château d’Aymavilles en 1980. Aux interviews des Valdôtains, s’est ensuivie une intervention du Professeur Grassi de l’Université de Turin que nous ne pouvons pas laisser passer sous silence. Ce linguiste, après avoir loué l’effort de sauvegarder la langue dialectale, a en effet affirmé qu’il faut cependant enseigner et apprendre l’italien, « nostra lingua nazionale ».

Or, cette affirmation – et nous déplorons que les réalisateurs de l’émission l’aient acceptée – constitue un faux et un danger : un faux, car historiquement les langues nationales des Valdôtains sont le patois et le français (le walser et l’allemand pour les communautés germanophones des deux Gressoney et d’Issime). La langue italienne n’est qu’une imposition de l’Etat italien depuis cette malheureuse « unité de 1860 ».

Un danger, car poser l’accent sur une langue d’état unifiante risque de détruire la diversité linguistique et la richesse culturelle de cet état même. Mais surtout parce que cette affirmation risque de replonger ceux qui parlent une langue différente dans ce complexe d’infériorité qui les a caractérisés pendant longtemps et qui a failli porter à la disparition des langues « minoritaires ».

L’Entraide proteste donc énergiquement et ne pouvant pas accéder à la télé comme nos adversaires, nous le faisons par le moyen de « Le Peuple Valdôtain ».
A M. Grassi nous disons que la langue littéraire unifiante des Valdôtains est le français et que si la connaissance de l’italien nous ouvre une porte sur la petite Italie, notre langue nous ouvre deux larges fenêtres sur tout le monde francophone. Sans oublier que le français est pour les Valdôtains une nécessité puisque notre droit à l’autonomie se base aussi largement sur notre diversité linguistique.

En outre, en Vallée d’Aoste, on ne peut pas déclarer de vouloir protéger le patois, si l’on ignore la promotion du français. Il s’agit là de deux langues complémentaires et la disparition ou l’oubli de l’une emporterait la disparition et l’oubli de l’autre.
Pour ces raisons, mères Valdôtaines, vous, à travers lesquelles vos enfants apprennent le langage, continuez ou reprenez à leur parler patois et français. L’italien, soyez en sûres, viendra quand même. Vous aurez ainsi contribué à maintenir la richesse culturelle de notre communauté et à travers elle, pourquoi pas, de l’état italien, de l’Europe et du monde, et vous aurez donné une richesse à vos enfants.

Tiré du Peuple n. 43 du 27/11/1981

Notre Santé PREVENZIONE DEL CANCRO DELL’UTERO

Sotto l’egida dell’Assessorato Regionale alla Sanità ed Assistenza Sociale viene svolta una attività di prevenzione del carcinoma della portio uterina.

Questa attività si esplica attraverso centri di prelievo, ubicati a Morgex, Villeneuve, Cogne, Châtillon, Saint-Vincent, Valtournenche, Chambave, Verrès, Donnas, Pont-Saint-Martin. Ad Aosta, i prelievi sono effettuati presso i tre Consultori comunali e l’ambulatorio della Divisione di Ostetricia e Ginecologia.

L’attività diagnostica viene svolta dal Servizio di Anatomia e Istologia Patologica e di Citodiagnostica dell’Ospedale Generale Regionale.

Fino al 30 settembre 1981, 41.177 donne si sono sottoposte a questo esame, che è gratuito, assolutamente innocuo, ripetibile senza difficoltà, eseguibile anche in gravidanza.

Le risposte, redatte su appositi moduli, sono, secondo una convenzione internazionale, classificate in cinque classi : le prime due delle quali comprendono quadri di normali o di semplici alterazioni infiammatorie ; le ultime tre, lesioni più gravi fino alla presenza del tumore.

In questi ultimi casi, si deve procedere ad ulteriori accertamenti. Fra questi, primo per importanza, è l’esame colposcopico (attraverso un ingranditore ottico i particolari del collo dell’utero si vedono quaranta volte più grandi del normale), eventualmente seguito da prelievo di un piccolo frammento per l’esame istologico.

I risultati di questo lavoro sono così sintetizzabili : la frequenza del tumore durante questo periodo è scesa dal 4 all’1,4 per mille donne. E’ possibile diagnosticare la presenza di un tumore quando è ancora così piccolo da esserne sicura la guarigione, purché tutte le donne si sottopongano, anche in assenza di ogni disturbo, a questo esame. Dalla sua prima presentazione, con la compilazione di una scheda personale, la donna viene seguita nel tempo con gli opportuni richiami a ripresentarsi regolarmente per successivi esami di controllo.

Il tumore dell’apparato genitale femminile è guaribile nel cento per cento dei casi, se curato nei primi stadi di sviluppo. Quindi, ogni donna adulta deve sottoporsi « assolutamente » a dei controlli.

Soltanto con la piena collaborazione delle donne, la diagnostica citologica, applicata nel campo specifico dei tumori dell’utero, consente, non soltanto di fare diagnosi di tumore prima che questo divenga inguaribile, ma anche di diagnosticare e curare infezioni, che decorrono quasi sempre senza alcun sintomo, ma che l’esperienza insegna essere, se lasciate a sé, in qualche modo, collegate con la insorgenza di un tumore.

Come è ormai ampiamente dimostrato, quando le donne collaborano consapevolmente, il pap-test è esame che garantisce, nella prevenzione del tumore dell’utero, insieme alla assoluta innocuità, i migliori risultati al costo minore.

Tiré du Peuple n. 45 du 11/12/1981

Etre femme au Salvador

Après le silence, la lutte
« Notre libération passe par la libération du peuple »

Le Salvador, le plus petit Etat d’Amérique centrale, est depuis plusieurs années déchiré par une guerre civile sanglante. Il ne se passe pas une semaine sans que la presse dénonce de nouveaux massacres. Devant cette violence, les femmes Salvadoriennes ne sont pas restées inactives. Après plusieurs décennies de silence, elles se sont réveillées. Aujourd’hui, elles lancent de véritables appels à l’aide et à la solidarité internationale pour que cessent l’oppression et les assassinats sélectifs. Nous avons rencontré l’une d’entre elles. Olga Baires, membre d’une des plus importantes organisations féminines du Salvador. Depuis plusieurs mois, elle sillonne l’Europe afin d’attirer l’attention des populations occidentales sur la situation au Salvador.

« Etre femme au Salvador, c’est avant tout, affirme Olga avec conviction, prendre conscience que notre libération passe par la libération du peuple. En participant à la lutte, la femme sort de son rôle traditionnel ». Car il ne faut pas oublier, précise Olga, que pendant des siècles les Salvadoriennes ont été victimes d’une double exploitation en tant que travailleuses d’une part et en tant que femmes d’autre part. Bien
qu’accomplissant les mêmes tâches que l’homme, elles recevaient le même salaire qu’un enfant. A la maison aussi, soupire Olga, le machisme régnait. Il a fallu le début de la résistance armée, pour que les femmes rompent le silence.

Car elles sont entrées dans la résistance avec détermination. Les femmes ne se sont pas contentées de dénoncer l’oppression. Mais elles participent activement à la lutte contre la dictature en place. Le peuple Salvadorien doit beaucoup aux femmes, relève Olga. C’est à elles que l’on doit l’apparition des syndicats. Ce sont elles qui ont créé les milices populaires. Ce n’est qu’en 1970, après des grèves sauvagement réprimées, rappelle Olga, que le peuple décida de prendre les armes.

FEMMES COMMANDANTES

Aujourd’hui, les femmes sont partout. Elles ont au marché, au champ, au bureau, à la banque, dans les hôpitaux et même dans la guérilla. Il n’est pas rare de rencontrer une femme commandante, déclare Olga. Lors d’occupations d’ambassades ou de ministères, elles étaient là. Pour elles c’était le seul moyen de faire comprendre au monde le désespoir et la misère du peuple salvadorien.

Si les femmes sont partout, elles sont aussi dans les prisons. Leur sort se résume en deux mots : tortures et assassinats. Violées, elles ont souvent subi les pires horreurs. Et que dire des femmes dans les campagnes, dont le mari, le fils, le père ou le frère sont membres de la résistance, et qui ont été éventrées devant leurs enfants. « L’indignation ne suffit plus, il faut agir maintenant », crie avec force Olga.

PROJETS

Pourtant les Salvadoriennes font des projets. Leur premier souci à l’heure actuelle est d’offrir aux enfants une plus grande sécurité. Ainsi AMES, l’organisation féminine où Olga milite, veut fonder une garderie dans une région libérée par l’armée révolutionnaire. Cette aide touchera quelque deux mille enfants qui sont pour la plupart orphelins.
AMES veut aussi installer un centre médical dans une zone de conflits afin de mettre à l’abri des bombardements la population civile. Enfin, l’imprimerie clandestine verra peut-être le jour.
Olga se veut donc optimiste. Elle garde l’espoir. Car un jour, dit-elle, « l’horreur devra bien s’arrêter ».

Anne Dousse
(Tiré de « La Tribune de Lausanne » du 22 novembre 1981)

Tiré du Peuple n. 46 du 18/12/1981

1982

Les voeux de l'Entraide

Le 1981 s’en est allé avec son fardeau de drames, de douleurs, d’espoirs trop souvent déçus. Est-ce que nous sommes encore capables de donner et recevoir amitié et amour, de nous réjouir des beautés que la nature, malgré nous, nous offre à chaque pas, de rire avec nos enfants et prier avec nos vieux ?

Ce n’est pas pour oublier les drames collectifs de notre époque que nous adressons à tous les valdôtains nos vœux les plus sincères pour la nouvelle année, qu’ils puissent toujours chercher la sérénité dans leurs foyers et la force d’œuvrer unis pour l’avenir de leur pays.

Bien au contraire, nous sommes convaincues que la conscience des dangers qui menacent, en différentes manières, la liberté et la paix dans l’Europe et le monde entier doit confirmer tout le monde dans le propos de défendre, à tous les niveaux, nos institutions démocratiques ; tout le monde doit s’engager pour que le mot « participation » ne reste pas un slogan mais un moyen de renouvellement de notre communauté.

Tiré du Peuple n. 1 du 8/01/1982

Les femmes Landsgemeindicides

Appenzell – Réuni le 23 novembre ’81 à Appenzell Rhodes intérieures, a décidé, par 39 voix sans opposition mais avec de nombreuses abstentions, de recommander à la Landsgemeinde du printemps 1982 d’accorder le droit de vote et d’éligibilité aux femmes. Ainsi, le peuple appenzellois se prononcera à nouveau sur la question, dix ans après qu’il ait refusé ce droit aux femmes pour la dernière fois.

Lors de son allocution d’entrée en matière, le Landammann Baptist Fritsche, président du gouvernement et président du Grand Conseil (encore une particularité de ce canton), a constaté que la question du droit de vote des femmes ne soulève pas l’enthousiasme au sein de la population. Toutefois nombreuses femmes se sentent victimes d’une discrimination et le Landammann Fritsche est d’avis qu’il est temps de leur accorder ce qu’elles demandent.
En fait, il semble qu’une bonne partie des citoyens mâles du demi-canton ne sont pas opposés au suffrage féminin. Ceux qu’ils craignent en revanche c’est que leur traditionnelle Landsgemeinde ne survive pas à l’innovation. Certains se demandent quel signe distinctif permettrait de reconnaître les femmes habilitées à participer à la Landsgemeinde (les hommes doivent porter le sabre). D’autres pensent que l’estimation du nombre de voix serait très difficile si le nombre de votant doublait. Le Landammann Fritsche s’est dit convaincu que ces questions ne sauraient amener les citoyens à refuser aux femmes le droit de vote.

Le Grand Conseil a donc accepté la proposition du gouvernement assez facilement. Toutefois cela ne veut pas dire que « les carottes sont cuite » et que le vote de la Landsgemeinde du printemps prochain ne sera qu’une formalité. Au contraire, dans les coulisses de l’hôtel de ville d’Appenzell, on était plutôt convaincus que les femmes n’ont que peu de chances de se voir accorder enfin le droit de vote.

(Tiré du « Nouvelliste et Feuille d’Avis du Valais » mardi 24 novembre 1981)

Tiré du Peuple n. 3 du 22/1/1982

Notre santé

Une action de prévention du carcinome de l’utérus a été entreprise depuis quelques années sous l’égide de l’Assessorat régional à la Santé et Aide Sociale.

Cette action s’exerce dans les centres de prélèvements de Morgex, Villeneuve, Cogne, Châtillon, Saint-Vincent, Valtournenche, Chambave, Verrès, Donnas et Pont-Saint-Martin. A Aoste, les prélèvements sont effectués dans les trois dispensaires communaux ou au centre de consultation de la Division obstétrique et gynécologie.

En revanche, le diagnostic est établi par le Service d’anatomie et histologie pathologique et de cytodiagnostic d’Aoste.

A la date du 30 septembre 1981, 41.177 femmes ont subi cet examen absolument inoffensif, même effectué pendant la grossesse et, qui, en plus est gratuit.
Les résultats, enregistrés sur des formulaires spéciaux sont, selon une convention internationale, divisés en cinq classes. Les deux premières se rapportent aux altérations de type inflammatoire normales ou bénignes ; les trois autres, aux lésions plus graves, voire même cancéreuses.

Dans ces deux derniers cas, de nouveaux examens s’imposent, et notamment la colposcopie (examen à la loupe qui donne une vision agrandie – 40 fois – des lésions du col utérin), éventuellement suivie du prélèvement d’un petit fragment du tissu en vue de l’examen histologique.

En synthèse, les résultats ont révélé que pendant cette période, le cas de cancer ont régressé, passant de 4 à 1,4 pour mille femmes. En effet, le cancer dépisté à l’état embryonnaire peut être guéri. Il est donc indispensable que les femmes se soumettent à cet examen avant même d’avoir ressenti quelque trouble.

Dès la première visite, une fiche individuelle est établie ; ainsi chaque femme est-elle régulièrement suivie et, au besoin, appelée à renouveler ses examens.
L’examen cytologique employé dans les cas précis de cancer à l’utérus permet non seulement de dépister à temps la tumeur, mais encore de repérer et soigner la moindre infection qui, en général ne provoque aucun symptôme, mais cache trop souvent la présence d’un cancer.
Le pap-test se révèle donc un moyen efficace pour la prévention du cancer à l’utérus, mais ses effets dépendent de l’entière collaboration de toutes les femmes.

Tiré du Peuple n. 5 du 5/02/1982

Année de l'handicapé

« L’année du handicapé » s’est écoulée, mais ce n’est pas une bonne raison pour laisser tomber dans l’oubli les problèmes qui touchent la vie entière de tant de familles et aussi la société.

L’année qui vient de s’écouler était dédiée, comme tout le monde sait, aux problèmes des handicapés. Au Val d’Aoste, comme ailleurs, on a beaucoup discuté à ce sujet, on a essayé aussi de faire quelques pas en avant (par exemple la nouvelle loi sur les postes de travail ; les premières œuvres publiques respectant les critères spéciaux de construction pour favoriser les handicapés ; le nouveau centre de séjour temporaire pour les handicapés graves, etc.).

« L’année du handicapé » s’est écoulée, mais ce n’est pas une bonne raison pour laisser tomber dans l’oubli les problèmes qui touchent la vie entière de tant de familles et aussi la société. Lors des débats que nous avons suivis, notamment celui qui s’est déroulé au Palais Régional les 7 et 8 novembre 1981, tout le monde a souligné plusieurs fois la nécessité d’une autre attitude mentale envers les handicapés, que nous devons considérer comme des personnes ayant nos mêmes droits et nos mêmes devoirs, mais qui sont soumises à de plus grandes difficultés à cause de leur handicap, des personnes que nous devons aider sans fausse pitié et sans préjugés.

Il faut, peut-être, à ce point, souligner un fait : les valdôtains, qui dans leurs petites communautés rurales avaient souvent su accepter et intégrer les personnes différentes, ont été considérés longtemps un peuple de handicapés et de sous-développés.
Deux exemples suffisent : P. Giacosa, dans le livre « Cogne », nous dit que les touristes bien souvent étaient enchantés par les merveilles du paysage et ils n’observaient pas tellement les habitants ; au contraire, voyant quelques handicapés qui se présentaient devant eux avec simplicité, sans crainte ni méfiance, ils jugeaient toute la population d’après ces exemples.

A une époque beaucoup plus récente, à peu près vers les années 1970, même un ancien président de la république italienne s’est encore borné à ce cliché.
La grande participation aux débats publics, par exemple à celui que nous venons de rappeler, est la meilleure preuve que les valdôtains n’ont pas tellement besoin de leçons sur l’attitude mentale envers les personnes en difficulté : elle fait déjà partie de leur culture. Ils doivent cultiver ces bonnes qualités de la vie de nos villages et, s’il le faut, les transférer dans le contexte de la ville et de la vie moderne. Pour cela, je voudrais rappeler encore les étapes fondamentales qu’il faut organiser le mieux possible pour essayer d’assurer à tout le monde une vie meilleure.

LA PREVENTION

Prévenir le handicap veut dire, par exemple, s’informer correctement sur les maladies congénitales (d’origine génétique et autres). Parler, comme on a entendu au débat, de méfiance envers les nouveaux services de prévention démontre une totale ignorance des possibilités de diagnostic précoce que le progrès scientifique nous offre.
Pour mieux informer nos lecteurs nous reviendrons prochainement sur ce sujet.
Prévenir un handicap veut dire aider la femme (le couple, mieux encore) à être préparée non seulement à son nouveau rôle de mère, mais aussi à l’accouchement : veut dire œuvrer pour avoir des structures sanitaires efficaces et les meilleurs opérateurs possibles du point de vue professionnel.

Prévenir le handicap veut dire aussi éliminer, tant que possible, les causes d’accidents dans toutes les activités humaines mais surtout chez les enfants.
Prévenir le handicap veut dire aussi lutter contre l’alcoolisme, l’aliénation mentale, la drogue.

LES STRUCTURES SOCIALES

Structures d’appui aux familles qui ont un handicapé grave. La querelle sur ce sujet a été très longue.

- La création, rue Laurent Cerise, d’un centre de ce genre est maintenant une réalité.
Nous ne devons quand même pas oublier les exigences des familles les plus éloignées de la ville et, s’il est nécessaire, nous devons créer des structures décentralisées.
- Structures sanitaires et socio-sanitaires. La récente constitution de l’Unité Sanitaire Locale a apporté peut-être dans l’activité des structures sanitaires un peu d’incertitude qui nous espérons, sera passagère.
- Les associations des volontaires. Elles peuvent avoir un rôle assez important, que nous pouvons résumer ainsi : soutien aux familles et aux handicapés, contrôle démocratique de l’activité des opérateurs et des administrateurs.
Leur importance est énorme, non seulement pour les handicapés, mais aussi pour les alcooliques et les drogués.
Au Val d’Aoste nous devons nous considérer tous engagés dans cette direction, particulièrement les femmes.

L’école. Nous ne voulons pas faire un bilan des initiatives dans ce domaine. (La revue, qui paraîtra prochainement, en parlera aussi).
- Nous voulons souligner seulement le fait qu’il est important qu’au Val d’Aoste on cherche, chacun pour sa part de responsabilité, à consolider et rendre plus efficaces les initiatives d’intégration des handicapés dans les écoles. Nous ne pouvons pas accepter que ce processus soit arrêté ou réduit. Il est trop important, non seulement pour l’enfant, mais aussi pour changer l’attitude mentale des gens envers les handicapés et leurs familles.

Le travail. Voilà une autre grave difficulté pour beaucoup de jeunes gens, que nous retrouvons plus dramatiquement encore dans la vie d’un handicapé. La loi régionale qui permettra aux handicapés un recrutement privilégié sera-t-elle un instrument efficace ? Nous le souhaitons et nous nous engagerons pour chercher d’autres solutions si celle-ci n’est pas suffisante.

- D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’un handicapé n’est pas simplement un invalide qui pourra travailler un peu moins. Il est souvent une personne qui doit trouver un milieu de travail à sa mesure, ce qui n’arrive pas souvent. Peut-être aura-t-il besoin d’un soutien psychologique. Peut-être, s’il a trop de difficultés à trouver un travail, il se renfermera en soi-même, et il aura de plus en plus peur des autres.
Il faut arriver à s’occuper de chaque cas de façon différente, parce que chaque handicapé peut avoir des nécessités différentes.

Pour terminer, nous voudrions rappeler les paroles très claires et très simples qu’un handicapé, le docteur Guidi, a prononcées le jour du débat au Palais Régional. Il nous a rappelé que les handicapés sont quand même des citoyens qui ont nos mêmes devoirs : seulement ils ont dans leur vie des difficultés supplémentaires. Il a parlé aussi aux parents aussi aux parents des handicapés : il leur a rappelé, en quelque sorte, que le handicapé a besoin d’être aidé de la manière la plus efficace possible. Et parfois, a dit le docteur Guidi, la manière la plus efficace peut être aussi de reconnaître les limites de chaque personne handicapée. Le handicapé, plus que tout autre individu, a besoin surtout de sérénité, et il est certain que cette sérénité sera un fruit de l’amour de ceux qui l’entourent, en premier lieu de ses parents.

Lina VOYAT

Tiré du Peuple n. 5 du 5/02/1982

Prévention des accidents domestiques dans l'enfance

Dans « Le Peuple Valdôtain » du 5 février 1982, nous avons publié un article sur le problème des handicapés dans lequel nous nous proposions de revenir sur la question de la prévention. Nous commençons en parlant des accidents domestiques dans l’enfance.
Tout âge de la vie est exposé aux accidents mais particulièrement celui de l’enfant et le troisième âge.
En effet ces deux périodes de la vie sont caractérisées par la vulnérabilité physique, par une capacité de coordination carentielle ou absente et souvent par l’incapacité d’éviter l’événement nuisible.
L’enfant en outre, poussé par son aventureux sans de curiosité, s’expose particulièrement au danger.
Dans tous les pays européens, l’une des premières causes de mort entre un an et quinze ans est due aux accidents. Parmi ceux-ci la plus grande fréquence a lieu dans les premiers quatre ans de la vie. En Italie les accidents (dont les plus fréquents sont ceux domestiques) causent au moins 30% des morts dans les sujets de un à quinze ans.

Les accidents domestiques.

En grandes lignes on peut les classer ainsi :
dans les premiers mois de vie prévaut la suffocation mécanique accidentelle ; du quatrième au douzième mois de vie il y a surtout les chutes et l’inhalation ou la déglutition de petits objets ; de un à quatre ans les enfants sont surtout victimes de brûlures, de noyades, d’électrocutions, de blessures, d’empoisonnements.
Dans le tableau ci-dessous nous reportons les principaux facteurs d’accidents domestiques :

Les principaux facteurs d’accidents domestiques

Facteurs sociaux
- familles nombreuses avec plusieurs enfants en bas âge
- mauvaises conditions d’hygiène
- mauvais entretien de la maison
- maisons nouvelles dépourvues des élémentaires
- mesures de sûreté
- insuffisante surveillance des mineurs

Facteurs liés à la civilisation

- objets hors d’usage potentiellement dangereux
- nouveaux objets offerts par le progrès technologique
- risques de différents types (par ex. les sachets en plastique)

Causes humaines

- précédent handicap
- impulsivité, immaturité, curiosité
- violence dans les jeux
- milieu (film, télévision)

Il faut souligner que la protection de l’enfant des accidents est confiée exclusivement à l’adulte qui, pour être efficace dans ce secteur, doit connaître les caractéristiques de chaque âge et les risques qui s’y rattachent. Il faut malheureusement remarquer que si généralement tous les parents s’intéressent à la croissance de leur bébé, à son alimentation, et se préoccupent peut-être si leur enfant est dérangé par quelque malaise passager, ils ne se soucient pas de la même manière de créer autour de lui un milieu suffisamment sûr pour prévenir au moins une grande partie des accidents.
Tout n’est pas évitable mais un grand nombre d’accidents pourraient être évités si la personne qui garde l’enfant (qui ne doit jamais rester complètement seul) prêtait une plus grande attention.

D’ailleurs ce chapitre est l’un des plus importants de la pédiatrie moderne, qui par des analyses épidémiologiques doit être à même d’évaluer les conséquences de façon précise et, avant encore, de réaliser une prévention efficace.
Il est nécessaire que le pédiatre et le médecin commencent une œuvre d’ « éducation sanitaire » c’est-à-dire convaincre les familles à adopter les mesures élémentaires de sûreté, élaborer des programmes de prévention, engager de façon responsable les structures publiques (centres de consultation, crèches, écoles) etc…
C’est là peut-être le moyen le plus efficace pour réveiller la conscience et résoudre un problème qui dans un pays comme l’Italie a été complètement négligé.

Librement traduit du « Corriere Medico du 21/12/1981

Tiré du Peuple n. 6 du 12/2/1982

Les accidents sur le travail

Les données de l’INAIL pour 1981 nous disent qu’en VDA ont été enregistrés 5355 accidents du travail. La tendance générale de 1979 à aujourd’hui est d’une augmentation progressive et préoccupante des accidents surtout dans le secteur agricole. Cela semble être dû à une plus grande mécanisation et à l’orographie tourmentée de notre Région.

Bien qu’en VDA on œuvre beaucoup pour la prévention, l’incertitude de l’avenir et la conflictualité interne influent remarquablement sur l’activité des travailleurs.
Dans les secteurs des maladies professionnelles on enregistre par contre une diminution : la silicose, à la suite de la fermeture de la mine de Cogne et du haut fourneau de l’établissement d’Aoste et grâce à de nouveaux dispositifs de sécurité, est en régression. Les infections réversibles de l’appareil respiratoire sont aussi en diminution.

Au contraire la surdité due aux bruits augmente de manière inquiétante (au moins 30% en plus par rapport à 1980 !).
Mais à ce sujet voilà ce que nous dit le bulletin d’information de la Communauté européenne. L’excès de bruit était autrefois considéré comme un simple désagrément ; on sait aujourd’hui qu’il s’agit d’un important problème de santé. Les effets nocifs du bruit ne se limitent pas à des troubles de l’audition, mais affectent aussi d’autres facultés. C’est pourquoi la lutte contre le vacarme a pris une place prépondérante dans les efforts de protection de l’environnement. On a pu prouver que l’exposition à un bruit intense altérait le fonctionnement du cerveau et celui du système nerveux, jusqu’à entraîner des déficiences physiques chez les animaux comme chez les humains.
Aussi des efforts ont-ils été entrepris afin de protéger le public d’une exposition excessive aux bruits de toutes sortes. On a, par exemple, amélioré l’isolation dans la construction, ou encore disposé des écrans sonores le long de certaines autoroutes. Les mesures de protection se multiplient aussi dans les usines et sur les autres lieux de travail.

L’un des principaux problèmes rencontrés au cours de cette vaste campagne de protection concernait la comparabilité des appareils de mesure et d’évaluation sonore. Il est en effet très important, si l’on veut mener une action efficace, de pouvoir s’appuyer sur des données et des tests fiables. Il faut notamment que ce qui est approuvé ou, au contraire, jugé inacceptable dans un pays donné, soit apprécié de façon comparable dans les pays voisins.

Ce problème est particulièrement aigu en ce qui concerne certains équipements de type industriel, dont la valeur marchande se chiffre par millions. Ceci explique que de grandes conférences internationales ont été récemment organisées à Washington et à Bruxelles pour tester le niveau sonore de certains de ces équipements. Les gouvernements se sont également promis de renforcer la coopération dans ce domaine et surtout dans les secteurs prioritaires qui font déjà l’objet de dispositions légales dans certains pays. C’est ainsi que la Communauté européenne a agi en commun avec les Etats-Unis dans le secteur des équipements utilisés pour la construction.

La Commission vient de publier une communication dans laquelle elle recommande d’intensifier ce genre d’efforts, notamment dans le domaine des marteaux-piqueurs, des compresseurs, des grues et autres bulldozers. La plupart de ces engins sont répandus à un grand nombre d’exemplaires et font l’objet d’un commerce international intense. Ainsi, rien qu’en R.F. d’Allemagne, le nombre de grues en activité s’élève à environ 45.000. Quant aux exportations mondiales d’engins de construction, elles s’élevaient, en 1979, à environ 11,5 milliards de FF (77 milliards de FB).

C’est pourquoi il est important d’introduire des normes de protection, tant pour les travailleurs que pour le public, sans causer de dommages à l’industrie ni affecter le commerce international.

Tiré du Peuple n. 7 du 19/02/1982

Des chances égales pour les femmes dès 1985

Le combat que mènent les femmes pour obtenir un statut égal à celui de leurs compagnons est une affaire de longue haleine. Des progrès importants ont été accomplis dans ce sens au cours des dix dernières années. On entend souvent dire que, pour la jeunesse actuelle, l’égalité entre garçons et filles va de soi et ne pose pas de problème.

Peut-être… Il n’en reste pas moins vrai que le principe de l’égalité est encore contredit par certaines dispositions législatives, juridiques, fiscales et autres. Par ailleurs, chacun peut constater que certains domaines d’activité, à commencer par celui de la politique et des affaires publiques, demeurent largement dominés et investis par les hommes. En dépit de certaines apparences, le combat pour l’égalité est donc loin d’être achevé, et il reste beaucoup à faire.

La Communauté européenne est à la pinte de ce combat depuis plusieurs années. L’action communautaire en vue d’améliorer la situation des femmes a commencé au début des années 1960 par des études et des recommandations sur l’application , dans les Etats membres, de l’article 119 du Traité de Rome, article qui prévoit l’égalité salariale des hommes et des femmes.

Mais c’est en 1974 qu’une étape décisive a été franchie, les ministres européens ayant exprimé la volonté politique d’assurer l’égalité quant à l’accès à l’emploi, à la formation et aux conditions de travail. Ce vaste programme a été concrétisé par l’adoption de trois directives importantes et complémentaires. La première, qui concerne l’égalité de rémunération, date du 10 février 1975 ; la seconde sur l’égalité de traitement dans l’emploi, du 9 février 1976 ; la troisième, sur l’égalité en matière de sécurité sociale, a été adoptée le 19 décembre 1978.

Ces trois directives ont eu pour effet d’accélérer l’adoption de dispositions législatives nationales assurant l’égalité dans les différents Etats membres. Des enquêtes récentes ont cependant montré que ces lois n’étaient pas appliquées de façon uniforme et satisfaisante dans toute la Communauté.

Celle-ci a également apporté un soutien financier, par l’intermédiaire du Fonds social européen, à des programmes de formation professionnelle destinés à faciliter l’accès des femmes aux emplois dans lesquels elles étaient traditionnellement sous-représentées. Mais, là encore, les faits démontrent que les bonnes intentions ne suffisent pas. Les femmes comptent parmi les principales victimes du chômage qui sévit aujourd’hui en Europe. L’introduction de technologies nouvelles permettant des économies de main-d’œuvre dans des domaines tels que les travaux de secrétariat et le commerce de détail, oà la présence féminine est prépondérante, est l’une des causes de l’augmentation du chômage féminin. Il y en a bien d’autres.

Répondant notamment à l’appel lancé par le Parlement européen en février 1981, la Commission européenne a décidé de renforcer et d’élargir ses activités, en faveur des droits de la femme. Un nouveau programme d’action, qui couvre la période 1982-1985, vient d’être élaboré sous l’égide de M. Ivor Richard, membre de la Commission chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’éducation.

Ce programme comprend 16 propositions d’actions concrètes, réparties en deux grands volets : celui du renforcement des droits individuels, et celui de la réalisation pratique de l’égalité des chances. Le premier volet vise essentiellement à prolonger et à garantir l’application des trois directives déjà en vigueur, notamment en introduisant la possibilité de recourir à des procédures d’infraction.

La Commission veut s’attacher à clarifier les implications des directives dans les domaines du droit civil, commercial et fiscal, ainsi que dans celui de la sécurité sociale. En effet, cette dernière repose encore sur des conceptions qui ne répondent plus aux réalités actuelles et doivent donc être changées (par exemple, l’idée que l’homme est responsable de la subsistance de la famille).

Une autre série d’actions vise à l’amélioration des conditions de vie et de travail de la femme. Elle concerne plus particulièrement les congés pour raisons familiales ainsi que la protection de la grossesse et de la maternité. L’objectif est de partager les responsabilités parentales de manière plus équitable et d’éviter toute discrimination sur le plan professionnel.

Le second volet du programme proposé par la Commission a pour but de supprimer les obstacles à l’égalité des chances qui ne sont pas d’ordre légal. Il s’agit surtout des contraintes et des conditionnements d’attitude fondés sur la ségrégation traditionnelle des rôles dans la société.

S’inspirant de mesures déjà expérimentées aux Etats-Unis et en Scandinavie, la Commission veut favoriser le lancement d’actions positives en matière d’information, de formation professionnelle (y compris au sein de l’entreprise) et d’insertion dans la vie active. Les efforts visant à diversifier les emplois accessibles aux femmes devraient être entrepris dès le stade scolaire, en informant les filles sur le plus large éventail de carrières possible.

Enfin, une action spécifique sera entreprise en faveur des femmes immigrées, qui cumulent souvent les handicaps sur le marché du travail.
Il faut signaler que, parallèlement à la mise œuvre de ce vaste programme d’action, la Commission européenne a résolu de montrer l’exemple en remédiant aux inégalités de traitement qui existent encore entre son personnel masculin et féminin.

Eurofocus (1-82)
11 janvier 1982

Tiré du Peuple n. 9 du 4/03/1982

Environnement: l’Europe au secours des bébés phoques

Des chasseurs venus de toutes les parties d’Europe se rassemblent chaque année dans les régions polaires du Canada, de la Norvège et du Groenland dans un dessein cruel mais lucratif : la capture de milliers de bébés phoques dont le duvet immaculé ornera bientôt les épaules des élégantes – mais aussi de certains hommes.
La peau des bébés phoques est utilisée pour la fabrication d’une large gamme de produis de luxe tels que manteaux, chaussures, sacs à main, ceintures et portefeuilles. La plupart de ces produits pourraient bien être confectionnés à partir d’autres matières premières.

Les méthodes de chasse utilisées pour la capture de ces animaux sans défense ont été dénoncées par tous les protecteurs de la vie et de l’environnement, y compris par Brigitte Bardot, la célèbre actrice française. Les bébés phoques sont en effet assommés d’un coup violent sur la tête avant qu’ils soient âgés de dix jours (parce qu’ensuite, ils perdent leur belle « fourrure » blanche).
Les petits des phoques à capuchon sont également très recherchés à cause de l’éclat bleuté de leur pelage dorsal.

Ces méthodes de chasse sont jugées « dégradantes pour l’homme et pour l’animal » par Mme Johanna Maij-Weggen, membre du Parlement européen, qui vient d’élaborer un rapport à ce sujet au nom de la commission parlementaire de l’Environnement.
Le rapport affirme que la poursuite de ce massacre annuel entraînera la disparition complète de l’espèce d’ici quelques années. Cette disparition ne devra pas être imputée à la chasse traditionnelle pratiquée par les habitants des régions polaires, mais bien à la « chasse industrielle » pratiquée au bénéfice des pays industrialisés.

Ces chasseurs sans scrupules proviennent surtout de Grande-Bretagne, du Danemark, de France et de la République fédérale d’Allemagne. La Communauté européenne dans son ensemble importe de grandes quantités de peaux de phoques qu’elle transforme ensuite en manteaux, sacs, mocassins, etc… Mme Maij-Weggen voudrait que la Communauté interdise les importations des peaux et des produits dérivés du phoque, et qu’elle mette simultanément fin au commerce intracommunautaire de ces différents produits.

Le rapport souligne aussi que les différentes espèces de phoques devraient bénéficier de la protection prévue par la Convention de Washington sur le commerce international des espèces menacées. Il préconise l’adoption de mesures spéciales en faveur des « phoques moines » qui vivent en Méditerranée et qui ne sont plus que 650 environ ; la création de réserves spéciales pourrait permettre d’éviter l’extinction de l’espèce. Enfin, le rapport, qui sera prochainement débattu par l’ensemble des parlementaires européens, demande que les mesures de protection qui seront prises tiennent compte des intérêts des populations autochtones.

Eurofocus 7/12/81

Tiré du Peuple n. 10 du 11/03/1982

Le jour du Mimosa

Des différentes manières de célébrer le 8 mars au Val d’Aoste

Le 8 mars a été rappelé chez nous de différentes façons : un cortège (à la tête duquel il y avait un petit cheval attelé à un chariot) où l’on a pu remarquer une forte présence masculine, a défilé dans les rues d’Aoste. Loin de susciter l’enthousiasme des femmes qui le rencontraient, ce cortège les a laissées perplexes, je dirais même agacées, d’après leurs commentaires. « Qu’est-ce que c’est ? Un âne, attaché à un chariot ? Sommes-nous ainsi représentées ? Quelle mascarade ! Nous sommes à la Mi-Carême, quoi ! ».

Le soir, tandis qu’au Palais Régional se déroulait un spectacle avec une chanteuse, d’un autre côté de la ville un autre spectacle avait lieu : il s’agissait d’un streep-tease. Est-ce une provocation ou simplement un manque de goût des plus bornés esprits machistes?
Des cinémas arboraient imperturbablement des affiches très voyantes de films pornographiques, qui depuis quelque temps se distinguent dans notre ville.

Heureusement chacun est libre de voir ce qu’il désire, mais un minimum de discrétion s’impose. (Sans compter les effets nuisibles de ces affiches, imbibées de violence sexuelle, pour les enfants, étant donné qu’elles contribuent à créer ainsi une image fausse et déformée du sexe présenté sous un seul aspect. Déjà les programmes télévisés manquent de bon sens en nous offrant à chaque instant une vision de la vie dans ses aspects les plus sordides et donc partielle et décevante…).

Ne pouvant apprécier toute manifestation quasi grotesque ou politicisée dans le sens partitique du terme, de toute façon habilement instrumentalisée, les femmes valdôtaines ont préféré se retrouver ensemble pour un moment de réflexion et de fête tout simplement, selon l’esprit réservé et franc propre aux gens de la montagne.

C’est ainsi que par-ci par-là les femmes se sont rencontrées dans différents coins de la Vallée, dans un climat de sérénité et surtout de liberté pour fêter ce jour, après avoir travaillé à la maison ou aussi dehors, comme les autres 364 jours de l’an. (En France les femmes sont en train de lutter pour obtenir que cette journée soit payée et chômée).
Et puisque nous ne sommes pas repliées sur nous-mêmes mais que nos balcons valdôtains sont grand ouverts sur le monde, nous ne pouvons oublier les souffrances de millions de femmes auxquelles nous voudrions faire sentir notre soutien moral : aux femmes du Salvador, de la Pologne, de l’Iran, du Nicaragua, de l’Argentine, des pays africains… et de partout.

Là où l’on piétine les droits de la personne humaine, soit-elle femme ou enfant, vieillard ou noir, handicapé ou pauvre, là nous devons toujours être présentes et intervenir.

Arlette (de l’Entraide)

Tiré du Peuple n. 11 du 18/3/1982

Travail à temps partiel

Le travail à temps partiel devient de plus en plus populaire en Europe, particulièrement auprès des femmes. Dans certains Etats membres de la Communauté, la demande pour des emplois à temps partiel est supérieure à l’offre dans une proportion bien supérieure à celle qui caractérise le marché général du travail.

Près de 9% des travailleurs de la Communauté sont actuellement employés à temps partiel. Parmi ces travailleurs, on compte 90% de femmes.

L’expansion rapide de cette formule s’explique aisément par son attrait, tant pour les employeurs que pour les travailleurs. La souplesse du travail à temps partiel peut permettre aux entreprises d’utiliser les compétences de façon plus efficace. Quant aux travailleurs, et notamment les mères de familles, ils apprécient la liberté relative que leur procure cette formule.

Cependant, le développement du travail à temps partiel soulève de nombreux problèmes. En effet, les travailleurs à temps partiel sont souvent discriminés par les employeurs sur le plan de leur statut légal et des conditions de travail. Ils sont aussi moins bien considérés que les travailleurs à temps plein sur le marché du travail.
Etant donné que la plupart des travailleurs à temps partiel ne sont pas qualifiés, il y a une tendance, dans certains pays européens, à associer cette forme de travail à d’autres formules plus aléatoires comme les contrats temporaires délivrés par des agences de l’emploi privées, ou encore les contrats à durée limitée. Par ailleurs, les mesures prises par les gouvernements pour inciter à la création d’emplois sont fréquemment à l’origine d’emplois à temps partiel.

Les travailleurs à temps partiel sont souvent mal protégés contre le chômage, leur droit à la pension est limité, de même que leurs droits à la promotion et à la formation ; enfin, ils sont souvent désavantagés sur le plan des rémunérations, primes et autres suppléments.

En 1979, les ministres européens ont reconnu la nécessité d’une action communautaire dans ce domaine, et précisé qu’il fallait clarifier les conditions dans lesquelles le travail à temps partiel était pratiqué. Après le Parlement européen, la Commission vient de revenir sur ce sujet, plaidant en faveur de l’introduction d’une législation qui garantirait aux travailleurs à temps partiel les mêmes droits qu’aux autres travailleurs. Le travail à temps partiel deviendrait ainsi une alternative viable et attrayante.

La Commission propose notamment de garantir les droits salariaux, les congés payés et le droit à la pension des travailleurs à temps partiel. A long terme, l’objectif consiste aussi à ouvrir plus largement cette possibilité, afin qu’elle ne soit plus le domaine réservé et quasi exclusif des femmes.

Eurofocus 1/82

Tiré du Peuple n. 12 du 25/03/1982

La prévention des handicaps

Sur le problème de la prévention des handicaps nous publions une mise au point préparée par Mme Giovanna Bonfant et Mme Carla Cazzadore, biologistes, qui travaillent pour le service de cytogénétique de l’Unité Sanitaire Locale.
Le sujet est très important, et nous espérons que cette initiative sera utile.
Nos lecteurs pourront se rendre compte de ce qu’on peut faire et de ce que notre région a déjà fait dans ce domaine.
Nous remercions Mme Bonfant et Mme Cazzadore pour leur collaboration.

DIAGNOSI PRECOCE PER LA PREVENZIONE DI ALCUNI HANDICAPS

Nell’ultimo anno molto si è parlato e, per fortuna, qualcosa si è fatto per la cura, il recupero e il reinserimento del portatore di handicap nell’ambito familiare, lavorativo e sociale. Poche parole si sono invece spese per un problema almeno altrettanto importante : la prevenzione di alcuni handicap di tipo eredo-familiare e da fattori ambientali materni. Il riconoscimento delle cause genetiche e ambientali che possono determinare malformazioni è il primo passo per la loro prevenzione.

Le malattie ereditarie, da sempre conosciute e che la fantasia popolare ha anche arricchito di leggende non vere e quindi fuorvianti, vengono studiate in maniera scientifica da poco più di un secolo.

Bisogna dire però che da circa 30 anni si sono fatti enormi avanzamenti, tanto che le nostre conoscenze aumentano ogni anno ad un ritmo impressionante. L’incidenza di malattie genetiche su 1000 neonati vivi è di :
5 anomalie cromosomiche di numero
2 anomalie cromosomiche di struttura
7 malattie a trasmissione autosomica dominante
= 14 anomalie su 1000 neonati vivi.
Questi dati portano ad un rischio individuale, per la patologia elencata, di 1 su 70 (Lancet , 1978).

Le malattie ereditarie sono responsabili del 40% delle malattie mentali, del 15% delle malattie pediatriche e di un’alta percentuale di ricoveri ospedalieri. Le forme morbose per cui è stata dimostrata una trasmissione ereditaria assommano oggi a circa 3.000. Non tutte le malattie eredo-familiari che portano ad handicap possono però essere prevenute o curate : in questo articolo faremo una breve rassegna di quelle per cui è possibile la prevenzione et la terapia precoce.

Un primo gruppo di malattie ereditarie comprende la patologie dei cromosomi, cioè degli organelli intranucleari a forma di bastoncino su cui è scritto il codice genetico, cioè l’informazione di tutti i processi cellulari e, di conseguenza, dell’individuo.
I cromosomi hanno numero e forma definiti : se l’uno o l’altro o entrambi questi fattori sono alterati, l’organismo subisce gravi scompensi, che portano generalmente a dismorfie varie, ritardo mentale grave che impone spesso una costante sorveglianza del malato e notevoli difficoltà per l’inserimento in una vita normale (es. Sindrome di Down o mongolismo).

Le terapie oggi conosciute non permettono di guarire il paziente, le uniche modalità di azione sono il riconoscimento delle coppie « a rischio » (portatori sani di alterazioni bilanciate), la diagnosi prenatale con l’amniocentesi e/o eventualmente l’aborto terapeutico.
Un secondo gruppo di malattie genetiche per cui è possibile la diagnosi precoce e la terapia comprende alcune alterazioni del metabolismo.

Tra queste ricordiamo :
1) Le amminoacidopatie. E’un termine generale che indica la mancata eliminazione e il conseguente accumulo di amminoacidi : la più nota è la FENILCHETONURIA, in cui si ha accumulo di fenilalanina. Le proteine naturali devono essere sostituite con prodotti adatti reperibili in commercio ; la cura è efficace se iniziata nel primo e non oltre il terzo mese di vita : per questo motivo viene effettuato su tutti i neonati uno screening per questa malattia. E’ possibile anche l’individuazione delle coppie « a rischio ».
Malattie simili a quella descritta e diagnosticabili precocemente sono : la CISTINURIA, la TIROSINEMIA e l’ISTIDINEMIA.

2) La galattosemia. Si tratta di un’alterazione metabolica in cui i neonati presentano intolleranza verso il latte, sia di donna sia vaccino. In quelli che sopravvivono si manifestano cataratta e grave ritardo mentale : invece essi possono essere del tutto normali se la diagnosi precoce permette di somministrare loro latte privo di galattosio entro il primo mese di vita.

3) La mucoviscidosi o fibrosi cistica del pancreas è una disfunzione generalizzata delle ghiandole esocrine. Con la diagnosi precoce sul neonato si può aumentare la sopravvivenza dei soggetti colpiti.

4) L’ipotiroidismo congenito porta a ritardo staturoponderale e psichico. Per questa malattia sono possibili la diagnosi precoce sul neonato e la terapia sostitutiva con ormoni tiroidei. Esistono poi molte altre forme di malattie metaboliche che interessano sostanze come i mucopolisaccaridi, i mucolipidi, i gangliosidi, ecc., per cui è possibile la diagnosi dei portatori e la diagnosi prenatale.

Sono da ricordare alcune alterazioni quantitative e qualitative delle emoglobine : le Talassemie e le Emoglobinopatie. Queste forme morbose possono portare a grave anemia, alterazioni ossee e morte in giovane età. L’unica forma di prevenione consiste nel riconoscimento dei matrimoni « a rischio » tra eterozigoti (portatori sani). Infatti solo da un matrimonio tra due individui portatori può nascere un figlio omozigote affetto da malattia, con una probabilità del 25%. In questi casi viene sconsigliata la procreazione o si può effettuare l’amniocentesi con eventuale aborto selettivo.

Riassumendo, per la prevenzione di queste malattie ereditarie, si può agire a due livelli :
1. evitando la nascita di individui affetti mediante :
a) la consulenza genetica per l’individuazione di coppie a rischio, cioè in cui uno o entrambi i coniugi sono portatori di alterazioni cromosomiche bilanciate o malattie ereditarie recessive, che possono essere sospettate in caso di presenza di familiari o figli già colpiti.
b) La diagnosi prenatale mediante amniocentesi. 2. Riconoscendo più precocemente possibile i bambini affetti, al fine di evitare il sorgere di handicap con opportune diete e terapie sostitutive.

Handicap anche gravi, ma di più facile prevenzione, sono quelli dovuti a cause di origine materna durante la gravidanza, quali :
1. l’assunzione di farmaci teratogeni come talidomide, aminopterina ecc, che possono portare a focomelia e malformazioni varie.
2. infezioni materne durante la gravidanza con agenti patogeni quali il virus della rosolia (malformazioni cardiache, cataratta, sordità), il toxoplasma (poliviscreropatia, lesioni oculari, paralisi), il citomegalo virus (ritardo mentale, sordità), la listeria (espulsione del feto nell’ultimo trimestre, morte fetale), l’herpes genitale (l’infezione del neonato all’atto del parto può provocare encefaliti e meningiti) e l’agente della sifilide (sifilide congenita con alterazioni nervose).
3. l’assunzione durante la gravidanza di ormoni progestinici che provocano la virilizzazione dei feti femmine.
4. l’incompatibilità materno-fetale da fattore RH (eritroblastosi, ittero, idrope fetale).
5. l’esposizione a radiazioni può provocare microcefalia o altre alterazioni.

Questi rischi si possono prevenire con :
1. l’assunzione di farmaci in gravidanza solo sotto il controllo medico.
2. è molto importante prima del concepimento valutare se la donna è già immunizzata contro rosolia e toxoplasma, e in caso negativo verificare periodicamente con analisi del sangue eventuali infezioni in atto.

La toxoplasmosi può essere curata nella madre senza pericolo per il bambino, mentre per la rosolia l’unica procedura possibile, se viene contratta dalla donna nei primi quattro mesi di gravidanza, è l’aborto terapeutico : soluzione migliore sarebbe una vaccinazione per tempo (almeno due mesi prima di iniziare la gravidanza) nel caso della rosolia, mentre per la toxoplasmosi occorre evitare i contatti con animali domestici, soprattutto gatti, astenersi dalle carni crude e lavare accuratamente frutta e verdura crude.
3. Per quanto riguarda i punti 3 e 5, la futura madre farà meglio a non assumere ormoni nè a sottoporsi a radiazioni durante la gravidanza.
4. Conoscere il gruppo sanguigno dei coniugi : durante la gravidanza si effettuano dei controlli per evidenziare una eventuale immunizzazione della madre contro il feto e dopo ogni parto se il figlio è RH positivo la madre RH negativo viene trattata con anticorpi anti RH in modo che non ci saranno rischi per le gravidanze successive.
In Valle d’Aosta su tutti i neonati, subito dopo il parto, viene già effettuata una serie di esami per l’evidenziazione della mucoviscidori, galattosemia, ipotiroidismo, fenilchetonuria, tirosinosi, istidinemia, cistinuria.

Per la prevenzione delle malattie da fattori materni vengono eseguite le analisi opportune nei laboratori dell’Unità Sanitaria Locale (Ospedale, Igiene e Profilassi Rep. Medico, Centro Trasfusionale). (1)
Per il riconoscimento dei portatori sani di alterazioni cromosomiche è possibile rivolgersi al servizio di Citogenetica del Laboratorio di Igiene e Profilassi, Reparto Medico.


(1) Les personnes qui désirent des renseignements ultérieurs peuvent s’adresser aux services d’obstétrique et gynécologie des Centres de Consultation (consultori) ou bien à leur médecin traitant.

Tiré du Peuple n. 14 du 8/04/1982

Personnes âgées

L’Assesseur à la Santé et Aide Sociale Auguste Rollandin a adressé à tous les Syndics de la Vallée d’Aoste une note concernant les services en faveur des personnes âgées et incapables pour l’année 1983. La loi régionale n. 47 du 20.6.1978 prévoit en effet que chaque année (31 mai dernier délai) soient présentés par les Communes les programmes pour l’institution ou la gestion des services en faveur des personnes âgées ou incapables pour l’année suivante.

L’Assesseur Rollandin soumet à l’attention des communes qui jusqu’à présent n’ont pas institué des services, l’exigence d’affronter le problème de façon que toute la population âgée de la Vallée puisse se servir des soutiens d’assistance afin d’éliminer la situation de discrimination existante : environ le 40% des Communes valdôtaines est en effet encore privé des services pour les personnes âgées.

La lettre contient les lignes d’indication pour la rédaction de programmes prévoyant l’institution ex-novo de services et la continuation ou le développement de ceux déjà en fonction : l’assistance domiciliaire, les séjours thermaux, les centres de rencontre pour les activités culturelles et du temps libre, les centres diurnes ou nocturnes d’assistance, les micro-communautés, les services-logements, les séjours climatiques marins.

Par ces indications l’organisation technique sera facilitée, soit sous l’aspect de la forme, que sous celui des contenus, des programmes adressés à l’Assessorat pour la formulation d’un plan annuel, après avoir été approuvé par chaque Commune avec un acte délibératif formel.

Tiré du Peuple n. 18 du 6/5/1982

Réunion Basse Vallée

L’Entraide des Femmes Valdôtaines, lors de la réunion du 30 avril 1982 à Arnad, a approuvé l’ébauche de ses Statuts et a examiné quelques uns des problèmes les plus urgents, notamment celui des Centres de Consultation. A ce sujet une initiative commune entre les groupes de la haute, moyenne et basse Vallée a été envisagée : les femmes de la basse Vallée ont proposé et organisé le premier d’une série de débats avec la population et les opérateurs socio-sanitaires, présidé par l’Assesseur Auguste Rollandin.

Elles ont aussi proposé un intéressant plan de travail touchant divers thèmes.
Le groupe de la moyenne vallée a présenté le programme de ses initiatives pour le « Rendez-Vous » d’Aoste du mois de septembre. Malgré les difficultés d’ordre pratique nous espérons pouvoir nous retrouver plus souvent afin d’échanger nos idées et de nous organiser toujours mieux.

A.R.

Tiré du Peuple n. 19 du 13/05/1982

Retraite flexible

La possibilité d’une retraite anticipée volontaire, ou de vacances allongées et de temps de travail plus réduit pour les personnes qui approchent de la retraite : voilà deux mesures qui devraient, selon la Commission des Communautés européennes, aider à résorber le chômage et aussi adoucir le choc que constitue toujours la cessation d’activité.

Il y a déjà deux ans que les autorités européennes étudient la possibilité d’introduire la « retraite flexible ». Le Parlement européen soutient la Commission dans sa volonté de donner aux travailleurs d’un certain âge le droit de prendre leur retraite quand ils le désirent et éventuellement de manière graduelle. Les gouvernements des Etats membres commencent eux aussi à se rendre à cette idée, au vu de la hausse ininterrompue du chômage et de la nature très concrète des propositions qui viennent de leur être soumises.

Mais les projets de la Commission européenne supposent des modifications majeures aux lois nationales fixant l’âge du droit à la pension. Ils visent en effet à laisser les travailleurs des deux sexes choisir librement le moment de quitter leur emploi à partir d’un certain âge. Cette solution implique que l’on trouve de nouvelles formules pour calculer le montant de la pension en fonction du nombre d’années de travail et de l’âge atteint au moment de la retraite. Il faudra aussi définir des compensations financières pour les personnes qui choisiront un départ graduel se traduisant par un allongement progressif des loisirs au détriment des heures de travail. Enfin, les lois limitant le montant de la pension pour les travailleurs à temps partiel devront, elles aussi, être fondamentalement révisées.

La commission précise également qu’en dehors des compensations accordées aux travailleurs qui choisiront la retraite graduelle, des indications financières supplémentaires ne seraient acceptables que dans des circonstances économiques extrêmes. Elles ne sauraient donc être considérées comme faisant partie intégrante du système de retraite flexible envisagé. Les recommandations de la Commission prévoient un délai de deux ans pour que les Etats membres examinent les implications de l’entrée en vigueur des changements proposés. Si ces recommandations sont acceptées par le Conseil des ministres des Dix, ces mêmes ministres se retrouveraient donc vers la mi-1984 pour confronter leurs conclusions.

A court terme, la retraite flexible devrait être surtout profitable aux secteurs en déclin tels que la sidérurgie ou la pêche. Mais c’est toute la population européenne qui bénéficiera, en fin de compte, d’un système permettant d’assurer une transition pus harmonieuse et moins brutale entre l’activité intense et l’oisiveté complète.

(EUROFOCUS)

Tiré du Peuple n. 23 du 10/06/1982

Fête

ExpositionL’ENTRAIDE DES FEMMESVALDOTAINES organise
une exposition sur le thème
« LES FETES ET LES RENCONTRES D’ANTAN » 

(photos, jeux, vêtements, habitudes, traditions, récits, veillées, fêtesreligieuses, etc…)

On invite à présenter le matériel au Siège Central de l’UV, le 30 juilletdernier délai. Tout sera rendu aux propriétaires. 
Pour des informations ultérieures s’adresser au Siège Central. 
DANS L’APRES-MIDI DE DIMANCHE 12 SEPTEMBRE. 

se déroulera
« UN SPECTACLE-RENCONTRE » 

réservé particulièrement aux personnes âgées. Chacun pourra présenter destémoignages oraux sur le thème de l’exposition. 
A ce sujet il est souhaitable une collaboration entre grands-parents etpetits-fils. 
Conclusion : musique et friandises. 

TOUT LE MONDE EST INVITE
A LA BONNE REUSSITE DE
CETTE MANIFESTATION

Tiré du Peuple n. 25 du 20/06/1982 

Dispensaire de Donnas

Samedi 26 juin, à 11h30, a été inauguré le dispensaire polyvalent de Donnas. En présence de nombreuses autorités, après les discours du Syndic M. René Vallomy, des Assesseurs Rollandin et Borbey et la bénédiction de l’édifice par M. le curé Pession, le Président de la Junte M. Mario Andrione a coupé le ruban bicolore et une foule nombreuse a pu ainsi visiter cette nouvelle structure.

Deux sont les caractéristiques principales du dispensaire :
1) tous les services sanitaires de la zone y sont concentrés ;
2) après la mise en fonction de quelques services fondamentaux le rôle du dispensaire deviendra encore plus important grâce à de nouveaux services.
L’Assesseur Rollandin a souligné le fait que seront réalisés, en particulier, les services d’émergence et de radiologie, qui auront une fonction très importante pour la diagnose et qui seront un filtre efficace pour éviter l’hospitalisation.

Le dispensaire polyvalent fournira un service de consultation dans le secteur de la réhabilitation et de la physiothérapie ; un service « prelievi » sera mis aussi en fonction ainsi qu’un service de dialyse doté d’outillages très modernes et donc l’assistance sera limitée aux cas ne nécessitant par l’hospitalisation.

Grâce aux services en fonction et à ceux qui fonctionneront à l’avenir le dispensaire polyvalent sera à même de satisfaire un grand nombre d’exigences : médecine, chirurgie, cardiologie, dermatologie, neurologie, ophtalmologie, odontologie, audiométrie, orthopédie, pneumologie, radiologie, réhabilitation et physiothérapie.
La garde médicale, le service des urgences pour le transport des infirmes, le siège de la SAUB et tous les services administratifs trouveront aussi une place graduelle dans le dispensaire.

A.R.

Tiré du Peuple n. 27 du 8/7/1982

Visite au Centre d’accueil pour les jeunes handicapés

Un groupe de l’Entraide a visité vendredi 9 juillet le Centre d’accueil pour les jeunes handicapés ouvert récemment à Aoste, rue Laurent Cerise.

Nous avions déjà parlé de ce Centre et de ses fonctions lors de son inauguration le 14 juin (voir Peuple n. 24 page 6). Des femmes de l’Entraide ont senti l’exigence de s’y rendre afin de connaître mieux cette nouvelle structure.

Nous avons été accueillies par Mme Michela Marcoz psychologue de l’Assessorat à la Santé et par les assistantes, notamment Mme Clos, qui nous a illustré les activités du Centre et ont répondu gentiment à nos questions.

L’immeuble dans lequel est situé le Centre était le siège de l’ancienne OMNI et ensuite du Centre de Consultation. Vraiment nous ne l’aurions pas reconnu : quelle transformation ! Le choix du matériel, des couleurs, de l’ameublement est parfaitement harmonisé et fonctionnel. Les hôtes de ce Centre sont des porteurs de handicaps très graves : il s’agit d’enfants qui ne fréquentent pas l’école ou qui la fréquentent à temps partiel, d’adolescents qui ont terminé l’obligation scolaire et qui ne sont pas approchables au travail. Ce sera le Comité de gestion dont est prévue la création qui établira les critères de choix pour l’admission de ces jeunes au Centre d’accueil.

Sont en train de se tenir des cours théoriques et pratiques organisés par l’Assessorat à la Santé pour la requalification du personnel déjà existant et pour la formation de nouveaux assistants-éducateurs. Le Centre pourra héberger jusqu’à huit jeunes : chacun d’eux sera suivi par un éducateur, ce qui est très important car ainsi pourront être remplies des fonctions éducatives et non simplement de garde. En effet on prévoit l’établissement d’un plan de travail pour chaque enfant assisté.

Le Centre possède un petit jardin, que l’on prévoit aménager, sur la façade derrière l’immeuble, où se trouve la rampe d’accès pour les chaises à roulettes. Tout en ayant le Centre d’accueil un caractère diurne, ont été réalisées deux chambres à coucher pour le repos des enfants et pour des cas d’urgence.

Deux salles de bain, l’une pour les assistés les plus graves, l’autre pour les moins graves, sont pourvues des accessoires aptes à favoriser la plus grande autonomie possible des petits hôtes. Une troisième salle de bain contient une baignoire spéciale. Deux pièces hébergent l’atelier de menuiserie et celui pour le bricolage, les activités expressives et d’animation.

Il y a une salle pour la psychomotricité remplie de ballons coloriés, de cercles etc… une salle de séjour pour écouter de la musique et des contes, pour la relaxation et les diverses activités du langage et expressives, pour être à l’aise, vivre ensemble. Et enfin il y a la cuisine très grande qui représente un moment de vie communautaire très important et où les enfants peuvent participer aux diverses activités, par exemple collaborer à la préparation de mets tout simples.

Des poignées, placées à la hauteur d’un mètre environ, tout le long du couloir blanc au plancher bleuté nous rappellent les fonctions de cette maison, où l’on se sent bien, où la sérénité des opérateurs règne ensemble à la joie générale (des opérateurs, des parents de porteurs de handicaps et des assistés même) pour avoir vu finalement quelque chose de positif se réaliser.

Nous espérons que ce quelque chose ne sera que le début.

A.R.

Tiré du Peuple n. 28 15/07/1982

Développement : Rien ne vaut le lait maternel

Pendant un temps, l’allaitement maternel était passé de mode ; mais on y revient aujourd’hui, et pour des motifs de première importance liés à la santé. Dans les nations du Tiers Monde, on crie haro sur l’alimentation des bébés au biberon, que l’on tient pour responsables de la malnutrition et d’une augmentation spectaculaire du taux de mortalité infantile.

Les experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont unanimes à préconiser le retour à l’allaitement. C’est aussi le point de vue des membres du Parlement européen qui ont récemment discuté de ce problème au cours d’une session plénière à Strasbourg.

Les parlementaires ont demandé aux Etats membres de la Communauté de prendre des mesures visant à arrêter l’exportation vers les pays en voie de développement de substituts au lait maternel fabriqués en Europe. Cet appel se fonde sur un rapport de l’OMS indiquant que l’alimentation au biberon prémunit moins les enfants contre certaines maladies que le lait maternel.

Un code international de commercialisation des substituts du lait maternel a été adopté par l’Organisation mondiale de la Santé en mai dernier, malgré l’opposition des Etats-Unis. Le Parlement européen voudrait que les Etats membres de la Communauté s’engagent à appliquer et à faire respecter cet accord.

Il semble que le message ait été bien reçu par M. Karl-Heinz Narjes, qui représentait la Commission européenne. Il a informé le Parlement que la Commission était en train d’élaborer des propositions allant dans ce sens. Par ailleurs, le Parlement s’est montré particulièrement critique à l’égard des méthodes de promotion et de vente des fabricants d’aliments pour bébés. Des entreprises européennes auraient en effet procédé à de vastes campagnes publicitaires s’adressant directement aux consommateurs, et utilisant diverses techniques parfois en usage dans le domaine pharmaceutique, comme par exemple la distribution d’échantillons gratuits, la visite de vendeuses habillées en infirmières et l’octroi de cadeaux ou de commissions aux médecins.
Les effets d’une campagne aussi agressive peuvent être désastreux.

L’OMS estime que près d’un million d’enfants meurent chaque année dans le Tiers Monde pour avoir ingurgité des aliments pour bébés. Non seulement ces aliments contiennent moins de vitamines que le lait maternel, mais ils sont coûteux et doivent le plus souvent être dilués dans l’eau non contaminée, une eau qui n’est pas toujours disponible dans les pays en voie de développement.

Tiré du Peuple n. 29 du 22/07/1982

Lettre à La Stampa

Nous avons lu avec étonnement l’article paru dans « La Stampa » de vendredi 16/7/1982, « Cronache della Valle d’Aosta ».

« Per ora nessuno ha richiesto un programma dell’accesso RAI ». L’Entraide des Femmes Valdôtaines déjà en 1979 avait pris en considération la possibilité d’accéder aux programmes radiotélévisés.

En effet, le 17/9/1979 nous avons adressé une requête au « Comité Régional pour le service radiotélévisé » et nous avions proposé une série d’émissions concernant la femme Valdôtaine et son milieu.

Nous n’avons jamais eu de réponse… Alors, faut-il conclure que le susdit Comité préfère le silence tout court, ou bien que le sujet (les femmes) ne revêt aucun « rilevante interesse sociale » ou bien que le groupe proposant, par son intention déclarée d’employer surtout la langue française et le patois, a posé un problème qu’il vaut mieux ignorer ?

L’Entraide des Femmes Valdôtaines

Tiré du Peuple n. 30 du 29/07/1982

Combat pour l'égalité des chances

Le long et difficile combat pour l’égalité des chances entrer hommes et femmes mené par les trois grandes institutions de la Communauté européenne ne progresse pas toujours de la façon la plus harmonieuse.

Le « nouveau programme d’action » pour les femmes, présenté au début de cette année par la Commission européenne a été jugé nettement insuffisant dans un certain nombre de domaines par le Parlement européen. Certains signes laissent également supposer que la commission parlementaire pour les droits de la femme se prépare à combattre les ministres des Dix si ceux-ci adoptent le programme d’action définitif sans tenir compte des recommandations du Parlement.

Du 10 au 14 mai dernier, l’hémicycle de l’Assemblée de Strasbourg a servi de cadre à un débat animé et parfois houleux sur les moyens d’améliorer le statut de la femme dans la Communauté en ce qui concerne la vie professionnelle, les droits sociaux et l’éducation.
Ce débat a porté principalement sur les propositions contenues dans un rapport élaboré par Mme Marie-Claude Vayssade (socialiste française). Il a conduit à l’adoption d’une résolution proclamant que le programme d’action proposé par la Commission ne représente que le strict minimum de ce que les femmes européennes peuvent espérer. La résolution souligne surtout qu’il convient d’adopter rapidement des mesures légales contraignant les pays membres à appliquer les dispositions prévues.

Le programme de la Commission met l’accent sur le renforcement des droits individuels et la nécessité de combattre les « discriminations indirectes ». La Commission réclame notamment la suppression des textes discriminatoires pour les femmes, l’adoption d’horaires de travail plus souples ainsi qu’un meilleur partage des responsabilités parentales.

Le Parlement a jugé ces propositions inadéquates, y voyant selon les termes de Mme Vayssade, un « catalogue de vœux pieux » que les Etats membres seront enclins à ignorer, surtout en ce temps de crise. Le Parlement a aussi déploré que le programme ne contienne aucune référence aux problèmes de santé, d’éducation et de formation. Pour Mme Vayssade et de nombreux autres parlementaires, la Commission se repose trop sur la « bonne volonté » des pays membres, dont certains répugnent pourtant à promouvoir l’égalité des chances.

La résolution adoptée par le Parlement à la quasi-unanimité des voix réclame aussi que des fonds plus importants soient accordés à la Commission pour qu’elle puisse intensifier son action en faveur des femmes. Certains parlementaires ont saisi l’occasion de déplorer, une fois encore, que la Commission, exclusivement composée d’hommes, ne prêche pas par l’exemple.

Tiré du Peuple n. 31 du 5/8/1982

La boite aux lettres

Les articles paraissant sous cette rubrique n’engagent pas la responsabilité de la Rédaction

Le tir au pigeon : une lettre de l’Entraide

L’Entraide des Femmes Valdôtaines exprime sa condamnation pour le massacre des pigeons advenu à St-Vincent samedi 18 septembre lors de l’ouverture du tir au pigeon.
Cette barbarie inutile que l’on appelle « sport » et qui n’est que l’expression de la cruauté et de la bêtise humaines a fait que, chaque fois, des milliers de volatiles, la queue coupée pour rendre moins facile le tir, sont tués et que d’autres blessés, agonisent pendant des jours, devenant la proie d’autres animaux.
Quelle prouesse, mes chers tireurs !

Mais vous, vous êtes en règle, n’est-ce pas ? Puisque (malheureusement) « il fatto non costituisce reato ». (De ce pas, pourquoi pas le tir aux chats, aux chiens, etc. ?).
Si cela suffit pour vous mettre la conscience tranquille !
Vous vous êtes bien amusés, cela est l’important et probablement vous songez déjà à recommencer : quel plaisir de tuer ! Vous avez soif de tuer, autrement cette hécatombe n’aurait pas eu lieu.
Et puis, c’est si facile : l’animal ne peut se défendre, vous ne lui laissez pas de chance.
Votre « instinct de mort » est ainsi largement satisfait.
L’Entraide des Femmes Valdôtaines

souhaite

Que la pratique immorale du tir au pigeon soit défendue sur notre territoire et substituée par le tir au pigeon d’argile ;

invite

L’opinion publique à se mobiliser afin que ces faits, qui ne font certes pas honneur aux êtres humains, n’aient plus à se répéter.

Tiré du Peuple n. 35 du 30/09/1982

Rendez-Vous de Donnas

Une soirée dédiée aux personnes âgées organisée par l’Entraide
A l’occasion du Rendez-Vous de Donnas, l’Entraide des Femmes a dédié la soirée du 16 septembre aux personnes âgées.

Pourquoi ce désir de rassembler des personnes d’un certain âge ? En tant que femmes valdôtaines sensibles aux problèmes sociaux de notre région nous avons cru souhaitable de donner la parole aux personnes âgées qui ont généralement des difficultés à se réunir, à se faire entendre, à se renseigner sur ce qu’on est en train de faire pour elles et à discuter sur ce qu’on devrait faire pour améliorer leur situation actuelle.

En plus de ça c’est un retour sentimental au passé que de revoir de vieilles photos et de parler de la vie qu’on menait autrefois. C’est pour ces raisons et pour d’autres plus évidentes encore que l’Entraide des Femmes a voulu réunir dans une ambiance familiale un public qui, bien que peu nombreux, s’est démontré attentif et intéressé.
La soirée s’est déroulée de la façon suivante :
Tout d’abord M. Georges Martin a présenté la recherche qu’il a faite sur les ramoneurs de la Vallée de Rhêmes.

Des diapositives projetées par la suite avec commentaires des ramoneurs eux-mêmes ont été le support essentiel de cet exposé.
Ensuite M. l’Assesseur Auguste Rollandin et M. Louis Roveyaz, médecin à l’Hôpital d’Aoste, ont illustré, en les commentant, les lois concernant le troisième âge.
Après les accordéonistes Ms. Fogliato et Gonthier avec leur musique ont animé la fin de la soirée.

Nous espérons avoir contribué, par le biais de cette assemblée amicale, à répondre à l’attente du public.

Tiré du Peuple n. 36 7/10/1982

La châtaigne

La châtaigne ce beau fruit de l’automne, dans les siècles passés a été un aliment très important pour notre population. De nos jours encore elle peut avoir une place très remarquable sur nos tables qu’elle garnit. Elle fait son apparition surtout à la Toussaint. Avec ce fruit on peut s’amuser à préparer plusieurs friandises et gâteaux. La châtaigne a aussi une valeur nourrissante et énergétique très élevée.

Nous vous proposons ici une recette :

TRUFFES DOUCES AU CHOCOLAT
Ingrédients : 500 gr. de châtaignes – 100 gr. de sucre – 25 gr. de beurre – 25 gr. de chocolat en poudre – 1 petit verre de rhum.
Préparation : Epluchez les châtaignes, faites-les cuire dans l’eau, et écoulez encore chaudes, enlevez leur la deuxième peau. Passez-les au passe-vite. Ajoutez le sucre, le beurre et le rhum, mélangez le tout jusqu’à obtenir une pâte bien uniforme.
Préparez avec cette pâte des grosses noix, pas trop uniformes, que vous allez passer tout de suite dans le chocolat en poudre et secouer délicatement. Elles se conservent pendant plusieurs jours.

BUCHE DE CHATAIGNE

Ingrédients : kg. 1.200 de châtaignes – du lait – 3 œufs – 100 gr. de sucre – 75 gr. de farine – 50 gr. de beurre – 250 gr. de chocolat en poudre – de la crème.
Préparation : Epluchez les châtaignes, faites-les cuire dans du lait, enlevez-leur la deuxième peau.
Débattez trois jaunes d’œuf avec 100 gr. de sucre, ajoutez 75 gr de farine et le blanc d’œuf monté en neige. Versez le mélange sur un papier beurré, étendez-le à une épaisseur d’environ un centimètre, faites cuire de 10 à 20 minutes dans le four pas trop chaud. Posez-le sur une nappe humide, étendez les châtaignes préalablement passées au passe-vite, auxquelles vous aurez ajouté 50 gr de beurre et 250 gr de chocolat en poudre.
Roulez le tout en formant une bûche, que vous garnirez avec de la crème fouettée et du chocolat râpé.


Tiré le Peuple n. 41 du 11/11/1982

Le rôle de la femme valdôtaine dans la société et son milieu

Nos rencontres qui ont lieu périodiquement, nous donnent la possibilité d’échanger des idées sur certains problèmes et notamment à l’égard du rôle de la femme valdôtaine dans sa famille, dans la société et dans son entourage. Nous pensons avant tout qu’il serait bien de faire une petite analyse et de noter les caractéristiques de la femme valdôtaine, son assiduité au travail, l’amour pour sa famille, l’amour de la liberté, l’attachement au terroir, l’orgueil et l’humilité à la fois, son sens religieux, son langage : voilà autant de points à examiner. Ses caractéristiques ne sont pas bien différentes de c elles de toutes les femmes du monde entier. Ce qui les caractérise c’est son appartenance ò un peuple bien défini par sa culture, son langage, sa civilisation.

Nous pouvons faire maintenant quelques constatations : la femme valdôtaine, en général, ne participe pas assez aux problèmes sociaux. Elle préfère la routine de tous les jours, en laissant résoudre ses problèmes à d’autres, peut-être par paresse, ou parce qu’elle ne sent pas cette nécessité. Elle est trop attachée à un système de vie qui, parfois, l’empêche de changer sa manière de vivre, et bien souvent la pousse à oublier elle-même et sa culture.

La femme a cependant un rôle très important dans la vie actuelle, et sa participation à la vie sociale devrait être développée pour qu’elle puisse connaître les lois existantes sur tout ce qui concerne ses problèmes.

Après ces constatations il faut voir quel est son rôle. Un des plus importants est encore actuellement celui de la famille, où la femme a toujours joué un rôle fondamental. Elle doit chercher en premier lieu à s’instruire davantage, et à transmettre son savoir, à faire valoir ses droits en tant que femme – à l’intérieur de sa famille et dans la société -, à conserver son orgueil et non seulement l’humilité. Il y a aussi le problème de la langue qu’elle doit sauver à tout prix, car c’est la langue qui caractérise notre peuple. Ensuite celui de l’école, où les enfants acquièrent leur formation. Il nous faut prétendre à travers les enseignants que notre langage maternel et la langue française soient respectés, au même niveau de la langue qui leur est imposée. Il faut connaître, et faire connaître, quels sont nos droits et quels sont nos devoirs. Le problème des jeunes est un point très important. Bien souvent on les ignore. Leurs capacités et leur intelligence ne sont pas assez prises en considération, ce qui ne permet aucune formation de la nouvelle génération, et l’on peut remarquer alors que les jeunes finissent par connaître seulement leurs droits et par ignorer leurs devoirs.

Il faut transmettre notre volonté d’être un peuple libre, d’aimer la paix et donc apprendre par le dialogue ce que veut dire la liberté, et quelles sont nos origines, pour pouvoir connaître le vrai sens de l’autonomie. Nous devons aussi nous occuper des personnes âgées. Les lois existantes bien souvent ne sont pas assez connues. A notre avis la femme valdôtaine doit prendre, là aussi, une position très nette, car ces lois doivent être un soutien et doivent permettre à nos personnes âgées de rester dans leur milieu, dans leur famille. Les instituts, ou maisons de repos, ne doivent servir que dans des cas très particuliers. Dans ce sens, l’on peut continuer à garder l’amour pour la famille et aussi notre civilisation.

Dans chaque commune ou district, nous avons maintenant un centre de consultation, qui a des fonctions intéressantes. La famille doit en tenir compte, pour la prévention des maladies, pour l’éducation sexuelle, pour les problèmes des avortements, des personnes handicapées, des drogués. Par note participation nous devons essayer d’améliorer ces centres de consultation et orienter les solutions des problèmes les plus importants.

Participation veut dire dialogue, par lequel nous pourrons trouver la direction de notre action, pour mieux garder les valeurs de notre peuple.

Tiré du Peuple n. 45 du 10/12/1982

1983

Approbation du Statut

Le Statut de l’Entraide, qui avait été soumis au C.E. de l’UV a été présenté au Comité Central qui l’a approuvé dans sa séance du 8 janvier 1983.
L’Entraide pourvoira donc à nommer une représentante au Comité Exécutif et trois représentantes au Comité Central.
Nous publions ici le texte du Statut en invitant toutes les femmes sensibles à la cause valdôtaine à adhérer à notre groupe.

Comme a souligné justement notre représentante Joséphine Gérard, qui a pris la parole au Comité Central pour illustrer le Statut, les Valdôtains doivent compter seulement sur leurs forces : en sensibilisant aussi les femmes à la question valdôtaine nous serons le double et nous pourrons ainsi mener notre combat d’une façon plus efficace.

Nous rappelons que pour se mettre en contact avec nous il suffit de téléphoner au Siège Central de l’UV (0165-41120) ou au Siège de Pont-St-Martin (0125-82393).

STATUT

- I
L’Entraide des Femmes Valdôtaines est une association féminine composée de femmes inscrites à l’Union Valdôtaine et de sympathisantes. Elles acceptent les principes et les buts du Mouvement ainsi qu’ils sont exprimés dans les articles 1 et 2 de ses statuts.

- II
Les buts de l’Entraide sont :
- la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine ;
- la défense de l’identité et de la dignité du peuple valdôtain, de sa culture et de ses traditions ;
- le développement des langues valdôtaines (français, patois, allemand, walser) à travers son action dans la famille, dans l’école et dans la vie quotidienne.

- III

En vue du progrès de la Communauté valdôtaine, l’Entraide conduit une action visant à résoudre les problèmes de la santé, de la vie socio-économique, du tiers âge, des porteurs de handicaps et des toxico-dépendances.

- IV

L’Entraide participe à la vie politique du Mouvement (réunions des sections, activités de formation, Rendez-Vous, etc.).
Dans ce but elle peut nommer 1 représentante au sein du Comité Exécutif, 3 représentantes au Comité Central et 9 représentantes au Congrès National au delà des femmes éventuellement élues directement par les Sections de l’UV.
Ces représentantes sont élues par l’Assemblée de toutes les adhérentes à l’Entraide au moment du renouvellement des charges dans les organes de l’UV.

- V

Pour faciliter son action l’Entraide se divise en deux groupes ; un pour les sections de la Basse Vallée, un pour la Moyenne et Haute Vallée.
Chaque groupe de l’Entraide se réunit ordinairement une fois par mois. Les deux groupes tiennent deux réunions annuelles conjointes, dans les deux zones respectives. Les décisions prises au cours des réunions sont valables à la majorité des voix des présentes.

- VI

L’Assemblée des femmes de l’Entraide nomme un groupe de coordination, composé de 3 membres, qui a la tâche de régler l’activité ordinaire de l’association et tenir les contacts nécessaires avec les autres associations et mouvements féminins.

Tiré du Peuple n. 3 du 20/01/1983

Alcoolisme

Puisque nos lectrices nous posent souvent des demandes d’éclaircissement au sujet des possibilités de se reprendre de l’alcoolisme, nous nous sommes adressées à l’Association Alcooliques Anonymes d’Aoste qui nous a envoyé l’article suivant.

L’alcoolisme est une maladie, progressive et incurable, qui atteint l’homme tout entier. C’est une allergie de l’organisme, doublée d’une obsession de l’esprit. Pour l’alcoolique, le problème n’est pas de renoncer à boire, mais de renoncer pour de bon et de se maintenir sobre avec sérénité.

Au physique, l’alcoolisme est une allergie, une hypersensibilisation de l’organisme à l’alcool, engendrant inévitablement une réaction désordonnée, doublée d’une obsession de l’esprit. C’est une maladie insidieuse et progressive : la maladie progresse très lentement, et cette lenteur déroute la plupart des alcooliques et les membres de leur entourage. Le terme en est très souvent la folie ou le suicide.

Cette maladie attaque le malade simultanément dans son corps, dans son esprit et dans sa conscience. L’alcoolique se définit : « Toute personne à qui l’abus fréquent des boissons enivrantes crée de sérieux problèmes dans l’organisation et la conduite de sa vie et qui cependant se révèle d’ordinaire incapable de renoncer à boire pour de bon, même si elle le veut, sans aide de l’extérieur ».

Nous considérons qu’être alcoolique n’est ni un honneur ni un déshonneur ! La médecine et la psychiatrie reconnaissent que le penchant presque irrésistible à boire est bien autre chose qu’un désir de satisfaire un caprice et que la nécessité d’absorber de l’alcool ne peut être vaincue par une thérapie médicale ordinaire ou le simple exercice de la volonté.

Certaines théories veulent que la cause de l’alcoolisme réside dans une disposition chimique particulière de l’organisme engendrant une tendance physique spéciale. D’autres prétendent que le complexe émotionnel manque de maturité ou de stabilité : qu’il existe une déficience quelque part dans le caractère : besoin d’évasion, complexe d’infériorité ou autres défectuosités du comportement psychologique. Tout ceci peut être entièrement ou partiellement véridique.

Pour simplifier le problème, nous assimilons l’allergie à l’alcool pour l’alcoolique à celle du sucre pour le diabétique. Jusqu’à présent, la science médicale n’a pas réussi à éliminer cette allergie de l’organisme. Un « ancien alcoolique » est une contradiction dans les termes. Quand on est alcoolique, c’est pour la vie. Même après dix, vingt ans de sobriété et d’abstinence, l’alcoolique est comme le nouveau venu, à « un » verre d’une « cuite ». C’est là le commun dénominateur de tous les alcooliques. Mais cette maladie, incurable dans le sens qu’un alcoolique, même après un temps considérable d’abstinence, ne peut plus faire un usage modéré d’alcool, il est possible d’en arrêter définitivement le cours et d’en écarter les effets nocifs, parce qu’on peut en supprimer la cause.

Présentement, une seule organisation, celle des Alcooliques anonymes, peut proclamer une réussite massive dans le relèvement et la rééducation des alcooliques proprement dits au moyen de ce qu’ils appellent les douze étapes.

Le succès indéniable que remportent les Alcooliques anonymes oblige à réfléchir. Chez eux, ni remède magique ou charlatanisme, ni réclame tapageuse ou cure spectaculaire. Selon leur onzième tradition, leur propagande repose sur l’attrait qu’exerce leur action individuelle. Ils gardent l’anonymat quand ils se servent de la presse ou de la radio, du cinéma ou de la télévision.

Aucun mystère dans leur doctrine, qui tient en moins de cinquante lignes, sous forme de suggestions, divisées en douze étapes et douze traditions. Les douze étapes orientent le relèvement progressif de l’alcoolique ; les douze traditions maintiennent le fonctionnement des groupes.

Les alcooliques anonymes s’appliquent par leur thérapie de groupe à libérer l’alcoolique de l’obsession qui le porte à boire. Le but visé est la sobriété sereine : c’est elle qui inspire leur programme de thérapie collective. L’obsession ne mine pas seulement la victime, mais, par réaction et par répulsion, étreint progressivement tous les membres de la famille : elle fait l’unité invisible de leur vie ; chez l’alcoolique, obsession par attrait et par besoin ; chez les membres de la famille, obsession par peur et par répulsion.

C’est pour cette raison que le programme des douze étapes peut s’appliquer avec le même rendement aux deux groupes d’obsédés : les alcooliques par les Alcooliques anonymes : les conjoints et parents d’alcooliques par les groupes familiaux Al-Anon. Cette organisation des Groupes familiaux Al-Anon est composée de parents ou amis d’alcooliques. Les membres de ces groupes s’entraident afin de mieux faire face à leurs problèmes très spéciaux.

Dans l’atmosphère de charité discrète qu’engendre une souffrance commune, au contact d’épouses d’alcooliques, prêtes à aider avec cordialité, l’isolement s’effrite et l’espoir renaît. L’épouse en vient à admettre avec sérénité son impuissance à guérir directement son malade, et toutes ses forces se concentreront en vue de créer l’atmosphère de compréhension et de sympathie qui, tôt ou tard, amènera le malade à chercher lui-même un remède efficace.

Epoux ou épouse, fiancé ou fiancée, parent ou enfant d’un buveur à problèmes, pour aider ce dernier à devenir et à rester sobre, votre compréhension de la nature de l’alcoolisme jouera un rôle déterminant. L’espoir est un thème omniprésent chez les Alcooliques anonymes. Beaucoup de membres, naguère considérés comme des cas désespérés, totalisent aujourd’hui nombre d’années de sobriété.

N’oubliez pas qu’il ne faut jamais perdre l’espoir et que, par votre connaissance de la maladie et des Alcooliques Anonymes, ainsi que par votre volonté d’adapter à votre propre vie ce que vous pourrez de leur programme, vous pouvez aider efficacement le buveur à problèmes dont vous partagez l’existence.

Pour des contacts téléphoner : (0165) 35632/33988/31186/44730.

Tiré du Peuple n. 4 du 27/01/1983

Observations au plan socio-sanitaire régional

L’Entraide des Femmes

ayant examiné la proposition du plan socio-sanitaire régional pour les années 83-85, en particulier le point n. 15 (prevenzione dell’handicap ed assistenza agli handicappati) et n. 8 ( tutela materna-infantile)

SOULIGNE

pour ce qui concerne le point n. 15 ;
1) l’importance de la prévention. A ce sujet elle insiste sur la nécessité d’une campagne d’information sur l’hygiène de la grossesse et les contrôles et les examens prénatals qui permettent de soigner à temps, sinon d’éviter le handicap ou, le cas échéant, de pratiquer l’avortement thérapeutique.
2) La nécessité d’une majeure collaboration entre les Assessorats de la Santé et Aide Sociale et de l’Instruction Publique afin que les structures de l’école soient moins rigides pour permettre une meilleure insertion des porteurs de handicaps.
3) La nécessité d’intégrer, autant que possible, les sujets porteurs de handicap dans le monde du travail, ce qui leur offre la possibilité de se réaliser en parvenant ainsi à une intégration sociale.
4) Le manque de structures aptes à soutenir les familles des personnes handicapées. A ce propos l’Entraide des Femmes félicite l’Assessorat à la Santé et Aide Sociale pour la récente ouverture du « Centre d’Accueil pour les enfants et jeunes porteurs de handicaps graves » et sollicite la réalisation au plus tôt des structures de Châtillon et de Hône prévues.

L’ENTRAIDE

pour ce qui concerne le point n. 8

RAPPELLE

l’importance de la loi régionale n. 65 du 11 novembre 1977 portant interventions pour la procréation libre et responsable, la protection de la femme, des enfants, du couple et de la famille et en particulier de l’article 2 de la susdite loi (activité des Centres de Consultation).

SOULIGNE

L’importance de l’assistance psychologique et sociale pour l’individu, le couple, la famille, en particulier pour ce qui concerne les problèmes de la sphère sexuelle.

DEMANDE

que l’on parvienne à une humanisation de l’accouchement par
1) le développement des cours de préparation psycho-prophylactique à l’accouchement (RAT) pour les femmes enceintes. A ce propos il convient de souligner le fait que les parturientes ayant fréquenté le cours en tireront profit si elles sont assistées par du personnel compétent ; il est donc souhaitable que tout le personnel sanitaire du pavillon de la maternité ait connaissance du RAT et en tienne compte ;
2) L’institution de différents types d’accouchement notamment celui LEBOYER.

REMARQUE

que dans les districts et les dispensaires polyvalents on parle toujours d’activité de « gynécologie » et non de « gynécologie-obstétrique ». Peut-être que les soins d’obstétrique concernant le contrôle de la grossesse ne sont pas à destiner à de tels niveaux ? Nous souhaitons donc que la diction « gynécologie-obstétrique » soit maintenue.

SOUHAITE

que les moments de reliement entre hôpital et territoire soient faits au plus vite, ce qui est important aussi du point de vue de la formation des opérateurs. L’Entraide espère que le département parvienne à concrétiser son action en opérant un reliement entre les opérateurs.

EXPRIME

le vœu qu’un des buts principaux, poursuivis par les Centres de Consultation, c’est-à-dire celui d’être un centre de discussion de certains problèmes, celui de promouvoir une acquisition de conscience, une modification de rapports, ne soit pas perdu de vue, sans quoi le rôle de ces services se réduirait à celui de simples dispensaires.
Une information de la population sur l’activité conduite et de ses rencontres entres opérateurs et usagers sont aussi des conditions essentielles pour le bon fonctionnement de ces Centres, afin que la structure publique puisse offrir davantage dans le domaine sanitaire t social.
Vraiment des Centres de Consultation peut commencer un dialogue afin de transformer les opérateurs sanitaires et les structures dans lesquelles ils travaillent, en les conformant aux exigences du couple.
Afin de parvenir à des résultats concrets il est nécessaire d’orienter ces services dans une direction bien définie d’après une confrontation entre les opérateurs et les usagers (afin aussi que ces derniers puissent exprimer leurs exigences), en développant certains domaines, en privilégiant certains aspects, en se préfixant quand même des objectifs déterminés.

SOUHAITE

que l’on parvienne à surmonter les difficultés qui entravent le développement des Centres de Consultation afin que par leur action on puisse faire face aux problèmes des usagers et donc améliorer la qualité de la vie des citoyens.
Nous demandons donc que ce projet objectif soit particulièrement suivi surtout par des formes adéquates d’information et de participation active des usagers aux initiatives d’éducation sanitaire mises en œuvre par les Centres de Consultation.

L’ENTRAIDE
Tiré du Peuple n. 7 du 17/02/1983

Centres de Consultation

Par cette série d’articles l’Entraide des Femmes Valdôtaines se propose de mieux faire connaître, en particulier aux femmes, les fonctions et les services des Centres de Consultation. Nous avons en effet remarqué à maintes reprises le manque d’information à ce sujet ; souvent lors de nos réunions est ressortie l’exigence de parler des Centres de Consultation, d’expliquer de quoi il s’agit, de confronter nos expériences à cet égard. Nous voilà donc engagées à traiter cet important et vaste sujet : nous commençons par expliquer ce qu’est le Centre de Consultation en disant qu’il s’agit d’un service que l’USL offre à la population.

La loi de l’Etat n. 405 qui a institué les Centres de Consultation en 1975 les définit ainsi : « Il consultorio è un servizio socio-sanitario per mezzo del quale le singole persone, la coppia, la famiglia intera possono ricevere informazioni ed assistenza, psicologica e sociale, per la preparazione alla maternità ed alla paternità responsabile, la divulgazione dell’informazione idonea a promuovere o prevenire una gravidanza, la somministrazione dei mezzi necessari per conseguire le finalità liberamente scelte dalla coppia o dal singolo in ordine alla procreazione responsabile ».

Cette loi est née à la suite des exigences réelles, ressorties dans les débats, les luttes, les requêtes continuelles de la part de forces politiques et sociales. Le manque de services sanitaires adéquats et de structures socio-sanitaires pèse surtout sur la femme. En effet c’est elle qui affronte tous les problèmes de la vie familiale. C’est pour cela que les mouvements des femmes ont toujours été les plus sensibles et les plus intéressés à la création de ces structures.

La loi régionale n. 65 du 11 novembre 1977 a fixé les critères pour la programmation et le fonctionnement de ces Centres. Le service que fournit avant tout le Centre de Consultation est multidisciplinaire : grâce à la collaboration des divers spécialistes, l’on peut donner un conseil, une aide à l’usager qui en fait demande. Il s’agit là d’une manière nouvelle d’exercer la profession de médecin qui place le Centre de Consultation à l’avant-garde par rapport aux systèmes traditionnels de travail. Afin que les usagers ayant besoin d’une aide technique particulière puissent en prendre conscience et se rendre compte qu’ils pourront satisfaire leur exigence dans les structures publiques, le travail devrait être porté à la connaissance de la population.

Comme nous avions déjà souligné dans les observations au plan socio-sanitaire régional, un des buts principaux des Centres de Consultation est celui de promouvoir une acquisition de conscience, sans quoi ces structures risquent de devenir des dispensaires plus ou moins efficients, avec l’insatisfaction des usagers et le conséquent recours à la médecine privée. Pour ce qui concerne celle-ci, nous sommes de l’avis qu’il faut la maintenir mais il fut diriger les efforts pour améliorer la structurer publique dans le domaine sanitaire et social afin que l’usager la recherche spontanément.

Ces temps-ci on parle beaucoup des Centres de Consultation et on se plaint surtout de leur mauvais fonctionnement : selon certains c’est à cause du manque de volonté politique, selon d’autres c’est à cause de la mauvaise volonté des opérateurs, selon d’autres encore c’est à cause de l’appareil bureaucratique, etc., etc. Selon nous, la faute principale est à l’état : nous pouvons tous constater avec quelles difficultés cette énorme machine qu’est l’USL est en train de démarrer. De plus les salaires prévus pour les opérateurs ne les encouragent certes pas à opérer dans les structures publiques. Un exemple suffit : un gynécologue d’un Centre de Consultation perçoit quinze mille lires à l’heure. Or je crois que nous connaissons tous les tarifs des gynécologues privés. Il faut considérer aussi qu’à cause des difficultés de l’USL, parfois les paiements arrivent avec des mois de retard.

De cette manière on n’encourage, hélas ! que la médecine privée. Les spécialistes et tous les opérateurs i travaillent dans les Centres de Consultation méritent donc notre reconnaissance parce qu’ils ont choisi volontairement d’œuvrer dans ces structures malgré les nombreuses difficultés.

D’autre part c’est notre droit et notre devoir en tant que femmes de défendre ce service.
Nous avons posé à ce propos quelques questions à l’Assesseur à la Santé et Aide Sociale, M. Auguste Rollandin.

1. Assesseur, que pouvez-vous nous dire au sujet des difficultés qui entravent le bon fonctionnement de ces Centres ?
Les causes principales sont dues aux motifs que voici :
a) Manque de spécialistes ;
b) Difficulté de prévoir les spécialistes de l’hôpital au travail dans les dispensaires du territoire ;
c) Nécessité d’une connaissance plus approfondie des possibilités de travailler pour la prévention non seulement des maladies typiques de la femme mais aussi de l’homme.

2. Que pensez-vous du « Piano Azione Donna » du Ministère de la Santé ? La Cour des Comptes avait bloqué cette campagne d’information sur la santé de la femme en objectant sur son urgence (sic !)…
Je partage l’avis que le « Piano Azione Donna » devait être étudié et programmé par les Régions et non pas imposé par l’Etat, tout en sachant qu’il y a des difficultés à gérer certains programmes.

3. Un bilan de l’activité des Centres de Consultation jusqu’à présent et vos prévisions sur leur avenir.
Il faut bien avouer qu’il y a eu des difficultés surtout si on analyse le cas de la Ville d’Aoste. Tout de même le fait que sur le territoire on soit en train de travailler pour sensibiliser la population est très important et très apprécié. Nous faisons des efforts pour travailler encore davantage afin d’améliorer le service.

4. Un thème à l’ordre du jour : le déplacement du Centre de Consultation de Pont-Saint-Martin à Donnas. Pourquoi tellement de polémiques pour déplacer de deux kilomètres ce service ? Vous êtes la cible préférée de nos adversaires politiques : la dernière accusation que l’on vous adresse est celle d’avoir commis par ce déplacement un acte de violation des lois en vigueur… Tout en étant solidaires avec votre position nous aimerions que vous éclaircissiez pour nos lectrices et nos lecteurs ce problème.
On a instrumentalisé et mal compris le problème. Il ne s’agit pas de priver un district de certaines fonctions ou de l’autonomie de travail qui sont à la base de la décentralisation. On veut uniquement déplacer les secteurs gynécologique et pédiatrique dans un centre mieux équipé comme celui de Donnas plutôt que les maintenir à Pont-Saint-Martin où les locaux sont très étroits.

Toutes les autres activités telles que assistance sociale et psychologique et la médecine de base restent à Pont-Saint-Martin. On a envisagé cette solution dans l’intérêt de la population pour améliorer le service en tenant compte du fait que le dispensaire de Donnas est aux portes de Pont-Saint-Martin.

A. de l’Entraide des Femmes

Tiré du Peuple n. 13 du 31/03/1983

Notre santé « AZIONE DONNA » et les Centres de Consultation


La campagne de publicité lancée par le Ministère de la Santé sous l’appellatif « Azione Donna » a engendré pas mal de polémiques. La « Corte dei Conti » l’a même bloquée ; puis la campagne a démarré mais les administrations régionales ont protesté parce qu’elles ont été exclues de sa gestion ; dans ce cas elles avaient sans doute raison.
Les catholiques, aussi d’après le journal « Corriere Medico », ont critiqué la campagne. Le même journal publie des données diffusées par le Ministère de la Santé qui sont intéressantes et font réfléchir.

Les Centres de Consultation publics qui étaient 1824, en 1981, ont augmenté jusqu’à 1874 en 1982. Les Centres de Consultation privés (125 en 1981) sont presque tous dans le nord de l’Italie.
L’âge moyen des femmes qui fréquentent les Centres de Consultation est entre les 25 et les 35 ans et il s’abaisse toujours.

Les femmes demandent surtout des contraceptifs, la prévention des tumeurs gynécologiques (Paptest), l’assistance pendant la grossesse, des certificats pour l’avortement. Quant à l’emploi des contraceptifs les femmes italiennes sont à l’arrière-garde en Europe : seulement 4,8% des femmes en emploie, contre 36% aux Pays-Bas, 34% en Belgique, 30% en France, 15% en Espagne.
Le nombre des avortements en 1981 a été de 222.674, mais on ne connaît pas le nombre des avortements clandestins. En 1981, le 60,7% des médecins spécialistes en obstétrique et 51,2% des spécialistes en anesthésie étaient des objecteurs de conscience. Chaque année on découvre 18.000 nouveaux cas de tumeur de la mamelle, dont 8.000 mortels. Les tumeurs de l’utérus sont 17.000. Il faut rappeler que 80% des deux types de tumeur peut guérir si on fait un diagnostic précoce. Le taux de guérison s’abaisse à 45% si on le découvre en retard.

Il faut donc que les femmes sachent surtout deux choses : les Centres de Consultation doivent devenir de plus en plus des structures au service de la femme et de la famille. La santé de la femme et les problèmes de la grossesse, de la prévention des handicaps etc. sont des problèmes sociaux très importants ; donc les femmes doivent s’en occuper sérieusement aussi bien au niveau personnel que par leur engagement aux différents niveaux de la vie publique.

L’ENTRAIDE

Tiré du Peuple n. 16 du 21/04/1983

Fête sociale


L’Entraide des Femmes Valdôtaines organise aussi cette année, ainsi qu’elle l’a fait dans le passé, sa fête sociale. Il s’agit d’un moment important pour notre association et pour toutes les femmes qui croient dans les idéaux autonomistes et dans la Cause Valdôtaine. En effet notre fête n’est pas seulement l’occasion pour une kermesse, mais elle est un moyen de rencontre, de débat et d’échange d’idées.
C’est pour cela que nous espérons que les femmes valdôtaines voudront en profiter et qu’elles participeront nombreuses à notre fête sociale.

En cette occasion l’Entraide a pensé d’organiser un débat autour d’un thème qui intéresse nous toutes : « La Femme Valdôtaine : conditions et rôle. Témoignages et essai de recherche ». Il s’agit là d’une recherche qu’un groupe de l’Entraide a entreprise et qui vous sera illustrée lors de la rencontre afin de soutenir un débat entre nous.

Nous invitons donc les femmes à notre fête sociale qui aura lieu le SAMEDI 7 MAI 1983 à SARRE, à l’Hôtel restaurant « Del Giardino » avec le programme suivant :
18h30
- présentation de notre recherche suivie par un débat.
- Présentation de la candidate de l’Entraide des Femmes pour les élections régionales.
20h30 :
- Dîner social (le prix du dîner est de 17.000 lires).

Pour les réservations de places au dîner, vous pouvez téléphoner AVANT LE 5 MAI au siège central de l’UV (tél. 41120) ou directement au Restaurant « Del Giardino » à Sarre (tél. 47002).

Tiré du Peuple n. 17 du 28/4/1983

Communiqué de l’Entraide


à l’occasion de l’exposition sur l’Irlande et de la visite en Vallée d’Aoste de M. Ruarì Ò Bràdaigh, Président du parti irlandais Sinn Féin

DENONCE

1) les conditions inhumaines dans lesquelles sont tenus les prisonniers politiques irlandais ;
2) les mauvais traitements qu’ils subissent ;
3) les perquisitions corporelles complètes auxquelles sont régulièrement soumis aussi bien les détenus que les personnes qui leur rendent visite (y compris les enfants) ;
4) l’emploi contre les civils d’armes condamnées par le Parlement européen et les conséquents décès et mutilations de plusieurs personnes, notamment d’enfants ;

EXPRIME SA SOLIDARITE

en particulier aux femmes actuellement détenues, obligées de subir les humiliations susdites et toute autre forme de violence physique et psychologique ;

SOUTIENT

les requêtes du parti irlandais Sinn Féin, c’est-à-dire :
1) le retrait immédiat des troupes anglaises de l’Ulster ;
2) le droit du peuple irlandais à son auto-détermination ;

INVITE

les forces politiques, les différentes organisations et l’opinion publique à se mobiliser afin que le peuple irlandais puisse finalement disposer de lui-même.

Aoste, le 9 mai 1983

Tiré du Peuple n. 19 du 12/05/1983

Fête sociale de l’Entraide des Femmes


Samedi 7 mai a eu lieu à Sarre, au Restaurant « Del Giardino », la fête sociale de l’Entraide des Femmes Valdôtaines.
Mlle Maria Ida Viglino a illustré le travail de recherche sur la femme Valdôtaine effectué par un groupe de l’Entraide et présenté à cette occasion. Elle a souligné l’importance de ce document et a présenté un bref aperçu historique sur notre passé.
L’Entraide, en remerciant Mlle Viglino pour son dévouement à la Cause Valdôtaine et l’activité déployée au cours de ces années au sein de l’UV surtout dans le domaine de l’école, lui a offert un bouquet de fleurs et un parchemin avec les signatures de nous toutes. Ensuite a pris la parole Maria Rita Maquignaz Bétemps (Magui), notre candidate aux élections régionales, qui a rappelé le rôle actuel de la femme dans la société.
Le Président de l’UV, M. J.-C. Perrin a adressé à l’Entraide une lettre d’encouragement au nom du Mouvement.
Un débat a été ouvert sur l’activité de notre association dans la prochaine campagne électorale.
Ensuite ont été lues des poésies écrites par des femmes Valdôtaines, qui ont été reportées dans le document de recherche.
Un repas a suivi, animé par des chants de nous toutes ; ensuite Magui a pris sa guitare pour nous réjouir avec ses chansons.


a.r.

Nous publions ici la lettre que le Président de l’UV nous a adressée à l’occasion de notre fête sociale, au début de laquelle a été présenté notre travail de recherche sur la femme Valdôtaine.

Chères amies,

Pour la première fois dans ces 38 ans de vie de l’Union Valdôtaine possède une association féminine active et nombreuse.
Cela démontre que les idéaux pour lesquels Emile Chanoux a donné sa vie et pour lesquels plusieurs Valdôtains se sot sacrifiés ne sont pas morts.
Bien au contraire ils sont toujours plus vivants et la naissance et l’activité croissante de l’Entraide des Femmes Valdôtaines en est un exemple.
A travers vous aussi, la Cause Valdôtaine reprend un élan surprenant car ne l’oubliez pas, les femmes représentent la bonne moitié du peuple valdôtain. Vous êtes donc l’espoir de la continuité de la lutte pour la liberté de notre pays.
En grossissant les rangs de ces rares femmes qui comme Mlle Viglino ou Mme Perruchon veuve Chanoux ont embrassé dès le début cette cause juste et noble de la liberté valdôtaine, vous contribuez à la victoire finale.
N’oubliez pas que les femmes ont un rôle et une mission probablement plus grands encore que ceux des hommes. C’est vous qui, par l’éducation des nouvelles générations, pouvez transmettre les valeurs valdôtaines : amour de la famille, amour du Pays, désir de liberté et de justice. C’est vous qui pouvez, plus que les hommes, transmettre à vos fils nos langues ancestrales, le français et le patois.
N’oubliez donc pas ce rôle et cette mission. Transmettez la flamme qui doit rester toujours allumée pour que la Vallée d’Aoste ne succombe pas. J’en suis sûr : Vous le ferez. Ce Congrès d’aujourd’hui, l’ardeur que vous avez mise pour rechercher votre rôle dans le passé, la volonté qui vous anime sont là pour dire : Nous les Femmes Valdôtaines nous n’abandonnerons jamais la tranchée et nous lutterons pour que la Vallée d’Aoste vive.
Bon travail et allez toujours de l’avant. Ensemble nous gagnerons !
Au nom de l’UV je vous adresse tous mes remerciements les plus chaleureux et mes souhaits de bon travail et bonne fête.
Merci et vive l’Entraide !

Joseph-César Perrin
Président de l’UV

Tiré du Peuple n. 20 du 19/05/1983

Centres de Consultation


Nous poursuivons notre série d’articles sur les Centres de Consultation en parlant de leur emplacement.
Les premiers 3 Centres de Consultation ont été ouverts dans la ville d’Aoste en octobre 1979. Les services dépendaient alors de la Commune d’Aoste. Ensuite, petit à petit, d’autres Centres de Consultation sont nés, gérés par les Communautés de Montagne, dans toute la Vallée jusqu’au nombre actuel de 14.

Nous les indiquons brièvement :

District 1
Le siège du C. de C. est à Morgex (hameau Liarey). Les services ambulatoires sont fournis à : Morgex – Hameau Liarey, Courmayeur – Hameau Larzey.

District 2
Le siège du C. de C. est à Villeneuve – place Emile Chanoux.

District 3
Le siège du C. de C. est à St-Pierre, rue de la Liberté. Les services ambulatoires sont servis à :
St-Pierre – rue de la Liberté
Cogne - à l’infirmerie

District 4
Le siège du C. de C. est à Variney – Ecoles Moyennes

District 5
Les sièges des C. de C. sont à Aoste : rue Festaz, boulevard Europe, place Bataillon Cervin. Les services ambulatoires sont fournis aussi rue Vuillerminaz, avenue d’Ivrée et dans les cabinets médicaux de St-Christophe-Sarre et Gressan.

District 6
Le siège du C. de C. est à Quart, hameau Villair et Nus, rue Aoste.

Districts 7-8-9
Le siège du C. de C. est à Châtillon, au Centre de Service Social. Les services
ambulatoires sont fournis aux Sièges des C. de C. de :
Valtournenche, cabinet médical de la Maison communale ; Antey-St-André, immeuble Méabé pour le district n. 7.
Chambave, cabinet médical de la Maison communale pour le district n. 8.
Châtillon, rue Barat ; St-Vincent, cabinet médical de la Maison communale pour le district
n. 9.

District 10
Le siège du C. de C. est à Brusson, hameau La Pila

District 11
Le siège du C. de C. est à Verrès, rue Crétier.

Districts 12-13
Le siège du C. de C. est à Donnas près du Dispensaire Polyvalent, rue Rome.

District 14
Le siège du C. de C. est en vue de réalisation.

Pour ce qui concerne la ville d’Aoste

Le Centre de Consultation du Quartier Dora
est pour les usagers de la zone est de la ville, du côté de la rive gauche du Buthier, quartier Dora, avenue d’Ivrée et pour les communes de la ceinture : St-Christophe, Pollein, Charvensod, Gressan, Jovençan (sauf Sarre) ;

Le Centre de Consultation de rue Festaz
est pour les usagers du Centre de la ville, de la rive droite du Buthier jusqu’à rue Monte-Vodice, avenue des Maquisards, plus ou moins ;

Le Centre de Consultation du Quartier Cogne
est pour les usagers de la zone de St-Martin-de-Corléans, du Quartier Cogne et de Sarre. Les usagers sont donc vivement priés de se rendre dans leurs zones respectives afin d’éviter un afflux excessif dans un Centre plutôt que dans un autre, avec par conséquent l’entravement des services.

DOCUMENTAZIONE SUL SERVIZIO DI CITOGENETICA

Presso il Laboratorio Regionale di Igiene e Profilassi è operante dai primi mesi del 1981, un Servizio di Citogenetica. Il servizio è in grado di eseguire mappe cromosomiche con vari tipi di bandeggio e prestare consulenza genetica facendo riferimento anche all’Istituto di Biologia Generale e Genetica Medica della Università di Pavia.

Il servizio risulta utile, fondamentale nella diagnosi e nella prevenzione di anomalie che abbiano come sospetta causa o concausa alterazioni cromosomiche.
Si propone qui di seguito una scheda elaborata dal servizio stesso con le principali indicazioni allo studio del cariotipo nell’ambito del consultorio familiare.
« Dai dati della letteratura risulta che l’incidenza delle cromosopatie nell’uomo non è trascurabile, e aumenta notevolmente in determinate situazioni a rischio che possono variare in relazione al tipo di anomalia interessata :
una alterazione strutturale bilanciata è trasmissibile, mentre una alterazione numerica è generalmente accidentale.

LE TRASLOCAZIONI CROMOSOMICHE BILANCIATE sono più frequenti di quanto si potrebbe pensare, in quanto coinvolgono una persona su 500, e quindi una coppia su 250 rischia, ad ogni gravidanza, di avere figli affetti. In realtà l’incidenza di bambini patologici è molto inferiore al rischio teorico previsto : soltanto un numero di neonati pari al 5-13% del rischio teorico è realmente affetto. Tale differenza è dovuta all’alta incidenza di aborti, anche precocissimi, o alla mancata produzione di alcuni tipi di gameti per l’impossibilità di appaiamento dei cromosomi omologhi (in taluni casi è perciò presente subfertilità secondaria).

Le ALTERAZIONI NUMERICHE derivano da malsegregazione cromosomica durante la formazione dei gameti paterni o materni. In questi casi i genitori hanno generalmente cariotipo normale e il rischio di anomalie per i figli successivi deve essere calcolato tenendo conto dei fattori che favoriscono la non-disgiunzione cromosomica. I dati epidemiologici più ampiamente utilizzati riguardano la sindrome di Down (uno su 600 nati). I fattori che maggiormente interessano tale processo sono : l’età dei genitori (soprattutto materna), le radiazioni, alcune sostanze chimiche e la costituzione genetica.

La consulenza genetica si prefigge lo scopo di sensibilizzare la popolazione al problema delle malattie ereditarie, che, come è stato statisticamente provato, sono responsabili del 40% delle malattie mentali, del 15% delle malattie pediatriche e di un’alta percentuale di ricoveri ospedalieri.

La prevenzione delle malattie ereditarie si attua informando i singoli e le famiglie dei rischi effettivi derivanti da matrimoni tra consanguinei o tra soggetti portatori di forme morbose, anche se apparentemente sani. In questo ambito è possibile effettuare l’analisi del cariotipo e individuare eventuali anomalie cromosomiche, che sono responsabili di circa il 40% degli aborti spontanei entro il primo trimestre e che, se compatibili con la vita, arrecano spesso danni gravissimi.

Riportiamo qualche dato riferito all’incidenza di malattie genetiche su 100 neonati vivi :
Anomalie cromosomiche di numero 5
Anomalie cromosomiche di struttura 2
Malattie ad eredità autosomica dominante 7
In totale 14
Questi dati portano ad un rischio individuale per la patologia elencata di 1 su 70.
Va rilevato che le attuali strutture sanitarie al momento non prevedono sotto alcuna forma istituzionalizzata l’attività di consulenza genetica. In tale senso è fondamentale che nelle nuove strutture consultoriali sia posto in essere tale servizio ed è perciò necessaria la collaborazione di tutti gli operatori sanitari che agiscono sul territorio.

SCHEMA RIASSUNTIVO PER LA RICHIESTA DI STUDIO DEL CARIOTIPO
- NELL’ADULTO

1) Sterilità :
a) per aspermia o oligospermia nell’uomo ;
b) per amenorrea nella donna ;
c) per malformazioni agli organi genitali.
2) Aborti spontanei ripetuti entro il primo trimestre di gravidanza (il 40% circa riconosce una causa citogenetica).
3) Presenza di familiari o figli con ritardo mentale.
4) Presenza di familiari o figli con quadri malformativi già correttamente diagnosticati come anomalie cromosomiche.
5) Elevata età dei genitori (soprattutto della madre) al momento della gravidanza.
6) Grave preoccupazione da parte dei genitori che temono la procreazione per questo motivo.

- NEL BAMBINO

1) Malformazioni multiple neonatali.
2) Ritardi psicomotori.
3) Ritardi pondero-staturali.
4) Ritardo nello sviluppo, ipogonadismo.
I prelievi si eseguono nei giorni di lunedì, martedì e venerdì dalle ore 8 alle ore 9,30 previa prenotazione, anche telefonica ».

Tiré par le Peuple n. 21 du 26/05/1983

L’intervention de l’Entraide lors du Comice d’ouverture de la campagne électorale de l’UV


Mes amis,
Après les allocutions de M. Perrin, Mlle Viglino, M. Barocco, il ne me reste plus grand chose à dire, mais, tout de même, je pense devoir vous expliquer pourquoi je suis là, pour représenter l’Entraide des femmes et, bien sûr, l’Union Valdôtaine.

L’Entraide, vous le savez, est un groupe de femmes de l’UV et sympathisantes, qui, désirant participer d’une façon plus active et consciente à la vie politique de leur pays, ont ressenti la nécessité de se réunir pour débattre ensemble leurs problèmes, se documenter, chercher et proposer des solutions.
Elles ont fait cela avec beaucoup de sérieux et d’humilité, mais conscientes de l’utilité de leur contribution à la vie du Mouvement.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, elles ont voulu participer, à vos côtés, à cette compétition électorale, pour partager vos efforts et votre lutte, comme elles partagent vos idéaux.
Peut-être aussi se sont-elles un peu fatiguées de travailler toujours dans l’ombre d’avoir une fonction de « soutien » ; elles désirent aujourd’hui travailler « avec » vous, « à côté » de vous. Les femmes m’ont proposé de les représenter ici, ce dont je les remercie. Je ne vous dirai pas, chères amies, que je suis fière de l’honneur que vous me faites, etc… cela ne me ressemble pas, je vous dirai simplement que si vous m’avez choisie, c’est que vous avez estimé que je pouvais vous représenter et, avec vous, toutes les femmes valdôtaines : pour cela je vous remercie, vraiment, parce que j’estime que les femmes valdôtaines sont quelqu’un de bien.

Je ne parle pas là des grandes femmes qui se sont distinguées dans différents domaines (Nous venons d’en écouter, et saluer, avec beaucoup d’émotion une, ce soir) et je ne parle pas, non plus, de celles qui, tout en ayant les capacités, n’ont pas eu la possibilité, pour différentes raisons, de le faire : vous connaissez tout cela.
Je parle ici des femmes soit-disant ordinaires : de celles qui ont su, pendant ces siècles, prendre en charge la famille et l’entreprise familiale pendant que leurs maris, durant de longues saisons, émigraient à l’étranger, et qui rentraient dans l’ombre, sitôt l’homme revenu. Je parle de celles qui sont entrées dans les usines, les bureaux, pour contribuer au budget de la famille, de celles qui, à la campagne, ont toujours travaillé autant que les hommes, de celles qui, sans avoir une culture spécifique, ont toujours su élever leurs enfants en bons valdôtains et en faire les hommes « bien » que vous êtes ; de celles qui ont toujours su apprendre le patois et le français à leurs enfants.
Je parle de celles qui, aujourd’hui, choisissent, je dis bien choisissent de parler patois à leurs enfants, à vos enfants : et rappelez-vous bien qu’il ne s’agit pas seulement d’un choix linguistique : c’est beaucoup plus, c’est leur donner des racines, c’est leur créer un lien avec leur territoire et leur peuple, dont ils ne pourront jamais se passer : ils pourront un jour contester votre choix, mais ce sera toujours une partie de leur personnalité avec laquelle ils devront faire les comptes.

Et, tôt ou tard, on a besoin de ses racines : pour se reconnaître, pour avoir quelque chose d’original à donner aux autres, pour s’enrichir à travers les contacts extérieurs, sans être victimes de la superficialité et de la banalisation de la culture des médias : ce sont les racines qui permettent à un arbre de pousser et de s’épanouir, sans se laisser briser ou emporter par le vent.

Ce sont, enfin, nos racines qui nous permettent de nous reconnaître en tant que peuple, dans des époques et des contextes sociaux et économiques différents : et cela, pour nous est fondamental : si nous voulons vivre et non pas survivre (dans l’idée de survie s’annonce déjà l’idée de la mort, ce que nous refusons très fort), si nous voulons être respectés et réclamer nos droits, en tant que peuple, nous devons, tout d’abord, en avoir nous mêmes la conscience… et la dignité.

Nous avons souvent parlé de colonisation de la part de l’Etat (Je dis bien l’Etat) italien : je l’ai fait aussi, c’était une analyse à faire : les données démontrent que nous avons été colonisés au point de vue économique, culturel, linguistique : c’est indéniable.
Mais, cela dit, il ne faut pas s’en faire un alibi moral pour justifier toutes nos faiblesses et nos défaillances. La partie adverse est forte, bien sûr, mais sommes-nous certains de rassembler toutes nos forces à nous pour la contraster ? Ne jouons-nous pas un peu trop les victimes ?

Ce n’est pas la conduite qu’ont tenue les Valdôtains au cours de tout le Moyen Age, lorsqu’ils ont obtenu, seuls parmi tous les territoires appartenant à la Maison de Savoie, le privilège des franchises.
Ce n’est pas la conduite qu’ont tenue les centaines de Valdôtains qui, lors des Révolutions des Socques, ont su s’armer, descendre de leurs vallées, s’opposer à Napoléon et au Roi de Sardaigne, pour protester contre les impôts qu’ils considéraient injustes.
Et ce n’est pas, non plus, l’attitude qu’ont eue les Valdôtains lors de la Résistance et après, quand ils étaient 20.000 à Aoste, manifestant pour le plébiscite.
Et ce statut d’Autonomie qui nous a été octroyé, qui est tout ce que nous avons, quoiqu’il soit bien loin d’être celui que nous souhaitons, n’a toutefois pas été un cadeau, mais le résultat d’une négociation, et nous l’avons eu parce que nous avions la force pour l’exiger.
Et ceux qui ont donné leur vie pour que leur pays puisse vivre, méritent quelque chose de plus que des commémorations de temps en temps.

Je ne suis pas là pour prêcher la lutte armée, bien au contraire : si je suis là, ce soir, c’est parce que j’ai choisi, comme vous, une autre forme de lutte.
La force dont je parlais et qui a animé les Valdôtains dans le passé, est une autre.
C’est l’esprit de cohésion, le sentiment d’appartenance à un peuple, ce qui comporte des droits, mais des devoirs aussi : en une parole : la dignité.
Il y a eu des moments, dans notre histoire récente, où cela s’est réveillé chez nous : je songe aux valdôtains qui ont voulu manifester leur solidarité à Mlle Viglino, en un moment fondamental et difficile de sa politique, par quelque 1.000 signatures.

S’unir quand on est menacé c’est bien, mais cela ne suffit pas (je suis certaine, d’ailleurs, que tous les 100.000 habitants de la VDA protesteraient si on nous enlevait les coupons d’essence ; tout le monde, du coup, se découvrirait autonomiste).
Et, d’ailleurs, qui nous menace ? Un état faible, corrompu, un état duquel on n’ose même pas citer le 1er ministre, sans avoir avant lu les nouvelles politiques, de peur qu’il ait changé entre-temps (d’ailleurs, c’est pas bien grave, on se tromperait de peu : à Rome, depuis 30 ans, ce sont toujours les mêmes qui se succèdent…).
C’est de ça que nous avons peur ? N’avons-nous pas quelque chose de mieux à proposer ? Le modèle de fédéralisme et d’autogestion que nous tenons de Proudhon et de Chanoux, n’est-il pas plus digne et réaliste ?

Il ne faut donc pas se mettre dans la condition d’être menacés : et pour ce faire deux engagements sont nécessaires : le premier se situe au niveau personnel : chacun de nous doit se dire que si nous avons eu l’autonomie c’est parce qu’il y avait les conditions pour l’obtenir ; sommes-nous certains d’œuvrer toujours dans notre vie privée et sociale, dans notre travail, pour les maintenir ?
Nous serions bien minables si nous transformions en privilèges ceux qui nous ont été reconnus comme droits.
Notre deuxième engagement se situe au niveau politique : voilà pourquoi nous sommes là, ce soir. Et permettez-moi, à ce propos, d’ouvrir une parenthèse, pour m’adresser, encore une fois, aux femmes : si vous avez parcouru le programme de l’UV, vous vous êtes aperçues que la plupart des points nous concernent.

J’ai, tout à l’heure, énuméré les différentes qualités des femmes, et je crois que tous les hommes sont d’accord pour nous les reconnaître (sans ça ils ne nous confieraient pas si facilement l’éducation de leurs enfants !)… et d’autres encore, que j’ai oubliées.
Mais il y en a une qu’on ne nos accorde pas facilement : le sens pratique, le réalisme.
Je ne suis pas là pour discuter de la nature des femmes (nous n’en sortirions pas, ce serait comme discuter du sexe des anges). Mais, quelle que soit la nature des femmes, par la force des choses, elles sont obligées d’être réalistes. Tous les problèmes dont vous traitez, c’est sur notre dos qu’ils retombent : la langue, c’est pas pour rien qu’on l’appelle « langue maternelle » (j’ai déjà parlé de l’importance de cela) ; l’école, c’est encore la femme qui doit veiller à ce que l’école ne rende pas vains ses efforts, et qui doit suivre le plus souvent les enfants dans leurs études.
Et ne sous-estimez pas l’importance de l’école et de la culture ; ce n’est pas une affaire d’intellectuels, c’est quelque chose qui nous concerne tous : c’est l’école qui peut créer un rapport utile entre l’individu et son territoire, et c’est encore l’école qui peut, au contraire, le déraciner et l’aliéner.
Et, vous le savez, un rapport correct entre individu et territoire est la base d’une société équilibrée.

La santé : quand il y a un malade à la maison, c’est encore la femme qui doit s’en charger. Selon les statistiques nous sommes la région qui a le plus haut taux de revenu.
Mais toujours selon les statistiques, nous sommes aussi la région qui a le plus haut pourcentage de suicides.
Et je ne parlerai pas des problèmes de la drogue, de l’alcoolisme, des maladies mentales, des problèmes du 3ème âge.
Ne sont-ce pas là les symptômes d’un malaise, non seulement physique, que notre peuple ressent et dont il faudrait chercher les causes en profondeur ?

Le travail : lorsque une femme décide de chercher un emploi, automatiquement c’est d’un double emploi qu’elle se charge. Et ses problèmes se multiplient lors d’une maternité ou d’une maladie. Vous nous voulez épouses et mères, mais travailleuses aussi, et la synthèse de ces deux rôles se fait uniquement à nos frais.
Et j’en passe.
Vous voyez bien, donc que nous avons tout intérêt à appuyer la politique de l’UV dans tous ces domaines et d’autres encore, vu que tous les efforts sont faits pour réaliser un rapport correct entre population et territoire, qui est la seule façon pour résoudre « à mesure d’homme » les problèmes dont j’ai parlé. Et si jamais quelqu’un devait l’oublier, nous les femmes, nous serons là pour le lui rappeler.

Tout ce que, jusque là, le Gouvernement Régional a pu faire (et c’est déjà pas mal) dans ces différents domaines, et ce que nous pourrons faire encore dans le futur, est le fruit d’une négociation entre le Gouvernement Régional de la VDA et l’Etat italien.
Or, dans une négociation , plus on est fort et plus on obtient de la partie adverse.
Le Gouvernement Régional n’est fort que s’il croit à la Vallée d’Aoste, à sa raison d’exister et à ses droits.
Et, pour autant que j’en sache, le seul mouvement qui a toujours démontré d’y croire est l’UV.
Je dirais même plus : l’UV est le seul parti qui a sa raison même d’exister dans l’idée de Nation Valdôtaine.

Il est donc évident que, plus il y aura d’Unionistes dans le Gouvernement Régional, plus on aura de chances d’être une partie adverse forte vis-à-vis de l’Etat italien.
Je vous demande donc de voter pour nous : non pas parce que dans l’UV « tout le monde est beau, tout le monde est gentil », et non plus parce que nous sommes les meilleurs politiciens et administrateurs du monde, mais parce que, comme vous, nous croyons aux choses que je vous ai dites jusqu’ici, et que nous travaillerons pour les réaliser.
Rappelez-vous donc de « mettre un lion dans votre poche », mais aussi dans votre tête, et dans votre cœur, et surtout, dans un mois, dans votre bulletin de vote. Merci

Maria Rita Maquignaz ép. Bétemps

Tiré du Peuple n. 24 du 16/06/1983

Bilan d’une campagne électorale


Les élections sont terminées par des résultats très positifs. Des réflexions ont été demandées pendant la campagne électorale ; d’autres doivent être faites maintenant.
L’engagement que l’Entraide des Femmes avait pris pour cette campagne électorale avait des buts bien précis : faire comprendre aux électeurs que la collaboration des femmes dans la vie sociale et politique est désormais indispensable.

Nous avons cherché à intéresser l’opinion publique par la présence d’une candidate officielle de notre association, Magui Bétemps. Pendant les 30 jours de la campagne électorale, par ses comices, elle s’est engagée pour faire comprendre quel est le rôle de la femme dans la société valdôtaine : faire connaître notre culture, s’engager toujours plus sur le problème de la langue, qui est de plus en plus menacée, s’intéresser davantage à notre histoire et à nos traditions…

Nous sommes très reconnaissantes envers Magui, pour l’engagement sérieux qu’elle a su prendre et nous sommes convaincues que tout son travail (ainsi que celui de Marie-Louise Blanc) n’a pas été inutile. Nous la remercions donc pour ce qu’elle a fait au nom des femmes de l’Entraide pour la bonne réussite de la cause commune.

L’ENTRAIDE

Tiré du Peuple n. 27 du 8/07/1983

Les premiers contacts avec l’enfant

La médecine périnatale

Nous publions ici un article, tiré du « Messager » du 28-1-1983, qui nous a paru fort intéressant et que nous espérons sera apprécié surtout par les jeunes couples dans l’attente d’un enfant.

La médecine périnatale est une spécialité qui a pris un essor important depuis quelques dizaines d’années seulement. Elle s’occupe des tout premiers instants de la vie de l’enfant ; de la conception à la naissance, et durant la période dite néonatale, jusqu’à la fin du premier mois environ. Pendant cette courte durée, beaucoup de transformations surviennent : les risques d’infection et de malformation sont nombreux. Nous allons essayer de comprendre quelques mécanismes fondamentaux et voir là où la maladie peut frapper.

Douze semaines pour former un être

A la fin de la première semaine, l’œuf fécondé s’est implanté dans la paroi de l’utérus maternel. Les deux minuscules cellules originelles s’étant réunies, vont se diviser et se multiplier à une cadence très élevée. Si bien que vers la fin du premier mois on pourra déjà reconnaître les organes. Ceux-ci prendront leur forme définitive vers le troisième mois. On parlera alors de fœtus, et plus d’embryon. Le cœur, par exemple, au début n’est qu’un simple tube qui va s’allonger et se plier sur lui-même dans un mouvement complexe. Ainsi on distinguera peu à peu les quatre cavités du cœur adulte. La maturation des poumons quant à elle sera plus lente. Ils sont pleins de liquide au stade fœtal, car l’oxygénation du sang de l’enfant se réalise par l’intermédiaire du placenta.
Vers la vingt-huitième semaine, le poumon est suffisamment formé pour permettre à la respiration spontanée de s’instaurer. La vie est désormais possible.

La rubéole une infection grave

Bien que protégé dans le ventre de sa mère, l’enfant n’est pas à l’abri de certains dangers. Il peut devenir porteur d’anomalies ou de lésions dues à deux sortes de facteurs : les uns génétiques et les autres en relation avec la santé de la mère. Le placenta qui est un filtre entre les deux circulations sanguines ne peut empêcher certains virus ou bactéries de passer. Ainsi lorsque la mère contracte la rubéole, parfois sans s’en rendre compte, durant le premier trimestre de la grossesse le virus va infliger à l’embryon de multiples malformations, toujours les mêmes et d’autant plus dangereuses que les organes sont en pleine formation.
L’œil par exemple sera atteint de cataracte, l’oreille de surdité, le développement du crâne sera altéré avec des risques élevés d’arriération mentale. Le virus agit en outre en empêchant une division cellulaire satisfaisante : ceci explique la petitesse des organes et du corps du nouveau-né atteint.
La seule protection efficace est l’immunité acquise naturellement par la mère qui a eu la rubéole ou par le virus atténué que l’on donne en vaccin. C’est la raison pour laquelle il faut conseiller aux jeunes de se faire vacciner, en général avant la puberté vers l’âge de dix ans. Une analyse sanguine faite auparavant pourra indiquer si l’enfant a été ou non atteint par la maladie. Il n’est pas nécessaire d’immuniser les garçons.

Attention à certains médicaments !

Des médicaments pris pendant la grossesse peuvent causer des malformations. On se souvient du drame de la thalidomide, qui était ordonnée pour lutter contre les vomissements fréquents du début de la grossesse, donc en pleine période de dangereuse. Des antibiotiques comme les tétracyclines atteindront les dents de l’enfant après la naissance, d’autres comme la streptomycine toucheront les nerfs de l’acoustique. Il est reconnu de plus que dès six cigarettes par jour, la mère peut imposer à son enfant un retard de croissance, des risques de convulsions élevés à la naissance et d’éventuelles lésions cérébrales.

La naissance

Il suffit d’assister à une naissance pour voir que le nouveau-né passe un moment difficile. Les changements les plus notables sont internes. En effet l’organisme tout entier commence une vie autonome. Le système nerveux reçoit tout à coup des informations multiples, thermiques, mécaniques et sensorielles. Le poumon, nous l’avons vu, doit évacuer très vite le liquide qu’il contient pour éviter l’asphyxie. Ceci se réalise par la bouche mais encore et surtout par résorption au niveau sanguin et lymphatique.
Battant depuis plus de six mois déjà, le cœur suit la transformation de la circulation pulmonaire : le poumon se remplissant d’air, il devient nécessaire que tout le sang y passe, ce qui n’était pas le cas avant la naissance. Un canal artériel dérivait le sang directement vers la grande circulation. Un trou entre les deux oreillettes cardiaques jouait le même rôle. Au moment des premiers mouvements respiratoires le canal artériel doit se fermer, le trou se combler, ce qui se fait aisément par le jeu des nouvelles différences de pression. Dans le cas contraire, une ligature chirurgicale peut être indispensable.

La jaunisse du nouveau-né

Le foie est une véritable usine chimique de transformation des produits de la circulation sanguine, la régénération du sang étant constante. Les produits de dégradation ne peuvent être tous traités par le foie qui manque encore de l’équipement enzymatique nécessaire. C’est la raison pour laquelle le nouveau-né, et d’autant plus le prématuré, présentent après quelques jours une coloration jaune-orange. Cette jaunisse n’a aucun retentissement sur l’état général et avant la fin de la première semaine l’ictère va diminuer, le foie étant arrivé à pleine maturation.

Lait de vache ou lait de femme ?

Une tendance actuelle fort regrettable veut que l’allaitement maternel soit raccourci, voire abandonné au profit de lait animal « humanisé ». La nature a conçu un lait approprié au nourrisson, le lait de vache ayant une trop grande richesse en protéines, mal digérées par l’enfant. Le lait de femme est en outre stérile et apporte des anticorps pour lutter contre les infections.
L’OMS s’est rendue compte que les produits de substitution, généralement préparés et administrés de façon peu hygiénique, posent un problème de santé grave : l’incidence de la malnutrition et de la gastroentérite pendant les premiers mois de la vie ont ainsi augmenté dangereusement dans certains pays en voie de développement. Hormis une tubercolose ou une infection spécifique du sein, il n’y a pas de contre-indications sérieuses à l’allaitement maternel pendant six à huit semaines et plus longtemps si possible.
On se rend compte de l’importance de la médecine périnatale qui, en collaboration avec les équipes de gynécologues, de pédiatres, de chirurgiens, est une spécialité charnière dont le but premier est d’assurer à l’enfant le maximum de soins pour un développement ultérieur harmonieux. Bien que se penchant sur une période très restreinte, une dizaine de mois, on devine toute l’importance de la responsabilité qu’elle détient.

Dr. Philippe FONTAINE

Tiré du Peuple n. 31 du 4/08/1983

Femme


Femme, tu es la terre ensemencée
et la fleur éclose,
tu es la source cachée au soleil fiancée
et la nasse close
où s’éprennent les rêves des adolescents
et s’apaisent les premiers chagrins d’enfants.

Femme, tu es le chemin et l’accueil
et la tige charnelle,
le tison, le berceau, le linceul
et le cycle des continuités nouvelles
qui engendre le prophète et l’exterminateur,
de qui naissent geôliers comme libérateurs.

Femme, tu es l’alcôve très secrète
et l’aimable charité,
tu es l’artisane des corvées concrètes
et, sur la table mise, le bouquet posé.
Dis, quand tu parles tendresse,
accepteras-tu longtemps encore
qu’on riposte fadaise ?

Femme, tu n’es ni servante ni reine
mais « le soutien de toute l’humanité ».
Quand tu parles d’amours souveraines,
quand tu défends ta liberté,
accepteras-tu longtemps encore
qu’on t’oppose la raison formelle
ou l’implacable haine ?

Femme, tu es l’origine et la mère
et pour cet innocent, sorti de ton flanc,
dénonce le fléau nucléaire
et la science qu’asservit le tyran.
Epouse et mère, accepteras-tu, un jour de plus,
les tortures, la famine, les pouvoirs totalitaires ?
Eve salvatrice, accepteras-tu, un jour de plus
l’immonde tuerie et la monstrueuse guerre ?

Irma Bonfillon di Placido


A la mémoire d’une femme

Le nom de Marianella Garcia Villas a été proposé pour le prix Nobel pour la Paix 1984 par la Pax Christi Internationale.
Marianella Garcia Villas était la présidente de la Commission pour les droits humains du Salvador et fut arrêtée ce printemps dernier au cours d’une rafle de l’armée dans un village.
Elle fut horriblement torturée pendant plusieurs heures et ensuite tuée. Face à de pareils épisodes qu’on ne peut qualifier de bestialité, car ce serait offenser les bêtes, tout commentaire devient difficile ; tout mot résonne d’ailleurs léger face à de telles violences.
Il faut dire que lors des guerres et des troubles sociaux, c’est toujours les faibles, du point de vue physique, qui en paient davantage les frais : les femmes, les enfants, les vieillards…
C’est pour cela que nous devons tous, mais les femmes surtout, nous engager pour défendre la paix, en travaillant pour forger notre avenir car l’indifférence, le désintérêt sont les pires ennemis de la liberté.
Nous devons en particulier être solidaires avec ceux et celles qui luttent contre le fléau des fléaux : la guerre civile, qui aujourd’hui ensanglante tant de pays.
En hommage à Marianella Garcia Villas, qui s’est battue en ce sens, nous ne pouvons donc qu’approuver la proposition qui la concerne et espérer qu’elle soit accueillie.

A. de l’Entraide

Tiré du Peuple n. 35 du 29/09/1983

Une question de principe


En réponse à l’attitude du gouvernement italien, qui lors de la séance du Conseil des Ministres du 29 septembre 1983 a décidé de supprimer deux dixièmes de la répartition financière de la Vallée d’Aoste,

L’ENTRAIDE DES FEMMES VALDOTAINES

invite

la communauté valdôtaine à réfléchir sur ce grave acte politique.
Il s’agit en effet d’une attaque à nos droits face à laquelle nous ne pouvons demeurer indifférents : de ce pas on nous enlèvera aussi l’autonomie.
D’abord ce n’est pas faute à nous si l’Etat, dans lequel nous avons été arbitrairement englobés, risque la faillite et nous sommes las d’en payer une énième fois les frais : ce n’est pas juste et nous estimons qu’accepter cette décision ce serait se rendre complices d’un abus. Dans ce moment de crise occupationnelle, que les femmes ressentent particulièrement, un ultérieur coup à l’économie de la Vallée aggrave considérablement la situation.
Mais ce n’est pas seulement là la question : il s’agit surtout d’un principe important pour la sauvegarde de notre autonomie : nous voulons ce qui nous est dû, rien que cela.
Nous invitons donc tous les Valdôtains, et les Valdôtaines en particulier, à protester afin que Rome entende la voix de notre peuple.
C’est notre droit d’exiger que l’on se comporte honnêtement envers nous, c’est à nous de démontrer que nous ne nous laisserons pas faire.

L’autonomie se gagne, se mérite, se défend, comme toute chose de valeur.

L’ENTRAIDE
Tiré du Peuple n. 37 du 13/10/1983

Sortons de notre léthargie


Delphine, quarante-cinq ans, agricultrice directe, est une valdôtaine à l’ancienne : vaillante à la tâche, maternelle à l’excès, malicieuse en diable, dévouée jusqu’à l’abnégation, excellente ménagère, épouse irréprochable.
Elle est fière de ses trois beaux garçons. L’un est artisan menuisier, l’autre encore collégien et l’aîné, sur qui elle a reporté ses ambitions de jeunesse, achève ses études à l’université.

Peu fortunée à l’époque de son mariage, Delphine passa ses plus belles années à économiser sou par sou, surveillée de près par une belle-mère que les malheurs avaient rendue acariâtre et possessive.

Traire les vaches, les mener paître, s’occuper du petit élevage familial, arroser et désherber le potager, préparer les légumes pour les congeler, fleurir la cour et les balcons, balayer, cuisiner, astiquer, entretenir le linge pour ses mâles exigeants comme des seigneurs, contrôler les devoirs du gamin et, miracle ! trouver le temps d’exécuter du canevas d’art au petit point ou de fins napperons au crochet : je vous prie de croire, messieurs, que cela n’est pas une sinécure.

Aujourd’hui, c’est l’aisance au foyer dans une maison restaurée, mais ce sont aussi, hélas ! les douleurs latentes, les premiers cheveux blancs, les séquelles de deux opérations chirurgicales, la taille qui s’épaissit, le dos qui se voûte, c’est surtout ce doux regard mélancolique et ce sourire désabusé pour dire : « Ah ! pauvre, pauvre vie ! misère de vie ! ».

Delphine frise la dépression. Personne, autour d’elle, ne s’en aperçoit. Quand, excédée, elle fulmine pour quelques pécadilles, à l’adresse de ses grands, ils ricanent irrespectueusement. Quand, timide, elle essaie de se confier à son époux, il hausse les épaules et sort en claquant la porte. Sitôt dehors, il louche sur le short de la voisine.
Delphine est la championne du renoncement. Adolescente, elle a renoncé à une carrière d’enseignante pour ne pas grever le maigre budget de sa famille ; à trente ans, elle a renoncé à la gérance d’un petit commerce de mode pour consacrer ses soins à ses enfants, à son bétail, à sa mère malade ; à quarante ans, elle a renoncé à ce pèlerinage à Assise et à Padoue parce que les frais du voyage couvraient exactement l’achat du portail de la maison neuve ; le mois dernier, elle a renoncé à sa participation à la chorale car son mari ronchonnait après l’horaire des répétitions. Eh ! oui, pauvre vie !

Si je te dis, Delphine que tu as eu tort, que de renoncement en renoncement, tu as gaspillé ton existence, que Dieu, ta famille, l’humanité attendaient que tu t’épanouisses dans la joie pour qu’ils en partagent le rayonnement, que tu sois toi, Delphine, avec ta personnalité, tes capacités et tes dons afin de mieux servir les autres, si je te dis cela, tu vas éclater de rire : « T’es folle ».

Tu m’affirmes aussi que la politique est une affaire d’hommes : « Ne me parles pas d’idéologie, ni de votes, ni de partis. On ne changeras jamais le monde » . Eh ! bien, on a commencé à le changer, mais vois-tu, Delpine, il faut un homme et une femme pour que naisse un enfant, il faut une femme et un home pour bâtir un foyer qui marche droit, et, chose bizarre, les responsables des gouvernements nationaux et régionaux sont des hommes en majorité presque absolue. Alors le monde boite et boite dangereusement.
Les prix qui grimpent, les grands et les petits maffieux qui font la loi, l’éducation douteuse de tes enfants, l’alcoolisme, la drogue, la violence déchaînée, les produits de ta ferme revendus cinq fois leur prix chez le détaillant, la culture menacée, la langue maternelle souvent bafouée ; c’est du domaine de la politique que tu laisses faire par lassitude et que tu subis. Les USA et l’URSS, totalitarisme marxiste, totalitarisme capitaliste, s’approprient la planète, la menaçant sans cesse du péril nucléaire, partout des dictatures militaires qui torturent et massacrent vingt millions de personnes affamées, huit cent millions de mal nutritionnés, des enfants qui crèvent de faim tandis que nos foies éclatent de suralimentation, des mères désespérées, des femmes musulmanes mutilées dans leur chair et privées d’une liberté élémentaire, des mères célibataires sous-estimées, des femmes abandonnées sans ressource, des ouvrières mal payées, peu considérées, des prostituées, objet de plaisir, exploitées par leurs proxénètes, chez nous, des femmes ignorantes de leurs droits, d’autres sous l’emprise totale d’un conjoint abusif, l’arrogance qui cache le désespoir de nos jeunes, la solitude et même le discret dénuement de certains vieillards, enfin de quoi collectionner les cauchemars. Tu ne me feras pas croire, Delphine au grand cœur, que tout cela t’indiffère?

« Ça va mal la « tite » ? Sûr que je pense à toutes ces catastrophes. Mais tu veux quoi au juste ? Que je me pende ou que je me brûle comme bonzes ? Va, va ! garde ton beau discours pour les politiciens ».
Exactement, mon amie. Le civisme et le devoir électoral ne sont pas pour les animaux. Les pétitions, les articles de presse, les manifestations, les lettres et les télégrammes envoyés aux consulats et aux ambassades, les candidatures féminines inscrites sur les listes électorales, l’acquisition, pour la femme de son autonomie pécuniaire, la maternité consciente et éclairée, l’amour partagé et non imposé, l’éducation de nos garçons et de nos filles sur pied d’égalité : programme efficace, tu peux me croire, tellement efficace que bien des despotes en tremblent… en cachette.

Delphine, Joséphine, Laura, Marie, Pia, Clémence, Nathalie, Claire, Thérèse, Perrine, Christine, Carla, Danielle, toutes les femmes de la Vallée, l’Entraide vous appelle à l’aide. Elle attend vos suggestions, vos talents, vos connaissances, votre présence. Elle vous assure ses services, son appui, son amitié. Face à un monde en détresse, soyons fidèles à notre devise : « Etre le soutien de toute l’humanité ».

Irma BONFILLON DI PLACIDO

Tiré du Peuple n. 41 du10/11/1983

Totem et tabou

(1Ere partie)

TABOU est un nom emprunté à une langue polynésienne et il désigne un objet, un être ou un acte dont il faut se détourner en raison de sa nature sacrée.
TOTEM est un mot emprunté à une lange indigène de l’Amérique du Nord et il désigne un objet ou un être qu’il faut vénérer en raison de sa nature sacrée.
Au sens figuré ces mots désignent aujourd’hui quelque chose de défendu (tabou) ou bien une valeur positive à laquelle on ne peut pas toucher (totem).
Il y a chez nous, des mots qui sont totem ou tabou, ou totem pour les uns et tabous pour les autres, en raison de leur connotation émotive ou culturelle qui amoindrit leur signification primaire, jusqu’à s’y superposer, en certains cas.

Les personnes aussi, comme les paroles, parfois sont totem, parfois tabou : « dalla polvere agli altari » « dalle stelle alle stalle ».

C’est maintenant le tour de M. Andrione. Tout le monde en parle, tout le monde veut le juger. Surtout l’opposition. Surtout certains journalistes à la recherche du scoop de l’année, ou du mois, ou de la semaine. Vous en avez le droit : c’est un homme public et, en tant que homme public, ses actions doivent être connues et jugées.
Mais, attention : il me semble que vous avez oublié votre « fair play » et que vous avez plutôt la tendance à brouiller les cartes sur la table : par inadvertance ou par tricherie ?

Je veux donc soumettre à votre attention quelques réflexions :

1) Vous avez le droit de juger M. Andrione, bien sûr, mais seulement en tant qu’homme public, c’est-à-dire en tant que Président de la Junte ; il en découle que :

a) La sympathie ou l’antipathie que le personnage vous inspire ne devraient pas conditionner votre jugement : ce sont là des appréciations qui relèvent du domaine personnel plutôt que du domaine politique : s’en servir quand on porte des jugements qui devraient être politiques ce n’est pas correct.
b) Pour autant que j’en sache, le Président de la Junte est le Président de la Junte de la Vallée d’Aoste, donc de tous les Valdôtains.

Bien sûr, vu notre système électoral, cette personne est issue d’un parti ou mouvement politique, mais dès qu’il est Président il doit être jugé en tant que tel. Ses rapports avec le Mouvement ne vous concernent aucunement.
J’ai appris d’un journal soi-disant indépendant qu’il y aurait des problèmes entre M. Andrione et le Mouvement.
Si c’est vrai, je pense que c’est leur problème, pas le vôtre. Le Mouvement a des organes suffisamment représentatifs pour s’en charger : c’est pas la peine de vous faire du souci pour cela : votre intérêt pour ce genre de choses tient du commérage plutôt que de la politique.
c) S’il s’agit du Président de la Junte il ne s’agit pas de l’UV, et vice-versa.
Ne déverseriez-vous pas, par hasard, votre haine pour l’UV sur M. Andrione, et vice-versa?

2) Depuis Macchiavelli on n’a pas encore résolu le problème du rapport entre morale et politique ; je ne prétends pas le faire. Mais il y a aussi une morale de la politique, qui est une autre chose : des règles à suivre si on veut faire de la politique correctement et du journalisme politique. Brouiller les cartes sur la table ce n’est pas correct.

3) Dernière réflexion : « Quand le bateau coule, les rats s’enfuient » mais parfois les rats se trompent, ils s’enfuient sans que le bateau coule, ce qui est doublement avantageux pour le bateau : il s’est allégé d’un poids inutile et il a déniché les rats.

Magui Maquignaz Bétemps

Tiré du Peuple n. 47 du 22/12/1983

********

(2ème partie)

TABOU est un mot emprunté à une langue polynésienne et il désigne un objet, un être ou un acte dont il faut se détourner en raison de sa nature sacrée.
TOTEM est un mot emprunté à une langue indigène de l’Amérique du Nord et il désigne un objet ou un être qu’il faut vénérer en raison de sa nature sacrée.

Ces paroles, toutes les deux, désignent quelque chose d’intouchable, qui ne peut pas être mis en discussion, digne d’un respect absolu, en vertu de sa sacralité, négative dans un cas, positive dans l’autre.
En sens figuré, ces mots désignent aujourd’hui quelque chose de défendu (tabou) ou bien une valeur positive à laquelle on ne peut pas toucher (totem).
Chaque civilisation (d’après Sigmund Freud) a ses totems et ses tabous (sans lesquels elle ne pourrait même pas exister) en guise de pôle positif et pôle négatif, comme dans le magnétisme ou dans l’électricité.
Il en découle nombre de considérations morales, sociales, politiques, anthropologiques, etc. que, toutefois, je ne veux pas faire ici.

La réflexion que je veux faire est la suivante : il y a, chez nous, des mots qui sont totem et des mots qui sont tabou, en raison de leur connotation émotive ou culturelle qui amoindrit leur signification primaire, jusqu’à s’y superposer, en certains cas.
Mais il y a aussi des mots qui sont totem pour les uns et tabou pour les autres : ce qui fait qu’en employant le même mot on peut exprimer des idées très différentes, ou vice-versa, en employant des mots différents on exprime en réalité la même idée.
Cela entraîne des conséquences assez importantes au point de vue pratique. Puisque par les mots on exprime des idées, et puisque d’après nos idées nous faisons des choix de comportement, un malentendu sur la signification des mots pet engendrer des comportements erronés.

J’aimerais donc qu’on débatte ici certains mots qui sont totem ou tabou, pour essayer de rendre aux paroles leur fonction d’instrument de communication, au delà de leur fonction de drapeau, ou de sabre, ou de masque (très souvent masque du néant, hélas !).
Le premier mot sur lequel je veux faire quelques réflexions est le mot : TRADITION.
Il n’est que trop évident que pour quelqu’un ce mot est totem et pour quelqu’un il est tabou. Il y en a qui en entendant ce mot s’attendrissent à l’idée du « bon » temps passé, et déplorent le « mauvais » temps présent.
Il y en a, par contre, qui en sont horrifiés et sentent subitement l’odeur du moisi, pendant que dans leur tête défilent toutes les images des siècles obscurs du passé. TOTEM et TABOU : distinction manichéenne entre bien et mal, plus émotive que rationnelle, inutile et nuisible.
Voilà pourquoi, moi non plus, je n’aime pas employer ce mot. Il me gêne. Il n’exprime pas ma pensée. Il peut être mal interprété.
Je préfère le mot RACINES.
Imaginons un arbre (un pommier, si vous le voulez bien, pour faire un choix autochtone !).
C’est grâce à ces racines qu’il peut vivre et c’est de ses racines que lui viennent sa nourriture et sa sève.
Mais un arbre est fait pour produire des feuilles, des fleurs, des fruits, et non pas seulement des racines.
Certes, si l’arbre enfonce ses racines dans le sable ou le béton, il mourra ; si on lui coupe ses racines, il mourra ; si on empoisonne la terre environnante, il mourra ; si on n’arrose pas le terrain, il mourra ; si on appauvrit le terrain par trop d’autres cultivations, il mourra. Les racines sont en fonction du type d’arbre : il y en a qui enfouient leurs racines dans la terre, d’autres ans le sable, d’autres dans les rochers, d’autres dans l’eau ; il y en a même qui ont des racines aériennes.
L’arbre doit produire des feuilles, des fleurs, des fruits.
Pour que cela soit possible, il faut bien soigner son arbre, le connaître, connaître et soigner d’abord ses racines et le terrain environnant. La qualité de l’arbre et la connaissance de ses racines sont indispensables pour une bonne réussite : on ne pourrait jamais prétendre que notre pommier porte des poires ; il ne portera pas de pommes non plus, d’ailleurs, si nous le plantons dans un marécage ou dans le désert.

Pour nous, la connaissance et le respect de nos racines sont indispensables pour continuer à vivre, à vivre en restant nous mêmes. Le folklore (au sens correct du mot), l’ethnologie, l’anthropologie, etc… nous servent pour connaître nos racines.
Mais l’arbre doit produire des feuilles, des fleurs, des fruits. Si la redécouverte de certaines traditions (fêtes, chansons, etc.) nous amène à mieux prendre conscience de nos racines, qu’elle soit la bienvenue.
Mais si elle est une exhumation ou, qui est pire, une imitation du passé, elle est inutile.
La fonction de l’arbre est de produire des feuilles, des fleurs, des fruits et non pas seulement des racines.
Attention aussi à ne pas établir l’égalité manichéenne : tradition = bien changement = mal, ou l’inverse.
Notre arbre vieillit, il peut contracter des maladies : il faut le soigner, avec amour et patience, il faut couper les branches mortes, détruire les parasites, on peut le greffer, pour améliorer sa production, mais attention ! Tout cela vise à produire de meilleures pommes et non pas des poires, des raisins ou des abricots !
Et, enfin, notre arbre pousse, ses branches s’étendent et produisent toujours plus de feuilles, de fleurs, de fruits.
Pour ce faire il doit respirer, on ne peut pas l’enfermer dans du nylon ; il doit plonger dans l’air que tout le monde respire, pur ou pollué qu’il soit. Il appartient à nous de le rendre ou de le conserver pur.
Notre arbre, enfin, produit des rejetons, qui pousseront et s’épanouiront quand l’arbre sera trop vieux et stérile. Et le cycle recommencera.

Avec toute cette imagerie, vous avez sans doute compris que j’ai voulu expliquer la signification que je donne aux mots : TRADITION, FOLKLORE, CULTURE, PROGRES.
Mots tabous ou totems, pour beaucoup de monde. Mots à discuter pour savoir qui nous sommes et ou nous voulons aller.
A nous de bien soigner notre arbre ; à nous de ne pas le faire mourir en négligeant ses racines ou de ne pas le rendre inutile en nous passant des feuilles, des fleurs et des fruits.

Magui Maquignaz Bétemps

Tiré du Peuple n.48 30/12/1983

Le vœu de l’Entraide


La feun di 1983 l’est cheur pa itaye di pi dzente, më… no no perdèn pa poui de coradzo pe sèn : l’an que veun, fappi no rebratë le mandze et travaillë eun co de pi pe noutro pay !

L’Entraide donque, eun presèntèn se souait pe l’an nouvë, invite tcheu le Valdoten – et le Valdotène eun particulië – a chouivre de pi et a participë activemèn à la via de noutra communauté. De tèn difficilo no-s-attègnon : ara, pi que avan, no fa ëtre-s-uni et présèn. Trèinadan !

Tiré du Peuple n. 48 30/12/1983

1984

Le Français: notre sauvegarde et notre légitimité


Après H. Armand, A. Bétemps, A. Clos, « Combefroide », Grosjaques, J.C. Perrin, notre ancien et notre nouvel Assesseur à l’Instruction Publique, Mme I. Viglino et M. R. Faval, et tant, et tant d’autres, si je reprends ce thème comme une litanie, comme un « enfoncez-vous bien ça dans le crâne », c’est que de la pratique de notre langue maternelle et d’un bilinguisme intégral dépendent l’avenir économique, politique, culturel et social de notre Vallée.

Nul ne peut nier la légitimité d’une langue parlée, depuis 575 jusqu’à nos jours, par tous nos ancêtres, nos arrières grands-parents qui n’en connaissaient pas d’autre. D’ailleurs, notre patois francoprovençal qui récèle maintes expressions de vieux français est la preuve évidente de nos racines linguistiques. Témoin irréfutable de notre appartenance à une ethnie francophone, notre œuvre littéraire (un peu défaillante ces dernières décennies) dont le magnifique ouvrage de M. Lin Colliard, « La Culture Valdôtaine au cours des siècles », mériterait d’être un manuel scolaire à l’usage de nos écoles secondaires.
A la suite des conflits armés, les frontières ont été remaniées et bien des régions européennes se sont vu imposer la langue du vainqueur qui exerçait et exerce encore, sur leur population, un ascendant psychologique.

Avec le triste avènement du fascisme l’Italie se déchaîna : en Vallée d’Aoste le français fut prohibé, chassé des écoles, interdit dans les églises, devint langue martyre. Quand l’Europe parvint à se libérer du joug Hitler-Mussolini, l’Italie, République Démocratique, organisa son territoire en régions (saluons là un acte de clairvoyance). Mais croyez-vous que ce fût pour les beaux yeux de nos bergères que l’Etat octroya un Statut Spécial à la Région Valdôtaine ?

Le Statut Spécial d’alors reconnaissait et légalisait le bilinguisme pour des raisons : - d’ordre psychologique : Le français était la langue ancestrale donc sentimentale des Valdôtains et il eût été périlleux de le condamner alors que le peuple de la Vallée, récemment très engagé dans la Résistance et nostalgique de ses origines, envisageait un référendum avec l’espoir de reconquérir sa nationalité française. De plus Bréan et Chanoux s’étaient faits les apôtres du Fédéralisme Intégral qui défend les minorités ethniques, leur langue, leur autonomie, leur autogestion, leur autodétermination, leur patrimoine culturel (en accord avec les principes des Droits de l’Homme) ;
- d’ordre économique et commercial : Le français favorisait et favorise les échanges commerciaux et touristiques entre les deux pays francophones frontaliers que sont la France et la Suisse ;
- d’ordre diplomatique : La proscription du français, en Val d’Aoste, aurait pu indisposer la France qui employait de nombreux émigrés italiens et qui avait réfugié, dans la clandestinité de sa Zone dite « libre », pas mal de résistants antifascistes.
Valdôtains autochtones, Valdôtains d’adoption, Valdôtains allogènes, quand vous boudez le français par l’italianisme, par « italianisation », par contagion, par paresse, pensez-vous que vous obéissez servilement à un fascisme posthume ?

Il est stupéfiant de constater avec quelle facilité les italianistes les plus fervents s’expriment en français pour refiler une croûte de fromage, un souvenir, une camelote quelconque aux touristes français ou suisses. A la sortie d’Aoste, dans certains grands ensembles commerciaux, les articles et les étiquetages sont rédigés en deux et… même trois langues. Ah ! quand l’intérêt est en jeu ! Il est bel et bien en jeu car Rome ne saurait être plus royaliste que le roi, en l’occurrence, la République. Attention ! cette « gué-guerre » des langues risque d’avoir de fâcheuses répercussions sur notre budget régional – et, par contre-coup, sur l’aménagement de nos communes, sur la restriction de nos bons de carburants. Bientôt, qui sait, nos initiatives seront tenues pour nulles et nos libertés annihilées.

Le Statut Spécial, nouvellement révisé, fait une obligation légale de la « parité » du français et de l’italien. Or parité vient du latin « paritas », égal, et, bilinguisme, d’après le dictionnaire, signifie : connaissance parfaite de deux langues. Nous sommes loin du compte ! Qui pratique ce bilinguisme intégral ? bien peu de gens. Nous comprenons que ce n’est pas facile pour les personnes élevées sous le régime fasciste et les récents résidents en Vallée d’Aoste de s’en tenir au bilinguisme. Mais un effort de leur part serait le bienvenu.
La connaissance approfondie de deux langues, étudiées dès la maternelle, est un atout considérable pour l’avenir de nos enfants. C’est aussi un excellent moyen d’élargir leurs conceptions humanitaires.

Comment concevez-vous le bilinguisme, institutrices et instituteurs qui percevez un supplément salarial pour l’enseignement du français ? En toute franchise, le seul cours de français suffit-il à un bilinguisme intégral ? Pourquoi ne pas enseigner l’histoire, la science, le dessin ou toutes autres disciplines de votre choix, en français ? Votre érudition personnelle y gagnerait, celle de vos jeunes élèves aussi.
Passé Ivrée, une grande partie des Italiens connaissent le français : serait-ce par parti pris que de nombreux habitants du Val d’Aoste s’obstinent à l’ignorer ? Bizarre réaction à une époque oà le moindre tabellion devra être polyglotte. Amis du sud ou de l’est, vous ne vous êtes pas installés dans les Alpes pour la seule splendeur de nos cimes, ais pou un mieux-être, tout comme nos immigrés de France, de Suisse ou d’Amérique, alors cessez de nuire à nos intérêts collectifs et aidez-nous à honorer la légitimité du français d’autant que, Cupidon se promenant par là, il y a de grandes chances que vos petits-enfants soient les nôtres.

La double traduction de la signalisation, des formulaires administratifs, des notes officielles de nos maires, des enseignes commerciales demanderaient un effort mais seraient un enseignement visuel facile et efficace. Il est à rappeler les Cours de Français donnés par l’Alliance Française ainsi que ceux de l’Institut Professionnel d’Aoste. La Librairie Valdôtaine offre à nos enfants un assortiment de livres, de jeux, de bandes dessinées en français. Les émissions de la deuxième chaîne française sont souvent passionnantes, ne l’oublions pas. Il en va de même pour la Télévision suisse romande. Quant à la Télévision régionale valdôtaine, elle n’en a que le nom, et traite par dessus la jambe le bilinguisme. Ses producteurs et ses journalistes doivent se glousser, avec raison, de nos prétentions francophones lorsqu’ils entendent nos unionistes s’évertuer à parler italien pour le petit écran. La Télé régionale est, je crois, soumise, elle aussi, au bilinguisme, puisque représentant une région à Statut Spécial. Auditeurs que ne faisons-nous respecter la loi ?

Les Valdôtains d’une certaine ouverture d’esprit, ne professent aucune acrimonie à l’égard de la langue italienne : c’est une belle langue latine, riche en synonymes, souple et musicale, parente du français, seulement ce n’est pas leur langue maternelle pour les motifs ci-dessus énoncés.
Pour être aimée une langue doit être aimable. Il est toujours préférable d’informer largement et patiemment nos interlocuteurs réfractaires au français que de les tancer ou parfois de les injurier. Nous avons souvent affaire à des personnes d’un niveau culturel très réduit, têtues et vindicatives. Mais, désormais, lorsqu’un partisan de l’italien nous allèguera le classique « Nous sommes en Italie, nous parlons italien », répliquons-lui courtoisement : « Certes, nous sommes en Italie, sous Statut Spécial qui reconnaît le bilinguisme légal. Réfuter le français c’est involontairement faire acte de fascisme ».
Un peuple qui perd sa langue, perd son âme, trahit ses ancêtres, renie sa culture, devient une proie aisée pour les gouvernements étatistes, sombre dans l’anonymat que souhaitent les superpuissances tandis qu’un peuple qui garde jalousement sa langue originelle mais s’intéresse à l’étude des langues étrangères, s’enrichit sur le plan économique, culturel et humain.

I. BONFILLON DI PLACIDO
Tiré du Peuple n. 3 du 19/01/1984

Réunion informative et consultative de l'Union Valdôtaine à Saint-Pierre


1983 a été une année pleine d’événements qui ont concerné de près notre communauté, les uns positifs, d’autres moins.
Le printemps a été absorbé par la préparation de la campagne électorale à laquelle les femmes ont contribué, soit au niveau personnel en soutenant la liste de l’UV, soit en présentant une candidate, en tant que groupe de l’Entraide. Le Rendez-Vous Valdôtain d’Aoste – auquel l’Entraide a collaboré comme chaque année – laissait déjà prévoir le succès qui attendait l’Union Valdôtaine : plus de vingt mille voix de liste !

La deuxième partie de l’année a été caractérisée par des nuages qui ont commencé à obscurcir le ciel de notre Vallée : d’abord il y a eu la question des deux dixièmes de la répartition financière. L’Entraide s’est engagée par la distribution de tracts et la participation à la manifestation du 22 octobre – dans ce combat dont nous avons gagné la première manche. Au cours de ces mois nous avons intensifié notre collaboration à la presse valdôtaine et notamment rédigé un essai de recherche sur la femme valdôtaine qui a paru cet automne dans les numéros 4 et 5 de « La Revue Valdôtaine ».

1983 s’est terminé par l’explosion d’un orage sur nos têtes : l’affaire Casino. Tandis que le tonnerre gronde encore menaçant, le bon sens et l’expérience de nos ancêtres nous ont suggéré de nous rassembler à l’abri.
En effet dans cette période sombre pour la Vallée d’Aoste, l’Union Valdôtaine a reçu plusieurs messages et témoignages de solidarité, ce qui signifie que les Valdôtains ont compris que seulement par l’unité nous pouvons nous défendre.
Nous devons continuer sur ce chemin en donnant tout notre soutien à ceux qui travaillent pour la cause valdôtaine et en particulier au Président Rollandin, et la façon la plus concrète est celle de participer, maintenant plus que jamais, à la vie de notre Mouvement.

Nous voyons qu’il est difficile d’intéresser les gens, de les faire participer ; les femmes, puis, toujours « i fôr et i mouleun » comme on dit, n’ont guère de temps disponible : dommage, car elles pourraient animer la vie des Sections de l’Union Valdôtaine, prendre part à l’organisation des fêtes sociales, etc. dans un mot, apporter une contribution plus active à la vie du Mouvement. Dans ce but, l’Entraide s’est proposé, pour cette année, d’organiser une série de rencontres-débats, avec la participation d’experts, pour aborder des problèmes qui concernent notre communauté. Le premier, dédié aux services pour le 3ème âge, qui a eu lieu tout récemment, a vu une présence considérable tant de public que d’administrateurs.

Notre action continue et nous profitions de cette occasion pour demander aux femmes de s’engager davantage dans la vie politico-sociale valdôtaine ; nous demandons aux hommes de les aider dans cette tâche.
La collaboration entre hommes et femmes se révèle indispensable non seulement pour la santé du couple, de la famille mais aussi pour celle de notre communauté.
Quelqu’un des hommes ici présents, en réfléchissant sur la nécessité de cette participation féminine, est peut-être en train de se demander ce qu’il pourrait faire pour la favoriser. C’est là que nous voulions arriver : que chacun de vous se demande s’il pourrait intéresser davantage sa femme à la vie du Mouvement, en la soulageant parfois de ses engagements, en la désirant présente aux fêtes comme aux réunions des Sections, etc.

Amis unionistes, seulement par notre engagement personnel nous pouvons faire changer les choses, gagner notre bataille.
Nous avons plusieurs batailles à conduire et nous ne pouvons pas nous permettre de les perdre car pour nous, perdre une bataille en ce moment, voudrait dire peut-être recevoir un coup dont in nous serait difficile de nous soulever.
Etre unionistes comporte des devoirs, notamment celui de défendre nos idées par notre présence et par notre cohérence. Dans ce moment particulier le Mouvement a besoin de notre engagement, de notre soutien ; les élections pour le Parlement européen et le deuxième Congrès National approchent : nous devons démontrer encore une fois d’être forts et nous ne pourrons le faire qu’en gardant notre unité et en travaillant davantage, hommes et femmes, tous ensemble pour l’Union Valdôtaine.

Tiré du Peuple n. 7 du 16/02/1984

8 mars 1984



Sur la planète Terre

- dans les pays islamiques
on lapide les femmes adultères ;

- en Afrique on leur mutile le sexe

- dans le monde entier, le viol,
la torture, l’agression,
la répression, la discrimination

Tous les mimosas de la terre
ne suffiraient pas à couvrir
ces crimes et ces abus

Voilà pourquoi le 8 mars
ce n’est pas de la rhétorique
mais le rappel de tristes réalités

Et nous, qui pouvons le faire,
revendiquons pour toutes les femmes
encore esclaves au seuil de l’an 2000
le droit de disposer librement de leur corps
et de décider leur vie.

Nous qui en 1984 nous pouvons
travailler, sortir, aimer, choisir,
nous maquiller, nous amuser, voyager,
prendre une vacance, avoir de l’argent,
discuter, étudier, nous confronter… vivre enfin,

fêtons ensemble ce 8 mars
journée de réflexion et de tendresses
journée de la femme.


tiré du Peuple n. 10 du 9/03/1984

Donne-moi la main

Par Marina

Le mimosa est une fleur tendre et fragile, aux couleurs printanières, c’est peut-être pour cela qu’il a été choisi comme traditionnel hommage aux femmes pour le 8 mars : mais la femme est donc tendre et fragile comme le mimosa ? ou bien est-ce l’homme, qui pour une journée au moins, veut se rapprocher d’elle en empruntant des qualités définies jadis « féminines » ? En réalité l’homme et la femme se sont, malgré tout, rapprochés : l’homme a découvert qu’il peut être aussi tendre, fragile, maternel sans perdre pour cela sa virilité.

La femme est sortie du foyer, et ça été dur, car le travail dans les premiers temps a pour elle redoublé, mais cette autonomie financière lui a permis de modifier son rapport avec l’homme, la famille, la réalité.

Ce moment de mise en discussion des rôles a permis la naissance d’un couple nouveau, où l’homme dépassant sa crise, « aide à la maison » et s’occupe volontiers des enfants, où la femme, refusant une nouvelle exploitation, propose un rapport d’égal à égal.

Aujourd’hui un couple qui fonctionne, et qui donc pourra constituer une vraie famille, ne peut être composé que par deux êtres qui s’entendent, qui collaborent, amants et amis à la fois, « complices » dans la vie de chaque jour, sincères l’un envers l’autre et envers eux-mêmes. La famille de demain sera ainsi ou bien elle ne sera pas.

Tiré du Peuple n. 10 du 9/03/1984

Rencontre-débat sur la promotion des services pour les personnes âgées et handicapées

Par Magui Maquignaz-Bétemps et Lina Voyat de l’Entraide des Femmes Valdôtaines


La rencontre, organisée par l’Entraide des Femmes Valdôtaines le vendredi 3 février 1984 et qui a eu lieu au Siège Central de l’UV en présence d’un public très nombreux et intéressé, a été ouverte par l’exposé de M. Rubbo, chef de service de l’Assessorat à la Santé et Aide Sociale, qui a illustré les dispositions régionales dans le domaine.
L’assistance aux personnes âgées, a expliqué M. Rubbo, a évolué dans notre région au cours des dernières 30 années : on est passé de l’aide économique aux personnes avec des revenus insuffisants (1954) à l’aide économique aux personnes invalides (1964). Depuis la condition sociale et économique des personnes âgées a évolué : tout le monde touche une retraite ou une pension sociale. On prit donc en considération l’idée que la communauté doit offrir aux personnes âgées et handicapées surtout des « services ».
C’est pour cela que l’Administration régionale a approuvé une loi (1978, puis 1982, loi n. 93) dont les buts principaux sont :

Le débat qui a suivi a été très animé et intéressant. Plusieurs problèmes ont été soulevés, et plusieurs précisions ont été données, dont :
donner aux communes les moyens économiques pour gérer les « services » en faveur des personnes âgées et handicapées. Ces services consistent surtout en
1) assistance à domicile ayant le but d’éviter le déracinement de la personne âgée de son milieu ;

Centres de rencontre qui doivent favoriser les liens entre les personnes âgées et leur milieu en créant des occasions de rencontre entre elles et avec toute la communauté.
2) prévoir la création de centres résidentiels dans chaque district (district = groupe le plus homogène possible de communes qui partagent un certain nombre de services sanitaires et sociaux).
Les Centres résidentiels sont constitués en premier lieu par :
- les foyers-logements, pour personnes autosuffisantes ;
- les mirocommunautés, c’est-à-dire des petites structures dans lesquelles les personnes âgées peuvent habiter et trouver une assistance complète.

Les microcommunautés doivent être conçues et gérées de façon à être adaptables aux exigences des personnes qui s’y rendent. Elles doivent être ouvertes, c’est-à-dire qu’il est possible d’y accéder en cas de besoin et éventuellement les quitter. Les microcommunautés et l’assistance domiciliaire doivent s’intégrer réciproquement.
Le plan régional de construction, pour lequel a déjà été approuvée la dépense d’environ 15 milliards, prévoit au moins 1 structure dans chaque district. M. Rubbo a dit qu’à l’état actuel 57 communes ont présenté des plans pour l’assistance à domicile ; cela veut dire qu’environ 95.000 personnes peuvent accéder à ces services.
M. Rubbo a conclu en rappelant que les administrateurs doivent constamment s’efforcer d’interpréter les besoins de la population pour pouvoir lui donner des structures réellement efficaces.

1) Les difficultés rencontrées par les organisations des retraités pour sensibiliser les Communes aux problèmes du 3ème âge et pour faire démarrer les services prévus par la loi.
2) Plusieurs administrateurs ont souligné une autre difficulté qui a un peu ralenti le démarrage : une certaine méfiance des personnes âgées à l’idée que des personnes inconnues, entrent dans leur maison et s’occupent d’eux. Toutefois, l’expérience a montré que la plupart des opérateurs, grâce à leur sensibilité et à leur capacité d’établir des rapports humains, ont été très bien acceptés.

Cela dit, on a souligné l’importance de la préparation du personnel, qui devrait être spécialisé. Pour le moment, on a fait 3 cours préparatoires. On essayera d’améliorer toujours la qualité du personnel, bien que celui qu’on a employé jusqu’ici se soit démontré pourvu des qualités indispensables pour accomplir cette tâche : sensibilité, bon sens, savoir faire.
On a souligné l’importance d’embaucher des gens de l’endroit, à qui les usagers font plus facilement confiance. On a aussi rappelé la nécessité d’avoir une assistante sanitaire qui, avec le vieillissement progressif des assistés, devient de plus en plus nécessaire dans les microcommunautés.

A ce propos, le problème a été soulevé des rapports entre USL et Communes. En effet le Service Sanitaire institué par les Communes n’a aucun rapport avec l’USL. Le personnel est embauché par les Communes avec un contrat à temps déterminé, comme dépendant ou bien comme « libero professionista ».
D’où la difficulté pour les infirmières de se construire une carrière et, par conséquent, des Communes pour trouver des infirmières disposées à s’occuper de l’Assistance à domicile, sauf quelqu’un qui a déjà une place de travail et qui fait ainsi des heures supplémentaires. Pour ce qui est du côté financier, c’est la Région qui s’en charge, par l’intermédiaire des Communes.
Une loi a été prévue par l’USL pour résoudre ce problème, mais son application à l’échelon régional doit encore être étudiée.

Un autre problème concernant le personnel est celui des remplaçantes. Pour le moment les Communes ont dû le résoudre en faisant recours à leur imagination. Cela est possible surtout là où il y a plusieurs services, ce qui rend possible un roulement du personnel ; ou bien quand 2 Communes voisines s’accordent pour embaucher l’une la titulaire et l’autre la remplaçante et les échanger en cas de nécessité.

3) Des éclaircissements ont été donnés à propos de la démarche à suivre pour installer un service et des compétences de la Région et des Communes : les Communes doivent envoyer à la Région, avant la fin de Mai, la demande de financement et les programmes pour l’année suivante ; la Région se charge de donner des directives générales et du financement, mais elle ne se mêle pas à la gestion et aux choix, qui sont du ressort de la Commune.


Le financement est établi d’après le plan de la Commune, il varie donc chaque année : par exemple, cette année des fonds ont été donnés pour la remplaçante, qui n’avaient pas été prévus auparavant.
En conclusion, cette répartition des compétences vient d’une conception démocratique de ce service : la Commune doit être l’intermédiaire enter l’usager et la Région.
4) On a encore souligné l’importance de la Commission de gestion de ce service : il devrait exister dans chaque Commune une Commission mixte (administrateurs + usagers) ; ses compétences seraient : vérifier la gestion et exprimer les nécessités des personnes âgées. Elle n’a pas encore été réalisée, soit pour des difficultés d’ordre pratique, soit pour le jeu d’intérêt démontré par les Communes. Pour le moment, les personnes âgées peuvent faire référence à la « Consulta permanente ».

5) On a soulevé aussi le problème des handicapés et des psychopathes : quels services sont prévus pour eux ?
La loi dit : « Questa legge promuove l’assistenza agli anziani e a quelle persone che, indipendentemente dall’età , versino in obiettive condizioni di disagio sanitario, sociale ed economico ».
Les microcommunautés devraient donc pouvoir se charger de cette assistance, s’adapter aux exigences du moment.
Elles doivent trouver place dans des petites structures qui s’adaptent aux exigences du moment : pour cela la loi prévoit qu’elles soient construites sans barrières architectoniques. Le contrôle doit être exercé par l’Assessorat aux travaux publics.

A l’heure actuelle, il existe aussi des centres diurnes pour les handicapés : 2 à Aoste, 1 à Châtillon, 1 est en construction à Hône. Ces maisons sont ouvertes pour les usagers du district, mais on prévoit de les ouvrir à d’autres zones aussi.
La solution du problème toutefois, est à rechercher dans les microcommunautés, qui auront de la Région un financement proportionnel aux exigences et qui devraient embaucher du personnel spécialisé, d’après les problèmes spécifiques de leurs usagers.
Il en est de même pour l’Assistance psychiatrique : à l’heure actuelle on a dû refuser des personnes, faute de personnel spécialisé.
6) Quelques problèmes restent à résoudre :
a) les transports : quelles facilités prévoir pour les voyages en car et en bus ? Le taxi médical comme en France ? Une carte spéciale comme pour le train ?
b) la contribution aux frais par des usagers : le principe à suivre est le suivant : chacun doit payer proportionnellement à sa pension de retraite ; la plus grande contribution est donnée à ceux qui ont la retraite moins importante.

Il est parfois difficile d’établir exactement le revenu des usagers, qui peuvent être autres que la pension de retraite.
Quelqu’un, dans l’assemblée, n’est pas persuadé que le principe général soit appliqué correctement : les usagers qui jouissent d’une retraite plus importante semblent être pénalisés.
c) Uniformiser les services des communes voisines : voilà une exigence qui s’est manifestée pour ne pas créer des mécontentement.
d) A ne pas oublier que le problème de l’assistance aux personnes âgées devient de plus en plus urgent dans les Communes de montagne, à cause du vieillissement de la population : par exemple, à Introd, sur 475 habitants 82 ont plus de 68 ans ; à Gressoney, le vieillissement des usagers de la microcommunauté a rendu, cette année, nécessaire la présence d’une assistante sanitaire.

Le débat s’est conclu par l’intervention du Président de l’UV J.-C. Perrin, qui nous a rappelé que la population est en train de vieillir, et que les personnes âgées ont, heureusement, de moins en moins de problèmes économiques grâce à l’amélioration du système d’allocations familiales et des assurances vieillesse. Par contre pour elles dans le futur, il faudra essayer de résoudre de plus en plus le problème du temps libre et de l’accès à la culture.
La tâche qui se posera aux structures publiques dans les années à venir sera donc d’améliorer la qualité de la vie des personnes âgées : au point de vue de la santé, de l’assistance, de la culture, des loisirs.
La qualité de la vie, pour une personne âgée, c’est surtout de ne pas se sentir seule. Il faut y penser dès maintenant.

Les personnes âgées ou handicapées pour tout renseignement peuvent s’adresser à M. Pierre Bioley, secrétaire du Syndicat Retraités du SAVT, 2, Place Manzetti ou bien au secrétaire du SAVT, M. Ezio Donzel

Tiré du Peuple n. 16 du 18/04/1984

Totem et tabou



Tabou est un mot emprunté à une langue polynésienne et il désigne un objet, un être ou un acte dont il faut se détourner en raison de sa nature sacrée.
Totem est un mot emprunté à une langue indigène de l’Amérique du nord et il désigne un objet ou un être qu’il faut vénérer en raison de sa nature sacrée.
Au sens figuré, ces mots désignent aujourd’hui quelque chose de défendu (tabou) ou bien une valeur positive à laquelle on ne peut pas toucher (totem). Il y a, chez nous, des mots qui sont totem ou tabou, ou totem pour les uns et tabou pour les autres, en raison de leur connotation émotive ou culturelle qui amoindrit leur signification primaire, jusqu’à s’y superposer, en certains cas.

D COMME DISSUASION

« … Infatti proprio quando tutto è tranquillo, si deve cercare di consolidare la pace mediante la costruzione di armi ».
Ce texte n’est pas tiré, comme on pourrait le croire, d’un discours de M. Reagan ou de M. Cernienko illustrant au peuple le concept de « force de dissuasion atomique », mais d’un ancien document grec de Erone. Voici, en effet la suite :
« Con la costruzione di catapulte possiamo proteggerci contro l’attacco dei nemici interni ed esterni, sia in tempo di pace che in tempo di guerra. A questo solo scopo dobbiamo impegnarci in questa arte della meccanica e avere ogni cura per essa. Una simile iniziativa non solo darà a noi un senso di tranquillità, ma farà anche in modo che chi è intenzionato a compiere azioni malvagie non osi attaccare in considerazione dei progressi fatti da questa tecnica. Ove invece essa verrà trascurata, qualsiasi attacco, per quanto debole, avrà successo, non avendo i cittadini fatto alcun preparativo di difesa » (Tiré du texte scolaire FARE STORIA de A. Brancati).
Quelle admirable plaidoirie en faveur de la dissuasion !

Les anciens Grecs ne pouvaient pas connaître la suite de l’histoire, mais nous, nous la connaissons. Et pourtant…
L’histoire ne nous a rien appris, évidemment.
Et bravo ! messieurs « les grands de la Terre » qui avez découvert la « dissuasion », le moyen infaillible pour établir la paix ; vous qui affamez les trois-quarts du monde pour financer vos armements (pacifiques, évidemment) ; vous qui colonisez pour vous assurer votre grandeur (indispensable pour la dissuasion) ; d’ailleurs, les peuples pauvres, les peuples petits (on ne dit plus « sauvages » maintenant, ce n’est plus la mode, on dit « émergents », mais émergents de quoi ? et pour aller où ?). Ces peuples là, disais-je, n’ont pas de force de dissuasion, eux, qu’est-ce qu’ils peuvent donc prétendre ?

Vous qui subventionnez et armez les quelques dizaines de guerres qui sont en cours en ce moment dans le monde (toujours au nom de la paix, évidemment) ; vous qui avez remplacé la « force de frappe », terme trop brutal et agressif par la « force de dissuasion », terme beaucoup plus gentil, qui vous posez automatiquement du bon côté, du côté de ceux qui sont menacés et qui doivent se défendre, bien sûr (moi, je trouve ce jeu de mots ignoble, comme l’idéologie qu’il soutend) ; eh bien, vous, messieurs « les grands de la Terre », ne vous sentez-vous pas un peu ridicules ?
Il y aurait de quoi, si vous étiez de bonne foi.
Vous avez découvert la « dissuasion », bravo !
2000 ans d’histoire ont servi à ça !
Mais, si le regard sur le passé peut être décevant, dans la mesure où nous nous rendons compte que l’histoire se répète toujours, ce même constat peut aussi, peut-être, nous rassurer.

Au fond, pour rester dans la Grèce ancienne, c’est la tolérante, démocratique, cultivée Athènes qui a eu le dessus sur Sparte, la militaire.
Est-ce que cela peut bien nous faire espérer pour l’avenir ?
Et encore, les grands empires qui ont eu une vie plus facile et longue et qui ont laissé une trace dans l’histoire sont ceux qui ont su respecter les particularités des peuples qu’ils avaient asservis, en choisissant la voie de la tolérance, de la culture, du respect, de la civilisation (Darius le persan, Alexandre de Macédoine). Les autres, qui avaient choisi le despotisme et la prévarication, se sont écroulés sous le vent de la révolte ou de la rivalité et se sont dissous en poussière dans le désert.
ET TOI, EUROPE DE DEMAIN, QUELEL VOIE CHOISIRAS-TU POUR TON AVENIR ! 


Magui Maquignaz Bétemps


Tiré du Peuple n. 24 du 13.06.1984

Lycées techniques



L’avis que la Conférence Régionale pour la Condition Féminine a donné sur la loi portant la création des Lycées techniques n’a pas été approuvée à l’unanimité, mais avec le vote contraire de l’Entraide des Femmes Valdôtaines et l’abstention des représentants du SAVT et de l’UV.
Les trois représentantes avaient aussi présenté un avis (dont le texte est ci-joint) totalement différent de celui approuvé. En décidant de l’envoyer à la presse, nous voulons aussi faire quelques précisions sur les points du document approuvé par la Conférence et repris par « La Stampa » du 24 courant.

D’abord, sur le point du prétendu risque d’embauchement de professeurs étrangers. Il nous semble que l’opinion (il ne s’agit que d’une opinion) reflète surtout très peu de confiance dans le corps enseignant valdôtain. Quant à nous, nous pensons qu’il y a sûrement une bonne réponse de la part des professeurs valdôtains, qui démontreront de comprendre la grande importance culturelle que cette école aura pour le Val d’Aoste. Naturellement, tous les moyens techniques doivent leur être assurés pour pouvoir dispenser leurs cours en français.
Quant à l’affirmation « la sola risposta sta nel privilegiare l’insegnamento del francese… » nous estimons qu’il s’agit de la réponse fondamentale, étant donné que la langue est le moyen d’expression de toute la culture d’un peuple, de plus, elle est le pilier sur lequel se base notre autonomie même.
Nous sommes d’accord que les exigences socio-économiques doivent être connues, avant de décider quel type d’enseignement technique dispenser.

Quant aux élèves et à leurs difficultés, la loi ne dit pas qu’il devront « di colpo e tout court affrontare l’insegnamento in francese di ogni materia ». Il est évident qu’on ne peut ignorer la réalité, dont l’école actuelle est responsable. Les élèves devront donc sûrement suivre des cours intensifs de français pour améliorer leur niveau de préparation.

La prétendue « contrapposizione tra una scuola di lingua italiana ed una scuola di lingua francese », n’est qu’un prétexte pour nier l’évidence encore une fois, c’est-à-dire que l’école « italienne » a été jusqu’à présent un facteur de destruction de l’identité de notre peuple.
Une école bilingue (ou mieux encore entièrement française) sera, au contraire, un important élément d’unification et permettra à tous les valdôtains, indépendamment de leur origine, de prendre conscience que la sauvegarde de notre autonomie passe à travers la sauvegarde de nos langues maternelles.
Pour terminer, l’expérience de l’IPR de Châtillon démentit aisément cette thèse, car aucune « contrapposizione » ne s’est avérée entre les différents types d’écoles.

L’Entraide des Femmes Valdôtaines
Tiré du peuple n. 27 5/07/1984

Totem et tabou



Tabou est un mot emprunté à une langue polynésienne et il désigne un objet, un être ou un acte dont il faut se détourner en raison de sa nature sacrée.
Totem est un mot emprunté à une langue indigène de l’Amérique du nord et il désigne un objet ou un être qu’il faut vénérer en raison de sa nature sacrée.
Au sens figuré, ces mots désignent aujourd’hui quelque chose de défendu (tabou) ou bien une valeur positive à laquelle on ne peut pas toucher (totem). Il y a, chez nous, des mots qui sont totem ou tabou, ou totem pour les uns et tabou pour les autres, en raison de leur connotation émotive ou culturelle qui amoindrit leur signification primaire, jusqu’à s’y superposer, en certains cas.

P COMME POLITIQUE – R COMME ROSE

LA POLITIQUE EN ROSE

Un certain M. Wojtila a passé quelques jours à l’Adamello pour fairer du ski.
Un certain M. Pertini, son ami, a été lui rendre visite et a passé une journée avec lui.
Il paraît que la rencontre a été très cordiale et affectueuse. Très bien. Je m’en réjouis pour eux. Mais je ne voix pas en quoi ça nous concerne.
Cette visite se voulait strictement privée et il y a eu un déploiement remarquable de forces pour protéger cette privacy.
Et pourtant, depuis quelques jours, cette nouvelle a fait la une de tous les journaux et la troisième page a été remplie de commentaires (satisfaits, alarmés, complaisants) à propos de l’événement.
On a parlé de l’évolution de la figure du Pape et du Président, du rôle de l’Eglise dans le monde d’aujourd’hui, de problèmes théologiques, on a refait l’histoire de l’Eglise et des Papes depuis Saint Pierre, on a disserté sur les rapports entre Eglise et Etat, on s’est souciés pour la laïcité de l’Etat et de M. Pertini. On a même disserté sur le droit de M. Wojtila de faire du ski et sur sa pensée à propos du corps et de l’homme dans sa globalité.

De quel droit ? Pour autant que je sache, aucune loi de l’Eglise n’interdit à un Pape de faire du ski et, en tout cas, ce que M. Wojtila a fait dans sa vie privée le concerne.
La vie privée d’un Président ou d’un Pape leur appartient, comme celle de n’importe qui et nous n’avons pas le droit de la juger.
Nous avons le droit de dire notre avis sur le Président de la République italienne et sur Jean Paul II, non pas sur M. Wojtila et sur M. Pertini.
Si je porte un jugement sur Jean Paul II c’est en raison de ce qu’il dit dans sa fonction de Saint Père, de chef de l’Eglise Catholique à propos de la contraception, du célibat des prêtres, des rites religieux, de la paix dans le monde, de la justice sociale, etc.
L’emploi du temps libre de M. Wojtila ne m’intéresse pas du tout.
Si je porte un jugement sur le Président de la République italienne, c’est en raison de ce qu’il dit et fait en tant que Président ; sa pipe, ses promenades à la montagne, ses aimables conversations et plaisanteries ne m’intéressent pas du tout. Elles ne devraient intéresser personne.

Et pourtant, des journalistes sérieux se sont laissés prendre au piège et ont transformé un événement strictement privé en événement politique. Ou peut-être cela était prévu et le prétendu événement privé n’était qu’un ballon d’essai ?
Des deux, l’une.
En tout cas je remarque que l’on est tombé, là aussi, comme il arrive toujours plus souvent, dans la tentation de faire de la « POLITIQUE EN ROSE ».
Tentation ou piège ?
Piège pour le lecteur, sans aucun doute.
Qu’est-ce que j’entends par « politique en rose » ?
J’entends cette tendance qu’on a à mettre en évidence, dans les personnages, publics, le côté privé, « humain ».
Ce faisant, on brouille les cartes sur table, on apporte des éléments de jugement qui ne sont pas pertinents et qui deviennent prépondérants.
On nous présente les mères, les fiancées, les épouses, les enfants, les hobbys, les sports, les manies et les vêtements de ces personnages, sous prétexte de nous en montrer le « côté humain ».

Mais pourquoi ne devraient-ils pas être humains ?
De toute évidence ils sont des hommes comme les autres, ils ont donc des mères des fiancées, des épouses, des enfants, des hobbys, des sports des manies, des vêtements.
Mais pourquoi cela devrait changer notre jugement sur le personnage en question ?
Est-ce qu’un plombier est meilleur qu’un autre plombier s’il a une belle femme, trois enfants adorable ou s’il aime faire du ski ?
Ces personnages sont des hommes comme les autres, mais leur métier n’est pas tout à fait comme celui des autres : ils ont un rôle public, ils prennent des décisions qui « nous » concernent ; c’est sur ce rôle et ces décisions que nous devons être renseignés et que nous devons juger.
Tous les autres éléments qu’on ajoute pour influencer notre jugement sont mystificateurs. C’est la Politique en rose.
Qui peut être beaucoup plus dangereuse qu’on n’a l’air de le croire. Le pire dictateur peut devenir un personnage presque sympathique si on nous le présente en tant que grand-père tendre et affectueux (Hitler aussi était très tendre avec les enfants, et pourtant…).
Le meilleur des ministres peut devenir un personnage frivole à la moralité douteuse, si on nous le présente dans un bistrot, entouré d’amis et de jolies filles, pendant une fête. Il aura sans doute la bouche béante, les yeux vides et l’air idiot (et vous quelle tête avez-vous après un dîner avec les amis ? et pourtant…)

C’est de la mystification.
C’est de l’hypocrisie.
C’est de la mauvaise foi.
C’est de la politique en rose.
Les exemples pourraient être nombreux. Un peut suffire : cas de J. F. Kennedy.
On a voulu en faire un mythe : et voilà le jeune idéaliste, le mari et le père affectueux, jeune, sympathique et très catholique, issu d’un clan patriarcal, l’image même de l’honneur et des vertus ancestrales.
On a voulu détruire le mythe : et voilà la même personne transformée en jeune débauché, maniaque sexuel, qui fréquente plus les jeunes actrices que sa propre femme, qui n’a pas divorcé seulement par respect de la forme, aux drôles de fréquentations, dans le milieu des artistes, qui, à leur tour, ont des drôles de fréquentations dans le milieu de la mafia… Et le clan Kennedy, de quelle façon a-t-il assemblé sa fortune ?...
La politique en rose.
Tout le monde a lu tout cela, tout le monde connaît cela, mais qu’est-ce qu’on connaît, qu’est-ce qu’on a retenu de la politique d’intégration raciale, de la « nouvelle frontière », de l’affaire de la « baia dei porci », de la guerre au Vietnam ?

La politique en rose.
On est submergé de photos de princesses qui accouchent, de chefs d’Etat en vacance, de femmes d’hommes politiques qui font leurs courses au supermarché « comme tout le monde », de ministres qui se dorent au soleil sur leur yacht « comme tout le monde »… Comme tout le monde ?!?
Et le ministre Untel est tellement « normal », qu’il joue de la guitare avec ses amis, et le ministre Untelautre est si gentil parce qu’il aime chanter des airs de mélodrame…
Quand nous montrera-t-on la photo d’un ministre nu pour nous démontrer que son anatomie est comme celle de tout le monde ?
La politique en rose
Je regrette presque le temps où les familles étaient présentées rigides et figées dans les photos officielles !
A chacun son rôle.
C’était plus honnête que les mystifications mièvres des potos qu’on voit aujourd’hui.
La politique en rose.
Bien sûr que les hommes publics dans leur vie privée sont des personnes comme toutes les autres : personne n’a jamais prétendu que pour devenir homme politique il faut être anormal.
Laissons-les donc vivre leur vie privée comme bon leur semble ; laissons à M. Pertini sa pipe, à M. Wojtila son ski, à M. Craxi sa guitare.
Jugeons plutôt leurs actes publics : ça nous concerne et de ça ils nous doivent rendre compte. Ne soyons pas dupes de la politique en rose ; les mythes nous charment, bien sûr, et la politique en rose forge chaque jour des mythes pour nous ; mais les mythes sont pour les peuples enfants ; nous, désormais, nous sommes un peuple adulte.

Magui Maquignaz Bétemps


Tiré du Peuple n. 31 du 3/08/1984

Assistance psychiatrique



Nous publions ici une lettre présentée par l’Entraide des Femmes Valdôtaines au Bureau régional pour la condition féminine, qui l’a acceptée, au sujet des modifications de la loi n. 833 concernant l’assistance psychiatrique présentées par le Ministre Degan.
Cette lettre a été ensuite adressée à l’ULCES en tant que soutien à sa « lettera aperta al Ministro Degan ».

Aosta, lì 19 giugno 1984

Alla Sezione Regionale per la Valle d’Aosta dell’ULCES

La Consulta Regionale per la Condizione Femminile,

VISTO il d.di.l. presentato dal Ministro della Sanità, Degan, concernente : « Modifiche degli artt. 34, 35 e 64 della l. 23/12/1978, n. 833 relativi all’assistenza psichiatrica », in particolare nelle parti in cui si parla di « Servizi di assitenza socio-sanitaria attuata presso strutture e residenze apposite per i trattamenti protratti » e di « trasformazione degli ospedali psichiatrici in istituti di riabilitazione per lungodegenti », esprime la preoccupazione che tali strutture, ipotizzate probabilmente per colmare un vuoto tra l’assistenza domiciliare ed ambulatoriale territoriale, che deve restare il fulcro dell’assistenza psichiatrica, ed i servizi di diagnosi e cura ospedalieri in cui dovrebbe essere curata la fase acuta della malattia, possano trasformarsi nuovamente in luoghi di internamento dei malati mentali.
La Consulta Regionale per la Condizione Femminile ritiene che nell’organizzazione del dipartimento di salute mentale si debba mantenere intatto lo spirito innovativo della legge 13 maggio 1978, n. 180 e tendere al recupero del malato nonchè al suo reinserimento nella società con tutte le garanzie di sostegno sociale e sanitario per sé e per i suoi familiari. Solo con questo spirito si può parlare di « istituti di riabilitazione per lungodegenti » mentre si deve fermamente respingere ogni altra ipotesi di ritorno all’istituzionalizzazione dei malati.
La Consulta Regionale per la Condizione Femminile appoggia pertanto l’iniziativa dell’ULCES di inviare una lettera aperta al Ministro Degan, in quanto in essa si evidenzia e si denuncia il rischio di ritornare al tradizionale internamento del malato mentale.

Tiré du peuple n. 31 du 3/08/1984

Le rapport de Mme Lina Voyat de l’Entraide au Congrès



Amis unionistes et invités au IIème Congrès National de l’Union Valdôtaine, au nom de l’Entraide je vous adresse nos salutations les plus amicales.
Cinq années se sont écoulées depuis le premier Congrès, quelques unes positives, d’autres moins, cependant c’est avec enthousiasme que nous nous retrouvons tous ici aujourd’hui et notre foi dans nos idéaux, notre envie de lutter pour les réaliser, notre détermination, notre confiance dans le Mouvement n’ont pas changé.
C’est donc avec enthousiasme que nous participons aux travaux de ce deuxième Congrès, convaincues qu’il sera riche en propositions, que les débats seront stimulants pour nous tous, que la ligne politique et idéologique qui en ressortira pourra nous guider dans les 5 prochaines années.

Pour ce qui est de la période qui vient de s’écouler, nous de l’Entraide nous estimons avoir travaillé avec constance et engagement, en pleine cohérence avec les principes du Mouvement et de notre Statut, qui dit :
« les buts de l’Entraide sont.
- la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine ;
- la défense de l’identité et de la dignité du peuple valdôtain, de sa culture et de ses traditions ;
- le développement des langues historiques valdôtaines (français, patois, walser), à travers son action dans la famille, dans l’école et dans la vie quotidienne.
En vue du Progrès de la Communauté valdôtaine, l’Entraide conduit une action visant à résoudre les problèmes de la santé de la vie socio-économique, du tiers âge, des personnes handicapées, de la drogue, etc… »

En particulier, pour atteindre le premier des buts que nous nous sommes proposés, « la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine » :
1) Nous avons participé, à côté d’autres groupes féminins, aux débats concernant la condition de la femme.
2) Nous participons à la Conférence Régionale pour la Condition féminine (Consulta) ; 3) Nous avons organisé une conférence-débat publique sur l’Ecole Valdôtaine au Palais régional en hiver 1983 ; ce débat, d’ailleurs, s’est poursuivi par la suite sur la presse et à l’intérieur de la « Consulta ».
4) Par une collaboration constante à la rédaction du Peuple Valdôtain nous avons exprimé notre avis sur des problèmes politiques, idéologiques, culturels, sociaux, sanitaires, ou bien portant sur la condition féminine. Et, toujours à propos de notre collaboration avec la presse, nous rappelons le n. 4-5 de la « Revue Valdôtaine » de 1983 rédigée par l’Entraide et dont le sujet était « La femme valdôtaine : condition et rôle : témoignages et essais de recherches ». Et je ne citerai pas ici tous les documents et tracts que nous avons élaborés et diffusés.
5) Notre activité s’est concrétisée aussi par la participation aux élections régionales de 1983 et par des rencontres périodiques avec les femmes inscrites à l’UV ou sympathisantes.

Pour ce qui est du deuxième point de notre Statut : « La défense de l’identité et de la dignité du peuple valdôtain, de sa culture de ses traditions » :
1) Nous avons organisé, lors des Rendez-Vous Valdôtains, plusieurs activités à l’intention des enfants et, notamment, des expositions de dessins et peintures d’enfants, des jeux, de l’animation théâtrale portant sur des sujets de culture valdôtaine.
2) Toujours à l’occasion des « Rendez-Vous Valdôtains », nous avons réalisé des recherches et des exposition ayant comme thème la culture et les traditions valdôtaines.

Notre engagement dans la défense de nos langues historiques a été constant : nos langues véhiculaires ont toujours été le français et le patois.
Notre engagement vis-à-vis des problèmes de la santé, de la vie socio-économique, du tiers âge et des personnes handicapées, de la drogue, s’est concrétisé par :
1) l’organisation d’un débat sur le rôle du Centre de Consultation de Donnas ;
2) l’organisation d’une rencontre avec les personnes âgées lors du Rendez-Vous Valdôtain de 1982 ;
3) l’organisation en automne 1983 d’une Conférence-Débat publique sur la loi régionale portant la création de structures pour les personnes âgées et handicapées et sur ses réalisations ;
4) la participation au débat sur le problème de la drogue, printemps 1984 ;
5) la Communication aux organes régionaux compétents de nos évaluations sur le plan socio-sanitaire, notamment sur les thèmes de la maternité, de l’enfance, des maladies, mentales, de la drogue, de l’alcoolisme, etc…

Nous nous engageons, bien sûr, pour le futur à poursuivre notre travail dans la même direction : nous avons envisagé plusieurs débats, des rencontres dans les communes, l’organisation d’expositions, la collaboration avec la presse du Mouvement.
Notre engagement futur se déploiera donc toujours sur deux lignes d’action parallèles : d’une part nous continuerons à soutenir le Mouvement, bien conscientes du fait qu’être valdôtains, aujourd’hui, est de plus en plus un choix qui exige un engagement personnel et constant, une cohérence pas toujours facile, une préparation idéologique et non seulement des slogans.

D’autre part, nous ne cesserons pas d’interpréter et de faire connaître les exigences et les problèmes des femmes, qui, aujourd’hui, à travers mille difficultés et souvent sans être comprises, essayent de définir leur rôle dans note société.
Bien sûr, nous savons que la force vient aussi du fait d’être solidaires les unes des autres et de travailler ensemble pour rejoindre les mêmes buts : nous ne cesserons pas non plus, donc, d’essayer d’amener le plus grand nombre possible de femmes valdôtaines vers nos activités.
Travaillons donc, avec engagement et cohérence, sans nous cacher les difficultés, mais sans perdre de vue notre but final qui est, comme nous l’avons déjà écrit, de devenir, enfin, un peuple suffisamment fort pour lutter contre l’arrogance, suffisamment libre pour pouvoir pratiquer la tolérance, suffisamment uni pour construire notre avenir tous ensemble.

Tiré du Peuple n. 45 du 7/12/1984

1985

L’intervention de l’Entraide



Amis unionistes,
servir le pays dans la liberté : voici le slogan qui nous guidera pendant la prochaine campagne électorale. Inutile de vous rappeler l’importance d’avoir des administrateurs unionistes dans nos communes : liberté signifie aussi savoir bien gérer son propre territoire, d’une façon utile, sans le dénaturer, mais au contraire en valorisant ses caractéristiques et ses ressources au profit de tout le monde : et nous sommes sûres que des administrateurs unionistes, s’inspirant des principes de l’auto-gestion et de l’épanouissement du pays, sauront travailler mieux que d’autres pour atteindre ces buts.
Liberté signifie aussi que tout le monde doit avoir les mêmes devoirs et les mêmes droits. Tout le monde : hommes et femmes.

A ce propos, nous avons apprécié le fait que le Président du Gouvernement ait rappelé aux unionistes, lors du dernier Comité Central, l’opportunité de présenter beaucoup de femmes dans les listes pour les élections communales ; cependant nous voudrions vous faire remarquer qu’il n’est pas « opportun » de se souvenir des femmes seulement à l’occasion des élections : en effet à la veille de chaque consultation électorale le mot d’ordre semble être : « cherchez la femme ! ».
Si la présence des femmes était constante et importante dans le Mouvement et dans les sections, leur présence dans les listes électorales en découlerait automatiquement.

Bien sûr, la responsabilité de l’absence des femmes ne revient pas entièrement aux hommes ; bien sûr, les femmes sont souvent trop occupées avec la famille et avec la maison pour vouloir s’intéresser aussi de questions politiques ; bien sûr, souvent les femmes ont une sorte de complexe d’infériorité vis à vis des hommes pour ce qui concerne l’engagement dans des activités publiques ou administratives : mais cela ne doit pas vous servir d’alibi ; liberté signifie aussi savoir prendre des responsabilités et faire des choix, mais les femmes ont sur leur dos des siècles d’histoire qui leur ont appris à déléguer aux autres cette prérogative.
La responsabilité de donner aux femmes la place qui leur convient dans la société revient aussi bien aux hommes qu’aux femmes ; c’est aux hommes de leur faire confiance, de les pousser, de les encourager, bien conscients que l’espace que les femmes occuperont n’est pas de l’espace volé aux hommes : c’est de l’espace conquis pour tout le monde : la liberté n’a pas de frontières.

Servir le pays dans la liberté : en sollicitant votre engagement dans cette campagne électorale, nous voulons toutefois vous rappeler que nous rendrons vraiment libre notre pays seulement par un engagement constant, aussi bien dans notre vie privée que publique ; par une parfaite cohérence entre nos choix pratiques, administratifs et politiques et notre idéologie ; par une plus grande participation à la vie du Mouvement, à tout niveau ; par une valorisation de l’information autonomiste (presse et radio) : si nous saurons vraiment, par nos actes et non seulement par les paroles, servir notre pays, la liberté viendra aussi.

Tiré du Peuple n. 5 1/2/1985

Organisée par l’Entraide des Femmes Valdôtaines



Le soir du 9 février 1985 a eu lieu au restaurant Agip d’Aoste le dîner organisé par l’Entraide des Femmes Valdôtaines, auquel avaient été invité aussi le Président du Gouvernement régional, M. Auguste Rollandin et les Assesseurs régionaux de l’Union Valdôtaine.

Ça été l’occasion pour soumettre à nos élus des problèmes qui nous intéressent : ont été posées des questions notamment sur l’agrotourisme, sur le problème de la santé, sur la formation professionnelle, sur la défense de la langue française dans les écoles et dans la vie de tous les jours en sollicitant la création de l’Office de la langue française.
Le Président du Gouvernement régional et les Assesseurs à l’Agriculture, Forêts et Milieu Naturel, M. Joseph César Perrin et à la Santé et Aide Sociale, M. Hugues Voyat ont éclairci ces sujets.

L’Assesseur à l’Instruction Publique, M. René Faval, n’a pu être présent à cause d’un engagement ainsi que Mlle Maria Ida Viglino, pour des raisons de santé.
Au cours du repas a été illustré aussi la prise de position de l’Entraide au sujet de la loi sur la violence sexuelle qui sera examinée bientôt par le Sénat, et afin que cette loi soit approuvée avec des amendements (voir « Peuple » n. 3) ont été recueillies des signatures pour une pétition.

L’Entraide, sensible à ce problème, avait déjà diffusé un supplément au « Peuple Valdôtain » avec des articles de Guy Héraud, d’Andrea Chiti-Batelli et de Mechtild et Guiu Sobiela Caanitz et la résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe sur les maltraitements aux enfants.
Plus de soixante femmes ont participé à cette rencontre et au repas qui s’est terminé en liesse. 


a.r. 


tiré du Peuple n. 8 du 21/02/1985

Dites-moi Monsieur l’Assesseur. Une série de rencontres-débats organisée par l’Entraide

par Magui Bétemps

Jeudi 14 mars, dans la salle des Manifestations du Palais régional, a eu lieu la première d’une série de rencontres-débats avec les Administrateurs, organisée par l’Entraide des Femmes Valdôtaines.
Notre but était d’offrir à la population la possibilité d’avoir des renseignements de première main et de poser les questions qui lui tiennent à cœur directement à l’Assesseur en question.
Par ailleurs, nous avons voulu offrir à nos Administrateurs la possibilité d’entendre de la vive voix des usagers les requêtes et les problèmes de chaque secteur de la vie publique.

La première rencontre-débat était dédiée à la Santé en VDA, l’invité était l’Assesseur Ugo Voyat.
Le but que nous étions données a été rempli, car l’assemblée, assez nombreuse, était attentive, plusieurs questions ont été posées, plusieurs problèmes débattus.
L’Assesseur a débuté par un exposé portant sur la situation de la Santé en VDA, depuis l’application de la loi 833 de 1978. Il a ensuite illustré le plan socio-sanitaire et les compétences en matière de la Région et de l’USL, en présentant les structures existantes sur le territoire en VDA et les projets pour le futur immédiat (notamment : ouverture de Centres traumatologiques dans les zones touristiques, ouverture de nouveaux dispensaires polyvalents à Morgex et Châtillon, mise en fonction de la Maternité au Beauregard, restructuration de l’Hôpital régional, déplacement de la division de psychiatrie et élargissement de la division de radiologie, etc.).
D’autres problèmes n’ont pas encore été résolus et apparaissent de difficile solution.
Des pourparlers avec l’Assesseur à la Santé d’Ivrée sont en cours, pour trouver une solution au problème de la Radiothérapie.
De même il faudra ouvrir encore 20 micro-communautés pour garantir une assistance satisfaisante aux personnes âgées.

Un problème qui reste est celui de l’assistance aux handicapés. Des pourparlers sont en cours pour mettre à leur disposition de nouvelles structures.
De même, reste à organiser l’assistance aux toxicomanes.
D’autres petits problèmes contingents sont en voie de solution : il faut repérer de locaux plus vastes pour le laboratoire d’analyse, ainsi que résoudre les questions liées au contrat de travail.
De même, sera bientôt appliquée la loi pour l’exemption du payement du ticket et il faudra former du personnel spécialisé, notamment pour les laboratoires et pour l’Assistance aux personnes âgées.

Plusieurs de ces problèmes ont été repris et examinés à fond lors du débat qui a suivi.
L’Assesseur, sans vouloir donner des recettes miraculeuses, s’est néanmoins engagé à examiner et essayer de résoudre dans le plus bref délai possible les problèmes qui sont sur le tapis.
Voici le compte-rendu de la première conférence-débat. On a pu se rendre compte de l’importance d’y assister, pour mieux connaître les problèmes de notre communauté et pour exercer notre droit de parole.

N’oublions pas qu’être autonomiste signifie aussi être présent dans la vie de notre communauté, connaître les problèmes de notre pays, collaborer à les résoudre.
C’est pour nous donner la possibilité de parler directement à notre Assesseur que nous avons organisé ces rencontres. Sans doute il pourra nous donner des renseignements plus précis que ceux que l’on peut recueillir dans les magasins ou les bistrots.

Tiré du Peuple n. 13 du 28/03/1985

L’appel de l'Entraide aux femmes


Chères amies,

nous voici donc à la veille d’une nouvelle consultation électorale, pendant laquelle nous choisirons les administrateurs de nos Communes.
Nous avons souvent entendu dire, ces jours-ci, que ce qui compte est de faire « de la bonne administration » ; que les listes se rattachant à un parti ou à un mouvement ne nous donneront pas forcément de meilleurs administrateurs, etc., etc.

Il est bien de réfléchir un instant sur cette attitude qui, apparemment, peut sembler logique. Il est vrai que le fait d’appartenir à une organisation politique ne signifie pas que l’on soit sans défaut personnel (d’ailleurs on peut penser qu’il se passe la même chose pour les candidats « libres »).

Mais il est vrai aussi que l’administration d’une communauté, petite ou grande, impose des choix de principe (quel type de développement ? quel type de services offrir à la population ? etc.). En résumé pour administrer il faut avoir un programme, une ligne d’action cohérente, parce qu’il faut avoir conscience que tous les problèmes administratifs concernent l’existence même de toute la communauté valdôtaine.
Les listes proposées par l’UV donnent la garantie que les administrateurs élus travailleront sérieusement pour respecter les programmes présentés à la population, parce que l’UV en est garante, comme elle est garante des alliances librement choisies dans les différentes communes.

Mais, en plus, nos listes, et… elles seules, nous donnent l’assurance qu’on administrera en tenant toujours compte des intérêts de tous les valdôtains, et non pas de telle autre catégorie, ou bien des intérêts des partis italiens.
Engageons-nous donc pour la bonne réussite de ces élections, compte tenu aussi de l’enjeu qu’elles représentent pour le devenir de notre Mouvement.
Notre force, nous le savons, doit être l’union entre tous les valdôtains et le courage de travailler toujours mieux pour notre Vallée.

Tiré du Peuple n. 18 du 2/5/1985

Une volonté, une intelligence, une amie: Maria Ida Viglino



Mademoiselle Viglino, encore l’an dernier Madame l’Assesseur à l’Instruction Publique, vient de nous quitter subitement, quelques mois après avoir cessé ses activités publiques et politiques.
La mort seule lui fit baisser les bras.

Immense, la foule reconnaissante qui l’accompagna vers la paix éternelle, innombrables les gerbes et les couronnes qui jonchèrent sa tombe. Ce fut des obsèques nationales.
Cette femme d’exception a dû regarder, de l’au-delà, avec une émotion bienveillante, ce long cortège du dernier adieu. Mais c’est toute sa vie de lutteuse obstinée toute son existence dédiée au service du Val d’Aoste, ses soixante-dix ans sans défaillance dont elle doit s’énorgueillir à la droite du Dieu des Justes.

Une jeune fille puis une femme comme vous, comme moi, qui a su choisir, coûte que coûte, l’étude et la connaissance, la Résistance active, l’engagement politique sous la barbarie mussolinienne à une époque où il paraissait déplacé qu’une fille osât revendiquer autre chose que le balai, la serpillière et le bon plaisir des mâles de la famille. Une femme qui, dans sa vie privée d’une extrême discrétion, connut les émois, les rêves, les moments dépressifs, la tendresse, les difficultés qui sont l’apanage de la féminité.

Son regard vif, incisif, finement malicieux, révélait une intelligence clairvoyante, organisatrice, volontaire. Une intelligence s’éduque, s’affine, s’enrichit : elle su, elle voulut, pour le service de tous, qu’il en fût ainsi. Elle le voulut intensément au bénéfice du peuple valdôtain, peuple laborieux et libre. Ardent et irréductible défenseur du français, langue héréditaire et légitime, nous lui devons son implantation officielle dans nos établissements scolaires. Elle aimait le patois et encourageait les traditions, prévoyant qu’une culture ancestrale est un tremplin capable de propulser l’avenir. Elle appréciait les arts et un poème pouvait la bouleverser.

Une belle âme, une âme noble, cette expression familière à nos aïeux, glorifiait un esprit généreux et altruiste, exempt de bassesse. Ida Maria Viglino mérite cet hommage. Son œuvre lui survivra dans la nouvelle génération. Elle gravit et fait gravir au Val d’Aoste, les degrés ascentionnels d’un monde plus conscient et plus humain.

A qui passera-t-elle le relais ?
L’éducation, la justice sociale et la paix mobilisent le cœur et l’intelligence des femmes. Femmes valdôtaines, femmes de l’Entraide, chacune dans notre milieu, chacune selon nos possibilités, soyons citoyennes à part entière. Ne décevons pas Ida Maria Viglino, une grande figure de notre histoire.

Irma Bonfillon

Tiré du Peuple n. 27 du 4/07/1985

Exposition du peintre Maria Grazia Bin Ansaldo

DU 30 AOUT AU 8 SEPTEMBRE
DANS LA SALLE
COMMUNALE D’ART D’AOSTE

En octobre 1983, la prestigieuse revue « Capital » citait les plus célèbres portraitistes italiens et un groupe de six promesses, parmi lesquelles Maria Grazia Bin Ansaldo. La jeune femme peintre s’est en effet rapidement affirmée – elle est citée par le « Bolaffi », le « Quadrato » et d’autres catalogues - ses œuvres sont toujours plus estimées et achetées par des collectionneurs.

Pour Mme Bin peindre c’est une nécessité, dictée par un grand amour pour la nature et en particulier pour sa merveilleuse vallée. Cette femme, née à Aoste et descendante du côté maternel d’une ancienne famille valdôtaine, a cependant passé une période de préparation à Venise, où elle eut pour maîtres quelques excellents coloristes. De retour à Aoste, elle a été conquise par la beauté du paysage, en métamorphe continuelle dans les différentes saisons. Elle a représenté les arbres en fleur au printemps, les ruisseaux et les lacs alpins, les bois et les sentiers dorés de l’automne, et enfin les neiges et les givres de l’hiver. Parmi ses sujets il y a aussi les enfants joyeux, peints généralement au pastel, et la montagnarde qui serre au cœur son enfant blond.

Ses fleurs des champs ont plu, pour leur originalité et leur charme, au vieux et célèbre Abrate, qui lui a fait cadeau de son livre avec une dédicace affectueuse. Il s’agit en effet d’une peintre non banalement réaliste (celle qui représente avec exactitude les fenêtres des maisons ou les branches d’un arbre) mais tendant à évoquer ce qui demeure en nous de beau et de charmant. Elle participe pour cette raison, ave le peintre Gianasso, au perfectionnement d’une façon de peindre fantaisiste et romantique, définie « Réalisme poétique ».

Mme Bin Ansaldo à la fin du mois d’août présentera ses tableaux les plus récents dans la Galerie Communale d’Art d’Aoste, du 30 août au 8 septembre.
Après avoir pu admirer ses œuvres nous sommes certaines qu’elles auront comme toujours, un grand succès de public et de critique.

Arlette (de l’Entraide des Femmes Valdôtaines)

Tiré du Peuple n. 33 du 16/08/1985

40ème Anniversaire de l'Union Valdôtaine



A l’occasion du 40ème Anniversaire de la fondation de l’Union Valdôtaine l’Entraide des Femmes Valdôtaines rappelle le rôle fondamental que les femmes ont toujours joué dans notre société et dans nos familles par la défense de nos droits et l’épanouissement de notre culture. Les femmes ont participé dès le début à la vie de l’Union Valdôtaine. Si quelques-unes seulement ont occupé une place publique et ont su mériter l’estime de tous les Valdôtains (il suffit de rappeler, pour ce qui est de l’administration, Mme Céleste Perruchon-Chanoux et Mme Ida Viglino ou bien, pour ce qui est de la littérature, Mme Armandine Jérusel et Mme Pia Faccini-Lantermoz) n’oublions pas toutes les autres.

Celles qui, pendant la Résistance, ont lutté dans l’ombre et en silence pour affirmer l’idéal valdôtain.
Celles qui ont contribué à maintenir vivant dans nos familles ce même idéal pendant des générations.
Celles qui défilaient sur les places en 1946 pour réclamer le plébiscite. Celle qui, tout au début de la vie du Mouvement, ont contribué à sa naissance et à son affirmation, dans les différentes sections de la Vallée.

Si dans le passé les femmes ont souvent travaillé dans l’ombre, la progressive prise de conscience de l’importance de leur rôle dans la société a fait naître l’exigence de se regrouper pour participer à la vie publique non seulement à titre individuel mais aussi en tant que porte-parole de toutes les femmes.
Voilà pourquoi l’Entraide s’est formée et pourquoi elle essaie de favoriser la présence féminine dans tous les secteurs de la vie publique et surtout dans les différents organes du Mouvement.

Nous nous réjouissons donc pour l’élection de Mlle Jeannette Fosson au Conseil Communal d’Aoste, d’autant plus qu’on peut constater que dans plusieurs autres communes des femmes, depuis juin 1985, font partie de l’administration, ainsi que des Comités de direction de section de l’UV.
Aujourd’hui, ainsi qu’en ’45, les femmes sont donc présentes dans l’UV et réclament le droit et le devoir de travailler pour le Mouvement, bien conscientes du fait que cela signifie travailler pour la reconquête de notre Pays.

Tiré du Peuple n. 40 du 23/09/1985

1986

Première Conférence Nationale de l’UV

L’intervention de Madame Joséphine Gérard Roux au nom de l’Entraide des Femmes Valdôtaines

Chers amis unionistes,

L’Entraide a lu avec beaucoup d’intérêt le document « Le point sur la situation idéologique », et partage entièrement l’analyse de la pensée qui est à la base de notre Mouvement. Comme pièce d’appui, nous portons ces quelques phrases, qui ont été écrites par Carlo CATTANEO, non par un Valdôtain donc, mais par un italien, né à Milan en 1801.
Un esprit illuminé qui s’était battu aussi contre les discriminations dont étaient objet les Juifs, et contre toute forme d’autoritarisme politique ; un des théoriciens de l’Unité d’Italie, qui, toutefois, n’a jamais adhéré à des sociétés secrètes, parce qu’il pensait qu’il fallait agir à travers l’éducation, l’information de l’opinion publique, à travers des réformes économiques, législatives et sociales. CATTANEO écrivait donc : (N’oubliez pas que CATTANEO écrivait quand l’Unité d’Italie n’avait pas encore été réalisée et que la forme de gouvernement la plus répandue était la monarchie. Il faut donc situer ses affirmations dans son contexte historique).

CITATIONS

« La libertà non deve piovere dai Santi del Cielo, ma scaturire dalle viscere dei popoli. Chi vuole altrimenti è nemico della libertà. La libertà è pianta di molte radici e viene meno quando è ridotta a espressione dell’unità dello Stato.
Non si può conservare la libertà se il popolo non vi tiene le mani sopra, ogni popolo in casa sua sotto la sicurtà e la vigilanza degli altri tutti ».


« Il faut que dans chaque état de l’Italie le peuple, en s’insurgeant, proclame immédiatement sa souveraineté, qu’il nomme son assemblée, qu’il la surveille, qu’il organise lui-même sa propre liberté ».
Io credo che il principio federale, come conviene agli Stati, conviene anche agli individui».


« Le federazioni non solamente poggiano sul consenso spontaneo e perennemente rinovellato delle moltitudini, ma stringendo nell’autorità federale tutto ciò di solidario interesse, lasciando a tutti i popoli l’esercizio dei loro speciali diritti, lo svolgimento delle loro idee tradizionali e spontanee, il giusto orgoglio della sovranità ch’è cara ai popoli quanto ai regnanti. Quindi l’ordine generale non invade l’ordine locale.
Allontaniamo le incompetenti analogie prese da altri popoli, soprattutto le centralizzazioni di quei stati dove la guerra, la pace, l’ordine e il disordine dipendono dagli umori di un Re, dalla temperatura di una capitale, da un Ufficio centrale di acque e strade.


Il male peggiore di cui è affetta l’Europa, è il nazionalismo il quale, d’altra parte, non è che un modo nuovo di presentarsi dell’imperialismo. L’Impero Romano, il Sacro Romano Impero, il Napoleonismo non attuarono una politica europea, perché i diversi popoli erano considerati strumenti e non attori dell’Unità.
L’Italia non può essere liberata che in seno a una libera Europa, un’Europa popolare, democratica, federale, opposta all’Europa monarchica, nazionalista, intollerante e capitalista ».


Cela démontre que l’idée fédéraliste n’est pas une utopie, et n’est pas une invention de nos jours. Elle est née et a été prônée en même temps que l’idée de démocratie, et d’absolutisme et république (et CATTANEO n’a pas été le seul idéologue du fédéralisme). Si elle a été mise de côté, en Italie, c’est seulement à cause de la puissance militaire et de la politique d’expansion de la Maison de Savoie.

Depuis, toute idée qui ne soit pas centralisatrice (monarchique, fasciste ou démocratique qu’elle soit), a été considérée révolue et utopique.
Nous considérons, au contraire, qu’elle n’est pas révolue, parce que c’est l’idéologie qui le plus tient en considération le droit à la liberté et à l’individualité, dans le respect réciproque des personnes et, surtout, des communautés. Nous ne la considérons non plus utopique parce qu’elle a déjà été réalisée, et ensuite parce que les avantages de la décentralisation sont reconnus para tout le monde, et la décentralisation n’est que le premier pas vers l’autonomie et le fédéralisme.

Autonomie et fédéralisme sont étroitement liés et chacun des deux sert pour pouvoir réalise l’autre.
Cela dit, nous partageons aussi la deuxième partie du document, voire la partie concernant la politique militante et le rapport entre idéologie et politique administrative, si bien que, déjà au Congrès National nous avions écrit : « Si parfois nous avons eu l’impression que notre Mouvement ait un peu perdu son élan idéal, étant trop pris par des problèmes administratifs, c’est peut-être que dans notre esprit Idéologie et Politique occupent deux places différentes et séparées. Ce qui n’est pas vrai ni souhaitable.
En effet faire de la politique ne signifie pas seulement faire de l’administration, mais aussi (même quand on fait de l’administration) prendre des décisions qui comportent un choix idéologique.

Chacun de nous se trouve, dans la vie de tous les jours, dans une situation pareille, et trop souvent on prend des décisions sans trop y réfléchir, ce qui nous porte parfois à être incohérents avec les principes et les idéaux que nous professons. Les exemples pourraient être nombreux : combien d’Unionistes parlent italien à leurs enfants, font leurs annonces de mariage et de mort en italien ?
Et combien d’Unionistes oublient nos principes de fédéralisme et de coopération lorsqu’il s’agit de leurs rapports humains et sociaux et de leurs intérêts.

S’il y a un décalage entre notre comportement et nos idéaux c’est parce que nous ne sommes pas toujours conscient du fait que les idées acquièrent plus de force et de crédibilité lorsqu’elles sont traduites dans la pratique.
Pour ce qui est du rapport entre politiciens-administrateurs et idéologie, le point le plus important est, à notre avis, celui que nous avions appelé COHERENCE.
« En principe, tout choix politique de nos administrateurs devrait s’inspirer des principes du Mouvement qu’ils représentent. Tout au moins, c’est cde que les électeurs souhaitent. Les administrateurs devraient traduire dans la pratique ce que le Mouvement énonce au niveau idéologique.
Par ailleurs, c’est dans l’Administration que les idées prennent forme et rencontrent des obstacles à leur réalisation pratique : on est donc obligé de faire des choix, d’établir des priorités, de décider chaque fois ce qui est essentiel et réalisable, de trouver les moyens pour atteindre le but qu’on s’est donné ».

Nous pensons aussi que, pour que l’idée et la politique active marchent en symbiose, il faudrait se rappeler que … « la tâche du Mouvement est de parfaire et d’élaborer les idées, de creuser en profondeur, d’élaborer des lignes d’action ».
« La tâche des Administrateurs est de traduire tout cela dans la pratique ».
Deux différents plans d’action donc : l’un vertical l’autre horizontal ; mais ils doivent se croiser sans cesse pour se confronter et pour éviter de faire fausse route car, tout en étant différents le terrain et le mode d’action, les points de départ et d’arrivé doivent être les mêmes ».

Pour ce qui concerne la diffusion de l’idée, une grande responsabilité revient encore aux administrateurs (noblesse oblige !) parce qu’ils sont sur la scène, ils sont des personnages publics.
D’autres moyens très importants de diffusion de l’idée ce sont les médias et, surtout, les médias non de parti, parce qu’ils touchent une plus grande couche de population, et ne peuvent pas être accusés de partialité ou de sectarisme.

Par exemple le Mouvement devrait être plus présent dans l’élaboration soit de programmes radio-télévisés, soit d’articles de presse. Pour que cela soit possible ce sont les administrateurs qui devront poursuivre les négociations avec la RAI et les journaux, afin de rejoindre un accord pour un usage plus répandu de la langue française dans les médias. Cependant l’Union Valdôtaine, n’ayant pas les moyens de disposer pleinement des mass-medias actuellement existants, ressent le besoin d’informer pour elle-même ses adhérents pour créer et conserver avec eux des liens constants. Pour répondre à ces objectifs, notre Mouvement s’appuie déjà sur trois structures : les Commissions, la Presse, la Radio.

Examinons chacune d’elles pour tâcher d’y apporter quelques améliorations :

1) – Les Commissions : le Mouvement « pour l’étude des différentes branches de la vie régionale nomme des Commissions d’étude » qui peuvent se servir, outre que des inscrits au Mouvement, de techniciens.
Nous proposons d’attribuer une autre fonction aussi à ces Commissions : informer (et donc former) la base en lui faisant connaître les résultats de leurs recherches. Puis, tenant compte de son avis aussi, formuler des propositions à soumettre aux administrateurs.
Les Commissions, pour atteindre ce but de formation et information des inscrits, dans des domaines spécifiques, devraient rédiger, au moins annuellement, un compte-rendu de leur activité et le distribuer aux sections.
On reproche souvent aux Unionistes de discuter des problèmes qu’ils ne connaissent pas bien, ou sur la base de renseignements faux ou incomplets qu’il ont reçus par ci ou par là : au fait il tient au Mouvement et, pour lui, aux Commissions chargées de recherches et d’études, de leur donner des renseignements exhaustifs et exacts, et aussi des arguments pour soutenir leurs thèses.

2) La Presse : Pour ce qui est de la presse, nous voudrions rappeler que le Peuple Valdôtain est un journal populaire et qu’il est donc important qu’il remplisse cette double fonction de formation-information. Il faudrait toujours veiller à ce que dans le journal il y ait un juste équilibre entre les articles plus spécifiquement idéologiques et politiques et es articles d’actualité politique, ou de réponse aux attaques de la presse adversaire.
Etant un journal hebdomadaire, le Peuple Valdôtain devrait fournir ses réponses et ses opinions à propos des problèmes contingents dont le lecteur entend parler un peu partout.

3) La Radio : Il serait souhaitable que la Radio de l’Union Valdôtaine démarre et, pour sa part, elle devrait transmettre principalement des programmes en langue française ou en patois ; accorder plus d’espace à la chanson francophone ; donner plus fréquemment les informations du jour concernant à la fois la Région et notre Mouvement.
Nous demandons à la radio de l’Union Valdôtaine de remplir une fonction de formation et d’information alternative par rapport aux médias italiens.

POUR CONCLURE, n’oublions pas que la force du Mouvement n’est pas seulement dans la quantité, mais aussi et surtout, dans la qualité de ses adhérents.
Il n’est plus temps de suivre des drapeaux, des slogans, ou, qui est pire, des intérêts personnels.

TOUT le Mouvement doit grandir et avancer ensemble, aussi bien le sommet que la base. C’est lorsque les racines sont solides et bien nourries que l’arbre produit de bons fruits ! C’est lorsque la base est solide et convaincue que le Mouvement est le plus FORT et la FORCE de la base est aussi dans l’information et la formation. PLUS les adhérents seront convaincus et MOINS le Mouvement sera vulnérable.
Pour que nos idéaux se réalisent nous devons avancer, TOUS ENSEMBLE, non seulement en quantité, mais aussi, et surtout, en qualité.

Merci

Tiré du Peuple n. 3 du 16/10/1986

 

L’Intervention de l’Entraide des Femmes

Je vous apporte le salut de l’Entraide des Femmes Valdôtaines.

Cette année nous ne présenterons pas le compte-rendu habituel de notre activité ; nous préférons en effet voler quelques minutes de votre attention pour rappeler celle qui, au cours de mille neuf cent quatre-vingt-cinq, nous a quittées.
Celle qui a toujours encouragé l’Entraide, et qui en faisait partie, celle qui a consacré sa vie au peuple valdôtain, celle qui n’a pu fêter le 40ème anniversaire de notre Mouvement mais dont nous sentons encore la présence. En souvenir de Mademoiselle Viglino nous vous prions de lui rendre hommage en nous levant tous debout et en gardant une minute de silence… Merci. Que l’exemple donné par Mademoiselle Viglino, l’exemple de son attachement à la cause, de son engagement, de sa ténacité, de sa cohérence, de son travail infatigable nous guide, nous encourage à poursuivre la lutte pour la défense de notre communauté.

Aujourd’hui plus que jamais il est nécessaire de travailler assidûment car, si les élections de ces trois dernières années ont été positives pour nous, il ne faut pas dormir sur les lauriers : notre engagement doit être constant et surtout nous devons approfondir notre préparation dans tous les domaines.
Pour cela nous vous faisons part de certaines exigences et de sollicitations que nous avons recueillies encore avant-hier.

Nous demandons au Mouvement de bien vouloir soigner particulièrement la préparation des unionistes par une série de cours spécifiques sur divers sujets et notamment par un nouveau cours pour les administrateurs. Nous devons offrir les moyens, aux Valdôtains qui le désirent, d’approfondir leurs connaissances.

Nous demandons également aux adhérents de s’engager pour la diffusion de l’idée autonomiste par leur soutien à la presse unioniste : « Le Peuple Valdôtain », hebdomadaire de formation et d’information, « La Revue Valdôtaine », témoignage de notre culture francophone et les mensuels « La Ville d’Aoste » et « Jeunesse Aujourd’hui».

Ce soutien concerne la propagande, l’abonnement et la collaboration, en particulier des Secrétaires des Sections par l’envoi de nouvelles des Communes.
Pour notre part, nous nous engageons, vu l’importance de la presse, à soutenir les publications susdites et en particulier « La Revue Valdôtaine », moyen de rapprochement des Valdôtains à l’idée autonomiste et présence culturelle valdôtaine.

Nous comptons aussi poursuivre notre travail de rencontre avec les autres femmes dans les sections de l’UV et avec la population, afin que la communauté valdôtaine soit toujours plus consciente de ses droits et de ses possibilités.
Rappelons-nous la devise de l’abbé Trèves : « Ne pas se plaindre et gémir mais faire et agir ! ».

Vive l’Union Valdôtaine !

Tiré du Peuple n. 30/10/1986

8 mars

L’Entraide

organise
pour le 8 mars
au Restaurant « Pezzoli »
de Gressan
une soirée surprise

Rendez-Vous à 19h15. Venez nombreuses et passez-vous le mot. Veuillez communiquer votre adhésion avant le 5 mars à l’UV 27/29 avenue des Maquisards – Aoste. Tél. 0165/41120-32532.

Bonjour ! As-tu cinq minutes à nous consacrer ? Nous voudrions te raconter une petite histoire. Une histoire qui est la nôtre et qui pourrait être aussi la tienne. Ecoute !

Il était une fois un petit peuple qui vivait au pied des Alpes.

Les hommes étaient fiers, courageux, dignes, honnêtes, tenaces, volontaires, engagés.
Les femmes étaient fières, courageuses, dignes, honnêtes, tenaces, volontaires… mais elles ne el savaient pas.

Un matin, le printemps venait d’éclore… une femme ouvrit sa fenêtre. Elle vit s’envoler un moineau, luire une perle de rosée sur une fleur, elle vit encore un nuage s’étirer dans le ciel bleu d’azur et un petit avion d’argent s’y enfouir.

Et puis, elle vit, en face de chez elle, une autre fenêtre s’ouvrir. Une autre femme regardait… elle regardait s’envoler un moineau, luire sur une fleur une perle de rosée, elle regardait encore un nuage s’étirer dans le ciel bleu d’azur et un petit avion d’argent s’y enfouir.

Les deux femmes se cherchèrent des yeux, se sourirent, se parlèrent.
Elles parlèrent du printemps, de leurs enfants, de leur ménage, de leur boulot, de leur mari, de leur village, de leur pays, de leur solitude…

La première femme pensa : « Qu’est-ce qu’elle est bien, cette femme ! ».

La deuxième femme pensa : « Elle gagne à être connue, celle-là ! ».

Peu à peu, une troisième, puis une quatrième, une cinquième, une sixième… fenêtres s’ouvrirent.
Et voilà un groupe de femmes. Des femmes fières, courageuses, dignes, honnêtes, tenaces, volontaires, prêtes à s’engager aux côtés des hommes pour mener le même combat.

C’était l’Entraide des Femmes Valdôtaines.
L’Entraide, ce groupe collatéral de l’UV, qui réunit unionistes et sympathisantes, se fixe pour objectifs :
- la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine ;
- la défense de l’identité et de la dignité du peuple valdôtain, de sa culture et de ses traditions ;
- le développement des langues historiques valdôtaines (français, patois, walser) à travers son action dans la famille, dans l’école et dans la vie quotidienne.

Depuis sa formation (en 1978) l’Entraide s’est déjà penchée sur les problèmes de la santé, de la vie socio-économique, du troisième âge, de l’école, de la culture, en organisant rencontres, débats, retrouvailles, conférences.
Au sein du Mouvement, elle s’est fait le porte-parole des femmes lors des assemblées consultatives et lors du Comité Exécutif.

Nos ne sommes pas là aujourd’hui pour parler politique mais plutôt … puisque l’on a toujours besoin d’un printemps, nous t’invitons à ouvrir ta fenêtre. Nous t’invitons à une fête des femmes, des femmes valdôtaines.
Nous sommes sûres que tu accepteras de te joindre à nous. 


A bientôt.

Tiré du Peuple n. 9 du 27/02/1986

Grand succès de la soirée organisée par l’Entraide

Le 8 mars

Plus de cent femmes ont participé samedi 8 mars à la soirée organisée par l’Entraide des Femmes Valdôtaines à Gressan : une occasion pour se retrouver en liesse mais aussi pour pouvoir mettre en évidence nos problèmes. Au début du repas a été rappelée la figure de Maria Ida Viglino, qui par son engagement constant et son action déterminée, a conduit avec succès tant de batailles, démontrant la valeur des femmes de notre terre.

Ont été lus les messages du Président de l’Union Valdôtaine Bétemps, du Président du Gouvernement Rollandin et de l’Assesseur Voyat, tandis qu’était excusée l’absence du Secrétaire Régional de l’Union Valdôtaine Tamone.
A la fin de la soirée sont arrivés l’Assesseur Faval, le conseiller Stévenin et le vice-secrétaire de l’Union Valdôtaine Viérin.

Un spectacle théâtral sur un sujet « chaud », les Lycées Techniques, a conclu la soirée, démontrant que la lutte des femmes continue dans d’autre domaines et sous d’autres formes.

a.r.

Tiré du Peuple n. 12 du 20/03/1986

Rendez-Vous



L’Entraide des Femmes Valdôtaines organise, pour le Rendez-Vous d’Aoste, une pêche à surprise. Si tu veux collaborer à la bonne réussite de cette initiative, tu peux apporter au siège de l’Union Valdôtaine (av. des Maquisards n. 29) les cadeaux que tu pourras recueillir à la maison ou chez tes amis.
Tu peux aussi signaler ta disponibilité pour la confection de colis et pour la permanence, aux heures que tu choisiras, aux stands de l’Entraide.

Tiré du Peuple n. 25 du 19/6/1986

Francophones à vos stylos !


ECRIRE c’est communiquer, c’est exprimer, c’est ouvrir le dialogue. Ecrire n’est pas très difficile à condition d’avoir vraiment quelque chose à dire car : « ce qu’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément ».

Débuter dans un métier, dans un sport, dans un art nécessite toujours un peu de technique, de méthode et quelques efforts.

Dites-vous bien que le lecteur doit vous comprendre sans être soumis à un casse-tête chinois. Il est votre interlocuteur, c’est à lui que vous vous adressez.

N’écrivez jamais que ce que vous pensez.

Etablissez un plan avant de rédiger votre article.

Rayez, sur vos brouillons, toutes les inutilités, les « redites », les expressions trop longues qui peuvent être remplacées par un seul mot.

Décomposez les phrases trop longues, à l’italienne, par de petites indépendantes. Vous éviterez ainsi l’écueil des pronoms relatifs (que nous étudierons par la suite).

Surtout n’oubliez pas de consulter le Dictionnaire qui est à l’écrivain ou au journaliste ce qu’est la faux au paysan.

Jeunes Valdôtains , jeunes étudiants, le Peuple attend vos articles. Une occasion pour découvrir, qui sait ? une vocation journalistique ou littéraire.

Tiré du Peuple n. 35 du 25/09/1986

A vos stylos


Ecrire, d’accord. Mais quoi donc ? Et pourquoi donc ?
Ecrire est cette nécessité d’information et de témoignage qui suscita le journalisme.
Nous devons la Bible aux textes hébraïques. Les échanges épistolaires de Saint Paul et les messages des apôtres nous ont transmis le Nouveau Testament, base de notre civilisation occidentale. Les hiéroglyphes nous font découvrir l’Egypte pharaonique.

Des penseurs et des philosophes ont jeté, par écrit, des modes de vie et des conceptions politiques qui ont amélioré la condition humaine : (Rousseau, Voltaire, Karl Marx, J. Jaurès, Alexandre Marc… etc). Les romanciers sont des conteurs qui rédigent, pour nous, des drames ou des comédies.

Les docteurs en lettres, en droit, en sciences, en médecine présentent toujours une thèse, c’est-à-dire développent, soutiennent par écrit, un sujet donné.
Les paroles des chansons que vous fredonnez ont été écrites par un chansonnier.
Nos cinéastes s’en réfèrent toujours soit au scénario préalablement écrit, soit à un ouvrage d’auteur.

Les poètes jouent avec les mots et les images selon les règles de la prosodie. Ils manient le verbe en artistes.
Croyez-moi, on oubliera Malraux, Lamartine, Maô et bien d’autres en tant qu’hommes politiques mais leurs œuvres littéraires leur survivront longtemps.
Ecrivez donc sur votre commune, sur les difficultés et les aspirations du boulanger, du commerçant, de votre Syndic, du sculpteur anonyme, de la ménagère, de la doyenne ou du doyen de votre village ou de votre quartier, bref sur le peuple valdôtain. Inventez de petits contes. Recueillez de vieilles légendes, des anecdotes d’actualité, des situations humoristiques. Vous verrez que ce qui n’est qu’un jeu peut devenir une passion.

Pour vos premiers essais, employez le présent de l’indicatif ou, à la rigueur, l’imparfait.
Chez nous, la faute la plus fréquente est le mauvais emploi des PROPOSITIONS, ces traîtres petits mots invariables qui unissent le verbe au complément.
Je mange des cerises : (je mange quoi ? des cerises : direct sans l’aide d’une préposition).

J’appelle ma mère : (J’appelle qui ? ma mère : C. Direct sans préposition).
Les compléments qui répondent à la question qui ? ou quoi ? sont des comp. directs. Les verbes qui les précèdent sont des verbes transitifs directs qui passent de l’action au comp. sans INTERMEDIAIRE.

Se rappeler que : faire la lessive = lessiver – écrire un texte = rédiger – faire une promenade = se promener – faire de la broderie = broder – faire de la cuisine = cuisiner, etc.
Et à propos de RAPPELER ou SE RAPPELER, pensez qu’ils sont transitifs directs. On dit : « Je me rappelle toi à cinq ans. « Vous vous rappelez la belle journée passée ensemble ».
Mais on dit : Je me souviens de notre vieille maison. Nous nous souvenions que l’hiver avait été incroyablement long.

Et puis… et puis à vos grammaires ! Rajeunissez, c’est la rentrée !

Tiré du Peuple n. 37 du 9/10/1986

Communiqué de l’Entraide


L’ENTRAIDE DES FEMMES VALDOTAINES

- ayant appris la nouvelle de l’attribution du prix « L’alunno più buono d’Italia » à Barbara Borghi de Pont-Saint-Martin ;

- tient à exprimer à cette jeune fille courageuse ses félicitations et ses meilleurs vœux pour l’avenir ;

- souligne le fait que dans un monde où la bonté, l’humanité et le sacrifice deviennent toujours plus rares, il y a cependant des enfants qui se distinguent par ces qualités ;

- rappelle enfin qu’une attention particulière doit être prêtée au monde de l’enfance et à ses problèmes.

L’Entraide

Aoste, le 16 Octobre 1986

Tiré du Peuple n. 39 du 23/10/1986

Francophones à vos stylos !



L’Entraide n’a pas la prétention de jouer aux professeurs érudits. Mais elle s’est donnée pour tâche d’aider socialement et culturellement la population valdôtaine. Or, pour un oui pour un non, les adultes comme les enfants se récusent devant l’effort ou affectent une fausse modestie : « Je suis pas capable de… » (je NE suis PAS capable) « Aiuto ! », formules fatalistes importées de l’Italie du Sud habituée à être assistée. Si nous revendiquons la liberté, la dignité, l’autonomie, mettons-nous à l’ouvrage : l’écriture est une manière de se libérer. C’est une gymnastique psychique recommandée.

Amis, veuillez considérer cette série d’articles comme un aide-mémoire, un présentoir de « trucs », de « tuyaux », de « ficelles » utiles à une rédaction plus aisée.
Voyons la façon la plus classique de convaincre le lecteur du bien fondé de notre conviction, de notre engagement politique, philosophique ou confessionnel.
Un exemple : Pour ou contre le maintien des traditions. Dans le cas où vous seriez leur zélé défenseurs.

Arguments de la thèse : racines d’une civilisation – fidélité aux coutumes ancestrales – respect envers la mémoire de nos aïeux –tout ce qui nous rappelle nos sources – douce poésie du temps passé – rien ne s’improvise – essence culturelle d’une civilisation – admiration devant la perfection d’œuvres accomplies avec un outillage sommaire – charmes envoûtants du félibrige – transmission des vertus familiales, etc…

Arguments de l’anti-thèse : (prévoir et exposer les opinions de l’antagoniste) vivre au présent – avancer dans la technique – la modernité soulage l’homme, le soigne, lui révèle d’autres horizons – l’art doit jaillir de l’imagination et non être une pieuse copie. Honorer la mémoire de nos ancêtres c’est innover comme ils le firent eux-mêmes – n’utilisez-vous pas le téléphone, la machine à laver, le tracteur, l’automobile, la télévision ? etc…

Synthèse : (nous avons forcé notre esprit à l’équité et pouvons défendre avec plus de logique et de poids nos vues personnelles) sans les balbutiements de l’art et des sciences aurions-nous avancé socialement, techniquement, artistiquement ? – La spécificité d’une région s’appuie sur ses traditions – ne pas stagner – ne pas se laisser obnubiler par le passé – Sans fondations solides, le plus bel édifice s’écroule – si l’art n’invente pas, il rénove, se renouvelle, évolue – un battement de cœur pour le passé – une espérance féconde pour l’avenir – œuvrer au présent dans l’enthousiasme mais avec un infini respect du passé – un peuple qui renie ses traditions trahit… etc.

N’omettez pas d’introduire votre exposé par une vocation d’un objet traditionnel, de la Foire de Saint Ours, d’une chorale folklorique…ou une citation d’auteur.
Il reste à construire les phrases. Des phrases claires et intelligibles pour tous.

NE DITES PLUS :

« Pas tant de bruit » mais « pas autant de bruit ». « Je ne suis pas tant contente » mais « je ne suis pas contente ». « Vous êtes beaucoup malade » mais « très malade » devant un adjectif il est préférable d’employer Très que beaucoup. Beaucoup est un adverbe quantitatif : il se place devant le nom « beaucoup de monde » - « beaucoup de fleurs ». Il se place après le verbe et signifie alors « énormément, considérablement » « elle rêve beaucoup » « Jean transpire beaucoup » ou « beaucoup trop ».

Très est un adverbe superlatif. Il signifie « excessivement, au plus haut point ». Il renforce l’adverbe bien : « très bien » Il remplace parfois les « oh ! oui « Avez-vous peur ? – Très. ». On dit également : j’ai très faim, très soif, très sommeil, très peur, très envie de…
Mais il modifie surtout un adjectif en le renforçant elle est très sensible – nous sommes très fatiguées.

L’Entraide
Tiré du Peuple n. 43 du 20/11/1986

1987

L’Assemblée informative-consultative des adhérents

Gignod (Chez Roncoz) – 18 janvier 1987

Valdôtains et Valdôtaines, l’Entraide vous adresse d’abord son salut et profite de cette occasion de rencontre pour dire deux mots au sujet de notre association, qui a comme but la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine.

Le principe qui anime l’E.d.F. et qui d’ailleurs se reflète dans le choix du nom « Entraide », est celui de la solidarité. La solidarité féminine d’abord, puisqu’il s’agit de l’ « entraide des femmes », la solidarité avec le Mouvement dans la défense de notre peuple, la solidarité ethnique avec les autres communautés minoritaires.

Dans ce but, l’Entraide cherche è contacter le plus grand nombre possible de femmes Valdôtaines, elle travaille dans les diverses sections de l’Union Valdôtaine et entretient des rapports avec les femmes d’autres minorités (Québécoises, Jurassiennes, etc…). A l’Entraide les femmes peuvent débattre leurs problèmes aussi bien que ceux plus généraux qui concernent le pays d’Aoste.

Or, une question que l’on nous pose souvent est celle-ci : pourquoi l’Entraide ? Est-ce que l’adhésion à la section locale ne suffirait pas ?
La réponse nous vient vraiment de ces femmes qui sont engagées dans la vie de leur section et qui nous disent : « Vous savez, même si nous ne pouvons pas participer à vos réunions car nous sommes suffisamment prises par le travail, la famille, et nous participons à la vie de la section, nous suivons ce que vous faites et nous le partageons».

Voilà, ces femmes ont compris le rôle de l’Entraide, qui est celui d’entraîner la population féminine à une prise de conscience valdôtaine : pour cela l’Entraide agit aussi au dehors du Mouvement, elle s’adresse à toutes les femmes car nous voulons qu’un jour le peuple valdôtain soit uni sous un seul drapeau pour la défense de son identité.
L’Entraide existe depuis 1978, et au cours de ces années elle a connu des hauts et des bas : l’année qui vient de s’écouler a été une période de pause pour notre association qui, tout en participant activement aux travaux de la Conférence régionale pour la condition féminine et à la vie du Mouvement, a pris un moment de réflexion.

L’enthousiasme des années de la lutte pour l’émancipation féminine est lointain : quand même si les femmes ont rejoint certains objectifs, beaucoup reste encore à faire. Il suffit de penser aux problèmes de l’emploi, du part-time et de la flexibilité des horaires de travail, et aux soucis qui affligent le monde actuel : la violence, la drogue, l’alcoolisme, l’émargination sociale…

L’Entraide pour 1987 a envisagé une action de formation – en prévoyant la discussion de thèmes spécifiques – et une action de sensibilisation envers les femmes en nommant des représentantes dans chaque section de l’Union. Il s’agit là d’un travail non indifférent et c’est pour cela que nous demandons d’ores et déjà la collabortion de tous les unionistes : aidez-nous à faire germer l’idéal valdôtain dans toutes les familles ; travaillons ensemble – hommes et femmes – pour que cet idéal soit aussi celui de nos enfants.

Vive l’Union Valdôtaine ! Vive la Vallée d’Aoste !

Tiré du Peuple n. 3 du 22/01/1987

L’Entraide a fêté le 8 mars à Allein



La fête organisée par l’Entraide des Femmes Valdôtaines pour célébrer la journée de la femme, s’est déroulée dimanche 8 mars 1987, dans une très bonne ambiance, au relais agrotouristique de Madame Paola Conchâtre au hameau La Ville d’Allein.
Il s’est agi d’un moment de participation et d’agrégation très important, marqué par la présence de plus de 80 personnes, parmi lesquelles aussi un certain nombre de messieurs et d’enfants : la fête était en effet ouverte à tous, dans le but d’intéresser davantage de monde à cette manifestation.

Au cours du repas ont été rappelées les figures de femmes valdôtaines qui se sont distinguées dans le passé. Des poésies notamment de Sœur Scholastique, ont été lues par Mme Irma Bonfillon et par Mme Marisa Jordan. Après l’allocution de la vice-Présidente de la Conférence régionale pour la condition féminine, Mme Anna Bioley, qui a rappelé l’activité de cet organisme, le sénateur Pierre Fosson, le conseiller régional François Stévenin et le Président de l’UV Alexis Bétemps ont apporté leur salut et leurs vœux aux convives en mettant l’accent sur l’importance de l’indépendance économique rejointe par la femme et sur son rôle dans la société.

Le syndic d’Allein, M. Charles Cerise, engagé dans la première journée du Championnat de fiollet s’est excusé de son absence.
Parmi les présentes à la fête la conseillère communale d’Aoste Jeannette Fosson et l’autrice de chansons valdôtaines Maguy Bétemps.
Quelques fillettes ont bien voulu offrir une note de couleur en portant à cette occasion le costume traditionnel valdôtain.

Les mimosas et la bonne humeur ne manquaient pas.
Les gens étaient venus de tous les coins de la Vallée, notamment de Gignod, de Bosses, d’Etroubles, de Roisan, et puis de Saint-Christophe, de Pollein, de La Salle et même de Pont-Saint-Martin.
La fête s’est terminée en liesse, au chant de « Montagnes Valdôtaines »

Arlette Réal
Tiré du Peuple n. 11 du 19/03/1987

Francophones à vos stylos !



Un anniversaire ou bien une fête approchent : qu’offrir à nos enfants, à nos adolescents et même à nos amis ? Pourquoi pas un dictionnaire de français ?
En librairie, notamment à la Librairie Valdôtaine, vous en trouverez de tous formats et adapté à tous les niveaux scolaires. Parés de leurs illustrations en couleurs, les petits dictionnaires, à l’intention des jeunes enfants, sont aussi attractifs qu’une bande dessinée. Ils familiarisent les jeunes débutants avec l’emploi et la pratique du dictionnaire.

Feuilleter un dictionnaire loin de la contrainte scolaire, un Larousse ou un Robert, peut être un véritable divertissement d’adultes. Une aventure en quelque sorte : l’histoire des mots. Ces mots, éléments du langage, qui sont nos outils de communication et le fondement de toute civilisation.

Dans le Petit Robert, par exemple, chaque mot possède son arbre généalogique et sa carte d’identité. On y raconte comment certains d’entre eux, triviaux ou argotiques, ont forcé la main des académiciens. Outre leur orthographe, nous sommes renseignés sur :
leur étymologie (racine ou origine grecque, latine, celtique, arabe…) ;
leur genre et leur nature ; leurs sens propre et figuré ; leurs synonymes, leurs homonymes, leurs contraires ;
des exemples de phrases d’auteur dans lesquelles ils sont utilisés ;
des appréciations comme populaire, vieilli ou littéraire ;
les diverses expressions dans lesquelles ils sont insérés ;
pour les verbes, leurs conjugaisons avec leurs particularités ;
certains dictionnaires contiennent un précis grammatical.

DIFFERENCE ENTRE DONT ET DONC :

A) DONC précède une énumération. On peut le remplacer par deux points : il me faudra donc un demi-kilo de farine, six œufs, un bol de lait, une noix de beurre ; il me faudra : un demi-kilo de farine, six œufs, etc…

B) DONC sert à renforcer un ordre ou un conseil. Il appuie le sens du verbe : comprenez-moi donc !
arrêtez donc ce vacarme !

DONT est un pronom relatif qui relie deux propositions (qui dit proposition dit verbe. Il se place entre deux verbes (plus ou moins éloignés de lui) et après le nom qu’il remplace.
J’ai relu ce livre dont les illustrations enchantèrent mon enfance. Si nous transformons cette phrase en deux propositions principales, nous avons :
J’ai relu ce livre. Les illustrations de ce livre enchantèrent mon enfance. (Les illustrations de quoi ? de ce livre).
DONT est toujours comp. ind. du nom.

ENTRAIDE
Tiré du Peuple n. 15 du 16/04/1987

Appel de l'Entraide



L’Entraide des Femmes Valdôtaines

- soulignant la nécessité que la Vallée d’Aoste soit représentée à Rome par les forces autonomistes ;
- lance un appel à toutes les femmes valdôtaines pour qu’elles s’engagent dans cette bataille ;
- mobilisent toutes ces adhérentes et en particulier ses représentantes dans les Comités de direction des sections pour qu’elles fassent œuvre de sensibilisation dans les foyers valdôtains.

GENS DU PAYS
C’EST NOTRE TOUR
DE DEMONTRER
TOUT NOTRE AMOUR
POUR LA VALLEE D’AOSTE
VOTEZ ET FAITES VOTER LA

LISTE N. 1

Tiré du Peuple n. 21 du 28/05/1987

1988

Engageons-nous contre la violence

8 MARS

par Arlette Réal

Dans quelques jours l’Entraide des Femmes Valdôtaines fêtera le 8 mars, journée de la femme, journée de liesse mais également de réflexion.
Les femmes ont parcouru plusieurs étapes du chemin vers l’indépendance économique, condition préalable pour leur émancipation.

Les résultats, on peut bien le dire sont satisfaisants, cependant la femme est encore partagée entre des tâches multiples ; ses engagements de famille, son travail à la maison et au bureau, le plus souvent au détriment de ses loisirs et de son repos. Des objectifs tels que le travail à mi-temps et la flexibilité des horaires sont encore à atteindre.

Mais il y a quelques choses que les femmes en particulier sentent comme une menace très grave et chaque jour croissante : il s’agit de l’escalade de la violence, une violence dont les victimes sont inévitablement les plus faibles du point de vue physique : les enfants, les personnes âgées, les femmes.

La violence semble bien être l’ultime défi de l’homme à l’univers entier. Chaque jour les mass-média nous informent des barbaries qui ont lieu dans les pays de la guérilla comme dans nos rues et nos foyers. La nature, sa faune et sa flore, témoignent du désastre écologique de la planète, fruit de la brutalité humaine. Que pouvons-nous faire, les femmes, contre la sauvagerie de l’an 2000 ?

Je suis persuadée que non seulement nous pouvons mais nous devons nous engager dans la défense de la qualité de la vie.
Cette défense implique :
- que nous apprenions à nos enfants l’esprit de tolérance et cela par notre exemple de chaque jour : nous en ferons des adultes libres et respectueux de leur prochain ;
- que nous sollicitons la promulgation des lois punissant sévèrement la violence sexuelle et l’enlèvement des personnes, en particulier des enfants. A ces sujets nous tenons à rappeler que la loi contre la violence sexuelle présentée au Parlement depuis des années n’a pas encore été approuvée et donc appliquée.

Nous ne pensons pas que le citoyen doive se faire justice à lui-même : c’est l’Etat qui doit assurer au moins le minimum de sécurité et de justice propres aux pays démocratiques.
- A l’origine de la violence, il ne faut pas l’oublier, il y a bien souvent l’injustice sociale : agissons pour éliminer les causes des mécontentements, pour aplanir les contrastes sociaux, pour donner à chacun la possibilité de réussir sa vie, d’avoir une chance dans cette vie.
- Le fédéralisme semble être le seul système politique nous garantissant les meilleures conditions pour une organisation future de la société et des différents pays basée sur le respect de la personne.

L’autonomie est une des étapes fondamentales du fédéralisme. Par sa défense nous soulignons la valeur de la personne dans un monde toujours plus robotisé et sans âme. Nous préservons nous-mêmes et les générations futures de la violence et de l’abus élevés à système de vie.
Le monde souffre du manque de tendresse, mais il a également besoin fermeté et de renouveau.

Soyons fermes dans la condamnation morale de ceux qui accomplissent des actes de violence, engageons-nous pour la défense de notre milieu culturel et de l’environnement.
Toute idée ne vaut pas la vie humaine : que les terroristes, les chefs d’Etat malades de pouvoirs, les voyous et les violeurs de femmes et d’enfants se le tiennent pour dit.

Tiré du Peuple n. 8 du 25/02/1988

Grand succès de la fête organisée par l’Entraide


par Arlette Réal

L’Entraide des Femmes Valdôtaines a rappelé le 8 mars par une grande fête, ouverte à tout le monde, qui a eu lieu à Saint-Christophe, au restaurant « Le Comari ». Presque deux cents personnes ont participé à cette rencontre.

Lors du repas, après les souhaits de bienvenue, a été lu un message de solidarité avec toutes les femmes et en particulier avec celles qui vivent le drame de la guerre et en subissent les horreurs en soulignant la nécessité d’un engagement de toutes les femmes et en particulier avec celles qui vivent le drame de la guerre et en subissent les horreurs, en soulignant la nécessité d’un engagement de toutes les femmes contre la violence pour un monde plus humain. A ce sujet, ce 8 mars, l’Entraide a commencé à recueillir les signatures pour une pétition sollicitant l’approbation de la part du Parlement de la loi contre la violence sexuelle. D’autres représentantes de l’Entraide ont encore pris la parole. L’une d’elles a interprété une poésie dédiée aux femmes : une des représentantes de l’association au sein de la Conférence régionale pour la condition féminine a renseigné les présents sur l’activité de cet organisme.

Après la lecture de l’allocution que nous a fait parvenir le Secrétaire général de l’UV Tamone et des messages du député Caveri et de l’assesseur Faval pour justifier leur absence, le Président du Mouvement Alexis Bétemps a pris la parole pour souhaiter une bonne fête à toutes les femmes.

Le Président du gouvernement régional Rollandin, qui était hors de la Vallée, et l’assesseur Perrin, indisposé, n’ont pu se joindre à nous.
Parmi les autorités, on notait la présence de Mademoiselle Jeannette Fosson, conseillère à la commune d’Aoste, du vice-secrétaire et du vice-président de l’UV MM. Dino Viérin et Humbert Nigra, de l’assesseur Voyat et du conseiller Stévenin.

La fête s’est poursuivie dans la gaieté, avec la musique de « Mile Danna et le Rodzo et Ner », jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Tiré du Peuple n. 11 du 17/03/1988

Le message de l’Entraide pour le 8 mars



Très chères amies,
femmes de l’Entraide ou sympathisantes,
femmes de la Vallée,
messieurs leurs maris,
Epouses, mères, mama-grans, sœurs aînées, toutes travaillant de vos mains, travaillant avec votre cœur ou avec votre intelligence, éducatrices et femmes au foyer, l’Entraide des Femmes Valdôtaines vous souhaite une excellente fête dans un esprit d’amitié, de fraternité et d’union.

Il serait injuste de commencer nos réjouissances sans évoquer nos aînées qui luttèrent contre le fascisme et ces martyres de « Trois Ville », de La Thuile et ces résistantes, qui, la nuit venue, par les sentiers de montagnes, portèrent le ravitaillement, les messages, les armes parfois aux maquisards clandestins et celles qui œuvrèrent pour sauvegarder la culture de noter vallée : Sœur Scholastique, Anaïs Désaymonet, J.-Duc Teppex, Mme Martinet et tout récemment Mlle M. Ida Viglino. Ayons aussi une pensée émue pour nos aïeules à qui nous devons ce que nous sommes.

Il serait injuste de ne pas tourner notre pensée vers ces femmes de l’Italie du Sud qui s’efforcent de conquérir leur dignité et leur indépendance face à un patriarcat archaïque, qui s’opposent héroïquement à la mafia, à ces femmes de l’Islam qui réfutent le port du voile, l’ignorance, les mutilations sexuelles, à ces femmes d’Ethiopie qui se battent contre la famine tuant leurs enfants dans leurs bras, à ces femmes d’Afrique du Sud qui, avec leurs compagnons, combattent l’Apartheid, à ces femmes des bidons-villes du Mexique qui, dans la pauvreté et les cataclysmes organisent la survie de leur famille, à ces femmes des Philippines qui, malgré la guerre civile, déploient un courage remarquable, à ces femmes de Palestine qui luttent contre la pression inhumaine de l’occupant, à ces femmes médecins ou infirmières qui passent les frontières bénévolement pour secourir les victimes des conflits armés, à toutes ces femmes, religieuses ou laïques qui, comme Mère Thérésa, font reculer la misère et la mort.. et tant, et tant d’autres.

Devant tant d’abnégation et de grandeur, nous, femmes de la Vallée d’Aoste, prenons au moins l’engagement de soutenir notre culture, nos langues légitimes, notre promotion féminine et celle de nos filles, d’entrer en lutte ouverte contre toutes formes de violence, contre la drogue, contre l’AIDS, d’apporter un peu de réconfort à nos anciens, de mieux nous informer politiquement et civiquement enfin, de prendre connaissance avec les Droits de l’Homme et de défendre leur statut. Programme chargé, trop chargé, mais réalisable si nous nous groupons, si nous nous organisons si nous sacrifions une petite heure par mois pour collaborer avec l’Entraide. Nos enfants nous ont coûté assez cher en souffrances, en soins, en tendresse et nous nous devons de leur laisser, en héritage, un monde meilleur.

Nous vous rappelons que l’Entraide, qui organise cette rencontre s’inspire du Fédéralisme Intégral et a une action sociale et culturelle conforme aux idéaux unionistes.
Amis, réunis aujourd’hui, dans la joie, accordez-nous votre aide et faites tout pour que la vie soit digne et belle dans notre splendide Vallée.

Que la fête commence !

Tiré du Peuple n. 11 du 17/03/1988

Dixième anniversaire de l’Entraide des Femmes Valdôtaines


par Arlette REAL

L’Entraide des Femmes Valdôtaines vient de fêter son dixième anniversaire par une soirée qui s’est déroulée le jeudi 16 juin dans le cadre des manifestations du Rendez-Vous valdôtain d’Aoste.

Lors d’une conférence de presse ouverte au public, des représentantes de l’association ont expliqué les raisons qui ont amené à la naissance de l’Entraide, dont le but est la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine.

A ce sujet, l’accent a été mis sur la sensibilité des femmes de notre terre, sur leur modernisme et, parallèlement, sur leur modestie, qui les empêche de faire ressortir toute leur richesse intérieure, leurs qualité potentielles.

Les femmes de l’Entraide ont souligné l’activité de l’association, notamment au sein de la Conférence féminine régionale et en ce qui regarde le problème de la violence sexuelle : l’Entraide a recueilli, ces derniers temps, deux mille signatures sollicitant l’approbation de la loi qui est en souffrance au Parlement depuis une dizaine d’années.

Les projets qui peuvent être réalisé dans l’immédiat de 88/89 concernent le secteur culturel : il s’agit d’abord de la création d’une troupe de théâtre d’enfants qui jouerait en langue française et de la réalisation de trois conférences-spectacles. L’Entraide envisage aussi de parfaire son organisation, afin d’être présente dans tous les endroits de la Vallée.

Un repas a suivi, à la fin duquel les candidates de l’Union Valdôtaine ont adressé leurs messages aux nombreux présents (les hommes aussi étaient de la fête !).
Un hommage floréal a été remis aux participantes, qui se sont ensuite rendues dans le chapiteau du bal où le défilé de mode prévu a commencé.

Une douzaine de jeunes filles de l’Ecole régionale de couture ont élégamment présenté les modèles originaux qu’elles avaient confectionnés avec habileté, goût et fantaisie, en démontrant ainsi leur capacité et leur esprit d’initiative.
Après le défilé, très applaudi, la musique a attiré les danseurs et les danseuses et un nombreux public.

Tiré du Peuple n. 26 du 30/06/1988

Femmes : un petit début


par Dina Quendoz

Les travaux de préparation au Congrès national ont commencé depuis le mois de septembre dernier. Trois commissions ont été formées : pour l’organisation pratique de ces journées, pour l’éventuelle révision des Statuts du Mouvement et du Règlement électoral, pour l’élaboration du thème du Congrès.

Le deuxième groupe est celui qui a déjà présenté une partie de son travail, celle concernant le Règlement électoral, au Comité Central du 5 novembre dernier.
Parmi les modifications que la Commission a proposées, et que le Comité Central a approuvées, il y en a une qui revêt une importance remarquable dans la vie de l’Union Valdôtaine et qui intéresse tout particulièrement les femmes unionistes.

Il est assez aisé de s’apercevoir de l’absence des femmes dans le panorama politique de notre région : c’est en prenant comme point de départ cette vérité de La Palice que les membres de la Commission ont essayé d’en analyser les raisons.
Et il y en a certainement beaucoup.

Et beaucoup dépendent directement des femmes elles-mêmes.
Mais il y en a au moins une qui est d’abord de compétence des dirigeants du Mouvement car il est avant tout nécessaire d’encourager les femmes à assumer des responsabilités et de ce fait à être présentes dans les instances du Mouvement.
Comment faire ? Plusieurs chemins peuvent être parcourus et c’est à la suite de longues et fort intéressantes discussions que la Commission est enfin arrivée à un choix.

La proposition a été la suivante : inviter les sections de l’Union Valdôtaine à nommer aussi des femmes déléguées a prochain Congrès national et garantir ensuite à un certain nombre de celles-ci, sous présentation de candidature, une place au sein du Comité Central. C’est là un instrument important que nous avons obtenu et nous devons apprendre à nous en servir : la réalisation de la démocratie et de l’égalité à l’intérieur du Mouvement dépend maintenant aussi un peu de nous.

Je regrette évidemment d’admettre la nécessité de recourir à cette sorte d’obligation pour permettre aux femmes l’accès à la formation politique et aux centres de décisions mais, face à l’évidente réalité et aux résultats positifs des choix faits en ce sens et depuis longtemps par les partis de l’Europe du nord, je ne peux que faire capituler mes illusions de jadis et féliciter d’abord la Commission et ensuite le Mouvement tout entier de ce fondamental tournant donné à la vie de l’Union Valdôtaine.

Tiré du Peuple n. 45 du 1/12/1988

1989

Activité de l’Entraide


Vendredi 10 février 1989 au siège central de l’Union Valdôtaine, lors d’une réunion extraordinaire de l’Entraide, le député Lucien Caveri a illustré la loi contre la violence sexuelle, qui devrait être votée ces jours prochains au Parlement italien.
Au cours de cette réunion, qui était publique, les femmes ont posé des questions et exprimé leur point de vue.

La question de la procédure en cas de violence conjugale suscite pas mal de discussions, les uns prétendant que ce soit la femme à porter plainte, les autres faisant présent certaines situations qui conditionneraient lourdement son choix.
La majorité des femmes de l’Entraide présentes à cette rencontre ont confirmé leur position en se déclarant favorables à une procédure d’office dans tous les cas.

&&&

La Conférence féminine de la Vallée d’Aoste a une nouvelle présidente : il s’agit de Mme Anna Bioley, représentante effective de l’Entraide au sein de cet organisme.
Anna, l’Entraide te félicite de tout cœur et te présente ses meilleurs vœux d’un bon travail.
&&&

L’Entraide des Femmes Valdôtaines, lors de sa séance du 27 janvier 1989 a nommé ses déléguées au Congrès national (Mmes Lilia Artaz, Anna Bioley, Lucienne Blanc-Perotto, Irma Bonfillon, Laure Duc, Joséphine Gérard, Marisa Jordan, Arlette Réal et Christine Valeton), au Comité Exécutif (Mme Anna Bioley), et au Comité Central (Mmes Anna Bioley, Laure Duc et Joséphine Gérard).

Arlette Réal

Tiré du Peuple n. 8 du 23/02/1989

1990

8 mars 1990


Renouvelons notre engagement

La journée du mimosa, qui suscitait, il y a quelques années seulement, des commentaires trop souvent ironiques, ce 8 mars que les hommes en général – et, il faut l’avouer, quelques femmes – ne prenaient guère au sérieux et qui était l’occasion de revendications acharnées et de manifestations éclatantes, est devenue désormais une fête acquise, que l’on célèbre généralement par des rencontres-débats, des rendez-vous musicaux ou des agapes se terminant par des soirées dansantes.

C’est cette dernière initiative que l’Entraide a toujours privilégiée, en choisissant d’offrir à la femme un moment de détente et une occasion pour retrouver ses amies. Les hommes aussi sont de la fête et les enfants également peuvent participer à cette soirée sous le signe de la gaieté et de l’amitié.

Cependant l’Entraide a toujours su profiter de cette occasion pour lancer un appel, soutenir une initiative, adresser un message, car le 8 mars ne peut être banalisé et beaucoup reste encore à faire pour le respect des droits humains (y compris ceux de la femme).

Le 8 mars a perdu, au fil des années, son caractère batailleur et dans une certaine mesure, c’est normal puisque les femmes ont atteint certains des objectifs qu’elles se proposaient, mais il me semble également qu’il existe à présent un certain désintérêt pour les problèmes importants qui sont encore à résoudre et pour les nouveaux qui se posent.

Le 8 mars même est de plus en plus dépourvu de ses moments propositifs et on le fête presque comme s’il s’agissait d’une simple commémoration. Et peut-être il s’agit bien de cela : le souvenir des batailles d’il y a dix, quinze ans, des droits qu’on défendait, droits qui, à présent, semblent acquis mais qui en réalité sont constamment menacés par des intérêts multiples, - politiques, économiques et sociaux – à l’échelon mondial.
Si ces droits ont résolu des problèmes tels que celui de l’indépendance économique de la femme, qui lui a permis de s’affranchir, ils ont multiplié aussi ses tâches, en engendrant d’autres problèmes.

Or, il me semble que nous sommes devenues quelque peu indifférentes, comme si le besoin d’identification féminine qui a marqué nos luttes avait été résolu.
Bien sûr, on se plaint encore des crèches trop peu nombreuses, de l’insuffisance du personnel des centres de consultation, des services sanitaires et sociaux inadéquats, etc., mais que faisons-nous pour améliorer la situation ?

Déceptions, manque d’enthousiasme et conséquent rempli sur soi-même, regret pour les « barrages » d’antan…
Je parle évidemment de la condition de la femme occidentale, car ailleurs la situation est bien différente. Ailleurs on cloue le voile sur la tête des femmes qui refusent de le porter, on lapide les adultères, on brûle les veuves, on massacre les nouveau-nées, on mutile les jeunes filles. Ailleurs c’est la famine, l’esclavage séculaire et la guerre avec ses horreurs. Tandis que nous nous berçons dans le souvenir de batailles communes, sur cette planète des femmes vivent ces drames inimaginables.

Or, ce que nous pourrions faire, c’est lutter pour la paix et pour la tolérance, en aidant ces femmes à devenir libres.
J’avoue que j’ai observé avec sympathie les actuelles protestations des étudiants, ce qui prouve que les événements de 68 peuvent encore se reproduire. Si les événements de la vie « vaccinent » les adultes contre l’enthousiasme et l’engagement, les jeunes prennent la relève. La place de Tien-An-Men est, malheureusement, un témoignage héroïque du dévouement et des sacrifices généreux de la jeunesse. Et c’est à celle-ci que l’Entraide s’adresse en particulier.

Enfance abandonnée, délinquance, misère, guerre, exploitation cynique des organes humains, catastrophes nucléaires, destruction de l’environnement, le monde approche de l’an 2000, avec une insouciance imbécile et un égoïsme criminel.
L’humanité est en danger et elle a besoin, maintenant plus que jamais, de défenseurs qui sensibilisent l’opinion publique à ces problèmes.

Les femmes ne peuvent rester des spectatrices insensibles sous peine d’être complices et d’en subir les conséquences comme leurs aïeules ; elles peuvent, par contre, changer les choses par leur engagement à côté des hommes dans une entente solidaire pour sauver ce qui est encore sauvable.

Arlette Réal

Tiré du Peuple n. 8 du 1/3/1990

1991

Ce 8 Mars



Cette année le 8 mars sera probablement fêté sur un ton mineur et je suis certaine que vous en comprendrez la cause. Une fois de plus, le monde a perdu la raison.
Et soudain, c’est le hurlement des sirènes, les bombardements et les masques anti-gaz, c’est la peur, la souffrance et la mort, c’est la haine et la rage, la misère et la destruction, c’est le désastre écologique.

Les organisations féminines avaient l’habitude de célébrer le jour du mimosa en rappelant la condition de la femme dans le monde, ou en cherchant à sensibiliser l’opinion publique sur un problème particulier, convaincues que la fête doit être également un moment de réflexion. Ainsi nous avons condamné la violence et les abus et toujours manifesté notre solidarité aux personnes qui souffrent, à l’est comme à l’ouest, au nord comme au sud, car nous tenons à le réaffirmer, nous ne reconnaissons qu’une race, la race humaine.

Mais cette année, la tragédie s’est faite plus grave, plus menaçante, plus absurde et, sans hypocrisie mais en toute sincérité, nous n’avons pas l’esprit à nous divertir comme les autres années, quelque chose nous en empêche.

Ce 8 mars nous voulons rappeler au monde que la vie est unique et irremplaçable : il suffit d’un geste pour la détruire, tandis que les gestes pour la défendre ne se comptent pas, au point que Gabriel Garcia Marquez a affirmé que si les femmes avaient le sens de l’Histoire, elles n’assureraient pas la pérennité de l’espèce.

Ce 8 mars nous demandons aux femmes de s’engager pour diffuser une culture de la Paix. Cette culture repose d’abord sur le refus de la violence et de l’intolérance.
Apprenons donc aux jeunes générations le respect des idées, des biens et de la vie d’autrui.

Aidons l’homme à se reconnaître dans le visage du faible, du pauvre, du non-violent, à s’identifier dans les valeurs qui l’ennoblissent pour qu’il soit digne de l’image du Dieu qui l’a conçu.

Arlette Réal

Tiré du peuple n. 8 du 28/02/1991

1992

Travaux de l’Entraide au sein de la Conférence Régionale féminine


L’Entraide des Femmes Valdôtaines par le biais de sa représentante Madame Joséphine Gérard Roux, dans le groupe de la Santé au sein de la CRF a sollicité la Conférence même à s’engager auprès des autorités afin de pouvoir résoudre certains problèmes d’importance capitale pour la population féminine.

L’Entraide, en considération du fait qu’il y aura très tôt un concours pour « coadiutore biologo » auprès de l’USL et ensuite des déplacements de personnel qualifié, craint fortement que certaines activités de prévention puissent avoir un ultérieur ralentissement.

La Prévention, si l’on veut qu’elle ne se limite à de grands discours, à des réunions, doit devenir systématique, pour ne pas perdre, en outre, d’efficacité.
Certains domaines tels que l’Anatomie Pathologique et en particulier le secteur de la Cytologie vaginale, lequel parmi ses services assurer aussi le pap-test, doit être soutenu de la part des autorités afin d’éviter une épargne pour l’Administration, sans tenir compte, bien entendu, d’une amélioration de la qualité de la vie !

La biologie, dans ces dernières années, a fait vraiment des pas de géant, et ce serait vraiment un dommage qu’une région si riche comme le Val d’Aoste ne puisse pas jouir, par exemple, de services très spécialisés tels que la Cytogénétique, vu qu’n devrait commencer les analyses avec les « mappe cromosomiche dei liquidi amniotici ».
En ayant toujours comme but l’amélioration des services, l’Entraide sollicite enfin un accroissement des cadres, qui contribuerait à atteindre un rapport entre usager-services sociaux, sans doute plus fonctionnel aux exigences.

Anna Bioley

Tiré du Peuple n. 19 du 14/05/1982

Violence en famille : un phénomène à effacer


Nous vivons dans une société où la violence représente un phénomène quotidien. Si toutefois on va chercher un peu plus à fond les raisons de toutes ces formes de prévarication, de violence, nous trouvons qu’à l’origine de tout, très souvent, il y a la famille.

Cette primordiale forme de société, dans laquelle on se retrouve, tous, soit celle monogamique soit celle « élargie », c’est le lieu où on apprend les premières leçons d’amour et ou de haine, de solidarité et ou de violence, où l’on peut être la personne la plus heureuse ou la plus malheureuse du monde.

Est-ce peut-être le « Destin » qui a dans ses mains le fil de notre vie, qui fait naître un enfant dans une famille où tout le monde s’aime et se respecte ? Les sociologues nous disent que si un enfant a le malheur de naître ou être élevé dans une famille dans laquelle il ne voit, dès le début, que de la violence, de la prévarication, il aura toutes les cartes en règle pour devenir un homme ou une femme violente.

Par contre, il n’y a pas un niveau social dans lequel ce phénomène n’existe pas, il peut y être dans toutes les couches sociales.
L’école, à cet égard, joue certainement un rôle très important : les enseignants doivent pratiquer la tolérance et ne pas permettre que ce qu’on appelle « compétitivité » se transforme en prévarication, en vexation, etc. : dans ce domaine on a déjà beaucoup fait, mais la route est encore longue et tortueuse…

La prévention est sans doute la méthode la meilleure, la plus efficace, mais dans une société violente, dans laquelle ce phénomène nous voit protagonistes passifs car il est chez nous, auprès de nous, derrière la porte, dans l’appartement à côté du nôtre, dans la rue, où on travaille, est quelque chose de réel, qui nous concerne tous, même si indirectement, nous avons tous le devoir de nous engager afin de nous améliorer tous ensemble, petit à petit.

C’est avec cet esprit d’humilité, mêlé à la volonté, au désir de voir s’essuyer les larmes aux joues des femmes, des enfants, des personnes âgées qui sont venues nous demander une aide, un soutien moral, que l’Arcidonna et l’Entraide des Femmes Valdôtaines ont décidé de faire une enquête pour quantifier ce phénomène. Cette recherche est très importante car elle nous donnera la possibilité de connaître quelle est l’extension du phénomène, pour pouvoir ensuite, données à la main, proposer aux institutions les solutions que nous estimons prioritaires et plus adéquates soit à niveau de prévention, soit à niveau résolutif.

Pour la partie opérative nous avons demandé le soutien technique du Centre de Documentation qui nous a mis, entre autres, à disposition des experts.
On sait très bien qu’il s’agit d’une recherche très délicate, parce qu’on touche au personnel, à l’intime de l’individu et c’est justement pour cette raison que l’Arcidonna et l’Entraide des Femmes Valdôtaines ont demandé avant tout la collaboration et le soutien des mass-media pour une œuvre capillaire de sensibilisation de la population : on doit finalement réussir à faire comprendre aux gens qu’on ne doit pas avoir honte de dire ce qu’on a dû subir parce que, s’il y a quelqu’un qui doit avoir honte, c’est bien celui qui a été violent.

Cette recherche se déroulera en trois phases essentiellement : un premier moment de sensibilisation de l’opinion publique afin qu’elle soit préparée à répondre aux questions d’une façon sérieuse et responsable ; une deuxième phase qui sera l’enquête proprement dite, et enfin une soirée-débat dans laquelle on annoncera les données et on donnera quelques suggestions aux administrateurs régionaux et communaux.

Pour l’enquête, vu le sujet très délicat, on a décidé de se faire aider par des « interlocuteurs privilégiés », qui œuvrent déjà sur le territoire, tels que les avocats du service légal de Arcidonna, les curés, l’assistance sociale, le médecin, les responsables de l’Arcidonna, surtout dans la basse Vallée, les responsables de l’Entraide des Femmes Valdôtaines (il y en a dans chaque commune de la Vallée), etc…

L’Arcidonna et l’Entraide ont présenté le projet lors d’une conférence de presse qui a eu lieu dans la petite salle du Palais régional et au TGR mardi 11 août dans l’émission de Maria Luisa Di Loreto, ayant pour sujet : la violence en famille. Les deux associations ont demandé la subvention du projet avant à l’Assesseur à l’Instruction Publique, Jeannette Fosson, et à l’Assesseur aux Services Sociaux, René Favre, de la commune d’Aoste, qui ont exprimé un avis personnel tout à fait favorable, mais vu qu’il s’agit d’une recherche à niveau régional on a contacté la Présidence du Conseil régional dans la personne du Président, Edoardo Bich ; vendredi 4 septembre on aura une rencontre avec le bureau de la Présidence, pour présenter les objectifs et les détails du projet.

Soit comme associations, soit comme personnes, nous espérons vraiment qu’on pourra démarrer au plus tôt, afin que l’attente qu’on a créée jusqu’à maintenant dans les gens ne reste pas insatisfaite.

Si, par hasard, il y a quelqu’un d’entre vous qui a envie d’approfondir le problème, ou de donner sa propre disponibilité, il peut s’adresser directement au Siège Central de l’Union Valdôtaine, qui vous donnera le numéro de téléphone de quelques responsables de l’Entraide.

Anna Bioley

Tiré du Peuple n. 34 du 24/09/1992

Travaux de l’Entraide



L’Entraide des Femmes Valdôtaines a participé, en la personne de Mme Anna Bioley, aux Travaux conclusifs de préparation du « Questionario sulla protezione istituzionale dei diritti del bambino » qui se sont tenus au Centre des Congrès de Saint-Vincent, samedi 19 décembre.

Le Document qui a été rédigé, sous la coordination scientifique magistrale de Mme Miroslawa dottor Vasinova, par le Prof. Piga Rivero de l’OMS, le Prof. Mussa Giancarlo du SIPI, le Docteur Pierluigi Tucci du FIMP, le D. Astori Elisabetta pour le « Telefono Azzurro » et le Prof. Caffo Ernesto, président du « Telefono Azzurro », sera envoyé à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et présenté officiellement dans le « Symposium » : « Etica e Salute » qui aura lieu à Saint-Vincent dans les premiers mois de 1993.

Le document contient :
- les lignes indicatives pour les médecins et toutes les personnes qui travaillent dans le domaine de la Santé et du Social ;
- un questionnaire concernant la protection institutionnelle des droits de l’enfant, qui deviendra ensuite patrimoine opérationnel dans tous les pays de l’Europe, lesquels pourront l’intégrer avec leur propre législature.

Selon l’intention des experts qui ont rédigé le Questionnaire ce fait permettra sans doute de pouvoir opérer une comparaison entre les pays qui ont une législature plus avancée en matière et ceux qui ont encore un long chemin à parcourir, afin que la protection des droits de l’Enfant soit institutionnalisée, de la même façon, dans tous les pays de l’Europe.

Le but principal à atteindre, pour le groupe des experts, est justement la sauvegarde et le respect de l’Enfant.

Anna Bioley

Tiré du Peuple n. 47 du 24/12/1992

1993

L’Entraide des Femmes Valdôtaines et les Elections



L’Entraide des Femmes Valdôtaines a su être, dès son début, toujours à l’avant-garde, en donnant sa contribution positive soit en tant qu’association féminine – voir loi sur la violence – soit en tant qu’organisme collatéral de l’Union Valdôtaine – voir la requête d’une participation active et qualifiée de la femme à l’intérieur des organes directifs du Mouvement et le discours entamé lors du Congrès de 1988 sur la limitation des mandats pour les administrateurs régionaux. C’est pour cette raison qu’on ne doit pas s’étonner si encore une fois l’Entraide des Femmes Valdôtaines préconise les temps en refusant de présenter, pour la deuxième fois, une candidate de l’Entraide, mais d’appuyer toutes les femmes présentes dans la liste.

Si on analyse bien le problème on peut comprendre que vu les temps dans lesquels nous vivons, une place réservée à la représentante de l’Entraide aux élections régionales, il y a quelques années, a été une réaction polémique à une non-compréhension du problème, maintenant elle assumerait une connotation négative.
C’est pour cette raison qu’au prochain Congrès on demandera l’élimination de cette formule. L’Entraide a donc décidé de soutenir les femmes qui ont été choisies par les sections. Nous avons trois sections qui ont estimé que leur zone devrait être représentée aussi par une femme. Le Comité Exécutif, à son tour, a choisi une femme parmi la rose des candidats possibles qu’on lui avait proposés.

Les femmes ne peuvent pas sortir nombreuses comme les champignons après une journée de pluie, seulement au moment des élections et alors les voilà NOS CANDIDATES, ancrées dans la vie sociale – trois sur quatre conseillères communales et donc actives politiquement – avec un niveau d’instruction moyen-haut.
Vu que je suis convaincue (aussi parce que c’est enfantin de se cacher derrière le petit doigt) que les femmes ne votent pas les femmes pour les raisons les plus diverses (mon plus grand espoir est d’être démentie aux élections régionales), je m’adresse surtout aux sections et au Comité Exécutif qui ont choisi nos candidates, pour leur présenter, avant tout, mes compliments, mais aussi pour leur dire : vous avez bien choisi et maintenant c’est à vous d’achever le travail que vous avez si bien commencé, en appuyant jusqu’à la fin vos candidates : elles seront à même de bien vous représenter au sein du Conseil régional.

L’histoire politique valdôtaine a toujours eu une représentance féminine très réduite, mais Maria Ida Viglino enseigne que c’est la qualité qui compte. L’Entraide est très satisfaite des candidates (peut-être quelqu’une en plus n’aurait pas gâté la liste), car nous n’avons jamais fait un discours strictement numérique. D’ailleurs à niveau italien nous avons été gouvernés pendant plus de 40 ans par une quantité d’incapables et de malhonnêtes, et alors ce n’est pas le cas, en tant que femmes, de reparcourir le même chemin.

Dans notre liste c’est la qualité qui règne souveraine car nous avons des personnes – femmes et hommes – qui représentent presque tous les domaines de la vie sociale.
Dans la liste dressée pour l’UV l’enthousiasme de la jeunesse s’accompagne très bien avec l’expérience de la maturité.
Pour faire progresser le fédéralisme, pour assurer au Val d’Aoste un avenir digne de lui, votez les candidats de l’Union Valdôtaine, et vu que vous avez deux préférences, pourquoi ne pas décider « furieusement » que l’une des deux croix puisse être pour une femme ?

Anna Bioley

Tiré du Peuple n. 18 du 6/5/1993

1994

Intervention de l’Entraide des Femmes Valdôtaines



Valdôtaines, Valdôtains, l’Entraide des Femmes Valdôtaines vous adresse d’abord son salut et profite du Congrès de l’Union pour faire une synthèse des activités de cet organisme collatéral de l’UV dans les dernières cinq années.
Notre association a pour but « la promotion sociale et culturelle de la femme valdôtaine». Son principe animateur, qui d’ailleurs se reflète dans le choix du nom « Entraide », est celui de la solidarité.

La solidarité féminine d’abord, parce qu’il s’agit de « l’Entraide des femmes », la solidarité avec le Mouvement dans la défense de notre peuple, la solidarité ethnique avec les autres communautés minoritaires. L’Entraide pendant ces années a donné sa petite contribution en tant qu’animatrice culturelle dans les Rendez-vous, et dans les moments conclusifs de toute campagne électorale. Afin que le français devienne vraiment langue véhiculaire dans notre société, envahie par les médias italiens, nous avons organisé, avec le soutien financier de l’Assessorat de l’Instruction Publique, un cours de théâtre en français pour enfants : « Les petits grands acteurs » qui chaque année a représenté même des pièces classiques, remportant un succès remarquable. L’école, en tant que lieu de formation de la personnalité des femmes et des hommes de demain, a été, depuis toujours, un des soucis de notre association.

On a donc organisé des débats sur l’organisation modulaire à l’école élémentaire et l’introduction de l’innovation dans l’innovation, c’est-à-dire une formation bilingue paritaire à l’école élémentaire, formation qui devra nécessairement poursuivre à l’école moyenne et à l’école supérieure.

L’Entraide a toujours été en première ligne en demandant avec vigueur une loi sérieuse contre la violence sexuelle. En collaboration et avec le soutien technique du député Caveri et du sénateur Dujany, nous avons débattu ce problème avec les gens. Les représentantes de l’Entraide au sein de la Conférence Régionale Féminine ont collaboré activement à la rédaction du texte sur l’alcoolisme « Non affogare nell’alcool la tua intelligenza » qu’on a ensuite distribué dans toutes les écoles et dans tous les domaines sociaux concernés. Nos représentantes ont donné encore leur contribution active personnelle dans les groupes de travail de la Conférence Régionale Féminine.

Voir groupe Santé et problèmes sociaux : qui dernièrement travaille pour la création de la « Casa della donna ». Dans le groupe travail on a fait une recherche visant à vérifier le taux de l’emploi féminin et les diverses possibilités de travail en Vallée d’Aoste.
Groupe journalisme : en tant que journaliste Mme Bioley collabore aussi au journal d’information de la Conférence Régionale Féminine « Informadonna ».

Après plusieurs années dans l’exécutif de la Conférence Régionale Féminine, elle en est devenue la Présidente et maintenant elle représente toutes les femmes valdôtaines dans sa qualité de Conseillère pour la parité des chances. Nommée en 1992 par le Ministère du Travail, « La Consigliera per le pari opportunità » est une figure encore peu connue, dont peu de gens ont jusqu’à présent saisi l’importance capitale qu’elle aura surtout dans les années à venir lorsque la femme sera celle qui dans la société payera le prix le plus haut du phénomène de la récession économique.

La « Consigliera » doit, pour pouvoir œuvrer, avoir une préparation juridique, économique et politique ; c’est pour cette raison que notre conseillère est en train d’achever le cours pour « Consigliera e Agente di Parità », organisé par l’Agence de l’emploi en collaboration avec la Conférence Régionale Féminine, de 600 heures.
Mme Bioley, toutefois, ne doit pas rester seule. Les compétences qu’elle a acquises dans toutes ces années doivent devenir patrimoine de toutes, surtout des jeunes, parce que le premier pas pour savoir se défendre est d’être bien informée.

C’est ainsi que le nom « Entraide » devient une pratique quotidienne. Au cours de ces dernières années l’Entraide a connu des périodes de bonne participation qui se sont alternées à des moments de relâche : maintenant, tout en participant activement aux travaux de la Conférence Régionale Féminine et à la vie du Mouvement, on a pris un moment de réflexion, d’ailleurs nécessaire dans une association qui a désormais 15 ans d’activité sur les épaules.

Parfois, les femmes qui participent aux réunions de l’Entraide ont l’impression d’être des Don Quichotte, d’être seules dans les luttes, de travailler pour quelques-uns auxquels leur engagement importe peu mais après… le voilà le Comité Central dans lequel on propose d’enlever les 15 femmes dans cet organisme important pour le Mouvement.

L’Entraide, qui a toujours sollicité une participation féminine active au sein du Mouvement, ne pouvait que demander le maintien de ce quota.
C’est donc avec cet esprit que nous estimons indispensable que les femmes qui participent activement à la vie du mouvement dans les sections se réunissent pour discuter, pour apporter au Mouvement des suggestions, pour conseiller les représentantes de l’Union Valdôtaine au sein de la Conférence Régionale Féminine, afin qu’elles ne restent pas les représentantes d’elles-mêmes, mais finalement aient l’opportunité d’apporter la voix et les idées des femmes unionistes.

Les temps qui nous attendent, qui attendent nos jeunes, ne seront pas colorés de rose, mais si nous les Valdôtains serons à même d’intérioriser, de faire propre le principe animateur de l’Entraide, la solidarité, si les Valdôtains sauront s’entraider… le poids à porter sera moins lourd pour tous.

Tiré du Peuple n. 1 du 6/01/1994

Journée de la femme


L’ « Entraide » s’est réunie

La journée de la femme, le 8 mars, est devenue une tradition ; une tradition douce, mais qui contient une histoire de batailles, dures, que les femmes ont combattues pour leur émancipation. On peut dire aujourd’hui, que plusieurs choses ont été faites, mais qu’il y a encore de la route à parcourir ; c’est bien, donc, de fêter avec de la musique et des danses ce jour, mais il faut aussi lui donner un contenu plus sérieux ; et voilà le sens de la double rencontre organisée par l’ « Entraide » : dimanche 6 mars, comme on l’a dit, un beau dîner. Après la présentation d’Anna Bioley, musique par Emile Danna, chansons d’un temps qui n’est plus, un peu de nostalgie, walser, polka, mazurka, etc.

Mardi 8 mars, à 17h30, dans la salle du conseil communal, on a parlé du sujet des mêmes opportunités entre homme et femme, dans le domaine social, avec l’intervention de Lucien Caveri. Il y a encore peu de femmes, par exemple, qui s’occupent de politique active et, par conséquent, les femmes ont encore trop peu de pouvoir ; par ce mot, on veut dire que les décisions politiques sont prises souvent sans elles et souvent, aussi, ont des contenus qui les pénalisent.

Les partis politiques se souviennent des femmes trop souvent seulement à l’occasion des élections politiques ; les femmes, à leur tour, se sont divisées en plusieurs organismes, qui ne se rencontrent que très peu, et on sait, depuis toujours, que l’union fait la force. Et, encore, il y a à dire que les coutumes et certaines lois divisent encore les femmes, et qu’il y a des pressions sur elles (religieuses, sociales, politiques) qui éloignent leur complète émancipation. Les femmes sont un univers très varié : elles apprennent, jour par jour, à se connaître, elles se confrontent avec les problèmes, mais, rarement, elles parlent avec d’autres femmes des problèmes mêmes ; les occasions de dialogue sont rares et on ne les cherche pas trop, à vrai dire : l’univers de la femme est très délicat, ses problèmes, en effet, sont les problèmes de la vie, en soi ; voir, pour faire un exemple, celui de l’avortement. Et, évidemment, la résolution de ces problèmes comporte de profondes modifications sociales.

Les femmes doivent, donc, toujours plus faire de façon que les lois et les initiatives qui les concernent sortent d’elles-mêmes à travers une participation sociale et politique plus intensive et diffusée, doivent réussir à conditionner des décisions, et non pas les subir.

Lucrezia Pongan

Tiré du Peuple n. 10 du 10/03/1994

Les femmes de l’Union Valdôtaine ont rencontré les responsables du Mouvement


Le 13 juillet 1994, une rencontre s’est déroulée au Siège central d’Avenue des Maquisards entre les femmes élues dans les différents organismes de l’Union Valdôtaine et des responsables du Mouvement, M. Charles Perrin et M. Ivo Guerraz. Le but de cette première réunion était d’envisager des initiatives concernant la mise en valeur de la présence des femmes dans l’Union Valdôtaine, notamment leur engagement dans les domaines social, économique et politique.

De cette confrontation positive est ressortie l’exigence de porter de l’avant certains problèmes du quotidien, déjà abordés, ou objet d’interventions ou bien susceptibles d’un approfondissement et d’un débat à l’intérieur du Mouvement. A l’issue de cette première rencontre, les femmes présentes ont décidé de se revoir au plus tôt afin d’étudier de nouvelles formes de participation à la vie unioniste.

Tiré du Peuple n. 29 du 21/07/1994

1995

50ème anniversaire

Dans le cadre des manifestations pour le cinquantième anniversaire de l’Union Valdôtaine et à l’occasion du 8 mars, nous tenons à rappeler, parmi les nombreuses femmes qui ont cru en l’idée autonomiste, deux figures de valdôtaines dont les noms sont gravés dans l’histoire récente de notre communauté : Maria Ida VIGLINO et Armandine JERUSEL.

Ces deux femmes avaient en commun l’amour du Pays et de la liberté, la détermination, la simplicité et la modestie.
Il nous semble juste de leur rendre hommage en pensant à elles au début des célébrations du 50ème de notre Mouvement, car elles ont partagé dès la première heure les idéaux valdôtains.

Nous leur dédions, cette année, la journée de la femme, dans l’espoir que ce seront les femmes, ce 8 mars, à raviver la flamme de l’idéal valdôtain.

Rendez-vous donc à Charvensod pour une rencontre amicale selon le programme suivant :
18h30 : en souvenir de Maria Ida Viglino et d’Armandine Jerusel
19h30 : repas
21h30 : soirée dansante


Les Femmes Unionistes

L’Entraide des Femmes Valdôtaines


Tiré du Peuple n. 8 du 16/02/1995

« 50e anniversaire de l’extension du droit de vote aux femmes et journée de la fête de la femme »



Le Conseil régional, à 11h45 du 8 mars, a interrompu ses travaux et tous les membres du Conseil se sont préparés psychologiquement pour accueillir de la façon la plus adéquate possible les anciennes Conseillères régionales et les Présidentes des Associations féminines.

Tous étaient là pour célébrer le 50e anniversaire de l’extension du droit de vote aux femmes, dans une occasion tout à fait particulière, la fête de la femme.
Après l’allocution introductive de M. François Stévenin, Président du Conseil régional, et l’intervention de Mme Dina Squarzino, Conseillère régionale, il y a eu la remise d’un parchemin et d’un bouquet de fleurs de la part des membres du Conseil régional aux anciennes conseillères : cérémonie touchante, sans doute – même l’unique Conseillère en charge était émue lorsque le Président de la Junte lui a remis le parchemin et le bouquet de fleurs ! (Ne pas cacher ses propres émotions, c’est synonyme de grande force – a dit quelqu’un).

Un bouquet de fleurs a réjoui ensuite les représentantes officielles des associations féminines et les quelques journalistes femmes présentes.
Evidemment je ne peux que partager les deux allocutions commémoratives-célébratives des deux orateurs, tout en sachant que les célébrations ont toujours une note de fond qui est forcément rhétorique et passéiste.

Il est vrai, d’ailleurs qu’un petit excursus historique, surtout s’il est précis comme ceux que j’ai eu le plaisir d’écouter, ne peut qu’être instructif, mais… Mais moi… en tant que femme qui depuis quelque temps est sur la scène de la vie, et qui, pour l’énième fois écoutait ces discours (l’important c’est toujours de rédiger un discours qui ne soit pas trop long, pas trop rébarbatif, pas polémique où tout le monde vous regardera en pensant à ses problèmes personnels tels que les courses, l’enfant qu’on doit aller prendre à la réfection, etc.), j’aurais aimé écouter quelque chose d’un peu plus propositif qu’un « quota » réservé aux femmes pour les prochaines élections.

Encore une fois, pour l’énième fois (c’est étrange, mais j’ai l’habitude de ne pas changer d’idée), je répète que les femmes ne sont pas des animaux tels que les « pandas » à protéger.
Ce n’est pas certainement avec un pourcentage forcé (et problématique pour certains endroits comme quelques communes du Val d’Aoste) qu’on pourra résoudre le problème ,comme d’ailleurs ce n’est pas en incitant les femmes à voter femmes qu’on réussira à faire mûrir l’humanité.

Le problème doit être analysé de loin, on doit, tout simplement, changer la « culture » (entendue comme mode de vie et de comportement d’un peuple) de l’humanité entière, en commençant par une « revisitation » de la société primaire – la famille – (le rôle du couple, l’importance qu’on donne à la procréation responsable, l’approche des parents envers leurs propres fils, leur propre fille), son insertion dans la société secondaire – l’école qui devrait fournir une croissance équilibrée de la personnalité de l’individu, considéré comme un être unique et irremplaçable.

C’est toujours au nœud du problème qu’on doit viser, sans quoi tout le reste est un palliatif, un brin d’herbe dans un grenier, parfois même quelque chose de très négatif.
L’individu doit arriver à comprendre qu’on est là, au monde, chacun avec ses propres capacités, ses propres attitudes, ses propres défauts et son propre égoïsme (et c’est là qu’on commence à avoir des problèmes qui ne sont pas seulement de parité des chances) pour croître ensemble et s’améliorer réciproquement.

Anna Bioley

Tiré du Peuple n. 11 du 16/03/1995

Les femmes et le 50e anniversaire de l’Union Valdôtaine



Les femmes du Mouvement et de l’Entraide ont ouvert la série de manifestations pour le 50e anniversaire de l’Union Valdôtaine en rappelant, le 8 mars dernier, deux personnages féminins très populaires dans le monde culturel valdôtain : Maria Ida Viglino et Armandine Jérusel.

Ce n’est que le début d’un hommage témoignant de la participation féminine à la vie politique valdôtaine : nous envisageons en effet un recueil des biographies et des photos des femmes qui ont joué un rôle dans l’histoire de notre communauté, notamment en la période qui a précédé et abouti à la Résistance. Nous invitons donc les sections de l’UV et les personnes qui ont des souvenirs, des textes et des photos à bien vouloir prendre contact avec le siège central de l’UV au plus tôt.

Le matériel qui nous parviendra sera trié pour des publications et des expositions.

Tiré du Peuple n. 12 du 23/03/1995

Une femme, un vote



En vue des prochaines élections communales, les femmes de l’Union Valdôtaine et de l’Entraide se réjouissent de la présence féminine dans les listes électorales, ce qui prouve l’intérêt des femmes à la vie de notre Mouvement et du Pays.

Une participation féminine active à l’administration de nos communes ne pourra qu’apporter une vision plus complète des différents problèmes et représentera un pas en avant considérable vers cet équilibre des forces qui est désormais une réalité dans les Pays du Nord de l’Europe, mais encore un but lointain pour le reste du continent.

Ce qui est à remarquer, c’est que ce sont à présent les hommes qui poussent les femmes à entreprendre une carrière politique, du moins dans certains Pays ; ce n’est peut-être pas encore le cas du Val d’Aoste mais on est en train d’y arriver.

Aux femmes donc, outre leur travail au bureau, ou à l’usine ou à la campagne, au foyer, outre leurs obligations familiales, et souvent leur engagement dans le social on demande d’accomplir une nouvelle tâche : est-ce parce qu’on reconnaît leur capacité de travail, leur abnégation et endurance ?

Les femmes qui choisissent de s’engager activement dans le domaine de la politique savent qu’elles devront se sacrifier plus que leurs camarades : elles devront pouvoir compter sur un compagnon moderne partageant les tâches familiales ; pour réussir une carrière politique elles devront être plus préparées et plus douées que leurs coéquipiers et leurs adversaires car rien ne leur sera pardonné : alors bonne chance, mesdames les candidates, de tout cœur.

Cela dit, nous invitons les adhérentes au Mouvement à soutenir les listes unionistes et notamment les candidates par leur présence nombreuse durant la campagne électorale et par leur vote, qui sera déterminant pour le succès des listes du terroir.

a.r.

tiré du Peuple n. 20 du 18/05/1995

Nouvelles de l’Entraide



Lors de la réunion de notre Association, qui a eu lieu le 14 septembre dernier à 13h30, auprès du Siège Central, on a discuté de trois points essentiellement :
1 – propositions pour le Congrès ;
2 – suggestions pour le programme de l’Entraide 1996 ;
3 – conférence de Pékin.

1) J’ai relaté, avant tout, des idées ressorties à l’occasion de la dernière réunion du Comité organisateur pour le 50ème de l’Union Valdôtaine, en soulignant le fait que le Comité a, en outre, approuvé la proposition de l’Entraide de présenter à l’occasion du Congrès un recueil de photos qui rappellent les étapes significatives de notre Association et une brochure sur les activités menées par l’Entraide dès sa fondation. On a par la suite nommé le groupe de travail qui s’intéressera à recueillir les articles et les photos et qui rédigera les textes.

2) Pour ce qui est du deuxième point à l’ordre du jour, après un long débat, on a décidé de :
- reprendre la vieille habitude d’informer, dans Le Peuple, les femmes de toutes décisions prises lors des réunions ;
- organiser des rencontres-débats thématiques avec les femmes (On a déjà, à ce propos, envisagé plusieurs sujets tels que : « arts. 39 et 40 au niveau de l’école secondaire du IIe degré, la Parité des chances, Présentation de la loi 125, le jour après Pékin, présentation d’un ouvrage écrit par une femme contemporaine, activités au sein de la CRF, publicisation de toutes les actions conduites, à tous les niveaux, par les adhérentes à l’Entraide, participation à quelques émissions de la radio ou de la télévision…).
Si quelqu’une, ou quelqu’un, d’entre vous aimerait lancer un thème qu’il pense être intéressant, on peut l’écrire sur un morceau de papier et l’envoyer au « Siège Central de l’UV – Pour l’Entraide », ou mieux encore, participer à la prochaine réunion qui se tiendra vendredi 27 octobre, toujours au Siège Central de l’Union Valdôtaine.
A propos des jours fixés pour les réunions, après avoir discuté, on a décidé d’expérimenter pour cette année, de fixer à tour de rôle, un jour de la semaine, afin de donner la possibilité à toutes les femmes qui veulent participer de pouvoir le faire, tôt au tard, vu que les jours de la semaine à notre disposition pour l’ouverture du bureau sont cinq.

3) Vu que la CRF organise plusieurs rencontres pour relater aux femmes du Val d’Aoste, sur les décisions prises à Pékin, on invite tous à participer nombreux car les thèmes abordés ne sont pas réservés aux femmes, mais ils doivent intéresser forcément tous.
En souhaitant un bon mois de septembre à tout le monde, en particulier à tous les opérateurs de l’école et aux élèves, je souhaite une année scolaire parsemée de résultats positifs et je vous rappelle encore la prochaine réunion le 27 octobre.

Bon travail à tous.

Pour l’Entraide Anna Bioley


Tiré du Peuple n. 34 du 21/09/1995

Aux femmes unionistes et de l’Entraide



Lors d’une réunion de femmes unionistes et de l’Entraide, qui s’est tenue le 20 septembre dernier au Siège Central de l’UV, des initiatives communes ont été envisagées pour l’automne et l’hiver 1995 et pour le printemps prochain.
L’une de ces initiatives, qui a été mise au point au cours d’une deuxième réunion, le 13 octobre au siège de rue des Maquisards, sera présentée en vue de la Conférence Nationale de la mi-novembre.

Pendant la rencontre du 13 octobre, les femmes présentes ont également discuté de la participation féminine à ladite Conférence.
Au sujet de ce que nous mijotons nous n’en disons pas plus : si vous voulez satisfaire votre curiosité et nous donner un coup de main, femmes unionistes et de l’Entraide, vous n’avez qu’à vous joindre à nous : vous serez les bienvenues !

Rendez-vous donc le 10 novembre à 17h30 au Siège de l’UV.
Ce que nous pouvons vous dire, c’est que notre but est de garder la flamme de l’idéal valdôtain dans nos cœurs, pour la transmettre aux générations futures.
Il est des moments où il est difficile d’être Valdôtain/e et encore plus d’être unioniste : nous avons vécu ces moments, nous les vivrons probablement encore.

Parfois je pense à la fin tragique de ces valdôtains d’hier et d’antan trahis, incarcérés, exécutés pour leur révolte : ils avaient de quoi perdre l’espoir, certains d’eux ont même perdu leur vie ! Pourtant cet esprit rebelle et quelque peu anarchiste qui caractérise encore notre peuple s’est transmis de génération en génération.
Les Valdôtains, au fil des siècles, ont été souvent maltraités : en dépit de cela ils ont su garder leur esprit, leur idéal de liberté.

Nous sommes à présent une nation marquée par le malaise des peuples en voie de disparition : suicides, abus d’alcool et d’autres drogues, et – ce n’est pas une nouveauté – attaquée sournoisement sur tous les fronts.
Cependant nous gardons la flamme de notre idéal, car c’est à nous de la garder. Soyons, malgré tout et en dépit de tout, les marathonètes de notre temps. Combien de fois avons-nous couru pour la Vallée d’Aoste ? Combien de fois faudra-t-il encore le faire ? D’innombrables fois, car personne ne le fera à noter place. C’est aux Valdôtains/es de courir pour les Valdôtains/es.

C’est aux Valdôtains/es de défendre leurs intérêts : en ce moment il est essentiel que chacun/e de nous se demande ce que nous nous attendons de l’Union Valdôtaine et ce que nous voudrions que la Vallée d’Aoste devienne. 


a.r. 


Tiré du Peuple n. 39 du 26/10/1995

50e Anniversaire de l’Union Valdôtaine


La Conférence Nationale d’Aoste


Message de Mme Wanda Jacquemod, représentante de l’Entraide des Femmes Valdôtaines


Depuis 1946, les femmes ont le droit de voter ; quant à exercer le droit d’être élues, cela a été beaucoup moins automatique, même si les jeunes femmes de nos jours considèrent comme acquis certains droits pour lesquels leurs mères ont dû se battre âprement.

C’est pourquoi nous estimons utile de commencer par un survol, encore que très succinct, de l’engagement politique et social des femmes valdôtaines, avant de placer l’accent sur l’activité des femmes au sein du Mouvement de l’Union Valdôtaine et sur leur position actuelle.

Nous voulons ici rappeler les femmes qui œuvrèrent contre le Fascisme pour la défense du particularisme valdôtain dans le cadre de la Jeune Vallée d’Aoste, et surtout celles qui prirent part activement à la Résistance, telles que Maria Ida Viglino et Marie Nouchy. Mais déjà avant, les femmes côtoyèrent les hommes à maintes reprises, quand il s’agissait de défendre les privilèges accordés au peuple valdôtain (et toujours systématiquement rétractés) tout comme les droits les plus élémentaires face auxquels le pouvoir central des Ducs de Savoie et plus tard des Rois de Sardaigne apprit vite à faire la sourde oreille. Peut-on oublier la présence des femmes lors des insurrections des Socques, véritable cri de désespoir d’un peuple affamé, abandonné par une dynastie toujours plus éloignée de nos montagnes ?

Après la deuxième guerre mondiale, et plus précisément en 1946, avec l’obtention du droit de vote, la présence des femmes dans les rangs politiques se fait plus concrète : dans la droite ligne des idéaux de la Résistance, les femmes participent aux manifestations pour la reconnaissance du droit de souveraineté du peuple valdôtain. Dès la constitution du premier conseil régional, certaines d’entre elles sont là : Maria Ida Viglino, Céleste Perruchon et Anaïs Ronc Désaymonet.

Au fil des années, la participation féminine augmente, encore que timidement sur l’ensemble du territoire, en s’élargissant aussi aux conseils communaux : c’est ainsi qu’aux dernières élections communales, sur 387 candidates, 158 femmes ont été élues. Actuellement, les conseillères communales en Vallée d’Aoste sont 169, dont une centaine dans les listes de l’Union Valdôtaine.

Vers la fin des années 70, influencées par les ébranlements survenus un peu partout en Occident, les femmes valdôtaines ont ressenti aussi la nécessité de se réunir, afin de se reconnaître et de se situer dans le foisonnement des groupes féminins, en affrontant les problèmes de l’émancipation féminine et des relations de la femme à la famille et à la société sous un angle valdôtain, c’est-à-dire sans oublier nos valeurs traditionnelles, et plus en général notre culture. C’est la naissance de l’Entraide des Femmes Valdôtaines, en 1978.

L’Entraide a joué un rôle important : elle a participé à la rédaction des thèses des Congrès de l’Union Valdôtaine, elle a signé de nombreux articles et communiqués de presse retenant l’attention de l’opinion publique, elle a organisé des débats et des fêtes, voilà la preuve de sa présence constante dans la vie sociale et culturelle. De plus, en tant qu’association collatérale de l’Union Valdôtaine, elle a contribué à diffuser nos idéaux dans la société.

Les associations féminines des années 80 étaient encore marquées par un enthousiasme soixante-huitard, ce qui a permis aux jeunes femmes de nos jours de se frayer un chemin dans le panorama politique actuel.
A présent, les femmes semblent chercher d’autres formes d’engagement.
Un groupe d’adhérentes de l’Union Valdôtaine a ressenti la nécessité de ranimer la flamme de l’idéal valdôtain en rappelant l’identité de notre peuple par de simples initiatives, telles que la fête du 8 mars dernier, organisée en collaboration avec l’Entraide et dédiée à Maria Ida Viglino et à Armandine Jérusel.

Ce groupe, qui a participé aux travaux de la Commission pour le Cinquantième Anniversaire de l’Union Valdôtaine a actuellement envisagé d’autres initiatives : parmi celles-ci, nous citons la campagne pour une prononciation et une écriture correcte des patronymes et des toponymes valdôtains.

Le but de ce groupe est de solliciter le Mouvement à se pencher davantage sur la nécessité de sauvegarder la culture valdôtaine, sans laquelle notre peuple cesserait tout simplement d’exister. L’Union Valdôtaine, première force politique en Vallée d’Aoste, doit utiliser davantage son pouvoir pour défendre le patrimoine historique, culturel et la richesse ethnolinguistique de la Vallée d’Aoste.

Or, étant donné qu’un mouvement politique tel que l’Union Valdôtaine est censé représenter quelque chose de plus qu’un simple parti, nous demandons d’envisager des actions finalisées au maintien de la conscience ethnique valdôtaine. Nous voulons que les jeunes générations aient la conscience de leur identité valdôtaine, à savoir la fierté d’appartenir à un peuple et à un mouvement qui ont su se défendre.

Nous exigeons que dans l’Europe de demain la Vallée d’Aoste ait une identité bien précise, car nous sommes une nation, la nation valdôtaine.
Notre Pays est pour nous le plus beau pays du monde et nous sommes les seuls au monde à parler, et donc à pouvoir défendre, notre patois, noter langue maternelle, ce langage « secret » (incompréhensible au-delà de Pont-Saint-Martin comme au Japon) qui est le chant du terroir. Nous nous devons de défendre tout ce patrimoine ! C’est pour cette raison que nous sommes ici aujourd’hui, à vos côtés, Messieurs, pour vous dire ceci : en dépit de toute difficulté, de tout problème, allons de l’avant. Tant que nous serons unis, nous serons forts : union est synonyme de force. Alors, serrons nos rangs !

Tiré du Peuple n. 43 du 23/11/1995

1996

Un 14 février



Le 14 février 1996 le Parlement italien a approuvé le projet de loi contre la violence sexuelle. Il a fallu attendre dix-neuf ans pour cet heureux événement, qui s’est produit un 14 février, date symbolique, car le jour de la Saint-Valentin c’est la fête des amoureux : comme si l’amour et le respect témoignent de leur victoire sur la violence et le mépris.
L’Entraide des Femmes Valdôtaines, qui en 1988 avait recueilli plus de deux mille signatures pour solliciter l’approbation de cette loi, s’en réjouit : « Finalement, finalement, finalement ! ».

Au cours de ces années les faits divers concernant la violence sur les femmes et les enfants se sont multipliés : la société semble devenir de plus en plus violente, la jeunesse de plus en plus fragile et désemparée face à la vie et à ses difficultés et proie facile de desseins démagogiques et de faux mythes.

Au seuil de l’an 2000 la barbarie nous hante.
Le moment est donc venu de reproposer avec fermeté des valeurs essentielles pour une croissance saine des jeunes et une amélioration de la société. L’une de ces valeurs est sans aucun doute le respect de l’être humain.
Or l’abus sexuel, presque toujours perpétré par la violence, est la négation de ce respect ; l’individu qui le subit en est profondément humilié, outragé dans le corps et dans l’esprit.

Sur un mineur, l’abus est un acte gravissime qui souvent le marque pour toute sa vie, surtout si l’enfant est victime d’un proche, qui le harcèle et le viole parfois durant des années.
Il s’avère nécessaire d’inculquer dans les jeunes générations le principe et le sentiment que la violence sexuelle est un crime contre la personne, un acte lâche et dégoûtant qui ne prouve que la faiblesse de ceux qui l’accomplissent.

A ce sujet, l’entrée en vigueur et l’application de cette loi contribueront à changer une certaine mentalité.
Le jour de la femme, nous vous invitons à fêter avec nous l’approbation de ladite loi ; nous vous attendons nombreuses, en compagnie de nos amies et nos amis le 8 mars à Charvensod.

A.R. 


Tiré du Peuple n. 10 du 7/03/1996

1997

Les femmes de l’Union Valdôtaine toujours unies


Aucune querelle entre femmes à la Conférence Nationale


Ce n’est certainement par vaine polémique que j’interviens en réponse à l’article paru dans La Vallée Notizie de la semaine dernière à propos de l’art. 7 du Statut de l’Union Valdôtaine sur la présence des femmes, mais seulement peut-être parce que je suis soucieuse de mes trois casquettes, déléguée de la section de Roisan, représentante effective de l’Entraide des Femmes Valdôtaines au sein de la Conférence Régionale Féminine et enfin conseillère pour la parité des chances, nommées par le Ministère, j’estime opportun d’éclaircir les événements : avant tout aucune querelle entre femmes, mais un comportement sérieux, politique, critique, respectueux de tous les amendements présentés (y compris ceux sur l’art. 7 du Statut) et par conséquent de toutes les idées exprimées par les différents délégués.

A propos de l’art. 7 en question je dois avouer que je partageais l’amendement présenté par Laure Duc, tout simplement parce qu’il était plus adapté et plus adhérent à la réalité de nos jours. J’ai discuté avec ma voisine de chaise, Mme Luciana Casagrande, aussi à la suite de l’intervention de Mme Adriana Viérin qui partait d’un noyau de fond peu partageable par tout le monde : les femmes ne sont pas des personnes à protéger, ne sont pas des « pandas » (le pourcentage a été d’ailleurs déclaré, heureusement, inconstitutionnel), voire en extinction, mais qui a conduit à des votations opposées ; la mienne pour le maintien de l’art. 7 et celle de Luciana pour sa suppression.

Les motivations d’un choix si différent dépendent aussi des expériences que chacun (on ne doit pas oublier que les hommes aussi ont voté) de nous a eu l’opportunité de vivre le long de son existence. Vu qu’on était là à la Conférence Nationale pour parler de politique, moi j’ai tout simplement réaffirmé l’importance politique de l’art. 7, pure et simple énonciation de principes qui, comme tous les principes, laisse le temps qu’elle trouve. Personnellement, je remercie Adriana Viérin pour son intervention : nous avons besoin au sein de l’Union Valdôtaine de personnes qui débattent, qui expriment publiquement, sans crainte, leurs idées. 


Anna Bioley


Tiré du Peuple n. 3 du 23/01/1997

Demain, les femmes



Un journaliste d’un hebdomadaire valdôtain me demandant mes impressions sur ma récente nomination à vice-président de l’Union Valdôtaine envisageait un retour des femmes sur la scène politique unioniste et rappelait, à ce propos, deux grandes figures féminines qui ont contribué à faire l’histoire, non seulement de notre mouvement, mais de la Vallée d’Aoste entière : Madame Céleste Perruchon et Mademoiselle Ida Viglino.

Madame Chanoux a été, pendant des années difficiles pour l’Union, la seule représentante de notre mouvement élue au Conseil de la Vallée et Mademoiselle Viglino, un des plus vaillants assesseurs de l’Instruction Publique que notre région ait jamais eus. Donc, deux femmes extraordinaires, fortes et exceptionnellement douées. Deux Valdôtaines qui ont su percer la foule compacte des hommes en des temps où la « pari opportunità » n’existait pas.

De mon temps, je ne me suis jamais aperçue de l’existence, dans le milieu politique unioniste, d’aucune forme d’intolérance misogyne ou de discrimination évidente. Au contraire, à un certain moment, on avait même introduit des règles pour garantir et favoriser la présence des femmes à l’intérieur des organes du mouvement.
Règles qui ont été, par la suite, presque entièrement rejetées par une grande partie des femmes mêmes, qui avec fierté ont repoussé la conception « machiste » de la femme en tant qu’individu nécessitant de tutelle et de protection.

En plus la nomination d’une femme normalement douée, qui ne présente aucun caractère exceptionnel – je l’affirme comme je la connais bien, à la charge de vice-président de l’Union Valdôtaine – devrait faire songer à une sorte de normalisation de la présence féminine en politique.

Et pourtant cela ne correspond pas exactement la réalité. Au sein du Conseil Fédéral les femmes sont une nette minorité, dans la plupart des Comités de direction des sections leur nombre est exigu et parfois même inexistant. Au Conseil de la Vallée, sur 35 membres, il n’y a qu’une femme et elle n’est pas unioniste. Le renouvellement du Conseil communal de Courmayeur du 9 novembre dernier a vu une seule femme, Alessia Di Addario, parmi les 19 élus.

Ce sont des données objectives qui mériteraient une réflexion, que nous soyons féministes, anti-féministes, post-féministes ou allergiques aux étiquettes. Evidemment une forme sournoise de discrimination existe, peut-être qu’il s’agit même d’auto-discrimination.

Jacques Lang, ancien Ministre de la Culture du Président Mitterand, dans son livre « Demain, les femmes… » affirme que « dans le privé comme dans la fonction publique, cher la femme et surtout la promouvoir est un vrai casse-tête. D’abord ce n’est pas l’habitude : les hommes pensent aux hommes pour le plus hauts postes. Ensuite les femmes répugnent encore trop souvent à se mettre en avant. On ne peut compter sur la seule évolution des esprits pour que se réalise un véritable partage du pouvoir politique et administratif entre les deux sexes. Seules des lois réussiront à briser l’inertie des mentalités ».

Or, tout en partageant la globalité de ces propos, je suis douteuse sur la dernière affirmation. A mon avis le propulsif qui pourra « briser l’inertie des mentalités » sera la détermination des femmes. Seule une prise de conscience, de la part des femmes, de la nécessité qu’elles participent activement à tous les aspects de la vie politique, pourra faire avancer dignement notre société. 


Patrizia Morelli


Tiré du Peuple n. 42 du 13/11/1997

1998

Femmes et politique : un binôme difficile


Les élections sont à la porte, combien seront les candidates ?


En cette période, l’Union Valdôtaine se prépare à un rendez-vous très important : les élections régionales. Les sections se réunissent, les pourparlers s’enchaînent, les candidatures jaillissent. Mais dans ce climat de fervente activité, l’éternel problème se pose : pas ou très peu de femmes parmi les candidats.

Dans nos Statuts, il y a un article, le numéro 7, qui affirme que : « l’Union Valdôtaine, ayant constaté que la présence des femmes dans la vie politique valdôtaine est encore faible, consciente de l’importance du rôle joué par celles-ci à l’intérieur du Mouvement et de la société, s’engage à favoriser et à solliciter leur participation et leur présence au sein des différents organes ».

C’est un article qui a été conçu et voté il n’y a pas un an, le 1er février 1997, lors de la Conférence Nationale de Châtillon, mais qui pourrait dater de 1970 ou même de 1950. La substance ne changerait pas, puisque la question de la non-présence des femmes en politique, malgré l’évolution de la société, persiste.

Il s’agit d’un problème très complexe qui voit le monde unioniste partagé sur des positions très variées : il y a ceux (et celles évidemment) qui sont sincèrement préoccupés, il y a ceux qui sont soucieux surtout de l’image que le mouvement peut donner à l’extérieur, il y a ceux qui sont farouchement contre et qui estiment que le rôle des femmes est essentiellement privé et limité à la famille et puis, comme toujours, il y a les indifférents.

Un petit sentiment de lassitude parcourt cependant transversalement toutes ces catégories…
C’est la frustration qui découle de la conscience de se trouver face à un problème très débattu théoriquement, dérivant d’une situation non équitable, mais dont la solution présuppose de profonds changements de mentalité et de vie. Changements qui, il faut l’avouer, s’avèrent coûteux surtout pour les hommes. Par ailleurs ce n’est pas concevable d’arriver à une plus grande participation féminine en politique dans les conditions de vie actuelle, qui voient les femmes engagées au travail, à la maison, en famille, perpétuellement au pas de course, aiguillonnées par le mythe médiatique de la femme parfaite qui réussit partout. Comment peut-on imaginer que dans des existences aussi saturées il puisse y avoir de la place pour la politique, un domaine qui exige une dédition et une disponibilité de temps infinies, que difficilement la plupart des femmes pourraient actuellement garantir.

Et pourtant une plus grande contribution des femmes ne saurait être que salutaire et fournirait un apport nouveau et différent, en vertu justement de la diversité, qui devrait être un élément à valoriser et non pas un objet d’aplatissement en vue d’une prétendue standardisation des méthodes et des acteurs de la politique.

Donc, en revenant à l’article 7 des Statuts, si l’Union Valdôtaine est réellement « consciente de l’importance du rôle joué par les femmes », elle devrait s’engager « à favoriser et à solliciter leur participation et leur présence au sein des différents organes », en contribuant, avant tout, à créer les conditions sociales et familiales adéquates.
En attendant, je souhaite vivement que de nombreuses pionnières démentissent mes propos farfelus et se présentent en masse aux élections régionales.

Patrizia Morelli 


Tiré du Peuple n. 4 du 29/014/1998

L’importance de la « fête de la femme »


Considérations en marge du 8 mars

En lisant « La Stampa » de dimanche 8 mars, j’ai cru voir enfin ramené aux justes proportions et significations le phénomène de la « Fête des femmes ».
Sur le quotidien, en effet, deux articles seulement traitaient indirectement cet événement : en première page, le touchant reportage de Barbara Spinelli « L’otto marzo infinito delle donne d’Algeria » traçait un portrait de la situation actuelle en ce pays ensanglanté et des systèmes de résistance mis en œuvre par la population, et par les femmes en particulier, pour survivre à la violence et à la répression ; un deuxième, paru dans les « cronache », citait la crise du secteur de la floriculture causée par l’élévation de la température qui a anticipé la floraison des mimosas, considérées le symbole de la fête des femmes.

De plus, je croyais enfin disparues les fêtes mondaines avec strip-tease masculin incorporé, mais j’ai dû malheureusement revenir sur mon opinion et constater, grâce à un hebdomadaire local, que quelques initiatives de ce genre ont encore été proposées.
De ma part je n’ai jamais rattaché beaucoup d’importance au 8 mars de chez nous, que j’ai plutôt la tendance à considérer comme un prétexte commercial ou comme l’occasion pour le politicien, ou l’aspirant politicien, du moment de se rendre visible en dissertant de la condition féminine, quitte à la négliger et à l’oublier le lendemain.
Par contre, j’apprécie les initiatives culturelles et les moments de sensibilisation, comme l’appel en faveur des femmes de Kaboul, tout en ne voyant pas la nécessité de les lier à une date particulière.

Je souhaite donc l’extinction de cette fête, qui se prête à des interprétations ambiguës, pour laisses la place à un sentiment diffus dans toute la société visant au respect des femmes et à leur effective participation à tous les niveaux.
Au niveau politique, et dans noter mouvement en particulier, il ne suffit pas de se poser le problème à la veilles des élections en s’apercevant que – oh ! dommage ! – il n’y a qu’une femme sur les 30 candidats choisis par les sections. Ou, et c’est encore pire mais cela s’est déjà produit dans le passé, en faisant retomber sur les femmes la responsabilité du fait qu’il n’y a d’élues de sexe féminin, sous prétexte que « les femmes ne votent pas les femmes ». Or, je crois que les femmes, tout comme les hommes, votent les candidats qui mieux pourraient les représenter, indépendamment du sexe.
Mais si le rapport est de 1 à 30, en faveur des hommes, les possibilités de choix sont évidemment proportionnelles.

Il est certain qu’un grand travail reste à faire, à partir des sections, où les candidatures des femmes, mais des hommes aussi, devraient mûrir et se développer dans le temps, suite à des évaluations préparatoires et non pas aux exigences de la dernière minute.
J’ai conscience du fait que par mes considérations je risque de radoter et d’ennuyer le monde, comme sympathiquement me fait parfois remarquer notre dynamique rédacteur en chef, mais tous nous nous heurtons à la réalité, et donc je pense qu’il est de mon devoir, comme de celui de tous les unionistes et surtout des élus, d’agir pour qu’une effective parité puisse se réaliser. 


Pa.M. 


Tiré du Peuple n. 10 du 12/03/1998

1999

L’expérience valdôtaine sur la condition féminine discutée à Turin


Le siècle qui approche sera « féminin »

« Le XXIème siècle sera féminin ». C’est le message plus fort lancé par le président du Conseil de la Vallée d’Aoste, Robert Louvin, lors d’une rencontre, qui s’est déroulée à Turin, entre les élues dans les Conférences pour la condition féminine. La délégation valdôtaine a saisi l’occasion pour rappeler quelques considérations déjà effectuées au moment de l’installation de la Conférence de notre région. Des considérations qui offrent plus d’un point de réflexion.

« Je suis convaincu – a affirmé Louvin – qu’on est arrivé à un dépassement – au moins dans notre niveau d’évolution, de civilisation, dans la grande bataille pour l’égalité – à un moment de détour par rapport à la conquête des égales opportunités. Quelques signaux forts s’annoncent quant à l’aboutissement à cette parité, si non, dans quelques cas, même d’un dépassement. J’ai été assez surpris, il y a quelque temps, en apprenant que désormais, en ce qui concerne la scolarisation, on est en phase de dépassement et nous percevons, de façon toujours plus claire et intense, une forte affirmation de la femme dans les administrations locales, surtout dans les fonctions bureaucratiques et de direction ».

Une donnée qui est une réalité concrète dans l’administration valdôtaine. « J’ai déjà eu la possibilité de souligner – a ajouté Robert Louvin – que plus de trois quarts de la dirigeance du Conseil de la Vallée est aujourd’hui féminin. C’est une donnée remarquable qui, en partie, comble un vide de féminité de notre Assemblée. Ce dernier a cependant connu quelque progrès à l’occasion des dernières élections régionales ». Les femmes marchent donc toujours plus rapidement vers l’émancipation. « Il me semble – a affirmé le président du Conseil – que cette présence est en train de s’affirmer de façon substantielle, qu’elle ne nécessite plus de soutien, mais plutôt d’un nouveau cadre dans laquelle se développer. La donnée nouvelle me paraît à rechercher dans le fait que le XXIème siècle sera féminin. Il portera dans le nord de la terre, dans le nord de la planète, une forte affirmation de la femme, grâce à ses particularités intellectuelles et psychologiques, qui trouveront leur place tout particulièrement dans l’administration ».

D’où ressort cette conviction ?

La réponse de Louvin est claire : « L’Etat, la machine publique, est en train de changer profondément sa façon d’être et de se comporter. Ses pouvoirs sont en train de se remodeler. Il devient toujours plus immatériel et plus virtuel, non plus en présence de muscles, de force militaire, mais d’un développement de données intellectuelles et avec une approche facile vis-à-vis du citoyen. Dans ce cas je crois que les femmes, par excellence, ont des cartes à jouer et elles sauront les jouer très bien ».

Quant aux possibilités d’affirmation de la femme dans l’administration, Robert Louvin est convaincu, arrivant à affirmer même que « dans quelques années quelqu’un se posera le problème d’un nouveau équilibre, mais peut-être d’un équilibre dans une autre perspective de la balance des deux hémisphères, des deux faces de la même planète ».

Tiré du Peuple n. 6 du 11/02/1999

La fête des vendeurs/euses de mimosas



Cette année aussi le 8 mars est arrivé et alors… une petite réflexion s’impose, compte tenu du fait que dans cette journée tout le monde exalte la figure féminine, mais ce n’est qu’un moment, un souffle de vent et puis tout redevient comme avant.

Et l’une des causes de tout cela est due surtout au comportement des femmes mêmes.
Ce sont les femmes qui avec leur attitude critique exaspérée empêchent les femmes de grandir. C’est incroyable, mais à l’aube de l’an 2000 si une femme douée du point de vue esthétique émerge, on pense encore que c’est grâce à son physique et non pas à son cerveau qu’elle est devenue importante. Les femmes qui émergent en politique, sauf des exceptions très rares, doivent nécessairement être ridiculisées par l’opinion publique à cause de leur aspect extérieur non assimilable à celui de Cindy Crawford. Pourquoi ne pas apprendre donc à avoir un peu lus d’esprit corporatif comme les hommes ?

Si l’on veut réussir on doit apprendre avant tout à se respecter, à s’aimer et par conséquent à aimer et respecter les autres femmes avec leurs défauts.
Je ne crois pas dans ce type de fête exclusivement économique mais je suis convaincue que les femmes avec leur sensibilité, leur vision du monde différente, sont à même de construire avec les hommes (l’autre moitié du ciel) un avenir, un monde meilleur pour tous.

Dernière considération… Pourquoi ne pas penser à un Président de la République femme ?

Etant donné qu’aussi les initiatives positives devraient être signalées, le 8 Mars, l’Association V.I.O.L.A. était là, à l’Hôpital, pour offrir à toutes les femmes qui transitaient dans le Hall, un petit brin de mimosa. En même temps, si on arrêtait un petit instant on pouvait avoir aussi l’opportunité d’acheter le livre « Petali di viola » avec les expériences de quelques femmes qui on dit « non » au cancer ; c’est un texte à lire avec beaucoup d’humilité, homme et femme ensemble, car il transmet un grand enseignement : l’amour pour la vie de la part de quelqu’un qui a beaucoup souffert. 


Anna Bioley


Tiré du Peuple n. 10 du 11/03/1999

2000

8 mars


Continuons à marcher ensemble


Le long chemin n’est pas encore achevé, même si on assiste toujours plus la contribution de la femme à la construction du bien-être social.
La femme a bien démontré, dans ces derniers 20 ans, sa capacité de remplir le « double rôle » de responsable du foyer et de son emploi, double rôle qui, d’un côté, a alourdi sa tâche et, de l’autre, a obligé l’autre « moitié du ciel » à prendre en charge une partie de la responsabilité du foyer.

Cela a déclanché, surtout parmi les jeunes hommes, une crise identitaire, étant donné que la représentation de la femme, véhiculée par la famille, n’a pas tellement changé.
De là, la prolifération d’associations telles que « Uomini in cammino », finalisée à la recherche d’une nouvelle identité construite avec les femmes.

La présence de la femme dans tous les domaines à partir des plus traditionnels, comme l’éducation, aux plus récents, comme l’armée, peut être considérée, à plein titre, un changement historique.

La contribution de la femme à la construction de l’Histoire commence avec la naissance de l’homme et de la femme, mais l’Histoire, en tant que reconstruction des faits, écrite par les historiens, a surtout pris en considération les grands événements en leur donnant une lecture au masculin. Maintenant les historiennes vont lancer dans les écoles un manuel d’histoire qui considère le réel dans sas complexité, c’est-à-dire une société composée d’hommes et de femmes qui ensemble contribuent à son évolution.

Anna Bioley

Tiré du Peuple n. 9 du 9/03/2000

2001

Nouvelles en bref de l’Entraide des Femmes Valdôtaines


L’Entraide des Femmes Valdôtaines, après une longue pause de réflexion, s’est réunie au mois de janvier dernier pour faire le point de la situation et pour renouveler ses membres au sein de la Conférence Régionale Féminine. A la place de Mme Laure Duc l’Entraide a nommé Mme Susanna Belley, membre effectif.

L’Entraide remercie, d’une part Laure, pour les années de travail qu’elle a dédiées à la cause valdôtaine et la sollicite à travailler encore pour l’association et, de l’autre, est enthousiaste d’avoir une jeune fille, désireuse de s’engager, qui donnera sans doute un nouvel élan, avec toutes ses idées innovatrices, à l’Entraide des femmes qui a désormais dépassé les vingt ans… Pour l’instant, en tant que remplaçante, toujours au sein de la C.R.F., il y a encore Mme Anna Bioley, une parmi les fondatrices de la Conférence même.

A.B.

Tiré du Peuple n. 11 du 23/03/2001

Fête

2 X mille

Vie de l'Union12 Mai 2017 - 12:29

A propos du recours au TAR… A propos du recours au TAR… Lors du Conseil fédéral réuni à Saint-Christophe hier soir, jeudi 12 mai, une des communications du président de l’Union Valdôtaine Ennio Pastoret a concerné le recours présenté au TAR, par notre groupe d’élus au Conseil de la Vallée, sur les actes administratifs de la séance de l’Assemblée du 10 mars dernier (et conséquents). A ce sujet, lors de la soirée se sont exprimés tant le chef de groupe UV au Conseil, Ego Perron (ayant remarqué une fois de plus que le "président du Conseil doit sauvegarder les droits de tous et il ne s’est pas porté ainsi, à cette occasion”), que le conseiller Augusto Rollandin (qui a défini "naturel le recours, vu que la même situation, dans deux jours a porté à deux conduites différentes” de la Présidence du Conseil). De suite vous trouvez la communication du président Pastoret. Le 20 mars 2017 l’UV avait porté plainte contre la décision de Président du Conseil de considérer valide la séance du Conseil du 10 mars 2017 en l’absence du nombre légal des Conseiller présents. Le sens du recours était celui de défendre le bien fondé de nos convictions puisque nous restons convaincu qu’il ne faut jamais renoncer à faire valoir ses droits. Mais, surtout, à la base du recours il y avait l’obligation d’exiger le respect des règles qui sont à la base de la vie, de l’histoire et de la démocratie de la VDA. La loi Severino, à laquelle a fait référence la Présidence du Conseil affirme « nel periodo di sospensione i soggetti sospesi, fatte salve le diverse specifiche regionali, non sono computati al fine della verifica del numero legale, né per la determinazione di qualsivoglia quorum o maggioranza qualificata.” Nous avons soutenu et nous soutenons, qu’en ce qui nous concernes, ces dispositions ne s’appliquent pas puisque l’art. 21 du Statut Spécial dit : "Le deliberazioni del Consiglio Valle non sono valide se non è presente la maggioranza dei suoi componenti e se non sono adottate a maggioranza dei presenti…..” La question est claire. Le Statut de la Vallée d’Aoste est une loi constitutionnelle et donc de rang supérieur au DLGS Severino qui ne peut pas modifier ou dépasser les lois constitutionnelles. Celle –ci, au de la des sentiments personnels ou d’opportunité, que quelqu’un cite inopportunément, est la véritable raison qui nous a obligé à faire recours. Pour l’UV il s’agissait de défendre un principe qui est irrévocable si on se veut autonomistes et si on prétend défendre le principe sur lequel se fonde notre Statut d’Autonomie. Oublier cela signifiera perdre notre mémoire et oublier toutes les luttes menées jusqu’à présent par ceux qui ont défendu dans le temps ce principes contre les tentatives centralisatrices. En considérant valide la séance du 10 mars la Présidence du Conseil a accompli un acte qui va au de la d’un simple abus. Il a soumis une disposition statutaire à une loi ordinaire violant un principe que notre Région a toujours défendu avec acharnement. Le Président Rosset, avant d’établir, dans les faits, que la loi Severino devait s’appliquer indépendamment des dispositions statutaires il aurait du se poser la question suivante : est-ce-que une loi ordinaire peut intervenir et dépasser une disposition constitutionnelle comme le Statut ? La réponse, simple et univoque, ne pouvait qu’être NON. Voilà donc qu’au de la de toutes les considérations sur les raisons et les torts, sur les opportunités ou les non opportunités l’UV a été obligée à porter recours. Elle ne l’a pas fait tout simplement pour empêcher à une autre majorité de s’installer, mais parce qu’elle avait le devoir de défendre un principe qui est à la base de son existence de Mouvement Autonomiste qui veut défendre l’Autonomie de notre Région. Or les aspects juridiques feront l’objet d’une évaluation et d’un jugement dans le mérite le 12 septembre. Cependant on ne peut pas passer sous silence le fait qu’il y a qui vient de se réjouir pour ce renvoi et par certaines affirmations du TAR. Il faut faire attention parce que celle que l’on considère une victoire porte en elle un venin mortel pour notre système d’autogouvernement. Il est intéressant d’observer comme à l’occasion du référendum du 4 décembre une large partie de soi-disant autonomiste avait invité à voter NON en portant comme prétexte la close de SUPREMATIE qui aurait porté à des chevauchement de nos compétences statutaires. Et voilà que ce danger si tant évoqué alors est devenu réel. La reforme a été boulée et elle n’a pas introduit la close de suprématie, mais les effets de la décision prise par la Présidence du Conseil, ont été exactement les mêmes, lorsque on a établi que la loi Severino avait SUPREMATIE sur les dispositions du Statut. Maintenant nous attendrons avec confiance l’avis du TAR. Mais en tout cas, pour nous, celle-ci est une question dont la gravité institutionnelle et juridique nous obligera à défendre et à porter jusqu’au but nos raisons. N’importe quels seront les temps et les énergies que nous y devrons mettre. Nous ne le ferons certainement pas avec un esprit de revanche, ni pour délégitimer quelqu’un, mais pour l’obligation que nous avons, depuis toujours, de défendre notre Pays et ses institutions, même, comme dans ce cas, ce sont elles mêmes qui s’infligent des blessures graves.

agenda

twitter

images

2016 Rencontres sul le territoire

2015 Congrès des 3 et 4 octobre

Union Valdôtaine

29, avenue des Maquisards - 11100 Aoste
TÉL +39 0165 235181 FAX +39 0165 364289
siegecentral@unionvaldotaine.org
PI 80007410071