Femmes Valdôtaines

Le mouvement en ligne

1979

La femme pour l’Union Valdôtaine

Assemblée Consultative de l’UV Pierrette Diémoz : Les femmes pour l’UV

Un nouveau titre pour une initiative nouvelle. Qu’est-ce donc l’Entraide des Femmes Valdôtaines ? Eh bien, il s’agit là d’une initiative nouvelle, comme on vient de dire, mais surtout très courageuse si on considère que pour la première fois on a voulu faire quelques réflexions et prendre en considération certains problèmes et certains aspects qui concernent l’identité des femmes valdôtaines. Notre but principal est donc celui d’établir et d’étendre, de plus en plus, des contacts directs et personnels entre toutes ces femmes qui, par cet esprit typique de notre milieu valdôtain, ressentent fortement la volonté de se réunir pour se retrouver et se reconnaître.

Il s’agit là d’une exigence nouvelle, très profonde, une sorte de collaboration, d’entente mutuelle qui nous permettraient d’améliorer tous nos rapports : entre nous d’abord, mais aussi dans nos familles et dans la société. Nous avons pensé très sérieusement à cela et nous avons commencé par fixer des rencontres (au début une fois par mois et depuis quelque temps deux fois par mois, près le Siège Central de l’UV) au cours desquelles on parle, on discute, on s’habitue à trouver les mots pour s’exprimer.
Il y a peut-être quelqu’un qui pense que les femmes sont déjà assez bavardes, et cela est il peut être vrai pour dire n’importe quoi, mais lorsqu’il faut vraiment dire ce qu’on pense c’est autre chose : on a parfois du mal à s’exprimer, ou encore peur de se tromper.

Mais ce que nous regrettons le plus c’est que très souvent beaucoup de femmes nous disent qu’elles ne peuvent pas participer à nos rencontres à cause de la famille, car à la maison, les femmes, on dirait qu’elles soient vraiment irremplaçables.
On ne peut, malgré tout, dire cela, sans faire quelques éloges à ces bonnes ménagères : douées de sens pratique, parcimonieuses et attentives, il faut le dire, les femmes valdôtaines se distinguent pour leur attachement au devoir. Dans les bureaux comme dans les usines, à la maison comme à la campagne elles sont infatigables, elles aiment leur travail et dans leur ménage de chaque jour elles se débrouillent extrêmement bien.

En plus, dès qu’elles sont mères, elles se chargent, elles seules, d’une tâche bien difficile : élever les enfants, une tâche lourde et délicate car il y a là de grandes responsabilités dont très souvent on n’est pas assez conscients.
Soigner des jeunes c’est vouloir leur donner un caractère, une langue, une foi, un avenir ; c’est vouloir leur transmettre notre amour pour le pays que nous aimons, l’amour pour notre peuple, pour notre histoire, pour nos ancêtres et pour nos traditions. Nous avons une culture à nous, il nous faut la connaître pour la défendre et la transmettre aux autres et nous, femmes valdôtaines, nous devons finalement prendre conscience de cela : nous devons sortir de notre petit coin, nous devons savoir ce qui se passe autour de nous, nous devons entrer en scène sans crainte car le rôle de spectatrices ne convient plus à personne ; notre collaboration dans la vie sociale et politique est désormais indispensable ; par notre expérience et notre activité nous pouvons contribuer à guérir les cicatrices que notre tissus culturel et ethnique a subis de la part de ceux qui veulent notre anéantissement. Nos belles montagnes ne sont plus suffisantes à nous défendre des infiltrations et des attaques de cultures diverses : il nous faut la force d’un peuple évolué et fidèle, prévenu contre les risques et les dangers qui menacent de tuer à jamais les particularismes de notre culture valdôtaine.

Pour cela nous demandons à tous les valdôtains, hommes et femmes, de vouloir prendre en considération notre initiative, que nous croyons fort intéressante et très précieuse.
Femmes valdôtaines, si vous croyez à ce que nous venons de dire il est temps qu’on se mette à l’ouvrage : nous avons beaucoup de choses à faire mais surtout nous avons besoin d’être nombreuses, participez donc à nos rendez-vous (la date en est chaque fois publiée dans le Peuple Valdôtain), soyez sensibles et disponibles aux problèmes qui nous concernent, afin qu’on puisse ensemble déterminer et réaliser nos programmes. Depuis notre première rencontre, lors de la belle manifestation du Rendez-Vous Valdôtain où la présence des femmes était vraiment remarquable et encourageante, nous avons commencé par analyser attentivement ce qu’on aurait pu faire et dans quels secteurs (nous rappelons par exemple la conférence qui a eu lieu au mois d’août, donnée par M. Montesanti) nous croyons aujourd’hui pouvoir adresser notre attention préalablement dans ces trois secteurs : dans la Santé, dans l’Instruction et dans l’Agriculture.

Ne pensez cependant pas qu’on doit être pour cela médecins, professeurs, psychologues etc… etc…, nous croyons au contraire que la bonne volonté et la collaboration réciproques soient plus efficaces qu’un diplôme. Il nous faut du courage, de l’intérêt nouveau si l’on veut, comme on se souhaite, améliorer notre milieu social et sauvegarder notre identité et notre dignité de bons valdôtains et de bonnes valdôtaines.
Nous, femmes valdôtaines, nous n’avons pour statut que notre solidarité et notre amitié, et pour but l’entraide, le progrès, le bonheur des générations futures, la collaboration avec nos hommes et la structuration d’un fédéralisme humanitaire : (No, no sen lo soutien de tot lo genre humain).

Amies, réfléchissons, nous sommes un tout petit pays par le nombre des habitants et voici le moment où l’activité politique se répand jusqu’à nous, les femmes : en réalisant l’union des femmes et des hommes, l’Union Valdôtaine doublera ses forces et ses capacités, elle doublera donc ses futurs succès.

Tiré du Peuple n. 2 su 12/10/1979

Santé

Au cours de ces dernières années, l’UV a joué un rôle important dans les changements qui se sont produits dans le domaine de la santé ; la loi régionale n. 60 du 29 novembre 1978 déclare, d’après l’art. 2, que :
« L’organisation des services sanitaires, sociaux et d’assistance de la Région doit favoriser en particulier :
1) la participation réelle de la population.
2) l’unité des interventions sanitaires, sociales et d’assistance.
3) la priorité avant tout de la prévention.
4) l’articulation convenable des services répartis sur tout le territoire.

L’art. 3 de la loi décrit en détail les domaines concernés par la réorganisation des services. Pour finir, la division du territoire en départements sanitaires et sociaux (qui seront des consortiums de Communes) est prévue à l’art. 4.

Cette loi récente a permis de créer le cadre global qui servira de champ d’action pour atteindre et réaliser au mieux les buts recherchés qui sont :
1) apporter une assistance sanitaire et sociale égale pour tous les valdôtains.
2) fournir une assistance de première qualité.
3) gérer correctement cette assistance en évitant le gaspillage.

En résumé, cette loi permettra la résolution des nombreux problèmes propres au domaine de la Santé.
Nous voulons cependant citer les deux secteurs qui ont fait l’objet de lois régionales spécifiques :
1) la promotion de l’aide en faveur des personnes âgées et handicapées.
2) les interventions pour une maternité libre et consciente, une meilleure protection de la santé de la femme, de l’enfant et en faveur du couple et de la famille.
Les communes et les consortiums de communes doivent prendre en main l’organisation de ces services.

Les femmes étant, dans ces deux paragraphes, particulièrement impliquées à cause des nombreux problèmes qui leur tombent sur le dos et qu’elles vivent elles-mêmes, doivent saisir cette occasion pour participer activement à cette organisation et pour aider à la réalisation de structures socio-sanitaires, participation d’ailleurs prévue par les lois elles-mêmes.

C’est une occasion pour les femmes de sortir de leur maison et participer, d’ailleurs pour leur propre intérêt, à la création de services sociaux, d’assistance et sanitaires dont pourra bénéficier toute la population, même celle des communes de nos montagnes, défavorisées géographiquement.

Les personnes âgées et la montagne.
On ne peut que prendre conscience du fait que la montagne est surtout habitée par des personnes âgées, nombreuses et seules, chaque jour plus vieilles et plus seules.
On peut sans aucun doute possible affirmer que les zones de montagne connaissent la situation suivante :
a) natalité faible due au départ des jeunes couples vers les vallées plus basses.
b) les zones non agricoles attirent davantage les femmes que les hommes ; elles préfèrent épouser des hommes qui ont quitté ou vont quitter l’agriculture.
c) seules demeurent les personnes âgées et les hommes célibataires.
d) les personnes âgées, en plus, appartiennent à des familles de type patriarcal et sont moins préparées à vivre seules que les personnes âgées qui appartiennent à des milieux urbains. Pour eux l’hiver est une saison très dure à cause de l’isolement accru.

Devant cette réalité, le principal objectif qui devra trouver une explication et une coordination dans les districts sanitaires, sociaux et d’assistance sera essentiellement la récupération de l’ancien en lui fournissant l’aide dont il a besoin et en supprimant l’isolement dont il souffre.

En particulier, la nouvelle politique sociale en faveur des personnes âgées devra donc : leur garantir le droit à l’auto-suffisance et à la juste liberté du besoin.
– la possibilité de retrouver et de conserver leur propre physionomie ;
– une insertion active au sein de la communauté.
– leur donner – la possibilité concrète et réelle de choisir entre demeurer dans sa propre maison, parmi les objets familiers et chers, bénéficiant d’une assistance à domicile, ou d’aller vivre en collectivité.

Eviter à tout prix que le suicide continue d’être trop souvent l’unique remède à la solitude du vieillard.
L’aide prévue par la loi régionale comprend :
a) les aides sociales de base (assistance économique, etc.) ;
b) l’assistance à domicile : assistance sociale et sanitaire, aide ménagère etc.
c) locaux d’assistance sanitaire, cabinet de consultation, locaux pour les activités sociales.
d) centres résidentiels.

Cette assistance devra s’adapter à chaque situation, suivant le milieu, et tous les services ne pourront pas se réaliser dans les lieux plus élevés des vallées où les habitations sont plus éparpillées.

Cela va sans dire que cette assistance s’inscrit dans un programme plus large, étroitement coordonné et complémentaire, de manière à ne pas intervenir isolément, afin que tout le personnel d’aide sociale et médicale soit au service de l’homme replacé dans son milieu, sa socialité.

Nous espérons que les nouvelles structures pourront réellement mettre l’accent sur l’homme, qui représente la communauté même et nous soutenons que, s’il en sera ainsi, la montagne saura résorber le dépeuplement et favoriser même le retour de nombreuses personnes. Dans cette optique on doit chercher à résoudre les problèmes soulevés par le troisième âge.

Centres de consultation pour la femme et la famille.
Nous pensons qu’ils doivent être conçus pour être en tout premier lieu au service de la femme pour discuter des problèmes liés au couple, à la sexualité, à la contraception, à l’interruption de la grossesse et lui apporter toute l’aide psychologique, sociale et sanitaire dont elle a besoin (en référence aux articles 2 et 3 de la loi).

Dans les bureaux de consultation de la commune d’Aoste il y a des équipes composées de :
– Assistantes sociales ;
– Assistantes sanitaires ;
– Sage-femme ;
– Infirmier professionnel ;
– Médecin.
Il semble que les spécialistes sont moins disponibles, pour différentes raisons, en particulier le gynécologue.
C’est peut-être pour cela qu’on a pensé d’entreprendre un programme de médecine de prévention dans les écoles, qui n’est pourtant pas le but principal de cette structure.

Les femmes ont intérêt à venir nombreuses aux bureaux de consultation prévus par la loi pour être à même d’ordonner l’activité de ces bureaux suivant leurs exigences prioritaires. L’art. 4 est également important pour les femmes. Il concerne plus spécialement la santé de la mère et du nouveau-né.

Il s’agit principalement de bien suivre l’évolution de la grossesse chez la femme pour contrôler qu’elle est normale et de pratiquer le plus tôt possible des diagnostics pour préserver le nouveau-né de certaines maladies.
Ces diagnostics précoces abaissent le taux de mortalité périnatale et surtout le pourcentage des enfants handicapés.

Le problème posé par la présence dans une famille d’un enfant handicapé touche davantage la femme, pas seulement en tant que mère mais parce que souvent celle-ci se trouve contrainte à renoncer à son travail et disons à presque toute liberté.

Cherchons donc pour le bien des enfants, de leurs parents et de toute la communauté à prévenir les handicaps en mettant en œuvre tous les moyens possibles.
En conclusion, nous demandons aux femmes de se réunir dans chaque commune et de s’entendre pour apporter leur contribution concrète à la création et à la gestion des nouveaux services sociaux, d’assistance et sanitaires.

Prenons conscience de nos devoirs mais aussi de nos droits.

Tiré du Peuple n. 16 du 20/04/1979

La femme en Vallée d’Aoste

Les femmes en Vallée d’Aoste

Les femmes, en Vallée d’Aoste, prennent – Dieu soit loué ! – une place de plus en plus importante dans la vie de notre pays.

Nous avons noté leurs judicieuses et fructueuses interventions dans le congrès des différents mouvements politiques, leur participation croissante à l’activité culturelle. Certaines tiennent une place respectée au Conseil Régional et dans la Junte. D’autres gèrent énergiquement des communes… Et comme les femmes sont – il faut en convenir – de bien meilleures administratrices, plus persévérantes que les représentant du sexe prétendu fort, notre communauté ne peut que profiter de cet état de choses.

Il s’agit d’un phénomène qui se manifeste dans tous les pays civilisés… Partout, nos compagnes sont en voie d’obtenir l’égalité complète des droits dans le travail, les associations diverses où se font jour leurs initiatives hardies en matière législative, sociale et civique… Et si quelques-unes vont un peu loin en réclamant la domination complète du mâle, la plupart ont le bon sens de conserver malgré tout leur conscience maternelle, protectrice tutélaire du foyer et gardienne de l’éthique chrétienne.

Elles considèrent que, l’égalité civique enfin obtenue, le bonheur pour une épouse et pour une mère ne peut vraiment se trouver que dans la gestion du « nid » familial
Quel progrès en à peine plus d’un siècle !

A Sainte Hélène, Napoléon (avec quelques malices certes, et pour taquiner la femme du maréchal BERTRAND et la comtesse de MONTHOLON) proférait :
« Nous avions tout gâté en traitant les femmes trop bien… Nous les avions portées à grand tort presque à l’égal de nous … Les peuples de l’Orient avaient bien plus d’esprit et de justesse, ils les avaient déclarées la véritable propriété de l’homme, et en effet , la nature les a faites nos esclaves… Ce n’est que par nos travers d’esprit qu’elles osent prétendre être nos souveraines… Et de quoi vous, plaindriez-vous après tout, mesdames ? (continuait-il en souriant de côté). Ne vous avons-nous reconnu une âme, vous savez qu’il y avait des philosophes qui ont balancé… Vous prétendiez à l’égalité ? Mais c’est folie ! La femme est notre propriété, nous ne sommes pas la sienne ; car elle nous donne des enfants et l’homme ne lui en donne pas : elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruits est celle du jardinier !… ».

Un quart de siècle plus tard, Alfred de Vigny déclarait dans les vers magnifiques de la « Maison du Berger » :
Mais si Dieu près de Lui t’a voulu mettre, ô femme !
« Compagne délicate ! Eva ! Sais-tu pourquoi ?
« C’est afin que tu sois son juge et son esclave
« Et règnes sur sa vie en vivant sous sa loi !

On a vu mieux encore à peu près jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale :
L’empereur Guillaume II préconisait encore aux femmes Prussiennes l’idéal des trois « K » : KINDER-KUCHE-KIRCHE (les enfants – la cuisine – l’Eglise)…

Et son meilleur stratège, le général Ludendorff affirmait :
La femme allemande est comme le beafsteck, plus on tape dessus, et plus elle devient tendre ».
Les Allemandes depuis lors ont bien pris leur revanche !

Il est à notre honneur que jamais ces conceptions bizarres n’ont fleuri en Vallée d’Aoste… mais on a vu pire dans certaines contrées méridionales !

En Savoie et chez nous, l’épouse et la mère ont toujours été vénérées : au fond (comme en France d’ailleurs) elles étaient l’âme du foyer. Fidèles, austères, ne se laissant pas dominer par la sentimentalité, elles tenaient ferme les cordons de la bourse. Elles travaillent durement, (avouons-le, nos montagnardes beaucoup plus que leurs hommes) et dans leur foi dépouillée et sincère, elles s’inspiraient de la Sainte Vierge « Regina Vallis Augustanae », celle qui sourit et pardonne, là-haut, là-haut.

Notre beau pays est bien petit, et de sa population de 110.000 habitants, 60% à peine sont encore de vrais Valdôtains. La participation active de nos femmes, de nos jeunes filles à la vie sociale, culturelle et économique, est donc une nécessité. Nécessité d’autant plus impérieuse que nos berceaux sont presque vides… Puisse la Vallée d’Aoste tirer avantage de l’investissement consenti également pour l’instruction aux garçons et aux filles. Elle doit devenir rentable. Nos filles, aujourd’hui, ne sont plus ce qu’étaient leurs aïeules : elles en savent autant que les garçons, accèdent aux métiers les plus divers, aux mêmes postes de commande, aux mêmes honneurs : elles demandent donc, à juste titre, plus qu’une vie moyennageuse en alpage au rythme des travaux d’élevage bovin, loin de tout confort, de toute distraction, de tout congé.

Nous avons le devoir de leur procurer les avantages du progrès technique et les agréments d’une vie en société. Quelle jeune fille intelligente et ayant de l’instruction se contenterait aujourd’hui d’être une bête de somme, descendant une fois par semaine au marché, chargée de beurre, d’œufs, de fromages, et remontant le soir, apportant sur son dos dizaines de kilos de ravitaillement indispensable pour la semaine suivante ?

Des routes pour tous nos hameaux ! De l’électricité jusqu’au dernier chalet (pardi nous en produisons assez avec la force de nos torrents !), la télévision, et vous verrez que nos jeunes femmes trouveront du charme à rester au pays en respirant l’air non pollué !
A vous de jouer, chères compatriotes, soyez actives et exigeantes, et nous en profiterons tous !

Marcel et Marthe Jans… et Napoléon Bonaparte

Tiré du peuple n. 32 du 7/09/1979

La femme valdôtaine

L’article « Femmes Valdôtaines » de Marthe et Marcel Jans, paru sur le Peuple du 7 septembre 1979, a voulu mettre en évidence le fait que, au cours de l’histoire, les femmes ont acquis des droits, ont pu accéder à des places « importantes » dans la vie de notre pays ; on a mis aussi en comparaison, la vie de la femme d’autrefois, avec celle d’aujourd’hui. A mon avis, cette confrontation n’a pas été égale. Si, d’un côté, nous apprécions l’effort et les résultats, obtenus aujourd’hui par les femmes qui occupent une place importante dans la vie (politique, administrative, législative, syndicale, scolaire, etc.) nous devons, de l’autre, reconnaître la valeur de la vie de sacrifices de nos aînées. Le travail à la campagne, celui à la maison, l’éducation des fils, la force de vivre dans les difficultés, des femmes d’autrefois, ne sont pas des choses importantes, dans la vie de notre pays ?
Certainement oui, il faut l’affirmer, le reconnaître, ou nous risquons de dévaloriser, avec les femmes, toute une société passée, et de perdre, de cette façon, ses valeurs.

Dans l’article on parle aussi de la foi des femmes d’autrefois et l’on affirme : « Qu’elles s’inspiraient de la Sainte Vierge, Regina Vallis Augustanae, qui sourit et pardonne, là-haut, là-haut ». Je reconnais qu’il me serait difficile d’analyser à fond une expérience comme la foi ; de même je remarque que cette analyse-ci est superficielle et limitée, et que la définition de foi, (admettons u’on puisse lui en donner une), transporte le problème sur un plan de rêve, de fantaisie. Personnellement je crois que les femmes ne s’inspiraient pas seulement de la S.te Vierge ; en outre je vois la S.te Vierge là-haut, dans sa perfection, mais près de chaque femme car elle a vécu sur la terre.

Il y a un autre aspect d e l’article qui m’a frappée ; les auteurs disent qu’il faut procurer les avantages du progrès technique et les agréments d’une vie en société aux jeunes filles valdôtaines, pour qu’elles ne se sentent pas émarginées dans leur pays, et pour qu’elles ne l’abandonnent pas. Je ne suis pas d’accord quand on propose de combattre ce problème avec un moyen comme la télévision, car on voit bien les effets d’aliénation qu’elle produit dans les adultes et les enfants, d’après les modèles qu’elle présente de nos jours. L’électricité, les routes, et la création de nouvelles places de travail, dans les centres les plus petits, peuvent être des moyens pour faire face à ce problème, mais ils ne le résolvent pas. A mon avis, le problème est en nous, femmes et hommes : si nous récupérons la capacité de nous approcher aux gens de notre pays, aux vieux surtout, si nous nous défendons des « clichés » établis par intérêt de tous les côtés, si nous respectons, nous réussirons à prendre le bon de la vie d’autrefois et de celle d’aujourd’hui.

On ne devrait plus diviser les femmes des hommes ; il faut rechercher une façon de vivre, où la personne, en tant que pensée, soit valorisée, au-delà de l’extériorité. Certes, les femmes ont dû et doivent parfois encore se soumettre ; il faut les défendre sur le plan matériel et culturel aussi. A ce propos je me rattache à l’article. Les auteurs se demandent « … quelle jeune fille intelligente et ayant de l’instruction, se contenterait de conduire une vie moyennageuse et fatigante comme celle de ses aïeules ». Je ne mettrais pas d’étiquettes : même nos aïeules, j’en suis sûre, bien que dépourvues de diplôme, se rendaient compte des côtés négatifs de leur vie. Selon moi le problème est d’analyser la vie d’autrefois pour reconnaître les fautes qui ont été faites et en tirer les valeurs ; il nous faut reconnaître les mérites des femmes, leurs efforts, dénoncer les injustices sans nous laisser prendre ni par la mode de l’émancipation, ni par celle du sentimentalisme. Il s’agit de modes, elles oublient la raison ; mais c’est justement la raison qui fait de nous des personnes et qu’il faut exploiter davantage.

C. Martinet

Tiré du Peuple n. 42 15/11/1979

Enquête de “Noi Donne”

Conversations sur l’enquête de « Noi Donne »

La redattrice di « Noi Donne », Annamaria Guadagni, accompagnata e indirizzata continuamente dalle donne dell’UDI (Unione Donne Italiane) di Aosta, nel suo brevissimo soggiorno in Valle, ha svolto e articolato il suo servizio « Valle d’Aosta : donna femme fenna » secondo un piano ben preciso e coerente con le posizioni di quel papà-marito-fratello dell’UDI che è il PCI.

Lo sviluppo della pseudo-inchiesta sulle donne in Valle d’Aosta comincia dalla « comunità autoctona » rappresentata dalla poetessa Armandine Jérusel, grazie alle idee della quale l’articolista può , con falsa ingenuità, chiedersi se « difendere l’etnia inevitabilmente coincide con l’odio per lo straniero, con la chiusura reazionaria con una anacronistica polemica antimodernista ». Qualunque sia la risposta, è chiaro che con questa prima parte la lettrice è spinta a concludere che una larga fetta della « comunità autoctona », cioè delle donne valdostane d’origine è su quelle posizioni.

Nella seconda parte, « sono donna e parlo patois », con una ridottissima e striminzita intervista ad una donna de l’ « Entred » (sic !), la Guadagni può stabilire che la visione della donna in questo caso è avanzata, moderna, ma che l’Entraide fa lo sbaglio di voler tenere in gran conto l’unità etnico-politica delle « femmes valdôtaines ».
In parole più chiare rimprovera all’Entraide di essere un gruppo femminista ; l’Entraide dovrebbe cioè tener conto solo della condizione della donna, lasciando da parte la lingua, l’etnia, il particolarismo che caratterizzano la « femme-fenna valdôtaine ».

E’ comprensibile che alla Guadagni, o per meglio dire all’UDI di Aosta farebbe comodo se l’Entraide fosse uno tra gli altri gruppi femministi per ignorarlo, ridicolizzarlo o trattarlo con sufficienza o corteggiarlo, come ha fatto nel passato con gli altri gruppi, a secondo del vento che tirava a favore o a sfavore del femminismo nelle sfere del PCI !

Finalmente con la terza parte dell’inchiesta le cose migliorano per la Guadagni, ance se peggiorano per le donne, in quanto vengono intervistate in maggioranza donne non appartenenti al gruppo autoctono, per intenderci quelle che parlano solo italiano, le quali lasciando da parte la situazione particolare della donna valdostana, denunciano a ragione i problemi purtroppo ancora aperti delle donne, come le difficoltà di vivere senza l’appoggio di un uomo o gli ostacoli posti dai ginecologi verso i consultori o la durezza del « doppio lavoro » della donna lavoratrice, cioè (che brave, per la Guadagni) che mettono solo in evidenza che la condizione della donna è uguale per tutte, perché sono donne.

Ecco le donne « semplici » come dice ripetutamente l’UDI alla RTA propagando il numero speciale di « Noi Donne » ; ecco le donne italiane con le quali è più facile per l’UDI lavorare per « unirle », insegnando loro soltanto a votare PCI o tutt’al più PSI, come hanno fatto quel giornale e l’UDI stessa per più di trent’anni, tanto che c’è voluto il movimento femminista per scavalcare questa visione riduttiva della donna, umile sostegno del « compagno impegnato », ed insegnare alle donne ad essere se stesse, anche contro il « compagno-padrone ».

Il risultato più évidente di questa inchiesta ammaestrata è certamente quello che si ottiene quando si è guidati da una visione a senso unico : generalizzare un caso, sintetizzare travisando, catalogare grossolanamente, classificare faziosamente, in una parola dividere le donne per bocciare una parte, dare la quasi sufficienza ad un’altra ed esaltare quella che è più utile alla propria ideologia.

Tiré du Peuple n. 43 du 23/11/1979

Lettre a l’Entraide

Lettre à l’Entraide à propos de l’enquête de “Noi Donne”

Ce sont les voix de femmes valdôtaines qui évidemment ne se reconnaissent pas entièrement dans les paroles de la journaliste. En voilà une.

Scrivo queste righe perchè mi preme segnalare alcune delle tante inesattezze contenute nell’articolo di « Noi Donne ». In esso si legge « … la Valle d’Aosta è terra di frontiera (nelle scuole si insegnano due lingue, sapere il francese è indispensabile per avere un qualsiasi impiego pubblico) » e il lettore non informato pensa che vi si insegna il francese in quanto la Regione è terra di frontiera e non perchè, più semplicemente, il francese è ed è sempre stato la lingua materna del popolo valdostano.

Si giunge poi all’inverosimile quando si scrive che vi sono « difficoltà di integrazione fra la comunità etnica valdostana e gli italiani provenienti da altre regioni e residenti in Valle. Insomma una situazione per certi aspetti assimilabile a quella di paesi vicini come la Francia e la Svizzera… ». Vorrei chiedere alla giornalista se quando è venuta in Valle ha trovato qualche difficoltà a farsi capire o ad avere risposte in qualsiasi parte della Regione. Non parliamo poi di Aosta dove, purtroppo, le difficoltà le incontrano, strano a dirsi, proprio i valdostani di origine.
Infatti un immigrato, proveniente da qualsiasi regione d’Italia, può parlare italiano se non addirittura il suo dialetto in qualsivoglia ufficio o negozio senza trovare ostilità, mentre è il valdostano che deve abbassarsi sempre a parlare una lingua che non è la sua se vuol essere capito e ascoltato.

Nell’articolo è poi chiara la manovra politica e demagogica e dispiace constatare che ancora una volta delle donne si facciano strumentalizzare da ciò che è il « bene superiore del partito » e che per far ciò debbano calpestare le altre donne. Infatti leggendo l’inchiesta di « Noi Donne » è come leggere un qualsiasi articolo di un qualsiasi giornale di sinistra, dove la cosa più importante è coprire di ridicolo e acccusare di reazionario tutto ciò che è diverso e non si lascia massificare.

Ebbene, care « compagne dell’UDI » siete sulla strada sbagliata, perchè la vostra mania del rosso a tutti i costi vi porta, nei riguardi dei valdostani, sulle stesse posizioni dei fascisti che cercarono in ogni modo di soffocare la nostra etnia ed in Italia di cancellare tutto ciò che era diverso dal modello romano.

« Noi Donne » e l’UDI non possono pretendere di dare lezioni di civiltà e di emancipazione alle donne della Regione in cui c’è stata la più alta percentuale di consensi nel referendum per il divorzio, che è al secondo posto nelle statistiche nazionali sull’uso della pillola, dove non ci sono stati problemi per applicare negli ospedali la legge sull’aborto, dove praticamente non c’è il problema della disoccupazione e non c’è lavoro nero, ed infine dove c’è il più basso tasso di analfabetismo.

Sono sicura che se al Consiglio regionale della Valle d’Aosta la maggioranza fosse del PCI, il giornale dell’UDI porterebbe la nostra Regione ad esempio per tutte le altre regioni d’Italia ! Purtroppo l’Union Valdôtaine è un rospo troppo grosso da digerire ed è inutile che voi cerchiate di dipingerla come razzista e reazionaria : le vostre fandonie e la sua giusta politica la ingrosseranno ancora di più e il rospo vi sarà sempre più indigesto !
Mila Armand

Chère Amie,
Comme tu sais sûrement des femmes ont formé un groupe nommé « Entraide des Femmes Valdôtaines », qui depuis une année et demie, se réunit tous les derniers jours du mois, dans le siège de la Section de l’UV d’Aoste, situé au n. 14 de Place Emile Chanoux (Aoste).

Ce groupe a déjà pris de nombreuses initiatives dans divers secteurs : école, santé, langue et surtout pour ce qui concerne la situation de la femme en Vallée d’Aoste.
Nos réunions constituent le seul moyen pour nous connaître et pour parler de nos problèmes. Dans notre dernière réunion on a décidé de faire paraître un bulletin polycopié traitant des problèmes des femmes valdôtaines et aussi des femmes en général. Dans ce bulletin on publiera toutes les suggestions, les propositions, etc., que les femmes nous enverront ; ce bulletin sera expédié à toutes les inscrites et aux sympathisantes.

Mais pour faire un bon travail nous avons besoin aussi de ta collaboration. Tu es donc priée, très vivement, de nous envoyer tout ce que tu crois intéressant, même du matériel tiré d’autres publications (que tu devras indiquer).
En outre, nous te mettons au courant, dès ce moment, que nous avons l’intention d’organiser, au printemps 1980, un déjeuner social des femmes ; pour cette occasion nous t’enverrons, bien sûr, des nouvelles détaillées.

Nous te rappelons la signification du mot « Entraide » – « aide mutuelle ». Aide-nous, donc, dans cette difficile tâche.

L’Entraide des femmes


Tiré du peuple n. 45 du 7/12/1979