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Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 18 jan 2018 - 14:16

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Femmes Valdôtaines24 Novembre 2015 - 10:43

L’égalité des genres: un enjeu de taille difficile à réaliser

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L’égalité des genres (ou égalité des sexes) se réfère à l’idée que les hommes et les femmes ne devraient pas recevoir des traitements différents selon leur genre d’appartenance. Promouvoir l’égalité des genres retient donc à condamner une discrimination fondée sur la faiblesse ou la suprématie d’un sexe par rapport à l’autre.
Ce principe a une valeur constitutionnelle dans maints pays et a été consacré dans diverses chartes internationales dont la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et la Chartes des Nations Unies. En effet l’article 2 de la DUDH pointe du doigt différents types de discriminations dont celui entre les sexes.
Cette reconnaissance d’égalité entre les genres date du début du siècle dans les Chartes internationales et depuis que les Nations Unies ont tenu la première conférence mondiale sur les femmes (à Mexico au Mexique en 1975), des progrès importants vers la parité entre les sexes ont été réalisés.
Le Fond de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) a été crée en 1976 pour financer l’innovation et le changement dans ce domaine. Depuis lors, il a soutenu de nombreux projets et d’initiatives dans les pays en voie de développement, dans le but de promouvoir le pouvoir politique, économique et social des femmes.
Le premier document international, juridiquement contraignant, interdisant la discrimination contre les femmes et obligeant les gouvernements à prendre des mesures en faveur de la parité, est la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes « Convention des femmes » ou CEDAW). Adoptée en 1979, elle est appliquée depuis 1981.
Mais légalité des sexes est tenue en grande considération également au sein de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe. Au sein de celui-ci, la question de la parité entre hommes et femmes est tenue comme un droit humain fondamental et elle revient à la responsabilité du Comité directeur pour l’égalité entre les femmes et les hommes (CDEG). Il s’agit d’un organe intergouvernemental, au sein du Conseil, qui effectue des analyses, des études et des évaluations, définit des stratégies et des mesures politiques et décide des instruments appropriés.
Toutefois, si ces initiatives ont été prises à partir de la seconde moitié du XXe siècle, dans maintes chartes constitutionnelles nationales, cette problématique a été abordée bien avant : en effet le préambule de la constitution française de 1946 dispose que « la loi garantir à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ».
Une telle reconnaissance ne nous surprend pas si l’on pense qu’elle a été effectuée dans l’après guerre. En effet la France ne fut pas la seule à procéder à de telles déclarations post-conflit.
Il suffit de pense à la Constitution italienne, entrée en vigueur en 1948 : « Tous les citoyens ont la même dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans aucune différence de sexe […] » . Deux ans auparavant l’Italie avait reconnu un droit fondamental à la femme : le droit de vote. Implicitement, bien sur, sans que cela ne soit déclaré dans une Charte, ou ait fait l’objet d’un principe fondamental ; néanmoins lors du référendum de 1946 concernant le choix du régime institutionnel de l’Italie, les femmes se sont vues reconnaitre pour la première fois le droit de participer à un vote important.
Certes, il faut bien tenir en compte le fait que de nombreuses figures féministes s’étaient mobilisées bien avant le deux conflits mondiaux, dès la deuxième moitié du XIXe siècle. Ce fut peut être à partir de ces flambeaux que la défense des droits de la femme et de son égalité avec les hommes se sont développés.
Un tel développement historique de l’égalité des genres s’est traduit par une consécration au niveau des institutions internationales. L’UNESCO tout particulièrement s’est engagé à supprimer tout type de discrimination, dont celle qui pourrait résulter de la différence de sexes. Pour cette organisation, l’égalité des genres signifie l’égalité entre femmes et hommes et entre filles et garçons sur le plan des droits, des responsabilités et des chances. Elle implique la prise en considération des intérêts, des besoins et des priorités des femmes au même titre que ceux des hommes et la reconnaissance de la diversité des différents groupes de femmes et d’hommes.
C’est donc pour cela que l’UNESCO s’est engagé à plusieurs reprises avec des plans d’action, dont le dernier est celui pour l’égalité des genres qui devrait couvrir une période allant de 2014 à 2027. Ce programme a le but de faciliter l’intégration féminine au sein des institutions des Nations Unies et d’améliorer le rôle des femmes au sein des Etats membres.
Les gouvernements s’efforcent de mettre en place ces dispositions, même si cela n’est pas toujours évident, surtout en matière de travail.
Depuis toujours, en effet, les femmes dont l’objet d’une discrimination évidente sur leur lieu de travail par rapports aux hommes, « justifiées » par une prétendue infériorité physique ou intellectuelle. Le monde a beau avoir évolué sur le plan social, les dispositions prises ont beau être multipliées, néanmoins de nombreuses statistiques nous montrent que le but à atteindre est bien loin de ce que l’on espère. Un rapport intitulé « Gender at Work » explique que l’exclusion économique frappe davantage les femmes que les hommes, à presque tous les égards et quasiment sur toute la planète. Les tendances qui ressortent de ce document indiquent que ces trente dernières années, la participation des femmes à la population active a stagné dans le monde et ce malgré l’accumulation de données démontrant que les emplois féminins sont profitables, à la fois pour les femmes, pour les familles, pour les entreprises et pour les communautés.
S’agissant du salaire, les femmes sont également désavantagées : en effet, les femmes qui travaillent ont des revenus inférieurs de 10 à 30% à ceux des hommes dans plusieurs pays. Plus 128 pays dans le monde possèdent au moins une loi discriminatoire en matière d’égalité hommes-femmes (ce qui signifie qu’hommes et femmes ne peuvent pas évoluer dans les mêmes conditions au sein du monde du travail).
Ceux-ci ne sont qu’une poignée des problèmes en manière de discrimination sur le lieu de travail. A cela il faut ajouter le fait que les taux de chômage des femmes sont plus élevés, que l’accès aux postes de décision est plus difficile et qu’il y a une concentration importante de femmes dans un nombre restreint de professions, etc.
La discrimination peut être négative comme positive : souvent ce sont les homes qui sont écartés, pour la simple raison qu’une jolie femme puisse attirer plus de clients ou que son corps puisse être considéré un atout pour l’employeur. Non seulement il s’agit quand même d’une discrimination envers le sexe masculin, mais de cette façon la femme peut se sentir encore plus blessée que si elle avait été rejetée : le fait d’être choisie pour ses atouts physiques au lieu que pour ses compétences et son intelligence peuvent la faire douter d’elle-même et dans un tel environnement les hostilités peuvent se multiplier même postérieurement, en débouchant sur du harcèlement sexuel.
Tout cela semble de moindre importance si l’on considère même que dans certains pays les femmes doivent recevoir l’accord de leur mari pour pouvoir travailler. Dans beaucoup de sociétés cela va souvent de pairs (hélas) avec une atteinte à la dignité et à l’intégrité physique de la femme.
En effet, si les instruments de protection juridique des pays occidentaux garantissent (ou essayent de garantir tant que possible) une défense des droits et des libertés fondamentales de la femme, il n’en est pas de même dans des nombreux pays, tout particulièrement hors des Nations Unies.
Il suffit de penser aux violences considérées légitimes au sein de la cellule familiale, aux mariages forcés, à la mutilation génitale et aux crimes soi-disant commis au nom de l’honneur.
Ces pratiques sont considérées légales au regard des traditions de beaucoup de pays, notamment au Proche Orient. Reste qu’elles sont difficiles à contraster : en effet le droit interne de ces pays ne peut être facilement contesté en pratique, même si, en théorie, les instruments internationaux de protection devraient le permettre. L’obstacle majeur est peut être celui des femmes elles-mêmes qui, grandies dans une culture ou ces pratiques revêtent une forme de normalités, ne croient pas que le fait de les dénoncer soit légitime. Le premier pas pour leur délivrance devrait passer par une confrontation directe avec ces victimes qui, renfermées dans une société qui ne leur montre pas de moyens de comparaison ne peuvent se rendre compte des injustices dont elles font l’objet.
Cela va sans dire, les pays occidentaux connaissent également de nombreuses atteintes à l’égalité des genres. Sans devoir revenir sur la question des discriminations en matière de travail, même lorsque les femmes font l’objet d’une protection, leurs droits sont souvent violés. Il suffit de penser aux actes de violence domestique et aux taux de viols à l’intérieur comme à l’extérieur du foyer familial.
De même manière, sans devoir forcément penser aux atteintes physiques, il suffit de se pencher sur les injures et sur les insultes qui, généralement, touchent beaucoup plus les femmes que les hommes, lorsqu’il s’agit de faire peser d’une quelque manière leur sexe d’appartenance. Même un simple sifflement lorsque une femme passe dans la rue peut être humiliant.
Tout cela s’ajoute au fait que les femmes voulant faire valoir leurs droits peuvent trouver cela difficile lorsque les preuves manquent. En effet de simples agressions verbales ou de gestes ambigus ne peuvent être facilement considérés comme tels si les preuves de l’intention de nuire ne sont pas irréfragables.
Or, on peut se demander pourquoi ce sont les femmes à faire l’objet de ce type de discrimination. Pourquoi est-ce elles le sexe « faible » ? Pourquoi sont-elles obligées à s’occuper du ménage et des enfants, plutôt que les hommes ?
La réponse est évidemment d’ordre sociologique et histoire : depuis toujours les femmes ont un rôle moindre à l’intérieur de la société. Certaines législations tentent de pallier à ce problème. En effet, dernièrement, la France en a fait une priorité : depuis peu, un programme qui vient d’être mis en place permet, d’ores et déjà, aux enfants de l’école primaire de ne plus faire de distinction entre fille et garçons. Le but de ce programme est celui de supprimer peu à peu les stéréotypes présents dans la société. Les garçons portent donc des tabliers roses, les filles jouent avec des minis voitures etc.
On leur apprend à ne pas choisir forcément un métier qui s’adapte à leur sexe : une fille peut être maçonne si elle le souhaite et un garçon ne doit pas avoir honte de vouloir devenir danseur. L’égalité des genres est également abordée au niveau scolaire dans toutes les matières qui le permettent : français, art, histoire, sport, etc.
Ce dispositif n’est que expérimental et il n’est en place que dans quelques écoles, mais cela nous montre que dès le plus jeune âge il est possible de dépasser la disparité entre les sexes, ce qui permet de grandir avec un esprit plus ouvert, libéré des clichés de la société d’aujourd’hui.
Si une telle solution pouvait fonctionner et être facilement adoptée le problème de l’inégalité persistante entre les genres, aujourd’hui, pourrait commencer à être déraciné de la base : plus de conventions, plus de schémas imposés.
Le fait de voir le rapport entre le sexe avec des yeux plus ouverts dès le départ empêcherait peut être un bornage dont ont est souvent victimes. L’égalité des genres est une valeur qui devrait être symptomatique comme celles du droit à la vie et de l’intégrité physique. Mais pour que ce respect devienne instinctif, ne devrions nous pas être plus strictes lorsque il s’agit de le mettre en œuvre ? Les dispositions prises d’en haut ont beau essayer d’être efficaces, mais les différences persistent et on est encore bien loin de faire changer d’avis en masse aux sociétés.
Elizabeth Pastoret

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MouvementFemmes Valdôtaines

MARDI 11 octobre 2016

16:04 Une initiative de formation des Femmes Valdotaines au sujet de la communication Une initiative de formation des Femmes Valdotaines au sujet de la communication « La communication efficace » est le sujet d’une journée de formation, proposée par les « Femmes Valdôtaines », au programme pour samedi 29 octobre prochain, auprès de l’hôtel « Milleluci », à Porossan d’Aoste. La prémisse de cette initiative est que la capacité de mieux communiquer avec le prochain est importante. Être positifs, ouverts à la confrontation et assertifs, se présenter et s’exprimer de façon adéquate sont des caractéristiques indispensables et gagnantes pour une personne. Elles le sont encore plus s’il s’agit d’un professionnel, constamment en contact avec les institutions et d’autres clients. La conscience de son potentiel de communication, ainsi que de l’existence d’instruments utiles à l’améliorer, est indispensable dans un contexte professionnel où les relations publiques, la sensibilité envers les exigences du citoyen et des institutions, la fantaisie et la créativité sont autant importantes que les compétences techniques. Cette initiative vise donc à offrir les connaissances et les instruments pour améliorer dans les relations avec les citoyens et les institutions, pour une quotidienneté plus positive et gagnante, au bénéfice et au service de la collectivité. Le cours, qui sera tenu par M. Claudio Calì, aura une durée de huit heures et se déroulera de 9h à 13h, ainsi que de 14h30 à 18h30 (deux pauses café sont prévus pendant la journée). L’enregistrement des participants aura lieu à partir de 8h30. La quote-part pour participer est de 50 euros. Pour adhérer, ou pour d’éventuels renseignements, il est possible de s’adresser au Siège central de l’Union Valdôtaine, en téléphonant au numéro 0165 235181, d’ici le 21 octobre. N’hésitez pas, les places sont limitées. Le cours est ouvert à tout le monde. Après la formation, on a prévu deux heures de relax, dans le centre bien-être de l’hôtel. Tous ceux qui souhaitent s’arrêter avec nous pour cette agréable parenthèse sont priés de nous le communiquer au moment de l’adhésion. Pour ce qui est du repas, pas loin de l’hôtel il existe un restaurant-pizza. Femmes Valdôtaines
2 X mille

le coin du président10 Janvier 2018 - 14:38

2018: deux rendez-vous importants nous attendent 2018: deux rendez-vous importants nous attendent Cette année 2018 nous réservera deux rendez-vous importants sur le plan politique et administratif. D’ici peu nous serons appelés au vote pour les élections au Parlement italien. La législature qui suivra aura d’éléments d’extrême importance pour notre Pays d’Aoste. Tout en particulier il faudra régler, définitivement, les grands thèmes des rapports institutionnels et financiers entre la Vallée d’Aoste et l’Etat. La présence d’élus d’une aire Autonomiste et Fédéraliste, à l’intérieur du futur Parlement, sera indispensable pour atteindre de résultats positifs. Dans les mois à venir il y aura aussi le rendez-vous des élections régionales pour la formation du nouveau Conseil de la Vallée et de la majorité qui devra gouverner le Val d’Aoste dans les prochaines cinq années. Les Valdôtaines et les Valdôtains s’attendent une législature pouvant donner des réponses importantes et durables, soutenues par une action gouvernementale efficace. Cela ne sera possible qu’avec une majorité pouvant assurer la stabilité politique indispensable à toute action administrative. La législature qui vient de se conclure a été caractérisée négativement, par la conflictualité et l’instabilité du cadre politique qui a aussi touché et fragmenté l’aire Unioniste. Cela a produit des effets négatifs qui ne s’étaient jamais vérifiés avant, lorsque la force et l’unité de l’Union Valdôtaine avaient pu assurer la gouvernabilité, permettant ainsi de conduire une action administrative et politique efficace. Il est donc indispensable de pouvoir reconstituer un cadre politique solide pour franchir les difficultés qui ont caractérisé cette XIVème législature. Le Val d’Aoste a besoin de certitudes et d’assurances valides. Mais elle a surtout besoin de dépasser l’actuelle faiblesse du cadre politique et ce n’est qu’une l’Union Valdôtaine forte qui peut assurer cela. L’histoire de l’Union Valdôtaine, son engagement et le travail de ses élus, à tout niveau, sont la pour témoigner le bien fondé d’un engagement et d’une action politique et administrative qui ont accompagné la Vallée d’Aoste pendant des décennies, en assurant un développement et une qualité de vie importants. Cela a été fait en assumant des responsabilités et des engagements lourds, surtout dans les moments de difficultés. Et c’est aussi bien de rappeler qu’au moment où on a demandé à ses élus de faire des pas de côté ils l’ont fait de manière responsable pour éviter des paralysies négatives. Dans les prochains mois les électrices et les électeurs devront décider à qui confier la conduite du Pays d’Aoste dans les cinq années à venir. L’Union Valdôtaine considère prioritaire de continuer à se battre pour défendre la culture, le territoire, les langues qui caractérisent la spécificité pour continuer à maintenir vivants les principes de notre Autonomie. Une Autonomie qui doit continuer à s’affirmer si le Val d’Aoste veut avoir la force de décider son futur sans en déléguer les choix à d’autres. Pour ce faire il sera fondamentale de régler les rapports avec l’Etat en permettant l’affirmation, aux élections politiques, d’une coalition Autonomiste et Fédéraliste engagée pour la défense de nos prérogatives. Sur le plan régional il sera indispensable d’assurer la stabilité et la gouvernabilité nécessaire pour affirmer au Pays d’Aoste la possibilité de s’autogouverner. Cela ne pourra se faire qu’avec une Union Valdôtaine forte, qui, du haut de son expérience, de son histoire, de son sérieux, de son lien profond avec Pays d’Aoste, pourra assurer, comme elle l’a toujours fait, des résultats concrets et tangibles en ce sens. Il n’y pas de recettes miraculeuses, mais, celui-ci étant le moment du bon sens il faudra bien faire attention à ne pas se faire piéger par les déclarations d’intention de ceux qui préconisent de parcours quasi miraculeux, mais dont on a pu constater, lorsqu’on les a vus en actions, que les résultats n’ont certainement pas été à la hauteur des promesses.

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Femmes Valdôtaines24 Novembre 2015 - 10:43

L’égalité des genres: un enjeu de taille difficile à réaliser

L’égalité des genres (ou égalité des sexes) se réfère à l’idée que les hommes et les femmes ne devraient pas recevoir des traitements différents selon leur genre d’appartenance. Promouvoir l’égalité des genres retient donc à condamner une discrimination fondée sur la faiblesse ou la suprématie d’un sexe par rapport à l’autre.
Ce principe a une valeur constitutionnelle dans maints pays et a été consacré dans diverses chartes internationales dont la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et la Chartes des Nations Unies. En effet l’article 2 de la DUDH pointe du doigt différents types de discriminations dont celui entre les sexes.
Cette reconnaissance d’égalité entre les genres date du début du siècle dans les Chartes internationales et depuis que les Nations Unies ont tenu la première conférence mondiale sur les femmes (à Mexico au Mexique en 1975), des progrès importants vers la parité entre les sexes ont été réalisés.
Le Fond de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) a été crée en 1976 pour financer l’innovation et le changement dans ce domaine. Depuis lors, il a soutenu de nombreux projets et d’initiatives dans les pays en voie de développement, dans le but de promouvoir le pouvoir politique, économique et social des femmes.
Le premier document international, juridiquement contraignant, interdisant la discrimination contre les femmes et obligeant les gouvernements à prendre des mesures en faveur de la parité, est la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes « Convention des femmes » ou CEDAW). Adoptée en 1979, elle est appliquée depuis 1981.
Mais légalité des sexes est tenue en grande considération également au sein de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe. Au sein de celui-ci, la question de la parité entre hommes et femmes est tenue comme un droit humain fondamental et elle revient à la responsabilité du Comité directeur pour l’égalité entre les femmes et les hommes (CDEG). Il s’agit d’un organe intergouvernemental, au sein du Conseil, qui effectue des analyses, des études et des évaluations, définit des stratégies et des mesures politiques et décide des instruments appropriés.
Toutefois, si ces initiatives ont été prises à partir de la seconde moitié du XXe siècle, dans maintes chartes constitutionnelles nationales, cette problématique a été abordée bien avant : en effet le préambule de la constitution française de 1946 dispose que « la loi garantir à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ».
Une telle reconnaissance ne nous surprend pas si l’on pense qu’elle a été effectuée dans l’après guerre. En effet la France ne fut pas la seule à procéder à de telles déclarations post-conflit.
Il suffit de pense à la Constitution italienne, entrée en vigueur en 1948 : « Tous les citoyens ont la même dignité sociale et sont égaux devant la loi, sans aucune différence de sexe […] » . Deux ans auparavant l’Italie avait reconnu un droit fondamental à la femme : le droit de vote. Implicitement, bien sur, sans que cela ne soit déclaré dans une Charte, ou ait fait l’objet d’un principe fondamental ; néanmoins lors du référendum de 1946 concernant le choix du régime institutionnel de l’Italie, les femmes se sont vues reconnaitre pour la première fois le droit de participer à un vote important.
Certes, il faut bien tenir en compte le fait que de nombreuses figures féministes s’étaient mobilisées bien avant le deux conflits mondiaux, dès la deuxième moitié du XIXe siècle. Ce fut peut être à partir de ces flambeaux que la défense des droits de la femme et de son égalité avec les hommes se sont développés.
Un tel développement historique de l’égalité des genres s’est traduit par une consécration au niveau des institutions internationales. L’UNESCO tout particulièrement s’est engagé à supprimer tout type de discrimination, dont celle qui pourrait résulter de la différence de sexes. Pour cette organisation, l’égalité des genres signifie l’égalité entre femmes et hommes et entre filles et garçons sur le plan des droits, des responsabilités et des chances. Elle implique la prise en considération des intérêts, des besoins et des priorités des femmes au même titre que ceux des hommes et la reconnaissance de la diversité des différents groupes de femmes et d’hommes.
C’est donc pour cela que l’UNESCO s’est engagé à plusieurs reprises avec des plans d’action, dont le dernier est celui pour l’égalité des genres qui devrait couvrir une période allant de 2014 à 2027. Ce programme a le but de faciliter l’intégration féminine au sein des institutions des Nations Unies et d’améliorer le rôle des femmes au sein des Etats membres.
Les gouvernements s’efforcent de mettre en place ces dispositions, même si cela n’est pas toujours évident, surtout en matière de travail.
Depuis toujours, en effet, les femmes dont l’objet d’une discrimination évidente sur leur lieu de travail par rapports aux hommes, « justifiées » par une prétendue infériorité physique ou intellectuelle. Le monde a beau avoir évolué sur le plan social, les dispositions prises ont beau être multipliées, néanmoins de nombreuses statistiques nous montrent que le but à atteindre est bien loin de ce que l’on espère. Un rapport intitulé « Gender at Work » explique que l’exclusion économique frappe davantage les femmes que les hommes, à presque tous les égards et quasiment sur toute la planète. Les tendances qui ressortent de ce document indiquent que ces trente dernières années, la participation des femmes à la population active a stagné dans le monde et ce malgré l’accumulation de données démontrant que les emplois féminins sont profitables, à la fois pour les femmes, pour les familles, pour les entreprises et pour les communautés.
S’agissant du salaire, les femmes sont également désavantagées : en effet, les femmes qui travaillent ont des revenus inférieurs de 10 à 30% à ceux des hommes dans plusieurs pays. Plus 128 pays dans le monde possèdent au moins une loi discriminatoire en matière d’égalité hommes-femmes (ce qui signifie qu’hommes et femmes ne peuvent pas évoluer dans les mêmes conditions au sein du monde du travail).
Ceux-ci ne sont qu’une poignée des problèmes en manière de discrimination sur le lieu de travail. A cela il faut ajouter le fait que les taux de chômage des femmes sont plus élevés, que l’accès aux postes de décision est plus difficile et qu’il y a une concentration importante de femmes dans un nombre restreint de professions, etc.
La discrimination peut être négative comme positive : souvent ce sont les homes qui sont écartés, pour la simple raison qu’une jolie femme puisse attirer plus de clients ou que son corps puisse être considéré un atout pour l’employeur. Non seulement il s’agit quand même d’une discrimination envers le sexe masculin, mais de cette façon la femme peut se sentir encore plus blessée que si elle avait été rejetée : le fait d’être choisie pour ses atouts physiques au lieu que pour ses compétences et son intelligence peuvent la faire douter d’elle-même et dans un tel environnement les hostilités peuvent se multiplier même postérieurement, en débouchant sur du harcèlement sexuel.
Tout cela semble de moindre importance si l’on considère même que dans certains pays les femmes doivent recevoir l’accord de leur mari pour pouvoir travailler. Dans beaucoup de sociétés cela va souvent de pairs (hélas) avec une atteinte à la dignité et à l’intégrité physique de la femme.
En effet, si les instruments de protection juridique des pays occidentaux garantissent (ou essayent de garantir tant que possible) une défense des droits et des libertés fondamentales de la femme, il n’en est pas de même dans des nombreux pays, tout particulièrement hors des Nations Unies.
Il suffit de penser aux violences considérées légitimes au sein de la cellule familiale, aux mariages forcés, à la mutilation génitale et aux crimes soi-disant commis au nom de l’honneur.
Ces pratiques sont considérées légales au regard des traditions de beaucoup de pays, notamment au Proche Orient. Reste qu’elles sont difficiles à contraster : en effet le droit interne de ces pays ne peut être facilement contesté en pratique, même si, en théorie, les instruments internationaux de protection devraient le permettre. L’obstacle majeur est peut être celui des femmes elles-mêmes qui, grandies dans une culture ou ces pratiques revêtent une forme de normalités, ne croient pas que le fait de les dénoncer soit légitime. Le premier pas pour leur délivrance devrait passer par une confrontation directe avec ces victimes qui, renfermées dans une société qui ne leur montre pas de moyens de comparaison ne peuvent se rendre compte des injustices dont elles font l’objet.
Cela va sans dire, les pays occidentaux connaissent également de nombreuses atteintes à l’égalité des genres. Sans devoir revenir sur la question des discriminations en matière de travail, même lorsque les femmes font l’objet d’une protection, leurs droits sont souvent violés. Il suffit de penser aux actes de violence domestique et aux taux de viols à l’intérieur comme à l’extérieur du foyer familial.
De même manière, sans devoir forcément penser aux atteintes physiques, il suffit de se pencher sur les injures et sur les insultes qui, généralement, touchent beaucoup plus les femmes que les hommes, lorsqu’il s’agit de faire peser d’une quelque manière leur sexe d’appartenance. Même un simple sifflement lorsque une femme passe dans la rue peut être humiliant.
Tout cela s’ajoute au fait que les femmes voulant faire valoir leurs droits peuvent trouver cela difficile lorsque les preuves manquent. En effet de simples agressions verbales ou de gestes ambigus ne peuvent être facilement considérés comme tels si les preuves de l’intention de nuire ne sont pas irréfragables.
Or, on peut se demander pourquoi ce sont les femmes à faire l’objet de ce type de discrimination. Pourquoi est-ce elles le sexe « faible » ? Pourquoi sont-elles obligées à s’occuper du ménage et des enfants, plutôt que les hommes ?
La réponse est évidemment d’ordre sociologique et histoire : depuis toujours les femmes ont un rôle moindre à l’intérieur de la société. Certaines législations tentent de pallier à ce problème. En effet, dernièrement, la France en a fait une priorité : depuis peu, un programme qui vient d’être mis en place permet, d’ores et déjà, aux enfants de l’école primaire de ne plus faire de distinction entre fille et garçons. Le but de ce programme est celui de supprimer peu à peu les stéréotypes présents dans la société. Les garçons portent donc des tabliers roses, les filles jouent avec des minis voitures etc.
On leur apprend à ne pas choisir forcément un métier qui s’adapte à leur sexe : une fille peut être maçonne si elle le souhaite et un garçon ne doit pas avoir honte de vouloir devenir danseur. L’égalité des genres est également abordée au niveau scolaire dans toutes les matières qui le permettent : français, art, histoire, sport, etc.
Ce dispositif n’est que expérimental et il n’est en place que dans quelques écoles, mais cela nous montre que dès le plus jeune âge il est possible de dépasser la disparité entre les sexes, ce qui permet de grandir avec un esprit plus ouvert, libéré des clichés de la société d’aujourd’hui.
Si une telle solution pouvait fonctionner et être facilement adoptée le problème de l’inégalité persistante entre les genres, aujourd’hui, pourrait commencer à être déraciné de la base : plus de conventions, plus de schémas imposés.
Le fait de voir le rapport entre le sexe avec des yeux plus ouverts dès le départ empêcherait peut être un bornage dont ont est souvent victimes. L’égalité des genres est une valeur qui devrait être symptomatique comme celles du droit à la vie et de l’intégrité physique. Mais pour que ce respect devienne instinctif, ne devrions nous pas être plus strictes lorsque il s’agit de le mettre en œuvre ? Les dispositions prises d’en haut ont beau essayer d’être efficaces, mais les différences persistent et on est encore bien loin de faire changer d’avis en masse aux sociétés.
Elizabeth Pastoret