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Le Peuple Valdôtain

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Idées5 Octobre 2016 - 09:53

A propos de l’Assemblée de l’APF en Vallée d’Aoste

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A l’égard des travaux de l’APF à Saint-Vincent, les 27 et 28 septembre derniers, une réflexion toute particulière mérite le sujet abordé par l'Assemblée régionale Europe.

Pendant différentes années les échanges dans le domaine linguistique francophone ont été limités à la dimension culturelle, ou à d’autres domaines y étant étroitement liés.

Si nous réfléchissons quand-même sur le fait que ce véhicule linguistique permettrait de mettre en réseau des acteurs qui pourraient remplir un rôle de « moteur » économique non indifférent, en aidant également d’autres contextes à améliorer leur conditions, voilà pourquoi le moment était bon pour s’interroger sur ces arguments.

C’est bien le sillon tracé par la motion finale, par laquelle les soixante parlementaires de la « Régionale Europe » demandent à l’APF de resserrer des liens avec les organisations internationales à vocation économique.

Afin de donner à ce propos une valeur concrète, ensuite, ils demandent de conclure un accord cadre avec le « Forum Francophone des Affaires », en vue de participer à la création d’un véritable réseau d’affaires.

Intéressante la possibilité de s'adresser à l’Organisation Internationale de la Francophonie, en lui demandant d’examiner les possibilités de concevoir un projet d’Union économique francophone, en tenant compte des exigences des territoires homogènes, ainsi que de promouvoir, en partenariat avec les institutions européennes, un label « entreprise francophone », fondé sur la charte francophone du Forum Francophone des Affaires.

Les scénarios donc pour notre région sont fort intéressants. La Vallée d'Aoste en tant que terre de frontière a toujours communiqué avec les réalités avoisinantes, liens à renforcer toujours plus vues les intéressantes opportunités qui de plus en plus sont en train de ressortir.

Les chiffres - qui ont entre été soulignées par la Chambre Valdôtaine – mettent en évidence un tissu valdôtain composé par des entreprises dont la plupart est de petites dimensions, souvent à gestion familiale.

Des dimensions qui font de la possibilité d’élargir l’horizon au-delà des confins régionaux une importante opportunité de croissance pour les acteurs de notre échiquier économique, tenu compte également que des 670 entreprises étrangères actives sur notre territoire les titulaires proviennent pour une bonne part des pays membres de l’APF.

Pour conclure, donc, cette semaine de l’APF démontre encore une fois, si il y a la nécessité de le rappeler, l'importance culturelle et économique de la francophonie valdôtaine.

Elément qui, en tant qu’administrateurs de cette Région, nous avons le devoir de valoriser toujours plus.

Joël Farcoz

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Rubriques Idées

MARDI 20 septembre 2016

10:56 Faut-il avoir peur de l’ignorance ? Faut-il avoir peur de l’ignorance ? Pendant la nuit, une soi-disant formation politique qui se veut « national-populaire », et prétend « dépassées » les définitions de « droite et gauche », a consacré une pensée à notre Mouvement. Le « message » a été envoyé par une bannière dans la ville d’Aoste et des affiches, aux quatre coins de la Vallée, s’en prenant avec la politique de l’Union Valdôtaine, qu’à dire des auteurs du geste se serait transformée, dès 1982 et au fil des années suivantes, en « Union de l’immigration ». Dans ces cas, il ne vaut jamais de réagir publiquement, car on finit seulement pour amplifier les actions d’un noyau de mythomanes en quête de visibilité (les rédactions de la région, ce matin, ont en fait ponctuellement reçu un communiqué sur cette sacré d’action nocturne). A cette occasion, cependant, on va faire une exception. Toutefois, ce ne sera pas pour rappeler à ces Messieurs que le thème des migrations a été débattu à maintes reprises par notre Mouvement, en soulignant sa nature supranationale et en évoquant, dès le début, la nécessité d’une stratégie européenne à cet égard. Ce ne sera même pas pour raconter au monde que la formation nous accusant d’avoir transformé la Vallée d’Aoste dans un repaire d’immigrés a, dans l’histoire d’un de ses deux fondateurs, l’« émigration » de l’Italie (en Allemagne et, ensuite, en Angleterre, où il est mort) en tant que solution pour échapper aux juges qui auraient aimé le questionner à propos du carnage à la gare de Boulogne, le 2 août 1980, ainsi qu'à l’emprisonnement conséquent à la condamnation pour sa militance dans les « Nuclei Armati Rivoluzionari » pendant les « Anni di piombo » italiens. Rien de tout cela, car on ne considère pas l’Union Valdôtaine être là pour donner des leçons d’histoire, mais pour gouverner une région. Quand-même, la connaissance de l’histoire peut aider à faire de la politique. On s’est écervelés pendant bonne partie de la matinée pour comprendre la signification de ce « 1982 » inscrit sur la bannière affichée à Aoste, dans l’histoire de notre Mouvement. Heureusement, des journalistes ont répondu aux expéditeurs du communiqué en demandant une explication. La réponse ne s’est pas faite attendre : « l’anno di nascita dell’Union ». On comprend bien que les années 80 puissent représenter un pivot temporel dans la vision de ceux qui regrettent le « spontaneismo » de « Avanguardia nazionale », ou de « Terza posizione », ou encore d’« Ordine nuovo », mais on doit leur rappeler que la naissance de l’Union Valdotaine remonte au 13 septembre 1945, suite à la lutte pour libérer l’Italie d’une présence qui, pour ces Messieurs, n’était pas si dérangeante que ça. En réalité, l’année qu’ils ont rappelé, 1982, s’inscrit dans les livres d’histoire, entre autres, pour la guerre des Falklands, l’arrestation de Licio Gelli, ou pour la production du premier compact disc. On comprend également que les auteurs de la bannière puissant avoir eu en tète plutôt, pour la même année, la victoire de la nationale italienne au championnat du monde de foot-ball, la victoire de Riccardo Fogli à Sanremo (« Storie di tutti i giorni… »), ou encore la diffusion, à septembre, du premier épisode du quiz « Il pranzo è servito ». Il doit leur être semblé naturel que, parmi des événements de ce genre, se situe également la naissance de l’U.V.. Hélas, on répète que ce n’est pas ainsi. Morale : l’histoire on peut l’ignorer, mais il ne faut pas prétendre de l’enseigner aux autres. Faut-il avoir peur du retour des néofascismes ? Sans doute oui, mais l’ignorance est pire, car elle est une condition de l’être humain et non pas une vision.

VENDREDI 15 juillet 2016

14:15 Au lendemain de Nice et à propos de terreur Au lendemain de Nice et à propos de terreur J’ai été à Nice au mois de mai dernier. J’y ai été en accompagnant un van d’enfants d’une équipe sportive valdôtaine. La plage a été la "récompense” pour leur engagement et c’est ainsi que je rappelle bien les rues étroites qu’on a sillonné dans la zone voisinant la Promenade des Anglais, où le van avait presque de la peine à circuler, ainsi que la difficulté à le garer enfin. C’est pourquoi, dès les premières images relancées par les journaux télévisés hier soir, je ne cesse de me demander de quelle façon a-t-il été possible, pour un poids lourd, d’arriver - dans l’indifférence de tout organisme de contrôle - dans la zone la plus sensible de la ville (par ailleurs fermée à la circulation), dans le jour le plus délicat de l’année, dans une période à l’alerte haussée suite aux attentats de Paris. Je crois que ces mêmes interrogatifs accablent tous ceux qui ont été à Nice aux moins une fois dans leur vie, mais le but de ces lignes n’est pas ni d’alimenter des arrières-pensées ou des conspirations (on les laisse volontiers à d’autres), ni de remplacer l’enquête judiciaire qui se développera des faits tragiques du 14 juillet 2016 (les organes préposés sont déjà au travail). Le cas est, plutôt, de trouver une lecture globale à la question, parce que les attentats se répètent et cela semble nous manquer. Telle est la sensation, car à chaque occasion (et, malheureusement, elles sont devenues nombreuses entretemps), nous n’arrivons pas à aller au delà des différents #JeSuis…, #Prayfor… ou "Nous sommes tous français”, ou encore aux "avatars” tricolore sur les "social network”, connus à partir des attaques à la rédaction de "Charlie Hebdo”. La solidarité est importante, bien sûr, mais entre un exercice de conscience et une prise de conscience la différence est diamétrale. Le premier s’achève par un "click”, la deuxième n’est pas immédiate à métaboliser et, surtout, n’est pas implicite de la part de tous. Les démocraties de notre continent, les mécanismes qui les gouvernent et les valeurs qui les inspirent sont la conséquence d’un processus de construction collectif qui a démarré des cendres du deuxième après-guerre. Pour nous, il s’agit des meilleures formules visant à assurer une cohabitation civile, ou - pour rester aux termes pratiques - pour faire de façon que "ta liberté se termine ou commence la mienne”. La culture occidentale présente des différences d’un Etat à l’autre, voire d’un peuple à l’autre, mais cette conviction a été, fort probablement, la seule à avoir constamment rempli un caractère vraiment collectif, l’unique à nous rassembler, à nous offrir une certitude. C’est pourquoi, il est encore plus difficile à accepter qu’au monde il existe non seulement quelqu’un qui ne partage pas cette vision, mais qui se pousse jusqu'à la combattre, avec les mêmes instruments et techniques d’une guerre. La guerre qui constitue, pour nous, un chapitre fermé il y à 70 ans, d’où notre peine à lire la situation. Notre condition même d’occidentaux est gênante, elle représente l’"ennemi” à battre. Cela est difficile à accepter également du fait que l’"autre côté” du terrain de la bataille (que, entre autres, nous n’avons pas empruntée, d’où une ultérieure complexité) est invisible. Il faut, en fait, faire attention à ne pas se faire piéger dans l’identification de ce "quelqu’un”. L’Isis est la solution la plus rapide, surtout pour les médias, lorsqu’un terroriste suicide entre en action en Europe, mais la phase historique qu’on est en train de vivre est bien complexe. La dimension économique, la crise, l’anthropologie et, dirais-je, même l’urbanisme (ou mieux la programmation des aires urbaines périphériques) y rentrent beaucoup plus que dans les saisons du terreur que différents Etats (parmi lesquels, sans doute, l’Italie) ont déjà vécu. Tout comme y rentrent des gouvernements occidentaux en débit de consensus, parfois en quête de raisons valides pour recourir aux pouvoirs spéciaux et d’autres fois encore trop peu scrupuleux dans le trafic avec les "Seigneurs de la guerre” d’autres latitudes. C’est la raison pour laquelle il faut dépasser les réponses immédiates, bien que le radicalisme soit une dénomination commune aux incarnations humaines de cet ennemi obscur. Et après avoir pris conscience de tout cela, quoi faire? Comment se conduire après que cet invisible "quelqu’un”, s’opposant à notre vision de la vie, nous a démontré qu’il est à même d’entrer en action, et de semer ses graines de mort, tant dans une métropole, que dans une ville de vacances quelconque; tant un samedi soir, que le jour de la Fête nationale; tant dans un aéroport que sur une plage? Je regarde une des photos que j’ai pris à Nice. Elle est en haut de cet article. Mon fils est avec ses copains, sur la plage en bas de la Promenade où, hier soir, plus de quatre-vingt personnes ont soudainement trouvé les dernières secondes de leurs vies et des centaines ont remporté des blessures qui ne les abandonneront jamais. La fin d’images du genre, des rires des enfants, des sourires des parents représente exactement ce que les trafiquants dans l’obscurité voudraient, en nous obligeant à rester chez nous, en alimentant la culture du soupçon, en arrêtant nos déplacements et, surtout, en nous portant à auto-limiter ces libertés pour lesquelles nos ancêtres ont lutté. Ils ne m’auront pas. Ils ne nous auront pas. Ils ne doivent pas nous avoir. La normalité, non sur les "social", mais dans la vie quotidienne, dans nos choix, est la réponse que nous sommes tous tenus à offrir. Ce qui ne signifie pas faire semblant de rien, mais éviter d’offrir spontanément à ce "quelqu’un” ce qu’il attend depuis longtemps. Christian Diemoz

JEUDI 7 juillet 2016

17:46 « Notre eau publique à cinq ans du référendum » « Notre eau publique à cinq ans du référendum » Les Alpes sont le plus grand réservoir d'eau de l'Europe et alimentent les grands fleuves du continent, comme le Danube, le Rhin, le Rhône et notre Pô. Cette condition particulière de «château d'eau» n'a jamais été sous-estimée par les populations de montagne, loin s’en faut: l'eau a toujours été considérée comme une ressource et la disponibilité réelle en eau a été une valeur à rechercher, préserver et développer. En dépit du fait qu’il s’agit d’une ressource disponible en quantité, nos ancêtres savaient que l'eau potable était un bien rare et précieux, susceptible d’être protégé, car réparti inégalement et exposé à de nombreuses sources de pollution. Du puits à la source, du réseau d’adduction d’eau à la fontaine, un territoire anthropisé ne prospère que s’il peut accéder à une source d'eau douce, en quantité suffisante pour tous les êtres vivants qui l’habitent, hommes ou animaux. Les grands ouvrages du passé, disséminés sur notre territoire, tels que les réseaux monumentaux de nos canaux d'irrigation, sont la preuve que la bonne gestion de l'eau, qui permet un approvisionnement suffisant, a toujours été, dans notre zone rurale, un pilier pour la gestion de «lo bien», la propriété, individuelle et collective, qui appartenait aux familles et aux communautés villageoises. Dans les petits et très petits centres habités, les ressources des propriétaires, la plupart du temps insuffisantes si prises individuellement, devaient être partagées collectivement pour le bien-être de tous. Je pense aux fours, aux moulins, aux pâturages, aux bassins-versants, aux surfaces boisées – parfois appartenant à des particuliers, à des consorteries, ou le plus souvent à des familles anciennement installées – faisant toujours l’objet d’entretien ou de travaux collectifs. Cette attention à la collectivité a toujours été une caractéristique de notre peuple lorsque l'agriculture était l'une des rares, sinon la seule, source de revenu pour les particuliers. L'intérêt pour la gestion de l'eau bien commun est même aujourd’hui un sujet d’une étroite actualité: ces mois-ci tombe le cinquième anniversaire d'un référendum dans lequel les Italiens ont voté « oui » à l'eau comme bien publique à part entière, afin de le mettre à l'écart de toute spéculation économique et de gestion. Plus de 60% des électeurs en Vallée d'Aoste ont participé au référendum, une participation encore plus élevée que le niveau de 54% atteint au niveau national. Par conséquent, je ne partage pas l'opinion de ceux qui disent que les régions sous-estiment l’importance de l’eau. Je crois que cela n’est le fait ni des personnes qui se sont rendues en nombre au référendum, ni des institutions. Car, en premier lieu les administrateurs en reconnaissent l'importance capitale du point de vue naturel, environnemental, culturel et, d'autre part, ils travaillent dans un cadre législatif et réglementaire spécifique qui leur a permis de développer des modèles spécifiques de gestion. Dans les Alpes, il n’y a pas le problème d’une pénurie d’eau, mais la tenue du cycle de l'eau ne se limite pas aux vallées alpines. Nos montagnes fournissent aux plaines les ressources en eau nécessaires à l'irrigation et à la production alimentaire, pour les besoins industriels, énergétiques et domestiques des populations urbaines. Cinq ans après le référendum qui a reconnu l'eau comme une ressource publique, nous ne devons pas réduire notre attention sur cette question, car nous sommes conscients que les intérêts en jeu sont nombreux et que le thème de la rentabilité de la gestion de l'eau est extrêmement délicat. Stefano Rodotà, dans un discours rapporté au cours des dernières semaines dans les pages de «Repubblica», a en effet mis en garde " […] contro l’approvazione di ulteriori norme che sostanzialmente consegnerebbero ai privati la gestione dei servizi idrici. Il punto chiave è appunto rappresentato dalle modalità di gestione, per la quale le nuove norme e il testo unico sui servizi locali fanno diventare quello pubblico un regime eccezionale e addirittura ripristinano il criterio dell’adeguatezza della remunerazione del capitale investito, cancellato dal voto referendario […] ”. Dans nos montagnes eau publique signifie concrètement apporter de l'eau, un bien primaire et non commercial, depuis les lieux les plus reculés jusque dans les foyers et les entreprises. Les responsables de l'administration publique dans nos territoires doivent prendre en charge la protection des ressources en eau et de la qualité des eaux glaciaires, torrentielles et fluviales, en termes de: protection et conservation du paysage torrentiel et fluvial, traitement des eaux superficielles; utilisation rationnelle du potentiel hydroélectrique, méticulosité dans l'utilisation des systèmes d'irrigation automatisés, y compris par un soutien adéquat aux consorteries présentes sur le territoire; protection contre la contamination bactérienne, transport par pipeline étanche, traitement des eaux usées et de drainage; définition d’un tarif adapté sur tout le territoire, lutte contre le gaspillage et les pertes; promotion de l’utilisation de l'eau publique locale, parce qu’elle est bonne et contrôlée, diffusion de l'information, des connaissances et des meilleures pratiques sur la question de l'eau publique, y compris par des campagnes de promotion et de marketing territorial, au profit de la population, avec une attention particulière aux écoles. Dans cette liste, non exhaustive, ne doit pas manquer la volonté de vraiment maintenir l'eau publique. Nous voulons le faire aujourd’hui pour donner suite à la volonté démocratique exprimée lors du référendum de 2011. Nous devons le faire en cohérence avec notre passé, afin de protéger, à long terme les aspects écologiques et préserver l'accès futur à des quantités suffisantes de bonne eau propre pour tous. Jean Barocco Syndic de Quart et membre de la Junte Nationale de « Federbim »  

MERCREDI 29 juin 2016

11:26 Le Parlement européen et la « Brexit » : une voie pour dépasser la crise passe par les Régions Le Parlement européen et la « Brexit » : une voie pour dépasser la crise passe par les Régions Une séance plénière extraordinaire du Parlement européen s’est déroulée hier à Bruxelles, afin de débattre le résultat du référendum sur la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. La réunion restera dans la mémoire télévisée collective pour l’avertissement « c’est la dernière fois que vous applaudissez dans cette salle », lancé par le président de la Commission Jean-Claude Juncker à l’« eurosceptique » anglais Nigel Farage, mais des contributions intéressantes au débat sont arrivées de différents parlementaires. Entre eux, le député Herbert Dorfmann, de la Südtiroler Volkspartei, ayant souligné que la « Brexit » est un « coup au coeur de l’unité européenne » et que « sans une réponse claire et rapide, l’Union risque de se désintégrer, suite à une réaction à chaîne impossible à arrêter ». « Une réaction – a ajouté Dorfmann – qui risque d’arriérer les lancettes de l’histoire et remettre aux citoyens une Europe retournant aux nations, ce qui représenterait un drame ». Afin de contrecarrer ce scénario, l’Europe unie doit arriver à se réformer. La solution n’est pas « davantage d’Europe », mais « une Europe meilleure », à même d’être perçue en tant que valeur ajoutée par ses citoyens. Une « orchestre » où Bruxelles, les États membres et les Régions coordonnent les efforts pour aborder les défis communs qui attendent notre continent. Voilà, les Régions, surtout celles de frontière, qui doivent agir avec dynamisme et faire équipe avec les réalités partageant leurs intérêts et leurs tracas, parce que les solutions arrivant de l’haut ne sont plus suffisantes. Une chance de faire évoluer cette collaboration en termes de qualité, en l’élargissant au territoire des Alpes tout entier, arrive du projet de la macro-région alpine, ayant vu le jour au début de cette année et réunissant quarante-huit régions de sept États différents. Parmi celles-ci compte également la Vallée d’Aoste. Une stratégie d’ensemble que, pour connaître son succès, devra être axée, sans équivoques, sur les zones alpines. Ce n’est pas un hasard si, à ce sujet, le député Dorfmann a prévenu : « si les aires urbaines, des fleuves et maritimes qui participent à l’initiative essayeront de s’emparer du Plan, les prémisses pour la collaboration vont sauter ». Bref, le chemin pour sortir de la crise ayant frappé l’Union européenne est difficile. Suite au débat, le Parlement européen a voté une résolution souhaitant que Londres entame rapidement les procédures formelles pour la sortie de l’Union, mais – au delà de la chronique - nous ne pouvons pas taire que la solution passant par les Régions, en tant qu’antidote au nationalisme et à la dissolution du rêve européen, est celle prônée depuis toujours par notre Mouvement.

LUNDI 27 juin 2016

12:26 « Brexit » : un épilogue vraiment surprenant ? « Brexit » : un épilogue vraiment surprenant ? Une des faiblesses des analystes italiens est représentée par leur inclination, en essayant d’expliquer un phénomène, à s’arrêter en superficie, sans aller au fond de la question et surtout sans en appeler à l’histoire. C’est ainsi que, sur le référendum de la semaine dernière ayant sanctionné la « Brexit », à savoir la volonté du peuple britannique de faire ressortir le Royaume Uni de l’Union Européenne, on a eu droit à différentes lectures. D’après la plus reprise par nos médias, ainsi que par les représentants de notre classe politique, les jeunes générations se seraient exprimées pour le « remain », tandis que les personnes âgées auraient opté pour « leave », dans une sorte d’« hypothèque » du troisième âge sur le futur britannique. Sans rien enlever à cette thèse – bien que le référendum ait connu une affluence de 72.2%, avec 33 millions de voix valides, donc une participation assez haute et pas immédiatement lisible – un examen du passé du Royaume Uni aurait permis de se rendre compte de son rapport tourmenté, depuis toujours, avec l’Europe et ses institutions. On peut commencer par le fait que le UK ne fut pas parmi les signataires du Traité de Rome de 1957, ayant donné le jour à la « Communauté Economique Européenne », à considérer le « prologue » de l’Union Européenne en tant que nous la connaissons de nos jours. Cependant, le Gouvernement de Londres demanda, en 1963 et en 1967, d’adhérer à cette organisation. Chacune des deux tentatives reçut le veto du président français, Charles de Gaulle, pour lequel « différents aspects de l’économie britannique, du travail à l’agriculture, la rendent incompatible avec l’Europe ». L’obstacle fut dépassé en 1973, après que le Général laissa la Présidence de la République. A cette époque, la résidence au 10 de Downing Street était occupée par le conservateur Edward Heath. Le leader de l’opposition « Labour » était Harold Wilson, qui engagea la campagne pour les élections nationales de 1974 avec les promesses d’une renégociation de l’adhésion UK à la CEE et d’un référendum sur la permanence à son intérieur. Celui-ci, qui a rarement été évoqué par les médias italiens, eut lieu le 5 juin 1975. L’approche aux votations fut marquée par des tensions croissantes parmi les membres du cabinet des Ministres, qui poursuivaient des orientations fort différentes entre elles. Le premier Wilson eut même à suspendre la convention constitutionnelle de la « collégialité » de l'Exécutif, afin de permettre à ses composants de prendre le côté qu’ils préféraient et participer à la campagne. Enfin, affluence de 64.5% et victoire du « oui » (donc, rester dans l’Espace commun) pour 67.2%, contre le 32.8% du « non ». Malgré ce résultat tout à fait clair, le « ver du bois » anti-européen a continué son excavation dans le tissu socio-politique du Royaume. C’est ainsi que le « Labour party », duquel on s’attendrait une attitude ouverte à un futur à l’enseigne du drapeau européen, lança la campagne électorale de 1983 en prônant, en tant que thème principal, l’abandon de la CEE. Un propos que les progressistes payèrent cher : les élections furent remportées par les Conservateurs et Margaret Tatcher confirmée en tant que premier ministre. Le 1er novembre 1993, l’accord entre les États de la CEE fut élargi à la dimension politique, suite au traité de Maastricht, en devenant Union Européenne. Voilà qu’en 1994, Sir James Goldsmith mit sur pied le « Referendum party », pour obtenir – au cas de réussite aux élections de 1997 – une consultation populaire sur la présence du Royaume dans les institutions communautaires. Cette formation connut un succès qu’on peut définir remarquable : 810.860 voix, à savoir 2.6%, mais tout à fait éparpillés dans les circonscriptions électorales, donc aucun parlementaire ne fut obtenu. A cette même période, le début des années 1990, remonte également la naissance du « United Kingdom Independence Party », le mouvement « eurosceptique » par définition qu’aujourd’hui est dirigé par Nigel Farage. Aux élections européennes de 2004, ce parti se classa troisième dans le Royaume, pour devenir le deuxième en 2009 et le premier, enfin, en 2014. C’était la première fois dans le UK, depuis 1910, qu’un membre d’un parti différent de « Labour » ou « Tory » résultait élu lors d'une consultation à l’échelon national. Le reste - de la tentative du premier ministre David Cameron de bloquer le référendum en 2012, jusqu’au résultats du 24 juin dernier - est à classer en tant qu'histoire récente, donc on ne va pas la retracer, mais la matière disponible est déjà suffisante pour s’interroger. Est-ce-que la « Brexit » doit vraiment nous surprendre, ou plutôt on pouvait imaginer que la balance, dans l’opinion publique anglaise, se serait déplacée (même de façon spontanée, imaginez-vous si « aidée » par les agitateurs du populisme) en faveur de l’abandon ? Jusqu’en 2007, le traité de l’Union européenne ne prévoyait pas la possibilité, pour un État membre, d’abandonner l’Union. Elle fut insérée en amendant le traité de Maastricht, à Lisbone. Et si, en changeant de l’histoire aux maths, 2+2 fait toujours 4… Christian Diemoz

MERCREDI 12 novembre 2014

10:44 Les « francs-tireurs » et la fragilité de la démocratie Les « francs-tireurs » et la fragilité de la démocratie Le rôle que les « francs-tireurs » ont joué récemment tant au Parlement italien (dans l’élection de deux juges constitutionnels et deux membres du Conseil supérieur de la Magistrature), qu’au Conseil de la Vallée (dans l’approbation de motions saugrenues), a mis l’accent sur un phénomène que l’éditorialiste de « La Stampa » Luigi La Spina a défini à juste titre « la patologia del voto segreto », soutenant qu’il s’agit de « la trasformazione del voto segreto da usbergo prezioso della libertà di coscienza del parlamentare a strumento surrettizio di lotta politica », dans un contexte institutionnel où l’alibi des francs-tireurs consisterait à se soustraire à une discipline de parti excessivement contraignante. La Spina a cependant raison de soutenir que « la vera libertà di coscienza (…) non ha difficoltà a esprimersi pubblicamente. (…) Il segreto che ammanta una scelta in contrasto con l’indirizzo espresso da un partito con il quale si è stati eletti (…) non è "libertà di coscienza”, ma di "falsa coscienza” ». Si le vote secret a une raison d’être dans des cas très spécifiques, impliquant des situations personnelles ou des passages politiques délicats, il ne faut pas oublier qu’il contraste gravement avec un devoir fondamental de l’élu, à savoir celui de rendre compte de son activité à ses propres électeurs, qui ont le droit de savoir ce qu’il fait dans le rôle qu’il remplit grâce à leur vote. L’abus du vote secret n’est perçu que comme l’une des manifestations de l’arrogance d’une « caste » qui estime ne devoir rendre compte à personne de sa conduite, et son utilisation désinvolte ne fait qu’accroître la méfiance et la mésestime des gens vis-à-vis d’une classe politique discréditée. L’opinion peu reluisante que les citoyens ont de leurs élus correspond d’ailleurs à une perte de crédibilité des assemblées représentatives, dans un Pays comme l’Italie, où l’abrogation du système des préférences a amené à un Parlement de personnages « nommés » par les secrétariats des partis en non choisis par les électeurs - et c’est là l’une des raisons de l’augmentation alarmante du pourcentage des citoyens qui désertent les urnes. A la suite de l’unification européenne, le pouvoir législatif des Parlements nationaux s’est d’ailleurs sensiblement réduit. Nous en avons la preuve ces jours-ci : la votation du budget de l’État, qui est historiquement le fondement de la démocratie représentative telle qu’elle s’est développée à partir de l’Angleterre depuis le XIIIe siècle, est désormais réduite à la ratification formelle d’une « loi de stabilité » élaborée par un organe exécutif (le gouvernement) sous le contrôle contraignant du Président de la République et soumise à l’agrément (sous peine de lourdes sanctions) de quelques technocrates de Bruxelles, qui n’ont aucune légitimation démocratique, mais qui sont les véritables maîtres du jeu. Quant aux autres lois, le cadre ne diffère pas pour grand-chose, les rôles constitutionnels ayant été dépassés par une pratique législative plutôt désinvolte : le gouvernement agit le plus souvent au moyen de décrets soumis à l’approbation préalable du Chef de l’État, avant d’être ratifiés par un Parlement fréquemment conditionné par l’épée de Damoclès du vote de confiance. Le profond changement dans les mécanismes de la représentativité, que nous venons d’évoquer, pose le problème de la tenue du système démocratique en tant que tel, face à la concentration du pouvoir dans les organes administratifs et les centres de pouvoir extra-institutionnels qui pèsent lourd dans les bureaux de l’Union Européenne. Malheureusement, la démocratie n’est pas seulement, comme le disent les humoristes, le pire des systèmes politiques, à l’exception de tous les autres : c’est aussi le plus fragile. Joseph Rivolin

JEUDI 18 septembre 2014

15:43 Renouveler la politique. Quelques réflexions sur la situation actuelle et sur les perspectives d’avenir Renouveler la politique. Quelques réflexions sur la situation actuelle et sur les perspectives d’avenir Nous reproduisons ci-après un article M. César Dujany paru en 2000 dans la revue Table Ronde, dans lequel le sénateur mettait en lumière les aspects problématiques de l’évolution que la politique a subie en Italie depuis le début des années 1990. Il nous semble que ce texte conserve son actualité et qu’il se prête à stimuler des réflexions sur la situation actuelle et sur les perspectives d’avenir de la politique valdôtaine aussi. M. Dujany met en évidence plusieurs facteurs de crise de la vie publique : la perte de crédibilité de la classe dirigeante ; une production législative et une bureaucratie surabondantes et inefficaces ; l’éloignement des institutions par rapport à la réalité quotidienne des citoyens ; le désengagement amenant à l’abstention des électeurs, qui a comme conséquence le déficit de légitimité des élus. Pour ce qui est de la Vallée d’Aoste, les conséquences de ces phénomènes sont d’autant plus graves, que les dimensions démographiques de la région favorisent la personnalisation des phénomènes politiques et emphatisent le poids des petits nombres, sollicitant les distinguos et les divisions. Il en résulte l’empoisonnement d’un climat communautaire qui, dans d’autres domaines sociaux que la politique, exprime tout son potentiel positif : qu’on songe au rôle fondamental que l’engagement bénévole de plusieurs milliers de Valdôtains joue dans les activités les plus diverses - bienfaisance, services sociaux, sport, tourisme, culture… On doit donc se poser sérieusement le problème de traduire cette positivité sur le plan politique aussi, en stimulant chez chaque citoyen l’esprit de collaboration à la poursuite du bien commun, que nombre d’administrateurs et de conseillers valdôtains, par ailleurs, démontrent déjà de déployer dans leur engagement quotidien au sein des petites Communes. L’effet dévastateur du décollement entra les citoyens et les institutions – mentalité que certains politicards sollicitent, cultivent et entretiennent de manière irresponsable, sans se rendre compte de l’effet boomerang que leur attitude provoque – est amplifié dans une réalité comme la nôtre, où l’autonomie joue un rôle vital : et qui dit autonomie dit droit-devoir de participer à la vie sociale et prise en compte de responsabilités. D’où la nécessité qu’on prenne conscience que l’autonomie n’est pas un don gratuit octroyé une fois pour toutes, mais la reconquête quotidienne d’un patrimoine commun chèrement payé, qui nécessite l’engagement d’un chacun. Un patrimoine qui – ne l’oublions pas – se fonde essentiellement sur le particularisme historique, linguistique et culturel de notre peuple. J.R. Renouveler la politique César Dujany L’image que la politique a aujourd’hui dans notre société a besoin d’être réhabilitée.Elle tend à se dégrader : la criminalité, la délinquance, la violence, la peur de l’avenir, la menace pour la paix intérieure et extérieure s’accroissent, le lien social s’affaiblit ; les responsables sont souvent incapables d’opérer des réformes profondes, d’anticiper le futur ; les décisions sont prises pour le court terme ou dans une perspective électorale. Beaucoup se plaignent de l’abondance de lois et de règles, mais, prisonniers de l’instant ou de l’émotion demandent aux institutions de les rassurer, de leur donner des résultats immédiats.La gestion des affaires des institutions est toujours plus difficile à cause des problèmes toujours plus complexes, de la rapidité des changements techniques, de la logique impitoyable des marchés. Le fossé s’élargit entre l’offre des institutions et la demande des citoyens ; les centres de décision paraissent s’éloigner dans l’anonymat, se remettant souvent aux experts, à la bureaucratie et cédant à la pression des lobbyes. De là une participation électorale irrégulière, un absentéisme croissant.Pourtant la politique est essentielle pour réaliser « le vivre ensemble » de personnes et de groupes qui, sans elle resteraient étrangers les uns aux autres, pour poursuivre le bien commun, pour prendre en compte l’intérêt des générations actuelles et celui des générations futures, pour concevoir l’activité politique au service de la promotion de l’homme et non comme moyen de satisfaire l’ambition personnelle, ou ses propres intérêts.Depuis plusieurs années, en Europe, la démocratie et le régionalisme ne sont plus contestés. Cependant ils semblent frappés de vieillissement et d’anémie et révèlent des limites et des fragilités qui résident dans cette invasion de l’individualisme extrême, du chacun pour soi. Trop de citoyens deviennent des consommateurs, des clients, avoir sans être, en donnant toujours moins de devoirs partagés. C’est que démocratie et autonomie ne sont pas des acquis définitifs, mais les résultats des combats que chaque génération doit se prendre et poursuivre à son compte.La démocratie et l’autonomie ont besoin d’une éthique qui repose sur un système de valeurs : la liberté, la justice, le respect de la personne, la capacité de privilégier le débat plutôt que le combat, de développer le dialogue en faisant prévaloir la raison sur la passion, de faire précéder la réflexion, l’information, l’analyse, la participation des citoyens aux décisions, aux choix. Mais la politique ne peut se limiter aux problèmes locaux, régionaux, nationaux. L’Europe se construit appelant de nouveaux défis à relever.Les frontières ont cessé de fait de séparer les hommes. Elle a créé une monnaie unique, elle comprend de 14 à 15 pays du centre et de l’Est. Elle doit se libérer des visions trop nationales, réévaluer la vocation des régions, garantir les intérêts des minorités, redéfinir la compétence des Etats, équilibrer les pouvoirs. Elle incite à rechercher un bien commun plus vaste que celui des Etats-nationaux… Mais à elles seules les institutions ne feront pas l’Europe. Ce sont les hommes qui la construiront. Malgré ses lourdeurs et lenteurs elle manifeste que la politique ne peut se réduire à l’économie, mais elle doit avoir une dimension culturelle, humaine et spirituelle.Elle doit surmonter la distance entre ses institutions et les opinions publiques, susciter la participation active de tous les citoyens et surtout des jeunes.La société a besoin d’une orientation éthique et politique qui tend à subordonner l’économie à la politique. Celle-ci doit retrouver tous ses droits de sorte que chaque être humain se sente citoyen, que toute culture, même les particulières, soit le fruit et la semence d’un cheminement propre, qui se nourrit du dialogue avec d’autres cultures, pour y greffer des innovations bénéfiques. Et l’Autonomie peut exercer un rôle pour que chaque homme, chaque femme et tous ensemble puissent devenir des acteurs de leur propre cheminement et les bâtisseurs d’un monde plus libre et plus humain. Et pourquoi pas chercher de reconstituer des espaces de rencontre, de partage, de confrontation entre personnes diversement engagées dans la politique ?Valorisons l’engagement politique. Les abus ne doivent pas cacher les personnes qui se dépensent pour le bien commun et qui conçoivent leur activité comme un service et non comme un moyen de satisfaire leurs intérêts personnels. La démocratie représentative a besoin d’être renouvelée par une responsabilisation et participation des niveaux de décision.

LUNDI 28 juillet 2014

16:11 La crise de l’Europe des États-nations La crise de l’Europe des États-nations Les résultats des élections européennes représentent le symptôme le plus évident d’un manque de confiance vis-à-vis des institutions de l’Union et, en même temps, la démonstration d’une crise de crédibilité des partis politiques traditionnels, qui se sont portés garants, jusqu’à présent, de la légitimité de ces mêmes institutions. La victoire électorale, en France, du Front National de Mme Le Pen est le phénomène le plus voyant de cette attitude doublement négative des électeurs. Pour en venir à l’Italie, le résultat électoral a servi, en quelque sorte, à légitimer après coup la nomination de M. Renzi, qui n’avait eu aucune investiture populaire, à la charge de Président du Conseil des Ministres. La nécessité politique d’emphatiser le bon exploit du Parti Démocratique a mis en ombre, cependant, la faible participation de la population à cette consultation électorale (58,6%), qui réduit le score du PD de 40,8% à un pourcentage de 23,9% des électeurs. La donnée réelle voit donc une abstention de plus de 40% et un succès certain des forces politiques « eurosceptiques » comme la Lega Nord, le Movimento 5 Stelle et Fratelli d’Italia (qui, ensemble, ont rassemblé 18,6% des suffrages du corps électoral), ce qui donne la preuve d’une attitude de désengagement, voire d’hostilité, vis-à-vis de l’Union Européenne, de la part de 59% des électeurs italiens. Dans ces conditions, il est légitime de se poser la question des causes d’un tel désenchantement de la part des habitants de l’un des Pays fondateurs de l’Europe soi-disant unie. Comme dans d’autres Pays, la perception négative de l’U. E. vient sans doute du déficit de démocratie qui caractérise la législation européenne, qui gère désormais tous les aspects de la vie socio-économique des citoyens : formellement approuvé par le Parlement, qui est censé représenter les peuples de l’Union, l’apparat de normes et directives provenant de Strasbourg et de Bruxelles est en fait le résultat de lignes génériques dictées par la Commission (formée par les ministres des États-membres) et détaillées par des bureaucrates dont on se demande, d’une part, s’ils connaissent la réalité qu’ils prétendent réglementer, et d’autre part quels sont leurs rapports avec les puissantes lobbies économiques qui agissent au niveau international. Ajoutons à cela le fait, qui devient de plus en plus évident, que l’économie réelle est désormais surclassée par le capitalisme financier, dont les intérêts prévalent sur les pouvoirs politiques et dirigent, en fait, la société vers un décalage de plus en plus sensible entre les Pays riches et les autres. Les récentes révélations au sujet de la manière dont le gouvernement italien présidé par M. Berlusconi a été poussé aux démissions en disent long sur ce point. Dans ce panorama plutôt démotivant pour n’importe quel citoyen croyant sincèrement dans la démocratie représentative, il y a au moins un élément qui pourrait ouvrir des perspectives d’avenir encourageantes : la crise du niveau de gouvernement stato-national, héritage de l’assiette politique du XIXe siècle, qui incarne l’idéologie nationaliste et qui s’est fait souvent, dans le passé, l’instrument belliqueux des aberrations de celle-ci. Si cette tendance à l’effacement de l’Étatnation se confirme, la réaction « eurosceptique » actuelle, dans la mesure où elle répond à une revendication démocratique, pourrait évoluer positivement dans le sens d’une récupération des identités particulières des différents peuples, en dehors des cadres étatiques artificiels imposés par l’histoire-bataille au cours des siècles. L’idée fédéraliste, prônée depuis toujours par l’Union Valdôtaine, constitue l’instrument conceptuel le plus apte à saisir les opportunités qu’offre une situation de ce genre, à condition de transformer les pulsions négatives qui se sont concrétisées dans le vote aux partis chauvinistes et antisystème en un projet constructif, à même d’affronter les défis du troisième millénaire : en premier lieu la vague d’immigration qui déferle actuellement sur notre continent, avec des dimensions comparables à la migration des peuples qui marqua la fin de l’Empire romain. Joseph Rivolin

Vie de l'Union18 Février 2017 - 19:57

Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le document approuvé par le Congrès national de Pont-Saint-Martin Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réuni à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017, pour développer les thèmes ayant trait à la devise « responsabilité et développement » : Rappelle que tout au long de ces années l’Union Valdôtaine s’est engagée pour servir les intérêts culturels, politiques, sociaux et économiques du Peuple Valdôtain comme cela est prévu par ses Statuts et par sa vocation de Mouvement Autonomiste et Fédéraliste et que l’Union Valdôtaine s’est engagée, tout au long de la législature, pour essayer de créer des collaborations et des alliances afin d’assurer la gouvernabilité. Constate que dans l’actuel débat politique se sont considérablement affaiblies les références à l’Autonomie et aux thèmes qui la caractérisent tels que la subsidiarité, la responsabilité, l’autogouvernement, la défense des prérogatives, des langues et de la culture du Pays d’Aoste. Souligne l’actuel état de fragmentation politique, conséquente à une loi électorale qui a produit une instabilité persistante et des ralentissements graves et nuisibles de l’action administrative. Prend acte des difficultés découlant des actuels clivages à l’intérieur de la majorité au Conseil de la Vallée. Estime nécessaire l’assomption de responsabilité de la politique pour donner des réponses adéquates aux besoins des Valdôtaines et des Valdôtains, par des actions incisives, sur la base des engagements pris. Invite les organes du Mouvement à conduire, avec chacune des forces politiques alliées, les approfondissements nécessaires pour l’achèvement de l’actuel programme de majorité. Rappelle que les dernières années ont été caractérisées par une grave réduction de ressources financières, entrainant de lourdes conséquences sur l’économie et imposant des changements draconiens au modèle de développement de la Vallée d’Aoste. Souligne qu’aux effets de la crise mondiale se sont ajoutées de fortes contraintes économiques suite aux réductions des disponibilités financières de la part de l’Etat, soit par le non respect des accords préexistants, soit par l’application du pacte de stabilité et soit encore pour l’obligation de la Vallée d’Aoste à contribuer avec de sommes très importantes à l’assainissement des finances publiques de l’Etat italien. Observe que , malgré toutes ces difficultés, le Gouvernement Valdôtain et les élus Unionistes ont eu la force, le courage et le sens de responsabilité d’assumer les mesures utiles pour dépasser les difficultés du moment malgré les critiques et les agressions farouches et les tentatives de discréditation qui leur ont été adressées. Met en évidence que les conséquences de cet état de choses ont aussi touché les Collectivités Locales, imposant aux différentes municipalités des contraintes et des sacrifices. Souligne le travail et l’engagement des élus et des administrateurs Unionistes qui sont présents dans un très grand nombre de Communes, à l’intérieur desquelles ils ont su gérer, de manière responsable, ces moments de difficulté en assurant la gouvernabilité et la stabilité. Le Congrès de l’Union Valdôtaine, Mouvement qui se rattache aux principes du Fédéralisme Considère le respect du principe de la subsidiarité, l’instrument le plus adéquat pour permettre au Collectivité Locales de soutenir et développer un système social, économique et culturel inclusif et performant. Rappelle à cet effet qu’après les périodes de grande difficulté, à partir du budget 2017, récemment approuvé, il y a eu une inversion avec des perspectives positives pour la Communauté Valdôtaine. Souligne que sous l’impulsion de l’Union Valdôtaine ont été fait tous les efforts pour assurer aux Collectivités Locales des ressources supplémentaires par rapport aux prévisions fixées par les paramètres habituels. Face à la radicalisation du débat politique qui dérape parfois dans des agressions et dans des tentatives de discréditation des élus de l’UV Souhaite que l’importance de la confrontation politique ne soit pas caractérisée per un climat de conflictualité qui amoindri et paralyse le rôle du Conseil de la Vallée. Prend acte défavorablement des partages et des défections qui se sont produites de la part d’élus qui se sont soustrait aux engagements qu’ils avaient pris avec le Mouvement dans son entier. Considère qu’à chaque élu dans les rangs de l’Union Valdôtaine reviennent le droit et le devoir d’exprimer ses idées, à chaque moment, dans tout débat, sans avoir des limités à sa liberté, mais dans le respect de la responsabilité éthique de tenir sa parole envers le Mouvement qui l’a choisi et soutenu. Demande au Mouvement et à ses organes de se pencher sur la nécessité de procéder à une analyse approfondie du système de recrutement de sa future classe dirigeante et de ses militants faisant davantage référence aux principes de l’Union Valdôtaine, tels qu’ils sont inscrits dans ses Statuts. Considère que c’est à partir du sens de responsabilité et de fiabilité des femmes et des hommes engagés sur le territoire, des militants dans les Sections et dans les Collectivités Locales, à tout niveau, qu’il faut s’appuyer pour chercher les compétences d’une classe dirigeante pouvant se mettre au service du Mouvement et de la Vallée d’Aoste. Suite à la sentence du Tribunal de Turin, le Congrès de l’Union Valdôtaine Exprime sa satisfaction pour la pleine absolution de ses hommes qui a démontré leur totale extranéité aux faits en question. Relève les difficultés à faire circuler les informations pouvant permettre aux citoyens de connaitre davantage l’activité du Mouvement et des ses élus, à tout niveau. Invite le Président du Mouvement, le Comité Fédéral, le Conseil Fédéral, les Président des Sections et les élus, à différents niveaux, à s’organiser pour créer un réseau d’information et de communication efficace et fonctionnel. Ayant examiné la situation politique le Congrès de l’Union Valdôtaine, Réaffirme la volonté du Mouvement de travailler, au sein de l’actuelle majorité, à la réalisation de son programme. Demande au Président du Mouvement, au Comité Fédéral, au Conseil Fédéral, en sus de la Conférence des Administrateurs, de prévoir des réunions périodiques, avec les Syndics et les représentants de l’Union Valdôtaine dans les Collectivités Locales. Fait à Pont-Saint-Martin, le 18 février 2017

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Idées5 Octobre 2016 - 09:53

A propos de l’Assemblée de l’APF en Vallée d’Aoste

A l’égard des travaux de l’APF à Saint-Vincent, les 27 et 28 septembre derniers, une réflexion toute particulière mérite le sujet abordé par l'Assemblée régionale Europe.

Pendant différentes années les échanges dans le domaine linguistique francophone ont été limités à la dimension culturelle, ou à d’autres domaines y étant étroitement liés.

Si nous réfléchissons quand-même sur le fait que ce véhicule linguistique permettrait de mettre en réseau des acteurs qui pourraient remplir un rôle de « moteur » économique non indifférent, en aidant également d’autres contextes à améliorer leur conditions, voilà pourquoi le moment était bon pour s’interroger sur ces arguments.

C’est bien le sillon tracé par la motion finale, par laquelle les soixante parlementaires de la « Régionale Europe » demandent à l’APF de resserrer des liens avec les organisations internationales à vocation économique.

Afin de donner à ce propos une valeur concrète, ensuite, ils demandent de conclure un accord cadre avec le « Forum Francophone des Affaires », en vue de participer à la création d’un véritable réseau d’affaires.

Intéressante la possibilité de s'adresser à l’Organisation Internationale de la Francophonie, en lui demandant d’examiner les possibilités de concevoir un projet d’Union économique francophone, en tenant compte des exigences des territoires homogènes, ainsi que de promouvoir, en partenariat avec les institutions européennes, un label « entreprise francophone », fondé sur la charte francophone du Forum Francophone des Affaires.

Les scénarios donc pour notre région sont fort intéressants. La Vallée d'Aoste en tant que terre de frontière a toujours communiqué avec les réalités avoisinantes, liens à renforcer toujours plus vues les intéressantes opportunités qui de plus en plus sont en train de ressortir.

Les chiffres - qui ont entre été soulignées par la Chambre Valdôtaine – mettent en évidence un tissu valdôtain composé par des entreprises dont la plupart est de petites dimensions, souvent à gestion familiale.

Des dimensions qui font de la possibilité d’élargir l’horizon au-delà des confins régionaux une importante opportunité de croissance pour les acteurs de notre échiquier économique, tenu compte également que des 670 entreprises étrangères actives sur notre territoire les titulaires proviennent pour une bonne part des pays membres de l’APF.

Pour conclure, donc, cette semaine de l’APF démontre encore une fois, si il y a la nécessité de le rappeler, l'importance culturelle et économique de la francophonie valdôtaine.

Elément qui, en tant qu’administrateurs de cette Région, nous avons le devoir de valoriser toujours plus.

Joël Farcoz