Rédaction

Le Peuple Valdôtain

Mise à jour 30 mar 2017 - 17:14

Union Valdôtaine, le mouvement en ligne

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Idées5 Octobre 2016 - 09:53

A propos de l’Assemblée de l’APF en Vallée d’Aoste

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A l’égard des travaux de l’APF à Saint-Vincent, les 27 et 28 septembre derniers, une réflexion toute particulière mérite le sujet abordé par l'Assemblée régionale Europe.

Pendant différentes années les échanges dans le domaine linguistique francophone ont été limités à la dimension culturelle, ou à d’autres domaines y étant étroitement liés.

Si nous réfléchissons quand-même sur le fait que ce véhicule linguistique permettrait de mettre en réseau des acteurs qui pourraient remplir un rôle de « moteur » économique non indifférent, en aidant également d’autres contextes à améliorer leur conditions, voilà pourquoi le moment était bon pour s’interroger sur ces arguments.

C’est bien le sillon tracé par la motion finale, par laquelle les soixante parlementaires de la « Régionale Europe » demandent à l’APF de resserrer des liens avec les organisations internationales à vocation économique.

Afin de donner à ce propos une valeur concrète, ensuite, ils demandent de conclure un accord cadre avec le « Forum Francophone des Affaires », en vue de participer à la création d’un véritable réseau d’affaires.

Intéressante la possibilité de s'adresser à l’Organisation Internationale de la Francophonie, en lui demandant d’examiner les possibilités de concevoir un projet d’Union économique francophone, en tenant compte des exigences des territoires homogènes, ainsi que de promouvoir, en partenariat avec les institutions européennes, un label « entreprise francophone », fondé sur la charte francophone du Forum Francophone des Affaires.

Les scénarios donc pour notre région sont fort intéressants. La Vallée d'Aoste en tant que terre de frontière a toujours communiqué avec les réalités avoisinantes, liens à renforcer toujours plus vues les intéressantes opportunités qui de plus en plus sont en train de ressortir.

Les chiffres - qui ont entre été soulignées par la Chambre Valdôtaine – mettent en évidence un tissu valdôtain composé par des entreprises dont la plupart est de petites dimensions, souvent à gestion familiale.

Des dimensions qui font de la possibilité d’élargir l’horizon au-delà des confins régionaux une importante opportunité de croissance pour les acteurs de notre échiquier économique, tenu compte également que des 670 entreprises étrangères actives sur notre territoire les titulaires proviennent pour une bonne part des pays membres de l’APF.

Pour conclure, donc, cette semaine de l’APF démontre encore une fois, si il y a la nécessité de le rappeler, l'importance culturelle et économique de la francophonie valdôtaine.

Elément qui, en tant qu’administrateurs de cette Région, nous avons le devoir de valoriser toujours plus.

Joël Farcoz

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Rubriques Idées

MARDI 20 septembre 2016

10:56 Faut-il avoir peur de l’ignorance ? Faut-il avoir peur de l’ignorance ? Pendant la nuit, une soi-disant formation politique qui se veut « national-populaire », et prétend « dépassées » les définitions de « droite et gauche », a consacré une pensée à notre Mouvement. Le « message » a été envoyé par une bannière dans la ville d’Aoste et des affiches, aux quatre coins de la Vallée, s’en prenant avec la politique de l’Union Valdôtaine, qu’à dire des auteurs du geste se serait transformée, dès 1982 et au fil des années suivantes, en « Union de l’immigration ». Dans ces cas, il ne vaut jamais de réagir publiquement, car on finit seulement pour amplifier les actions d’un noyau de mythomanes en quête de visibilité (les rédactions de la région, ce matin, ont en fait ponctuellement reçu un communiqué sur cette sacré d’action nocturne). A cette occasion, cependant, on va faire une exception. Toutefois, ce ne sera pas pour rappeler à ces Messieurs que le thème des migrations a été débattu à maintes reprises par notre Mouvement, en soulignant sa nature supranationale et en évoquant, dès le début, la nécessité d’une stratégie européenne à cet égard. Ce ne sera même pas pour raconter au monde que la formation nous accusant d’avoir transformé la Vallée d’Aoste dans un repaire d’immigrés a, dans l’histoire d’un de ses deux fondateurs, l’« émigration » de l’Italie (en Allemagne et, ensuite, en Angleterre, où il est mort) en tant que solution pour échapper aux juges qui auraient aimé le questionner à propos du carnage à la gare de Boulogne, le 2 août 1980, ainsi qu'à l’emprisonnement conséquent à la condamnation pour sa militance dans les « Nuclei Armati Rivoluzionari » pendant les « Anni di piombo » italiens. Rien de tout cela, car on ne considère pas l’Union Valdôtaine être là pour donner des leçons d’histoire, mais pour gouverner une région. Quand-même, la connaissance de l’histoire peut aider à faire de la politique. On s’est écervelés pendant bonne partie de la matinée pour comprendre la signification de ce « 1982 » inscrit sur la bannière affichée à Aoste, dans l’histoire de notre Mouvement. Heureusement, des journalistes ont répondu aux expéditeurs du communiqué en demandant une explication. La réponse ne s’est pas faite attendre : « l’anno di nascita dell’Union ». On comprend bien que les années 80 puissent représenter un pivot temporel dans la vision de ceux qui regrettent le « spontaneismo » de « Avanguardia nazionale », ou de « Terza posizione », ou encore d’« Ordine nuovo », mais on doit leur rappeler que la naissance de l’Union Valdotaine remonte au 13 septembre 1945, suite à la lutte pour libérer l’Italie d’une présence qui, pour ces Messieurs, n’était pas si dérangeante que ça. En réalité, l’année qu’ils ont rappelé, 1982, s’inscrit dans les livres d’histoire, entre autres, pour la guerre des Falklands, l’arrestation de Licio Gelli, ou pour la production du premier compact disc. On comprend également que les auteurs de la bannière puissant avoir eu en tète plutôt, pour la même année, la victoire de la nationale italienne au championnat du monde de foot-ball, la victoire de Riccardo Fogli à Sanremo (« Storie di tutti i giorni… »), ou encore la diffusion, à septembre, du premier épisode du quiz « Il pranzo è servito ». Il doit leur être semblé naturel que, parmi des événements de ce genre, se situe également la naissance de l’U.V.. Hélas, on répète que ce n’est pas ainsi. Morale : l’histoire on peut l’ignorer, mais il ne faut pas prétendre de l’enseigner aux autres. Faut-il avoir peur du retour des néofascismes ? Sans doute oui, mais l’ignorance est pire, car elle est une condition de l’être humain et non pas une vision.

VENDREDI 15 juillet 2016

14:15 Au lendemain de Nice et à propos de terreur Au lendemain de Nice et à propos de terreur J’ai été à Nice au mois de mai dernier. J’y ai été en accompagnant un van d’enfants d’une équipe sportive valdôtaine. La plage a été la "récompense” pour leur engagement et c’est ainsi que je rappelle bien les rues étroites qu’on a sillonné dans la zone voisinant la Promenade des Anglais, où le van avait presque de la peine à circuler, ainsi que la difficulté à le garer enfin. C’est pourquoi, dès les premières images relancées par les journaux télévisés hier soir, je ne cesse de me demander de quelle façon a-t-il été possible, pour un poids lourd, d’arriver - dans l’indifférence de tout organisme de contrôle - dans la zone la plus sensible de la ville (par ailleurs fermée à la circulation), dans le jour le plus délicat de l’année, dans une période à l’alerte haussée suite aux attentats de Paris. Je crois que ces mêmes interrogatifs accablent tous ceux qui ont été à Nice aux moins une fois dans leur vie, mais le but de ces lignes n’est pas ni d’alimenter des arrières-pensées ou des conspirations (on les laisse volontiers à d’autres), ni de remplacer l’enquête judiciaire qui se développera des faits tragiques du 14 juillet 2016 (les organes préposés sont déjà au travail). Le cas est, plutôt, de trouver une lecture globale à la question, parce que les attentats se répètent et cela semble nous manquer. Telle est la sensation, car à chaque occasion (et, malheureusement, elles sont devenues nombreuses entretemps), nous n’arrivons pas à aller au delà des différents #JeSuis…, #Prayfor… ou "Nous sommes tous français”, ou encore aux "avatars” tricolore sur les "social network”, connus à partir des attaques à la rédaction de "Charlie Hebdo”. La solidarité est importante, bien sûr, mais entre un exercice de conscience et une prise de conscience la différence est diamétrale. Le premier s’achève par un "click”, la deuxième n’est pas immédiate à métaboliser et, surtout, n’est pas implicite de la part de tous. Les démocraties de notre continent, les mécanismes qui les gouvernent et les valeurs qui les inspirent sont la conséquence d’un processus de construction collectif qui a démarré des cendres du deuxième après-guerre. Pour nous, il s’agit des meilleures formules visant à assurer une cohabitation civile, ou - pour rester aux termes pratiques - pour faire de façon que "ta liberté se termine ou commence la mienne”. La culture occidentale présente des différences d’un Etat à l’autre, voire d’un peuple à l’autre, mais cette conviction a été, fort probablement, la seule à avoir constamment rempli un caractère vraiment collectif, l’unique à nous rassembler, à nous offrir une certitude. C’est pourquoi, il est encore plus difficile à accepter qu’au monde il existe non seulement quelqu’un qui ne partage pas cette vision, mais qui se pousse jusqu'à la combattre, avec les mêmes instruments et techniques d’une guerre. La guerre qui constitue, pour nous, un chapitre fermé il y à 70 ans, d’où notre peine à lire la situation. Notre condition même d’occidentaux est gênante, elle représente l’"ennemi” à battre. Cela est difficile à accepter également du fait que l’"autre côté” du terrain de la bataille (que, entre autres, nous n’avons pas empruntée, d’où une ultérieure complexité) est invisible. Il faut, en fait, faire attention à ne pas se faire piéger dans l’identification de ce "quelqu’un”. L’Isis est la solution la plus rapide, surtout pour les médias, lorsqu’un terroriste suicide entre en action en Europe, mais la phase historique qu’on est en train de vivre est bien complexe. La dimension économique, la crise, l’anthropologie et, dirais-je, même l’urbanisme (ou mieux la programmation des aires urbaines périphériques) y rentrent beaucoup plus que dans les saisons du terreur que différents Etats (parmi lesquels, sans doute, l’Italie) ont déjà vécu. Tout comme y rentrent des gouvernements occidentaux en débit de consensus, parfois en quête de raisons valides pour recourir aux pouvoirs spéciaux et d’autres fois encore trop peu scrupuleux dans le trafic avec les "Seigneurs de la guerre” d’autres latitudes. C’est la raison pour laquelle il faut dépasser les réponses immédiates, bien que le radicalisme soit une dénomination commune aux incarnations humaines de cet ennemi obscur. Et après avoir pris conscience de tout cela, quoi faire? Comment se conduire après que cet invisible "quelqu’un”, s’opposant à notre vision de la vie, nous a démontré qu’il est à même d’entrer en action, et de semer ses graines de mort, tant dans une métropole, que dans une ville de vacances quelconque; tant un samedi soir, que le jour de la Fête nationale; tant dans un aéroport que sur une plage? Je regarde une des photos que j’ai pris à Nice. Elle est en haut de cet article. Mon fils est avec ses copains, sur la plage en bas de la Promenade où, hier soir, plus de quatre-vingt personnes ont soudainement trouvé les dernières secondes de leurs vies et des centaines ont remporté des blessures qui ne les abandonneront jamais. La fin d’images du genre, des rires des enfants, des sourires des parents représente exactement ce que les trafiquants dans l’obscurité voudraient, en nous obligeant à rester chez nous, en alimentant la culture du soupçon, en arrêtant nos déplacements et, surtout, en nous portant à auto-limiter ces libertés pour lesquelles nos ancêtres ont lutté. Ils ne m’auront pas. Ils ne nous auront pas. Ils ne doivent pas nous avoir. La normalité, non sur les "social", mais dans la vie quotidienne, dans nos choix, est la réponse que nous sommes tous tenus à offrir. Ce qui ne signifie pas faire semblant de rien, mais éviter d’offrir spontanément à ce "quelqu’un” ce qu’il attend depuis longtemps. Christian Diemoz

JEUDI 7 juillet 2016

17:46 « Notre eau publique à cinq ans du référendum » « Notre eau publique à cinq ans du référendum » Les Alpes sont le plus grand réservoir d'eau de l'Europe et alimentent les grands fleuves du continent, comme le Danube, le Rhin, le Rhône et notre Pô. Cette condition particulière de «château d'eau» n'a jamais été sous-estimée par les populations de montagne, loin s’en faut: l'eau a toujours été considérée comme une ressource et la disponibilité réelle en eau a été une valeur à rechercher, préserver et développer. En dépit du fait qu’il s’agit d’une ressource disponible en quantité, nos ancêtres savaient que l'eau potable était un bien rare et précieux, susceptible d’être protégé, car réparti inégalement et exposé à de nombreuses sources de pollution. Du puits à la source, du réseau d’adduction d’eau à la fontaine, un territoire anthropisé ne prospère que s’il peut accéder à une source d'eau douce, en quantité suffisante pour tous les êtres vivants qui l’habitent, hommes ou animaux. Les grands ouvrages du passé, disséminés sur notre territoire, tels que les réseaux monumentaux de nos canaux d'irrigation, sont la preuve que la bonne gestion de l'eau, qui permet un approvisionnement suffisant, a toujours été, dans notre zone rurale, un pilier pour la gestion de «lo bien», la propriété, individuelle et collective, qui appartenait aux familles et aux communautés villageoises. Dans les petits et très petits centres habités, les ressources des propriétaires, la plupart du temps insuffisantes si prises individuellement, devaient être partagées collectivement pour le bien-être de tous. Je pense aux fours, aux moulins, aux pâturages, aux bassins-versants, aux surfaces boisées – parfois appartenant à des particuliers, à des consorteries, ou le plus souvent à des familles anciennement installées – faisant toujours l’objet d’entretien ou de travaux collectifs. Cette attention à la collectivité a toujours été une caractéristique de notre peuple lorsque l'agriculture était l'une des rares, sinon la seule, source de revenu pour les particuliers. L'intérêt pour la gestion de l'eau bien commun est même aujourd’hui un sujet d’une étroite actualité: ces mois-ci tombe le cinquième anniversaire d'un référendum dans lequel les Italiens ont voté « oui » à l'eau comme bien publique à part entière, afin de le mettre à l'écart de toute spéculation économique et de gestion. Plus de 60% des électeurs en Vallée d'Aoste ont participé au référendum, une participation encore plus élevée que le niveau de 54% atteint au niveau national. Par conséquent, je ne partage pas l'opinion de ceux qui disent que les régions sous-estiment l’importance de l’eau. Je crois que cela n’est le fait ni des personnes qui se sont rendues en nombre au référendum, ni des institutions. Car, en premier lieu les administrateurs en reconnaissent l'importance capitale du point de vue naturel, environnemental, culturel et, d'autre part, ils travaillent dans un cadre législatif et réglementaire spécifique qui leur a permis de développer des modèles spécifiques de gestion. Dans les Alpes, il n’y a pas le problème d’une pénurie d’eau, mais la tenue du cycle de l'eau ne se limite pas aux vallées alpines. Nos montagnes fournissent aux plaines les ressources en eau nécessaires à l'irrigation et à la production alimentaire, pour les besoins industriels, énergétiques et domestiques des populations urbaines. Cinq ans après le référendum qui a reconnu l'eau comme une ressource publique, nous ne devons pas réduire notre attention sur cette question, car nous sommes conscients que les intérêts en jeu sont nombreux et que le thème de la rentabilité de la gestion de l'eau est extrêmement délicat. Stefano Rodotà, dans un discours rapporté au cours des dernières semaines dans les pages de «Repubblica», a en effet mis en garde " […] contro l’approvazione di ulteriori norme che sostanzialmente consegnerebbero ai privati la gestione dei servizi idrici. Il punto chiave è appunto rappresentato dalle modalità di gestione, per la quale le nuove norme e il testo unico sui servizi locali fanno diventare quello pubblico un regime eccezionale e addirittura ripristinano il criterio dell’adeguatezza della remunerazione del capitale investito, cancellato dal voto referendario […] ”. Dans nos montagnes eau publique signifie concrètement apporter de l'eau, un bien primaire et non commercial, depuis les lieux les plus reculés jusque dans les foyers et les entreprises. Les responsables de l'administration publique dans nos territoires doivent prendre en charge la protection des ressources en eau et de la qualité des eaux glaciaires, torrentielles et fluviales, en termes de: protection et conservation du paysage torrentiel et fluvial, traitement des eaux superficielles; utilisation rationnelle du potentiel hydroélectrique, méticulosité dans l'utilisation des systèmes d'irrigation automatisés, y compris par un soutien adéquat aux consorteries présentes sur le territoire; protection contre la contamination bactérienne, transport par pipeline étanche, traitement des eaux usées et de drainage; définition d’un tarif adapté sur tout le territoire, lutte contre le gaspillage et les pertes; promotion de l’utilisation de l'eau publique locale, parce qu’elle est bonne et contrôlée, diffusion de l'information, des connaissances et des meilleures pratiques sur la question de l'eau publique, y compris par des campagnes de promotion et de marketing territorial, au profit de la population, avec une attention particulière aux écoles. Dans cette liste, non exhaustive, ne doit pas manquer la volonté de vraiment maintenir l'eau publique. Nous voulons le faire aujourd’hui pour donner suite à la volonté démocratique exprimée lors du référendum de 2011. Nous devons le faire en cohérence avec notre passé, afin de protéger, à long terme les aspects écologiques et préserver l'accès futur à des quantités suffisantes de bonne eau propre pour tous. Jean Barocco Syndic de Quart et membre de la Junte Nationale de « Federbim »  

MERCREDI 29 juin 2016

11:26 Le Parlement européen et la « Brexit » : une voie pour dépasser la crise passe par les Régions Le Parlement européen et la « Brexit » : une voie pour dépasser la crise passe par les Régions Une séance plénière extraordinaire du Parlement européen s’est déroulée hier à Bruxelles, afin de débattre le résultat du référendum sur la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne. La réunion restera dans la mémoire télévisée collective pour l’avertissement « c’est la dernière fois que vous applaudissez dans cette salle », lancé par le président de la Commission Jean-Claude Juncker à l’« eurosceptique » anglais Nigel Farage, mais des contributions intéressantes au débat sont arrivées de différents parlementaires. Entre eux, le député Herbert Dorfmann, de la Südtiroler Volkspartei, ayant souligné que la « Brexit » est un « coup au coeur de l’unité européenne » et que « sans une réponse claire et rapide, l’Union risque de se désintégrer, suite à une réaction à chaîne impossible à arrêter ». « Une réaction – a ajouté Dorfmann – qui risque d’arriérer les lancettes de l’histoire et remettre aux citoyens une Europe retournant aux nations, ce qui représenterait un drame ». Afin de contrecarrer ce scénario, l’Europe unie doit arriver à se réformer. La solution n’est pas « davantage d’Europe », mais « une Europe meilleure », à même d’être perçue en tant que valeur ajoutée par ses citoyens. Une « orchestre » où Bruxelles, les États membres et les Régions coordonnent les efforts pour aborder les défis communs qui attendent notre continent. Voilà, les Régions, surtout celles de frontière, qui doivent agir avec dynamisme et faire équipe avec les réalités partageant leurs intérêts et leurs tracas, parce que les solutions arrivant de l’haut ne sont plus suffisantes. Une chance de faire évoluer cette collaboration en termes de qualité, en l’élargissant au territoire des Alpes tout entier, arrive du projet de la macro-région alpine, ayant vu le jour au début de cette année et réunissant quarante-huit régions de sept États différents. Parmi celles-ci compte également la Vallée d’Aoste. Une stratégie d’ensemble que, pour connaître son succès, devra être axée, sans équivoques, sur les zones alpines. Ce n’est pas un hasard si, à ce sujet, le député Dorfmann a prévenu : « si les aires urbaines, des fleuves et maritimes qui participent à l’initiative essayeront de s’emparer du Plan, les prémisses pour la collaboration vont sauter ». Bref, le chemin pour sortir de la crise ayant frappé l’Union européenne est difficile. Suite au débat, le Parlement européen a voté une résolution souhaitant que Londres entame rapidement les procédures formelles pour la sortie de l’Union, mais – au delà de la chronique - nous ne pouvons pas taire que la solution passant par les Régions, en tant qu’antidote au nationalisme et à la dissolution du rêve européen, est celle prônée depuis toujours par notre Mouvement.

LUNDI 27 juin 2016

12:26 « Brexit » : un épilogue vraiment surprenant ? « Brexit » : un épilogue vraiment surprenant ? Une des faiblesses des analystes italiens est représentée par leur inclination, en essayant d’expliquer un phénomène, à s’arrêter en superficie, sans aller au fond de la question et surtout sans en appeler à l’histoire. C’est ainsi que, sur le référendum de la semaine dernière ayant sanctionné la « Brexit », à savoir la volonté du peuple britannique de faire ressortir le Royaume Uni de l’Union Européenne, on a eu droit à différentes lectures. D’après la plus reprise par nos médias, ainsi que par les représentants de notre classe politique, les jeunes générations se seraient exprimées pour le « remain », tandis que les personnes âgées auraient opté pour « leave », dans une sorte d’« hypothèque » du troisième âge sur le futur britannique. Sans rien enlever à cette thèse – bien que le référendum ait connu une affluence de 72.2%, avec 33 millions de voix valides, donc une participation assez haute et pas immédiatement lisible – un examen du passé du Royaume Uni aurait permis de se rendre compte de son rapport tourmenté, depuis toujours, avec l’Europe et ses institutions. On peut commencer par le fait que le UK ne fut pas parmi les signataires du Traité de Rome de 1957, ayant donné le jour à la « Communauté Economique Européenne », à considérer le « prologue » de l’Union Européenne en tant que nous la connaissons de nos jours. Cependant, le Gouvernement de Londres demanda, en 1963 et en 1967, d’adhérer à cette organisation. Chacune des deux tentatives reçut le veto du président français, Charles de Gaulle, pour lequel « différents aspects de l’économie britannique, du travail à l’agriculture, la rendent incompatible avec l’Europe ». L’obstacle fut dépassé en 1973, après que le Général laissa la Présidence de la République. A cette époque, la résidence au 10 de Downing Street était occupée par le conservateur Edward Heath. Le leader de l’opposition « Labour » était Harold Wilson, qui engagea la campagne pour les élections nationales de 1974 avec les promesses d’une renégociation de l’adhésion UK à la CEE et d’un référendum sur la permanence à son intérieur. Celui-ci, qui a rarement été évoqué par les médias italiens, eut lieu le 5 juin 1975. L’approche aux votations fut marquée par des tensions croissantes parmi les membres du cabinet des Ministres, qui poursuivaient des orientations fort différentes entre elles. Le premier Wilson eut même à suspendre la convention constitutionnelle de la « collégialité » de l'Exécutif, afin de permettre à ses composants de prendre le côté qu’ils préféraient et participer à la campagne. Enfin, affluence de 64.5% et victoire du « oui » (donc, rester dans l’Espace commun) pour 67.2%, contre le 32.8% du « non ». Malgré ce résultat tout à fait clair, le « ver du bois » anti-européen a continué son excavation dans le tissu socio-politique du Royaume. C’est ainsi que le « Labour party », duquel on s’attendrait une attitude ouverte à un futur à l’enseigne du drapeau européen, lança la campagne électorale de 1983 en prônant, en tant que thème principal, l’abandon de la CEE. Un propos que les progressistes payèrent cher : les élections furent remportées par les Conservateurs et Margaret Tatcher confirmée en tant que premier ministre. Le 1er novembre 1993, l’accord entre les États de la CEE fut élargi à la dimension politique, suite au traité de Maastricht, en devenant Union Européenne. Voilà qu’en 1994, Sir James Goldsmith mit sur pied le « Referendum party », pour obtenir – au cas de réussite aux élections de 1997 – une consultation populaire sur la présence du Royaume dans les institutions communautaires. Cette formation connut un succès qu’on peut définir remarquable : 810.860 voix, à savoir 2.6%, mais tout à fait éparpillés dans les circonscriptions électorales, donc aucun parlementaire ne fut obtenu. A cette même période, le début des années 1990, remonte également la naissance du « United Kingdom Independence Party », le mouvement « eurosceptique » par définition qu’aujourd’hui est dirigé par Nigel Farage. Aux élections européennes de 2004, ce parti se classa troisième dans le Royaume, pour devenir le deuxième en 2009 et le premier, enfin, en 2014. C’était la première fois dans le UK, depuis 1910, qu’un membre d’un parti différent de « Labour » ou « Tory » résultait élu lors d'une consultation à l’échelon national. Le reste - de la tentative du premier ministre David Cameron de bloquer le référendum en 2012, jusqu’au résultats du 24 juin dernier - est à classer en tant qu'histoire récente, donc on ne va pas la retracer, mais la matière disponible est déjà suffisante pour s’interroger. Est-ce-que la « Brexit » doit vraiment nous surprendre, ou plutôt on pouvait imaginer que la balance, dans l’opinion publique anglaise, se serait déplacée (même de façon spontanée, imaginez-vous si « aidée » par les agitateurs du populisme) en faveur de l’abandon ? Jusqu’en 2007, le traité de l’Union européenne ne prévoyait pas la possibilité, pour un État membre, d’abandonner l’Union. Elle fut insérée en amendant le traité de Maastricht, à Lisbone. Et si, en changeant de l’histoire aux maths, 2+2 fait toujours 4… Christian Diemoz
2 X mille

le coin du président29 Mars 2017 - 12:18

L’acte final d’un projet conduit de manière maline L’acte final d’un projet conduit de manière maline Quelqu’un pourrait se demander, à juste titre, qu’en est de la politique et de son devoir de service. En regardant ce qui s’est passé au Conseil de la Vallée il est difficile de donner des réponses pouvant permettre aux gens de comprendre. Dans les derniers jours on a vécu une profonde crise, comme cela peut arriver en politique. Mais les crises demandent des réponses et lorsque celles–ci sont évitées et ignorées tout devient irrationnel et incompréhensible. Normalement les majorités voient le jour sur base d’accords de programmes et les volontés qui les soutiennent travaillent à la réalisation de points programmatiques. Par contre, dans ces jours, le seul objectif était celui de la « substitution », un désir qui, pour s’affirmer, a conduit à violer toutes les règles qui sont à la base de la démocratie participative de l’institution du Conseil de la Vallée. Le Président du Conseil s’est conduit en partisan en défense des choix et des volontés des groupes politiques de la constituante nouvelle majorité. Il l’a fait avec un comportement censurable dont on n’a pas mémoire et qui ne le placera certainement pas parmi les figures institutionnelles du Pays d’Aoste dignes de mémoire. Mais celui-ci n’a été que l’acte final d’un projet qui bouillonnait depuis pas mal de temps pour nous abattre et qui a été conduit de manière maline, en prenant comme prétexte le Président de la Région lorsque les vrais objectifs, soigneusement cachés, ont été et restent d’autres. Parmi ceux-ci nous devons inscrire en tout premier, le désir et l’obsession de vouloir combattre et affaiblir l’Union Valdôtaine. Nous avons eu parfois tendance à l’oublier, mais il suffit de revenir avec la mémoire au passé pour constater que celle-ci n’est que la réplique d’une copieuse série de tentatives du passé. L’autre volonté a été celle de la « substitution ». Elle a été conduite par ceux qui avaient déjà essayé, sans succès, de s’assoir sur les fauteuils du pouvoir. Cette fois le désir d’y parvenir était si fort qu’il les a portés à former une majorité éphémère, constituée par un groupement de personnes et d’idées qui ont pu trouver une synthèse, non pas sur des projets mais, uniquement, en se coalisant contre quelque chose. Mais, à présent, le moment est arrivé de faire quelque chose « pour » et non « contre », ce qui est assez plus difficile. On verra bien qu’est-ce-que en sera des proclames lancés dans ces derniers temps. Il y de quoi ne pas être rassurés lorsqu’on constate, dans cette majorité hybride, la présence inquiétante de certains personnages drôles, qui conseilleraient aux Valdôtains d’accrocher les ceintures de sécurité.

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2016 Rencontres sul le territoire

2015 Congrès des 3 et 4 octobre

Union Valdôtaine

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Idées5 Octobre 2016 - 09:53

A propos de l’Assemblée de l’APF en Vallée d’Aoste

A l’égard des travaux de l’APF à Saint-Vincent, les 27 et 28 septembre derniers, une réflexion toute particulière mérite le sujet abordé par l'Assemblée régionale Europe.

Pendant différentes années les échanges dans le domaine linguistique francophone ont été limités à la dimension culturelle, ou à d’autres domaines y étant étroitement liés.

Si nous réfléchissons quand-même sur le fait que ce véhicule linguistique permettrait de mettre en réseau des acteurs qui pourraient remplir un rôle de « moteur » économique non indifférent, en aidant également d’autres contextes à améliorer leur conditions, voilà pourquoi le moment était bon pour s’interroger sur ces arguments.

C’est bien le sillon tracé par la motion finale, par laquelle les soixante parlementaires de la « Régionale Europe » demandent à l’APF de resserrer des liens avec les organisations internationales à vocation économique.

Afin de donner à ce propos une valeur concrète, ensuite, ils demandent de conclure un accord cadre avec le « Forum Francophone des Affaires », en vue de participer à la création d’un véritable réseau d’affaires.

Intéressante la possibilité de s'adresser à l’Organisation Internationale de la Francophonie, en lui demandant d’examiner les possibilités de concevoir un projet d’Union économique francophone, en tenant compte des exigences des territoires homogènes, ainsi que de promouvoir, en partenariat avec les institutions européennes, un label « entreprise francophone », fondé sur la charte francophone du Forum Francophone des Affaires.

Les scénarios donc pour notre région sont fort intéressants. La Vallée d'Aoste en tant que terre de frontière a toujours communiqué avec les réalités avoisinantes, liens à renforcer toujours plus vues les intéressantes opportunités qui de plus en plus sont en train de ressortir.

Les chiffres - qui ont entre été soulignées par la Chambre Valdôtaine – mettent en évidence un tissu valdôtain composé par des entreprises dont la plupart est de petites dimensions, souvent à gestion familiale.

Des dimensions qui font de la possibilité d’élargir l’horizon au-delà des confins régionaux une importante opportunité de croissance pour les acteurs de notre échiquier économique, tenu compte également que des 670 entreprises étrangères actives sur notre territoire les titulaires proviennent pour une bonne part des pays membres de l’APF.

Pour conclure, donc, cette semaine de l’APF démontre encore une fois, si il y a la nécessité de le rappeler, l'importance culturelle et économique de la francophonie valdôtaine.

Elément qui, en tant qu’administrateurs de cette Région, nous avons le devoir de valoriser toujours plus.

Joël Farcoz