13 septembre : la conscience valdôtaine

Le 13 septembre 1945 marque la naissance de l’Union Valdôtaine, mais cette date s’inscrit dans une histoire plus longue : celle de la renaissance de la Vallée d’Aoste après le fascisme et la guerre, lorsqu’il fallait réparer les atteintes portées aux libertés, aux droits du Pays, au français et à son autonomie. Il fallait retrouver cet esprit d’autogouvernement qui appartient à la conscience valdôtaine.
Cette renaissance ne commence pas en 1945. Elle plonge ses racines dans les combats de la Ligue Valdôtaine, de la Jeune Vallée d’Aoste, d’Émile Chanoux et de tous ceux qui avaient continué à affirmer une question valdôtaine : de langue, de droits, d’institutions et d’autonomie.
Après la Libération, cette volonté se retrouve dans le Comité de libération valdôtain, où différentes tendances travaillent pour défendre la Vallée. Les jeunes et les femmes y jouent aussi leur rôle : Maria Ida Viglino participe à cette reconstruction.
L’Union Valdôtaine naît de cette expérience. Il fallait donner une continuité politique à la Résistance, défendre une autonomie encore insuffisante et faire vivre les institutions, la langue et la capacité de la Vallée à décider de son avenir. Plus de la moitié des fondateurs avaient été membres de la Jeune Vallée d’Aoste et proches de Chanoux, dont ils héritèrent la pensée fédéraliste.
Séverin Caveri incarne le passage de cette revendication aux institutions : avec lui, l’autonomie devient gouvernement et responsabilité. Lino Binel rappelle qu’elle ne fut jamais pensée comme une simple question administrative, mais comme une vision des rapports entre peuples, régions et États.
Le fédéralisme signifie reconnaître les communautés, leurs droits, leurs langues et leur capacité de se gouverner. Pour la Vallée d’Aoste, défendre le français et l’autonomie signifie rester elle-même tout en s’ouvrant à l’Europe.
Aujourd’hui, cette mémoire n’a de sens que si elle demeure bien vivante. L’autonomie n’est jamais acquise : elle doit être voulue et défendue. L’Union Valdôtaine, retrouvée dans son unité, doit porter cette conscience, pour assurer au peuple valdôtain un avenir de liberté et de progrès.
Joseph-César Perrin
