15 juin : Saint Bernard d’Aoste

Selon une agiographie savoyarde tardive du XVe siècle, saint Bernard – dit de Menthon, du Mont-Joux, d’Aoste ou du Mont-Blanc – serait né à Menthon, en Haute-Savoie, en 923. Engagé dans son œuvre d’évangélisation sur la ligne de partage des Alpes, le saint finit ainsi, avec un certain saut géographique, par « franchir » les montagnes jusque dans son lieu de naissance supposé. En réalité, Bernard était valdôtain.
Selon plusieurs études récentes, il aurait appartenu à la famille des vicomtes d’Aoste, c’est-à-dire aux ancêtres de la maison de Challant. Il ne serait d’ailleurs pas né en 923, mais environ un siècle plus tard.
Bernard mourut à Novare en 1081 – certains avancent 1086 – où ses reliques sont encore conservées aujourd’hui. Il fut canonisé en 1123 et, le 20 août 1923, le pape Pie XI le proclama patron des alpinistes, des voyageurs et des habitants des régions alpines.
Malgré les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore sa vie, faute de documents suffisants, la figure de saint Bernard reste indissociable des Alpes et des deux grands hospices du Petit et du Grand-Saint-Bernard, devenus au fil des siècles un symbole universel d’accueil et d’hospitalité en montagne.
Les montagnes, les chemins et les saints appartiennent d’ailleurs à une histoire commune, construite à travers les passages, les rencontres et les échanges entre les peuples alpins. Préserver cette mémoire signifie aussi conserver, avec rigueur, la vérité historique et les traditions liées aux lieux et aux hommes qui les ont marqués.

Mauro Caniggia Nicolotti

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