À Bologne, les Valdôtains avaient leur nation

Fondée vers 1088, l’Université de Bologne est généralement considérée comme la plus ancienne université du monde occidental. Dès le Moyen Âge, elle accueillit des étudiants venus de toute l’Europe, regroupés dans deux grandes universités: celle des « Citramontains », originaires de la péninsule italienne, et celle des « Ultramontains », venus d’au-delà des Alpes.
À l’intérieur de ces ensembles existaient les nationes. Celles-ci ne correspondaient pas à nos nations modernes. Elles n’avaient aucun caractère politique et réunissaient des étudiants originaires de territoires ayant des liens géographiques, historiques ou culturels communs. Elles constituaient aussi de précieux réseaux d’entraide pour de jeunes hommes appelés à vivre loin de leur pays.
Dès 1195, des étudiants étrangers avaient déjà fondé à Bologne une confrérie connue sous le nom de « confratria scholarium ultramontanorum ».
Au XIIIe siècle, les étudiants originaires des terres de Savoie étaient rattachés à la nation de Bourgogne, l’une des treize nations de l’université ultramontaine. Dans les documents bolonais, plusieurs étudiants issus des territoires relevant des comtes de Savoie se désignaient eux-mêmes comme « Burgundus » ou « Burgundiensis » pour marquer leur appartenance à cette nation.
Par la suite, la nation de Savoie fut détachée de l’ancienne nation de Bourgogne. Elle comprenait alors le Chablais, la Vallée d’Aoste ainsi que les autres terres de Savoie non rattachées à une autre nation universitaire.
Aux premiers temps de l’université, les étudiants bolognais se retrouvaient à Saint-Dominique, tandis que les étudiants des nations ultramontaines, parmi lesquels les Valdôtains, avaient coutume de se réunir auprès de l’église Saint-Procule. Loin de leur pays, ils y retrouvaient des compatriotes partageant des origines et des usages communs.
Mauro Caniggia Nicolotti

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