Mouvement

Uv 1945

L’Union Valdôtaine naît le 13 septembre 1945, dans le sillage de la Résistance et de la pensée d’Émile Chanoux, avec une ambition claire : défendre l’identité valdôtaine et obtenir une véritable autonomie politique. Dès ses débuts, le Mouvement rassemble femmes et hommes de sensibilités diverses autour d’un idéal commun : la liberté, l’autogouvernement et la reconnaissance du caractère linguistique et culturel particulier de la Vallée d’Aoste.
En 1946, se tiennent les premiers congrès du Mouvement et les premières grandes mobilisations populaires. L’Union Valdôtaine réclame des garanties solides pour l’avenir institutionnel de la Vallée. La même année, Séverin Caveri devient une figure centrale de cette première phase politique.
Le 26 février 1948 est promulgué le Statut spécial d’autonomie, étape fondamentale de notre histoire contemporaine. Aux élections politiques et régionales qui suivent, l’Union Valdôtaine s’affirme comme force déterminante, en alliance avec la Démocratie Chrétienne. Le gouvernement régional présidé par Séverin Caveri engage alors la reconstruction de l’après-guerre et les premières politiques de modernisation.
Les premières années de l’Autonomie sont marquées par de grands travaux publics, l’instauration d’avantages fiscaux transitoires en attendant la zone franche, et la volonté de transformer la Vallée d’Aoste en un territoire plus moderne et mieux équipé.
Mais les relations avec l’État restent complexes. Les retards dans l’application du Statut, les tensions sur la répartition des ressources et les divergences avec la Démocratie Chrétienne conduisent à une crise politique majeure. En 1954, une nouvelle loi électorale pénalise fortement l’Union Valdôtaine, qui ne conserve qu’un seul siège malgré un fort soutien populaire.
Cette décennie fondatrice laisse néanmoins un héritage durable : l’Union Valdôtaine s’impose comme la voix politique du Peuple valdôtain et comme le principal moteur de la construction autonomiste.

Les années qui suivent sont celles de la résistance et de la reconquête. Malgré une représentation réduite au Conseil régional, l’Union Valdôtaine reste fortement enracinée dans les Communes et continue à porter la revendication autonomiste. Les élections municipales confirment sa présence sur le territoire.
En 1958, un tournant s’opère : l’alliance entre l’Union Valdôtaine et les forces de gauche remporte les élections politiques. Puis, en 1959, la victoire aux régionales met fin au monopole démocrate-chrétien. C’est la naissance de la célèbre “Junte du Lion”, présidée par Oreste Marcoz.
S’ouvre alors une nouvelle phase de réformes et d’initiatives concrètes : protection du paysage, soutien à l’élevage, développement de l’enseignement professionnel, valorisation du territoire et renforcement des services publics. L’Union Valdôtaine démontre que l’Autonomie n’est pas seulement une revendication politique, mais un outil de gouvernement efficace.
La Vallée d’Aoste affirme aussi sa vocation culturelle et francophone. En 1962, Aoste accueille le Congrès de l’Union Culturelle Française, symbole d’une région ouverte sur l’Europe et fidèle à sa tradition plurilingue.
Sur le plan national, Corrado Gex et René Chabod représentent la Vallée au Parlement. Leur action contribue à faire entendre la voix valdôtaine à Rome.
Enfin, les grands chantiers d’infrastructure changent durablement le visage du territoire : le tunnel du Grand-Saint-Bernard est inauguré en 1964, prélude à celui du Mont-Blanc. La Vallée d’Aoste se connecte davantage à l’Europe tout en consolidant sa singularité.

Cette décennie s’ouvre sur un nouveau succès municipal de l’Union Valdôtaine, mais le contexte politique devient rapidement plus instable. En 1966, sous l’effet des équilibres nationaux, l’exécutif régional est renversé et remplacé par une majorité de centre-gauche. La Vallée connaît une phase de tension institutionnelle.
Les années suivantes sont marquées par des divisions internes au camp autonomiste et par la naissance de nouveaux mouvements politiques : Rassemblement Valdôtain, Mouvement Autonomiste Valdôtain, puis Union Valdôtaine Progressiste. Ces fragmentations affaiblissent temporairement la représentation autonomiste.
Malgré cela, l’Union Valdôtaine demeure un acteur central. Elle conserve un fort ancrage local, conquiert la commune d’Aoste avec Oreste Marcoz, et continue à peser dans les recompositions régionales.
Les années 1970 voient aussi apparaître de nouvelles figures politiques, dont César Dujany et Mario Andrione, appelées à jouer un rôle majeur dans la suite de l’histoire valdôtaine.
Cette période de crise a une vertu : elle prépare la réunification du courant autonomiste. Face aux divisions, mûrit l’idée que l’avenir de la Vallée d’Aoste passe par le rassemblement plutôt que par la dispersion.

Le milieu des années 1970 marque un nouveau départ. En 1975, les composantes autonomistes signent un pacte fédératif et se présentent unies aux municipales. Le succès est net.
Le moment décisif arrive en 1976 : à Saint-Vincent, une grande assemblée populaire conduit à la réunification de l’Union Valdôtaine. Après les années de divisions, le Mouvement retrouve son unité et sa force politique.
La disparition de Séverin Caveri en 1977 clôt symboliquement la génération fondatrice, mais l’élan se poursuit. Aux régionales de 1978, l’Union Valdôtaine devient le premier parti de la Vallée d’Aoste. Mario Andrione prend la tête du gouvernement régional.
Cette nouvelle phase est marquée par des choix structurants : développement du réseau routier, affirmation européenne du Mouvement, succès électoraux répétés dans les Communes et à Aoste, et renforcement du poids institutionnel de la Région.
En 1981, une conquête historique est obtenue avec la loi de répartition financière, qui garantit à la Vallée d’Aoste les 9/10 des impôts perçus sur son territoire. Cette avancée donne à l’Autonomie des moyens concrets et durables.
En 1982 naît Finaosta, outil stratégique de développement économique régional. Puis, en 1984, Auguste Rollandin accède à la présidence de la Région, ouvrant une nouvelle étape de stabilité et de croissance.
Cette décennie confirme une évidence : lorsque le camp autonomiste est uni, la Vallée d’Aoste avance.

Les années 1985-1994 confirment la centralité de l’Union Valdôtaine dans la vie politique régionale. Le Mouvement enchaîne les succès municipaux et renforce sa présence dans les institutions locales, y compris à Aoste. L’enracinement territorial demeure l’un de ses principaux atouts.
En 1985, l’Union Valdôtaine célèbre ses 40 ans d’existence, signe de continuité et de solidité. La même année disparaît Maria Ida Viglino, figure majeure des luttes autonomistes et pionnière de la vie publique valdôtaine.
Les élections politiques de 1987 marquent un succès important de la coalition guidée par l’Union Valdôtaine, avec l’élection de César Dujany au Sénat et de Lucien Caveri à la Chambre des députés. La voix valdôtaine continue ainsi de se faire entendre à Rome.
Aux régionales de 1988, l’Union Valdôtaine obtient 12 sièges et confirme Auguste Rollandin à la présidence de la Région. C’est une phase de stabilité politique et de croissance institutionnelle.
Le début des années 1990 est marqué par une alternance plus mouvementée, mais aussi par une progression constante du Mouvement. En 1993, l’Union Valdôtaine atteint 13 conseillers régionaux et participe à une nouvelle majorité de gouvernement conduite par Dino Viérin.
Sur le plan européen, l’Union Valdôtaine poursuit son engagement fédéraliste et régionaliste, multipliant les alliances avec d’autres mouvements autonomistes. En 1994, la liste soutenue par l’Union Valdôtaine arrive en tête en Vallée d’Aoste aux élections européennes.
Cette décennie consolide l’idée d’une Union Valdôtaine à la fois force de gouvernement, porte-parole institutionnel et moteur d’une Vallée d’Aoste ouverte sur l’Europe.

Les années 1995-2004 constituent l’une des phases les plus fécondes de l’histoire du Mouvement. En 1995, l’Union Valdôtaine célèbre ses 50 ans et réaffirme son ambition politique : défendre l’Autonomie tout en pensant l’avenir institutionnel de la Vallée d’Aoste. Un projet de réforme fédéraliste de l’État italien est déposé au Conseil régional.
Aux municipales de la même année, les listes soutenues par l’Union Valdôtaine s’imposent dans 55 Communes, dont Aoste. L’implantation territoriale atteint un niveau exceptionnel.
En 1998, l’Union Valdôtaine obtient 17 sièges aux élections régionales et confirme sa place de première force politique valdôtaine.
Le tournant majeur intervient en 2000 : Guy Grimod devient syndic d’Aoste, ramenant la syndic de la capitale régionale à un unioniste après trente ans. La même année, Lucien Caveri entre au Parlement européen, succès historique pour le Mouvement.
En 2001, la coalition guidée par l’Union Valdôtaine remporte les élections politiques : Auguste Rollandin est élu sénateur et Ivo Collé député. Cette présence simultanée à Aoste, Rome et Strasbourg symbolise l’ampleur du rayonnement politique unioniste.
L’année 2003 marque un sommet électoral : l’Union Valdôtaine obtient 18 conseillers régionaux, soit la majorité absolue au Conseil de la Vallée.
Entre ancrage local, représentation nationale et projection européenne, cette décennie illustre la pleine maturité politique du Mouvement.

En 2005, l’Union Valdôtaine célèbre ses 60 ans. Les municipales confirment sa solidité électorale et Guy Grimod est reconduit à Aoste. Dans le même temps, la présidence régionale passe à Lucien Caveri, signe d’un renouvellement des responsabilités.
Les années suivantes sont plus complexes. Les élections politiques de 2006 traduisent une phase de tensions internes et l’émergence de nouvelles formations issues de scissions du monde autonomiste. Le Mouvement engage alors un travail de reconstruction.
En 2008, l’Union Valdôtaine retrouve un élan important : 17 conseillers régionaux sont élus et le consensus populaire confirme la centralité du Mouvement.
Entre 2009 et 2012, le débat politique est dominé par la crise économique et par les attaques croissantes contre les autonomies spéciales. L’Union Valdôtaine se mobilise pour défendre les ressources régionales, contester les lectures centralistes de l’État et maintenir les marges d’autogouvernement.
En 2013, l’alliance autonomiste remporte les élections parlementaires avec Albert Lanièce au Sénat et Rudi Marguerettaz à la Chambre. La même année, l’Union Valdôtaine conserve un rôle central au Conseil de la Vallée et introduit les primaires internes pour le choix des candidats régionaux, signe d’ouverture démocratique.
En 2014, malgré les turbulences politiques, une nouvelle majorité se recompose autour d’Augusto Rollandin. Les relations avec Rome restent tendues, notamment sur le Pacte de stabilité et les finances publiques.
Cette décennie montre un Mouvement confronté à des difficultés inédites, mais toujours déterminé à défendre l’Autonomie.

À l’occasion de ses 70 ans, en 2015, l’Union Valdôtaine consacre son Congrès à la défense de l’autonomie financière et administrative, fragilisée par les restrictions imposées par l’État. Le Mouvement réaffirme la nécessité d’alliances nouvelles, y compris au niveau européen.
Les années 2016-2018 sont marquées par une forte instabilité : recompositions de majorité, motions de censure, départs d’élus et multiplication des groupes politiques. En 2018, l’Union Valdôtaine obtient 19,25 % des voix et reste l’un des piliers du système politique valdôtain malgré les turbulences du moment.
Le Congrès d’octobre 2018 élit Erik Lavévaz à la présidence du Mouvement, avec pour mission de reconstruire l’unité et de relancer l’action politique sur le territoire.
Les années 2019-2020 sont particulièrement difficiles, entre tensions institutionnelles et crise sanitaire liée au Covid. Pourtant, le Mouvement choisit le renouvellement : en 2020, l’Union Valdôtaine confirme sa présence au Conseil de la Vallée et participe à la formation d’une nouvelle majorité régionale.
Une nouvelle étape s’ouvre alors avec l’élection de Erik Lavévaz à la présidence de la Région, tandis qu’à Aoste la coalition soutenue par l’Union Valdôtaine remporte la syndic avec Gianni Nuti.
En 2021, Cristina Machet devient présidente du Mouvement, symbole d’une nouvelle phase de proximité, d’écoute des sections et de réorganisation interne.
En 2022, l’autonomisme valdôtain retrouve aussi une voix au Parlement national avec l’élection de Franco Manes à la Chambre des députés. Ce résultat redonne une représentation directe aux instances valdôtaines à Rome et renforce la défense institutionnelle du Statut spécial.
À partir de 2022, l’Union Valdôtaine poursuit parallèlement son travail de stabilité gouvernementale, en relançant la réflexion sur l’avenir de l’autonomie, la transition énergétique, l’attractivité du territoire et la modernisation administrative.
En 2023, une nouvelle étape politique s’ouvre avec l’élection de Renzo Testolin à la présidence de la Région. Dans le même temps, s’accélère le dialogue entre les différentes sensibilités autonomistes, avec la volonté de dépasser les divisions du passé.
L’année 2024 marque un tournant historique. Le processus de Réunion entre plusieurs composantes autonomistes aboutit officiellement : l’Union Valdôtaine retrouve une centralité élargie et réaffirme sa vocation unitaire. Lors du Congrès extraordinaire de Saint-Vincent, Joël Farcoz est élu président du Mouvement, ouvrant une nouvelle phase fondée sur le rassemblement, la crédibilité institutionnelle et la préparation des défis futurs.
À la veille de 2025, l’Union Valdôtaine se présente ainsi renforcée, fidèle à ses racines mais tournée vers demain : défense de l’Autonomie, renouveau générationnel, compétitivité économique, protection des langues et cohésion de la communauté valdôtaine.

L’année 2025 marque une étape décisive dans le parcours récent de l’Union Valdôtaine et confirme avec force la dynamique née de la Réunion. Après les efforts de rassemblement, de réorganisation interne et de retour sur le terrain engagés les années précédentes, le verdict des urnes vient consacrer ce travail patient et cohérent. Lors des élections régionales de septembre, l’Union Valdôtaine obtient un résultat de premier plan et s’affirme comme le Mouvement le plus voté de la Vallée d’Aoste, retrouvant ainsi une centralité politique nette dans le panorama régional.
Ce succès dépasse la seule dimension électorale. Il représente la reconnaissance d’une méthode fondée sur la proximité avec les communautés locales, la qualité des femmes et des hommes présentés aux électeurs, la clarté de la ligne autonomiste et la capacité à proposer des réponses concrètes aux attentes du présent. Dans une période marquée ailleurs par la volatilité et la fragmentation, les Valdôtains ont choisi de redonner leur confiance à une force politique enracinée dans l’histoire de la Région, mais capable en même temps de se renouveler.
La confirmation arrive également sur le plan communal. À Aoste, chef-lieu de la Région, l’Union Valdôtaine devient aussi la première force politique de la ville, démontrant sa capacité à parler à l’ensemble de la société valdôtaine : aux réalités de montagne comme aux centres urbains, aux jeunes générations comme à ceux qui ont construit le parcours autonomiste au fil des décennies. Ce résultat revêt une valeur symbolique particulière, car il confirme que le Mouvement sait conjuguer identité territoriale et vision moderne du développement.
À la suite de ce résultat électoral, Renzo Testolin est élu président de la Région. Son élection représente la continuité d’un engagement institutionnel fondé sur la stabilité, la compétence administrative et la volonté de donner à la Vallée d’Aoste un gouvernement solide, capable d’affronter les défis du temps présent et de préparer l’avenir avec sérieux et responsabilité.
L’année 2025 est aussi celle d’un nouvel élan institutionnel et politique. Forte de la confiance reçue, l’Union Valdôtaine réaffirme son engagement pour une Vallée d’Aoste compétitive, solidaire et fidèle à sa vocation européenne. La défense du Statut spécial, la modernisation de l’administration publique, la transition énergétique, le soutien au travail, l’attention portée aux familles, la valorisation des langues historiques et la cohésion sociale demeurent au cœur de son action.
Au-delà des chiffres, 2025 confirme une vérité plus profonde : lorsque la communauté valdôtaine cherche un point de repère solide, crédible et tourné vers l’avenir, l’Union Valdôtaine demeure présente. Fidèle à ses racines, enrichie par son expérience et ouverte aux défis nouveaux, elle continue d’incarner une idée exigeante du service public : mettre les institutions au service du Pays d’Aoste et préparer, avec responsabilité, le futur des générations à venir.

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