La mémoire d’Émile Chanoux n’appartient pas seulement au passé

Hier matin, à Rovenaud de Valsavarenche, la famille unioniste s’est réunie dans le recueillement pour rendre hommage à Émile Chanoux, figure majeure de notre histoire, martyr de la Résistance et penseur toujours actuel de l’autonomie valdôtaine.
Les célébrations ont débuté à 11 heures par la Sainte Eucharistie, célébrée par le curé, l’abbé Daniele Borbey, sur la place du village. Un lieu simple et profondément évocateur, où se font face l’école, la laiterie, le four et, au centre, la grande fontaine. Dans la lumière du soleil printanier, entouré par les couleurs de la saison et par les montagnes de Valsavarenche, un public nombreux a participé à ce moment de prière, de recueillement et de mémoire.
À l’issue de la messe, plusieurs interventions ont rappelé le sens profond de cette commémoration. Ont pris la parole le syndic de Valsavarenche, Roger Georgy, le président de la section locale du Mouvement, Osvaldo Chabod, et le président de la Fondation Émile Chanoux, Luciano Caveri. Leurs mots ont souligné le lien indissoluble entre Rovenaud, la figure de Chanoux et l’histoire politique, morale et spirituelle de la Vallée d’Aoste.
Après les interventions institutionnelles, l’historien et chercheur Jean Louis Crestani a tracé un profil d’Émile Chanoux, en mettant en lumière l’actualité de sa pensée. Il a rappelé combien ses paroles, nées dans une époque difficile, continuent encore aujourd’hui de résonner comme un avertissement et comme une invitation à la responsabilité, à la liberté et à la défense de l’identité valdôtaine.
Rovenaud, en ce sens, n’est pas seulement un lieu de mémoire. C’est un petit joyau de l’architecture de montagne, où chaque pierre semble conserver une part d’histoire. Autour de la place, avec son école qui abrite au rez-de-chaussée la laiterie et le four, se déploie un entrelacement harmonieux de maisons, de ruelles, de rascards, de bâtiments restaurés avec soin, de la chapelle et de la maison natale d’Émile Chanoux.
Le pavé de pierre, le murmure de l’eau de la grande fontaine et le silence recueilli du village ont donné à cette commémoration une force particulière. Dans ce décor authentique, les thèmes chers à Chanoux — la communauté, les racines, la liberté, la dignité des peuples de montagne et la responsabilité envers l’avenir — ont trouvé une résonance naturelle.
À Rovenaud, la mémoire d’Émile Chanoux n’appartient pas seulement au passé. Elle demeure une présence vivante, capable d’interroger notre temps et de rappeler à chacun le devoir de transmettre, avec fidélité et courage, l’héritage moral et politique qu’il nous a laissé.

2xmille