La première Messe au sommet du Mont-Blanc

Le 17 décembre 1892, Joseph-Marie Henry, de Courmayeur, fut ordonné prêtre. Quelques mois plus tard, le jeune abbé se retrouva au centre d’une entreprise singulière.
Le 11 août 1893, accompagné des abbés Jean Bonin et Paul Perruchon, ainsi que de guides et porteurs, il participa à une ascension du Mont-Blanc avec un objectif inédit: célébrer la Messe au sommet.
Après plusieurs jours d’attente à cause du mauvais temps, Bonin réussit finalement à officier la Messe au sommet du Mont-Blanc, assisté de Perruchon. Henry, indisposé par le mal de montagne, dut s’arrêter à la cabane Vallot, quatre cents mètres plus bas, où il célébra lui aussi une Messe d’action de grâce. Peu auparavant, il était toutefois monté jusqu’à la cime pour vérifier les conditions.
Lorsque les deux prêtres redescendirent, Perruchon lui lança avec humour: « On voit bien que tu as laissé tout à fait au sommet des traces de ton mal de montagne. En effet, ce sont des cartes de visite qu’on ne peut guère faire porter par d’autre », une manière élégante de lui rappeler qu’il avait vomi.
La descente vers Courmayeur étant déconseillée, le groupe rejoignit Chamonix. Henry envoya aussitôt des télégrammes pour annoncer la réussite de l’expédition. À la poste, un employé français lui demanda avec étonnement si une Messe avait réellement été célébrée là-haut.
– Au sommet?
– Au sommet,
confirma Henry.
– Et quels sont les abbés français qui sont allés la dire?
– Ce sont des Italiens, répondit l’abbé.

Une des mille anecdotes de ces religieux valdôtains, non seulement pasteurs d’âmes, mais aussi marcheurs, grimpeurs et alpinistes.
Mauro Caniggia Nicolotti

L’abbé Henry en compagnie de la princesse du Piémont Marie-José
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