L’opportunité du choix

Certains affirment qu’il ne s’agit pas d’une réforme électorale. Peut-être ont-ils raison. Mais peut-être sous-estiment-ils aussi l’impact du retour aux trois préférences, combinées à la préférence de genre.
La préférence unique a vidé la politique de sa substance – soyons-en conscients. Elle a affaibli les mouvements, les partis politiques. Elle a permis à chaque élu de considérer les voix reçues comme purement personnelles, détachées d’un programme, d’une vision collective, d’une philosophie commune qui constitue pourtant l’essence même de tout mouvement politique.
Je l’ai cru dans le passé, et je le pense toujours aujourd’hui : la préférence unique n’est pas un modèle adapté au système valdôtain. De la même manière, je persiste à dire que le présidentialisme en Vallée d’Aoste signerait la fin de notre démocratie régionale.
Je n’ai pas de recette toute faite. Mais je suis convaincu que notre démocratie est plus saine quand elle offre aux électeurs la possibilité de choisir, en leur permettant de voter pour plus d’un candidat.
Pour nous unionistes, qui plaçons notre mission politique au-dessus du culte de la personnalité, la possibilité de différencier nos préférences électorales reflète profondément notre identité.
Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, on assiste à un inquiétant retour du culte de la personnalité. Les médias eux-mêmes semblent nourrir cette tendance : présenter le leader non plus comme un primus inter pares, issu d’un collectif, mais comme une figure solitaire, indispensable, sans laquelle tout s’effondre. Attention. La Vallée d’Aoste a besoin d’équipes, de jeunes et de moins jeunes, de personnes au service du bien commun, au service de la Cause valdôtaine.
L’Union Valdôtaine est encore là, après 80 ans, après des générations et des générations, pour en témoigner que les idées et les actions sont plus fortes que les individus.
La loi électorale parfaite n’existe pas. Chaque loi est fille de son temps. Mais veillons à ce que notre époque ne nous pousse pas à faire des choix anachroniques, contraires à l’intérêt de notre communauté valdôtaine.
Réfléchissons, Valdôtains, réfléchissons !
Les règles du jeu déterminent un bon ou un mauvais avenir.
Et nous savons, au fond, quel est le bon choix pour un avenir meilleur.
Joël Farcoz
Président
Union Valdôtaine
