Regards croisés sur une saison décisive de l’autonomie

Le troisième rendez-vous du cycle « Contes et anecdotes de la politique », qui s’est tenu hier soir, 20 mai, a offert aux participants un moment particulièrement riche de mémoire, de réflexion et de partage. Les protagonistes de la rencontre étaient deux figures majeures de l’histoire récente de l’Union Valdôtaine et de la Vallée d’Aoste : Dino Viérin, ancien Président de la Région, et Ennio Pastoret, ancien Président du Mouvement.

Pendant plus d’une heure et quarante minutes, devant une trentaine de participants, le dialogue a alterné entre les grands dossiers qui ont marqué l’évolution politique, administrative et économique de la Région et des anecdotes plus légères, nées au fil de rencontres, parfois même institutionnelles, qui ont contribué à donner un visage humain à l’action politique.
Dino Viérin a retracé son parcours à partir de sa première élection au Conseil de la Vallée, en 1988. Dernier des élus cette année-là, il fut appelé à exercer les fonctions d’Assesseur à l’éducation et à la culture, avant d’accéder, en 1993, à la Présidence de la Région. À son tour, il choisit comme Assesseur à l’éducation et à la culture le dernier des élus : Ennio Pastoret.
Le récit a ensuite parcouru les années de gouvernement régional jusqu’en 2002, lorsque Dino Viérin présenta sa démission à la suite de l’« affaire ritiri », qui avait impliqué son bureau de presse. Un choix dicté, comme il l’a rappelé, par la volonté d’éviter toute répercussion sur le fonctionnement de la machine administrative, y compris dans les fonctions préfectorales attribuées au Président de la Région. En 2005, la justice l’a reconnu étranger aux faits, permettant ainsi sa pleine réhabilitation, en particulier sur le plan moral.
Au-delà des faits eux-mêmes, ce qui a le plus marqué le récit a été la sincérité avec laquelle ces passages ont été évoqués, ainsi que la conscience constante d’avoir placé, dans l’exercice des responsabilités institutionnelles, l’intérêt de la Région et des Valdôtains au premier rang.

Parmi les thèmes abordés, une place importante a été consacrée à la Cva, sujet d’une actualité particulière en ces jours-ci et débattu justement hier au Conseil de la Vallée. Dino Viérin et Ennio Pastoret ont rappelé la genèse de cette réalité stratégique, née dans un contexte où les résistances et les hésitations ne manquaient pas, y compris au sein du Mouvement. Le regard porté sur cette décision permet aujourd’hui de mesurer toute son importance : que serait la Vallée d’Aoste sans la Cva ? Et que serait la Vallée de demain sans une réalité solide, capable de représenter un atout fondamental pour son autonomie économique et énergétique ?
De la maison de jeu à la Cva, des choix politiques décisifs aux épisodes plus personnels, la soirée a montré combien l’histoire récente de la Vallée d’Aoste ne peut être réduite à une simple succession de dates ou de fonctions. Elle est faite de responsabilités assumées, de décisions parfois difficiles, de débats internes, de visions d’avenir et de moments qui, aujourd’hui encore, mériteraient de remplir les pages d’un livre.

La rencontre s’est conclue, comme les deux précédentes, par la dégustation de deux vins produits par la famille Grosjean, maîtres de maison de la cave qui a accueilli l’événement et que les participants ont eu le plaisir de visiter avant les interventions des deux invités. Un moment convivial qui a prolongé l’esprit de la soirée : faire vivre la mémoire politique non comme un simple souvenir du passé, mais comme une transmission précieuse pour comprendre le présent et préparer l’avenir.

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