Statuts et autonomie : les fondements d’un Mouvement

Les premiers Statuts répondaient avant tout à une exigence fondamentale : assurer la reconnaissance juridique du Mouvement et garantir la survie culturelle d’un peuple.
Pour un mouvement autonomiste, les Statuts ne sont jamais un simple ensemble de règles. Ils constituent souvent un texte presque « sacré », qui rappelle les racines, fixe les principes fondateurs et inscrit dans le marbre les raisons mêmes pour lesquelles le Mouvement a été créé. Actualiser les Statuts signifie donc accomplir un acte de responsabilité : discerner ce qui, dans cet héritage, demeure immuable, et ce qui doit être adapté aux exigences du XXIᵉ siècle.
Les Statuts définissent l’identité profonde du Mouvement et établissent les règles essentielles de son fonctionnement : qui décide ? Comment sont choisis les dirigeants ? Comment sont protégés les principes fondamentaux, au premier rang desquels l’autonomie de la Vallée d’Aoste ? Sans règles claires, même le plus noble des projets politiques peut se fragiliser et s’effondrer sous le poids des conflits internes.
Le défi est donc de moderniser la structure afin qu’elle puisse servir avec plus d’efficacité les nouveaux projets et les responsabilités à venir. Les Statuts ne relèvent pas de la simple bureaucratie : ils sont le réceptacle de l’histoire, le garant de la démocratie interne et l’un des fondements de la continuité du Mouvement. Si les Statuts sont l’âme du Mouvement, la ligne politique en est le moteur. Cette dernière sera abordée lors du Congrès prévu à l’automne.
L’autonomie n’est pas seulement une règle de droit : elle est l’âme même de la Vallée d’Aoste. Elle exprime la capacité d’une Communauté à se gouverner elle-même, tout en demeurant liée à un ensemble plus vaste, l’Italie et l’Europe.
Pour un Valdôtain, être autonomiste signifie que les décisions qui concernent son territoire — qu’il s’agisse de l’école, de l’agriculture, de l’utilisation des eaux ou d’autres domaines essentiels — ne doivent pas être prises uniquement à Rome, mais ici, par celles et ceux qui connaissent la réalité de la montagne, ses besoins, ses équilibres et son avenir.

Ce principe repose sur trois piliers indissociables.
Le pilier historique et juridique : le Statut spécial de 1948, qui confère à la Région des pouvoirs législatifs et financiers uniques.
Le pilier culturel et linguistique : la protection du français et du francoprovençal, instruments essentiels de résistance face à l’homogénéisation.
Le pilier politique, le fédéralisme : l’idée selon laquelle la société doit être organisée du bas vers le haut, dans le respect des petites patries et des communautés enracinées.

Il convient enfin de rappeler que l’Union Valdôtaine est un Mouvement démocratique, et que ses frères sont les petits peuples, les communautés nationales et les minorités linguistiques qui luttent pour leur affranchissement.
Notre blason, notre cri de joie et notre fidélité demeureront toujours les mêmes : Force Vallée d’Aoste et Vive la Vallée d’Aoste !

François Stévenin

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